Tchad - Demographic and Health Survey - 2016

Publication date: 2016

Tchad Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples au Tchad (EDS-MICS) 2014-2015 RÉPUBLIQUE DU TCHAD Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples au Tchad (EDS-MICS) 2014-2015 Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) N’Djaména, Tchad ICF International Rockville, Maryland, USA Mai 2016 LA BANQUE MONDIALE Ce rapport présente les résultats de la troisième Enquête Démographique et de Santé au Tchad 2014-2015 (Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples EDS-MICS) réalisée par l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED). L’EDS-MICS 2014-2015 a été financée par le Gouvernement du Tchad et les partenaires financiers tels que l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), l’Agence Française de Développement, la Confédération Suisse, et la Banque Mondiale. D’autres institutions ont également apporté leur expertise à la réalisation de cette opération, en particulier le laboratoire de l’Hôpital Général de Référence Nationale (HGRN) de N’Djaména pour l’analyse des échantillons de sang pour les tests du VIH et le laboratoire de Bactériologie-Virologie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal pour le contrôle de qualité externe des tests du VIH. ICF International a fourni l’assistance technique à l’ensemble du projet par le biais du programme DHS, financé par l’USAID, et dont l’objectif est de fournir un support et une assistance technique à des pays du monde entier pour la réalisation des enquêtes sur la population et la santé. Pour tous renseignements concernant l’EDS-MICS 2014-2015, contacter l’INSEED, Internet : www.inseedtchad.com. Tel : (235) 22 52 66 13. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer JavaScript pour la voir. Pour obtenir des informations sur le programme DHS, contactez ICF International, 530 Gaither Road, Suite 500, Rockville, MD 20850, USA ; téléphone : (301) 407-6500 ; fax : (301) 407-6501 ; e-mail : info@DHSprogram.com, Internet : www.DHSprogram.com. Photo de couverture © David Stanley. Utilisée avec la permission du photographe. Citation recommandée : Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED), Ministère de la Santé Publique (MSP) et ICF International, 2014-2015. Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDS-MICS 2014-2015). Rockville, Maryland, USA : INSEED, MSP et ICF International. Table des matières • iii TABLE DES MATIÈRES LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES . xi AVANT-PROPOS . xxi REMERCIEMENTS . xxiii LISTE DES SIGLES, ACRONYMES ET ABRÉVIATIONS . xxv INDICATEURS DES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT . xxix CARTE DU TCHAD . xxx 1 INTRODUCTION . 1 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS . 1 1.1.1 Situation géographique, climat, hydrographie et végétation . 1 1.1.2 Évolution récente de la situation politique et administrative . 2 1.1.3 Situation démographique . 2 1.1.4 Évolution économique récente . 3 1.1.5 Situation sanitaire récente . 4 1.2 MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE . 4 1.2.1 Cadre institutionnel . 4 1.2.2 Objectifs de l’enquête . 5 1.3 QUESTIONNAIRES . 6 1.4 TEST DU VIH . 7 1.5 ÉCHANTILLONNAGE . 7 1.6 DÉROULEMENT DES ACTIVITÉS . 9 1.6.1 Cartographie . 9 1.6.2 Enquête pilote . 9 1.6.3 Enquête principale . 9 1.6.4 Traitement des données . 10 1.6.5 Analyse . 10 1.7 FORMATION ET COLLECTE DES DONNÉES . 10 1.7.1 Formation . 10 1.7.2 Collecte des données . 11 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES . 13 2.1 CONDITIONS DE VIE . 13 2.1.1 Caractéristiques de l’habitat . 14 2.1.2 Caractéristiques des logements . 17 2.1.3 Biens durables possédés par les ménages . 20 2.1.4 Indice de bien-être économique de la population . 21 2.2 CARACTÉRISTIQUES DE LA POPULATION DES MÉNAGES . 23 2.2.1 Structure par sexe et âge de la population . 24 2.2.2 Taille et composition des ménages . 25 2.2.3 Niveau d’instruction et fréquentation scolaire . 27 iv • Table des matières 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS . 33 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS . 33 3.1.1 Âge . 35 3.1.2 État matrimonial . 35 3.1.3 Milieu de résidence . 36 3.1.4 Religion . 36 3.1.5 Ethnie . 36 3.1.6 Niveau de bien-être économique . 36 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION . 36 3.3 ALPHABÉTISATION . 39 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS . 41 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE . 44 3.5.1 Emploi des femmes . 44 3.5.2 Emploi des hommes . 46 3.5.3 Occupation des femmes . 48 3.5.4 Occupation des hommes . 49 3.5.5 Type d’emploi et type de revenu des femmes . 51 3.6 ASSURANCE MÉDICALE . 51 4 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE . 53 4.1 ÉTAT MATRIMONIAL . 53 4.2 PRATIQUE DE LA POLYGAMIE . 55 4.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION . 58 4.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS . 60 4.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE . 62 5 FÉCONDITÉ . 67 5.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE . 68 5.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ . 71 5.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE . 72 5.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE . 73 5.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE . 75 5.6 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE . 78 5.7 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES . 80 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ . 83 6.1 DÉSIR D’AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) . 83 6.2 NOMBRE IDÉAL D’ENFANTS . 86 6.3 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ . 88 7 PLANIFICATION FAMILIALE . 91 7.1 CONNAISSANCE DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES . 92 7.2 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION . 96 7.3 SOURCES D’APPROVISIONNEMENT EN MÉTHODES CONTRACEPTIVES . 101 7.4 INFORMATION SUR LES EFFETS SECONDAIRES DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES . 102 7.5 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE . 103 7.6 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE . 104 7.7 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION . 110 Table des matières • v 7.8 SOURCES D’INFORMATION SUR LA PLANIFICATION FAMILIALE . 110 7.9 CONTACT DES NON UTILISATRICES AVEC LES PRESTATAIRES DE PLANIFICATION FAMILIALE . 112 8 SANTÉ DE LA REPRODUCTION . 115 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET SOINS POSTNATALS . 116 8.1.1 Soins prénatals . 116 8.1.2 Composants des visites prénatales . 119 8.1.3 Vaccination antitétanique . 121 8.2 ACCOUCHEMENT . 123 8.2.1 Lieu d’accouchement . 123 8.2.2 Assistance à l’accouchement . 125 8.3 SOINS POSTNATALS . 126 8.3.1 Soins postnatals dispensés à la mère . 126 8.3.2 Soins postnatals dispensés au nouveau-né . 130 8.4 ACCÈS AUX SOINS DE SANTÉ . 133 8.5 FISTULE OBSTÉTRICALE . 134 9 SANTÉ DE L’ENFANT. 137 9.1 POIDS À LA NAISSANCE . 138 9.2 VACCINATION DES ENFANTS . 140 9.3 PRÉVALENCE ET TRAITEMENT DES MALADIES DES ENFANTS . 146 9.3.1 Infections respiratoires . 146 9.3.2 Fièvre . 149 9.3.3 Diarrhée . 151 9.3.4 Traitement pendant la diarrhée . 153 9.4 PRATIQUES ALIMENTAIRES DURANT LA DIARRHÉE . 155 9.5 CONNAISSANCES DES SACHETS DE SRO . 157 9.6 ÉVACUATION DES SELLES DES ENFANTS . 157 9.7 CONNAISSANCE DE LA PRATIQUE DE L’ABLATION DE LA LUETTE . 159 9.8 PRATIQUE DE L’ABLATION DE LA LUETTE . 161 9.9 CARACTÉRISTIQUES DE L’ABLATION DE LA LUETTE . 164 9.10 AVANTAGES DE L’ABLATION DE LA LUETTE . 164 9.11 INCONVÉNIENTS DE L’ABLATION DE LA LUETTE . 167 10 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL. 171 10.1 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS . 172 10.1.1 Méthodologie . 172 10.1.2 Taille pour âge . 172 10.1.3 Poids-pour-taille . 176 10.1.4 Poids-pour âge . 177 10.2 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT . 178 10.2.1 Début de l’allaitement . 179 10.2.2 Allaitement exclusif et alimentation de complément . 181 10.2.3 Durée de l’allaitement maternel . 182 10.2.4 Type d’aliments de complément . 184 10.2.5 Pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant . 185 vi • Table des matières 10.3 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS PAR LES ENFANTS . 187 10.3.1 Supplémentation en vitamine A parmi les enfants de 6-23 mois . 187 10.3.2 Supplémentation en vitamine A parmi les enfants de 6-59 mois . 190 10.3.3 Consommation d’aliments riches en fer . 190 10.3.4 Supplémentation en fer . 190 10.3.5 Déparasitage des enfants . 191 10.3.6 Utilisation de sel iodé . 191 10.4 ÉTAT NUTRITIONNEL DES FEMMES . 192 10.5 CONSOMMATION DE NUTRIMENTS PAR LES MÈRES . 194 11 PALUDISME . 197 11.1 SITUATION ÉPIDÉMIOLOGIQUE ET STRATÉGIE DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME AU TCHAD . 198 11.1.1 Situation épidémiologique . 198 11.1.2 Stratégie de lutte . 199 11.2 PRÉVENTION DU PALUDISME . 199 11.2.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 199 11.2.2 Couverture en pulvérisations intradomiciliaires (PID) . 201 11.2.3 Accès de la population à une MII . 202 11.3 UTILISATION DES MOUSTIQUAIRES . 205 11.3.1 Utilisation des moustiquaires par les ménages . 205 11.3.2 Utilisation des MII existantes . 207 11.3.3 Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins de cinq ans . 208 11.3.4 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes . 210 11.4 TRAITEMENT DU PALUDISME . 212 11.4.1 Traitement préventif intermittent chez la femme enceinte . 212 11.4.2 Fièvre et traitement antipaludéen des enfants de moins de cinq ans . 213 11.4.3 Sources des conseils ou de traitement chez les enfants ayant eu de la fièvre . 216 11.4.4 Différents types d’antipaludiques pris par les enfants ayant eu de la fièvre . 216 12 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS . 219 12.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES . 219 12.2 NIVEAUX ET TENDANCES DE LA MORTALITÉ DES ENFANTS . 221 12.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE. 224 12.4 MORTALITÉ ET GROUPES À HAUTS RISQUES . 226 13 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE . 231 13.1 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES . 232 13.2 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ ADULTE . 233 13.3 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ MATERNELLE . 235 14 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DU VIH/SIDA ET DES IST . 239 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA, DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION . 240 14.1.1 Connaissance des moyens de prévention du VIH . 241 14.1.2 Connaissance approfondie du VIH/sida . 243 14.1.3 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant . 246 14.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH . 248 Table des matières • vii 14.3 OPINIONS CONCERNANT LA PRÉVENTION DES IST ET DU VIH . 251 14.3.1 Négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint . 251 14.3.2 Enseignement de l’utilisation du condom aux jeunes de 12-14 ans . 253 14.4 PARTENAIRES SEXUELS MULTIPLES ET UTILISATION DU CONDOM . 254 14.4.1 Multiplicité des partenaires sexuels et utilisation du condom . 254 14.4.2 Partenaires sexuels concomitants . 257 14.4.3 Rapports sexuels payants et utilisation du condom . 259 14.5 TEST DU VIH . 260 14.5.1 Test du VIH pour l’ensemble des enquêtés. 260 14.5.2 Test du VIH pour les femmes enceintes . 264 14.5.3 Circoncision . 266 14.6 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES . 266 14.7 PRÉVALENCE DES INJECTIONS MÉDICALES . 268 14.8 COMPORTEMENT SEXUEL CHEZ LES JEUNES ET VIH/SIDA . 270 14.8.1 Connaissance « approfondie » du VIH/sida et connaissance d’un endroit où se procurer un condom . 270 14.8.2 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes et utilisation du condom . 271 14.8.3 Rapports sexuels multiples et utilisation du condom . 273 14.8.4 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom . 275 14.8.5 Disparité d’âges entre partenaires sexuels . 276 14.9 TEST DU VIH PARMI LES JEUNES . 276 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS . 279 15.1 PROTOCOLE DE TEST DU VIH . 280 15.1.1 Collecte . 280 15.1.2 Procédures de laboratoire . 281 15.2 TAUX DE COUVERTURE DU TEST DE VIH . 282 15.3 PRÉVALENCE DU VIH . 286 15.3.1 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 286 15.3.2 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques démographiques . 289 15.3.3 Prévalence du VIH et facteurs de risque . 290 15.3.4 Prévalence du VIH parmi les jeunes . 291 15.3.5 Prévalence du VIH et autres facteurs de risque . 293 15.3.6 Prévalence du VIH parmi les couples . 294 16 PROBLÈMES DE SANTÉ DE LA POPULATION DES MÉNAGES. 297 16.1 PRÉVALENCE DES HANDICAPS . 297 16.1.1 Cause du handicap . 298 16.1.2 Prévalence du handicap selon les caractéristiques sociodémographiques . 299 16.2 CONSOMMATION DE TABAC . 301 16.3 CONSOMMATION D’ALCOOL . 304 17 STATUT DE LA FEMME ET PARTICIPATION À LA PRISE DE DÉCISIONS . 309 17.1 EMPLOI ET TYPE DE RÉMUNÉRATION DES CONJOINTS . 309 17.2 CONTRÔLE DE L’UTILISATION DE L’ARGENT DANS LE MÉNAGE . 310 17.2.1 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les femmes . 310 17.2.2 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les hommes . 312 viii • Table des matières 17.3 POSSESSION DE BIENS . 314 17.3.1 Biens possédés par les femmes . 314 17.3.2 Biens possédés par les hommes . 316 17.4 PARTICIPATION AUX PRISES DE DÉCISION DANS LE MÉNAGE . 317 17.4.1 Participation des femmes dans la prise de décision . 317 17.4.2 Participation des hommes dans la prise de décision . 320 17.5 OPINION SUR LA VIOLENCE CONJUGALE . 322 17.6 INDICATEURS DU POUVOIR D’ACTION DES FEMMES . 326 17.6.1 Indicateurs du pouvoir d’action des femmes et utilisation actuelle de la contraception . 326 17.6.2 Indicateurs du pouvoir d’action des femmes, nombre idéal d’enfants et besoins non satisfaits en matière de planification familiale . 327 17.6.3 Indicateurs du pouvoir d’action des femmes et soins de santé maternelle . 328 18 EXCISION . 331 18.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FEMMES ENQUÊTÉES . 332 18.1.1 Connaissance de l’excision parmi les femmes enquêtées . 332 18.1.2 Pratique de l’excision chez les femmes enquêtées . 334 18.2 ÂGE À L’EXCISION DES FEMMES ENQUÊTÉES . 337 18.3 PRÉVALENCE DE L’EXCISION CHEZ LES JEUNES FILLES DE 0-14 ANS . 338 18.4 PRÉVALENCE DE L’INFIBULATION CHEZ LES JEUNES FILLES DE 0-14 ANS . 341 18.5 PERSONNE AYANT PROCÉDÉ À L’EXCISION ET TYPE D’EXCISION . 343 18.6 OPINIONS ET CROYANCES VIS-A-VIS DE L’EXCISION . 344 18.6.1 Opinions des femmes sur l’excision en tant que nécessité religieuse . 344 18.6.2 Opinions des femmes concernant le maintien ou non de la pratique de l’excision . 346 19 VIOLENCE DOMESTIQUE . 349 19.1 MESURE DE LA VIOLENCE . 350 19.2 MÉTHODOLOGIE . 351 19.3 VIOLENCE PHYSIQUE DEPUIS L’ÂGE DE 15 ANS . 351 19.4 VIOLENCE SEXUELLE . 354 19.5 VIOLENCE PHYSIQUE PENDANT LA GROSSESSE . 358 19.6 CONTRÔLE EXERCÉ PAR LE MARI/PARTENAIRE . 360 19.7 VIOLENCE CONJUGALE . 363 19.7.1 Violence conjugale selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 364 19.7.2 Violence conjugale selon les caractéristiques du mari/partenaire et les indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 366 19.7.3 Violence conjugale récente . 368 19.7.4 Premier épisode de violence conjugale . 371 19.7.5 Blessures dues à la violence conjugale . 371 19.7.6 Recherche d’aide . 372 19.7.7 Personne auprès de qui l’aide a été recherchée . 375 19.8 VIOLENCE CONTRE LEUR CONJOINT . 375 20 SITUATION DES ENFANTS . 381 20.1 ENREGISTREMENT DES NAISSANCES D’ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS . 382 20.2 ENFANTS ORPHELINS ET RÉSIDENCE AVEC LES PARENTS . 383 20.3 FRÉQUENTATION SCOLAIRE PAR ÉTAT DE SURVIE DES PARENTS . 385 Table des matières • ix 20.4 TRAVAIL DES ENFANTS . 386 20.4.1 Participation à des activités économiques . 386 20.4.2 Participation à des activités domestiques . 388 20.4.3 Travail des enfants de 5-17 ans . 389 20.5 DISCIPLINE DES ENFANTS . 391 20.6 DÉVELOPPEMENT DU JEUNE ENFANT . 393 20.6.1 Éducation de la petite enfance . 394 20.6.2 Soutien à l’apprentissage . 394 20.6.3 Matériel d’apprentissage . 396 20.7 PRISE EN CHARGE INAPPROPRIÉE DES ENFANTS . 397 20.8 DÉVELOPPEMENT DU JEUNE ENFANT . 398 RÉFÉRENCES. 401 ANNEXE A : PLAN DE SONDAGE . 405 ANNEXE B : ERREURS DE SONDAGE . 417 ANNEXE C : TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES . 475 ANNEXE D : PERSONNEL DE L’EDS-MICS 2014-2015 . 483 ANNEXE E : QUESTIONNAIRES . 489 Liste des tableaux et des graphiques • xi LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES 1 INTRODUCTION . 1 Tableau 1.1 Résultats des interviews ménages et individuelles . 8 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES . 13 Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire . 15 Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages . 16 Tableau 2.3 Caractéristiques du logement . 18 Tableau 2.4 Biens possédés par les ménages . 21 Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique . 22 Tableau 2.6 Lavage des mains . 23 Tableau 2.7 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence . 24 Tableau 2.8 Composition des ménages . 26 Tableau 2.9.1 Niveau d’instruction de la population des ménages : Femme . 28 Tableau 2.9.2 Niveau d’instruction de la population des ménages : Homme . 29 Tableau 2.10 Taux de fréquentation scolaire . 30 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population . 25 Graphique 2.2 Taux de fréquentation scolaire par âge . 31 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS . 33 Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés . 34 Tableau 3.2.1 Niveau d’instruction : Femmes . 37 Tableau 3.2.2 Niveau d’instruction : Hommes . 38 Tableau 3.3.1 Alphabétisation : Femmes . 40 Tableau 3.3.2 Alphabétisation : Hommes . 41 Tableau 3.4.1 Exposition aux médias : Femmes . 42 Tableau 3.4.2 Exposition aux médias : Hommes . 43 Tableau 3.5.1 Emploi : Femmes . 45 Tableau 3.5.2 Emploi : Hommes . 47 Tableau 3.6.1 Occupation : Femmes . 48 Tableau 3.6.2 Occupation : Hommes . 50 Tableau 3.7 Type d’emploi : Femmes . 51 Tableau 3.8.1 Assurance médicale : Femmes . 52 Tableau 3.8.2 Assurance médicale : Hommes . 52 4 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE . 53 Tableau 4.1 État matrimonial actuel . 54 Tableau 4.2.1 Nombre de coépouses . 55 Tableau 4.2.2 Nombre d’épouses . 57 Tableau 4.3 Âge à la première union . 58 Tableau 4.4 Âge médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 59 Tableau 4.5 Âge aux premiers rapports sexuels . 60 xii • Liste des tableaux et des graphiques Tableau 4.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 61 Tableau 4.7.1 Activité sexuelle récente des femmes . 63 Tableau 4.7.2 Activité sexuelle récente des hommes . 65 5 FÉCONDITÉ . 67 Tableau 5.1 Fécondité actuelle . 69 Tableau 5.2 Fécondité selon certaines caractéristiques . 70 Tableau 5.3.1 Tendance de la fécondité par âge selon différentes enquêtes . 71 Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge . 72 Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . 72 Tableau 5.5 Intervalle intergénésique . 74 Tableau 5.6 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum . 76 Tableau 5.7 Durée médiane de l’aménorrhée, de l’abstinence post-partum et de l’insusceptibilité post-partum . 77 Tableau 5.8 Ménopause . 78 Tableau 5.9 Âge à la première naissance . 78 Tableau 5.10 Âge médian à la première naissance . 79 Tableau 5.11 Fécondité des adolescentes . 80 Graphique 5.1 Fécondité par âge selon le milieu de résidence . 69 Graphique 5.2 Tendances de la fécondité par âge selon différentes enquêtes . 71 Graphique 5.3 Adolescentes de 15-19 ans ayant déjà commencé leur vie féconde selon l’EDST-I, l’EDST-II et l’EDS-MICS . 82 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ . 83 Tableau 6.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d’enfants vivants . 84 Tableau 6.2 Désir de limiter les naissances . 86 Tableau 6.3 Nombre idéal d’enfants par nombre d’enfants vivants . 87 Tableau 6.4 Nombre idéal d’enfants par caractéristique sociodémographique . 88 Tableau 6.5 Planification de la fécondité . 89 Tableau 6.6 Taux de fécondité désirée . 90 Graphique 6.1 Désir d’enfants supplémentaires des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants . 85 7 PLANIFICATION FAMILIALE . 91 Tableau 7.1 Connaissance des méthodes contraceptives . 93 Tableau 7.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques sociodémographiques . 95 Tableau 7.3 Utilisation actuelle de la contraception selon âge . 97 Tableau 7.4.1 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio- démographiques . 100 Tableau 7.4.2 Tendances de la prévalence contraceptive par méthode contraceptive . 101 Tableau 7.5 Source d’approvisionnement des méthodes modernes. 102 Tableau 7.6 Choix informé de la méthode . 103 Tableau 7.7 Connaissance de la période féconde . 104 Tableau 7.8.1 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union . 106 Liste des tableaux et des graphiques • xiii Tableau 7.8.2 Besoins en matière de planification familiale de l’ensemble des femmes et de celles non actuellement en union sexuellement actives . 108 Tableau 7.9 Utilisation future de la contraception . 110 Tableau 7.10 Exposition aux messages sur la planification familiale . 111 Tableau 7.11 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des prestataires de planification familiale . 113 Graphique 7.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union . 98 Graphique 7.2 Tendance de la prévalence contraceptive selon l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 . 99 8 SANTÉ DE LA REPRODUCTION . 115 Tableau 8.1 Soins prénatals . 117 Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse à la première visite . 118 Tableau 8.3 Composants des visites prénatales . 120 Tableau 8.4 Vaccination antitétanique . 122 Tableau 8.5 Lieu de l’accouchement . 124 Tableau 8.6 Assistance durant l’accouchement . 125 Tableau 8.7 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés à la mère . 128 Tableau 8.8 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals à la mère. 129 Tableau 8.9 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés au nouveau-né . 131 Tableau 8.10 Type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né . 132 Tableau 8.11 Problèmes d’accès aux soins de santé . 133 Tableau 8.12 Connaissance et prévalence de la fistule obstétricale . 135 Graphique 8.1 Soins prénatals, lieu d’accouchement et assistance à l’accouchement selon l’EDST-I 1996-1997, L’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 . 119 Graphique 8.2 Durée du séjour de la mère dans l’établissement de santé après la naissance . 123 9 SANTÉ DE L’ENFANT. 137 Tableau 9.1 Poids et taille de l’enfant à la naissance . 139 Tableau 9.2 Vaccinations par sources d’information . 141 Tableau 9.3 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 143 Tableau 9.4 Vaccinations au cours de la première année . 146 Tableau 9.5 Prévalence et traitement des symptômes d’Infection Respiratoire Aiguë (IRA) . 147 Tableau 9.6 Prévalence et traitement de la fièvre . 150 Tableau 9.7 Prévalence de la diarrhée . 152 Tableau 9.8 Traitement de la diarrhée . 154 Tableau 9.9 Pratiques alimentaires durant la diarrhée . 156 Tableau 9.10 Connaissance des sachets de SRO ou des liquides préconditionnés . 157 Tableau 9.11 Évacuation des selles des enfants . 158 Tableau 9.12 Connaissance de la pratique de l’ablation de la luette . 160 Tableau 9.13 Pratique de l’ablation de la luette . 161 Tableau 9.14 Caractéristique de l’ablation de la luette . 164 Tableau 9.15 Avantages de l’ablation de la luette . 165 Tableau 9.16 Inconvénients de l’ablation de la luette . 167 xiv • Liste des tableaux et des graphiques Graphique 9.1 Vaccination des enfants de 12-23 mois selon le type de vaccin . 140 Graphique 9.2 Pourcentage d’enfants de 12-23 mois complétement* vaccinés selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 144 Graphique 9.3 Couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois par type de vaccin, selon l’EDST-I 1996-1997, l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 . 145 Graphique 9.4 Prévalence de la diarrhée chez les enfants de moins de cinq ans selon l’âge . 153 Graphique 9.5 Pourcentage d’enfants ayant subi l’ablation de la luette, par région . 163 10 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL. 171 Tableau 10.1 État nutritionnel des enfants . 173 Tableau 10.2 Allaitement initial . 180 Tableau 10.3 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant . 181 Tableau 10.4 Durée médiane de l’allaitement . 183 Tableau 10.5 Aliments et liquides reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l’interview . 185 Tableau 10.6 Pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant . 186 Tableau 10.7 Consommation de micronutriments par les enfants . 188 Tableau 10.8 Présence de sel iodé dans le ménage . 192 Tableau 10.9 État nutritionnel des femmes . 193 Graphique 10.1 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans . 175 Graphique 10.2 État nutritionnel des enfants de moins de cinq ans selon l’EDST-I 1996-1997, l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 . 178 Graphique 10.3 Allaitement selon l’âge de l’enfant . 182 Graphique 10.4 Indicateurs IYCF sur l’allaitement . 184 11 PALUDISME . 197 Tableau 11.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 201 Tableau 11.2 Pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) contre les moustiques . 202 Tableau 11.3 Accès à une moustiquaire préimprégnée d’insecticide (MII) . 204 Tableau 11.4 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages . 205 Tableau 11.5 Utilisation de MII existantes . 208 Tableau 11.6 Utilisation des moustiquaires par les enfants . 209 Tableau 11.7 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes . 211 Tableau 11.8 Utilisation du traitement préventif intermittent (TPIg) par les femmes au cours de la grossesse . 213 Tableau 11.9 Prévalence, diagnostic et traitement précoce de la fièvre chez les enfants . 215 Tableau 11.10 Source des conseils ou de traitement chez les enfants ayant eu de la fièvre . 216 Tableau 11.11 Type d’antipaludiques pris par les enfants ayant eu de la fièvre . 217 Graphique 11.1 Pourcentage de la population de fait ayant accès à une MII dans le ménage . 204 Graphique 11.2 Possession, accès et utilisation des MII . 207 12 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS . 219 Tableau 12.1 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans . 221 Tableau 12.2 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans selon certaines caractéristiques socio-économiques . 224 Tableau 12.4 Comportement procréateur à hauts risques . 228 Liste des tableaux et des graphiques • xv Graphique 12.1 Tendances de la mortalité des enfants selon l’EDST-I 1996-1997, l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 . 222 Graphique 12.2 Tendances de la mortalité infantile, juvénile et infanto-juvénile . 223 Graphique 12.3 Mortalité infantile par région . 225 Graphique 12.4 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances . 227 13 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE . 231 Tableau 13.1 Taux de mortalité des adultes . 233 Tableau 13.2 Quotients de mortalité adulte . 235 Tableau 13.3 Mortalité maternelle . 236 Graphique 13.1 Taux de mortalité par âge des hommes et des femmes, EDST-II 2004 et EDS-MICS 2014-2015 . 234 Graphique 13.2 Rapport de mortalité maternelle (RMM) avec intervalles de confiance (à 95 %) pour la période 0-6 ans avant l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 . 237 14 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DU VIH/SIDA ET DES IST . 239 Tableau 14.1 Connaissance du sida . 240 Tableau 14.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH . 242 Tableau 14.3.1 Connaissance approfondie du sida : Femmes . 244 Tableau 14.3.2 Connaissance approfondie du sida : Hommes . 245 Tableau 14.4 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant . 247 Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida : Femmes . 249 Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida : Hommes . 250 Tableau 14.6 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint . 252 Tableau 14.7 Adultes favorables à l’enseignement de l’utilisation du condom en tant que moyen de prévention du sida . 253 Tableau 14.8.1 Partenaires sexuels multiples : Femme . 255 Tableau 14.8.2 Partenaires sexuelles multiples : Homme . 256 Tableau 14.9 Prévalence ponctuelle et prévalence cumulée des partenaires sexuels concomitants . 258 Tableau 14.10 Rapports sexuels payants et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels payants . 259 Tableau 14.11.1 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Femme . 261 Tableau 14.11.2 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Homme . 263 Tableau 14.12 Femmes enceintes conseillées et ayant effectué un test du VIH . 265 Tableau 14.13 Circoncision . 266 Tableau 14.14 Prévalence déclarée des infections sexuellement transmissibles (IST) et symptômes déclarés d’IST . 267 Tableau 14.15 Prévalence des injections médicales . 269 Tableau 14.16 Connaissance approfondie du VIH/sida et connaissance d’un endroit où se procurer des condoms parmi les jeunes . 271 Tableau 14.17 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes . 272 Tableau 14.18.1 Partenaires sexuels multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Femme . 273 xvi • Liste des tableaux et des graphiques Tableau 14.18.2 Partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Homme. 274 Tableau 14.19 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom au cours des rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes . 275 Tableau 14.20 Disparité d’âges entre partenaires sexuels parmi les femmes de 15-19 ans . 276 Tableau 14.21 Test du VIH récent parmi les jeunes . 277 Graphique 14.1 Recherche de conseils ou de traitement pour les IST . 268 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS . 279 Tableau 15.1 Couverture du test du VIH selon le milieu et la région de résidence . 283 Tableau 15.2 Couverture du test du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 285 Tableau 15.3 Prévalence du VIH selon l’âge . 286 Tableau 15.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio-économiques . 288 Tableau 15.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 289 Tableau 15.6 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 291 Tableau 15.7 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 292 Tableau 15.8 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 293 Tableau 15.9 Prévalence du VIH selon d’autres caractéristiques . 293 Tableau 15.10 Test du VIH antérieur à l’enquête et prévalence du VIH . 294 Tableau 15.11 Prévalence du VIH parmi les couples . 295 Graphique 15.1 Algorithme du test du VIH . 281 Graphique 15.2 Prévalence du VIH par sexe et âge . 287 16 PROBLÈMES DE SANTÉ DE LA POPULATION DES MÉNAGES. 297 Tableau 16.1 Prévalence des handicaps . 298 Tableau 16.2 Cause des handicaps . 299 Tableau 16.3 Prévalence des handicaps par caractéristique de la population . 300 Tableau 16.4 Consommation de tabac : Femmes . 302 Tableau 16.5 Consommation de tabac : Hommes . 303 Tableau 16.6 Consommation d’alcool : Femmes . 305 Tableau 16.7 Consommation d’alcool : Hommes . 307 Graphique 16.1 Prévalence des handicaps dans la population. 301 17 STATUT DE LA FEMME ET PARTICIPATION À LA PRISE DE DÉCISIONS . 309 Tableau 17.1 Emploi et type de rémunération des femmes et des hommes actuellement en union . 310 Tableau 17.2.1 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les femmes et importance de l’argent gagné par les femmes par rapport à celui gagné par le conjoint . 311 Tableau 17.2.2 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les hommes . 313 Tableau 17.3 Contrôle par les femmes de l’utilisation de leurs propres gains et contrôle de l’utilisation des gains du conjoint . 314 Tableau 17.4.1 Possession de biens par la femme . 315 Tableau 17.4.2 Possession de biens par les hommes . 317 Tableau 17.5 Participation dans la prise de décision . 318 Liste des tableaux et des graphiques • xvii Tableau 17.6.1 Participation des femmes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 319 Tableau 17.6.2 Participation des hommes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 321 Tableau 17.7.1 Opinion des femmes concernant le fait qu’un mari batte sa femme . 323 Tableau 17.7.2 Opinion des hommes concernant le fait qu’un mari batte sa femme . 325 Tableau 17.8 Indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 326 Tableau 17.9 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 327 Tableau 17.10 Nombre idéal d’enfant et besoins non satisfaits en matière de planification familiale selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 328 Tableau 17.11 Soins de santé maternelle selon les indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 328 Graphique 17.1 Nombre de décisions auxquelles ont participé les femmes actuellement en union . 320 18 EXCISION . 331 Tableau 18.1 Connaissance de l’excision . 333 Tableau 18.2 Prévalence de l’excision . 336 Tableau 18.3 Âge à l’excision . 337 Tableau 18.4 Prévalence de l’excision et âge à l’excision : Filles de 0-14 ans . 339 Tableau 18.5 Excision des filles de 0-14 ans selon les caractéristiques sociodémographiques de la mère . 340 Tableau 18.6 Infibulation parmi les filles excisées de 0-14 ans . 342 Tableau 18.7 Personne qui a procédé à l’excision et type d’excision parmi les filles excisées de 0 14 ans et les femmes de 15-49 ans . 343 Tableau 18.8 Opinion des femmes sur l’excision en tant que nécessité religieuse . 344 Tableau 18.9 Opinions des femmes concernant le maintien ou non de la pratique de l’excision . 346 Graphique 18.1 Pourcentage de femmes de 15-49 ans et de filles de 0-14 ans excisées selon l’âge . 339 19 VIOLENCE DOMESTIQUE . 349 Tableau 19.1 Violence physique . 352 Tableau 19.2 Auteur des actes de violence physique . 354 Tableau 19.3 Violence sexuelle . 355 Tableau 19.4 Auteur des actes de violence sexuelle . 357 Tableau 19.5 Âge aux premiers actes de violence sexuelle . 357 Tableau 19.6 Violence sous différentes formes . 358 Tableau 19.7 Violence pendant la grossesse . 359 Tableau 19.8 Contrôle exercé par le mari/partenaire . 361 Tableau 19.9 Formes de violence conjugale . 364 Tableau 19.10 Violence conjugale selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 365 Tableau 19 11 Violence conjugale selon certaines caractéristiques du mari/partenaire et selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 367 Tableau 19.12 Violence physique ou sexuelle au cours des 12 derniers mois par un mari/ partenaire . 369 Tableau 19.13 Premier épisode de violence conjugale . 371 Tableau 19.14 Blessures aux femmes dues à la violence conjugale . 372 Tableau 19.15 Recherche d’aide pour arrêter la violence . 373 Tableau 19.16 Sources/personnes auprès desquelles l’aide a été recherchée . 375 Tableau 19.18 Violence des femmes contre leur conjoint selon les caractéristiques du mari/ partenaire . 378 xviii • Liste des tableaux et des graphiques 20 SITUATION DES ENFANTS . 381 Tableau 20.1 Enregistrement des naissances d’enfants de moins de 5 ans . 382 Tableau 20.2 Enfants orphelins et résidence avec les parents . 384 Tableau 20.3 Fréquentation scolaire par état de survie des parents . 385 Tableau 20.4 Participation des enfants à des activités économiques . 387 Tableau 20.5 Participation des enfants à des travaux domestiques . 389 Tableau 20.6 Travail des enfants . 390 Tableau 20.7 Discipline des enfants . 392 Tableau 20.8 Opinion concernant les châtiments corporels . 393 Tableau 20.9 Éducation de la petite enfance . 394 Tableau 20.10 Soutien à l’apprentissage . 395 Tableau 20.11 Matériel d’apprentissage . 397 Tableau 20.12 Prise en charge inappropriée des enfants . 398 Tableau 20.13 Index de développement du jeune enfant . 399 ANNEXE A : PLAN DE SONDAGE . 405 Tableau A.1 Répartition de la population par domaine d’études et selon le milieu de résidence, Tchad 2014-2015 . 406 Tableau A.2 Répartition des ZD et taille moyenne des ZD en nombre de ménages par domaine d’études et selon le milieu de résidence, Tchad 2014-2015 . 406 Tableau A.3 Répartition de l’échantillon grappes et de l’échantillon ménages par domaine d’études et selon le milieu de résidence, Tchad 2014-2015 . 408 Tableau A.4 Répartitions des nombres attendus de femmes et d’hommes enquêtés avec succès par domaine d’études et selon le milieu de résidence, Tchad 2014-2015 . 408 Tableau A.5 Résultats de l’enquête . 411 Tableau A.6 Résultats de l’enquête: Hommes . 412 Tableau A.7 Couverture du test du VIH selon certaines caractéristiques socio- démographiques : Femmes . 413 Tableau A.8 Couverture du test du VIH selon certaines caractéristiques socio- démographiques : Hommes . 414 Tableau A.9 Couverture du test du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel : Femmes . 415 ANNEXE B : ERREURS DE SONDAGE . 417 Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage, Tchad 2014-2015 . 419 Tableau B.2 Erreurs de sondage : Échantillon Total, Tchad 2014-2015 . 421 Tableau B.3 Erreurs de sondage : Échantillon N’Djaména, Tchad 2014-2015 . 423 Tableau B.4 Erreurs de sondage : Échantillon Autres villes, Tchad 2014-2015 . 425 Tableau B.5 Erreurs de sondage : Échantillon Ensemble urbain, Tchad 2014-2015 . 427 Tableau B.6 Erreurs de sondage : Échantillon Rural, Tchad 2014-2015 . 429 Tableau B.7 Erreurs de sondage : Échantillon Batha, Tchad 2014-2015 . 431 Tableau B.8 Erreurs de sondage : Échantillon Borkou, Tibesti, Tchad 2014-2015 . 433 Tableau B.9 Erreurs de sondage : Échantillon Chari Baguirmi, Tchad 2014-2015 . 435 Tableau B.10 Erreurs de sondage : Échantillon Guéra, Tchad 2014-2015 . 437 Tableau B.11 Erreurs de sondage : Échantillon Hadjer-Lamis, Tchad 2014-2015 . 439 Tableau B.12 Erreurs de sondage : Échantillon Kanem, Tchad 2014-2015 . 441 Tableau B.13 Erreurs de sondage : Échantillon Lac, Tchad 2014-2015 . 443 Tableau B.14 Erreurs de sondage : Échantillon Logone Occidental, Tchad 2014-2015 . 445 Tableau B.15 Erreurs de sondage : Échantillon Logone Oriental, Tchad 2014-2015 . 447 Liste des tableaux et des graphiques • xix Tableau B.16 Erreurs de sondage : Échantillon Mandoul, Tchad 2014-2015 . 449 Tableau B.17 Erreurs de sondage : Échantillon Mayo Kebbi Est, Tchad 2014-2015 . 451 Tableau B.18 Erreurs de sondage : Échantillon Mayo Kebbi Ouest, Tchad 2014-2015 . 453 Tableau B.19 Erreurs de sondage : Échantillon Moyen Chari, Tchad 2014-2015 . 455 Tableau B.20 Erreurs de sondage : Échantillon Ouaddaï, Tchad 2014-2015 . 457 Tableau B.21 Erreurs de sondage : Échantillon Salamat, Tchad 2014-2015 . 459 Tableau B.22 Erreurs de sondage : Échantillon Tandjilé, Tchad 2014-2015 . 461 Tableau B.23 Erreurs de sondage : Échantillon Wadi Fira, Tchad 2014-2015 . 463 Tableau B.24 Erreurs de sondage : Échantillon N’Djaména, Tchad 2014-2015 . 465 Tableau B.25 Erreurs de sondage : Échantillon Barh El Gazal, Tchad 2014-2015 . 467 Tableau B.26 Erreurs de sondage : Échantillon Ennedi Est, Ennedi Ouest, Tchad 2014-2015 . 469 Tableau B.27 Erreurs de sondage : Échantillon Sila, Tchad 2014-2015 . 471 Tableau B.28 Erreurs de sondage pour les taux de mortalité adulte et pour les taux de mortalité maternelle pour les 0-6 ans avant l’enquête, Tchad 2014-2015 . 473 ANNEXE C : TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES . 475 Tableau C.1 Répartition par âge de la population des ménages . 475 Tableau C.2.1 Répartition par âge des femmes éligibles et enquêtées . 476 Tableau C.2.2 Répartition par âge des hommes éligibles et enquêtés . 476 Tableau C.3 Complétude de l’enregistrement . 477 Tableau C.4 Naissances par année de naissance . 477 Tableau C.5 Enregistrement de l’âge au décès en jours . 478 Tableau C.6 Enregistrement de l’âge au décès en mois . 479 Tableau C.7 État nutritionnel des enfants basé sur la Population de Référence Internationale du NCHS/CDC/OMS . 480 Tableau C.8 Complétude de l’information sur les frères et sœurs . 482 Tableau C.9 Taille de la fratrie et rapport de masculinité des frères et sœurs . 482 Tableau C.10 Complétude de l’information sur les sœurs décédées . 482 Avant-propos • xxi AVANT-PROPOS Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDS-MICS 2014-2015) est une opération statistique intégrée (comprenant un volet VIH/SIDA en plus de l’enquête par Grappe à Indicateurs Multiples (MICS), commanditée par le Gouvernement et pilotée par le Ministère du Plan et de la Prospective et celui de la Santé, en exécution des Hautes Instructions du Chef de l’État qui a pris l’engagement d’améliorer les conditions de vie de la population et qui suit personnellement la situation sanitaire du pays à travers les réunions mensuelles organisées au Palais Présidentiel. La mise en œuvre technique de l’EDS-MICS 2014-2015 a été assurée par l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) avec l’appui de la société américaine ICF dont l’autorité et la compétence dans le domaine des enquêtes démographiques et de santé sont mondialement reconnues. D’autres institutions, notamment le laboratoire de l’Hôpital Général de Référence Nationale (HGRN) de N’Djamena, ont contribué par leur expertise à la réalisation de cette opération. L’EDS-MICS 2014-2015 est la troisième opération du genre, après l’EDST-I (1996-1997) et l’EDST- II (2004) qui ont produit de précieux indicateurs ayant permis de guider les actions du gouvernement et celles des partenaires techniques et financiers dans le domaine de la population et de la santé ; elle a été financée par le Gouvernement de la République du Tchad et les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds Mondial, l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), l’Agence Française de Développement (AFD), le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), la Coopération Suisse et la Banque Mondiale. Les résultats définitifs de l’EDS-MICS 2014-2015 publiés dans le cadre du présent rapport arrivent à un moment où ils sont très attendus par le gouvernement, les partenaires techniques et financiers et autres intervenants dans le secteur de la santé, pour permettre la mise à jour des indicateurs socio-sanitaires en général et ceux relatifs à la santé de la femme et de l’enfant en particulier, pour soutenir les grandes initiatives de développement du Pays dont le plan quinquennal de développement 2016-2020, et la vision 2030 « le Tchad que nous voulons ». Il convient de rappeler qu’en octobre 2015 un premier rapport portant sur des indicateurs clés issus de cette enquête a été publié pour permettre de satisfaire des demandes pressantes de certains utilisateurs. Le présent rapport couvrant toutes les questions abordées par l’enquête met à la disposition des utilisateurs des données analysées et de bonne qualité nécessaires à la conduite de leurs activités. Comme les lecteurs pourront le noter, les principaux indicateurs de santé (mortalité maternelle, mortalité infantile, santé de la reproduction, couverture vaccinale, etc.) connaissent une évolution favorable imputable aux efforts menés ces dernières années par le gouvernement avec l’appui des partenaires au développement. La mise en œuvre de l’EDS-MICS 2014-2015 a été possible grâce à l’apport du Gouvernement et aux partenaires qui y ont généreusement contribué ; c’est pourquoi au nom du Gouvernement, je voudrais exprimer mes sincères remerciements et ma profonde gratitude à l’endroit du Fonds des Nations unies pour la Population (UNFPA), de l’Agence des États Unis d’Amérique pour le Développement International (USAID), du Fonds des L’ xxii • Avant-propos Nations unies pour l’Enfance (UNICEF), du Fond mondial pour la lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, du Fonds des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), de la Coopération Suisse, la Banque Mondiale, et l’Agence française de Développement (AFD). Je voudrais également exprimer toute ma reconnaissance et mes remerciements à ICF pour l’excellente assistance technique qu’elle a apportée à toutes les phases de l’opération. Enfin, j’encourage tous les utilisateurs à faire bon usage du contenu du présent rapport dans le plus grand intérêt de notre pays. Remerciements • xxiii REMERCIEMENTS Enquête Démographique et de Santé, comprenant un module d’Enquête par Grappe à Indicateurs Multiples (EDS-MICS) 2014-2015, est une grande œuvre nationale dont les résultats analysés contenus dans le présent rapport serviront à une meilleure orientation et à une meilleure évaluation des politiques socio-sanitaires mises en œuvre dans le cadre de la vision des plus Hautes Autorités en matière de santé publique. Sa réalisation a été possible grâce : • au soutien politique et financier des Plus Hautes Autorités du pays ; • à l’implication constante et bienveillante du Ministre du Plan et de la Prospective, et du Ministre de la Santé Publique ; • à la contribution généreuse des Partenaires de notre pays qui sont : l’UNFPA, l’UNICEF, l’USAID, le PNUD, le Fonds Mondial pour la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme, la Banque Mondiale, l’AFD et la Coopération Suisse ; • à l’excellente assistance technique fournie par le Cabinet ICF International ; • à l’expertise apportée par le laboratoire de l’Hôpital Général de Référence Nationale (HGRN) de N’Djaména et le laboratoire du Centre National de Référence du VIH de Dakar, pour les analyses et le contrôle de qualité des tests du VIH ; • à l’engagement de l’équipe technique et du personnel de l’INSEED, et des Experts sectoriels ; • au soutien des autorités politiques, administratives, militaires et religieuses des régions, qui ont joué un rôle déterminant en se mobilisant pour la sécurisation du travail et la sensibilisation de la population ; • à la précieuse collaboration des personnes enquêtées qui ont fait preuve de patience en dépit de leurs nombreuses occupations ; • au dévouement et au sacrifice dont ont fait preuve les agents contractuels de terrain et de bureau. Au nom de l’INSEED, je voudrais donc exprimer ma profonde gratitude au Gouvernement, aux Partenaires Techniques et Financiers, et à tous les autres intervenants pour leur soutien et leur contribution qui ont permis de bien mener le travail. Aussi à tous ceux ou celles qui auraient joué un rôle dans la conduite de l’EDS-MICS 2014-2015 et qui se sentiraient oubliés, qu’ils sachent qu’ils ont contribué à la réalisation d’un travail important et trouvent ici mes sincères remerciements. L’ xxiv • Remerciements Enfin, nous rendons hommage à toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de l’opération et qui ne sont plus de ce monde. Liste des sigles, acronymes et abréviations • xxv LISTE DES SIGLES, ACRONYMES ET ABRÉVIATIONS ADC Association de Défense des Consommateurs AFD Agence Française de Développement AFJT Association des Femmes Juristes du Tchad AMASOT Association pour le Marketing Social au Tchad ATBEF Association Tchadienne pour le Bien-Être Familial BCG Bacille Calmette et Guérin (vaccination antituberculeuse) BET Borkou-Ennedi-Tibesti BM Banque Mondiale CARMMA Campagne pour l’Accélération de la Réduction de la Mortalité Maternelle en Afrique CDV Centre de Dépistage Volontaire CEEAC Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale CELIAF Cellule de Liaison des Associations Féminines CEMAC Communauté Économique Monétaire des États de l’Afrique Centrale CIM Classification Internationale des Maladies CIPD Conférence Internationale sur la Population et le Développement CM Chef de Ménage CNB Comité National Bioéthique CNLS Conseil National de Lutte contre le Sida CNNTA Centre National de Nutrition et de Technologie Alimentaire CNR Centre National de Référence du VIH CNS Conférence Nationale Souveraine CONA-CIAF Comité National de lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants, Comité Interafricain CPN Consultation Prénatale CSPro Census and Survey Processing CTA Combinaison Thérapeutique à base d’Artémisinine DBS Dry Blood Spots (Gouttes de sang séché) DHS Demographic and Health Surveys (Enquêtes Démographiques et de Santé) DIU Dispositif Intra-Utérin DRPH Direction de Réinsertion des Personnes Handicapées DSRV Direction de la Santé de la Reproduction et de la Vaccination DTC Diphtérie Tétanos Coqueluche DTC-HepB-Hib Diphtérie, Tétanos, Coqueluche, Hépatite B, Haemophilus influenzae type B (Hib) ECOSIT Enquête sur la Consommation des ménages et le Secteur Informel au Tchad EDS-MICS Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples EDST Enquête Démographique et de Santé au Tchad ELISA Enzyme-Linked ImmunoSorbent Assay (dosage d’immunoabsorption par enzyme liée) xxvi • Liste des sigles, acronymes et abréviations FJ Fièvre Jaune FMSTP Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme FOSAP Fonds de Soutien aux Activités de Population HCNC Haut Comité National de Coordination pour l’accès au Fonds Mondial HGRN Hôpital Général de Référence National HME Hôpital de la Mère et de l'Enfant IC Intervalle de Confiance ICF Inner City Fund IDJE Indice de Développement du Jeune Enfant IMC Indice de Masse Corporelle INSEED Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques IPS Indice de Parité entre les Sexes IRA Infections Respiratoires Aiguës ISF Indice Synthétique de Fécondité IST Infections Sexuellement Transmissibles IYCF Infant and Young Child Feeding JNV Journée Nationale de Vaccination MAMA Méthode de l’Allaitement Maternelle et de l’aménorrhée MDE Monde Digne des Enfants MEPCI Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale MGF/E Mutilation Génitale Féminine/Excision MICS Multiple Indicator Cluster Survey MII Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide MIILDA Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide à Longue Durée d’Action MPP Ministère du Plan et de la Prospective NN Mortalité Néonatale ODD Objectifs de Développement Durable OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS Organisation Mondiale de la Santé ONG Organisation Non Gouvernementale ONUSIDA Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA PASST Projet d’Appui au Secteur Santé au Tchad PEV Programme Élargi de Vaccination PID Pulvérisation Intra-Domiciliaire PND Plan National de Développement PNDS Plan National de Développement Sanitaire PNLP Programme National de Lutte contre le Paludisme PNN Mortalité Post-Néonatale PNS Politique Nationale de Santé PNUD Programme des Nations-Unies pour le Développement Liste des sigles, acronymes et abréviations • xxvii RDV Risque de Mortalité Maternelle sur la durée de vie RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat RMM Rapport de Mortalité Maternelle SASDE Stratégie Accélérée pour la Survie et le Développement de l’Enfant SIDA Syndrome de l’Immunodéficience Humaine Acquise SNRP Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté SPSS Statistical Package for Social Science SRO Sel de Réhydratation Orale TBS Taux Brut de scolarisation TBN Taux Brut de Natalité TDR Test de Diagnostic Rapide TGFG Taux Global de Fécondité Générale TME Transmission Mère Enfant TNF Taux Net de Fréquentation Scolaire TPI Traitement Préventif Intermittent TNS Taux Net de Scolarisation TRO Thérapie de Réhydratation Orale UNDAF Plan Cadre des Nations Unies pour l’Aide au Développement UNFPA Fonds des Nations Unies pour la Population UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance UPS Unités Primaires de Sondage USAID United States Agency for International Development (Agence Américaine pour le Développement Internationale) VAT Vaccin Antitétanique VIH Virus de l’Immunodéficience Humaine VPO Vaccin Polio Oral VPO0 Vaccin Polio Oral à la naissance ZD Zone de Dénombrement Indicateurs des Objectifs du Millénaire pour le Développement • xxix INDICATEURS DES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT—TCHAD 2014-2015 Sexe Ensemble Indicateur Femme Homme 1. Éliminer l’extrême pauvreté et la faim 1.8 Prévalence de l’insuffisance pondérale parmi les enfants de moins de 5 ans 27,6 30,0 28,8 2. Assurer l’éducation primaire pour tous 2.1 Taux net de fréquentation scolaire au niveau primaire1 47,8 53,8 50,9 2.3 Taux d’alphabétisation dans la population des 15-24 ans2 35,3 64,8 50,1 3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes 3.1a Ratio filles/garçons dans l’enseignement primaire3 na na 0,9 3.1b Ratio filles/garçons dans l’enseignement secondaire3 na na 0,5 4. Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans 4.1 Taux de mortalité infanto-juvénile4 140 155 133 4.2 Taux de mortalité infantile4 74 89 72 4.3 Proportion d’enfants d’un an vaccinés contre la rougeole 57,5 56,2 56,9 5. Améliorer la santé maternelle 5.1 Rapport de mortalité maternelle5 860 na na 5.2 Pourcentage de naissances dont l’accouchement a été assisté par un prestataire de santé formé6 na na 24,3 5.3 Prévalence contraceptive (femmes en union)7 5,7 na na 5.4 Taux de fécondité des adolescentes8 179,4 na na 5.5a Couverture en soins prénatals par du personnel formé : au moins une visite9 63,7 na na 5.5b Couverture en soins prénatals par du personnel formé : quatre visites ou plus10 31,0 na na 5.6 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale (ensemble des femmes) 18,6 na na 6. Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies 6.1 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ansa 1,4 0,7 1,1 6.2 Utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à risques11,a 41,3 49,7 45,5 6.3 Pourcentage de la population de 15-24 ans ayant une connaissance « approfondie » du VIH/sida12,a 11,2 15.4 13,3 6.4 Ratio de la fréquentation scolaire es orphelins sur la fréquentation scolaire des non orphelins de 10-14 ans 1,00 1,07 1,03 6.7 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans ayant dormi sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide (MII) 36,3 36,6 36,4 6.8 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans avec de la fièvre ayant été traités avec des antipaludéens appropriés13 36,6 36,3 36,4 RÉSIDENCE Ensemble Urbain Rural 7. Assurer un environnement durable 7.1 Proportion de la population utilisant une source d’eau améliorée (%)14 84,8 47,7 56,1 7.2 Proportion de la population utilisant des installations sanitaires améliorées15 27,8 2,5 8,2 na = Non applicable 1 Le taux est basé sur la fréquentation déclarée, non l’inscription, au niveau primaire parmi les enfants d’âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans). Le taux comprend aussi les enfants d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire qui fréquentent le niveau secondaire. Il s’agit d’une mesure indirecte de l’indicateur 2.1 des OMD : Taux net total de scolarisation dans le primaire. 2 Correspond aux enquêtés qui ont fréquenté l’école secondaire ou le supérieur, ou qui peuvent lire une phrase ou une partie de phrase. 3 Basé sur la fréquentation nette déclaré, non l’inscription, parmi les 6-11 ans pour le primaire, 12-18 ans pour le secondaire. 4 Exprimé en termes de décès pour 1 000 naissances vivantes. La mortalité par sexe fait référence à la période des 10 ans précédant l’enquête. La mortalité pour les deux sexes ensemble fait référence à la période des 5 ans précédant l’enquête. 5 Exprimé en termes de décès maternels pour 100 000 naissances au cours des 7 ans ayant précédé l’enquête. 6 Parmi les naissances ayant eu lieu au cours des 5 années ayant précédé l’enquête. 7 Pourcentage de femmes actuellement en union qui utilisent une méthode contraceptive quelconque. 8 Équivaut au taux de fécondité par âge pour les femmes de 15-19 ans pour la période des 5 ans précédant l’enquête, exprimé en termes de naissances pour 1 000 femmes de 15-19 ans. 9 Par du personnel formé 10 Avec n’importe quel type de prestataire de santé 11 Des rapports sexuels à hauts risques sont des rapports sexuels avec un partenaire extra conjugal et non cohabitant. Exprimé en pourcentage de femmes et d’hommes de 15-24 ans qui ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois. 12 Sont considérées comme ayant une connaissance « approfondie », les personnes qui savent que l’utilisation régulière du condom au cours de chaque rapport sexuel et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, celles qui savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et celles qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du sida. 13 Pourcentage d’enfants de 0-59 mois ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview et qui ont reçu un médicament antipaludéen quelconque. 14 Pourcentage de la population de droit dont la source principale d’eau de boisson est un robinet dans le logement/cours/concession, un robinet public/borne fontaine, un puits à pompe/forage, un puits creusé protégé, la collecte d’eau de pluie, ou l’eau en bouteille. 15 Pourcentage de la population de droit ayant accès à une chasse d’eau, une fosse d’aisances améliorée auto-aérée, une fausse d’aisances avec dalle ou des toilettes à compostage et qui ne partagent pas cette installation avec d’autres ménages. a Limité aux femmes et aux hommes dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête homme. xxx • Carte du Tchad Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE 1 Boyalngar Mbatina, Djekaouyo Nadwaï Philippe et Riguide Mbaissanadje 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS 1.1.1 Situation géographique, climat, hydrographie et végétation itué entre les 7ème et 24ème degrés de latitude nord et les 13ème et 24ème degrés de longitude est, le Tchad couvre une superficie de 1 284 000 km2 ; il est le cinquième pays d’Afrique par sa superficie après le Soudan, l’Algérie, la République Démocratique du Congo et la Libye. Du nord au sud, il s’étend sur 1 700 km et, de l’est à l’ouest, sur 1 000 km. Il partage ses frontières avec, au nord, la Libye, à l’est, le Soudan, au sud, la République Centrafricaine et, à l’ouest, le Cameroun, le Nigeria et le Niger. De par sa position géographique, au sud du Tropique du Cancer et au cœur du continent africain, le Tchad souffre d’une continentalité accentuée dont l’étranglement économique est l’une des conséquences. En effet, le pays est dépourvu de toute façade maritime. N’Djaména, la capitale, est située à 1 765 km du port maritime le plus proche, Port Harcourt, au Nigeria, à 2 060 km de Douala au Cameroun, à 2 975 km de Pointe Noire au Congo et à 2 400 km de Port-Soudan, sur la mer Rouge. Cet enclavement extérieur était accentué, jusqu’à une période récente, par une insuffisance du réseau routier national qui a connu une amélioration significative avec la mise en œuvre des programmes nationaux de transports financés grâce aux ressources du pétrole et les apports des partenaires. Le pays appartient politiquement et économiquement à l’Afrique Centrale, mais en raison des similitudes de conditions climatiques, il est rattaché également aux pays sahéliens. Le climat, désertique au nord et tropical au sud sépare le pays en trois zones principales : • la zone saharienne désertique au nord (47 % de la superficie totale) qui comprend les régions du Borkou, de l’Ennedi Est, de l’Ennedi Ouest, du Tibesti, le nord de la région du Kanem et une partie de la région du Batha. Cette zone est marquée par une pluviométrie très faible (moins de 300 mm par an), et par une végétation de type steppique ou pseudo steppique. Les sols nus caractérisés par les dunes et ergs du désert saharien occupent les confins septentrionaux de la zone. • la zone sahélienne, au centre, (43 % de la superficie totale) qui couvre une partie de la région du Batha, une partie de la région du Kanem, les régions du Chari Baguirmi, de N’Djaména, du Hadjer Lamis, du Guéra, du Wadi Fira, du Barh El Gazal, du Lac, du Ouaddaï, du Sila et du Salamat. Elle se situe entre la zone saharienne au nord et soudanienne au sud. Les pluies ne sont abondantes que dans sa partie sud (400 à 700 mm par an) et s’étalent sur deux à trois mois. La formation végétale est celle de la savane arbustive du type sahélo-soudanien. • la zone soudanienne au sud (10 % de la superficie totale) comprend les régions du Logone Occidental, du Logone Oriental, du Mandoul, du Mayo Kebbi Est, du Mayo Kebbi Ouest, du Moyen Chari et de la Tandjilé. Elle est constituée par deux bassins des principaux fleuves (le Chari et le Logone). La pluviométrie dépasse 700 mm par an et peut atteindre 1 200 à 1 300 mm au sud. S 2 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête Sur le plan des activités aquatiques et de la végétation, Le Tchad dispose d’un unique réseau fluvial constitué de deux fleuves et cinq principaux lacs ; 600 000 ha de forêts et 400 000 ha de parcs nationaux. Le réseau fluvial est constitué du Chari qui prend sa source depuis la République Centrafricaine et coule sur1 200 km et son principal affluent, le Logone qui prend sa source au Cameroun et s’étend sur 1 000 km. Ils sont, en partie, navigables quatre mois par an. Les principaux lacs du pays sont : le lac Tchad, le lac Fitri, le lac Iro, le lac Léré et le lac Tikem. Les eaux y sont très poissonneuses. Cependant, elles sont aussi sources de maladies telles que la bilharziose et le ver de Guinée. Les deux parcs les plus importants offrant le plus de variétés d’espèces sont le parc national de Zakouma dans la région du Salamat et celui de Manda dans la région du Moyen Chari. 1.1.2 Évolution récente de la situation politique et administrative Le Tchad a accédé à l’indépendance le 11 août 1960 et il est entré dans une ère de stabilité et de paix à partir de 1990 avec l’amorce d’un processus de démocratisation et d’état de droit ayant abouti à l’organisation de la conférence nationale souveraine (CNS) en 1993, à l’adoption d’une nouvelle constitution en 1996 puis révisée en 2005, et à la tenue des élections présidentielles et législatives en 1996, 2001, 2006 et 2011 ; les prochaines élections présidentielles et législatives sont prévues en 2016. Le pouvoir judiciaire joue pleinement son rôle à côté du législatif et de l’exécutif. Le pays est doté de grandes institutions républicaines qui sont : la Cour Suprême, le Conseil Constitutionnel, la Haute Cour de Justice, la Cour des Comptes, et un Haut Conseil de la Communication est chargé de garantir la liberté de la presse et l’expression pluraliste des opinions. Enfin, les partis politiques, les associations de la société civile et les mass médias concourent au renforcement de la démocratie. Sur le plan administratif, le Tchad a opté en 1996 pour un état unitaire fortement décentralisé. Le processus de décentralisation et de déconcentration des services vers les régions et départements a été déclenché. Le pays compte, selon l’Ordonnance N0027/PR/2012 du 12 septembre 2012, 23 régions dont la commune de N’Djaména, 68 départements y compris N’Djaména et 281 sous-préfectures, y compris les dix arrondissements de N’Djaména. Bien qu’il y ait une volonté manifeste de décentraliser l’administration et la gestion des affaires publiques, il convient cependant de relever que l’organisation administrative du Tchad est fortement marquée par la concentration de certains services de l’État dans la capitale, notamment les services sociaux de base. 1.1.3 Situation démographique Selon les résultats du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2009 (RGPH 2009), la population du Tchad est estimée à 11 038 873 habitants contre environ 6 279 931 habitants en 1993. Cette population atteindra 16 244 513 habitants en 2020 selon les projections de l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED, 2014). Le taux d’accroissement de cette population est passé successivement de 1,4 % en 1964 (Service de Statistique, 1966), à 2,5 % en 1993 (BCR, 1995), à 3,4 % en 2009 (RGPH2, 2009) pour s’établir à 2,9 % en 2050 selon les projections de l’INSEED publiées en 2014. La population du Tchad est inégalement répartie à travers l’espace national ; il y a des zones de fortes et de faibles concentrations. Environ la moitié de la population du pays (47 %) est concentrée sur seulement 10 % de la superficie totale. La densité moyenne de la population passe de 4,9 habitants par kilomètre carré en 1993 (RGPH1_BCR, 1993) à 8,6 habitants par kilomètre carré (RGPH2_INSEED, 2009). Elle varie de 0,1 habitant par kilomètre carré dans la région du Tibesti à 77,3 habitants par kilomètre carré (RGPH2 INSEED, 2009) dans la région du Logone Occidental. Cette densité moyenne de la population du Tchad, relativement faible, s’établira autour de 12,7 habitants par kilomètre carré en 2020 selon les projections publiées par l’INSEED en 2014. Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 3 En 1993, la population tchadienne était à prédominance féminine avec une proportion de 52 % de femmes contre 48 % d’hommes. Mais selon les résultats du RGPH 2009, la proportion de la population féminine est de 51 %. La structure par âge et par sexe révèle que la population du Tchad est relativement jeune. Selon les résultats de RGPH 2009, la population âgée de moins de 15 ans représente environ 51 % de la population totale, 47 % pour les 15-59 ans et 3 % pour les personnes âgées de plus de 64 ans contre respectivement 48 %, 47 % et 4 % en 1993. 1.1.4 Évolution économique récente Bien que le Tchad produise du pétrole depuis 2004, les activités agro-pastorales et halieutiques restent toujours le moteur de l’économie nationale, même si ces activités sont fortement dépendantes des aléas climatiques ; il est vrai que la production pétrolière a souvent orienté la croissance économique du pays, qui s’est située à 3 %, 6,6 % et 3,3 % respectivement en 2003, 2014 et 2015 d’après le cadrage macro-économique mis à jour en janvier 2016. Conscient que le pétrole est une ressource tarissable, le Gouvernement a entrepris un vaste programme d’investissements, financés par des ressources pétrolières destinées au développement humain (éducation et santé), à la construction des infrastructures de base (routes, autres équipements publics), à la réhabilitation et à la modernisation de l’agriculture et de l’élevage ; il s’agit donc d’une politique qui se situe dans une logique de préparation de l’après pétrole. Les efforts ainsi entrepris visant la diversification économique et l’amélioration des conditions de vie de la population ont abouti à une réduction de la pauvreté de l’ordre de 8 points de pourcentage entre 2003 (55 %) et 2011 (47 %). Tout récemment, avec la fin des stratégies de réduction de la pauvreté (SNRP) de différentes générations, le pays s’est engagé dans un processus de planification de développement économique et social (à moyen et à long terme) qui a permis d’élaborer et de mettre en œuvre le PND (Plan National de Développement 2013-2015), d’amorcer la préparation de la Vision 2030, « le Tchad que nous voulons », dont la première phase est le Plan Quinquennal de Développement 2016-2020 en cours d’élaboration. Aussi, au cours de ces dernières années, les indicateurs essentiels de la santé de la femme et de l’enfant ont connu une évolution favorable et significative, qui s’explique par les investissements massifs consacrés au secteur de la santé par le gouvernement et les partenaires au développement. Cependant, la fécondité reste à un niveau stable mais élevé face à une baisse de la mortalité et de la morbidité. Toutefois la question relative à la forte fécondité interpelle les autorités du pays qui ont déjà adopté une politique de sensibilisation et d’information publique sur les inconvénients des grossesses nombreuses et trop rapprochées, allant donc dans le sens d’une fécondité modérée, cela dans le cadre du projet « Autonomisation de la Femme et Dividende Démographique au Sahel ». Sur le plan de l’intégration économique et monétaire, le Tchad est membre de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) et de la Communauté Économique et Monétaire des États de l’Afrique Centrale (CEMAC). Il contribue activement à l’intégration et à la sécurité sous-régionale en participant à la lutte contre le terrorisme. Dans le domaine des finances publiques, le pays se trouve engagé, depuis quelques années, dans un vaste plan d’assainissement et de redressement des finances publiques, largement soutenu par les partenaires extérieurs bilatéraux et multilatéraux. Ce plan coordonné par le programme d’appui à la modernisation des finances publiques (PAMFIP) comporte plusieurs volets dont : 4 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • l’élaboration, l’exécution et le contrôle du budget de l’État ; • la rationalisation du circuit de la dépense ; • la mobilisation des ressources de l’État ; • la gestion de la dette et de la politique de l’endettement public ; • Le contrôle bancaire ; • le développement de la microfinance ; • le renforcement du dispositif de production des statistiques macro-économiques. Si la mise en œuvre de ce plan est bien assurée, il y a de réelles chances pour que la discipline budgétaire soit restaurée et que le pays gagne en efficacité en matière de gestion de ses finances publiques. 1.1.5 Situation sanitaire récente Le Tchad par rapport aux autres pays de la sous-région est confronté à une situation sanitaire caractérisée par une morbidité et une mortalité élevées dues aux épidémies (méningite, rougeole, choléra etc.) et aux autres maladies transmissibles et non transmissibles. Ce lourd fardeau, endeuille chaque année des familles tchadiennes et entraine de graves conséquences, particulièrement sur la santé des populations pauvres et vulnérables, notamment celle de la mère et de l’enfant. Pour relever ces défis, le gouvernement a déployé d’énormes efforts en termes de constructions d’infrastructures sanitaires, d’équipements biomédicaux, de moyens logistiques, de formation, de mobilisation du personnel qualifié, de financement des services, de gratuité des soins d’urgences, de la mise en œuvre de nouveaux programmes de santé, etc. À l’échelle des priorités nationales, les questions de santé publique ont occupé une place importante, à telle enseigne que le Chef de l’État suit personnellement la situation sanitaire du pays à travers des séances de travail mensuelles organisées au palais présidentiel avec la participation des membres du gouvernement, les partenaires techniques et financiers, et les responsables des différents programmes sanitaires. La nouvelle Politique Nationale de la Santé du Tchad s’inscrit en droite ligne de la vision du Tchad à l’horizon 2030, dont l’objectif général est d’assurer à la population l’accès aux soins de santé universelle, avec un focus sur la santé maternelle et infantile. 1.2 MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1.2.1 Cadre institutionnel L’Enquête Démographique et de Santé, combinée à une enquête par grappes à Indicateurs Multiples, et incluant un volet sérologie du VIH, l’EDS-MICS 2014-2015 est une enquête d’envergure nationale. Elle a été exécutée par l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) avec l’appui technique d’ICF International. Elle a été financée par le gouvernement tchadien grâce à ses propres ressources, par l’UNFPA, l’UNICEF, l’USAID, le Fonds Mondial pour la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme, la Banque Mondiale, l’Agence Française de Développement (AFD) et la Coopération Suisse. La coordination Technique a fait appel aux linguistes de l’Université de N’Djaména et au personnel de la santé pour la traduction des expressions et termes relatifs aux points sensibles des questionnaires (en particulier les questions sur la reproduction, l’activité sexuelle, la contraception et les maladies) dans les principales langues du Tchad. Ces lexiques ont été testés et améliorés au cours des formations et du pré-test avant leur utilisation pour l’enquête principale. Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 5 Un comité de Pilotage interministériel a été mis en place par le gouvernement pour les besoins de l’enquête. Une équipe de validation interne a été chargée de valider tous les documents techniques proposés par l’équipe d’exécution de l’enquête avant de les soumettre au Comité de Pilotage. Cette équipe technique d’exécution a été chargée de la mise en œuvre de l’enquête. Le Comité National de Bioéthique (CNB) qui est l’institution officielle habilitée à donner les autorisations pour la réalisation des enquêtes d’envergure nationale à caractère sensible telle que la collecte des échantillons de sang pour le test de dépistage du VIH/SIDA a été préalablement saisi pour donner son autorisation à la réalisation de l’enquête. En effet, pour réaliser une enquête de type EDS-MICS combinée à un volet sérologie du VIH/SIDA, il est recommandé d’obtenir, au préalable, une autorisation du Comité d’Éthique National. Le CNB a donné son avis favorable sur le protocole de recherche EDS-MICS 2014-2015 à sa session du 23 juillet 2014 et a répondu à la correspondance de l’INSEED lui soumettant les documents à la date du 8 août 2014 sous le N°001/PR/PM/MESRS/SG/CNB/2014. Bien avant ce comité, le Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS) a donné son autorisation à la réalisation du volet séroprévalence du VIH à la date du 27 juin 2014 sous le N°019/PR/PM/CNLS/SEN/2014. 1.2.2 Objectifs de l’enquête La réalisation de l’enquête EDS-MICS 2014-2015 vise principalement à disposer de données récentes fiables et à jour désagrégées par sexe, par caractéristiques socioculturelles et par région en vue d’aider le gouvernement à : • Évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le Développement, de la Politique Nationale de Santé (PNS 2007-2015), du Plan National de Développement (PND 2013-2015), PNDS, du PASST, du PNLS, des objectifs d’un Monde Digne des Enfants, des objectifs des programmes sectoriels et de l’UNDAF ; • Collecter, analyser et diffuser des données démographiques et de santé portant, en particulier, sur la fécondité, la planification familiale, la santé et la nutrition de la mère et de l’enfant, la possession et l’utilisation de moustiquaires mais aussi sur l’accessibilité à l’eau potable et l’hygiène adéquate des ménages, la scolarisation des enfants et l’alphabétisation des adultes, la protection de la femme et de l’enfant, la mortalité maternelle et de la petite enfance et le VIH/SIDA ; • Fournir des informations sur les indicateurs relatifs aux domaines de l’enquête ; • Contribuer à l’amélioration des données et des systèmes de suivi au Tchad et de renforcer l’expertise technique en matière de conception, de collecte, traitement, analyse des données et dissémination ; • Fournir les données nécessaires pour la prise de décision pour le futur ; • Fournir une base de données fiable utilisable par la communauté scientifique nationale et internationale ; • Garantir la comparabilité internationale des résultats. 6 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête 1.3 QUESTIONNAIRES Trois types de questionnaires ont été utilisés pour collecter les données de l’EDS-MICS 2014-2015 : le questionnaire ménage, le questionnaire individuel femme et le questionnaire individuel homme. Le contenu de ces questionnaires est basé sur les questionnaires modèles développés par le programme DHS. Une adaptation aux besoins spécifiques du Tchad a été faite sur des bases participatives au cours de plusieurs réunions ayant regroupé toutes les parties prenantes à cette enquête. Le questionnaire ménage a permis d’enregistrer tous les membres du ménage avec certaines de leurs caractéristiques : lien de parenté avec le chef de ménage, sexe, âge, situation de résidence, niveau d’instruction, etc. Il a aussi permis d’identifier les femmes et les hommes éligibles pour les interviews individuelles et de collecter les informations sur les caractéristiques du ménage, telles que la principale source d’approvisionnement en eau de boisson, le type de toilettes, le type de matériaux du sol du logement, la possession de certains biens durables, la possession et l’utilisation de la moustiquaire, le lavage des mains et le type de sel de cuisine (iodé ou non) utilisé dans le ménage. En outre, le questionnaire ménage a aussi servi à collecter les données sur la consommation de tabac et d’alcool, les handicaps, le travail et la discipline des enfants. Enfin le questionnaire ménage a également été utilisé pour enregistrer les résultats des mesures anthropométriques (poids et taille) et des prélèvements sanguins effectués pour le test du VIH. Le questionnaire individuel femme a été utilisé pour enregistrer les informations concernant les femmes éligibles, c’est-à-dire les femmes âgées de 15-49 ans, résidentes ou visiteuses. Il comprend les sections suivantes : • Caractéristiques sociodémographiques de l’enquêtée ; • Reproduction ; • Contraception ; • Grossesse et soins postnatals ; • Vaccination des enfants, Santé et Nutrition ; • Mariage et Activité sexuelle ; • Préférences en matière de fécondité ; • Caractéristiques du mari et travail de la femme ; • VIH/SIDA ; • Fistule obstétricale et autres problèmes de santé ; • Mortalité maternelle ; • Excision ; • Fistule ; • Développement et éveil de l’enfant ; et • Violences domestiques. Le questionnaire individuel homme est indépendant du questionnaire femme, mais la plupart des questions posées aux hommes âgés de 15-59 ans sont identiques à celles posées aux femmes de 15-49 ans. Le questionnaire comprend les sections suivantes : • Caractéristiques sociodémographiques de l’enquêté ; • Reproduction ; • Contraception ; • Mariage et activité sexuelle ; • Préférences en matière de fécondité ; Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 7 • Emploi et rôle des sexes ; • VIH/Sida ; et • Autres problèmes de santé. 1.4 TEST DU VIH Dans les ménages où a eu lieu l’enquête homme, toutes les femmes de 15-49 ans, tous les hommes de 15-59 ans étaient éligibles pour le test du VIH. Les protocoles pour le test du VIH ont été approuvés par différents comités d’éthique dont le Comité National d’Éthique du Tchad et le Comité d’Éthique (Institutional Review Board) d’ICF International. Le test du VIH a été prévu dans le sous-échantillon des ménages éligibles pour l’enquête homme. Les prélèvements de sang ont été réalisés auprès de tous les hommes et de toutes les femmes éligibles de ces ménages qui ont accepté volontairement de se soumettre au test. Le protocole pour dépister le VIH est basé sur le protocole anonyme-lié développé par le projet DHS. Selon ce protocole, aucun nom ou autre caractéristique individuelle ou géographique permettant d’identifier un individu ne peut être lié à l’échantillon de sang. Étant donné que les tests du VIH sont strictement anonymes, il n’est pas possible d’informer les enquêtés des résultats de leur test. Par contre, au moment de la collecte, on a remis aux personnes éligibles, qu’elles aient accepté ou non d’être testées pour le VIH, une carte de référence pour obtenir, si elles le souhaitaient, des conseils et un test gratuit auprès des établissements de santé offrant ces services. Après obtention du consentement éclairé, l’enquêteur prélevait des gouttes de sang capillaire sur un papier filtre. Une étiquette contenant un code à barres était alors collée sur le papier filtre. On a ensuite collé une deuxième étiquette avec le même code à barres sur le questionnaire ménage, sur la ligne correspondant à la personne éligible. Les gouttes de sang sur papier filtre étaient séchées pendant 24 heures dans une boîte de séchage contenant un dessicatif pour absorber l’humidité. Le lendemain, chaque échantillon séché (Dry Blood Spot – DBS) était placé dans un petit sac en plastique imperméable et à fermeture hermétique. Les sacs en plastique individuels ont été ainsi conservés jusqu’à leur acheminement à la coordination de l’enquête à N’Djaména pour enregistrement, vérification et transfert au laboratoire de l’Hôpital Général de Référence Nationale (HGRN). Celui-ci enregistrait, à son tour, les prélèvements et scannait les codes à barres avant de les stocker à basse température (- 20 degrés Celsius). Après la saisie des questionnaires à l’INSEED, le fichier des données de l’enquête a été vérifié, apuré et les coefficients de pondération ont été appliqués. Après avoir vérifié que le fichier des données se trouve dans son format final, tous les identifiants permettant de retrouver un individu (plus précisément les numéros de ménages et de grappes) ont été brouillés et remplacés par des numéros générés aléatoirement. Tous les identifiants originaux ont été détruits du fichier de données. Par ailleurs, tous les questionnaires ont également été détruits. Ce n’est qu’à ce stade que l’HGRN a été autorisé à commencer l’analyse des prélèvements de sang. 1.5 ÉCHANTILLONNAGE L’EDS-MICS 2014-2015 est conçue pour produire des résultats représentatifs au niveau de l’ensemble du pays, au niveau du milieu urbain et du milieu rural séparément, au niveau de la ville de N’Djaména, et au niveau des régions du Tchad. Pour ce faire, le territoire national a été découpé en 21 domaines d’études correspondant aux 22 régions1 et à la ville de N’Djaména et, dans chaque domaine d’études (sauf N’Djaména), deux strates ont été créées : la strate du milieu urbain et celle du milieu rural. Le tirage de l’échantillon a été fait 1 Les régions du Borkou et du Tibesti ont été regroupées en un seul domaine d’études, ainsi que les régions de l’Ennedi Ouest et de l’Ennedi Est. 8 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête strate par strate. Ainsi, l’échantillon de l’EDS-MICS 2014-2015 est basé sur un sondage aréolaire stratifié et tiré à deux degrés. Au premier degré, 626 Unités Primaires de Sondage (UPS) ou grappes ont été tirées à partir de la liste des Zones de Dénombrement (ZD) établies au cours du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) réalisé en 2009 par l’INSEED, en procédant à un tirage systématique avec probabilité proportionnelle à la taille, la taille de l’UPS étant le nombre de ménages. Un dénombrement des ménages dans chacune de ces grappes a fourni une liste des ménages à partir de laquelle a été tiré, au second degré, un échantillon de 25 ménages par grappe dans le milieu urbain, et 30 ménages par grappe dans le milieu rural avec un tirage systématique à probabilité égale. Un total de 17 965 ménages (4 075 en milieu urbain dans 163 grappes et 13 890 en milieu rural dans 463 grappes) ont été sélectionnés. Toutes les femmes âgées de 15-49 ans vivant habituellement dans les ménages sélectionnés, ou présentes la nuit précédant l’enquête, étaient éligibles pour être enquêtées. De plus, dans un sous-échantillon d’un ménage sur trois, tous les hommes de 15-59 ans étaient éligibles pour être enquêtés. Dans ce sous-échantillon, toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête individuelle étaient aussi éligibles pour le test du VIH. Dans le même sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête homme, les femmes étaient enquêtées à l’aide des modules sur le VIH, les injections, et la violence domestique. Dans deux tiers des ménages, non-sélectionnés pour l’enquête homme, toutes les femmes ainsi que tous les enfants de moins de cinq ans étaient éligibles pour être mesurés et pesés afin d’évaluer leur état nutritionnel. Enfin, dans ce sous-échantillon, les questionnaires sur les moustiquaires, le handicap, la consommation de tabac et d’alcool, le travail et la discipline des enfants ont été posés. Les modules sur la fistule, l’excision et le développement de l’enfant ont aussi été posés aux femmes dans ce sous-échantillon. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, parmi les 626 grappes sélectionnées, 624 grappes dans l’échantillon ont été enquêtées. Au total, 17 892 ménages ont été sélectionnés et, parmi eux, 17 422 ménages ont été identifiés au moment de l’enquête. Parmi ces 17 422 ménages, 17 233 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 99 % (Tableau 1.1). Les taux de réponses des ménages sont quasiment identiques en milieu rural et en milieu urbain. Tableau 1.1 Résultats des interviews ménages et individuelles Effectif de ménages, nombre d’interviews et taux de réponse par milieu de résidence (non pondéré), Tchad 2014-2015 Résidence Total Résultat N’Djaména Autre villes Total urbain Rural Interviews ménages Ménages sélectionnés 1 250 2 825 4 075 13 817 17 892 Ménages identifiés 1 239 2 705 3 944 13 478 17 422 Ménages interviewés 1 221 2 659 3 880 13 353 17 233 Taux de réponse des ménages1 98,5 98,3 98,4 99,1 98,9 Interviews des femmes de 15-49 ans Effectif de femmes éligibles 1 594 2 943 4 537 13 901 18 438 Effectif de femmes éligibles interviewées 1 466 2 819 4 285 13 434 17 719 Taux de réponse des femmes éligibles2 92,0 95,8 94,4 96,6 96,1 Interviews des hommes de 15-59 ans Effectif d’hommes éligibles 717 1 060 1 777 3 924 5 701 Effectif d’hommes éligibles interviewés 591 924 1 515 3 733 5 248 Taux de réponse des hommes éligibles2 82,4 87,2 85,3 95,1 92,1 1 Ménages enquêtés/ménages identifiés 2 Enquêtés interviewés/enquêtés éligibles Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 9 Par ailleurs, l’enquête a identifié 18 438 femmes de 15-49 ans dans les 17 233 ménages interviewés au cours de l’enquête, soit au moins une femme éligible par ménage et, pour 17 719 d’entre elles, l’interview a été menée avec succès. Globalement, le taux de réponse des femmes éligibles atteint 96 %. Ce taux de réponse est légèrement plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (97 % contre 94 %). L’enquête homme a été réalisée dans un ménage sur trois : 5 701 hommes étaient éligibles et 5 248 ont été interviewés (taux de réponse de 92 %). Les taux de réponse enregistrés chez les hommes du milieu urbain sont plus faibles que ceux obtenus chez ceux du milieu rural (85 % contre 95 %). 1.6 DÉROULEMENT DES ACTIVITÉS 1.6.1 Cartographie L’opération de cartographie et de dénombrement des ménages des 626 grappes de l’échantillon a débuté au mois de mars 2014 et s’est achevée au mois de juin 2014, soit trois mois de travail pour cette activité de mise à jour des ZD. Vingt-cinq équipes constituées chacune d’un agent cartographe et d’un agent énumérateur, préalablement formés, étaient chargés de ce travail. 1.6.2 Enquête pilote La session de formation de l’enquête pilote, a été organisée du 4 juin au 5 juillet 2014 et a été clôturée par la réalisation sur le terrain de l’enquête pilote dont les activités se sont déroulées du 2 au 5 juillet 2014 dans quatre sites de la ville de N’Djaména et quatre sites en milieu rural. Ces sites ont été choisis en dehors de l’échantillon de l’enquête principale. • Au total, 58 candidats ont été formés au cours de cette première phase de formation. • L’enquête pilote avait pour objectif de tester les outils de collecte et toute la stratégie de mise en œuvre de l’EDS-MICS 2014-2015. • Les leçons tirées de ce pré-test (rendement des enquêteurs, acceptation de l’enquête, etc.) ont été valorisées dans la finalisation des outils de collecte et la stratégie de mise en œuvre de l’enquête. • Cette opération a permis de réviser les questionnaires ainsi que les lexiques en langues nationales. 1.6.3 Enquête principale La formation de l’enquête principale a été organisée du 12 août au 12 septembre 2014 pour préparer les participants à la réalisation de l’enquête principale qui consiste à collecter des données auprès des ménages sélectionnés à cet effet. Les enseignements tirés de la formation de l’enquête pilote en ce qui concerne les comportements et le niveau d’étude atteint des stagiaires ont amené l’équipe d’encadrement à imposer le recrutement par voie de test écrit au cours duquel seuls les meilleurs candidats ont été autorisés à suivre la formation. Ainsi, 222 agents de collecte et 92 agents de traitement ont été retenus pour suivre cette formation qui a été assurée par l’équipe technique de l’EDS-MICS 2014-2015, appuyée par trois consultants d’ICF International et un consultant de l’UNFPA, représentant les partenaires techniques et financiers. • Au terme d’un mois de formation, parmi les 222 agents de collecte ayant suivi la formation, 144 dont 96 femmes ont été retenus définitivement pour mener l’enquête principale sur toute l’étendue du pays. 10 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • Après le test de sélection définitive, parmi ces 144 agents, on a retenu les 24 meilleurs hommes comme chefs d’équipe et les 24 meilleures femmes comme contrôleuses. • Les chefs d’équipes et les contrôleuses ont reçu une formation supplémentaire de trois jours sur la technique d’organisation du travail au sein de leur équipe et sur la correction des questionnaires remplis. • Dans le souci d’améliorer davantage la qualité de l’information collectée, les six meilleurs agents ont été choisis comme Superviseurs Permanents de Terrain (SPT) dont un a été maintenu pour la ville de N’Djaména et a eu pour rôle principal de recevoir, vérifier et transmettre les gouttes de sang séché (DBS) au laboratoire de l’Hôpital Général de Référence Nationale (HGRN). Les cinq autres superviseurs ont été répartis dans chacun des cinq pools de supervision de l’enquête prévus à cet effet. 1.6.4 Traitement des données Avant le démarrage effectif des travaux de traitement de données, 92 agents retenus pour ces travaux ont également suivi la formation aux côtés de leurs collègues en charge de la collecte des données pendant environ trois semaines. Cette formation a été complétée par une formation supplémentaire sur la saisie de données à l’aide du logiciel CSPRO, sur les techniques d’édition, de vérification et d’archivage des questionnaires. Parmi les 92 agents de traitement, 50 agents dont 15 femmes ont été définitivement retenues. Parmi ces 50 agents, 2 superviseurs, 4 contrôleurs, 4 agents vérificateurs, 10 agents d’édition et 30 agents de saisie ont été retenus sur la base de leurs performances et de leurs aptitudes. Le traitement des données de l’enquête a été réalisé parallèlement aux travaux de collecte des informations auprès des ménages pour un meilleur suivi de la qualité des données recueillies par les agents de terrain. La saisie a été organisée au moyen du logiciel CSPro. Un programme de contrôle de qualité a permis de détecter, pour chaque équipe, les principales erreurs de collecte. Ces informations étaient communiquées aux équipes lors des missions de coordination afin d’améliorer la qualité des données. La vérification de la cohérence interne des données saisies, l’édition et l’apurement final de l’ensemble des données ont été réalisés en juin 2015 avec l’appui d’un informaticien du programme DHS d’ICF International. 1.6.5 Analyse Comme à l’EDST-1 et à l’EDST-2, les travaux d’analyse des données ont été réalisés en collaboration avec ICF International. Contrairement à l’EDST-2 qui comportait 16 chapitres, l’EDS-MICS 2014-2015 en comporte 20. Cette augmentation du nombre de chapitres est liée au rajout de thèmes de l’enquête MICS développée par l’UNICEF ; il s’agit des thèmes suivants : Développement de l’enfant, discipline de l’enfant, enregistrement des naissances. Deux autres thèmes jugés utiles par le Comité de Pilotage ont été rajoutés : Consommation de tabac et d’alcool et Statut de la femme et Participation à la prise de décision. 1.7 FORMATION ET COLLECTE DES DONNÉES 1.7.1 Formation Afin de garantir une collecte de données fiables, deux sessions de formation du personnel de terrain ont été organisées. La première session de formation a été organisée du 4 juin au 5 juillet 2014 et a été clôturée par la réalisation sur le terrain de l’enquête pilote. Au total, 58 candidats ont été formés. L’enquête pilote avait pour Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 11 objectif de tester les outils de collecte et toute la stratégie de mise en œuvre de l’EDS-MICS 2014-2015. La deuxième session de formation a été organisée du 12 août au 12 septembre 2014 pour préparer les participants à la réalisation de l’enquête principale. Elle a concerné 230 candidats enquêteurs, enquêtrices, chefs d’équipes et contrôleuses. Parmi les 222 personnes formées, 144 ont été sélectionnées pour mener l’enquête principale sur toute l’étendue du pays. Toutes les sessions de formation ont porté sur les techniques d’interview, le remplissage des questionnaires, les techniques de prise des mesures anthropométriques et de collecte des DBS pour le test du VIH parmi les adultes. L’approche utilisée a consisté en i) une lecture concomitante des manuels d’instructions et des questionnaires suivie d’explications et de démonstrations ; ii) des jeux de rôle en salle entre personnel en formation suivis de discussions ; iii) des pratiques sur le terrain dans des ménages réels et dans des formations sanitaires suivies de discussions en salle ; et iv) l’organisation régulière des évaluations des connaissances acquises suivies de discussions en salle. 1.7.2 Collecte des données Les travaux de terrain de l’enquête pilote se sont déroulés du 2 au 5 juillet 2014 dans quatre sites de la ville de N’Djaména et quatre sites ruraux. Ces sites ont été choisis en dehors de l’échantillon de l’enquête principale. Les leçons tirées de ce pré-test (rendement des enquêteurs, acceptation de l’enquête, etc.) ont été valorisées dans la finalisation des outils de collecte et de la stratégie de mise en œuvre de l’enquête. Les travaux de terrain de l’enquête principale ont été réalisés du 23 octobre 2014 au 9 avril 2015 par 144 agents répartis en 24 équipes de travail. Chaque équipe était composée de six personnes : un chef d’équipe, une contrôleuse, un enquêteur, et trois enquêtrices. Les 24 équipes ont été placées sous la responsabilité de cinq superviseurs de terrain, membres de l’Équipe Technique de l’EDS-MICS 2014-2015 et cinq Superviseurs Permanents de Terrain, en raison d’une à trois équipes par superviseur. Les contrôleuses et les chefs d’équipes ont reçu une formation complémentaire axée sur le contrôle technique, l’organisation et la logistique, le contact avec les autorités et les populations. Caractéristiques des ménages • 13 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES 2 Djanmon Waissala u cours de l’EDS-MICS 2014-2015, 17 892 ménages ont été sélectionnés et, parmi eux, 17 422 ménages ont été identifiés au moment de l’enquête. Parmi les 17 422 ménages identifiés, 17 233 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 99 %. Les taux de réponses de l’enquête ménage sont quasiment identiques en milieu rural et en milieu urbain. Dans les 17 233 ménages, 18 438 femmes âgées de 15-49 ont été identifiées comme éligibles pour l’enquête individuelle (soit au moins une femme éligible par ménage) et, pour 17 719 d’entre elles, l’interview a été menée avec succès. Globalement, le taux de réponse des femmes éligibles atteint 96 %. Comme pour les ménages, le taux de réponse des femmes ne varie pas de façon importante du milieu urbain au milieu rural (94 % contre 97 %). L’enquête homme a été réalisée dans un ménage sur trois : au total, 5 701 hommes âgés de 15-59 ans étaient éligibles parmi lesquels 5 248 ont été interviewés, ce qui donne un taux de réponse de 92 %. Les taux de réponse enregistrés chez les hommes du milieu urbain sont plus faibles que ceux obtenus en milieu rural (85 % contre 95 %). 2.1 CONDITIONS DE VIE Au cours de l’enquête ménage, on s’est intéressé à certaines caractéristiques de l’habitat à savoir la source d’approvisionnement en eau de boisson, le type de toilettes utilisées par le ménage, l’accès à l’électricité, les matériaux de revêtement du sol, du toit et des murs, le nombre de pièces utilisées pour dormir dans le logement, le type de combustible utilisé pour la cuisine etc. On a également recueilli des informations relatives A Principaux résultats • Environ un ménage sur deux (55 %) consomme de l’eau provenant d’une source améliorée. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain (85 %) qu’en milieu rural (47 %). Depuis 2004, la proportion de ménages qui utilisent, pour boire, de l’eau considérée comme salubre a augmenté, passant de 36 % en 2004 à 55 % en 2014-2015. • L’accès à des installations sanitaires améliorées, qui est un Objectif du Millénaire pour le Développement, reste très limité au Tchad : globalement 86 % des ménages (97 % en milieu rural et 49 % en milieu urbain) ne disposent que de toilettes non améliorées. • En dépit des progrès accomplis ces dernières années, 92 % des ménages (99 % en milieu rural et 68 % en milieu urbain) ne disposent toujours pas d’électricité. • Dans 22 % des cas, c’est une femme qui est chef de ménage. Par ailleurs, un ménage tchadien compte, en moyenne, 5,8 personnes. • Parmi les personnes de 6 ans ou plus, 60 % de femmes et 44 % d’hommes n’ont aucun niveau d’instruction, contre respectivement 73 % et 54 % en 2004. 14 • Caractéristiques des ménages à la possession d’un certain nombre d’équipements modernes (radio, télévision, téléphone, réfrigérateur, cuisinière, etc.) et de moyens de transport (bicyclette, motocyclette, véhicule). Ces informations permettront donc d’évaluer les conditions de vie de la population des ménages, ainsi que leur niveau de bien-être socioéconomique. Ce sont des éléments qui entrent en compte dans l’amélioration des conditions de vie et, par conséquent, dans l’amélioration de l’état de santé et du bien-être de la population. 2.1.1 Caractéristiques de l’habitat Eau de boisson La connaissance de la source d’approvisionnement en eau de boisson donne de façon générale, une indication sur la salubrité de l’eau consommée par le ménage. Les sources d’approvisionnement en eau considérées comme adéquates sont listées au Tableau 2.1 sous la catégorie « source améliorée », et les sources qui peuvent ne pas être de qualité adéquate figurent sous la catégorie « source non améliorée ». La classification des sources d’approvisionnement en source « améliorée » et « non améliorée » est celle proposée par le Programme commun OMS/UNICEF de surveillance de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement (www.wssinfo.org/definitions-methods/watsan-categories/). L’examen des résultats présentés au Tableau 2.1 montrent qu’au niveau national, 55 % des ménages consomment de l’eau provenant d’une source améliorée (ce qui correspond à 56 % de la population) : 6 % ont un robinet à domicile, 10 % utilisent de l’eau provenant d’une borne fontaine, 31 % s’approvisionnent à des puits à pompe/forage et 8 % à des puits protégés. La consommation d’eau provenant d’une source améliorée a nettement augmenté parmi les ménages tchadiens puisque de 27 % en 1996-1997 (EDST-I) la proportion est passée à 36 % en 2004 (EDST-II) et à 55 % à l’enquête actuelle en 2014-2015. Cependant, bien que ces résultats mettent en évidence une nette amélioration en matière d’approvisionnement en eau potable, il n’en reste pas moins qu’une proportion importante de ménages (45 %) continue toujours à consommer de l’eau non salubre (provenant d’une source non améliorée). Dans 36 % des cas, l’eau consommée par les ménages provient de puits creusés non protégés ou d’une source d’eau non protégée. Bien que l’eau de surface (fleuve, rivière, marigot, ruisseau, lac, étang, etc.) soit impropre à la consommation, elle est consommée par 8 % des ménages tchadiens. Par ailleurs, la principale source d’approvisionnement en eau de boisson varie fortement selon le milieu de résidence. En effet, en milieu urbain, 85 % des ménages utilisent de l’eau provenant d’une source d’eau améliorée (24 % de l’eau provenant d’un robinet à domicile, 25 % de borne fontaine et 29 % de puits à pompe/forage). La quasi-totalité des ménages de la capitale utilise une source d’eau améliorée (97 %, contre 78 % dans les Autres villes). Selon l’EDST-II, cette proportion était de 61 % à N’Djaména. Par contre, en milieu rural, un peu plus d’un ménage sur deux (53 %) consomme de l’eau provenant d’une source non améliorée : 39 % d’un puits creusé non protégé, 3 % d’une source d’eau non protégée et 11 % consomment de l’eau de surface. Toutefois, 47 % des ménages ruraux s’approvisionnent en eau de boisson auprès de sources améliorées, principalement les puits à pompe/forage (32 %), les puits creusés protégés (8 %) et la borne fontaine publique (6 %). En 2004, la proportion de ménages ruraux qui s’approvisionnaient en eau potable était de 30 %. Les résultats de l’EDS-MICS 2014-2015 montrent également que 15 % des ménages urbains s’approvisionnent en eau de boisson auprès de sources non améliorées et sont donc exposés à toutes les maladies liées à l’eau de mauvaise qualité. On note également au Tableau 2.1 que la proportion de ménages s’approvisionnant en eau de boisson sur place est de 33 % en milieu urbain, contre seulement 5 % en milieu rural. Cette proportion s’élève à 44 % à N’Djaména et 28 % dans les Autres villes du Tchad. Dans 43 % des cas, la personne en charge d’approvisionner le ménage en eau de boisson consacre moins de 30 minutes à cette tâche et pour quatre ménages sur dix, il faut 30 minutes ou plus pour aller chercher de l’eau, la collecter et la ramener : cette proportion est nettement plus élevée en milieu rural (45 %) qu’en milieu urbain (20 %). Caractéristiques des ménages • 15 Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par la provenance de l’eau pour boire, le temps pour s’approvisionner en eau et par le moyen utilisé pour traiter l’eau, selon le milieu de résidence, Tchad 2014-2015 Ménages Enquêtés Caractéristique N’Djaména Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble N’Djaména Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Source d’approvisionnement en eau de boisson Source améliorée 97,2 78,0 84,6 47,0 55,3 96,6 78,6 85,0 47,7 56,1 Robinet dans le logement 19,2 7,0 11,2 0,2 2,6 20,3 8,0 12,4 0,2 3,0 Robinet dans la cour/parcelle 13,7 11,7 12,4 0,3 3,0 14,6 11,3 12,5 0,3 3,1 Robinet public/borne fontaine 24,0 25,4 25,0 6,2 10,3 21,7 24,9 23,7 6,3 10,3 Puits à pompe/forage 38,6 24,1 29,1 32,1 31,4 38,8 25,0 29,9 32,6 32,0 Puits creusé protégé 0,7 9,4 6,4 7,9 7,6 0,6 9,2 6,2 7,8 7,4 Source d’eau protégée 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 0,1 0,1 0,1 0,3 0,3 Eau de pluie 0,1 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 Eau en bouteille 0,8 0,2 0,4 0,0 0,1 0,5 0,1 0,2 0,0 0,1 Source non améliorée 2,8 21,9 15,3 52,7 44,5 3,4 21,2 14,9 52,1 43,7 Puits creusé non protégé 0,1 18,2 11,9 38,9 33,0 0,1 17,4 11,2 38,4 32,2 Source d’eau non protégée 0,1 0,7 0,5 3,2 2,6 0,2 0,8 0,5 3,2 2,6 Camion-citerne/charrette avec petite citerne/ tonneau 2,6 2,1 2,2 0,1 0,6 3,2 1,9 2,4 0,1 0,6 Eau de surface 0,0 0,9 0,6 10,6 8,4 0,0 1,1 0,7 10,5 8,3 Autre/manquant 0,0 0,2 0,1 0,2 0,2 0,0 0,2 0,2 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Temps de trajet pour s’approvisionner en eau de boisson Eau sur place 43,6 27,6 33,1 5,1 11,2 45,7 28,8 34,8 5,6 12,2 Moins de 30 minutes 39,4 39,0 39,1 44,6 43,4 37,7 36,5 36,9 43,6 42,1 30 minutes ou plus 8,7 25,5 19,7 45,4 39,7 9,2 27,4 20,9 46,0 40,3 NSP/manquant 8,3 7,9 8,0 4,9 5,6 7,4 7,3 7,4 4,8 5,4 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Moyen de traitement de l’eau1 Ébullition 0,9 1,1 1,0 0,4 0,6 1,0 0,9 0,9 0,5 0,6 Ajout d’eau de Javel/chlore 26,8 14,8 18,9 5,1 8,1 26,4 16,8 20,2 5,7 8,9 Filtrée à travers un linge 1,4 0,8 1,0 0,9 0,9 1,7 0,8 1,1 0,9 1,0 Céramique, sable ou autre filtre 0,6 0,5 0,5 0,1 0,2 0,9 1,2 1,1 0,1 0,3 Désinfection solaire 0,2 0,1 0,1 0,0 0,0 0,2 0,1 0,2 0,0 0,1 Autre 1,5 1,1 1,2 0,9 1,0 2,1 1,1 1,4 0,8 1,0 Aucun traitement 70,3 82,8 78,5 93,0 89,8 70,0 81,0 77,1 92,4 88,9 Pourcentage utilisant une méthode de traitement appropriée2 27,4 16,0 20,0 5,5 8,7 27,1 18,0 21,2 6,2 9,5 Effectif 1 307 2 476 3 783 13 450 17 233 8 009 14 436 22 446 77 097 99 542 1 Les enquêtés pouvant déclarer plusieurs types de traitement, la somme des pourcentages peut excéder 100 %. 2 Les méthodes appropriées pour le traitement de l’eau comprennent l’ébullition, l’ajout de chlore, le filtrage et la désinfection solaire. Les résultats sur le traitement de l’eau montrent que dans neuf ménages sur dix (90 %), l’eau de boisson n’est pas traitée, contre 95 % en 2010 (MICS, 2010). En milieu rural, 93 % des ménages ne traitent pas l’eau de boisson contre 79 % en milieu urbain. La méthode de traitement de l’eau la plus couramment utilisée par les ménages tchadiens est l’ajout d’eau de javel ou de chlore (8 %, contre 3 % en 2010). Cette méthode est beaucoup plus utilisée dans le milieu urbain (19 %) que dans le milieu rural (5 %). C’est à N’Djaména que ce pourcentage est le plus élevé (27 %, contre 15 % dans les Autres villes). 16 • Caractéristiques des ménages Lieux d’aisances/toilettes Le Tableau 2.2 présente la répartition des ménages et des enquêtés par type de toilettes et selon le milieu de résidence. Comme pour l’approvisionnement en eau de boisson, les types de lieux d’aisances utilisés sont classés en catégorie « améliorées » ou « non améliorées », selon la classification du Programme commun OMS/UNICEF de surveillance de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement. Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par type de toilettes/latrines, selon le milieu de résidence, Tchad 2014-2015 Ménages Enquêtés Type de toilettes/latrines N’Djaména Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble N’Djaména Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Toilettes améliorées, non partagées 25,4 20,5 22,1 2,1 6,5 32,2 25,1 27,7 2,5 8,2 Chasse d’eau/chasse manuelle connectée à une fosse septique 5,1 0,6 2,2 0,1 0,5 6,5 0,7 2,8 0,1 0,7 Chasse d’eau/chasse manuelle reliée à une fosse d’aisances 1,0 0,3 0,6 0,1 0,2 1,1 0,5 0,7 0,1 0,2 Fosse d’aisances améliorée auto- aérée 1,5 0,3 0,7 0,0 0,2 1,8 0,3 0,9 0,0 0,2 Fosse d’aisances avec dalle 17,7 19,2 18,7 2,0 5,6 22,8 23,6 23,3 2,3 7,0 Toilettes partagées1 42,7 21,7 28,9 1,3 7,3 37,1 17,8 24,6 1,3 6,6 Chasse d’eau/chasse manuelle connectée à une fosse septique 3,4 0,4 1,4 0,0 0,3 2,8 0,4 1,3 0,0 0,3 Chasse d’eau/chasse manuelle reliée à une fosse d’aisances 0,7 0,4 0,5 0,0 0,1 0,8 0,3 0,4 0,1 0,2 Fosse d’aisances améliorée auto- aérée 1,4 0,2 0,6 0,0 0,2 0,8 0,2 0,4 0,0 0,1 Fosse d’aisances avec dalle 37,2 20,6 26,4 1,2 6,7 32,7 16,9 22,5 1,2 6,0 Toilettes non améliorées 31,9 57,9 48,9 96,6 86,1 30,7 57,1 47,7 96,2 85,3 Chasse d’eau/chasse manuelle non reliée aux égouts/fosse septique/ fosses d’aisances 0,7 0,2 0,3 0,0 0,1 0,6 0,1 0,3 0,0 0,1 Fosse d’aisances sans dalle/trou ouvert 25,9 29,2 28,0 9,9 13,9 25,2 30,5 28,6 10,8 14,9 Seau, tinette 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 Toilettes/latrines suspendues 1,4 1,0 1,1 0,7 0,8 1,2 0,8 0,9 0,8 0,8 Pas de toilettes/nature 3,0 26,8 18,6 85,3 70,7 2,7 25,0 17,0 84,0 68,9 Autre/manquant 0,7 0,7 0,7 0,5 0,6 1,0 0,6 0,7 0,5 0,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 307 2 476 3 783 13 450 17 233 8 009 14 436 22 446 77 097 99 542 1 Toilettes partagées qui seraient considérées comme « améliorées » si elles n’étaient pas partagées par deux ménages ou plus. Il ressort de l’examen des données du Tableau 2.2 que dans l’ensemble, près de neuf ménages tchadiens sur dix (86 %) utilisent des toilettes non améliorées, contre seulement 14 % pour des toilettes considérées comme améliorées : 7 % étant améliorées non partagées et 7 % étant améliorées et partagées. Cet état de choses peut être une réelle cause de contamination des sources d’approvisionnement en eau et de pollution de l’environnement pouvant être à l’origine de maladies hydriques. L’analyse selon le milieu de résidence met en évidence des différences très marquées entre le milieu urbain et le milieu rural concernant le type de toilettes/latrines. En fait, c’est surtout les ménages du milieu urbain qui disposent de toilettes de type amélioré (partagés ou non : 51 %), essentiellement des fosses d’aisances avec dalle (45 %). Ce type de toilettes est beaucoup plus fréquent à N’Djaména (55 %) que dans les Autres villes (40 %). À l’opposé, en milieu rural, la quasi-totalité des ménages (97 %) utilisent des toilettes non améliorées. Dans la plupart des cas, les ménages ruraux ne possèdent pas de toilettes (85 %). Globalement, la proportion de ménages tchadiens ne possédant pas de toilettes est restée pratiquement identique entre l’EDST-I (73 % en 1996-1997) et l’EDST-II (74 % en 2004) et l’EDS-MICS 2014-2015 (71 %). Caractéristiques des ménages • 17 2.1.2 Caractéristiques des logements Lors de l’enquête ménage de l’EDS-MICS 2014-2015, on s’est intéressé à certaines caractéristiques du logement à savoir la disponibilité de l’électricité, les matériaux et revêtement du sol, du toit et des murs, le nombre de pièces pour dormir, l’endroit pour cuisiner et le combustible utilisé par le ménage pour cuisiner. On a également recueilli des informations sur la possession d’un certain nombre d’équipements modernes (radio, télévision, réfrigérateur, bicyclette, motocyclette, véhicule). Ces caractéristiques qui permettent d’apprécier le niveau socioéconomique des ménages sont analysées dans le Tableau 2.3. Les données indiquent qu’au niveau national, seulement 8 % des ménages disposent de l’électricité. Cependant, cette proportion a nettement augmenté, passant de 2 % en 1996-1997 (EDST-I) à 4 % en 2004 (EDST-II) et à 8 % à l’enquête actuelle. Malgré cette amélioration, l’électricité demeure toujours un luxe pour les ménages tchadiens et les disparités entre milieux de résidence sont toujours importantes. En effet, en milieu rural, moins d’un pour cent des ménages (0,7 %) dispose de l’électricité contre 32 % en milieu urbain : 50 % à N’Djaména et 23 % dans les Autres villes. À l’EDST-II de 2004, 29 % des ménages à N’Djaména et 8 % dans les Autres Villes disposaient de l’électricité. Ces résultats mettent clairement en évidence les progrès réalisés dans l’accès des ménages à l’électricité dans les centres urbains. Concernant le matériau de revêtement du sol, il apparait que près de neuf ménages tchadiens sur dix (88 %) vivent dans un logement dont le sol est nu, c’est-à-dire seulement recouvert de terre ou de sable. Cette proportion était de 96 % en 2004. Ce qui est préoccupant puisque le matériau de revêtement du sol peut être un facteur de propagation de certains vecteurs de maladies. Ce type de revêtement de sol est plus répandu en milieu rural qu’en milieu urbain (93 % contre 70 %). Seulement 6 % des ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ciment ou de carrelage. Cette proportion varie d’un minimum de 1 % en milieu rural à un maximum de 29 % à N’Djaména. Par rapport à la précédente enquête, on constate qu’à N’Djaména, la proportion de ménages vivant dans un logement dont le sol est recouvert de ce type de matériau est passée de 25 % à 29 %. On constate également que 2 % des ménages ruraux ont un sol recouvert de moquette contre 5 % en milieu urbain dont 7 % à N’Djaména et 4 % dans les Autres villes. Les résultats concernant le matériau de revêtement du toit des logements montrent que dans l’ensemble, 58 % des ménages vivent dans un logement dont le toit est recouvert de chaume/palmes/feuilles, 12 % de terre et 27 % de tôle/métal. En 2004, la proportion de ménages dont le logement était recouvert de matériaux naturels comme la paille et les palmes était de 70 %. Les résultats montrent des différences entre les milieux de résidence. En effet, si en milieu urbain, 77 % des ménages ont un logement dont le toit est recouvert de tôle/métal, cette proportion n’est que de 12 % en milieu rural où plus des deux tiers de ménages (70 %) vivent dans un logement dont le toit est recouvert de matériaux naturels. S’agissant du type de murs, on constate que la plupart des ménages vivent dans un logement dont les murs sont soit, en adobe non recouvert (35 %), soit en briques simples (20 %), soit en adobe recouvert (19 %), cela aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Les logements dont les murs sont en ciment, briques, blocs de ciment et adobe recouvert sont relativement plus fréquents à N’Djaména que dans le reste du pays. D’une manière générale, l’analyse des données sur les matériaux utilisés pour la construction des logements met en évidence la précarité des conditions de logement au Tchad. 18 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.3 Caractéristiques du logement Répartition (en %) des ménages en fonction de certaines caractéristiques du logement et pourcentage utilisant du combustible solide pour cuisiner ; répartition (en %) des ménages en fonction de la fréquence à laquelle on fume dans le logement, selon le milieu de résidence, Tchad 2014-2015 Résidence Ensemble Caractéristique du logement N’Djaména Autres villes Ensemble urbain Rural Électricité Oui 49,6 23,4 32,4 0,7 7,7 Non 50,4 76,5 67,5 99,1 92,2 Manquant 0,0 0,1 0,0 0,2 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Matériau de revêtement du sol Terre, sable 61,8 73,9 69,7 92,7 87,7 Bouse 1,4 0,7 0,9 1,5 1,4 Planches en bois 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Palmes 0,0 0,0 0,0 0,3 0,2 Parquet ou bois ciré 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 Carrelage 2,5 0,3 1,1 0,0 0,2 Ciment 26,6 19,7 22,1 1,1 5,7 Moquette 7,1 4,1 5,1 2,0 2,7 Autre 0,4 1,2 0,9 2,3 2,0 Manquant 0,1 0,0 0,0 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Matériau de revêtement du toit Pas de toit 0,1 0,3 0,2 0,5 0,4 Chaume/palmes/feuilles 0,6 22,2 14,7 69,8 57,7 Terre 0,6 8,1 5,6 13,8 12,0 Matériau rudimentaire 0,0 0,7 0,5 1,4 1,2 Palmes/bambou 0,0 0,7 0,4 1,7 1,4 Métal 95,7 67,3 77,1 12,3 26,5 Bois 0,4 0,3 0,4 0,2 0,2 Ciment 1,8 0,1 0,7 0,0 0,2 Autre/manquant 0,5 0,3 0,4 0,3 0,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Matériau de revêtement des murs Pas de mur 3,3 0,9 1,7 3,0 2,7 Canes/palmes/troncs 0,3 3,1 2,1 12,7 10,4 Terre 11,1 3,4 6,1 4,0 4,5 Bambou avec boue 3,4 2,4 2,7 1,8 2,0 Pierres avec boue 0,6 0,8 0,8 0,9 0,9 Adobe non recouvert 8,1 21,5 16,9 40,4 35,2 Ciment 15,9 7,0 10,1 0,5 2,6 Pierres avec chaux /ciment 1,2 1,7 1,6 0,2 0,5 Briques 17,5 35,7 29,4 17,0 19,7 Blocs de ciment 17,0 3,8 8,4 0,2 2,0 Adobe recouvert 21,2 19,3 19,9 18,7 19,0 Autre/manquant 0,4 0,2 0,3 0,5 0,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Pièces utilisées pour dormir Une 41,4 39,6 40,3 38,1 38,5 Deux 23,0 27,9 26,2 33,7 32,1 Trois ou plus 32,6 31,6 32,0 27,1 28,1 Manquant 3,0 0,9 1,6 1,1 1,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Endroit pour cuisiner Dans la maison 21,8 13,1 16,1 17,2 17,0 Dans un bâtiment séparé 40,4 35,0 36,8 28,5 30,4 À l’extérieur 35,0 48,7 44,0 52,1 50,3 Pas de repas préparé dans le ménage 2,5 3,0 2,8 1,5 1,8 Autre 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 Manquant 0,3 0,1 0,1 0,4 0,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 À suivre… Caractéristiques des ménages • 19 Tableau 2.3—Suite Résidence Ensemble Caractéristique du logement N’Djaména Autres villes Ensemble urbain Rural Combustible utilisé pour cuisiner GPL, Gaz naturel, Biogaz 37,2 1,6 13,9 0,0 3,1 Kérosène 1,3 0,5 0,8 0,0 0,2 Charbon/lignite 0,5 0,1 0,3 0,0 0,1 Charbon de bois 10,3 21,4 17,6 3,3 6,5 Bois 46,7 72,9 63,9 94,4 87,7 Résidus agricoles/bouse 0,1 0,2 0,2 0,3 0,3 Pas de repas préparé dans le ménage 2,5 3,0 2,8 1,5 1,8 Autre/manquant 1,4 0,1 0,5 0,4 0,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Pourcentage utilisant un combustible solide pour cuisiner1 57,8 94,7 81,9 98,2 94,7 Fréquence à laquelle on fume dans le logement Tous les jours 15,7 11,5 12,9 12,7 12,8 Une fois par semaine 3,7 3,4 3,5 3,3 3,3 Une fois par mois 0,5 0,6 0,6 0,5 0,5 Moins d’une fois par mois 1,3 1,2 1,2 0,4 0,6 Jamais 78,6 83,3 81,7 83,0 82,7 Manquant 0,2 0,0 0,1 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 307 2 476 3 783 13 450 17 233 GPL = Gaz propane liquéfié. 1 Inclut Charbon/lignite, Charbon de bois, Bois, Résidus agricoles et Bouse. La connaissance du nombre de personnes qui dorment dans une même pièce fournit une indication sur le degré de promiscuité dans le logement, lequel est lié à la situation socioéconomique du ménage. D’après les données du Tableau 2.3, dans 28 % des ménages, trois pièces ou plus sont utilisées pour dormir. Ces ménages représentent 32 % en milieu urbain et 27 % en milieu rural. À l’opposé, près de quatre ménages sur dix (39 %) ne disposent que d’une pièce pour dormir. La proportion de ce type des ménages varie de 38 % en milieu rural à 41 % à N’Djaména. En outre, dans près d’un tiers des cas (32 %), les ménages utilisent deux pièces pour dormir et cette proportion varie de 34 % en milieu rural à 26 % en milieu urbain. Le Tableau 2.3 fournit également des informations sur l’endroit utilisé pour cuisiner dans le logement. Il ressort de la lecture de ce tableau que dans l’ensemble, 50 % des ménages tchadiens ont une cuisine se trouvant à l’extérieur du logement principal et 30 % des ménages disposent d’une cuisine se trouvant dans un bâtiment séparé. Les résultats selon le milieu de résidence montrent qu’à l’exception de N’Djaména, la proportion de ménages dont la cuisine se trouve dans un bâtiment séparé est toujours plus élevée que celle des ménages disposant d’une cuisine dans la maison. Les résultats présentés au Tableau 2.3 concernant le type de combustible utilisé pour cuisiner montrent que la quasi-totalité des ménages (95 %) utilisent un combustible solide pour la cuisine, principalement le bois (88 %). Seulement 3 % des ménages ont recours au gaz et au kérosène. Bien qu’en milieu urbain, surtout à N’Djaména, la proportion de ménages qui utilisent du gaz/kérosène soit plus élevée qu’en milieu rural (respectivement 14 % et 37 % contre 0 %), c’est néanmoins le bois qui est le combustible le plus fréquemment utilisé (47 % à N’Djaména et 64 % en milieu urbain). On peut également mentionner que le charbon de bois est plus fréquemment utilisé en milieu urbain qu’en milieu rural (18 % contre 3 %), et davantage dans les Autres villes qu’à N’Djaména (21 % contre 10 %). Comparé au niveau d’utilisation en 2010 (MICS, 2010), ce taux est en forte augmentation puisqu’il était respectivement de 1 % et 9 %. Les résultats concernant la fréquence à laquelle on fume dans le ménage montrent que dans une grande majorité de ménages (83 %), on ne fume jamais dans le ménage et cette proportion ne varie pas de manière 20 • Caractéristiques des ménages importante entre les milieux de résidence (83 % en milieu rural contre 82 % en milieu urbain). Tout au plus peut- mentionner que cette proportion est un peu plus faible à N’Djaména (79 %). 2.1.3 Biens durables possédés par les ménages Le niveau de vie des ménages peut être évalué, entre autres, par la possession de certains biens durables, de moyens de transport, et de terres ou d’animaux de ferme. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, des questions ont donc été posées sur la possession de ces biens. Comme le montre le Tableau 2.4, on constate, au niveau national, que les biens les plus fréquemment possédés par les ménages, sont, par ordre d’importance : les lampes (68 %), le téléphone portable (59 %), les lits (57 %) et le poste radio (40 %). Bien que d’apparition récente, le téléphone portable est devenu un bien courant, cela aussi bien en milieu urbain (85 %) qu’en milieu rural (52 %), même si la proportion de ménage qui en possèdent un est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural, surtout à N’Djaména (94 % contre 80 % dans les Autres villes). En 2004 (EDST-II), c’était la radio qui était le bien le plus fréquemment possédé par les ménages, avec un taux de possession de 37 %. Bien que reléguée au quatrième rang en 2014-2015, sa possession reste élevée (40 %) et, c’est en milieu urbain qu’elle est la plus courante (68 % contre 32 % en milieu rural). Seulement 8 % des ménages enquêtés possèdent un poste téléviseur. Comme pour le cas du poste radio, ce sont les ménages vivant en milieu urbain (32 % contre 1 % en milieu rural), en particulier à N’Djaména (54 %), qui en sont les plus fréquemment équipés. Comparativement aux résultats de l’EDST-II, la proportion de ménages possédant un poste téléviseur a légèrement progressé, passant de 3 % en 2004 à 8 % en 2014-2015, alors qu’elle était de 2 % en 1996-97 (EDST-I). De plus, 7 % des ménages possèdent un lecteur de CD/DVD/magnétoscope et 4 % un ventilateur (à N’Djaména, cette proportion est de 46 % pour le lecteur de CD/DVD/magnétoscope et 38 % pour le ventilateur). D’une manière générale, les ménages du milieu urbain sont mieux équipés en biens durables (surtout ceux de N’Djamena) que ceux du milieu rural. De même, l’examen du Tableau 2.4 révèle que la possession de biens comme les chaises est répandue aussi bien en milieu urbain (58 %) qu’en milieu rural (26 %), mais celle de réfrigérateur est nettement plus fréquente en milieu urbain, particulièrement à N’Djaména (18 %). Concernant les moyens de transport, il apparait au Tableau 2.4 que 26 % des ménages possèdent une bicyclette, 16 % possèdent une motocyclette ou un scooter et 11 % possèdent une charrette tirée par un animal. Seulement 2 % des ménages ont une voiture ou un camion. La proportion de ménages ayant une voiture ou un camion n’a pratiquement pas varié entre l’EDST-II et l’EDS-MICS 2014-2015. La motocyclette ou scooter est le moyen de locomotion le plus fréquent dans les ménages du milieu urbain (36 %), principalement à N’Djaména (51 %). À l’opposé, en milieu rural, c’est la bicyclette qui est la plus fréquemment utilisée pour se déplacer (26 %). Environ 13 % des ménages possèdent une voiture ou un camion à N’Djaména, contre 4 % dans les Autres villes. Enfin, l’examen du Tableau 2.4 révèle que huit ménages sur dix (80 %) possèdent des terres pour l’agriculture et 71 % du bétail ou des animaux de ferme. Ces proportions sont évidemment bien plus élevées en milieu rural qu’en milieu urbain. Ainsi, 91 % des ménages ruraux contre 42 % des ménages urbains possèdent des terres agricoles et 80 % des ménages ruraux possèdent du bétail ou des animaux de ferme contre 38 % des ménages urbains. Caractéristiques des ménages • 21 Tableau 2.4 Biens possédés par les ménages Pourcentage de ménages possédant certains équipements, des moyens de transport, de la terre agricole et du bétail/animaux de ferme selon le milieu de résidence, Tchad 2014-2015 Résidence Ensemble Possession N’Djaména Autres villes Ensemble urbain Rural Biens possédés par le ménage Poste radio 77,0 63,8 68,3 32,2 40,1 Télévision 53,5 20,6 32,0 0,9 7,7 DC/DVD/magnétoscope 45,8 17,4 27,2 1,1 6,9 Téléphone portable 94,1 79,5 84,5 51,5 58,8 Téléphone fixe 2,6 0,8 1,4 0,3 0,6 Réfrigérateur 18,1 4,0 8,9 0,1 2,0 Cuisinière, Gazinière 35,6 3,5 14,6 0,2 3,4 Chaise(s) 66,5 52,7 57,5 26,2 33,1 Lit(s) 85,3 76,0 79,2 50,6 56,9 Lampe(s) 79,4 81,8 81,0 64,0 67,7 Moulin à grain 2,7 3,5 3,2 2,2 2,4 Ventilateur 38,3 8,8 19,0 0,2 4,3 Machine à coudre 6,3 3,7 4,6 1,3 2,0 Pousse-Pousse 10,5 11,5 11,2 5,2 6,5 Moyens de transport Bicyclette 25,9 29,0 27,9 25,6 26,1 Charrette tirée par un animal 0,2 6,9 4,6 12,3 10,6 Motocyclette/scooter 50,6 28,9 36,4 10,1 15,9 Voiture/camion 13,3 4,2 7,3 0,5 2,0 Bateau à moteur 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 Possession de terres agricoles 17,4 54,3 41,5 91,1 80,2 Possession d’animaux de ferme1 20,8 47,1 38,0 80,4 71,1 Effectif 1 307 2 476 3 783 13 450 17 233 1 Bétail, vaches, taureaux, chevaux, ânes, chèvres, moutons ou poulets. 2.1.4 Indice de bien-être économique de la population En plus des caractéristiques sociodémographiques de base, la plupart des résultats de ce rapport sont présentés par quintile de bien-être économique, un indicateur qui rend compte de la situation économique des ménages. Bien que l’EDS-MICS 2014-2015 n’ait pas collecté de données sur les revenus et la consommation des ménages, les informations collectées sur le logement et ses caractéristiques et sur l’accès des ménages à une gamme de biens de consommation et services sont utilisés comme une mesure indirecte de la situation économique. L’examen du Tableau 2.5 met en évidence des disparités importantes entre les milieux et les régions de résidence. En effet, 89 % de la population urbaine sont classés dans les quatrième et cinquième quintiles. À l’opposé, en milieu rural, la moitié de la population vit dans un ménage classé dans les deux quintiles les plus pauvres (49 % contre 9 % en milieu urbain) et seulement environ un quart dans les deux derniers quintiles. C’est dans la capitale que sont concentrés les ménages du quintile le plus élevé. En effet, on constate des écarts très importants entre la capitale et les autres régions du pays. Dans les régions du Guéra (49 %) et du Logone Occidental (46 %), près de la moitié de la population vit dans un ménage classé dans les deux quintiles les plus pauvres ; dans les régions du Batha (56 %), du Logone Oriental (54 %), du Mandoul (57 %) et du Ouaddaï (55 %), cette proportion dépasse les 50 % et c’est dans la région du Sila que la proportion de la population dont le ménage est classé dans les deux quintiles les plus pauvres est, de loin, la plus élevée (70 %). Le Tableau 2.5 fournit également le coefficient de Gini qui est une mesure de la dispersion d’une distribution. Il est très souvent utilisé pour mesurer l’inégalité de revenus. Il s’agit d’un nombre variant de 0 à 1 où 0 traduit une égalité parfaite et 1 l’inégalité totale. La valeur du coefficient de Gini est de 0,14 %. 22 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique Répartition (en %) de la population de droit par quintile de bien-être économique et coefficient de Gini, selon le milieu de résidence et la région, Tchad 2014-2015 Quintiles de bien-être économique Total Effectif d’enquêtés Coefficient de Gini Milieu de résidence/région Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé Résidence N’Djaména 0,1 0,0 0,1 0,5 99,4 100,0 8 009 0,16 Autres villes 10,0 3,1 4,2 12,2 70,4 100,0 14 436 0,19 Ensemble urbain 6,5 2,0 2,8 8,0 80,7 100,0 22 446 0,17 Rural 23,9 25,2 25,0 23,5 2,3 100,0 77 097 0,22 Région Batha 29,5 26,4 20,9 14,9 8,2 100,0 4 676 0,26 Borkou, Tibesti 13,0 9,4 24,2 30,7 22,8 100,0 464 0,15 Chari Baguirmi 11,1 19,8 28,4 35,3 5,4 100,0 4 147 0,13 Guéra 27,2 21,7 16,3 14,1 20,8 100,0 5 828 0,20 Hadjer-Lamis 10,5 15,9 27,9 35,6 10,2 100,0 6 657 0,10 Kanem 5,9 11,7 25,5 47,0 9,9 100,0 3 867 0,15 Lac 5,4 14,7 32,2 39,1 8,5 100,0 5 220 0,09 Logone Occidental 26,2 20,2 15,6 10,9 27,1 100,0 6 005 0,50 Logone Oriental 31,4 22,7 19,8 16,5 9,5 100,0 9 633 0,28 Mandoul 31,7 25,6 18,7 16,0 7,9 100,0 7 155 0,40 Mayo Kebbi Est 18,1 28,7 21,7 23,5 7,9 100,0 7 271 0,13 Mayo Kebbi Ouest 14,7 20,5 22,7 29,2 12,9 100,0 5 057 0,20 Moyen Chari 24,2 20,4 13,4 7,4 34,5 100,0 5 528 0,51 Ouaddaï 32,0 23,0 21,5 10,0 13,6 100,0 5 512 0,12 Salamat 19,5 21,8 19,9 19,1 19,7 100,0 2 204 0,16 Tandjilé 21,5 26,5 21,1 18,3 12,5 100,0 5 905 0,33 Wadi Fira 13,0 28,2 31,4 23,6 3,8 100,0 2 422 0,04 N’Djaména 0,1 0,0 0,1 0,5 99,4 100,0 8 009 0,16 Barh El Gazal 15,0 12,3 26,7 33,8 12,3 100,0 1 469 0,13 Ennedi Est, Ennedi Ouest 10,1 11,7 23,7 44,9 9,6 100,0 469 0,05 Sila 43,2 26,8 18,3 10,0 1,6 100,0 2 044 0,01 Ensemble 20,0 20,0 20,0 20,0 20,0 100,0 99 542 0,14 Lavage des mains Pour évaluer le niveau d’hygiène dans le ménage, on a demandé à voir l’endroit où les membres du ménage se lavent les mains ainsi que les produits nettoyants utilisés. Le Tableau 2.6 présente les résultats selon le milieu de résidence, les régions et l’indice de bien-être économique. Dans seulement 23 % des cas, l’enquêteur a pu observer l’endroit où les membres du ménage se lavent les mains. C’est en milieu urbain (34 % contre 20 % en rural), à N’Djaména plus que dans les Autres Villes (45 % contre 29 %), que la présence d’un tel endroit a été plus le plus fréquemment observée. Parmi les ménages dans lesquels l’endroit où se laver les mains a pu être observé, plus d’un tiers (35 %) ne disposaient ni d’eau, ni de savon, ni de tout autre produit nettoyant pour se laver les mains. Cette situation a été plus fréquemment observée en milieu rural (42 %) qu’en milieu urbain (21 %) et dans les Autres villes qu’à N’Djaména (26 % contre 15 %). Seulement environ un ménage sur cinq (22 %) disposait d’eau et de savon. Cette proportion est nettement plus élevée à N’Djaména que dans le reste du pays (54 % contre 39 % dans les Autres villes et 11 % en milieu rural). Les résultats montrent aussi que, parmi les ménages qui disposaient d’un endroit pour se laver les mains qui avait été observé, un tiers (33 %) n’avait que de l’eau et 6 % avaient du savon mais pas d’eau. Les écarts entre les régions sont très importants. En effet, à N’Djaména, on a observé la présence d’un endroit pour le lavage des mains dans 45 % des cas contre 8 % dans l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest. Parmi ces ménages dans lesquels on a pu observer un endroit où se laver les mains, la proportion de ceux qui ne disposaient ni d’eau, ni de savon, ni d’un autre produit nettoyant varie de 55 % dans le Mandoul à 15 % à N’Djaména. Caractéristiques des ménages • 23 Tableau 2.6 Lavage des mains Pourcentage de ménages dans lesquels l’endroit utilisé le plus souvent pour se laver les mains a été observé et, parmi ces ménages, répartition (en %) par disponibilité de l’eau, de savon et d’autres produits nettoyants, Tchad 2014-2015 Pourcentag e de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Effectif de ménages Parmi les ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé, pourcentage avec : Effectif de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Caractéristique sociodémographique Savon et eau1 Eau et produit nettoyant2 autre que le savon seulement Eau seulement Savon mais pas d’eau3 Produits nettoyants autres que le savon seulement2 Pas d’eau, ni savon, ni autre produit nettoyant Manquant Total Résidence N’Djaména 44,6 839 54,4 0,0 20,8 9,5 0,0 15,2 0,1 100,0 374 Autres villes 28,6 1 585 39,2 3,6 26,5 4,4 0,3 25,9 0,1 100,0 453 Ensemble urbain 34,1 2 423 46,1 2,0 23,9 6,7 0,1 21,0 0,1 100,0 827 Rural 19,8 8 963 11,3 1,1 37,6 5,2 2,2 41,9 0,7 100,0 1 773 Région Batha 23,8 506 14,2 0,7 35,9 9,1 0,0 40,0 0,0 100,0 120 Borkou, Tibesti 26,0 60 26,6 0,0 38,2 0,0 0,7 34,5 0,0 100,0 16 Chari Baguirmi 24,0 469 12,8 1,2 34,3 14,1 0,3 36,9 0,4 100,0 113 Guéra 9,8 654 (10,8) (0,0) (51,7) (0,0) (1,8) (35,7) (0,0) 100,0 64 Hadjer-Lamis 26,7 756 11,4 0,6 29,6 8,0 4,8 44,8 0,9 100,0 202 Kanem 37,5 448 20,0 0,3 46,5 0,7 1,1 31,0 0,3 100,0 168 Lac 41,2 584 8,3 0,4 51,7 1,4 0,0 37,8 0,4 100,0 241 Logone Occidental 17,0 786 35,1 9,7 14,4 1,1 0,0 36,6 3,0 100,0 134 Logone Oriental 11,5 1 127 22,2 0,8 38,4 5,4 0,0 33,2 0,0 100,0 129 Mandoul 18,8 791 14,8 0,6 26,0 2,1 0,0 54,8 1,8 100,0 149 Mayo Kebbi Est 15,6 785 24,7 1,8 18,3 12,1 1,5 41,1 0,5 100,0 123 Mayo Kebbi Ouest 16,0 518 30,6 7,3 18,8 13,5 7,8 21,3 0,8 100,0 83 Moyen Chari 21,3 636 40,5 0,5 28,5 5,9 0,0 24,6 0,0 100,0 136 Ouaddaï 32,7 706 6,2 0,0 47,1 0,8 0,0 46,0 0,0 100,0 231 Salamat 21,7 257 16,3 0,0 46,9 0,0 0,0 36,7 0,0 100,0 56 Tandjilé 10,9 700 10,2 9,3 9,0 16,3 13,5 40,0 1,6 100,0 76 Wadi Fira 20,2 318 9,5 0,0 60,1 0,0 0,0 30,5 0,0 100,0 64 N’Djaména 44,6 839 54,4 0,0 20,8 9,5 0,0 15,2 0,1 100,0 374 Barh El Gazal 35,4 157 14,0 0,5 37,0 8,2 0,0 40,2 0,0 100,0 55 Ennedi Est, Ennedi Ouest 8,0 62 (38,2) (0,0) (42,2) (0,0) (0,0) (19,5) (0,0) 100,0 5 Sila 27,1 228 5,1 0,0 27,0 0,0 12,9 55,1 0,0 100,0 62 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 15,0 2 968 3,5 1,4 31,5 2,4 1,4 58,8 0,8 100,0 444 Second 17,8 2 300 8,8 1,1 34,3 6,0 3,2 45,9 0,7 100,0 409 Moyen 22,7 2 057 12,0 0,9 40,5 7,4 1,4 37,4 0,3 100,0 468 Quatrième 26,4 1 962 17,0 1,5 43,9 4,3 2,5 29,9 0,9 100,0 517 Le plus élevé 36,3 2 099 50,6 1,8 22,1 7,2 0,1 18,3 0,1 100,0 762 Ensemble 22,8 11 386 22,4 1,4 33,3 5,7 1,5 35,3 0,5 100,0 2 600 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Par « savon », on entend ici le savon ou un détergent en morceau, sous forme liquide, en poudre ou sous forme de pâte. Cette colonne inclut les ménages possédant du savon et de l’eau seulement ainsi que ceux qui possèdent du savon et de l’eau et un autre détergent. 2 Les produits nettoyants autres que le savon incluent des produits disponibles localement comme la cendre, la boue ou du sable. 3 Y compris les ménages disposant de savon seulement ainsi que ceux qui disposent de savon et d’autres produits nettoyants. Les résultats selon le quintile de bien-être économique montrent que, parmi les ménages où on a observé la présence d’un endroit pour se laver les mains, la proportion de ceux qui ne disposaient d’aucun des éléments nécessaires pour le lavage des mains diminue des ménages du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 59 % à 18 %. À l’opposé, la proportion de ceux qui disposaient d’eau et de savon augmente des ménages du quintile le plus bas au quintile le plus élevé, variant de 4 % à 51 %. 2.2 CARACTÉRISTIQUES DE LA POPULATION DES MÉNAGES L’enquête ménage a permis également de recueillir des informations concernant les membres des ménages, en particulier l’âge, le sexe et le niveau d’instruction. 24 • Caractéristiques des ménages 2.2.1 Structure par sexe et âge de la population L’étude de la structure par sexe et âge d’une population est capitale puisqu’elle permet de mettre en évidence le poids de certains sous-groupes de la population par rapport à d’autres. Cette connaissance permet d’orienter la politique en matière de population. Le Tableau 2.7 présente la répartition par âge et sexe de la population de fait des ménages enquêtés, selon le milieu de résidence. Parmi les 96 891 personnes identifiées, 47 754 sont des hommes et 49 137 sont des femmes. La proportion de femmes dans la population des ménages enquêtés est de 51 %, proportion identique à celle du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2009. Les enfants âgés de moins de 15 ans représentent 55 % de la population et, en particulier, 19 % pour le groupe d’âges des moins de 5 ans. Tableau 2.7 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence Répartition (en %) de la population de fait des ménages par groupe d’âges quinquennal, selon le sexe et le milieu de résidence, Tchad 2014-2015 Groupe d’âges N’Djaména Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble <5 15,4 15,9 15,6 16,4 17,2 16,8 16,0 16,7 16,4 20,9 19,2 20,0 19,7 18,6 19,2 5-9 14,5 15,1 14,7 19,7 18,6 19,2 17,8 17,4 17,6 22,4 20,2 21,3 21,3 19,6 20,4 10-14 13,2 14,9 14,0 16,3 16,1 16,2 15,2 15,7 15,4 16,0 15,4 15,7 15,8 15,4 15,6 15-19 11,8 12,6 12,2 11,7 9,0 10,4 11,7 10,3 11,0 8,9 8,2 8,5 9,6 8,6 9,1 20-24 11,3 10,6 11,0 7,7 7,0 7,4 9,0 8,3 8,7 4,8 6,1 5,4 5,8 6,5 6,2 25-29 8,2 7,5 7,9 5,2 6,8 6,0 6,3 7,0 6,7 4,3 7,1 5,7 4,8 7,1 6,0 30-34 6,1 5,1 5,6 4,5 6,0 5,3 5,1 5,7 5,4 4,2 5,3 4,8 4,4 5,4 4,9 35-39 5,3 4,8 5,1 3,7 4,5 4,1 4,3 4,6 4,4 3,9 4,4 4,2 4,0 4,4 4,2 40-44 3,8 3,4 3,6 4,0 3,3 3,6 3,9 3,3 3,6 3,2 3,1 3,2 3,4 3,2 3,3 45-49 2,6 2,4 2,5 2,9 2,8 2,8 2,8 2,7 2,7 2,7 2,8 2,8 2,7 2,8 2,8 50-54 2,5 2,7 2,6 2,4 2,1 2,3 2,5 2,3 2,4 2,1 2,9 2,5 2,2 2,8 2,5 55-59 1,8 1,3 1,6 1,3 1,7 1,5 1,5 1,5 1,5 1,8 1,7 1,7 1,7 1,7 1,7 60-64 1,6 1,3 1,4 1,5 2,1 1,8 1,6 1,8 1,7 1,7 1,4 1,5 1,6 1,5 1,6 65-69 0,9 0,9 0,9 1,2 1,1 1,1 1,0 1,0 1,0 1,0 0,9 0,9 1,0 0,9 1,0 70-74 0,5 0,9 0,7 0,6 0,7 0,7 0,6 0,8 0,7 1,1 0,7 0,9 1,0 0,7 0,8 75-79 0,1 0,2 0,2 0,5 0,4 0,4 0,4 0,3 0,3 0,5 0,3 0,4 0,4 0,3 0,4 80 + 0,4 0,3 0,4 0,4 0,6 0,5 0,4 0,5 0,5 0,6 0,4 0,5 0,5 0,4 0,5 Ne sait pas/ manquant 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 4 122 3 700 7 822 7 144 6 927 14 071 11 265 10 627 21 892 36 488 38 510 74 998 47 754 49 137 96 891 Au Tchad, les personnes de moins de 15 ans représentent plus de la moitié de la population (55 %), celles de 15-64 ans représentent 42 % et seulement 3 % de la population sont âgées de 65 ans et plus. Les résultats par sexe montrent que les femmes de moins de 15 ans représentent plus de la moitié de la population féminine (54 %) ; la part des 15-64 ans dans la population féminine représente 44 % et celle des 65 ans et plus 2 %. Chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 57 %, 40 % et 3 %. Le rapport de dépendance est le rapport de la partie économiquement dépendante de la population (ceux âgés de 0 à 14 ans et de 65 ans et au-delà) à la partie productive (ceux âgés de 15 à 64 ans). Elle mesure la charge que constitue la population inactive pour les actifs. On suppose que les tranches extrêmes ne sont pas potentiellement productives sur le plan économique. Ainsi, on rapporte la population inactive composée des jeunes (moins de 15 ans) et des personnes âgées (plus de 65 ans) à la population active composée essentiellement des adultes (15-64 ans). Les notions d’actifs et d’inactifs ici ne présentent pas le même contenu que celui relatif à l’activité économique où on prend en compte aussi l’exercice effectif d’une activité. Lorsque le rapport est supérieur à 100, il y a une forte dépendance : un adulte devra produire en moyenne pour plus d’un inactif. Par contre quand il est inférieur à 100, la dépendance est moindre : un adulte aura à produire en moyenne pour prendre en charge moins d’une personne. Dans l’ensemble du pays, 100 personnes potentiellement actives ont à charge 137 personnes potentiellement inactives (137 %). Ce rapport est de 127 % chez les femmes et 149 % chez les hommes. Caractéristiques des ménages • 25 Le rapport de masculinité s’établit à 97 hommes pour 100 femmes et traduit donc une légère sous- représentation des hommes par rapport aux femmes dans la population totale. On retrouve aussi en milieu rural cette sous-représentation des hommes par rapport aux femmes, légèrement plus accentuée (rapport de masculinité de 95 %). Par contre, en milieu urbain, on observe un léger déséquilibre de la structure par sexe en faveur des hommes. La répartition par âge de la population à un moment donné est représentée par la pyramide des âges. (Graphique 2.1). La pyramide des âges du Tchad qui présente une base élargie qui se rétrécit rapidement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés est caractéristique des populations à fécondité et à mortalité élevées. On constate tout d’abord une irrégularité au niveau de l’âge : en effet, l’encoche observée à 0-4 ans qui affecte les hommes comme les femmes ne peut correspondre, en l’absence d’évènements particuliers, ni à un déficit de naissances, ni à un recul de la fécondité, celle-ci n’ayant pas diminué significativement. Il s’agit donc d’un manque de naissances dû probablement à des problèmes de collecte. Par ailleurs, la pyramide présente certaines irrégularités au niveau des sexes, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Chez les hommes, on constate une « échancrure » aux âges 20-34 ans, qui peut être causée, en partie, par un phénomène d’émigration. Chez les femmes, on observe également des irrégularités, en particulier « un décrochage » aux âges 20-29 ans. Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population 2.2.2 Taille et composition des ménages Le Tableau 2.8 présente la répartition des ménages par sexe du chef de ménage et taille du ménage selon le milieu de résidence. Il ressort de l’observation de ce tableau que, dans l’ensemble, 22 % des ménages ont, à leur tête, une femme. Dans l’ensemble, ce pourcentage a peu varié depuis 1996-1997 sauf à N’Djaména où les résultats montrent une évolution irrégulière, ce pourcentage étant passée de 20 % en 1996-1997 à 17 % en 2004 et à 19 % à l’enquête actuelle. Ce type de ménages est légèrement plus fréquent en milieu urbain (24 %), en particulier dans les Autres villes (26 %), qu’en milieu rural (22 %). 26 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.8 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef de ménage et par taille du ménage ; taille moyenne du ménage ; pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents, selon le milieu de résidence, Tchad 2014-2015 Résidence Ensemble Caractéristique N’Djaména Autres villes Ensemble urbain Rural Chef de ménage Homme 80,7 74,2 76,4 78,4 77,9 Femme 19,3 25,8 23,6 21,6 22,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de membres habituels 0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1 8,6 11,7 10,6 6,9 7,7 2 9,6 8,3 8,8 7,4 7,7 3 10,8 9,4 9,9 11,0 10,8 4 12,1 11,7 11,8 12,8 12,6 5 9,9 11,3 10,8 13,8 13,1 6 11,5 10,8 11,0 12,9 12,5 7 8,3 9,2 8,9 11,3 10,8 8 6,6 7,4 7,1 7,9 7,7 9+ 22,6 20,2 21,1 15,9 17,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Taille moyenne du ménage 6,1 5,8 5,9 5,7 5,8 Pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents Enfant vivant sans leurs parents1 31,2 27,3 28,6 19,9 21,8 Orphelin double 4,9 2,0 3,0 1,1 1,5 Orphelin simple2 16,9 13,7 14,8 9,9 10,9 Enfant orphelin et/ou vivant sans leurs parents 37,9 32,8 34,6 24,4 26,7 Effectif de ménages 1 307 2 476 3 783 13 450 17 233 Note : Le tableau est basé sur la population de droit des ménages, c’est-à-dire les résidents habituels. 1 Les enfants vivant sans leurs parents sont les enfants de moins de 18 ans qui vivent dans un ménage dans lequel il n’y a ni leur père, ni leur mère. 2 Comprend les enfants dont l’un des parents est décédé et dont l’état de survie de l’autre est inconnu. Concernant la taille du ménage, on constate qu’un ménage compte, en moyenne, 5,8 personnes. Si l’on compare ce résultat avec les EDS du Tchad précédentes, on constate que la taille moyenne d’un ménage tchadien a tendance à augmenter, variant de 5,3 en 1996-1997 à 5,4 en 2004 et à 5,8 en 2014-2015. Cette taille moyenne varie assez peu selon le milieu de résidence, d’un minimum de 5,7 personnes en milieu rural à un maximum de 6,1 à N’Djaména. Globalement, 60 % des ménages tchadiens comptent de 3 à 7 personnes. Ce pourcentage est un peu plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (62 % contre 52 %) et il a peu varié depuis 2004. En outre, 17 % des ménages comprennent au moins 9 personnes. Ces ménages de grande taille sont proportionnellement plus nombreux en milieu urbain que rural (21 % contre 16 %), en particulier à N’Djaména (23 % contre 20 % dans les Autres Villes). Par rapport à 2004, cette proportion de ménages de grande taille a augmenté, passant de 13 % à 18 %, cela aussi bien en milieu urbain (18 % à 21 %) qu’en milieu rural (12 % à 16 %). Les ménages de petite taille, c’est-à-dire comprenant une personne (8 %) ou 2 personnes (8 %) sont moins fréquents. Le Tableau 2.8 présente aussi la proportion de ménages qui comptent des enfants orphelins ou des enfants qui vivent sans leur parent. Dans 22 % des cas, les ménages comprennent des enfants de moins de 18 ans qui vivent sans leurs parents, 2 % des ménages comptent des enfants dont les deux parents sont décédés et 11 % des enfants dont l’un des parents est décédé. Dans l’ensemble, plus d’un quart des ménages (27 %) comptent des enfants orphelins ou qui vivent sans leurs parents. Globalement, les ménages abritant les enfants de moins de 18 ans orphelins et/ou vivant sans leur parent sont proportionnellement plus fréquents en milieu urbain qu’en milieu rural (35 % contre 24 %). Caractéristiques des ménages • 27 2.2.3 Niveau d’instruction et fréquentation scolaire Le niveau d’instruction des membres du ménage est un élément très important qui contribue à l’amélioration des conditions de vie du ménage, dans la mesure où il peut affecter directement le comportement procréateur, l’utilisation de la contraception, le comportement en matière de santé, le niveau de scolarisation des autres membres du ménage, ainsi que les habitudes en matière d’hygiène et de nutrition. Dans le cadre de l’enquête ménage, pour chaque membre du ménage de six ans ou plus, on a collecté des informations sur le niveau d’instruction atteint ainsi que sur la dernière classe achevée avec succès. Les Tableaux 2.9.1 et 2.9.2 présentent, pour chaque sexe, la répartition de la population de six ans ou plus des ménages enquêtés selon le niveau d’instruction atteint, l’âge et certaines caractéristiques sociodémographiques. Globalement, il ressort des résultats qu’une proportion importante de la population tchadienne âgée de 6 ans ou plus est sans niveau d’instruction : en effet, 60 % des femmes et 44 % des hommes n’ont jamais fréquenté l’école. Cependant, même si ces proportions demeurent élevées, la comparaison avec les résultats des EDS précédentes laisse entrevoir une amélioration de la scolarisation, aussi bien chez les femmes que chez les hommes depuis l’EDST-I. En effet, la proportion de femmes sans niveau d’instruction est passée de 78 % en 1996-1997 (EDST-I) à 73 % en 2004 (EDST-II) pour atteindre 60 % en 2014-2015. De même, chez les hommes ces pourcentages sont passés respectivement de 56 % à 54 % et à 44 %. En outre, les résultats des Tableaux 2.9 montrent que 29 % de femmes et 33 % des hommes ont un niveau d’instruction primaire, mais seulement 3 % des femmes et 4 % des hommes ont complété ce niveau. Le pourcentage de femmes ayant fréquenté le niveau secondaire, sans l’achever, se situe à 7 % contre 14 % pour les hommes, pourcentages supérieurs à ceux obtenus à l’EDST-II, (4 % contre 11 % pour les hommes). Une proportion très faible de femmes comme d’hommes ont atteint le niveau supérieur (respectivement 1 % et 2 %). Comme le montrent les Tableaux 2.9, les résultats indiquent une amélioration substantielle de la scolarisation des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes : en effet, la proportion de personnes sans niveau d’instruction passe de 95 % pour les femmes de 65 ans ou plus à 44 % pour celles de 15- 19 ans. Chez les hommes, cette proportion passe de 84 % à 30 % pour les mêmes groupes d’âges. Parallèlement, les proportions de femmes et d’hommes ayant, au moins, un niveau primaire ont sensiblement augmenté. Il en est de même pour le secondaire incomplet. Cependant il faut relever une forte proportion d’enfants de 6-9 ans qui n’ont jamais fréquenté l’école (54 % de sexe féminin et 48 % de sexe masculin). Les données selon le milieu de résidence mettent en évidence des écarts importants en matière de scolarisation. En milieu rural, 65 % de femmes et 50 % d’hommes sont sans instruction contre respectivement, 40 % et 26 % en milieu urbain. C’est à N’Djaména que la proportion de femmes et d’hommes n’ayant aucune instruction est la plus faible (respectivement, 33 % et 23 %). À part N’Djaména et les régions méridionales du pays (Mayo Kebbi Est, Mayo Kebbi Ouest, Logone Occidental, Logone Oriental, Tandjilé, Mandoul, Moyen Chari), les pourcentages de population sans instruction sont très élevées. La proportion de femmes sans instruction varie d’un minimum de 33 % à N’Djaména à un maximum de 92 % dans la région du Lac. Chez les hommes, cette proportion varie d’un minimum de 18 % dans la région du Logone Occidental et de la Tandjilé à un maximum de 87 % dans la région du Lac. Les résultats selon le quintile de bien-être montrent que des ménages du quintile le plus bas à ceux du quintile le plus riche, les proportions de femmes et d’hommes n’ayant aucun niveau d’instruction diminuent de manière importante. Chez les femmes, la proportion passe de 67 % parmi les femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas à 36 % parmi celles dont il est classé dans le plus élevé ; parmi les hommes, elle varie respectivement de 48 % à 24 %. 28 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.9.1 Niveau d’instruction de la population des ménages : Femme Répartition (en %) de la population de fait des femmes des ménages âgées de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Aucun Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Ne sait pas/ manquant Total Effectif Nombre médian d’années complétées Groupe d’âges 6-9 54,1 44,6 0,0 0,0 0,0 0,0 1,2 100,0 7 861 0,0 10-14 40,8 52,5 2,3 3,8 0,0 0,0 0,5 100,0 7 579 0,9 15-19 44,1 23,7 7,1 24,3 0,4 0,1 0,3 100,0 4 235 2,2 20-24 54,0 17,7 5,4 17,8 3,3 1,4 0,4 100,0 3 213 0,0 25-29 65,2 17,1 4,2 9,2 2,3 1,4 0,6 100,0 3 497 0,0 30-34 69,1 17,6 3,5 6,4 1,0 1,6 0,8 100,0 2 660 0,0 35-39 75,2 14,7 2,7 4,9 0,8 1,3 0,4 100,0 2 184 0,0 40-44 80,5 12,6 2,1 3,2 0,4 0,7 0,5 100,0 1 560 0,0 45-49 79,6 14,1 2,5 2,2 0,3 0,6 0,7 100,0 1 371 0,0 50-54 87,4 7,2 1,1 2,2 0,3 0,6 1,2 100,0 1 373 0,0 55-59 88,3 5,7 2,5 1,9 0,0 0,2 1,4 100,0 829 0,0 60-64 90,7 3,0 1,7 1,7 0,1 0,0 2,8 100,0 732 0,0 65+ 95,3 1,6 0,6 0,5 0,0 0,3 1,7 100,0 1 117 0,0 Ne sait pas/manquant * * * * * * * 100,0 3 * Résidence N’Djaména 32,8 28,3 5,7 22,4 3,8 5,1 1,8 100,0 3 001 2,7 Autres villes 43,3 35,0 4,3 14,1 2,0 0,8 0,4 100,0 5 496 0,4 Ensemble urbain 39,6 32,7 4,8 17,0 2,7 2,3 0,9 100,0 8 496 1,1 Rural 65,1 27,8 2,2 4,0 0,1 0,0 0,7 100,0 29 717 0,0 Région Batha 77,3 17,2 1,8 1,7 0,2 0,1 1,6 100,0 1 753 0,0 Borkou, Tibesti 71,1 23,8 1,1 3,2 0,2 0,0 0,6 100,0 180 0,0 Chari Baguirmi 83,0 14,5 0,4 0,9 0,1 0,0 1,0 100,0 1 588 0,0 Guéra 68,8 26,2 1,7 2,3 0,4 0,3 0,5 100,0 2 207 0,0 Hadjer-Lamis 83,2 14,8 0,4 1,0 0,0 0,0 0,7 100,0 2 547 0,0 Kanem 84,3 14,1 0,4 0,8 0,2 0,0 0,3 100,0 1 560 0,0 Lac 91,7 7,0 0,4 0,4 0,0 0,0 0,5 100,0 2 080 0,0 Logone Occidental 35,4 46,1 4,2 12,1 0,9 0,6 0,7 100,0 2 318 1,0 Logone Oriental 37,8 50,2 2,7 7,6 0,8 0,1 0,7 100,0 3 731 0,4 Mandoul 48,1 41,7 3,3 5,9 0,3 0,1 0,7 100,0 2 593 0,0 Mayo Kebbi Est 50,3 35,0 5,2 8,5 0,5 0,1 0,5 100,0 2 818 0,0 Mayo Kebbi Ouest 36,2 38,9 7,7 16,1 0,4 0,2 0,3 100,0 1 931 1,3 Moyen Chari 35,9 43,3 4,9 13,1 1,6 0,3 0,8 100,0 2 014 1,0 Ouaddaï 86,9 10,0 0,6 1,5 0,2 0,3 0,6 100,0 2 207 0,0 Salamat 81,9 15,6 0,6 1,0 0,1 0,1 0,8 100,0 805 0,0 Tandjilé 42,8 42,6 4,0 9,6 0,4 0,1 0,5 100,0 2 309 0,2 Wadi Fira 90,6 7,4 0,7 0,4 0,1 0,0 0,8 100,0 1 030 0,0 N’Djaména 32,8 28,3 5,7 22,4 3,8 5,1 1,8 100,0 3 001 2,7 Barh El Gazal 83,4 15,3 0,3 0,7 0,0 0,0 0,3 100,0 586 0,0 Ennedi Est, Ennedi Ouest 73,2 21,4 1,0 3,2 0,3 0,0 0,8 100,0 195 0,0 Sila 82,2 14,9 0,2 0,7 0,1 0,0 1,9 100,0 759 0,0 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 66,9 27,8 2,0 2,4 0,1 0,0 0,9 100,0 7 938 0,0 Second 64,0 28,9 2,3 3,9 0,1 0,0 0,8 100,0 7 475 0,0 Moyen 65,7 27,1 2,0 4,4 0,1 0,0 0,7 100,0 7 613 0,0 Quatrième 64,6 27,0 2,6 5,1 0,2 0,0 0,5 100,0 7 645 0,0 Le plus élevé 35,6 33,6 5,2 19,0 3,0 2,6 1,0 100,0 7 543 1,8 Ensemble 59,5 28,9 2,8 6,9 0,7 0,5 0,8 100,0 38 213 0,0 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire. Les Tableaux 2.9.1 et 2.9.2 présentent également le nombre médian d’années d’études complétées. Au niveau national, la médiane est estimée à 0,0 année d’études pour les femmes et à 0,3 année d’études pour les hommes. Les nombres médians d’années d’études les plus élevés concernent les jeunes générations, en particulier, les garçons âgés aujourd’hui de 15-29 ans, ceux du milieu urbain, en particulier ceux de N’Djaména et ceux vivant dans les régions du Mayo Kebbi Est, du Mayo Kebbi Ouest, du Logone Occidental, du Logone Oriental, de la Tandjilé, du Mandoul et du Moyen Chari. Caractéristiques des ménages • 29 Tableau 2.9.2 Niveau d’instruction de la population des ménages : Homme Répartition (en %) de la population de fait des hommes des ménages âgés de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Aucun Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Ne sait pas/ manquant Total Effectif Nombre médian d’années complétées Groupe d’âges 6-9 48,0 50,5 0,0 0,0 0,0 0,0 1,5 100,0 8 294 0,0 10-14 32,0 58,3 3,4 5,7 0,0 0,0 0,6 100,0 7 537 1,5 15-19 30,4 26,2 6,9 35,0 0,5 0,1 0,9 100,0 4 584 4,3 20-24 32,7 11,7 6,3 37,1 8,5 2,9 0,7 100,0 2 759 5,7 25-29 37,4 15,2 6,8 27,0 7,4 5,5 0,6 100,0 2 272 4,3 30-34 43,5 17,6 7,1 20,2 5,7 5,5 0,5 100,0 2 094 2,3 35-39 46,9 19,4 7,2 15,3 5,3 5,3 0,6 100,0 1 916 1,5 40-44 56,6 14,7 7,5 13,0 3,5 4,0 0,8 100,0 1 608 0,0 45-49 60,0 17,9 4,1 12,1 1,9 3,2 0,8 100,0 1 297 0,0 50-54 62,7 15,1 6,1 9,4 2,1 4,0 0,6 100,0 1 058 0,0 55-59 60,4 17,8 7,9 8,4 2,1 3,0 0,4 100,0 808 0,0 60-64 71,2 10,1 8,1 6,7 1,3 1,7 0,9 100,0 779 0,0 65+ 84,3 7,7 2,8 2,7 0,3 0,9 1,3 100,0 1 422 0,0 Ne sait pas/manquant * * * * * * * 100,0 13 * Résidence N’Djaména 22,9 26,2 5,7 25,2 7,8 11,0 1,3 100,0 3 370 5,0 Autres villes 27,9 35,4 5,0 23,1 4,6 3,4 0,6 100,0 5 741 2,5 Ensemble urbain 26,0 32,0 5,2 23,9 5,8 6,2 0,9 100,0 9 110 3,2 Rural 49,7 33,8 4,1 10,4 0,9 0,2 0,9 100,0 27 331 0,0 Région Batha 71,7 19,6 2,1 4,1 0,5 0,2 1,9 100,0 1 537 0,0 Borkou, Tibesti 49,4 36,0 3,2 9,3 0,8 0,6 0,6 100,0 168 0,0 Chari Baguirmi 70,4 23,6 2,2 2,8 0,2 0,3 0,6 100,0 1 509 0,0 Guéra 52,4 34,0 2,3 7,7 2,0 0,2 1,4 100,0 2 061 0,0 Hadjer-Lamis 73,7 18,9 1,3 4,2 0,9 0,3 0,7 100,0 2 376 0,0 Kanem 77,3 17,8 0,7 3,1 0,5 0,2 0,4 100,0 1 329 0,0 Lac 87,2 9,2 0,7 2,0 0,4 0,1 0,4 100,0 2 001 0,0 Logone Occidental 17,8 47,9 6,7 21,3 3,2 2,8 0,3 100,0 2 292 3,0 Logone Oriental 19,4 52,9 6,5 18,1 1,4 0,7 1,0 100,0 3 572 2,2 Mandoul 26,7 48,1 5,5 16,4 1,2 0,6 1,5 100,0 2 702 1,7 Mayo Kebbi Est 26,4 40,8 7,3 21,3 2,4 1,1 0,6 100,0 2 607 2,4 Mayo Kebbi Ouest 22,1 40,9 7,9 24,8 2,8 1,2 0,3 100,0 1 807 3,0 Moyen Chari 22,8 42,2 6,6 22,4 3,6 2,2 0,2 100,0 2 116 2,7 Ouaddaï 76,6 15,9 1,1 4,3 0,8 0,9 0,5 100,0 1 873 0,0 Salamat 64,4 26,3 1,9 6,1 0,5 0,1 0,7 100,0 753 0,0 Tandjilé 17,9 49,4 7,3 22,0 2,8 0,6 0,1 100,0 2 173 2,8 Wadi Fira 81,2 15,5 0,6 1,7 0,0 0,2 0,6 100,0 809 0,0 N’Djaména 22,9 26,2 5,7 25,2 7,8 11,0 1,3 100,0 3 370 5,0 Barh El Gazal 79,0 16,6 1,5 1,9 0,1 0,3 0,5 100,0 538 0,0 Ennedi Est, Ennedi Ouest 61,9 28,5 1,6 6,1 0,9 0,4 0,5 100,0 168 0,0 Sila 64,6 24,3 1,1 1,8 0,4 0,0 7,8 100,0 678 0,0 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 47,9 37,1 4,2 9,3 0,4 0,1 1,0 100,0 6 639 0,0 Second 46,9 36,4 4,3 10,7 1,0 0,3 0,5 100,0 7 012 0,0 Moyen 51,2 31,8 4,3 10,6 1,0 0,2 0,9 100,0 7 253 0,0 Quatrième 52,1 30,8 3,5 10,9 1,2 0,3 1,2 100,0 7 387 0,0 Le plus élevé 23,6 31,4 5,5 25,3 6,5 6,9 0,9 100,0 8 150 3,9 Ensemble 43,8 33,4 4,4 13,8 2,1 1,7 0,9 100,0 36 441 0,3 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire. Le niveau d’accès au système éducatif de la population est un des indicateurs clés du niveau de développement socioéconomique d’un pays. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, des questions relatives à la fréquentation scolaire ont été posées pour toutes les personnes âgées de 5 à 24 ans, ce qui a permis de calculer les taux nets et bruts de fréquentation scolaire, par sexe et niveau d’instruction, selon le milieu et la région de résidence et le quintile de bien-être économique, ainsi que l’indice de parité entre les sexes (Tableau 2.10 et Graphique 2.2). Le taux de fréquentation scolaire est le rapport du nombre de personnes d’un groupe d’âges donné fréquentant actuellement un établissement scolaire à la population totale de ce groupe d’âges. 30 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.10 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNF) et taux brut de fréquentation scolaire (TBF) de la population de fait des ménages, par sexe et niveau d’études, et indice de parité entre les genres selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2 Caractéristique sociodémographique Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 NIVEAU PRIMAIRE Résidence N’Djaména 78,7 68,5 73,7 0,87 118,2 106,5 112,4 0,90 Autres villes 72,5 68,0 70,4 0,94 108,2 103,2 105,8 0,95 Ensemble urbain 74,3 68,2 71,4 0,92 111,0 104,2 107,8 0,94 Rural 48,5 42,8 45,7 0,88 78,8 64,7 71,8 0,82 Région Batha 25,3 22,6 24,0 0,90 46,4 35,3 41,0 0,76 Borkou, Tibesti 62,0 41,1 51,9 0,66 96,2 66,0 81,6 0,69 Chari Baguirmi 32,6 23,6 28,1 0,72 56,4 36,3 46,5 0,64 Guéra 57,0 45,3 51,5 0,80 86,0 65,1 76,2 0,76 Hadjer-Lamis 27,1 26,5 26,8 0,98 42,5 35,4 38,9 0,83 Kanem 29,9 25,4 27,6 0,85 48,9 43,5 46,1 0,89 Lac 15,8 13,1 14,4 0,83 26,3 17,8 22,0 0,68 Logone Occidental 78,2 74,3 76,2 0,95 122,7 112,3 117,6 0,92 Logone Oriental 81,2 74,4 77,9 0,92 125,0 113,5 119,4 0,91 Mandoul 64,3 60,8 62,7 0,95 103,5 94,9 99,6 0,92 Mayo Kebbi Est 66,9 66,6 66,7 1,00 112,3 97,6 105,1 0,87 Mayo Kebbi Ouest 71,7 70,3 71,0 0,98 106,0 110,1 107,9 1,04 Moyen Chari 73,3 71,1 72,3 0,97 117,8 111,4 114,8 0,94 Ouaddaï 23,8 21,8 22,8 0,91 38,1 29,6 33,9 0,78 Salamat 42,1 26,8 34,4 0,64 61,5 38,0 49,7 0,62 Tandjilé 75,1 71,8 73,5 0,96 123,5 109,8 117,0 0,89 Wadi Fira 28,0 13,7 20,3 0,49 42,6 21,3 31,2 0,50 N’Djaména 78,7 68,5 73,7 0,87 118,2 106,5 112,4 0,90 Barh El Gazal 24,6 25,1 24,9 1,02 43,1 39,5 41,3 0,92 Ennedi Est, Ennedi Ouest 42,6 34,3 38,6 0,81 69,8 57,2 63,7 0,82 Sila 34,4 24,5 29,5 0,71 59,8 37,3 48,5 0,62 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 47,8 42,8 45,3 0,90 77,1 64,1 70,7 0,83 Second 51,3 44,7 48,2 0,87 82,5 66,6 74,9 0,81 Moyen 47,5 39,7 43,7 0,84 76,2 63,9 70,2 0,84 Quatrième 48,1 43,8 46,0 0,91 78,8 65,1 72,1 0,83 Le plus élevé 78,2 71,6 75,0 0,92 117,2 107,9 112,7 0,92 Ensemble 53,8 47,8 50,9 0,89 85,4 72,4 79,1 0,85 NIVEAU SECONDAIRE Résidence N’Djaména 52,6 43,3 48,0 0,82 84,7 63,8 74,3 0,75 Autre villes 45,2 29,7 37,9 0,66 71,2 41,2 57,1 0,58 Ensemble urbain 47,9 34,9 41,6 0,73 76,0 49,8 63,5 0,66 Rural 16,3 8,0 12,2 0,49 23,1 9,7 16,4 0,42 Région Batha 6,2 4,6 5,3 0,75 10,3 6,1 8,0 0,59 Borkou, Tibesti 19,1 9,1 13,9 0,48 22,5 11,5 16,8 0,51 Chari Baguirmi 7,0 2,4 4,6 0,34 10,0 2,7 6,3 0,27 Guéra 15,9 4,9 10,5 0,31 28,7 6,6 18,0 0,23 Hadjer-Lamis 8,7 1,9 5,2 0,21 12,8 2,2 7,4 0,17 Kanem 5,3 1,9 3,6 0,36 7,7 2,5 5,0 0,32 Lac 4,7 0,9 2,8 0,18 7,5 1,0 4,3 0,14 Logone Occidental 35,9 23,2 30,0 0,65 49,8 32,7 41,9 0,66 Logone Oriental 25,3 10,7 18,1 0,42 35,7 15,4 25,7 0,43 Mandoul 27,2 13,0 20,8 0,48 38,0 15,1 27,7 0,40 Mayo Kebbi Est 37,9 20,2 29,8 0,53 53,1 23,9 39,7 0,45 Mayo Kebbi Ouest 44,0 35,5 39,5 0,81 63,9 44,7 53,8 0,70 Moyen Chari 32,6 27,5 30,0 0,84 59,6 37,4 48,3 0,63 Ouaddaï 12,1 5,5 8,7 0,45 18,6 7,0 12,7 0,38 Salamat 14,9 4,1 9,6 0,27 20,9 4,7 12,9 0,23 Tandjilé 35,6 16,8 27,0 0,47 50,4 19,7 36,3 0,39 Wadi Fira 4,2 1,8 2,9 0,44 6,0 2,4 4,0 0,41 N’Djaména 52,6 43,3 48,0 0,82 84,7 63,8 74,3 0,75 Barh El Gazal 1,7 1,1 1,4 0,63 4,9 1,3 3,1 0,26 Ennedi Est, Ennedi Ouest 13,9 9,9 12,0 0,71 16,7 15,7 16,2 0,94 Sila 3,0 2,6 2,8 0,88 4,8 3,0 3,9 0,63 À suivre… Caractéristiques des ménages • 31 Tableau 2.10—Suite Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2 Caractéristique sociodémographique Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 14,0 4,9 9,2 0,35 19,9 5,7 12,4 0,29 Second 15,9 5,8 10,7 0,37 23,8 7,7 15,5 0,32 Moyen 15,8 9,0 12,4 0,57 23,2 10,6 17,0 0,46 Quatrième 19,6 11,2 15,7 0,57 26,5 13,7 20,6 0,52 Le plus élevé 50,5 38,1 44,5 0,75 80,4 54,4 67,8 0,68 Ensemble 24,5 14,6 19,6 0,59 36,9 19,5 28,3 0,53 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNF) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire (6- 11 ans) qui fréquente l’école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire (12-18 ans) qui fréquente l’école secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 %. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBF) au niveau primaire est le nombre total d’élèves du niveau primaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire au niveau secondaire est le nombre total d’élèves du niveau secondaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire. S’il y a pour un niveau donné un nombre important d’élèves plus âgés ou plus jeunes que l’âge officiel pour ce niveau, le TBF peut excéder 100 %. 3 L’indice de parité entre les genres pour le primaire est le ratio du TNF (TBF) au niveau primaire des filles sur le TNF (TBF) des garçons. L’indice de parité entre les genres pour le secondaire est le ratio du TNF (TBF) au niveau secondaire des filles sur le TNF (TBF) des garçons. Graphique 2.2 Taux de fréquentation scolaire par âge Dans l’ensemble, le taux net de fréquentation scolaire pour le primaire est de 51 %, ce qui signifie qu’un peu plus de la moitié de la population de 6-11 ans (âge officiel de fréquentation du niveau primaire) fréquentent l’école primaire. Ce taux est plus élevé pour les garçons (54 %) que pour les filles (48 %) et il est nettement plus faible en milieu rural (46 %) qu’en milieu urbain (71 %). Entre N’Djaména et les Autres Villes, on ne constate pas d’écarts très importants entre les sexes en matière de fréquentation scolaire dans le primaire. L’écart est cependant un peu plus important chez les hommes que chez les femmes. Au niveau régional, en dehors des régions du Sud, du Borkou/Tibesti, du Guéra et de la ville de N’Djaména, les taux nets de fréquentation scolaire sont faibles, situés largement en dessous de la moyenne nationale (51 %). On note, en particulier, un taux de 14 % au Lac. 15 32 49 56 67 59 68 66 68 60 61 60 58 52 50 34 48 35 32 26 11 30 45 50 56 51 63 57 50 51 42 40 30 23 24 10 11 12 11 9 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Pourcentage Âge Homme Femme EDS-MICS 2014-2015 32 • Caractéristiques des ménages Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau d’enseignement primaire est de 79 %, ce qui signifie que 79 élèves de tous âges fréquentent l’école primaire pour 100 personnes âgées de 6-11 ans, âge officiel de fréquentation du primaire. Quand ce taux est supérieur au taux net pour un niveau d’étude donné, cela signifie qu’un nombre important d’enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge officiel de fréquentation de ce niveau d’études fréquentent ce niveau : c’est le cas des régions du Mayo Kebbi Est, du Mayo Kebbi Ouest, du Logone Occidental, du Logone Oriental, de la Tandjilé, du Mandoul et du Moyen Chari. Ce taux est plus élevé chez les garçons (85 %) que chez les filles (72 %) et on observe des variations par caractéristiques sociodémographiques similaires à celles observées pour le taux net. Pour le niveau secondaire qui concerne la population âgée de 13-18 ans, le taux net de fréquentation scolaire est beaucoup plus faible que pour le niveau primaire et s’établit à 20 % : cela signifie qu’environ un cinquième de la population d’âge officiel de niveau secondaire (12-18 ans) fréquente effectivement ce niveau. Selon le sexe, on note que ce taux est plus élevé chez les garçons (25 %) que parmi les filles (15 %). Comme observé précédemment pour le niveau primaire, le taux net au niveau secondaire est beaucoup plus faible en milieu rural (12 %) qu’en milieu urbain (42 %). Au niveau des régions, le Batha (5 %), le Chari-Baguirmi (5 %), le Hadjer-Lamis (5 %), le Kanem (4 %), le Lac (3 %), le Wadi Fira (3 %), le Barh El Gazal (1 %) et le Sila (3 %) se distinguent par les taux nets de scolarisation les plus faibles au niveau secondaire. Les résultats selon le quintile de bien-être économique montrent, comme pour le primaire, que les taux augmentent des ménages du quintile le plus bas à ceux du plus élevé (9 % à 45 %). Par ailleurs, le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est de 28 %, plus élevé que le taux net (20 %), ce qui signifie qu’un nombre important d’enfants plus âgés ou plus jeunes que l’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire fréquente ce niveau. Comme pour le primaire, le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est plus élevé chez les garçons que chez les filles (37 % contre 20 %) et on constate des variations par caractéristique sociodémographique similaires à celles observées pour le taux net de fréquentation scolaire. En effet, le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est nettement plus faible en milieu rural (16 %) qu’en milieu urbain (64 %), en particulier qu’à N’Djaména (74 %). Le Tableau 2.10 présente également l’indice de parité entre les genres qui est le rapport entre le taux de fréquentation scolaire des femmes et celui des hommes. Plus l’indice de parité est proche de 1, moins l’écart entre les taux de fréquentation scolaire des filles et des garçons est important. Au niveau primaire, l’indice est estimé à 0,89 pour le taux net et à 0,85 pour le taux brut ; au niveau secondaire, il est respectivement de 0,59 et 0,53. Ces résultats mettent en évidence des disparités de fréquentation scolaire en défaveur des filles. Globalement, ces écarts de fréquentation scolaire entre les filles et les garçons présentent le même type de variations que celles observées pour les taux. Au niveau primaire, l’indice de parité entre filles et garçons pour le taux brut est plus proche de 1 en milieu urbain qu’en milieu rural (0,94 contre 0,82). Au niveau régional, on constate aussi des inégalités de genre très importantes car si dans le Mayo Kebbi Ouest, l’indice de 1,04 traduit l’égalité entre les filles et les garçons, il en va différemment du Wadi Fira où l’indice de parité entre les genres est de 0,50. Au niveau secondaire, c’est dans les régions du Lac, de Hadjer Lamis et du Salamat que les inégalités de genre en matière de fréquentation scolaire sont les plus importantes, l’indice de parité entre les genres y étant respectivement de 0,14, 0,17 et 0,23. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 33 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS 3 ICF et INSEED e chapitre présente les caractéristiques sociodémographiques et économiques des femmes et des hommes enquêtés qui sont utilisées comme variables d’analyse dans la suite de ce rapport. Ces informations sont particulièrement importantes dans la mesure où elles permettent de comprendre et d’interpréter les résultats qui sont présentés dans les chapitres qui suivent. Le début de ce chapitre est consacré à la présentation de certaines caractéristiques sociodémographiques, suivi par les résultats concernant le niveau d’instruction, l’accès aux médias et l’activité économique. Enfin, les informations sur l’assurance médicale clôturent ce chapitre. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS Les femmes âgées de 15-49 ans, c’est-à-dire celles en âge de procréer et les hommes de 15-59 ans constituent les populations-cibles de l’EDS-MICS du Tchad 2014-2015. Le Tableau 3.1 présente la répartition des femmes et des hommes de 15-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques, à savoir l’âge, la religion, l’ethnie, l’état matrimonial, le milieu de résidence, la région, le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique. Comme cela est expliqué dans le plan de sondage (voir Annexe A), l’échantillon a été constitué de façon à disposer, pour chaque région, d’un nombre de cas suffisant pour pouvoir estimer les indicateurs avec un niveau de précision acceptable. Les résultats ont ensuite été pondérés pour redonner à chaque région son poids réel dans la population d’ensemble du Tchad. Le Tableau 3.1 présente, pour chaque catégorie, le nombre de cas non pondérés, c’est-à-dire le nombre de personnes effectivement interviewées dans chaque catégorie, et le nombre de cas pondérés, c’est-à-dire le nombre de cas de chaque catégorie selon le poids réel de cette catégorie au niveau national. Dans le reste de ce chapitre et dans tout le rapport, tous les effectifs présentés sont des effectifs pondérés. C Principaux résultats • La majorité des femmes (76 %) et des hommes (70 %) vivent en milieu rural.C’est dans les régions du Borkou/Tibesti et de l’Ennedi Est et Ouest que l’on observe les proportions les plus faibles de femmes et d’hommes (moins d’un pour cent). • Plus de six femmes sur dix (62 %) contre 36 % des hommes n’ont aucun niveau d’instruction. La proportion de femmes sans instruction atteint un maximum de 96 % dans la région du Lac. • Près des deux tiers des hommes de 15-49 ans (64 %) et quatre femmes sur cinq (81 %) n’ont été exposés à aucun média, au moins, une fois par semaine. • Parmi les femmes de 15-49 ans, environ une sur deux (51 %) avait travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Cette proportion est nettement plus élevée chez les hommes (88 %). 34 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Par ailleurs, dans ce chapitre comme dans les suivants, par souci de comparaison, les résultats portent sur les hommes et les femmes de la même tranche d’âges (15-49 ans). En général, les résultats concernant les hommes de 50-59 ans constituent une catégorie à part et sont présentés au bas des tableaux. Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014- 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Groupe d’âges 15-19 22,2 3 934 3 889 26,1 1 229 1 222 20-24 17,3 3 059 2 995 16,0 755 737 25-29 18,3 3 250 3 287 13,4 634 631 30-34 14,5 2 566 2 540 13,3 627 619 35-39 11,6 2 060 2 115 12,2 576 562 40-44 8,5 1 504 1 545 10,0 469 510 45-49 7,6 1 347 1 348 9,0 424 420 Religion Catholique 20,0 3 543 2 734 20,7 974 755 Protestant 23,9 4 230 2 904 23,0 1 083 778 Musulman 52,1 9 236 11 459 51,4 2 425 2 943 Animiste 0,3 50 45 1,0 45 41 Autres chrétiens 0,2 35 25 0,5 24 22 Sans religion 2,8 504 440 3,0 142 136 Manquant 0,7 118 109 0,4 18 24 Ethnie Gorane 5,8 1 030 2 192 5,7 267 551 Arab 9,6 1 698 1 804 10,2 483 486 Baguirmi/Barma 1,1 193 196 1,5 69 69 Kanembou/Bornou/Boudouma 9,7 1 718 1 869 10,2 480 544 Boulala/Médégo/Kouka 3,6 640 561 4,3 201 176 Ouadaï/Maba/Massalit/Mimi 7,5 1 330 1 344 5,3 251 262 Zaghawa/Bideyat/Kobé 1,1 201 556 1,1 50 122 Dadajo/Kibet/Mouro 2,5 442 655 2,0 95 145 Bidio/Migami/Kenga/Dangléat 2,6 459 433 2,1 98 90 Moundang 2,7 482 503 2,7 126 131 Massa/Mousseye/Mousgoume 4,9 870 641 4,9 231 182 Toupouri/Kéra 2,1 367 287 1,8 84 68 Sara (Ngambaye/Sara Madjin- Gaye/Mbaye) 29,9 5 297 3 655 32,7 1 541 1 110 Peul/Foulbé/Bodoré 1,9 335 337 1,5 72 84 Tama/Assongori/Mararit 1,1 203 354 1,1 51 101 Gabri/Kabalaye/Nangtchéré/ Soumraye 2,0 347 272 1,9 91 73 Marba/Lélé/Mesmé 3,7 648 489 2,7 129 98 Mesmedjé/Massalat/Kadjaksé 0,8 134 118 0,8 37 33 Karo/Zimé/Pévé 1,3 232 264 1,3 63 76 Autres ethnies du Tchad (Achit/Banda/Kim) 3,2 574 627 3,8 179 180 Autres groupes ethniques d’origine étrangère (Bambara/Haoussa/Tower) 0,9 152 132 0,8 40 35 Autres nationalités 0,4 65 60 0,1 6 3 Manquant 1,7 303 370 1,5 71 82 État matrimonial Célibataire 16,6 2 940 2 815 40,6 1 915 1 925 Marié 68,1 12 063 12 547 53,1 2 501 2 514 Vivant ensemble 6,8 1 199 892 3,7 177 144 Divorcé/séparé 5,3 937 904 2,3 107 101 Veuf 3,3 580 561 0,3 15 17 Résidence N’Djaména 9,2 1 627 1 466 12,1 570 556 Autres villes 14,6 2 581 2 819 18,0 847 848 Ensemble urbain 23,8 4 209 4 285 30,1 1 417 1 404 Rural 76,2 13 510 13 434 69,9 3 298 3 297 À suivre… Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 35 Tableau 3.1—Suite Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Région Batha 3,9 691 654 3,9 183 180 Borkou, Tibesti 0,5 84 598 0,3 15 117 Chari Baguirmi 4,2 750 831 3,9 186 207 Guera 5,7 1 003 864 5,6 264 193 Hadjer Lamis 6,7 1 183 901 6,2 294 238 Kanem 3,9 689 908 3,2 153 211 Lac 5,5 978 929 6,1 287 295 Logone Occidental 6,5 1 151 832 7,3 345 256 Logone Oriental 9,4 1 662 830 9,5 447 244 Mandoul 7,0 1 238 874 8,0 375 266 Mayo Kebbi Est 7,3 1 302 935 6,7 316 237 Mayo Kebbi Ouest 5,4 956 1 053 4,7 223 251 Moyen-Chari 5,5 972 771 6,8 319 248 Ouaddaï 5,1 912 722 3,4 161 123 Salamat 2,0 349 761 1,9 90 195 Tandjilé 6,1 1 073 827 5,3 248 196 Wadi Fira 2,6 459 837 1,9 89 191 N’Djaména 9,2 1 627 1 466 12,1 570 556 Barh El Gazal 1,3 233 767 1,5 70 217 Ennedi Est, Ennedi Ouest 0,5 87 723 0,4 17 158 Sila 1,8 320 636 1,3 63 122 Niveau d’instruction Aucun 62,4 11 060 12 195 36,2 1 708 2 077 Primaire 22,7 4 020 3 311 26,6 1 252 1 111 Secondaire 13,9 2 470 2 080 33,2 1 565 1 349 Supérieur 1,0 169 133 4,0 190 164 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 19,0 3 374 3 183 14,8 700 660 Second 19,5 3 450 3 247 19,5 917 855 Moyen 19,6 3 476 3 591 19,9 939 985 Quatrième 20,2 3 587 4 040 17,8 840 956 Le plus élevé 21,6 3 832 3 658 28,0 1 319 1 245 Ensemble 15-49 100,0 17 719 17 719 100,0 4 715 4 701 50-59 na na na na 533 547 Ensemble 15-59 na na na na 5 248 5 248 Note : Le niveau d’instruction correspond au plus haut niveau d’instruction atteint, qu’il ait été achevé ou non. na = Non applicable. 3.1.1 Âge La répartition par groupe d’âges quinquennaux des femmes et des hommes de 15-49 ans montre une diminution régulière des proportions au fur et à mesure que l’âge augmente. Chez les femmes, elles passent de 22 % dans le groupe 15-19 ans à 8 % à 45-49 ans. Pour les hommes, ces proportions varient respectivement de 26 % à 9 %. Environ six femmes sur dix (58 %) et un peu plus de cinq hommes sur dix (56 %) ont moins de 30 ans. Moins d’une femme et d’un homme sur dix, (respectivement, 8 % et 9 %) se situent dans le groupe d’âges 45-49 ans. 3.1.2 État matrimonial Les questions sur l’état matrimonial ont été posées à toutes les femmes et à tous les hommes de 15 ans et plus. Dans le cadre de l’EDS-MICS 2014-2015, ont été considérés comme étant en union toutes les femmes et tous les hommes mariés légalement ainsi que toutes les personnes vivant en union consensuelle. On constate des différences entre les femmes et les hommes. Au moment de l’enquête, les trois quarts des femmes (75 %) étaient en union : 68 % étaient mariées et 7 % vivaient en union consensuelle. Moins d’une femme sur cinq (17 %) était célibataire. Chez les hommes, le pourcentage de ceux qui étaient en union est plus faible (57 % dont 36 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés 53 % étaient mariés et 4 % vivaient en union consensuelle) et le pourcentage de célibataires nettement plus élevé (41 %). La proportion de femmes en rupture d’union, que ce soit par divorce/séparation (5 %) ou par veuvage (3 %) est nettement plus élevée que chez les hommes (respectivement 2 % et 0,3 %). 3.1.3 Milieu de résidence Une grande majorité de femmes (76 %) et d’hommes (70 %) vivaient en milieu rural. La proportion de femmes qui vivaient à N’Djaména était légèrement plus faible que celle des hommes (9 % contre 12 %). Les données par région ne font pas apparaître d’écarts importants : c’est dans les régions du Borkou/Tibesti et de l’Ennedi Est et Ouest que l’on observe les proportions les plus faibles de femmes et d’hommes (moins d’un pour cent). À l’opposé, c’est dans les régions de N’Djaména et du Logone Oriental que les proportions de femmes et d’hommes sont les plus élevées (9 % dans les deux cas pour les femmes et respectivement 12 % et 10 % pour les hommes). 3.1.4 Religion La moitié des femmes (52 %) et des hommes (51 %) sont de religion musulmane et dans un peu plus de quatre cas sur dix (44 %) les femmes et les hommes se sont déclaré de confession chrétienne. 3.1.5 Ethnie La répartition de la population selon l’ethnie rend compte de la diversité ethnoculturelle du Tchad. Cependant, c’est dans l’ethnie Sara que l’on constate les proportions les plus élevées de femmes (30 %) et d’hommes (33 %). Les Arabes et les Kanembous regroupent chacune environ 10 % des femmes et des hommes. Le poids des autres ethnies est nettement plus faible. 3.1.6 Niveau de bien-être économique La répartition des enquêtés selon les quintiles de bien-être économique du ménage montre que le pourcentage de femmes vivant dans un ménage classé dans le quintile le plus bas est légèrement plus élevé que celui des hommes (19 % contre 15 %). Par contre, le pourcentage d’hommes vivant dans un ménage du quintile le plus élevé est un peu plus élevé que celui des femmes (28 % contre 22 %). 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION Le niveau d’instruction des enquêtés est présenté au Tableau 3.2.1 pour les femmes et au Tableau 3.2.2 pour les hommes. Les résultats mettent en évidence un écart important entre les genres, la proportion de femmes sans instruction étant nettement plus élevée que celle des hommes (62 % contre 36 %). Seulement 5 % des femmes ont achevé le niveau d’instruction primaire et 2 % le niveau secondaire. Chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 7 % et 5 %. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 37 Tableau 3.2.1 Niveau d’instruction : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années d’instruction achevées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Plus haut niveau d’instruction atteint Total Nombre médian d’années complétées Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Groupe d’âges 15-24 48,3 19,5 7,1 22,0 2,4 0,7 100,0 1,2 6 992 15-19 44,3 20,7 8,2 25,7 1,1 0,0 100,0 2,4 3 934 20-24 53,4 18,0 5,6 17,4 4,1 1,5 100,0 a 3 059 25-29 64,9 17,5 4,4 9,3 2,2 1,7 100,0 a 3 250 30-34 68,9 18,8 4,2 5,9 0,8 1,3 100,0 a 2 566 35-39 74,2 15,7 3,0 5,4 0,8 0,8 100,0 a 2 060 40-44 80,4 13,4 2,0 2,9 0,5 0,8 100,0 a 1 504 45-49 79,4 15,7 2,2 2,1 0,5 0,2 100,0 a 1 347 Résidence N’Djaména 33,5 11,8 5,9 33,0 7,9 8,0 100,0 5,7 1 627 Autres villes 46,6 16,6 7,0 23,3 5,0 1,4 100,0 2,0 2 581 Ensemble urbain 41,6 14,8 6,6 27,0 6,1 3,9 100,0 3,5 4 209 Rural 68,9 18,7 4,4 7,7 0,3 0,0 100,0 a 13 510 Région Batha 82,5 10,5 2,7 3,6 0,3 0,4 100,0 a 691 Borkou, Tibesti 76,5 15,5 2,1 5,5 0,4 0,0 100,0 a 84 Chari Baguirmi 88,3 8,7 0,9 2,0 0,2 0,0 100,0 a 750 Guera 75,2 15,1 3,8 5,1 0,8 0,0 100,0 a 1 003 Hadjer-Lamis 90,8 6,6 0,7 1,9 0,0 0,0 100,0 a 1 183 Kanem 94,1 4,0 0,6 0,9 0,4 0,0 100,0 a 689 Lac 96,2 2,3 0,4 0,9 0,1 0,0 100,0 a 978 Logone Occidental 36,8 31,8 9,6 18,1 2,5 1,2 100,0 2,5 1 151 Logone Oriental 41,5 36,9 7,2 12,4 1,7 0,3 100,0 1,7 1 662 Mandoul 51,6 30,0 6,6 11,3 0,6 0,0 100,0 a 1 238 Mayo Kebbi Est 53,6 20,0 8,0 17,5 0,9 0,1 100,0 a 1 302 Mayo Kebbi Ouest 34,9 22,9 11,1 29,6 1,4 0,2 100,0 4,0 956 Moyen Chari 39,2 26,9 7,7 20,6 4,7 0,9 100,0 2,6 972 Ouaddaï 93,1 2,3 0,6 2,9 0,5 0,6 100,0 a 912 Salamat 89,7 7,5 0,5 1,8 0,3 0,1 100,0 a 349 Tandjilé 43,3 30,7 7,5 17,7 0,8 0,0 100,0 1,6 1 073 Wadi Fira 96,4 1,7 0,8 0,7 0,4 0,0 100,0 a 459 N’Djaména 33,5 11,8 5,9 33,0 7,9 8,0 100,0 5,7 1 627 Barh El Gazal 91,8 6,7 0,4 1,0 0,0 0,0 100,0 a 233 Ennedi Est, Ennedi Ouest 78,1 12,5 1,6 7,3 0,5 0,0 100,0 a 87 Sila 89,5 8,6 0,3 1,4 0,1 0,0 100,0 a 320 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 67,8 22,5 4,2 5,4 0,2 0,0 100,0 a 3 374 Second 67,7 20,3 4,7 7,2 0,1 0,0 100,0 a 3 450 Moyen 70,2 17,0 4,2 8,3 0,2 0,0 100,0 a 3 476 Quatrième 70,9 14,8 4,7 9,1 0,5 0,0 100,0 a 3 587 Le plus élevé 38,0 14,9 6,6 29,5 6,7 4,3 100,0 4,4 3 832 Ensemble 62,4 17,8 4,9 12,3 1,7 1,0 100,0 - 17 719 Note : a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ont fréquenté l’école. 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire. 38 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.2.2 Niveau d’instruction : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années d’instruction achevées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Plus haut niveau d’instruction atteint Total Nombre médian d’années complétées Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Groupe d’âges 15-24 27,0 17,3 7,8 40,1 6,1 1,8 100,0 5,6 1 984 15-19 26,1 19,3 10,0 42,5 2,0 0,2 100,0 5,4 1 229 20-24 28,4 13,9 4,3 36,2 12,8 4,4 100,0 6,7 755 25-29 32,3 19,8 5,1 26,9 9,0 6,9 100,0 4,6 634 30-34 38,9 21,6 6,2 22,5 4,5 6,4 100,0 2,8 627 35-39 40,2 24,2 9,2 16,6 3,9 6,0 100,0 2,5 576 40-44 54,9 17,7 6,3 15,1 2,9 3,0 100,0 a 469 45-49 55,3 21,7 6,1 11,3 0,6 5,1 100,0 a 424 Résidence N’Djaména 19,7 13,6 2,9 33,5 13,1 17,1 100,0 8,6 570 Autres villes 20,1 11,4 5,4 43,9 11,2 8,0 100,0 8,1 847 Ensemble urbain 19,9 12,3 4,4 39,7 12,0 11,7 100,0 8,2 1 417 Rural 43,2 22,5 8,3 23,0 2,2 0,7 100,0 2,1 3 298 Région Batha 65,1 15,5 6,6 11,7 0,7 0,4 100,0 a 183 Borkou, Tibesti 51,6 18,8 7,4 20,1 2,0 0,0 100,0 a 15 Chari Baguirmi 68,0 19,4 4,5 6,6 0,6 0,9 100,0 a 186 Guéra 37,8 19,3 5,5 28,3 8,5 0,6 100,0 3,5 264 Hadjer-Lamis 67,1 13,2 3,4 12,7 3,0 0,5 100,0 a 294 Kanem 76,0 12,2 0,8 7,9 1,9 1,3 100,0 a 153 Lac 86,8 5,2 0,6 5,7 1,6 0,1 100,0 a 287 Logone Occidental 11,7 30,4 8,9 37,6 6,1 5,2 100,0 5,7 345 Logone Oriental 12,8 29,6 15,5 37,7 3,1 1,2 100,0 5,4 447 Mandoul 20,4 33,0 10,1 32,6 2,9 0,9 100,0 4,6 375 Mayo Kebbi Est 10,4 19,8 10,5 45,1 8,4 5,8 100,0 7,1 316 Mayo Kebbi Ouest 13,6 18,7 7,1 50,1 6,9 3,7 100,0 7,1 223 Moyen Chari 19,4 20,8 8,2 40,0 6,1 5,5 100,0 6,2 319 Ouaddaï 65,3 7,6 5,9 14,2 1,5 5,5 100,0 a 161 Salamat 69,8 14,2 1,4 12,2 1,8 0,6 100,0 a 90 Tandjilé 8,4 27,6 14,8 41,4 6,1 1,7 100,0 5,8 248 Wadi Fira 90,0 4,6 0,4 4,9 0,0 0,1 100,0 a 89 N’Djaména 19,7 13,6 2,9 33,5 13,1 17,1 100,0 8,6 570 Barh El Gazal 81,7 8,8 4,9 3,6 0,9 0,1 100,0 a 70 Ennedi Est, Ennedi Ouest 65,1 13,6 3,3 15,9 0,7 1,4 100,0 a 17 Sila 69,9 17,5 6,6 5,6 0,5 0,0 100,0 a 63 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 34,4 33,4 8,8 21,6 1,5 0,2 100,0 2,4 700 Second 37,6 24,8 9,4 25,4 1,7 1,0 100,0 3,2 917 Moyen 49,7 16,7 9,2 21,7 2,1 0,5 100,0 0,1 939 Quatrième 47,9 19,0 5,4 23,3 3,5 1,0 100,0 1,0 840 Le plus élevé 19,2 10,6 4,1 40,7 12,8 12,6 100,0 8,6 1 319 Ensemble 15-49 36,2 19,5 7,1 28,0 5,2 4,0 100,0 3,9 4 715 50-59 56,6 20,0 8,4 10,5 3,0 1,5 100,0 a 533 Ensemble 15-59 38,3 19,5 7,2 26,2 5,0 3,8 100,0 3,4 5 248 Note : a = Non calculé parce que moins de 50 % des hommes ont fréquenté l’école. 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire. Les résultats selon les groupes d’âges montrent que la proportion de femmes et d’hommes sans instruction diminue des générations anciennes aux plus récentes, passant de 79 % parmi les femmes de 45-49 ans à 44 % parmi celles de 15-19 ans et de 55 % à 26 % chez les hommes des mêmes groupes d’âges. Malgré cette amélioration, l’écart de niveau d’instruction entre les femmes et les hommes persiste dans les jeunes générations. Le niveau d’instruction des enquêtés varie également en fonction du milieu de résidence. On constate, en effet, que les proportions de femmes et d’hommes n’ayant aucune instruction sont plus élevées en milieu rural Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 39 (respectivement 69 % et 43 %) qu’en milieu urbain (respectivement 42 % et 20 %). Les résultats selon les régions font apparaître des écarts très importants, la proportion de femmes sans instruction variant de 96 % dans la région du Lac et le Wadi Fira à 34 % dans celle de N’Djaména et 35 % dans la région Mayo Kebbi Ouest. Chez les hommes, cette proportion varie de 90 % dans le Wadi Fira à 8 % dans la Tandjilé. Les données de ces tableaux montrent en outre qu’il y a une relation positive entre le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage. En effet, les proportions de femmes et d’hommes sans instruction diminuent des ménages du quintile le plus bas au plus élevé, variant respectivement de 68 % à 38 % et de 34 % à 19 %. Tendance Par rapport à l’EDST-II de 2004, on constate une nette amélioration du niveau d’instruction des femmes et des hommes de 15-49 ans : 75 % des femmes n’avaient aucun niveau d’instruction en 2004 contre 62 % en 2015 ; chez les hommes, cette proportion est passée de 47 % à 36 %. 3.3 ALPHABÉTISATION Étant donné qu’une proportion relativement importante de la population n’a aucun niveau d’instruction et que dans 18 % des cas pour les femmes et 20 % pour les hommes, le cycle primaire n’a pas été achevé, il est utile d’évaluer la capacité à lire de la population afin de mesurer son degré d’accessibilité à l’information. Pour obtenir les informations sur le niveau d’alphabétisation des enquêtés, mises à part les questions posées sur la dernière classe achevée et le niveau d’instruction atteint par les enquêtés, on a demandé à ceux qui n’avaient aucun niveau d’instruction et à ceux qui avaient déclaré avoir atteint le niveau primaire, de lire une phrase rédigée dans une des langues officielles, nationales ou locales. Cinq modalités ont été retenues : « peut lire une phrase entière », « peut lire une partie de la phrase », « ne peut pas lire », « pas de cartes dans la langue de l’enquêté », « aveugle/malvoyant ». Les femmes et les hommes ayant atteint le niveau secondaire ou plus ont été considérés d’office comme étant alphabétisés. Les Tableaux 3.3.1 et 3.3.2 présentent les résultats sur le degré d’alphabétisation de la population tchadienne. Globalement les résultats montrent que seulement un peu plus d’un homme de 15-49 ans sur deux est alphabétisé (54 %). Chez les femmes, ce pourcentage est beaucoup plus faible (22 %). Le pourcentage d’hommes alphabétisés est donc deux fois et demie plus élevé que celui des femmes (54 % contre 22 %). Les résultats selon les autres variables retenues mettent en évidence des disparités importantes selon le milieu de résidence : la proportion de femmes et d’hommes alphabétisés est nettement plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain (respectivement 14 % contre 47 % et 44 % contre 78 %). En fonction de la région, les disparités sont très importantes, la proportion de femmes alphabétisées variant de 2 % dans la région du Lac à 59 % à N’Djaména. Chez les hommes, on constate que si à N’Djaména (78 %), dans le Mayo Kebbi Ouest et Est (77 % dans les deux cas), plus des trois quarts des hommes sont alphabétisés, cette proportion n’est que de 15 % dans le Wadi Fira et de 13 % dans le Lac. Par ailleurs, les résultats font apparaître des variations avec le niveau de bien-être socio-économique. En effet, du quintile le plus bas au plus élevé, les proportions de femmes et d’hommes alphabétisés augmentent nettement, passant respectivement de 11 % à 51 % et de 43 % à 79 %. 40 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.3.1 Alphabétisation : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation et pourcentage de femmes alphabétisées selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Secondaire ou supérieur Pas d’instruction ou niveau primaire Total Pourcen- tage alphabétisé1 Effectif de femmes Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Pas de carte dans la langue de l’enquêtée Manquant Groupe d’âges 15-24 25,2 2,6 7,6 63,8 0,7 0,2 100,0 35,3 6 992 15-19 26,8 3,8 9,6 59,0 0,6 0,2 100,0 40,2 3 934 20-24 23,0 1,0 5,0 69,9 0,9 0,2 100,0 29,0 3 059 25-29 13,2 0,9 4,2 80,3 1,0 0,4 100,0 18,3 3 250 30-34 8,0 0,8 4,7 85,2 1,2 0,3 100,0 13,4 2 566 35-39 7,0 1,2 4,1 86,1 1,4 0,3 100,0 12,3 2 060 40-44 4,2 1,4 2,7 90,0 1,1 0,5 100,0 8,3 1 504 45-49 2,7 1,8 5,0 88,2 1,7 0,6 100,0 9,5 1 347 Résidence N’Djaména 48,8 2,9 6,9 40,5 0,4 0,5 100,0 58,6 1 627 Autres villes 29,7 3,4 6,6 59,6 0,5 0,2 100,0 39,7 2 581 Ensemble urbain 37,1 3,2 6,7 52,2 0,4 0,3 100,0 47,0 4 209 Rural 8,0 1,2 5,1 84,2 1,2 0,3 100,0 14,3 13 510 Région Batha 4,3 1,1 6,4 87,9 0,0 0,2 100,0 11,9 691 Borkou, Tibesti 6,0 1,5 7,1 85,1 0,0 0,3 100,0 14,5 84 Chari Baguirmi 2,2 1,4 2,3 92,2 1,3 0,7 100,0 5,8 750 Guéra 5,9 3,5 5,5 84,9 0,0 0,2 100,0 14,9 1 003 Hadjer-Lamis 1,9 0,5 2,1 94,8 0,1 0,5 100,0 4,6 1 183 Kanem 1,3 0,3 2,1 96,0 0,1 0,2 100,0 3,8 689 Lac 1,0 0,3 0,4 98,3 0,0 0,0 100,0 1,7 978 Logone Occidental 21,8 2,8 6,5 68,7 0,0 0,2 100,0 31,1 1 151 Logone Oriental 14,4 1,5 9,1 74,1 0,7 0,3 100,0 25,0 1 662 Mandoul 11,9 1,4 8,9 77,3 0,3 0,2 100,0 22,2 1 238 Mayo Kebbi Est 18,5 3,0 6,8 70,9 0,5 0,3 100,0 28,3 1 302 Mayo Kebbi Ouest 31,1 2,9 7,8 56,2 1,8 0,2 100,0 41,8 956 Moyen Chari 26,2 1,9 7,8 63,5 0,3 0,3 100,0 35,8 972 Ouaddaï 3,9 0,4 1,2 93,9 0,0 0,6 100,0 5,5 912 Salamat 2,3 1,6 4,1 91,5 0,0 0,5 100,0 8,0 349 Tandjilé 18,5 1,1 6,0 72,5 1,8 0,1 100,0 25,6 1 073 Wadi Fira 1,1 0,2 1,3 83,1 14,0 0,3 100,0 2,6 459 N’Djaména 48,8 2,9 6,9 40,5 0,4 0,5 100,0 58,6 1 627 Barh El Gazal 1,0 0,5 3,1 95,4 0,0 0,0 100,0 4,6 233 Ennedi Est , Ennedi Ouest 7,8 1,6 7,3 43,5 39,6 0,2 100,0 16,8 87 Sila 1,6 0,7 4,6 91,6 1,2 0,4 100,0 6,8 320 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 5,5 1,0 4,8 87,3 1,1 0,2 100,0 11,3 3 374 Second 7,4 1,2 4,9 85,1 1,3 0,2 100,0 13,5 3 450 Moyen 8,6 1,2 5,9 82,6 1,4 0,3 100,0 15,7 3 476 Quatrième 9,7 1,2 4,8 83,0 1,0 0,3 100,0 15,7 3 587 Le plus élevé 40,5 3,5 7,1 48,1 0,4 0,4 100,0 51,1 3 832 Ensemble 14,9 1,7 5,5 76,6 1,0 0,3 100,0 22,1 17 719 1 C’est-à-dire les femmes qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et celles qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 41 Tableau 3.3.2 Alphabétisation : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation et pourcentage d’hommes alphabétisés selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Secondaire ou supérieur Pas d’instruction ou niveau primaire Total Pourcen- tage alphabétisé1 Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Pas de carte dans la langue de l’enquêté Manquant Groupe d’âges 15-24 48,0 4,9 12,0 34,5 0,3 0,4 100,0 64,8 1 984 15-19 44,6 6,0 13,5 35,1 0,2 0,5 100,0 64,1 1 229 20-24 53,4 3,1 9,5 33,4 0,3 0,3 100,0 66,0 755 25-29 42,8 3,2 10,0 43,0 0,7 0,3 100,0 56,0 634 30-34 33,3 5,7 10,9 49,5 0,2 0,3 100,0 50,0 627 35-39 26,4 8,4 11,0 52,4 1,4 0,4 100,0 45,8 576 40-44 21,0 4,8 11,8 60,5 1,8 0,2 100,0 37,6 469 45-49 17,0 11,7 7,4 63,7 0,3 0,0 100,0 36,1 424 Résidence N’Djaména 63,7 5,1 9,0 20,5 0,5 1,2 100,0 77,8 570 Autres villes 63,1 6,2 8,0 22,2 0,3 0,2 100,0 77,3 847 Ensemble urbain 63,4 5,8 8,4 21,5 0,4 0,6 100,0 77,5 1 417 Rural 26,0 5,8 12,2 55,2 0,7 0,2 100,0 43,9 3 298 Région Batha 12,8 10,1 14,1 63,0 0,0 0,0 100,0 37,0 183 Borkou, Tibesti 22,2 4,8 11,3 58,1 3,7 0,0 100,0 38,2 15 Chari Baguirmi 8,1 7,0 9,1 75,5 0,3 0,0 100,0 24,2 186 Guéra 37,4 5,2 12,0 45,5 0,0 0,0 100,0 54,5 264 Hadjer-Lamis 16,3 2,1 8,8 71,9 1,0 0,0 100,0 27,1 294 Kanem 11,0 1,3 7,2 80,1 0,0 0,3 100,0 19,6 153 Lac 7,4 2,0 3,9 86,8 0,0 0,0 100,0 13,2 287 Logone Occidental 49,0 6,6 11,7 31,8 0,0 0,9 100,0 67,3 345 Logone Oriental 42,1 8,8 11,3 37,1 0,0 0,7 100,0 62,1 447 Mandoul 36,4 7,0 15,8 40,7 0,1 0,0 100,0 59,2 375 Mayo Kebbi Est 59,3 4,5 12,7 23,0 0,5 0,0 100,0 76,5 316 Mayo Kebbi Ouest 60,7 4,7 11,4 20,2 2,9 0,0 100,0 76,8 223 Moyen Chari 51,6 7,8 12,2 28,3 0,0 0,2 100,0 71,5 319 Ouaddaï 21,1 4,4 13,7 55,1 5,6 0,0 100,0 39,2 161 Salamat 14,6 7,5 11,6 66,2 0,0 0,0 100,0 33,8 90 Tandjilé 49,3 5,9 15,9 29,0 0,0 0,0 100,0 71,0 248 Wadi Fira 5,0 4,4 5,9 82,5 2,2 0,0 100,0 15,3 89 N’Djaména 63,7 5,1 9,0 20,5 0,5 1,2 100,0 77,8 570 Barh El Gazal 4,6 4,4 8,3 81,1 0,4 1.3 100,0 17,3 70 Ennedi Est, Ennedi Ouest 18,0 2,7 9,8 62,1 6,6 0,9 100,0 30,4 17 Sila 6,1 16,6 8,7 67,6 1,0 0,0 100,0 31,4 63 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 23,4 5,4 14,5 56,0 0,6 0,1 100,0 43,3 700 Second 28,2 7,0 13,4 50,5 0,7 0,2 100,0 48,6 917 Moyen 24,3 6,4 11,2 57,0 0,7 0,4 100,0 41,9 939 Quatrième 27,7 4,5 11,1 55,9 0,7 0,0 100,0 43,3 840 Le plus élevé 66,1 5,5 7,3 20,0 0,4 0,7 100,0 79,0 1 319 Ensemble 15-49 37,2 5,8 11,0 45,0 0,6 0,3 100,0 54,0 4 715 50-59 15,0 9,2 9,5 65,0 1,1 0,2 100,0 33,7 533 Ensemble 15-59 35,0 6,1 10,9 47,1 0,7 0,3 100,0 52,0 5 248 1 C’est-à-dire les hommes qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS Les Tableaux 3.4.1 et 3.4.2 présentent les résultats sur l’exposition des femmes et des hommes aux médias. Ces données sont particulièrement importantes pour la mise en place de programmes d’éducation, de sensibilisation et de diffusion d’informations dans tous les domaines, notamment ceux de la santé et, en particulier, de la planification familiale. Lors de l’EDS-MICS 2014-2015, on a demandé aux enquêtés si, au moins une fois par semaine, ils écoutaient la radio, regardaient la télévision et s’ils lisaient des journaux ou magazines. 42 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.4.1 Exposition aux médias : Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio, au moins, une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Lit un journal, au moins, une fois par semaine Regarde la télévision, au mois, une fois par semaine Écoute la radio, au moins, une fois par semaine Les trois médias, au moins, une fois par semaine Aucun média, au moins, une fois par semaine Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 7,8 11,6 17,6 3,4 76,8 3 934 20-24 6,4 11,8 17,2 3,4 77,8 3 059 25-29 4,6 8,2 15,6 2,2 81,6 3 250 30-34 2,7 6,3 12,4 1,0 84,6 2 566 35-39 2,6 6,4 14,3 1,5 83,3 2 060 40-44 2,1 5,0 12,3 1,2 86,4 1 504 45-49 1,6 4,3 10,4 1,0 88,4 1 347 Résidence N’Djaména 22,9 52,1 54,7 14,6 26,1 1 627 Autres villes 11,4 19,1 31,4 5,3 61,3 2 581 Ensemble urbain 15,9 31,9 40,4 8,9 47,7 4 209 Rural 1,2 1,2 7,1 0,2 91,9 13 510 Région Batha 1,9 3,4 6,7 0,8 91,5 691 Borkou, Tibesti 1,7 16,9 18,3 0,6 71,8 84 Chari Baguirmi 0,6 3,9 9,7 0,4 88,8 750 Guéra 1,4 7,0 9,8 0,9 86,5 1 003 Hadjer-Lamis 0,4 3,0 4,5 0,3 93,5 1 183 Kanem 0,6 1,6 6,0 0,6 93,4 689 Lac 0,0 1,0 1,2 0,0 98,4 978 Logone Occidental 8,4 10,2 26,3 3,9 69,9 1 151 Logone Oriental 2,0 2,1 10,4 0,5 88,0 1 662 Mandoul 1,7 1,8 10,7 0,5 88,2 1 238 Mayo Kebbi Est 4,8 3,8 11,7 1,3 86,3 1 302 Mayo Kebbi Ouest 6,5 4,8 15,6 1,6 81,2 956 Moyen Chari 8,9 12,5 30,6 3,1 65,0 972 Ouaddaï 0,3 2,3 4,5 0,2 94,6 912 Salamat 0,9 3,2 7,0 0,3 91,5 349 Tandjilé 3,6 2,7 12,6 0,9 86,1 1 073 Wadi Fira 0,5 0,7 0,8 0,1 98,8 459 N’Djaména 22,9 52,1 54,7 14,6 26,1 1 627 Barh El Gazal 0,0 0,4 2,4 0,0 97,4 233 Ennedi Est, Ennedi Ouest 3,5 7,6 6,4 0,9 87,0 87 Sila 0,4 0,2 2,3 0,0 97,2 320 Niveau d’instruction Aucun 0,1 3,6 6,7 0,0 91,5 11 060 Primaire 1,7 6,7 16,5 0,7 80,5 4 020 Secondaire 26,6 29,2 46,0 12,5 42,6 2 470 Supérieur 53,5 72,4 75,6 34,7 8,7 169 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,7 0,5 4,7 0,1 94,8 3 374 Second 0,9 0,8 6,4 0,0 92,7 3 450 Moyen 1,3 0,9 7,4 0,3 91,9 3 476 Quatrième 2,1 1,9 9,7 0,4 88,8 3 587 Le plus élevé 17,1 35,5 43,7 9,7 43,0 3 832 Ensemble 4,7 8,5 15,0 2,3 81,4 17 719 Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 43 Tableau 3.4.2 Exposition aux médias : Hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio, au moins, une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Lit un journal, au moins, une fois par semaine Regarde la télévision, au mois, une fois par semaine Écoute la radio, au moins, une fois par semaine Les trois médias, au moins, une fois par semaine Aucun média, au moins, une fois par semaine Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 8,4 16,0 21,2 3,8 70,0 1 229 20-24 17,0 22,4 37,6 10,3 57,2 755 25-29 14,2 15,4 34,2 8,1 62,9 634 30-34 12,3 11,6 35,4 4,5 60,4 627 35-39 10,9 12,0 35,1 6,1 61,0 576 40-44 6,6 11,3 27,5 3,3 70,0 469 45-49 9,2 10,2 33,4 4,7 64,2 424 Résidence N’Djaména 41,1 62,4 77,1 30,3 11,6 570 Autres villes 17,7 29,3 48,1 9,8 41,4 847 Ensemble urbain 27,1 42,6 59,7 18,1 29,4 1 417 Rural 4,5 2,9 18,5 0,6 79,0 3 298 Région Batha 4,0 7,3 16,1 3,0 81,6 183 Borkou, Tibesti 12,1 32,5 27,9 9,3 60,5 15 Chari Baguirmi 3,4 5,4 18,5 0,6 78,0 186 Guéra 4,8 19,9 16,9 2,7 72,8 264 Hadjer-Lamis 2,6 8,8 11,5 2,2 84,1 294 Kanem 5,0 9,4 9,6 3,4 86,2 153 Lac 1,0 4,4 4,6 0,8 93,2 287 Logone Occidental 6,9 12,8 40,5 2,9 55,2 345 Logone Oriental 3,2 2,6 26,7 0,3 71,8 447 Mandoul 5,1 1,9 26,9 0,8 71,6 375 Mayo Kebbi Est 18,8 6,0 27,4 2,2 64,0 316 Mayo Kebbi Ouest 15,4 13,5 31,4 5,1 61,1 223 Moyen Chari 16,1 17,9 56,3 8,4 40,4 319 Ouaddaï 7,2 6,4 18,6 2,4 78,5 161 Salamat 4,5 3,5 12,2 0,5 84,1 90 Tandjilé 11,2 8,0 32,1 2,5 63,7 248 Wadi Fira 3,6 3,3 7,6 1,9 91,4 89 N’Djaména 41,1 62,4 77,1 30,3 11,6 570 Barh El Gazal 0,5 5,0 10,9 0,0 85,1 70 Ennedi Est, Ennedi Ouest 4,8 9,2 27,1 2,6 68,1 17 Sila 0,5 2,5 12,4 0,3 86,8 63 Niveau d’instruction Aucun 0,5 6,0 14,6 0,3 83,6 1 708 Primaire 2,2 6,2 23,6 0,9 73,8 1 252 Secondaire 23,8 26,4 47,2 11,2 42,6 1 565 Supérieur 64,1 57,4 91,1 43,8 2,4 190 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 3,8 1,6 16,1 0,3 81,5 700 Second 3,4 1,7 17,7 0,0 80,1 917 Moyen 4,6 2,9 18,3 0,4 79,3 939 Quatrième 5,9 4,3 20,5 1,5 77,0 840 Le plus élevé 28,8 46,4 63,5 19,4 24,7 1 319 Ensemble 15-49 11,3 14,9 30,9 5,8 64,1 4 715 50-59 8,1 5,4 26,5 2,5 70,4 533 Ensemble 15-59 10,9 13,9 30,5 5,5 64,7 5 248 Près des deux tiers des hommes de 15-49 ans (64 %) et quatre femmes sur cinq (81 %) n’ont été exposés à aucun média au moins une fois par semaine. En milieu rural, parmi les femmes sans niveau d’instruction (92 %) et parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas (95 %), la quasi-totalité n’a été exposée à aucun média au moins une fois par semaine. Chez les hommes, on retrouve ces mêmes différentiels. De tous les médias, c’est la radio qui est le plus utilisé, 15 % des femmes et 31 % des hommes l’écoutent au moins une fois par semaine. 44 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, des questions relatives à l’emploi ont été posées aux hommes et aux femmes. On a considéré comme ayant un travail, les hommes et les femmes ayant déclaré avoir eu, au cours des douze mois ayant précédé l’enquête, une activité rémunérée ou non, indépendamment du secteur d’activité, en dehors du travail domestique. Les résultats sont présentés aux Tableaux 3.5.1 pour les femmes et 3.5.2 pour les hommes. 3.5.1 Emploi des femmes Parmi les femmes de 15-49 ans, environ une sur deux (51 %) avait travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Parmi ces femmes, la grande majorité travaillait au moment de l’enquête (43 %) et seulement 8 % ne travaillaient pas. On note que le pourcentage de femmes qui travaillent actuellement augmente globalement avec l’âge, passant d’un minimum de 30 % à 15-19 ans à un maximum de 55 % à 45-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que ce sont les femmes en rupture d’union (61 %) qui étaient proportionnellement les plus nombreuses à exercer une activité au moment de l’enquête contre 44 % de celles en union et 30 % des célibataires. Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la proportion de femmes actives au moment de l’enquête est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (45 % contre 36 %). Dans les régions, la proportion de femmes ayant une activité varie d’un minimum de 8 % dans le Kanem à un maximum de 65 % dans la Tandjilé et le Mandoul. Les variations selon le niveau d’instruction sont assez irrégulières mais on observe néanmoins que c’est parmi les femmes sans niveau d’instruction que la proportion de femmes actives est la plus faible (38 %) et parmi celles ayant un niveau primaire qu’elle est la plus élevée (57 %). Enfin, les résultats montrent que la proportion de femmes actives a tendance à diminuer du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 50 % à 35 %. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 45 Tableau 3.5.1 Emploi : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui travaillent ou non, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014- 2015 A travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête N’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Manquant/ Ne sait pas Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Travaille actuellement1 Ne travaille pas actuellement Groupe d’âges 15-19 29,8 5,9 64,3 0,0 100,0 3 934 20-24 38,0 7,8 54,1 0,1 100,0 3 059 25-29 43,4 8,4 48,1 0,2 100,0 3 250 30-34 50,3 9,5 40,3 0,0 100,0 2 566 35-39 49,5 9,3 41,2 0,0 100,0 2 060 40-44 53,4 8,7 37,9 0,0 100,0 1 504 45-49 55,2 9,4 35,3 0,0 100,0 1 347 État matrimonial Célibataire 29,7 4,4 66,0 0,0 100,0 2 940 En union 43,8 8,9 47,2 0,1 100,0 13 263 En rupture d’union 60,7 8,2 31,2 0,0 100,0 1 517 Nombre d’enfants vivants 0 29,5 4,8 65,7 0,0 100,0 3 790 1-2 42,9 8,8 48,3 0,1 100,0 4 229 3-4 46,0 8,9 45,0 0,1 100,0 3 919 5+ 49,7 9,2 41,1 0,0 100,0 5 781 Résidence N’Djaména 29,1 2,8 67,7 0,4 100,0 1 627 Autres villes 40,5 6,7 52,7 0,0 100,0 2 581 Ensemble urbain 36,1 5,2 58,5 0,2 100,0 4 209 Rural 45,0 9,0 46,0 0,0 100,0 13 510 Région Batha 33,7 4,0 62,3 0,0 100,0 691 Borkou, Tibesti 18,9 2,1 78,8 0,2 100,0 84 Chari Baguirmi 37,3 4,5 58,0 0,2 100,0 750 Guéra 38,2 23,0 38,7 0,1 100,0 1 003 Hadjer-Lamis 23,6 6,5 69,9 0,0 100,0 1 183 Kanem 7,5 4,2 88,2 0,1 100,0 689 Lac 16,4 3,6 80,0 0,0 100,0 978 Logone Occidental 49,1 11,8 39,1 0,0 100,0 1 151 Logone Oriental 53,2 13,7 33,1 0,0 100,0 1 662 Mandoul 65,4 9,5 25,0 0,0 100,0 1 238 Mayo Kebbi Est 59,6 5,3 35,1 0,0 100,0 1 302 Mayo Kebbi Ouest 64,4 6,5 29,0 0,1 100,0 956 Moyen Chari 53,9 9,7 36,3 0,0 100,0 972 Ouaddaï 41,9 8,7 49,3 0,0 100,0 912 Salamat 50,5 9,7 39,8 0,0 100,0 349 Tandjilé 64,8 7,2 28,0 0,0 100,0 1 073 Wadi Fira 22,7 8,3 69,0 0,0 100,0 459 N’Djaména 29,1 2,8 67,7 0,4 100,0 1 627 Barh El Gazal 12,1 2,7 85,2 0,0 100,0 233 Ennedi Est, Ennedi Ouest 18,8 1,7 79,5 0,0 100,0 87 Sila 45,9 3,0 51,1 0,0 100,0 320 Niveau d’instruction Aucun 37,7 8,2 54,0 0,1 100,0 11 060 Primaire 56,9 9,6 33,4 0,0 100,0 4 020 Secondaire 43,4 5,2 51,3 0,1 100,0 2 470 Supérieur 45,9 4,5 49,6 0,0 100,0 169 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 49,8 11,1 39,1 0,0 100,0 3 374 Second 49,0 10,3 40,7 0,1 100,0 3 450 Moyen 42,5 8,9 48,6 0,0 100,0 3 476 Quatrième 39,1 6,2 54,7 0,0 100,0 3 587 Le plus élevé 35,3 4,6 59,9 0,2 100,0 3 832 Ensemble 42,9 8,1 48,9 0,1 100,0 17 719 1 « Travaille actuellement » concerne les femmes qui ont travaillé au cours des sept derniers jours, y compris celles qui n’ont pas travaillé au cours des sept derniers jours mais qui ont un emploi régulier et qui étaient absentes parce qu’elles étaient en congé, malades ou en vacances ou pour d’autres raisons. 46 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés 3.5.2 Emploi des hommes Les résultats du Tableau 3.5.2 concernent les hommes de 15-49 ans qui exerçaient une activité au cours des 12 derniers mois. Parmi eux, la quasi-totalité travaillait au moment de l’enquête (74 %), soit une proportion nettement plus élevée que celle des femmes (43 %). En outre, 14 % avaient travaillé au cours des 12 derniers mois mais n’étaient pas en activité au moment de l’enquête et 13 % n’avaient pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Comme chez les femmes, le pourcentage d’hommes en activité au moment de l’enquête augmente avec l’âge, passant de 51 % à 15-19 ans à 90 % à 45-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que les hommes en union étaient proportionnellement les plus nombreux à travailler au moment de l’enquête (88 %). De même que chez les femmes, c’est en milieu rural que la proportion d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête est la plus élevée (77 % contre 67 % en milieu urbain). Dans les régions, c’est dans le Lac (44 %), le Kanem (38 %) et le Barh El Gazal (33 %) que la proportion d’hommes qui avaient une activité au moment de l’enquête est la plus faible. Partout ailleurs, les proportions dépassent 60 %. Les variations selon le niveau d’instruction sont assez irrégulières et ne traduisent pas de tendance. C’est parmi ceux ayant un niveau d’instruction primaire que le taux d’activité est le plus élevé (81 %) et parmi ceux ayant un niveau secondaire qu’il est le plus faible (67 %). Enfin, de même que chez les femmes, on constate que la proportion d’hommes actifs est plus faible dans les ménages classés dans le quintile le plus élevé que dans les autres (67 % contre au moins 70 %). Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 47 Tableau 3.5.2 Emploi : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans qui travaillent ou non, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014- 2015 A travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête N’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Manquant/ Ne sait pas Total Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Travaille actuellement1 Ne travaille pas actuellement Groupe d’âges 15-19 51,4 15,8 32,7 0,1 100,0 1 229 20-24 62,3 20,8 16,9 0,0 100,0 755 25-29 83,1 11,4 5,6 0,0 100,0 634 30-34 89,1 9,8 1,1 0,0 100,0 627 35-39 87,1 11,6 1,2 0,1 100,0 576 40-44 86,8 12,5 0,6 0,0 100,0 469 45-49 89,9 8,7 1,4 0,0 100,0 424 État matrimonial Célibataire 53,9 17,3 28,7 0,1 100,0 1 915 En union 87,6 11,3 1,0 0,0 100,0 2 678 En rupture d’union 81,0 10,0 9,1 0,0 100,0 122 Nombre d’enfants vivants 0 56,6 16,6 26,7 0,1 100,0 2 085 1-2 84,6 12,5 2,9 0,0 100,0 718 3-4 88,1 10,9 1,0 0,0 100,0 644 5+ 88,6 11,1 0,3 0,0 100,0 1 268 Résidence N’Djaména 66,3 6,5 27,1 0,1 100,0 570 Autres villes 67,7 12,3 19,8 0,2 100,0 847 Ensemble urbain 67,2 10,0 22,7 0,2 100,0 1 417 Rural 76,6 15,3 8,1 0,0 100,0 3 298 Région Batha 60,0 23,5 16,6 0,0 100,0 183 Borkou, Tibesti 77,3 7,9 14,8 0,0 100,0 15 Chari Baguirmi 92,8 3,9 3,4 0,0 100,0 186 Guéra 63,7 26,7 9,7 0,0 100,0 264 Hadjer-Lamis 72,0 17,5 10,5 0,0 100,0 294 Kanem 38,0 45,2 16,7 0,0 100,0 153 Lac 43,8 45,5 10,7 0,0 100,0 287 Logone Occidental 71,1 15,1 13,8 0,0 100,0 345 Logone Oriental 86,6 10,2 3,1 0,0 100,0 447 Mandoul 90,1 1,7 8,2 0,0 100,0 375 Mayo Kebbi Est 78,8 11,1 10,1 0,0 100,0 316 Mayo Kebbi Ouest 80,9 6,4 12,7 0,0 100,0 223 Moyen Chari 74,4 5,8 19,8 0,0 100,0 319 Ouaddaï 87,1 2,6 9,2 1,0 100,0 161 Salamat 91,7 3,2 5,1 0,0 100,0 90 Tandjilé 82,5 11,4 6,1 0,0 100,0 248 Wadi Fira 92,8 2,5 4,7 0,0 100,0 89 N’Djaména 66,3 6,5 27,1 0,1 100,0 570 Barh El Gazal 33,1 34,0 32,9 0,0 100,0 70 Ennedi Est, Ennedi Ouest 79,6 3,4 17,0 0,0 100,0 17 Sila 93,7 2,9 3,4 0,0 100,0 63 Niveau d’instruction Aucun 74,3 18,3 7,4 0,0 100,0 1 708 Primaire 81,2 9,3 9,4 0,1 100,0 1 252 Secondaire 66,8 13,0 20,1 0,0 100,0 1 565 Supérieur 77,9 6,9 15,3 0,0 100,0 190 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 81,1 10,4 8,5 0,0 100,0 700 Second 81,9 11,7 6,4 0,0 100,0 917 Moyen 69,6 20,8 9,6 0,0 100,0 939 Quatrième 74,2 16,8 9,1 0,0 100,0 840 Le plus élevé 66,9 9,9 23,1 0,2 100,0 1 319 Ensemble 15-49 73,8 13,7 12,5 0,0 100,0 4 715 50-59 83,2 13,6 3,0 0,2 100,0 533 Ensemble 15-59 74,7 13,7 11,5 0,1 100,0 5 248 1 « Travaille actuellement » concerne les hommes qui ont travaillé au cours des sept derniers jours, y compris ceux qui n’ont pas travaillé au cours des sept derniers jours mais qui ont un emploi régulier et qui étaient absents parce qu’ils étaient en congé, malades ou en vacances ou pour d’autres raisons. 48 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés 3.5.3 Occupation des femmes Le Tableau 3.6.1 présente la proportion de femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois précédant l’enquête, par type d’occupation, en fonction de certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate qu’environ sept femmes sur dix occupaient un emploi dans le secteur non agricole (68 %), en majorité dans les ventes et services (62 %). Près de trois sur dix travaillaient dans l’agriculture (29 %). Tableau 3.6.1 Occupation : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Cadre/ technicienne / direction Employée Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employée de maison Agriculture Manquant Total Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 0,1 0,0 59,4 2,3 0,0 1,8 27,8 8,6 100,0 1 404 20-24 0,9 0,1 63,8 2,1 0,0 1,7 29,4 1,9 100,0 1 402 25-29 1,3 0,7 62,4 2,9 0,0 2,0 29,2 1,5 100,0 1 682 30-34 1,6 1,0 63,9 1,2 0,0 1,4 29,0 1,8 100,0 1 533 35-39 3,3 0,3 63,2 2,1 0,0 1,7 27,2 2,2 100,0 1 212 40-44 2,2 0,4 63,3 2,6 0,2 1,7 28,9 0,7 100,0 934 45-49 1,4 0,6 59,2 2,9 0,1 1,4 32,7 1,7 100,0 871 État matrimonial Célibataire 1,3 0,9 63,0 1,5 0,0 2,0 20,2 11,2 100,0 1 000 En union 1,4 0,3 61,4 2,2 0,0 1,6 31,3 1,8 100,0 6 993 En rupture d’union 2,1 1,1 68,1 3,5 0,2 1,8 22,2 1,0 100,0 1 044 Nombre d’enfants vivants 0 1,6 0,7 60,7 1,8 0,0 2,5 23,5 9,2 100,0 1 298 1-2 1,3 0,8 64,0 2,6 0,1 1,3 27,9 2,0 100,0 2 184 3-4 1,8 0,6 63,5 2,5 0,0 1,6 28,9 1,1 100,0 2 149 5+ 1,3 0,1 61,0 2,1 0,0 1,6 31,9 1,8 100,0 3 405 Résidence N’Djaména 9,5 6,1 64,8 2,2 0,1 9,5 3,2 4,5 100,0 519 Autres villes 4,7 0,9 74,7 1,8 0,0 1,9 11,9 4,1 100,0 1 220 Ensemble urbain 6,2 2,4 71,7 1,9 0,0 4,1 9,3 4,2 100,0 1 739 Rural 0,4 0,0 60,1 2,3 0,0 1,1 33,7 2,4 100,0 7 298 Région Batha 0,7 0,4 31,5 2,5 0,0 5,0 59,3 0,5 100,0 260 Borkou, Tibesti 2,3 0,0 59,5 0,0 0,0 0,0 38,2 0,0 100,0 18 Chari Baguirmi 0,0 0,0 53,3 1,0 0,0 6,3 35,1 4,3 100,0 314 Guéra 2,6 0,0 29,7 8,2 0,0 2,1 55,1 2,2 100,0 615 Hadjer-Lamis 0,6 0,0 58,5 6,0 0,0 0,0 33,1 1,7 100,0 356 Kanem 1,0 0,0 62,0 9,8 0,0 2,6 22,4 2,2 100,0 80 Lac 0,0 0,0 39,9 38,7 0,4 1,4 7,6 12,0 100,0 195 Logone Occidental 2,4 0,9 82,3 1,4 0,0 2,0 10,8 0,2 100,0 701 Logone Oriental 1,0 0,0 80,5 0,2 0,0 0,2 18,0 0,2 100,0 1 113 Mandoul 0,5 0,0 84,0 0,0 0,0 0,3 15,2 0,1 100,0 928 Mayo Kebbi Est 0,7 0,0 55,2 0,3 0,0 0,8 36,8 6,1 100,0 845 Mayo Kebbi Ouest 0,4 0,0 72,8 0,1 0,0 1,1 18,6 7,0 100,0 678 Moyen Chari 1,7 0,3 76,0 0,3 0,3 1,2 19,4 0,9 100,0 619 Ouaddaï 0,4 0,0 22,5 0,0 0,0 0,4 76,7 0,0 100,0 462 Salamat 0,7 0,5 23,2 0,9 0,0 0,5 73,7 0,5 100,0 210 Tandjilé 0,4 0,0 77,5 0,7 0,0 0,9 13,9 6,6 100,0 772 Wadi Fira 1,4 0,0 9,2 0,0 0,0 0,0 89,3 0,0 100,0 142 N’Djaména 9,5 6,1 64,8 2,2 0,1 9,5 3,2 4,5 100,0 519 Barh El Gazal 0,0 0,0 68,4 8,4 0,0 2,0 18,9 2,3 100,0 34 Ennedi Est, Ennedi Ouest 0,3 0,0 47,9 0,0 0,0 5,9 45,2 0,7 100,0 18 Sila 1,4 0,0 23,6 0,9 0,2 1,4 70,6 1,9 100,0 157 Niveau d’instruction Aucun 0,2 0,0 53,8 3,1 0,1 1,7 39,2 1,8 100,0 5 078 Primaire 0,2 0,0 76,8 1,0 0,0 1,3 18,3 2,2 100,0 2 674 Secondaire 7,3 1,3 68,7 1,3 0,0 2,2 11,4 7,8 100,0 1 199 Supérieur 32,7 30,6 22,6 2,1 0,0 5,0 1,9 5,3 100,0 85 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,2 0,0 58,5 1,1 0,1 1,5 37,2 1,4 100,0 2 055 Second 0,2 0,0 58,0 2,2 0,0 0,9 36,4 2,3 100,0 2 044 Moyen 0,5 0,0 61,2 2,5 0,0 0,7 32,6 2,6 100,0 1 786 Quatrième 0,7 0,0 63,2 3,2 0,0 1,3 28,4 3,1 100,0 1 624 Le plus élevé 6,8 2,8 73,6 2,6 0,0 4,6 4,5 5,1 100,0 1 528 Ensemble 1,5 0,5 62,4 2,3 0,0 1,7 29,0 2,7 100,0 9 037 Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 49 C’est en milieu urbain (72 %), parmi les femmes ayant un niveau d’instruction primaire (77 %) et parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (74 %) que la proportion de celles qui travaillaient dans les ventes et services est la plus élevée. En ce qui concerne l’occupation dans l’agriculture, on constate que c’est en milieu rural (34 %), parmi les femmes sans niveau d’instruction (39 %) et parmi celles dont le ménage est classé dans les deux premiers quintiles (37 % pour le plus bas et 36 % pour le second) que ce type d’occupation est le plus fréquent. 3.5.4 Occupation des hommes Le Tableau 3.6.2 présente les résultats selon le type d’occupation des hommes de 15-49 ans. Parmi ceux qui occupaient un emploi au cours des 12 derniers mois, la majorité était occupée dans l’agriculture (61 %). En outre, 14 % des hommes en activité au cours des 12 derniers mois occupaient un emploi dans les ventes et services et 12 % occupaient un emploi manuel qualifié. Les proportions d’hommes exerçant une autre activité sont beaucoup plus faibles. C’est en milieu rural que la proportion d’hommes ayant une activité agricole est la plus élevée : 77 % contre 16 % en milieu urbain. Par contre, les proportions d’hommes exerçant un travail manuel qualifié ou travaillant dans les ventes et services sont plus élevées en milieu urbain que rural (respectivement 25 % contre 10 % et 27 % contre 6 %). Concernant le niveau d’instruction, les résultats montrent que, comme chez les femmes, la grande majorité d’hommes sans instruction travaillaient dans l’agriculture (72 %). Par contre, parmi les plus instruits, 50 % occupaient un emploi d’encadrement ou de technicien. Les résultats selon le niveau de bien-être économique montrent que la proportion d’hommes vivant dans un ménage classé dans le quintile le plus élevé travaillaient plus fréquemment dans les ventes et services (27 %) ou occupaient un emploi manuel qualifié (28 %) ou un poste d’encadrement (10 %) que dans l’agriculture, secteur qui occupait 81 % des hommes vivant dans un ménage du quintile le plus bas et 79 % de ceux vivant dans un ménage du quintile moyen. 50 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.6.2 Occupation : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Cadre/ technicien/ direction Employé Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employé de maison Agriculture Manquant Total Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 1,3 0,1 8,9 9,0 0,9 3,1 65,6 11,2 100,0 825 20-24 2,9 0,5 16,0 16,6 1,1 4,3 51,0 7,7 100,0 627 25-29 5,2 0,2 16,3 11,1 0,6 3,7 60,2 2,7 100,0 598 30-34 4,8 0,2 17,8 13,4 0,9 2,5 57,0 3,3 100,0 620 35-39 7,0 1,2 12,0 9,6 1,0 2,2 65,5 1,4 100,0 569 40-44 6,6 0,2 15,4 11,8 1,0 2,5 60,7 1,7 100,0 466 45-49 3,5 0,4 12,9 10,1 0,3 4,5 67,0 1,2 100,0 418 État matrimonial Célibataire 3,0 0,4 12,0 13,2 1,4 4,2 55,4 10,4 100,0 1 363 En union 4,8 0,4 14,8 10,5 0,5 2,6 64,4 2,1 100,0 2 650 En rupture d’union 7,1 0,0 16,3 20,7 2,0 7,0 44,9 2,0 100,0 111 Nombre d’enfants vivants 0 3,4 0,5 13,3 13,2 1,3 3,9 54,8 9,7 100,0 1 525 1-2 5,0 0,1 18,9 13,1 0,6 4,0 56,2 2,1 100,0 697 3-4 5,0 0,5 15,5 10,9 0,6 3,0 61,6 2,8 100,0 638 5+ 4,6 0,3 11,3 9,4 0,5 2,1 70,5 1,4 100,0 1 264 Résidence N’Djaména 10,8 1,8 32,9 33,0 1,7 10,9 4,8 4,1 100,0 415 Autres villes 8,9 1,0 20,5 23,4 2,2 6,3 23,6 14,2 100,0 678 Ensemble urbain 9,6 1,3 25,2 27,1 2,0 8,1 16,4 10,4 100,0 1 093 Rural 2,3 0,1 9,9 6,1 0,4 1,5 76,9 2,8 100,0 3 031 Région Batha 2,6 0,0 10,7 4,1 0,0 2,4 80,2 0,0 100,0 152 Borkou, Tibesti 5,2 2,5 44,4 6,3 0,0 0,7 38,0 2,9 100,0 13 Chari Baguirmi 1,0 0,0 10,4 5,0 1,1 0,6 77,4 4,5 100,0 179 Guéra 3,2 0,0 9,2 22,2 0,9 2,9 42,5 19,2 100,0 239 Hadjer-Lamis 2,8 0,0 18,8 10,2 0,2 2,9 64,3 0,8 100,0 263 Kanem 3,0 0,4 21,0 5,9 0,2 0,4 67,7 1,4 100,0 128 Lac 2,7 0,0 10,6 4,2 0,2 2,0 78,3 2,0 100,0 256 Logone Occidental 2,2 1,4 7,3 17,5 1,4 7,1 59,9 3,3 100,0 297 Logone Oriental 2,1 0,0 6,8 8,1 1,1 1,5 77,7 2,8 100,0 433 Mandoul 4,6 0,3 8,2 5,4 0,8 2,5 75,9 2,4 100,0 344 Mayo Kebbi Est 8,3 0,6 6,6 2,7 0,4 1,5 70,5 9,4 100,0 284 Mayo Kebbi Ouest 4,6 0,0 10,2 7,8 1,6 0,8 64,8 10,1 100,0 195 Moyen Chari 6,9 0,0 26,3 9,6 1,1 4,9 48,5 2,7 100,0 256 Ouaddaï 0,0 0,3 12,5 12,7 0,0 2,0 65,3 7,2 100,0 145 Salamat 0,5 0,5 9,8 11,3 0,0 2,2 75,1 0,6 100,0 85 Tandjilé 5,0 0,0 10,9 12,4 1,3 1,3 59,6 9,4 100,0 233 Wadi Fira 1,7 0,0 30,1 3,3 0,0 0,3 64,6 0,0 100,0 85 N’Djaména 10,8 1,8 32,9 33,0 1,7 10,9 4,8 4,1 100,0 415 Barh El Gazal 0,6 0,2 10,8 12,8 0,0 0,9 74,1 0,7 100,0 47 Ennedi Est, Ennedi Ouest 4,3 0,2 21,2 5,9 0,0 0,0 67,9 0,5 100,0 14 Sila 5,9 0,0 3,9 13,5 0,9 0,4 74,1 1,2 100,0 61 Niveau d’instruction Aucun 1,3 0,0 16,1 7,1 0,6 2,3 71,6 0,9 100,0 1 582 Primaire 1,3 0,2 9,6 12,9 0,8 3,6 69,0 2,7 100,0 1 133 Secondaire 4,8 0,2 15,0 16,1 1,0 4,1 47,3 11,4 100,0 1 249 Supérieur 49,6 6,5 15,5 13,2 1,8 2,8 4,1 6,4 100,0 161 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 1,5 0,1 5,8 6,1 1,1 1,4 81,2 2,8 100,0 641 Second 3,1 0,0 9,9 6,4 0,3 1,8 75,1 3,3 100,0 859 Moyen 2,8 0,0 9,3 4,9 0,5 1,3 78,8 2,5 100,0 849 Quatrième 2,1 0,0 13,6 8,3 0,2 2,0 70,4 3,4 100,0 764 Le plus élevé 9,9 1,5 26,7 27,7 1,9 8,2 13,7 10,4 100,0 1 012 Ensemble 15-49 4,3 0,4 14,0 11,6 0,8 3,2 60,9 4,8 100,0 4 124 50-59 4,9 0,3 9,3 5,5 0,2 1,7 76,0 2,0 100,0 516 Ensemble 15-59 4,3 0,4 13,4 10,9 0,8 3,1 62,6 4,5 100,0 4 640 Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 51 3.5.5 Type d’emploi et type de revenu des femmes Le Tableau 3.7 présente la répartition des femmes de 15-49 ans ayant travaillé au cours des 12 mois précédant l’enquête en fonction du type de rémunération, du type d’employeur et de la régularité de l’emploi, selon le secteur agricole et non-agricole. Dans l’ensemble, 24 % des femmes n’ont pas été rémunérées pour leur travail ; près de six femmes sur dix ont été rémunérées en argent seulement (58 %) et 15 % ont été payées en argent et en nature. Une très faible proportion de femmes (3 %) ont été rémunérées en nature seulement. Quand on compare les résultats entre le secteur agricole et non agricole, on constate des différences de condition de travail : la proportion de femmes travaillant dans le secteur agricole sans être rémunérée est nettement plus élevée que dans le secteur non agricole (58 % contre 8 %). En outre, dans le secteur agricole, 19 % des femmes ont été payées en argent et en nature contre 14 % quand le travail était effectué dans un secteur autre que l’agriculture. Tableau 3.7 Type d’emploi : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête en fonction du type de rémunération, du type d’employeur et de la régularité de l’emploi, selon le secteur agricole et non-agricole, Tchad 2014-2015 Caractéristique de l’emploi Travail agricole Travail non agricole Manquant Ensemble Type de revenu Argent seulement 12,8 77,9 24,6 57,5 Argent et en nature 19,3 13,5 7,0 15,0 En nature seulement 9,2 0,2 1,7 2,9 Pas rémunérée 57,9 7,5 65,3 23,7 Manquant 0,9 0,8 1,4 0,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Type d’employeur Employée par un membre de la famille 49,0 13,8 16,0 24,1 Employée par quelqu’un qui n’est pas membre de la famille 1,3 1,3 3,8 1,4 Travaille à son propre compte 49,4 84,3 78,8 74,1 Manquant 0,3 0,5 1,4 0,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Régularité de l’emploi Toute l’année 7,3 36,2 18,3 27,3 Saisonnier 87,7 14,7 53,1 37,0 Occasionnel 4,6 48,4 27,2 35,1 Manquant 0,4 0,6 1,4 0,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 2 621 6 167 249 9 037 Note : L’ensemble comprend les femmes dont l’information sur le type d’emploi est manquante et qui ne sont pas présentées séparément. En ce qui concerne le type d’employeur, on constate globalement que les trois quarts des femmes travaillaient pour leur propre compte (74 %) mais cette proportion est nettement plus élevée dans le secteur non agricole que dans le secteur agricole (84 % contre 49 %). Par contre, la proportion de femmes employées par un membre de la famille est plus élevée dans le secteur agricole que non agricole (49 % contre 14 %). Enfin, dans 37 % des cas, les femmes ont occupé un emploi saisonnier, en particulier celles ayant travaillé dans le secteur agricole (88 %). 3.6 ASSURANCE MÉDICALE Au cours de l’enquête, des questions ont été posées pour savoir si les enquêtés avaient une assurance médicale et, en cas de réponse positive, on a cherché à savoir de quel type d’assurance il s’agissait. Les résultats sont présentés aux Tableaux 3.8.1 pour les femmes et 3.8.2 pour les hommes. 52 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés La quasi-totalité des femmes et des hommes ont déclaré ne pas avoir d’assurance médicale (respectivement 99,7 % et 98,5 %) et ces proportions sont très élevées quelle que soit la caractéristique sociodémographique étudiée. On peut néanmoins relever que parmi les enquêtés ayant un niveau d’instruction supérieur (13 % chez les hommes et 11 % chez les femmes), la proportion de ceux qui bénéficient d’une assurance médicale est un peu plus élevée que dans les autres catégories de population. Tableau 3.8.1 Assurance médicale : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par type d’assurance médicale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Sécurité sociale Autre assurance fournie par l’employeur Mutuelle de santé/assurance communautaire Souscription individuelle à une assurance privée Autre Aucune Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 0,0 0,1 0,2 0,1 0,0 99,7 3 934 20-24 0,0 0,1 0,1 0,1 0,0 99,7 3 059 25-29 0,0 0,2 0,2 0,0 0,0 99,6 3 250 30-34 0,0 0,3 0,0 0,0 0,0 99,7 2 566 35-39 0,0 0,3 0,2 0,0 0,0 99,6 2 060 40-44 0,0 0,2 0,1 0,1 0,1 99,6 1 504 45-49 0,0 0,1 0,2 0,0 0,0 99,7 1 347 Résidence N’Djaména 0,1 0,9 0,7 0,4 0,2 97,8 1 627 Autres villes 0,0 0,4 0,2 0,0 0,0 99,4 2 581 Ensemble urbain 0,0 0,6 0,4 0,1 0,1 98,8 4 209 Rural 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 99,9 13 510 Niveau d’instruction Aucun 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 11 060 Primaire 0,0 0,1 0,1 0,0 0,0 99,8 4 020 Secondaire 0,1 0,5 0,5 0,2 0,0 98,8 2 470 Supérieur 0,0 7,5 2,2 0,4 1,0 88,9 169 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 3 374 Second 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 99,9 3 450 Moyen 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 99,9 3 476 Quatrième 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 99,9 3 587 Le plus élevé 0,0 0,7 0,4 0,2 0,1 98,7 3 832 Ensemble 0,0 0,2 0,1 0,0 0,0 99,7 17 719 Tableau 3.8.2 Assurance médicale : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans par type d’assurance médicale, selon certaines caractéristiques socioéconomiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Sécurité sociale Autre assurance fournie par l’employeur Mutuelle de santé/assurance communautaire Souscription individuelle à une assurance privée Autre Aucune Effectif d’hommes Résidence N’Djaména 0,7 2,1 0,8 0,7 0,5 95,4 570 Autres villes 0,2 2,3 0,5 0,1 0,3 96,6 847 Ensemble urbain 0,4 2,2 0,6 0,4 0,4 96,1 1 417 Rural 0,0 0,1 0,3 0,0 0,0 99,6 3 298 Niveau d’instruction Aucun 0,0 0,2 0,1 0,0 0,0 99,7 1 708 Primaire 0,0 0,7 0,2 0,2 0,0 98,9 1 252 Secondaire 0,0 0,9 0,6 0,1 0,2 98,3 1 565 Supérieur 2,5 5,8 2,6 1,6 1,3 86,9 190 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 700 Second 0,0 0,1 0,3 0,0 0,0 99,6 917 Moyen 0,0 0,3 0,7 0,1 0,0 98,8 939 Quatrième 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 99,9 840 Le plus élevé 0,4 2,4 0,6 0,4 0,4 95,9 1 319 Ensemble 15-49 0,1 0,8 0,4 0,1 0,1 98,5 4 715 50-59 0,0 0,8 0,1 0,0 0,2 98,9 533 Ensemble 15-59 0,1 0,8 0,4 0,1 0,1 98,6 5 248 Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 53 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE 4 ICF et INSEED utre la contraception, plusieurs facteurs jouent un rôle déterminant sur l’exposition au risque de grossesse et influencent donc le niveau de la fécondité. Parmi eux, l’âge à la première union, quand il coïncide avec l’âge aux premiers rapports sexuels, est un indicateur important du début d’exposition au risque de grossesse. En outre, d’autres facteurs tels que l’activité sexuelle, l’aménorrhée et l’abstinence post- partum influencent également le niveau de la fécondité. Ce chapitre porte sur les déterminants proches de la fécondité et il comprend cinq sections. La première porte sur l’état matrimonial au moment de l’enquête ; la deuxième présente les données sur la pratique de la polygamie ; la troisième section concerne l’âge à la première union, la quatrième l’âge aux premiers rapports sexuels, et la dernière section porte sur l’activité sexuelle récente. 4.1 ÉTAT MATRIMONIAL La situation matrimoniale d’une personne concerne l’état de cette personne par rapport au mariage. On entend par mariage la conclusion d’une union entre un homme et une femme dans les formes prévues par la coutume, la religion ou la loi. Dans le cadre de l’EDS-MICS 2014-2015, le terme union s’applique à toutes les personnes qui se sont déclarées mariées ou vivant maritalement avec un(e) partenaire et englobe aussi bien les mariages civils, religieux et coutumiers, que les unions de fait ou unions libres. Les femmes qui ne sont ni en union, ni veuves, ni séparées ou divorcées, constituent le groupe des célibataires. Les mêmes définitions s’appliquent aux hommes. O Principaux résultats • Trois quarts des femmes de 15-49 ans (75 %) et près de six hommes de 15-49 ans sur dix (57 %) vivaient en union au moment de l’enquête. • Les célibataires représentaient 17 % des femmes de 15-49 ans et 41 % des hommes de15-49 ans. • Près de deux femmes sur cinq (39 %) ont, au moins 1 coépouse. La proportion de femmes vivant en union polygame tend à diminuer avec l’augmentation du niveau d’instruction, variant de 40 % parmi celles sans niveau d’instruction à 9 % parmi celles ayant un niveau supérieur. Parmi les hommes en union, environ un quart ont 2 épouses ou plus (26 %). C’est en milieu rural (28 %), dans les régions du Salamat (45 %) et du Sila (46 %) que la polygamie est le plus couramment pratiquée. • Les femmes entrent en première union à un âge plus précoce que les hommes : l’âge médian à la première union est de 16,1 ans pour les femmes de 25-49 ans contre 22,8 ans pour les hommes du même groupe d’âges. • L’âge médian aux premiers rapports sexuels est de 16,2 ans chez les femmes de 20-49 ans et de 19,9 ans chez les hommes de 20-59 ans. 54 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse Le Tableau 4.1 présente la répartition des femmes et des hommes selon leur état matrimonial au moment de l’enquête. Les trois quarts des femmes de 15-49 ans (75 %) étaient en union au moment de l’enquête : 68 % étaient mariées et 7 % vivaient en union consensuelle. Le célibat concernait un peu moins d’une femme sur cinq (17 %). De plus, 9 % de femmes étaient en rupture d’union. Tableau 4.1 État matrimonial actuel Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par état matrimonial actuel, selon l’âge, Tchad 2014-2015 État matrimonial Total Pourcentage d’enquêtés actuellement en union Effectif d’enquêtés Groupe d’âges Célibataire Marié Vivant ensemble Divorcé Séparé Veuf FEMME 15-19 59,5 33,5 4,8 0,7 1,4 0,1 100,0 38,3 3 934 20-24 14,1 69,5 8,6 3,1 3,7 1,0 100,0 78,1 3 059 25-29 3,1 83,1 7,7 1,9 3,2 1,0 100,0 90,8 3 250 30-34 1,5 81,6 7,5 3,1 3,4 2,9 100,0 89,1 2 566 35-39 0,7 81,9 6,5 3,2 3,3 4,4 100,0 88,4 2 060 40-44 0,5 77,6 7,4 3,3 2,9 8,3 100,0 84,9 1 504 45-49 0,4 72,1 4,6 4,3 2,1 16,4 100,0 76,7 1 347 Ensemble 15-49 16,6 68,1 6,8 2,5 2,8 3,3 100,0 74,8 17 719 HOMME 15-19 96,6 2,3 0,9 0,0 0,2 0,0 100,0 3,2 1 229 20-24 68,2 23,6 5,3 1,1 1,7 0,1 100,0 28,8 755 25-29 25,0 67,2 6,0 0,3 1,4 0,0 100,0 73,3 634 30-34 5,7 84,3 5,6 1,9 2,2 0,3 100,0 89,9 627 35-39 2,3 90,9 4,0 0,8 1,5 0,5 100,0 94,9 576 40-44 0,2 90,8 4,0 1,1 3,0 1,0 100,0 94,7 469 45-49 0,8 91,9 2,6 1,9 1,6 1,2 100,0 94,5 424 Ensemble 15-49 40,6 53,1 3,7 0,8 1,4 0,3 100,0 56,8 4 715 50-59 0,2 93,7 2,3 1,4 0,6 1,8 100,0 96,0 533 Ensemble 15-59 36,5 57,2 3,6 0,9 1,3 0,5 100,0 60,8 5 248 Les proportions de femmes célibataires diminuent très rapidement avec l’âge, passant de 60 % à 15-19 ans, à 3 % à 25-29 ans et, à 35-39 ans et plus, elle est inférieure à 1 % ; Au Tchad, l’union est donc un phénomène quasi général chez les femmes. Inversement, la proportion de femmes en union augmente avec l’âge. Dans le groupe d’âges 15-19 ans, près de deux femmes sur cinq sont déjà en union (38 %) et dans le groupe d’âges 25- 29 ans, cette proportion atteint 91 %. Les proportions de femmes en rupture d’union augmentent également avec l’âge : à 20-24 ans, 7 % de femmes sont divorcées ou séparées et 1 % sont veuves ; dans le groupe d’âges 45-49 ans, c’est le veuvage, plus que le divorce ou la séparation, qui est la cause de la dissolution de l’union, 16 % sont veuves et 6 % sont divorcées ou séparées. Les résultats concernant les hommes de 15-49 ans (Tableau 4.1) montrent que la proportion d’hommes célibataires est nettement supérieure à celle des femmes (41 % contre 17 %). Les résultats par groupe d’âges montrent que les hommes entrent en union beaucoup plus tard que les femmes. En effet, à 15-19 ans, 97 % des hommes sont toujours célibataires contre 60 % des femmes et à 20-24 ans, les proportions sont respectivement de 68 % contre 14 %. Tout comme chez les femmes, mais moins rapidement, la proportion d’hommes célibataires diminue avec l’âge, et à 30 ans et plus, la quasi-totalité des hommes sont en union. Tendances Par rapport à l’enquête précédente, on constate, chez les femmes, une très légère augmentation de la proportion de célibataires, celle-ci étant passée de 14 % à 17 %. Dans le groupe d’âges 20-24 ans, 10 % des femmes étaient célibataires en 2004 contre 14 % en 2014-2015. Chez les hommes de 15-49 ans, on constate également une augmentation de la proportion de célibataires : 35 % à la précédente enquête contre 41 % à l’enquête actuelle. Dans le groupe d’âges 20-24 ans, cette proportion était de 62 % en 2004 contre 68 % en 2014- 2015. Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 55 4.2 PRATIQUE DE LA POLYGAMIE Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes si leur mari ou partenaire avait une ou d’autres épouses. Cette question a permis de distinguer les femmes qui vivaient en union monogame de celles qui vivaient en union polygame. Le Tableau 4.2.1 présente la répartition des femmes de 15-49 ans en union par nombre de coépouses et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 4.2.1 Nombre de coépouses Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union, par nombre de coépouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Nombre de coépouses Total Effectif de femmes 0 1 2+ Ne sait pas Manquant Groupe d’âges 15-19 77,9 17,2 4,1 0,5 0,2 100,0 1 505 20-24 69,5 24,4 5,2 0,8 0,1 100,0 2 388 25-29 62,4 29,4 7,3 0,5 0,3 100,0 2 951 30-34 56,9 31,4 11,0 0,7 0,1 100,0 2 287 35-39 52,3 33,2 13,9 0,5 0,2 100,0 1 821 40-44 49,4 36,2 13,6 0,4 0,4 100,0 1 277 45-49 54,4 32,0 12,5 0,8 0,3 100,0 1 033 Résidence N’Djaména 69,0 20,8 6,5 2,7 0,9 100,0 944 Autres villes 60,5 29,9 8,8 0,7 0,1 100,0 1 678 Ensemble urbain 63,6 26,6 8,0 1,4 0,4 100,0 2 622 Rural 60,6 29,4 9,4 0,4 0,1 100,0 10 640 Région Batha 65,6 29,1 3,5 1,4 0,4 100,0 519 Borkou, Tibesti 63,6 30,5 4,9 0,9 0,0 100,0 60 Chari Baguirmi 57,8 32,6 8,7 0,9 0,0 100,0 656 Guéra 57,7 34,6 7,0 0,8 0,0 100,0 807 Hadjer-Lamis 70,1 25,2 4,6 0,0 0,0 100,0 944 Kanem 70,1 26,7 2,9 0,3 0,0 100,0 522 Lac 62,1 31,6 5,1 1,0 0,2 100,0 716 Logone Occidental 68,6 23,4 7,7 0,0 0,2 100,0 801 Logone Oriental 63,9 26,9 8,9 0,1 0,1 100,0 1 247 Mandoul 54,7 27,3 16,7 1,1 0,2 100,0 973 Mayo Kebbi Est 56,0 25,5 18,5 0,1 0,0 100,0 1 055 Mayo Kebbi Ouest 55,4 27,8 16,2 0,2 0,4 100,0 690 Moyen Chari 60,8 30,8 8,0 0,3 0,1 100,0 683 Ouaddaï 50,1 41,3 8,1 0,3 0,2 100,0 703 Salamat 53,8 37,8 7,9 0,2 0,3 100,0 296 Tandjilé 63,4 26,1 10,3 0,0 0,2 100,0 801 Wadi Fira 55,6 36,9 7,1 0,2 0,2 100,0 352 N’Djaména 69,0 20,8 6,5 2,7 0,9 100,0 944 Barh El Gazal 69,1 24,1 2,9 3,7 0,2 100,0 178 Ennedi Est, Ennedi Ouest 58,5 30,0 10,9 0,4 0,2 100,0 62 Sila 51,9 39,6 8,4 0,0 0,0 100,0 255 Niveau d’instruction Aucun 59,4 30,4 9,4 0,5 0,2 100,0 9 069 Primaire 62,3 27,6 9,2 0,8 0,1 100,0 2 881 Secondaire 70,0 21,6 7,2 0,7 0,5 100,0 1 226 Supérieur 86,9 6,8 2,2 2,2 1,8 100,0 87 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 67,9 26,3 5,0 0,6 0,2 100,0 2 501 Second 65,1 27,9 6,4 0,4 0,2 100,0 2 804 Moyen 59,5 31,7 8,0 0,6 0,1 100,0 2 742 Quatrième 52,6 30,8 16,2 0,2 0,1 100,0 2 845 Le plus élevé 61,8 26,9 9,4 1,4 0,4 100,0 2 370 Ensemble 61,2 28,8 9,1 0,6 0,2 100,0 13 263 Malgré la prédominance des unions monogames, la polygamie reste une pratique assez répandue au Tchad puisqu’elle concerne près de deux femmes en union sur cinq (39 %). Parmi les femmes en union, 29 % ont une coépouse, 9 % en ont au moins deux et 1 % n’ont pas été en mesure de fournir une réponse. On relève, 56 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse en outre, que la proportion de femmes ayant, au moins, une coépouse augmente régulièrement avec l’âge, passant de 17 % à 15-19 ans à 31 % à 30-34 ans et à un maximum de 36 % à 40-44 ans. La proportion de femmes polygames varie selon le milieu et la région de résidence. Elle est un peu plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (39 % contre 35 %). Dans les régions, c’est dans le Ouaddaï, (49 %) et le Sila (48 %) où près d’une femme en union sur deux est polygame, que cette pratique est la plus répandue. À l’opposé, dans le Hadjer-Lamis et le Kanem, 70 % des femmes vivent en union monogame. Avec 27 %, N’Djaména se caractérise aussi par une faible proportion de femmes en union polygame. Par ailleurs, la proportion de femmes en union polygame diminue au fur et à mesure que le niveau d’instruction s’élève, passant d’un maximum de 40 % chez celles qui n’ont aucun niveau d’instruction à 37 % chez celles qui ont le niveau primaire et à un minimum de 9 % chez les femmes ayant le niveau supérieur. Les résultats selon l’indice de bien-être économique du ménage montrent que la proportion de femmes en union polygame augmente des ménages du quintile le plus bas au quatrième quintile, variant de 31 % à 47 %, puis diminue dans le quintile le plus élevé (36 %). Le Tableau 4.2.2 présente la répartition des hommes actuellement en union selon le nombre d’épouses. Environ un quart des hommes de 15-49 ans ont deux épouses ou plus (26 %). Cette proportion est plus élevée parmi ceux des groupes d’âges 40-44 ans et 45-49 ans (38 % dans chaque cas), en milieu rural qu’en milieu urbain (28 % contre 20 %), dans le Sila qu’à N’Djaména et dans le Barth El Gazal (46 % contre 14 % pour les deux autres régions). La pratique de la polygamie est plus fréquente parmi les hommes sans niveau d’instruction et ceux ayant un niveau primaire que parmi ceux possédant un niveau d’instruction plus élevé (respectivement 29 % et 28 % contre 21 % pour le niveau secondaire et 10 % pour le niveau supérieur). Enfin, les variations selon les quintiles de bien-être économique ne font apparaître aucun écart entre les hommes dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas et ceux dont il est classé dans le plus élevé (22 % dans chaque cas). Dans les quintiles intermédiaires, le taux de polygamie augmente du second quintile au quatrième quintile, passant de 25 % à 32 %. Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 57 Tableau 4.2.2 Nombre d’épouses Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans, actuellement en union, par nombre d’épouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Nombre d’épouses Total Effectif d’hommes 1 2+ Manquant Groupe d’âges 15-19 (100,0) (0,0) (0,0) 100,0 40 20-24 94,4 5,6 0,0 100,0 218 25-29 86,2 13,8 0,0 100,0 464 30-34 74,8 25,2 0,0 100,0 564 35-39 71,6 28,4 0,0 100,0 547 40-44 62,3 37,7 0,0 100,0 445 45-49 62,3 37,7 0,0 100,0 401 Résidence N’Djaména 85,7 14,3 0,0 100,0 241 Autres villes 76,4 23,6 0,0 100,0 337 Ensemble urbain 80,3 19,7 0,0 100,0 579 Rural 72,5 27,5 0,0 100,0 2 099 Région Batha 61,7 38,3 0,0 100,0 118 Borkou, Tibesti 80,8 19,2 0,0 100,0 8 Chari Baguirmi 73,8 26,2 0,0 100,0 127 Guéra 72,9 27,1 0,0 100,0 129 Hadjer-Lamis 76,5 23,5 0,0 100,0 173 Kanem 83,2 16,8 0,0 100,0 77 Lac 69,3 30,7 0,0 100,0 146 Logone Occidental 81,9 18,1 0,0 100,0 182 Logone Oriental 77,3 22,7 0,0 100,0 304 Mandoul 66,6 33,4 0,0 100,0 203 Mayo Kebbi Est 75,9 24,1 0,0 100,0 191 Mayo Kebbi Ouest 77,1 22,9 0,0 100,0 137 Moyen Chari 78,3 21,7 0,0 100,0 167 Ouaddaï 58,7 41,3 0,0 100,0 109 Salamat 55,5 44,5 0,0 100,0 64 Tandjilé 77,6 22,4 0,0 100,0 158 Wadi Fira 57,1 42,9 0,0 100,0 59 N’Djaména 85,7 14,3 0,0 100,0 241 Barh El Gazal 86,1 13,9 0,0 100,0 30 Ennedi Est, Ennedi Ouest 75,6 24,4 0,0 100,0 7 Sila 54,5 45,5 0,0 100,0 46 Niveau d’instruction Aucun 71,2 28,8 0,0 100,0 1 172 Primaire 72,3 27,7 0,0 100,0 760 Secondaire 79,0 21,0 0,0 100,0 636 Supérieur 90,2 9,8 0,0 100,0 110 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 78,0 22,0 0,0 100,0 467 Second 75,4 24,6 0,0 100,0 636 Moyen 70,8 29,2 0,0 100,0 552 Quatrième 68,1 31,9 0,0 100,0 500 Le plus élevé 78,5 21,5 0,0 100,0 525 Ensemble 15-49 74,1 25,9 0,0 100,0 2 678 50-59 60,7 39,3 0,0 100,0 512 Ensemble 15-59 72,0 28,0 0,0 100,0 3 190 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Tendance Par rapport à l’enquête précédente réalisée en 2004, on ne note aucun changement important, la proportion de femmes polygames n’ayant pas varié entre les deux enquêtes (39 %). Chez les hommes, la proportion d’hommes ayant deux épouses ou plus a légèrement augmenté, passant de 23 % en 2004 à 26 % en 2014-2015. 58 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse 4.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION Quand les premiers rapports sexuels ont lieu dans le cadre de l’union, l’âge à la première union constitue un indicateur important d’exposition au risque de grossesse. Au cours de l’enquête, on a donc demandé aux femmes et aux hommes à quel âge ils avaient commencé à vivre pour la première fois avec un/une partenaire. Le Tableau 4.3 présente les proportions de femmes et d’hommes déjà entrés en union à différents âges exacts ainsi que les âges médians à la première union en fonction de l’âge actuel. Tableau 4.3 Âge à la première union Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans par âge exact à la première union et âge médian à la première union selon l’âge actuel, Tchad 2014-2015 Pourcentage en première union avant d’atteindre l’âge exact : Pourcentage de célibataires Effectif d’enquêtés Âge médian à la première union Âge actuel 15 18 20 22 25 FEMME Groupe d’âges 15-19 16,4 na na na na 59,5 3 934 a 20-24 29,7 66,9 79,7 na na 14,1 3 059 16,4 25-29 31,4 70,3 82,6 91,4 95,7 3,1 3 250 16,1 30-34 30,8 72,5 85,5 92,2 96,1 1,5 2 566 15,9 35-39 26,9 66,3 80,3 89,3 94,5 0,7 2 060 16,4 40-44 27,9 67,8 79,5 88,2 93,2 0,5 1 504 16,2 45-49 28,7 69,2 80,8 88,2 93,2 0,4 1 347 16,0 20-49 29,6 69,0 81,6 na na 4,3 13 785 16,2 25-49 29,6 69,5 82,2 90,3 94,9 1,5 10 727 16,1 HOMME Groupe d’âges 15-19 0,0 na na na na 96,6 1 229 a 20-24 0,0 8,0 20,6 na na 68,2 755 a 25-29 0,0 13,9 27,3 43,2 64,3 25,0 634 22,8 30-34 0,0 16,8 31,0 48,9 73,5 5,7 627 22,1 35-39 0,0 10,7 22,8 44,7 63,5 2,3 576 22,8 40-44 0,0 11,6 23,5 36,2 61,9 0,2 469 23,6 45-49 0,0 16,5 26,5 41,8 62,4 0,8 424 23,3 20-49 0,0 12,6 25,2 na na 20,9 3 487 a 25-49 0,0 13,9 26,4 43,4 65,6 7,8 2 731 22,8 20-59 0,0 11,8 24,1 na na 18,1 4 019 a 25-59 0,0 12,7 24,9 41,1 63,0 6,5 3 264 23,2 Note : L’âge à la première union est défini comme étant l’âge auquel l’enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier époux/épouse/partenaire. na = Non applicable pour cause de troncature. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur partenaire avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Au Tchad, l’âge d’entrée en première union des femmes est précoce. En effet, trois femmes âgées de 25-49 ans au moment de l’enquête sur dix étaient déjà en union avant d’atteindre 15 ans exacts (30 %) (Tableau 4.3). Ce pourcentage est de 70 % avant d’atteindre 18 ans exacts et de 82 % avant d’atteindre 20 ans exacts. L’âge médian d’entrée en première union des femmes de 25-49 ans à l’enquête est estimé à 16,1 ans. Cet âge médian n’a pratiquement subi aucune modification des générations anciennes aux plus récentes : de 16,0 ans parmi les femmes de 45-49 ans à 16,4 ans parmi celles de 20-24 ans. On note cependant une diminution des unions très précoces, la proportion de femmes qui étaient en première union à 15 ans exacts étant passée de 29 % parmi celles de 45-49 ans à 16 % parmi celles de 15-19 ans. Les données du Tableau 4.3 montrent que les hommes entrent en première union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes : seulement 14 % des hommes âgés de 25-49 ans à l’enquête étaient en union avant 18 ans exacts et 26 % avant d’atteindre 20 ans exacts contre respectivement 70 % et 82 % chez les femmes. L’âge médian d’entrée en première union des hommes de 25-49 ans à l’enquête est estimé à 22,8 ans. Les Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 59 hommes entrent donc en première union 6,7 ans plus tard que les femmes. En outre, comme chez les femmes, on ne note pratiquement aucune modification de cet âge dans les générations. Tendance La comparaison des résultats avec ceux des enquêtes précédentes ne met en évidence aucun changement important dans le calendrier de la primo- nuptialité chez les femmes entre 1996-1997, 2004 et 2014-2015. Tout au plus, peut-on signaler une très légère augmentation, l’âge médian à la première union étant passé de 15,8 ans à 15,9 ans et à 16,1 ans. Le Tableau 4.4 présente les âges médians à la première union des femmes et des hommes en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Chez les femmes, on constate que seul le niveau d’instruction influence de manière importante cet indicateur puisqu’il varie de 15,9 ans parmi les femmes sans niveau d’instruction à 18,6 ans parmi celles ayant un niveau d’instruction secondaire. On peut relever également un écart entre les milieux de résidence. L’âge médian auquel les femmes contractent une première union étant de 16,0 ans en milieu rural et de 16,7 ans en milieu urbain. C’est à N’Djaména qu’il est le plus tardif (17,5 ans). Selon la région, on constate que l’âge médian d’entrée en première union varie d’un maximum de 17,8 ans dans l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest et 17,6 ans dans le Borkou et le Tibesti à un minimum de 15,3 ans dans le Salamat. En outre, les femmes des ménages du quintile le plus élevé entrent en union un peu plus tardivement que les autres : 16,8 ans contre 15,9 ans dans les ménages du quatrième quintile. Les résultats concernant les hommes ne font pas apparaître des écarts aussi importants que ceux constatés chez les femmes. En effet, les variations en fonction du niveau d’instruction et du niveau de bien-être économique sont assez irrégulières et peu importantes. Seuls les résultats par région montrent des variations : c’est dans le Mandoul que l’âge à la première union est le plus précoce (21,0 ans) et dans le Barth El Gazal qu’il est le plus tardif (24,7 ans). Tableau 4.4 Âge médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques Âge médian à la première union des femmes de 20-49 ans et de 25- 49 ans et, des hommes de 25-59 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Âge des femmes Âge des hommes 25-59 20-49 25-49 Résidence N’Djaména 17,5 17,0 a Autres villes 16,4 16,2 24,5 Ensemble urbain 16,7 16,4 a Rural 16,0 16,0 22,6 Région Batha 16,2 16,3 22,6 Borkou, Tibesti 17,6 17,5 a Chari Baguirmi 15,6 15,6 21,8 Guéra 15,4 15,4 22,5 Hadjer-Lamis 15,6 15,8 23,7 Kanem 16,0 16,2 a Lac 15,5 15,5 24,3 Logone Occidental 16,8 16,8 23,3 Logone Oriental 16,4 16,4 21,4 Mandoul 16,2 16,2 21,0 Mayo Kebbi Est 15,8 15,8 23,1 Mayo Kebbi Ouest 17,2 17,2 22,6 Moyen Chari 17,0 16,9 22,6 Ouaddaï 16,3 16,1 22,5 Salamat 15,3 15,3 23,2 Tandjilé 16,2 16,1 21,8 Wadi Fira 17,1 17,0 24,5 N’Djaména 17,5 17,0 a Barh El Gazal 16,5 16,5 24,7 Ennedi Est, Ennedi Ouest 17,8 17,8 a Sila 15,7 15,6 23,0 Niveau d’instruction Aucun 15,9 15,9 23,6 Primaire 16,3 16,4 21,5 Secondaire 18,6 18,4 23,8 Supérieur a 23,4 a Quintiles de bien-être économique Le plus bas 16,1 16,1 22,3 Second 16,1 16,2 22,5 Moyen 16,0 16,0 22,8 Quatrième 15,9 15,9 22,7 Le plus élevé 16,8 16,4 a Ensemble 16,2 16,1 23,2 Note : L’âge à la première union est défini comme étant l’âge auquel l’enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier conjoint/partenaire. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur conjoint/partenaire avant d’atteindre le début du groupe d’âges. 60 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse 4.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS En tant que déterminant de la fécondité, l’âge aux premiers rapports sexuels est tout aussi important que l’âge à la première union, les rapports sexuels n’ayant pas forcément lieu dans le cadre exclusif de l’union. Pour cette raison, on a demandé aux personnes enquêtées l’âge qu’elles avaient lors de leurs premiers rapports sexuels. Au Tableau 4.5 figurent les proportions de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts et l’âge médian aux premiers rapports sexuels selon l’âge actuel. Tableau 4.5 Âge aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans ayant eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts, pourcentage n’ayant jamais eu de rapports sexuels et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l’âge actuel, Tchad 2014-2015 Pourcentage ayant déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge exact de : Pourcentage n’ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Âge médian aux premiers rapports sexuels Âge actuel 15 18 20 22 25 FEMME Groupe d’âges 15-19 17,8 na na na na 51,8 3 934 a 20-24 28,5 65,9 78,6 na na 7,9 3 059 16,5 25-29 29,9 67,7 78,6 84,8 88,0 1,5 3 250 16,2 30-34 28,9 68,9 79,7 84,5 87,0 0,6 2 566 16,0 35-39 27,4 64,0 76,3 82,7 86,3 0,3 2 060 16,5 40-44 26,9 65,5 75,1 82,5 86,1 0,1 1 504 16,2 45-49 26,9 67,6 76,3 83,0 86,7 0,0 1 347 16,0 20-49 28,4 66,7 77,9 na na 2,3 13 785 16,3 25-49 28,4 67,0 77,6 83,8 87,0 0,7 10 727 16,2 15-24 22,4 na na na na 32,6 6 992 a HOMME Groupe d’âges 15-19 3,3 na na na na 76,9 1 229 a 20-24 4,4 37,1 60,9 na na 23,5 755 19,0 25-29 2,3 34,7 56,8 71,3 84,4 6,4 634 19,4 30-34 1,4 30,3 51,8 72,9 85,4 0,7 627 19,8 35-39 1,2 29,1 51,7 70,3 81,3 0,6 576 19,8 40-44 1,0 21,8 43,2 60,7 78,1 0,0 469 20,5 45-49 1,2 25,3 47,3 65,8 79,7 0,0 424 20,2 20-49 2,1 30,6 53,0 na na 6,5 3 487 19,7 25-49 1,5 28,8 50,8 68,8 82,2 1,8 2 731 19,9 20-59 1,9 28,9 50,8 na na 5,6 4 019 19,9 25-59 1,3 27,0 48,5 66,9 80,4 1,5 3 264 20,1 na = Non applicable pour cause de troncature. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Parmi les femmes âgées de 25-49 ans à l’enquête, 28 % avaient déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans exacts, 67 % avant d’atteindre 18 ans exacts et à 25 ans exacts, près de neuf femmes sur dix avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels. Pour les femmes âgées de 25-49 ans, l’âge médian aux premiers rapports sexuels est estimé à 16,2 ans. Cet âge est pratiquement identique à celui de l’âge d’entrée en première union (16,1 ans). Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus jeunes, on n’observe pas de modifications importantes de l’âge aux premiers rapports sexuels : l’âge médian étant estimé à 16,0 ans parmi les femmes des générations les plus anciennes (âgées de 45-49 ans à l’enquête) contre 16,5 ans parmi celles âgées de 20-24 ans à l’enquête. En ce qui concerne les hommes, on constate que l’âge aux premiers rapports sexuels est plus tardif que chez les femmes : parmi ceux de 25-49 ans au moment de l’enquête, on constate que seulement 2 % contre 28 % Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 61 chez les femmes avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans exacts. Avant d’atteindre 20 ans exacts, la proportion est de 51 % contre 78 % chez les femmes. L’âge médian aux premiers rapports sexuels des hommes âgés de 25-49 ans à l’enquête est estimé à 19,9 ans. À la différence des femmes, cet âge médian aux premiers rapports sexuels est antérieur de 2,9 ans à celui de l’âge à la première union. Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus jeunes, on note une tendance au rajeunissement de cet âge aux premiers rapports sexuels, celui-ci étant passé de 20,2 ans parmi ceux de 45-49 ans à l’enquête à 19,0 ans parmi ceux de 20-24 ans à l’enquête. Tendance La comparaison des résultats de l’EDS-MICS 2014-2015 avec ceux des précédentes enquêtes ne fait pas apparaitre de modification importante de cet âge : tout au plus, peut-on mentionner que chez les femmes, entre 2004 et 2014-2015, il a légèrement vieilli, variant de 15,7 ans à 16,2 ans. On note la même tendance chez les hommes puisque en 2004, la moitié des hommes de 25-49 ans avaient eu leurs premiers rapports sexuels à 18,8 ans contre 19,9 ans à l’enquête actuelle. Le Tableau 4.6 présente l’âge médian des femmes et des hommes aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques. C’est à N’Djaména (17,0 ans), et parmi les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire et supérieur (respectivement 18,2 ans et 19,7 ans) que l’âge médian aux premiers rapports sexuels est le plus tardif. À l’opposé, avec 15,4 ans, c’est dans la région du Guéra que l’âge médian aux premiers rapports sexuels est le plus précoce. En ce qui concerne les hommes de 25-59 ans, on constate que c’est en milieu rural (20,2 ans), parmi ceux sans niveau d’instruction (21,3 ans) et parmi ceux dont le ménage est classé dans le quintile moyen (20,6 ans) ou dans le quatrième quintile (20,5 ans) que l’âge médian aux premiers rapports sexuels est le plus tardif. Dans les régions, c’est dans l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest que les hommes commencent leur vie sexuelle le plus tard (24,2 ans) et, à l’opposé, c’est dans le Logone oriental que les premiers rapports sexuels sont les plus précoces (17,7 ans). Tableau 4.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques Âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans et de 25-49 ans et des hommes de 20-59 ans et de 25-59 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Âge des femmes Âge des hommes 20-49 25-49 20-59 25-59 Résidence N’Djaména 17,2 17,0 19,5 19,8 Autres villes 16,4 16,1 19,3 19,7 Ensemble urbain 16,6 16,4 19,4 19,8 Rural 16,1 16,1 a 20,2 Région Batha 16,8 16,7 19,0 19,0 Borkou, Tibesti 17,6 17,6 a 22,4 Chari Baguirmi 15,8 15,8 a 20,4 Guéra 15,5 15,4 a 21,9 Hadjer-Lamis 15,7 15,8 a 22,6 Kanem 16,3 16,4 a 22,8 Lac 15,6 15,5 a 22,9 Logone Occidental 16,8 16,6 18,6 18,7 Logone Oriental 16,1 16,1 17,7 17,7 Mandoul 16,1 16,3 18,0 18,0 Mayo Kebbi Est 16,0 15,9 19,2 19,7 Mayo Kebbi Ouest 17,6 17,5 a 20,5 Moyen Chari 16,8 16,7 18,9 19,3 Ouaddaï 16,3 16,1 a 20,6 Salamat 15,5 15,5 a 22,5 Tandjilé 16,5 16,4 19,8 19,9 Wadi Fira 16,7 16,7 a 23,3 N’Djaména 17,2 17,0 19,5 19,8 Barh El Gazal 16,8 16,9 a 22,2 Ennedi Est, Ennedi Ouest 17,3 17,2 a 24,2 Sila 15,7 15,7 a 21,4 Niveau d’instruction Aucun 16,0 16,0 a 21,3 Primaire 16,1 16,2 18,9 19,0 Secondaire 18,1 18,2 18,6 18,9 Supérieur 19,5 19,7 19,6 19,9 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 16,2 16,2 19,5 19,7 Second 16,2 16,2 19,6 19,8 Moyen 16,2 16,2 a 20,6 Quatrième 16,0 16,0 a 20,5 Le plus élevé 16,7 16,4 19,3 19,7 Ensemble 16,3 16,2 19,9 20,1 a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre le début du groupe d’âges. 62 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse 4.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE La fréquence des rapports sexuels est un facteur déterminant de l’exposition au risque de grossesse, en particulier dans les sociétés où la prévalence de la contraception moderne reste faible, comme c’est le cas au Tchad. Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes et aux hommes quand avaient eu lieu leurs derniers rapports sexuels. Le Tableau 4.7.1 présente les résultats sur l’activité sexuelle récente des femmes de 15-49 ans. On constate que près de six femmes sur dix (59 %) ont déclaré que leurs derniers rapports sexuels avaient eu lieu au cours des quatre semaines ayant précédé l’interview. La proportion de celles ayant eu leurs derniers rapports sexuels au cours de la dernière année (non compris les quatre dernières semaines) est de 18 %. Celles ayant eu des rapports sexuels il y a plus d’une année représentent 10 %. Par ailleurs, on relève que 13 % de femmes n’avaient jamais eu de rapports sexuels. Les résultats selon l’âge montrent que c’est dans le groupe d’âges 15-19 ans que la proportion de femmes ayant déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des quatre dernières semaines est la plus faible (30 %). Cette proportion augmente ensuite avec l’âge jusqu’à 25-29 ans où elle atteint 72 % puis commence à diminuer légèrement pour concerner 60 % des femmes à 45-49 ans. Selon la région, on note que les femmes du Chari Baguirmi (73 %), du Lac (62 %) du Mayo Kebbi Est (68 %) et du Salamat (68 %) sont proportionnellement plus nombreuses à avoir eu des rapports sexuels au cours des quatre dernières semaines que les femmes des autres régions, en particulier celles de N’Djaména (48 %). Par ailleurs, la proportion de femmes sexuellement actives au cours des quatre dernières semaines diminue au fur et à mesure que le niveau d’instruction s’élève, de 65 % chez les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction à 40 % parmi celles ayant un niveau secondaire et à 51 % parmi celles ayant un niveau supérieur. Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 63 Tableau 4.7.1 Activité sexuelle récente des femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Derniers rapports sexuels : N’a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Au cours des quatre dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a un an ou plus Manquant Groupe d’âges 15-19 29,8 14,5 3,4 0,4 51,8 100,0 3 934 20-24 60,3 22,0 9,2 0,5 7,9 100,0 3 059 25-29 71,7 19,1 7,4 0,4 1,5 100,0 3 250 30-34 70,1 18,8 10,0 0,6 0,6 100,0 2 566 35-39 68,6 18,2 12,4 0,5 0,3 100,0 2 060 40-44 67,6 14,7 17,3 0,2 0,1 100,0 1 504 45-49 60,3 13,0 26,0 0,7 0,0 100,0 1 347 État matrimonial Célibataire 8,5 7,3 4,1 0,4 79,7 100,0 2 940 En union 75,6 19,0 4,9 0,5 0,1 100,0 13 263 En rupture d’union 7,4 25,2 66,9 0,5 0,0 100,0 1 517 Durée de l’union2 0-4 ans 67,8 27,2 4,3 0,5 0,3 100,0 2 274 5-9 ans 75,4 18,9 5,2 0,5 0,1 100,0 2 587 10-14 ans 78,1 17,3 4,0 0,6 0,0 100,0 2 348 15-19 ans 78,4 16,7 4,3 0,5 0,0 100,0 1 986 20-24 ans 78,7 15,3 5,6 0,4 0,0 100,0 1 304 25 ans+ 78,4 15,2 5,7 0,6 0,0 100,0 1 373 Mariée plus d’une fois 74,4 19,5 5,8 0,3 0,0 100,0 1 390 Résidence N’Djaména 48,1 18,3 11,4 1,7 20,4 100,0 1 627 Autres villes 53,2 20,3 10,9 0,2 15,4 100,0 2 581 Ensemble urbain 51,2 19,5 11,1 0,8 17,3 100,0 4 209 Rural 60,9 17,0 9,7 0,4 12,0 100,0 13 510 Région Batha 60,1 15,0 8,4 0,5 16,1 100,0 691 Borkou, Tibesti 54,4 19,6 8,0 0,9 17,1 100,0 84 Chari Baguirmi 73,2 12,7 6,9 2,0 5,3 100,0 750 Guéra 57,5 19,5 12,7 1,1 9,2 100,0 1 003 Hadjer-Lamis 65,7 15,7 5,9 0,3 12,4 100,0 1 183 Kanem 56,2 19,4 9,3 0,0 15,0 100,0 689 Lac 61,9 11,5 7,0 0,2 19,4 100,0 978 Logone Occidental 52,3 23,0 10,7 0,0 14,0 100,0 1 151 Logone Oriental 58,3 17,9 14,7 0,0 9,0 100,0 1 662 Mandoul 55,5 22,6 12,5 0,1 9,2 100,0 1 238 Mayo Kebbi Est 67,7 13,3 6,7 0,6 11,8 100,0 1 302 Mayo Kebbi Ouest 54,8 19,6 6,0 0,1 19,6 100,0 956 Moyen Chari 53,5 20,9 12,2 0,2 13,1 100,0 972 Ouaddaï 56,4 15,1 12,8 0,2 15,5 100,0 912 Salamat 68,3 14,3 10,8 0,3 6,3 100,0 349 Tandjilé 61,4 17,3 9,1 0,0 12,3 100,0 1 073 Wadi Fira 60,0 16,8 8,8 0,5 13,8 100,0 459 N’Djaména 48,1 18,3 11,4 1,7 20,4 100,0 1 627 Barh El Gazal 60,3 19,4 6,5 1,2 12,6 100,0 233 Ennedi Est, Ennedi Ouest 55,7 18,2 7,6 3,0 15,6 100,0 87 Sila 58,7 19,0 14,8 0,0 7,6 100,0 320 Niveau d’instruction Aucun 64,5 16,1 10,3 0,4 8,7 100,0 11 060 Primaire 54,0 19,8 10,3 0,5 15,4 100,0 4 020 Secondaire 40,4 20,2 8,5 0,6 30,4 100,0 2 470 Supérieur 50,7 23,2 12,2 0,8 13,1 100,0 169 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 53,5 19,7 17,0 0,3 9,5 100,0 3 374 Second 62,7 17,1 9,4 0,4 10,4 100,0 3 450 Moyen 61,5 17,5 7,3 0,3 13,5 100,0 3 476 Quatrième 64,4 14,8 6,2 0,4 14,1 100,0 3 587 Le plus élevé 51,3 18,9 10,6 0,9 18,2 100,0 3 832 Ensemble 58,6 17,6 10,0 0,5 13,3 100,0 17 719 1 Non compris les femmes qui ont eu des rapports sexuels au cours des quatre dernières semaines. 2 Non compris les femmes qui ne sont pas actuellement en union. 64 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse Le Tableau 4.7.2 présente la répartition des hommes en fonction du moment auquel ils ont eu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, 54 % des hommes de 15-49 ans ont eu leurs derniers rapports sexuels au cours des quatre dernières semaines, 15 % ont eu leurs derniers rapports sexuels au cours de l’année ayant précédé l’enquête (non compris les quatre dernières semaines) et, pour 6 % d’entre eux, les derniers rapports sexuels ont eu lieu il y a un an ou plus. Par ailleurs, 25 % des hommes n’ont jamais eu de rapports sexuels. La proportion d’hommes ayant eu des rapports sexuels récents augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 8 % chez ceux de 15-19 ans à un maximum de 86 % chez ceux de 40-44 ans. Les hommes célibataires ont été sexuellement plus actifs que les femmes au cours du mois précédant l’interview (14 % contre 9 %). Comme chez les femmes, ce sont les hommes en union (85 %) qui ont eu le plus fréquemment une activité sexuelle au cours des quatre dernières semaines. Par ailleurs, la durée du mariage ne semble pas influencer la fréquence de l’activité sexuelle ; les résultats ne montrent aucune tendance nette. La proportion d’hommes ayant eu une activité sexuelle au cours des quatre dernières semaines varie selon le milieu de résidence (60 % en milieu rural contre 42 % en milieu urbain). Cette proportion présente aussi des écarts selon les régions : c’est dans le Chari Baguirmi (69 %), le Wadi Fira (68 %) et le Salamat (66 %) qu’elle est la plus élevée. À l’opposé, c’est à N’Djaména (39 %) et dans le Bart El Gazal (38 %) qu’elle est la plus faible. Les variations selon le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique sont assez irrégulières et ne traduisent pas de tendance. Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 65 Tableau 4.7.2 Activité sexuelle récente des hommes Répartition (en %) des hommes en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Derniers rapports sexuels : N’a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Au cours des quatre dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a un an ou plus Manquant Groupe d’âges 15-19 8,0 10,1 4,9 0,1 76,9 100,0 1 229 20-24 39,4 23,9 13,0 0,3 23,5 100,0 755 25-29 67,9 19,6 6,1 0,1 6,4 100,0 634 30-34 80,5 14,8 3,3 0,8 0,7 100,0 627 35-39 85,3 10,7 3,2 0,2 0,6 100,0 576 40-44 86,2 9,5 4,0 0,4 0,0 100,0 469 45-49 79,8 15,7 4,5 0,0 0,0 100,0 424 État matrimonial Célibataire 13,9 15,9 8,9 0,2 61,1 100,0 1 915 En union 84,9 12,7 2,1 0,3 0,0 100,0 2 678 En rupture d’union 21,6 40,2 38,2 0,0 0,0 100,0 122 Durée de l’union2 0-4 ans 77,2 17,0 4,9 0,8 0,0 100,0 442 5-9 ans 83,3 14,7 2,0 0,0 0,0 100,0 452 10-14 ans 87,4 12,0 0,5 0,0 0,0 100,0 339 15-19 ans 85,8 12,8 1,4 0,1 0,0 100,0 237 20-24 ans 88,0 8,6 2,1 1,3 0,0 100,0 112 25 ans+ 78,3 17,6 4,2 0,0 0,0 100,0 81 Marié plus d’une fois 88,0 10,2 1,5 0,3 0,0 100,0 1 015 Résidence N’Djaména 39,4 24,7 13,4 0,6 21,8 100,0 570 Autres villes 44,2 19,0 9,9 0,2 26,7 100,0 847 Ensemble urbain 42,3 21,3 11,4 0,4 24,7 100,0 1 417 Rural 59,6 11,9 3,4 0,2 24,9 100,0 3 298 Région Batha 62,3 7,6 7,5 0,0 22,6 100,0 183 Borkou, Tibesti 50,0 14,5 6,2 0,0 29,4 100,0 15 Chari Baguirmi 68,6 8,1 3,8 0,6 18,8 100,0 186 Guéra 45,2 15,0 6,1 0,4 33,3 100,0 264 Hadjer-Lamis 57,9 2,9 9,0 0,5 29,7 100,0 294 Kanem 53,3 5,3 1,3 0,0 40,1 100,0 153 Lac 52,9 4,0 3,1 0,0 40,0 100,0 287 Logone Occidental 52,1 22,8 4,0 0,7 20,3 100,0 345 Logone Oriental 60,2 20,5 3,2 0,0 16,0 100,0 447 Mandoul 52,7 17,1 3,2 0,0 27,0 100,0 375 Mayo Kebbi Est 59,6 11,5 1,5 0,0 27,4 100,0 316 Mayo Kebbi Ouest 54,0 16,8 7,0 0,2 22,0 100,0 223 Moyen Chari 51,5 22,2 8,7 0,3 17,3 100,0 319 Ouaddaï 64,1 9,9 2,3 0,0 23,8 100,0 161 Salamat 66,4 10,1 8,2 0,0 15,4 100,0 90 Tandjilé 62,3 10,7 4,9 0,0 22,1 100,0 248 Wadi Fira 67,8 3,8 1,8 0,0 26,6 100,0 89 N’Djaména 39,4 24,7 13,4 0,6 21,8 100,0 570 Barh El Gazal 37,7 15,2 5,4 0,0 41,7 100,0 70 Ennedi Est, Ennedi Ouest 44,6 6,4 3,8 0,0 45,2 100,0 17 Sila 59,7 13,6 6,1 0,4 20,1 100,0 63 Niveau d’instruction Aucun 64,1 9,2 4,0 0,2 22,5 100,0 1 708 Primaire 55,0 13,2 5,2 0,2 26,3 100,0 1 252 Secondaire 42,9 21,0 7,6 0,3 28,1 100,0 1 565 Supérieur 57,9 22,8 10,5 0,1 8,6 100,0 190 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 61,3 15,3 3,6 0,0 19,8 100,0 700 Second 62,5 14,6 3,2 0,4 19,4 100,0 917 Moyen 55,2 10,3 2,9 0,2 31,4 100,0 939 Quatrième 59,0 8,7 4,0 0,1 28,2 100,0 840 Le plus élevé 41,7 21,5 11,9 0,4 24,5 100,0 1 319 Ensemble 15-49 54,4 14,7 5,8 0,2 24,8 100,0 4 715 50-59 82,5 11,1 6,2 0,3 0,0 100,0 533 Ensemble 15-59 57,3 14,4 5,8 0,2 22,3 100,0 5 248 1 Non compris les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des quatre dernières semaines. 2 Non compris les hommes qui ne sont pas actuellement en union. Fécondité • 67 FÉCONDITÉ 5 Boyalngar Mbatina estimation du niveau de la fécondité est obtenue directement à partir des informations fournies par les femmes sur l’historique de leurs naissances. Les indicateurs présentés sont calculés sur la période des trois années précédant l’enquête. Cette période de trois années a été retenue comme compromis entre trois exigences : fournir les niveaux de fécondité les plus récents possible, réduire les erreurs de sondage et réduire les effets de transferts d’année de naissance des enfants déclarés par la mère. La fécondité est mesurée par les taux de fécondité par groupe d’âges quinquennaux et par l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF). L’ISF mesure le nombre moyen d’enfants nés vivants qu’aurait une femme, en fin de période féconde, dans les conditions de fécondité actuelle. Les informations collectées durant l’enquête EDS-MICS 2014-2015 sur l’histoire génésique des femmes ont permis d’estimer les niveaux de la fécondité à l’échelle nationale, selon le milieu et la région de résidence, le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique. Toutes ces informations ont été obtenues grâce à une série de questions posées par les enquêtrices aux femmes éligibles. Au cours de ces interviews, les enquêtrices ont enregistré le nombre total d’enfants que la femme a eus, en distinguant les garçons des filles, ceux vivant avec elle de ceux vivant ailleurs, et ceux encore en vie de ceux qui sont décédés. Malgré l’organisation mise en place pour atteindre les objectifs de l’enquête, la formation et les instructions données aux agents de terrain, ainsi qu’à ceux chargés du traitement informatique des données, malgré les contrôles opérés à tous les niveaux, les données obtenues peuvent être sujettes à différents types d’erreurs, principalement à celles qui sont inhérentes aux enquêtes rétrospectives, à savoir : L’ Principaux résultats • Au Tchad, L’indice synthétique de fécondité pour les trois années ayant précédé l’enquête est estimé à 6,4 enfants. Le niveau de la fécondité est plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (6,8 contre 5,4). • Le niveau de la fécondité a peu changé depuis 1996-1997, date de la première EDS. • Le Taux Brut de Natalité (TBN) est estimé à 41 naissances pour 1 000 personnes. • Plus de 30 % des naissances se sont produites après un intervalle intergénésique court (moins de 24 mois). • L’âge médian à la première naissance des femmes âgées de 25-49 ans à l’enquête est de 18,2 ans. Cet âge médian tend à augmenter avec le niveau d’instruction de la femme (18,0 parmi les femmes sans instruction contre 19,8 parmi celles ayant un niveau secondaire et 24,9 parmi celles ayant un niveau supérieur). • Un peu plus d’un tiers des adolescentes de 15-19 ans (36 %) a déjà commencé sa vie procréative. Cette proportion a peu changé depuis 2004 où elle était estimée à 37 %. 68 • Fécondité • le sous-enregistrement des naissances, en particulier l’omission d’enfants qui vivent ailleurs, de ceux qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous-estimation des niveaux de fécondité et de mortalité ; • l’imprécision des déclarations de date de naissance et/ou d’âge, en particulier l’attraction pour des années de naissance ou pour des âges ronds, ce qui peut entraîner des sous-estimations ou des surestimations de la fécondité à certains âges et pour certaines périodes. • l’effet de sélectivité du fait que les femmes enquêtées sont celles qui sont survivantes. Si l’on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l’enquête est différente de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s’en trouveraient légèrement biaisés. • Les informations peuvent également être affectées par le mauvais classement des dates de naissance d’enfants nés depuis 2009 et transférées vers les années précédentes. Ces transferts d’années de naissance que l’on retrouve dans la plupart des enquêtes de type EDS, sont parfois effectués par les enquêtrices pour éviter de poser les questions sur la santé des enfants ayant l’âge limite d’éligibilité (nés depuis 2009 dans le cas de l’EDS-MICS 2014-2015). On constate que des transferts de naissances se sont effectivement produits1 de 2009 vers 2008, ce qui pourrait induire une légère sous-estimation de la fécondité ; cependant, les niveaux de fécondité étant calculés pour la période de trois ans avant l’enquête (2011-2014), ils ne sont pas affectés par ces déplacements. Par contre, ces transferts affectent les niveaux de fécondité par période de cinq ans avant l’enquête qui sont utilisées pour analyser les tendances. Ce chapitre est consacré à l’analyse des données sur la fécondité et présente les résultats sur le niveau et la structure de la fécondité, l’exposition au risque de grossesse, l’âge à la première naissance et la fécondité des adolescentes. 5.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Le Tableau 5.1 présente les principaux indicateurs de la fécondité actuelle selon le milieu de résidence. On constate qu’au niveau national la fécondité des femmes tchadiennes reste élevée puisque l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) est estimé à 6,4 enfants par femme. Les données mettent en évidence des différences très nettes de fécondité selon le milieu de résidence. En effet, les femmes du milieu urbain ont une fécondité nettement plus faible que celles qui vivent en milieu rural (5,4 enfants par femme contre 6,8 enfants par femme). Par rapport aux autres villes, les femmes du milieu rural auraient 1,3 enfants de plus que celles des autres villes et par rapport à N’Djaména, l’écart est de 1,6. Comme on peut voir sur le Graphique 5.1, les taux de fécondité par groupe d’âges suivent en général le schéma observé dans des pays à forte fécondité, à savoir une fécondité précoce élevée (179 ‰ à 15-19 ans) qui augmente rapidement pour atteindre le maximum à 25-29 ans (294 ‰) avant de décroitre. En outre, des différences de niveau de fécondité entre les milieux de résidence s’observent à tous les âges. Par exemple, dans le groupe d’âges 25-29 ans, le taux de fécondité du milieu rural est estimé à 301 ‰ contre 269 ‰ en milieu urbain. À N’Djaména, il s’établit à 247 ‰ contre 281 ‰ dans les Autres villes. 1 À l’annexe C, le Tableau C.4 fournit la distribution des naissances par année de naissance. Le rapport de naissances annuelles (rapport de naissances de l’année x à la demi-somme des naissances des années précédentes et suivantes, soit Nx/[(Nx-1+Nx+1)/2]), rend compte des déplacements d’années de naissance. Le rapport semble indiquer un manque de naissances en 2009 (rapport : 79 < 100) et un excédent en 2008 (rapport : 129 > 100), mais aussi en 2006 (rapport : 131 > 100). Fécondité • 69 Tableau 5.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, Indice Synthétique de Fécondité (ISF), Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) et Taux Brut de Natalité (TBN) pour la période des trois années ayant précédé l’enquête selon le milieu de résidence, Tchad 2014-2015 Résidence Ensemble Groupe d’âges N’Djaména Autres villes Ensemble urbain Rural 15-19 129 129 129 197 179 20-24 238 255 247 305 291 25-29 247 281 269 301 294 30-34 220 231 227 261 254 35-39 132 139 137 181 171 40-44 (49) 56 54 82 76 45-49 (22) 13 16 27 25 ISF (15-49) 5,2 5,5 5,4 6,8 6,4 TGFG 184 196 191 242 230 TBN 37,6 35,0 35,9 41,8 40,5 Notes : Les taux sont exprimés pour 1 000 femmes. Les taux pour le groupe d’âges 45-49 ans peuvent être légèrement biaisés pour cause de troncature. Les taux correspondent à la période 1-36 mois avant l’interview. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 125-250 cas d’années d’exposition non pondérés. ISF : Indice Synthétique de Fécondité exprimé pour une femme. TGFG : Taux Global de Fécondité Générale exprimé pour 1 000 femmes âgées de 15-44 ans. TBN : Taux Brut de Natalité exprimé pour 1 000 individus. Graphique 5.1 Fécondité par âge selon le milieu de résidence Au Tableau 5.1 figurent également le Taux Brut de Natalité (TBN) ou nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population totale, qui est estimée à 41 ‰ pour l’ensemble du pays, et le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG), c’est-à-dire le nombre moyen de naissances vivantes dans une population de femmes en âge de procréer, estimé ici à 230 ‰. Comme l’ISF, on note que ces deux indicateurs sont plus élevés en milieu rural qu’en milieu urbain. 0 50 100 150 200 250 300 350 15 20 25 30 35 40 45 Âge de la femme Urbain Rural Tchad Naissances pour mille EDS-MICS 2014-2015 70 • Fécondité Le Tableau 5.2 présente l’ISF selon certaines caractéristiques sociodémo- graphiques, le pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes et le nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans, nombre moyen qui est assimilable à la descendance finale. À l’inverse de l’ISF (qui mesure la fécondité actuelle ou récente des femmes de 15-49 ans), ce nombre moyen est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui atteignent la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste invariable, cette descendance tend à se rapprocher de l’ISF. Par contre, si l’ISF est inférieur au nombre moyen d’enfants par femme en fin de vie féconde, cela peut indiquer une tendance à la baisse de la fécondité. Au Tchad, l’ISF estimé à 6,4 enfants par femme, est inférieur à la descendance estimée à 7,6 enfants, ce qui pourrait indiquer une tendance à la baisse de la fécondité. Le Tableau 5.2 fournit également le pourcentage de femmes qui se sont déclarées enceintes au moment de l’enquête. Il faut préciser qu’il ne s’agit pas de la proportion exacte de femmes qui sont enceintes dans la mesure où les enquêtées qui sont en début de grossesse ne savent pas si elles sont enceintes et n’ont donc pas déclaré leur état. Au niveau national, on constate que, comme à l’EDST-I et à l’EDST-II, 14 % des femmes se sont déclarées enceintes au moment de l’enquête. L’ISF présente des variations importantes selon la région de résidence (Tableau 5.2), passant d’un minimum de 5,0 enfants par femme à l’Ennedi Est et à l’Ennedi Ouest, 5,2 à N’Djaména et 5,3 au Borkou et au Tibesti à un maximum de 7,6 au Logone Oriental, 7,5 au Mayo Kebbi Ouest, 7,3 au Batha et 7,1 dans la Tandjilé. Comme à l’EDST-II, on constate que c’est parmi les femmes qui ont un niveau d’instruction primaire que le nombre moyen d’enfants est le plus élevé (7,4). Avec un ISF de 6,5, les femmes sans niveau d’instruction occupent une position intermédiaire et ce sont les femmes les plus instruites, celles qui ont atteint le niveau supérieur, qui ont le nombre moyen d’enfants le plus faible (2,8). Avec un ISF de 7,4 enfants, une femme ayant un niveau d’instruction primaire a, en moyenne, 2,3 enfants de plus que celle qui a un niveau secondaire et 4,6 enfants de plus que celle qui a atteint le niveau supérieur. Tableau 5.2 Fécondité selon certaines caractéristiques Indice Synthétique de Fécondité pour les trois années ayant précédé l’enquête, pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes et nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, selon certaines caractéristiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique Indice synthétique de fécondité Pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes Nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans Résidence N’Djaména 5,2 9,4 6,5 Autres villes 5,5 10,8 7,3 Ensemble urbain 5,4 10,2 7,1 Rural 6,8 14,5 7,8 Région Batha 7,3 12,2 8,3 Borkou, Tibesti 5,3 9,6 6,4 Chari Baguirmi 6,6 16,1 7,7 Guéra 6,7 14,6 8,4 Hadjer-Lamis 6,8 14,5 8,4 Kanem 6,0 14,8 7,1 Lac 5,4 14,7 7,9 Logone Occidental 6,4 12,7 7,6 Logone Oriental 7,6 12,7 8,3 Mandoul 6,5 12,7 7,7 Mayo Kebbi Est 6,7 15,0 7,3 Mayo Kebbi Ouest 7,5 13,8 7,9 Moyen Chari 5,5 12,6 6,8 Ouaddaï 6,1 13,1 7,1 Salamat 6,5 19,7 8,0 Tandjilé 7,1 13,1 8,0 Wadi Fira 5,9 12,2 6,5 N’Djaména 5,2 9,4 6,5 Barh El Gazal 5,6 14,5 7,1 Ennedi Est, Ennedi Ouest 5,0 13,4 6,3 Sila 6,7 19,6 7,7 Niveau d’instruction Aucun 6,5 14,6 7,7 Primaire 7,4 12,9 7,8 Secondaire 5,1 9,8 5,9 Supérieur 2,8 8,0 * Quintiles de bien-être économique Le plus bas 7,0 13,2 7,5 Second 7,0 14,3 7,6 Moyen 6,8 14,3 8,1 Quatrième 6,2 15,9 7,9 Le plus élevé 5,3 10,1 7,0 Ensemble 6,4 13,5 7,6 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. l’Indice Synthétique de Fécondité correspond à la période 1-36 mois avant l’interview. Fécondité • 71 Du point de vue du niveau de bien-être économique, on constate que le nombre moyen d’enfants par femmes diminue lorsque le niveau de bien-être augmente. Ainsi, on passe d’un maximum de 7,0 enfants par femme dans les ménages du quintile le plus bas et dans ceux du second quintile à un minimum de 5,3 enfants par femme dans les ménages du quintile le plus élevé. Si pour les femmes appartenant au quintile le plus bas et au second quintile, l’ISF est proche de la descendance finale, il en va différemment pour les femmes appartenant aux trois autres quintiles. 5.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Au cours des dix dernières années, le Tchad a réalisé trois Enquêtes Démographiques et de Santé (l’EDST-I 1996-1997, l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015). L’enquête actuelle fournit donc une estimation actualisée du niveau de fécondité et la comparaison des niveaux actuels avec ceux des deux sources de données précédentes nous permet de retracer les tendances de la fécondité au Tchad (Tableau 5.3.1 et Graphique 5.2). Globalement, la comparaison des résultats des trois enquêtes montre que le niveau de la fécondité a peu changé depuis 1996-1997, l’ISF étant passé de 6,6 à 6,4. En outre, si l’on prend en compte l’hypothèse de sous- estimation avancée lors de la précédente enquête, on peut parler d’une quasi-stabilité du niveau de la fécondité au cours des dix dernières années. Graphique 5.2 Tendances de la fécondité par âge selon différentes enquêtes* 0 50 100 150 200 250 300 350 15 20 25 30 35 40 45 Âge de la femme EDST-I 1996-1997 EDST-II 2004 EDS-MICS 2014-2015 Naissance pour mille * EDST-I = Fécondité pour les cinq années avant l’enquête; EDST-II et EDS-MICS 2014-2015 = Fécondité pour les trois années avant l’enquête Tableau 5.3.1 Tendance de la fécondité par âge selon différentes enquêtes Taux de fécondité par âge selon l’âge de la mère au moment de la naissance, selon différentes sources Âge de la mère à la naissance de l’enfant EDST-I 1996- 19971 EDST-II 20042 EDS-MICS 2014-20153 15-19 194 187 179 20-24 314 295 291 25-29 313 275 294 30-34 255 263 254 35-39 168 163 171 40-44 68 73 76 45-49 13 13 25 ISF (15-49) 6,6 6,3 6,4 Note: Les taux de fécondité par groupe d’âges sont exprimés pour 1 000 femmes. 1 Fécondité pour les cinq années avant l’EDST-I. 2 Fécondité pour les trois années avant l’EDST-II. 3 Fécondité pour les trois années avant l’EDS-MICS 2014-2015 72 • Fécondité Les données collectées lors de l’EDS-MICS 2014-2015 permettent également de retracer les tendances passées de la fécondité à partir des taux de fécondité par groupes d’âges des femmes, par période quinquennale avant l’enquête (Tableau 5.3.2). Comme on l’a signalé précédemment, du fait de transferts des naissances de l’année 2009 vers 2008, les taux pour la période 0-4 ans avant l’enquête seraient légèrement sous-estimés et ceux de la période 5-9 ans avant l’enquête légèrement surestimés. Si l’on tient compte de ces transferts, la fécondité n’aurait donc que très peu varié au cours des 25 dernières années. Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge par période de cinq ans ayant précédé l’enquête, selon l’âge de la mère au moment de la naissance de l’enfant, Tchad 2014-2015 Nombre d’années ayant précédé l’enquête Groupe d’âges 0-4 5-9 10-14 15-19 15-19 197 245 254 218 20-24 316 374 368 319 25-29 309 374 366 324 30-34 270 336 342 [301] 35-39 194 251 [269] - 40-44 85 [159] - - 45-49 [24] - - - Note : Les taux de fécondité par groupe d’âges sont exprimés pour 1 000 femmes. Les taux entre crochets sont tronqués. Les taux excluent le mois de l’interview. 5.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE Lors de l’enquête, on a posé aux femmes une série de questions pour déterminer le nombre total d’enfants qu’elles avaient eus au cours de leur vie. Ces informations ont permis de calculer les parités moyennes par groupe d’âges, pour toutes les femmes et pour les seules femmes en union (Tableau 5.4). Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes Répartition (en %) de toutes les femmes de 15-49 ans et des femmes actuellement en union de 15-49 ans par nombre d’enfants nés vivants, nombre moyen d’enfants nés vivants et nombre moyen d’enfants survivants, selon le groupe d’âges des femmes, Tchad 2014-2015 Nombre d’enfants nés vivants Total Effectif de femmes Nombre moyen d’enfants nés vivants Nombre moyen d’enfants survivantsGroupe d’âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ ENSEMBLE DES FEMMES 15-19 69,9 21,8 6,9 1,1 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 3 934 0,40 0,35 20-24 18,4 20,4 27,2 20,8 9,8 2,6 0,6 0,1 0,1 0,0 0,0 100,0 3 059 1,95 1,70 25-29 4,7 6,2 12,2 21,9 21,9 17,2 9,8 4,3 1,7 0,1 0,0 100,0 3 250 3,73 3,24 30-34 2,1 1,7 4,0 8,3 13,9 17,4 20,5 14,1 12,3 4,3 1,5 100,0 2 566 5,51 4,61 35-39 1,3 1,2 3,2 5,9 7,2 11,3 15,4 15,3 15,9 12,6 10,7 100,0 2 060 6,63 5,55 40-44 1,2 1,6 2,8 2,7 6,0 7,6 10,8 13,1 17,2 12,6 24,3 100,0 1 504 7,45 6,07 45-49 0,8 1,6 1,7 2,6 5,7 6,1 10,2 13,1 15,9 11,8 30,3 100,0 1 347 7,86 6,26 Ensemble 20.2 10,1 9,8 10,2 9,5 8,5 8,4 6,7 6,6 4,1 5,8 100,0 17 719 3,91 3,27 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 29,5 49,9 17,2 2,9 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 505 0,95 0,83 20-24 6,9 20,0 31,8 25,1 11,8 3,2 0,7 0,2 0,1 0,0 0,0 100,0 2 388 2,29 2,01 25-29 1,9 5,2 11,9 22,6 23,0 18,5 10,5 4,5 1,8 0,1 0,0 100,0 2 951 3,91 3,41 30-34 0,8 1,4 3,3 7,6 13,6 17,4 21,5 15,1 13,0 4,6 1,7 100,0 2 287 5,70 4,77 35-39 0,6 0,9 2,9 4,4 6,8 11,1 15,5 16,5 16,7 13,3 11,3 100,0 1 821 6,84 5,73 40-44 0,9 1,0 2,3 2,1 6,4 6,8 10,7 13,7 17,1 13,6 25,3 100,0 1 277 7,61 6,24 45-49 0,6 1,1 0,8 1,4 4,8 5,4 10,0 12,2 16,0 12,9 34,7 100,0 1 033 8,23 6,59 Ensemble 5,4 11,0 11,6 12,1 11,6 10,3 10,1 8,2 7,8 5,0 7,0 100,0 13 263 4,69 3,94 Fécondité • 73 On observe, en premier lieu, une augmentation rapide et régulière des parités avec l’âge de la femme. Pour l’ensemble des femmes, le nombre moyen d’enfants passe de 0,4 enfant à 15-19 ans, à 2 enfants à 20-24 ans, 3,7 enfants à 25-29 ans, et atteint un maximum de 7,9 enfants à 45-49 ans, en fin de vie féconde. Par ailleurs, la répartition des femmes selon le nombre de naissance met en évidence une fécondité précoce élevée puisque 30 % des jeunes filles de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant. À 45-49 ans, en fin de vie féconde, trois femmes sur dix ont donné naissance à 10 enfants et plus. Les résultats des femmes en union diffèrent très peu de ceux concernant toutes les femmes sauf à 15-19 ans, âges auxquels une proportion importante de femmes n’est pas encore en union. En effet, à 15-19 ans, on constate que plus de sept femmes en union sur dix (71 %) ont déjà eu, au moins, un enfant contre seulement 30 % de l’ensemble des femmes. À partir de 20 ans, âge à partir duquel la majorité des femmes sont en union, les écarts tendent à s’estomper : ainsi à 20-24 ans, 93 % des femmes en union ont déjà eu, au moins, un enfant contre 82 % de l’ensemble des femmes. Ces écarts continuent à s’atténuer et à 25-29 ans, 98 % des femmes en union ont déjà eu, au moins, un enfant contre 95 % de l’ensemble des femmes. D’une manière générale, les femmes qui restent volontairement sans enfant sont relativement rares en Afrique et, en particulier au Tchad où la population reste encore très pronataliste (voir chapitre 6 : Préférences en matière de fécondité). Par conséquent, la parité zéro des femmes en union et âgées de 35-49 ans (âges auxquels l’arrivée d’un premier enfant est très peu probable) permet d’estimer le niveau de la stérilité totale ou primaire. Au Tchad, environ 2 % des femmes âgées de 35-49 ans en union n’ont jamais eu d’enfants et peuvent être considérées comme stériles. Ce niveau est proche de ceux observés lors des enquêtes précédentes (EDST-I 1996- 1997: 2,5 % et EDST-II 2004 : 2,3 %). 5.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE La durée de l’intervalle qui sépare la naissance d’un enfant de la naissance précédente a une influence sur le niveau de fécondité, mais aussi sur l’état de santé de la mère et de l’enfant. Les intervalles intergénésiques courts (inférieurs à 24 mois) sont nuisibles à la santé et à l’état nutritionnel des enfants et augmentent fortement leurs risques de décéder (voir chapitre 12 : Mortalité des enfants). Par ailleurs, les naissances trop rapprochées amoindrissent la capacité physiologique de la femme ; ce faisant, elles exposent les mères aux complications durant la grossesse et à l’accouchement (éclampsie, fausses couches) et accroissent leurs risques de mortalité maternelle. L’étude des intervalles intergénésiques revêt donc une grande importance, non seulement, dans l’analyse de la fécondité, mais aussi pour la mise en place de programmes en matière de santé de la reproduction. Le Tableau 5.5 présente la répartition des naissances, autres que de rang 1, qui ont eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, en fonction des caractéristiques sociodémographiques. On constate que 11 % des naissances ont eu lieu à moins de 18 mois de la naissance précédente et que dans 19 % des cas, les enfants sont nés entre 18 et 24 mois après leur aîné : ainsi, au total, dans 30 % des cas, l’intervalle intergénésique est inférieur à deux ans contre 26 % en 2004. Néanmoins, une importante proportion de naissances (38 %) se produisent entre 2 et 3 ans après la naissance précédente, et environ un tiers des enfants sont nés trois ans ou plus après leur ainé. La durée médiane de l’intervalle intergénésique est estimée à environ deux ans et demi (29,3 mois), c’est-à-dire légèrement plus courte qu’à l’EDST-II (30,2 mois). On remarque comme à l’EDST-II que l’intervalle intergénésique augmente avec l’âge de la femme : la médiane passe d’un minimum de 26,4 mois parmi les femmes de 15-19 ans à un maximum de 31,2 mois parmi les femmes de 40-49 ans. Parmi les jeunes femmes de 15-19 ans, 39 % ont un enfant moins de deux ans après la naissance précédente. 74 • Fécondité Tableau 5.5 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang un, ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, et nombre médian de mois depuis la naissance précédente selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Mois depuis la naissance précédente Total Effectifs de naissances autres que de premier rang Nombre médian de mois depuis la naissance précédente 7-17 18-23 24-35 36-47 48-59 60+ Groupe d’âges 15-19 16,0 23,3 42,7 15,4 2,2 0,4 100,0 376 26,4 20-29 11,1 19,8 39,4 20,2 5,9 3,6 100,0 7 653 28,7 30-39 10,8 17,6 37,9 18,8 7,7 7,2 100,0 6 218 30,0 40-49 12,1 19,5 29,0 19,4 9,7 10,3 100,0 1 538 31,2 Sexe de l’enfant précédent Masculin 11,3 18,8 37,5 19,8 6,9 5,7 100,0 8 183 29,4 Féminin 11,1 19,2 38,2 19,1 6,9 5,5 100,0 7 601 29,3 Survie de la naissance précédente Vivante 9,6 18,6 38,5 20,4 7,1 5,8 100,0 13 604 29,9 Décédée 21,0 21,5 34,0 13,6 5,4 4,5 100,0 2 181 26,2 Rang de naissance 2-3 9,5 19,4 39,5 20,1 6,0 5,5 100,0 5 379 29,5 4-6 11,3 18,4 38,0 19,3 7,0 6,0 100,0 6 210 29,4 7+ 13,2 19,3 35,5 18,9 7,8 5,3 100,0 4 196 29,0 Résidence N’Djaména 15,5 17,1 36,2 16,4 5,5 9,4 100,0 1 008 28,9 Autres villes 10,3 17,5 38,3 21,4 5,8 6,6 100,0 1 988 30,3 Ensemble urbain 12,1 17,4 37,6 19,7 5,7 7,5 100,0 2 996 29,7 Rural 11,0 19,4 37,9 19,4 7,1 5,2 100,0 12 789 29,2 Région Batha 16,3 22,8 38,7 14,5 4,4 3,3 100,0 767 26,4 Borkou, Tibesti 19,7 20,0 31,6 16,6 6,5 5,6 100,0 63 27,9 Chari Baguirmi 15,2 18,5 34,0 19,1 8,0 5,2 100,0 736 29,4 Guéra 9,4 20,8 40,8 19,6 4,1 5,3 100,0 1 026 28,7 Hadjer-Lamis 7,7 21,3 41,9 19,2 6,2 3,6 100,0 1 098 28,8 Kanem 11,6 24,5 32,0 19,1 6,8 6,0 100,0 604 28,6 Lac 6,7 24,6 38,8 17,9 7,8 4,3 100,0 731 28,2 Logone Occidental 9,1 13,3 41,2 20,7 8,4 7,3 100,0 931 31,1 Logone Oriental 11,3 21,3 32,1 19,8 8,5 7,0 100,0 1 617 29,3 Mandoul 10,3 15,1 40,0 21,4 7,3 6,0 100,0 1 199 30,4 Mayo Kebbi Est 12,0 17,1 39,4 17,3 7,2 7,0 100,0 1 201 29,6 Mayo Kebbi Ouest 7,9 16,8 42,9 21,7 7,5 3,2 100,0 890 30,3 Moyen Chari 10,7 16,7 36,7 22,4 5,9 7,5 100,0 743 30,5 Ouaddaï 15,6 17,5 37,5 18,6 7,4 3,3 100,0 861 28,1 Salamat 10,4 23,2 39,9 17,3 6,0 3,2 100,0 366 27,7 Tandjilé 6,9 17,3 36,6 25,7 7,9 5,6 100,0 950 32,3 Wadi Fira 8,8 19,1 39,4 18,8 6,9 6,9 100,0 373 30,0 N’Djaména 15,5 17,1 36,2 16,4 5,5 9,4 100,0 1 008 28,9 Barh El Gazal 12,0 22,6 32,2 21,1 8,0 4,1 100,0 202 29,5 Ennedi Est, Ennedi Ouest 10,5 20,4 38,9 18,2 6,3 5,6 100,0 61 28,8 Sila 20,6 19,6 35,4 17,0 4,6 2,8 100,0 360 27,6 Niveau d’instruction Aucun 11,4 20,3 37,0 19,0 7,0 5,3 100,0 10 781 28,9 Primaire 11,9 16,5 39,7 19,6 6,5 5,8 100,0 3 772 29,7 Secondaire 7,4 15,0 40,5 23,8 6,5 6,9 100,0 1 166 31,5 Supérieur 8,0 20,6 28,9 16,1 4,7 21,7 100,0 66 31,4 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 11,5 16,5 39,8 20,8 6,0 5,4 100,0 3 239 29,7 Second 12,3 19,0 38,4 17,2 7,6 5,5 100,0 3 415 28,9 Moyen 10,1 21,7 35,4 20,1 7,6 5,1 100,0 3 301 29,1 Quatrième 9,7 20,7 38,2 19,5 7,0 4,9 100,0 3 234 29,3 Le plus élevé 12,6 16,5 37,3 19,9 6,0 7,6 100,0 2 596 29,7 Ensemble 11,2 19,0 37,9 19,5 6,9 5,6 100,0 15 785 29,3 Note : Les naissances de rang 1 sont exclues. L’intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. Fécondité • 75 L’intervalle intergénésique médian est influencé par l’état de survie de l’enfant précédent puisque lorsque l’enfant précédent est décédé, 43 % des naissances ont eu lieu moins de deux ans après la naissance de l’enfant précédent contre 28 % quand celui-ci est toujours en vie. Le désir de remplacement de l’enfant décédé expliquerait, en partie, ce comportement. On constate des écarts de cet intervalle entre les régions, l’intervalle médian variant de 26,4 mois dans la région du Batha où 39 % des naissances se produisent moins de deux ans après la naissance précédente, à un maximum de 32,3 mois dans la Tandjilé où seulement 24 % des naissances se produisent moins de deux ans après la naissance précédente. 5.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Après la naissance d’un enfant, l’exposition au risque de grossesse dépend, entre autres facteurs, du retour de l’ovulation et de l’abstinence sexuelle ou abstinence post-partum. L’aménorrhée post-partum désigne le temps écoulé entre l’accouchement et le retour de l’ovulation, qui est estimée ici par la longueur de l’intervalle qui sépare la naissance d’un enfant et le retour des règles. Par ailleurs, sa durée peut être influencée par l’intensité, la fréquence et la durée de l’allaitement au sein. La combinaison de ces facteurs examinés successivement dans cette section, permet d’identifier les femmes non susceptibles d’être exposées au risque de grossesse et d’évaluer la durée de la non susceptibilité. Une femme est considérée comme non susceptible d’être exposée au risque de grossesse quand elle n’a pas repris les rapports sexuels depuis la dernière naissance (elle ne peut pas tomber enceinte), ou quand elle est en aménorrhée post-partum, ce qui signifie que ses risques de tomber enceinte sont minimes si elle reprend ses relations sexuelles sans couverture contraceptive. La non susceptibilité se définit comme la période pendant laquelle une femme n’est pratiquement pas soumise au risque de grossesse par suite d’aménorrhée et/ou d’abstinence post-partum. Les données du Tableau 5.6 concernent les naissances des trois dernières années dont les mères sont encore en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum et donc non susceptibles d’être exposées au risque de grossesse, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance. Cette distribution de la proportion des naissances écoulées depuis la naissance est analogue à la série des survivants (Sx) d’une table de mortalité. Figurent également dans le même tableau, les durées médiane et moyenne de l’aménorrhée, de l’abstinence et de la non susceptibilité. Près des deux tiers des femmes enquêtées (63 %) restent en aménorrhée jusqu’à 11 mois, et pour plus d’une femme sur deux (54 %), l’aménorrhée dure12-13 mois. À 18-19 mois, la proportion de femmes dont les règles n’ont pas encore repris est de 36 %, et à 24-25 mois, cette proportion s’établit à 8 % seulement. La moitié des femmes qui ont accouché ont eu leur retour de règles après 13,5 mois (durée médiane contre 13,9 mois à l’EDST-II) et, en moyenne, l’aménorrhée dure 15 mois (contre 15,5 mois à l’EDST-II). Rappelons que la durée d’aménorrhée relativement longue est fonction de la durée, de l’intensité et de la fréquence de l’allaitement qui agissent sur le retour de l’ovulation. L’abstinence post-partum est largement pratiquée au Tchad, mais seulement pour une courte période. Le Tableau 5.6 montre que si 84 % des femmes s’abstiennent de rapports sexuels pendant les deux premiers mois suivant une naissance, cette proportion diminue très rapidement : 42 % à 2-3 mois et seulement 23 % des femmes s’abstiennent encore entre 4 et 5 mois. Il faut noter que la durée médiane de l’abstinence post-partum est de 2,3 mois, et sa valeur moyenne s’établit à 5,7 mois. Ces résultats ne sont guère surprenants et s’expliquent, en partie, par le fait qu’une partie de la population se conforme aux valeurs islamiques selon lesquelles les femmes doivent s’abstenir des rapports sexuels pendant les 40 jours qui suivent l’accouchement2. Quatre mois après la naissance, plus des trois quarts des femmes (77 %) ont repris leurs rapports sexuels. La reprise des relations sexuelles a donc lieu assez rapidement après l’accouchement et, de ce fait, l’abstinence post-partum ne contribuera que de façon négligeable dans l’espacement des naissances. 2 Selon les données de l’enquête, 52 % des femmes et 51 % des hommes sont musulmans. 76 • Fécondité Tableau 5.6 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances des trois années ayant précédé l’enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance et durées médiane et moyenne, Tchad 2014-2015 Pourcentage de naissances pour lesquelles les mères sont : Effectif de naissances Nombre de mois depuis la naissance En aménorrhée En abstinence En insusceptibilité1 < 2 96,3 83,9 97,7 480 2-3 89,7 42,3 91,2 765 4-5 79,8 23,0 81,8 636 6-7 78,7 18,9 82,3 696 8-9 68,9 15,6 72,4 649 10-11 63,4 17,8 67,9 487 12-13 54,4 8,2 56,7 599 14-15 45,4 10,6 50,7 637 16-17 38,4 8,0 41,9 505 18-19 35,7 7,9 39,6 551 20-21 32,2 7,7 34,2 444 22-23 25,9 7,3 29,2 432 24-25 8,3 4,2 11,8 589 26-27 5,7 3,2 8,4 603 28-29 4,6 3,2 7,3 626 30-31 3,9 3,0 6,8 658 32-33 5,1 1,1 5,7 606 34-35 2,8 3,9 5,7 526 Ensemble 42,0 15,0 44,9 10 488 Médiane 13,5 2,3 14,6 na Moyenne 15,0 5,7 16,1 na Note : Les calculs sont basés sur le statut au moment de l’enquête. na = Non applicable 1 Y compris les naissances pour lesquelles les mères sont encore, soit en aménorrhée, soit en abstinence, (ou les deux), à la suite d’une naissance. Le même tableau fournit la proportion de naissances dont les mères sont considérées comme non susceptibles d’être exposées au risque de grossesse selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance du dernier enfant. En l’absence d’allaitement et/ou d’abstinence post-partum, la période de non susceptibilité peut varier d’un mois à plus de deux mois. Dans l’ensemble, 45 % des femmes sont en période de non susceptibilité. À 12-13 mois, cette proportion est encore de 57 %. La proportion de femmes en période de non susceptibilité, très élevée au cours des 2 premiers mois après la naissance (98 %), reste à un niveau élevé jusqu’à 6-7 mois (82 %) et ne tombe en dessous de 50 % qu’après 15 mois. La durée médiane de non susceptibilité est de 14,6 mois (contre 14,9 à l’EDST-II) et sa durée moyenne s’établit à 16,1 mois (contre 16,7 à l’EDST-II). Le Tableau 5.7 présente les durées médianes d’aménorrhée, d’abstinence post-partum et de non susceptibilité selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. La durée médiane d’aménorrhée post-partum varie légèrement en fonction de l’âge de la mère (12,7 mois chez celles de 15-29 ans contre 14,7 mois chez celles de 30-49 ans). Par contre, l’écart concernant la durée de l’abstinence postpartum entre les deux groupes de femmes est très faible (2,4 contre 2,2) et par conséquent, on ne note pas de variation très importante de la durée d’insusceptibilité post-partum selon l’âge (14,0 contre 15,5). Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la durée d’insusceptibilité est plus longue en milieu rural qu’en milieu urbain (15,8 contre 11,2). C’est à N’Djaména qu’elle est la plus courte (9,9). C’est la pratique de l’aménorrhée postpartum qui explique ces écarts puisque en milieu rural la durée médiane est de 14,5 mois contre 10,7 en milieu urbain et 8,8 à N’Djaména. Selon les régions, de fortes disparités sont observées dans les durées de l’aménorrhée et non susceptibilité. On constate en effet que les femmes du Ouaddaï et du Wadi Fira ont une durée d’aménorrhée de respectivement 19,3 mois et de 18,9 mois alors que chez les femmes de N’Djaména l’aménorrhée dure moins de 9 mois ; chez les femmes du Chari Baguirmi, du Moyen Chari et du Logone Occidental elle dure 8,8 mois. Les différentiels observés dans les durées d’aménorrhée se répercutent globalement sur les durées de la période de non susceptibilité. Sa durée médiane est ainsi plus longue au Hadjer Lamis (20,5), au Ouaddaï (19,5) et au Guéra (18,8 mois) et plus courte à N’Djaména (9,9 mois), au Chari Baguirmi (12,8 mois) et au Moyen Chari (12,2 mois). Fécondité • 77 Tableau 5.7 Durée médiane de l’aménorrhée, de l’abstinence post-partum et de l’insusceptibilité post-partum Nombre médian de mois d’aménorrhée, d’abstinence et d’insusceptibilité post- partum, à la suite d’une naissance ayant eu lieu au cours des trois années ayant précédé l’enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Aménorrhée postpartum Abstinence postpartum Insusceptibilité postpartum1 Âge de la mère 15-29 12,7 2,4 14,0 30-49 14,7 2,2 15,5 Résidence N’Djaména 8,8 (2,5) 9,9 Autres villes 11,5 2,3 11,9 Ensemble urbain 10,7 2,4 11,2 Rural 14,5 2,3 15,8 Région Batha 17,2 * 17,2 Borkou, Tibesti (13,8) * (14,3) Chari Baguirmi 11,5 (2,2) 12,8 Guéra 17,9 (2,2) 18,8 Hadjer-Lamis 15,9 * 20,5 Kanem 16,9 * 17,2 Lac (20,5) * (21,1) Logone Occidental 11,7 4,3 13,0 Logone Oriental 13,6 3,4 14,9 Mandoul 13,7 5,4 17,0 Mayo Kebbi Est 14,0 * 14,2 Mayo Kebbi Ouest 15,0 2,8 15,9 Moyen Chari 11,6 3,7 12,2 Ouaddaï 19,3 * 19,5 Salamat 13,8 (2,5) 14,9 Tandjilé 13,3 2,8 13,7 Wadi Fira 18,9 * 18,9 N’Djaména 8,8 (2,5) 9,9 Barh El Gazal 15,0 * 15,5 Ennedi Est, Ennedi Ouest 14,7 * 15,1 Sila 13,1 * 13,1 Niveau d’instruction Aucun 14,9 2,1 15,9 Primaire 13,1 3,2 14,0 Secondaire 10,2 3,1 11,5 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 16,2 2,4 18,7 Second 13,1 2,4 13,8 Moyen 15,6 2,5 16,1 Quatrième 13,6 2,0 14,9 Le plus élevé 10,2 2,4 11,0 Ensemble 13,5 2,3 14,6 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Les médianes sont basées sur le statut actuel. 1 Y compris les naissances pour lesquelles les mères sont encore, soit en aménorrhée, soit en abstinence, (ou les deux), à la suite d’une naissance. En ce qui concerne le niveau d’instruction, on constate que les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction ont une durée d’aménorrhée plus longue (14,9 mois) que celles ayant un niveau d’instruction secondaire (10,2 mois) ; de même, elles ont une durée de non susceptibilité plus longue (15,9 mois) que celles ayant un niveau d’instruction secondaire (11,5 mois). 78 • Fécondité Du point de vue du niveau de bien-être économique, on constate que les femmes qui résident dans un ménage appartenant au quintile le plus bas ont une durée d’aménorrhée plus longue (16,2 mois) que celles qui résident dans un ménage appartenant au quintile le plus élevé (10,2 mois) ; par conséquent, la durée de non susceptibilité est plus longue chez les femmes des ménages du quintile le plus bas (18,7 mois) que chez celles qui résident dans un ménage du quintile le plus élevé (11,0 mois). Le Tableau 5.8 présente le pourcentage de femmes de 30-49 ans qui sont en ménopause selon l’âge. Ce sont en effet, les femmes qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée post-partum et dont les dernières règles ont eu lieu six mois ou plus avant l’enquête. Dans l’ensemble, 14 % des femmes âgées de 30-49 ans peuvent être considérées comme en ménopause. On observe, en premier lieu, une augmentation rapide et régulière de ce pourcentage avec l’âge de la femme, celui-ci passant de 1 % à 30-34 ans, 14 % à 40-43 ans et à un maximum de 68 % à 48-49 ans, en fin de vie féconde. 5.6 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE Un âge précoce à la première naissance est associé à des risques accrus de mortalité des enfants et il peut avoir des répercussions importantes sur la santé de la mère. En outre, plus l’âge à la première naissance est précoce, plus la probabilité qu’une femme ait une descendance nombreuse est élevée. Le Tableau 5.9 présente la proportion de femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance avant d’atteindre certains âges exacts, le pourcentage de celles qui n’ont jamais eu d’enfants et l’âge médian à la première naissance selon le groupe d’âges au moment de l’enquête. Tableau 5.9 Âge à la première naissance Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance avant d’atteindre certains âges exacts, pourcentage qui n’ont jamais eu d’enfant et âge médian à la première naissance selon l’âge actuel, Tchad 2014-2015 Pourcentage ayant eu une naissance avant d’atteindre l’âge exact de : Pourcentage n’ayant jamais donné naissance Effectif de femmes Âge médian à la première naissance Âge actuel 15 18 20 22 25 Groupe d’âges 15-19 5,3 na na na na 69,9 3 934 a 20-24 14,3 50,6 69,9 na na 18,4 3 059 18,0 25-29 12,2 51,7 72,0 85,4 93,3 4,7 3 250 17,9 30-34 14,7 53,1 72,7 84,6 94,2 2,1 2 566 17,8 35-39 11,8 42,7 61,7 77,4 89,3 1,3 2 060 18,8 40-44 12,3 44,2 61,4 74,4 86,8 1,2 1 504 18,7 45-49 10,7 43,7 60,1 72,6 84,9 0,8 1 347 18,8 20-49 12,9 48,8 67,8 na na 6,0 13 785 18,1 25-49 12,5 48,2 67,2 80,5 90,8 2,4 10 727 18,2 na = Non applicable. a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Dans le groupe d’âges 20-49 ans, 13 % des femmes avaient déjà donné naissance à un enfant à l’âge de 15 ans. Cette proportion est de 49 % à l’âge de 18 ans et de 68 % à l’âge de 20 ans. On constate que le pourcentage de femmes qui ont eu une naissance à 18 ans varie peu entre 35 et 49 ans et qu’il est plus élevé dans les jeunes générations que dans les anciennes. On constate cette même tendance à l’âge de 20 ans. Il en résulte un âge médian à la première naissance de 18,8 ans, légèrement plus précoce pour les générations les plus jeunes (17,9 ans à 25-29 ans contre 18,8 ans à 35-39 ans et 45-49 ans). Compte tenu de la faiblesse des écarts et de Tableau 5.8 Ménopause Pourcentage de femmes de 30-49 ans qui sont en ménopause, selon l’âge, Tchad 2014-2015 Groupe d’âges Pourcentage en ménopause1 Effectif de femmes 30-34 0,9 2 566 35-39 3,1 2 060 40-41 14,1 964 42-43 14,4 412 44-45 38,0 647 46-47 47,2 327 48-49 68,1 501 Ensemble 13,7 7 477 1 Pourcentage de toutes les femmes qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée postpartum et dont les dernières règles ont eu lieu 6 mois ou plus avant l’enquête. Fécondité • 79 l’imprécision des déclarations d’âges, imprécisions d’autant plus importantes que l’âge de la femme avance, il est difficile d’en conclure que ces variations sont le signe d’un rajeunissement, au fil des générations, de l’âge des femmes à la naissance de leur premier enfant. Par ailleurs, la comparaison avec les enquêtes précédentes ne fait apparaître aucune modification importante de cet âge médian à la naissance. (18,3 ans à l’EDST-I et l’EDST- II et 18,1 ans à l’EDS-MICS 2014-2015). Le Tableau 5.10 présente l’âge médian à la première naissance des femmes selon certaines caractéristiques sociodémographiques et par groupes d’âges actuels au moment de l’enquête. Pour l’ensemble des femmes de 25-49 ans, l’âge médian ne présente que de très faibles variations selon le milieu de résidence et le quintile de bien-être économique. Par contre, il varie fortement au niveau régional et selon le niveau d’instruction. Au point de vue régional, avec un âge médian inférieur à 18 ans, c’est parmi les femmes des régions du Guéra (17,2 ans), Salamat (17,6 ans), Mayo Kebbi Est (17,7 ans), Chari Baguirmi et Lac (17,8 ans) et Logone oriental (17,9 ans) que l’on constate l’âge médian à la première naissance le plus précoce. Par contre dans les régions du Borkou et du Tibesti (19,9 ans), de l’Ennedi Est et de l’Ennedi Ouest et du Wadi Fira, cet âge médian est plus tardif (20,1 ans dans chaque région). Cet âge tardif à la première naissance explique, en partie, les niveaux de fécondité plus faibles observés dans ces régions. De même, la venue d’un premier enfant se produit près de deux ans plus tôt chez les femmes sans instruction et chez celles ayant un niveau d’instruction primaire (18,0) que chez celles qui ont un niveau d’instruction secondaire (19,8 ans) et, près de cinq ans plus tôt par rapport à celles qui ont un niveau d’instruction supérieur (24,9 ans). Pour l’ensemble des femmes de 20-49 ans, en revanche, l’âge médian varie fortement selon le milieu de résidence, le niveau régional et le niveau d’instruction. Selon le milieu de résidence, il est plus élevé à N’Djaména (19,2 ans) que dans les Autres villes (18,2 ans) et un peu plus élevé en milieu urbain (18,6 ans) qu’en milieu rural (18,0 ans). Au point de vue régional, les variations sont assez semblables à celles observées pour les femmes âgées de 25-49 ans à l’enquête. Il en est de même concernant les résultats selon le niveau d’instruction. Tableau 5.10 Âge médian à la première naissance Âge médian à la première naissance des femmes de 20-49 ans et 25-49 ans selon certaines caractéristiques socio-économiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique socio-économique Âge des femmes 20-49 Âge des femmes 25-49 Résidence N’Djaména 19,2 18,8 Autres villes 18,2 18,1 Ensemble urbain 18,6 18,3 Rural 18,0 18,1 Région Batha 18,0 18,2 Borkou, Tibesti 19,9 19,9 Chari Baguirmi 17,7 17,8 Guéra 17,2 17,2 Hadjer-Lamis 17,8 18,0 Kanem 18,2 18,6 Lac 17,7 17,8 Logone Occidental 18,5 18,5 Logone Oriental 17,9 17,9 Mandoul 17,9 18,0 Mayo Kebbi Est 17,7 17,7 Mayo Kebbi Ouest 18,7 18,7 Moyen Chari 18,2 18,4 Ouaddaï 18,9 19,1 Salamat 17,3 17,6 Tandjilé 17,9 18,0 Wadi Fira 20,0 20,1 N’Djaména 19,2 18,8 Barh El Gazal 18,3 18,5 Ennedi Est, Ennedi Ouest 20,0 20,1 Sila 18,4 18,6 Niveau d’instruction Aucun 17,9 18,0 Primaire 17,9 18,0 Secondaire 19,9 19,8 Supérieur a 24,9 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 18,2 18,4 Second 17,9 18,1 Moyen 17,9 18,1 Quatrième 17,9 18,0 Le plus élevé 18,6 18,3 Ensemble 18,1 18,2 a = Sans objet parce que moins de 50 % des femmes ont eu une naissance avant d’atteindre le début du groupe d’âges. 80 • Fécondité 5.7 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES Les adolescentes, c’est-à-dire les jeunes femmes âgées de 15-19 ans, constituent un groupe à risque en matière de fécondité. Pour cette raison, le niveau de leur fécondité occupe une place importante dans l’élaboration des politiques et la mise en œuvre des stratégies et des programmes de la santé de la reproduction. En outre, cette analyse revêt une grande importance pour des raisons diverses. En effet, les enfants de mères jeunes (moins de 20 ans) courent généralement un risque plus important de décéder que ceux issus de mères plus âgées. De même, les accouchements précoces augmentent le risque de décéder chez les adolescentes. Enfin, l’entrée précoce des jeunes filles dans la vie féconde réduit considérablement leurs opportunités scolaires. Le Tableau 5.11 présente la proportion d’adolescentes de 15-19 ans qui ont déjà eu une naissance vivante ou qui sont enceintes d’un premier enfant et la proportion de celles qui ont déjà commencé leur vie féconde (somme de la proportion de celles qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants et de la proportion de celles qui sont déjà enceintes d’un premier enfant) selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 5.11 Fécondité des adolescentes Pourcentage d’adolescentes de 15-19 ans qui ont déjà eu une naissance vivante ou qui sont enceintes d’un premier enfant et pourcentage qui ont déjà commencé leur vie procréative, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Pourcentage de femmes de 15-19 ans qui : Pourcentage ayant déjà commencé leur vie procréative Effectif de femmes Caractéristiques sociodémographiques Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d’un premier enfant Âge 15 6,0 2,1 8,1 967 16 16,4 8,8 25,2 761 17 27,9 6,6 34,4 679 18 48,3 7,1 55,4 1 001 19 62,1 5,2 67,3 527 Résidence N’Djaména 19,6 4,7 24,4 436 Autres villes 22,5 4,8 27,3 589 Ensemble urbain 21,3 4,8 26,1 1 024 Rural 33,1 6,2 39,4 2 909 Région Batha 27,2 2,6 29,8 145 Borkou, Tibesti 14,3 4,4 18,7 18 Chari Baguirmi 49,0 6,4 55,4 141 Guéra 43,8 4,2 48,0 187 Hadjer-Lamis 33,1 9,0 42,1 294 Kanem 21,6 7,4 29,1 166 Lac 14,0 9,6 23,6 272 Logone Occidental 28,4 5,2 33,6 260 Logone Oriental 38,0 6,6 44,6 352 Mandoul 34,8 6,7 41,4 233 Mayo Kebbi Est 38,5 5,2 43,7 296 Mayo Kebbi Ouest 24,9 4,3 29,2 253 Moyen Chari 32,8 3,9 36,8 221 Ouaddaï 25,3 2,7 27,9 147 Salamat 49,6 7,9 57,5 61 Tandjilé 31,7 6,1 37,8 252 Wadi Fira 14,4 5,7 20,1 89 N’Djaména 19,6 4,7 24,4 436 Barh El Gazal 27,5 8,7 36,2 49 Ennedi Est, Ennedi Ouest 12,5 1,8 14,3 18 Sila 41,6 4,3 45,9 45 Niveau d’instruction Aucun 34,4 7,0 41,4 1 742 Primaire 33,1 5,4 38,5 1 136 Secondaire 19,6 4,5 24,1 1 054 Supérieur * * * 1 À suivre… Fécondité • 81 Tableau 5.11—Suite Pourcentage de femmes de 15-19 ans qui : Pourcentage ayant déjà commencé leur vie procréative Effectif de femmes Caractéristiques sociodémographiques Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d’un premier enfant Quintiles de bien-être économique Le plus bas 42,1 5,1 47,2 695 Second 41,8 5,5 47,3 713 Moyen 25,1 6,1 31,2 746 Quatrième 25,2 7,9 33,1 800 Le plus élevé 20,7 4,7 25,4 980 Ensemble 30,1 5,8 35,9 3 934 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. On constate que 36 % des adolescentes ont déjà commencé leur vie féconde : 30 % d’entre elles ont eu au moins un enfant et 6 % sont enceintes du premier enfant. La proportion d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde augmente rapidement avec l’âge, passant de 8 % à 15 ans à 67 % à 19 ans, âge auquel 62 % des jeunes filles ont déjà eu, au moins, un enfant. Elle est nettement plus élevée en milieu rural (39 %) qu’en milieu urbain (26 %). Le pourcentage d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde diminue avec l’augmentation du niveau d’instruction, passant de 41 % parmi les adolescentes sans aucun niveau d’instruction à 24 % parmi celles ayant atteint le niveau secondaire. De même, cette proportion décroît considérablement en fonction du niveau de bien-être économique du ménage, passant de 47 % chez les adolescentes dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas à 25 % parmi celles vivant dans un ménage du quintile le plus élevé. Enfin, on constate de très fortes variations au niveau régional : un peu plus de la moitié des adolescentes résidant dans le Salamat (58 %) et le Chari Baguirmi (55 %) sont mères ou enceintes de leur premier enfant. Près d’une adolescente sur deux ont commencé leur vie féconde dans le Guéra (48 %), le Sila (46 %) et le Logone Oriental (45 %). En revanche, moins d’une adolescente sur cinq a commencé sa vie féconde dans les régions de l’Ennedi Est et de l’Ennedi Ouest (14 %), le Borkou et le Tibesti (19 %). La comparaison des résultats avec les enquêtes précédentes montre que la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde a légèrement diminué depuis 1996-1997, passant de 39 % à 36 %. Par contre, entre les deux dernières enquêtes, on ne note pas de changement (37 % en 2004 contre 36 % en 2014-2015) (Graphique 5.3). 82 • Fécondité Graphique 5.3 Adolescentes de 15-19 ans ayant déjà commencé leur vie féconde selon l’EDST-I, l’EDST-II et l’EDS-MICS 30 9 39 30 6 37 30 6 36 Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d'un premier enfant Ont déjà commencé leur vie féconde EDST-I 1996-1997 EDST-II 2004 EDS-MICS 2014-2015 Pourcentage Préférences en matière de fécondité • 83 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 6 ICF et INSEED es résultats présentés dans ce chapitre concernent les préférences en matière de fécondité. Au cours de l’enquête, des questions ont été posées aux femmes concernant leur désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires dans l’avenir, au délai d’attente avant d’avoir un prochain enfant et au nombre total d’enfants désirés. Rappelons que les données sur les attitudes et les opinions vis-à-vis de la procréation ont toujours été un sujet de controverse. En effet, certains chercheurs pensent que les réponses aux questions sur les préférences en matière de fécondité reflètent des points de vue éphémères. Ceux-ci sont exprimés sans beaucoup de conviction et ne tiennent pas compte de l’effet des pressions sociales ou des attitudes des autres membres de la famille, particulièrement celles du mari, qui peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de reproduction. De plus, ces données sont obtenues à partir d’un échantillon de femmes de différents âges et vivant des moments différents de leur histoire génésique. Pour les femmes en début d’union, les réponses sont liées à des objectifs à moyen ou long terme dont la stabilité et la valeur prédictive sont incertaines. Pour les femmes en fin de vie féconde, les réponses sont inévitablement influencées par leur histoire génésique. Cependant, ces résultats sont importants dans la mesure où ils permettent d’estimer les besoins non satisfaits en matière de planification familiale, d’évaluer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité et de mesurer les besoins futurs en matière de contraception, non seulement pour espacer, mais aussi pour limiter les naissances. 6.1 DÉSIR D’AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) Au cours de l’enquête, une série de questions ont été posées aux femmes et aux hommes pour évaluer leurs préférences en matière de fécondité. On leur a demandé s’ils désiraient ou non un enfant, ou un enfant supplémentaire, s’ils le voulaient rapidement ou s’ils souhaiter espacer la prochaine naissance. Les résultats sont L Principaux résultats • Un peu plus d’une femme en union sur dix (12 %) ne désire plus avoir d’enfants et environ deux sur cinq (43 %) souhaitent espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans. Globalement, 55 % des femmes en union sont des candidates potentielles à la planification familiale. Cette proportion a augmenté depuis 2004 où elle était de 46 %. • Le nombre idéal moyen d’enfants par femme (8,2) est supérieur à l’Indice Synthétique de Fécondité (6,4), ce qui traduit l’attachement à une descendance nombreuse. • Dans l’ensemble, 87 % des naissances de femmes de 15-49 ans ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête (y compris la grossesse actuelle) se sont produites au moment voulu, 11 % plus tôt que souhaité et environ 1 % étaient non désirées. • Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l’ISF serait de 6,1 au lieu de 6,4 enfants par femme. 84 • Préférences en matière de fécondité présentés au Tableau 6.1 et au Graphique 6.1 selon le nombre d’enfants vivants (y compris la grossesse actuelle) au moment de l’enquête. Un peu plus d’une femme en union sur dix (12 %) ne désire plus d’enfants tandis que près des trois quarts (74 %) en souhaiteraient davantage. Parmi les femmes qui veulent un autre enfant, la majorité (43 % des femmes en union) souhaite attendre au moins deux ans avant la prochaine naissance et 8 % voudraient un enfant, mais ne savent pas quand. Parmi les femmes qui souhaitent un enfant ou un autre enfant, un peu moins d’un quart (24 % des femmes en union) veulent un enfant rapidement, c’est-à-dire dans les deux ans. La comparaison avec les résultats de la précédente enquête de 2004 ne fait pas apparaître de changement majeur, la proportion de femmes qui ne veulent plus d’enfants ayant légèrement augmenté, variant de 8 à 12 % tandis que la proportion de celles qui souhaitent attendre au moins deux ans avant la prochaine naissance est passée de 38 % à 43 %. Tableau 6.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d’enfants vivants Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans, actuellement en union, par désir d’enfants, selon le nombre d’enfants vivants, Tchad 2014-2015 Nombre d’enfants vivants1 Ensemble 15-49 Ensemble 15-59 Désir d’enfants 0 1 2 3 4 5 6+ FEMME Veut un autre bientôt2 71,0 29,0 26,3 24,0 23,9 17,9 15,2 23,6 na Veut un autre plus tard3 5,1 54,6 56,3 54,0 47,7 43,3 28,4 42,7 na Veut un autre, NSP quand 9,9 9,6 8,6 7,9 7,5 8,1 5,3 7,5 na Indécise 3,9 2,9 3,5 5,0 5,9 9,2 10,5 6,7 na Ne veut plus d’enfant 0,5 0,8 2,4 5,4 8,4 15,6 26,6 12,0 na Stérilisé4 0,0 0,4 0,0 0,0 0,2 0,0 0,5 0,2 na S’est déclarée stérile 8,3 2,5 2,6 3,3 5,3 4,9 12,3 6,4 na Manquant 1,4 0,1 0,3 0,5 1,0 1,1 1,1 0,8 na Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 na Effectif 545 1 699 1 885 1 797 1 779 1 712 3 846 13 263 na HOMME5 Veut un autre bientôt2 82,0 35,6 35,3 28,2 28,1 32,0 30,6 33,2 32,6 Veut un autre plus tard3 2,1 55,9 52,9 60,8 56,0 51,4 45,0 49,5 45,1 Veut un autre, NSP quand 5,8 5,4 4,3 5,8 4,1 5,2 5,7 5,2 5,5 Indécise 4,1 0,6 3,7 1,7 3,7 4,9 3,5 3,2 3,7 Ne veut plus d’enfant 0,0 0,4 3,4 2,0 5,5 5,0 13,7 7,2 9,9 Stérilisé4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,3 0,0 0,0 0,0 0,1 S’est déclaré stérile 0,9 0,6 0,4 1,0 2,0 0,6 1,1 1,0 2,4 Manquant 4,9 1,6 0,0 0,7 0,4 0,9 0,5 0,8 0,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 98 308 325 306 336 270 1 035 2 678 3 190 na = Non applicable. 1 Le nombre d’enfants vivants inclut la grossesse actuelle. 2 Veut une autre naissance dans les deux ans. 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. 4 Y compris la stérilisation féminine et masculine. 5 Le nombre d’enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l’épouse de l’enquêté est enceinte (ou si une des épouses est enceinte, pour les hommes qui ont actuellement plus d’une épouse). Préférences en matière de fécondité • 85 Graphique 6.1 Désir d’enfants supplémentaires des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants Les résultats montrent, comme on pouvait s’y attendre, que la proportion de femmes qui ne veulent plus d’enfants augmente avec le nombre d’enfants vivants, de 2 % à la parité 2 à 27 % à la parité 6 ou plus. Ils montrent aussi que la majorité des femmes sans enfant veulent un enfant rapidement (71 %). Quelle que soit la parité, on constate que la quasi-totalité des femmes veulent un autre enfant mais que, dans la majorité des cas, elles le souhaitent dans un délai d’au moins deux ans (55 % à la parité 1 ou 48 % à la parité 4). Parmi les hommes de 15-49 ans en union, 7 % contre 12 % chez les femmes ne veulent plus d’enfants ; près de neuf hommes sur dix (88 %) voudraient un autre enfant et parmi ces hommes, la majorité souhaite attendre au moins deux ans avant la prochaine naissance (50 % des hommes en union). La proportion d’hommes ne désirant plus d’enfants ne varie pas de manière importante avec le nombre d’enfants vivants, sauf à la parité 6 ou plus où la proportion de ceux qui ne veulent plus d’enfants est de 14 % contre 6 % à la parité 4 ou 5 % à la parité 5. Le Tableau 6.2 fournit les proportions de femmes en union qui ne veulent plus d’enfants (y compris les femmes stérilisées) selon le nombre d’enfants vivants et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les femmes ne désirant plus d’enfants sont proportionnellement un peu plus nombreuses en milieu urbain (14 %) qu’en milieu rural (12 %). Dans les régions, on constate des écarts assez importants, la proportion de femmes ne désirant plus d’enfants variant de 20 % dans le Logone Oriental à 5 % dans le Wadi Fira. Par ailleurs, les résultats par niveau d’instruction montrent que la proportion de femmes ne voulant plus d’enfants diminue avec l’élévation du niveau d’instruction, passant de 12 % chez celles sans niveau d’instruction et 13 % chez celles ayant le niveau primaire à 7 % chez celles ayant le niveau supérieur. Les écarts entre quintiles de bien-être économique sont peu importants. 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 1 2 3 4 5 6+ Pourcentage Nombre d’enfants vivants Veut un autre bientôt Veut un autre plus tard Veut un autre, NSP quand Indécise Ne veut plus d'enfant/stérilisée S'est déclarée stérile/Manquant EDS-MICS 2014-2015 86 • Préférences en matière de fécondité Tableau 6.2 Désir de limiter les naissances Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ne voulant plus d’enfants, par nombre d’enfants vivants, selon certaines caractéristiques socio-économiques, et pourcentage d’hommes actuellement en union ne voulant plus d’enfants, par nombre d’enfants vivants, Tchad 2014-2015 Caractéristique socioéconomique Nombre d’enfants vivants1 Ensemble0 1 2 3 4 5 6+ FEMMES Résidence N’Djaména 0,0 2,0 5,1 16,4 9,2 16,5 37,9 15,0 Autres villes 0,1 1,1 4,4 7,4 10,2 17,3 27,5 13,0 Ensemble urbain 0,0 1,4 4,7 10,1 9,9 17,1 31,0 13,7 Rural 0,7 1,1 1,7 4,2 8,3 15,3 26,2 11,9 Région Batha * (0,0) 0,0 6,1 6,1 4,3 19,0 9,5 Borkou, Tibesti (1,6) 0,0 4,8 8,9 3,4 14,6 8,3 6,3 Chari Baguirmi 4,3 0,0 4,7 4,4 4,5 10,5 29,4 11,1 Guéra (0,0) 0,4 4,5 2,4 2,1 9,6 11,9 6,6 Hadjer-Lamis (0,0) 0,3 0,8 4,1 1,6 5,0 15,5 6,3 Kanem (3,4) 1,1 1,5 1,4 4,8 5,7 19,4 8,0 Lac (0,0) 0,9 1,6 4,4 7,2 9,1 13,1 7,7 Logone Occidental * 0,8 4,5 2,6 19,1 20,4 40,2 15,5 Logone Oriental * 3,7 1,4 11,9 14,0 32,0 42,0 20,1 Mandoul * 2,7 1,3 1,6 8,6 23,4 40,2 16,0 Mayo Kebbi Est (0,0) 0,9 2,6 4,3 9,3 12,2 26,5 11,4 Mayo Kebbi Ouest * 0,0 3,4 2,6 6,7 10,9 35,7 14,6 Moyen Chari * 1,1 0,0 9,2 18,4 30,3 40,3 17,6 Ouaddaï * 0,0 2,7 0,8 5,7 14,9 18,7 9,0 Salamat * 0,0 1,4 0,0 5,0 6,5 18,7 7,6 Tandjilé * 1,4 1,3 10,1 13,9 25,0 39,2 16,7 Wadi Fira (0,0) 1,0 0,0 2,4 1,0 5,4 10,9 4,5 N’Djaména 0,0 2,0 5,1 16,4 9,2 16,5 37,9 15,0 Barh El Gazal * 0,8 0,0 3,2 4,0 6,8 15,7 7,7 Ennedi Est, Ennedi Ouest (0,0) 0,0 0,8 5,8 13,1 10,7 17,0 8,8 Sila * (0,0) 0,0 2,9 7,0 15,0 14,8 8,5 Niveau d’instruction Aucun 0,8 1,3 2,3 5,1 8,3 15,0 24,0 12,3 Primaire 0,1 1,4 2,3 3,4 9,3 15,0 36,7 13,4 Secondaire 0,0 0,7 2,9 10,5 10,5 29,1 46,7 9,4 Supérieur * * * * * * * 7,1 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,0 1,1 1,5 4,2 8,9 17,8 25,9 10,9 Second 0,0 2,2 2,4 3,6 7,6 18,6 29,9 12,7 Moyen 0,9 1,1 1,5 6,2 7,6 11,7 26,1 12,4 Quatrième 1,5 0,5 0,8 4,3 9,1 13,3 24,5 11,9 Le plus élevé 0,0 1,1 5,3 9,6 10,2 17,1 30,0 13,4 Ensemble 0,5 1,2 2,4 5,4 8,6 15,6 27,1 12,3 HOMMES Ensemble 15-49 0,0 0,4 3,4 2,0 5,7 5,0 13,7 7,2 50-59 * * * * * (35,4) 24,9 24,5 Ensemble 15-59 1,4 0,8 3,4 2,3 6,0 9,2 16,9 10,0 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Les médianes sont basées sur le statut actuel. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les femmes stérilisées sont considérées comme ne voulant plus d’enfant. 1 Pour les femmes, le nombre d’enfants vivants inclut la grossesse actuelle. Pour les hommes, le nombre d’enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l’épouse de l’enquêté est enceinte (ou si l’une des épouses est enceinte, pour les hommes qui ont actuellement plus d’une épouse). 6.2 NOMBRE IDÉAL D’ENFANTS Le comportement reproductif d’une femme peut être influencé par le nombre idéal d’enfants qu’elle aurait souhaité avoir et par celui souhaité par son conjoint. Dans le but de déterminer ce nombre idéal d’enfants, on a posé, au cours de l’enquête, à toutes les femmes et à tous les hommes l’une des deux questions suivantes : • aux femmes ou aux hommes sans enfant vivant : « Si vous pouviez choisir exactement le nombre d’enfants à avoir dans votre vie, combien en voudriez-vous ? » Préférences en matière de fécondité • 87 • aux femmes ou aux hommes ayant des enfants vivants : « Si vous pouviez revenir à l’époque où vous n’aviez pas d’enfant et que vous pouviez choisir exactement le nombre d’enfants à avoir dans votre vie, combien auriez-vous voulu en avoir ? » Ces questions, apparemment simples, peuvent être embarrassantes, en particulier pour les enquêtés ayant des enfants en vie. Ces derniers doivent, en effet, se prononcer sur le nombre d’enfants qu’ils souhaiteraient avoir, dans l’absolu, indépendamment du nombre d’enfants qu’ils ont déjà. Or, il peut être difficile pour une femme ou un homme de déclarer un nombre idéal d’enfants inférieur à la taille actuelle de sa famille. Les résultats à ces questions sont présentés au Tableau 6.3. On constate tout d’abord que 23 % des femmes et 16 % des hommes n’ont pas pu fournir des réponses numériques et ont donné, à la place, des réponses approximatives telles que « Ce que Dieu me donne », « Ça dépend de Dieu », « Je ne sais pas », ou « N’importe Tableau 6.3 Nombre idéal d’enfants par nombre d’enfants vivants Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par nombre idéal d’enfants et nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes et des hommes et pour celles et ceux actuellement en union, selon le nombre d’enfants vivants, Tchad 2014-2015 Nombre d’enfants vivants1 EnsembleNombre idéal d’enfants 0 1 2 3 4 5 6+ FEMME 0 0,7 0,3 0,3 0,6 0,5 1,1 1,3 0,8 1 0,3 0,3 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1 0,1 2 1,5 1,9 1,1 0,3 1,0 0,7 0,5 1,0 3 3,9 2,8 1,2 1,7 0,9 0,4 0,5 1,7 4 12,2 9,6 9,9 5,4 4,5 2,2 2,6 6,6 5 11,0 10,4 9,7 8,0 4,3 4,2 2,5 6,9 6+ 49,5 55,5 56,9 63,7 67,5 66,0 63,4 59,8 Réponse non numérique 20,9 19,2 20,9 20,3 21,3 25,5 29,2 23,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 3 415 2 088 2 137 2 021 1 960 1 884 4 214 17 719 Nombre idéal moyen d’enfants pour :2 Ensemble 7,0 7,5 7,5 8,0 8,4 8,9 9,6 8,2 Effectif 2 702 1 687 1 690 1 610 1 543 1 404 2 986 13 621 Actuellement en union 8,1 7,7 7,7 8,1 8,5 8,9 9,7 8,6 Effectif 401 1 363 1 491 1 448 1 408 1 294 2 723 10 127 HOMME3 0 1,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,6 1 0,5 0,7 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,3 2 2,8 2,0 1,6 0,6 0,3 0,4 0,4 1,7 3 5,2 3,3 3,5 1,5 0,3 0,8 0,5 3,0 4 10,1 9,9 9,1 3,1 2,4 2,3 1,2 6,6 5 9,2 12,6 9,1 7,8 4,4 2,2 2,2 7,0 6+ 55,6 61,2 65,0 78,2 76,3 79,1 73,5 65,1 Réponse non numérique 15,1 10,3 11,8 8,5 16,3 15,1 22,2 15,7 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 015 351 364 313 344 279 1 049 4 715 Nombre idéal moyen d’enfants pour :2 Ensemble 9,4 9,4 9,8 10,8 12,4 12,7 16,4 11,4 Effectif 1 712 314 321 287 288 237 816 3 975 Actuellement en union 14,1 9,8 10,2 10,9 12,5 12,8 16,4 13,2 Effectif 79 275 284 280 285 228 808 2 239 Nombre idéal moyen d’enfants pour les hommes de 15-59 ans :2 Ensemble 9,4 9,3 10,0 10,9 12,3 12,6 16,6 11,8 Effectif 1 718 322 327 297 302 269 1 145 4 380 Actuellement en union 13,6 9,8 10,4 11,0 12,4 12,7 16,7 13,6 Effectif 85 279 290 288 296 258 1 130 2 626 1 Le nombre d’enfants vivants inclut la grossesse actuelle pour les femmes. 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes et les hommes ayant donné des réponses non numériques. 3 Le nombre d’enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l’épouse de l’enquêté est enceinte (ou si l’une des épouses est enceinte pour les hommes qui ont plusieurs épouses). 88 • Préférences en matière de fécondité quel nombre ». Les données montrent qu’au Tchad, la famille nombreuse reste la famille idéale pour les femmes et les hommes. En effet, le nombre idéal moyen d’enfants est de 8,2 pour l’ensemble des femmes et de 8,6 parmi les femmes en union. Si l’on examine la distribution des tailles idéales déclarées, il apparaît que pour environ six femmes sur dix (60 %), le nombre idéal est de six enfants ou plus. Cette proportion varie de 50 % chez les femmes sans enfant à 68 % chez les femmes ayant quatre enfants vivants. Chez les hommes, le nombre idéal moyen d’enfants est beaucoup plus élevé que chez les femmes : il est de 11,4 pour l’ensemble des hommes et de 13,2 chez les hommes en union. Ce nombre idéal d’enfants varie avec le nombre d’enfants vivants. En effet, parmi les femmes sans enfant, le nombre idéal qui s’établit à 7,0 atteint 8,0 parmi celles qui ont trois enfants et atteint un maximum de 9,6 parmi celles qui en ont au moins six. Chez les femmes en union, ce nombre idéal d’enfants est respectivement de 8,1, 8,1 et 9,7. En ce qui concerne les hommes, la taille idéale varie de 9,4 enfants chez ceux n’ayant pas d’enfants à 16,4 enfants chez ceux qui en ont six ou plus. Quand on considère les hommes en union, cette taille passe respectivement de 14,1 à 16,4 enfants. Il est difficile de savoir si ces variations résultent d’une modification réelle de l’idéal allant dans le sens d’une famille de taille plus réduite chez les femmes et les hommes des générations les plus récentes (et à parité faible) ou s’il s’agit, au contraire, d’une évolution de l’idéal de la femme et de l’homme dans le sens de la hausse au fur et à mesure qu’ils vieillissent et que se constitue leur descendance. Quoi qu’il en soit, ces nombres moyens d’enfants déclarés par les femmes et les hommes demeurent très élevés et reflètent une attitude pro nataliste. Le Tableau 6.4 présente le nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes selon l’âge actuel et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Bien que l’on constate une diminution de ce nombre idéal d’enfants des générations les plus anciennes aux plus récentes, il n’en reste pas moins que même parmi les femmes les plus jeunes, il demeure élevé (7,2 contre 9,1 parmi celles de 45-49 ans). Les résultats selon les autres caractéristiques montrent que, malgré certains écarts, ce nombre idéal reste élevé dans tous les groupes de femmes. C’est parmi les femmes ayant un niveau d’instruction supérieur qu’il est le plus faible (5,2). Partout ailleurs, y compris N’Djaména, il est supérieur à 6. Dans certaines régions comme le Hadjer-Lamis (9,4), le Lac (9,5), le Barh El Gazal (9,6), le Sila (9,6) et le Kanem (10,0), la famille idéale compte au moins neuf enfants. 6.3 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ Au cours de l’EDS-MICS 2014-1015, des questions relatives à chaque enfant né au cours des cinq dernières années et à la grossesse actuelle (s’il y en a une) ont été posées aux femmes. Ces questions ont pour objectif de déterminer si, lorsque la femme s’est trouvée enceinte, Tableau 6.4 Nombre idéal d’enfants par caractéristique sociodémographique Nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Nombre moyen Effectif de femmes1 Groupe d’âges 15-19 7,2 3 125 20-24 7,7 2 454 25-29 8,1 2 546 30-34 8,7 1 958 35-39 8,9 1 491 40-44 9,1 1 086 45-49 9,1 959 Résidence N’Djaména 6,2 1 380 Autres villes 7,5 2 044 Ensemble urbain 7,0 3 424 Rural 8,6 10 197 Région Batha 8,9 483 Borkou, Tibesti 8,4 75 Chari Baguirmi 8,2 514 Guéra 9,1 754 Hadjer-Lamis 9,4 1 000 Kanem 10,0 482 Lac 9,5 691 Logone Occidental 6,8 941 Logone Oriental 7,8 1 187 Mandoul 7,2 981 Mayo Kebbi Est 8,8 980 Mayo Kebbi Ouest 8,5 773 Moyen Chari 6,5 779 Ouaddaï 8,5 673 Salamat 9,1 261 Tandjilé 8,9 858 Wadi Fira 8,4 368 N’Djaména 6,2 1 380 Barh El Gazal 9,6 145 Ennedi Est, Ennedi Ouest 8,8 69 Sila 9,6 227 Niveau d’instruction Aucun 8,8 8 286 Primaire 7,9 3 040 Secondaire 6,3 2 138 Supérieur 5,2 157 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 8,4 2 498 Second 8,4 2 595 Moyen 8,6 2 649 Quatrième 8,8 2 744 Le plus élevé 6,9 3 135 Ensemble 8,2 13 621 1 Effectif de femmes ayant donné une réponse numérique. Préférences en matière de fécondité • 89 elle souhaitait être enceinte à ce moment-là, plus tard, ou si elle ne voulait pas tomber enceinte. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité. Il ressort du Tableau 6.5 que la quasi-totalité des naissances (98 %) étaient désirées. La plupart de ces naissances (87 %) se sont produites au moment voulu et, dans 11 % des cas, les femmes auraient préféré qu’elles se produisent plus tard. Les grossesses non désirées représentent 1 %. Quel que soit le rang de naissance, la grande majorité des naissances sont souhaitées et arrivent au moment voulu. Seules les naissances de rangs 4 et plus semblent moins bien planifiées que les autres, 2 % n’étant pas désirées contre moins de 1 % dans les rangs 1 à 3. Tableau 6.5 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances de femmes de 15-49 ans ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête (y compris les grossesses actuelles) par planification de la grossesse selon le rang de naissance et l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, Tchad 2014-2015 Rang de naissance et âge de la mère à la naissance de l’enfant Planification de la naissance Total Effectif de naissances Voulue au moment Voulue plus tard Non désirée Manquant Rang de naissance 1 87,4 11,3 0,6 0,8 100,0 3 172 2 87,9 10,3 0,6 1,2 100,0 3 011 3 87,4 11,2 0,4 1,0 100,0 2 998 4+ 86,3 10,6 2,0 1,1 100,0 11 842 Âge de la mère à la naissance de l’enfant <20 87,3 10,9 0,6 1,1 100,0 4 005 20-24 87,5 11,0 0,4 1,1 100,0 5 790 25-29 86,7 11,5 0,7 1,1 100,0 5 203 30-34 86,5 10,6 2,0 0,9 100,0 3 353 35-39 85,8 8,9 4,3 1,0 100,0 1 966 40-44 86,0 7,7 5,3 0,9 100,0 613 45-49 76,2 11,0 12,0 0,7 100,0 92 Ensemble 86,9 10,8 1,3 1,0 100,0 21 022 L’âge de la mère à la naissance a peu d’influence sur la planification des naissances. Seules les naissances de femmes de 45-49 ans sont moins bien planifiées puisque 11 % étaient souhaitées mais plus tard et 12 % n’étaient pas désirées contre 5 % et moins pour les autres groupes d’âges. Le Tableau 6.6 présente une comparaison de l’Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et de l’Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF) pour les trois années précédant l’enquête. Le calcul de l’ISFD est analogue à celui de l’ISF, les naissances considérées comme non désirées étant éliminées du numérateur. De ce fait, l’ISFD représente le niveau de fécondité des trois années ayant précédé l’enquête si toutes les naissances non désirées avaient été évitées. La différence observée entre ces deux indicateurs permet de déterminer l’effet potentiel qu’aurait eu un programme de planification familiale efficace. Pour les trois dernières années ayant précédé l’enquête, l’ISFD est estimé à 6,1 enfants par femme et l’ISF à 6,4 enfants par femme. Cela signifie que si toutes les naissances non désirées avaient été évitées, les femmes auraient 0,3 enfant de moins. Cet écart est très faible et cela se vérifie pratiquement dans tous les sous-groupes de femmes. 90 • Préférences en matière de fécondité Tableau 6.6 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les trois années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Taux de fécondité désiré Taux de fécondité Résidence N’Djaména 4,7 5,2 Autres villes 5,3 5,5 Ensemble urbain 5,1 5,4 Rural 6,5 6,8 Région Batha 6,5 7,3 Borkou, Tibesti 5,2 5,3 Chari Baguirmi 6,4 6,6 Guéra 6,6 6,7 Hadjer-Lamis 6,4 6,8 Kanem 5,9 6,0 Lac 5,2 5,4 Logone Occidental 6,0 6,4 Logone Oriental 7,4 7,6 Mandoul 6,2 6,5 Mayo Kebbi Est 6,5 6,7 Mayo Kebbi Ouest 7,1 7,5 Moyen Chari 5,2 5,5 Ouaddaï 5,7 6,1 Salamat 6,3 6,5 Tandjilé 7,0 7,1 Wadi Fira 5,7 5,9 N’Djaména 4,7 5,2 Barh El Gazal 5,4 5,6 Ennedi Est, Ennedi Ouest 4,7 5,0 Sila 6,5 6,7 Niveau d’instruction Aucun 6,2 6,5 Primaire 7,1 7,4 Secondaire 4,8 5,1 Supérieur 2,7 2,8 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 6,7 7,0 Second 6,8 7,0 Moyen 6,5 6,8 Quatrième 5,9 6,2 Le plus élevé 5,0 5,3 Ensemble 6,1 6,4 Note : L’ISFD et l’ISF sont basés sur les naissances des femmes de 15-49 ans durant la période 1-36 mois avant l’enquête. L’ISF est le même que celui présenté au tableau 5.1. Planification familiale • 91 PLANIFICATION FAMILIALE 7 Riradjim Madnodji e rythme élevé de la croissance démographique constitue un frein aux efforts de développement dans la plupart des pays africains. La persistance d’un écart important entre la croissance démographique et la croissance économique, insuffisante, est souvent un facteur qui contribue à la détérioration des conditions de vie des populations. La fécondité, l’une des composantes essentielles de l’évolution de la vie des populations, fait l’objet de toutes les préoccupations. La planification familiale est une intervention à hauts impacts qui permet de maitriser la croissance rapide, de réduire significativement les avortements et les décès infantiles et maternels. Afin de faire baisser le poids démographique, le Gouvernement doit promouvoir la maîtrise de la fécondité. Cependant, il convient de noter qu’en dépit des actions entreprises, le niveau de fécondité observé au Tchad, demeure l’un des plus élevé au monde (l’ISF étant de 6,6 à l’EDST-I de 1996-97 et de 6,3 à l’EDST-II de 2004 et de 6,4 à l’enquête actuelle). L’une des priorités du Gouvernement tchadien consiste à créer les conditions appropriées pour une maîtrise de la fécondité, et cela, en prenant en compte la dimension population dans les plans et programmes de développement. L Principaux résultats • Les méthodes de contraception moderne sont plus connues que les méthodes traditionnelles (63 % contre 23 % chez les femmes et 76 % contre 39 % chez les hommes). • Dans l’ensemble, 5,4 % des femmes de 15-49 ans utilisaient, au moment de l’enquête, une méthode de contraception : 4,8 % une méthode moderne et 0,5 % une méthode traditionnelle. La prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union est passée de 1,6 % en 2004 à 5 % en 2014-2015. • Parmi les jeunes femmes de 15-19 ans et de 20-24 ans, le pourcentage de celles qui utilisaient, au moment de l’enquête, une méthode moderne est de respectivement 1,9 % et 4,5 %. • Les implants et les injectables sont les méthodes modernes les plus utilisées par les femmes en union de 15-49 ans (respectivement 1 % et 2 %). • La prévalence contraceptive moderne est beaucoup plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (10 % contre 4 %) et parmi les femmes instruites que parmi celles qui n’ont aucun niveau d’instruction (21 % parmi celles ayant le niveau supérieur et 8 % parmi celles ayant le niveau primaire contre 3 % parmi celles sans niveau d’instruction). • Le secteur public est la principale source d’approvisionnement en méthodes contraceptives (72 %). • Les besoins non satisfaits chez les femmes en union sont évalués à 23 % et portent davantage sur l’espacement des naissances (19 %) que sur la limitation des naissances (4 %). • C’est à N’Djaména que le pourcentage de besoins non satisfaits en matière de planification familiale est le plus élevé (30 %). 92 • Planification familiale À l’instar des autres pays d’Afrique au Sud du Sahara, l’offre de services de planification familiale est assez récente au Tchad. Les activités de planification familiale ont commencé à se pratiquer après l’abrogation en 1993 de la loi française de 1920 qui interdisait l’importation, la vente de contraceptifs et la propagande anticonceptionnelle. C’est ainsi qu’a démarré en septembre 1995 le projet Marketing Social de Condom au Tchad (MASCOCOT), devenu AMASOT, dont l’un des objectifs est de promouvoir la vente des condoms et la sensibilisation pour adopter des comportements responsables en vue de limiter la propagation des IST/VIH/SIDA, par l’intermédiaire d’une campagne de communication. La promotion du condom masculin a toute sa place dans un programme de planification familiale car c’est tout autant une méthode contraceptive qu’une méthode préventive contre les IST. Comme à l’EDST-I de 1996-1997 et à l’EDST-II de 2004, l’EDS-MICS 2014-2015 a aussi collecté des informations importantes sur la planification familiale. Elles permettront d’apprécier la tendance en matière d’utilisation de la planification familiale depuis 1996, d’évaluer les actions qui ont été menées dans ce domaine mais également d’adapter et de mettre en place les mesures qui contribueront à inverser la tendance de la fécondité. Plus particulièrement, l’EDS-MICS de 2014-2015 a collecté des informations sur : • La connaissance et la pratique de la contraception • La connaissance de la période féconde • Les sources d’approvisionnement en contraceptifs • L’utilisation future de la contraception • Les besoins en matière de planification familiale • Les sources d’informations sur la contraception • Les opinions et les attitudes face à la contraception • Le contact des non utilisatrices des méthodes contraceptives avec les prestataires de planification familiale. 7.1 CONNAISSANCE DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES La connaissance des méthodes contraceptives ainsi que celle d’une source d’approvisionnement sont des préalables à toute utilisation de méthodes. Lors de la collecte des données, la connaissance des méthodes a été appréhendée en deux phases. Dans un premier temps, l’agent enquêteur mentionne la ou les méthode(s) citée(s) de manière spontanée par l’enquêté. Ensuite, dans le cas où l’interviewé n’a pas cité de manière exhaustive les méthodes listées dans le questionnaire, l’agent enquêteur devait faire une brève description des méthodes non citées et enregistrer si oui ou non l’enquêté en avait entendu parler. Autrement dit, une personne est supposée connaître une méthode si elle la cite de manière spontanée ou si elle déclare la connaître après description. Les différentes méthodes retenues dans le questionnaire sont regroupées en deux catégories : • Les méthodes modernes, comprenant la stérilisation féminine, la stérilisation masculine, la pilule, le DIU, les injectables, les implants, le condom masculin, le condom féminin, la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) et la pilule du lendemain. • Les méthodes traditionnelles, incluant la méthode du rythme (continence périodique), le retrait et les autres méthodes traditionnelles. Les résultats présentés dans le Tableau 7.1, révèlent que la proportion d’hommes ayant entendu parler d’une méthode contraceptive (77 %) est plus importante que celle des femmes (64 %). On constate aussi que les méthodes contraceptives modernes sont nettement mieux connues que les méthodes traditionnelles. En effet, Planification familiale • 93 près des deux tiers des femmes (63 %) et un peu plus des trois quarts des hommes (76 %) ont déclaré connaître au moins une méthode moderne, contre seulement 23 % des femmes et 39 % des hommes pour au moins une méthode traditionnelle. Le niveau de connaissance des méthodes chez les femmes en union est proche de celui de l’ensemble des femmes, et ce, quelle que soit la méthode. En effet, 63 % de l’ensemble des femmes et 64 % des femmes en union connaissent au moins une méthode contraceptive moderne. Pour les méthodes traditionnelles, il n’y a pas d’écart de niveau de connaissance (23 %). Le nombre moyen de méthodes connues par l’ensemble des femmes est estimée à 2,7 et il est identique dans le groupe des femmes actuellement en union. Le poids important des femmes en union parmi les enquêtées pourrait, en partie, expliquer ce résultat. Par contre, quel que soit le sexe et pour chaque méthode, on constate que les niveaux de connaissance des méthodes contraceptives sont plus élevés chez les personnes non en union sexuellement actives que chez celles qui sont actuellement en union. En effet, 80 % des femmes non en union sexuellement actives connaissent, au moins, une méthode contraceptive contre 65 % chez celles actuellement en union. Chez les hommes ces proportions sont respectivement de 94 % et 80 %. Le nombre moyen de méthodes connues par les femmes non en union sexuellement actives est de 4,5 contre 2,7 parmi celles actuellement en union. Chez les hommes, ce nombre moyen est respectivement de 4,8 contre 3,7. Tableau 7.1 Connaissance des méthodes contraceptives Pourcentage d’hommes et de femmes de 15-49 ans, d’hommes et de femmes actuellement en union et d’hommes et de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs qui ont entendu parler d’une méthode contraceptive, selon la méthode, Tchad 2014- 2015 Femme Homme Méthode Ensemble des femmes Femmes actuellement en union Femmes non en union sexuellement actives1 Ensemble des hommes Hommes actuellement en union Hommes non en union sexuellement actifs1 N’importe quelle méthode 64,2 65,0 80,0 76,9 79,5 94,1 Une méthode moderne 62,7 63,5 79,3 76,1 78,2 94,1 Stérilisation féminine 12,2 11,5 23,8 21,0 23,6 27,5 Stérilisation masculine 6,6 6,0 13,6 13,1 14,0 17,4 Pilule 46,0 46,5 64,6 40,9 45,5 55,1 DIU 11,7 11,1 19,5 9,5 9,4 20,3 Injectables 44,9 45,5 62,0 37,0 41,9 48,7 Implants 35,2 35,5 53,8 23,4 27,0 38,3 Condom masculin 44,0 42,4 73,4 73,9 75,3 93,0 Condom féminin 9,8 8,3 30,1 30,1 29,6 47,7 Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA) 24,0 26,2 24,2 12,6 15,7 19,2 Pilule du lendemain 5,7 4,8 16,8 14,7 17,6 22,1 Une méthode traditionnelle 23,4 23,2 40,5 38,8 46,0 50,7 Rythme 18,8 18,5 31,0 29,7 35,3 41,0 Retrait 13,1 12,6 28,8 26,9 31,9 38,3 Autre 2,4 2,5 6,6 5,0 6,2 7,0 Nombre moyen de méthodes connues par les enquêtés de 15-49 ans 2,7 2,7 4,5 3,4 3,7 4,8 Effectif d’enquêtés 17 719 13 263 367 4 715 2 678 293 Nombre moyen de méthodes connues par les enquêtés de 15-59 ans na na na 3,4 3,7 4,7 Effectif d’enquêtés na na na 5 248 3 190 295 na = Non applicable. 1 A eu ses derniers rapports sexuels dans les 30 jours qui ont précédé l’interview. 94 • Planification familiale Tendance La comparaison des résultats de l’enquête actuelle avec ceux des précédentes EDS montre que le niveau de connaissance des méthodes contraceptives modernes s’est nettement amélioré. En effet, de 43 % en 1996- 1997, la proportion de femmes actuellement en union qui connaissaient une méthode moderne est passée à 49 % en 2004 et atteint, à l’enquête actuelle, 65 %. Par contre, on n’observe pas la même tendance pour les méthodes traditionnelles, le pourcentage de femmes ayant déclaré connaître, au moins, une méthode de ce type ayant diminué entre 2004 et 2014-2015, passant de 36 % à 23 %. L’amélioration de la connaissance des méthodes de contraception a globalement concerné toutes les méthodes, à l’exception de la stérilisation féminine qui a connu un effritement de son niveau de connaissance (26 % en 1996-1997 contre 12 % en 2014-2015). Le Tableau 7.2 présente, pour les femmes et les hommes de 15-49 ans en union, le niveau de connaissance des méthodes contraceptives selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Chez les femmes en union, le niveau de connaissance des méthodes varie selon l’âge. En effet, c’est dans le groupe d’âge 20-34 ans que l’on observe le niveau de connaissance le plus élevé (67 %-68 % des femmes connaissent une méthode et environ 66 % une méthode moderne). À partir de 40 ans, le niveau de connaissance diminue, qu’il s’agisse d’une méthode quelconque ou d’une méthode moderne. Chez les hommes, ce sont ceux de 20-24 ans qui connaissent le plus fréquemment une méthode (84 % que ce soit pour l’ensemble des méthodes ou pour les méthodes modernes). Chez les hommes, on ne note pas de tendance très nette en fonction de l’âge. Si l’on examine les données selon le milieu de résidence, on constate que le niveau de connaissance contraceptive est nettement influencé par le milieu de résidence, tant chez les femmes que chez les hommes en union. En effet, c’est à N’Djaména que l’on observe les proportions les plus élevées de ceux qui connaissent une méthode contraceptive (87 % pour les femmes et 94 % pour les hommes). À l’opposé, c’est dans le milieu rural que l’on observe les proportions les plus faibles (61 % pour les femmes et 76 % pour les hommes). Selon la région de résidence, quel que soit le sexe, on constate un niveau de connaissance contraceptive relativement élevé à N’Djaména et dans les régions de la zone méridionale (au moins 60 % chez les femmes et au moins 89 % chez les hommes). En outre, les résultats mettent en évidence l’influence du niveau d’instruction sur la connaissance des méthodes contraceptives, cela chez les femmes comme chez les hommes. Ainsi, chez les femmes, la totalité des celles ayant le niveau supérieur ont cité une méthode (100 %), contre 94 % parmi celles ayant le niveau secondaire, 83 % de celles ayant le niveau primaire et 55 % de celles n’ayant aucun niveau d’instruction. Chez les hommes, on constate la même tendance. À l’instar du milieu de résidence et du niveau d’instruction, le niveau du bien-être économique semble influencer le niveau de connaissance des méthodes. Concernant les méthodes modernes, on constate que la proportion de femmes qui connaissent au moins une méthode contraceptive moderne varie de 60 % dans le quintile le plus bas à 84 % dans le quintile le plus élevé. Ces proportions sont respectivement de 79 % et de 90 % chez les hommes. La comparaison des résultats avec les EDS précédentes montre que depuis 1996-1997, le niveau de connaissance s’est amélioré dans tous les milieux de résidence. C’est cependant en milieu rural que l’on note la progression la plus importante. En effet, si à N’Djaména, la proportion de femmes qui connaissent au moins une méthode moderne est passée de 81 % à 87 %, soit environ 7 % d’augmentation, en milieu rural, cette proportion est passée respectivement de 35 % à 59 %. Planification familiale • 95 Tableau 7.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans, actuellement en union, qui ont entendu parler d’au moins une méthode contraceptive et pourcentage qui ont entendu parler d’au moins une méthode moderne, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Ont entendu parler d’une méthode Ont entendu parler d’une méthode moderne1 Effectif Ont entendu parler d’une méthode Ont entendu parler d’une méthode moderne1 Effectif Groupe d’âges 15-19 59,7 58,2 1 505 (82,3) (82,3) 40 20-24 67,7 66,3 2 388 83,9 83,7 218 25-29 66,7 65,0 2 951 80,0 79,4 464 30-34 67,9 66,3 2 287 82,5 81,2 564 35-39 63,0 61,7 1 821 79,1 78,1 547 40-44 65,0 63,8 1 277 74,8 72,6 445 45-49 58,9 57,0 1 033 77,5 75,5 401 Résidence N’Djaména 86,9 86,8 944 94,3 93,2 241 Autres villes 81,0 79,8 1 678 91,5 89,2 337 Ensemble urbain 83,1 82,3 2 622 92,7 90,9 579 Rural 60,6 58,8 10 640 75,8 74,7 2 099 Région Batha 46,3 42,7 519 50,1 46,2 118 Borkou, Tibesti 33,3 33,3 60 55,8 55,8 8 Chari Baguirmi 40,3 38,9 656 68,0 67,1 127 Guéra 51,0 49,4 807 79,4 77,1 129 Hadjer-Lamis 58,6 54,9 944 61,0 58,3 173 Kanem 45,1 40,9 522 50,0 48,5 77 Lac 34,4 31,4 716 36,7 35,2 146 Logone Occidental 90,5 90,0 801 98,4 97,6 182 Logone Oriental 87,4 87,3 1 247 97,7 97,7 304 Mandoul 82,1 81,5 973 96,7 95,3 203 Mayo Kebbi Est 61,6 60,0 1 055 89,6 89,6 191 Mayo Kebbi Ouest 77,1 76,5 690 91,5 91,5 137 Moyen Chari 80,0 79,1 683 95,6 93,6 167 Ouaddaï 48,0 44,6 703 47,0 47,0 109 Salamat 56,1 53,0 296 72,2 67,1 64 Tandjilé 86,0 85,6 801 92,6 92,6 158 Wadi Fira 22,1 22,1 352 60,3 57,4 59 N’Djaména 86,9 86,8 944 94,3 93,2 241 Barh El Gazal 33,1 31,2 178 45,6 41,0 30 Ennedi Est, Ennedi Ouest 28,8 28,5 62 44,0 41,3 7 Sila 56,7 53,8 255 54,5 52,8 46 Niveau d’instruction Aucun 55,1 53,0 9 069 59,3 56,7 1 172 Primaire 83,0 82,4 2 881 92,5 92,2 760 Secondaire 93,8 93,7 1 226 97,8 97,6 636 Supérieur 100,0 100,0 87 97,6 97,6 110 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 61,5 59,9 2 501 79,4 78,6 467 Second 62,0 60,6 2 804 81,3 80,1 636 Moyen 58,9 57,5 2 742 73,4 71,2 552 Quatrième 60,4 57,9 2 845 72,2 71,1 500 Le plus élevé 85,0 84,2 2 370 90,5 89,6 525 Ensemble 15-49 65,0 63,5 13 263 79,5 78,2 2 678 50-59 na na na 69,8 67,1 512 Ensemble 15-59 na na na 77,9 76,4 3 190 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. na = Non applicable. 1 Stérilisation féminine, stérilisation masculine, pilule, DIU, injectables, implants, condom masculin, condom féminin, diaphragme, mousse ou gelée, Méthode de l’Allaitement maternel et de l’Aménorrhée (MAMA) et pilule du lendemain. 96 • Planification familiale 7.2 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION La prévalence contraceptive correspond à la proportion de femmes qui utilisaient une méthode de contraception au moment de l’enquête. Le Tableau 7.3 présente le niveau de prévalence contraceptive par groupe d’âges, pour l’ensemble des femmes et pour celles qui sont en union ainsi que la prévalence pour l’ensemble des femmes qui ne sont pas en union mais sexuellement actives. Il ressort de ce tableau que 5 % de l’ensemble des femmes utilisaient une méthode contraceptive au moment de l’enquête : 5 % utilisaient une méthode moderne, essentiellement les injectables (2 %), les implants (0,9 %) et le condom masculin (0,7 %) et 0,5 % une méthode traditionnelle, presque exclusivement la méthode du rythme ou continence périodique (0,4 %). P la ni fic at io n fa m ili al e • 97 Ta ble au 7. 3 Ut ilis ati on ac tue lle de la co ntr ac ep tio n s elo n â ge Ré pa rtit ion (e n % ) d es fe mm es de 15 -49 an s, de s f em me s a ctu ell em en t e n u nio n e t d es fe mm es qu i n e s on t p as en un ion et qu i s on t s ex ue lle me nt ac tiv es , p ar mé tho de co ntr ac ep tiv e ac tue lle me nt uti lis ée se lon le gr ou pe d’ âg es , T ch ad 20 14 -20 15 N’ im po rte qu ell e mé tho de Un e mé tho de mo de rne Un e m éth od e m od ern e Un e mé tho de tra dit ion - ne lle Un e m éth od e tra dit ion ne lle N’ uti lis e pa s ac tue lle - me nt To tal Ef fec tif de fem me s Gr ou pe d’ âg es St éri li- sa tio n fém ini ne Pil ule Inj ec - tab les Im pla nts Co nd om ma sc uli n MA MA Au tre Ry thm e Au tre TO UT ES LE S FE MM ES 15 -19 2,2 1,9 0,0 0,1 0,3 0,1 1,0 0,3 0,0 0,3 0,3 0,0 97 ,8 10 0,0 3 9 34 20 -24 5,3 4,5 0,1 0,1 1,4 0,6 1,4 0,8 0,1 0,8 0,6 0,1 94 ,7 10 0,0 3 0 59 25 -29 6,4 5,9 0,1 0,4 2,1 0,9 0,7 1,5 0,1 0,5 0,5 0,0 93 ,6 10 0,0 3 2 50 30 -34 8,6 7,8 0,1 0,8 3,3 1,5 0,3 1,7 0,0 0,7 0,4 0,3 91 ,4 10 0,0 2 5 66 35 -39 7,1 6,6 0,4 0,5 3,0 1,6 0,1 0,8 0,1 0,5 0,5 0,1 92 ,9 10 0,0 2 0 60 40 -44 6,1 5,8 0,6 0,5 2,0 2,0 0,2 0,5 0,0 0,3 0,3 0,0 93 ,9 10 0,0 1 5 04 45 -49 2,6 2,4 0,5 0,2 1,2 0,4 0,0 0,1 0,0 0,3 0,3 0,0 97 ,4 10 0,0 1 3 47 En se mb le 5,4 4,8 0,2 0,3 1,8 0,9 0,7 0,9 0,0 0,5 0,4 0,1 94 ,6 10 0,0 17 71 9 FE MM ES A CT UE LL EM EN T E N UN IO N 15 -19 2,9 2,3 0,0 0,2 0,7 0,2 0,2 0,8 0,0 0,7 0,7 0,0 97 ,1 10 0,0 1 5 05 20 -24 4,3 3,5 0,0 0,0 1,4 0,4 0,6 0,9 0,1 0,9 0,7 0,2 95 ,7 10 0,0 2 3 88 25 -29 5,9 5,4 0,2 0,4 2,0 1,0 0,3 1,4 0,1 0,5 0,5 0,0 94 ,1 10 0,0 2 9 51 30 -34 8,3 7,5 0,2 0,8 3,1 1,6 0,2 1,6 0,0 0,8 0,4 0,3 91 ,7 10 0,0 2 2 87 35 -39 7,2 6,6 0,4 0,4 3,2 1,6 0,1 0,9 0,1 0,6 0,5 0,0 92 ,8 10 0,0 1 8 21 40 -44 6,0 5,7 0,6 0,6 2,2 1,8 0,0 0,5 0,0 0,4 0,4 0,0 94 ,0 10 0,0 1 2 77 45 -49 3,1 2,8 0,6 0,2 1,3 0,6 0,0 0,1 0,0 0,3 0,3 0,0 96 ,9 10 0,0 1 0 33 En se mb le 5,7 5,0 0,2 0,4 2,1 1,0 0,3 1,0 0,0 0,6 0,5 0,1 94 ,3 10 0,0 13 26 3 FE MM ES N ON E N UN IO N SE XU EL LE ME NT A CT IV ES 1 15 -19 15 ,2 14 ,5 0,0 0,0 0,1 1,1 12 ,6 0,0 0,6 0,7 0,7 0,0 84 ,8 10 0,0 14 8 20 -24 23 ,3 21 ,2 2,2 0,8 3,1 0,8 14 ,3 0,0 0,0 2,2 2,2 0,0 76 ,7 10 0,0 10 9 25 -29 (31 ,5) (27 ,4) (0, 0) (2, 7) (12 ,2) (0, 0) (12 ,5) (0, 0) (0, 0) (4, 1) (4, 1) (0, 0) (68 ,5) 10 0,0 45 30 -34 (25 ,8) (22 ,7) (0, 0) (6, 3) (6, 3) (10 ,0) (0, 0) (0, 0) (0, 0) (3, 0) (3, 0) (0, 0) (74 ,2) 10 0,0 28 35 -39 * * * * * * * * * * * * * 10 0,0 11 40 -44 * * * * * * * * * * * * * 10 0,0 8 45 -49 * * * * * * * * * * * * * 10 0,0 18 En se mb le 20 ,5 18 ,8 0,6 1,0 3,5 1,8 11 ,5 0,0 0,2 1,7 1,7 0,0 79 ,5 10 0,0 36 7 No te : U n a sté ris qu e i nd iqu e q u’u ne va leu r e st ba sé e s ur mo ins de 25 ca s n on po nd éré s e t q u’e lle a été su pp rim ée . L es va leu rs en tre pa ren thè se s s on t b as ée s s ur 25 -49 ca s n on po nd éré s. Si plu s d ’un e m éth od e a ét é u tili sé e, se ule la pl us ef fic ac e e st pri se en co mp te da ns ce ta ble au . na = No n a pp lic ab le. MA MA = Mé tho de de l’A lla ite me nt Ma ter ne l e t d e l ’Am én orr hé e 1 F em me s a ya nt eu le urs de rni ers ra pp ort s s ex ue ls da ns le s 3 0 j ou rs qu i o nt pré cé dé l’i nte rvi ew . 98 • Planification familiale Par ailleurs, la prévalence contraceptive des femmes en union n’est pratiquement pas différente de celle de l’ensemble des femmes (6 % contre 5 %). De même, les méthodes utilisées sont identiques Malgré un très faible taux d’utilisation, la méthode moderne la plus utilisée par les femmes en union reste les injectables (2 %) et, comme méthode traditionnelle, elles utilisent essentiellement la méthode du rythme (0,5 %) (Graphique 7.1). Par contre, parmi les femmes qui ne sont pas en union sexuellement actives, la prévalence est nettement plus élevée (21 % pour n’importe quelle méthode et 19 % pour les méthodes modernes). Dans ce groupe de femmes, c’est le condom masculin qui est, de loin, la méthode moderne la plus utilisée (12 %), suivie des injectables (4 %), des implants (2 %) et de la pilule (1 %). L’analyse selon le groupe d’âges montre que la prévalence contraceptive des femmes en union augmente régulièrement du groupe d’âges 15-19 ans (3 %) au groupe d’âges 30-34 ans (8 %). Au-delà, les proportions diminuent régulièrement pour atteindre 3 % à 45-49 ans. Graphique 7.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union Tendance La comparaison des résultats de l’enquête actuelle avec ceux des EDS précédentes met en évidence une augmentation de la prévalence contraceptive moderne, celle-ci étant passée de 1 % en 1996-1997 à 2 % en 2004 et à 5 % en 2014-2015. Parmi les femmes en union, ces pourcentages sont respectivement de 1 %, 2 % et 5 % (Graphique 7.2). Par rapport à la première EDS réalisée en 1996-1997, le pourcentage d’utilisatrices de méthodes modernes est environ trois fois et demie plus élevé. 5,7 5,0 2,1 1,0 1,0 0,4 0,2 0,3 0,6 0,1 0,5 Toutes méthodes Méthodes modernes Injectables Implants MAMA Pilule Stérilisation féminine Condom masculin Méthodes traditionnelles Autres méthodes traditionnelles Rythme Pourcentage EDS-MICS 2014-2015 Planification familiale • 99 Graphique 7.2 Tendance de la prévalence contraceptive selon l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 Le Tableau 7.4.1 présente la prévalence contraceptive des femmes en union selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate que la prévalence contraceptive augmente avec le nombre d’enfants vivants, passant de 1 % parmi celles qui n’ont aucun enfant vivant à 7 % parmi celles qui en ont cinq. Ce constat reste valable pour la prévalence contraceptive moderne. Selon le milieu de résidence, les résultats montrent que la prévalence contraceptive parmi les femmes en union est plus élevée en milieu urbain (11 %) qu’en milieu rural (4 %). C’est à N’Djaména qu’elle est la plus élevée (13 % pour n’importe quelle méthode et 11 % pour une méthode moderne). On remarque que les méthodes contraceptives modernes les plus utilisées en ville sont les injectables (6 %), les implants (2 %) et dans une certaine mesure la pilule (1 %). En ce qui concerne la prévalence contraceptive traditionnelle, on constate que les écarts sont très faibles. En considérant la région de résidence, on constate qu’en dehors du Mandoul (14 %), du Logone Oriental (13 %), de N’Djaména (13 %), du Moyen Chari (13 %) et du Logone Occidental (12 %), la prévalence contraceptive reste très faible (moins de 5 %). Par ailleurs, le niveau de prévalence contraceptive observé dans ces régions est surtout lié à la forte prévalence contraceptive moderne. Ainsi, la prévalence observée au Mandoul est essentiellement liée à la pratique de la MAMA (5 %), des injectables (4 %), des implants (2 %). La prévalence constatée au Logone Oriental est due surtout à la pratique des implants (4 %), de la MAMA (3 %), des injectables (3 %). Le niveau de la prévalence à N’Djaména est surtout liée à l’utilisation des injectables (6 %) et du condom masculin (2 %). 2,8 1,6 0,5 1,1 5,7 5,0 2,1 0,6 Une méthode Moderne Injectables Traditionnelle Pourcentage EDST-II 2004 EDS-MICS 2014-2015 10 0 • P la ni fic at io n fa m ili al e Ta ble au 7. 4.1 U tili sa tio n a ctu ell e d e l a c on tra ce pti on pa r c ara cté ris tiq ue s s oc iod ém og rap hiq ue s Ré pa rtit ion (e n % ) d es fe mm es ac tue lle me nt en un ion de 15 -49 an s p ar mé tho de co ntr ac ep tiv e a ctu ell em en t u tili sé e, se lon ce rta ine s c ara cté ris tiq ue s s oc iod ém og rap hiq ue s, Tc ha d 2 01 4-2 01 5 N’ im po rte qu ell e mé tho de Un e mé tho de mo de rne Un e m éth od e m od er ne Un e mé tho de tra dit ion - ne lle Un e m éth od e tra dit ion ne lle N’ uti lis e p as ac tue lle - me nt To tal Ef fec tif de fem me s Ca rac tér ist iqu e so cio dé mo gra ph iqu e St éri lis ati on fém ini ne Pil ule Inj ec tab les Im pla nts Co nd om ma sc uli n MA MA Au tre Ry thm e Au tre No mb re d’ en fan ts viv an ts 0 1,1 1,1 0,0 0,3 0,0 0,2 0,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 98 ,9 10 0.0 87 9 1-2 5,2 4,2 0,2 0,3 1,6 0,6 0,6 0,9 0,1 0,9 0,7 0,2 94 ,8 10 0.0 3 6 16 3-4 5,1 4,6 0,1 0,3 2,0 1,0 0,1 1,0 0,1 0,6 0,5 0,1 94 ,9 10 0.0 3 5 22 5+ 7,1 6,5 0,4 0,5 2,8 1,5 0,0 1,3 0,0 0,5 0,4 0,1 92 ,9 10 0.0 5 2 46 Ré sid en ce N’ Dj am én a 12 ,6 11 ,3 0,1 0,9 6,4 1,3 1,6 0,6 0,3 1,3 1,0 0,2 87 ,4 10 0.0 94 4 Au tre s v ille s 10 ,4 9,5 0,1 1,1 5,1 2,0 0,5 0,6 0,1 1,0 0,8 0,2 89 ,6 10 0.0 1 6 78 En se mb le urb ain 11 ,2 10 ,1 0,1 1,0 5,6 1,7 0,9 0,6 0,1 1,1 0,9 0,2 88 ,8 10 0.0 2 6 22 Ru ral 4,3 3,8 0,3 0,2 1,2 0,9 0,1 1,1 0,0 0,5 0,4 0,1 95 ,7 10 0.0 10 64 0 Ré gio n Ba tha 1,0 1,0 0,0 0,3 0,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 99 ,0 10 0.0 51 9 Bo rko u, Tib es ti 1,2 1,2 0,0 0,6 0,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 98 ,8 10 0.0 60 Ch ari B ag uir mi 0,9 0,7 0,0 0,4 0,1 0,0 0,2 0,0 0,0 0,2 0,2 0,0 99 ,1 10 0.0 65 6 Gu éra 4,2 3,9 0,0 1,0 2,1 0,6 0,0 0,2 0,0 0,2 0,0 0,2 95 ,8 10 0.0 80 7 Ha dje r-L am is 0,3 0,3 0,0 0,0 0,2 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 99 ,7 10 0.0 94 4 Ka ne m 0,4 0,3 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,0 99 ,6 10 0.0 52 2 La c 0,1 0,1 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 99 ,9 10 0.0 71 6 Lo go ne O cc ide nta l 11 ,9 10 ,5 0,5 0,8 4,6 1,7 0,2 2,6 0,0 1,4 1,2 0,2 88 ,1 10 0.0 80 1 Lo go ne O rie nta l 12 ,8 11 ,3 1,3 0,2 2,7 3,6 0,5 3,0 0,1 1,5 1,5 0,0 87 ,2 10 0.0 1 2 47 Ma nd ou l 13 ,7 12 ,6 0,3 0,9 4,1 1,9 0,1 5,3 0,0 1,1 0,7 0,4 86 ,3 10 0.0 97 3 Ma yo K eb bi Es t 2,5 2,0 0,0 0,3 1,0 0,6 0,2 0,0 0,0 0,5 0,2 0,3 97 ,5 10 0.0 1 0 55 Ma yo K eb bi Ou es t 3,1 2,7 0,5 1,1 0,9 0,3 0,0 0,0 0,0 0,3 0,3 0,0 96 ,9 10 0.0 69 0 Mo ye n C ha ri 12 ,5 11 ,4 0,2 0,0 4,8 2,8 0,8 2,3 0,5 1,2 1,2 0,0 87 ,5 10 0.0 68 3 Ou ad da ï 1,9 1,1 0,0 0,0 0,4 0,5 0,0 0,2 0,0 0,8 0,8 0,0 98 ,1 10 0.0 70 3 Sa lam at 3,3 3,2 0,2 0,1 2,4 0,4 0,1 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1 96 ,7 10 0.0 29 6 Ta nd jilé 3,5 3,4 0,2 0,1 1,7 1,3 0,2 0,0 0,0 0,2 0,0 0,2 96 ,5 10 0.0 80 1 W ad i F ira 0,3 0,3 0,0 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 99 ,7 10 0.0 35 2 N’ Dj am én a 12 ,6 11 ,3 0,1 0,9 6,4 1,3 1,6 0,6 0,3 1,3 1,0 0,2 87 ,4 10 0.0 94 4 Ba rh El Ga za l 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 10 0,0 10 0.0 17 8 En ne di Es t E nn ed i Ou es t 0,2 0,2 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 99 ,8 10 0.0 62 Sil a 2,4 1,8 0,0 0,1 1,1 0,0 0,0 0,6 0,0 0,6 0,4 0,2 97 ,6 10 0.0 25 5 Ni ve au d’ ins tru cti on Au cu n 3,2 2,9 0,2 0,3 1,1 0,6 0,0 0,6 0,0 0,3 0,2 0,0 96 ,8 10 0.0 9 0 69 Pr im air e 8,7 7,8 0,2 0,4 2,6 2,3 0,0 2,2 0,1 0,9 0,6 0,2 91 ,3 10 0.0 2 8 81 Se co nd air e 15 ,1 13 ,1 0,4 0,7 7,2 1,4 1,8 1,3 0,2 1,9 1,8 0,1 84 ,9 10 0.0 1 2 26 Su pé rie u r 27 ,2 20 ,9 0,0 0,8 10 ,9 3,4 5,8 0,0 0,0 6,3 6,3 0,0 72 ,8 10 0.0 87 Qu int ile s d e b ien -êt re éc on om iqu e Le pl us ba s 4,5 3,8 0,2 0,2 1,1 0,8 0,2 1,4 0,0 0,7 0,6 0,2 95 ,5 10 0.0 2 5 01 Se co nd 4,3 4,1 0,5 0,3 1,3 1,2 0,1 0,8 0,1 0,2 0,2 0,0 95 ,7 10 0.0 2 8 04 Mo ye n 5,0 4,3 0,2 0,3 1,6 0,9 0,0 1,2 0,0 0,6 0,6 0,0 95 ,0 10 0.0 2 7 42 Qu atr ièm e 3,5 3,1 0,2 0,3 0,9 0,7 0,0 1,0 0,0 0,4 0,3 0,1 96 ,5 10 0.0 2 8 45 Le pl us él ev é 11 ,7 10 ,6 0,0 1,0 5,9 1,7 1,0 0,8 0,2 1,2 1,0 0,2 88 ,3 10 0.0 2 3 70 En se mb le 5,7 5,0 0,2 0,4 2,1 1,0 0,3 1,0 0,0 0,6 0,5 0,1 94 ,3 10 0.0 13 26 3 No te : S i p lus d’ un e m éth od e a ét é u tili sé e, se ule la pl us ef fic ac e e st pri se en co mp te da ns ce ta ble au . MA MA = Mé tho de de l’A lla ite me nt Ma ter ne l e t d e l ’Am én orr hé e. Planification familiale • 101 Le niveau d’instruction influence la prévalence contraceptive. En effet, qu’il s’agisse de la contraception moderne ou traditionnelle, la prévalence augmente de façon remarquable avec le niveau d’instruction : de 3,2 % parmi les femmes en union sans niveau d’instruction, la prévalence contraceptive toutes méthodes confondues passe à 15 % parmi celles ayant le niveau secondaire et à 27 % parmi celles ayant le niveau supérieur. En particulier, on remarque que cette augmentation de la prévalence avec le niveau d’instruction est due à une utilisation plus importante des injectables et du condom masculin, leur taux d’utilisation passant, pour les injectables, de 1 % parmi les femmes sans niveau d’instruction à 11 % parmi celles ayant le niveau supérieur et pour le condom de, respectivement, 0 % à 6 %. Les résultats selon les quintiles de bien-être économique montrent que la prévalence contraceptive augmente du quintile le plus bas au plus élevé, variant de 5 % à 12 % pour une méthode quelconque et de 4 % à 11 % pour une méthode moderne. C’est surtout l’utilisation des injectables qui varie le plus, passant de 1 % dans le quintile le plus bas à 6 % dans le plus élevé. Le Tableau 7.4.2 présente la prévalence contraceptive des femmes de 15-49 ans en union par méthode de contraception utilisée selon différentes sources (EDST-II de 2004 et EDS- MICS de 2014-2015). Entre 2004 et 2014-2015, le niveau de la prévalence contraceptive a augmenté, passant de 2 % à 6 %. Pour les seules méthodes modernes, la prévalence est passée de 2 % à 5 %. Les résultats par méthode montrent une augmentation de l’utilisation des injectables, la proportion d’utilisatrices étant passée de 0,5 % en 2004 à 2 % en 2014-2015. 7.3 SOURCES D’APPROVISIONNEMENT EN MÉTHODES CONTRACEPTIVES Au Tchad, la distribution des contraceptifs se fait dans le secteur public par le biais de la Centrale Pharmaceutique d’Achat (CPA) et les Pharmacies Régionales d’Achat (PRA) qui les acheminent vers les formations sanitaires. Cette distribution est faite de manière gratuite dans les centres de santé, les maternités et les hôpitaux régionaux. Dans le secteur privé, ce sont surtout les Organisations Non gouvernementales (ONG) et, en l’occurrence, l’ASTBEF qui assurent cette distribution. Pour obtenir les informations sur la source d’approvisionnement des méthodes modernes, les enquêtrices ont demandé aux utilisatrices d’indiquer l’endroit où elles se procurent leur méthode contraceptive. Les données du Tableau 7.5 révèlent que le secteur public est la principale source d’approvisionnement en méthodes contraceptives. Plus de sept femmes sur dix (72 %) se procurent des contraceptifs auprès du secteur médical public, essentiellement dans les centres de santé ou dispensaires (36 %) et les hôpitaux ou maternités (31 %) et, dans une moindre mesure, dans les pharmacies des hôpitaux ou des centres de santé (4 %). Le secteur médical privé approvisionne 12 % des utilisatrices et c’est l’ASTBEF qui joue le rôle le plus important (7 %). Enfin, dans 11 % des cas, les utilisatrices s’adressent au secteur non médical pour obtenir leur méthode, en majorité dans les boutiques, bars ou marchés (10 %). Tableau 7.4.2 Tendances de la prévalence contraceptive par méthode contraceptive Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans actuellement en union par méthode de contraception actuellement utilisée selon différentes sources Méthode EDST-II 2004 EDS-MICS 2014-2015 Une méthode quelconque 2,8 5,7 Une méthode moderne 1,6 5,0 Stérilisation féminine 0,2 0,2 Pilule 0,5 0,4 Injectables 0,5 2,1 Condom masculin 0,4 0,3 Autre méthode moderne 0,1 2,0 Une méthode traditionnelle 1,1 0,6 Rythme 1,1 0,5 Autre 0,0 0,1 N’utilise pas actuellement 97,2 94,3 Total 100,0 100,0 Effectif de femmes actuellement en union 4 663 12 263 102 • Planification familiale Tableau 7.5 Source d’approvisionnement des méthodes modernes Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes âgées de 15-49 ans par source d’approvisionnement la plus récente, en fonction de la méthode, Tchad 2014-2015 Source d’approvisionnement Pilule Injectables Implants Condom masculin Ensemble Secteur public 81,6 81,6 89,6 7,4 71,6 Hôpital/maternité 25,5 31,9 39,0 0,2 30,5 Hôpital militaire/garnison 0,0 1,0 0,7 0,0 0,8 Centre de santé/dispensaire 53,4 43,8 44,3 1,9 35,6 Polyclinique 0,0 0,3 0,6 0,0 0,3 Pharmacie de l’hôpital/centre de santé 2,7 4,6 5,0 5,3 4,4 Secteur médical privé 13,2 14,3 5,9 18,8 12,4 Hôpital privé 1,2 0,5 1,9 0,0 0,9 Clinique/cabinet médical 2,8 0,5 0,0 0,0 0,5 ASTBEF 5,4 9,0 2,7 11,7 7,2 Centre de santé privé 0,0 2,9 0,0 2,3 1,7 Centre de santé d’entreprise 0,0 0,6 0,0 0,0 0,3 Cabinet de soins/infirmière 0,0 0,2 0,0 0,0 0,1 Pharmacie/dépôt pharmaceutique 3,8 0,2 0,0 4,8 1,2 Autre 0,0 0,4 1,2 0,0 0,4 Autre médical 1,7 0,0 3,0 0,0 0,8 Pharmacie/centre de santé villageoise 1,7 0,0 3,0 0,0 0,8 Secteur non médical 1,5 0,4 0,0 60,6 10.8 Boutique/bar/marché 0,0 0,0 0,0 55,3 9,5 Secouriste 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 Vendeur ambulant 1,5 0,4 0,0 5,3 1,2 Autre 0,0 0,4 0,0 2,4 0,6 NSP 0,0 0,0 0,0 8,1 1,4 Manquant 1,9 3,2 1,5 2,8 2,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 62 317 160 120 699 Note : L’ensemble inclut 35 utilisatrices de la stérilisation, 6 utilisatrices du DIU et les utilisatrices d’autres méthodes modernes mais pas la Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA). Les sources d’approvisionnement des femmes varient selon la méthode. La grande majorité des utilisatrices de la pilule (82 %), des injectables (82 %) et des implants (90 %) se procurent leur méthode dans le secteur public, en majorité dans les hôpitaux/maternités et dans les centres de santé /dispensaires. Le secteur privé ne contribue que très peu dans l’approvisionnement des implants (6 %). Par contre, le rôle du secteur privé est plus important pour l’approvisionnement en condoms, surtout le secteur privé non médical (61 % contre 19 % pour le privé médical). Plus d’une utilisatrice du condom sur deux (55 %) se procurent les condoms dans des boutiques/bars ou marchés. L’analyse des tendances depuis 1996-97 montre que la proportion d’utilisatrices de méthodes modernes qui se procurent leur méthode dans le secteur public a augmenté, passant de 59 % à 72 %. 7.4 INFORMATION SUR LES EFFETS SECONDAIRES DES MÉTHODES CONTRACEPTIVES Le Tchad, en optant pour l’amélioration de la vie sexuelle et reproductive, s’est engagé à offrir des services basés sur les besoins et la satisfaction des clients. Cet engagement doit permettre aux individus et aux couples d’exercer leur droit de prendre des décisions en toute connaissance de cause et de leur plein gré pour tout ce qui touche la santé de la reproduction (Loi N0006 /PR/2002 portant promotion de la santé de la reproduction, dont le décret d’application n’est pas encore promulgué). Le Tableau 7.6 présente la répartition des utilisatrices actuelles de méthodes modernes, âgées de 15-49 ans, dont la dernière période d’utilisation d’une méthode a commencé au cours des cinq années ayant précédé Planification familiale • 103 l’enquête, selon qu’elles ont été informées des effets secondaires possibles ou des problèmes liés à cette méthode, de ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires ou de l’existence d’autres méthodes de contraception. Les résultats sont présentés, selon la méthode et la source initiale de la méthode. Tableau 7.6 Choix informé de la méthode Parmi les utilisatrices actuelles de méthodes modernes, âgées de 15-49 ans, dont la dernière période d’utilisation d’une méthode a commencé au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant été informé de possibles effets secondaires ou des problèmes liés à cette méthode ; pourcentage ayant été informé sur ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires et pourcentage ayant été informé de l’existence d’autres méthodes, selon la méthode et la source initiale de la méthode, Tchad 2014-2015 Parmi les utilisatrices actuelles de méthodes modernes dont la dernière période d’utilisation a commencé au cours des cinq années ayant précédé l’enquête : Méthode/source Pourcentage ayant été informé des effets secondaires ou des problèmes de la méthode utilisée Pourcentage ayant été informé sur ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires Pourcentage ayant été informé par un agent de santé ou de planification familiale d’autres méthodes qui peuvent être utilisées Effectif de femmes Méthode Stérilisation féminine * * * 15 Pilule (74,7) (63,7) (65,9) 53 DIU * * * 6 Injectables 64,8 54,3 74,8 294 Implants 69,7 55,7 76,0 150 Source initiale de la méthode1 Secteur public 68,6 57,8 74,6 443 Hôpital du gouvernement 66,3 56,9 72,8 185 Centre de santé du gouvernement * * * 5 Clinique de PF 68,8 57,2 75,6 231 Clinique mobile * * * 2 Agent de santé * * * 19 Secteur médical privé (70,6) (60,4) (66,3) 33 Médecin privé * * * 6 Hôpital/clinique privé * * * 5 Pharmacie * * * 21 Autre secteur privé * * * 4 Boutique * * * 4 Autre * * * 2 Manquant * * * 11 Ensemble 67,0 55,6 73,0 517 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Le tableau n’inclut que les utilisatrices de méthodes figurant sur la liste. 1 Source au moment où a commencé l’épisode d’utilisation de la méthode actuelle. Environ deux utilisatrices sur trois (67 %) ont été informées des effets secondaires ou des problèmes liés à l’utilisation de la méthode, un peu plus fréquemment quand la méthode utilisée est l’implant (70 % contre 65 % pour les injectables). Un peu plus d’une utilisatrice de méthodes modernes sur deux (56 %) a été informée de ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires. En outre, près des trois quarts (73 %) ont été informées par un agent de santé ou de planification familiale que d’autres méthodes existaient et qui pouvaient être utilisées. 7.5 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE La période féconde est liée au cycle d’ovulation dont la durée varie d’une femme à l’autre. Pour évaluer le niveau de connaissance des femmes de la période de fécondabilité au cours du cycle menstruel, il leur a été demandé si elles pensaient qu’au cours du cycle, il existait une période pendant laquelle elles avaient plus de chance de tomber enceinte et, si oui, à quel moment du cycle se situait cette période. La connaissance de cette période est particulièrement importante pour les femmes utilisatrices de la continence périodique (ou rythme) comme moyen contraceptif. Compte tenu de très nombreuses nuances que peuvent comporter les réponses à cette dernière question, on a regroupé les réponses en trois grandes catégories : 104 • Planification familiale • Connaissance : « Milieu du cycle/entre deux périodes de règle » ; • Connaissance douteuse : « Juste avant le début des règles », « Juste après la fin des règles ». Ces réponses sont très vagues pour pouvoir être considérées comme exactes mais, selon l’idée que se font les femmes du « Juste avant » et du « Juste après », elles peuvent correspondre à la période de fécondabilité ; • Méconnaissance : « Durant les règles », « Autre », « Pas de moment précis », « Ne sait pas » et « Manquant ». Selon les données du Tableau 7.7, on constate que la majorité des femmes ne connaissent pas la période pendant laquelle une femme a le plus de chance de tomber enceinte. En effet, un peu plus d’une femme sur quatre (29 %) a pu identifier correctement la période de fécondabilité, 18 % en ont une connaissance douteuse et 53 % n’ont aucune idée de l’existence d’une période particulière ou ne savent pas la situer correctement. Il faut noter que 50 % des utilisatrices de la méthode du rythme connaissent correctement la période de fécondabilité contre 29 % parmi celles qui ne l’utilisent pas. Tableau 7.7 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel selon l’utilisation actuelle de la méthode du rythme, Tchad 2014-2015 Connaissance de la période féconde Utilisatrices de la méthode du rythme Non utilisatrices de la méthode du rythme Ensemble des femmes Juste avant le début des règles 3,4 1,6 1,6 Durant les règles 5,8 1,6 1,6 Juste après la fin des règles 25,8 16,3 16,3 Au milieu du cycle/entre deux périodes de règles 49,7 28,8 28,9 Autre 0,0 0,1 0,1 Pas de moment précis 11,4 24,5 24,4 Ne sait pas 2,1 26,3 26,2 Manquant 1,8 0,8 0,8 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 75 17 644 17 719 La comparaison avec les résultats des précédentes EDS montrent que la proportion de femmes capables d’identifier correctement la période de fécondabilité a augmenté, cette proportion étant passée de 13 % en 1996- 1997 à 19 % en 2004 et à 29 % en 2014-2015. 7.6 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE Les femmes fécondes qui n’utilisent pas la contraception, mais qui souhaitent espacer leur prochaine naissance (espacement) ou qui ne veulent plus d’enfant (limitation) sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Plus précisément, les besoins non satisfaits pour espacer concernent : • les femmes qui courent un risque de tomber enceintes, qui n’utilisent pas la contraception et qui ne souhaitent pas tomber enceintes dans les prochaines années ou qui ne sont pas sûres de vouloir tomber enceintes ou du moment auquel elles voudraient tomber enceintes ; • les femmes enceintes dont la grossesse ne s’est pas produite au moment voulu ; Planification familiale • 105 • les femmes en aménorrhée post-partum pour une période d’au maximum deux ans à la suite d’une naissance qui ne s’est pas produite au moment voulu et qui n’utilisent pas de contraception. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent : • les femmes qui courent un risque de tomber enceinte, qui n’utilisent pas la contraception et qui ne souhaitent pas (plus) d’enfants ; • les femmes enceintes dont la grossesse n’est pas voulue ; • les femmes en aménorrhée post-partum pour une période de deux ans au maximum à la suite d’une grossesse non désirée et qui n’utilisent pas de contraception. Les femmes classées comme n’étant pas fécondes ne sont pas considérées comme ayant des besoins non satisfaits, car elles ne courent pas de risque de tomber enceintes. Au contraire, les femmes qui utilisent la contraception sont considérées comme ayant des besoins satisfaits. Les femmes qui utilisent la contraception et qui déclarent ne pas (plus) vouloir d’enfant sont considérées comme ayant des besoins satisfaits pour limiter. Celles qui utilisent la contraception et qui déclarent qu’elles veulent retarder la venue d’un enfant ou qui n’en sont pas sûres ou bien qui ne sont sûres de vouloir, ou non, un autre enfant ou du moment auquel elles le souhaitent sont considérées comme ayant des besoins satisfaits pour espacer. Les besoins non satisfaits, la demande totale, le pourcentage de demande satisfaite et le pourcentage de demande satisfaite par les méthodes modernes sont définis comme suit : • besoins non satisfaits : somme des besoins non satisfaits pour espacer et des besoins non satisfaits pour limiter ; • demande totale en planification familiale : somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale ; • pourcentage de demande satisfaite : utilisation contraceptive totale divisée par la somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale ; • pourcentage de demande satisfaite par les méthodes modernes : utilisation des méthodes contraceptives modernes divisée par la somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale. Le Tableau 7.8.1 présente le pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement en union, ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, le pourcentage de demande totale en planification familiale et le pourcentage de demande satisfaite selon certaines caractéristiques sociodémographiques. La proportion de femmes en union qui ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale est estimée à 23 %, soit 19 % pour l’espacement des naissances et 4 % pour la limitation. Ajoutée à la proportion d’utilisatrices actuelle (6 %), la demande totale en planification familiale atteint 29 %, soit 23 % pour espacer et 5 % pour limiter. Environ un cinquième de cette demande est satisfaite (20 %). Pour les seules méthodes modernes, la demande n’est satisfaite que dans 18 % des cas. 106 • Planification familiale Tableau 7.8.1 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de demande totale en planification familiale et pourcentage de demande selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisation actuelle) Demande totale en planification familiale1 Pourcentage de demande satisfaite2 Pourcentage de demande satisfaite par des méthodes modernes3 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Groupe d’âges 15-19 21,5 1,0 22,5 2,9 0,1 2,9 24,3 1,0 25,4 11,5 8,9 1 505 20-24 24,1 0,8 24,9 4,2 0,2 4,3 28,3 0,9 29,2 14,9 11,8 2 388 25-29 23,0 1,5 24,5 5,1 0,7 5,9 28,1 2,3 30,4 19,3 17,8 2 951 30-34 20,4 4,6 25,0 6,3 1,9 8,3 26,8 6,5 33,3 24,8 22,4 2 287 35-39 16,8 7,1 23,9 3,9 3,3 7,2 20,7 10,4 31,1 23,2 21,2 1 821 40-44 11,8 9,8 21,6 2,1 3,9 6,0 13,9 13,7 27,6 21,8 20,5 1 277 45-49 3,2 6,5 9,7 0,6 2,5 3,1 3,8 9,0 12,8 24,0 21,8 1 033 Résidence N’Djaména 24,0 5,6 29,6 10,0 2,6 12,6 34,0 8,2 42,1 29,8 26,7 944 Autres villes 20,3 3,9 24,2 7,4 3,0 10,4 27,7 6,9 34,6 30,1 27,4 1 678 Ensemble urbain 21,6 4,5 26,1 8,3 2,9 11,2 30,0 7,4 37,3 30,0 27,1 2 622 Rural 18,5 3,6 22,1 3,0 1,2 4,3 21,6 4,9 26,4 16,2 14,3 10 640 Région Batha 20,3 3,5 23,8 0,7 0,4 1,0 21,0 3,9 24,9 4,1 4,1 519 Borkou, Tibesti 22,1 2,3 24,4 1,2 0,0 1,2 23,3 2,3 25,6 4,9 4,9 60 Chari Baguirmi 24,0 5,6 29,6 0,7 0,2 0,9 24,7 5,8 30,5 2,9 2,2 656 Guéra 14,4 1,3 15,7 2,8 1,4 4,2 17,1 2,7 19,9 21,0 19,8 807 Hadjer-Lamis 18,6 2,8 21,4 0,0 0,3 0,3 18,6 3,1 21,7 1,5 1,5 944 Kanem 16,7 2,5 19,2 0,4 0,0 0,4 17,1 2,5 19,5 2,0 1,5 522 Lac 13,1 2,4 15,5 0,0 0,1 0,1 13,1 2,4 15,6 0,4 0,4 716 Logone Occidental 21,0 5,2 26,2 8,0 3,9 11,9 29,0 9,1 38,1 31,3 27,6 801 Logone Oriental 18,2 3,8 22,1 8,9 4,0 12,8 27,1 7,8 34,9 36,7 32,4 1 247 Mandoul 21,1 3,8 24,9 10,5 3,1 13,7 31,6 6,9 38,6 35,4 32,6 973 Mayo Kebbi Est 20,2 4,5 24,6 2,3 0,2 2,5 22,4 4,7 27,1 9,1 7,4 1 055 Mayo Kebbi Ouest 16,3 6,4 22,8 1,8 1,2 3,1 18,1 7,7 25,8 11,8 10,5 690 Moyen Chari 21,6 5,0 26,7 9,3 3,2 12,5 30,9 8,3 39,2 32,0 29,0 683 Ouaddaï 19,5 2,0 21,5 1,2 0,7 1,9 20,6 2,7 23,4 8,2 4,6 703 Salamat 20,9 2,5 23,4 2,3 1,0 3,3 23,2 3,5 26,7 12,4 12,1 296 Tandjilé 18,4 4,7 23,1 2,1 1,5 3,5 20,5 6,2 26,6 13,3 12,7 801 Wadi Fira 13,8 1,3 15,1 0,3 0,0 0,3 14,1 1,3 15,4 1,8 1,8 352 N’Djaména 24,0 5,6 29,6 10,0 2,6 12,6 34,0 8,2 42,1 29,8 26,7 944 Barh El Gazal 16,9 3,3 20,2 0,0 0,0 0,0 16,9 3,3 20,2 0,0 0,0 178 Ennedi Est, Ennedi Ouest 9,2 4,1 13,4 0,2 0,0 0,2 9,4 4,1 13,6 1,4 1,4 62 Sila 22,2 2,0 24,2 2,1 0,3 2,4 24,2 2,4 26,6 9,1 6,7 255 Niveau d’instruction Aucun 17,9 3,8 21,7 2,1 1,1 3,2 20,0 4,9 24,9 12,8 11,7 9 069 Primaire 20,9 4,5 25,4 6,4 2,3 8,7 27,3 6,8 34,1 25,6 23,0 2 881 Secondaire 23,9 2,4 26,3 11,8 3,3 15,1 35,6 5,8 41,4 36,4 31,8 1 226 Supérieur 24,7 1,5 26,2 23,5 3,6 27,2 48,2 5,1 53,4 50,9 39,2 87 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 19,4 3,8 23,2 3,7 0,8 4,5 23,1 4,7 27,7 16,3 13,6 2 501 Second 19,2 3,4 22,6 2,4 2,0 4,3 21,5 5,4 26,9 16,1 15,3 2 804 Moyen 17,7 3,7 21,3 3,5 1,5 5,0 21,1 5,1 26,3 18,9 16,5 2 742 Quatrième 17,9 3,8 21,7 2,7 0,8 3,5 20,6 4,6 25,2 13,9 12,4 2 845 Le plus élevé 21,9 4,5 26,4 8,9 2,8 11,7 30,9 7,3 38,1 30,8 27,7 2 370 Ensemble 19,1 3,8 22,9 4,1 1,6 5,7 23,2 5,4 28,6 19,8 17,6 13 263 Note : Les valeurs figurant dans ce tableau sont basées sur la définition révisée des besoins non satisfaits en matière de planification familiale décrite dans Bradley et al., 2012. 1 La demande totale équivaut à la somme des besoins non satisfaits et des besoins satisfaits en matière de planification familiale. 2 Le pourcentage de demande satisfaite équivaut aux besoins satisfaits divisés par la demande totale. 3 Les méthodes modernes comprennent la stérilisation féminine, la pilule, le DIU, les injectables, les implants, le condom masculin, le condom féminin et la Méthode de l’Allaitement maternel et de l’Aménorrhée (MAMA). Selon le groupe d’âges, le pourcentage de demande satisfaite varie d’un minimum de 12 % parmi les femmes de 15-19 ans à un maximum de 25 % parmi celles de 30-34 ans. La satisfaction de la demande contraceptive varie nettement avec le milieu de résidence et le niveau d’instruction de la femme. En effet, le pourcentage de la demande satisfaite est estimé à 30 % en milieu urbain contre 16 % en milieu rural. En fonction Planification familiale • 107 du niveau d’instruction, le pourcentage tend à augmenter avec le niveau d’instruction, de 13 % parmi les femmes sans niveau d’instruction à 51 % parmi celles ayant un niveau supérieur. On constate également des variations importantes entre les régions. Ainsi, les régions avec des pourcentages de demande satisfaite d’au moins 20 % sont dans l’ordre croissant : le Guéra (21 %), N’Djaména (30 %), le Logone Occidental (31 %), le Moyen Chari (32 %), le Mandoul (35 %) et le Logone Oriental (37 %). Dans les autres régions, ces proportions ne dépassent pas 13 %. Selon le quintile de bien-être économique, aucune tendance particulière ne se dégage. Cependant, c’est parmi les femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé que le pourcentage de demande satisfaite est le plus élevé (31 % contre un minimum de 14 % dans le quatrième quintile). Le Tableau 7.8.2 présente les mêmes informations pour l’ensemble des femmes et pour les femmes non en union et sexuellement actives. Dans l’ensemble, la proportion de femmes qui ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale est estimée à 19 %, soit 16 % pour l’espacement des naissances et 3 % pour la limitation. Ajoutée à la proportion d’utilisatrices actuelle (5 %), la demande totale en planification familiale atteint 24 %, soit 20 % pour espacer et 4 % pour limiter. Un peu plus d’un cinquième de cette demande est satisfaite (22 %). Pour les seules méthodes modernes, la demande est satisfaite dans 20 % des cas. Le pourcentage de demande satisfaite varie selon le groupe d’âges, d’un minimum de 16 % parmi les femmes de 15-19 ans à un maximum de 27 % parmi celles de 30-34 ans. La satisfaction de la demande contraceptive varie nettement avec le milieu de résidence et le niveau d’instruction de la femme. Le pourcentage de la demande satisfaite est estimé à 36 % en milieu urbain contre 17 % en milieu rural. En ce qui concerne le niveau d’instruction, on constate un écart très important entre les femmes sans niveau d’instruction dont la demande n’est satisfaite que dans seulement 14 % des cas et les femmes ayant un niveau d’instruction supérieur dont cette demande est satisfaite dans 62 % des cas. Les variations selon les régions sont également très importantes. En effet, c’est dans le Logone Occidental (33 %), N’Djaména (36 %), le Moyen Chari (38 %), le Mandoul (38 %), et le Logone Oriental (40 %) que le pourcentage de demande satisfaite est le plus élevé. À l’opposé, au Kanem (2 %), au Wadi Fira (2 %), dans l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest (1 %) et le Barh El Gazal (0 %), ce pourcentage est très faible. Selon les quintiles, les variations sont assez irrégulières et ne montrent pas de tendance. C’est néanmoins parmi les femmes du quintile le plus élevé que le pourcentage de demande satisfaite est le plus élevé (36 %) contre un minimum de 14 % dans le quatrième quintile. Parmi les femmes non en union sexuellement actives, la proportion de celles qui ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale est estimée à 57 %, soit 52 % pour l’espacement des naissances et 4 % pour la limitation. Ajoutée à la proportion d’utilisatrices actuelle (21 %), la demande totale en planification familiale atteint 77 %, soit 71 % pour espacer et 7 % pour limiter. Plus d’un quart de cette demande est satisfaite (27 %). Pour les seules méthodes modernes, la demande est satisfaite dans 24 % des cas. Les résultats pour ce sous-groupe de femmes font apparaître les mêmes variations selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction que celles observées pour l’ensemble des femmes et les femmes actuellement en union, à savoir un pourcentage de demande satisfaite nettement plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (39 % contre 10 %) et parmi les femmes instruites que parmi celles sans niveau d’instruction (29 % pour le primaire et 32 % pour le secondaire contre 9 % parmi celles sans niveau d’instruction). 108 • Planification familiale Tableau 7.8.2 Besoins en matière de planification familiale de l’ensemble des femmes et de celles non actuellement en union sexuellement actives Pourcentage de toutes les femmes de 15-49 ans et des femmes de 15-49 ans qui ne sont pas actuellement en union ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits, pourcentage de demande totale en planification familiale et pourcentage en planification familiale qui est satisfaite, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisation actuelle) Demande totale en planification familiale1 Pourcentage de demande satisfaite2 Pourcentage de demande satisfaite par des méthodes modernes3 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total ENSEMBLE DES FEMMES Groupe d’âges 15-19 11,1 0,5 11,6 2,2 0,0 2,2 13,3 0,5 13,8 16,0 14,0 3 934 20-24 21,3 0,6 21,9 5,0 0,3 5,3 26,3 0,9 27,2 19,4 16,4 3 059 25-29 21,4 1,5 22,9 5,6 0,8 6,4 27,0 2,3 29,3 21,7 20,0 3 250 30-34 18,8 4,3 23,1 6,5 2,1 8,6 25,3 6,4 31,7 27,1 24,7 2 566 35-39 15,1 6,4 21,5 3,9 3,2 7,1 19,0 9,6 28,6 24,8 23,0 2 060 40-44 10,1 8,5 18,6 2,2 3,9 6,1 12,3 12,5 24,7 24,6 23,4 1 504 45-49 2,5 5,4 7,9 0,7 2,0 2,6 3,2 7,4 10,6 25,1 22,3 1 347 Résidence N’Djaména 16,8 3,7 20,5 9,5 2,0 11,5 26,3 5,7 32,0 36,0 33,0 1 627 Autres villes 15,3 2,7 18,0 7,2 2,6 9,7 22,5 5,2 27,7 35,1 32,2 2 581 Ensemble urbain 15,9 3,1 18,9 8,1 2,4 10,4 24,0 5,4 29,4 35,5 32,5 4 209 Rural 15,5 3,0 18,5 2,7 1,0 3,8 18,2 4,0 22,2 17,0 15,2 13 510 Région Batha 16,6 3,0 19,6 0,6 0,3 0,9 17,2 3,2 20,5 4,4 4,4 691 Borkou, Tibesti 17,5 1,7 19,2 0,9 0,0 0,9 18,4 1,7 20,1 4,5 4,5 84 Chari Baguirmi 21,4 5,1 26,5 0,6 0,2 0,8 22,0 5,3 27,3 2,9 2,1 750 Guéra 12,3 1,1 13,4 2,5 1,1 3,6 14,8 2,2 17,0 21,1 20,0 1 003 Hadjer-Lamis 15,4 2,4 17,8 0,4 0,3 0,6 15,8 2,7 18,4 3,4 3,4 1 183 Kanem 12,9 1,9 14,8 0,3 0,0 0,3 13,2 1,9 15,1 1,9 1,5 689 Lac 9,8 1,7 11,6 0,1 0,0 0,1 9,9 1,8 11,7 1,0 1,0 978 Logone Occidental 16,2 3,7 19,9 6,4 3,2 9,6 22,7 6,9 29,6 32,5 29,2 1 151 Logone Oriental 15,0 2,9 17,9 8,6 3,1 11,7 23,7 6,0 29,6 39,5 35,6 1 662 Mandoul 17,9 3,0 20,9 9,4 3,2 12,6 27,3 6,2 33,5 37,6 34,6 1 238 Mayo Kebbi Est 17,3 3,9 21,2 2,0 0,2 2,2 19,3 4,0 23,3 9,3 7,5 1 302 Mayo Kebbi Ouest 13,0 5,0 18,0 1,8 1,0 2,8 14,8 6,1 20,9 13,6 12,4 956 Moyen Chari 16,4 3,5 19,9 9,1 3,0 12,1 25,4 6,6 32,0 37,8 34,2 972 Ouaddaï 15,6 1,5 17,1 1,2 0,6 1,8 16,8 2,1 18,9 9,4 6,0 912 Salamat 18,3 2,1 20,4 2,1 0,9 3,0 20,4 3,0 23,5 12,9 12,5 349 Tandjilé 16,2 3,6 19,8 2,0 1,1 3,0 18,2 4,7 22,9 13,3 12,7 1 073 Wadi Fira 12,9 1,2 14,2 0,2 0,0 0,2 13,2 1,2 14,4 1,6 1,6 459 N’Djaména 16,8 3,7 20,5 9,5 2,0 11,5 26,3 5,7 32,0 36,0 33,0 1 627 Barh El Gazal 14,9 2,7 17,6 0,0 0,0 0,0 14,9 2,7 17,6 0,0 0,0 233 Ennedi Est, Ennedi Ouest 9,8 3,1 12,9 0,1 0,0 0,1 9,9 3,1 13,0 1,0 1,0 87 Sila 17,9 1,6 19,5 1,8 0,3 2,0 19,7 1,9 21,5 9,5 6,8 320 Niveau d’instruction Aucun 15,3 3,2 18,6 1,9 1,0 2,9 17,3 4,2 21,5 13,6 12,4 11 060 Primaire 16,4 3,4 19,8 5,5 2,0 7,5 21,9 5,4 27,3 27,4 24,7 4 020 Secondaire 15,5 1,4 16,9 9,6 1,9 11,5 25,1 3,3 28,4 40,5 36,6 2 470 Supérieur 14,6 0,8 15,4 22,9 1,9 24,8 37,5 2,6 40,2 61,8 51,9 169 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 15,4 3,0 18,4 3,3 0,8 4,1 18,7 3,7 22,5 18,2 15,8 3 374 Second 16,4 2,9 19,2 2,3 1,8 4,1 18,7 4,6 23,3 17,4 16,5 3 450 Moyen 15,0 2,9 18,0 3,0 1,2 4,2 18,0 4,1 22,1 18,8 16,6 3 476 Quatrième 15,1 3,2 18,3 2,3 0,7 3,0 17,5 3,9 21,3 14,2 12,8 3 587 Le plus élevé 16,0 3,0 19,0 8,6 2,3 10,9 24,6 5,3 29,9 36,4 33,3 3 832 Ensemble 15,6 3,0 18,6 4,0 1,4 5,4 19,6 4,4 23,9 22,4 20,2 17 719 À suivre… Planification familiale • 109 Tableau 7.8.2—Suite Besoins non satisfaits en matière de planification familiale Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisation actuelle) Demande totale en planification familiale1 Pourcentage de demande satisfaite2 Pourcentage de demande satisfaite par des méthodes modernes3 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total FEMMES NON EN UNION SEXUELLEMENT ACTIVES4 Groupe d’âges 15-19 68,8 0,7 69,5 15,2 0,0 15,2 84,1 0,7 84,7 18,0 17,1 148 20-24 57,8 0,0 57,8 21,2 2,2 23,3 78,9 2,2 81,1 28,8 26,1 109 25-29 (26,4) (3,6) (30,0) (28,0) (3,5) (31,5) (54,4) (7,1) (61,5) (51,2) (44,5) 45 30-34 (40,8) (14,4) (55,2) (21,4) (4,4) (25,8) (62,2) (18,8) (81,0) (31,8) (28,1) 28 35-39 * * * * * * * * * * * 11 40-44 * * * * * * * * * * * 8 45-49 * * * * * * * * * * * 18 Résidence N’Djaména 50,4 5,4 55,8 24,8 1,9 26,7 75,2 7,3 82,5 32,4 30,5 82 Autres villes 43,1 3,0 46,1 28,8 6,0 34,8 71,9 9,0 80,9 43,0 38,0 120 Ensemble urbain 46,0 4,0 50,0 27,2 4,3 31,5 73,2 8,3 81,5 38,7 34,9 202 Rural 60,2 4,2 64,4 7,0 0,0 7,0 67,1 4,2 71,3 9,8 9,8 166 Région Batha * * * * * * * * * * * 15 Borkou, Tibesti * * * * * * * * * * * 2 Chari Baguirmi * * * * * * * * * * * 9 Guéra * * * * * * * * * * * 11 Hadjer-Lamis * * * * * * * * * * * 14 Kanem * * * * * * * * * * * 2 Lac * * * * * * * * * * * 2 Logone Occidental * * * * * * * * * * * 33 Logone Oriental * * * * * * * * * * * 30 Mandoul * * * * * * * * * * * 18 Mayo Kebbi Est * * * * * * * * * * * 14 Mayo Kebbi Ouest * * * * * * * * * * * 26 Moyen Chari * * * * * * * * * * * 33 Ouaddaï * * * * * * * * * * * 9 Salamat * * * * * * * * * * * 2 Tandjilé (56,7) (2,5) (59,1) (8,3) (0,0) (8,3) (65,0) (2,5) (67,4) (12,3) (12,3) 39 Wadi Fira (64,2) (7,5) (71,7) (0,5) (0,0) (0,5) (64,7) (7,5) (72,2) (0,7) (0,7) 15 N’Djaména 50,4 5,4 55,8 24,8 1,9 26,7 75,2 7,3 82,5 32,4 30,5 82 Barh El Gazal * * * * * * * * * * * 6 Ennedi Est, Ennedi Ouest * * * * * * * * * * * 4 Sila * * * * * * * * * * * 1 Niveau d’instruction Aucun 55,9 8,0 63,9 5,4 1,1 6,6 61,3 9,2 70,5 9,3 9,3 111 Primaire 46,0 5,4 51,4 15,8 5,3 21,1 61,8 10,7 72,5 29,1 25,8 98 Secondaire 58,0 0,6 58,6 25,4 1,6 27,1 83,4 2,2 85,7 31,6 29,6 143 Supérieur * * * * * * * * * * * 17 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 52,1 4,4 56,6 9,4 0,0 9,4 61,5 4,4 65,9 14,2 14,2 58 Second (58,0) (6,4) (64,4) (14,9) (0,0) (14,9) (72,9) (6,4) (79,3) (18,8) (18,8) 33 Moyen (68,8) (5,3) (74,1) (0,0) (0,0) (0,0) (68,8) (5,3) (74,1) (0,0) (0,0) 43 Quatrième (59,5) (3,3) (62,8) (5,0) (2,2) (7,2) (64,5) (5,5) (70,1) (10,3) (10,3) 50 Le plus élevé 45,7 3,4 49,1 29,2 4,2 33,4 74,9 7,6 82,5 40,5 36,4 183 Ensemble 52,4 4,1 56,5 18,1 2,4 20,5 70,5 6,5 76,9 26,6 24,4 367 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Les valeurs figurant dans ce tableau sont basées sur la définition révisée des besoins non satisfaits en matière de planification familiale décrite dans Bradley, et al., 2012. 1 La demande totale équivaut à la somme des besoins non satisfaits et des besoins satisfaits en matière de planification familiale. 2 Le pourcentage de demande satisfaite équivaut aux besoins satisfaits divisés par la demande totale. 3 Les méthodes modernes comprennent la stérilisation féminine, la pilule, le DIU, les injectables, les implants, le condom masculin, le condom féminin et la Méthode de l’Allaitement maternel et de l’Aménorrhée (MAMA). 4 Femmes ayant leurs derniers rapports sexuels dans les 30 jours qui ont précédé l’interview. 110 • Planification familiale 7.7 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION Les femmes qui n’utilisent pas la contraception au moment de l’enquête peuvent envisager de l’utiliser dans le futur. Pour connaître les intentions des femmes en matière d’utilisation d’une méthode contraceptive, on a demandé à celles qui n’utilisaient pas la contraception au moment de l’enquête, si elles avaient l’intention d’utiliser une méthode dans l’avenir. Selon les données du Tableau 7.9, on constate que 20 % des femmes ont l’intention d’utiliser dans l’avenir la contraception, 17 % sont indécises et 60 % n’en ont pas l’intention. La proportion de femmes qui ont l’intention d’utiliser la contraception augmente légèrement avec le nombre d’enfants, de 9 % parmi celles sans enfant à 23 % parmi celles en ayant trois. C’est parmi les femmes sans enfants et parmi celles en ayant au moins quatre que les proportions de celles qui n’ont pas l’intention d’utiliser la contraception sont les plus élevées (respectivement 65 % et 64 %). Tableau 7.9 Utilisation future de la contraception Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union, qui n’utilisent pas actuellement de méthode, par nombre d’enfants vivants et selon l’intention d’utiliser une méthode dans l’avenir, Tchad 2014-2015 Nombre d’enfants vivants1 Ensemble Intention 0 1 2 3 4+ A l’intention d’utiliser 8,9 20,1 22,9 23,0 18,7 19,7 Pas sûre 22,1 19,8 19,9 18,9 14,5 16,9 N’a pas l’intention d’utiliser 64,6 56,6 54,2 54,2 63,9 60,3 Manquant 4,4 3,5 2,9 3,8 2,9 3,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 535 1 611 1 786 1 709 6 872 12 513 1 Y compris la grossesse actuelle. Tendance La comparaison avec les résultats des EDS précédentes montre que depuis 1996-1997, la proportion de femmes non utilisatrices qui n’ont pas l’intention d’utiliser une méthode de contraception dans l’avenir a diminué, passant de 79 % en 1996-97 à 61 % en 2004 et à 60 % en 2014-2015. 7.8 SOURCES D’INFORMATION SUR LA PLANIFICATION FAMILIALE L’information constitue un moyen indispensable pour sensibiliser la population à la planification familiale. Elle constitue aussi un support important pour vulgariser et développer la pratique contraceptive. Pour cette raison, lors de la collecte des données, on a demandé aux femmes et aux hommes s’ils avaient entendu un message quelconque à la radio, à la télévision, dans les journaux durant le mois ayant précédé l’enquête. Les données du Tableau 7.10 révèlent que durant les mois ayant précédé l’enquête, 88 % (78 % en 2004 et 73 % en 1996-97) des femmes n’ont entendu ou vu aucun message à la radio, à la télévision ou dans un journal quelconque. Environ une femme sur dix (11 %) a déclaré avoir entendu un message sur la planification familiale à la radio, 5 % à la télévision et 4 % dans les journaux. Concernant les hommes, on constate qu’un peu plus des trois quarts (77 %) n’avaient ni entendu, ni vu aucun message à la radio, à la télévision ou dans les journaux. On remarque des disparités importantes selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes. En effet, si l’on considère l’âge, on remarque que la proportion de femmes qui ont entendu ou vu un message sur la planification décroît généralement avec l’âge : 13 % parmi les femmes de 15-19 ans, 12 % parmi celles de 30- 34 ans et 9 % parmi celles de 45-49 ans. Planification familiale • 111 Tableau 7.10 Exposition aux messages sur la planification familiale Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui, au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête, ont, soit entendu à la radio, soit vu à la télévision ou dans un journal ou un magazine, un message sur la planification familiale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Radio Télévision Journaux/ magazines Aucun des trois médias Effectif de femmes Radio Télévision Journaux/ magazines Aucun des trois médias Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 10,7 5,1 5,6 86,8 3 934 7,3 2,9 2,8 89,9 1 229 20-24 11,9 6,5 5,2 86,3 3 059 25,8 10,0 12,6 70,2 755 25-29 11,5 4,8 3,7 87,2 3 250 21,7 8,3 10,3 75,1 634 30-34 10,9 3,5 2,5 88,1 2 566 26,3 8,6 8,6 69,7 627 35-39 9,0 3,7 2,9 90,2 2 060 24,8 7,3 9,4 72,8 576 40-44 8,5 4,1 2,4 90,9 1 504 20,1 5,1 5,3 79,3 469 45-49 8,0 2,9 1,9 91,2 1 347 29,0 5,6 7,0 70,6 424 Résidence N’Djaména 33,0 23,9 17,6 59,6 1 627 41,6 26,3 26,2 51,3 570 Autres villes 21,7 10,4 9,2 76,1 2 581 31,0 13,1 13,6 64,5 847 Ensemble urbain 26,1 15,6 12,5 69,7 4 209 35,3 18,4 18,7 59,2 1 417 Rural 5,7 1,2 1,2 93,8 13 510 13,6 1,4 2,8 85,0 3 298 Région Batha 2,0 1,1 0,6 97,8 691 5,8 0,7 0,7 94,2 183 Borkou, Tibesti 1,7 2,1 0,9 96,0 84 12,9 15,0 5,0 81,3 15 Chari Baguirmi 7,4 3,4 1,0 92,5 750 5,6 2,3 0,6 93,6 186 Guéra 5,3 3,1 2,2 93,6 1 003 10,9 5,5 0,4 84,6 264 Hadjer-Lamis 6,2 2,8 0,2 93,0 1 183 5,5 1,1 5,3 91,1 294 Kanem 2,9 1,5 0,8 97,0 689 7,7 3,6 2,0 92,0 153 Lac 0,5 0,2 0,0 99,5 978 3,8 1,1 0,3 96,2 287 Logone Occidental 16,6 5,0 6,6 81,4 1 151 45,4 7,2 9,4 53,9 345 Logone Oriental 10,0 2,1 4,2 88,9 1 662 23,7 2,3 3,9 75,8 447 Mandoul 11,4 2,0 2,4 88,1 1 238 21,6 2,0 5,3 77,1 375 Mayo Kebbi Est 9,3 3,8 2,9 89,4 1 302 14,5 5,1 9,7 81,2 316 Mayo Kebbi Ouest 11,7 4,7 3,9 86,8 956 17,8 7,1 6,7 78,2 223 Moyen Chari 20,7 6,4 6,9 77,6 972 32,1 7,3 12,7 63,4 319 Ouaddaï 2,7 0,7 0,9 96,8 912 15,7 5,5 4,5 79,3 161 Salamat 4,1 1,4 1,1 95,8 349 11,9 0,1 2,2 87,2 90 Tandjilé 10,7 2,8 2,4 88,9 1 073 14,6 3,6 6,9 84,4 248 Wadi Fira 0,6 0,6 0,4 99,2 459 9,6 4,2 2,1 87,6 89 N’Djaména 33,0 23,9 17,6 59,6 1 627 41,6 26,3 26,2 51,3 570 Barh El Gazal 2,5 0,4 0,0 97,5 233 4,0 1,5 0,1 95,7 70 Ennedi Est, Ennedi Ouest 3,7 3,3 1,7 93,8 87 7,8 11,4 3,0 83,0 17 Sila 1,7 0,1 0,4 97,9 320 5,5 0,7 0,4 94,5 63 Niveau d’instruction Aucun 4,1 1,4 0,3 95,3 11 060 7,6 1,6 0,6 91,5 1 708 Primaire 12,1 3,8 2,4 86,5 4 020 17,6 1,9 2,1 81,6 1 252 Secondaire 32,9 17,2 19,3 62,5 2 470 30,3 11,4 13,5 64,6 1 565 Supérieur 64,4 55,0 52,4 24,4 169 65,0 41,5 57,7 23,8 190 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 4,0 0,4 1,1 95,4 3 374 14,1 1,2 1,6 85,3 700 Second 4,8 1,2 1,0 94,9 3 450 16,1 1,3 1,8 82,6 917 Moyen 5,7 1,2 1,3 93,7 3 476 11,9 0,6 3,5 87,1 939 Quatrième 7,6 1,6 1,4 91,9 3 587 12,3 2,6 4,0 86,0 840 Le plus élevé 28,5 17,5 13,6 66,7 3 832 36,8 19,7 20,0 56,5 1 319 Ensemble 15-49 10,5 4,6 3,9 88,0 17 719 20,1 6,5 7,6 77,2 4 715 50-59 na na na na na 21,7 2,5 7,8 76,4 533 Ensemble 15-59 na na na na na 20,3 6,1 7,6 77,1 5 248 na = Non applicable L’exposition à l’information sur la planification familiale varie nettement avec le milieu de résidence. La proportion de femmes qui ont entendu ou vu un message sur la planification est de 30 % dans l’ensemble du milieu urbain et seulement de 6 % en milieu rural. On note aussi des variations importantes selon les régions. Par exemple, à N’Djaména, 40 % des femmes ont été exposées au cours des derniers mois à des informations sur la planification familiale, Dans le Moyen Chari et dans le Logone Occidental, ces proportions sont de respectivement 22 % et 19 %. Par contre, dans le Batha ou le Sila, la quasi-totalité des femmes n’ont ni vu, ni 112 • Planification familiale entendu ou lu un message sur la planification familiale. Les résultats selon le quintile de bien-être économique mettent en évidence un écart entre le quintile le plus élevé où un tiers des femmes (33 %) ont eu accès à des informations sur la planification familiale et les autres dans lesquels la quasi-totalité n’ont été exposées à aucun message. De manière générale, les hommes sont plus exposés à l’information sur la planification familiale que les femmes (23 % contre 12 %). Pour les hommes comme pour les femmes, ce sont les plus instruits et ceux résidant dans les centres urbains, qui ont le plus accès à l’information. 7.9 CONTACT DES NON UTILISATRICES AVEC LES PRESTATAIRES DE PLANIFICATION FAMILIALE Le Tableau 7.11 présente, parmi les femmes de 15-49 ans qui n’utilisent pas de méthode contraceptive, le pourcentage de celles qui ont reçu, au cours des 12 derniers mois, la visite d’un agent de terrain qui leur a parlé de planification familiale, le pourcentage de celles qui ont visité un établissement de santé sans parler de planification familiale et le pourcentage de celles qui en ont visité un et qui ont parlé de planification familiale et enfin le pourcentage de femmes qui n’ont parlé de planification familiale ni avec un agent de santé, ni dans un établissement de santé. Les résultats sont présentés selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il ressort de ce tableau que dans l’ensemble, 88 % des femmes de 15-49 ans qui n’utilisent pas de méthode contraceptive n’ont parlé de planification familiale ni avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé. Dans 7 % des cas, les femmes ont reçu la visite d’un agent de terrain qui a parlé de la planification familiale, 8 % ont visité un centre de santé et ont parlé de la planification familiale et 27 % ont visité un établissement de santé mais n’ont pas parlé de planification familiale. Quelle que soit la caractéristique sociodémographique, les proportions de femmes qui n’ont pas parlé de planification familiale sont élevées. Tout au plus peut-on souligner que les femmes instruites ont plus fréquemment parlé de ce sujet que les femmes sans niveau d’instruction. Les résultats selon les régions montrent que c’est dans le Logone Occidental (67 %) et le Logone Oriental (75 %) que les proportions de femmes qui n’ont pas parlé de planification familiale ni avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé sont les plus faibles. Planification familiale • 113 Tableau 7.11 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des prestataires de planification familiale Parmi les femmes de 15-49 ans qui n’utilisent pas de méthode contraceptive, pourcentage de celles qui, au cours des 12 derniers mois, ont reçu la visite d’un agent de terrain qui leur a parlé de planification familiale, pourcentage qui ont visité un établissement de santé et parlé de planification familiale, pourcentage qui ont visité un établissement de santé mais qui n’ont pas parlé de planification familiale et pourcentage qui n’ont ni discuté de planification familiale avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Pourcentage de femmes qui ont reçu la visite d’un agent de terrain qui a parlé de planification familiale Pourcentage de femmes qui ont visité un établissement de santé au cours des 12 derniers mois et qui : Pourcentage de femmes qui n’ont parlé de planification familiale ni avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé Effectif de femmes Caractéristiques sociodémographiques Ont parlé de planification familiale N’ont pas parlé de planification familiale Groupe d’âges 15-19 4,7 4,1 20,8 92,8 3 847 20-24 7,9 11,1 31,8 84,6 2 897 25-29 8,6 9,7 30,7 85,8 3 043 30-34 8,9 11,8 28,8 84,5 2 346 35-39 8,0 9,5 29,1 86,4 1 914 40-44 6,0 7,2 24,3 90,5 1 412 45-49 6,2 6,1 25,4 91,1 1 311 Résidence N’Djaména 4,8 7,8 39,1 88,9 1 439 Autres villes 10,4 13,1 32,5 82,8 2 330 Ensemble urbain 8,3 11,1 35,0 85,1 3 770 Rural 6,8 7,7 25,0 88,7 13 001 Région Batha 1,5 1,2 9,5 97,7 684 Borkou, Tibesti 1,7 3,6 16,9 95,1 83 Chari Baguirmi 3,0 1,8 16,3 96,2 745 Guéra 5,8 9,0 36,0 89,4 967 Hadjer-Lamis 5,6 4,3 30,4 92,7 1 175 Kanem 5,7 5,3 19,4 93,4 687 Lac 2,8 1,9 21,7 96,5 976 Logone Occidental 19,7 24,1 18,8 67,3 1 040 Logone Oriental 17,0 19,9 29,8 74,8 1 468 Mandoul 11,4 12,7 28,1 81,9 1 083 Mayo Kebbi Est 8,3 5,6 28,9 87,8 1 274 Mayo Kebbi Ouest 5,1 6,9 33,4 89,1 929 Moyen Chari 9,4 9,6 39,2 85,2 854 Ouaddaï 1,0 3,0 18,8 96,1 896 Salamat 3,4 6,5 31,2 92,2 338 Tandjilé 3,2 10,7 34,0 86,8 1 041 Wadi Fira 4,2 1,2 14,0 94,8 458 N’Djaména 4,8 7,8 39,1 88,9 1 439 Barh El Gazal 4,2 1,2 15,2 94,9 233 Ennedi Est, Ennedi Ouest 2,8 2,0 10,7 95,4 86 Sila 3,9 5,5 20,9 92,3 314 Niveau d’instruction Aucun 5,4 6,4 23,4 90,9 10 737 Primaire 10,7 12,1 34,3 82,3 3 720 Secondaire 9,5 12,3 32,2 82,9 2 186 Supérieur 9,2 11,3 53,2 82,3 127 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 9,3 9,5 24,5 85,6 3 236 Second 6,3 7,4 26,5 89,1 3 310 Moyen 6,5 6,9 25,0 89,8 3 331 Quatrième 6,2 8,0 23,6 89,1 3 478 Le plus élevé 7,6 10,6 36,4 85,9 3 414 Ensemble 7,2 8,4 27,2 87,9 16 770 Santé de la reproduction • 115 SANTÉ DE LA REPRODUCTION 8 Atokare Alexis EDS-MICS 2014-2015 a permis de collecter un certain nombre d’informations sur la santé des mères et de leurs enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Par ailleurs, au cours de l’enquête actuelle, des questions ont été posées aux femmes pour savoir si elles avaient entendu parler ou non de la fistule obstétricale et si elles avaient eu ou si elles avaient actuellement ce genre de problème. Ce chapitre présente les résultats relatifs aux soins prénatals et postnatals et aux conditions d’accouchement ainsi que les résultats concernant la connaissance et la prévalence de la fistule obstétricale. Les résultats présentés dans ce chapitre permettent donc d’identifier les problèmes les plus importants en matière de santé maternelle et infantile et d’une manière générale en santé de la reproduction, définie par la loi N0006/PR/2002 du 15 avril 2002. En les comparants aux résultats des enquêtes précédentes, ils permettent l’évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé. L’ Principaux résultats • Près des deux tiers des femmes (64 %) ont reçu des soins prénatals par du personnel formé. Depuis 2004, cette proportion a nettement augmenté, passant de 43 % à 64 % en 2014-2015. • Parmi les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, 31 % ont effectué au moins 4 visites prénatales, comme recommandé. • Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, 81 % ont eu leur tension artérielle vérifiée, 54 % ont eu un examen sanguin et 44 % un examen d’urine. • La proportion de femmes dont l’accouchement s’est déroulé dans un établissement de santé est de 22 %. Par rapport à 2004, cette proportion a augmenté, passant de 13 % à 22 % en 2014-2015. • Durant la même période, la proportion de femmes dont l’accouchement a été assisté par du personnel formé est passée de 21 % en 2004 pour atteindre 24 % à l’enquête actuelle. • Dans l’ensemble, plus des trois quarts des femmes, 78 % n’ont pas reçu de soins postnatals ou des soins tardifs. • Environ un tiers des femmes (34 %) ont entendu parler de la fistule obstétricale. La proportion de femmes ayant déclaré souffrir actuellement ou avoir souffert de la fistule obstétricale est très faible : 2 %. • Environ un tiers des femmes qui souffrent ou qui ont souffert de la fistule obstétricale ont déclaré que ce problème était consécutif à un accouchement (35 %). • Environ un quart (26 %) des femmes a recherché un traitement ou a subi une opération chirurgicale. 116 • Santé de la reproduction 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET SOINS POSTNATALS 8.1.1 Soins prénatals La période prénatale est un moment propice pour proposer aux femmes des interventions et des informations qui amélioreront leur santé, leur bien-être, leur survie et celle de leur nourrisson. Pendant l’enquête, on a demandé aux femmes, pour la naissance vivante la plus récente ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, si au cours de la grossesse, elles avaient été en consultation prénatale. On a aussi enregistré le nombre de visites prénatales effectuées et la durée de grossesse au moment de la première visite, ainsi que le nombre d’injections antitétaniques qu’elles avaient reçues. Le Tableau 8.1 présente la répartition des femmes qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, par type de personnel consulté par la mère durant la grossesse la plus récente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il convient de rappeler que ces données ne portent que sur les dernières naissances de la période 0-59 mois ayant précédé l’enquête. Il faut également préciser que lors de l’enquête, toutes les catégories de personnel consulté par la mère pendant la grossesse ont été enregistrées, mais seule la personne la plus qualifiée a été retenue dans ce tableau. On observe que parmi les dernières naissances ayant eu lieu au cours des cinq dernières années, près des deux tiers (64 %) ont bénéficié de consultations prénatales auprès de professionnels de la santé (médecins, infirmières/sages-femmes, et matrones et agents de l’hôpital /centre de santé). Ces consultations ont été, dans leur grande majorité, effectuées par des infirmières/sages-femmes (48 %), dans une moindre proportion par des matrones et agents de l’hôpital/centre de santé (9 %) et par des médecins (7 %). Cependant, pour plus d’une naissance sur trois (35 %), les mères n’ont reçu aucun soin prénatal au cours de leur grossesse. Les résultats mettent également en évidence des disparités importantes selon les régions de résidence. Ainsi, dans les régions du Guéra, du Logone Occidental, du Logone Oriental, du Mandoul, du Mayo Kebbi Est, du Mayo Kebbi Ouest, du Moyen Chari, du Salamat, de la Tandjilé, de N’Djaména, du Barh El Gazal et du Sila, un peu plus de la moitié des dernières naissances ont fait l’objet de consultation prénatale auprès de personnel formé. À l’opposé, dans les régions du Batha, du Borkou et du Tibesti, du Chari Baguirmi, de Hadjer Lamis, du Lac, du Ouaddaï, de l’Ennedi Est et de l’Ennedi Ouest, plus de la moitié des femmes n’ont pas consulté un prestataire de santé pendant leur grossesse. En outre, la couverture en soins prénatals varie de façon très importante avec le niveau d’instruction des femmes. Globalement, la quasi-totalité des femmes instruites ont reçu des soins prénatals contre à peine une femme sans niveau d’instruction sur deux (52 %). Les résultats selon le niveau de bien-être économique ne font pas apparaître d’écarts entre les quatre premiers quintiles, mais la couverture des soins prénatals est nettement meilleure parmi les femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (85 %) que dans les autres (entre 58 % et 61 %). Santé de la reproduction • 117 Tableau 8.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par type de prestataire vu durant la grossesse pour la naissance la plus récente, et pourcentage de naissances les plus récentes pour lesquelles la mère a consulté un prestataire de soins de santé formé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Prestataire de soins prénatals Pas de soins prénatals Total Pourcentage ayant reçu des soins prénatals par un prestataire formé1 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Médecin Infirmière/ sage-femme Matrone et agent de l’hôpital/ centre de santé Accoucheuse traditionnelle formée Manquant Âge de la mère à la naissance <20 7,1 48,5 10,7 0,1 0,2 32,9 100,0 66,3 2 050 20-34 7,1 48,2 8,9 0,1 0,6 34,8 100,0 64,2 7 428 35-49 6,9 43,5 8,1 0,1 0,5 40,4 100,0 58,6 1 662 Rang de naissance 1 7,7 51,8 10,9 0,1 0,2 29,0 100,0 70,5 1 592 2-3 7,2 49,5 8,2 0,2 0,6 34,1 100,0 64,9 3 037 4-5 6,9 45,6 9,0 0,0 0,4 37,7 100,0 61,4 2 573 6+ 6,8 45,7 9,2 0,1 0,6 37,2 100,0 61,7 3 937 Résidence N’Djaména 19,4 62,8 2,6 0,0 1,8 12,9 100,0 84,8 786 Autres villes 5,9 68,7 8,4 0,0 0,6 16,3 100,0 83,0 1 441 Ensemble urbain 10,7 66,6 6,3 0,0 1,0 15,1 100,0 83,6 2 227 Rural 6,2 42,8 9,8 0,1 0,4 40,3 100,0 58,8 8 913 Région Batha 4,8 18,8 1,1 0,0 0,4 74,1 100,0 24,7 451 Borkou, Tibesti 10,3 29,9 1,1 0,1 0,0 58,5 100,0 41,4 43 Chari Baguirmi 5,6 19,2 1,5 0,0 0,4 72,5 100,0 26,3 538 Guéra 3,1 43,0 16,0 0,0 0,0 38,0 100,0 62,0 697 Hadjer-Lamis 6,5 30,9 10,3 0,0 0,2 52,1 100,0 47,7 760 Kanem 8,1 35,2 5,6 0,0 0,4 49,6 100,0 48,9 412 Lac 2,7 26,4 6,1 0,0 0,0 64,8 100,0 35,2 517 Logone Occidental 7,0 73,0 12,4 0,0 0,2 7,4 100,0 92,4 686 Logone Oriental 6,3 58,5 14,2 0,3 0,1 20,3 100,0 79,0 1 164 Mandoul 11,4 67,0 11,7 0,0 0,1 9,6 100,0 90,1 844 Mayo Kebbi Est 7,9 53,4 5,4 0,2 0,2 31,3 100,0 66,6 864 Mayo Kebbi Ouest 5,6 57,6 19,6 0,1 0,6 16,4 100,0 82,8 604 Moyen Chari 8,5 64,8 6,3 0,0 0,7 19,3 100,0 79,6 580 Ouaddaï 3,5 30,3 1,1 0,0 1,3 63,9 100,0 34,8 579 Salamat 3,5 54,2 1,2 0,0 0,7 40,4 100,0 58,9 251 Tandjilé 3,8 47,0 18,3 0,3 0,7 29,7 100,0 69,1 688 Wadi Fira 5,8 28,1 1,1 0,2 1,4 63,4 100,0 35,0 265 N’Djaména 19,4 62,8 2,6 0,0 1,8 12,9 100,0 84,8 786 Barh El Gazal 9,7 34,9 7,3 0,3 0,0 47,0 100,0 51,9 146 Ennedi Est, Ennedi Ouest 2,6 24,5 0,1 0,1 1,0 71,7 100,0 27,1 44 Sila 2,9 38,8 16,8 0,7 0,7 39,2 100,0 58,5 221 Niveau d’instruction Aucun 6,1 38,2 7,3 0,1 0,6 47,3 100,0 51,6 7 265 Primaire 8,2 61,6 14,6 0,1 0,4 14,8 100,0 84,5 2 648 Secondaire 8,8 72,9 8,7 0,0 0,3 8,7 100,0 90,4 1 160 Supérieur 34,3 64,5 0,0 0,0 0,0 1,2 100,0 98,8 67 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 6,3 43,8 9,2 0,1 0,3 40,2 100,0 59,2 2 286 Second 6,1 43,8 10,7 0,2 0,3 38,6 100,0 60,5 2 383 Moyen 5,5 43,5 9,8 0,1 0,5 40,2 100,0 58,8 2 258 Quatrième 6,5 42,1 9,1 0,1 0,5 41,3 100,0 57,7 2 230 Le plus élevé 11,6 67,3 6,4 0,0 0,9 13,4 100,0 85,4 1 983 Ensemble 7,1 47,6 9,1 0,1 0,5 35,3 100,0 63,7 11 140 Note : Si plus d’un prestataire de soins prénatals a été déclaré, seul le prestataire le plus qualifié est pris en compte dans ce tableau. 1 Les prestataires de soins de santé formés comprennent les médecins, les infirmières/sages-femmes, et les matrones et agents de l’hôpital /centre de santé. Pour être efficaces, les soins prénatals doivent être effectués à un stade précoce de la grossesse et, surtout, ils doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu’à l’accouchement. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande au moins quatre visites prénatales, à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Le Tableau 8.2 présente les données concernant le nombre de visites prénatales effectuées par les 118 • Santé de la reproduction femmes enceintes et le stade de la grossesse à la première visite. Pour seulement un peu moins d’une naissance sur trois (31 %), les mères ont effectué au moins les quatre visites recommandées. Pour un peu plus d’une naissance sur quatre (28 %), elles n’ont effectué que 2 ou 3 visites et dans 3 % des cas, elles n’en ont effectué qu’une seule. Par ailleurs, on constate que pour seulement 28 % des naissances, la première visite prénatale s’est effectuée avant 4 mois de grossesse. Pour un peu plus du tiers des naissances (35 %), la première visite n’a eu lieu qu’à 4 mois de grossesse ou plus, compromettant ainsi le nombre et l’espacement régulier des visites prénatales préconisés par l’OMS. La durée médiane de grossesse à la première visite s’établit à 4,2 mois. Cette durée médiane est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (4,4 contre 3,9). Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse à la première visite Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, selon le nombre de visites prénatales et selon le stade de la grossesse au moment de la première visite pour la naissance la plus récente; Parmi les femmes ayant effectué des visites prénatales, nombre médian de mois de grossesse à la première visite, par milieu de résidence, Tchad 2014-2015 Résidence Ensemble Visites prénatales N’Djaména Autres villes Rural Nombre de consultations prénatales Aucune 13,7 16,6 40,4 35,4 1 1,5 2,7 3,5 3,2 2-3 22,6 30,6 28,3 28,2 4+ 57,9 47,4 26,0 31,0 Ne sait pas/manquant 4,3 2,7 1,8 2,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de mois de grossesse à la première consultation prénatale Aucune consultation prénatale 13,7 16,6 40,4 35,4 <4 59,1 44,0 23,2 28,4 4-5 22,1 32,0 26,1 26,5 6-7 2,4 5,3 8,4 7,6 8+ 0,5 0,5 0,9 0,8 Ne sait pas/manquant 2,2 1,6 1,1 1,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 786 1 441 8 913 11 140 Nombre médian de mois de grossesse à la première visite prénatale (pour les femmes ayant reçu des soins prénatals) 3,5 3,9 4,4 4,2 Effectif de femmes ayant reçu des soins prénatals 678 1 202 5 311 7 192 Tendance La comparaison des résultats de l’enquête actuelle avec ceux des enquêtes précédentes fait apparaitre une amélioration des indicateurs de santé maternelle (Graphique 8.1). En effet, le pourcentage de femmes ayant reçu des soins prénatals par du personnel formé a globalement augmenté depuis 1996-1997, passant de 32 % à 43 % en 2004 et à 64 % en 2014-2015. En ce qui concerne les conditions d’accouchements, on note aussi une amélioration : la proportion de femmes ayant accouché en établissement sanitaire a augmenté, surtout entre 2004 et 2014-2015, la proportion étant passée de 11 % en 1996-1997 à 13 % en 2004 et à 22 % en 2014-2015. Par contre, les améliorations concernant l’assistance à l’accouchement ont été plus modestes, la proportion de femmes dont l’accouchement a été assisté par du personnel formé est passée de 24 % en 1996-1997 à 21 % en 2004 et à 24 % en 2014-2015. Dans ce domaine, la situation n’a guère changé depuis 1996-1997. Santé de la reproduction • 119 Graphique 8.1 Soins prénatals, lieu d’accouchement et assistance à l’accouchement selon l’EDST-I 1996-1997, L’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 8.1.2 Composants des visites prénatales L’efficacité des soins prénatals dépend non seulement de « l’exécution » d’un certain nombre d’examens, de la prise de suppléments de fer sous forme de comprimé ou de sirop et de médicaments contre les parasites intestinaux pendant les consultations, mais aussi de conseils qui sont prodigués aux femmes. Pour cette raison, l’EDS-MICS 2014-2015 a collecté des données sur ces aspects importants du suivi prénatal en demandant aux femmes si, au cours des visites prénatales, elles avaient été informées des signes révélateurs de complications de la grossesse, si certains examens médicaux (la prise de la tension artérielle et examens d’urine et de sang) avaient été effectués et également si on avait donné des médicaments (fer et médicaments contre les vers intestinaux). Ces résultats sont présentés au Tableau 8.3 selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Ils montrent que, parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, 55 % ont déclaré avoir pris du fer pendant la grossesse, sous forme de comprimés ou de sirop. On note des variations importantes. Globalement, les femmes instruites ont plus fréquemment reçu ce type de supplément que celles qui n’ont aucun niveau d’instruction (98 % pour le niveau supérieur et 73 % pour le primaire contre 44 % pour celles sans niveau d’instruction). De même, 79 % des femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé ont bénéficié de ce complément nutritionnel contre environ une femme sur deux dans les autres ménages. Enfin dans les régions, on remarque que si à N’Djaména ou dans le Logone Occidental, respectivement 79 % et 81 % des femmes ont reçu du fer pendant la grossesse, ces pourcentages ne sont que de 22 % dans le Batha et 25 % dans l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest. La proportion de femmes qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui ont pris des médicaments contre les parasites intestinaux est beaucoup plus faible que celle qui ont reçu des suppléments de fer (23 % contre 55 %). Les résultats mettent en évidence les mêmes types de variation que celles observées pour les suppléments de fer : c’est parmi les femmes sans instruction (18 %), celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas (18 %) et parmi celles de la région de Batha (6 %) que l’on note les proportions les plus faibles de femmes ayant reçu ces médicaments. Dans la Tandjilé, le Mayo Kebbi Ouest et le Mayo Kebbi Est, environ un tiers des femmes ont été traités contre les parasites intestinaux. 32 11 24 43 13 21 64 22 24 Soins prénatals par du personnel formé Naissances en établissement sanitaire Naissances assistées par du personnel formé Pourcentage EDST-I 1996-1997 EDST-II 2004 EDS-MICS 2014-2015 120 • Santé de la reproduction Tableau 8.3 Composants des visites prénatales Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant pris des suppléments de fer, sous forme de comprimés ou de sirop, et des médicaments contre les parasites intestinaux au cours de la grossesse la plus récente ; parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage ayant effectué certains examens prénatals, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Parmi les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage qui, durant la grossesse la plus récente, ont pris : Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage qui : Caractéristique sociodémographique Du fer sous forme de comprimés ou de sirop Des médicaments contre les parasites intestinaux Effectif de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années Ont été informées des signes de complication de la grossesse Ont eu leur tension artérielle vérifiée Ont eu un prélèvement d’urine Ont eu un prélèvement de sang Effectif de femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente Âge de la mère à la naissance <20 57,3 22,7 2 050 42,4 77,8 44,5 55,7 1 375 20-34 55,1 23,6 7 428 46,4 80,7 44,1 54,2 4 831 35-49 52,8 22,9 1 662 51,7 84,9 44,9 52,6 985 Rang de naissance 1 60,7 24,4 1 592 43,6 79,2 46,8 57,2 1 130 2-3 56,5 24,4 3 037 47,4 79,9 47,4 58,6 1 998 4-5 52,6 22,8 2 573 47,1 80,5 41,9 50,9 1 600 6+ 53,6 22,4 3 937 46,4 82,2 42,2 51,5 2 463 Résidence N’Djaména 78,5 28,2 786 55,7 92,9 79,9 82,8 678 Autres villes 76,5 35,5 1 441 53,5 88,2 57,4 67,6 1 202 Ensemble urbain 77,2 32,9 2 227 54,3 89,9 65,5 73,1 1 880 Rural 49,7 20,9 8 913 43,6 77,5 36,8 47,6 5 311 Région Batha 21,9 6,3 451 35,4 69,4 29,7 34,1 116 Borkou, Tibesti 33,1 17,1 43 63,5 90,0 71,0 64,2 18 Chari Baguirmi 23,0 12,1 538 53,2 82,3 53,7 57,7 147 Guéra 56,4 26,7 697 44,7 84,2 34,9 42,6 432 Hadjer-Lamis 39,9 16,8 760 48,9 86,7 56,4 65,4 362 Kanem 44,0 19,0 412 30,9 85,8 27,8 26,8 207 Lac 30,3 11,5 517 15,1 82,6 32,9 41,4 182 Logone Occidental 81,3 28,1 686 49,4 79,2 40,2 58,3 633 Logone Oriental 67,8 25,0 1 164 47,2 76,9 33,8 47,0 928 Mandoul 66,5 28,1 844 39,6 79,8 36,2 54,2 763 Mayo Kebbi Est 60,1 32,3 864 48,4 77,9 40,0 41,2 594 Mayo Kebbi Ouest 74,8 34,4 604 55,2 79,4 36,9 50,1 505 Moyen Chari 63,8 26,1 580 41,2 81,5 57,4 68,4 464 Ouaddaï 30,9 10,9 579 44,7 72,5 36,4 49,1 209 Salamat 49,9 24,8 251 43,0 72,2 59,2 67,4 150 Tandjilé 62,4 32,5 688 52,9 78,4 41,5 51,9 484 Wadi Fira 29,5 15,5 265 53,0 72,1 55,5 54,8 97 N’Djaména 78,5 28,2 786 55,7 92,9 79,9 82,8 678 Barh El Gazal 45,2 14,4 146 21,8 81,0 33,3 33,5 78 Ennedi Est, Ennedi Ouest 25,3 20,5 44 69,3 89,7 66,2 56,2 12 Sila 55,3 20,1 221 48,7 78,1 42,4 56,7 134 Niveau d’instruction Aucun 43,9 18,4 7 265 43,6 79,7 42,9 50,8 3 815 Primaire 72,7 30,4 2 648 47,4 79,5 39,1 52,6 2 252 Secondaire 83,5 36,9 1 160 53,1 85,7 57,0 67,5 1 059 Supérieur 97,5 38,5 67 65,2 100,0 95,6 95,0 66 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 49,1 17,8 2 286 42,3 74,9 33,0 46,6 1 366 Second 50,2 21,3 2 383 44,2 74,6 37,0 47,6 1 461 Moyen 50,9 22,6 2 258 45,1 79,2 36,5 47,0 1 347 Quatrième 50,4 22,6 2 230 45,2 82,8 42,9 52,4 1 309 Le plus élevé 78,6 33,8 1 983 53,4 90,2 66,7 73,1 1 708 Ensemble 55,2 23,3 11 140 46,4 80,7 44,3 54,2 7 192 En outre, parmi les femmes ayant bénéficié de soins prénatals pour la naissance la plus récente, moins d’une sur deux (46 %) a été informée des signes de complications de la grossesse au cours des visites prénatales. Dans la région du Lac, cette proportion est beaucoup plus faible (15 %). On note également que les femmes du Santé de la reproduction • 121 milieu urbain (54 %), les femmes les plus instruites (65 %) et celles des ménages du quintile le plus élevé (53 %) ont plus fréquemment reçu ce type d’informations que les autres. Concernant les examens médicaux, on relève que la tension artérielle a été vérifiée pour 81 % des femmes ayant reçu des soins prénatals. Par ailleurs, un prélèvement d’urine a été effectué dans 44 % des cas et un prélèvement sanguin dans 54 %. Globalement, depuis la dernière enquête de 2004, on ne note pas d’améliorations importantes dans le contenu des soins prénatals, sauf pour le prélèvement sanguin qui avait été effectué parmi 39 % des femmes ayant reçu des soins prénatals contre 54 % à l’enquête actuelle. 8.1.3 Vaccination antitétanique Le tétanos néonatal est l’une des principales causes de décès des nouveau-nés dans les pays en développement. Pour protéger la mère et son enfant, le ministère de la Santé Publique recommande l’administration d’au moins deux doses de vaccin antitétanique aux femmes enceintes. Pour une protection complète de la mère et de l’enfant, il faut deux injections au cours de la grossesse, avec au moins 30 jours d’intervalle, ou bien une seule injection, si la mère a déjà été vaccinée lors de la grossesse précédente. Au Tableau 8.4 figurent les résultats sur la vaccination antitétanique (VAT) reçue par les mères pour les naissances d’enfants derniers-nés ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Les données du Tableau 8.4 révèlent que seulement 50 % des femmes ont reçu, au moins, deux injections antitétaniques au cours de la grossesse pour la naissance vivante la plus récente au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Le pourcentage de femmes dont la dernière naissance vivante a été protégée contre le tétanos néonatal est de 56 %. Les résultats selon l’âge de la mère à la naissance de l’enfant ne font pas apparaître d’écart. Il en est de même du rang de naissance. Par contre, la couverture antitétanique varie nettement selon le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique et on note aussi des écarts importants selon les milieux et les régions de résidence. En effet, si en milieu urbain, 72 % des femmes ont reçu une protection complète contre le tétanos néonatal, cette proportion n’est que de 52 % en milieu rural. De même, 80 % des femmes de niveau d’instruction secondaire et 77% de celles ayant un niveau supérieur ont été protégées contre le tétanos néonatal au cours de la grossesse de leur dernière naissance contre seulement 45 % parmi celles sans aucun niveau d’instruction. Enfin, on note, bien que les variations soient irrégulières, que la proportion de femmes dont la dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal a tendance à augmenter du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 53 % à 74 %. Les résultats selon les régions montrent que dans le Logone Oriental (71 %), le Logone Occidental (73 %) le Mayo Kebbi Ouest (73 %), la Tandjilé (74 %), N’Djaména (75 %) et le Mandoul (77 %), au moins 70 % des femmes ont reçu la vaccination antitétanique néonatale. À l’opposé, dans l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest et le Batha, la couverture vaccinale antitétanique n’atteint pas 25 %. 122 • Santé de la reproduction Tableau 8.4 Vaccination antitétanique Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant reçu, au moins, deux injections antitétaniques au cours de la grossesse pour la naissance vivante la plus récente et pourcentage dont la dernière naissance vivante a été protégée contre le tétanos néonatal, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristiques sociodémographiques Pourcentage ayant reçu deux injections ou plus durant la dernière grossesse Pourcentage dont la dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal1 Effectif de femmes Âge de la mère à la naissance <20 51,0 54,7 2 050 20-34 50,4 56,2 7 428 35-49 48,7 54,6 1 662 Rang de naissance 1 52,9 56,3 1 592 2-3 50,8 56,8 3 037 4-5 48,6 53,7 2 573 6+ 49,9 55,9 3 937 Résidence N’Djaména 70,3 75,2 786 Autres villes 65,5 70,7 1 441 Ensemble urbain 67,2 72,2 2 227 Rural 46,0 51,5 8 913 Région Batha 17,0 21,5 451 Borkou, Tibesti 33,1 37,0 43 Chari Baguirmi 20,2 24,9 538 Guéra 51,7 55,5 697 Hadjer-Lamis 39,7 44,3 760 Kanem 38,8 41,9 412 Lac 26,5 27,8 517 Logone Occidental 68,3 72,6 686 Logone Oriental 65,7 71,1 1 164 Mandoul 66,0 77,0 844 Mayo Kebbi Est 46,5 53,7 864 Mayo Kebbi Ouest 64,1 72,5 604 Moyen Chari 59,1 65,4 580 Ouaddaï 26,1 28,2 579 Salamat 51,4 54,0 251 Tandjilé 63,6 74,0 688 Wadi Fira 27,5 29,3 265 N’Djaména 70,3 75,2 786 Barh El Gazal 35,4 39,2 146 Ennedi Est, Ennedi Ouest 22,0 23,8 44 Sila 50,6 52,5 221 Niveau d’instruction Aucun 40,9 45,1 7 265 Primaire 65,5 73,4 2 648 Secondaire 72,9 80,0 1 160 Supérieur 71,7 77,1 67 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 47,2 52,5 2 286 Second 48,7 54,9 2 383 Moyen 44,3 50,1 2 258 Quatrième 44,6 49,1 2 230 Le plus élevé 68,7 74,0 1 983 Ensemble 50,2 55,7 11 140 1 Y compris les femmes ayant reçu deux injections au cours de la grossesse de leur dernière naissance ou, au moins, deux injections (la dernière ayant été effectuée au cours des trois années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, trois injections (la dernière ayant été effectuée au cours des cinq années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, quatre injections (la dernière ayant été effectuée au cours des dix années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, cinq injections à n’importe quel moment avant la dernière naissance. Santé de la reproduction • 123 8.2 ACCOUCHEMENT 8.2.1 Lieu d’accouchement Parmi les naissances ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, près de huit sur dix (77 %) ont eu lieu à la maison (Tableau 8.5). Ce résultat cache des disparités et on constate des écarts importants en fonction des caractéristiques sociodémographiques. En effet, en milieu rural, parmi les femmes sans instruction et parmi celles dont le ménage appartient au quintile le plus pauvre, au moins 85 % ont accouché à domicile. Par contre, à N’Djaména, parmi les femmes ayant au moins un niveau secondaire ou supérieur et parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé, plus de la moitié ont accouché dans un établissement sanitaire. On constate également que les proportions de femmes ayant accouché dans un établissement de santé diminuent au fur et à mesure que le rang de naissance augmente (de 30 % pour le rang 1 à 21 % pour le rang 6 ou plus). Au niveau de la région de résidence, les résultats font apparaître un écart entre N’Djaména et les autres régions, la proportion de femmes ayant accouché à la maison variant de 30 % à N’Djaména à 70 % et plus dans les autres régions. Dans la région du Lac, la quasi-totalité des femmes ont accouché à la maison (96 %). Le nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes influence nettement le lieu d’accouchement. En effet, seulement 4 % des femmes qui n’ont effectué aucune visite prénatale ont accouché dans un établissement sanitaire. Par contre parmi les femmes qui ont effectué 1 à 3 visites, cette proportion est de 27 % et elle atteint un maximum de 42 % quand les femmes en ont effectué 4 visites ou plus. Le Graphique 8.2 présente les pourcentages de femmes selon la durée du séjour dans l’établissement sanitaire après la naissance. On constate qu’environ six femmes sur dix sont restées moins de six heures dans l’établissement de santé après un accouchement normal. Quand l’accouchement a eu lieu par césarienne, la durée du séjour est nettement plus longue puisque pour 53 % des femmes ayant accouché par césarienne, la durée du séjour a été de trois jours ou plus. Graphique 8.2 Durée du séjour de la mère dans l’établissement de santé après la naissance 62 30 9 5 1 1 19 12 6 53 Naissance par voie normale Césarienne Pourcentage <6 heures 6-11 heures 12-23 heures 1-2 jours 3+ jours EDS-MICS 2014-2015 124 • Santé de la reproduction Tableau 8.5 Lieu de l’accouchement Répartition (en %) des naissances vivantes survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par lieu d’accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Établissement de santé Maison Autre Manquant Total Pourcentage dont l’accouchement s’est déroulé dans un établissement de santé Effectif de naissances Caractéristique sociodémographique Secteur public Secteur privé Age de la mère à la naissance <20 22,1 1,0 75,8 0,2 0,9 100,0 23,1 3 641 20-34 20,1 1,2 77,8 0,1 0,7 100,0 21,3 12 698 35-49 21,1 0,5 77,5 0,1 0,8 100,0 21,6 2 296 Rang de naissance 1 27,9 1,8 69,3 0,2 0,7 100,0 29,8 2 850 2-3 19,5 1,4 78,0 0,2 1,0 100,0 20,9 5 379 4-5 18,2 0,8 80,1 0,2 0,7 100,0 19,1 4 409 6+ 19,9 0,6 78,7 0,1 0,7 100,0 20,5 5 997 Visites prénatales1 Aucune 3,8 0,1 95,5 0,1 0,4 100,0 3,9 3 948 1-3 25,6 1,0 73,1 0,3 0,0 100,0 26,6 3 506 4+ 38,9 2,9 57,9 0,3 0,0 100,0 41,8 3 452 Ne sait pas/manquant 33,7 2,1 64,2 0,0 0,0 100,0 35,8 234 Résidence N’Djaména 60,4 6,6 30,3 0,2 2,5 100,0 67,0 1 307 Autres villes 43,5 2,3 53,5 0,1 0,6 100,0 45,8 2 358 Ensemble urbain 49,5 3,9 45,2 0,2 1,2 100,0 53,4 3 665 Rural 13,5 0,4 85,3 0,1 0,6 100,0 13,9 14 969 Région Batha 7,9 0,1 91,3 0,0 0,7 100,0 8,0 844 Borkou, Tibesti 16,7 0,3 81,3 0,1 1,6 100,0 17,0 76 Chari Baguirmi 10,1 0,1 88,3 0,5 1,0 100,0 10,2 871 Guéra 14,5 0,0 85,3 0,1 0,1 100,0 14,5 1 183 Hadjer-Lamis 12,4 0,0 87,6 0,0 0,0 100,0 12,4 1 286 Kanem 5,2 0,1 94,3 0,0 0,5 100,0 5,2 694 Lac 4,0 0,0 96,0 0,0 0,0 100,0 4,0 834 Logone Occidental 27,8 1,3 70,0 0,1 0,8 100,0 29,1 1 118 Logone Oriental 23,8 3,1 72,1 0,1 0,9 100,0 27,0 1 923 Mandoul 28,1 0,4 70,1 0,3 1,1 100,0 28,5 1 382 Mayo Kebbi Est 20,6 0,3 78,0 0,1 1,0 100,0 20,9 1 438 Mayo Kebbi Ouest 24,7 0,0 74,0 0,2 1,1 100,0 24,7 1 038 Moyen Chari 27,0 1,5 70,9 0,3 0,4 100,0 28,4 924 Ouaddaï 11,2 0,2 87,6 0,3 0,7 100,0 11,4 991 Salamat 15,6 0,5 83,5 0,1 0,4 100,0 16,0 426 Tandjilé 21,4 1,1 77,1 0,2 0,2 100,0 22,5 1 153 Wadi Fira 7,3 0,0 92,4 0,0 0,3 100,0 7,3 434 N’Djaména 60,4 6,6 30,3 0,2 2,5 100,0 67,0 1 307 Barh El Gazal 6,4 0,0 93,3 0,0 0,3 100,0 6,4 235 Ennedi Est, Ennedi Ouest 9,9 0,0 89,7 0,0 0,4 100,0 9,9 70 Sila 11,2 0,2 87,2 0,3 1,1 100,0 11,4 408 Niveau d’instruction de la mère Aucun 14,0 0,4 84,8 0,1 0,6 100,0 14,4 12 224 Primaire 25,8 1,1 71,7 0,2 1,1 100,0 26,9 4 539 Secondaire 50,4 4,3 44,4 0,1 0,8 100,0 54,6 1 778 Supérieur 64,6 26,7 8,7 0,0 0,0 100,0 91,3 93 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 12,5 0,5 85,9 0,2 0,9 100,0 12,9 3 856 Second 14,3 0,5 84,4 0,1 0,6 100,0 14,8 4 024 Moyen 13,8 0,1 85,3 0,2 0,6 100,0 13,9 3 820 Quatrième 14,9 0,7 83,8 0,1 0,5 100,0 15,6 3 712 Le plus élevé 52,8 4,3 41,5 0,2 1,2 100,0 57,1 3 223 Ensemble 20,6 1,1 77,4 0,2 0,8 100,0 21,7 18 635 1 Concerne seulement la naissance la plus récente ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Santé de la reproduction • 125 8.2.2 Assistance à l’accouchement Le Tableau 8.6 présente la répartition des naissances ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, par type d’assistance à l’accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques des mères. On constate tout d’abord que 24 % des naissances des cinq dernières années ont été assistées par un professionnel de la santé : dans la majorité des cas, ce sont des infirmières/sages-femmes (18%) qui ont aidé à l’accouchement, les matrones et agents de l’hôpital/centre de santé et les médecins n’intervenant que pour une part négligeable (respectivement, 4 % et 2 %). À l’opposé, on relève que dans sept cas sur dix, les accouchements ont été assistés par du personnel non qualifié comprenant, dans 10 % des cas, les accoucheuses traditionnelles formées, dans 48 % des cas les accoucheuses traditionnelles non formées et, dans 12 % des cas, les Agent de santé communautaire/villageoise/Autres. Les accouchements qui se sont déroulés sans assistance représentent 5 %. Une proportion très faible d’accouchements (1 %) ont eu lieu par césarienne. Tableau 8.6 Assistance durant l’accouchement Répartition (en %) des naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par type d’assistance durant l’accouchement, pourcentage de naissances assistées par un prestataire de soins de santé formé et pourcentage de naissances ayant nécessité une césarienne, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Personne ayant assisté l’accouchement : Pourcen- tage dont l’accouche- ment a été assisté par un prestataire formé1 Pourcen- tage accouché par césarienne Effectif de naissances Caractéristique sociodémographique Médecin Infirmière/ Sage- femme Matrone et agent de l’hôpital/ centre de santé Accou- cheuse tradition- nelle formée Accou- cheuse tradition- nelle non formée Agent de santé commu- nautaire/ villa- geoise/ Autre Personne Ne sait pas/ Manquant Total Âge de la mère à la naissance <20 1,7 19,5 3,9 9,4 46.5 14.7 3,2 1,1 100,0 25,1 1,4 3 641 20-34 2,2 17,8 4,2 9,4 48.5 11.6 5,6 0,8 100,0 24,1 1,3 12 698 35-49 2,2 17,9 4,3 10,9 45.0 11.0 8,0 0,9 100,0 24,3 2,0 2 296 Rang de naissance 1 3,1 23,8 5,5 9,1 40.9 14.3 2,3 0,9 100,0 32,5 2,6 2 850 2-3 2,0 18,1 3,2 8,9 48.5 13.4 4,7 1,1 100,0 23,3 1,2 5 379 4-5 1,9 15,9 4,1 9,5 51.5 10.7 5,6 0,7 100,0 21,9 1,3 4 409 6+ 1,9 17,0 4,3 10,4 47.2 11.0 7,4 0,8 100,0 23,2 1,1 5 997 Visites prénatales2 Aucune 0,4 3,1 0,9 5,3 66.4 15.4 8,0 0,4 100,0 4,4 0,2 3 948 1-3 2,0 22,7 5,9 12,2 40.7 10.7 5,5 0,1 100,0 30,7 1,2 3 506 4+ 4,5 34,7 6,1 11,1 30.6 9.5 3,5 0,0 100,0 45,3 3,2 3 452 Ne sait pas/ manquant 3,9 25,9 11,3 2,9 38.6 10.4 7,1 0,0 100,0 41,1 1,5 234 Lieu d’accouchement Établissement de santé 9,3 76,0 12,9 1,0 0.5 0.1 0,1 0,2 100,0 98,1 6,4 4 045 Ailleurs 0,1 2,1 1,7 12,1 61.3 15.6 7,0 0,2 100,0 3,9 0,0 14 448 Manquant 0,7 3,0 0,0 0,7 2.7 1.9 1,6 89,5 100,0 3,7 0,0 142 Résidence N’Djaména 11,9 57,9 3,3 4,7 12.6 4.3 2,4 2,8 100,0 73,2 6,7 1 307 Autres villes 2,5 43,1 5,0 8,1 29.1 7.9 3,8 0,6 100,0 50,6 2,2 2 358 Ensemble urbain 5,8 48,4 4,4 6,9 23.2 6.6 3,3 1,4 100,0 58,6 3,8 3 665 Rural 1,2 10,7 4,1 10,2 53.6 13.5 6,0 0,7 100,0 15,9 0,8 14 969 Région Batha 0,9 7,1 0,1 1,3 71.6 11.1 7,2 0,7 100,0 8,1 0,5 844 Borkou, Tibesti 3,5 16,2 0,3 3,8 59.6 6.8 9,7 0,0 100,0 20,0 1,3 76 Chari Baguirmi 1,1 8,7 1,2 3,6 58.3 15.1 10,9 1,0 100,0 11,1 0,2 871 Guéra 0,6 13,7 1,6 3,1 62.9 13.3 4,5 0,1 100,0 15,9 0,7 1 183 Hadjer-Lamis 0,4 11,2 3,1 3,9 60.0 14.6 6,6 0,3 100,0 14,6 0,8 1 286 Kanem 1,0 4,6 0,7 12,4 66.8 12.2 1,9 0,5 100,0 6,2 0,3 694 Lac 0,1 3,0 0,7 6,7 79.7 5.3 4,4 0,0 100,0 3,9 0,0 834 Logone Occidental 2,1 24,9 5,1 23,0 30.5 8.8 4,4 1,2 100,0 32,2 1,4 1 118 Logone Oriental 3,0 18,4 8,4 20,8 31.3 10.6 6,6 0,9 100,0 29,8 1,3 1 923 Mandoul 1,7 21,9 6,0 24,9 34.2 5.7 4,0 1,4 100,0 29,7 2,3 1 382 Mayo Kebbi Est 0,7 20,9 2,7 3,4 50.6 16.6 4,1 1,1 100,0 24,3 0,4 1 438 Mayo Kebbi Ouest 0,6 16,7 14,7 10,6 37.6 11.5 7,0 1,2 100,0 32,0 1,0 1 038 Moyen Chari 1,6 26,9 4,4 14,2 33.1 13.1 6,3 0,5 100,0 32,8 2,6 924 Ouaddaï 1,5 10,6 0,3 3,2 63.9 19.2 0,5 0,9 100,0 12,3 1,2 991 Salamat 1,2 14,5 2,2 3,7 64.3 11.7 1,8 0,6 100,0 17,9 1,0 426 Tandjilé 2,5 17,5 6,5 5,5 38.3 19.2 10,5 0,1 100,0 26,4 0,7 1 153 Wadi Fira 1,5 5,8 0,3 0,9 79.1 3.4 8,8 0,3 100,0 7,6 0,8 434 À suivre… 126 • Santé de la reproduction Tableau 8.6—Suite Personne ayant assisté l’accouchement : Pourcen- tage dont l’accouche- ment a été assisté par un prestataire formé1 Pourcen- tage accouché par césarienne Effectif de naissances Caractéristique sociodémographique Médecin Infirmière/ Sage- femme Matrone et agent de l’hôpital/ centre de santé Accou- cheuse tradition- nelle formée Accou- cheuse tradition- nelle non formée Agent de santé commu- nautaire/ villa- geoise/ Autre Personne Ne sait pas/ Manquant Total Région N’Djaména 11,9 57,9 3,3 4,7 12.6 4.3 2,4 2,8 100,0 73,2 6,7 1 307 Barh El Gazal 0,7 6,8 1,0 8,3 60.2 18.7 3,8 0,5 100,0 8,5 0,0 235 Ennedi Est, Ennedi Ouest 0,5 9,8 0,4 0,7 51.4 5.8 31,0 0,4 100,0 10,7 0,3 70 Sila 0,2 8,1 5,5 5,0 50.2 28.5 1,7 0,9 100,0 13,8 0,7 408 Niveau d’instruction de la mère Aucun 1,4 12,2 2,8 7,8 56.2 13.0 5,8 0,8 100,0 16,4 0,9 12 224 Primaire 2,0 21,5 6,7 14,5 36.7 11.8 5,6 1,2 100,0 30,3 1,6 4 539 Secondaire 5,1 48,0 7,0 9,2 19.1 7.9 3,0 0,8 100,0 60,0 3,4 1 778 Supérieur 33,5 61,6 0,0 2,6 0.0 2.3 0,0 0,0 100,0 95,1 15,4 93 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 1,4 9,6 3,0 11,5 52.9 14.9 5,7 1,0 100,0 14,1 0,8 3 856 Second 1,2 11,6 3,9 9,4 53.1 13.9 6,3 0,7 100,0 16,7 0,9 4 024 Moyen 0,8 10,9 5,0 9,4 53.1 13.2 6,9 0,7 100,0 16,7 1,1 3 820 Quatrième 1,3 12,5 4,0 10,5 53.8 11.9 5,2 0,8 100,0 17,8 0,6 3 712 Le plus élevé 6,4 51,5 4,9 6,7 21.0 5.7 2,6 1,3 100,0 62,7 4,0 3 223 Ensemble 2,1 18,1 4,1 9,6 47.7 12.1 5,4 0,9 100,0 24,3 1,4 18 635 Note : Si l’enquêtée a déclaré que plus d’une personne avait assisté l’accouchement, seule la personne la plus qualifiée est prise en compte dans ce tableau. 1 Les prestataires de soins de santé formés comprennent les médecins, les infirmières/sages-femmes, et les matrones et agents de l’hôpital/centre de santé. 2 Concerne seulement la naissance la plus récente ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. L’examen des données par caractéristiques sociodémographiques de la mère met en évidence le même type de variations que celles observées pour le lieu d’accouchement. L’âge des mères à la naissance des enfants ne semble pas influer sur l’assistance à l’accouchement par du personnel de santé (entre 24 % et 25 %). Par contre, les proportions de naissances assistées par du personnel de santé diminuent au fur et à mesure que la parité augmente (de 33 % au rang 1, la proportion passe à 22 % pour les rangs 4 et 5) ; de même, on constate que les femmes qui ont effectué des visites prénatales ont plus fréquemment tendance à accoucher avec l’assistance de personnel qualifié que celles qui n’en ont pas effectué (d’un minimum de 4 % pour aucune visite prénatale à un maximum de 45 % pour au moins 4 visites). L’analyse des données par milieu de résidence de la mère montre une grande disparité. En effet, en milieu rural, pour seulement 16 % des femmes, l’accouchement a été assisté par un prestataire formé contre 59 % en milieu urbain. On remarque également que les proportions d’accouchements assistés par du personnel formé augmentent significativement avec le niveau d’instruction et le quintile du bien-être économique des mères. Dans les régions, la proportion de femmes ayant bénéficié d’une assistance au cours de l’accouchement par du personnel formé varie de 73 % à N’Djaména à 4 % au Lac. 8.3 SOINS POSTNATALS 8.3.1 Soins postnatals dispensés à la mère Une proportion importante de décès maternels et de décès de nouveau-nés qui surviennent dans la période néonatale se produisent dans les 48 heures qui suivent l’accouchement. Il est donc fortement recommandé que les femmes effectuent une visite postnatale dans les deux jours qui suivent l’accouchement. Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes qui avaient accouché au cours des deux années ayant précédé Santé de la reproduction • 127 l’enquête si, après l’accouchement, elles avaient effectué un examen postnatal et combien de temps après l’accouchement cet examen avait eu lieu. Les résultats sont présentés au Tableau 8.7 selon les caractéristiques sociodémographiques. Précisons que les données ne portent que sur la dernière naissance ayant eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête. On constate que 78 % des femmes n’ont reçu aucun soin postnatal ou des soins tardifs, c’est-à-dire 41 jours après l’accouchement. Dans certaines catégories de femmes, cette proportion est nettement plus élevée. Il en est ainsi des femmes sans niveau d’instruction parmi lesquelles 84 % n’ont reçu aucun soin après l’accouchement et de celles du milieu rural (83 %). On relève également que dans certaines régions comme le Wadi Fira (95 %), le Lac (94 %) ou le Batha (93 %), la quasi-totalité des femmes n’ont eu aucun examen de leur état de santé après l’accouchement. En ce qui concerne la proportion de femmes qui ont accouché dans un établissement sanitaire, on peut supposer qu’à la suite de l’accouchement, leur état de santé ainsi que celui de leur enfant ont fait l’objet d’un suivi avant qu’elles ne quittent l’établissement mais les résultats montrent que moins de la moitié (47 %) de ces femmes ont reçu des soins postnatals dans les deux jours après l’accouchement. Parmi les femmes qui n’ont pas accouché dans un établissement sanitaire, on constate que la majorité d’entre elles (89 %) n’ont bénéficié d’aucun suivi postnatal. Le Tableau 8.7 présente aussi les résultats concernant le temps écoulé avant les premiers soins postnatals. Il en ressort que parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des deux dernières années, environ une sur dix (11 %) a reçu des soins postnatals moins de 4 heures après l’accouchement, 2 % en ont reçu entre 4 et 23 heures et 4 % entre 1 et 2 jours après l’accouchement. Au total 16 % de femmes ont donc reçu des soins postnatals dans les 48 heures suivant la naissance, conformément aux recommandations en la matière. À l’opposé, dans 5 % des cas, l’examen a eu lieu assez tard, entre 3 et 41 jours, c’est-à-dire au-delà de la période recommandée. Les femmes du milieu urbain (31 %), les plus instruites (30 % pour le niveau secondaire) et celles des ménages du quintile le plus élevé (32 %) ont reçu plus fréquemment que les autres des soins postnatals dans les délais recommandés. 128 • Santé de la reproduction Tableau 8.7 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés à la mère Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l’enquête, répartition (en %) de la visite postnatale de la mère pour la dernière naissance vivante par durée écoulée depuis l’accouchement et pourcentage de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l’enquête qui ont reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Durée écoulée entre l’accouchement et le moment où la mère a reçu ses premiers soins postnatals Pas de soins postnatals1 Total Pourcentage de femmes ayant reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Effectif de femmes Caractéristiques sociodémographiques Moins de 4 heures 4-23 heures 1-2 jours 3-6 jours 7-41 jours Ne sait pas/ Manquant Âge de la mère à la naissance <20 8,8 0,6 4,0 2,2 3,0 1,2 80,3 100,0 13,4 1 309 20-34 10,7 2,1 3,5 2,3 2,9 1,3 77,2 100,0 16,3 4 617 35-49 11,8 1,4 4,7 1,6 3,2 1,5 75,7 100,0 17,9 815 Rang de naissance 1 10,2 2,2 5,3 1,8 2,9 2,3 75,2 100,0 17,7 1 064 2-3 10,7 1,0 3,1 2,5 3,8 1,2 77,6 100,0 14,8 1 922 4-5 9,0 2,5 3,1 2,6 2,6 1,0 79,2 100,0 14,5 1 541 6+ 11,4 1,7 4,0 1,7 2,4 1,1 77,7 100,0 17,1 2 215 Lieu d’accouchement Établissement de santé 35,5 4,2 6,8 2,7 5,8 3,5 41,4 100,0 46,6 1 616 Ailleurs 2,6 1,0 2,8 2,0 2,0 0,6 89,1 100,0 6,3 5 119 Manquant * * * * * * * 100,0 * 6 Résidence N’Djaména 18,9 3,8 6,3 4,1 11,4 6,0 49,5 100,0 29,0 491 Autres villes 25,0 3,0 3,6 2,9 3,7 1,6 60,1 100,0 31,7 832 Ensemble urbain 22,8 3,3 4,6 3,4 6,6 3,2 56,1 100,0 30,7 1 323 Rural 7,4 1,4 3,5 1,9 2,0 0,8 82,9 100,0 12,4 5 419 Région Batha 2,3 0,5 2,3 0,0 0,4 1,8 92,7 100,0 5,1 278 Borkou, Tibesti 5,0 1,4 0,9 3,2 2,7 1,1 85,7 100,0 7,3 26 Chari Baguirmi 3,4 0,4 2,7 0,4 3,3 0,6 89,3 100,0 6,5 303 Guéra 11,9 1,2 0,5 0,2 2,2 0,0 84,0 100,0 13,6 426 Hadjer-Lamis 7,3 0,0 1,2 0,4 1,2 0,8 89,2 100,0 8,4 437 Kanem 3,1 0,3 1,3 0,8 1,2 1,4 91,9 100,0 4,6 205 Lac 3,5 0,0 1,9 0,2 0,0 0,0 94,4 100,0 5,4 264 Logone Occidental 16,5 3,6 7,2 4,0 3,1 1,6 64,0 100,0 27,4 473 Logone Oriental 14,7 4,6 6,0 5,7 3,4 0,5 65,1 100,0 25,3 758 Mandoul 10,6 3,1 5,4 3,8 4,0 1,0 72,1 100,0 19,2 496 Mayo Kebbi Est 8,2 1,1 3,2 1,7 1,4 1,6 82,8 100,0 12,5 511 Mayo Kebbi Ouest 11,3 0,2 3,6 1,0 3,0 0,8 80,3 100,0 15,0 406 Moyen Chari 12,7 1,4 5,0 3,1 3,4 1,9 72,5 100,0 19,1 342 Ouaddaï 8,5 1,3 0,1 0,9 2,4 0,6 86,3 100,0 9,9 344 Salamat 14,9 0,8 1,4 0,6 2,9 0,2 79,2 100,0 17,1 143 Tandjilé 12,0 1,3 5,9 1,7 0,4 1,3 77,5 100,0 19,1 471 Wadi Fira 1,1 0,9 1,9 0,1 0,4 0,8 94,8 100,0 3,8 144 N’Djaména 18,9 3,8 6,3 4,1 11,4 6,0 49,5 100,0 29,0 491 Barh El Gazal 3,1 0,1 2,0 0,6 2,0 2,1 90,1 100,0 5,2 76 Ennedi Est, Ennedi Ouest 4,8 1,4 1,6 4,0 1,6 0,4 86,2 100,0 7,8 22 Sila 8,8 0,0 2,0 1,4 3,6 0,0 84,2 100,0 10,8 128 Niveau d’instruction Aucun 6,9 1,3 3,3 1,3 2,0 1,0 84,2 100,0 11,5 4 154 Primaire 12,9 2,5 4,3 3,2 4,0 1,6 71,5 100,0 19,6 1 781 Secondaire 22,9 2,4 4,9 4,1 5,0 2,2 58,6 100,0 30,1 770 Supérieur (29,9) (12,5) (7,8) (4,2) (8,8) (5,9) (30,9) 100,0 (50,2) 36 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 6,4 1,8 4,8 2,0 2,2 0,8 82,1 100,0 13,0 1 432 Second 8,7 0,9 3,9 1,6 2,1 0,7 82,1 100,0 13,6 1 490 Moyen 6,3 2,4 2,9 2,0 2,3 1,0 83,1 100,0 11,6 1 360 Quatrième 9,2 0,7 2,4 2,0 1,5 1,2 83,0 100,0 12,3 1 303 Le plus élevé 24,1 3,2 4,7 3,7 7,3 3,2 53,9 100,0 32,0 1 157 Ensemble 10,5 1,8 3,7 2,2 2,9 1,3 77,6 100,0 16,0 6 742 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèse sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours. Santé de la reproduction • 129 Le Tableau 8.8 présente les résultats selon le type de prestataire qui a dispensé les soins postnatals dans les deux premiers jours suivant la naissance. Dans 12 % des cas, les femmes ont bénéficié dans les 48 heures suivant la naissance de soins postnatals dispensés par un médecin/infirmière ou sage-femme et, dans 2 % des cas, par une matrone et agent de l’hôpital ou centre de santé. Cependant, parmi les femmes du milieu urbain (28 %), celles ayant un niveau secondaire (26 %), celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (29 %), la proportion de celles ayant bénéficié de soins par un médecin/infirmier ou infirmière est plus élevée. Les résultats montrent aussi que dans certaines régions comme le Batha (4 %), le Hadjer-Lamis (4 %), le Lac (4 %), le Kanem (4 %) et surtout le Wadi Fira (2 %), la proportion de femmes ayant reçu des soins postnatals dispensés par un médecin, une infirmière ou une sage-femme est extrêmement faible. Tableau 8.8 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals à la mère Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l’enquête, répartition (en %) par type de prestataire ayant dispensé les premiers soins postnatals à la mère dans les deux jours après la dernière naissance vivante, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals à la mère : Pas de soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance1 Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Médecin/ Infirmière/ Sage-femme Matrone et agent de l’hôpital/centre de santé Agent de santé commu- nautaire/ villageoise Accoucheuse traditionnelle formée Accoucheuse traditionnelle non formée/ Secouriste/ guérisseur Âge de la mère à la naissance <20 9,9 1,2 0,5 0,9 0,9 86,6 100,0 1 309 20-34 11,8 1,7 0,5 0,9 1,3 83,7 100,0 4 617 35-49 13,4 1,5 1,5 0,8 0,7 82,1 100,0 815 Rang de naissance 1 13,2 1,7 0,7 1,2 0,9 82,3 100,0 1 064 2-3 11,2 1,2 0,4 0,7 1,4 85,2 100,0 1 922 4-5 10,9 1,3 0,2 1,1 1,1 85,5 100,0 1 541 6+ 11,8 2,1 1,1 0,8 1,2 82,9 100,0 2 215 Lieu d’accouchement Établissement de santé 41,8 4,6 0,2 0,1 0,0 53,4 100,0 1 616 Ailleurs 2,1 0,7 0,8 1,2 1,5 93,7 100,0 5 119 Manquant * * * * * * 100,0 6 Résidence N’Djaména 27,3 0,8 0,4 0,2 0,3 71,0 100,0 491 Autres villes 27,6 2,7 0,2 0,5 0,7 68,3 100,0 832 Ensemble urbain 27,5 2,0 0,2 0,4 0,6 69,3 100,0 1 323 Rural 7,8 1,5 0,7 1,0 1,3 87,6 100,0 5 419 Région Batha 4,1 0,0 0,7 0,0 0,3 94,9 100,0 278 Borkou, Tibesti 6,3 1,0 0,0 0,0 0,0 92,7 100,0 26 Chari Baguirmi 5,6 0,0 0,4 0,0 0,4 93,5 100,0 303 Guéra 12,1 0,4 0,0 0,0 1,1 86,4 100,0 426 Hadjer-Lamis 4,0 4,4 0,0 0,0 0,0 91,6 100,0 437 Kanem 3,7 0,6 0,0 0,0 0,3 95,4 100,0 205 Lac 4,2 0,8 0,0 0,0 0,5 94,6 100,0 264 Logone Occidental 19,9 1,5 0,8 2,7 2,4 72,6 100,0 473 Logone Oriental 15,3 2,4 3,5 1,7 2,5 74,7 100,0 758 Mandoul 11,8 1,4 0,6 2,8 2,5 80,8 100,0 496 Mayo Kebbi Est 9,1 0,9 0,0 0,9 1,6 87,5 100,0 511 Mayo Kebbi Ouest 9,5 2,7 0,4 1,7 0,6 85,0 100,0 406 Moyen Chari 14,5 2,8 0,0 1,8 0,0 80,9 100,0 342 Ouaddaï 9,4 0,0 0,0 0,0 0,5 90,1 100,0 344 Salamat 14,8 2,0 0,0 0,3 0,0 82,9 100,0 143 Tandjilé 13,1 3,1 0,7 0,3 2,0 80,9 100,0 471 Wadi Fira 2,1 0,0 0,0 0,6 1,1 96,2 100,0 144 N’Djaména 27,3 0,8 0,4 0,2 0,3 71,0 100,0 491 Barh El Gazal 4,2 1,0 0,0 0,0 0,0 94,8 100,0 76 Ennedi Est, Ennedi Ouest 5,8 0,1 0,0 0,0 1,9 92,2 100,0 22 Sila 6,4 2,6 0,0 0,6 1,3 89,2 100,0 128 Niveau d’instruction Aucun 7,9 1,5 0,5 0,6 1,0 88,5 100,0 4 154 Primaire 13,6 1,7 0,9 1,7 1,6 80,4 100,0 1 781 Secondaire 25,7 1,8 1,0 0,7 1,0 69,9 100,0 770 Supérieur (50,2) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (49,8) 100,0 36 À suivre… 130 • Santé de la reproduction Tableau 8.8—Suite Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals à la mère : Pas de soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance1 Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Médecin/ Infirmière/ Sage-femme Matrone et agent de l’hôpital/centre de santé Agent de santé commu- nautaire/ villageoise Accoucheuse traditionnelle formée Accoucheuse traditionnelle non formée/ Secouriste/ guérisseur Quintiles de bien-être économique Le plus bas 8,1 0,7 1,4 1,1 1,6 87,0 100,0 1 432 Second 9,1 1,7 0,1 1,3 1,4 86,4 100,0 1 490 Moyen 7,2 1,9 0,3 0,9 1,2 88,4 100,0 1 360 Quatrième 8,1 1,5 1,2 0,6 1,0 87,7 100,0 1 303 Le plus élevé 28,5 2,3 0,2 0,5 0,6 68,0 100,0 1 157 Ensemble 11,6 1,6 0,6 0,9 1,2 84,0 100,0 6 742 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèse sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours 8.3.2 Soins postnatals dispensés au nouveau-né Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, on a demandé à toutes les femmes qui avaient eu une naissance vivante au cours des deux dernières années si quelqu’un avait examiné leur nouveau-né, combien de temps après l’accouchement cet examen avait eu lieu et enfin quel type de prestataire avait effectué l’examen. Les résultats sont présentés aux Tableaux 8.9 et 8.10. On constate que 94 % des nouveau-nés n’ont reçu aucun soin postnatal. Cette proportion est très élevée quelle que soit la caractéristique sociodémographique. En milieu rural et parmi les naissances de femmes sans niveau d’instruction, la proportion atteint 95 % et dans certaines régions comme le Batha, le Guéra, le Kanem ou le Lac, pratiquement aucun nouveau-né n’a été examiné dans les deux jours qui ont suivi la naissance. Par contre, il faut souligner que, même si elle reste élevée, c’est quand la mère a accouché dans un établissement de santé que la proportion de ceux qui n’ont pas eu de soins postnatals est la plus faible (85 %). Le Tableau 8.9 présente aussi les résultats concernant le moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés aux nouveau-nés. Il en ressort que seulement 0,2 % des naissances qui ont eu lieu au cours des deux dernières années ont reçu des soins postnatals moins de 1 heure après la naissance, 2 % en ont reçu entre 1 et 3 heures, 0,5 % entre 4-23 heures et 2 % entre 1 et 2 jours après la naissance. Au total 5 % des nouveau-nés ont reçu des soins postnatals dans les 48 heures après la naissance. Les nouveau-nés dont la mère a accouché dans un établissement de santé (12 %), ceux du milieu urbain (9 %), ceux dont elle a un niveau d’instruction secondaire (8 %) et ceux des ménages du quintile le plus élevé (9 %) sont ceux qui ont reçu le plus fréquemment des soins postnatals dans les délais recommandés. Santé de la reproduction • 131 Tableau 8.9 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés au nouveau-né Répartition (en %) des dernières naissances ayant eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête par durée écoulée entre l’accouchement et le moment où ont été donnés les premiers soins postnatals au nouveau-né et pourcentage de naissances ayant reçu des soins postnatals dans les deux jours qui ont suivi la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Durée écoulée entre l’accouchement et le moment où le nouveau-né a reçu ses premiers soins postnatals Pas de soins postnatals1 Total Pourcentage de naissances ayant reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Effectif de naissances Caractéristique sociodémographique Moins d’une heure 1-3 heures 4-23 heures 1-2 jours 3-6 jours Ne sait pas/ manquant Âge de la mère à la naissance <20 0,0 1,8 0,2 1,8 1,1 0,2 94,9 100,0 3,7 1 309 20-34 0,2 1,9 0,6 1,6 1,1 0,6 94,0 100,0 4,3 4 617 35-49 0,3 3,7 0,1 2,8 1,8 1,9 89,5 100,0 6,9 815 Rang de naissance 1 0,0 2,3 0,7 2,3 0,9 0,3 93,5 100,0 5,3 1 064 2-3 0,3 1,8 0,3 2,0 1,0 1,0 93,7 100,0 4,3 1 922 4-5 0,1 2,1 1,1 1,3 1,4 0,5 93,6 100,0 4,6 1 541 6+ 0,3 2,2 0,2 1,6 1,3 0,8 93,7 100,0 4,2 2 215 Lieu d’accouchement Établissement de santé 0,8 6,6 1,1 3,2 1,8 1,3 85,2 100,0 11,7 1 616 Ailleurs 0,0 0,6 0,3 1,3 1,0 0,5 96,3 100,0 2,2 5 119 Manquant * * * * * * * 100,0 * 6 Résidence N’Djaména 0,0 4,6 0,8 3,6 2,9 3,0 85,1 100,0 9,0 491 Autres villes 0,7 4,8 0,6 2,9 1,9 0,9 88,3 100,0 9,0 832 Ensemble urbain 0,5 4,7 0,7 3,2 2,3 1,6 87,1 100,0 9,0 1 323 Rural 0,1 1,4 0,4 1,4 0,9 0,5 95,2 100,0 3,4 5 419 Région Batha 0,0 0,7 0,0 0,0 0,3 1,3 97,7 100,0 0,7 278 Borkou, Tibesti 0,0 0,0 0,0 1,7 1,1 0,0 97,2 100,0 1,7 26 Chari Baguirmi 0,4 1,3 0,4 1,4 1,2 0,9 94,4 100,0 3,5 303 Guéra 0,0 0,4 0,0 1,4 0,4 0,0 97,8 100,0 1,8 426 Hadjer-Lamis 0,0 0,6 0,0 0,7 0,4 1,0 97,2 100,0 1,3 437 Kanem 0,0 0,5 0,3 0,6 1,1 0,0 97,6 100,0 1,4 205 Lac 0,0 0,3 0,0 0,0 0,2 0,0 99,6 100,0 0,3 264 Logone Occidental 0,6 2,6 0,7 2,1 0,8 1,0 92,1 100,0 6,1 473 Logone Oriental 0,6 1,2 1,4 3,1 0,6 0,2 92,9 100,0 6,4 758 Mandoul 0,3 4,5 0,2 2,1 2,6 0,5 89,8 100,0 7,1 496 Mayo Kebbi Est 0,0 2,3 0,5 0,9 1,4 0,2 94,7 100,0 3,7 511 Mayo Kebbi Ouest 0,0 1,5 0,6 1,9 0,7 1,1 94,2 100,0 4,0 406 Moyen Chari 0,0 4,1 0,2 2,9 2,1 0,4 90,4 100,0 7,1 342 Ouaddaï 0,4 3,4 0,9 0,4 0,0 0,0 94,9 100,0 5,1 344 Salamat 0,4 4,1 1,1 1,5 1,7 0,2 91,0 100,0 7,1 143 Tandjilé 0,0 1,6 0,0 2,8 1,5 1,2 92,8 100,0 4,5 471 Wadi Fira 0,0 0,8 0,0 0,2 2,5 0,0 96,5 100,0 1,0 144 N’Djaména 0,0 4,6 0,8 3,6 2,9 3,0 85,1 100,0 9,0 491 Barh El Gazal 0,0 0,0 0,9 1,4 0,1 1,5 96,0 100,0 2,4 76 Ennedi Est, Ennedi Ouest 0,0 1,9 1,1 0,2 0,2 0,0 96,6 100,0 3,2 22 Sila 0,3 2,4 0,0 1,6 1,3 0,0 94,4 100,0 4,3 128 Niveau d’instruction de la mère Aucun 0,1 1,6 0,4 1,3 1,0 0,5 95,1 100,0 3,4 4 154 Primaire 0,2 2,6 0,4 2,1 1,3 0,8 92,7 100,0 5,2 1 781 Secondaire 0,5 3,0 1,0 3,4 1,9 1,4 88,7 100,0 8,0 770 Supérieur (0,0) (8,6) (6,0) (5,8) (0,0) (1,4) (78,1) 100,0 (20,5) 36 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,2 1,6 0,3 1,5 1,1 0,4 95,0 100,0 3,6 1 432 Second 0,2 1,9 0,1 2,5 0,6 0,5 94,3 100,0 4,7 1 490 Moyen 0,0 2,0 0,7 1,2 0,8 0,6 94,7 100,0 3,9 1 360 Quatrième 0,3 0,7 0,5 0,8 1,3 0,5 95,9 100,0 2,3 1 303 Le plus élevé 0,3 4,6 0,9 2,9 2,3 1,8 87,3 100,0 8,7 1 157 Ensemble 0,2 2,1 0,5 1,8 1,2 0,7 93,6 100,0 4,5 6 742 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèse sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Y compris les naissances pour lesquelles la visite postnatale a eu lieu après 41 jours. 132 • Santé de la reproduction Le Tableau 8.10 présente la répartition des naissances ayant eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête, par type de prestataire ayant dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né dans les deux jours après la dernière naissance vivante, selon certaines caractéristiques sociodémographiques des mères. Dans la majorité des cas (3 %), les soins postnatals aux nouveau-nés ont été dispensés par les médecins, les infirmières ou les sages-femmes. Le rôle des autres prestataires est négligeable. Tableau 8.10 Type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né Répartition (en %) des dernières naissances ayant eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête par type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né dans les deux premiers jours après la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né Pas de soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Total Effectif de naissances Caractéristique sociodémographique Médecin/ Infirmière/ Sage-femme Matrone et agent de l’hôpital/ centre de santé Agent de santé commu- nautaire/ villageoise Accoucheuse traditionnelle formée Accoucheuse traditionnelle non formée/ Secouriste/ guérisseur Âge de la mère à la naissance <20 2,7 0,2 0,1 0,3 0,5 96,3 100,0 1 309 20-34 3,4 0,3 0,0 0,3 0,4 95,7 100,0 4 617 35-49 5,1 1,1 0,0 0,4 0,3 93,1 100,0 815 Rang de naissance 1 4,2 0,2 0,1 0,2 0,6 94,7 100,0 1 064 2-3 3,2 0,4 0,0 0,5 0,2 95,7 100,0 1 922 4-5 3,6 0,2 0,0 0,2 0,6 95,4 100,0 1 541 6+ 3,2 0,5 0,0 0,2 0,4 95,8 100,0 2 215 Lieu d’accouchement Établissement de santé 10,6 1,1 0,0 0,0 0,0 88,3 100,0 1 616 Ailleurs 1,2 0,1 0,0 0,4 0,5 97,8 100,0 5 119 Manquant * * * * * * 100,0 6 Résidence N’Djaména 7,6 1,4 0,0 0,0 0,0 91,0 100,0 491 Autres villes 7,9 0,3 0,0 0,6 0,1 91,0 100,0 832 Ensemble urbain 7,8 0,7 0,0 0,4 0,1 91,0 100,0 1 323 Rural 2,4 0,3 0,0 0,3 0,5 96,6 100,0 5 419 Région Batha 0,7 0,0 0,0 0,0 0,0 99,3 100,0 278 Borkou, Tibesti 1,7 0,0 0,0 0,0 0,0 98,3 100,0 26 Chari Baguirmi 2,1 0,0 0,4 0,3 0,7 96,5 100,0 303 Guéra 0,7 0,0 0,0 1,1 0,0 98,2 100,0 426 Hadjer-Lamis 0,9 0,5 0,0 0,0 0,0 98,7 100,0 437 Kanem 1,1 0,3 0,0 0,0 0,0 98,6 100,0 205 Lac 0,0 0,3 0,0 0,0 0,0 99,7 100,0 264 Logone Occidental 4,7 0,4 0,0 0,3 0,7 93,9 100,0 473 Logone Oriental 5,9 0,5 0,0 0,0 0,0 93,6 100,0 758 Mandoul 3,4 0,6 0,2 1,1 1,8 92,9 100,0 496 Mayo Kebbi Est 3,0 0,0 0,0 0,0 0,7 96,3 100,0 511 Mayo Kebbi Ouest 2,5 0,2 0,0 1,0 0,4 96,0 100,0 406 Moyen Chari 6,4 0,5 0,0 0,3 0,0 92,9 100,0 342 Ouaddaï 4,4 0,0 0,0 0,0 0,7 94,9 100,0 344 Salamat 6,3 0,3 0,0 0,5 0,0 92,9 100,0 143 Tandjilé 3,4 0,0 0,0 0,0 1,1 95,5 100,0 471 Wadi Fira 1,0 0,0 0,0 0,0 0,0 99,0 100,0 144 N’Djaména 7,6 1,4 0,0 0,0 0,0 91,0 100,0 491 Barh El Gazal 1,4 0,9 0,0 0,0 0,0 97,6 100,0 76 Ennedi Est, Ennedi Ouest 2,6 0,1 0,0 0,0 0,5 96,8 100,0 22 Sila 2,2 1,0 0,0 0,6 0,6 95,7 100,0 128 Niveau d’instruction de la mère Aucun 2,5 0,3 0,0 0,2 0,4 96,6 100,0 4 154 Primaire 4,2 0,2 0,1 0,2 0,6 94,8 100,0 1 781 Secondaire 6,2 0,9 0,0 0,8 0,1 92,0 100,0 770 Supérieur (20,5) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (79,5) 100,0 36 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 2,4 0,1 0,1 0,3 0,7 96,4 100,0 1 432 Second 3,5 0,2 0,0 0,3 0,6 95,3 100,0 1 490 Moyen 2,8 0,4 0,0 0,3 0,4 96,1 100,0 1 360 Quatrième 1,7 0,2 0,1 0,1 0,2 97,7 100,0 1 303 Le plus élevé 7,4 0,9 0,0 0,4 0,1 91,3 100,0 1 157 Ensemble 3,4 0,3 0,0 0,3 0,4 95,5 100,0 6 742 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèse sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Santé de la reproduction • 133 8.4 ACCÈS AUX SOINS DE SANTÉ Dans les pays où l’accès aux soins de santé n’est pas généralisé, de nombreux facteurs peuvent empêcher les femmes de recevoir des avis médicaux et des traitements quand elles en ont besoin. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, on a demandé aux femmes si certains problèmes pouvaient constituer un obstacle pour se faire soigner ou recevoir un avis médical. Les résultats sont présentés au Tableau 8.11. Près de trois femmes sur dix (29 %) ont déclaré qu’au moins un des problèmes cités lors de l’interview pouvait constituer un obstacle important pour recevoir un traitement ou un avis médical. Cette proportion varie surtout en fonction du niveau d’instruction, de 18 % parmi les femmes ayant un niveau supérieur à 31 % parmi celles n’ayant aucun niveau d’instruction. Parmi les problèmes cités, c’est la disponibilité de l’argent pour le traitement (27 %) qui constitue l’obstacle aux soins de santé le plus fréquemment mentionné par les femmes. Cette proportion varie de manière importante selon le niveau d’instruction, de 16 % parmi les femmes ayant un niveau supérieur à 28 % parmi celles n’ayant aucun niveau d’instruction. De plus, dans une proportion un peu plus faible, les femmes ont déclaré que la distance au service de santé (22 %) pouvait limiter leur accès aux soins de santé. Cette proportion est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (24 % contre 17 %) et parmi les femmes sans aucun niveau d’instruction que parmi les plus instruites (28 % contre 16 %). Il faut aussi souligner que la distance au service de santé a été citée par 31 % des femmes du Wadi Fira contre 16 % à N’Djaména et 18 % dans la Tandjilé. Enfin, obtenir la permission d’aller se faire soigner et la peur de se rendre seule ont été cités par 16 % des femmes, cela pour chaque cas. Tableau 8.11 Problèmes d’accès aux soins de santé Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont déclaré qu’elles rencontrent des problèmes importants d’accès aux soins de santé pour elles- mêmes quand elles sont malades par type de problèmes rencontrés, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014- 2015 Problèmes d’accès aux soins de santé Caractéristique sociodémographique Avoir la permission d’aller se faire soigner Avoir l’argent pour le traitement Distance au service de santé Ne pas vouloir y aller seule Au moins un des problèmes rencontrés pour l’accès aux soins de santé Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 16,5 25,8 22,1 16,8 28,7 3 934 20-34 15,1 26,0 21,9 14,6 28,9 8 874 35-49 15,4 27,8 23,6 16,2 30,4 4 911 Nombre d’enfants vivants 0 16,9 25,9 22,1 17,2 29,1 3 790 1-2 14,8 24,8 20,7 14,5 27,2 4 229 3-4 14,4 26,0 22,4 14,0 28,8 3 919 5+ 15,9 28,3 24,0 16,2 31,2 5 781 État matrimonial Célibataire 16,7 25,4 21,3 17,0 28,7 2 940 En union 15,4 26,5 22,9 15,4 29,4 13 263 En rupture d’union 14,1 28,0 21,1 13,9 29,3 1 517 Emploi au cours des 12 derniers mois N’a pas travaillé 16,0 24,9 21,6 16,3 27,9 8 682 A travaillé pour de l’argent 15,6 28,0 22,3 15,0 30,3 6 557 A travaillé sans contrepartie financière 13,4 28,0 25,8 14,2 31,6 2 405 Manquant 17,9 26,5 24,1 19,6 26,5 75 Résidence N’Djaména 15,2 20,9 16,0 11,5 25,2 1 627 Autres villes 14,1 23,9 17,3 14,6 27,5 2 581 Ensemble urbain 14,5 22,7 16,8 13,4 26,6 4 209 Rural 15,8 27,6 24,2 16,2 30,1 13 510 À suivre… 134 • Santé de la reproduction Tableau 8.11—Suite Problèmes d’accès aux soins de santé Caractéristique sociodémographique Avoir la permission d’aller se faire soigner Avoir l’argent pour le traitement Distance au service de santé Ne pas vouloir y aller seule Au moins un des problèmes rencontrés pour l’accès aux soins de santé Effectif de femmes Région Batha 20,1 24,8 21,5 14,1 27,6 691 Borkou, Tibesti 12,3 16,7 19,6 12,6 25,7 84 Chari Baguirmi 16,2 24,7 26,0 13,0 29,0 750 Guéra 17,3 29,2 25,6 16,7 33,7 1 003 Hadjer-Lamis 19,2 31,1 25,2 20,3 32,5 1 183 Kanem 21,7 28,4 28,2 23,2 31,8 689 Lac 20,9 26,7 27,3 24,4 29,4 978 Logone Occidental 11,6 26,3 19,9 12,9 27,2 1 151 Logone Oriental 13,9 27,8 21,9 14,3 29,0 1 662 Mandoul 16,1 27,1 19,7 13,5 28,5 1 238 Mayo Kebbi Est 15,7 27,0 23,6 13,6 29,4 1 302 Mayo Kebbi Ouest 11,7 27,7 19,1 14,4 29,1 956 Moyen Chari 12,1 22,8 21,7 13,9 26,3 972 Ouaddaï 14,5 26,5 25,1 15,1 30,4 912 Salamat 17,7 27,3 22,7 12,2 30,5 349 Tandjilé 11,0 25,9 18,2 15,1 29,3 1 073 Wadi Fira 13,7 28,1 30,8 20,6 32,9 459 N’Djaména 15,2 20,9 16,0 11,5 25,2 1 627 Barh El Gazal 18,8 28,1 26,0 18,6 32,9 233 Ennedi Est, Ennedi Ouest 9,7 20,2 23,8 18,2 28,5 87 Sila 15,8 30,0 23,9 16,5 32,4 320 Niveau d’instruction Aucun 16,7 27,7 24,6 17,2 30,5 11 060 Primaire 12,8 25,4 19,9 12,6 28,2 4 020 Secondaire 14,9 23,6 18,1 13,5 26,3 2 470 Supérieur 13,4 16,2 9,8 7,9 17,6 169 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 14,1 27,2 21,9 14,1 28,7 3 374 Second 16,1 30,0 27,0 16,4 32,4 3 450 Moyen 16,6 28,0 25,0 17,8 30,5 3 476 Quatrième 17,0 26,6 23,3 16,3 29,9 3 587 Le plus élevé 13,9 21,2 15,7 13,1 25,3 3 832 Ensemble 15,5 26,5 22,4 15,5 29,3 17 719 8.5 FISTULE OBSTÉTRICALE La fistule obstétricale est une communication créée entre les voies urinaires de la femme (la vessie et urètre) et le vagin d’une part et/ou entre la voie digestive (le rectum) et le vagin d’autre part, entrainant une absence totale de contrôle de l’émission des urines ou/et des selles par la femme. Ce qui engendre une souffrance physique, psychologique et sociale (humiliation, isolement, et abandon par la famille et le partenaire). La fistule obstétricale peut être causée par un accouchement anormalement prolongé qui survient le plus souvent en cas de grossesse précoce et sans l’assistance d’un personnel qualifié. Selon les Nations-Unies, la fistule obstétricale touche plus de 2 millions de jeunes femmes dans le monde (OMS, mars 2010), en particulier dans les pays où la disponibilité et l’utilisation des services de santé maternelle et reproductive restent limitées. Les moyens pour prévenir ce problème existent : l’augmentation de l’âge du mariage et de la première grossesse, l’élargissement de l’accès aux services de planification familiale, aux soins prénatals et aux soins obstétricaux d’urgence. Ces mesures comptent parmi les moyens les plus importants et s’inscrivent dans une stratégie plus large de maternité à moindre risque. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, des questions ont été posées aux femmes âgées de 15-49 ans pour savoir si elles avaient déjà entendu parler de ce problème. En outre, on a demandé aux femmes si elles avaient été affectées par ce problème ou si elles en souffraient actuellement. Santé de la reproduction • 135 Le Tableau 8.12 présente les proportions de femmes ayant entendu parler de la fistule obstétricale, et la proportion de femmes ayant déclaré souffrir ou avoir souffert d’une fistule obstétricale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate que 34 % des femmes ont entendu parler de la fistule obstétricale et 2 % ont déclaré avoir souffert de cette maladie ou en souffrir actuellement. La proportion de femmes qui ont entendu parler de la fistule obstétricale augmente avec l’âge, passant de 23 % à 15-19 ans à 37 % à 45-49 ans. On remarque que la fistule est moins connue par les femmes sans enfant que par celles qui en ont (25 % contre 34 %-38 %). En outre, c’est parmi les femmes du milieu urbain (51 % contre 28 % en milieu rural), parmi les plus instruites (85 % pour le niveau supérieur et 44 % pour le niveau secondaire contre 31 % parmi celles sans niveau d’instruction), et parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé que la proportion de celles qui ont déclaré avoir entendu parler de la maladie est la plus élevée. Dans les régions, on note des variations importantes : si à N’Djaména, 61 % des femmes connaissent cette maladie, dans le Barh El Gazal, cette proportion n’est que de 13 %. La prévalence déclarée de la fistule obstétricale est faible : seulement 2 % des femmes ont déclaré en souffrir actuellement ou en avoir déjà souffert. On constate que cette prévalence déclarée a globalement tendance à augmenter avec l’âge et avec le nombre d’enfants. En outre, elle est nettement plus élevée à N’Djaména que dans le reste du pays (4 % contre 2 % dans les Autres villes et 1,8 % en rural). Dans les régions, on note des variations importantes, d’un maximum de 6 % dans le Mayo Kebbi Est à un minimum de 0,4 % dans le Guéra, le Kanem et dans le Logone Occidental. On remarque que le niveau de cette prévalence déclarée a tendance à augmenter avec le niveau d’instruction (de 1,9 % parmi les femmes sans niveau d’instruction à 4,4 % parmi celles ayant le niveau supérieur) ainsi qu’avec le niveau de bien-être économique, passant de 1,3 % parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas à 3,1 % dans le quintile le plus élevé. Tableau 8.12 Connaissance et prévalence de la fistule obstétricale Proportion de femmes ayant entendu parler de la fistule obstétricale, et proportion de femmes ayant déclaré souffrir ou avoir souffert d’une fistule obstétricale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Proportion de femmes ayant entendu parler de la fistule Proportion de femmes déclarant souffrir ou avoir souffert d’une fistule Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 22,5 1,0 2 547 20-34 36,4 2,5 5 815 35-49 37,3 2,3 3 172 Nombre d’enfants vivants 0 24,5 1,6 2 416 1-2 33,7 2,3 2 830 3-4 38,1 2,6 2 586 5+ 36,3 2,0 3 701 État matrimonial Célibataire 24,3 1,4 1 885 En union 34,9 2,3 8 661 En rupture d’union 39,5 2,4 987 Résidence N’Djaména 60,8 4,4 1 029 Autres villes 45,3 2,2 1 672 Ensemble urbain 51,2 3,1 2 701 Rural 28,2 1,8 8 832 Région Batha 38,7 3,6 439 Borkou, Tibesti 21,3 1,6 56 Chari Baguirmi 31,3 3,6 494 Guéra 47,4 0,4 641 Hadjer-Lamis 29,1 2,8 754 Kanem 19,0 0,4 437 Lac 17,7 0,7 638 Logone Occidental 27,0 0,4 770 Logone Oriental 26,9 0,7 1 097 Mandoul 26,0 1,0 793 Mayo Kebbi Est 31,3 6,4 874 Mayo Kebbi Ouest 26,7 3,0 639 Moyen Chari 47,7 2,2 641 Ouaddaï 33,2 0,5 608 Salamat 48,7 0,7 229 Tandjilé 30,5 2,1 697 Wadi Fira 23,9 1,5 291 N’Djaména 60,8 4,4 1 029 Barh El Gazal 13,3 0,8 145 Ennedi Est, Ennedi Ouest 33,9 1,7 57 Sila 49,3 1,5 205 Niveau d’instruction Aucun 31,1 1,9 7 184 Primaire 32,0 2,0 2 631 Secondaire 43,9 3,1 1 616 Supérieur 85,4 4,4 103 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 27,9 1,3 2 273 Second 30,4 1,5 2 189 Moyen 29,2 2,2 2 239 Quatrième 27,5 2,4 2 374 Le plus élevé 51,6 3,1 2 459 Ensemble 33,6 2,1 11 534 136 • Santé de la reproduction Le Tableau 8.13 présente la répartition des femmes ayant déclaré souffrir ou avoir souffert d’une fistule obstétricale selon la cause/origine déclarée de la fistule. Plus d’un tiers des femmes souffrant actuellement ou ayant souffert d’une fistule obstétricale ont déclaré que la fistule était consécutive à un accouchement (35 %) et 11 % à la suite d’une fausse-couche. Une proportion plus faible (2 %) a attribué la cause de la fistule à une agression sexuelle et moins d’un pour cent à une opération du pelvis. Environ un quart des femmes a recherché un traitement ou a subi une opération chirurgicale (26 %). Plus de deux femmes sur cinq (41 %) ont recherché un traitement auprès d’un médecin et environ un tiers auprès d’une infirmière/sage-femme ; dans une proportion plus faible, elles se sont adressées à un guérisseur traditionnel (16 %) et seulement 8 % à un agent de santé communautaire/villageois. Les femmes qui n’ont pas recherché de traitement évoquent comme principale raison qu’elles ne savaient pas qu’on pouvait réparer (50 %), dans 30 % des cas, qu’elles ne savaient pas où aller et dans 20 % des cas que le traitement était trop cher. Tableau 8.13 Cause de la fistule obstétricale et recherche de traitement Répartition (en %) des femmes ayant déclaré souffrir ou avoir souffert d’une fistule obstétricale selon la cause/origine déclarée de la fistule; parmi les femmes souffrant ou ayant souffert d’une fistule, proportion de femmes ayant recherché un traitement et répartition (en %) des femmes ayant recherché un traitement, par source du traitement, et raisons pour lesquelles les femmes n’ont pas recherché de traitement, Tchad 2014-2015 Cause de la fistule et recherche de traitement Ensemble Cause/origine déclarée de la fistule obstétricale À la suite d’un accouchement 35,1 À la suite d’une fausse-couche 11,2 À la suite d’une agression sexuelle 2,4 À la suite d’une opération du pelvis 0,8 Autre 2,0 NSP, manquant 48,6 Total 100,0 Proportion de femmes ayant recherché un traitement 37,1 Effectif de femmes ayant déclaré souffrir ou ayant souffert d’une fistule obstétricale 246 Source auprès de qui un traitement a été recherché Médecin 40,7 Infirmière/sage-femme 34,4 Agent de santé communautaire/villageois 7,8 Guérisseur traditionnel 16,3 Manquant 0,7 Total 100,0 Proportion de femmes ayant recherché un traitement ou ayant été opérées 25,5 Effectif de femmes souffrant ou ayant souffert d’une fistule obstétricale et ayant recherché un traitement1 91 Raison évoquée pour ne pas avoir recherché de traitement2 Ne savait pas qu’on pouvait réparer 50,4 Ne savait pas où aller 30,3 Trop cher 20,4 Problème a disparu 13,9 Autres raisons 23,5 Effectif de femmes souffrant ou ayant souffert d’une fistule obstétricale et n’ayant pas recherché un traitement1 71 1 L’information sur la recherche de traitement est manquante pour 84 femmes. 2 Le total des pourcentages excède 100 % car une femme peut avoir évoqué plusieurs raisons. Santé de l’enfant • 137 SANTÉ DE L’ENFANT 9 Boyalngar Mbatina et Djanmon Waissala e nos jours, la plupart des décès d’enfants de moins de cinq ans sont dus à des maladies évitables et qui peuvent être traitées. Certains de ces décès infantiles sont provoqués par des infections, la diarrhée et le paludisme. De ce fait, la vaccination et les traitements appropriés administrés à temps comptent parmi les interventions qui ont un impact important sur les niveaux de morbidité et de mortalité des enfants. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, on a collecté des informations permettant d’évaluer leur état de santé ; plus précisément le poids à la naissance, la couverture vaccinale, la prévalence des principales maladies (infections respiratoires aigües, fièvre et diarrhée) ainsi que la proportion d’enfants malades qui ont reçu un traitement contre ces maladies. Étant donné que les enfants de moins de cinq ans constituent un groupe de population particulièrement vulnérable, ces informations sont D Principaux résultats • D’après les carnets de santé ou les déclarations de la mère, le poids à la naissance des enfants n’est connu que dans 12 % des cas. Parmi les naissances dont le poids a été déclaré, 7 % pesaient moins de 2,5 kg. • Un enfant sur quatre âgé de 12-23 mois (25 %) a été complètement vacciné. C’est dans la région du Mandoul que la couverture vaccinale est la plus élevée (53 %) et, à l’opposé, c’est dans le Chari Baguirmi que la proportion d’enfants ayant reçu tous les vaccins de base est la plus faible (2 %). La couverture vaccinale des enfants s’est nettement améliorée depuis 2004, la proportion d’enfants ayant reçu tous les vaccins recommandés étant passée de 11 % à 25 %. • Au cours des deux semaines précédant l’interview, 8 % des enfants de moins de cinq ans ont souffert d’IRA, 24 % de la fièvre et 22 % de diarrhée. Des conseils ou un traitement ont été recherchés auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé pour 26 % des enfants ayant présenté des symptômes d’IRA, 23 % pour les cas de fièvre et 25 % pour la diarrhée. • Dans l’ensemble, près de trois enfants ayant eu la diarrhée sur dix (29 %) ont été traités, au cours de leur maladie, soit en recevant une TRO, soit en recevant une quantité de liquides supérieure à celle qu’ils reçoivent en temps normal tout en continuant à s’alimenter. • Parmi les femmes qui ont eu une naissance au cours des cinq années précédant l’enquête, 68 % connaissent les SRO et les liquides préconditionnés. Cependant, seulement 29 % des enfants ayant souffert de la diarrhée ont reçu une SRO ou une SMR. • Environ un enfant âgé de moins de cinq ans sur deux (48 %) a subi l’ablation de la luette. Dans un peu plus d’un cas sur deux (53 %), ce sont des praticiens traditionnels qui ont effectué cette intervention • Dix-sept pour cent des femmes pensent que l’ablation de la luette ne comporte aucun avantage et, à l’opposé, 23 % pensent qu’elle ne présente aucun inconvénient. 138 • Santé de l’enfant essentielles à la mise en place de tout programme dont l’objectif est d’améliorer la survie et le développement du jeune enfant. 9.1 POIDS À LA NAISSANCE Un poids insuffisant à la naissance est une cause majeure de morbidité et de mortalité dans la petite enfance. Un faible poids à la naissance peut affecter la santé de l’enfant, son développement et ses facultés d’apprentissage à l’école. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, on a demandé aux femmes qui avaient eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années, quels étaient le poids et la grosseur de l’enfant, estimée par la mère, à la naissance. Les résultats présentés au Tableau 9.1 montrent que d’après les carnets de santé ou les déclarations de la mère, dans seulement 12 % des cas le poids à la naissance des enfants est connu. Cette proportion n’a pas significativement varié par rapport à celle estimée à l’EDST-II de 2004 (10 %). La proportion de naissances dont le poids a été déclaré à la naissance varie, de manière importante, selon les caractéristiques sociodémographiques. En effet, c’est parmi les naissances dont la mère vit en milieu urbain (34 %), en particulier à N’Djaména (45 %), parmi celles dont la mère a un niveau d’instruction supérieur (89 %), ainsi que parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (37 %) que la proportion pour lesquelles on dispose d’un poids est la plus importante. À l’opposé, un poids a été déclaré pour seulement 7 % des naissances du milieu rural et pour celles dont la mère est sans niveau d’instruction et, pour 6 % des naissances des ménages du quintile le plus bas. Les données révèlent également que la proportion de naissances dont le poids a été déclaré à la naissance diminue avec l’augmentation du rang de naissances, passant de 15 % pour le rang 1 à 11 % pour les rangs 6 et plus. Selon la région, on constate des variations importantes : c’est dans le Lac (0,4 %), le Barh El Gazal et le Kanem (1 %) que le poids à la naissance a été le moins fréquemment déclaré. À l’opposé, dans le Mandoul, et le Moyen Chari, le poids est connu pour environ une naissance sur cinq (respectivement 20 % et 19 %). Parmi les naissances dont on connaît le poids (12 %), 7 % étaient de faible poids à la naissance, (moins de 2,5 kg selon l’OMS). À part dans les régions, on ne note pas de variations importantes selon les caractéristiques sociodémographiques. En outre, dans la mesure où les proportions de naissances dont on dispose du poids varient de manière importante entre les différents sous-groupes d’enfants, les variations des proportions de naissances de faible poids sont à interpréter avec beaucoup de prudences. C’est le cas de l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest où on connait le poids pour seulement 4 % d’enfants parmi lesquels 26 % pesaient moins de 2,5kg. Pour obtenir une estimation de la grosseur de l’enfant à la naissance, on a posé la question suivante à la mère : « Quand votre enfant est né, était-il très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne ou très petit ? ». À cette question subjective, les mères ont répondu dans 74 % des cas que l’enfant était moyen ou plus gros que la moyenne. Dans 12 % des cas, elles ont déclaré qu’il était plus petit que la moyenne et, dans une même proportion qu’il était très petit. Cette proportion d’enfants très petits varie surtout en fonction du niveau d’instruction de la mère, du quintile de bien-être économique et de la région. Si, dans la région du Mandoul, cette proportion est de seulement 2 %, elle atteint 36 % dans l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest. Santé de l’enfant • 139 Tableau 9.1 Poids et taille de l’enfant à la naissance Répartition (en %) des naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par grosseur de l’enfant à la naissance estimée par la mère, pourcentage de naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête dont le poids à la naissance a été déclaré et, parmi ces naissances, pourcentage qui pèsent moins de 2,5 kg, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Répartition (en %) de toutes les naissances vivantes par grosseur de l’enfant à la naissance Pourcentage de toutes les naissances dont le poids à la naissance a été déclaré1 Effectif de naissances Parmi les naissances dont le poids à la naissance a été déclaré1 Caractéristique sociodémographique Très petit Plus petit que la moyenne Moyen ou plus gros que la moyenne Ne sait pas/ manquant Total Pourcentage pesant moins de 2,5 kg Effectif d’enfants Âge de la mère à la naissance <20 12,3 12,2 74,0 1,4 100,0 11,7 3 641 5,3 424 20-34 11,3 12,4 74,7 1,7 100,0 12,0 12 698 7,9 1 526 35-49 13,4 12,8 71,7 2,1 100,0 12,8 2 296 6,2 294 Rang de naissance 1 11,8 12,5 74,3 1,5 100,0 15,3 2 850 6,3 437 2-3 11,3 12,9 74,1 1,6 100,0 12,6 5 379 8,7 679 4-5 11,1 12,4 74,8 1,7 100,0 10,6 4 409 6,3 467 6+ 12,5 12,0 73,8 1,8 100,0 11,0 5 997 7,0 661 Résidence N’Djaména 9,8 12,0 72,9 5,3 100,0 45,2 1 307 8,0 591 Autres villes 11,7 11,9 75,2 1,2 100,0 28,2 2 358 8,7 666 Ensemble urbain 11,1 11,9 74,4 2,7 100,0 34,3 3 665 8,4 1 256 Rural 11,9 12,5 74,1 1,4 100,0 6,6 14 969 5,7 988 Région Batha 18,6 11,1 65,8 4,5 100,0 3,2 844 (11,1) 27 Borkou, Tibesti 23,3 15,9 60,0 0,9 100,0 11,4 76 9,7 9 Chari Baguirmi 16,7 12,5 66,1 4,7 100,0 2,9 871 (0,0) 25 Guéra 16,0 15,3 67,6 1,1 100,0 8,4 1 183 20,9 99 Hadjer-Lamis 11,2 12,2 76,3 0,3 100,0 6,3 1 286 (0,0) 80 Kanem 27,2 19,3 52,8 0,6 100,0 1,2 694 * 8 Lac 28,2 17,9 53,4 0,5 100,0 0,4 834 * 3 Logone Occidental 4,9 10,2 84,0 0,9 100,0 16,5 1 118 4,1 185 Logone Oriental 4,6 10,7 83,9 0,8 100,0 11,2 1 923 10,1 215 Mandoul 2,4 11,2 84,0 2,4 100,0 19,5 1 382 5,2 270 Mayo Kebbi Est 4,9 11,7 81,8 1,7 100,0 12,9 1 438 7,1 185 Mayo Kebbi Ouest 8,7 10,0 80,4 0,9 100,0 12,6 1 038 4,4 131 Moyen Chari 4,4 10,1 83,8 1,7 100,0 18,8 924 8,2 174 Ouaddaï 18,3 15,6 64,8 1,3 100,0 3,7 991 (6,6) 37 Salamat 25,2 15,4 58,6 0,8 100,0 7,4 426 11,0 32 Tandjilé 5,3 7,2 87,2 0,4 100,0 11,7 1 153 2,7 134 Wadi Fira 23,4 12,0 63,9 0,7 100,0 2,4 434 (0,7) 11 N’Djaména 9,8 12,0 72,9 5,3 100,0 45,2 1 307 8,0 591 Barh El Gazal 20,6 16,9 62,1 0,4 100,0 1,4 235 * 3 Ennedi Est, Ennedi Ouest 35,7 20,9 42,5 1,0 100,0 4,4 70 26,2 3 Sila 18,4 17,8 62,9 0,9 100,0 5,6 408 8,8 23 Niveau d’instruction de la mère Aucun 15,0 13,7 69,6 1,8 100,0 6,7 12 224 6,5 816 Primaire 5,4 10,2 82,9 1,5 100,0 14,3 4 539 9,6 647 Secondaire 5,9 9,8 83,0 1,3 100,0 39,3 1 778 5,7 698 Supérieur 7,4 1,2 91,4 0,0 100,0 89,1 93 8,1 83 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 9,8 12,4 76,5 1,3 100,0 5,9 3 856 6,7 227 Second 13,2 11,8 73,6 1,5 100,0 8,0 4 024 6,5 322 Moyen 13,2 13,0 72,4 1,5 100,0 6,2 3 820 4,8 236 Quatrième 12,6 12,4 73,5 1,4 100,0 7,5 3 712 6,5 278 Le plus élevé 9,5 12,6 75,0 2,9 100,0 36,7 3 223 8,2 1 181 Ensemble 11,7 12,4 74,2 1,7 100,0 12,0 18 635 7,2 2 244 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Basé sur, soit un enregistrement écrit, soit la déclaration de la mère. 140 • Santé de l’enfant 9.2 VACCINATION DES ENFANTS Les vaccins permettent aux enfants de rester en vie et en bonne santé en les protégeant contre les maladies. Certaines maladies infantiles peuvent être évitées si ces derniers reçoivent notamment les doses nécessaires de vaccin. Il existe deux types d’immunité susceptibles de protéger l’enfant : l’immunité passive transmise par la mère et l’immunité active acquise par le biais de la vaccination. Du fait que l’immunité passive est éphémère, il est donc important que les enfants soient vaccinés afin de pouvoir renforcer leur système immunitaire (INSD, 2009). Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, on a enregistré, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, les informations pouvant permettre une évaluation de la couverture vaccinale du Programme Élargi de Vaccinations (PEV) au Tchad. Conformément aux recommandations de l’OMS retenues par le PEV du Tchad, un enfant est complètement vacciné lorsqu’il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), trois doses de DTCoq-HepB-Hib contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae type B (Hib) et l’hépatite B, trois doses du vaccin contre la polio, le vaccin contre la rougeole et celui contre la fièvre jaune (Graphique 9.1). À ceux-ci s’ajoute, une dose de vaccin contre la polio (polio 0) donnée à la naissance. D’après le calendrier vaccinal, tous ces vaccins doivent être administrés avant l’âge de 12 mois. Graphique 9.1 Vaccination des enfants de 12-23 mois selon le type de vaccin Les données sur la vaccination ont été collectées à partir de deux sources : le carnet de vaccination de l’enfant et les déclarations de la mère quand le carnet n’était pas disponible ou n’existait pas. Le Tableau 9.2 présente les résultats sur la couverture vaccinale selon les différentes sources d’information pour les enfants de 12-23 mois, c’est-à-dire ceux qui, d’après les recommandations de l’OMS, ont atteint l’âge où ils devraient être complètement vaccinés. 60 58 48 33 76 66 50 57 25 19 44 BCG DTCoq- HepB-HiB 1 DTCoq- HepB-HiB 2 DTCoq- HepB-HiB 3 Polio 1 Polio 2 Polio 3 Rougeole Tous les vaccins* Aucun vaccin Fièvre jaune Pourcentage EDS-MICS 2014-2015* Non compris la fièvre jaune Santé de l’enfant • 141 Tableau 9.2 Vaccinations par sources d’information Pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins, à n’importe quel moment avant l’enquête selon la source d’information (carnet de vaccination ou déclaration de la mère) et pourcentage ayant été vaccinés avant l’âge de 12 mois, Tchad 2014-2015 BCG DTCoq-HepB-HiB Polio1 Rougeole Tous les vaccins de base2 Aucun vaccin Fièvre jaune Tous les vaccins de base, y compris la fièvre jaune Effectif d’enfantsSource d’information 1 2 3 0 1 2 3 Vacciné à n’importe quel moment avant l’enquête Carnet de vaccination 29,3 30,5 25,9 20,5 26,9 30,1 26,2 21,6 24,7 17,4 0,0 19,4 15,6 954 Déclaration de la mère 30,4 27,8 22,4 12,7 12,1 46,2 40,0 27,9 32,2 7,9 18,5 24,1 7,3 1 999 Les deux sources 59,6 58,3 48,3 33,2 39,1 76,3 66,2 49,5 56,9 25,3 18,5 43,5 22,9 2 953 Vacciné avant l’âge de 12 mois3 55,2 53,4 43,7 28,4 36,4 70,4 60,3 42,6 39,8 18,3 26,6 31,9 16,5 2 953 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTC-HepB-Hib et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance et la fièvre jaune). 3 Pour les enfants dont l’information est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que la proportion de vaccins effectués au cours de la première année est la même que celle des enfants dont l’information provient d’un carnet de vaccination. L’examen du Tableau 9.2 montre que 17 % des enfants de 12-23 mois ont été complètement vaccinés d’après les informations obtenues à partir du carnet de vaccination et 8 % selon les déclarations de la mère. Quand on ajoute ces deux sources la proportion d’enfants complètement vaccinés passe à 25 %. Par contre, près de deux enfants sur dix (19 %) n’ont reçu aucun des vaccins recommandés. Le reste (56 %) n’a donc été que partiellement vacciné. Seulement, 18 % des enfants ont été complètement vaccinés selon le calendrier recommandé, c’est-à-dire avant l’âge de 12 mois. Les résultats montrent également que 44 % des enfants de 12- 23 mois ont été vaccinés contre la fièvre jaune ; dans 19 % des cas, les informations proviennent du carnet de vaccination et dans 24 % des cas, elles proviennent de la déclaration de la mère. Signalons que par souci de comparaison au niveau international et avec les EDS précédentes, dans la suite du chapitre, on considère comme complètement vaccinés, les enfants qui ont reçu tous les « vaccins de base » du PEV, à savoir le BCG, les trois doses de vaccin contre la polio et le DTCoq et le vaccin contre la rougeole. Le tableau présente aussi la proportion d’enfants qui ont reçu tous les vaccins de base plus la fièvre jaune. Quand on inclut la fièvre jaune, la couverture vaccinale est légèrement plus faible (23 %). De façon générale, les résultats du Tableau 9.2 mettent en évidence une faible couverture vaccinale au Tchad. D’après le carnet de vaccination, 29 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG et 30 % si l’on se base sur les déclarations de la mère. Lorsqu’on combine les deux sources d’informations, on constate qu’au total, six enfants de 12-23 mois sur dix (60 %) ont reçu le BCG (donné en principe à la naissance) au moment de l’enquête et 55 % avaient reçu cette vaccination avant l’âge de 12 mois. La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de DTC-HepB-Hib contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et l’Haemophilus influenzae type B est de 58 % mais cette couverture vaccinale diminue de façon importante entre les doses : de 58 % pour la première dose, la proportion d’enfants ayant reçu la deuxième dose passe à 48 % et à seulement 33 % pour la troisième dose. Le taux de déperdition pour ce vaccin est donc de 17 % entre la première et la deuxième dose , de 31 % entre la deuxième et la troisième et de 43 % entre la première et la troisième dose. La couverture vaccinale contre la poliomyélite varie également selon la dose : 76 % des enfants de 12-23 mois ont reçu la première dose de polio ; cette proportion est de 50 % pour les trois doses de polio reçues. Compte tenu du fait que le vaccin contre la poliomyélite est administré en même temps que celui du DTCoq (à partir de la première dose), on s’attend à trouver des niveaux de couverture vaccinale très proches. 142 • Santé de l’enfant Cela se vérifie davantage quand on compare les taux de couverture basés sur les carnets de vaccination que sur les déclarations de la mère. À propos des autres vaccins récemment introduits dans le calendrier vaccinal des enfants, on note que 57 % des enfants de 12-23 mois ont été vaccinés contre la rougeole (40 % avant l’âge de 12 mois) et 44 % des enfants âgés de 12-23 mois ont été vaccinés contre la fièvre jaune, 32 % avant l’âge de 12 mois. Le Tableau 9.3 et le Graphique 9.2 présentent la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère et de l’enfant ainsi que la proportion d’enfants pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice. Pour près d’un tiers des enfants (32 %), le carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice. C’est dans les régions du Mandoul (67 %), du Mayo Kebbi Ouest (53 %) et, dans une proportion un peu plus faible, dans celles du Logone Occidental (43 %) et du Mayo Kebbi Est (42 %) que ce carnet a été le plus fréquemment présenté. De même, on note des écarts selon le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être économique du ménage dans lequel vit l’enfant. En effet, la proportion d’enfants pour lesquels le carnet de santé a été présenté à l’enquêtrice augmente avec le niveau d’instruction, passant de 25 % parmi ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction à 47 % parmi ceux dont elle a un niveau secondaire, ainsi qu’avec l’augmentation du niveau de bien-être économique, passant de 29 % dans les ménages du quintile le plus bas à 37 % dans ceux du quintile le plus élevé. Santé de l’enfant • 143 Tableau 9.3 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins à n’importe quel moment avant l’enquête (selon le carnet de vaccination ou la déclaration de la mère) et pourcentage pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique BCG DTCoq-HepB-HiB Polio1 Rou- geole Tous les vaccins de base2 Aucun vaccin Fièvre jaune Tous les vaccins de base, y compris la fièvre jaune Pourcen- tage avec un carnet de vaccina- tion présenté à l’enquêt- rice Effectif d’enfants1 2 3 0 1 2 3 Sexe Masculin 59,2 58,2 48,3 32,6 40,1 78,1 66,9 49,6 56,2 25,3 17,3 43,2 23,1 34,1 1 508 Féminin 60,1 58,4 48,3 33,8 38,0 74,3 65,5 49,4 57,5 25,3 19,7 43,8 22,7 30,4 1 444 Rang de naissance 1 57,2 57,9 49,5 33,1 42,6 75,1 63,5 46,9 51,5 26,8 20,7 41,0 24,5 35,1 401 2-3 60,5 57,7 48,4 31,9 39,0 77,0 67,1 48,3 57,6 24,0 18,6 45,3 21,9 32,1 858 4-5 55,5 56,3 49,1 31,8 34,7 74,0 65,6 47,1 55,2 22,8 21,5 42,4 21,5 28,8 670 6+ 62,5 60,2 47,1 35,2 40,5 77,6 66,9 53,1 59,4 27,4 15,6 43,8 24,0 33,6 1 023 Résidence N’Djaména 80,6 72,5 60,1 41,0 66,7 79,1 69,7 55,4 72,3 32,8 9,4 63,6 32,5 32,8 199 Autres villes 74,2 69,3 60,4 39,1 55,4 81,3 71,4 52,1 58,9 28,6 12,4 47,8 26,2 39,6 335 Ensemble urbain 76,6 70,5 60,3 39,8 59,7 80,5 70,7 53,3 63,9 30,2 11,3 53,7 28,5 37,0 534 Rural 55,9 55,6 45,6 31,7 34,5 75,3 65,2 48,6 55,3 24,2 20,1 41,3 21,6 31,2 2 418 Région Batha 20,4 18,5 9,8 7,9 15,7 33,2 25,4 10,4 30,5 5,2 61,8 12,3 2,9 5,3 117 Borkou, Tibesti 28,5 26,8 19,6 7,2 15,4 36,1 25,2 14,2 19,6 5,7 61,2 21,4 5,7 4,4 10 Chari Baguirmi 32,8 19,1 10,2 5,5 14,5 65,2 46,8 23,7 27,9 1,9 27,2 18,6 1,9 11,2 133 Guéra 56,9 59,2 43,2 25,6 33,5 74,4 62,6 41,5 61,6 19,2 19,2 51,9 19,2 31,4 177 Hadjer-Lamis 54,9 57,2 47,6 30,4 38,9 64,6 53,6 26,4 53,3 18,0 22,1 41,9 16,0 21,9 187 Kanem 45,2 41,9 33,5 25,9 32,0 58,9 47,2 31,5 39,0 14,8 36,9 30,4 13,1 20,8 90 Lac 35,7 37,1 32,0 17,8 20,9 47,0 41,1 25,6 35,3 12,4 43,0 28,4 11,9 16,1 123 Logone Occidental 60,8 65,7 48,6 27,5 42,2 87,6 72,9 50,9 54,3 21,4 9,6 37,5 19,0 43,0 218 Logone Oriental 70,9 67,6 59,4 38,0 37,2 85,0 74,8 61,2 63,1 30,3 9,8 53,3 28,7 37,1 313 Mandoul 81,4 83,8 73,0 62,8 61,2 93,8 87,3 79,8 68,8 52,6 1,8 55,7 45,1 66,7 213 Mayo Kebbi Est 70,0 67,5 59,0 41,3 45,7 96,0 90,3 73,5 74,9 33,9 4,0 56,5 32,6 41,8 241 Mayo Kebbi Ouest 83,6 86,2 76,5 58,4 56,3 95,2 88,4 76,3 83,6 49,1 3,0 63,4 41,2 53,1 186 Moyen Chari 74,1 70,0 59,1 40,3 46,3 91,9 80,6 67,3 58,6 30,4 7,3 48,4 28,8 29,7 153 Ouaddaï 30,5 20,9 15,2 10,1 14,4 44,5 31,7 15,8 24,2 5,7 49,3 17,8 5,7 12,3 147 Salamat 52,4 41,7 32,4 23,0 34,8 59,0 45,6 29,0 39,9 12,8 31,9 29,9 12,8 24,3 70 Tandjilé 64,3 72,3 61,3 45,1 41,7 95,9 86,9 64,8 80,7 33,0 2,1 51,2 27,1 34,5 214 Wadi Fira 15,2 15,4 14,0 8,9 10,1 41,5 37,9 25,7 22,6 6,8 57,6 12,6 5,0 10,1 62 N’Djaména 80,6 72,5 60,1 41,0 66,7 79,1 69,7 55,4 72,3 32,8 9,4 63,6 32,5 32,8 199 Barh El Gazal 47,5 46,9 36,1 20,5 26,0 53,6 44,7 30,7 30,1 11,5 38,5 24,4 8,6 22,4 36 Ennedi Est, Ennedi Ouest 34,3 28,2 25,7 20,6 15,6 41,8 41,1 26,5 37,7 13,2 54,7 30,4 13,2 4,6 11 Sila 49,8 46,8 39,2 17,6 34,4 65,6 46,9 32,0 37,3 10,2 28,2 25,0 9,9 21,4 54 Niveau d’instruction de la mère Aucun 49,6 48,2 38,3 26,5 30,8 67,5 57,0 39,9 47,3 18,7 26,6 36,3 17,3 25,4 1 877 Primaire 74,9 74,4 62,2 40,7 48,7 90,4 79,8 62,8 73,1 32,5 4,6 52,6 27,9 43,8 736 Secondaire 81,0 79,1 72,6 53,5 62,8 94,0 88,5 74,7 74,0 46,3 3,8 63,8 43,3 46,6 320 Supérieur * * * * * * * * * * * * * * 20 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 52,9 52,5 41,5 27,2 32,5 72,2 61,3 44,7 52,7 20,8 21,8 40,8 19,1 28,7 609 Second 56,4 56,2 46,7 32,4 35,5 77,7 65,6 47,1 55,4 24,7 19,3 42,0 22,2 31,7 687 Moyen 55,4 55,6 46,1 31,3 32,0 74,2 66,8 51,3 58,1 25,5 20,6 42,1 21,7 31,2 606 Quatrième 58,6 56,6 46,3 33,2 38,5 76,8 67,1 49,4 53,2 23,1 17,7 38,9 21,0 34,3 585 Le plus élevé 80,0 74,6 64,7 44,7 62,9 81,5 71,6 57,2 67,4 34,5 11,3 57,0 32,7 36,8 465 Ensemble 59,6 58,3 48,3 33,2 39,1 76,3 66,2 49,5 56,9 25,3 18,5 43,5 22,9 32,3 2 953 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTC-HepB-Hib et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance et la fièvre jaune). 144 • Santé de l’enfant Graphique 9.2 Pourcentage d’enfants de 12-23 mois complétement* vaccinés selon certaines caractéristiques sociodémographiques Concernant la vaccination complète, on ne relève pratiquement pas de différence entre les filles et les garçons (25 % dans chaque cas). Par contre, la couverture vaccinale diminue légèrement avec le rang de naissances : de 27 % pour le rang 1, elle passe à 23 % pour les rangs 4-5. Les variations selon le milieu de résidence sont importantes et mettent en évidence la faiblesse de la couverture vaccinale du milieu rural par rapport au milieu urbain (24 % contre 30 %). C’est entre les régions que l’on observe les disparités les plus importantes. Ce sont les régions du Mandoul (53 %) et du Mayo Kebbi Ouest (49 %) qui enregistrent la meilleure couverture vaccinale du pays, couverture supérieure à celle de N’Djaména (33 %). Par contre, la couverture vaccinale est très faible dans le Batha (5 %), le Borkou et le Tibesti et le Ouaddaï (6 % dans les deux cas) et le Wadi Fira (7 %). C’est le Chari Baguirmi (2 %) qui enregistre la couverture vaccinale des enfants la plus faible. On peut expliquer, en partie, les faibles performances de ces dernières régions par les taux élevés de déperdition entre la première et la troisième dose de DTCoq et de Polio (par exemple 64 % de déperdition entre Polio 1 et 3 dans le Chari Baguirmi). En outre, on observe des résultats que l’on constate généralement dans de nombreux pays telle que l’amélioration de la couverture vaccinale des enfants avec le niveau d’instruction de la mère et avec l’augmentation du niveau de bien-être économique du ménage. Au Tchad, quand la mère n’a aucun niveau d’instruction, moins d’un enfant sur cinq a reçu tous les vaccins recommandés (19 %) contre 33 % quand elle a le niveau primaire et 46 % quand elle a le niveau supérieur. Selon le niveau de bien-être économique, la couverture vaccinale passe de 21 % parmi les enfants dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas à 26 % dans les ménages du quintile moyen et à 35 % dans ceux du quintile le plus élevé. Tendances La comparaison des résultats avec ceux des enquêtes précédentes montre que la couverture vaccinale a connu une nette amélioration depuis 2004 (Graphique 9.3). Notons qu’entre 1996-97 et 2004, la couverture vaccinale pour les différents vaccins recommandés est restée quasiment stable (39 %-40 % pour le BCG, 20 % pour le DTCoq3 et 23 % pour la rougeole). Pendant la même période, la proportion d’enfants complètement vaccinés est restée également identique (11 %). Par contre, à partir de 2004, on note une augmentation 21 25 26 23 35 19 33 46 24 30 25 Pourcentage EDS-MICS 2014-2015* Non compris la fièvre jaune Santé de l’enfant • 145 généralisée de la couverture vaccinale : de 11 % en 2004, la proportion d’enfants ayant reçu tous les vaccins recommandés est passée à 25 %. Ainsi, la couverture vaccinale du BCG est passée de 40 % en 2004 à 60 % en 2014-2015, celle du DTCoq3 est passée respectivement de 20 % à 33 % ; dans la même période, la proportion d’enfants vaccinés contre la rougeole a augmenté, passant de 23 % en 2004 à 57 % en 2014-2015. Par contre, la couverture de la polio3 a augmenté de façon régulière depuis 1996-97, passant de 18 % à 36 % en 2004 pour atteindre 50 % en 2014-2015. Parallèlement, la proportion d’enfants n’ayant reçu aucun vaccin a connu une diminution entre 1996- 97 (44 %) et 2004 (19 %) mais cette proportion est restée stable entre 2004 et 2014-2015. Graphique 9.3 Couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois par type de vaccin, selon l’EDST-I 1996-1997, l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 Les données collectées sur la vaccination des enfants de moins de cinq ans ont permis d’évaluer rétrospectivement les tendances de la couverture vaccinale avant l’âge de 12 mois pour les quatre années ayant précédé l’enquête concernant les enfants de 12-23 mois, 24-35 mois, 36-47 mois et 48-59 mois. Le Tableau 9.4 présente les taux de couverture vaccinale d’après le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère pour les enfants de ces groupes d’âges. Le tableau présente aussi les pourcentages d’enfants pour lesquels un carnet de vaccination a été montré à l’enquêtrice. 39 20 18 23 11 44 40 20 36 23 11 19 60 33 50 57 25 19 BCG DTCoq-HepB- HiB 3 Polio 3 Rougeole Tous les vaccins* Aucun vaccin Pourcentage EDST-I 1996-1997 EDST-II 2004 EDS-MICS 2014-2015 * Non compris la fièvre jaune 146 • Santé de l’enfant Tableau 9.4 Vaccinations au cours de la première année Pourcentage d’enfants âgés de 12-59 mois au moment de l’enquête qui ont reçu certains vaccins avant l’âge de 12 mois et pourcentage de ceux pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice, selon l’âge actuel de l’enfant, Tchad 2014-2015 Âge en mois BCG DTCoq-HepB-HiB Polio1 Rou- geole Tous les vaccins de base2 Aucun vaccin Fièvre jaune Tous les vaccins de base, y compris la fièvre jaune Pourcen- tage avec un carnet de vaccina- tion présenté à l’enquêt- rice Effectif d’enfants1 2 3 0 1 2 3 12-23 55,2 53,4 43,7 28,4 36,4 70,4 60,3 42,6 39,8 18,3 26,6 31,9 16,5 32,3 2 953 24-35 50,6 43,8 36,9 25,0 27,9 61,0 55,0 41,8 30,8 16,5 43,6 30,3 15,1 20,3 3 232 36-47 49,5 42,7 37,3 25,1 23,6 62,5 56,0 43,5 33,0 16,6 42,2 31,5 15,1 13,4 3 484 48-59 48,6 43,4 36,9 26,6 22,2 60,5 53,6 43,8 30,0 17,5 47,3 30,2 15,9 12,1 3 570 Ensemble 51,7 46,6 39,3 26,5 27,4 64,8 57,2 43,5 34,6 17,2 37,6 31,5 15,6 19,0 13 239 Note : L’information provient du carnet de vaccination ou, s’il n’y a pas de carnet, elle provient de la déclaration de la mère. Pour les enfants dont l’information est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que la proportion de vaccinations reçues durant la première année est la même que celle observée pour les enfants pour lesquels on dispose d’un carnet de vaccination. 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTC-HepB-Hib et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance et la fièvre jaune). Les résultats montrent que seulement 19 % des enfants de 12-59 mois avaient un carnet qui a été montré à l’enquêtrice lors de l’interview. Cette proportion diminue progressivement avec l’âge de l’enfant, passant de 32 % parmi les enfants de 12-23 mois à 12 % pour ceux de 48-59 mois. Cette variation semblerait indiquer que les enfants ont de plus en plus fréquemment de carnet, mais ceci pourrait aussi simplement résulter du fait que plus les enfants sont âgés, moins les carnets de vaccinations sont disponibles (ils ont été perdus). Comme les enfants les plus âgés ont moins fréquemment de carnet que les plus jeunes, les données sur la couverture vaccinale qui les concernent sont moins fiables que pour les plus jeunes car beaucoup plus fréquemment basées sur la mémoire de la mère. On constate, des enfants les plus âgés aux plus jeunes, une augmentation de la proportion de ceux qui ont été vaccinés contre le BCG (49 % à 55 %) et la rougeole (30 % à 40 %) ; par contre, la proportion de ceux qui ont reçu le vaccin du Pentavalent a peu augmenté (27 % parmi ceux de 48-59 mois à 28 % parmi ceux de 12-23 mois) et celle concernant la polio est restée stable (44 % parmi ceux de 48-59 mois à 43 % parmi ceux de 12-23 mois). Par conséquent, il ne se dégage pas de ces résultats une tendance à l’amélioration de la couverture vaccinale complète, celle-ci étant passée de 18 % pour les enfants les plus âgés (48-59 mois) à 17 % parmi ceux de 24-35 mois et à 18 % parmi les plus jeunes (12-23 mois). 9.3 PRÉVALENCE ET TRAITEMENT DES MALADIES DES ENFANTS 9.3.1 Infections respiratoires Les Infections Respiratoires Aiguës (IRA), et particulièrement la pneumonie, constituent l’une des premières causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. D’après les statistiques officielles du ministère de la Santé Publique du Tchad, les IRA constituaient en 2014, une des premières causes de consultation et d’hospitalisation chez les enfants de moins de cinq ans. Pour évaluer la prévalence de ces infections chez les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’interview et, si oui, si elle avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide d’origine pulmonaire (symptômes caractéristiques d’IRA). Pour les enfants qui avaient présenté des symptômes d’IRA au cours de cette période, on a cherché à savoir s’ils avaient été conduits en consultation ou si on avait recherché des conseils ou un traitement. Précisons que les Santé de l’enfant • 147 résultats sur la prévalence des IRA ne sont pas strictement comparables avec ceux des enquêtes précédentes car la prévalence des IRA varie avec la saison et les informations collectées par les EDS ne sont représentatives que pour la période de référence, c’est-à-dire les deux semaines qui précèdent l’interview. Les résultats du Tableau 9.5 montrent que parmi les enfants de moins de cinq ans, 8 % ont souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide, indiquant la présence d’IRA. Hormis l’âge et la région de résidence, on ne constate pas de variations importantes de la prévalence des IRA. En effet, les résultats selon l’âge font apparaître globalement une tendance à la diminution de la prévalence des IRA avec l’âge de l’enfant, variant de 10 % parmi ceux de moins de 12 mois à 6 % parmi ceux de 36-59 mois. De même, la prévalence des IRA varie par région : les prévalences les plus faibles sont observées dans le Batha (2 %), le Guéra (3 %) et le Chari Baguirmi, le Ouaddaï et le Wadi Fira (4 % dans chaque cas). Par contre, les régions de Hadjer Lamis (13 %), du Logone Oriental et du Mandoul (12 %) sont celles où les enfants sont les plus touchés par les IRA. Tableau 9.5 Prévalence et traitement des symptômes d’Infection Respiratoire Aiguë (IRA) Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont présenté des symptômes d’Infection Respiratoire Aiguë au cours des deux semaines ayant précédé l’interview ; parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé et pourcentage qui ont reçu des antibiotiques comme traitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques Tchad 2014-2015 Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans avec des symptômes d’IRA : Caractéristique sociodémographique Pourcentage avec des symptômes d’IRA1 Effectif d’enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé2 Pourcentage ayant pris des antibiotiques Effectif d’enfants Âge en mois <6 9,6 1 827 26,7 31,4 176 6-11 10,8 1 744 27,5 35,2 189 12-23 7,4 2 953 31,7 29,7 219 24-35 7,7 3 232 22,7 28,7 249 36-47 6,1 3 484 27,1 30,6 213 48-59 6,2 3 570 20,1 25,9 221 Sexe Masculin 7,6 8 518 27,1 31,0 649 Féminin 7,5 8 292 24,5 29,1 619 Combustible pour cuisiner Électricité ou gaz 5,9 413 * * 24 Kérosène * 13 * * 1 Charbon/lignite * 15 * * 0 Charbon de bois 9,2 825 32,3 40,4 76 Bois/paille3 7,5 15 491 24,6 28,8 1 163 Bouse 7,0 32 * * 2 Autre combustible * 6 * * 0 Manquant * 15 * * 1 Résidence N’Djaména 8,0 1 164 51,4 52,3 93 Autres villes 7,5 2 126 32,6 43,8 159 Ensemble urbain 7,7 3 290 39,6 47,0 252 Rural 7,5 13 520 22,4 25,8 1 015 À suivre… 148 • Santé de l’enfant Tableau 9.5—Suite Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans avec des symptômes d’IRA : Caractéristique sociodémographique Pourcentage avec des symptômes d’IRA1 Effectif d’enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé2 Pourcentage ayant pris des antibiotiques Effectif d’enfants Région Batha 1,6 759 * * 12 Borkou, Tibesti 9,0 70 (17,1) (9,1) 6 Chari Baguirmi 4,2 752 (16,9) (24,8) 31 Guéra 3,3 1 094 (42,5) (47,0) 36 Hadjer-Lamis 12,8 1 176 25,4 27,0 150 Kanem 8,7 646 13,4 15,9 56 Lac 7,0 774 25,4 41,7 55 Logone Occidental 8,1 972 18,3 33,5 78 Logone Oriental 11,8 1 668 16,0 40,5 197 Mandoul 12,0 1 261 26,3 14,5 151 Mayo Kebbi Est 5,8 1 280 25,9 16,9 75 Mayo Kebbi Ouest 6,9 958 30,3 31,9 66 Moyen Chari 8,0 833 37,1 29,8 67 Ouaddaï 3,5 902 (20,3) (18,3) 32 Salamat 4,5 383 (28,9) (30,0) 17 Tandjilé 8,5 1 031 21,9 27,7 88 Wadi Fira 3,7 417 (29,9) (36,8) 15 N’Djaména 8,0 1 164 51,4 52,3 93 Barh El Gazal 6,1 222 (30,5) (40,6) 14 Ennedi Est, Ennedi Ouest 6,6 66 (25,4) (18,5) 4 Sila 5,7 382 (27,4) (23,7) 22 Niveau d’instruction de la mère Aucun 6,6 11 056 21,8 25,1 730 Primaire 9,7 4 042 27,5 32,3 393 Secondaire 8,5 1 621 41,0 47,7 138 Supérieur 6,8 91 * * 6 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 8,8 3 454 15,7 20,3 304 Second 7,4 3 603 20,9 24,3 268 Moyen 7,5 3 471 23,5 30,1 261 Quatrième 6,6 3 392 30,7 34,5 224 Le plus élevé 7,3 2 891 44,3 46,5 210 Ensemble 7,5 16 810 25,8 30,0 1 267 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Les symptômes d’IRA (toux accompagnée d’une respiration courte et rapide associée à des problèmes de congestion dans la poitrine et/ou à des difficultés respiratoires associées à des problèmes de congestion dans la poitrine) sont considérés comme une mesure indirecte de la pneumonie. 2 Non compris les pharmacies, les boutiques et les praticiens traditionnels. 3 Y compris l’herbe, les arbustes et les résidus agricoles. Les résultats révèlent également que pour environ un quart des enfants ayant présenté des symptômes d’IRA, des conseils ou un traitement ont été recherchés dans un établissement de santé ou auprès d’un prestataire de santé (26 %). Cette proportion varie de manière importante selon certaines catégories sociodémographiques. Les variations selon l’âge sont assez irrégulières mais dans le groupe d’âges 12-23 mois, la proportion d’enfants pour lesquels on a recherché un traitement ou des conseils est un peu plus élevée que dans les autres groupes (32 % contre un minimum de 20 % parmi ceux de 48-59 mois). La recherche de traitement ou de conseils est, par contre, très influencée par le milieu de résidence, le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être économique du ménage. En effet, la proportion d’enfants malades pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement est nettement plus élevée en milieu urbain que rural (40 % contre 22 %). Quand la mère a un niveau d’instruction secondaire, on a recherché dans 41 % Santé de l’enfant • 149 des cas un traitement ou des conseils contre seulement 28 % quand elle a un niveau primaire et 22 % quand elle n’a aucun niveau d’instruction. De même, du quintile le plus bas au plus élevé, la proportion d’enfants malades pour lesquels on a recherché un traitement ou des conseils augmente, passant de 16 % à 44 %. Parmi les enfants ayant présenté des symptômes d’IRA, seulement 30 % ont été traités avec des antibiotiques. Cette proportion est plus élevée parmi les enfants du milieu urbain (47 %), en particulier à N’Djaména (52 %), parmi ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire (48 %) et parmi ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (47 %) que parmi les autres catégories d’enfants. 9.3.2 Fièvre La fièvre est un symptôme fréquent chez les enfants. Elle résulte généralement d’une infection bactérienne ou virale comme par exemple la grippe, mais elle peut aussi être le signe d’un problème plus grave comme par exemple le paludisme. Pour évaluer sa prévalence, on a demandé aux mères si leur enfant de moins de 5 ans avait eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview. Dans le cas d’une réponse positive, on posait une série de questions sur le traitement de la fièvre. Les résultats sont présentés au Tableau 9.6 selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les données montrent qu’au niveau national, près d’un enfant de moins de 5 ans sur quatre (24 %) avait eu de la fièvre durant les deux semaines qui ont précédé l’interview. Les résultats selon l’âge font apparaître une prévalence plus élevée parmi les enfants de 6-35 mois. Dans ce groupe d’âges, la proportion d’enfants qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête varie entre 25 % et 34 %. À partir de 36 mois, la prévalence diminue et s’établit à 18 % parmi les enfants de 36-47 mois et à 17 % parmi ceux de 48-59 mois. Par ailleurs, on remarque que la fièvre a touché dans la même proportion les filles et les garçons (24 % pour chacun). Selon le milieu et la région de résidence, on note des variations importantes de la prévalence de la fièvre. En effet, la proportion d’enfants ayant eu de la fièvre est de 27 % en milieu urbain contre 23 % en milieu rural. On note également des disparités dans le milieu urbain, la prévalence de la fièvre étant plus élevée à N’Djaména que dans les Autres villes (36 % contre 23 %). Concernant les régions, c’est dans le Guéra (12 %) et le Wadi Fira (11 %), que la prévalence est la plus faible. À l’opposé, les régions du Logone Oriental (35 %) et du Chari Baguirmi (29 %) enregistrent les prévalences les plus élevées. Les résultats selon le niveau d’instruction des mères montrent que la prévalence de la fièvre augmente globalement avec le niveau d’instruction de la mère. En effet, ce sont les enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction qui ont été les moins touchés par la fièvre (21 % contre 30 % pour les enfants de mère de niveau primaire et 38 % pour ceux de mère de niveau supérieur). Les variations selon le niveau économique du ménage ne sont pas très régulières et la prévalence de la fièvre est quasiment la même parmi les enfants du quintile le plus élevé et parmi ceux du quintile le plus bas (respectivement 27 % et 26 %). On a demandé aux mères d’enfants qui avaient eu de la fièvre si des conseils ou un traitement avaient été recherchés dans un établissement sanitaire ou auprès d’un prestataire de santé (Tableau 9.6). Pour 23 % d’enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre, on a recherché des conseils ou un traitement dans un établissement sanitaire ou auprès d’un prestataire de santé. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont importantes. Selon l’âge, il semble que cette démarche a été un peu plus fréquemment effectuée pour les enfants âgés de 6-23 mois (24-26 %) que pour les autres (23 % au plus). Il n’existe pratiquement pas de différence selon le sexe (23 % dans chaque cas). 150 • Santé de l’enfant Tableau 9.6 Prévalence et traitement de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview ; parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé, pourcentage qui ont pris des antipaludiques et pourcentage qui ont pris des antibiotiques comme traitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu de la fièvre Effectif d’enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé1 Pourcentage ayant pris des antipaludiques Pourcentage ayant pris des antibiotiques Effectif d’enfants Âge en mois <6 23,9 1 827 20,0 16,7 25,2 437 6-11 33,8 1 744 24,3 22,4 22,3 590 12-23 31,0 2 953 25,5 28,8 22,7 916 24-35 25,3 3 232 22,8 28,2 21,3 817 36-47 18,4 3 484 21,3 31,0 20,3 641 48-59 16,6 3 570 20,6 29,5 16,4 593 Sexe Masculin 23,9 8 518 23,0 26,1 21,3 2 036 Féminin 23,6 8 292 22,5 27,7 21,3 1 958 Résidence N’Djaména 35,8 1 164 44,3 34,8 41,2 417 Autres villes 22,5 2 126 28,7 25,0 29,1 479 Ensemble urbain 27,2 3 290 36,0 29,6 34,7 896 Rural 22,9 13 520 19,0 26,1 17,4 3 097 Région Batha 15,3 759 7,6 10,4 6,3 116 Borkou, Tibesti 20,6 70 36,5 18,6 25,5 14 Chari Baguirmi 29,1 752 10,8 26,3 15,4 219 Guéra 12,0 1 094 42,1 25,8 30,2 132 Hadjer-Lamis 23,5 1 176 25,6 29,3 18,2 277 Kanem 17,3 646 17,0 10,2 15,7 111 Lac 17,6 774 16,4 11,9 17,0 136 Logone Occidental 25,2 972 15,5 17,3 21,9 245 Logone Oriental 35,3 1 668 13,6 20,7 21,8 589 Mandoul 27,7 1 261 24,9 37,0 16,4 350 Mayo Kebbi Est 25,0 1 280 22,0 37,4 18,7 320 Mayo Kebbi Ouest 19,3 958 22,1 31,6 19,8 185 Moyen Chari 28,8 833 21,6 31,6 17,7 240 Ouaddaï 14,8 902 18,6 14,7 18,3 134 Salamat 13,4 383 30,8 14,6 26,3 51 Tandjilé 25,8 1 031 24,5 34,0 18,0 265 Wadi Fira 11,2 417 27,2 48,4 31,9 47 N’Djaména 35,8 1 164 44,3 34,8 41,2 417 Barh El Gazal 19,7 222 26,3 16,7 19,0 44 Ennedi Est, Ennedi Ouest 13,9 66 22,7 40,3 14,9 9 Sila 24,2 382 20,7 14,9 15,3 93 Niveau d’instruction de la mère Aucun 20,6 11 056 20,5 24,1 18,8 2 275 Primaire 30,4 4 042 22,3 28,7 22,8 1 229 Secondaire 28,1 1 621 34,5 36,7 27,0 455 Supérieur 37,9 91 (35,6) (19,1) (57,7) 34 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 25,7 3 454 12,6 22,6 16,4 889 Second 22,8 3 603 18,5 26,3 16,0 820 Moyen 23,2 3 471 21,1 26,7 19,1 804 Quatrième 20,6 3 392 25,0 27,9 19,1 698 Le plus élevé 27,1 2 891 38,6 31,5 36,6 783 Ensemble 23,8 16 810 22,8 26,9 21,3 3 994 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les praticiens traditionnels. Santé de l’enfant • 151 Globalement, les résultats montrent que les enfants qui vivent en milieu urbain (36 % contre 19 % en milieu rural) et ceux dont la mère a au moins un niveau secondaire (35 % contre 21 % parmi ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction) sont ceux pour lesquels on a le plus fréquemment recherché des conseils ou un traitement auprès de personnel de santé. De même, le recours aux conseils ou traitements auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé dans le cas de fièvre est moins courant dans les ménages du quintile le plus bas que dans ceux des autres quintiles (13 % contre 21 % dans les ménages du quintile moyen et 39 % dans ceux du quintile le plus élevé). Par ailleurs, dans les régions, hormis N’Djaména, le pourcentage d’enfants pour lesquels des conseils ou un traitement auprès de personnel de santé ont été recherchés varie d’un minimum de 8 % dans le Batha à un maximum de 42 % dans le Guéra. Le Tableau 9.6 montre également que parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview, 27 % ont pris des antipaludiques. Le fait que la proportion d’enfants ayant pris des antipaludiques soit nettement supérieure à celle des enfants malades pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé (23 %) pourrait provenir de l’automédication. Il pourrait aussi s’agir du recours à des circuits thérapeutiques non conventionnels (guérisseurs, marché, etc.). Les résultats selon l’âge montrent globalement une tendance à l’utilisation plus fréquente d’antipaludiques avec l’âge de l’enfant, la proportion de ceux qui en ont reçu variant de 17 % à moins de 6 mois à 28 % à 24-35 mois et à 31 % à 36-47 mois. En outre, l’administration d’antipaludiques pour traiter la fièvre est plus courante en milieu urbain (30 %) qu’en milieu rural (26 %), et dans les régions de Wadi Fira (48 %) et dans celle de l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest (40 %) que dans le Batha et le Kanem (10 % dans chaque) et le Lac (12 %). Les résultats montrent aussi que la proportion d’enfants dont la fièvre a été traitée avec des antipaludiques augmente avec le niveau d’instruction de la mère (de 24 % à 37 %) et avec le bien-être économique du ménage (de 23 % à 32 %). Le Tableau 9.6 présente également le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans dont la fièvre a été traitée avec des antibiotiques. Environ un enfant sur cinq (21 %) a reçu des antibiotiques pour traiter la fièvre. En fonction de l’âge, on constate la tendance inverse à celle constatée pour le recours aux antipaludiques à savoir que la proportion d’enfants traités avec des antibiotiques diminue avec l’âge de l’enfant, passant de 25 % parmi les moins de six mois à 16 % parmi ceux de 48-59 mois. Globalement, sauf pour les régions, les résultats font apparaître les mêmes variations que celles constatées pour l’utilisation d’antipaludiques dans le traitement de la fièvre. Dans les régions, sans tenir compte de N’Djaména, la proportion d’enfants ayant reçu des antibiotiques varie de 6 % dans le Batha à 32 % dans le Wadi Fira. 9.3.3 Diarrhée De par leurs conséquences, notamment la déshydratation et la malnutrition, les maladies diarrhéiques constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande, pour lutter contre les effets de la déshydratation, la généralisation du Traitement de Réhydratation par voie Orale (TRO). Elle consiste à utiliser soit une solution préparée à partir du contenu de sachets de Sels de Réhydratation par voie Orale (SRO), soit une solution préparée à la maison avec de l’eau, du sucre et du sel. 152 • Santé de l’enfant Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques chez les enfants de moins de cinq ans, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères si elles connaissaient les SRO et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles les avaient utilisées et/ou si elles avaient utilisé une solution d’eau sucrée et salée. On a également demandé aux mères si elles avaient changé les pratiques alimentaires de leurs enfants au cours des épisodes diarrhéiques. De la lecture du Tableau 9.7, il ressort que 22 % des enfants de moins de cinq ans ont eu, au moins, un épisode de diarrhée pendant les deux semaines ayant précédé l’interview et qu’en outre, dans 3 % des cas, il y avait du sang dans les selles. La prévalence de la diarrhée est particulièrement importante chez les jeunes enfants de 6-23 mois : 36 % pour les 6-11 mois et 33 % pour les 12-23 mois bien que l’on note aussi une prévalence relativement élevée chez ceux de moins de six mois (21 %). C’est parmi ceux de 48-59 mois que la prévalence de la diarrhée est la plus faible (11 %) (Graphique 9.4). Il faut préciser que les âges de forte prévalence de la diarrhée sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et à être sevrés. Ils correspondent aussi aux âges auxquels les enfants commencent à explorer leur environnement, ce qui les expose davantage à la contamination par des agents pathogènes. Tableau 9.7 Prévalence de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête : Effectif d’enfants Caractéristique sociodémographique Toute diarrhée Diarrhée avec sang Âge en mois <6 20,8 0,8 1 827 6-11 35,5 3,7 1 744 12-23 33,4 5,1 2 953 24-35 24,4 4,2 3 232 36-47 15,5 3,7 3 484 48-59 10,6 2,1 3 570 Sexe Masculin 22,2 3,3 8 518 Féminin 21,7 3,5 8 292 Provenance de l’eau de consommation1 Source améliorée 21,4 3,0 9 238 Non améliorée 22,7 3,9 7 450 Autre/manquant 22,8 1,5 123 Type d’installation sanitaire2 Améliorée, non partagée 18,6 1.9 1 116 Partagée3 23,8 3,9 979 Non améliorée 22,1 3,5 14 629 Manquant 16,1 0,0 86 Résidence N’Djaména 27,6 3,2 1 164 Autres villes 20,1 2,9 2 126 Ensemble urbain 22,8 3,0 3 290 Rural 21,8 3,5 13 520 Région Batha 15,3 2,2 759 Borkou, Tibesti 14,1 1,8 70 Chari Baguirmi 22,6 2,5 752 Guéra 11,8 0,9 1 094 Hadjer-Lamis 22,9 2,9 1 176 Kanem 16,5 3,4 646 Lac 17,7 3,0 774 Logone Occidental 24,5 3,7 972 Logone Oriental 31,4 5,4 1 668 Mandoul 24,6 4,9 1 261 Mayo Kebbi Est 23,0 3,7 1 280 Mayo Kebbi Ouest 22,7 3,1 958 Moyen Chari 21,3 3,8 833 Ouaddaï 18,4 1,9 902 Salamat 16,6 2,0 383 Tandjilé 29,0 6,3 1 031 Wadi Fira 7,4 0,4 417 N’Djaména 27,6 3,2 1 164 Barh El Gazal 14,7 1,4 222 Ennedi Est, Ennedi Ouest 9,9 0,5 66 Sila 19,4 4,1 382 Niveau d’instruction de la mère Aucun 19,7 2,8 11 056 Primaire 26,7 4,8 4 042 Secondaire 25,7 4,0 1 621 Supérieur 19,8 0,7 91 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 24,6 4,9 3 454 Second 22,0 3,2 3 603 Moyen 22,0 3,3 3 471 Quatrième 19,8 3,0 3 392 Le plus élevé 21,4 2,5 2 891 Ensemble 22,0 3,4 16 810 1 Se reporter au Tableau 2.1 pour la définition des catégories. 2 Se reporter au Tableau 2.2 pour la définition des catégories. 3 Types d’installations sanitaires qui seraient considérées comme « améliorées » si elles n’étaient pas partagées par deux ménages ou plus. Santé de l’enfant • 153 Graphique 9.4 Prévalence de la diarrhée chez les enfants de moins de cinq ans selon l’âge On constate des variations importantes de la prévalence de la diarrhée en fonction de la région et du niveau d’instruction de la mère. En effet, si dans le Wadi Fira, seulement 7 % des enfants ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview, cette proportion atteint un maximum de 31 % dans le Logone Oriental et 29 % dans la Tandjilé. En outre, les résultats montrent que la prévalence de la diarrhée est plus élevée quand la mère a un niveau d’instruction primaire (27 %) ou secondaire (26 %) que quand elle n’a aucun niveau d’instruction ou qu’elle a un niveau supérieur (20 % dans les deux cas). En outre, la prévalence de la diarrhée diminue globalement avec l’augmentation du bien-être économique du ménage. La prévalence de la diarrhée varie très peu selon la provenance de l’eau consommée par le ménage. Par contre, le type d’installation sanitaire semble davantage influencer le niveau de la prévalence. En effet, la prévalence de la diarrhée est plus faible chez les enfants qui vivent dans un ménage disposant de toilettes améliorées, non partagées que chez ceux vivant dans un ménage ne disposant pas de toilettes améliorées ou parmi ceux dont le ménage ne dispose que de toilettes partagées (respectivement 19 % contre 22 % et 24 %). 9.3.4 Traitement pendant la diarrhée Le Tableau 9.8 présente, pour les enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview, le pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé et les pourcentages de ceux ayant reçu différents traitements quand ils étaient malades. Les résultats montrent que, dans un quart des cas (25 %), on a recherché des conseils ou un traitement pour l’enfant malade. La variation selon l’âge montre que ce sont les enfants de moins de 6 mois qui ont le moins bénéficié de recherche de conseils et de traitements quand ils avaient la diarrhée (20 %), comparés à ceux de 6- 11 mois (29 %) et de 12-23 mois (26 %). On note également des écarts selon le milieu et la région de résidence. En milieu urbain, pour un enfant malade sur trois (33 %), en particulier à N’Djaména (38 %), on a recherché un traitement contre près d’un enfant sur quatre (24 %) en milieu rural. C’est dans les régions du Borkou-Tibesti (44 %) et du Kanem (41 %) que les proportions d’enfants pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement sont les plus élevées. Par contre, cette proportion est nettement plus faible dans le Chari Baguirmi (13 %) et le Ouaddaï (14 %) et surtout dans le Batha (9 %). 11 16 24 33 36 21 22 48-59 36-47 24-35 12-23 6-11 <6 Âge en mois ENSEMBLE Pourcentage EDS-MICS 2014-2015 154 • Santé de l’enfant Tableau 9.8 Traitement de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé ; Pourcentage à qui on a donné une Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO), pourcentage à qui on a donné davantage de liquides, pourcentage à qui on a donné une TRO ou davantage de liquides et pourcentage d’enfants à qui on a administré d’autres traitements, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Pourcentage d’enfants avec diarrhée pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé1 Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO) Liquides aug- mentés TRO ou liquides aug- mentés Autres traitements Manquant Aucun traitement Effectif d’enfants avec la diarrhée Caractéristique sociodémographique Liquide de sachets SRO ou liquide SRO précon- ditionné Solution Maison Recom- mandée (SMR) Soit SRO ou SMR Anti- biotique Médica- ments anti- motilité Supplé- ments de zinc Remède maison/ Autre Âge en mois <6 20,0 11,9 12,1 21,8 8,0 27,8 9,8 0,4 0,7 42,8 1,4 38,9 380 6-11 29,0 18,2 12,2 27,5 8,3 32,6 14,3 0,5 1,6 56,3 1,2 25,6 618 12-23 25,6 22,5 12,7 30,6 12,5 40,4 17,9 2,0 1,3 51,3 1,2 22,6 987 24-35 26,3 23,3 11,0 31,0 17,4 43,1 12,4 2,4 1,8 58,2 2,0 19,1 790 36-47 24,3 19,5 11,7 28,3 15,1 41,3 12,3 1,2 0,6 54,9 1,5 20,4 540 48-59 24,2 22,7 15,5 31,4 15,2 41,7 9,8 1,3 1,0 57,4 0,9 24,5 379 Sexe Masculin 27,8 21,1 11,3 28,5 13,7 38,2 14,4 1,6 1,1 53,0 1,3 24,9 1 894 Féminin 22,9 19,8 13,4 29,5 12,4 39,2 12,8 1,4 1,4 54,8 1,6 22,9 1 800 Type de diarrhée Pas de présence de sang 24,7 20,4 12,3 29,4 12,6 38,5 13,0 1,5 1,4 53,0 1,1 24,8 2 738 Présence de sang 32,1 22,7 13,0 29,6 14,4 40,5 15,9 2,1 1,7 62,3 0,4 15,0 571 Manquant 20,5 17,6 11,2 25,1 13,9 36,9 14,6 0,7 0,0 47,8 4,9 31,0 384 Résidence N’Djaména 37,7 28,3 20,7 41,1 9,9 47,7 18,6 2,4 3,0 57,6 0,6 15,7 321 Autres villes 29,1 28,5 13,4 36,5 9,1 43,6 12,5 2,1 2,6 54,9 1,7 23,1 428 Ensemble urbain 32,8 28,4 16,5 38,5 9,5 45,4 15,1 2,2 2,7 56,1 1,2 19,9 749 Rural 23,6 18,4 11,3 26,6 14,0 36,9 13,2 1,3 0,9 53,4 1,5 24,9 2 945 Région Batha 8,9 6,3 23,0 29,3 1,6 30,9 9,2 0,0 0,0 32,8 3,3 46,5 117 Borkou, Tibesti 44,0 31,2 12,4 41,9 2,4 42,9 31,4 9,6 2,9 63,8 2,5 17,0 10 Chari Baguirmi 13,4 10,2 9,1 17,1 11,8 27,1 9,5 0,5 0,4 41,2 0,0 40,2 170 Guéra 33,4 22,3 7,8 29,9 21,3 47,9 10,8 0,6 1,1 52,7 2,2 25,0 130 Hadjer-Lamis 25,4 24,0 7,0 29,7 21,8 45,1 4,5 1,4 1,5 37,9 1,3 39,6 270 Kanem 40,5 24,4 15,0 31,7 8,9 38,9 8,5 3,9 0,0 41,2 5,2 26,9 106 Lac 25,1 10,0 6,0 11,3 25,3 33,0 13,7 3,1 1,3 54,5 0,0 24,0 137 Logone Occidental 18,3 15,8 10,9 21,3 8,3 27,0 17,8 1,5 0,0 62,6 0,6 18,6 239 Logone Oriental 28,6 29,0 13,0 35,6 6,6 38,5 12,0 0,6 2,0 68,8 1,7 15,1 524 Mandoul 24,7 17,7 10,9 25,6 20,2 41,7 17,1 1,5 1,6 60,6 0,7 14,2 310 Mayo Kebbi Est 26,7 19,1 15,5 31,5 16,6 42,6 18,9 2,5 1,9 49,5 1,4 21,5 294 Mayo Kebbi Ouest 21,9 17,3 15,7 29,9 10,9 37,3 10,7 0,0 0,9 48,1 3,2 26,5 218 Moyen Chari 24,6 19,2 11,0 27,2 21,6 45,6 17,5 1,3 0,0 64,5 0,6 13,1 177 Ouaddaï 14,2 9,3 7,8 17,1 8,3 25,0 4,4 2,4 0,9 41,3 1,6 41,7 166 Salamat 18,0 13,8 4,1 17,5 6,1 21,2 1,2 0,0 0,7 43,5 2,3 46,1 64 Tandjilé 25,6 26,5 8,5 31,8 12,8 41,4 20,9 2,3 1,2 57,2 0,6 20,9 299 Wadi Fira 27,8 21,4 32,8 49,7 5,2 52,8 34,0 2,8 2,9 49,9 0,0 20,1 31 N’Djaména 37,7 28,3 20,7 41,1 9,9 47,7 18,6 2,4 3,0 57,6 0,6 15,7 321 Barh El Gazal 32,4 30,4 25,6 48,2 4,0 49,4 11,1 0,0 0,0 38,9 5,8 23,0 33 Ennedi Est, Ennedi Ouest (44,6) (28,2) (33,5) (61,7) (2,8) (62,5) (23,0) (0,0) (0,0) (65,4) (1,2) (7,8) 6 Sila 25,1 12,5 5,0 16,0 13,7 27,5 7,1 0,1 0,0 55,7 2,6 28,4 74 Niveau d’instruction de la mère Aucun 21,5 17,5 11,6 25,7 11,4 35,1 10,6 1,3 0,6 49,2 1,6 29,2 2 182 Primaire 27,6 22,6 12,7 31,3 14,7 41,0 16,2 1,1 1,3 63,3 1,5 16,7 1 078 Secondaire 38,9 29,4 14,1 38,4 17,3 50,1 22,8 3,6 4,7 53,5 0,6 15,2 417 Supérieur * * * * * * * * * * * * 18 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,2 13,5 12,6 22,6 11,2 31,6 10,1 0,9 0,9 56,6 0,5 26,0 850 Second 21,1 18,6 9,2 24,9 14,2 35,4 13,8 0,8 0,8 52,8 2,3 26,2 793 Moyen 26,2 19,4 10,6 27,1 14,9 38,3 14,3 1,9 1,3 52,3 1,6 25,0 762 Quatrième 28,8 23,8 12,8 33,2 13,4 42,8 13,1 1,7 1,0 51,7 1,7 24,0 671 Le plus élevé 37,7 29,9 17,6 40,9 11,4 48,4 17,9 2,5 2,5 56,0 0,9 16,5 618 Ensemble 25,4 20,4 12,3 29,0 13,0 38,6 13,6 1,5 1,3 53,9 1,4 23,9 3 694 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. La TRO comprend le liquide préparé à partir des sachets de Sels de Réhydratation Orale (SRO), le liquide et les Solutions Maison Recommandées (SMR). 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les guérisseurs traditionnels. Santé de l’enfant • 155 Les écarts selon le niveau d’instruction de la mère et selon l’indice de bien-être économique des ménages sont assez nets. La proportion d’enfants pour lesquels on a recherché un traitement varie d’un minimum de 22 % quand la mère n’a aucun niveau d’instruction à un maximum de 39 % quand elle a atteint le secondaire. Dans les ménages du quintile le plus bas, on a recherché des conseils ou un traitement pour 17 % des enfants malades contre 38 % dans les ménages du quintile le plus élevé. Le Tableau 9.8 montre que 24 % des enfants ayant eu la diarrhée n’ont bénéficié d’aucun type de réhydratation ni d’autre traitement. Parmi les enfants de moins de six mois, cette proportion est de 39 %. Seulement un enfant sur cinq (20 %) a reçu des sachets de SRO ou de liquides préconditionnés, 12 % des enfants ont reçu une solution d’eau, de sel et de sucre préparée à la maison et globalement, près de trois enfants sur dix (29 %) ont reçu l’une et/ou l’autre forme de TRO. Dans l’ensemble, près de deux enfants sur cinq (39 %) ont été traités, au cours de leur maladie, soit en recevant une TRO, soit en recevant une quantité de liquides supérieure à celle qu’ils reçoivent en temps normal. Cette proportion est nettement plus faible parmi les enfants de moins de six mois (28 %) que parmi les autres enfants (33 % à 43 %) et parmi ceux du milieu rural par rapport à ceux du milieu urbain (37 % contre 45 %). Dans les régions, on note des écarts : ce sont les enfants du Wadi Fira qui ont le plus fréquemment reçu une TRO ou davantage de liquides quand ils étaient malades (53 %). À l’opposé, dans le Logone Occidental, dans le Chari Baguirmi et dans le Salamat, cette proportion est plus faible (respectivement 27 %, 27 % et 21 %). En outre, on note que les enfants dont la mère est instruite ont plus fréquemment reçu une TRO ou davantage de liquides lors des épisodes diarrhéiques que ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction (50 % contre 35 % pour ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction). Enfin, selon l’indice de bien-être économique, on note un écart entre les enfants dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas où 32 % ont été traités ou ont reçu davantage de liquides et ceux des ménages des deux derniers quintiles où la proportion est de 43 % dans le quatrième et de 48 % dans le plus élevé. Par ailleurs, pendant les épisodes de diarrhée, certains enfants ont reçu divers types de traitement, donnés seuls ou en association de la réhydratation orale. Les traitements administrés sont principalement des remèdes maison ou d’autres types de traitement non conventionnel (54 %), des antibiotiques (14 %). Du fait de son introduction très récente, l’utilisation de suppléments de zinc en cas de diarrhée est encore marginale (1 %). De même, le recours aux médicaments antimotilité est peu fréquent (2 %). 9.4 PRATIQUES ALIMENTAIRES DURANT LA DIARRHÉE Le Tableau 9.9 présente la répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête par quantité de liquides et d’aliments donnée par rapport aux quantités habituelles, le pourcentage d’enfants à qui on a donné davantage de liquides et qui ont continué à s’alimenter pendant l’épisode diarrhéique et le pourcentage d’enfants qui ont continué à s’alimenter et qui ont été traités au moyen d’une TRO et/ou à qui on a donné davantage de liquides durant les épisodes diarrhéiques, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate qu’environ trois enfants ayant eu la diarrhée sur dix (30 %) ont reçu la même quantité de liquides que d’habitude et que seulement un sur huit (13 %) en a reçu plus au cours de sa maladie ; 30 % en ont reçu un peu moins et 23 % en ont reçu beaucoup moins. Dans 3 % des cas, les enfants souffrant de diarrhée n’ont reçu aucun liquide. Dans le Salamat, cette proportion est de 11 % et, dans le Batha, de 12 %. En ce qui concerne les aliments, on constate que dans 5 % des cas les rations alimentaires ont été augmentées. La ration alimentaire n’a pas changé dans 35 % des cas et pour 37 % des enfants, elle a même été légèrement diminuée. Enfin l’alimentation a été très réduite dans 12 % des cas. 15 6 • S an té d e l’e nf an t Ta ble au 9. 9 Pr ati qu es al im en tai res du ran t la di arr hé e Ré pa rtit ion (e n % ) d es en fan ts de m oin s d e c inq an s a ya nt eu la di arr hé e a u c ou rs de s d eu x s em ain es ay an t p réc éd é l ’in ter vie w pa r q ua nti té de liq uid es et d’ ali me nts do nn ée pa r r ap po rt au x q ua nti tés ha bit ue lle s, po urc en tag e d ’en fan ts à q ui on a do nn é d av an tag e d e l iqu ide s et qu i o nt co nti nu é à s’ ali me nte r p en da nt l’é pis od e d iar rhé iqu e e t p ou rce nta ge d’ en fan ts qu i o nt co nti nu é à s’ ali me nte r e t q ui on t é té tra ité s a u m oy en d’ un e T RO et /ou à qu i o n a do nn é d av an tag e d e l iqu ide s d ura nt les ép iso de s d iar rhé iqu es , s elo n c ert ain es ca rac tér ist iqu es so cio dé mo gra ph iqu es , T ch ad 20 14 -20 15 Qu an tité de liq uid es do nn és Qu an tité de no urr itu re do nn ée Po urc en tag e à qu i o n a do nn é da va nta ge de liq uid es et qu i on t c on tin ué à s’a lim en ter 1 Po urc en tag e qu i o nt co nti nu é à s ’al im en ter et qu i o nt été tra ité s a ve c u ne TR O et/ ou à qu i on a do nn é da va nta ge de liq uid es 1 Ef fec tif d’e nfa nts av ec la dia rrh ée Ca rac tér ist iqu e so cio dé mo gra ph iqu e Da va nta ge Mê me qu e d’h ab itu de Un pe u mo ins Be au co up mo ins Au cu ne Ne sa it p as / ma nq ua nt To tal Da va nta ge Mê me qu e d’h ab itu de Un pe u mo ins Be au co up mo ins Au cu ne Ne m an ge pa s e nc ore Ne sa it p as / ma nq ua nt To tal Âg e e n m ois <6 8,0 37 ,8 33 ,7 17 ,4 2,4 0,8 10 0,0 2,2 33 ,6 29 ,5 9,0 3,6 19 ,6 2,4 10 0,0 5,6 18 ,3 38 0 6-1 1 8,3 32 ,4 31 ,4 25 ,2 2,0 0,7 10 0,0 4,4 32 ,9 36 ,4 11 ,4 7,9 5,9 1,1 10 0,0 6,6 22 ,8 61 8 12 -23 12 ,5 28 ,6 31 ,6 24 ,9 1,7 0,8 10 0,0 3,4 34 ,2 37 ,1 13 ,6 8,8 2,0 0,8 10 0,0 8,9 29 ,4 98 7 24 -35 17 ,4 28 ,4 29 ,9 20 ,5 2,5 1,3 10 0,0 6,3 38 ,2 38 ,2 11 ,6 3,9 1,0 0,9 10 0,0 16 ,0 35 ,7 79 0 36 -47 15 ,1 30 ,3 25 ,4 25 ,0 3,2 1,0 10 0,0 4,6 35 ,1 40 ,3 13 ,4 4,7 1,1 0,8 10 0,0 12 ,9 32 ,3 54 0 48 -59 15 ,2 25 ,3 25 ,5 25 ,0 7,1 1,9 10 0,0 5,6 34 ,8 37 ,5 11 ,4 5,0 4,3 1,4 10 0,0 13 ,0 29 ,1 37 9 Se xe Ma sc uli n 13 ,7 29 ,3 29 ,3 24 ,1 2,8 0,7 10 0,0 4,2 35 ,0 35 ,6 13 ,3 6,9 4,3 0,8 10 0,0 11 ,1 28 ,4 1 8 94 Fé mi nin 12 ,4 30 ,8 30 ,4 22 ,3 2,7 1,3 10 0,0 4,7 35 ,0 38 ,4 10 ,8 5,3 4,4 1,4 10 0,0 10 ,3 29 ,3 1 8 00 Ty pe de di ar rh ée Pa s d e p rés en ce de sa ng 12 ,6 31 ,3 30 ,8 21 ,7 3,0 0,6 10 0,0 4,4 36 ,6 36 ,4 11 ,9 5,1 4,7 0,8 10 0,0 10 ,4 29 ,2 2 7 38 Pr és en ce de sa ng 14 ,4 26 ,5 23 ,0 32 ,3 2,3 1,4 10 0,0 6,3 31 ,7 36 ,7 12 ,0 10 ,0 2,0 1,1 10 0,0 12 ,0 29 ,1 57 1 Ma nq ua nt 13 ,9 26 ,1 33 ,3 20 ,9 2,0 3,9 10 0,0 2,0 28 ,1 40 ,8 13 ,5 7,3 5,4 3,0 10 0,0 10 ,8 26 ,0 38 4 Ré sid en ce N’ Dj am én a 9,9 26 ,9 31 ,3 27 ,6 2,9 1,2 10 0,0 2,6 27 ,2 47 ,6 13 ,9 3,1 4,2 1,4 10 0,0 6,9 34 ,1 32 1 Au tre s v ille s 9,1 30 ,2 30 ,0 28 ,0 2,0 0,7 10 0,0 3,7 33 ,6 38 ,8 13 ,4 5,7 3,9 0,9 10 0,0 7,1 32 ,3 42 8 En se mb le urb ain 9,5 28 ,8 30 ,6 27 ,9 2,4 0,9 10 0,0 3,2 30 ,9 42 ,6 13 ,6 4,6 4,0 1,1 10 0,0 7,0 33 ,1 74 9 Ru ral 14 ,0 30 ,4 29 ,7 22 ,1 2,8 1,1 10 0,0 4,8 36 ,0 35 ,5 11 ,7 6,5 4,4 1,1 10 0,0 11 ,6 27 ,8 2 9 45 Ré gio n Ba tha 1,6 19 ,3 38 ,0 29 ,0 12 ,1 0,0 10 0,0 0,0 27 ,5 37 ,0 14 ,7 9,5 6,9 4,4 10 0,0 1,6 11 ,9 11 7 Bo rko u, Tib es ti 2,4 35 ,1 27 ,9 32 ,1 2,6 0,0 10 0,0 0,0 37 ,7 17 ,3 16 ,0 10 ,3 18 ,7 0,0 10 0,0 1,0 20 ,5 10 Ch ari B ag uir mi 11 ,8 34 ,7 32 ,7 13 ,9 2,0 5,0 10 0,0 2,0 32 ,0 45 ,4 5,1 4,5 7,5 3,5 10 0,0 9,5 19 ,5 17 0 Gu éra 21 ,3 26 ,5 35 ,9 14 ,9 1,3 0,0 10 0,0 0,7 36 ,9 41 ,4 4,2 9,1 7,7 0,0 10 0,0 17 ,1 34 ,0 13 0 Ha dje r-L am is 21 ,8 24 ,8 27 ,3 21 ,2 4,2 0,7 10 0,0 6,6 39 ,1 32 ,6 10 ,4 2,4 7,1 1,9 10 0,0 19 ,5 33 ,0 27 0 Ka ne m 8,9 27 ,0 33 ,6 21 ,2 6,4 2,8 10 0,0 4,1 30 ,5 40 ,8 15 ,1 7,6 2,0 0,0 10 0,0 5,0 26 ,1 10 6 La c 25 ,3 14 ,7 50 ,8 4,3 3,1 1,7 10 0,0 3,7 23 ,2 57 ,9 9,6 1,8 3,7 0,0 10 0,0 22 ,2 28 ,6 13 7 Lo go ne O cc ide nta l 8,3 39 ,2 21 ,5 31 ,0 0,0 0,0 10 0,0 3,1 40 ,6 21 ,0 23 ,0 9,5 2,8 0,0 10 0,0 7,0 20 ,8 23 9 Lo go ne O rie nta l 6,6 30 ,5 30 ,4 32 ,5 0,0 0,0 10 0,0 1,3 37 ,2 37 ,5 16 ,7 6,6 0,4 0,3 10 0,0 5,7 27 ,0 52 4 Ma nd ou l 20 ,2 23 ,9 29 ,2 26 ,0 0,0 0,8 10 0,0 9,6 29 ,4 40 ,9 11 ,3 6,6 1,5 0,8 10 0,0 13 ,9 30 ,6 31 0 Ma yo K eb bi Es t 16 ,6 29 ,7 26 ,5 23 ,1 1,4 2,7 10 0,0 7,3 32 ,5 37 ,7 9,1 7,4 2,9 3,1 10 0,0 14 ,7 36 ,3 29 4 Ma yo K eb bi Ou es t 10 ,9 32 ,2 24 ,4 27 ,9 3,3 1,3 10 0,0 8,1 29 ,6 30 ,5 17 ,7 8,0 4,5 1,7 10 0,0 8,7 26 ,1 21 8 Mo ye n C ha ri 21 ,6 31 ,7 26 ,8 19 ,9 0,0 0,0 10 0,0 5,8 36 ,1 39 ,2 9,5 6,9 2,4 0,0 10 0,0 16 ,9 36 ,5 17 7 Ou ad da ï 8,3 35 ,8 37 ,1 8,4 9,4 1,1 10 0,0 5,2 45 ,0 31 ,2 3,7 2,8 12 ,1 0,0 10 0,0 8,3 22 ,5 16 6 Sa lam at 6,1 34 ,6 38 ,6 8,7 11 ,4 0,7 10 0,0 2,1 48 ,4 33 ,0 5,3 2,1 8,4 0,6 10 0,0 5,6 18 ,1 64 Ta nd jilé 12 ,8 41 ,8 17 ,0 24 ,3 3,4 0,6 10 0,0 5,4 44 ,5 28 ,0 8,9 7,8 5,4 0,0 10 0,0 11 ,6 35 ,5 29 9 W ad i F ira 5,2 24 ,9 51 ,2 18 ,8 0,0 0,0 10 0,0 4,9 29 ,1 37 ,4 9,9 12 ,8 5,4 0,5 10 0,0 5,2 37 ,4 31 N’ Dj am én a 9,9 26 ,9 31 ,3 27 ,6 2,9 1,2 10 0,0 2,6 27 ,2 47 ,6 13 ,9 3,1 4,2 1,4 10 0,0 6,9 34 ,1 32 1 Ba rh El Ga za l 4,0 22 ,6 34 ,8 30 ,6 8,0 0,0 10 0,0 1,6 34 ,2 40 ,1 18 ,1 1,6 0,0 4,4 10 0,0 2,6 28 ,8 33 En ne di Es t, E nn ed i O ue st (2, 8) (42 ,6) (48 ,4) (6, 2) (0, 0) (0, 0) 10 0,0 (0, 0) (27 ,1) (39 ,6) (1, 0) (29 ,1) (3, 1) (0, 0) 10 0,0 (2, 8) (36 ,0) 6 Sil a 13 ,7 31 ,0 37 ,8 11 ,3 4,8 1,4 10 0,0 4,7 39 ,8 29 ,3 9,4 2,8 11 ,9 2,0 10 0,0 10 ,8 21 ,4 74 Ni ve au d’ ins tru cti on de la mè re Au cu n 11 ,4 29 ,0 33 ,7 21 ,0 3,7 1,3 10 0,0 3,6 34 ,7 37 ,9 11 ,3 6,0 5,1 1,4 10 0,0 9,5 25 ,7 2 1 82 Pr im air e 14 ,7 33 ,9 23 ,8 25 ,6 1,4 0,6 10 0,0 5,5 36 ,2 34 ,6 12 ,5 7,2 3,7 0,4 10 0,0 11 ,6 30 ,6 1 0 78 Se co nd air e 17 ,3 25 ,0 26 ,2 29 ,3 1,4 0,8 10 0,0 6,2 32 ,7 38 ,6 15 ,1 4,0 1,9 1,5 10 0,0 14 ,8 40 ,3 41 7 Su pé rie ur * * * * * * 10 0,0 * * * * * * * 10 0,0 * * 18 Qu int ile s d e b ien -êt re éc on om iqu e Le pl us ba s 11 ,2 32 ,8 31 ,4 22 ,3 1,7 0,7 10 0,0 6,1 37 ,0 34 ,5 11 ,1 6,0 4,6 0,8 10 0,0 9,0 24 ,8 85 0 Se co nd 14 ,2 27 ,5 30 ,2 23 ,4 3,8 0,9 10 0,0 3,1 35 ,4 36 ,5 10 ,4 9,1 4,6 0,9 10 0,0 11 ,8 26 ,3 79 3 Mo ye n 14 ,9 30 ,1 29 ,2 20 ,6 3,6 1,6 10 0,0 5,7 35 ,1 37 ,7 11 ,3 4,2 4,8 1,3 10 0,0 12 ,2 30 ,5 76 2 Qu atr ièm e 13 ,4 33 ,9 27 ,3 22 ,9 1,8 0,7 10 0,0 3,1 36 ,5 34 ,1 15 ,0 6,5 3,6 1,3 10 0,0 11 ,5 29 ,6 67 1 Le pl us él ev é 11 ,4 25 ,3 30 ,9 28 ,1 2,9 1,3 10 0,0 3,9 30 ,0 43 ,0 13 ,5 4,2 4,0 1,4 10 0,0 8,8 35 ,0 61 8 En se mb le 13 ,0 30 ,0 29 ,9 23 ,3 2,8 1,0 10 0,0 4,5 35 ,0 36 ,9 12 ,1 6,1 4,3 1,1 10 0,0 10 ,7 28 ,9 3 6 94 No te : U n a sté ris qu e i nd iqu e q u’u ne va leu r e st ba sé e s ur mo ins de 25 ca s n on po nd éré s e t q u’e lle a été su pp rim ée . L es va leu rs en tre pa ren thè se s s on t b as ée s s ur 25 -49 ca s n on po nd éré s. 1 C ’es t-à -di re les en fan ts do nt les qu an tité s d e n ou rrit ure on t é té au gm en tée s, ce ux po ur qu i e lle s s on t re sté es id en tiq ue s o u c eu x q ui en on t re çu un pe u m oin s p en da nt les ép iso de s d iar rhé iqu es . Santé de l’enfant • 157 Le Tableau 9.9 présente aussi le pourcentage d’enfants atteints de diarrhée à qui on a donné davantage de liquides et qui ont continué à s’alimenter. Globalement, 11 % des enfants atteints de diarrhée ont continué à s’alimenter et ont reçu davantage de liquides pour faire face à la maladie. La dernière colonne du tableau montre que seulement trois enfants sur dix (29 %) ont continué à recevoir des aliments, à être traités avec une TRO et ou à recevoir une quantité plus importante de liquides. Dans le Batha, ce traitement n’a été utilisé que pour 12 % des enfants ayant eu la diarrhée. 9.5 CONNAISSANCES DES SACHETS DE SRO Le Tableau 9.10 présente les proportions de femmes qui connaissent les sachets de SRO selon les caractéristiques sociodémographiques. Parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, une proportion relativement élevée (68 % contre 65 % en 2004) ont déclaré connaître le Sel de Réhydratation Orale ou SRO. Le niveau de connaissance des sachets de SRO varie de manière sensible selon les caractéristiques sociodémographiques des mères. La proportion de femmes connaissant les SRO augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 61 % à 15-19 ans à un maximum de 70 % à 35- 49 ans. Selon le milieu de résidence, on constate que cette connaissance est plus faible en milieu rural (64 %) qu’en milieu urbain (85 %). On note aussi des écarts de connaissance selon les régions : dans les régions du Batha, Chari Baguirmi, Barh El Gazal, Wadi Fira et Lac moins de la moitié des femmes connaissent le SRO. À N’Djaména, dans la Tandjilé, le Mayo Kebbi Ouest et le Logone Occidental, environ huit femmes sur dix connaissent le SRO. De manière non surprenante, on constate que cette connaissance augmente avec le niveau d’instruction, la proportion de femmes qui connaissent les sachets de SRO passant de 61 % parmi celles sans niveau d’instruction à 87 % parmi celles ayant un niveau secondaire et à 94 % parmi les plus instruites. Enfin, les résultats selon l’indice du bien-être économique des ménages montrent que la proportion connaissant les SRO augmente du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 63 % à 85 %. 9.6 ÉVACUATION DES SELLES DES ENFANTS Au cours de l’enquête, des questions concernant les moyens utilisés pour se débarrasser des selles des enfants ont été posées aux mères dont le plus jeune enfant avait moins de cinq ans. Les résultats sont présentés au Tableau 9.11. Tableau 9.10 Connaissance des sachets de SRO ou des liquides préconditionnés Pourcentage de mères de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui connaissent les sachets de SRO et les liquides SRO préconditionnés pour le traitement de la diarrhée selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de femmes qui connaissent les sachets de SRO et les liquides préconditionnés Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 61,3 1 176 20-24 66,4 2 403 25-34 68,9 5 028 35-49 69,8 2 534 Résidence N’Djaména 85,7 786 Autre villes 84,3 1 441 Ensemble urbain 84,8 2 227 Rural 63,5 8 913 Région Batha 37,6 451 Borkou, Tibesti 60,4 43 Chari Baguirmi 39,6 538 Guéra 71,3 697 Hadjer-Lamis 66,8 760 Kanem 62,0 412 Lac 47,3 517 Logone Occidental 80,3 686 Logone Oriental 75,2 1 164 Mandoul 73,2 844 Mayo Kebbi Est 65,8 864 Mayo Kebbi Ouest 83,6 604 Moyen Chari 74,5 580 Ouaddaï 55,8 579 Salamat 69,3 251 Tandjilé 84,2 688 Wadi Fira 46,0 265 N’Djaména 85,7 786 Barh El Gazal 41,8 146 Ennedi Est, Ennedi Ouest 53,2 44 Sila 58,8 221 Niveau d’instruction Aucun 61,0 7 265 Primaire 77,3 2 648 Secondaire 86,9 1 160 Supérieur 93,5 67 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 62,6 2 286 Second 63,5 2 383 Moyen 62,9 2 258 Quatrième 67,2 2 230 Le plus élevé 85,1 1 983 Ensemble 67,8 11 140 SRO = Sels de réhydratation orale 158 • Santé de l’enfant Tableau 9.11 Évacuation des selles des enfants Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans les plus jeunes, vivant avec leur mère par moyens d’évacuation des dernières selles des enfants, et pourcentage d’enfants dont on s’est débarrassé des selles de manière hygiénique selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Moyens pour se débarrasser des selles des enfants Total Pourcentage d’enfants dont on s’est débarrassé des selles de manière hygiénique1 Effectif d’enfants Caractéristique sociodémographique Enfant utilise les toilettes ou latrines Jetées/ rincées dans toilettes ou latrines Enterrées Jetées/ rincées dans égouts/ caniveaux Jetées aux ordures Laissées à l’air libre Autre Manquant Âge en mois <6 0,5 19,4 6,2 11,1 47,5 8,9 5,1 1,3 100,0 26,1 1 804 6-11 1,2 17,3 6,9 9,8 50,6 8,9 3,0 2,3 100,0 25,4 1 703 12-23 1,7 16,2 7,0 6,8 52,6 13,6 0,6 1,5 100,0 24,8 2 832 24-35 2,2 18,4 6,6 6,3 44,9 20,1 0,2 1,3 100,0 27,2 2 283 36-47 6,2 16,9 6,4 3,5 36,5 27,7 0,9 1,9 100,0 29,5 1 193 48-59 14,2 12,1 6,1 3,0 32,4 29,7 0,9 1,6 100,0 32,4 768 Installation sanitaires2 Améliorée, non partagée 9,9 54,3 4,7 6,3 16.9 4,8 1,9 1,2 100,0 68,9 669 Partagée3 11,8 60,5 1,3 6,2 16,2 1,5 2,3 0,2 100,0 73,6 623 Non améliorée ou partagée 1,8 11,5 7,1 7,4 50,6 18,1 1,7 1,7 100,0 20,5 9 243 Manquant 3,2 19,9 3,9 2,2 54,4 10,4 3,8 2,2 100,0 27,0 48 Résidence N’Djaména 15,9 66,4 0,5 7,3 6,2 0,5 2,8 0,4 100,0 82,8 710 Autres villes 6,6 43,0 3,1 8,3 29,4 7,5 1,1 0,9 100,0 52,7 1 361 Ensemble urbain 9,8 51,1 2,2 8,0 21,5 5,1 1,7 0,7 100,0 63,1 2 070 Rural 1,3 8,9 7,7 7,1 52,6 18,9 1,7 1,8 100,0 17,9 8 514 Région Batha 0,4 8,2 3,3 3,8 38,6 40,7 2,1 2,9 100,0 11,9 428 Borkou, Tibesti 3,3 23,5 12,9 5,8 29,3 23,8 0,9 0,5 100,0 39,7 39 Chari Baguirmi 4,0 19,1 8,0 7,9 37,5 21,1 1,1 1,4 100,0 31,1 496 Guéra 5,2 16,9 1,8 12,1 48,0 12,8 1,5 1,7 100,0 23,9 673 Hadjer-Lamis 2,5 15,3 14,1 11,0 36,6 20,2 0,1 0,2 100,0 31,9 728 Kanem 0,2 3,4 10,9 5,8 34,7 41,5 1,4 2,1 100,0 14,5 402 Lac 0,0 2,4 15,8 2,9 33,2 44,6 0,2 0,8 100,0 18,3 495 Logone Occidental 3,2 24,2 0,6 5,4 62,5 2,7 0,2 1,1 100,0 28,0 659 Logone Oriental 2,0 11,0 0,5 8,9 69,5 6,3 0,1 1,8 100,0 13,5 1 078 Mandoul 1,3 12,2 2,3 7,5 63,6 8,3 0,0 4,8 100,0 15,8 800 Mayo Kebbi Est 0,1 6,1 10,3 9,0 48,8 17,5 7,2 1,0 100,0 16,5 824 Mayo Kebbi Ouest 1,7 16,8 10,2 7,5 48,3 7,8 4,8 3,0 100,0 28,6 593 Moyen Chari 2,9 30,6 6,5 3,9 46,8 7,9 0,8 0,7 100,0 40,0 557 Ouaddaï 2,5 10,8 12,0 5,6 49,8 16,5 1,0 1,9 100,0 25,3 543 Salamat 2,3 24,5 3,6 8,2 41,9 17,5 1,0 0,9 100,0 30,5 242 Tandjilé 1,7 10,6 10,8 9,4 46,3 15,9 3,8 1,4 100,0 23,2 658 Wadi Fira 0,7 4,1 5,5 0,5 55,5 33,5 0,0 0,2 100,0 10,2 262 N’Djaména 15,9 66,4 0,5 7,3 6,2 0,5 2,8 0,4 100,0 82,8 710 Barh El Gazal 1,4 17,0 7,1 2,7 37,6 31,2 2,4 0,5 100,0 25,5 140 Ennedi Est, Ennedi Ouest 0,8 7,0 6,0 1,4 55,3 27,0 0,0 2,5 100,0 13,7 41 Sila 3,2 15,9 8,9 5,1 48,2 17,7 0,2 0,8 100,0 28,0 215 Niveau d’instruction de la mère Aucun 2,3 13,7 8,2 6,4 46,0 20,6 1,4 1,5 100,0 24,3 6 908 Primaire 2,6 17,5 4,3 9,3 53,3 8,9 2,2 2,0 100,0 24,3 2 525 Secondaire 7,1 35,0 2,1 8,8 36,6 6,3 2,6 1,5 100,0 44,2 1 090 Supérieur 15,2 74,1 0,0 1,6 1,8 0,0 5,6 1,7 100,0 89,3 62 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,9 6,2 6,5 6,5 59,4 16,6 1,7 2,1 100,0 13,6 2 177 Second 1,3 7,6 7,1 7,0 56,5 16,3 2,2 2,0 100,0 16,0 2 286 Moyen 1,6 10,0 7,8 8,5 50,3 18,7 1,9 1,3 100,0 19,4 2 151 Quatrième 1,8 12,0 9,1 7,0 44,3 23,0 1,1 1,7 100,0 22,9 2 136 Le plus élevé 10,3 56,5 1,9 7,4 16,7 4,7 1,7 0,7 100,0 68,7 1 834 Ensemble 2,9 17,2 6,6 7,3 46,5 16,2 1,7 1,6 100,0 26,7 10 584 1 On considère que les selles des enfants sont évacuées de manière hygiénique si l’enfant utilise des toilettes ou des latrines, si les matières fécales sont jetées/rincées dans des toilettes ou des latrines ou si elles sont enterrées. 2 Se reporter au Tableau 2.2 pour la définition des catégories. 3 Type d’installations sanitaires qui seraient considérées comme « améliorées » si elles n’étaient pas partagées par deux ménages ou plus. Santé de l’enfant • 159 Globalement, on constate que dans seulement 27 % des cas, on s’est débarrassé des selles des enfants de manière hygiénique : soit l’enfant utilise des toilettes ou latrines (3 %), soit les selles ont été jetées dans des toilettes ou latrines (17 %), soit les selles ont été enterrées (7 %). À l’opposé, dans 47 % des cas, les selles ont été soit jetées aux ordures, soit laissées à l’air libre (16 %), soit jetées dans les égouts/caniveaux (7 %). Ces pratiques représentent un risque d’exposition et de contamination lorsqu’on sait qu’il n’existe pas encore de système fiable de traitement des ordures au Tchad. On observe des variations selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On remarque globalement que les selles des enfants les plus jeunes sont moins fréquemment éliminées de manière hygiénique que celles des enfants les plus âgés (26 % à moins de six mois contre 32 % à 48-59 mois). Par ailleurs, quand le ménage dispose d’installations sanitaires, améliorées, qu’elles soient partagées ou pas, les selles des enfants sont éliminées de manière hygiénique dans respectivement 69 % et 74 % des cas contre 21 % quand les toilettes ne sont pas améliorées. On remarque aussi que les pratiques d’évacuation des selles des enfants sont influencées par le niveau d’instruction de la mère : quand la mère a un niveau supérieur, les selles sont évacuées de manière hygiénique dans 89 % des cas contre 24 % quand la mère n’a aucun niveau d’instruction ou quand elle a le niveau primaire. Par ailleurs, dans les ménages du quintile le plus élevé, on s’est débarrassé des selles des enfants de façon hygiénique dans 69 % des cas contre 14 % des cas dans les ménages du quintile le plus bas. Les résultats montrent aussi des écarts entre les milieux et les régions de résidence. En milieu urbain, les selles des enfants ont été évacuées de manière hygiénique dans 63 % des cas contre seulement 18 % en milieu rural. On note un écart entre N’Djaména où pour 83 % des enfants, les selles ont été évacuées en respectant certaines normes d’hygiène contre 53 % dans les Autres villes. Selon les régions, on constate que pour moins de 15 % des enfants, on a éliminé les selles de manière hygiénique dans les régions du Wadi Fira, du Batha, du Logone Oriental, de l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest. En revanche ces proportions sont plus élevées au Moyen Chari, au Borkou et au Tibesti (40 %), et surtout à N’Djaména (82 %). 9.7 CONNAISSANCE DE LA PRATIQUE DE L’ABLATION DE LA LUETTE Au cours de l’enquête, comme dans la précédente, des données ont été collectées concernant la pratique de l’ablation de la luette chez les enfants. Cette pratique traditionnelle, très ancienne, qui reste encore très vivace, dans certaines régions d’Afrique, notamment au Tchad consiste à couper la luette pour « évacuer des humeurs malignes du cerveau ». Pratiquée dans des conditions d’hygiène désastreuses, elle constitue donc une menace grave pour la santé de l’enfant. Au Tchad, une commission nationale chargée d’élaborer un code de la famille a été mise sur pied. Conformément à ses recommandations, une direction de l’enfance et des personnes handicapées a été créée. Elle a été chargée, entre autres, d’élaborer et de mettre en application un code de l’enfant pour lutter contre les pratiques traditionnelles néfastes que sont l’excision, l’infibulation, l’ablation de la luette et les tabous alimentaires1. Les données collectées au cours de l’EDS-MICS 2014-2015 portent sur la connaissance et la fréquence de la pratique de l’ablation de la luette ainsi que sur certaines de ses caractéristiques. En outre, on a cherché à connaître l’opinion des femmes concernant les avantages qui demeurent attachés à cette pratique, et à l’opposé, ses inconvénients. Les résultats sont présentés au Tableau 9.12. 1 Direction créée par décret du 27 décembre 1993 au sein du Ministère de la Condition Féminine et des Affaires Sociales. 160 • Santé de l’enfant Tableau 9.12 Connaissance de la pratique de l’ablation de la luette Proportion de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête qui ont entendu parler de la pratique de l’ablation de la luette, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant entendu parler de l’ablation de la luette Effectif des femmes Groupe d’âges 15-19 94,9 1 087 20-24 95,9 2 269 25-29 96,9 2 747 30-34 97,0 2 029 35-39 97,1 1 391 40-44 94,7 705 45-49 98,0 239 Résidence N’Djaména 92,5 724 Autres villes 97,6 1 348 Ensemble urbain 95,8 2 072 Rural 96,6 8 395 Ethnie Gorane 95,3 587 Arab 97,0 1 064 Baguirmi/Barma 96,0 98 Kanembou/Bornou/Boudouma 98,4 937 Boulala/Médégo/Kouka 96,3 356 Ouadaï/Maba/Massalit/Mimi 95,2 784 Zaghawa/Bideyat/Kobé 94,5 102 Dadajo/Kibet/Mouro 98,0 297 Bidio/Migami/Kenga/Dangléat 98,8 276 Moundang 83,4 264 Massa/Mousseye/Mousgoume 96,8 534 Toupouri/Kéra 99,0 216 Sara (Ngambaye/Sara Madjin-Gaye/Mbaye) 97,8 3 105 Peul/Foulbé/Bodoré 95,1 210 Tama/Assongori/Mararit 95,7 121 Gabri/Kabalaye/Nangtchéré/Soumraye 96,2 172 Marba/Lélé/Mesmé 99,0 411 Mesmedjé/Massalat/Kadjaksé 98,7 88 Karo/Zimé/Pévé 72,3 148 Autres ethnies du Tchad (Achit/Banda/Kim) 95,2 373 Autres groupes ethniques d’origine étrangère (Bambara/Haoussa/Tower) 93,7 100 Autres nationalités 100,0 31 Manquant 95,8 193 Région Batha 96,6 416 Borkou, Tibesti 93,4 39 Chari Baguirmi 96,0 487 Guéra 98,5 670 Hadjer-Lamis 99,7 714 Kanem 94,9 392 Lac 98,9 488 Logone Occidental 98,2 639 Logone Oriental 96,2 1 069 Mandoul 99,3 800 Mayo Kebbi Est 98,0 810 Mayo Kebbi Ouest 83,1 586 Moyen Chari 99,2 545 Ouaddaï 94,1 551 Salamat 98,0 240 Tandjilé 98,8 644 Wadi Fira 97,6 258 N’Djaména 92,5 724 Barh El Gazal 96,3 140 Ennedi Est, Ennedi Ouest 99,3 41 Sila 94,1 213 Niveau d’instruction de la mère Aucun 96,8 6 816 Primaire 96,0 2 494 Secondaire 95,7 1 092 Supérieur 84,2 65 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 96,4 2 138 Second 96,4 2 239 Moyen 96,9 2 136 Quatrième 96,8 2 113 Le plus élevé 95,5 1 841 Ensemble 96,4 10 466 Santé de l’enfant • 161 Le Tableau 9.12 présente les proportions de femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui ont déclaré avoir entendu parler de la pratique de l’ablation de la luette ; les résultats sont présentés en fonction des caractéristiques sociodémographiques. On constate que la quasi- totalité des femmes ont déclaré connaître cette pratique (96 % contre 98 % à l’EDST-II, 2004). En outre, cette connaissance est généralisée puisque, quelle que soit la caractéristique sociodémographique, plus de huit femmes sur dix ont déclaré avoir entendu parler de l’existence de cette pratique. 9.8 PRATIQUE DE L’ABLATION DE LA LUETTE Le Tableau 9.13 présente la répartition des enfants de moins de cinq ans selon qu’ils ont ou non subi l’ablation de la luette et selon l’intention de la mère de faire procéder ou non à cette opération. Les résultats montrent que la pratique de l’ablation de la luette est encore courante au Tchad puisque environ un enfant âgé de moins de cinq ans sur deux (48 % contre 47 % à l’EDST-II, 2004) en a été victime. Aux femmes qui avaient déclaré que leur enfant n’avait pas subi cette intervention, on leur a demandé si elles avaient l’intention d’y recourir. À cette question, 10 % des mères ont répondu de manière affirmative, ce qui porte à 58 % la proportion d’enfants qui ont subi ou qui subiront cette pratique. À l’opposé, environ un tiers des mères n’ont pas l’intention de faire procéder à cette intervention (34 %, soit le même niveau qu’en 2004). Dans 3 % des cas, les mères ne savent pas si leur enfant a eu la luette enlevée ou n’ont pas été en mesure de donner une réponse précise quant à leur intention. Les résultats selon l’âge de la mère font apparaître des variations. On constate que les proportions d’enfants à qui on a déjà enlevé la luette ou dont la mère a l’intention de le faire sont plus élevées parmi ceux de mère jeune que parmi ceux dont la mère est plus âgée. Par exemple, quand la mère a entre 15 et 19 ans, 61 % des enfants ont subi ou subiront l’ablation de la luette. Quand la mère a entre 35-39 ans, cette proportion est de 54 % et quand elle a 40-44 ans, 51 % ont subi ou subiront cette pratique. Tableau 9.13 Pratique de l’ablation de la luette Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans selon qu’ils ont subi ou non l’ablation de la luette et selon l’intention de la mère de faire procéder, ou non, à l’ablation, de cet organe, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Ablation de la luette Total Effectif d’enfants Caractéristique sociodémographique Enfant a subi l’ablation Enfant n’a pas subi l’ablation, mais la mère a l’intention de le faire Enfant n’a pas subi et la mère n’a pas l’intention de le faire NSP si l’enfant a subi l’ablation/NSP intention La mère ne connait pas la luette Autres raisons Groupe d’âges 15-19 45,2 16,0 28,6 4,6 4,1 1,5 100,0 1 335 20-24 49,4 11,0 30,7 3,0 2,5 3,4 100,0 3 716 25-29 48,2 10,5 33,9 2,5 1,8 3,1 100,0 4 763 30-34 48,9 8,5 34,4 3,2 1,8 3,2 100,0 3 397 35-39 46,0 8,4 37,5 2,6 1,8 3,7 100,0 2 246 40-44 44,5 6,9 38,5 1,4 3,6 5,2 100,0 1 038 45-49 45,5 5,2 41,0 3,8 1,5 3,0 100,0 314 Résidence N’Djamèna 47,3 8,4 32,5 1,7 4,7 5,4 100,0 1 164 Autres villes 45,9 8,2 38,6 2,6 1,5 3,2 100,0 2 126 Ensemble urbain 46,4 8,3 36,5 2,3 2,6 4,0 100,0 3 290 Rural 48,1 10,5 33,1 3,0 2,1 3,1 100,0 13 520 À suivre… 162 • Santé de l’enfant Tableau 9.13—Suite Ablation de la luette Total Effectif d’enfants Caractéristique sociodémographique Enfant a subi l’ablation Enfant n’a pas subi l’ablation, mais la mère a l’intention de le faire Enfant n’a pas subi et la mère n’a pas l’intention de le faire NSP si l’enfant a subi l’ablation/NSP intention La mère ne connait pas la luette Autres raisons Ethnie Gorane 42,3 12,4 37,3 2,3 2,9 2,8 100,0 970 Arab 54,6 10,8 26,4 3,2 1,8 3,1 100,0 1 783 Baguirmi/Barma 64,1 8,6 15,6 3,3 2,4 6,0 100,0 161 Kanembou/Bornou/Boudouma 48,6 13,5 32,6 1,6 1,0 2,9 100,0 1 509 Boulala/Médégo/Kouka 53,8 17,4 22,1 0,1 2,1 4,6 100,0 618 Ouadaï/Maba/Massalit/Mimi 38,5 6,8 45,7 3,3 2,9 2,9 100,0 1 286 Zaghawa/Bideyat/Kobé 70,0 2,3 19,4 1,4 3,2 3,7 100,0 173 Dadajo/Kibet/Mouro 53,4 7,7 31,3 4,0 1,2 2,4 100,0 490 Bidio/Migami/Kenga/Dangléat 37,5 6,5 49,6 1,8 0,8 3,8 100,0 443 Moundang 6,8 5,8 68,1 2,1 9,8 7,5 100,0 448 Massa/Mousseye/Mousgoume 74,6 8,8 8,9 2,6 2,0 3,1 100,0 837 Toupouri/Kéra 50,2 12,7 32,0 2,8 0,6 1,7 100,0 335 Sara (Ngambaye/Sara Madjin-Gaye/Mbaye) 42,9 8,6 40,3 4,0 1,4 2,7 100,0 4 778 Peul/Foulbé/Bodoré 45,6 12,0 29,6 5,8 3,3 3,7 100,0 315 Tama/Assongori/Mararit 41,6 4,7 46,0 2,9 2,6 2,2 100,0 199 Gabri/Kabalaye/Nangtchéré/Soumraye 54,5 10,2 28,5 1,4 2,4 3,0 100,0 277 Marba/Lélé/Mesmé 83,0 8,6 4,3 0,5 0,6 2,9 100,0 654 Mesmedjé/Massalat/Kadjaksé 29,1 25,4 42,9 0,7 0,7 1,2 100,0 166 Karo/Zimé/Pévé 16,0 9,5 41,9 1,9 16,6 14,1 100,0 246 Autres ethnies du Tchad (Achit/Banda/Kim) 46,5 12,4 32,4 2,0 3,0 3,5 100,0 591 Autres groupes ethniques d’origine étrangère (Bambara/Haoussa/Tower) 71,6 9,5 10,5 1,3 4,1 3,1 100,0 154 Autres nationalités 48,7 17,2 32,1 2,1 0,0 0,0 100,0 61 Manquant 44,3 13,5 29,8 5,6 2,6 4,2 100,0 315 Région Batha 41,9 19,4 29,4 2,6 1,9 4,8 100,0 759 Borkou, Tibesti 78,1 4,3 6,8 2,1 3,8 4,9 100,0 70 Chari Baguirmi 67,2 12,1 10,6 4,0 2,6 3,5 100,0 752 Guéra 42,7 6,7 43,4 3,7 0,9 2,4 100,0 1 094 Hadjer-Lamis 67,6 10,2 18,4 1,2 0,2 2,4 100,0 1 176 Kanem 33,6 13,2 43,4 3,4 3,1 3,4 100,0 646 Lac 39,1 14,0 43,7 0,3 0,7 2,2 100,0 774 Logone Occidental 22,0 6,1 62,1 5,5 1,2 3,0 100,0 972 Logone Oriental 35,8 8,2 44,4 5,2 2,4 3,8 100,0 1 668 Mandoul 63,0 10,0 22,1 2,7 0,5 1,8 100,0 1 261 Mayo Kebbi Est 67,2 11,1 15,7 2,3 1,3 2,4 100,0 1 280 Mayo Kebbi Ouest 14,9 7,3 56,9 2,6 10,3 8,0 100,0 958 Moyen Chari 65,3 12,0 17,1 2,9 0,6 2,3 100,0 833 Ouaddaï 29,2 6,1 55,7 2,8 3,6 2,6 100,0 902 Salamat 45,4 11,7 36,3 3,2 1,3 2,1 100,0 383 Tandjilé 67,6 11,7 16,6 0,8 0,8 2,6 100,0 1 031 Wadi Fira 63,6 3,1 28,0 2,0 1,5 1,8 100,0 417 N’Djaména 47,3 8,4 32,5 1,7 4,7 5,4 100,0 1 164 Barh El Gazal 46,7 17,3 28,1 3,1 2,3 2,5 100,0 222 Ennedi Est, Ennedi Ouest 87,9 4,4 5,2 0,5 0,4 1,6 100,0 66 Sila 28,7 13,3 46,4 5,0 3,3 3,3 100,0 382 Niveau d’instruction de la mère Aucun 49,2 10,2 32,7 2,8 2,0 3,2 100,0 11 056 Primaire 45,9 9,9 35,6 3,0 2,5 3,2 100,0 4 042 Secondaire 45,0 10,1 35,0 3,3 2,9 3,7 100,0 1 621 Supérieur 10,4 2,3 68,4 2,5 11,3 5,0 100,0 91 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 44,4 11,3 35,4 3,4 2,3 3,3 100,0 3 454 Second 50,1 10,9 30,6 2,9 2,2 3,2 100,0 3 603 Moyen 49,6 11,2 31,6 2,9 1,9 2,7 100,0 3 471 Quatrième 48,3 9,0 35,0 2,6 2,0 3,1 100,0 3 392 Le plus élevé 46,2 7,4 36,9 2,6 2,9 4,1 100,0 2 891 Ensemble 47,8 10,0 33,8 2,9 2,2 3,3 100,0 16 810 L’ablation de la luette étant une pratique traditionnelle, on s’attend à ce qu’elle varie selon l’appartenance ethnique et entre les régions. Les résultats montrent en effet, des variations importantes de la prévalence de la luette selon l’ethnie : dans l’ethnie Marba/Lélé/Mesmé, 92 % des enfants de moins de cinq ans ont subi ou subiront l’ablation de la luette. À l’opposé, dans l’ethnie Moundang, 7 % ont déjà subi cette Santé de l’enfant • 163 intervention et 6 % devraient la subir. Dans les régions, les disparités sont également très importantes. À l’Ennedi Est et Ouest, 92 % des enfants ont subi ou subiront la pratique de l’ablation de la luette; dans les régions de Borkou et du Tibesti (82 %), Tandjilé (79 %), Hadjer-Lamis (78 %) Mayo Kebbi Est (78 %) et Chari Baguirmi (79 %), cette pratique reste très vivace. À l’opposé, au Sila (42 %), au Ouaddaï (35 %), au Logone Occidental (28 %), au Mayo Kebbi Ouest (22 %), l’ablation de la luette est moins pratiquée (Graphique 9.5) Graphique 9.5 Pourcentage d’enfants ayant subi l’ablation de la luette, par région Les résultats selon le niveau d’instruction montrent que seuls les enfants dont la mère a un niveau supérieur sont ou seront, en proportion, moins nombreux que les autres à subir cette pratique. En d’autres termes, seul un niveau d’instruction supérieur influence la prévalence de cette pratique : 59 % des enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction ont subi ou subiront l’ablation de la luette contre 56 % quand la mère a un niveau primaire, 55 % quand elle a un niveau secondaire et 13 % quand elle a un niveau supérieur. 15 22 29 29 34 36 39 42 43 45 47 47 63 64 65 67 67 68 68 78 88 48 Mayo Kebbi Ouest Logone Occidental Sila OuaddaÍ Kanem Logone Oriental Lac Batha Guéra Salamat Barh El Gazal N'Djaména Mandoul Wadi Fira Moyen Chari Mayo Kebbi Est Chari baguirmi Tandjilé Hadjer Lamis Borkou, Tibesti Ennedi Est et Ouest ENSEMBLE Pourcentage EDS-MICS 2014-2015 164 • Santé de l’enfant 9.9 CARACTÉRISTIQUES DE L’ABLATION DE LA LUETTE Au cours de l’enquête, on a demandé aux mères d’enfants de moins de cinq ans qui ont subi l’ablation de la luette à quel âge avait eu lieu cette intervention, qui avait procédé à l’ablation et enfin si des complications étaient survenues à la suite de l’ablation. Les résultats sont présentés au Tableau 9.14. Ils montrent que l’ablation est généralement pratiquée à un âge précoce (91 % avant l’âge d’un an). Dans 8 % des cas, elle a été pratiquée à un an ou plus et dans 1 % des cas on ignore l’âge auquel a eu lieu cette intervention. En ce qui concerne la personne qui a procédé à l’ablation, les résultats montrent que ce sont dans la quasi- totalité des cas, des guérisseurs traditionnels ou des personnes sans compétence médicale qui sont chargées d’effectuer cette intervention (91 %). Le rôle du personnel médical et des parents et amis est marginal. L’ablation de la luette étant pratiquée généralement dans des conditions d’hygiène et d’asepsie désastreuse, les complications qui s’ensuivent peuvent être graves et préjudiciables à la santé des enfants. En effet, au nombre des complications qui surviennent, on peut citer des lésions de la langue, de la lèvre, des douleurs dans l’oreille, des complications infectieuses telles que les otites ou les abcès ainsi que des saignements dans les jours qui suivent l’ablation. En outre, du fait du manque d’asepsie et de l’utilisation d’outils tranchants, le risque de transmission du VIH est élevé. Le tableau présente aussi les résultats concernant les complications qui sont survenues à la suite de la procédure. Près d’un enfant sur deux (49 %) a eu des saignements à la suite de l’ablation et 46 % ont eu des difficultés pour boire, téter ou manger. Dans 13 % des cas l’ablation a eu pour conséquence une infection, et 10 % des enfants ont eu des difficultés pour respirer et enfin, dans 6 % des cas, des difficultés pour parler. 9.10 AVANTAGES DE L’ABLATION DE LA LUETTE Pour mieux comprendre les raisons qui expliqueraient la survivance de cette pratique, on a demandé aux mères d’enfants de moins de cinq ans quels étaient les avantages et les inconvénients à pratiquer l’ablation de la luette chez les enfants. Le Tableau 9.15 présente les proportions de femmes qui ont cité différents avantages à l’ablation de la luette, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 9.14 Caractéristique de l’ablation de la luette Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans qui ont subi l’ablation de la luette selon l’âge, la personne qui a procédé à l’ablation et le type de complication qui a suivi la procédure, Tchad 2014-2015 Proportion d’enfants de moins de cinq ans ayant subi l’ablation de la luette Âge de l’enfant au moment de l’ablation Moins d’un an 91,1 Un an ou plus 7,6 Ne sait pas 0,9 Manquant 0,5 Total 100,0 Personne ayant procédé à l’ablation Praticien traditionnel 53,1 Homme spécialisé 28,3 Femme spécialisée 10,0 Personnel médical 0,8 Parents/Amis 1,0 Autre 0,2 Ne sait pas 0,1 Manquant 6,7 Total 100,0 Complications à la suite de la procédure L’enfant a eu une infection à la suite de l’ablation 13,2 L’enfant a eu des saignements à la suite de l’ablation 49,1 L’enfant a eu des difficultés pour boire, téter, ou manger à la suite de l’ablation 46,4 L’enfant a eu des difficultés pour respirer à la suite de l’ablation 9,8 L’enfant a eu des difficultés pour parler à la suite de l’ablation 6,4 Ensemble 8 032 Note : les proportions d’enfants qui ont eu des complications à la suite de l’ablation peuvent dépasser 100 % car la mère a pu citer plusieurs complications pour le même enfant. Santé de l’enfant • 165 Tableau 9.15 Avantages de l’ablation de la luette Proportion de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et ayant entendu parler de la pratique de l’ablation de la luette et qui ont cité différents avantages à cette pratique, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Avantages d’enlever la luette Effectif de femmes Pas d’avantages Attenue les vomisse- ments Attenue la toux Empêche l’angine Facilite la respiration Se conformer à la tradition Autre NSP/ manquant Ablation de la luette Enfant a subi l’ablation 2,8 71,0 48,0 38,9 9,0 18,2 2,1 0,9 4 824 Enfant n’a pas subi, mais la mère a l’intention de le faire 3,9 70,8 49,7 38,6 8,7 13,0 2,4 2,9 1 323 Enfant n’a pas subi et la mère n’a pas l’intention de le faire 39,9 36,8 27,7 19,9 3,7 6,6 0,8 6,7 3 619 NSP si l’enfant a subi l’ablation/NSP intention 16,6 48,1 39,8 31,3 4,4 10,8 0,6 4,3 324 Groupe d’âges 15-19 16,5 57,7 42,3 31,1 6,9 12,5 1,9 2,2 1 032 20-24 16,3 59,2 38,0 32,4 7,2 13,3 1,7 3,0 2 177 25-29 16,4 57,5 40,0 33,7 6,7 13,8 1,5 4,2 2 661 30-34 15,1 58,0 42,3 30,5 6,7 13,0 2,2 3,2 1 968 35-39 19,9 56,1 41,8 29,4 6,5 12,3 1,0 3,4 1 350 40-44 16,7 60,9 43,3 30,8 7,0 13,2 1,1 3,6 668 45-49 18,6 54,9 38,0 33,8 9,8 13,6 1,8 2,6 234 Résidence N’Djaména 20,4 44,6 20,6 30,8 7,6 15,1 4,7 10,1 669 Autres villes 19,0 54,0 37,2 34,5 6,7 13,8 1,8 4,7 1 316 Ensemble urbain 19,5 50,8 31,6 33,2 7,0 14,2 2,8 6,5 1 985 Rural 16,0 59,7 42,9 31,4 6,9 12,9 1,4 2,6 8 105 Ethnie Gorane 7,4 67,9 49,4 31,8 5,4 6,4 1,6 2,1 559 Arab 7,9 66,5 44,3 36,4 4,8 10,9 2,1 5,2 1 032 Baguirmi/Barma 6,8 70,0 39,6 56,0 19,6 25,2 0,9 2,4 94 Kanembou/Bornou/Boudouma 5,1 74,4 51,1 30,8 7,9 14,3 0,9 0,9 923 Boulala/Médégo/Kouka 5,3 69,3 44,7 22,0 3,2 10,9 2,2 8,7 343 Ouadaï/Maba/Massalit/Mimi 14,5 50,8 46,5 22,7 5,2 12,3 0,8 10,6 746 Zaghawa/Bideyat/Kobé 14,7 64,9 37,9 18,7 3,1 13,0 2,3 1,6 97 Dadajo/Kibet/Mouro 11,0 50,6 55,7 35,8 4,3 9,3 0,5 5,6 291 Bidio/Migami/Kenga/Dangléat 12,7 68,8 64,0 24,8 1,9 2,6 1,0 3,4 273 Moundang 35,2 39,6 29,6 35,7 14,8 8,4 2,1 2,9 220 Massa/Mousseye/Mousgoume 3,3 63,0 40,4 46,5 13,0 30,4 1,6 2,2 517 Toupouri/Kéra 17,9 69,9 43,2 46,8 10,8 18,5 4,9 0,9 214 Sara (Ngambaye/Sara Madjin-Gaye/Mbaye) 30,5 49,4 31,6 27,9 5,5 8,0 1,9 0,8 3 036 Peul/Foulbé/Bodoré 24,3 53,9 37,4 36,0 10,4 14,5 0,7 4,2 200 Tama/Assongori/Mararit 10,2 45,1 51,4 34,1 6,8 13,2 0,6 13,2 115 Gabri/Kabalaye/Nangtchéré/Soumraye 12,1 56,7 29,0 41,2 5,4 23,6 1,1 0,6 166 Marba/Lélé/Mesmé 3,9 74,1 43,1 31,9 11,6 36,3 0,7 0,3 407 Mesmedjé/Massalat/Kadjaksé 25,2 60,9 62,8 40,5 3,6 6,9 0,0 0,2 87 Karo/Zimé/Pévé 27,1 34,1 28,2 33,8 7,9 17,0 1,5 3,5 107 Autres ethnies du Tchad (Achit/Banda/Kim) 14,3 46,1 33,2 35,7 13,3 23,6 1,1 5,8 355 Autres groupes ethniques d’origine étrangère (Bambara/Haoussa/Tower) 14,4 43,2 17,6 33,1 6,3 30,6 4,8 8,6 94 Autres nationalités (26,0) (50,4) (37,2) (21,1) (11,6) (11,9) (6,6) (5,6) 31 Manquant 11,2 49,4 41,4 36,4 6,6 10,0 3,5 13,6 184 Région Batha 5,9 71,8 54,9 24,6 4,3 10,3 1,1 6,7 402 Borkou, Tibesti 2,9 73,2 32,3 26,9 14,5 24,5 4,4 0,0 37 Chari Baguirmi 5,5 62,0 30,7 55,9 8,6 21,7 1,5 2,0 468 Guéra 13,0 61,4 58,5 24,1 1,5 7,0 1,0 6,1 659 Hadjer-Lamis 2,2 75,4 58,1 48,7 13,6 20,6 1,1 0,2 712 Kanem 5,6 79,3 59,6 24,3 3,4 1,6 0,1 0,0 372 Lac 4,6 76,3 53,8 28,2 2,9 1,3 0,8 0,2 483 Logone Occidental 42,5 43,0 32,2 27,7 5,0 4,3 0,8 0,2 627 Logone Oriental 33,1 49,3 29,6 28,7 3,9 4,8 0,7 0,0 1 028 Mandoul 21,7 61,7 40,7 23,1 6,4 9,1 2,9 0,5 794 Mayo Kebbi Est 8,1 64,8 40,3 42,2 12,1 30,6 2,2 1,3 794 Mayo Kebbi Ouest 38,2 28,8 22,9 29,8 8,2 16,0 1,3 3,4 487 Moyen Chari 14,5 56,0 34,5 36,3 12,3 16,0 4,1 1,0 540 Ouaddaï 20,0 40,2 40,1 20,2 1,8 8,5 0,8 15,9 519 Salamat 9,9 57,4 49,1 25,6 1,5 5,1 0,8 14,9 236 Tandjilé 8,3 66,6 39,0 37,6 10,7 27,7 1,1 0,2 636 Wadi Fira 2,1 61,0 57,9 21,1 10,4 16,4 0,5 8,6 252 N’Djaména 20,4 44,6 20,6 30,8 7,6 15,1 4,7 10,1 669 Barh El Gazal 4,5 74,3 44,1 25,2 1,9 5,1 1,4 1,9 135 Ennedi Est, Ennedi Ouest 0,7 65,0 50,4 45,7 15,3 29,4 1,1 0,9 41 Sila 26,2 34,4 32,6 29,1 4,8 10,0 1,8 6,3 200 À suivre… 166 • Santé de l’enfant Tableau 9.15—Suite Avantages d’enlever la luette Effectif de femmes Pas d’avantages Attenue les vomisse- ments Attenue la toux Empêche l’angine Facilite la respiration Se conformer à la tradition Autre NSP/ manquant Niveau d’instruction de la mère Aucun 12,9 61,4 44,5 31,9 6,5 12,6 1,3 4,1 6 597 Primaire 23,7 52,2 34,8 31,5 7,3 13,7 2,2 1,6 2 394 Secondaire 23,1 51,5 31,5 32,5 9,1 15,5 2,4 2,6 1 045 Supérieur (46,6) (20,1) (13,4) (16,1) (2,9) (8,4) (4,7) (10,7) 55 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 21,0 56,0 40,0 29,4 5,5 11,9 1,3 3,0 2 060 Second 15,9 59,8 43,7 30,7 7,6 14,0 1,4 2,2 2 158 Moyen 13,8 60,4 42,7 31,9 8,1 13,4 1,0 3,2 2 069 Quatrième 12,8 62,3 44,4 33,4 6,6 12,3 1,8 3,0 2 047 Le plus élevé 20,4 50,2 31,2 33,7 6,6 14,2 2,7 5,7 1 757 Ensemble 16,7 58,0 40,7 31,8 6,9 13,1 1,6 3,4 10 091 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Il ressort de ces données que seulement 17 % des femmes (contre 20 % à l’EDST-II 2004) pensent que l’ablation de la luette chez les enfants ne présente aucun avantage. À l’opposé, 58 % pensent que l’intervention permet d’atténuer les vomissements (contre 53 % à l’EDST-II 2004); pour 41 % d’entre elles, cela atténuerait la toux ; pour 32 % elle empêcherait les angines et pour 7 % elle faciliterait la respiration. Pour 13 % des femmes, on fait enlever la luette aux enfants pour perpétuer la tradition, même si apparemment aucune infection ou anomalie ne justifie cette intervention. Les résultats ne montrent pas que la pratique de l’ablation de la luette soit en passe d’être abandonnée, les proportions de femmes y trouvant des avantages n’ayant pas diminué depuis 2004. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont importantes. En effet, les avantages de l’ablation de la luette sont perçus différemment selon que l’enfant a subi ou non l’ablation de la luette et que la mère a ou non l’intention de la faire pratiquer. C’est, de manière cohérente, parmi les femmes dont l’enfant n’a pas subi cette intervention et qui n’ont pas l’intention de la faire pratiquer que la proportion de celles qui ont déclaré que cette pratique ne comportait aucun avantage est la plus élevée (40 %). Les résultats selon l’âge des mères font apparaître des variations assez irrégulières et aucune tendance ne semble se dégager. Selon le milieu de résidence, on constate qu’en milieu rural la proportion de femmes qui pensent qu’il n’y a aucun avantage à pratiquer l’ablation de la luette est plus faible qu’en milieu urbain (16 % contre 20 %). Toutefois, même en milieu urbain, 51 % des femmes pensent que cette intervention permet d’atténuer les vomissements, contre 60 % en rural. Les résultats selon les régions font apparaître des disparités importantes. C’est dans les deux régions où la proportion d’enfants qui ont subi l’ablation de la luette est la plus élevée—soit le Borkou, Tibesti (78 %) et l’Ennedi Est et Ouest (88 %) —que l’on constate les proportions les plus faibles de femmes qui pensent que cette intervention ne comporte aucun avantage. Dans la Borkou Tibesti, 73 % des femmes pensent que l’ablation de la luette atténue les vomissements et un quart d’entre elles veulent se conformer à la tradition. Par contre, dans le Logone Occidental, pour 43 % des femmes, l’ablation de la luette ne présente pas d’avantage, dans le Mayo Kebbi Ouest et le Logone Oriental, respectivement 38 % et 33 % des femmes partagent cette opinion. Par ailleurs, les opinions des femmes diffèrent en fonction de leur appartenance ethnique. Dans les groupes ethniques Moundang, Sara, Karo/Zimé/Pévé et Mesmedjé/Massalat/Kadjaksé, au moins un quart des femmes pense qu’il n’y a aucun avantage pour l’enfant à subir l’ablation de la luette. En revanche, dans les groupes ethniques Massa/Mousseye/Mousgoume et Marba/Lélé/Mesmé, cette opinion n’est partagée que par respectivement 3 % Santé de l’enfant • 167 et 4 % des femmes. C’est aussi dans ces deux groupes ethniques que la pratique de l’ablation de la luette est la plus courante. Le niveau d’instruction influence également l’opinion des mères : en effet, la proportion de celles qui pensent que l’ablation de la luette ne comporte aucun avantage passe de 13 % parmi celles sans niveau d’instruction à au moins 23 % parmi celles ayant un niveau primaire ou secondaire. 9.11 INCONVÉNIENTS DE L’ABLATION DE LA LUETTE Le Tableau 9.16 présente les proportions de femmes qui ont cité différents inconvénients liés à l’ablation de la luette, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il ressort de ces données que 23 % des femmes (contre 38 % à l’EDST-II - 2004) pensent que l’ablation de la luette chez les enfants ne présente aucun inconvénient. A l’opposé, 59 % pensent que l’ablation de la luette peut provoquer des douleurs (contre 47 % à l’EDST-II 2004); pour 32 % d’entre elles, il y a des risques d’infection; dans 29 % des cas, les femmes ont cité les saignements comme inconvénient et pour 14 %, cette intervention occasionnerait des difficultés, soit pour respirer, soit pour parler. Parmi les femmes dont l’enfant n’a pas subi cette pratique mais qui ont l’intention de le faire, 28 % pensent que l’ablation de la luette ne présente aucun inconvénient contre 26 % parmi les femmes dont l’enfant a subi cette intervention et 18 % pour celles dont l’enfant n’a pas subi cette pratique et n’ont pas l’intention de le faire. Par ailleurs, globalement, on ne constate pas de variations importantes, sauf dans les régions et selon l’appartenance ethnique. Tableau 9.16 Inconvénients de l’ablation de la luette Proportion de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et ayant entendu parler de la pratique de l’ablation de la luette et qui ont cité différents inconvénients liés à cette procédure, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Inconvénients d’enlever la luette Effectif de femmes Aucun inconvénient Douleur Risques d’infection Risques de saignement Difficultés pour respirer Difficultés pour parler Autre NSP/ manquant Ablation de la luette Enfant a subi l’ablation 25,7 59,4 32,3 27,7 9,2 6,0 2,2 1,0 4 824 Enfant n’a pas subi, mais la mère a l’intention de le faire 27,7 57,5 27,9 23,6 8,8 6,8 1,6 3,8 1 323 Enfant n’a pas subi et la mère n’a pas l’intention de le faire 17,7 59,3 35,1 32,7 7,2 4,2 4,3 7,3 3 619 NSP si l’enfant a subi l’ablation/NSP intention 20,9 56,9 21,8 28,7 6,7 6,1 5,5 4,5 324 Groupe d’âges 15-19 23,4 61,0 31,5 28,8 7,5 3,4 2,2 2,5 1 032 20-24 24,6 57,4 30,7 27,7 7,8 4,4 3,4 3,3 2 177 25-29 23,1 58,5 32,9 31,1 8,9 5,3 2,5 4,5 2 661 30-34 22,3 59,9 33,2 29,3 8,8 5,8 3,3 3,6 1 968 35-39 22,0 59,8 32,0 25,8 8,4 6,1 3,7 3,6 1 350 40-44 20,5 60,4 35,7 31,8 8,7 9,9 2,7 4,3 668 45-49 21,6 57,9 31,2 26,3 6,2 7,1 2,1 2,6 234 Résidence N’Djaména 25,8 51,1 27,3 23,6 9,5 8,7 4,5 9,7 669 Autres villes 22,8 57,7 30,7 26,3 7,5 4,3 5,1 4,9 1 316 Ensemble urbain 23,8 55,4 29,6 25,4 8,2 5,8 4,9 6,5 1 985 Rural 22,7 59,9 33,1 29,9 8,4 5,4 2,5 3,0 8 105 À suivre… 168 • Santé de l’enfant Tableau 9.16—Suite Inconvénients d’enlever la luette Effectif de femmes Aucun inconvénient Douleur Risques d’infection Risques de saignement Difficultés pour respirer Difficultés pour parler Autre NSP/ manquant Ethnie Gorane 33,1 51,0 21,9 19,7 7,1 5,8 0,7 2,2 559 Arab 26,9 56,5 28,7 23,1 7,4 4,1 1,6 5,3 1 032 Baguirmi/Barma 20,8 73,1 48,7 37,4 16,5 3,8 1,4 3,3 94 Kanembou/Bornou/Boudouma 28,4 55,4 28,3 25,5 7,6 7,8 0,8 1,4 923 Boulala/Médégo/Kouka 23,4 54,3 20,1 21,9 3,1 14,4 0,9 10,2 343 Ouadaï/Maba/Massalit/Mimi 35,6 39,9 18,5 19,3 4,0 4,0 1,8 10,9 746 Zaghawa/Bideyat/Kobé 18,0 53,4 30,8 16,4 7,6 3,2 3,6 1,7 97 Dadajo/Kibet/Mouro 35,4 45,0 13,8 11,5 3,9 2,5 1,8 6,7 291 Bidio/Migami/Kenga/Dangléat 27,0 60,0 7,8 11,4 0,8 0,4 2,3 3,7 273 Moundang 22,5 64,5 47,9 33,2 24,4 5,6 2,7 2,9 220 Massa/Mousseye/Mousgoume 15,8 72,5 39,3 36,2 12,0 4,2 0,7 2,2 517 Toupouri/Kéra 22,0 70,1 50,4 51,7 18,8 14,0 3,2 1,8 214 Sara (Ngambaye/Sara Madjin-Gaye/Mbaye) 16,2 66,6 39,4 34,7 7,3 4,8 5,6 1,2 3 036 Peul/Foulbé/Bodoré 17,4 68,6 44,0 46,5 13,3 5,7 2,2 4,2 200 Tama/Assongori/Mararit 21,1 42,2 27,5 27,3 6,3 12,1 0,0 14,2 115 Gabri/Kabalaye/Nangtchéré/Soumraye 11,6 71,5 43,9 31,8 9,5 3,7 3,9 0,6 166 Marba/Lélé/Mesmé 11,6 69,4 52,1 36,6 18,8 5,8 4,4 0,3 407 Mesmedjé/Massalat/Kadjaksé 46,1 31,0 13,2 36,2 2,3 1,6 0,0 0,2 87 Karo/Zimé/Pévé 16,8 56,8 38,9 33,2 14,3 4,8 2,3 5,3 107 Autres ethnies du Tchad (Achit/Banda/Kim) 25,0 51,1 28,8 31,0 12,1 6,5 3,1 6,1 355 Autres groupes ethniques d’origine étrangère (Bambara/Haoussa/Tower) 31,7 43,3 30,8 24,3 10,0 10,0 3,3 8,6 94 Autres nationalités (10,1) (67,9) (31,9) (28,2) (8,4) (0,0) (15,7) (0,0) 31 Manquant 28,8 40,8 17,7 26,2 4,2 3,9 1,9 13,6 184 Région Batha 24,2 53,3 22,8 26,7 3,0 8,6 0,6 8,0 402 Borkou, Tibesti 39,8 47,3 18,5 20,2 6,1 10,6 0,6 0,0 37 Chari Baguirmi 19,1 64,0 46,6 43,8 10,8 4,3 0,6 2,8 468 Guéra 30,8 51,6 8,2 8,5 0,3 0,7 4,2 6,4 659 Hadjer-Lamis 22,9 66,8 44,2 33,2 18,3 9,7 0,7 0,2 712 Kanem 27,9 60,2 21,4 19,7 2,4 5,6 0,7 0,0 372 Lac 41,4 39,6 13,1 18,8 1,4 7,2 0,4 0,9 483 Logone Occidental 9,6 72,6 45,9 36,8 5,4 4,9 5,9 0,2 627 Logone Oriental 16,7 68,3 43,8 40,0 8,1 3,1 5,0 0,4 1 028 Mandoul 18,2 66,7 32,8 35,8 7,9 4,0 5,6 1,3 794 Mayo Kebbi Est 18,0 72,9 43,1 40,1 12,4 6,6 1,5 1,6 794 Mayo Kebbi Ouest 21,0 60,4 45,7 30,3 16,4 4,9 1,5 3,8 487 Moyen Chari 23,8 55,7 27,6 28,3 10,4 9,7 6,9 1,0 540 Ouaddaï 39,3 31,4 7,1 19,1 1,5 0,9 1,2 16,2 519 Salamat 23,7 45,6 11,1 14,0 1,0 0,9 2,5 15,0 236 Tandjilé 10,4 72,6 49,4 33,4 16,4 4,4 3,8 0,2 636 Wadi Fira 23,6 44,8 40,3 16,3 8,1 11,8 0,0 8,8 252 N’Djaména 25,8 51,1 27,3 23,6 9,5 8,7 4,5 9,7 669 Barh El Gazal 32,7 53,2 20,1 11,6 1,5 4,5 0,6 1,9 135 Ennedi Est, Ennedi Ouest 36,7 46,3 28,7 21,3 5,5 17,0 0,1 1,3 41 Sila 37,4 28,9 13,8 19,1 7,4 2,1 0,4 10,0 200 Niveau d’instruction de la mère Aucun 24,7 57,2 29,8 27,5 7,6 5,4 1,8 4,4 6 597 Primaire 18,7 64,0 37,2 32,3 10,1 5,4 5,5 1,9 2 394 Secondaire 21,3 60,5 36,6 31,7 9,6 5,9 4,5 3,1 1 045 Supérieur (23,5) (39,7) (47,0) (17,0) (0,0) (3,0) (7,4) (9,9) 55 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 21,4 58,6 31,1 29,3 6,9 4,3 3,8 3,5 2 060 Second 21,4 62,6 33,1 29,4 8,8 5,2 2,8 2,5 2 158 Moyen 23,2 58,4 34,1 30,4 9,8 5,9 1,6 3,8 2 069 Quatrième 23,7 60,5 34,3 29,3 8,0 5,7 1,7 3,4 2 047 Le plus élevé 25,4 54,4 28,8 26,2 8,4 6,4 5,4 5,7 1 757 Ensemble 22,9 59,1 32,4 29,0 8,4 5,5 3,0 3,7 10 091 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. En effet, les résultats selon les régions montrent que dans le Lac (41 %), le Borkou et le Tibesti (40 %) pour au moins deux femmes sur cinq, l’ablation de la luette ne présente aucun inconvénient. À l’opposé, dans le Logone Occidental (10 %) et la Tandjilé (10 %) seule une femme sur dix pense que l’ablation de la luette ne présente aucun inconvénient. Santé de l’enfant • 169 Les opinions des femmes diffèrent en fonction de l’appartenance ethnique. Dans le groupe Mesmedjé/Massalat/Kadjaksé, près de la moitié des femmes (46 %) pense qu’il n’y a aucun inconvénient pour l’enfant à subir l’ablation de la luette. Dans le groupe Ouadaï/Maba/Massalit/Mimi, chez les Dadajo/Kibet/Mouro et chez les Gorane, au moins une femme sur trois partage cette opinion. En revanche, dans les groupes ethniques Gabri/Kabalaye/Nangtchéré/Soumraye et Marba/Lélé/Mesmé, cette opinion n’est partagée que par 12 % des femmes. On peut aussi mentionner que parmi les femmes sans niveau d’instruction, un quart (25 %) contre 19 % de celles ayant un niveau primaire et 21 % de celles ayant un niveau secondaire pense que l’ablation de la luette ne comporte aucun inconvénient. Enfin, les données par quintile de bien-être économique montrent que cette proportion augmente avec le niveau de bien-être, passant de 21 % parmi les femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas à 25 % parmi celles du quintile le plus élevé. Allaitement et état nutritionnel • 171 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL 10 Boyalngar Mbatina a malnutrition est l’un des principaux problèmes de santé et de bien-être qui affecte les enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement en général et au Tchad en particulier, où la majorité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Elle résulte aussi bien d’une alimentation inadéquate que d’un environnement sanitaire déficient. Les pratiques alimentaires inadéquates font référence, non seulement à la qualité et à la quantité des aliments donnés aux enfants, mais aussi aux étapes de l’introduction de ces aliments dans leur alimentation. Ce chapitre porte sur l’alimentation des enfants de moins de cinq ans, leur état nutritionnel et celui des femmes de 15-49 ans. Il s’articule autour de trois parties : la première est consacrée à l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans évalué à partir des mesures anthropométriques (poids et taille) ; la deuxième traite des pratiques de l’allaitement maternel et de l’alimentation de complément ; la troisième présente l’état nutritionnel et la consommation de micronutriments des femmes de 15-49 ans. L Principaux résultats • Au Tchad, 40 % des enfants accusent un retard de croissance et souffrent donc de malnutrition chronique : 18 % sous la forme modérée et 22 % sous la forme sévère. • Près d’un enfant sur huit (13 %) est atteint de malnutrition aigüe, 9 % sous la forme modérée et 4 % sous la formé sévère. • Vingt-neuf pour cent des enfants de moins de cinq ans présentent une insuffisance pondérale : 18 % sous la forme modérée et 11 % sous la forme sévère. • Pratiquement tous les enfants (98 %) sont allaités mais très peu d’enfants sont exclusivement allaités. • Parmi les enfants de 6-23 mois, seulement 6 % ont été nourris en suivant les trois pratiques optimales d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. • Parmi les plus jeunes enfants de 6-23 mois, 45 % ont consommé des aliments riches en vitamine A et dans 36 % des cas, ils ont consommé des aliments riches en fer au cours des 24 dernières heures. • Près d’une femme sur cinq (19 %) a un IMC inférieur à 18,5, ce qui dénote un état de déficience énergétique chronique : 13 % présentent une maigreur légère mais 7 % une maigreur modérée et sévère. • Une femme sur dix (12 %) présente un surpoids ou est obèse. Cette proportion atteint 29 % à N’Djaména. • Seulement 23 % des femmes ayant eu un enfant au cours des cinq années précédant l’enquête ont reçu une dose de vitamine A dans les deux jours qui ont suivi l’accouchement de leur dernier enfant. • La majorité des ménages (82 %) disposaient de sel iodé lors du passage des enquêteurs. 172 • Allaitement et état nutritionnel 10.1 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS 10.1.1 Méthodologie L’évaluation de l’état nutritionnel des enfants est basée sur le concept selon lequel, dans une population bien nourrie, les répartitions des mensurations des enfants, pour un âge donné, se rapprochent d’une distribution normale. Il est, en outre, généralement admis, que le potentiel génétique de croissance des enfants, pour un âge donné, est le même dans la plupart des populations, indépendamment de leur origine. Sur cette base, à la fin des années 1970, l’OMS a recommandé que l’état nutritionnel des enfants soit mesuré à partir de la comparaison avec celui d’une population de référence internationale, connu sous le nom de standard NCHS/CDC/OMS (Centre national des statistiques sanitaires des États-Unis/Centre de contrôle des maladies des États-Unis/Organisation Mondiale de la Santé). Cette référence internationale a été établie à partir de l’observation d’enfants américains de moins de cinq ans en bonne santé. En 1993, l’OMS a entrepris un examen exhaustif de l’utilisation et de l’interprétation des indicateurs anthropométriques basés sur cette population de référence. Cet examen a permis de conclure que les données de référence du NCHS/OMS concernant la croissance, ne représentaient pas suffisamment bien la croissance au cours de la petite enfance et que de nouvelles courbes de croissance étaient nécessaires. L’Assemblée Mondiale de la Santé a approuvé cette recommandation en 1994. Pour donner suite à celle-ci, l’OMS a entrepris une étude multicentrique sur les valeurs de référence pour la croissance (EMRC) entre 1997 et 2003 afin d’établir de nouvelles courbes permettant d’évaluer la croissance et le développement des enfants du monde entier. Les résultats présentés dans ce chapitre sont basés sur ces nouvelles normes de croissance et, par conséquent, ils ne sont pas directement comparables à ceux basés sur les références du NCHS/CDC utilisées lors de l’EDST-I 1996-1997 et EDST-II 2004 mais l’annexe C7 présente, à des fins de comparaison, les résultats des EDS précédentes basés sur les normes du NCHS/OMS. L’état nutritionnel des enfants est évalué sur la base de mesures anthropométriques. Les mesures du poids et de la taille ont été enregistrées pour les enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’EDS-MICS 2014-2015. Ces données sur le poids et la taille permettent de calculer les trois indices suivants : la taille par rapport à l’âge (taille-pour-âge), le poids par rapport à la taille (poids-pour-taille) et le poids par rapport à l’âge (poids-pour-âge). Ces indices sont exprimés en termes de nombre d’unités d’écart type par rapport à la médiane des Normes OMS de la croissance de l’enfant adoptées en 2006. Les enfants qui se situent à moins de deux écarts types en dessous de la médiane de la population de référence, sont considérés comme mal nourris, tandis que ceux qui se situent à moins de trois écarts type en dessous de la médiane sont considérés comme étant sévèrement mal nourris. Au cours de l’enquête, tous les enfants de moins de cinq ans présents dans les ménages enquêtés et dont la mère avait été enquêtée ou non devaient être pesés et mesurés. Parmi les 10 854 enfants pour lesquels l’état nutritionnel est présenté, 9 989 vivaient dans le même ménage que leur mère et leur mère a été interviewée. Pour ces derniers, l’état nutritionnel a été analysé selon certaines caractéristiques disponibles à partir du questionnaire individuel femme, comme le rang de naissance et l’intervalle intergénésique. Pour les 864 enfants dont la mère n’a pas été enquêtée, dans 203 cas, elle était absente ou malade au moment de l’enquête mais vivait dans le même ménage que son enfant et, dans 661 cas, elle vivait ailleurs ou était décédée. 10.1.2 Taille pour âge Cet indice permet d’identifier le retard de croissance qui correspond à une inadéquation de la croissance en taille par rapport à l’âge. Il résulte d’une alimentation inadéquate pendant une longue durée ou d’une malnutrition chronique et/ou peut aussi être la conséquence d’épisodes répétés de maladies. On considère Allaitement et état nutritionnel • 173 qu’après l’âge de deux ans, « le retard de croissance staturale acquis dès les plus jeunes âges est difficilement rattrapable » (Delpeuch, 1991). La taille-pour-âge est révélatrice de la qualité de l’environnement et, d’une manière générale, du niveau de développement socio-économique d’une population. L’enfant qui a une taille insuffisante pour son âge peut, avoir un poids en correspondance avec sa taille réelle ; pour cette raison, cette forme de malnutrition n’est pas toujours visible dans une population. Le retard de croissance est défini comme une taille-pour-âge inférieure à-2 écarts-type de la médiane des standard OMS ; -3 écarts-type correspond à un retard de croissance sévère. Le Tableau 10.1 présente les pourcentages d’enfants accusant un retard de croissance ou souffrant de malnutrition chronique. Tableau 10.1 État nutritionnel des enfants Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans considérés comme atteints de malnutrition selon les trois indices anthropométriques de mesure de l’état nutritionnel : la taille en fonction de l’âge, le poids en fonction de la taille et le poids en fonction de l’âge, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Taille-pour-Âge1 Poids-pour-Taille Poids-pour-Âge Effectif d’enfants Caractéristique sociodémographique Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Score centré réduit moyen (ET) Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen (ET) Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen (ET) Âge en mois <6 3,7 9,5 0,1 6,3 16,2 3,0 -0,6 5,9 11,6 3,7 -0,4 1 104 6-8 5,6 15,1 -0,2 3,7 15,7 1,9 -0,8 5,3 18,2 0,5 -0,8 641 9-11 6,8 16,8 -0,7 6,8 19,5 1,4 -0,9 9,9 22,2 2,1 -1,1 503 12-17 13,6 33,0 -1,2 6,8 21,0 1,5 -0,9 9,9 28,3 1,0 -1,3 1 081 18-23 25,2 49,3 -2,0 4,7 16,3 1,7 -0,7 14,4 35,2 0,6 -1,5 833 24-35 33,7 54,8 -2,2 4,2 11,3 2,9 -0,4 16,0 36,7 1,3 -1,5 2 078 36-47 29,3 49,7 -1,9 3,4 9,6 2,8 -0,4 12,7 32,4 0,9 -1,4 2 278 48-59 22,8 42,9 -1,8 2,0 9,1 2,8 -0,4 9,0 28,6 0,3 -1,4 2 336 Sexe Masculin 22,7 41,0 -1,6 5,1 14,4 2,5 -0,6 12,0 30,0 1,0 -1,3 5 431 Féminin 20,9 38,8 -1,5 3,2 11,5 2,6 -0,5 10,3 27,6 1,3 -1,2 5 423 Intervalle intergénésique en mois3 Première naissance4 19,8 36,2 -1,4 3,7 13,5 3,2 -0,5 9,2 25,5 0,5 -1,2 1 529 <24 28,7 47,7 -1,9 4,1 13,4 2,4 -0,6 14,9 35,7 1,1 -1,5 2 264 24-47 20,4 38,2 -1,4 4,4 13,0 2,1 -0,6 10,5 27,4 1,1 -1,2 5 010 48+ 16,1 34,3 -1,2 4,9 13,4 3,6 -0,5 10,5 25,8 2,1 -1,1 1 185 Grosseur à la naissance3 Très petit 27,2 47,8 -1,8 7,1 21,0 1,4 -1,0 19,4 43,3 1,0 -1,8 1 175 Petit 23,9 42,6 -1,7 5,0 15,8 2,0 -0,8 14,9 35,1 0,5 -1,5 1 215 Moyen ou plus gros que la moyenne 20,5 37,8 -1,4 3,7 11,6 2,8 -0,5 9,5 25,5 1,3 -1,1 7 487 Manquant 22,2 39,0 -1,6 4,4 11,8 2,5 -0,5 8,6 27,3 1,3 -1,3 110 Interview de la mère Interviewée 21,7 39,6 -1,5 4,2 13,2 2,5 -0,6 11,3 28,8 1,1 -1,3 9 989 Mère non interviewée mais vivant dans le ménage 27,4 42,1 -1,6 4,9 11,7 3,4 -0,4 7,7 28,5 1,6 -1,2 203 Mère non interviewée et ne vivant pas dans le ménage5 22,1 43,2 -1,5 2,6 9,5 2,2 -0,4 9,8 29,0 1,1 -1,2 661 État nutritionnel de la mère6 Maigre (BMI <18.5) 26,8 47,0 -1,8 6,6 23,1 1,4 -1,1 19,9 43,7 0,5 -1,8 1 384 Normal (BMI 18.5-24.9) 20,7 37,7 -1,4 4,0 12,0 2,5 -0,5 10,4 26,9 0,9 -1,2 5 819 En surpoids/obèse (BMI ≥25) 13,7 31,2 -1,1 2,3 7,7 4,4 -0,2 4,4 16,4 2,9 -0,7 769 Résidence N’Djaména 11,8 29,6 -1,0 4,0 14,5 2,3 -0,6 8,5 21,4 1,4 -1,0 640 Autres villes 15,7 33,6 -1,3 4,0 11,8 2,0 -0,6 9,1 25,9 1,0 -1,1 1 451 Ensemble urbain 14,5 32,3 -1,2 4,0 12,7 2,1 -0,6 9,0 24,5 1,1 -1,1 2 090 Rural 23,6 41,7 -1,6 4,2 13,0 2,6 -0,5 11,7 29,8 1,1 -1,3 8 763 À suivre… 174 • Allaitement et état nutritionnel Tableau 10.1—Suite Taille-pour-Âge1 Poids-pour-Taille Poids-pour-Âge Effectif d’enfants Caractéristique sociodémographique Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Score centré réduit moyen (ET) Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen (ET) Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen (ET) Région Batha 25,7 40,5 -1,4 4,7 16,8 1,5 -1,0 15,7 38,5 0,5 -1,5 382 Borkou, Tibesti 27,0 50,5 -1,9 8,2 16,6 0,2 -1,0 17,5 45,4 0,1 -1,8 34 Chari Baguirmi 27,8 45,2 -1,8 4,6 14,3 2,7 -0,6 17,1 31,5 2,2 -1,4 386 Guéra 18,1 37,8 -1,4 5,0 15,5 1,7 -1,0 11,4 31,9 0,5 -1,5 766 Hadjer-Lamis 23,0 43,0 -1,8 5,2 18,5 1,6 -1,0 14,0 40,4 0,3 -1,7 849 Kanem 41,5 63,7 -2,4 6,6 21,4 1,7 -1,1 28,8 56,6 0,8 -2,2 458 Lac 38,6 57,2 -2,3 7,6 24,8 0,6 -1,2 25,6 53,3 0,5 -2,1 520 Logone Occidental 13,0 30,6 -1,2 3,0 9,7 2,2 -0,4 5,1 19,6 1,1 -0,9 696 Logone Oriental 13,9 29,6 -1,1 4,2 9,6 3,7 -0,2 6,3 18,2 3,1 -0,8 1 141 Mandoul 15,6 28,3 -1,0 2,0 7,9 4,3 -0,1 3,9 14,3 1,2 -0,6 798 Mayo Kebbi Est 25,0 46,2 -1,8 1,3 4,1 4,2 -0,0 6,5 18,6 0,3 -1,1 811 Mayo Kebbi Ouest 28,8 50,2 -2,0 2,4 7,3 2,7 -0,2 11,1 26,2 0,6 -1,3 652 Moyen Chari 13,8 27,0 -1,0 2,4 6,7 3,9 -0,1 3,7 15,6 0,9 -0,7 543 Ouaddaï 23,8 43,0 -1,5 8,4 20,9 0,5 -1,0 15,0 37,2 1,4 -1,6 572 Salamat 28,9 45,0 -1,6 7,0 18,6 4,4 -0,7 17,0 38,5 4,8 -1,4 241 Tandjilé 16,0 33,0 -1,3 2,4 7,6 2,0 -0,3 5,1 18,2 0,5 -1,0 687 Wadi Fira 30,3 52,4 -1,9 4,4 16,8 2,4 -0,9 14,8 46,8 0,2 -1,8 270 N’Djaména 11,8 29,6 -1,0 4,0 14,5 2,3 -0,6 8,5 21,4 1,4 -1,0 640 Barh El Gazal 35,8 56,3 -2,1 4,3 14,6 2,3 -0,7 20,9 42,9 1,7 -1,7 145 Ennedi Est, Ennedi Ouest 24,5 48,6 -1,9 7,9 21,0 0,6 -1,0 15,6 40,6 0,1 -1,8 44 Sila 25,0 44,0 -1,7 4,2 16,7 1,8 -0,9 13,0 36,5 1,1 -1,6 220 Niveau d’instruction de la mère7 Aucun 25,3 44,0 -1,7 5,2 15,7 2,4 -0,7 14,2 34,7 0,9 -1,5 6 663 Primaire 16,6 33,6 -1,3 1,9 7,4 2,8 -0,2 5,2 18,1 1,4 -0,9 2 500 Secondaire 12,2 26,0 -1,0 4,1 11,4 3,2 -0,4 6,4 16,7 1,6 -0,8 985 Supérieur (7,2) (19,7) 0,4 (2,0) (4,6) (5,5) 0,2 (4,6) (11,9) (6,2) 0,3 43 Manquant * * * * * * * * * * * 2 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 24,6 41,2 -1,5 3,7 11,6 2,5 -0,5 10,4 28,9 1,3 -1,2 2 307 Second 21,7 39,8 -1,5 3,8 12,6 3,0 -0,5 10,5 27,3 1,2 -1,2 2 316 Moyen 22,9 40,4 -1,6 5,4 14,3 2,8 -0,6 12,5 31,1 1,6 -1,3 2 175 Quatrième 24,8 44,7 -1,8 4,2 13,4 2,0 -0,6 13,4 33,2 0,6 -1,4 2 272 Le plus élevé 13,3 31,5 -1,1 3,6 13,0 2,4 -0,6 8,4 22,3 1,1 -1,1 1 784 Ensemble 21,8 39,9 -1,5 4,2 13,0 2,5 -0,5 11,1 28,8 1,1 -1,3 10 854 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Le tableau est basé sur les enfants qui ont passé dans le ménage la nuit ayant précédé l’interview. Chaque indice est exprimé en termes d’unités d’écart type (ET) par rapport à la médiane des Normes OMS de la croissance de l’enfant adoptées en 2006. Les indices présentés dans ce tableau ne sont PAS comparables à ceux basés sur les normes NCHS/CDC/OMS de 1977 utilisées précédemment. Le tableau est basé sur les enfants dont les dates de naissance (mois et année) et les mesures du poids et de la taille sont valables. 1 Les enfants de moins de 2 ans sont mesurés en position allongée de même que, dans quelques cas, les enfants dont l’âge est inconnu et qui mesurent moins de 85 cm ; les autres enfants sont mesurés en position debout. 2 Y compris les enfants qui se situent en-dessous de -3 ET de la médiane des Normes OMS de la croissance de l’enfant. 3 Non compris les enfants dont la mère n’a pas été interviewée. 4 Les premières naissances multiples (jumeaux, triplés, etc.) sont comptées comme première naissance parce qu’elles n’ont pas d’intervalle avec la naissance précédente. 5 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 6 Non compris les enfants dont la mère n’a pas été pesée et mesurée, les enfants sont la mère n’a pas été interviewée et les enfants dont la mère est enceinte ou a eu un enfant dans les 2 derniers mois. L’état nutritionnel de la mère, basé sur l’IMC (Indice de Masse Corporelle) est présenté au Tableau 11.10.1. 7 Pour les femmes qui n’ont pas été interviewées, l’information provient du questionnaire Ménage. Non compris les enfants dont la mère n’est pas listée dans le questionnaire Ménage. Au Tchad, 40 % des enfants accusent un retard de croissance et souffrent donc de malnutrition chronique : 18 % sous la forme modérée et 22 % sous la forme sévère. Ces proportions sont très élevées par rapport à celles que l’on s’attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie, à savoir respectivement 2,3 % et 0,1 %. Ces résultats montrent donc que la situation nutritionnelle des enfants tchadiens de moins de cinq ans est critique. On constate des écarts très importants en fonction des variables sociodémographiques. Tout d’abord, la prévalence du retard de croissance augmente très rapidement avec l’âge : d’un minimum de 10 % à moins de six Allaitement et état nutritionnel • 175 mois, la proportion d’enfants accusant un retard de croissance passe à 33 % dans le groupe d’âges 12-17 mois et atteint un maximum de 55 % à 24-35 mois. Elle diminue légèrement au-delà de cet âge, son niveau demeurant néanmoins toujours très élevé puisque, dans le groupe d’âges 36-47 mois, un enfant sur deux accuse (50 %) un retard de croissance et qu’à 48-59 mois, cette prévalence est de 43 % (Graphique 10.1). Cette situation est d’autant plus grave que, comme on l’a mentionné précédemment, c’est avant deux ans que la plupart des enfants accumulent un retard de croissance staturale et, après cet âge, le retard n’est plus rattrapable. Graphique 10.1 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans La prévalence de la malnutrition chronique varie en fonction de l’intervalle intergénésique et du poids à la naissance de l’enfant. La proportion d’enfants souffrant de ce type de malnutrition diminue avec l’augmentation de l’intervalle entre les naissances, variant de 48 % quand l’intervalle avec la naissance précédente est inférieur à 24 mois, à 38 % quand cet intervalle est de 24-47 mois et à 34 % quand il est de 48 mois ou plus. Les enfants qui étaient, selon la mère, très petits ou petits à la naissance sont plus affectés par ce type de malnutrition que ceux qui étaient moyens ou plus gros (respectivement 48 % et 43 % contre 38 % pour ceux qui étaient moyens ou plus gros que la moyenne). L’état nutritionnel de la mère influence aussi la prévalence de la malnutrition chronique chez l’enfant. Quand la mère est maigre, 47 % des enfants accusent un retard de croissance contre 38 % quand la mère a un IMC normal et c’est quand la mère présente un surpoids que la prévalence du retard de croissance des enfants est la plus faible (31 %). La prévalence de la malnutrition chronique varie également, mais de manière moins importante entre les sexes. Le pourcentage de garçons atteints de malnutrition chronique est un peu plus élevé que chez les filles : ce type de malnutrition touche 41 % des garçons et 39 % des filles et sous la forme sévère ces pourcentages sont respectivement de 23 % et 21 %. Les résultats du Tableau 10.1 mettent aussi en évidence des écarts d’ordre géographique. En effet, la prévalence de la malnutrition chronique est plus élevée en milieu rural qu’urbain (42 % contre 32 %). En ce qui concerne la prévalence sous la forme sévère, on constate qu’elle est environ une fois et demie plus élevée en milieu rural par rapport au milieu urbain (24 % contre 15 %). Les résultats selon la région mettent en évidence 0 10 20 30 40 50 60 70 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48 50 52 54 56 58 Pourcentage Âge en mois Retard de croissance Insuffisance pondérale Émaciation EDS-MICS 2014-2015 176 • Allaitement et état nutritionnel des écarts très importants. Dans certaines régions comme le Kanem, près des deux tiers des enfants de moins de cinq ans sont atteints de malnutrition chronique (64 %) et plus de deux sur cinq (42 %) en souffrent sous la forme sévère. De même, avec un retard de croissance qui touche au moins un enfant sur deux, les régions du Lac (57 %), du Barh El Gazal (56 %), du Wadi Fira (52 %) et du Mayo Kebbi Ouest (50 %) font partie de celles où les enfants sont les plus affectés par la malnutrition chronique. Par contre, dans le Mandoul (28 %), le Moyen Chari (27 %), le Logone Oriental et le Logone Occidental (30 % dans les deux cas) et N’Djaména (30 %), la situation apparaît moins critique, les niveaux de malnutrition étant considérés comme moyens. On note également des variations de la prévalence du retard de croissance en fonction du niveau d’instruction de la mère, la proportion d’enfants souffrant de ce type de malnutrition, sous la forme sévère, étant deux fois plus élevée parmi ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction que parmi ceux dont elle a un niveau d’instruction secondaire (25 % contre 12 %). Enfin, les résultats selon le quintile de bien-être font apparaitre des variations assez irrégulières qui ne traduisent pas de tendance. Cependant dans les ménages du quintile le plus bas, 25 % des enfants de moins de cinq ans sont accusent un retard de croissance, sous la forme sévère, soit environ deux fois plus que dans les ménages du quintile le plus élevé (25 % contre 13 %). 10.1.3 Poids-pour-taille Le Tableau 10.1 présente également les proportions d’enfants atteints de malnutrition aiguë, exprimée par l’indice poids-pour-taille. Cet indice qui donne une mesure de la masse du corps en relation avec la taille reflète la situation nutritionnelle actuelle, c’est-à-dire au moment de l’enquête. Il peut donc être fortement influencé par la saison pendant laquelle a eu lieu la collecte des données et, pour cette raison, il n’est pas strictement comparable avec celui évalué au cours des EDS précédentes. Ce type de malnutrition est souvent la conséquence d’une alimentation insuffisante durant la période ayant précédé l’observation et/ou d’une perte de poids consécutive à une maladie (diarrhée sévère, par exemple). Un enfant souffrant de cette forme de malnutrition est maigre ou émacié. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à-2 écarts-type en dessous de la médiane des normes OMS de la croissance de l’enfant sont considérés comme souffrant d’émaciation ou de malnutrition aiguë. Ceux se situant à moins de -3 écarts-type souffrent d’émaciation sévère ou de malnutrition aiguë sévère. Au Tchad, près d’un enfant sur huit (13 %) est atteint de malnutrition aigüe, 9 % sous la forme modérée et 4 % sous la formé sévère. Ces proportions sont nettement plus élevées que celles que l’on s’attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie (respectivement 2,3 % et 0,1 %). C’est surtout en fonction de la grosseur de l’enfant à la naissance et, de l’état nutritionnel de la mère que l’on note les variations les plus importantes. En effet, la prévalence de l’émaciation varie de 21 % parmi les enfants qui étaient très petits à la naissance à 16 % parmi ceux qui étaient petits et à 12 % parmi ceux qui étaient moyens ou plus gros que la moyenne. En fonction de l’état nutritionnel de la mère, on constate que la proportion d’enfants souffrant de malnutrition aigüe est environ deux fois plus élevée parmi ceux dont la mère est maigre que parmi ceux dont la mère a un Indice de Masse corporelle normal (23 % contre 12 %). C’est parmi les enfants dont la mère présente un surpoids ou est obèse que la prévalence de l’émaciation est la plus faible (8 %). Les écarts entre les régions sont très importants. C’est dans la région du Lac, où un quart des enfants sont émaciés, que l’on enregistre la prévalence la plus élevée (25 %). On constate aussi des prévalences élevées dans les régions du Kanem (21 %), du Ouaddaï (21 %), et de l’Ennedi Est et de l’Ennedi Ouest (21 %). Avec une proportion d’enfants émaciés de 4 %, c’est le Mayo Kebbi Est qui enregistre la prévalence la plus faible. Allaitement et état nutritionnel • 177 Les résultats selon l’âge montrent que la prévalence de l’émaciation augmente pour atteindre un pic à 12-17 mois, groupe d’âges dans lequel plus d’un enfant sur cinq est atteint de malnutrition aigüe (21 %). Le niveau de la prévalence diminue au-delà de cet âge pour concerner néanmoins un enfant sur dix à 36-47 mois. Les autres caractéristiques semblent moins influencer le niveau de la malnutrition aigüe. On ne note pratiquement pas d’écart selon l’intervalle intergénésique ou le milieu de résidence. On peut toutefois souligner que la prévalence de l’émaciation parmi les garçons est un peu plus élevée que chez les filles (14 % contre 12 %). Enfin, on peut voir au Tableau 10.1 que 3 % des enfants de moins de cinq ans présentent un excès pondéral par rapport à leur taille. 10.1.4 Poids-pour âge Le troisième indice anthropométrique présenté au Tableau 10.1 est le poids-pour-âge qui permet d’identifier l’insuffisance pondérale. Il s’agit d’un indice combiné car un déficit de poids par rapport à l’âge peut être provoqué par la maigreur comme par une taille trop petite. Les enfants dont le poids-pour âge se situe en dessous de -2 écarts-type de la médiane des normes OMS de la croissance de l’enfant sont considérés comme souffrant d’insuffisance pondérale. Ceux se situant en dessous de -3 écarts-type souffrent d’insuffisance pondérale sévère. En cas de poids trop élevé, (l’indice se situe à +2 écarts-type), on parle d’excès pondéral. L’indice Poids-pour-âge est utilisé le plus souvent par les services de santé pour suivre les progrès nutritionnels et la croissance des enfants. Cependant, son utilisation reste limitée, car il ne permet pas de distinguer les déficiences alimentaires antérieures, traduites par le retard de croissance, des déficiences actuelles ou récentes révélées par l’émaciation. Comme le poids-pour-taille, cet indice est sensible aux variations saisonnières et sa valeur est limitée quand il n’existe qu’une seule mesure dans le temps. Il est présenté ici essentiellement pour permettre des comparaisons avec les résultats des études ou du suivi nutritionnel des enfants qui utilisent cette mesure. Au Tchad, 29 % des enfants de moins de cinq ans présentent une insuffisance pondérale : 18 % sous la forme modérée et 11 % sous la forme sévère. En termes de santé publique, ce niveau est considéré comme étant élevé. Les résultats montrent que ce sont les enfants considérés comme petits à la naissance et ceux dont la mère est maigre qui sont les plus affectés par l’insuffisance pondérale : en effet, plus de deux enfants sur cinq (respectivement 43 % et 44 %) sont trop maigres par rapport à leur âge. La prévalence de l’insuffisance pondérale est nettement plus élevée parmi les enfants dont l’intervalle avec la naissance précédente est inférieure à 24 mois (36 % contre 26 % quand l’intervalle est de 48 mois ou moins). Les résultats selon les régions font apparaître des niveaux élevés d’insuffisance pondérale dans le Lac et dans le Kanem (respectivement 53 % et 57 %). C’est dans le Mandoul que ce niveau est le plus faible (14 %). À ces variations, s’ajoutent encore des variations socio-économiques. En effet, la prévalence de l’insuffisance pondérale est nettement plus faible parmi les enfants dont la mère est instruite (18 % parmi ceux dont la mère a le niveau primaire et 17 % parmi ceux dont elle a le niveau secondaire) que parmi ceux dont elle n’a pas de niveau d’instruction (35 %). Les variations selon le niveau de bien-être économique sont assez irrégulières et on ne constate pas de tendance. Seulement 1 % des enfants de moins de cinq ans présentent un excès pondéral. Dans le Salamat, cette prévalence est de 5 %. 178 • Allaitement et état nutritionnel Tendances de la malnutrition Le Graphique 10.2 présente les tendances de l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans évalué au moyen des indicateurs anthropométriques à partir des données de l’EDST-I 1996-1997, de l’EDST-II 2004 et de l’EDS-MICS 2014-2015. Pour qu’ils soient comparables avec l’enquête actuelle, les indicateurs des deux précédentes enquêtes ont été recalculés en utilisant les nouvelles normes OMS de la croissance de l’enfant établies en 2006. Globalement, les résultats ne montrent pas d’amélioration de l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans au Tchad depuis 1996-1997. En l’espace de 20 ans, le pourcentage d’enfants atteints de malnutrition chronique est passé de 45 % à 40 %. Dans la même période, le pourcentage de ceux atteints de malnutrition aigüe passait de 16 % à 13 %. Seul, le niveau de l’insuffisance pondérale a légèrement diminué entre 2004 et 2014-2015, variant de 33 % à 29 %. Graphique 10.2 État nutritionnel des enfants de moins de cinq ans selon l’EDST-I 1996-1997, l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 10.2 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Au cours des dernières décennies, on a réuni de plus en plus de preuves sur les avantages de l’allaitement maternel pour la santé de l’enfant. Les pratiques d’alimentation constituent l’un des facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants qui affecte, à son tour, la morbidité et la mortalité de ces enfants. Parmi ces pratiques, celles concernant l’allaitement maternel revêtent une importance particulière. En effet, de par ses propriétés particulières (stérile et il transmet des anticorps de la mère et tous les éléments nutritifs nécessaires aux enfants dans les premiers mois d’existence), le lait maternel permet d’éviter les carences nutritionnelles et de limiter la prévalence de la diarrhée et d’autres maladies. Par ailleurs, par son intensité et sa fréquence, l’allaitement maternel prolonge l’infécondité post-partum et par conséquent, en affectant l’intervalle intergénésique, il influe sur le niveau de la fécondité et, donc, sur l’état de santé des enfants et des mères. Compte tenu de l’importance des pratiques d’alimentation des jeunes enfants, on a demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête et, plus précisément, à quel moment elles avaient commencé à les allaiter, pendant combien de temps elles les avaient allaités, quelle était la 45 16 34 45 16 33 40 13 29 Retard de croissance Émaciation Insuffisance pondérale Pourcentage EDST-I 1996-1997 EDST-II 2004 EDS-MICS 2014-2015 Allaitement et état nutritionnel • 179 fréquence de l’allaitement, à quel âge les aliments de complément avaient été introduits et de quel type d’aliments il s’agissait. On a également demandé aux mères si elles avaient utilisé un biberon. 10.2.1 Début de l’allaitement Le Tableau 10.2 présente, les pourcentages d’enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux dernières années selon qu’ils ont été allaités et selon le moment auquel l’allaitement a commencé, selon les caractéristiques sociodémographiques. En outre, le Tableau 10.2 présente les pourcentages d’enfants qui ont reçu des aliments avant d’être allaités. Au Tchad, pratiquement tous les enfants (98 %) ont été allaités et cela quelle que soit la caractéristique sociodémographique. En outre, cette proportion d’enfants allaités n’a guère varié depuis deux décennies car elle est identique à celle de l’EDST-I et de l’EDST-II (98 %). Environ deux enfants sur cinq (41 %) ont été allaités le jour qui a suivi leur naissance et 23 % dans l’heure qui a suivi leur naissance. Les pourcentages d’enfants allaités rapidement après la naissance varient surtout en fonction de variables telles que l’assistance à l’accouchement, le niveau d’instruction de la mère et la région. En effet, quand personne n’a assisté l’accouchement de la mère, 18 % des enfants ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance contre 23 % quand l’accouchement a été assisté par un prestataire formé et 24 % quand cette assistance a été fournie par une accoucheuse traditionnelle ou même par quelqu’un d’autre. Les résultats concernant le niveau d’instruction de la mère montrent que le pourcentage d’enfants allaités dans l’heure qui a suivi sa naissance varie de 26 % quand la mère n’a aucun niveau d’instruction à 18-19 % quand elle est instruite. Les résultats selon les régions montrent que la pratique de l’allaitement dès la naissance de l’enfant est plus fréquente dans le Kanem que dans les autres régions puisque 52 % des enfants y ont été allaités dans l’heure qui a suivi leur naissance. Dans le Batha, plus de deux enfants sur cinq (44 %) ont reçu le lait maternel rapidement après leur naissance. À l’opposé, dans la Tandjilé (15 %) et le Logone Oriental (13 %), ces pourcentages sont plus faibles. On ne note pas de différence importante selon le sexe, le lieu d’accouchement et le milieu de résidence. Les résultats selon le niveau de bien-être économique font apparaitre des variations assez irrégulières. C’est cependant dans le quatrième quintile que la proportion d’enfants allaités dans l’heure qui a suivi la naissance est la plus élevée et dans les deux premiers qu’elle est la plus faible (26 % contre 21 %). Le Tableau 10.2 montre aussi qu’il est fréquent de donner aux enfants des aliments avant d’être allaités. En effet, globalement 87 % des enfants ont reçu des aliments avant d’être allaités et cette pratique est courante dans tous les sous-groupes d’enfants. On note cependant qu’elle est un peu plus fréquente en milieu rural qu’en milieu urbain (88 % contre 81 %) et dans les Autres villes qu’à N’Djaména (85 % contre 74 %). En outre, on constate que dans certaines régions comme le Lac (97 %), la Tandjilé (97 %), le Wadi Fira (97 %) et le Hadjer Lamis (95 %), la quasi-totalité des enfants ont reçu des aliments avant d’être allaités. Par contre, même s’ils restent élevés, ces pourcentages sont plus faibles dans le Batha (76 %), le Chari Baguirmi, N’Djaména (74 % dans les deux cas) le Moyen Chari (71 %) et le Sila (70 %). 180 • Allaitement et état nutritionnel Tableau 10.2 Allaitement initial Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête, pourcentage de ceux qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l’heure qui a suivi la naissance et pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour qui a suivi la naissance ; parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête et qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont reçu des aliments avant d’être allaités, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête : Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux dernières années et qui ont été allaités : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant été allaité Pourcentage ayant commencé à être allaité dans l’heure qui a suivi la naissance Pourcentage ayant commencé à être allaité le jour qui a suivi la naissance1 Effectif d’enfants derniers-nés Pourcentage ayant reçu des aliments avant d’être allaités2 Effectif d’enfants derniers-nés allaités Sexe Masculin 97,8 23.3 40.7 3 500 87,4 3 421 Féminin 98,4 22.6 41.3 3 242 86,1 3 190 Assistance à l’accouchement Prestataire formé3 97,0 22.5 38.7 2 414 86,5 2 340 Accoucheuse traditionnelle 99,2 23.6 44.2 2 899 86,9 2 876 Autre 98,0 24.2 39.7 1 036 86,8 1 015 Personne 98,0 18.3 35.0 385 87,1 377 Lieu de l’accouchement Établissement de santé 96,7 21.9 39.3 1 616 86,9 1 562 Maison 98,6 23.4 41.6 5 101 86,7 5 031 Autre * * * 18 * 18 Résidence N’Djaména 94,8 20.4 47.3 491 74,3 466 Autres villes 96,6 22.8 44.0 832 85,4 804 Ensemble urbain 95,9 21.9 45.2 1 323 81,3 1 269 Rural 98,6 23.3 40.0 5 419 88,0 5 342 Région Batha 97,4 43.7 65.9 278 75,6 271 Borkou, Tibesti 94,6 27.9 53.4 26 81,6 24 Chari Baguirmi 95,6 25.9 44.1 303 73,7 290 Guéra 98,6 23.6 58.7 426 87,3 420 Hadjer-Lamis 99,4 28.4 39.5 437 95,0 434 Kanem 98,9 52.0 69.3 205 92,0 203 Lac 98,5 39.4 62.7 264 96,8 260 Logone Occidental 97,8 18.3 28.5 473 91,8 463 Logone Oriental 98,8 13.3 23.9 758 92,0 748 Mandoul 98,7 20.5 33.5 496 86,3 489 Mayo Kebbi Est 98,3 18.2 35.0 511 88,5 502 Mayo Kebbi Ouest 98,9 16.8 27.2 406 93,6 401 Moyen Chari 97,0 21.8 39.0 342 70,8 331 Ouaddaï 98,6 22.2 58.0 344 79,8 340 Salamat 98,0 23.3 57.5 143 80,2 140 Tandjilé 99,0 15.4 18.8 471 96,5 466 Wadi Fira 98,7 27.4 48.9 144 96,9 142 N’Djaména 94,8 20.4 47.3 491 74,3 466 Barh El Gazal 98,2 38.2 67.8 76 87,3 75 Ennedi Est, Ennedi Ouest 98,5 30.4 49.6 22 91,8 21 Sila 98,2 20.9 48.7 128 70,0 126 Niveau d’instruction de la mère Aucun 98,0 25.8 45.8 4 154 85,6 4 070 Primaire 98,7 18.1 31.0 1 781 89,3 1 758 Secondaire 97,0 19.2 38.1 770 86,6 747 Supérieur (100,0) (20.9) (45.8) 36 (91,7) 36 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 98,5 21.2 40.1 1 432 86,2 1 411 Second 98,7 21.0 39.1 1 490 88,1 1 470 Moyen 98,5 23.2 38.3 1 360 87,6 1 339 Quatrième 98,6 26.3 42.6 1 303 89,1 1 284 Le plus élevé 95,7 23.9 45.9 1 157 81,9 1 108 Ensemble4 98,1 23.0 41.0 6 742 86,7 6 612 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Le tableau est basé sur les enfants derniers-nés, dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête, qu’ils soient en vie ou décédés au moment de l’enquête. 1 Y compris les enfants qui ont commencé à être allaités dans l’heure qui a suivi la naissance. 2 C’est-à-dire les enfants qui ont reçu autre chose que le lait maternel pendant les trois premiers jours. 3 Les prestataires formés comprennent les médecins, les infirmières/sages-femmes, et les matrones et agents de l’hôpital /centre de santé. 4 Y compris 9 enfants derniers-nés et 4 enfants derniers allaités pour lesquels l’information sur l’assistance à l’accouchement est manquante. Y compris 6 enfants derniers-nés et 1 enfant dernier-né allaité pour lesquels l’information sur le lieu d’accouchement est manquante. Allaitement et état nutritionnel • 181 10.2.2 Allaitement exclusif et alimentation de complément Le lait maternel constitue la principale source de nutriments pour l’enfant. Selon les recommandations de l’UNICEF et de l’OMS et agrées par le ministère de la Santé Publique, tous les enfants devraient être exclusivement nourris au sein, c’est-à-dire sans aucun autre ajout, jusqu’à six mois parce qu’il transmet à l’enfant les anticorps de la mère et tous les éléments nutritifs nécessaires. L’introduction trop précoce d’aliments de complément n’est pas recommandée parce qu’elle expose les enfants aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des maladies infectieuses. De plus, elle diminue la prise de lait par l’enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de lait. Enfin, dans une population économiquement pauvre comme au Tchad, les aliments de complément ont souvent une valeur nutritionnelle faible. Les informations sur l’alimentation de complément ont été obtenues en demandant à la mère si son enfant était allaité et quel type d’aliments (solides ou liquides) il avait reçu au cours des dernières vingt-quatre heures. Les résultats sont présentés pour les enfants de moins de deux ans vivant avec leur mère. Le Tableau 10.3 présente les données sur le type d’allaitement, l’introduction des aliments de complément et l’utilisation du biberon, selon l’âge de l’enfant en mois. Tableau 10.3 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant Répartition (en %) des enfants derniers-nés de moins de deux ans vivant avec leur mère par type d’allaitement et pourcentage actuellement allaités ; pourcentage de l’ensemble des enfants de moins de deux ans utilisant un biberon, selon l’âge de l’enfant en mois, Tchad 2014-2015 Non allaités Type d’allaitement Total Pourcen- tage actuelle- ment allaités Effectif des enfants derniers-nés de moins de deux ans vivant avec leur mère Pourcen- tage utilisant un biberon Effectif d’enfants de moins de deux ans Âge en mois Exclusive- ment allaités Allaités et eau seulement Allaités et liquides non lactés1 Allaités et autres laits Allaités et aliments de complément 0-1 3,2 0,2 76,0 4,9 10,9 4,8 100,0 96,8 471 7,8 472 2-3 3,3 0,5 71,2 5,3 10,4 9,2 100,0 96,7 739 7,8 750 4-5 3,0 0,1 45,1 8,6 10,8 32,4 100,0 97,0 595 9,6 604 6-8 3,5 0,8 22,1 9,5 7,1 57,0 100,0 96,5 960 9,1 979 9-11 5,5 0,5 11,8 5,1 3,6 73,5 100,0 94,5 743 8,6 765 12-17 14,2 0,4 6,3 3,5 1,8 73,8 100,0 85,8 1 597 6,7 1 644 18-23 30,2 0,4 4,8 2,1 2,2 60,3 100,0 69,8 1 234 5,0 1 309 0-3 3,3 0,4 73,1 5,1 10,6 7,5 100,0 96,7 1 209 7,8 1 223 0-5 3,2 0,3 63,8 6,3 10,7 15,7 100,0 96,8 1 804 8,4 1 827 6-9 3,8 0,8 20,1 8,7 6,2 60,3 100,0 96,2 1 261 9,0 1 285 12-15 12,1 0,2 6,4 3,4 1,9 76,1 100,0 87,9 1 145 6,3 1 174 12-23 21,2 0,4 5,7 2,9 2,0 67,9 100,0 78,8 2 832 6,0 2 953 20-23 34,8 0,5 5,2 1,2 1,8 56,5 100,0 65,2 742 5,5 789 Note : Les données sur l’allaitement se rapportent à une période de 24 heures (hier et la nuit dernière). Les enfants classés dans la catégorie « Allaitement et eau seulement » ne reçoivent aucun complément liquide ou solide. Les catégories « Non allaités », « Allaités exclusivement », « Allaités et eau seulement », « Liquides non lactés », « Autres laits » et « Aliments de complément » (solides et semi solides) sont hiérarchiques et mutuellement exclusives et la somme des pourcentages égale 100 %. Ainsi, les enfants qui sont allaités et qui reçoivent des liquides non lactés et qui ne reçoivent pas d’autres laits et qui ne reçoivent pas d’aliments de complément sont classés dans la catégorie « Liquides non lactés » même s’ils reçoivent également de l’eau. Tout enfant qui reçoit des aliments de complément est classé dans cette catégorie tant qu’il est toujours allaité. 1 Les liquides non lactés comprennent les jus, les boissons à base de jus, les bouillons et les autres liquides. Les résultats montrent que les recommandations en matière d’alimentation des jeunes enfants ne sont pas correctement suivies car, parmi ceux de moins de six mois, pratiquement aucun n’est exclusivement allaité (0,3 %) (Graphique 10.3). La pratique de l’allaitement exclusif n’est pas courante au Tchad car même dans le groupe d’âges 0-3 mois, moins d’un pour cent des enfants sont exclusivement allaités. Près des trois quarts (73 %) ont déjà reçu de l’eau avec le lait maternel. Parmi les moins de six mois, près des deux tiers (64 %) sont allaités et ont déjà reçu de l’eau, 11 % ont reçu, en plus du lait maternel, d’autres laits et 16 % des aliments de complément. 182 • Allaitement et état nutritionnel Graphique 10.3 Allaitement selon l’âge de l’enfant L’utilisation du biberon n’est pas recommandée chez les nourrissons car elle est le plus souvent associée à une augmentation des risques de maladies, en particulier des maladies diarrhéiques. Les biberons mal nettoyés et les tétines mal stérilisées sont à l’origine de troubles gastriques, de diarrhées et de vomissements chez les bébés. Le Tableau 10.3 montre qu’au Tchad, une proportion non négligeable d’enfants de moins de deux ans sont nourris avec un biberon : 8 % à 0-5 mois et 9 % à 6-9 mois. Parmi les enfants de 12-23 mois, 6 % avaient été nourris au biberon au cours des 24 heures ayant précédé l’interview. 10.2.3 Durée de l’allaitement maternel Le Tableau 10.4 présente la durée médiane de l’allaitement. Les durées médiane et moyenne de l’allaitement sont calculées pour les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des trois années ayant précédé l’enquête et qui étaient allaités au moment de l’enquête. La durée médiane de l’allaitement est estimée à 21,6 mois et sa valeur moyenne à 20,8 mois. Cette durée médiane varie selon pratiquement toutes les caractéristiques sociodémographiques. Elle est plus courte en milieu urbain qu’en milieu rural (19,6 mois contre 21,9 mois), parmi les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire (18,4 mois contre 21,9 mois parmi celles n’ayant aucun niveau d’instruction) et parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (19,9 contre 22,3 dans le quintile le plus bas). La durée médiane de l’allaitement varie aussi entre les régions. C’est dans celle de N’Djaména et de l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest qu’elle est la plus courte (18,5 mois dans les deux cas) et dans le Kanem qu’elle est la plus longue (24,0 mois). Par rapport à 2004, cette durée médiane de l’allaitement a peu varié (21,3 contre 21,6 mois). La durée médiane de l’allaitement exclusif est très faible et n’a pu être calculé. Sa durée moyenne est estimée à 0,8 mois. La durée médiane de l’allaitement prédominant est estimée à 4,8 mois et sa valeur moyenne à 6,7 mois. 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 <2 2-3 4-5 6-7 8-9 10-11 12-13 14-15 16-17 18-19 20-21 22-23 Pourcentage Âge en mois Exclusivement allaités Allaités et eau seulement Allaités et autres laits Allaités et liquides non lactés Allaités et aliments de complément Non allaités EDS-MICS 2014-2015 Allaitement et état nutritionnel • 183 Tableau 10.4 Durée médiane de l’allaitement Durée médiane de l’allaitement, de l’allaitement exclusif et de l’allaitement prédominant des enfants nés au cours des trois années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Durée médiane (en mois) de l’allaitement parmi les enfants nés au cours des trois dernières années1 Caractéristique sociodémographique Allaitement Allaitement exclusif Allaitement prédominant2 Sexe Masculin 21,6 a 4,7 Féminin 21,5 a 5,0 Résidence N’Djaména 18,5 a (1,9) Autres villes 20,1 a 3,7 Ensemble urbain 19,6 a 3,2 Rural 21,9 a 5,1 Région Batha (20,8) a 5,3 Borkou, Tibesti (16,1) a * Chari Baguirmi 21,6 a a Guéra 21,2 a 6,5 Hadjer-Lamis 22,5 a 2,6 Kanem 24,0 a 9,4 Lac 22,6 a 5,7 Logone Occidental 20,1 a 4,4 Logone Oriental 21,6 a 4,8 Mandoul 23,2 a 5,5 Mayo Kebbi Est 20,6 a 4,8 Mayo Kebbi Ouest 21,2 a 4,3 Moyen Chari 23,0 a 6,6 Ouaddaï 22,2 a 7,7 Salamat 23,8 a 7,5 Tandjilé 21,4 a 3,6 Wadi Fira (21,4) a 4,0 N’Djaména 18,5 a (1,9) Barh El Gazal (23,4) a 5,9 Ennedi Est, Ennedi Ouest 18,5 a a Sila 21,2 a 7,0 Niveau d’instruction de la mère Aucun 21,9 a 5,1 Primaire 21,5 a 4,7 Secondaire 18,4 a 4,0 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 22,3 a 5,0 Second 21,7 a 5,4 Moyen 21,5 a 5,2 Quatrième 21,9 a 4,8 Le plus élevé 19,9 a 2,8 Ensemble 21,6 a 4,8 Moyenne pour tous les enfants 20,8 0.8 6,7 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Les durées moyenne et médiane sont basées sur les répartitions, au moment de l’enquête, des proportions de naissances par mois depuis la naissance. Y compris les enfants vivants et décédés au moment de l’enquête. 1 On suppose que les enfants qui ne sont pas des derniers-nés et les enfants derniers- nés qui ne vivent pas actuellement avec leur mère ne sont pas actuellement allaités. 2 Soit exclusivement allaités ou qui ont reçu le lait maternel et de l’eau seulement, et/ou des liquides non lactés seulement. a = Non calculé parce que moins de 50 % des enfants ont été exclusivement allaités 184 • Allaitement et état nutritionnel Le Graphique 10.4 présente les indicateurs qui ont été définis pour évaluer dans quelle mesure les nourrissons et les jeunes enfants sont nourris conformément aux pratiques recommandées (IYCF). La principale information que montre ce graphique est que la quasi-totalité des enfants tchadiens ne sont pas exclusivement allaités. Au Tchad, la pratique de l’allaitement exclusif n’existe pas. Le graphique fournit aussi la prévalence de l’allaitement prédominant qui est estimé à 70 %. Au Tchad, sept enfants de moins de six mois sur dix (70 %) sont exclusivement allaités ou ils sont allaités et reçoivent soit de l’eau plate ou des liquides non lactés. Le Graphique 10.4 montre aussi que pour seulement près de six enfants de 6-8 mois sur dix (59 %) l’introduction d’aliments de complément a lieu à l’âge approprié. L’indicateur sur l’allaitement poursuivi à 2 ans montre que la majorité des enfants continuent d’être allaités (65 %). Graphique 10.4 Indicateurs IYCF sur l’allaitement Pour résumer, l’indicateur « Allaitement approprié à l’âge » fournit une mesure globale d’évaluation des pratiques recommandées d’allaitement et d’introduction à l’âge approprié d’aliments de complément. Pour répondre à ces critères, les enfants de 0-5 mois doivent être exclusivement allaités et ceux de 6-23 mois doivent être allaités et recevoir des aliments de complément. Au Tchad, moins d’un enfant de 0-23 mois sur deux (48 %) est allaité de manière appropriée. 10.2.4 Type d’aliments de complément Les directives de l’OMS sur les pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant comprennent l’introduction progressive d’aliments solides et semi solides dès l’âge de 6 mois, en augmentant non seulement la quantité et la variété des aliments, mais aussi la fréquence de l’alimentation au fur et à mesure que l’enfant grandit tout en maintenant également l’allaitement fréquent (OMS, 2008). Au cours de l’enquête, on a demandé aux mères d’enfants de moins de deux ans si l’enfant avait mangé des aliments ou bu des liquides le jour ou la nuit ayant précédé l’interview. Le Tableau 10.5 présente ces informations pour les enfants derniers-nés de moins de deux ans vivant avec leur mère, selon que l’enfant est allaité ou non. 0 0 79 59 65 48 70 7 IYCF 2: Allaitement exclusif avant 6 mois Allaitement exclusif à 4-5 mois IYCF 3: Allaitement poursuivi à 1 an IYCF 4: Introduction d'aliments solides, semi solides ou mous (6-8 mois) IYCF 10: Allaitement poursuivi à 2 ans IYCF 11: Allaitement approprié à l’âge (0-23 mois) IYCF 12: Allaitement prédominant (0-5 mois) IYCF 14: Utilisation du biberon (0-23 mois) Pourcentage EDS-MICS 2014-2015 Allaitement et état nutritionnel • 185 Tableau 10.5 Aliments et liquides reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l’interview Pourcentage d’enfants derniers-nés de moins de deux ans vivant avec leur mère, par type d’aliments consommés le jour ou la nuit ayant précédé l’interview, selon qu’ils sont, ou non, allaités et selon l’âge, Tchad 2014-2015 Liquides Aliments solides ou semi solides Aliments solides ou semi- solides Effectif d’enfantsÂge en mois Lait en poudre pour enfant Autres laits1 Autres liquides2 Aliments enrichis pour bébés Aliments à base de céréales3 Fruits et légumes riches en vitamine A4 Autres fruits et légumes Aliments à base de racines et de tuber- cules Aliments à base de légumi- neuses et de noix Viande, poisson, volaille Œufs Fromage, yaourt, autres produits laitiers ENFANTS ALLAITÉS 0-1 4.3 9.2 8.4 1.5 2.5 1.0 0.4 0.3 0.3 1.8 0.3 0.8 4.9 455 2-3 3.7 10.3 9.4 2.4 5.2 0.9 0.6 0.3 0.9 2.4 0.6 0.6 9.6 715 4-5 5.7 15.8 20.9 10.1 17.8 5.1 1.6 0.6 2.1 8.0 2.2 2.8 33.4 577 6-8 3.9 17.9 29.4 22.6 31.3 10.8 2.9 2.9 3.2 14.9 4.6 2.9 59.1 926 9-11 4.5 16.5 37.7 25.9 42.9 23.3 8.1 7.9 5.9 29.7 4.4 5.3 77.8 702 12-17 3.2 21.7 36.4 21.9 52.1 27.7 11.7 10.2 8.9 37.4 8.4 4.9 86.0 1 370 18-23 2.9 23.0 35.4 24.1 48.9 31.1 12.8 8.4 8.6 41.6 9.8 5.9 86.4 861 6-23 3.6 20.1 34.7 23.3 44.7 23.6 9.2 7.6 6.9 31.5 7.1 4.7 78.1 3 860 Ensemble 3.9 17.5 27.9 17.5 33.5 17.0 6.6 5.4 5.1 23.0 5.2 3.7 58.8 5 607 ENFANTS NON ALLAITÉS 0-1 * * * * * * * * * * * * * 15 2-3 (7.9) (34.4) (25.6) (4.3) (13.0) (14.9) (4.3) (0.0) (0.0) (6.8) (4.3) (4.3) (19.8) 24 4-5 * * * * * * * * * * * * * 18 6-8 (11.1) (24.1) (38.8) (27.5) (38.2) (21.2) (4.0) (12.2) (4.0) (25.4) (13.3) (6.3) (66.1) 34 9-11 (8.8) (26.5) (40.7) (21.0) (47.3) (27.9) (18.5) (26.1) (5.9) (37.4) (23.2) (3.5) (81.5) 41 12-17 9.0 29.4 41.4 23.2 54.1 32.6 9.4 10.0 11.2 50.8 13.6 9.3 88.5 227 18-23 5.3 23.9 38.3 21.4 60.4 37.8 11.0 8.4 10.3 44.5 10.3 7.6 92.5 373 6-23 7.1 25.9 39.5 22.3 56.4 34.6 10.6 10.2 10.0 45.2 12.4 7.9 89.2 675 Ensemble 7.4 25.9 38.0 20.8 52.7 32.4 10.0 9.4 9.3 42.1 11.7 7.7 83.9 732 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Les données sur l’allaitement et sur les aliments consommés se rapportent à la période de « 24 heures » (hier et la nuit dernière). 1 Inclut le lait d’animal, qu’il soit frais, en boîte, ou en poudre. 2 N’inclut pas l’eau plate. Inclut les jus, les boissons à base de jus, les bouillons ou d’autres liquides non lactés 3 Inclut les aliments enrichis pour bébés. 4 Inclut des fruits et légumes comme les citrouilles, les ignames rouges ou jaunes ou les courges, les carottes, les pommes de terre douces rouges ou jaunes, les légumes à feuilles vert foncé, les mangues, les papayes et autres fruits et légumes. Dans l’ensemble, près de six enfants allaités de moins de deux ans sur dix (59%) ont reçu des aliments solides ou semi solides. Un tiers a consommé des aliments à base de céréales (34 %), 17 % des fruits et légumes riches en vitamine A et 23 % de la viande, du poisson ou de la volaille. On constate que près d’un enfant allaité sur cinq (18 %) a reçu d’autres laits et près de trois sur dix (28 %) d’autres liquides. Dans le groupe d’âges 2-3 mois, 10 % ont déjà reçu des aliments solides ou semi solides et à 4-5 mois, cette proportion est de 33 %. Dans ce groupe d’âges, 18 % ont déjà reçu des aliments à base de céréales. Parmi les enfants non allaités, les résultats montrent que, la proportion de ceux qui ont consommé des aliments solides ou semi solides est nettement plus élevée (84 % contre 59 %). De même, parmi ces enfants, 42 % ont consommé de la viande, du poisson ou de la volaille contre 23 % parmi ceux qui sont allaités. 10.2.5 Pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant Même si l’allaitement est un geste naturel, c’est aussi un comportement acquis. Les directives de l’OMS pour une alimentation optimale du jeune enfant comprennent non seulement l’introduction, à partir de l’âge de 6 mois, d’aliments de complément tout en maintenant l’allaitement mais aussi l’augmentation des rations alimentaires et la diversification des aliments au fur et à mesure que l’enfant grandit (OMS 2008). Le Tableau 10.6 présente les indicateurs des pratiques alimentaires appropriées pour les enfants de 6-23 mois. Les résultats sont présentés pour les enfants allaités et pour ceux qui ne le sont pas, les pratiques d’alimentation appropriée étant différentes pour ces deux groupes d’enfants. 186 • Allaitement et état nutritionnel Tableau 10.6 Pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant Pourcentage d’enfants derniers-nés de 6-23 mois vivant avec leur mère qui ont été nourris en suivant les trois pratiques optimales d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant par nombre de groupes d’aliments et par nombre de fois qu’ils ont été nourris durant le jour ou la nuit ayant précédé l’interview selon qu’ils sont ou non allaités et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Parmi les enfants allaités de 6-23 mois, pourcentage nourris : Parmi les enfants non allaités de 6-23 mois, pourcentage nourris : Parmi tous les enfants de 6-23 mois, pourcentage nourris : Caractéristique sociodémographique Avec 4 groupes d’aliments ou plus1 Selon la fréquence minimale des repas2 Avec au moins 4 groupes d’aliments et selon la fréquence minimale des repas Effectif d’enfants allaités de 6-23 mois Avec lait ou produits laitiers3 Avec 4 groupes d’aliments ou plus1 Selon la fréquence minimale des repas4 Selon les 3 pratiques optimales d’alimen- tation du nourris- son et du jeune enfant5 Effectif d’enfants non allaités de 6-23 mois Avec lait maternel ou produits laitiers6 Avec 4 groupes d’aliments ou plus1 Selon la fréquence minimale des repas7 Selon les 3 pratiques optimales d’alimen- tation du nourris- son et du jeune enfant Effectif de tous les enfants de 6-23 mois Âge en mois 6-8 3,2 46,2 2,6 926 (25,3) (8,1) (30,8) (0,0) 34 97,4 3,4 45,7 2,5 960 9-11 6,5 31,7 3,6 702 (24,9) (16,6) (31,8) (1,6) 41 95,9 7,1 31,7 3,5 743 12-17 11,2 39,1 7,3 1 370 24,7 17,4 28,9 4,9 227 89,3 12,1 37,7 7,0 1 597 18-23 15,9 35,7 10,1 861 20,6 15,2 31,1 3,4 373 76,0 15,7 34,3 8,0 1 234 Sexe Masculin 9,8 39,8 6,3 2 003 24,6 15,2 32,4 4,0 325 89,5 10,6 38,7 6,0 2 328 Féminin 9,1 37,6 5,9 1 857 20,6 16,1 28,6 3,2 350 87,4 10,2 36,2 5,5 2 207 Résidence N’Djaména 27,8 28,7 11,7 220 49,0 49,8 53,5 18,2 78 86,7 33,6 35,2 13,4 298 Autres villes 11,7 44,2 6,8 424 22,5 17,5 35,8 4,7 102 84,9 12,8 42,5 6,4 526 Ensemble urbain 17,2 38,9 8,5 644 34,0 31,5 43,5 10,6 180 85,6 20,3 39,9 8,9 825 Rural 7,9 38,7 5,6 3 216 18,3 9,9 25,6 1,1 495 89,1 8,2 36,9 5,0 3 710 Région Batha 14,4 23,7 5,4 145 * * * * 26 92,0 15,9 26,1 5,1 171 Borkou, Tibesti 7,9 26,2 6,2 12 (66,9) (21,7) (80,7) (7,0) 4 91,5 11,5 40,2 6,4 16 Chari Baguirmi 21,5 39,7 15,2 161 (35,5) (13,5) (16,6) (3,6) 36 88,1 20,0 35,5 13,1 197 Guéra 4,4 22,4 1,1 244 (22,0) (0,0) (27,4) (0,0) 37 89,8 3,9 23,1 1,0 281 Hadjer-Lamis 14,6 69,2 13,3 264 * * * * 28 93,8 16,4 67,0 12,8 292 Kanem 23,4 41,3 21,5 128 * * * * 15 94,7 22,2 41,6 20,5 143 Lac 24,3 48,6 23,2 173 * * * * 11 94,4 23,1 47,4 22,0 184 Logone Occidental 5,1 40,4 3,9 272 (2,7) (4,3) (15,4) (0,0) 58 82,9 5,0 36,1 3,2 330 Logone Oriental 4,2 42,6 1,8 449 (4,3) (11,4) (15,9) (0,0) 74 86,4 5,2 38,8 1,6 523 Mandoul 2,6 30,7 1,4 280 (8,7) (7,0) (27,5) (0,0) 53 85,5 3,3 30,2 1,2 333 Mayo Kebbi Est 1,6 43,1 0,3 281 (18,0) (5,0) (26,2) (0,8) 53 87,0 2,2 40,4 0,4 334 Mayo Kebbi Ouest 7,4 46,6 4,0 242 (5,2) (4,0) (21,1) (0,0) 40 86,4 6,9 42,9 3,5 283 Moyen Chari 10,1 31,7 5,2 215 * * * * 24 91,8 13,5 31,3 5,2 239 Ouaddaï 3,2 20,6 1,6 191 (37,7) (14,8) (38,2) (3,7) 37 89,8 5,1 23,5 1,9 229 Salamat 4,9 27,1 3,3 82 (21,7) (4,1) (34,1) (0,0) 15 88,1 4,8 28,2 2,8 96 Tandjilé 4,6 49,7 3,4 280 (0,0) (11,5) (20,2) (0,0) 50 84,9 5,6 45,3 2,9 330 Wadi Fira 4,5 35,3 1,2 91 * * * * 13 93,7 4,0 37,6 1,0 104 N’Djaména 27,8 28,7 11,7 220 49,0 49,8 53,5 18,2 78 86,7 33,6 35,2 13,4 298 Barh El Gazal 22,1 35,3 14,7 44 * * * * 5 96,4 21,7 37,6 13,1 49 Ennedi Est, Ennedi Ouest 7,9 24,8 2,9 10 (69,3) (0,0) (78,2) (0,0) 5 90,4 5,4 41,6 2,0 14 Sila 6,5 19,9 5,4 76 (32,1) (9,9) (32,8) (1,4) 14 89,6 7,0 21,9 4,8 89 Niveau d’instruction de la mère Aucun 10,7 36,4 7,8 2 413 29,2 16,1 37,1 3,8 390 90,1 11,4 36,5 7,2 2 803 Primaire 5,9 40,5 2,7 1 038 7,6 7,3 17,9 2,0 174 86,7 6,1 37,2 2,6 1 212 Secondaire 10,3 48,4 4,8 397 17,0 21,3 22,5 4,2 96 83,8 12,4 43,3 4,7 493 Supérieur * * * 12 * * * * 15 * * * * 27 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 4,8 33,4 3,5 834 16,3 10,1 25,0 1,4 123 89,3 5,5 32,4 3,2 957 Second 5,5 33,2 2,9 878 15,2 9,8 21,0 0,0 151 87,5 6,1 31,4 2,5 1 029 Moyen 7,4 41,2 5,1 822 18,2 9,8 28,8 0,0 124 89,3 7,7 39,6 4,4 946 Quatrième 13,9 47,6 11,0 760 25,8 10,5 30,0 2,9 116 90,2 13,5 45,3 9,9 876 Le plus élevé 19,6 39,5 9,9 565 35,1 33,7 44,9 12,0 161 85,6 22,7 40,7 10,4 726 Ensemble 9,5 38,7 6,1 3 860 22,5 15,7 30,4 3,6 675 88,5 10,4 37,5 5,7 4 535 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Groupes d’aliments : a) préparations pour bébés, laits autres que le lait maternel, fromages ou yaourts ou autres produits laitiers ; b) préparations à base de céréales, de racines et de tubercules, y compris les bouillies d’avoine et les aliments enrichis pour bébés à base de céréales ; c) les fruits et les légumes riches en vitamine A ; d) autres fruits et légumes ; e) œufs ; f) viande, volaille, poisson et coquillages (et abats) ; g) légumineuses et noix. 2 Pour les enfants allaités, la fréquence minimale des repas est de recevoir des aliments solides ou semi solides au moins deux fois par jour pour les enfants de 6-8 mois et au moins trois fois par jour pour les enfants de 9-23 mois. 3 Y compris, au moins, deux repas de préparations commerciales pour bébé, de lait d’animal frais, en boîte, ou en poudre et de yaourts. 4 Pour les enfants non allaités de 6-23 mois, la fréquence minimale des repas est de recevoir des aliments solides ou semi solides ou des aliments lactés au moins quatre fois par jour. 5 On considère que les enfants de 6-23 mois non allaités sont nourris selon le standard minimum des trois pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant s’ils reçoivent d’autres laits ou des produits laitiers au moins deux fois par jour et s’ils sont nourris avec la fréquence minimale des repas et reçoivent des aliments solides ou semi solides des quatre groupes d’aliments ou plus, non compris le groupe du lait et des produits laitiers. 6 Allaités ou non allaités et recevant deux repas ou plus de préparation commerciale pour bébé, lait d’animal frais, en boîte ou en poudre et de yaourt. 7 Les enfants nourris le nombre minimum recommandé de fois par jour selon leur âge et selon qu’ils sont allaités ou non, comme décrit aux notes 2 et 4. Allaitement et état nutritionnel • 187 On considère que les enfants nourris de manière optimale sont ceux qui ont consommé certains groupes d’aliments déterminés un certain nombre de fois. Les enfants allaités de 6-8 mois devraient recevoir, au moins, deux repas par jour contenant des aliments solides ou semi solides provenant d’au moins quatre groupes d’aliments ; les enfants allaités de 9-23 mois devraient recevoir, au moins trois repas par jour contenant des aliments solides ou semi solides. On constate que parmi les enfants allaités de 6-23 mois, 10 % ont été nourris avec des aliments provenant d’au moins quatre groupes d’aliments et 39 % ont été nourris le nombre minimum de fois durant le jour ou la nuit ayant précédé l’enquête. Globalement, 6 % des enfants tchadiens allaités de 6- 23 mois ont été nourris de manière optimale, c’est-à-dire en suivant les critères de diversité et de fréquence alimentaires recommandés. On considère que les enfants de 6-23 mois non allaités sont nourris selon le standard minimum des pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant s’ils reçoivent d’autres laits ou des produits laitiers au moins deux fois par jour et s’ils reçoivent, au moins, quatre repas par jour contenant des aliments solides ou semi solides ou des aliments lactés. On constate que 23 % des enfants non allaités de 6-23 mois ont reçu du lait ou des produits laitiers à la fréquence recommandée, 16 % ont reçu des aliments suffisamment diversifiés et 30 % ont été nourris selon la fréquence recommandée. Globalement, 4 % des enfants tchadiens non allaités de 6-23 mois sont nourris de manière optimale. Dans l’ensemble, la quasi-totalité (89 %) des enfants de 6-23 mois ont reçu, au cours des dernières 24 heures, le lait maternel ou des produits laitiers au moins deux fois par jour. Cependant, seulement 10 % des enfants ont reçu une alimentation diversifiée, c’est-à-dire qu’ils ont consommé quatre groupes d’aliments recommandés en fonction de leur âge et du fait qu’ils étaient ou non allaités et 38 % ont été nourris le nombre de fois approprié selon leur groupe d’âges. Globalement, seulement 6 % de l’ensemble des enfants de 6-23 mois ont été nourris de manière appropriée, c’est-à-dire en suivant les pratiques d’alimentation optimales du nourrisson et du jeune enfant. Le pourcentage d’enfants nourris selon les pratiques d’alimentation optimales du nourrisson et du jeune enfant varie selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate tout d’abord que ce pourcentage augmente avec l’âge de l’enfant, de 3 % à 6-8 mois à 8 % à 18-23 mois. Il est nettement plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (9 % contre 5 %), en particulier à N’Djaména (13 %). Dans les régions, il varie de 22 % dans le Lac et de 21 % dans le Kanem à 1 % dans le Wadi Fira et dans le Guéra. La proportion d’enfants nourris en suivant les pratiques optimales du nourrisson et du jeune enfant augmente du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 3 % à 10 %. Par contre, les variations selon le niveau d’instruction de la mère sont irrégulières. 10.3 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS PAR LES ENFANTS Pour assurer aux enfants un développement harmonieux et équilibré, il est recommandé de leur fournir, à partir de six mois, non seulement une alimentation appropriée, mais aussi une supplémentation régulière en micronutriments (Vitamine A, fer, etc.) et également de leur administrer deux fois par an des vermifuges. Au cours de l’enquête, des données ont été collectées sur la consommation d’aliments riches en vitamine A et d’aliments riches en fer ainsi que sur l’administration de vitamine A et de supplémentation en fer. 10.3.1 Supplémentation en vitamine A parmi les enfants de 6-23 mois La carence en vitamine A, ou l’avitaminose A, est la principale cause de cécité évitable en Afrique. Elle accroît le risque de mortalité et de morbidité. En effet, une carence en vitamine A, même modérée, altère le système immunitaire et réduit la résistance aux infections. La vitamine A est indispensable à la croissance, à la vue et au maintien des cellules épithéliales. Les groupes vulnérables à la carence en vitamine A sont constitués 188 • Allaitement et état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans, des femmes enceintes et de celles qui allaitent. L’UNICEF et l’OMS recommandent à tous les pays qui ont une mortalité infanto-juvénile supérieure à 70 pour mille, la supplémentation systématique en capsules de vitamine A suivant un protocole défini. Le Tableau 10.7 présente le pourcentage d’enfants âgés de 6-23 mois vivant avec leur mère qui ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des dernières 24 heures1. Il présente aussi le pourcentage d’enfants de 6-59 mois qui ont reçu au moins une dose de vitamine A (en capsule) au cours des six derniers mois précédant l’interview Tableau 10.7 Consommation de micronutriments par les enfants Parmi les plus jeunes enfants de 6-23 mois vivant avec leur mère pourcentage de ceux qui ont reçu des aliments riches en vitamine A et riches en fer durant le jour ou la nuit ayant précédé l’interview ; parmi tous les enfants de 6-59 mois pourcentage de ceux à qui on a donné des compléments de vitamine A au cours des six mois ayant précédé l’interview, pourcentage de ceux à qui on a donné des suppléments de fer au cours des sept derniers jours et pourcentage à qui on a donné des vermifuges au cours des six mois ayant précédé l’interview ; parmi tous les enfants de 6-59 mois vivant dans un ménage dont le sel a été testé, pourcentage de ceux vivant dans un ménage avec du sel iodé selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Parmi les plus jeunes enfants de 6-23 mois vivant avec leur mère : Parmi tous les enfants de 6-59 mois : Parmi les enfants de 6-59 mois vivant dans un ménage dont le sel a été testé pour la présence d’iode : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant consommé des aliments riches en vitamine A au cours des dernières 24 heures1 Pourcentage ayant consommé des aliments riches en fer au cours des dernières 24 heures2 Effectif d’enfants Pourcentage à qui on a donné des suppléments de vitamine A au cours des six derniers mois Pourcentage à qui on a donné des suppléments de fer au cours des sept derniers jours Pourcentage à qui on a donné des vermifuges au cours des six derniers mois3 Effectif d’enfants Pourcentage vivant dans un ménage disposant de sel iodé4 Effectif d’enfants Âge en mois 6-8 23,8 17,9 960 30,6 11,1 16,6 979 80,2 939 9-11 41,6 31,7 743 41,6 17,1 24,1 765 86,6 730 12-17 52,4 42,0 1 597 45,4 15,9 27,0 1 644 83,2 1 580 18-23 55,6 44,0 1 234 48,2 17,1 29,3 1 309 84,5 1 268 24-35 na na na 45,7 16,3 28,1 3 232 82,5 3 118 36-47 na na na 44,4 15,5 27,3 3 484 82,0 3 355 48-59 na na na 44,5 15,8 26,5 3 570 83,0 3 460 Sexe Masculin 45,0 34,5 2 328 44,0 15,5 26,9 7 581 83,0 7 295 Féminin 45,8 37,0 2 207 44,2 16,0 26,2 7 402 82,6 7 155 Allaitement Allaité 43,0 33,7 3 860 42,1 15,5 25,5 4 426 83,9 4 266 Non allaité 59,7 47,4 667 45,0 15,8 27,1 10 334 82,5 9 970 Manquant * * 7 41,7 14,6 25,1 223 74,9 214 Âge de la mère à la naissance 15-19 39,8 32,0 536 41,3 12,7 21,9 1 018 84,9 962 20-29 46,8 36,5 2 279 43,3 16,0 26,6 7 526 83,0 7 264 30-39 45,7 35,9 1 460 44,8 16,1 26,8 5 152 82,5 4 965 40-49 43,2 35,8 260 48,1 15,1 28,9 1 287 81,4 1 260 Résidence N’Djaména 61,7 59,1 298 41,9 19,3 29,2 1 019 96,7 960 Autres villes 50,8 39,8 526 54,6 21,8 35,0 1 870 83,6 1 830 Ensemble urbain 54,7 46,8 825 50,1 20,9 32,9 2 889 88,1 2 789 Rural 43,4 33,3 3 710 42,7 14,5 25,1 12 094 81,5 11 661 À suivre… 1 La liste des aliments considérés comme riches en vitamine A figure en note du Tableau 10.7. Allaitement et état nutritionnel • 189 Tableau 10.7—Suite Parmi les plus jeunes enfants de 6-23 mois vivant avec leur mère : Parmi tous les enfants de 6-59 mois : Parmi les enfants de 6-59 mois vivant dans un ménage dont le sel a été testé pour la présence d’iode : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant consommé des aliments riches en vitamine A au cours des dernières 24 heures1 Pourcentage ayant consommé des aliments riches en fer au cours des dernières 24 heures2 Effectif d’enfants Pourcentage à qui on a donné des suppléments de vitamine A au cours des six derniers mois Pourcentage à qui on a donné des suppléments de fer au cours des sept derniers jours Pourcentage à qui on a donné des vermifuges au cours des six derniers mois3 Effectif d’enfants Pourcentage vivant dans un ménage disposant de sel iodé4 Effectif d’enfants Région Batha 47,6 46,9 171 10,9 2,4 5,6 668 64,0 647 Borkou, Tibesti 32,7 28,7 16 18,4 7,1 10,6 62 88,9 61 Chari Baguirmi 42,8 36,8 197 34,1 11,9 22,5 676 96,4 654 Guéra 37,9 23,6 281 54,9 17,7 28,5 965 80,0 919 Hadjer-Lamis 48,1 43,6 292 30,2 12,5 27,9 1 058 96,8 1 052 Kanem 36,8 35,0 143 19,0 10,2 13,9 592 96,4 582 Lac 43,6 42,5 184 18,6 7,7 15,0 706 93,0 705 Logone Occidental 65,8 41,3 330 59,8 26,8 25,7 864 95,7 838 Logone Oriental 58,4 39,8 523 55,0 17,3 24,0 1 493 94,6 1 447 Mandoul 45,6 34,6 333 60,4 20,5 23,2 1 119 92,2 1 080 Mayo Kebbi Est 29,3 24,0 334 65,4 26,9 52,6 1 142 92,9 1 068 Mayo Kebbi Ouest 50,8 38,0 283 71,3 27,0 49,6 843 95,2 832 Moyen Chari 41,0 35,2 239 48,7 13,7 23,4 737 94,4 698 Ouaddaï 25,1 22,7 229 21,5 4,1 11,2 801 11,6 770 Salamat 23,4 20,3 96 32,4 5,2 19,7 340 29,7 324 Tandjilé 45,1 30,4 330 61,3 17,7 46,0 910 88,1 894 Wadi Fira 33,3 21,1 104 21,1 9,6 12,2 380 36,9 369 N’Djaména 61,7 59,1 298 41,9 19,3 29,2 1 019 96,7 960 Barh El Gazal 37,1 33,0 49 14,8 4,5 8,0 199 94,5 199 Ennedi Est, Ennedi Ouest 20,9 20,5 14 19,6 7,3 14,3 59 56,5 50 Sila 30,4 23,9 89 25,3 5,6 15,3 350 12,5 305 Niveau d’instruction de la mère Aucun 42,6 33,8 2 803 37,0 13,1 22,6 9 926 78,1 9 579 Primaire 47,1 34,6 1 212 55,9 20,6 31,8 3 573 91,6 3 452 Secondaire 56,1 47,7 493 63,6 21,6 41,5 1 402 93,1 1 344 Supérieur * * 27 50,2 13,7 25,8 82 97,1 75 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 42,3 30,8 957 44,1 14,7 21,7 3 066 76,8 2 919 Second 42,0 31,5 1 029 45,4 14,7 25,2 3 223 79,5 3 091 Moyen 44,8 33,1 946 41,5 13,6 26,9 3 111 82,2 3 013 Quatrième 44,3 37,9 876 39,7 14,9 26,6 3 034 86,5 2 972 Le plus élevé 56,5 49,2 726 50,7 21,7 33,8 2 549 90,3 2 454 Ensemble 45,4 35,7 4 535 44,1 15,7 26,6 14 983 82,8 14 450 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les informations sur les suppléments de vitamine A sont basées sur la déclaration de la mère et le carnet de vaccination (quand il est disponible). Les informations sur les suppléments de fer et sur les vermifuges sont basées sur la déclaration de la mère. na = Non applicable. 1 Y compris la viande (et les abats), le poisson, la volaille, les œufs, les potirons, les ignames rouges ou jaunes ou les courges, les carottes, les pommes de terre douces rouges, les légumes à feuilles vert foncé, les mangues, les papayes et autres fruits et légumes cultivés localement et riches en vitamine A. 2 Y compris la viande (abats inclus), le poisson, les volailles et les œufs. 3 Les vermifuges pour les parasites intestinaux sont couramment donnés pour traiter les helminthes et les schistosomiases. 4 Sont exclus les enfants vivant dans un ménage dont le sel n’a pas été testé. Les résultats présentés au Tableau 10.7 montrent que, parmi les plus jeunes enfants de 6-23 mois vivant avec leur mère, 45 % avaient consommé des aliments riches en vitamine A durant le jour ou la nuit qui avaient précédé l’interview. Le pourcentage d’enfants de 6-23 mois ayant consommé des aliments riches en vitamine A augmente avec l’âge, de 24 % à 6-8 mois à 56 % à 18-23 mois. Il est nettement plus élevé parmi les enfants non allaités que parmi ceux qui sont allaités (60 % contre 43 %). Ce pourcentage varie aussi selon le milieu et la région de résidence. En milieu urbain, 55 % des enfants ont consommé des aliments riches en vitamine A contre 43 % en 190 • Allaitement et état nutritionnel milieu rural. À N Djaména, ce pourcentage atteint 62 %. Dans les régions, hormis N’Djaména, c’est dans le Logone Occidental (66 %) que ce pourcentage est le plus élevé. On constate aussi des variations selon le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être économique du ménage. Le pourcentage d’enfants ayant consommé des aliments riches en vitamine A augmente avec le niveau d’instruction de la mère, de 43 % parmi ceux dont elle n’a aucun niveau d’instruction à 56 % parmi ceux dont elle a le niveau secondaire, ainsi qu’avec le niveau de bien-être du ménage, de 42 % dans le quintile le plus bas à 57 % dans le plus élevé. 10.3.2 Supplémentation en vitamine A parmi les enfants de 6-59 mois Parmi les enfants de 6-59 mois, un peu plus de deux enfants sur quatre (44 %) avaient reçu au cours des six derniers mois, des compléments de vitamine A. Ce pourcentage varie avec l’âge : de 31 % à 6-8 mois, il augmente jusqu’à 18-23 mois où il atteint un maximum de 48 % puis diminue légèrement ensuite. Il est un peu plus élevé chez les enfants non allaités que chez ceux qui sont allaités (45 % contre 42 %). Il augmente avec l’âge de la mère à la naissance, de 41 % parmi les enfants dont la mère avait 15-19 ans à leur naissance à 48 % quand elle avait 40-49 ans. On constate aussi des variations selon le milieu et la région de résidence. Ce sont les enfants du milieu urbain qui avaient le plus fréquemment reçu ce type de supplément nutritionnel (50 % contre 43 % en milieu rural) et ceux des régions du Mayo Kebbi Ouest (71 %), du Mayo Kebbi Est (65 %), de la Tandjilé (61 %) et du Mandoul (60 %). Par contre, dans le Batha, seulement 11 % des enfants avaient reçu des compléments de vitamine A au cours des six derniers mois. Enfin, on note que si 64 % des enfants dont la mère a un niveau secondaire et 51 % de ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé avaient reçu au cours des six derniers mois, des compléments de vitamine A, ces pourcentages ne sont que de 37 % parmi ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction et de 44 % parmi ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas. 10.3.3 Consommation d’aliments riches en fer Un peu plus d’un tiers des enfants de 6-23 mois avaient consommé des aliments riches en fer au cours des dernières vingt-quatre heures (36 %). Globalement, on note les mêmes variations que pour la consommation d’aliments riches en vitamine A. 10.3.4 Supplémentation en fer La proportion d’enfants de 6-59 mois ayant reçu des suppléments de fer au cours des sept derniers jours est plus faible que celle des enfants ayant reçu des suppléments de vitamine A (16 % contre 44 %).Les variations selon l’âge sont irrégulières. C’est cependant les enfants les plus jeunes qui en ont le moins fréquemment reçu (11 % à 6-8 mois). Ce pourcentage varie surtout selon le milieu et la région de résidence, le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être du ménage. En effet, si en milieu urbain, 21 % des enfants avaient reçu des suppléments de fer au cours des sept derniers jours, ce pourcentage n’est que de 15 % en milieu rural. Dans certaines régions comme le Logone Occidental (27 %), Le Mayo Kebbi Est (27 %) et le Mayo Kebbi Ouest (27 %), près de trois enfants sur dix ont bénéficié de ce complément nutritionnel contre seulement 5 % dans le Barh El Gazal et le Salamat, 4 % dans le Ouaddaï et 2 % dans le Batha. Cette proportion est aussi plus élevé parmi les enfants dont la mère a le niveau primaire ou secondaire (respectivement 21 % et 22 %) que parmi ceux dont elle n’a aucun niveau d’instruction ou le niveau supérieur (respectivement 13 % et 14 %). Allaitement et état nutritionnel • 191 10.3.5 Déparasitage des enfants Au cours des six derniers mois, 27 % des enfants de 6-59 mois ont reçu des vermifuges. Les résultats selon l’âge montrent que l’administration de vermifuge est moins fréquente à 6-8 mois qu’aux autres âges (17 % contre 29 % à 18-23 mois). Par ailleurs, un tiers des enfants du milieu urbain (33 %) contre un quart (25 %) en milieu rural en ont reçu. Dans les régions, c’est dans le Mayo Kebbi Est et dans le Mayo Kebbi Ouest que l’on a le plus utilisé les vermifuges pour traiter les enfants (respectivement 53 % et 50 %). Dans le Barh El Gazal et le Batha, ces pourcentages ne sont que de respectivement 8 % et 6 %. Les résultats montrent aussi que l’utilisation de vermifuges au cours des six derniers mois pour traiter les enfants augmente avec le niveau d’instruction de la mère, variant de 23 % quand elle n’a pas de niveau d’instruction à 42 % quand elle a le niveau secondaire, et avec le niveau de bien-être économique du ménage, passant de 22 % dans le quintile le plus bas à 34 % dans le plus élevé. Le Tableau 10.7 montre enfin que 83 % des enfants de 6-59 mois vivent dans un ménage qui dispose de sel iodé. Cette proportion est nettement plus faible dans certaines régions comme le Sila (13 %) et le Ouaddaï (12 %). 10.3.6 Utilisation de sel iodé La déficience en iode dans l’organisme est le plus souvent associée à des problèmes au niveau de la glande thyroïdienne. La carence en iode a des effets graves sur la croissance du corps et le développement mental. Elle favorise, entre autres, l’apparition du goitre chez les adultes (ce dernier étant le signe le plus visible) et peut également accroître les risques de mortalité périnatale et infantile. L’apport alimentaire insuffisant en iode est généralement dû à la pauvreté en iode du sol où les aliments ont été produits. Au Tchad, une stratégie a été mise en place dans les années 1990 afin d’élargir l’accès au sel iodé. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement tchadien a mis en place une politique interdisant l’importation et la vente de sel non iodé. Malgré ces mesures, le sel non iodé continue d’entrer frauduleusement dans le pays, notamment par le Soudan dans les régions de l’est, où les problèmes de santé liés à la carence en iode sont récurrents : des cas de crétinisme et de goitre sont observés dans des régions comme le Ouaddaï et le Sila. Selon l’OMS, le programme d’iodation du sel d’un pays est considéré comme en bonne voie (en passe d’atteindre l’objectif d’élimination de la carence en iode) si au moins 90 % des ménages utilisent du sel iodé (ICCIDD, UNICEF et OMS, 2001). Lors de l’EDS-MICS 2014-2015, les enquêteurs ont demandé, dans chaque ménage, un peu de sel utilisé pour la cuisine. Ce sel a été testé au moyen d’un kit qui permet de déterminer si le sel est iodé ou non. Les résultats, présentés au Tableau 10.8, montrent que le sel a été testé dans 92 % des ménages, et que seulement 8 % des ménages ne disposaient pas de sel lors du passage des équipes d’enquête. Parmi les ménages dont le sel a été testé, 82 % disposaient de sel iodé. Ce pourcentage est un peu plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain (80 % contre 88 %). C’est dans la ville de N’Djaména que le pourcentage de ménages disposant de sel iodé est le plus élevé (95 % contre 85 % dans les Autres villes). C’est entre les régions que l’on observe les écarts les plus importants. En effet, si dans la majorité des régions, les pourcentages de ménages disposant de sel iodé sont très élevés, il en va différemment dans le Sila et le Ouaddaï : en effet, dans ces deux régions, où le sel non iodé soudanais entre par le poste frontalier d’Adré, les pourcentages de ménages disposant de sel iodé ne sont que respectivement de 17 % et 12 %. Dans le Salamat (31 %) et le Wadi Fira (35 %), on note aussi des proportions assez faibles puisque environ un tiers des ménages seulement disposent de sel iodé. 192 • Allaitement et état nutritionnel Tableau 10.8 Présence de sel iodé dans le ménage Parmi tous les ménages, pourcentage dont le sel a été testé pour la présence d’iode et pourcentage ne disposant pas de sel; parmi les ménages dont le sel a été testé, pourcentage de ceux dont le sel était iodé selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Parmi tous les ménages, pourcentage : Parmi les ménages dont le sel a été testé : Caractéristique sociodémographique Dont le sel a été testé Ne disposant pas de sel Effectif de ménages Pourcentage disposant de sel iodé Effectif de ménages Résidence N’Djaména 89,3 10,7 1 328 94,9 1 186 Autres villes 91,6 8,4 2 465 84,7 2 256 Ensemble urbain 90,8 9,2 3 792 88,2 3 443 Rural 92,6 7,4 13 441 79,7 12 450 Région Batha 93,3 6,7 752 61,6 702 Borkou, Tibesti 93,7 6,3 94 86,1 88 Chari Baguirmi 93,0 7,0 708 96,1 659 Guéra 92,2 7,8 982 75,3 906 Hadjer-Lamis 97,2 2,8 1 142 96,3 1 111 Kanem 98,3 1,7 676 95,3 665 Lac 98,2 1,8 882 94,2 866 Logone Occidental 89,0 11,0 1 191 95,1 1 060 Logone Oriental 91,8 8,2 1 688 95,1 1 549 Mandoul 88,4 11,6 1 190 92,5 1 051 Mayo Kebbi Est 91,2 8,8 1 191 91,6 1 086 Mayo Kebbi Ouest 92,9 7,1 781 95,0 726 Moyen Chari 89,4 10,6 954 93,9 853 Ouaddaï 93,4 6,6 1 044 11,6 975 Salamat 91,2 8,8 399 30,9 364 Tandjilé 92,2 7,8 1 049 87,3 967 Wadi Fira 95,1 4,9 483 34,6 459 N’Djaména 89,4 10,6 1 326 94,9 1 186 Barh El Gazal 97,1 2,9 247 94,2 240 Ennedi Est, Ennedi Ouest 76,5 23,5 101 63,1 78 Sila 86,7 13,3 349 17,1 302 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 88,8 11,2 4 336 76,5 3 849 Second 92,1 7,9 3 532 77,8 3 253 Moyen 95,4 4,6 3 183 80,3 3 037 Quatrième 96,1 3,9 2 905 85,0 2 791 Le plus élevé 90,4 9,6 3 277 90,2 2 963 Ensemble 92,2 7,8 17 233 81,6 15 892 10.4 ÉTAT NUTRITIONNEL DES FEMMES L’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans est un déterminant de la mortalité maternelle puisqu’il joue un rôle important dans l’évolution des grossesses. Par conséquent, il influence aussi bien la morbidité que la mortalité des jeunes enfants. L’état nutritionnel des mères est conditionné, à la fois, par la balance énergétique, leur état de santé et le temps écoulé depuis la dernière naissance. Il existe donc une relation étroite entre les niveaux de fécondité et de mortalité, et l’état nutritionnel des mères. Dans le cadre de l’EDS-MICS 2014-2015, pour déterminer l’état nutritionnel des femmes, on a relevé le poids et la taille de toutes les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé la collecte des données. Les résultats du Tableau 10.9 donnent une indication de l’état nutritionnel des femmes en fournissant l’écart type et la distribution de la taille et du poids ainsi que de l’Indice de Masse Corporelle (IMC)2. Par ailleurs, pour éviter d’introduire des biais dans les distributions du poids et de l’IMC, on a exclu les femmes enceintes ainsi que celles qui avaient eu une naissance vivante le mois de l’interview ou le mois précédent. 2 L’IMC est calculé en divisant le poids en kilos par le carré de la taille en mètres (kg/m²). Allaitement et état nutritionnel • 193 Tableau 10.9 État nutritionnel des femmes Parmi les femmes de 15-49 ans, pourcentage ayant une taille inférieure à 145 cm, un Indice de Masse Corporelle (IMC) moyen et pourcentages ayant des niveaux spécifiques d’IMC selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Taille Indice de Masse Corporelle1 Caractéristique sociodémographique Pourcen- tage en dessous de 145 cm Effectif de femmes Indice de Masse Corporelle moyen (IMC) 18,5-24,9 (Total normal) <18,5 (Total maigre) 17,0-18,4 (Maigreur légère) <17 (Maigreur modérée et sévère) ≥25,0 (Total en surpoids ou obèse) 25,0-29,9 (Surpoids) ≥30,0 (Obèse) Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 1,4 2 483 20,3 69,2 26,2 15,6 10,5 4,7 4,2 0,5 2 182 20-29 0,4 4 085 21,0 72,9 18,5 13,4 5,1 8,5 7,0 1,5 3 153 30-39 0,4 2 966 21,9 68,0 15,7 10,9 4,7 16,3 12,7 3,6 2 467 40-49 0,1 1 798 22,0 64,5 16,8 10,3 6,5 18,7 13,6 5,1 1 727 Résidence N’Djaména 0,3 979 23,2 56,7 14,9 9,4 5,4 28,5 18,3 10,1 870 Autres villes 0,1 1 654 22,4 62,6 16,4 10,7 5,7 20,9 15,5 5,5 1 438 Ensemble urbain 0,2 2 632 22,7 60,4 15,9 10,3 5,6 23,8 16,5 7,2 2 309 Rural 0,7 8 699 20,8 72,1 20,3 13,5 6,8 7,6 6,6 0,9 7 221 Région Batha 1,5 413 20,1 57,7 34,0 20,6 13,4 8,4 5,7 2,7 345 Borkou, Tibesti 2,3 50 22,0 53,1 25,2 16,3 8,8 21,7 17,2 4,5 43 Chari Baguirmi 0,4 480 20,1 62,3 30,1 16,6 13,5 7,6 7,4 0,2 379 Guéra 0,0 637 20,6 70,3 22,6 15,8 6,8 7,1 6,2 0,9 525 Hadjer-Lamis 0,3 748 20,2 65,5 27,6 16,8 10,8 6,8 5,5 1,3 622 Kanem 1,1 433 19,2 50,9 45,6 24,9 20,7 3,6 3,1 0,5 366 Lac 1,5 634 19,3 56,3 41,0 22,9 18,1 2,6 2,1 0,5 531 Logone Occidental 0,1 762 22,7 70,5 8,6 6,8 1,9 20,9 16,1 4,7 641 Logone Oriental 0,6 1 089 21,7 76,5 11,3 8,5 2,7 12,2 10,6 1,6 943 Mandoul 0,0 782 21,9 78,3 9,9 8,2 1,7 11,8 9,9 1,9 649 Mayo Kebbi Est 0,2 861 21,3 81,8 11,7 9,8 1,9 6,5 5,9 0,6 723 Mayo Kebbi Ouest 0,5 633 21,9 79,0 8,2 6,9 1,3 12,8 11,4 1,4 531 Moyen Chari 0,0 626 22,5 75,0 7,8 6,0 1,9 17,2 12,1 5,1 535 Ouaddaï 2,4 603 20,5 69,1 24,0 17,8 6,2 6,9 6,4 0,4 505 Salamat 0,6 225 20,5 69,5 25,5 17,4 8,1 5,0 3,5 1,4 173 Tandjilé 0,1 694 21,8 81,3 7,8 6,5 1,2 10,9 8,8 2,1 574 Wadi Fira 1,0 291 20,3 69,0 24,5 16,2 8,3 6,5 5,9 0,6 252 N’Djaména 0,3 979 23,2 56,7 14,9 9,4 5,4 28,5 18,3 10,1 870 Barh El Gazal 0,5 141 19,7 49,9 43,2 24,4 18,8 6,9 5,3 1,5 118 Ennedi Est, Ennedi Ouest 2,6 55 20,8 54,4 31,8 13,1 18,7 13,9 12,1 1,8 46 Sila 0,7 196 19,8 63,1 33,2 23,9 9,2 3,7 3,4 0,3 157 Niveau d’instruction Aucun 0,7 7 065 20,7 67,6 23,7 15,0 8,7 8,8 7,1 1,6 5 825 Primaire 0,2 2 588 22,0 73,8 11,8 8,8 3,0 14,4 11,0 3,3 2 213 Secondaire 0,4 1 578 22,1 70,2 13,3 9,9 3,4 16,4 12,8 3,7 1 402 Supérieur 0,0 100 24,8 53,4 4,9 4,0 0,9 41,7 25,5 16,2 90 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,4 2 243 21,0 76,0 16,7 11,5 5,2 7,3 6,2 1,1 1 902 Second 0,6 2 160 21,0 73,1 18,1 12,3 5,8 8,8 8,0 0,8 1 786 Moyen 0,9 2 197 20,7 70,4 22,6 14,7 7,8 7,1 6,2 0,9 1 818 Quatrième 0,8 2 338 20,7 67,5 24,3 15,6 8,8 8,2 6,6 1,5 1 929 Le plus élevé 0,2 2 394 22,8 60,5 14,9 9,8 5,1 24,6 17,2 7,4 2 094 Ensemble 0,6 11 332 21,3 69,3 19,2 12,7 6,5 11,5 9,0 2,5 9 530 Note : L’Indice de masse Corporelle (IMC) est le ratio du poids en kilogrammes par rapport au carré de la taille en mètres (kg/m2). 1 Sont exclues les femmes enceintes et les femmes ayant eu une naissance dans les deux mois précédents. Bien que la taille puisse varier dans les populations à cause de facteurs génétiques, elle est néanmoins un indicateur indirect du statut socioéconomique de la femme dans la mesure où une petite taille peut résulter d’une malnutrition chronique durant l’enfance. En outre, d’un point de vue anatomique, la taille des femmes étant associée à la largeur du bassin, celles ayant une petite taille sont plus susceptibles d’avoir des complications pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement. Elles sont aussi plus susceptibles que les autres de concevoir des enfants de faible poids. Bien que la taille critique en-deçà de laquelle une femme peut être considérée comme à risque varie selon les populations, on admet généralement que cette taille se situe entre 140 et 150 cm. 194 • Allaitement et état nutritionnel Au Tchad, moins de 1 % des femmes ont une taille inférieure à 145 centimètres, considérée ici comme la taille limite critique. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont négligeables. Par ailleurs, il est reconnu que le faible poids d’une femme est un facteur de risque important pour le déroulement et l’issue de la grossesse. Cependant, le poids étant très variable selon la taille, il est préférable d’utiliser un indicateur tenant compte de cette relation. L’Indice de Masse Corporelle (IMC) ou encore Indice de Quételet, est le plus souvent utilisé pour exprimer la relation poids/taille. Il permet de mettre en évidence le manque ou l’excès de poids en contrôlant la taille et, en outre, il présente l’avantage de ne pas nécessiter l’utilisation de tables de référence comme c’est le cas pour le poids-pour-taille. Les femmes dont l’IMC se situe à moins de 18,5 sont considérées comme atteintes de déficience énergétique chronique. À l’opposé, un IMC supérieur à 25 indique un surpoids. L’IMC moyen des femmes tchadiennes est estimé à 21,3. On note que près de sept femmes sur dix (69 %) ont un IMC normal, compris entre 18,5 et 24,9. Par contre, 19 % des femmes ont un IMC inférieur à 18,5, ce qui dénote un état de déficience énergétique chronique : 13 % présentent une maigreur légère et 7 % une maigreur modérée et sévère. La proportion de femmes qui se situent en deçà du seuil critique de 18,5 varie de façon importante selon les caractéristiques sociodémographiques. Les résultats selon l’âge montrent que c’est parmi les femmes les plus jeunes (15-19 ans) que le niveau de la déficience énergétique chronique est le plus élevé (26 %). De même, en milieu rural, la proportion des femmes souffrant de malnutrition est plus élevée qu’en milieu urbain (20 % contre 16 %). Dans les régions, on note des écarts importants : c’est dans le Kanem (46 %), le Barh El Gazal (43 %) et le Lac (41 %) que l’on constate les pourcentages les plus élevés de femmes dont l’état nutritionnel est critique. Dans le Kanem, une femme sur cinq (21 %) présente un état de déficience énergétique chronique sévère. La proportion de femmes dont l’IMC est inférieur à 18,5 varie aussi avec le niveau d’instruction, d’un minimum de 5 % parmi celles qui ont un niveau d’instruction supérieur à un maximum de 24 % parmi celles n’ayant aucun niveau d’instruction. Les variations selon le niveau de bien-être sont assez irrégulières et on ne note pas de tendance. À l’opposé, on note que 12 % de femmes ont un IMC élevé, supérieur ou égal à 25 et présentent donc une surcharge pondérale : 9 % présentent un surpoids et 3 % sont obèses (IMC de 30 ou plus). La proportion de femmes présentant une surcharge pondérale augmente avec l’âge, passant de 5 % à 15-19 ans à 19 % à 40-49 ans, âges auxquels 5 % des femmes sont obèses. C’est en milieu urbain (24 %), à N’Djaména (29 %), parmi les plus instruites, c’est-à-dire celles ayant un niveau supérieur (42 %) et parmi celles vivant dans un ménage du quintile le plus élevé (25 %), que la proportion de femmes présentant une surcharge pondérale est la plus élevée. Les résultats selon les régions montrent que c’est dans le Logone Occidental et le Borkou et le Tibesti que les pourcentages de femmes présentant un état de surpoids ou d’obésité sont les plus élevés (respectivement 21 % et 22 %). À l’opposé, dans les régions du Lac (3%), du Kanem et du Sila (4%), la prévalence de l’obésité chez les femmes est très faible. 10.5 CONSOMMATION DE NUTRIMENTS PAR LES MÈRES Une alimentation équilibrée en micronutriments, en particulier, l’iode, le fer, la vitamine A est non seulement essentielle pour le développement de l’enfant mais aussi pour la santé des femmes. Des questions ont donc été posées aux femmes pour savoir si leur consommation de micronutriments était adéquate. Les résultats sont présentés au Tableau 10.10. Précisons que les données portent sur les femmes de 15-49 ans qui ont eu un enfant au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Allaitement et état nutritionnel • 195 Tableau 10.10 Consommation de micronutriments par les mères Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu un enfant au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant reçu une dose de vitamine A dans les deux premiers mois qui ont suivi la naissance du dernier enfant ; parmi les mères de 15-49 ans, pourcentage qui, durant la grossesse du dernier enfant né au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, ont pris des suppléments de fer sous forme de comprimés ou de sirop pendant un nombre déterminé de jours et pourcentage ayant pris des vermifuges ; parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu un enfant au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui vivent dans un ménage dont le sel a été testé pour la présence d’iode, pourcentage vivant dans un ménage disposant de sel iodé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Pourcen- tage ayant reçu une dose de vitamine A post- partum1 Nombre de jours pendant lesquels les femmes ont pris du fer en comprimés ou sirop, durant la grossesse du dernier-né Pourcen- tage de femmes ayant pris des vermifuges durant la grossesse du dernier- né Effectif de femmes Parmi les femmes ayant eu un enfant au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui vivent dans un ménage dont le sel a été testé pour l’iode : Caractéristique sociodémographique Aucun <60 60-89 90+ Ne sait pas/ manquant Total Pourcen- tage vivant dans un ménage avec du sel iodé2 Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 20,4 40,8 35,3 7,8 9,9 6,2 100,0 24,4 1 176 85,2 1 113 20-29 22,7 43,1 31,9 7,1 10,6 7,3 100,0 23,6 5 278 83,8 5 096 30-39 23,6 44,9 28,7 6,9 12,0 7,5 100,0 22,8 3 643 83,5 3 509 40-49 25,3 48,5 26,8 7,1 11,0 6,7 100,0 22,3 1 043 81,6 1 019 Résidence N’Djaména 31,2 19,6 40,5 6,3 12,4 21,2 100,0 28,2 786 96,7 738 Autres villes 39,5 22,8 37,8 10,0 22,5 7,0 100,0 35,5 1 441 84,6 1 408 Ensemble urbain 36,6 21,7 38,7 8,7 18,9 12,0 100,0 32,9 2 227 88,7 2 146 Rural 19,6 49,5 28,7 6,7 9,0 6,0 100,0 20,9 8 913 82,4 8 591 Région Batha 6,9 77,6 14,4 1,6 3,2 3,3 100,0 6,3 451 66,6 437 Borkou, Tibesti 9,3 65,8 24,1 4,2 0,2 5,7 100,0 17,1 43 88,9 42 Chari Baguirmi 12,2 74,1 13,3 1,4 1,8 9,3 100,0 12,1 538 97,0 523 Guéra 31,3 43,3 20,1 12,8 22,1 1,6 100,0 26,7 697 78,3 668 Hadjer-Lamis 10,6 58,6 20,1 5,6 10,2 5,4 100,0 16,8 760 96,6 756 Kanem 8,2 54,6 24,9 6,4 9,6 4,4 100,0 19,0 412 95,5 409 Lac 5,0 69,7 16,5 4,7 5,2 3,9 100,0 11,5 517 93,4 517 Logone Occidental 38,8 18,5 42,7 11,1 18,6 9,1 100,0 28,1 686 96,0 662 Logone Oriental 31,6 32,0 48,8 6,0 6,5 6,6 100,0 25,0 1 164 95,2 1 125 Mandoul 39,1 33,2 46,7 7,2 6,8 6,0 100,0 28,1 844 92,2 812 Mayo Kebbi Est 26,1 37,8 36,2 7,1 9,7 9,1 100,0 32,3 864 92,9 805 Mayo Kebbi Ouest 23,1 24,0 35,8 10,6 22,0 7,7 100,0 34,4 604 94,8 595 Moyen Chari 35,2 35,3 33,9 6,4 11,3 13,1 100,0 26,1 580 95,3 552 Ouaddaï 10,5 69,1 14,2 5,7 9,4 1,6 100,0 10,9 579 12,8 551 Salamat 24,8 50,1 21,6 10,7 17,2 0,4 100,0 24,8 251 29,6 238 Tandjilé 21,2 37,1 29,1 11,0 16,7 6,0 100,0 32,5 688 88,2 674 Wadi Fira 3,4 69,9 17,1 2,9 2,7 7,4 100,0 15,5 265 34,2 256 N’Djaména 31,2 19,6 40,5 6,3 12,4 21,2 100,0 28,2 786 96,7 738 Barh El Gazal 7,6 54,6 26,3 6,2 8,0 4,8 100,0 14,4 146 95,1 146 Ennedi Est, Ennedi Ouest 6,6 74,1 18,5 2,1 1,6 3,8 100,0 20,5 44 60,2 36 Sila 14,5 44,2 30,1 10,2 14,3 1,3 100,0 20,1 221 14,0 196 Niveau d’instruction Aucun 16,9 55,1 23,4 6,1 9,2 6,3 100,0 18,4 7 265 79,1 7 021 Primaire 33,3 26,5 43,7 9,5 12,3 8,0 100,0 30,4 2 648 91,5 2 547 Secondaire 36,3 16,5 46,6 8,4 18,8 9,8 100,0 36,9 1 160 93,9 1 109 Supérieur 49,4 2,5 38,1 4,3 27,7 27,3 100,0 38,5 67 96,5 61 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 22,8 50,3 29,5 6,9 7,8 5,5 100,0 17,8 2 286 79,0 2 182 Second 20,8 48,9 27,2 7,2 11,1 5,7 100,0 21,3 2 383 80,1 2 283 Moyen 17,3 48,5 29,4 6,6 9,2 6,3 100,0 22,6 2 258 82,6 2 185 Quatrième 18,9 48,7 29,1 6,6 9,7 5,8 100,0 22,6 2 230 86,9 2 180 Le plus élevé 36,8 20,1 39,8 8,6 18,1 13,3 100,0 33,8 1 983 90,7 1 908 Ensemble 23,0 44,0 30,7 7,1 11,0 7,2 100,0 23,3 11 140 83,6 10 737 1 Dans les deux premiers mois après l’accouchement de la dernière naissance. 2 Non compris les femmes des ménages dans lesquels le sel n’a pas été testé pour la présence d’iode. 196 • Allaitement et état nutritionnel Le premier indicateur présenté dans le Tableau 10.10 est le pourcentage de femmes qui ont reçu une dose de vitamine A après l’accouchement. Dans 23 % des cas, les femmes ont reçu une dose de vitamine A dans les deux mois qui ont suivi la naissance de leur dernier-né. Cette proportion varie de manière importante selon toutes les caractéristiques. En milieu rural, seulement 20 % des femmes contre 37 % en milieu urbain ont reçu une dose de vitamine A après l’accouchement. Les écarts entre les régions sont très importants : en effet, la proportion de femmes ayant reçu de la vitamine A postpartum varie de 3 % dans le Wadi Fira à 39 % dans le Logone Occidental et le Mandoul. Les résultats selon le niveau d’instruction montrent que le pourcentage de femmes ayant reçu de la vitamine A après l’accouchement augmente de manière importante avec le niveau d’instruction, passant de 17 % quand les femmes n’ont aucun niveau d’instruction à 49 % quand elles ont le niveau supérieur. Les variations selon le niveau de bien-être économique ne sont pas très régulières mais on note un écart important entre les femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé et les autres (37 % contre 23 % et moins dans les autres quintiles). Le deuxième indicateur est le pourcentage de femmes enceintes qui ont reçu des suppléments de fer au cours de la grossesse de leur dernier-né. Dans 44 % des cas, les femmes n’ont pas pris de fer au cours de leur dernière grossesse. À l’opposé, 56 % en ont pris, en comprimés ou sous forme de sirop. Dans 11 % des cas, les femmes en ont pris pendant au moins 90 jours. L’administration de médicaments contre les vers intestinaux pendant la grossesse présente de nombreux bénéfices pour l’issue de la grossesse et la survie de l’enfant. Au Tchad, 23 % des femmes en ont pris au cours de la grossesse de leur dernière naissance. Cette proportion augmente avec le niveau d’instruction, passant de 18 % parmi celles sans niveau d’instruction à 30 % parmi celles ayant le niveau primaire et 39 % pour celles ayant le niveau supérieur, et avec le niveau socio-économique du ménage, variant de 18 % dans les ménages du quintile le plus bas à 34 % dans ceux du plus élevé. Par ailleurs, le recours à ce médicament est plus fréquent en milieu urbain qu’en milieu rural (33 % contre 21 %) et il varie aussi selon les régions : d’un maximum de 34 % dans le mayo Kebbi Ouest à un minimum de 6 % dans le Batha. Le dernier indicateur présenté au Tableau 10.10 est le pourcentage de femmes qui vivent dans un ménage disposant de sel iodé. Plus de quatre femme sur dix (84 %) ayant eu un enfant au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et dont le sel du ménage a été testé vivent dans un ménage qui dispose de sel iodé. Dans le Sila et le Ouaddaï, ces proportions sont beaucoup plus faibles (respectivement 14 % et 13 %). Paludisme • 197 PALUDISME 11 Noubadignim Ronelyambaye elon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en 2015, environ 3,2 milliards de personnes—soit près de la moitié de la population mondiale—habitant essentiellement dans les pays les plus pauvres du monde étaient exposées au risque de contracter le paludisme. Le paludisme, aussi appelé malaria, est une maladie infectieuse due à un parasite du genre Plasmodium, transmise à l’homme par la piqûre de certaines espèces de moustiques anophèles. Le parasite du paludisme est principalement transmis, la nuit, lors de la piqûre par une femelle moustique du genre Anophèles, elle-même contaminée après avoir piqué un individu impaludé. Le parasite infecte les cellules hépatiques de la victime puis circule dans le sang, en colonisant les hématies et en les détruisant. Cette maladie, éliminée depuis longtemps dans de nombreux pays tempérés, est endémique aujourd’hui dans les régions tropicales et subtropicales. On dénombre chaque année dans le monde plus de 300 millions de cas de paludisme et cette maladie est responsable d’environ 3 000 décès par jour. L’Afrique au sud du Sahara demeure, de très loin, la région du monde la plus touchée : 90 % des cas de décès dus au paludisme y sont recensés. Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué contre le paludisme. Le paludisme contribue au maintien d’une mortalité infantile et maternelle élevée, à l’absentéisme scolaire et à la faible productivité. Cette maladie est ainsi considéré, à la fois, comme maladie de la pauvreté et cause de la pauvreté, donc un frein important au développement économique et humain. S Principaux résultats • Un peu plus de quatre ménages sur cinq (82 %) possèdent au moins une moustiquaire, imprégnée ou non. Cette proportion a augmenté depuis 2004 où elle était de 64 %. • Plus des trois quarts des ménages (77 %) possèdent au moins une moustiquaire imprégnée d’insecticide (MII), en majorité une moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA : 75 %). • La pulvérisation intra domiciliaire (PID) d’insecticide résiduel contre les moustiques est une stratégie de prévention très peu utilisée au Tchad : 0,6 % des ménages en ont bénéficié au cours des 12 derniers mois. • Parmi les enfants de moins de cinq ans, 36 % avaient dormi sous une MII la nuit précédant l’interview. • Parmi les femmes de 15-49 ans enceintes, un peu plus d’un tiers (35 %) avait dormi sous une MII la nuit précédant l’interview. • Parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l’enquête, 16 % ont reçu au moins deux doses de SP/Fansidar pendant leur grossesse la plus récente, dont au moins une dose au cours d’une visite prénatale. • Le pourcentage d’enfants ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview et qui ont été traités avec une CTA est de seulement 10 %. Dans 40 % des cas, la fièvre a été traitée avec de la quinine. 198 • Paludisme Au Tchad, selon les annuaires des statistiques sanitaires les plus récentes, le paludisme est le premier motif de consultation et fait partie des maladies sous surveillance épidémiologique. Il demeure endémique et est la première cause de morbidité et de mortalité dans les groupes les plus vulnérables. En outre, il fait partie des pathologies dominantes identifiées comme les Infections Respiratoires Aigües (IRA) et les maladies diarrhéiques. À cette liste s’ajoutent les maladies sous surveillance épidémiologique : la méningite, la rougeole, le tétanos néonatal, la fièvre jaune, la poliomyélite, la grippe aviaire, le ver de Guinée, l’hépatite E et la malnutrition. Ce chapitre présente les résultats concernant les divers moyens de prévention contre le paludisme utilisés par la population tchadienne. Plus précisément, les résultats présentés portent sur la possession et l’utilisation des moustiquaires par les ménages, l’utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, le traitement préventif intermittent du paludisme chez les femmes enceintes, l’utilisation de la Sulfadoxine pyriméthamine (SP) pour le traitement préventif intermittent du paludisme, la prévalence et le traitement de la fièvre ou des convulsions chez les enfants de moins de cinq ans. 11.1 SITUATION ÉPIDÉMIOLOGIQUE ET STRATÉGIE DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME AU TCHAD 11.1.1 Situation épidémiologique Le Tchad présente trois zones géoclimatiques qui déterminent trois profils ou faciès épidémiologiques : • Le Nord désertique est indemne de transmission de paludisme sauf cas importé ; • Le Centre, dont le climat est de type sahélien correspond à un paludisme instable, en raison d’une transmission saisonnière courte. La prémunition est longue à apparaître, ce qui explique l’existence de cas de paludisme grave dans toutes les tranches d’âges, y compris les sujets adultes. On peut aussi y observer des flambées de paludisme à caractère cyclique et à tendance épidémique ; • Le Sud, à climat soudanien, est caractérisé par un paludisme stable. La transmission, bien que saisonnière, est longue (plus de 6 mois). En raison des fréquentes piqûres de moustiques infectés, les sujets adultes développent une prémunition. Les cas de paludisme grave1 s’observent surtout chez les jeunes enfants et les femmes enceintes. Pour prendre en compte les profils épidémiologiques, les régions sont regroupées en deux domaines : le domaine soudanien (zone hyper endémique caractérisée par un paludisme stable en raison d’une transmission saisonnière longue : N’Djaména ; Salamat et Sila ; Mandoul et Moyen Chari ; Logone Oriental, Logone Occidental et Tandjilé ; Mayo-Kebbi Est et Mayo-Kebbi Ouest et Chari Baguirmi et le domaine sahélo-saharien (zone méso endémique caractérisée par un paludisme instable en raison d’une transmission saisonnière courte : Borkou-Tibesti ; Kanem, Lac et Barh El Gazal ; Ennedi, Wadi Fira et Ouaddaï ; Hadjer Lamis, Batha et Guéra). Des études ont montré que le paludisme au Tchad est attribuable à trois espèces parasitaires : Plasmodium (P.) falciparum, à l’origine de la quasi-totalité des cas (plus de 98 %), sévit dans toute l’aire de distribution de la maladie, en infections monospécifiques ou en association avec P. malariae ou P. ovale 1 Paludisme simple : malade se présentant avec fièvre supérieure à 38 degrés en axillaire ou supérieure à 38,5 degrés en rectal ou antécédents de fièvre depuis au moins 24 heures, accompagnée de signes mineurs (frissons, céphalées, vomissements, douleurs articulaires et musculaires, fatigue) sans autre plainte dominante et confirmer par TDR ou GE. Paludisme grave : malade se présentant avec fièvre supérieure à 39 degrés en axillaire accompagnée d’un très mauvais état général et d’une impossibilité à s’alimenter et confirmer par TDR ou GE. Paludisme • 199 (notamment au sud du pays). Pour ce qui est des anophèles responsables de la transmission du parasite, des recherches antérieures ont montré qu’il existe 13 espèces dans le pays (Gillies et de Meillon, 1968) mais la transmission ne serait assurée que par quelques espèces dont Anophèles gambiae, An. Funestus et An. Nili. On trouve les gites larvaires autour des concessions à cause de la présence quasi permanente des eaux usées. À part les populations vivant dans le nord désertique, toute la population est à risque de contracter le paludisme. L’intensité de la transmission du paludisme est fonction des zones géographiques et de saisons (saison sèche et saison des pluies). Ainsi, le nombre des cas de paludisme culmine entre juin et novembre, ce qui correspond à la saison des pluies, particulièrement dans la zone soudanienne. 11.1.2 Stratégie de lutte Le Tchad, comme la plupart des pays endémiques, a adhéré en toute responsabilité à l’initiative mondiale « Faire Reculer le Paludisme (FRP2) » lancée en Octobre 1998 par l’OMS, l’UNICEF, le PNUD et la Banque Mondiale. Cette initiative visait à réduire de 50 % la mortalité liée au paludisme d’ici 2010 par rapport à l’an 2000, puis de 30 % en 2015 et de 20 % en 2025 de telle sorte qu’en 2030, le paludisme puisse cesser d’être un problème majeur de morbidité, de mortalité et de pertes économiques. Selon la stratégie nationale de lutte contre le paludisme 2014-2018, la vision du pays par rapport à la lutte contre le paludisme est de faire du Tchad : « un pays économiquement fort sans risque de mourir du paludisme ». À cet effet, plusieurs actions ont été menées par le gouvernement appuyé par ses partenaires. Il s’agit notamment de la distribution à grande échelle de Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide à Longue Durée d’Action (MIILDA), de l’adoption du traitement de paludisme simple par les Combinaisons Thérapeutiques à base d’Artémisinine (CTA), de l’instauration des tests de diagnostic rapide (TDR) ou de la confirmation biologique des cas, de la chimio prévention du paludisme saisonnière, de la gratuité du traitement du paludisme grave en milieu hospitalier et dans les centres de santé, de la prévention du paludisme chez la femme enceinte par l’administration du Traitement Préventif Intermittent (TPI) à la SP au cours des consultations prénatales et enfin de la démoustication réalisée dans certaines zones de responsabilité pour faire face aux alertes d’épidémie. La prophylaxie (prévention) du paludisme repose sur deux types de mesure : un ensemble de précautions visant à limiter les risques d’infections et la prise préventive de certains médicaments. La Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII) reste l’un des moyens de prévention les plus efficaces. Les données collectées au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, ont permis d’évaluer les proportions de ménages disposant d’une moustiquaire traitée ou non et ceux disposant d’une MII. Des questions spécifiques ont été posées sur les couches vulnérables que sont les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes de 15-49 ans. En particulier, on a cherché à savoir, parmi les enfants de moins de cinq ans fébriles durant les deux semaines précédant l’interview, le pourcentage de ceux qui ont reçu un antipaludéen. On a également demandé aux femmes enceintes si elles avaient pris des antipaludéens pendant la grossesse. Les questions concernant le type d’antipaludéen ont permis d’identifier les femmes qui avaient suivi un traitement à la Sulfadoxine Pyriméthamine et celles qui avaient suivi un TPI. 11.2 PRÉVENTION DU PALUDISME 11.2.1 Possession de moustiquaires par les ménages Le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) a défini les normes et standards des moustiquaires et des insecticides. On a constaté que les ménages disposaient de moustiquaires ordinaires achetées sur le marché et que ces moustiquaires ordinaires non imprégnées ne protégeaient donc pas efficacement 2 RBM (Roll Back Malaria) en Anglais 200 • Paludisme les individus. C’est ainsi que le PNLP a mis en place des sites d’imprégnation pour permettre aux ménages d’imprégner leur moustiquaire ordinaire. La durée de l’efficacité de l’insecticide utilisée est de six mois. Notons que les tissus en voiles ou en tulles qui sont utilisés pour protéger les enfants des mouches, et qui sont généralement utilisés pendant la journée, ne doivent pas être considérés comme des moustiquaires, ce type de tissu ne pouvant pas être traité avec des insecticides. Les rideaux ne doivent pas non plus être considérés comme des moustiquaires. La promotion de l’utilisation des moustiquaires, notamment les moustiquaires imprégnées d’insecticides, s’effectue par le biais de campagnes périodiques de vente à prix réduit ou de distribution gratuite auprès des femmes enceintes ou des mères de jeunes enfants, avec l’aide de plusieurs partenaires. Au cours de l’enquête auprès des ménages, on a demandé s’il existait des moustiquaires dans le ménage qui étaient utilisées pour dormir, quel était le type de moustiquaire et qui avait dormi sous la moustiquaire la nuit ayant précédé l’interview. Le Tableau 11.1 présente, pour chaque type de moustiquaires, le pourcentage de ménages qui en possèdent au moins une ainsi que le nombre moyen de moustiquaires par ménage. En outre, le tableau présente un indicateur à savoir le pourcentage de ménages qui possèdent une moustiquaire pour deux personnes qui ont passé la nuit dernière dans le ménage. Ces résultats sont présentés selon trois caractéristiques sociodémographiques : le lieu de résidence, la région de résidence et le quintile de bien-être économique. Au Tchad, en 2014-2015, un peu plus de quatre ménages sur cinq (82 %) possèdent au moins une moustiquaire, imprégnée ou non. Cette proportion a augmenté depuis la Deuxième Enquête Démographique et de Santé au Tchad (EDST-II) de 2004 où elle était de 64 %. On avait déjà noté cette tendance entre 2004 et 2010, année de réalisation de l’Enquête sur les Indicateurs du paludisme (ENIPT-2010), la proportion étant passée de 64 % à 74 %. En outre, les résultats montrent que 77 % des ménages possèdent au moins une MII et 75 % au moins une moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA). La grande majorité des MII sont donc des MIILDA. Le nombre moyen de moustiquaires imprégnées ou non est estimé à 2,1 et celui des MIILDA à 1,9. Les résultats par milieu de résidence montrent que le pourcentage de ménages disposant au moins d’une moustiquaire, quel que soit le type, est plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (90 % contre 80 % pour une moustiquaire quelconque et 80 % contre 73 % pour une MIILDA). La proportion de ménages possédant au moins une MIILDA est plus élevée dans les Autres villes qu’à N’Djaména (83 % contre 76 %). Les résultats selon les régions montrent que c’est dans le Borkou et le Tibesti, le Wadi Fira et le Kanem qui font partie du domaine sahélo-saharien, caractérisée par un paludisme instable en raison d’une transmission saisonnière courte, que l’on constate les proportions les plus faibles de ménages possédant au moins une moustiquaire. En effet, seulement 29 % des ménages du Borkou et du Tibesti, 24 % de ceux du Wadi Fira et 36 % de ceux du Kanem possèdent une moustiquaire, imprégnée ou non contre 96 % dans le Mayo Kebbi Est, 97 % dans le Mayo Kebbi Ouest et 97 % dans le Chari Baguirmi qui sont situées dans la zone hyper endémique caractérisée par un paludisme stable en raison d’une transmission saisonnière longue. En ce qui concerne les MIILDA, les proportions varient de 91 % dans la Tandjilé à 16 % dans le Wadi Fira. Les résultats selon les quintiles de bien-être économique montrent que la proportion de ménages possédant au moins une moustiquaire, quel que soit le type est plus élevé parmi les ménages classés dans le quintile le plus élevé (93 % contre 78 % dans le plus bas pour une moustiquaire imprégnée ou non et respectivement 81 % contre 72 % pour une MIILDA). Selon les recommandations de l’OMS, chaque ménage devrait posséder, au moins, une MII pour deux personnes dans le but d’atteindre une couverture universelle. Au Tchad, 42 % des ménages possèdent, au moins, une MII pour deux personnes qui ont passé la nuit précédant l’interview dans le ménage. Cette proportion est nettement plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (53 % en urbain contre 40 % en rural). Dans les régions, cette proportion varie d’un minimum de 7 % dans le Wadi Fira à un maximum de 62 % dans le Mayo Kebbi Est. En outre, c’est parmi les ménages du quintile moyen et ceux du quatrième quintile que cette proportion est la plus faible (36 % dans les deux cas contre 55 % dans le plus élevé). Paludisme • 201 Tableau 11.1 Possession de moustiquaires par les ménages Pourcentage de ménages qui possèdent au moins une moustiquaire et pourcentage de ceux qui en possèdent plus d’une (imprégnée ou non) ; pourcentage qui possède au moins une moustiquaire préimprégnée d’insecticide (MII) ; pourcentage qui possède une moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA) et nombre moyen de moustiquaires, de MII et de MIILDA par ménage et pourcentage de ménages qui possèdent au moins une moustiquaire, une MII ou une MIILDA pour deux personnes qui ont passé la nuit dernière dans le ménage, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Pourcentage de ménages avec au moins une moustiquaire Nombre moyen de moustiquaires par ménage Effectif de ménages Pourcentage de ménages avec au moins une moustiquaire pour deux personnes qui ont passé la nuit dernière dans le ménage1 Effectif de ménages avec au moins une personne qui a passé la nuit dernière dans le ménage Caractéristique sociodémographique N’importe quel type de mousti- quaire Mousti- quaire pré- imprégnée d’insecticide (MII)2 Mousti- quaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA) N’importe quel type de mousti- quaire Mousti- quaire pré- imprégnée d’insecticide (MII)2 Mousti- quaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA) N’importe quel type de mousti- quaire Mousti- quaire pré- imprégnée d’insecticide (MII)2 Mousti- quaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA) Résidence N’Djaména 95,9 87,0 75,8 3,0 2,6 2,2 852 67,7 57,3 49,5 851 Autres villes 87,1 83,9 82,9 2,4 2,3 2,3 1 580 52,4 50,0 49,3 1 576 Ensemble urbain 90,2 85,0 80,4 2,6 2,4 2,2 2 432 57,8 52,5 49,3 2 427 Rural 80,0 75,2 73,4 2,0 1,9 1,8 8 954 42,5 39,6 38,6 8 914 Région Batha 79,7 75,0 73,4 2,0 1,8 1,8 499 35,6 33,6 33,4 484 Borkou, Tibesti 28,9 21,0 21,0 0,7 0,4 0,4 61 14,3 8,8 8,8 61 Chari Baguirmi 97,1 72,7 63,4 2,7 2,0 1,7 471 56,9 40,8 35,2 469 Guéra 90,6 88,7 88,6 2,1 2,0 2,0 646 41,1 40,3 40,3 646 Hadjer-Lamis 90,0 89,5 89,4 2,3 2,3 2,3 761 48,2 47,6 47,3 761 Kanem 35,9 34,2 34,2 0,6 0,6 0,6 451 10,2 9,7 9,7 449 Lac 66,2 65,4 65,4 1,5 1,4 1,4 585 27,5 27,0 27,0 584 Logone Occidental 89,9 88,0 87,9 2,2 2,1 2,1 781 57,4 56,5 56,5 781 Logone Oriental 86,3 85,7 85,5 2,1 2,1 2,0 1 119 44,9 44,2 44,2 1 119 Mandoul 85,5 84,3 83,6 2,2 2,1 2,1 784 49,9 48,4 47,9 783 Mayo Kebbi Est 95,5 87,6 80,3 3,0 2,8 2,6 792 66,7 61,7 56,3 788 Mayo Kebbi Ouest 96,9 93,5 90,1 3,0 2,9 2,8 521 56,3 54,5 52,4 521 Moyen Chari 95,0 87,1 84,5 2,6 2,3 2,3 629 59,3 52,4 50,5 621 Ouaddaï 64,6 55,1 54,5 1,3 1,1 1,1 701 25,4 20,6 20,6 698 Salamat 82,8 79,0 78,1 1,9 1,8 1,8 259 39,5 36,1 35,2 256 Tandjilé 94,0 92,9 91,3 2,5 2,5 2,5 693 56,8 56,3 55,6 693 Wadi Fira 23,6 15,8 15,8 0,4 0,3 0,3 321 9,7 7,3 7,3 321 N’Djaména 95,9 87,0 75,8 3,0 2,6 2,2 850 67,7 57,2 49,4 850 Barh El Gazal 57,8 53,9 53,8 1,2 1,1 1,1 164 20,6 17,7 17,7 161 Ennedi Est, Ennedi Ouest 27,1 19,4 19,4 0,5 0,4 0,4 65 19,2 13,4 13,4 65 Sila 60,9 48,5 48,0 1,2 1,0 0,9 231 21,3 17,1 16,5 229 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 77,5 73,3 72,0 1,6 1,5 1,5 2 968 45,7 43,1 42,0 2 946 Second 82,2 76,6 74,2 2,1 1,9 1,9 2 300 45,6 42,1 41,0 2 294 Moyen 80,7 75,7 73,8 2,1 2,0 1,9 2 057 38,3 35,8 34,7 2 049 Quatrième 79,7 75,6 74,4 2,3 2,2 2,1 1 962 37,9 35,6 34,8 1 960 Le plus élevé 92,5 86,5 81,2 2,8 2,5 2,3 2 099 60,6 54,5 50,8 2 092 Ensemble 82,2 77,3 74,9 2,1 2,0 1,9 11 386 45,8 42,4 40,9 11 341 1 Membres de fait des ménages. 2 Une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 11.2.2 Couverture en pulvérisations intradomiciliaires (PID) Cette stratégie constitue encore une des principales stratégies de lutte antivectorielle pour réduire ou interrompre la transmission du paludisme dans tous les contextes épidémiologiques. Le Tableau 11.2 montre qu’au Tchad, cette stratégie n’est quasiment pas utilisée : moins d’un pour cent des ménages (0,6 %) a bénéficié d’une PID au cours des 12 derniers mois. Cependant, en milieu urbain (1,4 %), dans le Logone Oriental (1,4 %), le Mandoul (1,3 %) et N’Djaména (2,2 %), la PID a été un peu plus fréquemment utilisées qu’ailleurs. De même, les ménages classés dans le quintile le plus élevé ont plus fréquemment bénéficié d’une PID que les autres (1,6 % contre un minimum de 0,2 % dans le quintile le plus bas). 202 • Paludisme Tableau 11.2 Pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) contre les moustiques Pourcentage de ménages ayant reçu la visite de quelqu’un qui a pulvérisé d’insecticide les murs intérieurs du logement contre les moustiques (PID) au cours des 12 derniers mois, pourcentage de ménages avec, au moins, une MII et/ou ayant bénéficié d’une PID au cours des 12 derniers mois, et pourcentage de ménages avec, au moins une MII pour deux personnes et/ou ayant bénéficié d’une PID au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de ménages ayant bénéficié d’une PID1 au cours des 12 derniers mois Pourcentage de ménages avec au moins une MII2 et/ou ayant bénéficié d’une PID au cours des 12 derniers mois Pourcentage de ménages avec au moins une MII2 pour deux personnes et/ou ayant bénéficié d’une PID au cours des 12 derniers mois Effectif de ménages Résidence N’Djaména 2,2 87,1 58,4 852 Autres villes 1,0 84,0 50,0 1 580 Ensemble urbain 1,4 85,1 52,9 2 432 Rural 0,4 75,2 39,6 8 954 Région Batha 0,4 75,0 32,6 499 Borkou, Tibesti 0,2 21,0 9,0 61 Chari Baguirmi 0,4 72,7 40,5 471 Guéra 0,3 88,7 40,3 646 Hadjer-Lamis 0,0 89,5 47,6 761 Kanem 0,1 34,2 9,7 451 Lac 0,0 65,4 26,9 585 Logone Occidental 0,0 88,0 56,5 781 Logone Oriental 1,4 85,7 44,4 1 119 Mandoul 1,3 84,4 49,1 784 Mayo Kebbi Est 0,2 87,6 61,4 792 Mayo Kebbi Ouest 0,8 93,7 54,6 521 Moyen Chari 0,9 87,1 51,7 629 Ouaddaï 0,1 55,1 20,5 701 Salamat 0,4 79,0 35,6 259 Tandjilé 0,8 92,9 56,7 693 Wadi Fira 0,1 15,8 7,4 321 N’Djaména 2,2 87,1 58,4 850 Barh El Gazal 0,0 53,9 17,5 164 Ennedi Est, Ennedi Ouest 0,1 19,4 13,4 65 Sila 0,7 49,0 17,6 231 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,2 73,4 42,9 2 968 Second 0,4 76,6 42,1 2 300 Moyen 0,7 75,7 35,8 2 057 Quatrième 0,3 75,6 35,6 1 962 Le plus élevé 1,6 86,7 55,0 2 099 Ensemble 0,6 77,3 42,4 11 386 1 La pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) est limitée à la pulvérisation effectuée par une organisation gouvernementale, privée ou non gouvernementale. 2 Une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 11.2.3 Accès de la population à une MII Le pourcentage de la population de fait des ménages qui aurait pu dormir sous une MII, si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes au maximum donne la proportion de la population ayant accès à une MII dans les ménages. Il s’agit d’un indicateur important. En effet, la différence entre cet indicateur et l’utilisation des moustiquaires permet de mieux identifier les facteurs qui empêchent l’utilisation des moustiquaires imprégnées au sein de la population. Les résultats montrent tout d’abord, qu’environ un cinquième des personnes (21 %) n’ont pas accès à une MII puisqu’elles ont passé la nuit avant l’interview dans un ménage qui ne possédait pas de moustiquaire. Neuf pour cent des personnes ont passé la nuit dans un ménage ne possédant qu’une moustiquaire et 21 % dans un ménage possédant 2 moustiquaires (Tableau 11.3). Paludisme • 203 Tableau 11.3 Accès à une moustiquaire préimprégnée d’insecticide (MII) Répartition (en %) de la population de fait des ménages par nombre de MII possédée par le ménage, selon le nombre de personnes qui ont passé la nuit avant l’interview dans le ménage, Tchad 2014-2015 Nombre de personnes qui ont passé la nuit avant l’interview dans le ménage EnsembleNombre de MII 1 2 3 4 5 6 7 8+ 0 25,1 26,7 23,6 25,1 23,5 22,4 23,5 17,1 20,9 1 54,6 37,8 23,3 13,3 11,2 8,2 4,7 4,0 9,3 2 14,9 26,8 36,5 37,4 32,9 22,1 19,2 11,0 20,6 3 4,4 7,8 15,7 22,0 28,2 40,3 38,7 31,1 30,1 4 0,2 0,2 0,4 1,7 2,6 3,3 7,0 8,2 5,3 5 0,4 0,2 0,2 0,3 0,8 2,5 3,9 7,9 4,3 6 0,2 0,4 0,3 0,3 0,4 0,8 2,7 14,1 6,5 7+ 0.2 0.0 0.0 0.0 0.3 0.3 0.4 6.6 2.9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 013 1 939 3 811 5 976 7 244 8 209 8 393 26 684 63 269 Pourcentage ayant accès à une MII1 74,9 73,3 68,6 68,3 63,2 64,7 59,4 56,0 61,2 1 Pourcentage de la population de fait des ménages qui aurait pu dormir sous une MII si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes au maximum. Globalement, 61 % de la population de fait des ménages auraient pu dormir sous une MII si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes au maximum (Graphique 11.1). Comme l’on s’y attendait, la proportion de personnes ayant accès à une moustiquaire tend à diminuer avec l’augmentation du nombre de personnes qui ont passé la nuit avant l’interview dans le ménage. En effet, la proportion de personnes qui auraient pu dormir sous une MII si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes au maximum passe de 75 % dans les ménages où une seule personne a passé la nuit précédant l’interview à 63 % dans les ménages où cinq personnes ont passé la nuit précédant l’interview, puis à 59 % quand ce nombre de personnes est de sept et à 56 % quand il est de huit ou plus. Graphique 11.1 Pourcentage de la population de fait ayant accès à une MII dans le ménage 72 59 58 60 57 59 70 68 73 61 Le plus élevé Quatrième Moyen Second Le plus bas QUINTILE DE BIEN-ÊTRE ÉCONOMIQUE Rural Ensemble urbain Autres villes N’Djaména RÉSIDENCE TCHAD Pourcentage EDS-MICS 2014-2015 204 • Paludisme 11.3 UTILISATION DES MOUSTIQUAIRES 11.3.1 Utilisation des moustiquaires par les ménages Aux ménages ayant déclaré posséder une moustiquaire, on a demandé si quelqu’un avait dormi sous la moustiquaire la nuit ayant précédé l’interview. Les résultats sont présentés pour la population des ménages et pour deux groupes de population particulièrement vulnérables au paludisme : les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Dans l’ensemble des ménages 36 % des membres des ménages avaient dormi sous une moustiquaire, imprégnée ou non, la nuit précédant l’interview. Cette proportion est de 33 % pour la MII et de 32 % pour la MIILDA, ce qui signifie que pratiquement toutes les MII utilisées sont des MIILDA (Tableau 11.4 et Graphique 11.2). Les résultats détaillés selon les caractéristiques sociodémographiques mettent en évidence des variations importantes entre les milieux et les régions de résidence et le niveau de bien-être économique. En effet, on constate que le pourcentage de la population de fait des ménages qui a dormi sous une MIILDA la nuit avant l’interview est nettement plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (43 % contre 28 %), et à N’Djaména que dans les Autres villes (58 % contre 35 %). Tableau 11.4 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages Pourcentage de la population de fait des ménages qui, la nuit ayant précédé l’interview, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire préimprégnée d’insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d’insecticide(PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi la population de fait des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage ayant dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014- 2015 Population des ménages Population des ménages avec au moins une MII1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un ménage ayant bénéficié d’une PID2 au cours des 12 derniers mois Effectif Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif Groupe d’âges <5 39,9 36,4 35,0 36,7 11 954 45,6 9 561 5-14 31,3 28,6 27,3 28,9 22 463 36,6 17 563 15-34 39,8 36,5 34,5 36,8 16 819 44,9 13 658 35-39 38,4 35,4 33,7 35,7 6 519 45,0 5 125 50+ 36,7 33,2 31,9 33,4 5 503 44,6 4 104 Ne sait pas/ manquant * * * * 10 * 10 Sexe Masculin 36,0 33,0 31,4 33,3 31 225 41,5 24 866 Féminin 36,8 33,6 32,1 33,8 32 044 42,7 25 155 Résidence N’Djaména 78,8 68,4 57,5 68,8 5 014 77,4 4 428 Autres villes 38,4 36,1 35,4 36,5 9 068 42,2 7 751 Ensemble urbain 52,8 47,6 43,3 48,0 14 082 55,0 12 178 Rural 31,7 29,2 28,4 29,5 49 187 37,9 37 843 À suivre… Paludisme • 205 Tableau 11.4—Suite Population des ménages Population des ménages avec au moins une MII1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un ménage ayant bénéficié d’une PID2 au cours des 12 derniers mois Effectif Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif Région Batha 25,4 23,8 23,1 23,8 2 721 31,4 2 059 Borkou, Tibesti 5,8 3,9 3,9 4,3 302 17,3 68 Chari Baguirmi 67,6 49,4 43,1 49,4 2 705 66,5 2 011 Guéra 26,7 25,6 25,6 25,8 3 657 28,7 3 256 Hadjer-Lamis 12,6 12,6 12,4 12,6 4 257 14,1 3 793 Kanem 0,9 0,9 0,9 1,0 2 451 2,6 846 Lac 16,8 16,3 16,3 16,3 3 346 25,3 2 157 Logone Occidental 21,1 20,7 20,7 20,7 3 947 23,0 3 554 Logone Oriental 35,8 35,8 35,8 36,1 6 245 41,1 5 432 Mandoul 43,6 42,5 41,9 44,3 4 363 50,2 3 690 Mayo Kebbi Est 54,3 50,7 48,4 50,8 4 792 56,1 4 337 Mayo Kebbi Ouest 45,2 43,1 42,8 43,3 3 357 45,4 3 182 Moyen Chari 74,1 67,5 65,3 67,8 3 408 76,8 2 999 Ouaddaï 26,1 22,0 21,9 22,0 3 535 36,8 2 112 Salamat 29,0 26,8 26,2 26,8 1 369 33,4 1 099 Tandjilé 23,7 23,5 23,5 24,3 3 764 24,9 3 566 Wadi Fira 3,4 2,9 2,9 3,0 1 513 18,2 239 N’Djaména 78,8 68,4 57,4 68,8 5 013 77,4 4 426 Barh El Gazal 7,7 7,1 7,1 7,1 912 12,8 507 Ennedi Est, Ennedi Ouest 4,3 3,6 3,6 3,7 304 20,9 53 Sila 36,0 28,0 27,7 28,6 1 306 57,7 634 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 33,0 31,0 30,4 31,2 12 883 41,6 9 595 Second 35,9 33,1 32,3 33,3 12 438 43,1 9 558 Moyen 31,2 28,5 27,6 28,9 12 497 36,8 9 682 Quatrième 26,9 24,7 24,1 24,8 13 004 31,2 10 272 Le plus élevé 55,4 49,7 44,7 50,2 12 446 56,6 10 914 Ensemble 36,4 33,3 31,7 33,6 63 269 42,1 50 021 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 La Pulvérisation Intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) est limitée à la pulvérisation effectuée par une organisation gouvernementale, privée ou non gouvernementale. 206 • Paludisme Graphique 11.2 Possession, accès et utilisation des MII Dans les régions, on note que le taux d’utilisation des moustiquaires varie de manière importante : c’est dans des régions situées dans la zone hyper endémique comme le Logone Oriental (36 %), le Mandoul (42 %), le Chari Baguirmi (43 %), N’Djaména (57 %) et le Moyen Chari (65 %) que le pourcentage d’utilisateurs est le plus élevé. À l’opposé, dans le Kanem, le Borkou Tibesti, le Wadi-Fira ou l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest, ces pourcentages ne sont respectivement que de 1 %, 4 %, 3 % et 4 %. Les variations selon le niveau de bien-être économique sont assez irrégulières. Dans la population des ménages du quintile le plus élevé, le taux d’utilisation des MIILDA est de 45 % contre 30 % dans le quintile le plus bas et 24 % dans le quatrième. Dans la population des ménages ayant au moins une MII, 42 % ont dormi sous une moustiquaire. Dans le Kanem qui enregistre le taux d’utilisation le plus faible, ce pourcentage est de 3 %. 11.3.2 Utilisation des MII existantes Le Tableau 11.5 présente le pourcentage de MII ayant été utilisées par un membre du ménage la nuit ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate que seulement la moitié des MII existantes (49 %) ont été utilisées par un membre du ménage la nuit ayant précédé l’interview. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural : 63 % contre 44 %. À N’Djaména, près de neuf MII existantes sur dix ont été utilisées la nuit ayant précédé l’interview (87 %). Les résultats selon les quintiles de bien-être économique font apparaître des variations irrégulières, le pourcentage de moustiquaires utilisées la nuit avant l’interview passant de 46 % dans le quintile le plus pauvre à 43 % dans le quintile moyen et à 64 % dans le quintile le plus élevé. 77 42 61 33 Pourcentage de ménages avec au moins une MII Pourcentage de ménages avec au moins une MII pour 2 personnes qui ont dormi dans le ménage la nuit avant l'interview Pourcentage de la population des ménages ayant accès à une MII dans leur ménage Pourcentage de la population des ménages qui ont dormi sous une MII Pourcentage EDS-MICS 2014-2015 Paludisme • 207 Tableau 11.5 Utilisation de MII existantes Pourcentage de moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) ayant été utilisées par un membre du ménage la nuit ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014- 2015 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de MII1 ayant été utilisées la nuit avant l’interview Effectif de MII1 Résidence N’Djaména 87,1 2 204 Autre villes 47,8 3 633 Ensemble urbain 62,6 5 837 Rural 43,7 16 712 Région Batha 35,9 896 Borkou, Tibesti 23,1 26 Chari Baguirmi 72,8 937 Guéra 32,7 1 323 Hadjer-Lamis 16,4 1 726 Kanem 3,6 278 Lac 30,0 844 Logone Occidental 27,9 1 661 Logone Oriental 48,9 2 296 Mandoul 56,8 1 646 Mayo Kebbi Est 61,3 2 236 Mayo Kebbi Ouest 51,1 1 500 Moyen Chari 77,7 1 478 Ouaddaï 47,1 777 Salamat 38,7 469 Tandjilé 27,5 1 736 Wadi Fira 25,8 89 N’Djaména 87,1 2 203 Barh El Gazal 16,3 180 Ennedi Est, Ennedi Ouest 26,2 26 Sila 74,4 220 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 46,0 4 444 Second 47,5 4 402 Moyen 43,4 4 098 Quatrième 37,8 4 283 Le plus élevé 64,4 5 321 Ensemble 48,6 22 548 1 Une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 11.3.3 Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins de cinq ans Disposer d’une moustiquaire imprégnée ne suffit pas à préserver les enfants du paludisme, dans la mesure où les moustiquaires peuvent être utilisées pour protéger d’autres membres de la famille et ne pas être en nombre suffisant pour protéger tous les jeunes enfants du ménage. Au cours de l’enquête ménage, on a donc demandé si quelqu’un avait dormi sous la moustiquaire la nuit avant l’interview. Près de deux enfants sur cinq ont dormi sous une moustiquaire imprégnée ou non la nuit ayant précédé l’interview (40 %), 36 % sous une MII, en majorité une MIILDA (35 %). Dans les ménages qui possèdent au moins une MII, 46 % des enfants avaient dormi sous ce type de moustiquaire (Tableau 11.6). 208 • Paludisme Tableau 11.6 Utilisation des moustiquaires par les enfants Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui, la nuit ayant précédé l’interview, ont dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire préimprégnée d’insecticide (MII), sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA), sous une MII ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d’insecticide (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi les enfants de moins de cinq ans des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage ayant dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Enfants de moins de cinq ans dans tous les ménages Enfants de moins de cinq dans les ménages avec au moins une MII1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un ménage ayant bénéficié d’une PID2 au cours des 12 derniers mois Effectif d’enfants Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif d’enfants Âge (en années) <1 45,1 41,4 40,0 41,7 2 456 50,5 2 012 1 39,7 36,7 35,2 37,0 2 064 45,4 1 667 2 39,9 36,2 34,9 36,6 2 308 45,3 1 844 3 38,4 34,6 33,4 34,9 2 507 44,9 1 931 4 36,5 33,6 31,8 33,7 2 618 41,7 2 107 Sexe Masculin 39,8 36,6 35,2 37,0 6 013 45,8 4 805 Féminin 39,9 36,3 34,7 36,5 5 942 45,3 4 756 Résidence N’Djaména 82,0 69,6 58,3 69,8 749 79,1 659 Autres villes 42,6 40,0 39,3 40,5 1 563 46,7 1 342 Ensemble urbain 55,3 49,6 45,5 50,0 2 312 57,3 2 001 Rural 36,2 33,3 32,5 33,6 9 642 42,5 7 561 Région Batha 26,7 25,6 25,0 25,6 505 34,7 372 Borkou, Tibesti 8,2 6,0 6,0 6,7 51 23,9 13 Chari Baguirmi 71,2 52,3 44,5 52,3 538 70,7 398 Guéra 34,2 32,6 32,6 33,1 802 36,5 716 Hadjer-Lamis 13,3 13,3 13,3 13,3 880 14,7 796 Kanem 1,8 1,8 1,8 2,0 480 4,4 199 Lac 21,5 20,9 20,9 20,9 540 30,7 368 Logone Occidental 24,3 24,1 24,1 24,1 714 26,9 639 Logone Oriental 40,4 40,4 40,4 40,4 1 189 45,7 1 049 Mandoul 47,6 47,0 46,7 49,3 864 55,0 738 Mayo Kebbi Est 57,9 54,2 51,9 54,2 924 59,9 837 Mayo Kebbi Ouest 49,2 47,3 47,0 47,4 701 49,2 674 Moyen Chari 77,7 68,5 66,6 68,5 618 79,9 530 Ouaddaï 37,6 30,7 30,4 30,7 647 51,3 387 Salamat 35,3 33,5 32,5 33,5 265 40,6 218 Tandjilé 27,6 27,3 27,3 28,0 709 29,0 669 Wadi Fira 3,7 2,7 2,7 2,8 286 14,1 55 N’Djaména 82,0 69,6 58,3 69,8 749 79,1 659 Barh El Gazal 10,6 9,7 9,7 9,7 160 15,6 99 Ennedi Est, Ennedi Ouest 4,0 3,0 3,0 3,0 50 17,2 9 Sila 45,9 36,0 35,5 36,5 282 74,6 136 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 37,5 34,8 34,0 34,9 2 557 46,0 1 936 Second 41,1 38,4 37,7 38,7 2 555 49,1 2 000 Moyen 36,1 32,7 31,9 33,1 2 413 40,7 1 935 Quatrième 30,6 28,1 27,4 28,2 2 447 35,0 1 970 Le plus élevé 57,4 50,9 46,0 51,4 1 982 58,6 1 721 Ensemble 39,9 36,4 35,0 36,7 11 954 45,6 9 561 Note : Le tableau est basé sur les enfants ayant passé la nuit précédant l’interview dans le ménage. PID = Pulvérisation intradomiciliaire. 1 Une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 La pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) est limitée à la pulvérisation effectuée par une organisation gouvernementale, privée ou non gouvernementale. Paludisme • 209 Les résultats selon l’âge montrent que plus l’enfant avance en âge et moins il utilise une moustiquaire pour dormir, cela quelle que soit le type de moustiquaire. Les résultats selon le milieu et la région de résidence font apparaître des écarts importants. En milieu urbain, un enfant de moins de cinq ans sur deux (50 %) a dormi sous une MII contre un tiers en milieu rural (33 %). Dans les régions, on constate que c’est dans les régions de la zone hyper endémique que les taux d’utilisation des moustiquaires par les enfants sont les plus élevés : il s’agit des régions de N’Djaména (82 %), Moyen Chari (78 %), Chari Baguirmi (71 %) et Mayo-Kebbi Est (58 %). En ce qui concerne les MIILDA, on remarque que c’est dans le Moyen Chari que le taux d’utilisation est le plus élevé (67 %). L’utilisation des moustiquaires par les enfants varie également en fonction du statut socio-économique du ménage : c’est dans les ménages classés dans le quintile le plus élevé que les enfants ont le plus fréquemment dormi sous une moustiquaire (57 % contre un minimum de 31 % dans le quatrième quintile). Les variations du taux d’utilisation de la MIILDA sont identiques à ceux concernant l’utilisation d’une moustiquaire quelconque (46 % dans les ménages du quintile le plus élevé contre 27 % dans le quatrième). Parmi les ménages ayant au moins une MII, 46 % avaient dormi sous une MII la nuit précédant l’interview, soit une proportion plus élevée que celle observée dans l’ensemble des ménages. En outre, le tableau montre que 37 % des enfants ont dormi sous une MII la nuit avant l’interview ou dans un ménage ayant bénéficié d’une PID au cours des 12 derniers mois. C’est dans le Moyen Chari (69 %) et à N’Djaména (70 %) que ces pourcentages sont les plus élevés. 11.3.4 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes Le Tableau 11.7 présente les pourcentages de femmes enceintes qui, la nuit ayant précédé l’interview, ont dormi sous une moustiquaire. Globalement, on constate que 38 % des femmes enceintes avaient dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’interview, 35 % sous une MII et 33 % sous une MIILDA. En outre, le tableau montre que 35 % des femmes enceintes se sont protégées du paludisme, soit en dormant sous une MII, soit dans un logement dont les murs intérieurs avaient été aspergés d’insecticide au cours des 12 derniers mois. Dans les ménages qui disposent d’au moins une MII, 44 % des femmes enceintes avaient dormi sous ce type de moustiquaire la nuit avant l’interview. Ce pourcentage est plus élevé que celui de l’ensemble des ménages (35 %). Il y a des variations selon les caractéristiques des femmes. Dans les régions, on constate que c’est dans celles qui sont situées dans la zone hyper endémique comme N’Djaména (71 %), le Moyen Chari (77 %), le Mayo-Kebbi Est (59 %) et le Chari Baguirmi (55 %) que le taux d’utilisation de moustiquaires par les femmes enceintes est le plus élevé. À l’opposé, comme attendu, on remarque que dans les régions comme le Barh El Gazal (2 %); l’Ennedi Est, l’Ennedi Ouest (3 %), le Wadi Fira (3 %) et le Kanem (2 %), les proportions de femmes enceintes ayant dormi sous une MII sont nettement plus faibles. Les résultats selon le niveau d’instruction montrent que le taux d’utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes a tendance à augmenter avec le niveau d’instruction, variant, pour les MIILDA, de 29 % parmi les femmes enceintes sans niveau d’instruction à 45 % parmi celles qui ont le niveau secondaire. Les variations dans les quintiles de bien-être économique sont assez irrégulières et ne mettent pas en évidence de tendance. 210 • Paludisme Tableau 11.7 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes Pourcentage de femmes enceintes de 15-49 ans qui, la nuit ayant précédé l’interview, ont dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire préimprégnée d’insecticide (MII), sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA), sous une MII ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d’insecticide (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi les femmes enceintes de 15-49 ans des ménages avec au moins, une MII, pourcentage ayant dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Parmi les femmes enceintes de 15-49 ans dans tous les ménages : Parmi les femmes enceintes de 15-49 ans dans les ménages avec au moins une MII1 : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un ménage ayant bénéficié d’une PID2 au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif de femmes Résidence N’Djaména 85,1 71,3 59,9 71,3 86 80,7 76 Autres villes 30,3 26,6 26,6 26,9 177 31,9 148 Ensemble urbain 48,2 41,2 37,5 41,4 264 48,5 224 Rural 36,0 33,4 31,8 33,5 1 308 43,2 1 012 Région Batha 24,3 24,3 24,3 24,3 57 (35,8) 39 Borkou, Tibesti (3,7) (1,2) (1,2) (1,2) 5 * 1 Chari Baguirmi 71,8 54,7 42,0 54,7 80 74,4 59 Guéra 15,2 15,2 15,2 15,2 95 16,5 87 Hadjer-Lamis 16,2 16,2 16,2 16,2 113 19,9 92 Kanem 1,6 1,6 1,6 2,5 63 (5,0) 20 Lac 20,3 20,3 20,3 20,3 101 27,8 74 Logone Occidental 21,8 21,8 21,8 21,8 111 22,9 105 Logone Oriental 38,5 38,5 38,5 38,5 126 47,5 102 Mandoul 51,3 49,7 48,9 49,7 118 59,0 100 Mayo Kebbi Est 62,5 59,1 52,8 59,1 126 67,4 110 Mayo Kebbi Ouest 44,4 42,0 41,4 42,0 90 43,4 87 Moyen Chari 82,4 76,5 74,9 76,5 74 82,7 68 Ouaddaï 28,3 19,7 19,7 19,7 83 (37,8) 43 Salamat 29,5 27,3 27,3 27,3 47 31,9 40 Tandjilé 28,1 28,1 28,1 29,3 99 28,5 98 Wadi Fira 3,3 3,3 3,3 3,3 35 * 7 N’Djaména 85,1 71,3 59,9 71,3 86 80,7 76 Barh El Gazal 5,4 1,9 1,9 1,9 20 (4,3) 9 Ennedi Est, Ennedi Ouest 6,1 3,0 3,0 3,0 9 * 2 Sila 55,0 39,1 39,1 39,1 35 (80,2) 17 Niveau d’instruction Aucun 34,0 30,7 29,3 30,9 1 089 42,0 797 Primaire 44,5 41,9 39,2 41,9 341 46,1 310 Secondaire 53,9 47,4 44,5 47,4 131 52,1 119 Supérieur * * * * 10 * 10 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 37,5 34,7 34,3 34,7 302 47,5 221 Second 41,1 37,0 35,4 37,0 328 47,3 257 Moyen 35,6 33,0 30,6 33,0 317 42,5 246 Quatrième 30,6 29,1 27,6 29,4 380 36,5 302 Le plus élevé 49,6 42,6 38,1 42,8 245 49,7 210 Ensemble 38,1 34,7 32,8 34,8 1 572 44,1 1 236 Note : Le tableau est basé sur les femmes ayant passé la nuit précédant l’interview dans le ménage. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 La pulvérisation intradomiciliaire d’Insecticide résiduel (PID) est limitée à la pulvérisation effectuée par une organisation gouvernementale, privée ou non gouvernementale. Paludisme • 211 11.4 TRAITEMENT DU PALUDISME 11.4.1 Traitement préventif intermittent chez la femme enceinte Les femmes enceintes qui vivent dans un endroit où le paludisme est très répandu sont quatre fois plus susceptibles que les autres adultes de contracter le paludisme et deux fois plus susceptibles de décéder de cette maladie. Une fois infectées, les femmes enceintes risquent d’être anémiées, d’accoucher avant-terme et d’avoir un enfant mort-né. De plus, leurs bébés courent un risque accru de présenter une insuffisance pondérale à la naissance, ce qui les rend très vulnérables et augmentent leurs risques de mortalité durant leur première année de vie. Le Tchad, comme, la plupart des autres pays de la sous-région, a décidé de remplacer, depuis 2005, la chimio prophylaxie à la chloroquine par les Combinaisons Thérapeutiques à base d’Artémisinine (CTA). Le traitement du paludisme qui a été adopté consiste à prescrire, dans les structures sanitaires, des CTA. L’association Artésunate + amodiaquine est le traitement du paludisme simple de première intention. L’association Athéméter + Luméfantrine est le traitement de deuxième choix. Pour ce qui est de la quinine, elle n’est réservée que pour les cas de paludisme grave, que ce soit chez l’enfant, chez l’adulte ou la femme enceinte. Pour réduire le risque de contracter le paludisme pendant la grossesse, il est recommandé que les femmes enceintes non seulement dorment sous une MII mais prennent aussi, à titre préventif, des antipaludiques au cours de la grossesse. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, on a donc demandé à toutes les femmes qui avaient eu une naissance pendant les deux dernières années si, durant la grossesse la plus récente, elles avaient pris des antipaludiques et, dans le cas d’une réponse positive, de quels antipaludiques il s’agissait. Les résultats sont présentés au Tableau 11.8. On constate que 22 % des femmes enceintes ont reçu, durant leur grossesse, au moins une dose de SP/Fansidar administrée au cours d’une visite prénatale. Environ une femme sur six (16 %) a déclaré avoir reçu, au moins, deux doses de SP/Fansidar au cours de sa dernière grossesse, dont au moins une dose administrée au cours d’une visite prénatale ; ces femmes ont donc suivi un Traitement Préventif Intermittent (TPI). En outre, 8 % des femmes ont reçu, au moins, trois doses de SP/Fansidar dont, au moins, une au cours d’une visite prénatale. Les résultats détaillés selon les caractéristiques socio-économiques montrent que la proportion de femmes à qui on a administré un TPI varie de manière importante selon toutes les caractéristiques. En effet, cette proportion est environ deux fois plus élevée en milieu urbain que rural (27 % contre 14 %). Dans les régions, on note des écarts importants entre les régions situées dans la zone hyper endémique comme N’Djaména (32 %), le Mayo Kebbi Ouest (32 %), le Salamat (23 %), la Tandjilé (23 %) et celles situées dans la zone méso endémique comme le Borkou et le Tibesti (8 %), le Ouaddaï (7 %) ou le Batha (7 %). Il faut souligner les cas des régions du Chari Baguirmi et du Logone Oriental qui sont des zones à hauts risques de transmission et dans lesquelles une faible proportion (8 % dans les deux cas) ont suivi un TPI. Par ailleurs, les résultats selon le niveau d’instruction montrent que la proportion de femmes ayant suivi un TPI a tendance à augmenter avec le niveau d’instruction, variant de 13 % parmi celles sans niveau d’instruction à 29 % parmi celles ayant un niveau secondaire. On note également une tendance à l’augmentation du pourcentage de femmes ayant suivi un TPIg des ménages du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 12 % à 28 %. 212 • Paludisme Tableau 11.8 Utilisation du traitement préventif intermittent (TPIg) par les femmes au cours de la grossesse Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l’enquête qui, au cours de la grossesse la plus récente, ont reçu de la SP/Fansidar au cours d’une visite prénatale, pourcentage ayant pris, au moins, deux doses de SP/Fansidar et qui ont reçu, au moins, une dose durant une visite prénatale, et pourcentage ayant pris, au moins, trois doses de SP/Fansidar et qui en ont reçu, au moins, une durant une visite prénatale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant reçu de la SP/Fansidar au cours d’une visite prénatale Pourcentage ayant pris deux doses ou plus de SP/Fansidar et qui en ont reçu, au moins une, au cours d’une visite prénatale Pourcentage ayant pris trois doses ou plus de SP/Fansidar et qui en ont reçu, au moins une, au cours d’une visite prénatale Effectif de femmes ayant eu une naissance au cours des deux dernières années Résidence N’Djaména 40,7 31,5 16,9 491 Autres villes 32,3 24,5 12,0 832 Ensemble urbain 35,4 27,1 13,8 1 323 Rural 18,3 13,8 6,0 5 419 Région Batha 9,1 6,9 3,7 278 Borkou, Tibesti 13,5 8,0 4,2 26 Chari Baguirmi 10,2 8,0 4,0 303 Guéra 27,5 22,3 9,8 426 Hadjer-Lamis 25,8 19,6 9,0 437 Kanem 14,2 10,4 3,1 205 Lac 6,6 5,1 3,5 264 Logone Occidental 26,8 18,1 8,4 473 Logone Oriental 12,4 8,3 3,4 758 Mandoul 20,6 13,7 3,0 496 Mayo Kebbi Est 23,5 18,1 7,6 511 Mayo Kebbi Ouest 39,4 32,1 14,2 406 Moyen Chari 13,7 10,4 4,2 342 Ouaddaï 8,7 7,1 3,5 344 Salamat 31,8 23,2 10,2 143 Tandjilé 28,3 22,7 13,3 471 Wadi Fira 18,3 12,5 7,8 144 N’Djaména 40,7 31,5 16,9 491 Barh El Gazal 15,9 12,5 6,6 76 Ennedi Est, Ennedi Ouest 23,3 18,2 10,2 22 Sila 19,8 14,8 6,5 128 Niveau d’instruction Aucun 16,6 12,5 5,8 4 154 Primaire 26,4 19,2 8,4 1 781 Secondaire 36,2 29,2 14,4 770 Supérieur (63,1) (51,0) (24,5) 36 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 16,6 12,4 5,5 1 432 Second 20,4 15,1 6,9 1 490 Moyen 17,3 12,8 6,1 1 360 Quatrième 20,3 15,7 5,5 1 303 Le plus élevé 36,4 28,1 15,1 1 157 Ensemble 21,7 16,4 7,6 6 742 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 11.4.2 Fièvre et traitement antipaludéen des enfants de moins de cinq ans Les directives actuelles de prise en charge du paludisme au Tchad consistent à mettre à l’échelle les Tests de Diagnostic Rapide (TDR) et à rendre systématique la confirmation des cas avant tout traitement. Tout cas de paludisme doit être confirmé par un TDR ou une goutte épaisse. Le diagnostic du paludisme est effectué en prenant quelques gouttes de sang du patient et en examinant la présence de parasites du paludisme ou de protéines spécifiques au paludisme. Les enquêtes EDS et MICS organisées au Tchad n’ont pas fait de prélèvement de sang au bout du doigt pour déterminer l’anémie, la parasitémie et la prévalence du paludisme Paludisme • 213 parmi les enfants de 6-59 mois et des femmes enceintes. C’est au cours de l’enquête ENIPT-2010 qu’un TDR a été couplé à celui de la parasitémie et l’anémie afin de rechercher la présence de parasites du paludisme dans le sang et ainsi de déterminer la prévalence de la maladie. Les résultats de l’ENIPT-2010 ont montré que la prévalence du paludisme était estimée à 30 % dans la population générale et à 36 % parmi les enfants de 6 à 59 mois ; quant à la prévalence de l’anémie au moment de l’enquête, elle a été estimée à 71 % parmi les enfants (quelle que soit la zone d’enquête, plus de la moitié des enfants de 6 à 59 mois étaient atteints d’anémie) et à 22 % chez les femmes enceintes de 15 à 49 ans. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, en plus des questions concernant la disponibilité des moustiquaires dans les ménages, leur utilisation et le traitement antipaludéen préventif au cours de la grossesse, on a également demandé si les enfants de moins de cinq ans avaient eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview. Si la réponse était positive, on posait alors une série de questions sur le traitement de la fièvre : ces questions portaient sur la prise de médicaments antipaludéens et sur le moment où le traitement avait été administré pour la première fois. Les résultats sont présentés au Tableau 11.9. Près d’un quart des enfants de moins de cinq ans (24 %) ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview. Parmi ces derniers, des conseils ou un traitement ont été recherchés pour 37 % d’entre eux, soit auprès de personnel de santé, soit dans une pharmacie, soit au marché ou dans une boutique. Lorsqu’on considère le milieu de résidence, on remarque que des conseils ou un traitement ont été plus fréquemment recherchés pour les enfants du milieu urbain que pour ceux du milieu rural (50 % contre 33 % en milieu rural). Les résultats par région indiquent que c’est dans celle de N’Djamena (59 %) et dans le Guéra (59 %) que des conseils ou un traitement ont été le plus fréquemment recherchés. À l’opposé, c’est dans la région du Batha que cette démarche a été la moins fréquemment effectuée (8 %). Par ailleurs, on a recherché un traitement ou des conseils pour 32 % des enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction contre 51 % pour ceux dont elle a un niveau secondaire. Dans les ménages classés dans le quintile le plus bas, on a recherché un traitement ou des conseils pour 27 % des enfants contre 52 % dans les ménages du quintile le plus élevé. Par ailleurs, parmi les enfants ayant eu de la fièvre, les résultats montrent que, dans 13 % des cas, un prélèvement de sang capillaire a été effectué au doigt ou au talon pour effectuer un test. Ce prélèvement de sang a été moins fréquemment effectué parmi les enfants du milieu rural (10 %) que du milieu urbain (22 %). La proportion d’enfants ayant eu de la fièvre et pour lesquels un prélèvement de sang capillaire a été effectué afin d’être testé est beaucoup plus élevée dans la région de N’Djaména (29 %) que dans les autres, en particulier dans celle du Batha (3 %). La proportion d’enfants à qui on a effectué un test augmente nettement avec le niveau de bien-être, passant de 9-10 % parmi les enfants vivant dans un ménage classé dans les trois premiers quintiles à 22 % parmi ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé. Parmi les enfants ayant eu de la fièvre dans les deux dernières semaines avant l’interview, près de trois sur dix (27 %) ont pris des antipaludiques et dans 18 % des cas, les antipaludiques ont été pris rapidement après le début de la fièvre. Globalement, on note que le pourcentage d’enfants ayant été traités rapidement avec des antipaludiques tend à augmenter avec l’âge, passant de 14 % à moins de 12 mois à 21 % à 36-47 mois. Les enfants des régions du Mayo Kebbi Est (29 %), de la Tandjilé (25 %) et du Mayo Kebbi Ouest (25 %) comptent parmi ceux qui ont le plus fréquemment reçu un traitement précoce de la fièvre avec des antipaludiques. Par contre, dans le Salamat (4 %), le Batha et le Ouaddaï (5 % dans les deux cas), ces pourcentages sont très faibles. Il faut aussi souligner que la proportion d’enfants dont la fièvre a été traitée rapidement a tendance à augmenter avec le niveau d’instruction de la mère, variant de 14 % parmi ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction à 29 % parmi ceux dont elle a un niveau secondaire. On note aussi ce type de tendance avec le niveau de bien- être économique, avec cependant des écarts plus faibles, la proportion d’enfants traités rapidement passant de 15 % parmi ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas à 20 % et 19 % dans les deux derniers quintiles. 214 • Paludisme Tableau 11.9 Prévalence, diagnostic et traitement précoce de la fièvre chez les enfants Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview ; parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement, pourcentage à qui on a prélevé du sang au doigt ou au talon pour être testé, pourcentage ayant bénéficié d’une combinaison thérapeutique à base d’artémisinine (CTA), pourcentage ayant bénéficié d’une CTA le jour même où le jour suivant le début de la fièvre, pourcentage ayant pris des antipaludiques, et pourcentage les ayant pris le jour même où le jour suivant le début de la fièvre, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014- 2015 Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview Effectif d’enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement1 Pourcentage à qui on a prélevé du sang au doigt ou au talon pour être testé Pourcentage ayant pris une CTA Pourcentage ayant pris une CTA le jour même où le jour suivant le début de la fièvre Pourcentage ayant pris des antipaludiques Pourcentage ayant pris des antipaludiques le jour même où le jour suivant le début de la fièvre Effectif d’enfants Âge (en mois) <12 28,8 3 571 37,6 10,9 3,7 2,7 20,0 13,6 1 027 12-23 31,0 2 953 39,4 14,9 2,0 1,0 28,8 17,6 916 24-35 25,3 3 232 36,7 12,9 2,2 0,7 28,2 18,5 817 36-47 18,4 3 484 34,4 13,1 4,0 2,9 31,0 20,8 641 48-59 16,6 3 570 34,9 13,1 1,3 0,9 29,5 20,0 593 Sexe Masculin 23,9 8 518 37,4 13,4 3,0 2,1 26,1 16,9 2 036 Féminin 23,6 8 292 36,4 12,4 2,4 1,3 27,7 18,4 1 958 Résidence N’Djaména 35,8 1 164 58,9 29,0 8,6 5,1 34,8 19,6 417 Autres villes 22,5 2 126 41,7 15,7 3,9 2,0 25,0 15,6 479 Ensemble urbain 27,2 3 290 49,7 21,9 6,1 3,4 29,6 17,4 896 Rural 22,9 13 520 33,2 10,3 1,7 1,2 26,1 17,7 3 097 Région Batha 15,3 759 8,4 3,2 0,8 0,0 10,4 4,5 116 Borkou, Tibesti 20,6 70 41,5 5,4 0,6 0,0 18,6 6,9 14 Chari Baguirmi 29,1 752 28,5 5,8 1,4 0,2 26,3 15,4 219 Guéra 12,0 1 094 59,0 8,9 4,7 4,7 25,8 9,4 132 Hadjer-Lamis 23,5 1 176 34,1 13,2 0,5 0,5 29,3 22,1 277 Kanem 17,3 646 20,2 8,2 0,0 0,0 10,2 5,2 111 Lac 17,6 774 18,8 5,4 2,9 2,6 11,9 9,8 136 Logone Occidental 25,2 972 45,3 14,1 0,5 0,0 17,3 9,5 245 Logone Oriental 35,3 1 668 27,2 11,5 2,0 1,5 20,7 17,3 589 Mandoul 27,7 1 261 44,0 13,9 4,0 3,9 37,0 23,0 350 Mayo Kebbi Est 25,0 1 280 39,2 9,7 0,3 0,0 37,4 29,1 320 Mayo Kebbi Ouest 19,3 958 35,5 12,5 4,9 2,4 31,6 24,7 185 Moyen Chari 28,8 833 33,0 15,4 1,6 1,0 31,6 21,9 240 Ouaddaï 14,8 902 26,0 12,3 4,2 0,5 14,7 5,0 134 Salamat 13,4 383 44,0 9,7 0,0 0,0 14,6 3,9 51 Tandjilé 25,8 1 031 42,2 12,2 2,2 1,7 34,0 24,6 265 Wadi Fira 11,2 417 53,1 6,2 5,5 1,4 48,4 18,1 47 N’Djaména 35,8 1 164 58,9 29,0 8,6 5,1 34,8 19,6 417 Barh El Gazal 19,7 222 27,8 10,8 0,2 0,0 16,7 12,4 44 Ennedi Est, Ennedi Ouest 13,9 66 48,6 7,8 2,2 0,0 40,3 11,1 9 Sila 24,2 382 25,6 9,9 0,9 0,2 14,9 3,8 93 Niveau d’instruction de la mère Aucun 20,6 11 056 32,1 10,0 2,4 1,4 24,1 14,2 2 275 Primaire 30,4 4 042 40,0 13,9 2,2 1,5 28,7 19,9 1 229 Secondaire 28,1 1 621 51,2 23,9 5,5 3,8 36,7 28,9 455 Supérieur 37,9 91 (55,5) (26,6) (3,8) (0,0) (19,1) (10,2) 34 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 25,7 3 454 27,1 8,9 1,7 1,0 22,6 14,8 889 Second 22,8 3 603 35,2 9,1 1,4 1,0 26,3 16,8 820 Moyen 23,2 3 471 32,8 9,7 1,1 0,8 26,7 18,4 804 Quatrième 20,6 3 392 38,7 15,6 3,0 2,0 27,9 19,6 698 Le plus élevé 27,1 2 891 52,4 22,4 6,7 3,9 31,5 19,1 783 Ensemble 23,8 16 810 36,9 12,9 2,7 1,7 26,9 17,6 3 994 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Non compris les guérisseurs traditionnels, amis/parents et les autres. Paludisme • 215 11.4.3 Sources des conseils ou de traitement chez les enfants ayant eu de la fièvre Au cours de l’enquête, les enquêteurs ont, non seulement, demandé aux mères dont l’enfant avait eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview si un traitement ou des conseils avaient été recherchés mais également dans quel l’endroit ou auprès de qui on s’était adressé pour obtenir le traitement ou les conseils. Les résultats sont présentés au Tableau 11.10. Les résultats sont présentés pour deux catégories d’enfants : les enfants ayant eu de la fièvre et ceux qui ont eu de la fièvre et pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement. Les résultats concernant les deux sous-groupes d’enfants ne font pas apparaitre de différence importantes : globalement, les sources de conseils ou de traitement sont les mêmes. En effet, parmi les enfants ayant eu de la fièvre, on s’est adressé dans 21 % des cas à d’autres sources que celles du secteur public ou privé comme les boutiques, les bars ou les marchés (13 %), ou les amis ou parents dans 8 % des cas. C’est ensuite au secteur public que l’on s’est adressé pour obtenir des conseils ou un traitement (16 %), essentiellement les centres de santé/dispensaires (11%) et les hôpitaux /maternités (3 %). Le rôle du secteur médical privé est moins important (8 %) et celui du secteur public/privé très marginal (2 %). Les résultats concernant les enfants qui ont eu de la fièvre et pour lesquels des conseils ou un traitement ont été recherchés montrent que dans la moitié des cas (51 %), ces prestations ont été obtenues auprès d’autres sources que celles du secteur public ou privé, et comme pour les enfants ayant eu de la fièvre, essentiellement dans les boutiques, bars ou marchés (31 %) et auprès de parents ou d’amis (19 %). Pour 37 % des enfants, on s’est adressé au secteur public et pour 18 % au secteur privé. Comme pour les enfants ayant eu de la fièvre, ce sont les centres de santé/dispensaires du secteur public (26 %) et les centres de santé du secteur privé (12 %) qui ont joué le rôle le plus important. Par contre, on peut souligner que pour les enfants ayant eu de la fièvre et pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement, on s’est adressé un peu plus fréquemment au centre de santé /hôpital confessionnel/communautaire que dans le cas des enfants ayant de la fièvre (4 % contre 2 %). 11.4.4 Différents types d’antipaludiques pris par les enfants ayant eu de la fièvre Le Tableau 11.11 présente parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview et qui ont pris des antipaludiques, les proportions de ceux qui ont pris différents types d’antipaludiques, selon les caractéristiques sociodémographiques. Tableau 11.10 Source des conseils ou de traitement chez les enfants ayant eu de la fièvre Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’une source particulière ; parmi ces enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview et pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’une source particulière, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’une source particulière : Caractéristique sociodémographique Parmi les enfants ayant eu de la fièvre Parmi les enfants ayant eu de la fièvre et pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement Secteur public 15,5 36,8 Hôpital/Maternité 3,0 7,2 Hôpital militaire/Garnison 0,2 0,5 Centre de santé/Dispensaire 11,1 26,4 Polyclinique 0,7 1,7 Pharmacie de l’hôpital 0,9 2,2 Autre public 0,1 0,1 Secteur médical privé 7,5 17,8 Hôpital privé 0,7 1,7 Pharmacie/Dépôt pharmaceutique 1,1 2,7 Clinique/cabinet 0,4 0,9 Centre de santé 4,9 11,7 Centre de santé entreprise 0,2 0,5 Cabinet de soins/Infirmerie 0,2 0,6 Autre médical privé 0,1 0,2 Secteur public/privé 1,8 4,2 Centre de santé/Hôpital confessionnel/ communautaire 1,8 4,2 Autre source 21,4 50,8 Boutique/Bar/Marché 13,1 31,1 Praticien traditionnel 1,3 3,0 Secouriste 1,2 2,8 Amis/parents 8,1 19,3 Autre 0,1 0,3 Effectif d’enfants 3 994 1 685 216 • Paludisme Tableau 11.11 Type d’antipaludiques pris par les enfants ayant eu de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview et qui ont pris des antipaludiques, pourcentage ayant pris des antipaludiques spécifiques, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d’enfants ayant pris : Effectif d’enfants ayant eu de la fièvre et ayant pris des antipaludiques CTA Quinine SP/Fansidar Chloroquine Amodiaquine Autre anti- paludique Âge (en mois) <12 18,3 37,1 3,4 27,4 11,7 9,1 205 12-23 7,1 45,0 7,0 27,0 13,1 14,1 264 24-35 7,8 38,0 3,2 29,1 17,5 14,1 230 36-47 13,0 36,7 4,4 30,6 14,6 13,5 199 48-59 4,4 42,1 4,2 30,5 16,1 10,4 175 Sexe Masculin 11,3 38,5 5,2 26,7 15,3 12,0 531 Féminin 8,8 41,4 4,0 30,8 13,8 12,8 542 Résidence N’Djaména 24,8 39,4 12,8 14,3 17,7 20,1 145 Autres villes 15,7 24,1 3,5 20,7 15,3 29,7 120 Ensemble urbain 20,7 32,5 8,6 17,2 16,6 24,4 265 Rural 6,6 42,4 3,3 32,6 13,9 8,5 808 Région Batha * * * * * * 12 Borkou, Tibesti * * * * * * 3 Chari Baguirmi 5,3 76,9 6,5 6,8 0,0 13,5 58 Guéra * * * * * * 34 Hadjer-Lamis 1,6 36,6 1,5 19,2 42,5 0,0 81 Kanem * * * * * * 11 Lac * * * * * * 16 Logone Occidental (2,9) (45,5) (0,0) (23,8) (7,3) (27,7) 43 Logone Oriental 9,6 39,6 0,0 46,7 2,5 3,9 122 Mandoul 10,8 32,7 0,7 43,3 15,7 9,3 129 Mayo Kebbi Est 0,8 31,7 5,6 28,5 28,9 13,0 120 Mayo Kebbi Ouest 15,6 35,2 3,2 41,5 4,7 9,6 59 Moyen Chari 5,2 51,4 1,3 44,2 2,1 11,1 76 Ouaddaï * * * * * * 20 Salamat * * * * * * 8 Tandjilé 6,4 29,9 2,6 37,4 9,8 15,3 90 Wadi Fira (11,3) (55,1) (22,1) (20,0) (1,5) (10,7) 23 N’Djaména 24,8 39,4 12,8 14,3 17,7 20,1 145 Barh El Gazal * * * * * * 7 Ennedi Est, Ennedi Ouest * * * * * * 4 Sila (6,2) (58,0) (0,0) (22,7) (3,5) (20,7) 14 Niveau d’instruction de la mère Aucun 9,9 45,5 6,0 22,5 13,9 10,3 547 Primaire 7,6 35,5 1,3 42,0 13,5 11,1 352 Secondaire 15,1 31,5 7,0 22,5 18,7 21,6 167 Supérieur * * * * * * 7 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 7,3 41,8 0,6 34,9 13,7 4,3 201 Second 5,2 43,8 5,2 38,7 9,5 11,6 215 Moyen 4,0 41,8 3,9 33,4 15,7 5,4 215 Quatrième 10,7 38,4 2,6 23,6 14,1 17,0 195 Le plus élevé 21,1 34,9 9,3 15,2 18,9 22,3 247 Ensemble 10,0 40,0 4,6 28,8 14,5 12,4 1 073 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. CTA = Combinaison Thérapeutique à base d’Artémisinine. Rappelons que selon les directives en vigueur concernant le traitement du paludisme, il est recommandé de prescrire, dans les structures sanitaires, des CTA dont la gratuité est effective dans les structures sanitaires publiques. L’association Artésunate + amodiaquine est le traitement du paludisme simple de première intention. Paludisme • 217 L’association Athéméter + Luméfantrine est le traitement de deuxième choix. Pour ce qui est de la quinine, elle n’est réservée que pour les cas de paludisme grave que ce soit chez l’enfant, chez l’adulte ou la femme enceinte. On constate cependant au Tableau 11.11 que parmi les enfants de moins de 5 ans qui ont eu de la fièvre et qui ont pris des antipaludiques, 40 % ont reçu de la quinine comme traitement. C’est, de loin, le pourcentage le plus élevé. Le traitement à la quinine est plus fréquent parmi les enfants de 12-23 mois (45 %) et parmi ceux de 48-59 mois (42 %). Il est aussi plus utilisé en milieu rural qu’en milieu urbain (42 % contre 33 %). Dans certaines régions comme le Chari Baguirmi, plus des trois quarts des enfants malades et traités ont reçu de la quinine (77 %). Par contre, le recours à la quinine a tendance à diminuer avec le niveau d’instruction de la mère, passant de 46 % quand elle n’a pas de niveau d’instruction à 32 % quand elle a un niveau secondaire, ainsi qu’avec le niveau de bien-être économique du ménage dans lequel vit l’enfant, variant de 42 % dans le quintile le plus bas à 35 % dans le plus élevé. Dans seulement 10 % des cas, les enfants ont reçu une CTA, normalement recommandée pour traiter la fièvre chez les enfants de moins de cinq ans. Dans certaines sous-populations d’enfants, ce pourcentage est plus élevé que la moyenne: c’est le cas des enfants de moins de 12 mois (18 %), du milieu urbain (21 %), de la région de N’Djaména (25 %), de ceux dont la mère a un niveau secondaire (15 %) et de ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (21 %). Ces résultats démontrent que les recommandations en matière de traitement du paludisme des enfants ne sont pas correctement suivies. Mortalité des enfants de moins de cinq ans • 219 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS 12 ICF et INSEED es données collectées au cours de l’EDS-MICS 2014-2015 ont permis de calculer les tendances et les variations sociodémographiques de la mortalité infantile et juvénile (mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile). La mortalité infantile et la mortalité juvénile sont influencées par la situation de pauvreté et par les conditions sanitaires, environnementales, socio-économiques et culturelles. Les indicateurs de la mortalité infantile sont considérés comme étant des indicateurs pertinents du développement qui permettent d’apprécier l’état sanitaire d’un pays et aussi l’efficacité des politiques en matière de santé maternelle et infantile. Par conséquent, les résultats présentés ici seront très utiles pour l’élaboration, le suivi et l’évaluation des politiques et programmes de population et santé, particulièrement ceux dont l’objectif est l’amélioration de la santé et la qualité de vie des femmes et des enfants. 12.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES Les indicateurs de la mortalité présentés dans ce chapitre ont été estimés à partir d’informations sur l’historique des naissances recueillies dans le questionnaire femme. Dans la section 2 de ce questionnaire, l’enquêtrice a enregistré des informations globales sur toutes les naissances de la femme. Dans la procédure de collecte, les questions permettent de distinguer le nombre total de fils et filles qui vivent avec la femme, le nombre de ceux qui vivent ailleurs et le nombre de ceux qui sont décédés. Par la suite, et pour chacune des naissances, l’enquêtrice a obtenu des informations détaillées sur le sexe, le mois et l’année de naissance, l’état de survie, l’âge actuel (si l’enfant est vivant), la résidence, ainsi que l’âge au décès pour les enfants décédés (au jour près pour les décès de moins d’un mois, au mois près pour ceux de moins de deux ans et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus). Dans le cas où ces enfants « orphelins de mère » seraient en nombre L Principaux résultats • Au Tchad, le niveau de mortalité des enfants de moins de cinq ans demeure très élevé : environ un enfant sur huit meurt avant d’atteindre l’âge de cinq ans (quotient de mortalité infanto juvénile de 133 ‰). • Durant les cinq dernières années, sur 1000 naissances vivantes, 72 sont décédées avant d’atteindre leur premier anniversaire, 34 sont décédées avant d’atteindre un mois exact. • Les intervalles entre naissances très courts augmentent les risques de décéder des enfants : le risque de décéder avant le premier anniversaire passe de 38 ‰ quand l’intervalle entre naissances est d’au moins quatre ans à 115 ‰ quand il est inférieur à deux ans. • L’âge de la mère à la naissance de l’enfant influence également les chances de survie de l’enfant : le quotient de mortalité infantile varie de 75 ‰ quand la mère a entre 20 et 29 ans à 89 ‰ quand elle a 15-19 ans et à 118 ‰ quand elle a 40-49 ans. 220 • Mortalité des enfants de moins de cinq ans important,1 et leur mortalité différente de celle des enfants dont la mère est en vie, le niveau de mortalité estimé s’en trouverait biaisé. En outre, en limitant la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête, les informations découlant de l’historique des naissances ne sont pas complètement représentatives étant donné que pour les périodes passées elles n’incluent pas les femmes de tous les âges. Cela affecte principalement les périodes les plus éloignées de l’enquête. Sur le plan de la qualité de l’information recueillie, les données sur la mortalité des enfants peuvent être affectées par la sous-déclaration de naissances et/ou de décès. Les mères ont parfois tendance à omettre de déclarer les naissances et/ou les décès d’enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou jours après la naissance. Comme le niveau de la mortalité diminue très rapidement entre la naissance et les jours qui suivent, on s’attend à ce que la proportion de décès entre 0 et 6 jours par rapport aux décès survenus au cours du premier mois augmente lorsque la mortalité des enfants diminue : une proportion inférieure à 60 % pourrait indiquer un sous-enregistrement important des décès très précoces. Dans le cas de cette enquête, les proportions varient d’un minimum de 70 %, pour la période de 5-9 ans avant l’enquête, à un maximum de 78 % pour la période 0-4 ans avant l’enquête (voir Tableau C.5 en Annexe C), ce qui semble indiquer qu’il n’y a pas eu de sous-enregistrement des décès précoces. Le rapport de la mortalité néonatale à la mortalité infantile peut également être utilisé pour évaluer l’importance de la sous- déclaration des décès de jeunes enfants. Comme on peut le constater au Tableau C.6 (Annexe C), les proportions se situent à un faible niveau (44 % à 45 %) pour les périodes les plus éloignées (5-19 ans avant l’enquête) et elle est de 49 %, pour la période la plus récente. Ce faible niveau peut être l’indication d’une sous-déclaration des décès survenus dans le premier mois. Concernant la déclaration de la date de naissance et de décès, on constate que, particulièrement dans la période la plus récente (cinq dernières années), la presque-totalité des naissances (entre 95 % et 100 %, 97 % en moyenne pour toute la période) ont une date de naissance complète (voir Tableau C.4 en Annexe C). Par contre ces pourcentages sont plus faibles dans le cas des enfants décédés (91 % en moyenne pour la même période) ce qui dénote une certaine imprécision des données sur la mortalité. En outre, des déplacements différentiels de dates de naissances des enfants selon qu’ils sont vivants ou décédés peuvent entraîner une sous-estimation de la mortalité d’une période (par exemple, 0-4 ans avant l’enquête), et par conséquent une surestimation de la mortalité de la période précédente (par exemple, 5-9 ans avant l’enquête). À l’annexe C, le Tableau C.4 fournit la distribution des naissances selon leur état de survie, par année de naissance. Le « rapport de naissances annuelles » varie de façon irrégulière, surtout en ce qui concerne les enfants décédés. On constate, par exemple, un manque de décès en 2011 (rapport = 71,1 < 100), et un surplus en 2012 (rapport = 132 > 100), mais aussi en 2010 (rapport = 138,7 > 100), précédé par un autre manque de décès en 2009 (rapport = 69,1 < 100). Ces fortes variations irrégulières sont le signe d’une mauvaise qualité de l’information sur la mortalité des enfants : déplacements des années de naissance et/ou déclarations de décès. Enfin, l’imprécision des déclarations de l’âge au décès et, en particulier, l’attraction de certains âges au décès, peut engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, en transformant une partie des décès d’enfants de moins d’un an en décès d’enfants plus âgés (12- 59 mois). Pour minimiser ce type d’erreurs, on a demandé aux enquêtrices d’enregistrer les âges au décès en jour pour ceux survenus dans les 29 jours suivant la naissance, en mois pour ceux survenus aux âges de 1 à 23 mois, et en années pour le reste. À l’annexe C, les Tableaux C.5 et C.6 fournissent la distribution des décès par âge au décès (jours et mois). On note que l’attraction pour « 12 mois » même si elle est plus faible dans la période la plus récente, demeure élevée : 93 enfants décédés de 12 mois contre 55 à 11 mois et 63 à 13 mois. Si une partie des décès déclarés comme ayant eu lieu à 12 mois étaient en fait des enfants décédés avant 12 mois, cela pourrait 1 Selon les résultats de l’enquête ménage, moins d’un pour cent des enfants de moins de 5 ans survivants et identifiés dans les ménages étaient orphelins de mère (voir Tableau 20.2, Chapitre 20—Situation des enfants). Mortalité des enfants de moins de cinq ans • 221 contribuer à sous-estimer légèrement la mortalité infantile, particulièrement la mortalité post néonatale, et parallèlement à surestimer la mortalité juvénile. À partir des informations recueillies sur l’historique des naissances, les indicateurs suivants ont été calculés : Quotient de mortalité néonatale (NN) : probabilité, à la naissance, de décéder avant d’atteindre un mois exact ; Quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : probabilité pour les enfants âgés d’un mois exact, de décéder avant d’atteindre le premier anniversaire (12 mois exacts) ; Quotient de mortalité infantile (1q0) : probabilité, à la naissance, de décéder avant d’atteindre le premier anniversaire (12 mois exacts) ; Quotient de mortalité juvénile (4q1) : probabilité pour les enfants âgés d’un an exact de décéder avant d’atteindre le cinquième anniversaire (60 mois exacts) ; Quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : probabilité, à la naissance, de décéder avant d’atteindre le cinquième anniversaire. Chacun de ces quotients a été calculé pour différentes périodes quinquennales ayant précédé l’enquête. 12.2 NIVEAUX ET TENDANCES DE LA MORTALITÉ DES ENFANTS Le Tableau 12.1 présente les différents quotients pour trois périodes quinquennales ayant précédé l’enquête : 2000-2004 (10-14 ans), 2005-2009 (5-9 ans), 2010-2014 (0-4 ans). Pour la période des cinq dernières années avant l’EDS-MICS 2014-2015 (période 2010-2014), le risque de mortalité infantile est évalué à 72 décès pour 1 000 naissances vivantes ; le risque de mortalité juvénile à 65 ‰. Quant aux composantes de la mortalité infantile, elles se situent à 34 ‰ pour la mortalité néonatale et à 38 ‰ pour la mortalité post-néonatale. Globalement, le risque de mortalité infanto-juvénile, c’est-à-dire le risque de décès avant l’âge de 5 ans, est de 133 ‰. Tableau 12.1 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infant-juvénile par période de cinq ans ayant précédé l’enquête, Tchad 2014-2015 Nombre d’années ayant précédé l’enquête Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto-juvénile (5q0) 0-4 34 38 72 65 133 5-9 39 52 91 79 163 10-14 37 52 89 85 166 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. Sur la période 2000-2014, la mortalité infantile aurait baissé, particulièrement entre les deux dernières périodes quinquennales avant l’enquête, passant de 91 ‰ dans la période 2005-2009 à 72 ‰ dans la période 2010-2014. La mortalité juvénile aurait également baissé (de 79 ‰ à 65 ‰) et la mortalité infanto-juvénile serait passée de 163 ‰ à 133 ‰, au cours des mêmes périodes. 222 • Mortalité des enfants de moins de cinq ans La comparaison des résultats de l’EDST-I 1996-1997, de l’EDST-II 2004, et de l’EDS-MICS 2014- 2015 (Graphique 12.1) semble indiquer que la mortalité des enfants aurait diminué de façon très rapide au cours des 10 dernières années. La mortalité infantile n’aurait pratiquement pas baissé entre 1996-1997 et 2004, mais aurait diminué, de 102 ‰ à 72 ‰ entre 2004 et 2014-2015. Les quotients de mortalité juvénile et infanto-juvénile montrent aussi une baisse importante entre 2004 et 2014-2015. Graphique 12.1 Tendances de la mortalité des enfants selon l’EDST-I 1996-1997, l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 Cette baisse pourrait être associée aux améliorations notées dans le domaine de la santé infantile, en particulier dans le domaine de la couverture vaccinale et de la prévention et du traitement du paludisme. Cependant, il faut aussi noter que les estimations rétrospectives de la mortalité à partir de l’enquête de 2014- 2015 sont nettement plus faibles que les estimations de l’enquête précédente (Graphique 12.2) : ainsi autour de l’année 2002, la mortalité infanto juvénile se situerait à 166 ‰ d’après l’enquête actuelle contre 199 ‰ d’après l’enquête de 2004. Il semble donc que la mortalité des enfants de moins de cinq ans ait été sous-estimée par l’EDS-MICS 2014-2015 pour les périodes anciennes précédant l’enquête et il est possible que cette sous- estimation porte aussi sur la période la plus récente. 103 102 194 102 99 191 72 65 133 Mortalité infantile Mortalité juvénile Mortalité infanto-juvénile Décès pour 1 000 EDST-I 1996-1997 EDST-II 2004 EDS-MICS 2014-2015 Mortalité des enfants de moins de cinq ans • 223 Graphique 12.2 Tendances de la mortalité infantile, juvénile et infanto-juvénile 0 20 40 60 80 100 120 140 160 Décès pour mille Année centrale des estimations Mortalité infantile 0 20 40 60 80 100 120 140 160 Décès pour mille Année centrale des estimations Mortalité juvénile 80 100 120 140 160 180 200 220 240 Décès pour mille Année centrale des estimations EDST-I 1996-1997 EDST-II 2004 EDS-MICS 2014-2015 Mortalité infanto-juvénile 224 • Mortalité des enfants de moins de cinq ans 12.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE Le Tableau 12.2 présente les différents quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère pour les dix années précédant l’enquête (2005-2014). La référence à une période de dix années utilisée ici est nécessaire pour disposer d’un nombre suffisant d’enfants exposés au risque de mortalité dans un groupe d’âges pour estimer les probabilités de décès dans chaque sous-groupe de population avec un niveau de précision acceptable. Tableau 12.2 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans selon certaines caractéristiques socio-économiques Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques socio-économiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique socio-économique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto-juvénile (5q0) Résidence N’Djaména 37 50 87 56 138 Autres villes 33 43 75 72 142 Ensemble urbain 34 45 79 67 141 Rural 37 46 82 73 149 Région Batha 21 42 63 40 101 Borkou, Tibesti 25 38 63 45 106 Chari Baguirmi 45 45 91 96 178 Guéra 30 53 83 70 146 Hadjer-Lamis 32 32 64 50 111 Kanem 25 28 53 48 99 Lac 30 25 55 52 104 Logone Occidental 44 66 109 96 194 Logone Oriental 51 83 134 111 230 Mandoul 39 40 79 78 151 Mayo Kebbi Est 48 36 83 72 149 Mayo Kebbi Ouest 32 37 69 81 144 Moyen Chari 33 45 78 92 163 Ouaddaï 40 20 60 42 99 Salamat 26 44 70 81 145 Tandjilé 35 65 100 114 203 Wadi Fira 28 21 49 19 67 N’Djaména 37 50 87 56 138 Barh El Gazal 19 26 45 25 69 Ennedi Est, Ennedi Ouest 23 36 59 48 104 Sila 19 35 55 49 101 Niveau d’instruction de la mère Aucun 35 43 79 66 140 Primaire 37 57 94 94 179 Secondaire 43 35 78 62 135 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 35 50 85 82 161 Second 36 50 85 86 164 Moyen 40 45 85 62 142 Quatrième 34 38 72 66 133 Le plus élevé 37 45 81 62 138 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. Les risques de décéder avant l’âge de cinq ans ne présentent pas d’écarts importants selon le milieu de résidence urbain et rural. Contre toute attente, la mortalité infantile serait légèrement plus élevée à N’Djaména (87 ‰) qu’en milieu rural (82 ‰) ; par contre, la mortalité juvénile y serait plus faible (56 ‰ contre 73 ‰). Cependant, la mortalité juvénile se situerait au même niveau en milieu rural et dans les Autres villes (respectivement 73 ‰ et 72 ‰). Mortalité des enfants de moins de cinq ans • 225 Des écarts très importants sont observés entre les régions. En effet, la mortalité infantile se situerait à 100 ‰ ou plus dans les régions de la Tandjilé (100 ‰), du Logone Occidental (109 ‰) et du Logone Oriental (134 ‰) (Graphique 12.3). Avec 87 ‰, N’Djaména aurait le cinquième plus haut niveau de mortalité infantile du pays. Par contre, la mortalité infantile serait inférieure à 60 ‰ dans les régions du Ouaddaï, de l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest, du Sila, du Lac, du Kanem, du Wadi Fira et du Barh El Gazal où elle ne serait que de 45 ‰. Il faut relever ici que, dans la plupart des régions, la mortalité infantile est supérieure à la mortalité juvénile. Dans la région de Wadi Fira, on note un écart inhabituel entre ces deux composantes de la mortalité des enfants puisque la mortalité infantile enregistrée y est 2,7 fois supérieure à la mortalité juvénile. Dans les régions du Mayo Kebbi Ouest, du Salamat, du Moyen Chari, du Chari Baguirmi et de la Tandjilé, la mortalité infantile est à peu près 10 % plus faible que la mortalité juvénile (20 % dans le cas du Moyen Chari). Graphique 12.3 Mortalité infantile par région La mortalité infanto-juvénile varie de 138 ‰ à N’Djaména à 230 ‰ dans le Logone Oriental. Par contre, dix régions aurait une mortalité nettement plus faible que N’Djaména (111 ‰ et moins) : dans le Barh El Gazal et le Wadi Fira, le niveau de mortalité avant cinq ans (respectivement 69 ‰ et 67 ‰) serait plus de deux fois plus faible qu’à N’Djaména. Par ailleurs, il faut noter que les écarts observés entre régions ne sont pas toujours cohérents avec les indicateurs de santé collectés dans l’enquête. Il se peut donc que la qualité des données ne soit pas la même dans toutes les régions et que la mortalité ait été sous-estimée (dans certaines régions plus que d’autres), du fait d’une sous-déclaration des décès. Par ailleurs, il faut souligner que les données désagrégées aux niveaux des régions ont un intervalle de confiance très important et que, par conséquent, les différences régionales doivent être considérées avec beaucoup de prudence. Contre toute attente, les résultats selon le niveau d’instruction de la mère ne font pas apparaître une tendance à la baisse des niveaux de mortalité avec l’élévation du niveau d’instruction de la mère, et cela quelle que soit la composante de la mortalité. Il en est de même en ce qui concerne le niveau de bien-être économique. Généralement, on s’attend à ce que de meilleures conditions d’hygiène et d’alimentation, mais aussi l’accès plus élevé aux services de santé des femmes instruites et des ménages classés dans les quintiles plus élevés ainsi qu’une meilleure connaissance sur l’étiologie des maladies qui affectent les enfants s’accompagnent d’un niveau 45 49 53 55 55 59 60 63 63 64 69 70 78 79 83 83 87 91 100 109 134 Barh El Gazal Wadi Fira Kanem Lac Sila Ennedi Est et Ennedi Ouest Ouaddaï Batha Borkou, Tibesti Hadjer-lamis Mayo Kebbi Ouest Salamat Moyen Chari Mandoul Guéra Mayo Kebbi Est N’Djaména Chari Baguirmi Tandjilé Logone Occidental Logone Oriental Décès pour 1 000 naissances EDS-MICS 2014-2015 226 • Mortalité des enfants de moins de cinq ans de mortalité plus bas, ce que l’on n’observe pas ici. Pour expliquer ce résultat, on peut avancer l’hypothèse que des omissions ou sous-déclarations de décès d’enfants se soient produites de manière plus importante dans les groupes de femmes les plus pauvres et les moins instruites. Globalement, il semble que les niveaux de mortalité aient été sous-estimés du fait d’omissions ou sous- déclaration de décès d’enfants par les femmes de certaines régions et, en particulier, les femmes du milieu rural, les moins instruites, et des ménages les plus pauvres. Bien entendu, ces sous-estimations au niveau de certaines régions et de certaines sous-populations se retrouvent, mais de façon plus limitée, au niveau de la mortalité au niveau national. Les niveaux de mortalité présentés ici doivent donc être utilisés avec prudence. 12.4 MORTALITÉ ET GROUPES À HAUTS RISQUES Le Tableau 12.3 présente les niveaux de mortalité des enfants pour la période de dix ans précédant l’enquête selon le sexe de l’enfant, l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, le rang de naissance, l’intervalle avec la naissance précédente et la taille de l’enfant à la naissance (voir aussi Graphique 12.4). Entre la naissance et le cinquième anniversaire, la mortalité des enfants de sexe masculin est, comme dans la majorité des populations, légèrement plus élevée que celle des enfants de sexe féminin : sur 1 000 naissances de chaque sexe, 155 garçons contre 140 filles n’atteignent pas le cinquième anniversaire. Cette différence de mortalité entre les sexes s’observe particulièrement durant la première année (89 ‰ chez les garçons contre 74 ‰ chez les filles). Durant le premier mois, la mortalité des enfants de sexe masculin est également légèrement plus élevée que celle des enfants de sexe féminin (43 ‰ contre 29 ‰). Durant la période post-néonatale, il n’y a pas de différences entre les sexes (46 ‰ chez les garçons et 44 ‰ chez les filles). Les autres caractéristiques présentées au Tableau 13.3 et au Graphique 12.4 concernent le comportement procréateur (âge de la mère à la naissance de l’enfant, rang de naissance et intervalle entre naissances). En ce qui concerne l’âge de la mère à la naissance, on constate comme attendu, que les risques de décéder sont globalement plus importants chez les enfants nés de mères âgées de moins de 20 ans et de plus de 40 ans que chez les femmes des groupes d’âges intermédiaires. Tableau 12.3 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans selon certaines caractéristiques démographiques Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infant-juvénile pour la période des dix années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques démographiques, Tchad 2014-2015 Caractéristique démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Sexe de l’enfant Masculin 43 46 89 72 155 Féminin 29 44 74 71 140 Âge de la mère à la naissance de l’enfant <20 42 47 89 76 159 20-29 31 44 75 72 141 30-39 39 47 86 70 150 40-49 65 53 118 (54) (165) Rang de naissance 1 45 44 89 68 151 2-3 31 42 72 72 139 4-6 28 44 72 75 141 7+ 50 55 106 71 169 Intervalle avec la naissance précédente2 <2 années 52 62 115 88 192 2 années 27 43 71 70 136 3 années 19 24 43 60 100 4 années+ 19 19 38 33 71 Taille à la naissance3 Petit/très petit 37 43 80 na na Moyen ou gros 30 37 67 na na NSP/Manquant (118) * * na na Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 250 cas années d’exposition non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 250-499 cas d’années d’exposition non pondérés. na = Non applicable. 1 Calculé par différence entre les quotients de mortalité infantile et néonatale. 2 Non compris les naissances de rang 1. 3 Quotients pour la période des cinq années avant l’enquête. Mortalité des enfants de moins de cinq ans • 227 Graphique 12.4 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances Ainsi, les données confirment qu’un âge précoce ou tardif à la naissance des enfants constitue un facteur de risque de mortalité. Selon le rang de naissance, on note que les naissances de rangs 7 et plus ont des risques de mortalité plus élevés que celles des rangs inférieurs. Dans le cas de la mortalité néonatale et infantile, comme attendu, les naissances de rang 1 ont aussi un risque plus élevé de mourir. Par ailleurs, la durée de l’intervalle intergénésique apparaît également comme un facteur influençant les risques de mortalité chez les enfants, les niveaux de mortalité diminuant avec l’augmentation de l’intervalle entre les naissances. En effet, les intervalles très courts (moins de 2 ans) sont associés à des niveaux de mortalité très élevés (quotient de mortalité infantile de 115 ‰), et cela quelle qu’en soit la composante. Ces types d’intervalle réduisent considérablement les possibilités de récupération des capacités physiologiques de la femme, exposant ainsi les enfants à une surmortalité. Une nette réduction des risques de la mortalité des enfants est observée lorsque la mère espace les naissances de deux, trois, voire quatre ans ou plus. Au moment de l’enquête, on a demandé à la mère de fournir une évaluation de la grosseur de l’enfant à la naissance (est-ce qu’à la naissance, l’enfant était très petit, petit, moyen ou gros ?). Par ailleurs, il est reconnu que les grossesses peu espacées et/ou répétées, ainsi que l’immaturité physiologique de la future maman sont des facteurs favorisant la naissance d’un enfant de faible poids. Le Tableau 12.3 fournit aussi les niveaux de mortalité selon la grosseur déclarée de l’enfant à la naissance. Il apparaît que les bébés très petits ou petits (y compris les prématurés) courent un risque de décéder avant un an beaucoup plus élevé que les bébés moyens ou gros (80 ‰ contre 67 ‰ pour la mortalité infantile). L’analyse de ces caractéristiques a permis de mettre en évidence les risques de mortalité importants encourus par les enfants dans un contexte de fécondité élevée, caractérisé par des naissances précoces ou tardives avec des intervalles intergénésiques courts. Le Tableau 12.4 présente une classification des naissances des cinq dernières années selon les catégories à hauts risques auxquelles elles correspondent : • les naissances de rang 1, qui présentent un risque plus élevé de mortalité, mais qui sont inévitables sauf lorsqu’elles sont issues de jeunes mères (âgées de moins de 18 ans) ; • les naissances issues des mères appartenant à une autre catégorie à haut risque unique : âge de procréation précoce (moins de 18 ans), ou tardif (après 34 ans), intervalle intergénésique très court (moins de 24 mois) et rang élevé de naissance (supérieur à 3) ; 67 80 38 43 71 115 106 72 72 89 118 86 75 89 74 89 Moyen ou gros Petit/très petit TAILLE À LA NAISSANCE 4 ou + 3 2 <2 INTERVALLE INTERGENÉSIQUE 7+ 4-6 2-3 1 RANG DE NAISSANCE 40-49 30-39 20-29 <20 ÂGE DE LA MÈRE Féminin Masculin SEXE Décès pour 1 000 naissances EDS-MICS 2014-2015 228 • Mortalité des enfants de moins de cinq ans • les naissances correspondant à une combinaison de catégories de risques selon l’intervalle intergénésique et le rang de naissance, selon l’âge et le rang, selon l’intervalle intergénésique et l’âge et selon ces trois caractéristiques et, enfin ; • les naissances ne correspondant à aucune catégorie de risques définie ci-dessus Il ressort du Tableau 12.4 qu’environ 19 % des naissances des cinq années précédant l’enquête ne correspondent à aucune catégorie à hauts risques identifiés, 8 % sont dans la catégorie à hauts risques inévitables parce qu’elles sont de rang 1 et issue de femmes de 18 à 34 ans ; 46 % sont à haut risque unique et 27 % sont à hauts risques multiples. Pour évaluer le risque supplémentaire de décéder que font courir aux enfants les comportements procréateurs des mères, des « rapports de risque » ont été calculés en prenant comme référence les naissances n’appartenant à aucune catégorie à hauts risques. Le rapport de risques est donc le rapport de la proportion d’enfants décédés dans chaque catégorie à hauts risques à la proportion d’enfants décédés dans la catégorie sans risque. Tableau 12.4 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par catégorie de hauts risques de mortalité et ratio de risque et répartition (en %) des femmes actuellement en union par catégorie de risques si elles concevaient un enfant au moment de l’enquête, Tchad 2014- 2015 Naissances des cinq années ayant précédé l’enquête Pourcentage de femmes actuellement en union1 Catégories de risques Pourcentage de naissances Ratio de risques Dans aucune catégorie à hauts risques 18,9 1,00 12,0a Catégorie à risque inévitable Naissances de rang 1, âge entre 18 et 34 ans 7,9 1,04 3,7 Catégorie à haut risque unique Âge de la mère <18 8,8 1,60 1,7 Âge de la mère >34 0,3 (0,44) 1,1 Intervalle intergénésique <24 mois 6,8 1,32 8,3 Rang de naissance >3 30,1 0,90 23,0 Sous-total 46,0 1,09 34,1 Catégorie à hauts risques multiples Âge <18 et intervalle intergénésique <24 mois2 1,5 2,11 1,2 Âge >34 et intervalle intergénésique <24 mois 0,1 * 0,1 Âge >34 et rang de naissance >3 8,5 1,06 25,4 Âge >34 et intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 3,4 2,36 5,6 Intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 13,7 1,92 17,8 Sous-total 27,3 1,71 50,2 Dans une des catégories à hauts risques évitables 73,3 1,32 84,3 Total 100,0 na 100,0 Effectif de naissances/femmes 18 635 na 13 263 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Le rapport de risque est le rapport de la proportion d’enfants décédés, parmi les enfants appartenant à chaque catégorie à hauts risques, à la proportion d’enfants décédés parmi les enfants n’appartenant à aucune catégorie à hauts risques. na = Non applicable. 1 Les femmes sont classées dans les catégories à risques selon le statut qu’elles auraient à la naissance de l’enfant si l’enfant était conçu au moment de l’enquête : âge actuel inférieur à 17 ans et 3 mois ou supérieur à 34 ans et 2 mois, ou la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, ou la dernière naissance était de rang 3 ou plus. 2 Y compris la catégorie : âge <18 ans et RG >3. a Y compris les femmes stérilisées. Mortalité des enfants de moins de cinq ans • 229 Les naissances de rang 1 ne sont pas évitables mais, même lorsqu’elles ne surviennent pas à un âge trop précoce ou trop tardif, c’est-à-dire avant 18 ans ou après 34 ans, elles sont généralement des naissances à risque. Le risque de décéder pour un enfant de rang 1 et dont la mère a entre 18 et 34 ans est 1,04 fois supérieur à la catégorie de référence. Un enfant appartenant à une catégorie quelconque à haut risque unique (non compris les enfants de rang 1 et de mère de 18-34 ans) court un risque 1,09 fois supérieur à un enfant n’appartenant à aucune catégorie à haut risque. Il apparaît qu’un intervalle intergénésique très court est un facteur de risque élevé puisqu’un enfant né dans un intervalle inférieur à moins de 24 mois après l’enfant précédent court un risque de décéder 1,32 fois plus important que celui de la catégorie de référence. Il en est de même de la fécondité précoce : les enfants nés de mère adolescente courent un risque de décéder 1,60 fois plus important que les enfants de la catégorie de référence. Ce sont les enfants appartenant à la catégorie de hauts risques multiples qui sont les plus exposés, puisque leur risque de décéder est de 1,71 fois plus élevé que ceux de la catégorie de référence. Les enfants nés dans un intervalle intergénésique très court et de mère très jeune sont particulièrement exposés : ils courent 2,11 fois plus de risque de décéder que ceux de la catégorie de référence. Les enfants de femmes de plus de 34 ans, dont l’intervalle intergénésique est inférieur à 24 mois et le rang de naissance supérieur à 3 ont un risque 2,36 plus élevé que la catégorie de référence. Par ailleurs, les enfants qui combinent un intervalle intergénésique très court et un rang de naissance élevé (supérieur à trois) courent un risque 1,92 fois plus important que ceux de la catégorie de référence. Ces résultats montrent donc qu’un meilleur espacement des naissances n’a pas pour seul résultat la réduction du nombre de naissances chez les femmes, mais aussi, et surtout, une amélioration considérable des chances de survie des enfants. À partir de cette analyse du comportement procréateur à haut risque, on a essayé de déterminer la proportion des femmes actuellement en union qui, potentiellement, pourraient avoir un tel comportement. Pour cela, à partir de l’âge actuel des femmes, de l’intervalle écoulé depuis leur dernière naissance et du rang de leur dernière naissance, on a déterminé dans quelle catégorie se situerait la prochaine naissance, si chaque femme concevait au moment de l’enquête. Il s’agit donc d’une simulation ayant pour objectif de déterminer quelles proportions de futures naissances entreraient dans les catégories à risque, en l’absence de tout comportement régulateur de la fécondité. À la dernière colonne du Tableau 12.4, figurent les proportions de femmes qui sont susceptibles de donner naissance à des enfants qui entreraient dans des catégories à hauts risques. Dans l’ensemble, 84 % des femmes actuellement en union seraient susceptibles de donner naissance à un enfant qui appartiendrait à une catégorie à hauts risques évitables, 34 % appartiendraient à une catégorie à hauts risques uniques et 50 % à une catégorie à hauts risques multiples. Seulement 12 % des femmes en union seraient susceptibles de donner naissance à un enfant n’entrant dans aucune catégorie à hauts risques. Cette analyse succincte démontre une fois de plus la nécessité de mettre en place des programmes de santé de la reproduction dans le but de réduire la proportion des naissances qui entrent dans la catégorie de risques évitables. Mortalité adulte et mortalité maternelle • 231 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE 13 ICF et INSEED es taux de mortalité des adultes et de mortalité maternelle sont des indicateurs de développement et des indicateurs clés de l’état de santé d’une population. Le Tchad a lancé officiellement la campagne pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle en Afrique (CARMMA 15 décembre 2009) qui est une initiative de l’Union Africaine et de plusieurs organisations et ONG dont l’UNFPA. Le CARMMA vise à sensibiliser et à promouvoir le plan d’action de Maputo. En dépit des efforts consentis, notamment la feuille de route pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle et néonatale 2008-2015 dans le but d’améliorer la santé maternelle et infantile à travers la réduction des cas de décès néonatals, le niveau de la mortalité maternelle reste élevé. L’estimation de ces taux de mortalité exige la déclaration complète et exacte des décès d’adultes et de décès maternels. Ces estimations pourraient être obtenues grâce à l’état civil, mais cette source d’information étant incomplète au Tchad, le module de mortalité maternelle inclus dans l’EDS-MICS 2014-2015 a permis de collecter les données nécessaires à l’estimation de ces indicateurs. Ce chapitre présente les résultats basés sur les données recueillies sur l’historique des frères et sœurs des enquêtées dans le module de mortalité maternelle du questionnaire individuel femme de l’EDS-MICS 2014- 2015. En plus des taux de mortalité des femmes et des hommes de 15-49 ans par groupe d’âges quinquennal, ce chapitre présente une mesure résumée de la mortalité adulte (35q15) qui correspond à la probabilité de décéder entre les âges exacts 15 et 50. Pour suivre l’évolution des probabilités de décès des adultes, le quotient 35q15 a également été calculé pour l’EDST-II 2004. Le terme « mortalité maternelle » utilisé dans ce chapitre (et dans l’EDS précédente), correspond à la notion de « mortalité liée à la grossesse » telle que définie dans la dernière Classification Internationale des Maladies (CIM-10). Selon la CIM-10, un décès lié à la grossesse est défini comme étant le décès d’une femme pendant la grossesse, pendant l’accouchement ou dans les 42 jours suivant la fin de la grossesse, quelle que soit la cause du décès (OMS, 2004). Conformément à cette définition, le module de survie des frères et sœurs utilisé dans les EDS ne collecte des informations que sur le moment où le décès s’est produit et non sur la cause du L Principaux résultats • Les résultats ne montrent pas de changement dans les niveaux de mortalité adulte entre l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 chez les hommes, mais on observe une diminution chez les femmes. En général, les niveaux de mortalité diffèrent peu entre les hommes et les femmes. • Les décès maternels représentent 45 % de tous les décès de femmes de 15-49 ans. • Le Rapport de Mortalité Maternelle est estimé à 860 décès pour 100 000 naissances vivantes pour les sept années précédant l’EDS-MICS 2014-2015. • Les femmes courent un risque de 1 sur 16 de décéder de cause maternelle pendant les âges de procréation. 232 • Mortalité adulte et mortalité maternelle décès. Par ailleurs, les données recueillies ne portent pas exactement sur les 42 jours suivant la fin de la grossesse, mais sur une période de deux mois. 13.1 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, pour obtenir l’historique des frères et sœurs, l’enquêtrice a d’abord demandé à chaque femme interrogée la liste de tous les enfants nés de sa mère biologique, à commencer par le premier-né. L’enquêtrice demandait ensuite si chacun de ces frères et sœurs était toujours vivant. Elle demandait alors l’âge actuel de chaque frère et sœur vivant et, pour les frères et sœurs décédés, l’âge au décès et le nombre d’années écoulées depuis le décès. Quand une enquêtée ne pouvait pas fournir des informations précises sur l’âge au moment du décès et/ou sur le nombre d’années écoulées depuis le décès, une réponse approximative était acceptée. Pour les sœurs décédées à l’âge de 12 ans ou plus, l’enquêtrice posait la ou les questions supplémentaires suivantes afin de déterminer si le décès était « maternel » : • « [NOM DE LA SOEUR] était-elle enceinte quand elle est décédée? » Dans le cas d’une réponse négative, on demandait alors : • « Est-ce que [NOM DE LA SOEUR] est décédée au cours d’un accouchement ? » Dans le cas d’une réponse négative à cette deuxième question, on demandait ensuite : • « Est-ce que [NOM DE LA SOEUR] est décédée dans les deux mois suivant la fin d’une grossesse ou d’un accouchement ? ». Ces questions sont structurées pour encourager l’enquêtée à déclarer tout décès lié à une grossesse, quelle qu’en soit l’issue, tous ces décès étant considérés comme des décès maternels. Le Tableau C.8 à l’Annexe D montre qu’au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, un total de 105 084 frères et sœurs ont été enregistrées dans le module de mortalité maternelle. L’état de survie n’est manquant que pour 133 frères et sœurs (0,1 %). Parmi les frères et sœurs survivants, l’âge actuel n’a pas été déterminé dans 202 cas, soit 0,2 %. Pour 98,9 % des frères et sœurs décédés, l’âge au moment du décès et le nombre d’années depuis le décès ont été déclarés. À l’opposé, dans 0,4 % des cas, l’âge au décès est manquant, dans 0,2 % des cas, le nombre d’années est manquant, et dans 0,5 % des cas, l’âge au décès et le nombre d’années depuis le décès sont manquants. Globalement, le rapport de masculinité à la naissance (nombre de frères par rapport à 100 sœurs) est de 106,4 (Tableau C.9, Annexe C). Ce niveau est cohérent (même s’il est un peu élevé) avec les estimations internationales qui se situent entre 102 et 107, quelles que soient les populations. Il semble donc qu’au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, il n’y a pas eu de sous-déclaration d’un sexe par rapport à l’autre. Selon l’âge de l’enquêtée, le rapport de masculinité ne varie pas beaucoup, se situant entre 104 et 109, mais, compte tenu de la variabilité bien connue du rapport de masculinité dans les petits échantillons, il n’est pas possible d’en déduire une tendance à la sous-déclaration d’un sexe par rapport à l’autre. Au Tableau C.9, on constate également que la taille moyenne de la fratrie (y compris l’enquêtée) est de 7,0 pour l’ensemble des enquêtées, ce qui est très proche de la parité finale des femmes au Tchad1. En outre, la taille moyenne de la fratrie ne présente qu’assez peu de variation selon l’âge de l’enquêtée, ce qui semble indiquer, comme les résultats précédents, qu’il n’y a eu aucune omission importante de frères et sœurs. 1 Le nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes en fin de vie féconde est estimé à 7,9 (femmes de 45-49 ans) (voir Tableau 5.4 au Chapitre 5). Mortalité adulte et mortalité maternelle • 233 Pour déterminer si un décès peut être considéré comme « maternel », pour toutes les sœurs décédées entre 15 et 50 ans, on a posé les trois questions mentionnées plus haut. Si ces questions ne sont pas posées ou si aucune réponse n’est obtenue à ces questions, il n’est pas possible de déterminer si un décès est maternel. Au Tableau C.10, en Annexe C, on constate que pour les 1 022 sœurs décédées à 15-49 ans au cours de la période de 0-6 ans avant l’enquête retenue ici pour l’analyse, ces informations sont manquantes pour 7,8 % des sœurs. Si certaines de ces sœurs étaient mortes de causes maternelles, le niveau de mortalité maternelle présenté plus loin s’en trouverait donc très légèrement sous-estimé. Les remarques qui viennent d’être faites sur la qualité des données ne devraient pas avoir un impact important sur les estimations des niveaux de mortalité adulte et de mortalité maternelle. Cependant, compte tenu de ces remarques, ces estimations devraient être davantage considérées comme des ordres de grandeurs que des mesures précises. 13.2 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ ADULTE Les niveaux de la mortalité des adultes peuvent être estimés à partir des données collectées lors de l’EDS-MICS 2014-2015 ; la connaissance de ces niveaux est importante pour la mise en place des programmes de santé. En outre, évaluer la vraisemblance et la fiabilité des estimations de la mortalité des adultes constitue une première étape nécessaire avant d’évaluer la qualité des données utilisées pour estimer la mortalité maternelle. L’estimation directe de la mortalité adulte utilise les âges déclarés au décès et le nombre d’années écoulées depuis le décès des frères et sœurs des enquêtées. Les taux de mortalité sont calculés en divisant le nombre de décès dans chaque groupe d’âges des femmes et des hommes par le total des personnes années exposées au risque de décéder dans ce groupe d’âges pendant une période déterminée ayant précédé l’enquête. Pour disposer d’un nombre suffisamment important de décès d’adultes pour produire une estimation fiable, les taux sont calculés pour la période de sept ans ayant précédé l’enquête (environ 2008-2015). Néanmoins, les taux de mortalité par âge obtenus de cette manière restent soumis à des variations d’échantillonnage considérables. Le Tableau 13.1 présente les taux de mortalité par âge pour les femmes et les hommes de 15-49 ans pour la période 0-6 ans ayant précédé l’enquête. Globalement, les niveaux de mortalité adulte diffèrent entre les femmes et les hommes (respectivement 4,8 et 5,4 décès pour 1 000 pour l’ensemble du groupe d’âges 15-49 ans). Les variations par âge de la mortalité des femmes et des hommes doivent être interprétées avec prudence du fait des intervalles de confiance très importants de ces taux (voir Tableau C.42 en Annexe C). Néanmoins, les taux de mortalité se situent à des niveaux vraisemblables et suivent, comme attendu, une tendance générale à la hausse avec l’âge, passant d’environ 4 ‰ chez les femmes de 15-19 ans à 7 ‰ à 40-44 ans et, chez les hommes, de 4 ‰ à 15-19 ans à 8 ‰ après 40 ans. Le Graphique 13.1 présente les taux de mortalité par âge des hommes et des femmes selon l’EDS-MICS 2014-2015 et l’EDST-II 2004. On constate que, pour chaque sexe, les courbes de l’EDS-MICS 2014-2015 montrent une tendance plus cohérente que celles de l’EDST-II 2004, probablement à cause du plus grand nombre de cas dans cette dernière enquête, à l’exception du groupe d’âges des femmes de 45-49 ans qui est très faible Tableau 13.1 Taux de mortalité des adultes Estimation directe de la mortalité des femmes et des hommes par groupe d’âges, pour la période 0-6 ans avant l’enquête, Tchad 2014-2015 Groupe d’âges Décès Années d’exposition Taux de mortalité1 FEMME 15-19 163 45 596 3,56 20-24 201 49 329 4,08 25-29 198 42 526 4,67 30-34 193 32 937 5,86 35-39 127 23 396 5,45 40-44 98 14 494 6,79 45-49 36 6 941 5,22 15-49 1 017 215 219 4,81a HOMME 15-19 193 46 421 4,16 20-24 219 49 342 4,45 25-29 205 45 689 4,49 30-34 207 36 224 5,72 35-39 157 24 812 6,32 40-44 119 14 489 8,24 45-49 61 7 288 8,39 15-49 1 162 224 265 5,42a 1 Exprimé pour 1 000 personnes. a Taux standardisé par âge. 234 • Mortalité adulte et mortalité maternelle dans le cas de l’EDS-MICS 2014-2015. Les données ne font pas apparaître, chez les hommes, une tendance au changement mais, chez les femmes, les taux pour l’EDS-MICS 2014-2015 sont plus bas que ceux de l’EDST-II 2004, sauf pour les femmes de 40-44 ans. Graphique 13.1 Taux de mortalité par âge des hommes et des femmes, EDST-II 2004 et EDS-MICS 2014-2015 Le Tableau 13.2 présente une mesure synthétique du risque de décéder entre les âges exacts 15 et 50 (35q15). Selon l’EDS-MICS 2014-2015, les femmes courent un risque de décéder de 163 ‰ entre 15 et 50 ans et les hommes un risque de 189 ‰. En d’autres termes, au Tchad, entre 15 et 50 ans, les femmes et les hommes courent un risque de décéder qui se situe respectivement entre un sur six et un sur cinq. 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Hommes 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Femmes EDST-II 2004 EDS-MICS 2014-2015 Mortalité adulte et mortalité maternelle • 235 Les estimations de 35q15 selon les données de l’EDST-II 2004 pour la période de 0-6 ans avant l’enquête montraient un résultat diffèrent en ce qui concerne le rapport entre hommes et femmes : Le risque de décéder des femmes était plus élevé que celui des hommes : 196 ‰ contre 181 ‰, soit un risque de décéder d’environ un sur cinq pour les femmes contre environ un sur six pour les hommes. Au cours de la période de six ans qui sépare l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015, la probabilité de décéder entre 15 et 50 ans n’aurait pas baissé chez les hommes. Chez les femmes, la mortalité adulte aurait baissé entre les deux enquêtes : 196 ‰ dans l’EDST-II 2004 contre 163 ‰ dans l’EDS- MICS 2014-2015. 13.3 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ MATERNELLE Le Tableau 13.3 présente l’estimation directe de la mortalité maternelle pour la période 2008-2015. La mortalité maternelle est estimée pour une période de sept ans précédant l’enquête pour pouvoir disposer d’un nombre de cas suffisamment important pour minimiser les erreurs de sondage. Le taux de mortalité maternelle chez les femmes de 15-49 ans est de 2,06 décès maternels pour 1 000 femmes-années d’exposition2. Par groupes d’âges quinquennaux, on constate que c’est chez les femmes de 30-34 ans que le taux de mortalité maternelle est le plus élevé (2,65 ‰). Selon l’EDS-MICS 2014-2015, les décès maternels représentent 45 % de tous les décès de femmes de 15-49 ans. Le pourcentage de décès de femmes qui sont « maternels » varie d’un minimum de 15 % chez les femmes de 45-49 ans à un maximum de 55 % à 25-29 ans. Le taux de mortalité maternelle peut être converti en rapport de mortalité maternelle (nombre de décès maternels pour 100 000 naissances vivantes) en le divisant par le taux global de fécondité générale standardisé pour la période correspondante, soit 239 ‰. Exprimé de cette manière, on met davantage en relief le risque obstétrical de la grossesse et de la maternité. Le rapport de mortalité maternelle (RMM) est donc estimé à 860 décès pour 100 000 naissances vivantes au cours de la période de sept ans précédant l’enquête, soit environ 2008- 2015. En d’autres termes, au Tchad, pour 1 000 naissances vivantes au cours des sept années précédant l’EDS- MICS 2014-2015, près de neuf femmes (8,6) sont décédées pendant la grossesse, pendant l’accouchement, ou dans les deux mois suivant l’accouchement. Un autre indicateur, le risque de mortalité maternelle sur la durée de vie (RDV), est calculé à partir du RMM. Cet indicateur exprime le risque pour une femme de décéder de cause maternelle durant les âges de procréation. Ce risque est estimé à 0,06 pour la période 2008-2015. Autrement dit, aujourd’hui au Tchad, les femmes courent un risque de 1 sur 16 de décéder de cause maternelle pendant les âges de procréation (Tableau 13.3). 2 Les femmes-années d’exposition pour un groupe d’âges particulier représentent la somme de temps (en années) qu’une femme contribue à ce groupe d’âges pendant une période déterminée (ici, 2008-2015). Tableau 13.2 Quotients de mortalité adulte Probabilité de décéder des femmes et des hommes entre les âges de 15 et 50 ans pour la période 0-6 ans avant l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 Femme 35q151 Homme 35q151 Enquête EDST-II 2004 (1998-2004) 196 181 EDS-MICS 2014 (2008-2014) 163 189 1 Probabilité de décéder entre les âges exacts de 15 et 50 ans, exprimé pour 1000 personnes-années d’exposition 236 • Mortalité adulte et mortalité maternelle Tableau 13.3 Mortalité maternelle Estimation directe des taux de mortalité maternelle pour la période 0-6 ans avant l’enquête, par groupes d’âges quinquennaux, Tchad 2014-2015 Groupe d’âges Pourcentage de décès de femmes qui sont maternels Décès maternels Années d’exposition Taux de mortalité maternelle1 15-19 50,8 83 45 596 1,81 20-24 45,4 91 49 329 1,85 25-29 55,2 110 42 526 2,58 30-34 45,2 87 32 937 2,65 35-39 37,1 47 23 396 2,02 40-44 32,0 32 14 494 2,17 45-49 15,2 6 6 941 0,80 15-49 44,7 455 215 219 2,06a Taux Global de Fécondité Générale (TGFG)2 239a Rapport de mortalité maternelle (RMM)3 860 Risque de mortalité maternelle sur la durée de vie (RDV)4 0,062 1 Exprimé pour 1 000 femmes-années d’exposition. 2 Exprimé pour 1 000 femmes de 15-49 ans. 3 Exprimé pour 100 000 naissances ; calculé comme suit : [Taux de mortalité maternelle 15-49 ans standardisé par âge x 100/TGFG standardisé par âge]. 4 Calculé à partir de la formule suivante : 1-(1-RMM)ISF où l’ISF est l’indice synthétique de fécondité pour la période 0-6 ans avant l’enquête (estimé à 7,4). a Taux standardisé par âge. Comme l’EDS-MICS 2014-2015 est une enquête par sondage, le niveau du RMM (estimé à 860 décès pour 100 000 naissances) se situe en fait dans un intervalle représenté au Graphique 13.2 et qu’il faut interpréter de la façon suivante : en considérant la taille et les caractéristiques de l’échantillon, il y a une probabilité de 95 % que la valeur réelle du RMM se situe entre 993 et 728. Le Graphique 13.2 présente également l’estimation du RMM avec son intervalle de confiance pour la période de 0-6 ans avant l’EDST-II 2004. Les données du graphique indiquent que l’estimation du RMM actuel (860) est inférieure à celle de l’EDST-II de 2004 (1 099 pour 100 000 naissances). Par ailleurs, on constate que les intervalles de confiance de ces estimations se chevauchent, ce qui signifie que, statistiquement, on ne peut pas confirmer la baisse de la mortalité maternelle ni l’ampleur de cette baisse. Cependant, les améliorations importantes constatées en matière de santé de la reproduction (augmentation importante des soins prénatals et des naissances en établissement sanitaire) sont compatibles avec une baisse de la mortalité maternelle. Mortalité adulte et mortalité maternelle • 237 Graphique 13.2 Rapport de mortalité maternelle (RMM) avec intervalles de confiance (à 95 %) pour la période 0-6 ans avant l’EDST-II 2004 et l’EDS-MICS 2014-2015 1 527 993 671 728 1 099 860 0-6 ans avant l’EDST-II 2004 (1997-2004) 0-6 ans avant l’EDS-MICS 2014-2015 (2008-2015) Décès maternels pour 100 000 naissances vivantes Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 239 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DU VIH/SIDA ET DES IST 14 ICF et INSEED u Tchad, les premiers cas de VIH/sida datent de 1986. Depuis lors, l’épidémie du VIH/sida a fait un bond inquiétant touchant une tranche non négligeable de la population. Il est donc intéressant d’en voir l’évolution au cours du temps. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, les données qui ont été collectées ont permis d’élaborer des indicateurs de base pour le suivi des programmes nationaux de lutte contre le VIH. Il s’agit, entre autres, du niveau de connaissance par la population des moyens de prévention et de transmission du virus, y compris la transmission maternelle, du niveau de discrimination vis-à-vis des personnes vivant avec le sida ou encore l’utilisation du condom et le nombre de partenaires sexuels sur la durée de vie. En outre, des données sur les jeunes de 15-24 ans ont permis de fournir des indicateurs spécifiques à ce groupe d’âges. Ces informations seront très utiles pour renforcer les programmes de prévention ou pour évaluer les résultats des interventions en cours. A Principaux résultats • Environ quatre femmes de 15-49 ans sur cinq (79 %) ont entendu parler du VIH/sida. Chez les hommes, cette proportion est plus élevée (88 %). Comparées aux résultats de l’EDST–II 2004, ces proportions ont peu varié (80 % des femmes et 90 % des hommes). • Seulement 11 % des femmes et 17 % des hommes de 15-49 ans ont une connaissance considérée comme « approfondie » du sida. • Près d’un tiers des femmes et des hommes (28 % dans les deux cas) savent que le VIH peut être transmis de la mère à l’enfant par l’allaitement et que le risque de transmission maternelle peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse. • Seulement 16 % des femmes et 22 % des hommes de 15-49 ans se seraient comportés de manière tolérante envers les personnes vivant avec le VIH/sida dans les quatre situations citées au cours de l’enquête. • Parmi les femmes de 15-49 ans, moins d’un pour cent avait eu, au cours des 12 derniers mois, des rapports sexuels avec 2 partenaires ou plus. Parmi ces femmes, 20 % avaient utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels. Chez les hommes, ces pourcentages sont respectivement de 16 % et 10 %. • Le nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie est estimé à 1,3 chez les femmes et à 4,2 chez les hommes de 15-49 ans. • Seulement, 8 % des femmes et 7 % des hommes de 15-49 ans ont reçu le résultat du dernier test du VIH effectué au cours des 12 derniers mois. À l’opposé, 83 % des femmes et 85 % des hommes de 15-49 ans n’ont jamais effectué de test du VIH. • Parmi les jeunes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, seulement 10 % des femmes et 11 % des hommes ont déclaré avoir effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et en avoir reçu le résultat. 240 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA, DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION Une politique efficace de prévention et d’éducation pour la santé ne peut s’envisager sans une connaissance détaillée des opinions des acteurs clé et une analyse de l’évolution de ces opinions dans le temps. Comme la précédente enquête réalisée en 2004, l’EDS-MICS 2014-2015 a collecté des informations qui ont permis de déterminer le niveau de connaissance du sida dans la population. Le Tableau 14.1 présente les pourcentages de femmes et d’hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 14.1 Connaissance du sida Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique A entendu parler du sida Effectif de femmes A entendu parler du sida Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 76,4 2 471 83,0 1 984 15-19 72,4 1 387 77,3 1 229 20-24 81,6 1 084 92,3 755 25-29 81,3 1 073 92,6 634 30-39 82,7 1 615 91,9 1 204 40-49 78,1 1 026 90,2 894 État matrimonial Célibataire 72,8 1 055 83,0 1 915 A déjà eu des rapports sexuels 90,8 193 96,5 743 N’a jamais eu de rapports sexuels 68,8 862 74,4 1 172 En union 80,2 4 601 91,1 2 678 En rupture d’union 82,6 529 96,9 122 Résidence N’Djaména 96,0 599 98,3 570 Autres villes 91,6 909 94,8 847 Ensemble urbain 93,4 1 507 96,2 1 417 Rural 74,6 4 678 84,4 3 298 Région Batha 51,7 252 81,2 183 Borkou, Tibesti 65,1 28 60,4 15 Chari Baguirmi 80,9 256 91,4 186 Guéra 86,4 362 83,6 264 Hadjer-Lamis 74,0 428 84,6 294 Kanem 28,0 252 66,6 153 Lac 35,2 340 68,8 287 Logone Occidental 95,3 381 95,4 345 Logone Oriental 92,7 566 96,9 447 Mandoul 94,8 445 94,5 375 Mayo Kebbi Est 92,7 428 94,6 316 Mayo Kebbi Ouest 96,6 317 96,7 223 Moyen Chari 93,9 331 97,0 319 Ouaddaï 50,7 304 66,7 161 Salamat 73,0 120 74,8 90 Tandjilé 96,5 376 93,9 248 Wadi Fira 57,8 168 53,9 89 N’Djaména 96,0 599 98,3 570 Barh El Gazal 35,3 88 51,7 70 Ennedi Est, Ennedi Ouest 69,3 30 44,5 17 Sila 60,9 115 78,8 63 Niveau d’instruction Aucun 70,4 3 876 75,2 1 708 Primaire 91,0 1 389 91,3 1 252 Secondaire 98,2 854 97,9 1 565 Supérieur 100,0 66 99,1 190 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 79,1 1 101 86,7 700 Second 77,4 1 261 86,7 917 Moyen 71,3 1 237 82,9 939 Quatrième 73,0 1 213 81,7 840 Le plus élevé 93,4 1 373 97,0 1 319 Ensemble 15-49 79,2 6 185 87,9 4 715 50-59 na na 85,5 533 Ensemble 15-59 na na 87,7 5 248 na = Non Applicable. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 241 Parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans, pratiquement huit femmes sur dix (79 %) et une proportion plus élevée d’hommes (88 %) ont déclaré avoir entendu parler du sida. Comparé aux résultats de la précédente enquête, ces proportions ont peu varié (80 % des femmes et 90 % des hommes). Si l’on examine les résultats par âge, on constate que c’est surtout parmi les plus jeunes que la proportion de ceux qui ont entendu parler du sida est la plus faible, cela que ce soit chez les femmes ou chez les hommes (respectivement 72 % et 77 % à 15-19 ans). En outre, c’est parmi les femmes et les hommes célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels (respectivement 69 % et 74 %), en milieu rural (75 % et 84 %), parmi ceux sans niveau d’instruction (70 % et 75 %) et parmi ceux dont le ménage est classé dans les quintiles intermédiaires (71 % et 83 % dans le quintile moyen et 73 % et 82 % dans le quatrième) que les proportions de ceux qui ont entendu parler du sida sont les plus faibles. Dans les régions, les proportions varient de manière importante : chez les femmes, on constate que, si dans les régions de N’Djaména (96 %), de la Tandjilé (97 %) ou du Mayo Kebbi Ouest (97 %) la quasi-totalité connaisse l’existence du VIH/sida, il en va différemment dans le Barh El Gazal et le Lac où seulement un peu plus d’un tiers des femmes (35 % dans les deux cas) ont entendu parler de cette maladie et c’est la région du Kanem qui enregistre la plus faible proportion de femmes qui connaissent le sida (28 %). Chez les hommes, on note aussi des écarts entre régions mais de moindre ampleur, la proportion variant de 97 % dans le Moyen Chari, le Logone Oriental et le Mayo Kebbi Ouest à 45 % dans l’Ennedi Est, l’Ennedi Ouest. C’est à N’Djaména (98 %) qu’on observe la proportion la plus élevée d’hommes ayant entendu parler du sida. 14.1.1 Connaissance des moyens de prévention du VIH La connaissance par la population des moyens de prévention est indispensable si l’on veut lutter efficacement contre la propagation du virus qui cause le sida. La limitation des rapports sexuels à un(e) seul(e) partenaire fidèle et non infecté(e) ainsi que l’utilisation du condom demeurent les principaux moyens de prévention de l’infection par le VIH. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, on a posé aux enquêtés une série de questions pour évaluer leur connaissance des moyens de prévention du VIH. Parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans, un tiers des femmes (33 %) et un peu plus de la moitié des hommes (53 %) ont déclaré qu’on pouvait limiter les risques de contracter le VIH en utilisant des condoms (Tableau 14.2). En outre, à la question de savoir si la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire sexuel non infecté permet d’éviter de contracter le VIH, 48 % des femmes et 65 % des hommes ont répondu par l’affirmative. Globalement, seulement 27 % des femmes et un peu moins d’un homme sur deux (47 %) connaissent, à la fois, ces deux moyens de prévention. Par rapport à la précédente enquête, on note que chez les femmes, cette proportion a légèrement augmenté, passant de 23 % à 27 % alors que chez les hommes, on remarque la tendance inverse puisque, en 2004, 56 % des hommes de 15-49 ans connaissaient ces deux moyens de prévention contre 47 % à l’enquête actuelle. La connaissance de ces deux moyens de prévention varie en fonction des différentes caractéristiques sociodémographiques. C’est surtout en fonction du niveau d’instruction que la connaissance de ces deux moyens de prévention varie le plus. De 19 % parmi les femmes sans niveau d’instruction, la proportion passe à 75 % parmi celles ayant un niveau supérieur. On constate la même tendance chez les hommes, la proportion de ceux connaissant les deux moyens de prévention du VIH passant respectivement de 24 % à 80 %. En outre, il faut souligner que ce niveau de connaissance est plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (43 % contre 22 % chez les femmes et 60 % contre 42 % chez les hommes) et parmi les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels que dans les autres catégories matrimoniales (44 % chez les femmes et 64 % chez les hommes). Les résultats selon les régions révèlent également des différences importantes : chez les femmes, si dans la région de N’Djaména, 51 % de femmes connaissent les deux moyens de prévention contre le VIH, cette proportion n’est que de 7 % dans le Borkou et le Tibesti, de 6 % dans le Kanem et dans l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest et de 2 % dans le Wadi Fira. Chez les hommes, cette proportion varie d’un minimum de 15 % dans l’Ennedi Est et l’Ennedi Ouest à un maximum de 72 % dans le Logone Oriental. 242 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui, en réponse à une question déterminée, ont déclaré que l’on pouvait réduire les risques de contracter le virus du sida en utilisant un condom à chaque rapport sexuel, et en se limitant à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté et qui n’a pas d’autres partenaires, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Utilisant des condoms1 Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté2 Utilisant des condoms et limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté1,2 Effectif de femmes Utilisant des condoms1 Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté2 Utilisant des condoms et limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté1,2 Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 33,1 45,0 26,7 2 471 50,5 59,2 44,5 1 984 15-19 30,2 38,7 23,7 1 387 44,0 51,4 37,4 1 229 20-24 36,8 53,1 30,6 1 084 61,1 72,0 56,1 755 25-29 34,9 48,3 28,3 1 073 59,7 74,5 53,5 634 30-39 33,4 52,7 28,0 1 615 54,3 69,5 49,7 1 204 40-49 29,1 46,8 25,7 1 026 49,4 66,0 45,1 894 État matrimonial Célibataire 34,8 39,7 26,4 1 055 50,9 59,7 44,9 1 915 A déjà eu des rapports sexuels 53,5 62,8 43,8 193 69,3 79,5 63,5 743 N’a jamais eu de rapports sexuels 30,6 34,5 22,5 862 39,2 47,2 33,1 1 172 En union 31,8 49,2 26,8 4 601 53,5 68,7 48,5 2 678 En rupture d’union 37,4 53,0 31,3 529 55,9 72,3 53,2 122 Résidence N’Djaména 57,9 71,0 51,2 599 70,3 81,8 63,0 570 Autres villes 44,8 61,9 37,9 909 66,2 74,9 58,2 847 Ensemble urbain 50,0 65,5 43,1 1 507 67,9 77,7 60,1 1 417 Rural 27,3 42,2 22,0 4 678 45,9 59,8 41,6 3 298 Région Batha 15,0 24,6 13,6 252 27,6 40,9 23,1 183 Borkou, Tibesti 14,1 27,5 7,1 28 30,9 29,5 18,7 15 Chari Baguirmi 26,0 44,4 21,0 256 39,1 62,2 34,5 186 Guéra 15,9 54,1 12,8 362 39,8 54,7 29,3 264 Hadjer-Lamis 21,4 31,3 11,1 428 43,1 57,3 38,0 294 Kanem 8,6 14,6 6,0 252 20,2 41,4 16,5 153 Lac 17,1 19,5 13,5 340 21,1 36,1 17,6 287 Logone Occidental 48,2 66,3 43,8 381 66,9 84,2 64,6 345 Logone Oriental 45,8 57,9 39,2 566 76,5 80,4 71,5 447 Mandoul 41,1 61,4 35,7 445 63,9 72,3 59,3 375 Mayo Kebbi Est 42,0 53,1 33,8 428 61,6 75,3 55,1 316 Mayo Kebbi Ouest 44,2 67,0 37,4 317 59,1 78,1 56,0 223 Moyen Chari 43,7 55,6 31,7 331 67,6 77,8 62,0 319 Ouaddaï 13,2 30,1 11,3 304 24,2 32,7 15,8 161 Salamat 20,5 39,3 17,3 120 30,3 43,0 23,3 90 Tandjilé 38,5 57,2 32,4 376 61,1 71,9 55,4 248 Wadi Fira 3,7 13,8 2,1 168 21,4 35,1 18,9 89 N’Djaména 57,9 71,0 51,2 599 70,3 81,8 63,0 570 Barh El Gazal 16,4 17,0 9,9 88 20,1 25,9 16,4 70 Ennedi Est, Ennedi Ouest 9,9 29,9 5,7 30 15,2 19,3 14,9 17 Sila 20,1 36,7 17,3 115 25,5 45,6 22,4 63 Niveau d’instruction Aucun 23,1 39,8 18,8 3 876 28,1 45,7 24,2 1 708 Primaire 41,7 56,8 34,2 1 389 54,4 65,5 48,3 1 252 Secondaire 59,0 66,9 49,7 854 73,6 83,3 67,3 1 565 Supérieur 80,8 88,7 75,4 66 86,2 89,1 79,8 190 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 32,6 47,7 28,3 1 101 49,7 61,2 44,8 700 Second 26,3 41,8 20,6 1 261 50,7 63,0 45,0 917 Moyen 25,6 40,6 19,3 1 237 41,8 57,0 37,8 939 Quatrième 26,2 41,9 21,7 1 213 44,8 58,6 40,3 840 Le plus élevé 51,4 65,5 44,0 1 373 67,8 78,8 60,9 1 319 Ensemble 15-49 32,8 47,9 27,1 6 185 52,5 65,2 47,2 4 715 50-59 na na na na 43,1 62,5 39,9 533 Ensemble 15-59 na na na na 51,6 64,9 46,4 5 248 na = Non applicable. 1 En utilisant un condom au cours de chaque rapport sexuel. 2 Un partenaire qui n’a pas d’autre partenaire. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 243 14.1.2 Connaissance approfondie du VIH/sida Les idées erronées sur l’infection à VIH et le sida conditionnent les attitudes et les comportements de la population vis-à-vis de cette infection. Au cours de l’enquête, une série de propositions ont été soumises aux enquêtés pour mesurer leur niveau de connaissance correcte concernant la transmission et la prévention du virus. Les résultats sont présentés aux Tableaux 14.3.1 et 14.3.2. Seulement 43 % des femmes de 15-49 ans savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida. Chez les hommes, cette proportion est légèrement plus élevée bien qu’elle ne concerne qu’un peu moins de la moitié des hommes (49 %). La transmission du VIH par la piqûre de moustique est l’une des idées erronées les plus courantes au Tchad. Dans moins de la moitié des cas, les femmes (46 %) et les hommes (49 %) savent que le virus du sida ne peut être transmis par les moustiques. En outre, la transmission du virus en partageant le repas d’un malade du sida est la seconde idée erronée locale la plus courante : un peu plus d’une femme sur deux (55 %) et une proportion plus élevée d’hommes (63 %) rejettent cette idée incorrecte. Près de six femmes sur dix (57 %) et près de sept hommes sur dix (67 %) rejettent l’opinion erronée selon laquelle le virus peut se transmettre par des moyens surnaturels. Globalement, une faible proportion de femmes (11 %) et d’hommes (17 %) de 15-49 ans peuvent être considérés comme ayant une connaissance « approfondie » du sida. La définition de la connaissance « approfondie » du sida figure au bas des Tableaux 14.3.1 et 14.3.2. Ce niveau de connaissance « approfondie » du sida varie selon toutes les caractéristiques sociodémographiques des femmes et des hommes. C’est cependant en fonction du niveau d’instruction et du niveau de bien-être économique que les variations sont les plus importantes. En effet, la proportion de femmes ayant une connaissance « approfondie » du sida varie de 7 % parmi celles sans instruction à 26 % parmi celles ayant un niveau secondaire et à 63 % parmi celles ayant un niveau supérieur. Chez les hommes, on observe la même tendance, cette proportion variant respectivement de 6 % à 29 % et à 60 %. De même, la proportion de femmes ayant une connaissance « approfondie » du sida est cinq fois plus élevée parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé que parmi celles des ménages du quintile le plus bas (25 % contre 5 %). Chez les hommes, cette proportion est près de quatre fois plus élevée dans les ménages du quintile le plus élevé par rapport à ceux du plus bas (32 % contre 9 %). Enfin, on note pour les femmes, des niveaux très faibles de connaissance dans des régions comme le Kanem (2 %), le Wadi Fira (2 %) et le Barth El Gazal (2 %), Chez les hommes, ce sont des régions comme le Ouaddaï (5 %) et le Wadi Fira (6 %) qui enregistrent les niveaux de connaissance « approfondie »les plus faibles. À l’opposé, c’est dans la région de N’Djaména (32 % pour les femmes et 34 % pour les hommes) que les proportions de ceux qui ont une connaissance « approfondie » du sida sont les plus élevées. 244 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.3.1 Connaissance approfondie du sida : Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant déclaré qu’une personne paraissant en bonne santé pouvait avoir le virus du sida et qui, en réponse à des questions déterminées, rejettent, de manière correcte, les idées locales erronées sur la transmission ou la prévention du virus du sida et pourcentage ayant une connaissance considérée comme « approfondie » du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Pourcentage de femmes qui déclarent que : Pourcentage sachant qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida et rejetant les deux idées locales erronées les plus courantes1 Pourcentage ayant une connaissance « approfondie » du sida2 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le virus du sida ne peut être transmis par les piqûres de moustiques Le virus du sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’une personne qui a le sida Groupe d’âges 15-24 42,2 43,8 55,3 54,7 23,4 11,2 2 471 15-19 37,9 41,5 51,8 50,8 21,1 10,2 1 387 20-24 47,7 46,8 59,7 59,7 26,3 12,5 1 084 25-29 42,5 47,1 57,7 56,9 24,2 11,7 1 073 30-39 44,5 50,7 59,8 57,0 26,2 11,3 1 615 40-49 41,3 43,6 55,4 51,1 20,1 8,5 1 026 État matrimonial Célibataire 41,0 42,7 52,9 52,8 23,8 13,6 1 055 A déjà eu des rapports sexuels 61,8 62,0 75,5 69,4 36,2 24,2 193 N’a jamais eu de rapports sexuels 36,4 38,4 47,9 49,1 21,0 11,2 862 En union 42,3 46,7 56,9 55,5 23,3 10,3 4 601 En rupture d’union 49,6 48,7 64,4 56,2 27,1 10,7 529 Résidence N’Djaména 65,9 71,7 78,4 79,3 47,8 32,1 599 Autres villes 61,7 59,2 70,0 71,1 38,0 19,3 909 Ensemble urbain 63,4 64,1 73,3 74,3 41,9 24,4 1 507 Rural 36,0 40,4 51,6 48,9 17,9 6,5 4 678 Région Batha 23,6 27,8 32,7 30,9 14,4 7,5 252 Borkou, Tibesti 33,3 45,0 49,5 52,6 21,5 2,2 28 Chari Baguirmi 32,3 43,6 56,9 54,4 21,0 9,0 256 Guéra 56,0 49,0 48,6 61,5 35,6 9,1 362 Hadjer-Lamis 41,7 51,6 52,4 54,6 29,4 5,7 428 Kanem 6,0 13,9 12,7 12,3 3,3 1,7 252 Lac 14,7 18,9 23,2 19,2 8,9 4,2 340 Logone Occidental 57,8 49,6 68,7 66,3 28,5 14,3 381 Logone Oriental 51,8 42,6 61,2 57,5 18,4 7,6 566 Mandoul 41,5 52,2 70,6 65,9 17,7 7,1 445 Mayo Kebbi Est 48,5 55,4 68,9 67,0 30,7 18,8 428 Mayo Kebbi Ouest 54,7 50,2 74,6 64,9 25,0 14,8 317 Moyen Chari 49,6 61,4 71,2 67,3 27,2 8,8 331 Ouaddaï 27,2 26,6 34,3 29,6 14,0 4,6 304 Salamat 40,1 47,1 45,9 47,9 23,5 8,6 120 Tandjilé 52,7 49,2 76,7 69,2 22,6 11,0 376 Wadi Fira 11,8 46,1 47,5 44,8 9,4 1,5 168 N’Djaména 65,9 71,7 78,4 79,3 47,8 32,1 599 Barh El Gazal 15,6 14,1 19,6 21,4 4,1 1,9 88 Ennedi Est, Ennedi Ouest 28,5 55,7 59,0 49,2 22,2 4,5 30 Sila 30,6 37,7 39,2 38,1 16,8 4,5 115 Niveau d’instruction Aucun 34,3 40,3 47,1 46,0 18,8 7,1 3 876 Primaire 50,6 49,3 66,3 62,9 25,6 9,7 1 389 Secondaire 64,7 64,4 83,9 80,7 38,9 26,0 854 Supérieur 85,3 89,4 84,8 92,2 77,0 63,3 66 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 37,1 40,1 54,0 47,6 15,2 5,1 1 101 Second 39,8 41,5 53,8 52,4 19,5 8,7 1 261 Moyen 35,2 38,3 47,7 46,2 18,5 6,3 1 237 Quatrième 34,7 43,4 52,1 50,2 20,4 7,6 1 213 Le plus élevé 63,8 64,8 74,7 75,9 42,2 24,5 1 373 Ensemble 15-49 42,7 46,1 56,9 55,1 23,7 10,9 6 185 1 Les deux idées erronées les plus fréquemment citées sont : le virus du sida peut se transmettre par les piqûres de moustique et le virus du sida peut se transmettre en partageant les repas d’une personne qui a le sida. 2 Sont considérées comme ayant une connaissance « approfondie », les femmes qui savent que l’utilisation régulière du condom au cours de chaque rapport sexuel et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, celles qui savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et celles qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du virus du sida. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 245 Tableau 14.3.2 Connaissance approfondie du sida : Hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans ayant déclaré qu’une personne paraissant en bonne santé pouvait avoir le virus du sida et qui, en réponse à des questions déterminées, rejettent, de manière correcte, les idées locales erronées sur la transmission ou la prévention du virus du sida et pourcentage ayant une connaissance considérée comme « approfondie » du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Pourcentage d’hommes qui déclarent que : Pourcentage sachant qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida et rejetant les deux idées locales erronées les plus courantes1 Pourcentage ayant une connaissance « approfondie » du sida2 Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le virus du sida ne peut être transmis par les piqûres de moustiques Le virus du sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’une personne qui a le sida Groupe d’âges 15-24 42,0 45,6 58,2 59,3 21,6 15,4 1 984 15-19 34,4 41,4 50,2 54,7 16,9 11,6 1 229 20-24 54,4 52,3 71,4 67,0 29,2 21,4 755 25-29 58,4 53,6 76,6 72,3 34,0 21,8 634 30-39 52,2 51,6 73,1 65,5 28,3 19,6 1 204 40-49 51,9 50,1 70,1 60,8 25,2 15,6 894 État matrimonial Célibataire 42,9 47,3 58,6 60,8 24,2 17,5 1 915 A déjà eu des rapports sexuels 62,1 62,3 77,9 76,8 38,1 29,4 743 N’a jamais eu de rapports sexuels 30,7 37,8 46,3 50,6 15,4 10,0 1 172 En union 52,4 50,3 71,9 64,1 26,4 17,1 2 678 En rupture d’union 59,0 49,4 81,8 70,0 30,9 20,2 122 Résidence N’Djaména 63,9 72,5 82,8 79,9 44,4 33,7 570 Autres villes 60,6 56,3 77,2 74,8 37,5 28,5 847 Ensemble urbain 61,9 62,8 79,4 76,9 40,3 30,6 1 417 Rural 43,0 43,1 61,3 56,9 19,3 11,7 3 298 Région Batha 34,7 45,4 57,4 49,8 22,7 9,3 183 Borkou, Tibesti 23,9 28,0 37,3 35,3 13,4 7,7 15 Chari Baguirmi 47,5 43,2 59,6 54,0 20,0 14,4 186 Guéra 35,2 33,7 53,4 54,3 11,4 8,4 264 Hadjer-Lamis 52,4 48,4 61,0 55,4 31,9 15,4 294 Kanem 33,1 44,2 42,8 45,9 24,7 7,6 153 Lac 25,9 37,1 43,1 38,8 17,4 9,4 287 Logone Occidental 60,6 55,7 85,4 72,2 33,4 24,1 345 Logone Oriental 54,5 47,1 75,5 66,5 16,0 11,1 447 Mandoul 45,6 47,8 76,0 69,0 16,3 8,5 375 Mayo Kebbi Est 48,8 53,1 75,3 67,2 27,5 24,8 316 Mayo Kebbi Ouest 70,1 49,5 83,2 81,4 36,8 25,0 223 Moyen Chari 59,7 61,6 80,2 74,8 33,7 25,2 319 Ouaddaï 23,9 22,3 30,6 36,2 8,7 5,4 161 Salamat 28,1 27,7 36,4 41,5 11,5 8,0 90 Tandjilé 59,1 57,1 74,2 80,7 33,9 24,5 248 Wadi Fira 32,2 23,9 41,5 41,6 10,7 6,4 89 N’Djaména 63,9 72,5 82,8 79,9 44,4 33,7 570 Barh El Gazal 26,3 31,1 25,8 29,5 16,0 8,6 70 Ennedi Est, Ennedi Ouest 26,6 17,4 29,0 30,1 13,2 9,8 17 Sila 27,3 33,0 35,4 48,5 12,0 9,2 63 Niveau d’instruction Aucun 31,5 39,4 50,0 44,7 15,6 6,1 1 708 Primaire 50,0 40,2 66,4 61,7 19,0 11,5 1 252 Secondaire 62,3 62,4 81,9 80,5 36,8 29,1 1 565 Supérieur 83,3 84,3 95,9 90,5 68,5 59,9 190 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 41,9 37,9 63,7 53,5 14,3 9,1 700 Second 42,6 42,0 65,8 61,1 17,0 10,8 917 Moyen 44,1 45,4 59,3 55,6 23,4 13,9 939 Quatrième 43,9 43,9 58,3 56,6 22,2 12,0 840 Le plus élevé 62,9 65,8 79,8 78,5 41,5 32,1 1 319 Ensemble 15-49 48,7 49,0 66,8 62,9 25,6 17,4 4 715 50-59 44,5 42,4 59,2 54,7 19,6 12,1 533 Ensemble 15-59 48,3 48,4 66,0 62,1 25,0 16,8 5 248 1 Les deux idées erronées les plus fréquemment citées sont : le virus du sida peut se transmettre par les piqûres de moustique et le virus du sida peut se transmettre en partageant les repas d’une personne qui a le sida. 2 Sont considérés comme ayant une connaissance « approfondie », les hommes qui savent que l’utilisation régulière du condom au cours de chaque rapport sexuel et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, ceux qui savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et ceux qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du virus du sida. 246 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST 14.1.3 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant On parle de transmission du VIH de la mère à l’enfant lorsqu’une mère séropositive transmet le VIH à son enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement. Au cours de l’EDS-MICS 2014-2015, on a demandé à tous les enquêtés s’ils savaient que le virus qui cause le sida peut être transmis de la mère à son enfant pendant l’allaitement et que le risque de transmission pouvait être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse. Les résultats sont présentés au Tableau 14.4. Les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à savoir que le VIH peut se transmettre de la mère à l’enfant au moment de l’allaitement (53 % contre 43 %). Par contre, la proportion d’hommes qui savent que le risque de transmission materno-fœtale peut être réduit par la prise de médicaments par la mère pendant la grossesse est un peu plus élevée que celle des femmes (36 % contre 31 %). Globalement, dans une proportion quasiment identique (28 %), les femmes et les hommes de 15-49 ans connaissent, à la fois, le risque de transmission par l’allaitement et l’existence d’un médicament qui peut réduire les risques de transmission maternelle au cours de la grossesse. Tendance La comparaison des résultats de l’enquête actuelle avec ceux de l’EDST-II 2004 montrent que la proportion de femmes qui connaissent le risque de transmission par l’allaitement a nettement augmenté, variant de 36 % en 2004 à 53 % en 2014-2015. Chez les hommes, on ne note pratiquement pas de variation (42 % en 2004 contre 43 % à l’enquête actuelle). Les résultats montrent également que la connaissance de ces deux éléments varie de manière importante en fonction du niveau d’instruction, du quintile de bien-être dans lequel est classé le ménage et le lieu de résidence. En effet, la proportion d’enquêtés qui savent que le VIH peut se transmettre par l’allaitement et qui connaissent l’existence de médicaments pouvant réduire le risque de transmission maternelle du virus augmente avec le niveau d’instruction, passant de 20 % chez les femmes sans niveau d’instruction à 64 % chez celles ayant le niveau d’instruction supérieur ; chez les hommes, cette proportion varie respectivement de 17 % à 61 %. Les résultats selon le niveau de bien-être du ménage montrent que la proportion passe de 26 % chez les femmes des ménages classés dans le quintile le plus bas à 46 % chez celles des ménages du quintile le plus élevé ; chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 23 % et 38 %. On observe également de fortes variations entre le milieu de résidence et les régions : que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, c’est en milieu urbain que ces deux aspects de la transmission maternelle sont les mieux connus : 23 % des femmes du milieu rural contre 45 % en milieu urbain et respectivement 25 % contre 37 % chez les hommes. Les écarts entre régions sont très importants : seulement 4 % des femmes du Kanem connaissent le risque de transmission du VIH par l’allaitement et la possibilité de réduction du risque de transmission de la mère à l’enfant par la prise de médicaments contre 55 % dans la région de N’Djaména. Chez les hommes, c’est dans les régions de N’Djaména (38 %) et de la Tandjilé (37 %) que la proportion de ceux qui connaissent ces deux éléments est la plus élevée. À l’opposé, dans l’Ennedi Est, l’Ennedi Ouest et dans le Salamat, la proportion est beaucoup plus faible (7 % dans chaque région). Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 247 Tableau 14.4 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui savent que le VIH peut être transmis de la mère à l’enfant par l’allaitement et que le risque de transmission maternelle du VIH à l’enfant (TME) peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Effectif de femmes Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 48,7 30,0 27,0 2 471 38,1 32,4 24,5 1 984 15-19 43,2 27,2 24,7 1 387 30,1 24,6 18,0 1 229 20-24 55,7 33,5 30,0 1 084 51,1 45,2 35,1 755 25-29 57,0 33,5 30,2 1 073 44,8 37,6 29,4 634 30-39 56,4 31,1 28,8 1 615 49,3 40,5 32,1 1 204 40-49 50,8 32,5 29,2 1 026 43,4 38,6 30,6 894 État matrimonial Célibataire 44,4 29,2 25,6 1 055 38,4 32,8 24,7 1 915 A déjà eu des rapports sexuels 71,3 48,5 46,5 193 57,0 48,4 37,8 743 N’a jamais eu de rapports sexuels 38,3 24,8 21,0 862 26,5 22,9 16,5 1 172 En union 53,6 30,9 28,2 4 601 45,4 38,2 30,0 2 678 En rupture d’union 58,9 39,2 36,0 529 57,1 50,5 45,0 122 Actuellement enceinte Enceinte 53,5 31,4 29,3 848 na na na na Non enceinte ou pas sûre 52,3 31,3 28,3 5 337 na na na na Résidence N’Djaména 70,8 61,5 55,3 599 55,2 49,2 38,4 570 Autres villes 63,0 41,5 37,6 909 50,4 47,5 35,2 847 Ensemble urbain 66,1 49,4 44,6 1 507 52,4 48,2 36,5 1 417 Rural 48,1 25,5 23,2 4 678 38,8 31,3 24,7 3 298 Région Batha 25,5 14,5 13,8 252 32,3 25,0 22,9 183 Borkou, Tibesti 27,2 11,8 8,6 28 19,8 14,8 8,6 15 Chari Baguirmi 47,0 20,7 19,5 256 22,2 12,6 9,6 186 Guéra 44,5 10,0 9,5 362 28,8 33,7 13,3 264 Hadjer-Lamis 45,9 27,9 24,6 428 44,7 41,1 32,3 294 Kanem 12,7 4,0 3,8 252 32,9 29,4 27,9 153 Lac 14,6 5,8 4,9 340 32,7 23,1 21,2 287 Logone Occidental 70,1 47,6 44,7 381 56,8 41,0 36,4 345 Logone Oriental 67,5 44,0 41,3 566 47,2 43,3 34,3 447 Mandoul 72,4 33,9 32,9 445 47,2 31,6 26,6 375 Mayo Kebbi Est 66,2 32,8 30,3 428 39,9 41,7 29,0 316 Mayo Kebbi Ouest 74,5 47,7 45,4 317 41,1 44,2 30,3 223 Moyen Chari 67,5 38,8 34,4 331 63,5 46,2 41,6 319 Ouaddaï 21,2 9,8 6,0 304 23,6 16,1 11,4 161 Salamat 42,2 24,0 21,4 120 24,0 12,8 7,4 90 Tandjilé 68,0 45,7 37,5 376 52,0 54,5 37,3 248 Wadi Fira 21,0 10,4 10,0 168 25,0 13,7 9,4 89 N’Djaména 70,8 61,5 55,3 599 55,2 49,2 38,4 570 Barh El Gazal 12,8 6,3 5,1 88 28,3 22,0 19,7 70 Ennedi Est, Ennedi Ouest 36,8 17,8 14,5 30 16,5 11,1 6,9 17 Sila 42,8 25,3 22,0 115 22,5 12,4 9,9 63 Niveau d’instruction Aucun 41,8 21,8 19,5 3 876 27,1 21,2 16,9 1 708 Primaire 64,4 37,2 34,3 1 389 41,7 34,4 25,1 1 252 Secondaire 79,5 61,1 56,4 854 56,8 50,6 39,1 1 565 Supérieur 78,6 77,2 64,4 66 77,8 68,7 61,2 190 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 52,1 28,6 26,3 1 101 38,1 30,4 22,8 700 Second 49,5 27,8 24,2 1 261 41,9 33,9 25,5 917 Moyen 44,5 21,2 19,3 1 237 34,4 30,1 24,0 939 Quatrième 45,6 25,1 23,7 1 213 39,6 29,6 24,8 840 Le plus élevé 68,8 51,3 46,4 1 373 54,3 50,0 38,3 1 319 Ensemble 15-49 52,5 31,3 28,4 6 185 42,9 36,4 28,2 4 715 50-59 na na na na 42,9 31,7 25,4 533 Ensemble 15-59 na na na na 42,9 35,9 28,0 5 248 na = Non applicable. 248 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST 14.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH La stigmatisation et la discrimination représentent des obstacles majeurs à l’accès universel aux programmes de prévention et de traitement. D’après le dernier rapport mondial de l’ONUSIDA sur l’épidémie de sida, de nombreuses personnes vivant avec le VIH sont toujours victimes de discrimination et d’injustice et doivent toujours faire face à des comportements de stigmatisation. Le Tchad est l’un des premiers pays d’Afrique à avoir adopté en 2007 la loi portant sur la protection des droits des personnes vivant avec le VIH et que le gouvernement, sur ses fonds propres, a décidé d’assurer une prise en charge gratuite des malades du sida : dépistage, traitement et suivi. Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes et aux hommes qui avaient entendu parler de la maladie quelle attitude ils adopteraient s’ils se trouvaient confrontés à certaines situations impliquant des personnes vivant avec le VIH/sida. À partir des informations recueillies, on a défini un indicateur combiné qui évalue le niveau global de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH. Plus précisément, on a demandé aux enquêtés s’ils seraient prêts à s’occuper chez eux d’un parent ayant contracté le VIH, s’ils achèteraient des légumes frais chez un commerçant vivant avec le VIH, s’ils pensaient qu’une enseignante ayant contracté le VIH mais qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer à travailler et enfin s’ils pensaient qu’il fallait garder secret l’état d’un membre de la famille ayant contracté le VIH. Les résultats sont présentés aux Tableaux 14.5.1 pour les femmes et 14.5.2 pour les hommes. On constate que 75 % des femmes et 80 % des hommes de 15 à 49 ans ont déclaré qu’ils seraient prêts à s’occuper chez eux d’un membre de la famille ayant contracté le VIH. Par contre, seulement 46 % des femmes et 53 % des hommes achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH, 58 % des femmes et 61 % des hommes ont déclaré qu’une enseignante vivant avec le VIH et qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer d’enseigner. Enfin, une femme sur deux (50 %) et près de six hommes sur dix (57 %) pensent qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille vivant avec le VIH. Globalement, les hommes se montreraient plus tolérants dans les quatre situations citées que les femmes (22 % contre 16 %). On remarque que l’élévation du niveau d’instruction va de pair avec une plus grande tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH. En effet, de 13 % parmi les femmes sans niveau d’instruction, la proportion de celles qui se montreraient tolérantes dans les quatre situations citées atteint 28 % parmi celles ayant un niveau secondaire et 43 % parmi celles ayant un niveau supérieur. Chez les hommes, la tendance est similaire et les proportions sont respectivement de 13 %, 27 % et 45 %. Les variations selon le quintile de bien-être sont assez irrégulières mais c’est dans les ménages classés dans le quintile le plus élevé que les proportions de femmes et d’hommes qui se comporteraient de manière tolérante sont les plus élevés (23 % chez les femmes et 26 % chez les hommes). En outre, les proportions de femmes et d’hommes qui se montreraient tolérants varient selon le milieu et la région de résidence : les attitudes de tolérance semblent plus courantes en milieu urbain qu’en milieu rural (22 % contre 14 % pour les femmes et 27 % contre 19 % pour les hommes). Dans les régions, on note que c’est dans le Barh El Gazal que la proportion de femmes ayant exprimé les quatre attitudes de tolérance est la plus faible (2 %) ; à l’opposé, dans les régions de N’Djaména et du Moyen Chari, ces proportions sont de 26 %. Chez les hommes, c’est dans le Wadi Fira (36 %) et dans le Moyen Chari (31 %) que ces comportements de tolérance seraient les plus courants à la différence de régions comme le Ouaddaï où seulement 4 % des hommes se montreraient tolérants dans les quatre situations citées. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 249 Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida : Femmes Parmi les femmes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, pourcentage exprimant, dans des situations déterminées, des attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Pourcentage de femmes qui : Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif de femmes ayant entendu parler du sida Caractéristique sociodémographique Seraient prêtes à s’occuper à la maison d’un parent ayant le sida Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le virus du sida Pensent qu’une enseignante vivant avec le virus du sida mais qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer d’enseigner Pensent qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille ayant le virus du sida Groupe d’âges 15-24 74,0 43,9 58,1 49,7 16,0 1 888 15-19 74,3 43,5 57,1 50,7 16,3 1 003 20-24 73,6 44,4 59,1 48,6 15,6 885 25-29 75,7 48,9 60,1 49,6 16,6 873 30-39 77,4 46,1 58,9 50,1 16,7 1 335 40-49 75,0 47,0 53,8 49,4 16,9 801 État matrimonial Célibataire 76,2 47,7 62,4 52,3 19,5 768 A déjà eu des rapports sexuels 81,5 61,9 73,2 61,6 32,3 175 N’a jamais eu de rapports sexuels 74,6 43,5 59,2 49,6 15,7 593 En union 75,5 45,1 56,2 49,0 15,4 3 692 En rupture d’union 72,8 49,8 64,7 51,5 19,5 437 Résidence N’Djaména 83,5 63,0 78,3 46,2 26,3 575 Autres villes 79,0 57,0 69,2 46,2 19,6 833 Ensemble urbain 80,8 59,4 72,9 46,2 22,3 1 408 Rural 73,2 40,4 51,9 51,2 14,1 3 490 Région Batha 57,6 37,2 50,3 26,2 2,0 130 Borkou, Tibesti 59,7 33,0 36,0 20,4 2,4 18 Chari Baguirmi 73,6 45,5 46,6 39,8 8,4 207 Guéra 64,0 34,6 46,3 52,1 8,8 313 Hadjer-Lamis 73,4 34,3 46,3 48,0 9,0 317 Kanem 48,4 27,4 48,7 37,9 3,3 70 Lac 63,5 30,9 44,4 34,8 4,2 120 Logone Occidental 81,0 54,7 67,4 58,4 20,6 363 Logone Oriental 77,7 48,1 70,2 60,9 22,1 524 Mandoul 82,5 51,2 61,7 56,5 23,4 422 Mayo Kebbi Est 76,6 42,3 55,7 47,9 16,7 396 Mayo Kebbi Ouest 79,4 44,0 57,7 59,6 17,8 306 Moyen Chari 81,1 55,6 69,4 50,9 25,7 311 Ouaddaï 66,7 38,2 31,5 38,0 5,2 154 Salamat 63,4 39,5 42,3 45,2 6,7 88 Tandjilé 81,0 44,8 54,0 55,8 14,9 363 Wadi Fira 51,3 33,1 28,7 24,0 4,8 97 N’Djaména 83,5 63,0 78,3 46,2 26,3 575 Barh El Gazal 51,1 13,8 41,5 40,2 1,9 31 Ennedi Est, Ennedi Ouest 73,0 32,7 30,8 24,4 9,4 21 Sila 69,5 31,7 35,7 34,8 6,1 70 Niveau d’instruction Aucun 70,3 40,4 50,6 47,2 13,0 2 728 Primaire 79,2 45,2 60,9 51,6 14,8 1 265 Secondaire 84,8 61,9 74,6 54,8 27,9 838 Supérieur 91,9 84,9 92,8 56,3 42,9 66 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 70,5 38,8 51,4 53,7 14,0 872 Second 74,7 41,5 50,6 49,8 14,8 976 Moyen 72,6 38,5 52,3 51,9 12,8 882 Quatrième 74,6 44,1 53,4 48,1 14,8 885 Le plus élevé 81,7 60,4 75,1 46,6 22,9 1 282 Ensemble 15-49 75,4 45,9 58,0 49,7 16,4 4 897 250 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida : Hommes Parmi les hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, pourcentage exprimant des attitudes de tolérance, dans des situations déterminées, à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015 Pourcentage d’hommes qui : Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif d’hommes ayant entendu parler du sida Caractéristique sociodémographique Seraient prêts à s’occuper à la maison d’un parent ayant le sida Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le virus du sida Pensent qu’une enseignante vivant avec le virus du sida mais qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer d’enseigner Pensent qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille ayant le virus du sida Groupe d’âges 15-24 80,2 54,2 61,3 51,4 19,1 1 647 15-19 79,4 52,2 57,9 49,2 16,5 950 20-24 81,2 56,8 66,0 54,4 22,5 697 25-29 80,6 52,3 61,3 61,3 24,1 586 30-39 79,6 52,8 60,6 61,2 23,6 1 106 40-49 79,0 49,1 58,9 60,3 23,1 807 État matrimonial Célibataire 81,7 56,7 60,7 52,6 21,4 1 589 A déjà eu des rapports sexuels 87,8 66,3 69,6 55,5 27,4 717 N’a jamais eu de rapports sexuels 76,6 48,7 53,4 50,2 16,4 872 En union 78,2 49,3 60,0 60,0 21,4 2 439 En rupture d’union 89,3 63,2 72,8 59,0 35,7 119 Résidence N’Djaména 88,2 67,1 68,1 55,0 24,9 561 Autres villes 86,0 67,9 68,5 53,4 27,7 803 Ensemble urbain 86,9 67,6 68,3 54,0 26,6 1 364 Rural 76,4 45,2 56,9 58,7 19,4 2 783 Région Batha 55,2 40,1 39,5 47,5 17,0 148 Borkou, Tibesti 64,9 33,9 40,0 40,3 9,7 9 Chari Baguirmi 75,1 22,4 40,6 67,6 6,8 170 Guéra 79,3 37,0 40,8 54,5 16,8 221 Hadjer-Lamis 60,7 32,9 50,7 65,4 14,8 249 Kanem 52,7 47,9 39,2 59,5 16,8 102 Lac 42,1 39,9 31,5 45,9 7,7 197 Logone Occidental 91,3 69,6 78,4 62,6 35,3 329 Logone Oriental 86,2 61,7 87,5 56,2 26,2 433 Mandoul 90,6 68,2 78,6 58,2 32,4 354 Mayo Kebbi Est 87,2 38,8 51,7 62,7 12,3 299 Mayo Kebbi Ouest 83,5 41,2 64,7 69,0 20,7 216 Moyen Chari 91,7 76,7 76,6 51,7 31,0 310 Ouaddaï 59,1 28,2 23,5 30,6 3,6 108 Salamat 67,7 22,6 27,5 36,4 8,2 67 Tandjilé 91,7 50,9 57,5 67,2 25,7 233 Wadi Fira 84,9 69,5 62,7 47,5 35,7 48 N’Djaména 88,2 67,1 68,1 55,0 24,9 561 Barh El Gazal 34,1 41,1 35,4 69,8 14,3 36 Ennedi Est, Ennedi Ouest 91,5 45,0 38,6 35,8 21,0 8 Sila 75,6 29,0 27,5 43,8 9,3 50 Niveau d’instruction Aucun 63,4 36,4 39,6 55,0 12,7 1 284 Primaire 84,9 50,6 64,4 57,3 21,2 1 143 Secondaire 88,6 64,0 72,5 58,1 26,9 1 531 Supérieur 91,1 81,0 85,2 63,5 45,4 188 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 81,7 42,3 58,3 61,8 20,5 607 Second 78,4 44,6 58,9 61,1 18,5 795 Moyen 72,2 48,8 55,4 53,4 18,5 778 Quatrième 76,0 46,4 54,3 59,3 21,6 686 Le plus élevé 86,6 67,9 69,6 53,6 26,4 1 279 Ensemble 15-49 79,9 52,5 60,7 57,1 21,8 4 147 50-59 81,7 43,9 53,5 62,4 22,2 456 Ensemble 15-59 80,0 51,7 59,9 57,7 21,8 4 602 Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 251 14.3 OPINIONS CONCERNANT LA PRÉVENTION DES IST ET DU VIH 14.3.1 Négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint La promotion de comportements sexuels sans risque fait partie des mesures destinées à contrôler l’épidémie de VIH. De plus, étant donné que les femmes sont plus vulnérables au VIH que les hommes, il est important de savoir si elles sont en mesure de refuser des rapports sexuels à risques avec leur mari/partenaire. Au cours de l’enquête, on a donc demandé aux femmes et aux hommes s’ils pensaient que, dans un couple où la femme sait que son conjoint a des relations sexuelles avec d’autres femmes, il est justifié qu’elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui. On a aussi demandé si, dans le cas où la femme sait que le conjoint a une IST, la femme pouvait lui demander d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels. Les résultats sont présentés selon l’opinion des femmes et des hommes au Tableau 14.6. Seulement 15 % des femmes contre 57 % des hommes pensent qu’il est normal que, dans le cas où une femme sait que son mari/partenaire a des relations sexuelles avec d’autres femmes, elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui. En outre, 14 % des femmes pensent qu’il est justifié qu’une femme qui sait que son mari a une IST demande à utiliser un condom au cours des rapports sexuels. Chez les hommes, cette proportion est beaucoup plus élevée : 70 %. Cette opinion varie de manière importante en fonction du niveau d’instruction, que ce soit chez les femmes ou chez les hommes. En effet, la proportion de femmes favorables à ces deux mesures de protection augmente avec le niveau d’instruction : de 13 % parmi les femmes sans niveau d’instruction, la proportion de celles qui pensent qu’il est justifié de refuser des rapports sexuels à son mari/partenaire dans le cas où il a d’autres partenaires sexuelles passe à 27 % parmi les femmes ayant un niveau supérieur. Concernant l’utilisation d’un condom dans le cas où le mari/partenaire a une IST, la proportion de femmes favorables à cette mesure passe de 11 % à 35 %. On peut aussi souligner que les proportions de femmes favorables à ces deux mesures sont plus élevées en milieu urbain que rural. On constate le même type de variations chez les hommes. 252 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.6 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui pensent qu’il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint quand elle sait qu’il a des relations sexuelles avec d’autres femmes et pourcentage qui pensent qu’il est justifié qu’une femme qui sait que son conjoint a une infection sexuellement transmissible (IST) demande à utiliser un condom au cours des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2014-2015