Sénégal - Demographic and Health Survey - 2015

Publication date: 2015

Sénégal Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) Résultats Régionaux 2012−2014 RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL Sénégal : Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) 2012-2014 Résultats Régionaux Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) Dakar, Sénégal The DHS Program ICF International Rockville, Maryland, USA Septembre 2015 Ministère de la Santé et l’Action Sociale Ce rapport présente pour les 14 régions du Sénégal les résultats combinés de la première et de la deuxième année de l’Enquête Démographique et de Santé Continue au Sénégal (EDS-Continue 2012-2014), exécutée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD). L’EDS-Continue 2014 a été réalisée avec l’appui financier du Gouvernement du Sénégal, de l’USAID, de l’UNICEF, de l’UNFPA et de Micronutrient Initiative. Elle a bénéficié de l’assistance technique du programme mondial des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys– The DHS Program) de ICF International dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données démographiques et de santé portant, en particulier, sur la fécondité, la mortalité, la planification familiale, la santé de la mère et de l’enfant, la nutrition, le paludisme et le VIH. Le Laboratoire de Parasitologie de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop a apporté son expertise à la réalisation de cette opération. Pour tous renseignements concernant l’EDS-Continue 2014, contacter : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) Rocade Fann Bel-air Cerf-volant B.P. 116 ; Dakar RP (Sénégal) Téléphone : (221) 33 869 21 39/33 869 21 60 Fax : (221) 33 824 36 15 E-mail : statsenegal@ansd.sn / statsenegal@yahoo.fr Site web : www.ansd.sn Concernant The DHS Program, des renseignements peuvent être obtenus auprès de : ICF International 530 Gaither Road, Suite 500, Rockville, MD 20850 USA Téléphone : 1-301-407-6500 Fax : 1-301-407-6501 E-mail : info@dhsprogram.com Internet : www.dhsprogram.com Citation recommandée : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) [Sénégal], et ICF International. 2015. Sénégal : Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue 2012-14), Rapport Régional. Rockville, Maryland, USA : ANSD et ICF International. Table des matières • iii TABLE DES MATIÈRES LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES . v AVANT-PROPOS . ix REMERCIEMENTS . xi CARTE DU SÉNÉGAL . xii 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE . 1 1.1 Présentation du pays . 1 1.1.1 Géographie . 1 1.1.2 Économie . 1 1.1.3 Population . 2 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire . 3 1.2 Cadre institutionnel, objectifs et méthodologie de l’enquête . 3 1.2.1 Cadre institutionnel . 3 1.2.2 Objectifs . 4 1.2.3 Méthodologie . 4 1.2.4 Réalisation de l’EDS-Continue . 9 1.2.5 Interprétation de la période de référence des indicateurs de la base de donneés combinées 2012-2013 et 2014 . 11 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES . 13 2.1 Provenance de l’eau de boisson . 13 2.2 Types de toilettes . 13 2.3 Lavage des mains . 14 2.4 Caractéristiques des logements . 15 2.5 Quintiles de bien-être économique des ménages . 16 2.6 Sexe du chef de ménage et taille moyenne du ménage . 16 3 SITUATION DES ENFANTS . 19 3.1 Enregistrement des naissances . 19 3.2 Enfants orphelins et résidence avec les parents . 19 3.3 Accès à l’instruction. 20 3.3.1 Taux net de scolarisation . 20 3.3.2 Taux bruts de scolarisation . 21 3.3.3 L’abandon scolaire des enfants . 22 3.4 Développement du jeune enfant . 23 3.5 Travail des enfants . 24 4 FÉCONDITÉ ET MORTALITÉ DES ENFANTS . 27 4.1 Fécondité . 27 4.1.1 Fécondité différentielle . 27 4.1.2 Intervalle intergénésique . 29 4.1.3 Exposition au risque de grossesse . 29 4.1.4 Âge à la première naissance . 31 4.1.5 Fécondité des adolescentes . 31 4.2 Mortalité des enfants . 32 iv • Table des matières 5 CONTRACEPTION ET PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ DES FEMMES. 33 5.1 Utilisation actuelle de la contraception . 33 5.2 Besoins en matière de planification familiale . 34 5.3 Préférences en matière de fécondité . 36 5.3.1 Désir d’enfants supplémentaires . 36 5.3.2 Nombre idéal d’enfants . 36 5.3.3 Planification de la fécondité . 37 6 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT . 39 6.1 Santé de la mère . 39 6.1.1 Soins prénatals . 39 6.1.2 Assistance lors de l’accouchement . 42 6.1.3 Lieu d’accouchement . 43 6.2 Santé de l’enfant . 44 6.2.1 Vaccination des enfants . 44 6.2.2 Maladies des enfants . 46 7 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL . 49 7.1 Allaitement et alimentation de complément . 49 7.1.1 Allaitement maternel . 49 7.1.2 Aliments de complément . 51 7.2 Consommation de micronutriments . 52 7.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages. 52 7.2.2 Consommation de vitamine A et de fer . 53 7.3 Anémie . 55 7.4 État nutritionnel des enfants . 56 8 PALUDISME . 61 8.1 Moustiquaires et pulvérisation intradomiciliaire . 61 8.1.1 Possession de moustiquaires . 61 8.1.2 Pulvérisation intradomiciliaire (PID) . 62 8.1.3 Accès aux moustiquaires . 63 8.1.4 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages . 64 8.1.5 Utilisation des moustiquaires par les groupes vulnérables . 65 8.2 Traitement préventif antipaludéen au cours de la grossesse . 67 8.3 Prévalence de la fièvre et traitement antipaludéen des enfants de moins de cinq ans . 68 8.4 Taux d’hémoglobine . 69 8.5 Parasitémie palustre . 71 8.5.1 Prévalence de la parasitémie palustre chez les enfants . 71 9 EXCISION DES FILLES DE MOINS DE 15 ANS . 73 9.1 Prévalence de l’excision chez les filles de moins de 15 ans . 73 9.2 Infibulation . 73 ANNEXE A ENQUÊTE CONTINUE AU SÉNÉGAL 2012-2014 (EDS-CONTINUE 2012-2014) PLAN DE SONDAGE . 75 A.1 Objectifs . 75 A.2 Base de sondage . 75 A.3 Procédure de tirage et répartition de l’échantillon . 76 A.4 Calcul des probabilités de tirage . 78 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 81 Liste des tableaux et des graphiques • v LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE . 1 Tableau 1.1 Résultats des interviews Ménages et Individuelles . 9 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES . 13 Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire . 13 Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages . 14 Tableau 2.3 Lavage des mains . 15 Tableau 2.4 Caractéristiques du logement . 16 Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique . 16 Tableau 2.6 Composition des ménages . 17 3 SITUATION DES ENFANTS . 19 Tableau 3.1 Enregistrement des naissances d’enfants de moins de cinq ans . 19 Tableau 3.2 Enfants orphelins et résidence avec les parents . 20 Tableau 3.3 Taux de fréquentation scolaire . 22 Tableau 3.4 Taux d’abandon scolaire par niveau d’instruction . 23 Tableau 3.5 Programme d’apprentissage ou d’éveil . 23 Tableau 3.6 Travail des enfants . 25 4 FÉCONDITÉ ET MORTALITÉ DES ENFANTS . 27 Tableau 4.1 Fécondité . 27 Tableau 4.2 Intervalle intergénésique . 29 Tableau 4.3 Durée médiane de l’aménorrhée, de l’abstinence post-partum et de l’insusceptibilité post-partum . 30 Tableau 4.4 Âge médian à la première naissance . 31 Tableau 4.5 Grossesse et fécondité des adolescentes . 31 Tableau 4.6 Quotients de mortalité des enfants selon la région de résidence . 32 Graphique 4.1 Descendance à 40-49 ans et ISF pour les 3 dernières années . 28 5 CONTRACEPTION ET PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ DES FEMMES. 33 Tableau 5.1 Utilisation actuelle de la contraception selon la région . 33 Tableau 5.2 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union . 35 Tableau 5.3 Désir de limiter les naissances . 36 Tableau 5.4 Nombre idéal d’enfants selon la région . 37 Tableau 5.5 Taux de fécondité désirée . 37 Graphique 5.1 Indice synthétique de fécondité et indice synthétique de fécondité désirée . 38 6 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT . 39 Tableau 6.1 Soins prénatals . 40 Tableau 6.2 Nombre de visites prénatales . 40 Tableau 6.3 Composants des visites prénatales . 41 Tableau 6.4 Vaccination antitétanique . 42 Tableau 6.5 Assistance lors de l'accouchement . 43 Tableau 6.6 Lieu de l’accouchement . 44 Tableau 6.7 Vaccinations selon la région de . 45 Tableau 6.8 Traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA), de la fièvre et de la diarrhée . 46 vi • Liste des tableaux et des graphiques 7 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL . 49 Tableau 7.1 Allaitement initial . 50 Tableau 7.2 Durée médiane de l’allaitement . 51 Tableau 7.3 Pratiques alimentaires des nourrissons et des jeunes enfants . 52 Tableau 7.4 Présence de sel iodé dans le ménage . 53 Tableau 7.5 Consommation de micronutriments par les enfants . 54 Tableau 7.6 Consommation de micronutriments par les mères . 55 Tableau 7.7 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 56 Tableau 7.8 Échelle pour l’interprétation des valeurs de prévalence de la malnutrition (-2 Z-score) dans une population . 57 Tableau 7.9 État nutritionnel des enfants . 57 Graphique 7.1 Prévalence de la malnutrition (enfants de moins de 5 ans) . 58 8 PALUDISME . 61 Tableau 8.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 62 Tableau 8.2 Pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel (PID) contre les moustiques . 63 Tableau 8.3 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages . 65 Tableau 8.4 Utilisation des moustiquaires par les enfants . 66 Tableau 8.5 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes . 67 Tableau 8.6 Utilisation d'antipaludéens à titre préventif et du Traitement Préventif Intermittent (TPIg) par les femmes au cours de la grossesse . 68 Tableau 8.7 Prévalence, diagnostic et traitement précoce de la fièvre chez les enfants . 69 Tableau 8.8 Hémoglobine < 8,0 g/dl . 70 Tableau 8.9 Couverture du test de paludisme chez les enfants (non pondéré) . 71 Tableau 8.10 Résultat du test de diagnostic rapide (TDR) et la gouttes épaisse (GE) du paludisme chez les enfants . 72 Graphique 8.1 Pourcentage de la population de fait ayant accès à une MII dans le ménage . 64 Graphique 8.2 Pourcentage d'enfants de 6-59 mois dont le niveau d'hémoglobine est inférieur à 8,0 g/dl . 70 Graphique 8.3 Prévalence du paludisme chez les enfants de 6-59 mois selon les résultats du test de diagnostic rapide (TDR) et de la goutte épaisse . 72 9 EXCISION DES FILLES DE MOINS DE 15 ANS . 73 Tableau 9.1 Excision des filles de 0-14 ans selon la région . 73 Tableau 9.2 Infibulation . 74 ANNEXE A ENQUÊTE CONTINUE AU SÉNÉGAL 2012-2014 (EDS-CONTINUE 2012-2014) PLAN DE SONDAGE . 75 Tableau A.2.1 Répartition des nombres de DR et taille moyenne des DR en ménages par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2002) . 76 Tableau A.2.2 Répartition des ménages et de la population par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2002) . 76 Tableau A.3.1 Répartition de l'échantillon grappes et de l'échantillon ménages par région et par type de résidence, EDS-Continue 2012-2014 . 77 Tableau A.3.2 Répartition des nombres attendus de femmes enquêtées avec succès et des enfants de 6-59 mois par région et par type de résidence EDS-Continue 2012-2014 . 78 Liste des tableaux et des graphiques • vii ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 81 Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage, Sénégal, EDS-Continue 2012-2014 . 83 Tableau B.2 Erreurs de sondage : Echantillon Total, EDS-Continue 2012-14 . 84 Tableau B.3 Erreurs de sondage : Echantillon Dakar, EDS-Continue 2012-14 . 85 Tableau B.4 Erreurs de sondage : Echantillon Ziguinchor, EDS-Continue 2012-14 . 86 Tableau B.5 Erreurs de sondage : Echantillon Diourbel, EDS-Continue 2012-14 . 87 Tableau B.6 Erreurs de sondage : Echantillon Saint-Louis, EDS-Continue 2012-14. 88 Tableau B.7 Erreurs de sondage : Echantillon Tambacounda, EDS-Continue 2012-14 . 89 Tableau B.8 Erreurs de sondage : Echantillon Kaolack, EDS-Continue 2012-14 . 90 Tableau B.9 Erreurs de sondage : Echantillon Thiès, EDS-Continue 2012-14 . 91 Tableau B.10 Erreurs de sondage : Echantillon Louga, EDS-Continue 2012-14 . 92 Tableau B.11 Erreurs de sondage : Echantillon Fatick, EDS-Continue 2012-14 . 93 Tableau B.12 Erreurs de sondage : Echantillon Kolda, EDS-Continue 2012-14 . 94 Tableau B.13 Erreurs de sondage : Echantillon Matam, EDS-Continue 2012-14 . 95 Tableau B.14 Erreurs de sondage : Echantillon Kaffrine, EDS-Continue 2012-14 . 96 Tableau B.15 Erreurs de sondage : Echantillon Kédougou, EDS-Continue 2012-14 . 97 Tableau B.16 Erreurs de sondage : Echantillon Sédhiou, EDS-Continue 2012-14 . 98 Avant-propos • ix AVANT-PROPOS près l’édition 2011, le Sénégal s’est engagé dans la mise en œuvre d’un programme d’enquêtes dans lequel des phases de collecte de données sont répétées à des intervalles réguliers et annuels. Il s’agit de l’Enquête Démographique et de Santé du Sénégal Continue (EDS-Continue). C’est ainsi, que la première phase a été réalisée en 2012-2013 (EDS-Continue 2012-13) et la deuxième en 2014 (EDS- Continue 2014). L’EDS-Continue comporte un volet traitant de la production d’indicateurs sociodémographiques (Volet ménages) et un autre (ECPSS 2014) visant à évaluer la disponibilité des ressources matérielles et humaines ainsi que la qualité des soins offerts par les services de santé aux populations (Volet Établissements de santé). Je me réjouis de la qualité de la collaboration avec le Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan qui a associé le Ministère de la Santé et l’Action Sociale dans cette importante démarche. L’EDS-Continue 2012-13 et 2014 ont été réalisées par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) avec le concours technique d’ICF International. Le laboratoire de parasitologie de l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD) a apporté son appui dans la mise en œuvre du volet relatif à la parasitémie palustre. Je leur adresse ici mes vifs remerciements. Les données de deux enquêtes ont été combinées pour permettre de calculer des indicateurs au niveau des 14 régions du pays. Les indicateurs calculés concernent la condition des enfants, la fécondité et la mortalité infantile et juvénile, la planification familiale, les préférences en matière de fécondité, les soins pré et postnatals, les maladies des enfants, leur prévention et leur prise en charge. Elle renseigne également sur les questions relatives à la malnutrition des enfants à partir des mesures anthropométriques, la prévention et la prévalence du paludisme, l’alimentation des enfants et l’excision des filles. En mettant en place ce dispositif, l’ANSD entend mettre à la disposition des utilisateurs et producteurs de statistiques et des décideurs politiques, particulièrement ceux qui travaillent au niveau des 14 régions du pays, une grande variété de données actualisées ou tout simplement inédites nécessaires à une bonne planification économique et sociale. Comme toutes les enquêtes EDS, les bases de données et toute la documentation de l’enquête sont téléchargeables en ligne auprès de l’ANSD et à ICF International en vue de promouvoir les études approfondies. Je suis convaincu que tous les utilisateurs sauront tirer profit de cette mine d’informations qu’est l’EDS-Continue pour une meilleure planification de leurs activités dans chacune des 14 régions. La mise en œuvre de cette enquête a mobilisé des ressources financières importantes. L’Agence Américaine pour le développent International (USAID), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le Micronutient Initiative (MI) et l’État en ont assuré le financement. Les partenaires techniques et financiers ont aussi contribué techniquement à la mise en œuvre de cette opération dans le cadre des comités technique et de pilotage du projet. Je leur adresse mes sincères remerciements. Mes remerciements vont donc à tous les partenaires institutionnels et à toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de cette importante investigation. J’exprime ma profonde gratitude aux populations et aux services de l’État pour leur appui et leur disponibilité tout au long du travail de collecte des données. A Remerciements • xi REMERCIEMENTS e rapport présente les données combinées des deux premières phases de l’Enquête Démographique et de Santé du Sénégal Continue (EDS-Continue) réalisées en 2012-13 et 2014. Conformément au programme d’actions du Schéma Directeur de la Statistique, le programme de l’EDS-Continue offre la possibilité de créer un flux continu de données sur la population qui aide à répondre à la demande de suivi plus régulier des indicateurs de couverture et d’impact résultant des initiatives en cours visant à renforcer les programmes de santé au niveau national et aussi régional. Ce rapport présente des indicateurs au niveau régional, ce qui est possible grâce à l’augmentation de la taille de l’échantillon en regroupant dans une seule base de données les résultats de la première et la deuxième enquête EDS-Continue. Cette opération régulière qui regroupe une enquête ménage et une enquête auprès des établissements de santé est une nouvelle illustration de la politique de rationalisation des ressources aussi bien financières que techniques, par l’harmonisation et la mutualisation des moyens. Elle a nécessité la mobilisation d’importantes ressources financières, de la disponibilité et de la compétence de plusieurs personnes ressources. Je voudrais donc, à l’occasion de la publication du présent rapport, adresser mes sincères remerciements au Gouvernement du Sénégal, à ses partenaires au développement, notamment l’USAID, l’UNICEF, l’UNFPA, à ICF International et à Micronutrient Initiative qui ont appuyé l’ANSD tout le long de cette opération. À travers l’Enquête Continue, l’ANSD réaffirme son ancrage dans les nouvelles technologies en ayant encore recours aux ordinateurs portables pour la collecte et la saisie directe des données sur le terrain. L’ANSD s’inscrit donc résolument dans la collecte de données d’enquêtes sans questionnaires papiers. Une telle option à succès consolide son leadership et confirme la nécessité de faire confiance à l’expertise nationale. J’exprime donc mes félicitations aux experts de l’ANSD et mes sincères remerciements à ICF International. Je voudrais aussi remercier les personnels techniques et administratifs du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale, au niveau central comme au niveau périphérique pour leur précieuse collaboration ; les membres des Comité de pilotage et technique pour leur compétence et leur disponibilité ainsi que les personnels du laboratoire de parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop pour leur efficacité dans l’exploitation des analyses biologiques. Je voudrais également témoigner ma profonde gratitude et ma reconnaissance à l’égard des populations des localités enquêtées ainsi qu’aux autorités administratives, locales, coutumières et religieuses pour l’accueil chaleureux qu’elles ont réservé aux personnels de terrain. Enfin, j’adresse toutes mes félicitations aux personnels de terrain, chauffeurs, enquêteurs, techniciens de santé, chefs d’équipe et superviseurs et les informaticiens de l’enquête pour leur professionnalisme, leur dévouement et leur endurance qui ont été déterminants pour la réussite de l’enquête. Je salue le concours des collègues de l’ensemble des services techniques, administratifs, logistiques et financiers de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie qui se sont tous mobilisés pour assurer un succès éclatant à cette enquête cruciale C xii • Carte du Sénégal MAURITANIE MALI GUINÉEGUINÉE-BISSAU GAMBIE Sud Nord Centre Ouest Louga Matam Tambacounda Kolda Saint-Louis Kédougou Fatick Kaffrine Thiès SédhiouZiguinchor Kaolack Diourbel Dakar SÉNÉGAL 0 100 20050 Kilomètres ¯ Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1 Cheikh Tidiane NDIAYE et Fatou Bintou Niang CAMARA e premier chapitre présente le pays ainsi que le contexte du rapport combiné des Enquêtes Démographiques et de Santé Continue 2012-2013 et 2014 (EDS-Continue 2012-2014). Ce rapport permet de disposer des indicateurs représentatifs au niveau des 14 régions du pays. Ses objectifs et sa méthodologie y sont également exposés. 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS 1.1.1 Géographie Pays Soudano-Sahélien situé à l’extrême Ouest du continent africain, le Sénégal est limité, au nord, par la République de Mauritanie, à l’est, par le Mali, au sud, par la Guinée Bissau et la Guinée et, à l’ouest, par l’Océan Atlantique. Il est traversé par la Gambie qui est une enclave de terre située entre les régions de Kaolack et de Ziguinchor, sur le cours inférieur du fleuve du même nom. D’une superficie de 196 722 kilomètres carrés, le Sénégal possède une grande ouverture sur l’Océan Atlantique avec ses 700 kilomètres de côtes. C’est un pays plat, l’altitude dépassant rarement 100 mètres et le point culminant, le mont Assiriki, situé au sud-est du pays, a une hauteur de 381 mètres. Au plan hydrographique, le pays est traversé d’est en ouest par quatre fleuves, le Sénégal, la Gambie, la Casamance et le Saloum et leurs affluents. Ce réseau est complété par quelques cours d’eau temporaires et une contribution significative du lac de Guiers au nord du pays. Au niveau administratif, la nouvelle organisation administrative, territoriale et locale du Sénégal est fixée par le décret du 10 septembre 2008. Le territoire passe ainsi de 11 à 14 régions administratives, en ayant comme dernières créations les régions de Kaffrine, Kédougou et Sédhiou, issues respectivement des anciennes régions de Kaolack, Tambacounda et Kolda. Les régions sont subdivisées en départements (au nombre de 45). On dénombre 554 collectivités locales composées de 46 communes d’arrondissement, 125 communes (assimilées au milieu urbain) et 383 communautés rurales. 1.1.2 Économie Le Sénégal s’est engagé dans un nouveau modèle de développement à travers une stratégie qui vise l’émergence dans la solidarité à l’horizon 2035. Cette stratégie constitue le référentiel de la politique économique et sociale. Elle met l’accent sur la création de richesses et d’emplois, le renforcement de la gouvernance, le développement des secteurs stratégiques ayant des impacts significatifs sur l’amélioration du bien-être des populations, particulièrement par la protection des groupes vulnérables et la garantie de l’accès aux services essentiels. L’analyse de la dynamique de la croissance économique montre que sur la période 1990 (date de départ des OMD) à 2013, le taux de croissance moyen du PIB réel tourne autour de 3,3 %. Cette croissance a été volatile avec des pics variant entre -0,7 % (1990) et 6,7 % (2003). Il ressort de l’analyse que le taux de croissance a une corrélation relativement plus forte avec l’agriculture industrielle ou d’exportation (0,7) et le commerce (0,6). Enfin, le profil de croissance a été marqué, en fin de période, plus précisément depuis 2007 par une croissance fluctuant autour d’une tendance à la baisse rendant aléatoire l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à l’horizon 2015. La croissance du PIB en 2013 s’est établie à 3,5 % en termes réels contre 3,4 % en 2012. La qualité des services publics sociaux demeure un sujet de préoccupation. L’analyse de ces derniers nous C 2 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête renseignent sur l’existence de fortes inégalités, un niveau élevé du chômage (notamment celui des jeunes), la vulnérabilité face aux chocs exogènes, la poursuite des contreperformances économiques, sociales et environnementales ainsi qu’une croissance peu inclusive et tout ceci comptant au nombre des problèmes récurrents du Sénégal dont les solutions devront, par conséquent, alimenter l’agenda du développement pour l’après 2015. Des efforts conséquents devront être engagés en matière de réduction de la pauvreté et dans les secteurs de la santé (mortalité maternelle et infantile), de l’éducation (achèvement du cycle élémentaire) et de l’assainissement. 1.1.3 Population Le Sénégal dispose d’une masse importante de données sociodémographiques et économiques grâce à de nombreuses enquêtes réalisées au cours des trente dernières années. En effet, en dehors de quatre recensements généraux (RGP de 1976, RGPH de 1988, RGPH de 2002 et RGPHAE de 2013), plusieurs enquêtes d’envergure nationale ont été menées, parmi lesquelles on peut citer l’Enquête Sénégalaise sur la Fécondité de 1978, l’Enquête sur les Migrations et l’Urbanisation au Sénégal en 1993, l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (1994/1995 et 2001/2002), sept Enquêtes Démographiques et de Santé (1986, 1992-1993, 1997, 2005, 2010-2011, 2012-2013 et 2014), l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants au Sénégal en 2005 et l’Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal en 2006 et en 2011. Ces différentes investigations ont permis d’obtenir des indicateurs démographiques de base à différentes dates qui contribuent au suivi et à l’évaluation des projets et programmes de développement. La population du Sénégal recensée en 2013 est de 13 508 715 habitants1 dont 6 735 421 hommes et 6 773 294 femmes. Cette population s’établissait en 2002 à 9 858 482 habitants, soit un taux d’accroissement annuel moyen intercensitaire de 2,7 % entre 2002-2013. Avec 4 958 085 en 1976 et 6 881 919 en 1988, les taux d’accroissement intercensitaires étaient respectivement de 2,7 % et 2,6 % pour 1976-1988 et 1988-2002. La densité moyenne est de 65 habitants au km2. Cependant, cette population est inégalement répartie entre les 14 régions administratives du pays. Les effectifs de population les plus élevés se retrouvent dans les régions de Dakar, Thiès et Diourbel avec, respectivement, 3 139 325 habitants (23,2 % de la population totale), 1 789 923 habitants (13,3 %) et 1 499 867habitants (11,1 %) alors que les régions septentrionales et orientales du pays se caractérisent toujours par la faiblesse de leur population. La région de Kédougou enregistre le plus faible effectif de population avec 151 715 habitants (1,1 %). La région de Tambacounda, qui représente la région la plus vaste du pays (21,5 % de la superficie du pays), ne compte que 5,0 % de la population du Sénégal. La population croît rapidement : le fort taux de croissance démographique de 2,7 % observé entre 2002 et 2013 résulte essentiellement d’une fécondité encore élevée (ISF de 5,0 en 2012-2013) et d’une mortalité infantile en baisse (61 ‰ en 2005,47 ‰ en 2010-2011 et 43 ‰ 2012-2013). De cette forte croissance, résulte une extrême jeunesse de la population : l’âge moyen de la population est de 22,7 ans et la moitié de la population a moins de 18 ans (âge médian). Au niveau national, Les résultats du RGPHAE révèlent que près d’un Sénégalais sur deux âgé d’au moins dix ans (46 %) sait lire et écrire dans une langue quelconque (53,8 % chez les hommes contre 37,7 % chez les femmes). Le taux d’alphabétisation est plus élevé en milieu urbain où on enregistre 57,9 % contre 33,8 % en milieu rural. Selon la région de résidence, c’est Ziguinchor (72 %) et Dakar (69 %) qui affichent les taux les plus élevés. La population du Sénégal est essentiellement musulmane (96,1 %). On y trouve aussi des chrétiens (3,8 %) ; les animistes et autres religions constituent les 0,1 % restant. 1 Il s’agit ici de toute la population résidente (population de droit) au Sénégal y compris la population comptée à part (population des ménages ordinaires, collectifs et population flottante). Les données de population des précédents recensements n’incluant pas ce type de population, les taux d’accroissement annuel moyen sont calculés au regard de la seule population résidente, hors celle comptée à part. Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 3 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire La politique dans le secteur de la santé demeure dans la dynamique de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et de la réalisation des objectifs prioritaires du deuxième Plan National de Développement Sanitaire (PNDS-II, 2009-2018) avec notamment pour objectif la réduction de la mortalité maternelle et de la mortalité infanto juvénile, la maîtrise de la fécondité et un plus grand accès aux services de base pour les plus démunis. La part du budget de l’État allouée au secteur de la santé a été en hausse régulière ces dernières années. La priorité accordée au secteur de la santé s’est traduite par une augmentation constante du budget du ministère de la Santé qui est passé de 36 milliards de Francs CFA en 1998, à 90,5 en 2008, 105,9 en 2011 et à 110,5 milliards en 2012. Ce budget représente aujourd’hui 10,4 % du budget de fonctionnement de l’État. À l’heure actuelle, le Sénégal compte un total de 3 084 structures de santé (dont 86 hôpitaux, 242 centres de santé y compris les centres médicaux de garnison (CMG), 1 250 postes de santé y compris les infirmeries des maisons d’arrêt et de correction (MAC) et 1 506 cases de santé2. Cependant, en termes de couverture en infrastructures sanitaires, le Sénégal n’a pas encore atteint les normes3 préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ces deux dernières décennies ont été marquées par une amélioration de la situation sanitaire comme en atteste la tendance de la plupart des indicateurs suivis par les programmes de santé. Les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile bien qu’encore élevés, ont connu une baisse significative. En effet, le taux de mortalité infanto-juvénile est passé de 121 ‰ en 2005,72 ‰ en 2010-2011 et 65 ‰ en 2012-2013et celui de la mortalité infantile est passée de 61 ‰ en 2005, à 47 ‰ en 2010-2011et à 43 ‰ en 2012-2013. Enfin, le rapport de mortalité maternelle s’établit à 392 pour 100 000 naissances vivantes en 2010-2011. Le PNDS accorde une place importante à la surveillance épidémiologique, à la santé de la reproduction, aux MST/Sida et au contrôle des maladies endémiques, notamment le paludisme. Cette dernière endémie qui est une des premières causes de morbidité, est en train de perdre du terrain, résultat à mettre notamment à l’actif du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP). Le niveau de prévalence du VIH relativement faible au sein de la population générale âgée de 15 à 49 ans (0,7 % en 2010-2011) reste stable. En 2012-2013, plus de neuf mères sur dix (95 %) ont consulté du personnel médical formé pendant la grossesse. Pour les naissances ayant eu lieu au cours des 5 dernières années, en 2012-2013, 51 % des mères ont bénéficié, pendant l’accouchement, de l’assistance de personnel médical formé. La couverture vaccinale chez les enfants de moins de cinq ans a enregistré une amélioration (70 % en 2012-2013). 1.2 CADRE INSTITUTIONNEL, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1.2.1 Cadre institutionnel Le Gouvernement du Sénégal s’est engagé depuis 2012 à réaliser une Enquête Continue conformément au programme d’actions du Schéma Directeur de la Statistique. Elle couvre la période 2 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) [Sénégal] et ICF International. 2012. Enquête Continue sur la Prestation des Services de Soins de Santé (ECPSS) du Sénégal 2014. Rockville, Maryland, USA : ANSD et ICF International. 3 Normes OMS : 1 poste de santé pour 10 000 habitants ; 1 centre de santé pour 50 000 habitants et 1 hôpital pour 150 000 habitants. 4 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête 2012-2017 et offre la possibilité de créer un flux continu de données sur la population qui aidera à répondre à une demande de suivi plus régulier des indicateurs de couverture et d’impact résultant des initiatives mondiales en cours, visant à renforcer les programmes de santé. L’Enquête-Continue a été réalisée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) avec l’assistance technique d’ICF International et l’organisme américain en charge du programme international des EDS (Demographic and Health Surveys-DHS). Le laboratoire de parasitologie de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a apporté son appui dans la mise en œuvre du volet portant sur le test du paludisme (formation des agents, prélèvements et analyses des échantillons de sang, analyse des données). Pour la mise en œuvre de l’enquête, un comité de pilotage a été mis en place comprenant, en plus de l’équipe technique de l’EDS-Continue, le ministère de la Santé et les partenaires au développement. Pour la réalisation de l’EDS-Continue, le Gouvernement du Sénégal a bénéficié de l’appui financier de l’USAID, de l’UNFPA, de l’UNICEF et de Micronutrient Initiative (MI). 1.2.2 Objectifs L’Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) a comme objectifs fondamentaux : (1) répondre aux besoins permanents en données pour planifier, suivre et évaluer les programmes de santé et de population, et (2) renforcer les capacités au sein des institutions du pays pour collecter, traiter, analyser, diffuser et utiliser ces données. En outre, l’EDS-Continue comporte d’autres avantages potentiels. La rétention plus longue du bureau central et du personnel de terrain inhérente à l’EDS-Continue conduit à une « institutionnalisation de fait » du processus EDS, ce qui apporte des avantages que ne peut apporter une EDS quinquennale. On s’attend à ce que le renforcement des capacités du personnel et l’institutionnalisation du processus EDS se traduisent par une amélioration de la qualité des données et une réduction des besoins en assistance technique. La conception de l’EDS-Continue permet également une plus grande souplesse pour répondre aux besoins en statistiques du pays dans la mesure où chacune des phases de l’EDS-Continue peut être adaptée à des sujets particuliers, ce qui est difficile dans le cadre d’une enquête quinquennale. Ces objectifs sont en accord avec les principes fondamentaux de Global Health Initiative (GHI), récemment lancée par le gouvernement des États-Unis pour soutenir les résultats qui améliorent la santé, en particulier chez les femmes et les jeunes enfants, en renforçant la performance du système de santé dans les pays en développement. La GHI est un programme axé sur le résultat et qui compte, parmi ses principes fondamentaux, l’engagement à la prise de décision basée sur la connaissance et à un suivi et une évaluation améliorés. L’engagement au respect de la propriété nationale fait partie intégrante du GHI. Conformément à ce principe, c’est au Sénégal que revient la tâche de réaliser une EDS-Continue. Il convient de noter que le Sénégal est le premier pays en Afrique et le deuxième pays après le Pérou à entreprendre une enquête continue dans le cadre du programme DHS. 1.2.3 Méthodologie Questionnaires Pour permettre une certaine souplesse dans la conception de chaque phase de l’EDS-Continue, le questionnaire standard du Programme DHS utilisé a été réduit. Des modifications jugées nécessaires ont été apportées aux questionnaires de base pour les adapter aux spécificités socioculturelles du Sénégal et répondre aux besoins des utilisateurs. Aussi, pour assurer la comparabilité des résultats au niveau international, ces changements ont été aussi limités que possible. Ce questionnaire réduit comprend un historique des naissances complet permettant le calcul des taux de fécondité et de mortalité et fournit la plupart des indicateurs recommandés au niveau international, y compris ceux de l’UNICEF. Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 5 Par ailleurs, le Sénégal qui a inclus le test du VIH dans l’enquête EDS-MICS de 2010-2011, le refera lors de la phase 2017 de l’EDS-Continue. Trois questionnaires ont été utilisés : un questionnaire ménage, un questionnaire individuel pour les femmes de 15-49 ans et, un questionnaire individuel pour les hommes de 15-59 ans. Le contenu spécifique de ces différents questionnaires est le suivant : Le questionnaire ménage : Le questionnaire ménage a été utilisé pour lister tous les membres habituels et les visiteurs des ménages sélectionnés. La page de couverture contient les informations relatives à l’identification du ménage, aux résultats de l’interview qui permettent de calculer le taux de couverture de l’enquête et aux contrôles de terrain et de bureau. Ce questionnaire a permis de collecter des informations sur les membres habituels du ménage et les visiteurs qui y ont passé la nuit précédant l’interview. Les informations recueillies portent sur le sexe, l’âge, l’éducation scolaire et préscolaire, la survie des parents, la déclaration des enfants à l’état civil, la prise en charge des jeunes enfants au niveau préscolaire et le travail des enfants. Par ailleurs, d’autres informations portant sur les caractéristiques du logement (approvisionnement en eau, type de toilettes, matériau de construction, disponibilité de l’électricité, possession de biens durables, etc.), la possession, l’utilisation et le traitement des moustiquaires, ainsi que l’utilisation du sel iodé4 dans la préparation des repas, ont été également collectées. Des questions relatives à l’accès à la propriété foncière et à la sécurité résidentielle ont également été posées. Ces informations ont été recueillies afin d’évaluer les conditions environnementales et socioéconomiques dans lesquelles vivent les personnes enquêtées. En outre, un module sur les maladies chroniques a été introduit dans le questionnaire pour recueillir des informations sur la prévalence des maladies chroniques et les facteurs de risques qui leurs sont associés notamment le tabagisme et la consommation d’alcool. Finalement, un des objectifs essentiels du questionnaire ménage était d’identifier les femmes éligibles pour des interviews individuelles et les enfants éligibles pour les mesures anthropométriques, les tests d’anémie et de parasitémie palustre. De plus, le questionnaire ménage a permis de recueillir les résultats des tests sur le paludisme et des mesures anthropométriques de tous les enfants de moins de 5 ans des ménages enquêtés de façon à déterminer leur état nutritionnel (émaciation, insuffisance pondérale et retard de croissance pour les enfants). Ce questionnaire a également été utilisé pour enregistrer les résultats des mesures anthropométriques, de l’hémoglobine (anémie) et de la parasitémie palustre. Dans les ménages échantillonnés, les tests d’anémie et de parasitémie palustre ont été effectués sur les enfants de 6- 59 mois. Après obtention du consentement éclairé des parents ou des personnes en charge des enfants, un prélèvement sanguin a été effectué auprès des enfants de 6-59 mois. Il a permis d’effectuer, sur le terrain, un test mesurant le niveau d’hémoglobine, et un Test de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme. En outre, du sang a été collecté sur lame pour confectionner une goutte épaisse qui a été analysée ultérieurement en laboratoire pour estimer la prévalence du paludisme. Le questionnaire individuel femme : Il constitue l’élément central de l’enquête. Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire ménage sur laquelle sont enregistrés les informations d’identification du ménage, le résultat de l’interview qui permet de calculer le taux de couverture de l’enquête et les contrôles de terrain et de bureau, ainsi que dix sections qui servent à recueillir des informations sur les thèmes suivants : 4 Dans tous les ménages enquêtés, le sel utilisé pour la cuisine est testé pour déterminer sa teneur en iode. Les résultats du test permettront de déterminer la proportion de femmes et d’enfants vivant dans un ménage utilisant du sel suffisamment iodé. 6 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • Caractéristiques sociodémographiques : cette section porte sur le lieu de résidence, l’âge et la date de naissance, la scolarisation, l’alphabétisation, la nationalité, la religion et l’ethnie ; • Reproduction : cette deuxième section permet de collecter des informations sur les naissances vivantes que la femme a eues durant sa vie, ainsi que sur leur état de survie au moment de l’enquête, sur l’état de grossesse au moment de l’enquête, et sur la connaissance de la période féconde dans le cycle menstruel ; • Connaissance et utilisation de la contraception : cette section permet de recueillir des informations sur la connaissance et l’utilisation actuelle des différentes méthodes contraceptives, ainsi que sur les sources d’approvisionnement. Elle porte également sur les raisons de la non-utilisation d’une méthode ; • Grossesse et soins postnatals : cette section porte sur les naissances des cinq années ayant précédé l’enquête. Elle permet d’obtenir des informations sur la période de la grossesse, les soins prénatals incluant la vaccination antitétanique, le lieu d’accouchement et la qualification de la personne ayant assisté la femme, les soins postnatals, le retour des règles et la reprise des rapports sexuels après la naissance de l’enfant ; • Vaccination des enfants, santé et nutrition : les questions portent sur la fréquence et la durée de l’allaitement, sur le type d’allaitement (maternel ou artificiel), ainsi que sur l’utilisation des différents compléments nutritionnels. La deuxième partie porte sur les vaccinations incluses dans le Programme Élargi de Vaccinations (PEV) et la santé des enfants de moins de cinq ans, plus particulièrement sur la prévalence et le traitement de la fièvre, de la toux et de la diarrhée ; • Mariage et activité sexuelle : cette section porte sur l’état matrimonial de la femme, la cohabitation avec le conjoint, le type de mariage (monogamie ou polygamie), l’âge au premier mariage et l’âge aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l’activité sexuelle ; • Préférences en matière de fécondité : cette section recueille des informations sur le désir d’enfants supplémentaires, l’intervalle souhaité entre les naissances et l’opinion concernant la taille de la famille ; • Caractéristiques du conjoint et travail de la femme : les questions qui ont été posées permettent de connaître les caractéristiques socioprofessionnelles du conjoint des femmes en union et l’activité professionnelle de celles-ci ; • IST et sida : cette section vise à obtenir des informations sur la connaissance et la prévalence des infections sexuellement transmissibles, sur les modes de transmission et les moyens de prévention du sida ; et • Excision : on collecte dans les deux phases de l’Enquête Continue 2012-2013 et 2014 des informations sur la pratique de l’excision sur les filles âgées de moins de 15 ans. Le questionnaire individuel homme : Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire ménage sur laquelle sont enregistrés les informations d’identification du ménage, le résultat de l’interview qui permet de calculer le taux de couverture de l’enquête et les contrôles de terrain et de bureau, ainsi que huit sections qui servent à recueillir des informations sur les thèmes suivants : • Caractéristiques sociodémographiques ; • Reproduction ; • Connaissance et utilisation de la contraception ; • Mariage et activité sexuelle ; Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 7 • Préférences en matière de fécondité ; • Emploi et rôle des sexes ; • VIH et autres infections sexuellement transmissibles ; et • Excision Manuels et autres documents techniques En plus des questionnaires, d’autres documents techniques ont été élaborés par l’équipe technique. Il s’agit en particulier : • du manuel des enquêtrices ; • du manuel des chefs d’équipe ; • du manuel de cartographie et de dénombrement des ménages ; • du manuel d’utilisation des tablettes PC (système d’interview assisté par ordinateur (CAPI) ; • du manuel pour l’anthropométrie ; • du manuel du test du paludisme ; • des fiches d’affectation des enquêteurs/contrôleuses ; • des fiches de contrôle et de gestion pour les tests (anémie et paludisme) ; et • des fiches de référence pour les tests (anémie et paludisme). L’ANSD a assuré la reproduction en nombre suffisant de ces différents documents. Tests d’hémoglobine et de la parasitémie palustre Dans les ménages sélectionnés, les enfants de 6-59 mois étaient éligibles pour le test d’anémie et de parasitémie. Les protocoles pour les tests de l’anémie et de la parasitémie palustre ont été approuvés par le Comité d’Éthique (Internal Review Board) d’ICF International à Rockville, Maryland (USA) et par le Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé (CNERS) du Sénégal. Pour réaliser les prélèvements sanguins auprès des personnes éligibles, chaque équipe de terrain comprenait un enquêteur-technicien de santé spécialement chargé des prélèvements. En plus de la formation d’enquêteurs, ce technicien avait reçu une formation spéciale sur tous les aspects des protocoles du test d’anémie. D’abord, pour chaque enfant éligible, le technicien cherchait à obtenir le consentement éclairé de la personne responsable de l’enfant après lui avoir expliqué les procédures de prélèvement, la confidentialité du test et les conditions de prise en charge en cas de besoin. Test d’hémoglobine : Le test d’hémoglobine est la principale méthode pour diagnostiquer l’anémie ; ce test est effectué en utilisant le système d’HemoCue. Avant de prélever le sang, le doigt était nettoyé avec un tampon imbibé d’alcool et séché à l’air. Ensuite, le bout du doigt (ou du talon des enfants de moins d’un an et très maigre) était piqué avec une lancette rétractable, stérile et non réutilisable. Une goutte de sang était récupérée dans une microcuvette et ensuite introduite dans le photomètre HemoCue qui indiquait le niveau d’hémoglobine. Ces résultats étaient enregistrés dans le questionnaire ménage et communiqués à la personne testée, ou au parent/adulte responsable, en expliquant la signification des résultats. Si la personne présentait une anémie sévère (un niveau d’hémoglobine <7 g/dl), l’enquêteur fournissait une fiche de référence pour rechercher des soins auprès d’un service de santé. Test de parasitémie palustre : Les tests de parasitémie palustre ont été effectués sur les enfants de 6-59 mois. Deux tests du diagnostic du paludisme ont été réalisés : un Test de Diagnostic Rapide (TDR) dont les résultats étaient communiqués aux parents/personne en charge de l’enfant, et une goutte épaisse. Les enfants testés positifs au TDR étaient référencés auprès d’un service de santé par les techniciens de laboratoire de l’enquête selon le protocole en vigueur. 8 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête Par ailleurs, les gouttes épaisses confectionnées sur une lame porte-objet après prélèvement d’un échantillon de sang ont été analysées au laboratoire du Département de Parasitologie de la Faculté de Médecine de l’UCAD de Dakar. Échantillonnage L’EDS Continue 2012-2014 comporte deux enquêtes séparées, celle de 2012-2013 et celle de 2014. Afin de garantir la représentativité de l’échantillon pour chaque enquête, les échantillons ont étés conçus d’une manière spécifique : au premier degré, un échantillon de l’unité primaire de sondage (UPS) consistant en 400 Districts de Recensement (DR), dont 158 DR en milieu urbain et 242 DR en milieu rural, ont été sélectionnés avec un tirage systématique stratifié et à probabilité proportionnelle à la taille. La taille des DR correspond au nombre de ménages résidant dans le DR selon la base de sondage. La stratification a été obtenue en séparant chaque région en zones urbaine et rurale. En conséquence, les 14 régions ont été stratifiées en 28 strates d’échantillonnage. Les échantillons ont été choisis indépendamment dans chaque strate. L’allocation de l’échantillon est présentée en annexe A. Après le tirage au premier degré, les 400 DR ont été divisés en deux sous-échantillons de 200 DR chacun, dont 79 en milieu urbain et 121 en milieu rural, de manière systématique. L’enquête de 2012-2013 et celle de 2014 portent, chacune, sur un sous- échantillon de telle façon que l’échantillon pour chaque enquête est un échantillon représentatif de 200 grappes, et l’échantillon pour les deux enquêtes ensemble est un échantillon représentatif de 400 grappes. La répartition de l’échantillon pour chaque enquête et pour les deux enquêtes ensemble est présentée en annexe A. Au deuxième degré et pour chaque enquête, un dénombrement des ménages et une mise à jour de la carte dans chacun de ces DR a fourni la liste des ménages à partir de laquelle a été tiré au second degré un échantillon de 22 ménages avec un tirage systématique à probabilité égale. Des poids de sondage ont été calculés pour chaque enquête pour la tabulation du rapport final par enquête, et les poids de sondage ont été recalculés pour les deux enquêtes ensemble, tout en prenant en compte les différentes étapes d’échantillonnage et de sous échantillonnage, et également les non-réponses au niveau du ménage et au niveau de l’individu. L’EDS Continue 2012-2014 vise trois populations cibles : les femmes de 15-49 ans, les hommes de 15-59 ans dans l’enquête de 2014 seulement, et les enfants de 6-59 mois. Le champ de l’enquête couvre l’ensemble du territoire et porte sur un échantillon national stratifié d’environ 8 800 ménages ; on s’attendait à enquêter 16 200 femmes de 15-49 ans et 11 500 enfants 6-59 mois. Cet échantillon a permis de produire, pour la plupart des indicateurs, des résultats représentatifs au niveau des 14 régions administratives. Au cours de l’EDS-Continue 2012-2014, au total, 8 799 ménages ont été sélectionnés et parmi eux, 8 520 ménages occupés ont été identifiés au moment de l’enquête. Parmi ces 8 520 ménages enquêtés, 8 406 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 98,7 % (Tableau 1.1). Le taux de réponse est légèrement plus élevé en milieu rural (99,0 %) qu’en milieu urbain (98,2 %). Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 9 Tableau 1.1 Résultats des interviews Ménages et Individuelles Effectif de ménages, nombre d’interviews et taux de réponse par milieu de résidence (non pondéré), EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Résidence Total Résultat Urbain Rural Interviews Ménages Ménages sélectionnés 3 475 5 324 8 799 Ménages occupés 3 355 5 165 8 520 Ménages interviewés 3 293 5 113 8 406 Taux de réponse des ménages1 98,2 99,0 98,7 Interviews des femmes de 15-49 ans Effectif de femmes éligibles 7 028 10 845 17 873 Effectif de femmes éligibles interviewées 6 766 10 358 17 124 Taux de réponse des femmes éligibles2 96,3 95,5 95,8 Interviews des hommes de 15-59 ans Effectif d’hommes éligibles 1 578 2 203 3 781 Effectif d’hommes éligibles interviewés 1 393 1 978 3 371 Taux de réponse des hommes éligibles2 88,3 89,8 89,2 1 Ménages enquêtés/ménages identifiés 2 Enquêtés interviewés/enquêtés éligibles Dans les 8 406 ménages enquêtés, 17 873 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme éligibles pour l’enquête individuelle, et pour 17 124 d’entre elles, l’interview a été menée avec succès, soit un taux de réponse de 95,8 %. Le taux de réponse est légèrement plus élevé en milieu urbain (96,3 %) qu’en milieu rural (95,5 %). Le module homme n’a été réalisé que lors de la phase 2014. L’enquête a été menée dans un ménage sur deux : au total 3 371 hommes de 15-59 ans sur 3 781 éligibles ont été entièrement enquêtés (taux de réponse de 89,2 %). Contrairement à ce que l’on observe pour les femmes, le taux de réponse observé en milieu rural (89,8 %) est légèrement plus élevé qu’en milieu urbain (88,3 %). 1.2.4 Réalisation de l’EDS-Continue Les deux phases de l’EDS-Continue de 2012-13 et 2014 se sont déroulées en trois étapes principales : la phase préparatoire, la cartographie et le dénombrement des ménages des grappes échantillonnées et la collecte proprement dite. Pour chacune de ces deux dernières étapes, une formation a été dispensée aux personnes recrutées pour les besoins des activités de terrain. La phase préparatoire : Les phases préparatoires ont démarré avec la mise à jour des documents de collecte pour prendre en compte les préoccupations nationales. Aussi, une mise à jour des listes de ménages a été effectuée. Pour l’édition 2014, le projet a mis à profit les résultats du Recensement Général de la Population, de l’habitat, de l’Agriculture et de l’Élevage réalisé en 2013 pour l’établissement de la liste des districts de recensement. Une équipe technique chargée de piloter le projet et assistée par ICF International, a été mise en place au niveau de l’ANSD depuis la première phase. Le laboratoire chargé de la parasitologie a été également mis à contribution. Celui-ci avait la charge de la formation et de la supervision des techniciens de santé et les analyses sanguines pour le test de paludisme. Recrutement et formation du personnel de terrain : Puisqu’il s’agit d’une enquête continue, les mêmes agents de terrain, en nombre limité, ont été reconduits à chaque édition. Ces agents de terrain ont été sélectionnés sur la base de leur expérience, de leur capacité à communiquer, de leur niveau d’instruction, de leur connaissance des langues nationales, de leur expérience en informatique et de leur disponibilité pour travailler d’une manière permanente sur l’enquête. Tout a été fait pour engager du personnel de terrain qualifié dont le profil a été prédéfini par l’équipe technique de l’enquête. Les agents de terrain ont suivi une formation lors de la première enquête mais n’ont subi qu’une mise à niveau (à partir du 2 janvier 2014) de 13 jours lors de la seconde édition. Cette formation allégée a porté sur tous les aspects de l’enquête en mettant l’accent sur les nouveaux modules, en particulier celui 10 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête portant sur les hommes. Des exposés sur des thèmes spécifiques ont été effectués par des personnes ressources du ministère de la Santé et de l’Action Sociale ou d’autres institutions appropriées. La formation sur l’utilisation des Tablettes PC, principal outil de collecte, a été assurée par des experts de l’ANSD et d’ICF International. Tous les agents de terrain ont suivi la formation sur tous les modules sauf celui sur les tests biologiques qui était réservé aux seuls techniciens de santé. À la fin de la formation, les agents ont reçu une formation complémentaire sur le contrôle technique, l’organisation et la logistique du terrain ainsi que sur le contact avec les autorités et les populations. La formation sur les tests biologiques (anémie et parasitémie palustre) et les mesures anthropométriques a été assurée par le personnel du laboratoire de parasitologie et un nutritionniste. Les techniciens de santé ont pratiqué les tests sur le terrain, et tous les agents de terrain ont pratiqué les mesures anthropométriques dans des centres de santé à Dakar. Collecte des données : Après la formation, quatre équipes ont été constituées pour le travail de terrain ; chaque équipe était composée de 3 enquêtrices chargées des interviews auprès des ménages et des femmes sur les Tablettes PC, un technicien de santé pour effectuer les mesures anthropométriques, les tests du paludisme et de l’anémie sur un questionnaire papier, et un chef d’équipe chargé des interviews auprès des hommes et qui, était aussi chargé d’administrer le questionnaire ménage sur les Tablettes PC. Ce dernier était responsable de la performance et de la gestion de son équipe. Il servait aussi d’assistant au technicien de santé pour la prise des mesures anthropométriques. Pour chaque édition, la collecte des données sur le terrain a duré 8 mois. Des statisticiens ont été recrutés pour assurer des missions de supervision rapprochées pour s’assurer de la qualité des données collectées sur le terrain. Parallèlement, des missions de supervision organisées par la Cellule de Lutte contre la Malnutrition et le Laboratoire de Parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop ont permis de s’assurer du respect des règles de prélèvement de sang et de prise des mesures anthropométriques sur le terrain. Exploitation des tableaux de qualité des données : Le contrôle de qualité a été assuré par la supervision et le suivi des équipes pendant les travaux sur le terrain. Chaque chef d’équipe était responsable de la qualité du travail de son équipe : il tenait des réunions régulières avec son équipe de façon à renforcer la formation et à corriger les erreurs éventuelles commises au cours de la collecte. De plus, les chefs d’équipe devaient re-interviewer environ 5 % des ménages de façon à contrôler la qualité des données. Ces re-interviews, limitées à certaines sections du questionnaire, étaient menées avant de quitter le DR. Les chefs d’équipe utilisaient les re interviews pour contrôler étroitement les raisons des « non-réponses », en particulier les absences du ménage et les refus. Enfin, un ensemble de tableaux de contrôle a été produit par le programmeur informatique au moins une fois toutes les deux semaines tout au long de la collecte pour vérifier la validité des données saisies. Dès qu’ils étaient produits, ces tableaux étaient examinés par l’équipe technique de l’enquête et les problèmes éventuels décelés dans ces tableaux étaient examinés avec les quatre équipes de terrain afin d’améliorer les taux de réponse et la qualité de la collecte. Traitement des données : La collecte des données a été réalisée au moyen de Tablettes PC. Après validation des données sur le terrain, les fichiers de données ont été transférés au bureau central de l’ANSD à Dakar par DR. Ces fichiers de données ont été ensuite enregistrés, compilés et traités sur un ordinateur central. Les données de chaque DR ont été vérifiées et un fichier unique de données apurées a été créé après que les fichiers de tous les DR aient été enregistrés et approuvés. L’enregistrement, contrôle et compilation des données ont été effectués par deux informaticiens recrutés pour les besoins de l’EDS-Continue. Après la fusion des fichiers, les dernières erreurs détectées ont été traitées avec l’appui de l’expert informaticien d’ICF International. Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 11 Analyse au laboratoire des prélèvements de sang : En ce qui concerne le test du paludisme, la parasitémie palustre était réalisée par le Laboratoire de Parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Le traitement des échantillons des gouttes épaisses de sang s’est fait au fur et à mesure de la collecte des données sur le terrain. Au final, les résultats des tests ont été fusionnés avec la base de données de l’enquête. 1.2.5 Interprétation de la période de référence des indicateurs de la base de donneés combinées 2012-2013 et 2014 Les résultats présentés dans ce document sont basés sur des informations collectés dans les deux premières phases de l’Enquête. La première a été réalisée entre le 15 de Septembre de 2012 et le 15 de juin de 2013. La deuxième a été réalisée entre le 21 de janvier et le 20 d’octobre de 2014. Les données ont donc été collectées sur une période qui va du 15 de Septembre de 2012 et le 20 d’octobre 2014, avec une période sans collecte d’information entre la première et la deuxième phase de près de 7 mois. L’interprétation des résultats dépend du type d’indicateur utilisé. En ce qui concerne les indicateurs du moment (ex. prévalence contraceptive), on doit d’abord considérer que tous les indicateurs du moment ont comme période de référence le moment auquel les interviews ont eu lieu. Par exemple, la prévalence contraceptive dans l’EDS 2012-2013 représente la situation du pays dans la période entre le 15 de Septembre de 2012 et le 15 de juin de 2013. Dans le cas de données combinées de deux enquêtes, cet indicateur a comme période de référence les dates situées entre le 15 de Septembre de 2012 (date d’initiation de la collecte de l’EDS 2012-13) et le 20 d’octobre de 2014 (date de finalisation de la collecte de l’EDS 2014). Pour tous les indicateurs du moment, on doit utiliser comme période de référence les années d’initiation et finalisation des deux enquêtes. Par exemple, prévalence contraceptive 2012-2014. Pour les indicateurs qui ont une période de référence avant l’Enquête, par exemple, l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) et le Taux de Mortalité Infantile, la période de référence est plus complexe. Ces indicateurs sont calculés sur la base des naissances qui ont eu lieu 3 ou 5 ans avant l’enquête, ou dans une période antérieure (ex. 5-9 ans avant l’enquête). Si par exemple, on veut établir un moment spécifique de référence pour l’ISF des trois ans précédant l’enquête, il faudrait soustraire 1.5 an (la moitié des trois ans) de la moyenne de l’enquête de 2014 (6 juin 2014) et cela donne come date moyenne de l’estimation de l’ISF le 6 décembre 2012. Dans l’exemple des données combinées, l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) est calculé sur la période s’étalant 3 ans avant les dates de deux enquêtes. Cela veut dire qu’il est basé sur des informations collectées entre le 15 de Septembre de 2012 et le 15 de juin de 2013, pour l’EDS 2012-13 et entre le 20 de janvier et le 20 d’octobre de 2014 dans le cas de l’EDS 2014. Si l’on veut établir un moment spécifique de référence de cet indicateur on peut utiliser l’approche suivant: D’abord, on calcule la date moyenne des dates des interviews de chaque enquête : La moyenne de l’Enquête 2012-2013 se situe le 29 Octobre 2013, et celle de l’Enquête 2014 se situe le 6 juin 2014. Deuxièmement, on doit calculer la moyenne des moyennes des deux enquêtes. Cette date se situe let 2 Octobre 2013. L’ISF pour les trois années antérieures à l’enquête se situerait en moyenne a un an et demi avant cette date, c’est-à-dire le 3 d’avril 2012. De la même façon, le taux de mortalité pour les cinq ans antérieurs à l’enquête se situerait en moyenne 2.5 ans avant la date moyenne des deux enquêtes, c’est-à-dire le 4 d’avril 2011. Caractéristiques des ménages • 13 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES 2 Mamadou AMOUZOU et NdèyeBinta DIEME objectif de ce chapitre est de présenter les ménages couverts par l’EDS-Continue 2012-2014, selon certaines caractéristiques de leur logement telles que le type d’approvisionnement en eau de boisson, le type de toilettes et la disponibilité de l’électricité ; en outre, dans ce chapitre, seront présentés les pourcentages de ménages qui possèdent un endroit pour se laver les mains et leur répartition par disponibilité de l’eau et par type de détergent disponible. Enfin, les résultats concernant la répartition de la population en fonction des quintiles de bien-être économique et la composition des ménages terminent ce chapitre. 2.1 PROVENANCE DE L’EAU DE BOISSON Le Tableau 2.1 présente la proportion de ménages et de la population qui utilisent, pour boire, l’eau d’une source améliorée. On constate des disparités importantes entre les régions. La plupart des ménages des régions de Dakar (99 %) et de Louga (95 %) s’alimentent en eau de boisson à partir d’une source améliorée. Par contre, cette proportion est très faible dans les régions de Sédhiou (14 %) et de Kolda (24 %). Les résultats sont très proches quand il s’agit de la population. Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire Pourcentages de ménages et de la population de droit utilisant , pour boire, de l’eau provenant d’une source améliorée et pourcentages de ménages et de la population de droit utilisant une méthode appropriée de traitement de l’eau , selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Ménages Population Caractéristique Pourcen- tage utilisant pour boire l’eau d’une source améliorée Pourcen- tage utilisant une méthode de traitement approprié1 Effectif Pourcen- tage utilisant pour boire l’eau d’une source améliorée Pourcen- tage utilisant une méthode de traitement approprié1 Effectif Région Dakar 98,9 9,5 2 261 99,1 8,4 15 260 Ziguinchor 46,8 66,9 386 43,5 74,6 2 901 Diourbel 67,3 22,0 668 69,9 22,9 6 925 Saint-Louis 85,8 16,1 755 85,2 16,2 6 617 Tambacounda 48,1 45,8 364 51,7 43,5 3 661 Kaolack 84,1 19,6 572 83,5 19,6 6 236 Thiès 89,2 18,2 1 264 87,8 20,5 11 438 Louga 94,8 14,5 454 95,2 14,6 4 774 Fatick 62,5 38,6 370 62,9 38,4 3 502 Kolda 23,5 85,1 388 20,8 87,7 3 448 Matam 82,8 17,6 296 84,1 17,2 3 148 Kaffrine 82,5 14,3 299 83,2 14,3 2 890 Kédougou 57,0 59,9 108 61,6 57,8 849 Sédhiou 14,3 91,9 222 12,6 92,8 2 306 1 Les méthodes pour le traitement de l’eau comprennent l’ébullition, l’ajout de chlore, l’utilisation d’un linge pour passer l’eau, le filtrage et la désinfection solaire. 2.2 TYPES DE TOILETTES Le Tableau 2.2 présente les pourcentages de ménages et de la population qui utilisent certains types de toilettes. On constate que la proportion de ménages sénégalais qui utilisent des toilettes améliorées non partagées n’est pas très élevée, cela quelle que soit la région. Dans certaines régions comme Sédhiou (3 %), Kédougou (4 %), Kaffrine (5 %), Kolda (4 %) et Louga (6 %), elle est même très faible. L’utilisation de toilettes améliorées par les ménages est plus élevée, mais reste encore faible, dans les régions de Dakar (52 %) et Ziguinchor (26 %). Quand il s’agit de la population, les résultats mettent en évidence dans certaines régions des pourcentages encore plus faibles, particulièrement au Dakar (36 %), ce qui serait dû au fait que L’ 14 • Caractéristiques des ménages la taille des ménages dans ces régions serait plus grande dans les ménages qui n’utilisent pas de toilettes améliorées non- partagées. Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages Pourcentages de ménages et de la population de droit utilisant des toilettes améliorées, non partagées ; pourcentage utilisant des toilettes partagées et pourcentages utilisant des toilettes non améliorées, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Ménages Population Type de toilettes/latrines Pourcentage utilisant des toilettes améliorées, non partagées Pourcentage utilisant des toilettes partagées1 Pourcentage utilisant des toilettes non améliorées Effectif Pourcentage utilisant des toilettes améliorées, non partagées Pourcentage utilisant des toilettes partagées1 Pourcentage utilisant des toilettes non améliorées Effectif Région Dakar 51,5 52,0 1,7 2 261 35,7 36,1 1,5 15 260 Ziguinchor 26,0 41,2 50,2 386 18,6 29,8 50,8 2 901 Diourbel 7,7 9,9 37,5 668 5,0 6,4 35,5 6 925 Saint-Louis 14,5 19,2 36,2 755 10,9 14,1 34,5 6 617 Tambacounda 9,9 22,8 74,7 364 5,9 16,3 73,7 3 661 Kaolack 17,7 26,0 40,1 572 13,9 21,6 39,3 6 236 Thiès 18,3 20,4 24,1 1 264 13,2 14,4 25,6 11 438 Louga 6,0 8,4 36,7 454 4,3 6,2 29,1 4 774 Fatick 11,5 17,8 59,2 370 9,5 16,2 58,0 3 502 Kolda 4,3 18,1 81,8 388 2,8 15,5 83,3 3 448 Matam 10,4 17,1 54,6 296 7,1 12,3 47,2 3 148 Kaffrine 4,9 15,3 79,8 299 4,7 14,0 75,5 2 890 Kédougou 3,9 19,1 87,6 108 2,8 13,8 82,4 849 Sédhiou 2,6 26,6 88,0 222 1,0 22,1 87,6 2 306 1 Toilettes partagées qui seraient considérées comme « améliorées » si elles n’étaient pas partagées. 2.3 LAVAGE DES MAINS Le lavage des mains à l’eau et au savon, est un élément important en matière d’hygiène. Ainsi, au cours de l’enquête, on a demandé à voir si les ménages disposaient d’un endroit spécifique pour se laver les mains. En outre, on a demandé si, à cet endroit, l’eau et certains produits nettoyants étaient disponibles. (Tableau 2.3). Le pourcentage le plus élevé de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé se trouve à Ziguinchor (48 %) et Dakar (45 %). Par contre, dans les régions de Matam (11 %), Louga (12 %), Diourbel (14 %), Fatick (16 %) et Saint-Louis (17 %) ce pourcentage est nettement plus faible En outre, parmi ces ménages disposant effectivement d’un endroit pour se laver les mains, dans seulement trois régions sur quatorze, on a constaté que, dans la quasi-totalité des cas, l’eau et du savon seulement ou l’eau, du savon et un autre détergent étaient disponibles. Il s’agit des régions de Matam (93 %), de Saint- Louis (95 %) et de Louga (98 %). En revanche, dans la région de Kaffrine, cette proportion n’est que de 5 %. Caractéristiques des ménages • 15 Tableau 2.3 Lavage des mains Pourcentage de ménages dans lesquels l’endroit utilisé le plus souvent pour se laver les mains a été observé et, parmi ces ménages, répartition (en %) par disponibilité de l’eau, de savon et d’autres produits nettoyants, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Pourcen- tage de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Effectif de ménages Parmi les ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Effectif de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Région Savon et eau1 Eau et produit nettoyant2 autre que le savon seulement Eau seulement Savon mais pas d’eau3 Pas d’eau, ni savon, ni autre produit nettoyant Total Dakar 44,9 2 261 62,6 0,0 21,4 0,6 15,4 100,0 1 015 Ziguinchor 47,8 386 51,9 0,0 19,4 0,0 28,8 100,0 184 Diourbel 14,3 668 43,8 0,2 47,0 0,0 9,0 100,0 95 Saint-Louis 17,4 755 94,9 0,0 4,1 0,0 1,0 100,0 131 Tambacounda 30,7 364 17,2 0,0 36,0 1,2 45,6 100,0 112 Kaolack 29,0 572 14,8 0,0 45,5 1,2 38,5 100,0 166 Thiès 22,2 1 264 48,1 0,0 37,4 3,1 11,5 100,0 281 Louga 11,7 454 98,3 0,0 1,7 0,0 0,0 100,0 53 Fatick 16,1 370 36,9 0,0 44,7 1,3 17,1 100,0 59 Kolda 36,0 388 46,5 0,0 20,6 0,4 32,5 100,0 140 Matam 11,4 296 93,2 0,0 5,1 0,0 1,8 100,0 34 Kaffrine 23,3 299 4,7 0,0 24,3 0,0 70,9 100,0 70 Kédougou 24,4 108 52,8 1,3 20,2 0,0 25,7 100,0 26 Sédhiou 35,5 222 47,0 1,4 24,2 0,0 27,3 100,0 79 1 Par « savon », on entend ici le savon ou un détergent en morceau, sous forme liquide, en poudre ou sous forme de pâte. Cette colonne inclut les ménages possédant du savon et de l’eau seulement ainsi que ceux qui possèdent du savon et de l’eau et un autre détergent. 2 Les produits nettoyants autres que le savon incluent des produits disponibles localement comme la cendre, la boue ou du sable 3 Y compris les ménages disposant de savon seulement ainsi que ceux qui disposent de savon et d’autres produits nettoyants 2.4 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS Le Tableau 2.4 présente les résultats concernant certaines caractéristiques du logement. En ce qui concerne la disponibilité de l’électricité, on constate qu’à l’exception de Dakar où la quasi-totalité des ménages vivent dans un logement ayant l’électricité (93 %), dans seulement cinq régions, ce pourcentage est égal ou dépasse 50 %. Il s’agit des régions de Diourbel (50 %), Kaolack (50 %), Saint-Louis (59 %), Ziguinchor (61 %) et Thiès (66 %). Dans les autres régions, ces pourcentages sont plus faibles, en particulier dans celles de Kaffrine (14 %) et de Kédougou (13 %). Certains types de revêtement du sol peuvent faciliter la propagation de germes responsables de maladies, particulièrement quand il s’agit de la terre ou du sable. Excepté à Dakar où la proportion de ménages dont le sol du logement est recouvert de terre ou de sable est très faible (4 %), dans les autres régions, on constate qu’entre 15 % (Thiès) et 52 % (Sédhiou) des ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ce type de matériau rudimentaire. En outre, on constate, que dans la plupart des régions, le pourcentage de ménages qui utilisent un combustible solide pour cuisiner est très élevé. C’est à Dakar que l’on note le pourcentage le plus faible (27 %). 16 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.4 Caractéristiques du logement Pourcentage de ménages possédant l’électricité ; pourcentage de ménages vivant dans un logement dont le sol est en terre ou sable ; pourcentage de ménages qui utilisent du combustible solide pour cuisiner, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Électricité Matériau de revêtement du sol Pourcentage utilisant un combustible solide pour cuisiner1 Effectif Région Oui Terre, sable Dakar 93,3 3,6 26,7 2 261 Ziguinchor 61,3 31,3 84,4 386 Diourbel 49,5 33,1 92,3 668 Saint-Louis 59,4 20,9 72,6 755 Tambacounda 25,3 32,7 94,5 364 Kaolack 49,9 24,3 86,6 572 Thiès 65,9 15,3 71,4 1 264 Louga 42,9 27,1 87,5 454 Fatick 35,2 37,9 89,4 370 Kolda 20,7 44,0 93,5 388 Matam 38,2 26,0 94,9 296 Kaffrine 13,5 49,0 97,5 299 Kédougou 13,0 29,1 96,8 108 Sédhiou 23,2 51,7 94,3 222 1 Inclut Charbon/lignite, Charbon de bois, Bois, Paille/branchages/herbe, Résidus agricoles et Bouse 2.5 QUINTILES DE BIEN-ÊTRE ÉCONOMIQUE DES MÉNAGES Le Tableau 2.5 présente la répartition de la population de droit par quintile de bien-être économique selon la région. L’indice de bien-être économique est construit à partir des données sur les biens des ménages et sur certaines caractéristiques du logement (électricité, type d’approvisionnement en eau, type de toilettes, matériau de revêtement du sol, etc.) collectées dans le questionnaire ménage de l’EDS-Continue 2012-2014 et en utilisant l’analyse en composante principale. Les régions dans lesquelles la majorité de la population est classée dans le quintile de bien-être le plus bas sont Kaffrine (58 %), Kolda (57 %), Tambacounda (52 %) et Sédhiou (42 %). Par contre, à Dakar, 57 % de la population se situent dans le quintile le plus élevé. Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique Répartition (en %) de la population de droit par quintile de bien-être économique et coefficient de Gini, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 2012-2014 Quintiles de bien-être économique Total Effectif d’enquêtés Coefficient de Gini Région Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé Dakar 0,00 0,63 7,39 35,38 56,60 100,00 15 260 0,19 Ziguinchor 6,69 35,89 31,40 13,90 12,13 100,00 2 901 0,37 Diourbel 19,27 19,36 24,37 24,45 12,55 100,00 6 925 0,32 Saint-Louis 19,91 14,93 22,70 24,46 17,99 100,00 6 617 0,38 Tambacounda 52,04 19,14 16,69 9,12 3,01 100,00 3 661 0,45 Kaolack 20,38 29,32 24,18 15,53 10,58 100,00 6 236 0,40 Thiès 8,49 21,32 30,15 23,28 16,75 100,00 11 438 0,37 Louga 20,05 27,60 26,67 13,91 11,76 100,00 4 774 0,34 Fatick 33,24 36,74 19,17 7,05 3,80 100,00 3 502 0,41 Kolda 56,78 22,64 11,41 6,18 2,99 100,00 3 448 0,38 Matam 24,92 27,05 29,39 12,53 6,11 100,00 3 148 0,29 Kaffrine 57,85 27,90 10,99 2,56 0,71 100,00 2 890 0,28 Kédougou 35,75 41,15 16,07 5,42 1,61 100,00 849 0,35 Sédhiou 41,51 42,44 11,35 3,58 1,13 100,00 2 306 0,28 2.6 SEXE DU CHEF DE MÉNAGE ET TAILLE MOYENNE DU MÉNAGE Le tableau 2.6 présente la répartition des ménages selon le sexe du chef de ménage. Dans la quasi- totalité des régions, la proportion de ménages dont le chef est un homme est nettement plus élevé que celle des ménages dirigés par une femme. C’est dans les régions de Diourbel (33 %) et de Thiès (36 %) que la proportion de ménages dont le chef est une femme est la plus élevée. On trouve aussi des pourcentages élevés dans les régions de Matam (29 %), Dakar (28 %), Ziguinchor (28 %), Saint-Louis (27 %) et Fatick (26 %). À l’opposé, dans les régions de Kolda et de Kaffrine, cette proportion n’est que de 11 % Caractéristiques des ménages • 17 Dans près de la moitié des régions, la taille moyenne du ménage est d’environ 10 personnes. C’est dans les régions de Ziguinchor (7,5) et de Dakar (6,8) que cette taille est la plus petite. Tableau 2.6 Composition des ménages Répartition des ménages par sexe du chef de ménage et taille moyenne du ménage selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Chef de ménage Total Taille moyenne du ménage Effectif de ménages Homme Femme Région Dakar 71,6 28,4 100 6,8 2 261 Ziguinchor 72,4 27,6 100 7,5 386 Diourbel 67,0 33,0 100 10,4 668 Saint-Louis 72,7 27,3 100 8,8 755 Tambacounda 86,6 13,4 100 10,1 364 Kaolack 76,9 23,1 100 10,9 572 Thiès 63,9 36,1 100 9,1 1 264 Louga 75,4 24,6 100 10,5 454 Fatick 73,9 26,1 100 9,5 370 Kolda 88,7 11,3 100 8,9 388 Matam 71,3 28,7 100 10,6 296 Kaffrine 89,0 11,0 100 9,7 299 Kédougou 81,6 18,4 100 7,9 108 Sédhiou 87,4 12,6 100 10,4 222 Situation des enfants • 19 SITUATION DES ENFANTS 3 Papa Ibrahima Sylmang SENE et Jean Pierre Diamane BAHOUM a Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE) du 20 novembre 1989 ratifiée par le Sénégal, précise en son article 3, alinéa 2, que « tous les États parties s’engagent à assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être, compte tenu des droits et des devoirs de ses parents, de ses tuteurs ou des autres personnes légalement responsables de lui, et ils prennent à cette fin toutes les mesures législatives et administratives appropriées ». Afin d’évaluer la situation des droits de l’enfant au Sénégal, les enquêtes EDS Continue de 2012-2013 et de 2014 ont collecté des données concernant certains aspects des conditions de vie et de développement des enfants. Ces données portent plus précisément sur la déclaration à l’état civil des naissances des enfants de moins de cinq ans, la fréquentation scolaire, le travail des enfants de 5-17 ans, la résidence des enfants avec leurs parents et le développement du jeune enfant. 3.1 ENREGISTREMENT DES NAISSANCES Au cours de l’enquête, on a demandé aux personnes interviewées si la naissance des enfants les plus jeunes (moins de cinq ans) avait été déclarée à l’état civil. On constate que la proportion d’enfants dont la naissance a été enregistrée à l’état civil varie de manière importante entre les régions. C’est dans les régions les plus urbanisées comme Dakar (93 %), Thiès (82 %) et Ziguinchor (78 %) que l’on constate les proportions les plus élevées d’enfants dont la naissance a été enregistrée à l’état civil. Par contre, dans les régions de Sédhiou et de Kaffrine, ces proportions ne sont respectivement que de 55 % et 43 %. En ce qui concerne la possession d’un acte de naissance, les résultats montrent que c’est dans les régions de Dakar (77 %), Matam (63 %) et Thiès (61 %) que les proportions d’enfants qui possèdent ce document sont les plus élevées. Par contre, elles sont plus faibles dans les régions de Tambacounda (33 %), Sédhiou (33 %) et Kaffrine (32 %). Tableau 3.1 Enregistrement des naissances d’enfants de moins de cinq ans Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans (population de droit) dont la naissance a été en registrée à l’état civil selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Enfants dont la naissance a été enregistrée Effectif d’enfants Région Pourcentage ayant un acte de naissance Pourcentage n’ayant pas d’acte de naissance Pourcentage enregistré Dakar 76,7 16,7 93,4 1 946 Ziguinchor 50,4 27,5 77,9 382 Diourbel 49,5 23,6 73,2 1 359 Saint-Louis 59,3 9,3 68,6 1 151 Tambacounda 33,2 12,7 45,9 711 Kaolack 55,1 19,0 74,1 1 230 Thiès 61,1 21,2 82,3 1 880 Louga 58,4 8,9 67,3 825 Fatick 54,8 20,7 75,5 629 Kolda 39,7 22,0 61,7 625 Matam 62,9 8,0 70,9 587 Kaffrine 31,6 11,2 42,8 624 Kédougou 53,1 19,0 72,1 172 Sédhiou 32,9 21,7 54,6 413 3.2 ENFANTS ORPHELINS ET RÉSIDENCE AVEC LES PARENTS Au Sénégal, comme dans de nombreux pays africains, la société et la famille jouent toujours un rôle important dans la survie et le développement des enfants. C’est à « la famille élargie » composée des oncles, tantes et autres proches membres de la famille que l’on reconnait ce rôle déterminant. Cependant, ce cadre L 20 • Situation des enfants protecteur n’est plus toujours adapté et c’est de plus en plus à la famille biologique que revient la responsabilité d’assurer la survie, le développement et la protection des enfants. Dans ce contexte, toute stratégie visant à protéger les enfants doit donc, en priorité, renforcer les capacités des familles à les prendre en charge. Il est donc essentiel d’identifier les enfants qui sont séparés de leurs parents biologiques, de connaitre leur proportion par rapport à la population générale des enfants et de savoir avec qui ils vivent. Le tableau 3.2 présente ces informations pour les enfants de moins de 18 ans Le tableau 3.2 présente la répartition des enfants de moins de 18 ans par état de survie des parents pour chacune des régions. Dans les régions de Ziguinchor (43 %), Diourbel (44 %), Thiès (47 %) et Matam (46 %), moins de la moitié des enfants vivent avec leurs deux parents. Par contre, dans des régions comme Tambacounda (63 %), Kédougou (68 %), et Kaffrine (69 %), les proportions d’enfants qui vivent avec leurs deux parents biologiques sont nettement plus élevées. Avec 73 %, c’est dans la région de Kolda que cette proportion est la plus élevée. Les pourcentages d’enfants dont l’un ou les deux parents sont décédés ne présentent pas de variations très importantes entre les régions. C’est cependant dans les régions de Ziguinchor et de Sédhiou (9 % chacune) que ce pourcentage est le plus élevé. À l’opposé, dans la région de Louga, ce pourcentage est plus faible (5 %). Tableau 3.2 Enfants orphelins et résidence avec les parents Répartition (en %) de la population de droit des enfants de moins de 18 ans par état de survie des parents et résidence avec les parents; pourcentage d’enfants ne vivant pas avec un parent biologique et pourcentage d’enfants ayant un ou leurs deux parents décédés, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Vit avec les deux parents Vit avec la mère mais pas avec le père Vit avec le père mais pas avec la mère Ne vit avec aucun des deux parents Total Pourcen- tage ne vivant avec aucun parent biologique Pourcen- tage avec un ou les deux parents décédés1 Effectif d’enfantsRégion Père en vie Père décédé Mère en vie Mère décédée Les deux sont vivants Seul le père est vivant Seule la mère est vivante Les deux décédés Infor- mation man- quante sur père/ mère Région Dakar 56,9 23,9 3,3 2,7 0,5 9,8 0,8 1,4 0,6 0,1 100,0 12,5 6,5 6 160 Ziguinchor 42,8 19,7 2,9 5,7 0,6 22,5 1,8 3,1 0,9 0,0 100,0 28,3 9,2 1 354 Diourbel 43,9 34,7 2,8 1,3 0,5 13,5 1,1 1,8 0,2 0,1 100,0 16,7 6,5 3 698 Saint-Louis 54,8 23,2 3,8 1,6 0,6 13,1 1,2 1,1 0,4 0,2 100,0 15,9 7,2 3 429 Tambacounda 62,6 18,6 4,1 1,6 0,9 9,2 1,0 1,3 0,8 0,1 100,0 12,2 8,0 2 066 Kaolack 59,3 20,6 3,1 1,1 0,5 12,7 0,8 1,6 0,3 0,0 100,0 15,4 6,3 3 470 Thiès 46,9 31,9 3,6 1,7 0,3 12,9 1,1 1,2 0,4 0,0 100,0 15,6 6,6 5 729 Louga 51,3 28,9 2,3 1,6 0,4 13,3 1,1 1,0 0,2 0,0 100,0 15,6 4,9 2 501 Fatick 50,3 27,2 3,4 1,6 0,8 13,9 0,6 1,7 0,4 0,0 100,0 16,6 7,0 1 877 Kolda 72,5 10,9 3,1 1,5 1,2 8,4 0,5 1,2 0,7 0,0 100,0 10,9 6,7 1 894 Matam 45,7 32,1 3,8 2,5 0,8 11,9 1,3 1,5 0,4 0,2 100,0 15,0 7,7 1 740 Kaffrine 69,3 12,4 2,4 1,1 0,8 11,5 1,0 1,3 0,3 0,0 100,0 14,0 5,7 1 639 Kédougou 67,5 12,9 3,1 2,5 1,0 9,6 1,0 1,8 0,6 0,1 100,0 12,9 7,5 467 Sédhiou 57,5 13,8 3,0 3,6 1,0 15,9 1,3 3,3 0,6 0,0 100,0 21,0 9,0 1 309 Note : Le tableau est basé sur la population de droit des ménages, c’est-à-dire les résidents habituels. 1 Inclut les enfants dont le père est décédé, la mère est décédée, les deux parents sont décédés et ceux dont un seul parent est décédé mais dont l’information sur l’état de survie de l’autre parent est manquante. 3.3 ACCÈS À L’INSTRUCTION Le droit à l’instruction est un droit universel. Il est considéré par l’UNICEF comme « un facteur essentiel» pour le développement des enfants. Pour évaluer le niveau de fréquentation scolaire des enfants on a calculé des taux net et brut de scolarisation pour les niveaux primaire et secondaire. Les résultats portent sur les enfants de 6 à16 ans (Tableau 3.3). Les définitions des taux nets et buts figurent au bas du tableau 3.3. L’enquête a également collecté des données sur l’abandon scolaire pour ces deux niveaux. 3.3.1 Taux net de scolarisation Au cycle primaire, le taux net de scolarisation des enfants varie fortement selon la région de résidence. Les plus faibles taux sont observés dans les régions de Diourbel (25 %), Kaffrine (33 %) et Louga Situation des enfants • 21 (40 %) et le taux le plus fort est celui de la région de Ziguinchor (84 %), largement supérieur à celui de Dakar (69 %). Au niveau secondaire, c’est dans les régions de Diourbel (9 %), Tambacounda (14 %) et Kaffrine (12 %) que ces taux nets de fréquentation scolaire sont les plus faibles. Par contre, ils sont nettement plus élevés dans les régions de Ziguinchor (48 %) et Dakar (42 %). Le tableau 3.3 présente également l’indice de parité de genre qui est le rapport entre le taux de fréquentation scolaire des femmes et celui des hommes. Plus l’indice de parité est proche de 1, moins l’écart entre les taux de fréquentation scolaire entre les genres est important. Un indice égal à 1 indique l’égalité. On constate que dans six régions sur quatorze, l’indice au niveau primaire est supérieur à 1, ce qui indique un écart de fréquentation scolaire en faveur des filles. C’est dans la région de Louga que cet indice est le plus élevé (1,31), ce qui signifie qu’au niveau primaire, plus de filles que de garçons ayant l’âge officiel du niveau primaire fréquentent ce niveau. Par contre, dans la région de Sédhiou, on observe la situation inverse, l’indice de parité égal à 0,86 indiquant un écart de fréquentation scolaire au détriment des filles. Au niveau secondaire, la situation est très variée : dans les régions de Matam et de Thiès, l’indice égal à respectivement 1,60 et 1,40 dénote un écart de fréquentation scolaire en faveur des filles alors qu’à l’inverse dans les régions de Kédougou (0,84), Sédhiou (0,81), Tambacounda (0,77) et surtout Kolda (0,64), les proportions de filles, en âge officiel du niveau secondaire, qui fréquentent ce niveau sont plus faibles que celles des garçons. Dans les autres régions, l’indice proche ou égal à 1 indique la parité. C’est le cas, par exemple, de Kaolack (0,98), Louga (1,01) et de Ziguinchor (1,04). 3.3.2 Taux bruts de scolarisation En ce qui concerne les taux bruts, on constate également des écarts importants entre régions, le taux pour le niveau primaire variant d’un minimum de 40 % dans la région de Diourbel à 123 % dans celle de Ziguinchor. Pour le niveau secondaire, on retrouve cet écart important entre les mêmes régions puisque le taux varie de 23 % dans la région de Diourbel à 131 % dans celle de Ziguinchor. En ce qui concerne l’indice de parité entre les genres, les résultats mettent en évidence des disparités importantes entre les régions. Pour le niveau primaire, les indices inférieurs à 1 dans les régions de Fatick (indice de 0,88) et de Ziguinchor (indice de 0,89) traduisent une disparité au détriment des filles par rapport aux garçons alors que dans les régions de Kaolack (1,14), Thiès (1,17), Louga (1,19), Diourbel (1,26) et surtout Matam (1,34), on observe la situation opposée, le niveau de fréquentation scolaire des filles étant supérieur à celui des garçons. Dans les autres régions, l’indice proche de 1 traduit une quasi-égalité de fréquentation scolaire entre les filles et les garçons. Pour le niveau secondaire, on constate que c’est dans les régions de Kédougou (0,69) et de Sédhiou (0,69) que la situation sur le plan de la fréquentation scolaire est la moins favorable pour les filles. Par contre, dans les régions de Matam (1,32), Thiès (1,16) et Ziguinchor (1,12), les indices supérieurs à 1 traduisent un écart de fréquentation scolaire en faveur des filles. 22 • Situation des enfants Tableau 3.3 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNF) et taux brut de fréquentation scolaire (TBF) de la population de fait des ménages, par sexe et niveau d’études, et indice de parité entre les genres selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2 Région Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 NIVEAU PRIMAIRE Dakar 70,2 68,1 69,2 0,97 92,1 96,2 94,1 1,04 Ziguinchor 85,2 82,4 83,8 0,97 130,1 115,4 122,8 0,89 Diourbel 22,3 27,5 25,0 1,23 35,4 44,6 40,1 1,26 Saint-Louis 55,5 59,8 57,7 1,08 75,4 83,0 79,2 1,10 Tambacounda 38,9 39,2 39,0 1,01 56,4 55,2 55,8 0,98 Kaolack 39,7 47,2 43,4 1,19 63,2 72,2 67,7 1,14 Thiès 51,6 55,1 53,3 1,07 78,8 91,9 85,1 1,17 Louga 34,3 45,1 39,8 1,31 59,1 70,1 64,7 1,19 Fatick 62,6 60,9 61,7 0,97 100,4 88,6 94,2 0,88 Kolda 62,3 57,5 60,0 0,92 91,3 87,7 89,5 0,96 Matam 44,0 56,9 50,6 1,29 58,3 78,2 68,4 1,34 Kaffrine 33,5 31,5 32,5 0,94 51,6 49,3 50,4 0,96 Kedougou 68,4 63,5 65,9 0,93 95,3 85,3 90,2 0,90 Sédhiou 63,3 54,1 59,1 0,86 92,2 83,6 88,3 0,91 NIVEAU SECONDAIRE Dakar 43,0 40,3 41,5 0,94 114,3 91,6 101,7 0,80 Ziguinchor 47,6 49,4 48,4 1,04 124,1 139,2 130,6 1,12 Diourbel 8,7 9,1 8,9 1,05 25,2 21,6 23,2 0,86 Saint-Louis 37,9 41,2 39,5 1,09 74,6 75,1 74,8 1,01 Tambacounda 15,7 12,0 14,0 0,77 29,8 24,9 27,5 0,84 Kaolack 23,8 23,4 23,6 0,98 68,3 57,0 62,1 0,83 Thiès 19,5 27,3 23,7 1,40 64,3 74,6 69,8 1,16 Louga 17,7 17,8 17,7 1,01 48,6 42,8 45,6 0,88 Fatick 31,5 32,8 32,1 1,04 79,5 86,7 82,9 1,09 Kolda 23,5 15,1 19,2 0,64 54,7 40,6 47,5 0,74 Matam 17,3 27,6 22,6 1,60 40,5 53,4 47,1 1,32 Kaffrine 11,7 12,6 12,2 1,08 36,6 29,3 32,9 0,80 Kédougou 32,5 27,3 30,1 0,84 62,2 42,8 53,4 0,69 Sédhiou 27,1 22,0 24,7 0,81 82,8 56,8 70,7 0,69 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNF) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans) qui fréquente l’école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau secondaire (12-16 ans) qui fréquente l’école secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 %. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBF) au niveau primaire est le nombre total d’élèves du niveau primaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire au niveau secondaire est le nombre total d’élèves du niveau secondaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire. S’il y a pour un niveau donné un nombre important d’élèves plus âgés ou plus jeunes que l’âge officiel pour ce niveau, le TBF peut excéder 100 %. 3 L’indice de parité entre les genres pour le primaire est le ratio du TBF (ou TNF) au niveau primaire des filles sur le TBF (ou TNF) des garçons. L’indice de parité entre les genres pour le secondaire est le ratio du TBF (ou TNF) au niveau secondaire des filles sur le TBF (ou TNF) des garçons. 3.3.3 L’abandon scolaire des enfants Au cours des enquêtes de 2012-2014, on a aussi posé des questions sur l’abandon scolaire des enfants. Les taux d’abandon obtenus varient selon la région de résidence, le niveau d’instruction et le genre (Tableau 3.4). Au niveau primaire, ce taux est plus élevé dans les régions de Tambacounda (4 %), Louga (3 %) et Saint-Louis (2 %). Il est plus faible dans les régions de Ziguinchor et de Sédhiou avec respectivement 0,3 % et 0,6 %. Au niveau secondaire, le taux d’abandon est plus élevé dans les régions de Saint-Louis (6 %), Kédougou (6 %) et Matam (6 %). Il est plus faible dans les régions de Kaffrine et Thiès avec respectivement 0 % et 1 %. Les résultats montrent aussi que les pourcentages d’abandon sont plus élevés au niveau secondaire qu’au niveau primaire dans toutes les régions En outre, les résultats montrent que les taux d’abandon sont systématiquement plus élevés chez les filles que chez les garçons, avec l’exception de Ziguinchor et Thiès dans le niveau primaire et Kolda et Matam au niveau secondaire. Situation des enfants • 23 Tableau 3.4 Taux d’abandon scolaire par niveau d’instruction Pourcentage d’enfants de 6-16 ans ayant abandonné l’école par sexe, niveau d’instruction et selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Région Homme Femme Ensemble NIVEAU PRIMAIRE Dakar 1,4 2,1 1,7 Ziguinchor 0,4 0,2 0,3 Diourbel 0,5 2,4 1,6 Saint-Louis 2,1 2,1 2,1 Tambacounda 3,6 3,7 3,7 Kaolack 0,3 1,2 0,8 Thiès 1,3 0,6 1,0 Louga 1,2 3,6 2,5 Fatick 0,2 1,1 0,7 Kolda 1,4 2,0 1,7 Matam 0,6 1,0 0,8 Kaffrine 0,4 1,4 0,9 Kédougou 0,6 3,1 1,8 Sédhiou 0,4 0,9 0,6 NIVEAU SECONDAIRE Dakar 1,9 5,7 3,8 Ziguinchor 1,7 2,6 2,1 Diourbel 1,6 2,8 2,2 Saint-Louis 5,4 7,3 6,3 Tambacounda 1,0 3,5 2,2 Kaolack 1,4 4,3 2,8 Thiès 1,2 1,4 1,3 Louga 2,1 4,6 3,3 Fatick 1,5 4,3 2,9 Kolda 4,0 2,3 3,3 Matam 8,2 3,7 5,5 Kaffrine 0,0 0,0 0,0 Kédougou 2,6 11,3 6,0 Sédhiou 2,5 5,1 3,5 3.4 DÉVELOPPEMENT DU JEUNE ENFANT L’apprentissage commence dès la petite enfance, bien avant l’éducation formelle. Différentes études ont mis en évidence le rôle déterminant des activités de développement et d’apprentissage pour le développement des enfants. Les programmes d’éveil durant la petite enfance et les activités préscolaires procurent aux enfants avant leur entrée à l’école, des soins et une éducation. Les données de l’Enquête Continue de 2012-2014 permettent d’évaluer la couverture des programmes d’apprentissage ou d’éveil selon la région de résidence parmi les enfants de 3-5 ans (Tableau 3.5). Tableau 3.5 Programme d’apprentissage ou d’éveil Pourcentage d’enfants de 3-5 ans ayant fréquenté un lieu d’encadrement au cours de l’année scolaire par type d’établissement d’apprentissage éducatif, pourcentage d’enfants de 3-5 ans ayant fréquenté un établissement d’apprentissage éducatif, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Pourcentage d’enfants de 3-5 ans ayant fréquenté un lieu d’encadrement au cours de l’année scolaire par type d’établissement d’apprentissage Pourcentage ayant fréquenté un établissement d’apprentissage Effectif d’enfants de 3-5 ans Région École maternelle Jardin d’enfants Daara, Coran, Arabe Case de Tout Petits Autre Dakar 1,4 22,5 25,6 0,1 0,3 49,9 1 116 Ziguinchor 3,5 31,9 4,5 1,5 1,5 42,9 214 Diourbel 0,2 3,5 18,4 1,5 0,3 23,9 755 Saint-Louis 2,1 7,5 12,5 1,1 1,1 24,3 676 Tambacounda 0,1 2,6 2,9 1,6 0,1 7,3 432 Kaolack 0,2 5,0 13,8 1,7 0,3 21,0 698 Thiès 0,7 9,6 28,1 1,0 0,9 40,4 1 046 Louga 0,6 7,8 7,5 4,9 0,5 21,3 484 Fatick 0,4 6,2 13,6 0,9 0,2 21,5 346 Kolda 0,5 8,6 2,2 0,8 0,2 12,3 375 Matam 0,2 2,7 7,8 2,3 0,7 13,7 356 Kaffrine 0,1 1,3 7,3 1,8 0,3 10,8 350 Kédougou 1,5 7,5 1,1 4,5 0,8 15,5 92 Sédhiou 1,1 4,7 3,6 2,3 0,0 11,7 260 Note : Le tableau n’est basé que sur les enfants qui vivent habituellement dans le ménage. 24 • Situation des enfants L’accessibilité géographique et la disponibilité de l’offre conditionnent le niveau de fréquentation des établissements d’apprentissage. En effet, c’est dans les régions les plus urbanisées que l’on constate les pourcentages les plus élevés d’enfants de 3-5 ans qui ont fréquenté un établissement d’apprentissage offrant des programmes d’apprentissage ou d’éveil (50 % à Dakar, 43 % à Ziguinchor et 40 % à Thiès). Par contre, les régions de Tambacounda (7 %), Kaffrine (11 %), Sédhiou (12 %), Kolda (12 %) et de Matam (14 %) sont celles où ces pourcentages sont les plus faibles. Les résultats par lieu d’encadrement montrent que la fréquentation d’une école maternelle et d’une Case de Tout Petits est très faible, cela quelle que soit la région. En ce qui concerne l’école maternelle, à part dans la région de Ziguinchor (4 %), les pourcentages ne dépassent pas 2 % dans les autres régions. Il en est de même pour la Case des Tout Petits où, à l’exception des régions de Louga et de Kédougou dans lesquelles 5 % des enfants fréquentaient ce lieu d’encadrement, les pourcentages ne dépassent pas 2 % ailleurs. En ce qui concerne la fréquentation des jardins d’enfants, on constate des pourcentages plus élevés, mais c’est surtout dans les régions de Dakar (23 %) et de Ziguinchor (32 %) que les enfants fréquentent ce lieu d’encadrement. Quant à la fréquentation des daaras, elle est particulièrement forte à Thiès (28 %), Dakar (26 %), Diourbel (18 %), Kaolack (14 %) et Fatick (14 %). 3.5 TRAVAIL DES ENFANTS Selon la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE, 1989), « l’enfant a le droit d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou son développement physique, mental, spirituel, moral ou social ». Ainsi, toutes les dispositions doivent être prises par les autorités, la société et les parents pour que les enfants ne soient ni exposés ni exploités. Si certaines activités comme par exemple, la participation des enfants aux tâches ménagères ou aux activités génératrices de revenus de la famille, sont considérées parfois comme faisant partie des processus de socialisation, il n’en reste pas moins que les enfants qui sont engagés dans de telles activités ont souvent moins de chances d’être scolarisés, plus de chance d’abandonner l’école et courent plus de risques d’être exploités. Les données collectées au cours de l’Enquête Continue 2012-2014 ont permis de calculer les indicateurs utilisés par l’Unicef dans les enquêtes MICS pour définir le travail des enfants. Les indicateurs concernant le travail des enfants présentés dans ce chapitre sont donc basés sur la définition établie par l’Unicef. Les résultats sont présentés au tableau 3.6 pour les enfants de 5-17 ans, et ils portent sur la semaine qui a précédé l’interview. Les résultats mettent en évidence des disparités importantes entre régions. En effet, dans la région de Kaffrine, plus d’un enfant de 5-17 ans sur deux (52 %) avait travaillé au cours de la semaine avant l’interview. Dans les régions de Tambacounda et de Kaolack, ces pourcentages sont respectivement de 44 % et de 41 %.De même, dans la région de Fatick, environ un tiers des enfants avait travaillé (34 %). Les enfants avaient soit participé à activités économiques, soit à des tâches domestiques cela pendant un nombre d’heures égal ou supérieur à un seuil fixé selon l’âge. En outre, est inclus dans cette définition du travail, tout travail qualifié de dangereux. Dans les régions de Ziguinchor (16 %) et de Kédougou (19 %), le travail des enfants est moins fréquent. C’est dans la région de Dakar que le pourcentage d’enfants ayant travaillé est, de loin, le plus faible (7 %). Une proportion très élevée d’enfants ont travaillé dans des conditions dangereuses dans la région de Kaffrine (29 %). Cet indicateur est aussi élevé à Kolda et Matam (16 % chacune) et c’est à Dakar (2 %), Ziguinchor (5 %) et Diourbel (7 %) que les proportions d’enfants ayant travaillé dans des conditions considérées comme dangereuses sont les plus faibles. Situation des enfants • 25 Tableau 3.6 Travail des enfants Pourcentage d’enfants de 5-17 ans ayant participé, au cours de la semaine ayant précédé l’interview, à des activités économiques ou à des tâches domestiques, pourcentage ayant travaillé dans des conditions dangereuses au cours de la semaine ayant précédé l’interview et pourcentage d’enfants ayant effectué un travail au cours de la semaine ayant précédé l’interview, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Enfants ayant participé à des activités économiques pendant un nombre total d’heures, au cours de la semaine avant l’interview : Enfants ayant participé à des tâches domestiques pendant un nombre total d’heures, au cours de la semaine avant l’interview : Enfants ayant travaillé dans des conditions dangereuses3 Ensemble du travail des enfants4 Effectif d’enfants de 5-17 ans Région En dessous du seuil défini pour chaque groupe d’âges1 A la limite ou au- dessus du seuil défini pour chaque groupe d’âges1 En dessous du seuil défini pour chaque groupe d’âges2 A la limite ou au- dessus du seuil défini pour chaque groupe d’âges 2 Dakar 3,8 4,9 78,7 1,2 1,7 6,6 639 Ziguinchor 8,2 11,5 87,0 4,0 4,9 16,4 145 Diourbel 5,8 20,2 64,8 5,0 7,0 25,5 303 Saint-Louis 7,6 17,1 77,0 6,6 12,4 24,8 344 Tambacounda 9,3 33,2 63,6 10,7 11,9 43,9 159 Kaolack 7,6 33,7 80,6 6,4 11,2 40,6 327 Thiès 6,5 13,6 70,3 4,1 9,4 20,1 531 Louga 14,9 18,1 80,5 5,1 17,8 28,7 228 Fatick 10,1 27,6 62,7 9,2 12,3 33,7 173 Kolda 12,1 27,4 79,4 6,3 16,0 36,4 165 Matam 12,9 18,8 88,5 2,2 15,9 26,2 173 Kaffrine 7,3 45,7 79,8 3,6 28,8 51,9 165 Kédougou 10,3 14,9 84,5 2,2 8,0 18,8 40 Sédhiou 21,0 25,2 89,3 1,3 9,6 27,9 133 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Selon la définition de l’UNICEF, le seuil se situe à 1 heure d’activité économique pour les enfants de 5-11 ans, 14 heures d’activité économique pour les enfants de 12-14 ans, et 43 heure d’activité économique pour les enfants de 15-17 ans. 2 Selon la définition de l’UNICEF, le seuil se situe à 28 heures de tâches domestiques pour les enfants de 5-11 ans et 12-14 ans, et 43 heures de tâches domestiques pour les enfants de 15-17 ans. 3 Selon la définition de l’UNICEF, les enfants travaillant dans des conditions dangereuses sont ceux qui, dans le cadre de leur travail : a) portent des charges lourdes ; ou b) travaillent avec des outils dangereux ou font fonctionner de grosses machines ; ou c) sont exposés à la poussière, à la fumée ou au gaz ; ou d) sont exposés au froid, à la chaleur ou à de l’humidité extrême ; e) sont exposés à des bruits intenses ou des vibrations ; f) sont exposés à un travail en hauteur ; g) sont exposés à des produits chimiques (pesticides, colles, etc.) ou à des explosifs ; h) sont exposés à d’autres choses, procédés ou conditions mauvaises pour leur santé ou leur sécurité. 4 Selon la définition de l’UNICEF, sont inclus dans cette catégorie les enfants qui a) participent à des activités économiques à la limite ou au- dessus du seuil défini pour leur groupe d’âges ; ou b) participent à des tâches domestiques à la limite ou au-dessus du seuil défini pour leur groupe d’âges ; ou c) qui travaillent dans des conditions dangereuses. Fécondité et mortalité des enfants • 27 FÉCONDITÉ ET MORTALITÉ DES ENFANTS 4 Cheikh Tidiane NDIAYE et Fatou Bintou NIANG omme dans les enquêtes démographiques et de santé précédentes, dans l’EDS-Continue 2012-2013 et 2014 des informations ont été collectées sur l’histoire génésique des femmes afin d’estimer les niveaux de la fécondité, de dégager ses tendances et d’apprécier les éventuelles différences entre certains groupes socioéconomiques. À cet effet, on a demandé à toutes les femmes de 15-49 ans enquêtées, le nombre total d’enfants nés vivants qu’elles avaient eus, ceux vivant avec elles et ceux vivant ailleurs, et ceux encore en vie et ceux décédés. Ensuite, l’historique complet des naissances de l’enquêtée était établi, de la naissance la plus ancienne à la plus récente, en enregistrant pour chacune d’entre elles, le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et, pour les enfants encore vivants, l’âge actuel. Pour les enfants décédés, on enregistrait l’âge au décès. 4.1 FÉCONDITÉ Les données collectées permettent d’estimer, non seulement, le niveau de la fécondité sur la période actuelle, mais également l’intervalle intergénésique, l’âge à la première naissance et le niveau de fécondité des adolescentes. 4.1.1 Fécondité différentielle Le niveau actuel de la fécondité est mesuré par l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) qui correspond au nombre moyen d’enfants nés vivants qu’aurait une femme au terme de sa vie féconde, si elle était soumise, à chaque âge, aux différents taux actuels de fécondité. L’ISF varie de façon très importante selon la région de résidence (Tableau 4.1). On peut ainsi distinguer quatre groupes de régions : Dakar (3,6 enfants par femme) avec la fécondité la plus faible ; suivie de Thiès (4,8), Ziguinchor et Louga (5,0). À Saint-Louis, Diourbel et Matam, l’ISF varie entre 5,2 et 5, 8 enfants par femme. Les régions de Kaolack, Kaffrine, Tambacounda, Kédougou, Sédhiou, Kolda et Fatick, avec 6 enfants ou plus par femme, demeurent celles ayant les plus hauts niveaux de fécondité. C’est dans la région de Kaffrine que la fécondité est la plus élevée (7,0 enfants par femme). Tableau 4.1 Fécondité Indice Synthétique de Fécondité pour les trois années ayant précédé l’enquête, pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes et nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Caractéristique sociodémographique Indice Synthétique de fécondité Proportion de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes Nombre moyen d’enfants déjà nés des femmes de 40-49 ans Région Dakar 3,6 6,0 4,8 Ziguinchor 5,0 5,7 5,7 Diourbel 5,8 9,3 6,1 Saint-Louis 5,2 7,8 5,6 Tambacounda 6,4 11,8 7,2 Kaolack 6,5 8,5 6,5 Thiès 4,8 7,3 5,7 Louga 5,0 9,0 5,5 Fatick 6,4 10,1 6,3 Kolda 6,5 10,7 6,9 Matam 5,6 10,7 6,0 Kaffrine 7,0 14,0 7,3 Kédougou 6,7 12,2 6,1 Sédhiou 6,2 9,4 7,2 Note : l’Indice Synthétique de Fécondité correspond à la période 1-36 mois avant l’interview. C 28 • Fécondité et mortalité des enfants Le tableau 4.1 fournit aussi le pourcentage de femmes qui se sont déclarées enceintes au moment de l’enquête. Il faut préciser qu’il ne s’agit pas de la proportion exacte de femmes qui sont enceintes dans la mesure où il peut avoir des enquêtées qui sont en début de grossesse et qui ne le savent pas. Les proportions de femmes enceintes présentent les mêmes variations que l’ISF selon les régions, ce qui dénote une cohérence interne des données. Les proportions de femmes enceintes sont particulièrement élevées dans les régions de Kaffrine (14 %), et Kédougou et Saint-Louis avec, chacune, 12 %. Par ailleurs, C’est à Dakar que le pourcentage de femmes enceintes est le plus faible (6 %). Au tableau 4.1 figure également le nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans: ce nombre est assimilable à la descendance finale. À l’inverse de l’ISF qui mesure la fécondité actuelle des femmes de 15-49 ans, cet indice est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui atteignent la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste invariable, la descendance tend à se rapprocher de l’ISF. Par contre, quand l’ISF est inférieur au nombre moyen d’enfants nés par femme en fin de vie féconde, cela indique une tendance à la baisse de la fécondité. L’analyse de ces deux indices (Graphique 4.1) montre des écarts importants selon la région. Ainsi, on peut constater que c’est dans les régions de Dakar (écart de 1,2 enfants entre la descendance et l’ISF), de Sédhiou (1,0), de Thiès (0,9) et de Tambacounda (0,8) que le niveau de la fécondité aurait le plus tendance à diminuer. Par contre, les régions de Kédougou et de Fatick ne suivent pas la même tendance. En effet, l’ISF y est légèrement supérieur à la descendance des femmes de 40-49 ans, ce qui pourrait suggérer un calendrier de la fécondité plus précoce et par conséquent à une tendance à une fécondité en hausse. Par ailleurs, la fécondité reste quasiment invariable dans les régions de Kaolack, Diourbel et Kaffrine. Graphique 4.1 Descendance à 40-49 ans et ISF pour les 3 dernières années 3.6 5 5.8 5.2 6.4 6.5 4.8 5 6.4 6.5 5.6 7 6.7 6.2 4.8 5.7 6.1 5.6 7.2 6.5 5.7 5.5 6.3 6.9 6 7.3 6.1 7.2 0 1 2 3 4 5 6 7 8 Dakar Ziguinchor Diourbel Saint-Louis Tambacounda Kaolack Thiès Louga Fatick Kolda Matam Kaffrine Kédougou Sédhiou Descendance à 40-49 ans Indice Synthétique de Fécondité EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Fécondité et mortalité des enfants • 29 4.1.2 Intervalle intergénésique La durée de l’intervalle qui sépare la naissance d’un enfant de la naissance précédente a une influence sur le niveau général de fécondité ainsi que sur l’état de santé de la mère et de l’enfant. Il est admis que les intervalles intergénésiques courts (inférieurs à 24 mois) sont nuisibles à la santé et à l’état nutritionnel des enfants et augmentent les risques de décès de la mère et de l’enfant. Les naissances trop rapprochées amoindrissent la capacité physiologique de la femme ; ce faisant, elles exposent la mère aux complications pendant et après la grossesse (fausses couches, éclampsie). Le tableau 4.2 présente la répartition des naissances des cinq années ayant précédé l’enquête selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, selon la région. Tableau 4.2 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang un, survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, et nombre médian de mois depuis la naissance précédente selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Mois depuis la naissance précédente Total Effectifs de naissances autres que de premier rang Nombre médian de mois depuis la naissance précédente Région 7-17 18-23 24-35 36-47 48-59 60+ Dakar 7,0 10,2 29,0 19,5 16,1 18,2 100,0 1 446 37,8 Ziguinchor 3,8 7,2 35,7 24,9 9,5 19,0 100,0 276 37,3 Diourbel 4,3 13,2 46,8 18,8 8,1 8,8 100,0 1 071 31,9 Saint-Louis 7,5 12,3 39,7 20,6 9,1 10,8 100,0 896 32,0 Tambacounda 4,9 12,3 42,2 21,6 10,0 9,0 100,0 576 33,1 Kaolack 5,5 11,0 48,8 18,5 8,5 7,6 100,0 1 034 31,8 Thiès 5,4 12,6 38,9 20,2 9,8 13,1 100,0 1 409 33,3 Louga 5,1 13,0 39,3 22,1 10,8 9,8 100,0 614 33,1 Fatick 4,5 11,5 47,4 19,8 8,5 8,2 100,0 489 31,9 Kolda 3,0 8,8 40,7 27,4 11,9 8,1 100,0 534 35,2 Matam 6,8 15,5 42,4 19,5 5,8 10,1 100,0 456 31,4 Kaffrine 6,9 13,7 48,6 18,2 7,1 5,5 100,0 518 31,2 Kédougou 2,7 9,2 39,6 26,6 13,0 8,8 100,0 134 35,4 Sédhiou 2,5 11,5 44,6 18,9 10,6 11,9 100,0 317 33,6 Note : Les naissances de rang 1 sont exclues. L’intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. On constate que, quelle que soit la région, le pourcentage des naissances survenues moins de 18 mois après la naissance précédente est relativement faible. Dans les régions de Kolda, Kédougou et Sédhiou, seules 3 % des naissances sont survenues moins de 18 mois après la naissance précédente. Cependant un pourcentage beaucoup plus élevé de naissances se produisent à moins de 18 mois dans les régions de Matam (7 %), Kaffrine (7 %), Dakar (7 %) et Saint-Louis (8 %). Globalement, dans les régions de Matam (22 %), de Kaffrine (21 %) et de Saint-Louis (20 %) environ une naissance sur cinq s’est produit à moins de 24 moins par rapport à la naissance précédente ; par contre, à Ziguinchor, seulement 11 % des enfants sont nés à moins de 24 mois après leur aîné et ce pourcentage est de 12 % dans les régions de Kolda et de Kédougou. Quelle que soit la région, c’est entre 2 et 3 ans après la naissance précédente que se produisent les plus fortes proportions de naissances. Les régions de Kaolack et de Kaffrine se distinguent des autres régions avec 49% de naissances survenues entre 2 et 3 ans après leur ainé. Dans toutes les régions, la durée médiane de l’intervalle intergénésique est proche de 3 ans, ce qui signifie que la moitié des naissances interviennent dans un intervalle de près de 3 ans après la naissance précédente. Cet intervalle médian intergénésique varie d’un maximum de 37,8 mois dans la région de Dakar et 37,3 dans celle de Ziguinchor à un minimum de 31,2 mois dans la région de Kaffrine et de 31,4 mois dans la région de Matam. 4.1.3 Exposition au risque de grossesse Rappelons qu’après la naissance d’un enfant, l’exposition au risque de grossesse dépend, entre autres facteurs, du retour de l’ovulation et de l’abstinence sexuelle ou de l’abstinence postpartum. Le temps écoulé entre l’accouchement et le retour de l’ovulation qui constitue l’aménorrhée post-partum est 30 • Fécondité et mortalité des enfants estimé ici par la longueur de l’intervalle qui sépare la naissance d’un enfant et le retour des règles. La longueur de cet intervalle peut être influencée par l’intensité, la fréquence et la durée de l’allaitement au sein. L’examen de ces facteurs permet d’identifier les femmes non susceptibles d’être exposées au risque de grossesse et ainsi d’évaluer la durée de l’in susceptibilité. Une femme est considérée comme non susceptible d’être exposée au risque de grossesse quand elle n’a pas repris les rapports sexuels depuis la dernière naissance, ou quand elle est en aménorrhée post-partum, ce qui signifie que ses risques de tomber enceinte sont minimes si elle reprend les rapports sexuels sans protection contraceptive. La période d’insusceptibilité se définit donc comme celle pendant laquelle une femme n’est pratiquement pas soumise au risque de grossesse par suite d’aménorrhée et/ou d’abstinence post-partum. Les durées médianes d’aménorrhée, d’abstinence post-partum et d’insusceptibilité selon la région de résidence de la femme sont présentées dans le tableau 4.3. Ces indicateurs varient fortement d’une région à une autre. Tableau 4.3 Durée médiane de l’aménorrhée, de l’abstinence post-partum et de l’insusceptibilité post-partum Nombre médian de mois d’aménorrhée, d’abstinence et d’insusceptibilité post-partum, à la suite d’une naissance survenue au cours des trois années ayant précédé l’enquête selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Région Aménorrhée postpartum Abstinence postpartum Insusceptibilité postpartum1 Dakar 7,1 2,8 11,0 Ziguinchor 11,9 10,8 13,8 Diourbel 13,7 2,5 14,0 Saint-Louis 10,3 3,1 11,0 Tambacounda 12,5 6,2 13,8 Kaolack 11,0 2,3 11,4 Thiès 6,4 2,3 10,8 Louga 11,8 2,2 12,7 Fatick 11,5 3,0 13,0 Kolda 12,6 14,1 19,8 Matam 10,9 4,6 12,0 Kaffrine 12,9 3,4 13,2 Kédougou 13,0 18,7 19,9 Sédhiou 12,9 8,3 17,6 Note : Les médianes sont basées sur le statut actuel 1 Y compris les naissances pour lesquelles les mères sont encore, soit en aménorrhée, soit en abstinence, (ou les deux), à la suite d’une naissance La durée médiane de l’aménorrhée post-partum varie d’un minimum de 6,4 mois à Thiès à un maximum d’environ 13 mois dans les régions de Diourbel (13,7), de Kédougou (13,0) et de Sédhiou et de Kaffrine (12,9 mois chacune). En ce qui concerne l’abstinence post-partum, c’est à Kédougou (18,7 mois), Kolda (14,1) et Ziguinchor (10,8) que le nombre médian de mois à la suite d’une naissance survenue au cours des trois années ayant précédé l’enquête est le plus important. Par contre, Kaolack, Thiès et Louga se caractérisent par des durées médianes d’abstinence post-partum beaucoup plus courte, de l’ordre de 2 mois. La période pendant laquelle les femmes ne sont pratiquement pas soumises au risque de grossesse par suite d’aménorrhée et/ou d’abstinence post-partum varie aussi fortement d’une région à l’autre. Elle est d’environ 20 mois dans les régions de Kédougou (19,9) et de Kolda (19,8) contre environ 11 mois dans les régions de Thiès (10,8), Dakar et Saint-Louis (11,0 dans les deux cas), et Kaolack (11,4 mois). Fécondité et mortalité des enfants • 31 4.1.4 Âge à la première naissance L’âge auquel les femmes ont leur première naissance joue un rôle important sur le niveau de fécondité totale et peut aussi avoir des répercussions importantes sur l’état de santé des femmes et celle de leurs enfants. Le tableau 4.4 présente l’âge médian à la première naissance des femmes âgées de 20-49 ans et de 25-49 ans au moment de l’enquête. Dans l’ensemble, l’âge médian à la première naissance ne varie pas des femmes de 20-49 ans à celles de 25- 49 ans. Par ailleurs, l’âge à la première naissance présente des variations assez importantes selon les régions de résidence des femmes. En effet, la région de Dakar qui se caractérise par l’ISF le plus faible, vient largement en tête avec 24,0 ans, suivie de loin par Thiès (22,0 ans), Ziguinchor (21,4 ans), Diourbel (21,2 ans) et Louga (21,1 ans). Les régions de Kolda (18,8 ans), Kédougou (19,0 ans), Tambacounda (19,1 ans) et de Kaffrine (19,2 ans) se caractérisent par une fécondité plus précoce. 4.1.5 Fécondité des adolescentes Les enfants nés de jeunes mères (moins de 20 ans) courent généralement un risque plus important de décéder que ceux issus de mères plus âgées. De même les grossesses et les accouchements précoces augmentent le risque de décéder chez les adolescentes. Le tableau 4.5 montre que trois régions se singularisent par un fort pourcentage d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde, c’est-à-dire les adolescentes qui ont déjà eu une naissance vivante ou sont enceintes de leur premier enfant. Comme l’avait montré l’EDS-IV de 2011, il s’agit de Kédougou (44 %), de Kaffrine (34 %) et de Tambacounda (32 %). À l’autre extrême, on trouve Dakar (8 %), Thiès (13 %), Ziguinchor (14 %) et Fatick (16 %). Tableau 4.5 Grossesse et fécondité des adolescentes Pourcentage d’adolescentes de 15-19 ans qui ont déjà eu une naissance vivante ou qui sont enceintes d’un premier enfant et pourcentage qui ont déjà commencé leur vie procréatrice, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Pourcentage de femmes de 15-19 ans qui : Pourcentage ayant déjà commencé leur vie procréatrice Effectif de femmes Région de résidence Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d’un premier enfant Dakar 6,2 1,7 7,9 771 Ziguinchor 12,8 1,5 14,3 154 Diourbel 13,1 4,3 17,4 343 Saint-Louis 14,3 3,7 18,0 401 Tambacounda 23,7 8,2 31,9 170 Kaolack 14,0 2,3 16,4 375 Thiès 10,6 2,3 12,9 572 Louga 11,5 4,1 15,6 281 Fatick 13,0 2,5 15,5 179 Kolda 23,2 4,7 27,9 144 Matam 18,7 3,9 22,6 154 Kaffrine 26,8 7,6 34,4 146 Kedougou 37,4 6,9 44,3 40 Sédhiou 12,3 5,4 17,7 98 Tableau 4.4 Âge médian à la première naissance Âge médian à la première naissance des femmes de 20-49 ans et 25-49 ans selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012- 2014 Région Femmes de 20-49 Femmes de 25-49 Dakar a 24,0 Ziguinchor a 21,4 Diourbel a 21,2 Saint-Louis a 20,8 Tambacounda 19,1 19,1 Kaolack a 20,0 Thiès a 22,0 Louga a 21,1 Fatick a 20,7 Kolda 18,8 18,8 Matam a 20,5 Kaffrine 19,2 19,2 Kédougou 18,8 19,0 Sédhiou 19,7 19,7 a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d’atteindre le début du groupe d’âges. 32 • Fécondité et mortalité des enfants 4.2 MORTALITÉ DES ENFANTS Les indicateurs de mortalité présentés dans ce chapitre sont estimés à partir de l’historique des naissances du questionnaire femme. Ils sont définis ci-après : Le quotient de mortalité néonatale (NN) : probabilité de décéder avant d’atteindre l’âge d’un mois exact ; Le quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : probabilité de décéder entre le premier mois et le douzième mois exact ; Le quotient de mortalité infantile (1q0) : probabilité de décéder entre la naissance et le premier anniversaire ; Le quotient de mortalité juvénile (4q1) : probabilité de décéder entre le premier et le cinquième anniversaire ; et Le quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire. Les résultats du tableau 4.6 mettent en évidence des variations importantes selon la région de résidence de la mère. Ainsi on constate que, quelle que soit la composante de la mortalité considérée, les régions de Dakar, Saint-Louis et Ziguinchor affichent une situation meilleure par rapport aux autres. En effet, entre la naissance et un an exact, les probabilités de décéder respectivement de 28 ‰, 33 ‰ et 34 ‰. De même, entre la naissance et le cinquième anniversaire, les quotients de mortalité s’établissent respectivement à 41 ‰, 43 ‰ et 47 ‰. Par contre, la situation est préoccupante dans les régions de Kolda, Kédougou et Tambacounda, où le risque de décéder avant d’atteindre l’âge d’un an y est estimé respectivement à 71 ‰, 58 ‰ et 56 ‰. Dans ces régions, le risque de décéder avant le cinquième anniversaire est, respectivement, de 125 ‰, 114 ‰ et 108 ‰. De même, les régions de Sédhiou et Diourbel se caractérisent par une forte mortalité infanto-juvénile avec, respectivement, un quotient de mortalité avant 5 ans de 97 ‰ et 93 ‰. Tableau 4.6 Quotients de mortalité des enfants selon la région de résidence Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant précédé l'enquête, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Caractéristique socio- économique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto-juvénile (5q0) Dakar 18 10 28 13 41 Ziguinchor 16 18 34 13 47 Diourbel 37 23 60 35 93 Saint-Louis 19 14 33 10 43 Tambacounda 29 27 56 55 108 Kaolack 21 18 39 21 59 Thiès 29 16 46 18 63 Louga 28 15 43 18 60 Fatick 23 16 39 26 64 Kolda 35 37 71 58 125 Matam 29 16 46 18 63 Kaffrine 20 18 38 36 73 Kédougou 34 24 58 60 114 Sédhiou 24 32 56 44 97 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. Contraception et préférences en matière de fécondité des femmes • 33 CONTRACEPTION ET PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ DES FEMMES 5 Khady GNING et Atoumane FALL e niveau d’utilisation de la contraception est l’un des indicateurs qui permet de juger de la réussite des programmes de planification familiale. L’EDS-Continue permet de mesurer le niveau d’utilisation de la contraception au moment de l’enquête. Aux femmes qui ont déclaré connaître une méthode contraceptive, on a demandé si elles en utilisaient une au moment de l’enquête. 5.1 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION Le tableau 5.1 présente le taux de prévalence de la contraception, c’est-à-dire la proportion de femmes actuellement en union qui utilisaient une méthode contraceptive au moment de l’enquête selon la région. Il fait apparaître des différences régionales très importantes. Quatre régions se distinguent par leur forte prévalence contraceptive moderne: Dakar (33 %), Thiès (25 %), Ziguinchor (24 %) et Thiès (20 %). À l’opposé, dans les régions de Diourbel (7 %), Matam (7 %), Kédougou (8 %) et Tambacounda (9 %) l’utilisation de la contraception moderne reste encore à des niveaux extrêmement faibles. Quelle que soit la région, les injectables sont la méthode la plus utilisée, sauf à Saint-Louis et Matam où une proportion légèrement plus élevée de femmes utilisent la pilule. Après les injectables, la pilule et les implants sont les méthodes les plus utilisée. Les méthodes traditionnelles sont peu utilisées avec un maximum de 5 % dans la région de Ziguinchor, suivi de 3 % dans la région de Thiès. Tableau 5.1 Utilisation actuelle de la contraception selon la région Répartition (en %) des femmes actuellement en union de 15-49 ans par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 N’im- porte quelle mé- thode Une mé- thode mo- derne Une méthode moderne Une mé- thode tradi- tion-nelle Une méthode traditionnelle N’utilise pas actuel- lement Total Effectif de femmesRégion Stérili- sation fémi- nine Pilule DIU Inject- ables Im- plants Condom masculin MAMA Collier Autre Rythme Retrait Autre Dakar 35,0 33,3 0,8 9,1 2,6 11,5 7,4 1,5 0,3 0,1 0,0 1,7 0,8 0,3 0,6 65,0 100,0 2 100 Ziguinchor 29,1 24,1 1,1 4,5 0,2 8,8 6,7 2,0 0,5 0,0 0,3 4,9 2,1 0,7 2,2 70,9 100,0 277 Diourbel 7,6 6,6 0,1 2,2 0,1 3,0 1,0 0,1 0,1 0,0 0,1 1,0 0,3 0,1 0,6 92,4 100,0 1 185 Saint-Louis 21,6 20,4 0,4 8,9 0,7 7,8 2,4 0,1 0,0 0,0 0,0 1,2 0,8 0,2 0,2 78,4 100,0 1 040 Tambacounda 11,0 9,4 0,1 1,1 0,3 5,1 2,3 0,3 0,1 0,1 0,0 1,6 0,4 0,1 1,1 89,0 100,0 594 Kaolack 17,8 15,3 0,2 3,5 0,9 6,8 3,5 0,2 0,0 0,0 0,1 2,5 0,3 0,4 1,8 82,2 100,0 991 Thiès 27,9 24,8 0,6 7,4 0,8 9,8 5,4 0,7 0,1 0,0 0,1 3,1 1,5 0,5 1,1 72,1 100,0 1 662 Louga 12,6 11,8 0,2 4,3 0,6 5,4 1,0 0,2 0,0 0,1 0,0 0,8 0,1 0,1 0,6 87,4 100,0 783 Fatick 16,0 14,7 0,0 3,1 0,4 7,9 2,6 0,1 0,3 0,0 0,3 1,4 0,7 0,0 0,7 84,0 100,0 470 Kolda 13,9 12,2 0,0 1,5 0,2 6,7 3,3 0,4 0,0 0,0 0,0 1,8 0,3 0,1 1,4 86,1 100,0 533 Matam 6,9 6,9 0,1 2,6 0,4 2,3 1,2 0,2 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 93,1 100,0 496 Kaffrine 11,9 11,0 0,0 2,0 0,3 5,6 2,7 0,3 0,0 0,0 0,1 0,9 0,1 0,0 0,8 88,1 100,0 493 Kédougou 9,6 8,0 0,1 0,5 0,0 4,3 1,4 1,7 0,0 0,0 0,0 1,6 0,0 0,0 1,6 90,4 100,0 147 Sédhiou 14,6 12,0 0,2 0,6 0,1 4,4 6,0 0,6 0,0 0,0 0,0 2,6 0,3 0,0 2,3 85,4 100,0 292 MAMA = Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée. Note: Si plus d’une méthode a été utilisée, seule la plus efficace est prise en compte dans ce tableau. L 34 • Contraception et préférence en matière de fécondité des femmes 5.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE La demande potentielle en matière de contraception et l’identification des femmes qui ont des besoins élevés en services de planification constituent les problèmes les plus importants de tout programme de planification familiale. Les femmes fécondes qui n’utilisent pas la contraception, mais qui souhaitent espacer leur prochaine naissance (espacement) ou qui ne veulent plus d’enfant (limitation) sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Plus précisément, les besoins non satisfaits pour espacer concernent : • les femmes qui courent un risque de tomber enceintes, qui n’utilisent pas la contraception et qui ne souhaitent pas tomber enceintes dans les prochaines années ou qui ne sont pas sûres de vouloir tomber enceintes ou du moment auquel elles voudraient tomber enceintes ; • les femmes enceintes dont la grossesse ne s’est pas produite au moment voulu ; • les femmes en aménorrhée post-partum pour une période d’au maximum 2 ans à la suite d’une naissance qui ne s’est pas produite au moment voulu et qui n’utilisent pas de contraception. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent : • les femmes qui courent un risque de tomber enceintes, qui n’utilisent pas la contraception et qui ne souhaitent pas (plus) d’enfants ; • les femmes enceintes dont la grossesse n’est pas voulue ; • les femmes en aménorrhée post-partum pour une période de deux ans au maximum à la suite d’une grossesse non désirée et qui n’utilisent pas de contraception. Les femmes classées comme n’étant pas fécondes ne sont pas considérées comme ayant des besoins non satisfaits, car elles ne courent pas de risque de tomber enceintes. Au contraire, les femmes qui utilisent la contraception sont considérées comme ayant des besoins satisfaits. Les femmes qui utilisent la contraception et qui déclarent ne pas (plus) vouloir d’enfant sont considérées comme ayant des besoins satisfaits pour limiter. Celles qui utilisent la contraception et qui déclarent qu’elles veulent retarder la venue d’un enfant ou qui n’en sont pas sûres ou bien qui ne sont sûres de vouloir, ou non, un autre enfant ou du moment auquel elles le souhaitent sont considérées comme ayant des besoins satisfaits pour espacer. Les besoins non satisfaits, la demande totale, le pourcentage de demande satisfaite et le pourcentage de demande satisfaite par les méthodes modernes sont définis comme suit : • besoins non satisfaits : somme des besoins non satisfaits pour espacer et des besoins non satisfaits pour limiter ; • demande totale en planification familiale : somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale ; • pourcentage de demande satisfaite : utilisation contraceptive totale divisée par la somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale ; • pourcentage de demande satisfaite par les méthodes modernes : utilisation des méthodes contraceptives modernes divisée par la somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale. Le Tableau 5.2 présente les besoins non satisfaits pour les femmes actuellement en union. les résultats montrent que c’est dans les régions de Matam (36 %), Louga (31 %) et Kédougou (30 %) que les proportions de femmes dont les besoins en matière de planification familiale sont non-satisfaits sont les Contraception et préférences en matière de fécondité des femmes • 35 plus élevés. Dans toutes les régions, plus de deux tiers de cette demande non satisfaite concerne l’espacement des naissances. Dans le cas de Matam et Louga, cette proportion est supérieure à 80 %. Dans la région de Matam, l’utilisation actuelle de la contraception y est estimée à 7 % et la demande n’y est satisfaite que dans 16 % des cas. Par ailleurs, en ce qui concerne la demande totale en planification familiale, c’est seulement dans les régions de Dakar (59 %), Ziguinchor (54 %) et Thiès (51 %) qu’elle dépasse 50 % ; C’est dans la région de Diourbel (37 %) que l’on constate le niveau le plus faible. En outre, quelle que soit la région, la demande en matière de planification familiale est principalement induite par un besoin d’espacement des naissances, la demande pour limiter les naissances demeurant assez faible. Enfin, il faut souligner que le pourcentage de demande satisfaite par les seules méthodes modernes suit les mêmes tendances régionales que la demande toutes méthodes confondues puisque c’est dans les régions de Dakar (56 %), Thiès (48 %) et Ziguinchor (45 %) qu’elle est la plus élevée. Tableau 5.2 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits, pourcentage de demande potentielle totale de services en planification familiale et pourcentage de demande satisfaite, selon les régions, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale1 Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisation actuelle)2 Demande totale en planification familiale Pourcentage de demande satisfaite Pourcentage de demande satisfaite par des méthodes modernes Effectif de femmesRégion Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Dakar 16,7 7,5 24,2 24,7 10,3 35,0 41,4 17,8 59,2 59,2 56,2 2 100 Ziguinchor 16,3 8,4 24,7 20,0 9,1 29,1 36,3 17,4 53,8 54,0 44,8 277 Diourbel 22,8 6,2 29,0 5,6 2,0 7,6 28,5 8,1 36,6 20,8 18,1 1 185 Saint-Louis 21,0 6,0 27,0 16,3 5,3 21,6 37,3 11,2 48,5 44,4 42,0 1 040 Tambacounda 19,9 9,4 29,3 8,1 2,9 11,0 28,0 12,3 40,3 27,2 23,2 594 Kaolack 21,9 7,4 29,3 11,6 6,2 17,8 33,5 13,6 47,1 37,9 32,5 991 Thiès 17,0 6,4 23,3 19,4 8,5 27,9 36,3 14,9 51,2 54,5 48,4 1 662 Louga 24,8 6,1 30,9 9,3 3,3 12,6 34,1 9,4 43,5 28,9 27,1 783 Fatick 21,5 7,9 29,4 9,0 7,1 16,0 30,4 15,0 45,4 35,3 32,3 470 Kolda 21,3 6,3 27,6 8,7 5,2 13,9 30,0 11,5 41,5 33,6 29,3 533 Matam 30,6 4,9 35,5 4,8 2,1 6,9 35,3 7,0 42,4 16,3 16,3 496 Kaffrine 22,5 5,7 28,2 8,1 3,8 11,9 30,6 9,5 40,1 29,8 27,5 493 Kédougou 23,4 6,9 30,4 7,6 2,0 9,6 31,0 8,9 39,9 24,0 20,0 147 Sédhiou 19,1 7,3 26,3 10,1 4,5 14,6 29,2 11,8 40,9 35,6 29,3 292 1 Les besoins non satisfaits pour espacer concernent les femmes fertiles et qui n’utilisent pas de méthode de planification familiale et qui déclarent qu’elles veulent attendre, au moins, deux ans avant leur prochaine naissance, ou qui déclarent qu’elles ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais qui ne savent pas quand. De plus, dans cette catégorie, sont incluses les femmes enceintes dont la grossesse actuelle a été mal planifiée, ou celles dont la grossesse actuelle n’était pas voulue mais qui disent maintenant qu’elles veulent d’autres enfants. Les besoins non satisfaits pour espacer incluent aussi les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s’est pas produite au moment voulu ou celles dont la dernière naissance n’était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu’elles veulent d’autres enfants. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes qui sont fertiles et qui n’utilisent pas de méthode de planification familiale et qui déclarent qu’elles ne veulent plus d’enfants. De plus, les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse actuelle n’était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu’elles ne veulent plus d’enfant ou qui n’ont pas décidé si elles veulent ou non un autre enfant. Les besoins non satisfaits pour limiter incluent aussi les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n’était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu’elles ne veulent plus d’enfant ou qui n’ont pas décidé si elles voulaient ou non un autre enfant. 2 L’utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent certaines méthodes de planification familiale et qui disent qu’elles veulent un autre enfant ou qui n’ont pas décidé si elles en voulaient, ou non, un autre. L’utilisation pour limiter concerne les femmes qui utilisent une méthode de planification familiale et qui ne veulent plus d’enfants. 36 • Contraception et préférence en matière de fécondité des femmes 5.3 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ les questions relatives aux préférences en matière de fécondité permettent d’évaluer les tendances futures de la fécondité ainsi que les besoins futurs en matière de contraception. Les données de l’Enquête Démographique et de Santé-Continue (EDS-Continue 2012-2014) ont permis d’identifier l’opinion et les attitudes des femmes en âge de procréer concernant leurs préférences en matière de fécondité. . 5.3.1 Désir d’enfants supplémentaires Une série de questions a été posée à l’EDS-Continue aux femmes de 15-49 ans actuellement en union pour obtenir des informations sur leur attitudes quant au désir d’avoir ou non d’autres enfants et d’espacer leur prochaine naissance ou de ne plus en avoir. Le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires dans l’avenir est généralement lié à l’âge de la femme et au nombre d’enfants actuellement en vie. Les résultats du tableau 5.3 mettent effectivement en évidence la relation entre le désir d’enfant et le nombre d’enfants vivants de la femme. On constate des variations importantes selon les régions en ce qui concerne le désir de limitation des naissances. (Tableau 5.3). En effet, on constate que ce sont les femmes des régions de Fatick (24 %), Dakar (24 %), Thiès (23 %) et Kaolack (22 %) qui sont proportionnellement les plus nombreuses à avoir exprimé leur désir de limiter leurs naissances. Dans les régions de Saint-Louis (19 %), Kaffrine (19 %), Diourbel (17 %) et Kédougou (15 %), ces proportions sont un peu plus faibles et c’est la région de Matam qui se caractérise par la proportion la plus faible de femmes qui ont exprimé le souhait de ne plus vouloir d’enfant. Globalement dans toutes les régions, le désir de limiter les naissances des femmes augmente régulièrement au fur et à mesure que la parité augmente : pour Dakar, il passe de 0,3 % chez les primipares à 18,3 % chez celles qui ont 3 enfants à 79,0 % chez celles qui en ont 6 et plus. Ces variations sont similaires à celles observées pour les niveaux de la fécondité actuelle (Chapitre 4) et le désir de limiter les naissances (Tableau 5.3). Tableau 5.3 Désir de limiter les naissances Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ne voulant plus d’enfants, par nombre d’enfants vivants, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Nombre d’enfants vivants1 Total Région 0 1 2 3 4 5 6+ Dakar 0,0 0,3 4,1 18,3 32,9 63,8 79,0 23,9 Ziguinchor 0,0 1,9 6,3 10,1 14,6 47,0 63,8 21,2 Diourbel 0,0 2,5 1,1 3,2 15,9 29,9 63,9 17,1 Saint-Louis 0,0 1,2 2,8 13,6 19,7 34,7 57,0 19,4 Tambacounda 0,0 2,7 3,7 7,8 16,8 32,4 62,7 20,9 Kaolack 2,3 0,5 5,1 5,9 21,0 32,2 64,1 22,4 Thiès 0,0 1,9 3,3 14,7 27,6 30,3 72,6 23,2 Louga 0,0 0,3 2,2 9,4 13,8 28,4 63,4 16,4 Fatick 0,0 1,2 2,5 8,1 14,9 38,8 65,2 24,3 Kolda 0,0 1,8 2,6 4,4 16,9 22,6 59,1 17,6 Matam 0,0 0,0 2,4 4,8 13,0 22,6 39,2 12,2 Kaffrine 0,0 0,9 1,4 8,6 11,6 17,2 54,6 18,5 Kédougou 0,0 0,9 2,8 2,9 20,3 28,7 55,6 15,2 Sédhiou 0,0 1,0 1,1 4,2 7,5 21,0 49,4 16,5 Note : Les femmes stérilisées sont considérées comme ne voulant plus d’enfant. 1 Le nombre d’enfants vivants inclut la grossesse actuelle. 5.3.2 Nombre idéal d’enfants Le comportement reproductif d’une femme peut être influencé par ce qui est, pour elle ou pour son mari, le nombre idéal d’enfants. Des questions concernant le nombre idéal d’enfants et le nombre moyen idéal d’enfants pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans et pour celles actuellement en union, selon le nombre d’enfants vivants ont été posées au moment de l’enquête. Contraception et préférences en matière de fécondité des femmes • 37 Les résultats du Tableau 5.4 montrent que les femmes sénégalaises aspirent à une famille nombreuse. En effet, ce nombre idéal moyen d’enfants varie d’un minimum de 4,6 dans la région de Dakar et de 4,8 dans celle de Saint-Louis à un maximum de 6,4 dans les régions de Kaffrine et de Sédhiou. En outre, les variations du nombre idéal moyen d’enfants reflètent les différences de niveaux de la fécondité actuelle. 5.3.3 Planification de la fécondité Des questions relatives à chaque enfant né au cours des cinq dernières années et à la grossesse actuelle (si l’enquêtée était enceinte) ont été posées dans le cadre de l’EDS-Continue 2012-2014. Ces questions avaient pour objectif de déterminer si, au moment de tomber enceinte, la femme le souhaitait à ce moment-là, plus tard, ou s’il s’agissait d’une grossesse non désirée. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité. Le tableau 5.5 et le graphique 5.1 présentent une comparaison de l’Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et de l’Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF). Le calcul de l’ISFD est analogue à celui de l’ISF présenté au chapitre 5, les naissances considérées comme non désirées étant éliminées du numérateur. En outre, il convient de souligner une autre différence entre les deux indices : l’ISFD prend la fécondité observée comme point de départ et par conséquent, il ne peut jamais être supérieur à l’ISF, contrairement au nombre idéal d’enfants désirés qui peut être supérieur au nombre d’enfants déjà nés et vivants. Ainsi, l’ISFD est un indice qui exprime le niveau de fécondité qui théoriquement devrait être atteint si toutes les naissances non désirées étaient évitées. La comparaison du taux de fécondité avec celui de la fécondité désirée met en évidence l’impact démographique potentiel de la prévention des naissances non désirées. La différence observée entre ces deux indices permet de déterminer l’effet potentiel qu’aurait un programme de planification familiale réussi qui permettrait à toutes les femmes de planifier leur fécondité et d’avoir seulement les enfants désirés. Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l’ISF des femmes sénégalaises serait égal à l’ISFD. Tableau 5.4 Nombre idéal d’enfants selon la région Nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans, selon la région, EDS- Continue, Sénégal 2012-2014 Région Nombre moyen Effectif de femmes(1) Dakar 4,6 3 639 Ziguinchor 5,0 597 Diourbel 5,8 1 388 Saint-Louis 4,8 1 092 Tambacounda 6,0 664 Kaolack 5,7 1 280 Thiès 5,1 2 483 Louga 5,3 813 Fatick 5,5 656 Kolda 5,7 657 Matam 5,9 371 Kaffrine 6,4 530 Kédougou 5,8 137 Sédhiou 6,4 426 1 Effectif de femmes ayant donné une réponse numérique. Tableau 5.5 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les trois années ayant précédé l’enquête, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Région Taux de fécondité désiré Taux de fécondité Dakar 3,0 3,6 Ziguinchor 4,3 5,0 Diourbel 4,0 5,8 Saint-Louis 2,7 5,2 Tambacounda 4,7 6,4 Kaolack 4,7 6,5 Thiès 3,6 4,8 Louga 3,1 5,0 Fatick 4,7 6,4 Kolda 5,5 6,5 Matam 2,6 5,6 Kaffrine 5,6 7,0 Kédougou 4,3 6,7 Sédhiou 5,4 6,2 Note : L’ISFD et l’ISF sont basés sur les naissances des femmes de 15-49 ans durant la période 1-36 mois avant l’enquête. L’ISF est le même que celui présenté au tableau 4.1. 38 • Contraception et préférence en matière de fécondité des femmes Graphique 5.1 Indice synthétique de fécondité et indice synthétique de fécondité désirée L’ISFD est toujours inférieur à l’ISF et les écarts entre les deux indicateurs varient faiblement. Tout au plus, peut-on remarquer que c’est chez les femmes des régions de Matam (3,0), Saint-Louis (2,5) et Kédougou (2,4) qu’on observe l’écart le plus important contrairement à la région de Dakar où il est le plus faible (0,6). 03 04 04 03 05 05 04 03 05 06 03 06 04 05 04 05 06 05 06 07 05 05 06 07 06 07 07 06 0 1 2 3 4 5 6 7 8 Dakar Ziguinchor Diourbel Saint-Louis Tambacounda Kaolack Thiès Louga Fatick Kolda Matam Kaffrine Kédougou Sédhiou Indice Synthétique de Fécondité Indice Synthétique de Fécondité Désirée EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Santé de la mère et de l’enfant • 39 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT 6 Fatou Bintou NIANG et Ibrahima DIOUF Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) a collecté des informations sur la santé de la mère et de l’enfant. Ces informations concernent les soins prénatals et les conditions d’accouchement (lieu et assistance), la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois et la prévalence et le traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA), de la fièvre et de la diarrhée chez les enfants de moins de cinq ans. Ces informations sont très importantes pour l’évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé. 6.1 SANTÉ DE LA MÈRE 6.1.1 Soins prénatals Les résultats présentés dans ce chapitre permettent d’identifier les problèmes les plus importants en matière de prise en charge de la grossesse et de l’accouchement. Ils constituent ainsi des outils de grande importance pour l’évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé. Les données du Tableau 6.1 présentent la répartition des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête selon le type de prestataire de santé consulté durant la grossesse. Au cours de l’EDS-Continue 2012-2014, toutes les catégories de personnes consultées par la mère pendant la grossesse ont été enregistrées. Lorsque plusieurs personnes avaient été consultées par la femme, seule la personne la plus qualifiée a été prise en compte dans ce tableau. Globalement, quelle que soit la région, on constate que la quasi-totalité des femmes ont reçu des soins prénatals dispensés par un prestataire de santé formé. En effet, à l’exception des régions de Tambacounda (84 %), Kaffrine (88 %) et Kédougou (89 %), dans plus de neuf cas sur dix, les femmes ont consulté un prestataire de santé formé. En outre, quelle que soit la région, à l’exception de Tambacounda et de Kaffrine, les soins prénatals ont été dispensés, en majorité, par les sages-femmes. Par exemple, à Dakar, 89 % des femmes ont reçu des soins prénatals par une sage-femme. À Ziguinchor et à Diourbel, ces proportions sont respectivement de 79 % et 75 %. Par contre, dans les régions de Tambacounda et de Kaffrine, les proportions de femmes dont les soins prénatals ont été dispensés par une infirmière sont plus élevées que celles qui ont reçu ces soins par une sage-femme (respectivement 44 % contre 39 % et 56 % contre 31 %). Les matrones et accoucheuses traditionnelles interviennent très peu dans la prestation de soins prénatals (d’un minimum de 0,0 % à Dakar à un maximum de 3,5 % à Fatick). Les proportions de femmes ayant consulté un médecin pendant leur grossesse sont elles aussi très faibles dans toutes les régions (d’un minimum de 0,3 % à Sédhiou à 8,1 % à Dakar). Il faut souligner enfin qu’à Tambacounda (13 %), Kédougou et Kaffrine (10 %) une proportion importante de femmes ne reçoit pas encore de soins prénatals. L’ 40 • Santé de la mère et de l’enfant Tableau 6.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type de prestataire de soins prénatals consulté durant la grossesse pour la naissance la plus récente, et pourcentage de naissances les plus récentes pour lesquelles la mère a reçu des soins prénatals par un prestataire de soins de santé formé, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Prestataire de soins prénatals Total Pourcentage ayant reçu des soins prénatals par un prestataire de soins de santé formé1 Effectif de femmes Région Médecin Sage-femme Infirmière Matrone/ Accoucheuse traditionnelle Manquant Dakar 8,1 88,7 3,0 0,0 0,3 100,0 99,7 1 490 Ziguinchor 0,7 78,7 19,3 0,8 0,5 100,0 98,7 267 Diourbel 4,2 74,5 15,8 1,3 4,2 100,0 94,5 849 Saint-Louis 1,6 63,1 31,6 0,6 3,0 100,0 96,4 769 Tambacounda 1,0 39,0 44,1 2,5 13,4 100,0 84,1 451 Kaolack 4,7 64,5 26,3 1,6 2,8 100,0 95,5 780 Thiès 3,6 77,0 17,9 0,9 0,6 100,0 98,5 1 219 Louga 1,7 67,2 27,5 1,2 2,4 100,0 96,5 539 Fatick 2,1 67,6 24,8 3,5 2,0 100,0 94,5 387 Kolda 0,7 65,1 26,8 0,9 6,5 100,0 92,6 431 Matam 0,6 53,0 40,5 0,4 5,5 100,0 94,1 368 Kaffrine 1,4 31,1 55,7 1,9 9,9 100,0 88,2 388 Kédougou 0,4 56,2 32,4 1,3 9,7 100,0 89,0 113 Sédhiou 0,3 60,2 31,5 1,5 6,3 100,0 92,1 251 Note : Si plus d'un prestataire de soins prénatals a été déclaré, seul le prestataire le plus qualifié est pris en compte dans ce tableau. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande au moins quatre visites prénatales, à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Le Tableau 6.2 présente la répartition des femmes ayant une naissance vivante ou cours des cinq dernières années ayant précédé l’enquête par nombre de visites prénatales. Dans seulement quatre régions, un peu plus d’une femme sur deux a effectué les quatre visites prénatales recommandées. Il s’agit des régions de Dakar (59 %), Ziguinchor (59 %), Saint-Louis et Thiès (54 % chacune). Dans toutes les régions, ces proportions sont beaucoup plus faibles. On relève ainsi qu’à Tambacounda, 13 % des femmes ayant une naissance vivante ou cours des cinq dernières années ayant précédé l’enquête n’ont effectué aucune visite. Tableau 6.2 Nombre de visites prénatales Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par nombre de visites prénatales selon la région EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Nombre de consultations prénatales Total Effectif de femmes Aucune 1 2-3 4+ Ne sait pas/manquant Région Dakar 0,3 3,5 35,7 58,6 1,9 100 1 490 Ziguinchor 0,5 2,9 35,6 59.0 2 100 268 Diourbel 4,2 5,2 40,4 47,1 3,1 100 849 Saint-Louis 3.0 5,1 37.0 54.0 0,8 100 769 Tambacounda 13,4 8,6 41,6 35,5 0,8 100 451 Kaolack 2,8 5,6 42,7 47,9 1 100 780 Thiès 0,6 3,4 40,7 53,8 1,5 100 1 219 Louga 2,4 5,3 50,8 40,8 0,7 100 539 Fatick 2.0 3,3 54,9 38,7 1,2 100 387 Kolda 6,5 12.0 51,6 29,7 0,2 100 431 Matam 5,5 5.0 48,4 39,8 1,4 100 369 Kaffrine 9,9 9,8 45,8 33,2 1,3 100 388 Kedougou 9,7 8,6 42,6 38,5 0,6 100 113 Sédhiou 6,3 8,4 52,3 32,9 0,1 100 251 Composantes des visites prénatales L’efficacité des soins prénatals dépend non seulement du type d’examens effectués pendant les consultations, mais aussi des conseils qui sont prodigués aux femmes. Pour cette raison, l’EDS-Continue 2012-2014 a collecté des données sur cet aspect important du suivi prénatal en demandant aux femmes si, au cours des visites prénatales, elles avaient été informées sur les signes révélateurs de complications de la grossesse, si certains examens médicaux (vérification de la tension artérielle) avaient été effectués et si on Santé de la mère et de l’enfant • 41 avait procédé à des examens d’urine et de sang. En outre, on a cherché à savoir si elles avaient reçu des suppléments de fer et si elles avaient été protégées contre les parasites intestinaux. Ces résultats sont présentés au Tableau 6.3. Globalement, on constate que, dans la plupart des régions, plus de neuf femmes sur dix qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête ont pris des suppléments de fer sous forme de sirop ou de comprimés. Les proportions les plus faibles s’observent dans les régions de Tambacounda (83 %), Kaffrine (86 %) et Kédougou (88 %). Les proportions de celles qui ont reçu des médicaments contre les parasites intestinaux sont nettement plus faibles, variant de 19 % à Fatick à 43 % à Ziguinchor. Parmi les femmes qui ont reçu des soins prénatals pour leur naissance la plus récente, les proportions de celles qui ont été informées des possibles signes de complication de la grossesse, sont particulièrement faibles dans les régions de Dakar (31 %), Diourbel (20 %) et Thiès (22 %). Par comparaison, ces proportions sont de 83 % à Ziguinchor et 78 % à Sédhiou. On constate donc que si la quasi-totalité des femmes reçoivent des soins prénatals, dans de nombreux cas au cours de ces consultations, elles ne reçoivent pas les informations importantes sur les risques associés à la grossesse. Par contre, la vérification de la tension artérielle a été effectuée dans la quasi-totalité des cas et, dans une moindre mesure, le prélèvement d’urine et celui du sang. Tableau 6.3 Composants des visites prénatales Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant pris, au cours de la grossesse la plus récente, des suppléments de fer, sous forme de comprimés ou de sirop, pourcentage ayant pris des médicaments contre les parasites intestinaux et parmi les femmes ayant bénéficié de soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage ayant effectué certains examens prénatals, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-14 Parmi les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage qui, durant la grossesse la plus récente, ont pris : Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage qui : Région Du fer sous forme de comprimés ou de sirop Des médicaments contre les parasites intestinaux Effectif de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années Ont été informées des signes de complication de la grossesse Ont eu leur tension artérielle vérifiée Ont eu un prélèvement d'urine Ont eu un prélèvement de sang Effectif de femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente Dakar 97,4 23,7 1 490 30,9 99,4 96,5 92,1 1 485 Ziguinchor 99,0 42,7 267 83,1 99,7 90,2 96,7 266 Diourbel 92,8 25,2 849 19,9 99,1 89,7 80,0 813 Saint-Louis 93,9 23,6 769 74,2 98,1 83,8 80,9 746 Tambacounda 83,3 26,6 451 52,4 99,1 77,3 69,7 391 Kaolack 95,1 28,1 780 54,9 99,8 95,6 90,5 758 Thiès 96,9 25,7 1 219 21,9 99,6 92,8 89,9 1 211 Louga 95,5 25,1 539 70,0 99,5 91,2 73,7 526 Fatick 96,1 19,2 387 24,7 99,3 83,4 80,3 379 Kolda 90,5 35,6 431 74,3 99,6 68,4 72,0 403 Matam 94,3 23,3 368 62,6 99,4 84,9 62,0 348 Kaffrine 85,7 27,9 388 47,4 99,1 86,3 78,1 349 Kedougou 88,1 23,8 113 74,4 98,7 69,6 80,8 102 Sédhiou 92,4 35,0 251 78,1 99,8 75,3 80,9 235 42 • Santé de la mère et de l’enfant Couverture vaccinale antitétanique Le tétanos néonatal est l’une des maladies les plus graves auxquelles le nouveau-né peut être exposé. Pour faire face à cette pathologie, il est recommandé que les femmes enceintes soient vaccinées contre le tétanos. Les données du Tableau 6.4 révèlent que pour plus de 70 % des femmes, la dernière naissance vivante a été protégée contre le tétanos néonatal. Il est important de souligner que les informations présentées ici ont pris en compte l’histoire vaccinale des femmes. Ainsi, sont considérées comme étant protégées du tétanos néonatal, les femmes ayant reçu deux injections au cours de la grossesse de leur dernière naissance ou, au moins, deux injections dont la dernière a été effectuée au cours des trois années ayant précédé la dernière naissance vivante, ou, au moins, trois injections (la dernière ayant été effectuée au cours des cinq années ayant précédé la dernière naissance vivante), ou, au moins, quatre injections (la dernière ayant été effectuée au cours des dix années ayant précédé la dernière naissance vivante), ou, au moins, cinq injections à n’importe quel moment avant la dernière naissance. Les résultats par région montrent que c’est dans les régions de Tambacounda et de Kaffrine (72 % dans chaque cas) que la couverture vaccinale des femmes est la plus faible. Par contre, à Ziguinchor, la couverture atteint 94 %. 6.1.2 Assistance lors de l’accouchement Une bonne prise en charge de l’accouchement, élément-clé dans la lutte contre la morbidité et la mortalité maternelles, dépend de la qualification des personnes qui assistent la femme. Les résultats concernant l’assistance à l’accouchement par du personnel de santé formé à savoir, les médecins, les sages- femmes ou infirmières, mettent en évidence des disparités régionales (Tableau 6.5).En effet, c’est, de loin, dans la région de Dakar (85 %) que la situation est la meilleure suivie par les régions de Ziguinchor (64 %) et de Thiès (63 %). Par contre, dans les régions de Kaffrine (32 %), Kolda (34 %) et Tambacounda (36 %), seulement environ une femme sur trois a bénéficié durant l’accouchement d’une assistance par du personnel de santé formé. Les données détaillées par type de personnel de santé montrent que dans les régions où les proportions de femmes dont l’accouchement a été assisté par un prestataire de santé formé sont élevées, c’est une sage-femme qui a fourni l’assistance dans la majorité des cas. Par contre, dans les régions où les femmes sont proportionnellement moins nombreuses à accoucher avec l’assistance d’un prestataire formé, c’est la matrone/accoucheuse traditionnelle qui a assisté l’accouchement dans la majorité des cas. En effet, dans les régions de Dakar, Thiès et Ziguinchor, respectivement 68 %, 44 % et 49 % des femmes ont accouché avec l’assistance d’une sage-femme. Par contre, dans la région de Kaffrine où seulement 32 % des femmes ont accouché avec l’assistance de personnel formé, c’est la matrone /accoucheuse traditionnelle qui a fourni l’assistance à l’accouchement dans près de 60 % des cas. Dans toutes les régions, l’assistance à l’accouchement par des médecins est faible, même à Dakar, où elle n’atteint que 11 %, niveau le plus élevé. Tableau 6.4 Vaccination antitétanique Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant reçu au moins deux injections antitétaniques au cours de la grossesse pour la naissance vivante la plus récente et pourcentage dont la dernière naissance vivante a été protégée contre le tétanos néonatal, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Région Pourcentage ayant reçu deux injections ou plus durant la dernière grossesse Pourcentage dont la dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal1 Effectif de femmes Dakar 62,6 87,3 1 490 Ziguinchor 80,2 94,1 267 Diourbel 48,2 79,9 849 Saint-Louis 52,2 85,3 769 Tambacounda 56,7 71,6 451 Kaolack 60,9 83,5 780 Thiès 46,3 82,3 1 219 Louga 46,3 84,2 539 Fatick 50,5 84,9 387 Kolda 65,6 82,3 431 Matam 50,4 79,0 368 Kaffrine 50,6 72,3 388 Kédougou 63,6 80,0 113 Sédhiou 77,6 87,3 251 1 Y compris les femmes ayant reçu deux injections au cours de la grossesse de leur dernière naissance ou, au moins, deux injections (la dernière ayant été effectuée au cours des trois années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, trois injections (la dernière ayant été effectuée au cours des cinq années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, quatre injections (la dernière ayant été effectuée au cours des dix années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, cinq injections avant la dernière naissance. Santé de la mère et de l’enfant • 43 Césarienne Dans la stratégie pour la maternité sans risque, la césarienne est un des moyens préconisés pour réduire la mortalité maternelle et périnatale. C’est un mode d’accouchement auquel l’obstétricien a recours chaque fois que l’accouchement par voie naturelle s’avère risqué pour le fœtus et/ou pour la mère. Ainsi, a- t-on demandé aux mères, pour toutes les naissances vivantes des cinq dernières années, si l’accouchement avait eu lieu par césarienne ou par voie basse (Tableau 6.5). Les césariennes se pratiquent dans les formations sanitaires suffisamment équipées et dotées de personnels qualifiés, il n’est donc pas surprenant de constater que c’est dans les régions les plus urbanisées telles que Dakar (9 %), Ziguinchor (7 %) et Thiès (5 %) que ce type d’accouchement est le plus fréquent. Tableau 6.5 Assistance lors de l'accouchement Répartition (en %) des naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type d'assistance durant l'accouchement, pourcentage de naissances assistées par un prestataire de santé formé et pourcentage de naissances accouchées par césarienne selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Personne ayant assisté l'accouchement : Pourcen- tage accouché par césarienne Effectif de naissancesRégion Médecin Sage- femme Infirmière Matrone /Accouche use tradition- nelle Parents/ Autre Personne Total Pourcen- tage dont l'accouche ment a été assisté par un prestataire formé1 Dakar 10,5 67,6 7,3 13,2 1,0 0,5 100,0 85,3 9,1 2 040 Ziguinchor 6,4 48,7 9,1 31,9 2,5 1,3 100,0 64,3 6,6 377 Diourbel 2,7 33,2 9,0 45,6 5,7 3,8 100,0 44,8 2,3 1 347 Saint-Louis 4,6 38,8 13,0 31,5 5,4 6,7 100,0 56,4 4,1 1 167 Tambacounda 1,6 21,7 12,2 42,2 13,9 8,3 100,0 35,6 1,8 698 Kaolack 2,9 35,3 12,0 43,2 3,8 2,7 100,0 50,3 3,0 1 278 Thiès 4,5 43,8 14,6 30,4 4,6 2,1 100,0 62,9 5,1 1 831 Louga 4,0 39,6 15,3 34,4 4,4 2,3 100,0 58,9 3,2 806 Fatick 1,7 31,5 11,2 41,8 6,1 7,7 100,0 44,4 2,2 614 Kolda 1,3 24,8 7,9 43,6 15,0 7,4 100,0 34,1 1,6 652 Matam 1,3 27,8 17,8 38,4 8,1 6,5 100,0 47,0 1,6 575 Kaffrine 1,6 13,0 17,4 57,6 7,1 3,4 100,0 32,0 1,6 638 Kedougou 2,2 25,0 9,9 44,0 7,7 11,2 100,0 37,1 2,5 169 Sédhiou 1,2 29,7 7,0 42,6 11,6 8,0 100,0 37,8 1,9 386 Note : Si l'enquêtée a déclaré que plus d'une personne avait assisté l'accouchement, seule la personne la plus qualifiée est prise en compte dans ce tableau. 6.1.3 Lieu d’accouchement L’examen des données par région de de la mère met en évidence des disparités. C’est dans les régions de Dakar (96 %), Ziguinchor (91 %) et Thiès (87 %) que les proportions de femmes qui ont accouché dans un établissement sanitaire, en majorité du secteur public, sont les plus élevées. Par contre, dans les régions de Tambacounda (42 %), Kaffrine et Kolda (47 % chacune) et Kédougou (45 %), ces proportions sont bien plus faibles. Dans ces dernières régions, plus de la moitié des femmes accouchent à domicile (respectivement, 58 % et 53 %) et 55 %). 44 • Santé de la mère et de l’enfant Tableau 6.6 Lieu de l’accouchement Répartition (en %) des naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par lieu d'accouchement, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Établissement de santé Maison Autre Total Pourcentage dont l'accouchement s'est déroulé dans un établissement de santé Effectif de naissances Région Secteur public Secteur privé Dakar 84,1 11,7 4,0 0,2 100,0 95,8 2 040 Ziguinchor 89,6 1,0 8,8 0,5 100,0 90,6 377 Diourbel 69,1 6,8 23,7 0,5 100,0 75,9 1 347 Saint-Louis 70,2 2,1 27,5 0,3 100,0 72,3 1 167 Tambacounda 40,7 1,1 58,0 0,2 100,0 41,8 698 Kaolack 70,4 4,1 25,0 0,5 100,0 74,5 1 278 Thiès 83,1 4,0 12,2 0,6 100,0 87,2 1 831 Louga 74,6 2,5 22,4 0,5 100,0 77,0 806 Fatick 71,7 2,5 25,3 0,6 100,0 74,2 614 Kolda 46,4 0,9 52,6 0,2 100,0 47,3 652 Matam 63,1 1,5 35,3 0,1 100,0 64,5 575 Kaffrine 46,4 0,2 53,1 0,2 100,0 46,7 638 Kédougou 45,1 0,0 54,9 0,0 100,0 45,1 169 Sédhiou 56,8 0,1 42,7 0,4 100,0 56,9 386 1 Concerne seulement la naissance la plus récente ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l'enquête. 6.2 SANTÉ DE L’ENFANT L’EDS-Continue 2021-2014 a collecté des informations détaillées sur la santé des enfants nés au cours des cinq dernières années. Ces informations concernent la couverture vaccinale, la prévalence et le traitement des principales maladies des enfants, en particulier les infections respiratoires, la fièvre et la diarrhée. Ces résultats permettent de dresser, de manière succincte, l’état de la situation sanitaire des enfants au Sénégal selon les différentes entités régionales. 6.2.1 Vaccination des enfants Au cours de l’enquête, on a enregistré, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, les informations permettant une évaluation de la couverture vaccinale du Programme Élargi de Vaccination (PEV) au Sénégal. Un enfant est considéré comme étant complètement vacciné lorsqu’il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), le vaccin contre la rougeole, trois doses de poliomyélite et trois doses de DTCoq (Diphtérie, Tétanos et Coqueluche). Depuis peu, une nouvelle combinaison, le « pentavalent », est utilisé en remplacement du DTCoq. Le pentavalent contient en fait cinq antigènes contre la Diphtérie, le Tétanos, la Coqueluche, l’Hépatite B et l’Infection à Haemophilus influenzae B (HIB). En outre, une première dose de vaccin contre la poliomyélite (polio 0) est donnée à la naissance. D’après le calendrier vaccinal, tous ces vaccins doivent être administrés à l’enfant avant l’âge d’un an. Les données sur la vaccination ont été collectées à partir de deux sources : le carnet de vaccination de l’enfant et la déclaration de la mère, quand le carnet n’était pas disponible ou n’existait pas. Le Tableau 6.7 présentent les résultats sur la couverture vaccinale selon les différentes sources d’information pour les enfants de 12-23 mois, c’est-à-dire ceux qui, d’après les recommandations de l’OMS, ont atteint l’âge auquel ils devraient avoir été complètement vaccinés. Santé de la mère et de l’enfant • 45 Tableau 6.7 Vaccinations selon la région de Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins à n'importe quel moment avant l'enquête (selon le carnet de vaccination ou la déclaration de la mère) et pourcentage pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l'enquêtrice, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Région BCG Penta 1 Penta 2 Penta 3 Polio 0 Polio 1 Polio 2 Polio 3 Rougeole Tous les vaccins2 Fièvre Jaune Tous les vaccins y compris le Fièvre Jaune Aucun vaccin Pourcentage avec un carnet de vaccination présenté à l'enquêtrice Effectif d'enfants Dakar 99,8 99,1 98,0 93,3 90,5 98,2 94,4 84,9 82,4 74,3 80,9 72,8 0,2 70,2 408 Ziguinchor 98,3 97,5 96,6 95,1 63,8 98,3 96,6 78,4 89,3 72,7 89,3 72,7 1,7 71,0 77 Diourbel 96,1 94,4 90,4 84,3 86,1 94,6 90,7 80,7 73,3 69,4 72,8 68,9 3,6 71,5 262 Saint-Louis 96,2 97,8 95,5 93,2 53,6 97,0 92,8 87,9 89,6 82,0 89,6 82,0 2,2 68,3 216 Tambacounda 85,7 84,9 82,1 72,9 46,7 84,7 81,1 66,2 64,7 54,3 64,7 54,3 11,6 57,1 144 Kaolack 99,0 99,1 97,4 93,5 66,8 99,2 97,2 91,6 80,3 76,6 80,0 76,6 0,3 69,0 239 Thiès 96,0 96,0 94,9 91,3 90,1 96,0 95,2 89,7 77,7 76,4 77,7 76,4 4,0 73,5 364 Louga 98,6 96,9 95,1 93,7 56,2 97,7 96,0 87,8 83,7 77,2 83,7 77,2 1,4 73,9 154 Fatick 99,0 97,4 94,1 93,0 87,7 97,4 94,8 87,9 87,6 82,5 86,6 81,5 1,0 77,1 110 Kolda 91,1 90,6 86,3 79,3 45,4 93,9 89,1 73,7 67,7 56,9 67,3 56,5 5,6 62,6 123 Matam 88,9 95,8 93,5 87,8 51,5 95,8 93,5 81,3 83,6 68,4 83,6 68,4 2,7 80,4 104 Kaffrine 91,7 93,9 89,3 84,1 54,4 94,4 89,6 81,3 72,9 64,2 71,9 63,3 5,2 67,1 137 Kédougou 81,7 82,9 76,9 73,4 32,6 83,6 79,7 69,5 67,2 56,7 66,6 56,0 15,2 55,2 33 Sédhiou 98,4 98,0 96,2 88,4 50,3 98,0 96,2 78,6 82,1 66,0 82,1 66,0 1,6 60,9 72 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de Pentavalent et les trois doses de polio (non compris la dose de polio donnée à la naissance). Les résultats du Tableau 6.7 montrent que, toutes sources de renseignements confondues, c’est dans les régions de Fatick et de Saint Louis que la couverture vaccinale est la plus élevée (respectivement 83 % et 82 %. Par contre, les régions de Tambacounda (54 %), Kédougou et de Kolda (57 % chacune) enregistrent la couverture vaccinale la plus faible. Les résultats montrent que la vaccination du BCG est quasiment généralisée au Sénégal. En effet, dans pratiquement toutes les régions, à l’exception de celles de Tambacounda (86 %) et Kédougou (82 %), plus de neuf enfants de 12-23 mois sur dix ont reçu ce vaccin. La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de Pentavalent est également très importante, cela quelle que soit la région. Cependant, on constate des taux de déperdition que ce soit entre les première et deuxième doses mais aussi entre les deuxième et troisième doses. Dans certaines régions comme Ziguinchor, Louga, Fatick et, dans une moindre mesure, dans celles de Dakar et de Thiès, les taux de déperdition demeurent assez faibles, de l’ordre de 1 % entre les première et deuxième doses et de 2 % à 5 % entre les première et troisième doses. Par contre, dans d’autres régions, les taux de déperdition sont très élevés et varient entre 8 % à Matam et 11% à Kaffrine. C’est à Tambacounda que le taux de déperdition entre les première et troisième doses est le plus élevé (14 %). En effet, de 85 % pour la première dose, la proportion d’enfants vaccinés passe à 82 % pour la deuxième dose, et tombe à 73 % à la troisième dose. Le taux de déperdition1 pour ce vaccin, assez faible entre les première et deuxième doses (3 %), augmente entre les deuxième et troisième doses (11 %). Le vaccin contre la poliomyélite étant administré en même temps que celui du Pentavalent, on s’attend donc à trouver des niveaux de couverture vaccinale très proches. La couverture vaccinale contre la poliomyélite est cependant légèrement plus faible pour toutes les régions et connaît une déperdition plus importante que le Pentavalent entre les première et troisième doses, notamment dans les régions de Ziguinchor, Kolda, Tambacounda et Sédhiou (entre 20 et 22 %) C’est contre la rougeole que les taux de vaccination sont les plus faibles. Les taux les plus élevés sont observés dans les régions de Saint-Louis (90 %), Ziguinchor (89 %) et Fatick (88 %). Par contre à Tambacounda seuls 65 % d’enfants de 12-23 mois sont vaccinés contre la rougeole. 1 Le taux de déperdition entre les première et troisième doses pour le Pentavalent, par exemple, est la proportion d’enfants qui, ayant reçu la première dose du vaccin, ne reçoivent pas la troisième. 46 • Santé de la mère et de l’enfant Pour l’ensemble des enfants de 12-23 mois, un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice dans au moins 55 % des cas. Ce pourcentage varie d’un maximum de 80 % dans la région de Matam à un minimum de 55 % dans celle de Sédhiou. 6.2.2 Maladies des enfants Traitement des infections respiratoires aiguës Les infections respiratoires aiguës (IRA) et particulièrement la pneumonie constituent l’une des premières causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. Pour évaluer la prévalence de ces infections parmi les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’interview et, si oui, on demandait alors si la toux avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide, symptômes d’infections respiratoires aiguës (IRA). En outre, pour les enfants ayant présenté ces symptômes d’IRA, on a cherché à connaître le pourcentage pour lesquels on avait recherché un traitement ou des conseils auprès d’une structure ou d’un prestataire de santé. Le Tableau 6.8 présente, pour chaque région, les pourcentages d’enfants ayant eu des IRA et les pourcentages pour lesquels on a recherché un traitement ou des conseils. Les comparaisons entre région ne peuvent être commentées car elles sont basées sur des effectifs trop faibles et donc non représentatifs d’enfants ayant eu des IRA. Tableau 6.8 Traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA), de la fièvre et de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu des symptômes d’Infections Respiratoires Aiguës (IRA) ou qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview, pourcentage pour lesquels on a recherché un traitement dans un établissement de santé ou auprès d’un prestataire de santé; parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont souffert de diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview, pourcentage pour lesquels on a recherché un traitement dans un établissement de santé ou auprès d’un prestataire de santé, pourcentage qui ont reçu une solution préparée à partir de sachets de Sels de Réhydratation Orale (SRO), ou à qui on a donné des liquides de SRO préconditionnés et pourcentage qui ont été traité avec n’importe quel type de Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO), selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Région Enfants avec des symptômes d’IRA1 Enfants avec la fièvre Enfants avec la diarrhée Pourcentage pour lesquels un traitement a été recherché auprès d’un établissement/ prestataire de santé2 Effectif avec IRA Pourcentage pour lesquels un traitement a été recherché auprès d’un établissement/ prestataire de santé2 Effectif avec la fièvre Pourcentage pour lesquels un traitement a été recherché auprès d’un établissement/ prestataire de santé2 Pourcentage à qui on a donné une solution à partir de sachets de Sels de Réhydratation Orale (SRO)3 Pourcentage ayant été traité avec une TRO4 Effectif avec la diarrhée Dakar (56,5) 119 49,5 330 43,6 21,8 25,8 346 Ziguinchor * 10 51,9 67 48,2 32,5 34,7 66 Diourbel 43,8 53 37,0 157 26,1 18,2 21,2 201 Saint-Louis * 7 39,1 100 28,5 13,5 14,0 233 Tambacounda * 19 42,1 100 35,0 18,9 19,4 115 Kaolack (44,7) 39 43,6 156 37,0 26,2 27,7 169 Thiès * 39 41,9 177 22,6 14,6 15,6 216 Louga * 4 53,2 82 44,2 24,9 27,3 132 Fatick (25,7) 20 41,9 89 30,9 20,0 24,5 106 Kolda (39,0) 18 37,3 154 39,6 24,0 32,0 128 Matam * 1 59,0 56 39,7 24,1 25,4 105 Kaffrine * 10 46,7 76 41,6 24,5 28,2 93 Kédougou * 3 54,2 28 50,5 18,2 20,6 36 Sédhiou 46,5 23 43,1 83 38,3 19,3 20,7 89 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Les symptômes d’IRA (toux accompagnée d’une respiration courte et rapide associée à des problèmes de congestion dans la poitrine et/ou à des difficultés respiratoires associés à des problèmes de congestion dans la poitrine) sont considérés comme des indicateurs de la pneumonie 2 Non compris les pharmacies, les boutiques et les guérisseurs traditionnels 3 Comprend les sachets de Sel de Réhydratation Orale (SRO) et les liquides SRO préconditionnés 4 Comprend les sachets de Sel de Réhydratation Orale (SRO), les liquides SRO préconditionnés et les solutions maison recommandées Prévalence et traitement précoce de la fièvre Les résultats du Tableau 6.8 montrent que c’est dans les régions de Matam (59 %), Kédougou (54 %), Louga (53 %) et Ziguinchor (52 %) que les proportions d’enfants souffrant de la fièvre et pour lesquels on a recherché un traitement auprès d’un établissement de santé, sont les plus élevées. Par contre, Santé de la mère et de l’enfant • 47 le recours à un traitement ou la recherche de conseils sont moins fréquents dans les régions de Kolda, Diourbel (37 % chacune) et de Saint-Louis (39 %) que dans les autres régions. Prévalence et traitement de la diarrhée De par leurs conséquences, notamment la déshydratation et la malnutrition, les maladies diarrhéiques constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement. Pour lutter contre les effets de la déshydratation, l’OMS recommande la généralisation de la Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO), en conseillant l’utilisation, soit d’une solution préparée à partir du contenu de sachets de Sels de Réhydratation par voie Orale (SRO), soit d’une solution préparée à la maison avec de l’eau, du sucre et du sel. Au cours de l’EDS-Continue, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques chez les enfants de moins de cinq ans. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères si elles avaient recherché des conseils ou traitement pour leurs enfants malades, si elles les avaient traités avec des SRO et si elles avaient eu recours à une TRO. Les pourcentages d’enfants pour lesquels on a recherché un traitement ou des conseils pour soigner la diarrhée varient d’un minimum de 26 % dans la région de Diourbel à un maximum de 51 % dans celles de Kédougou. Pour traiter la diarrhée des enfants, on recommande l’utilisation de sachets de SRO et de liquides SRO préconditionnés ou de des solutions-maison. C’est parmi les enfants diarrhéiques de la région de Ziguinchor, que la proportion d’enfants traités avec des sachets de SRO ou des liquides SRO préconditionnés et avec une TRO est la plus élevée (respectivement 33 % et 35 %). Allaitement et état nutritionnel • 49 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL 7 Papa Ibrahima Silmang SENE et Papa Mabèye DIOP a malnutrition est l’un des principaux problèmes de santé qui affecte les enfants dans les pays en développement en général et au Sénégal en particulier. La malnutrition englobe à la fois la dénutrition et la surnutrition. La dénutrition est due à une ration alimentaire continuellement insuffisante par rapport aux besoins nutritionnels, à une malabsorption et/ou une utilisation biologique insuffisante des nutriments consommés. Elle se traduit habituellement par une perte de poids corporel. La surnutrition est un état chronique d’absorption d’aliments en quantité excessive par rapport aux besoins nutritionnels, et engendre une surcharge pondérale et/ou une obésité. Ce chapitre porte sur les résultats concernant l’alimentation des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête. Les pratiques d’allaitement et d’alimentation de complément constituent la première partie du chapitre. La deuxième partie est consacrée aux carences en micronutriments : elle porte en particulier sur la prévalence de l’anémie chez les enfants et les femmes ; elle porte également sur la consommation d’aliments riches en Vitamine A, de sel iodé et de complément en fer et en Vitamine A. Enfin, la dernière partie est consacrée aux résultats portant sur les mesures anthropométriques (poids et taille) des enfants, à partir desquelles a été évalué leur état nutritionnel. 7.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques d’alimentation constituent les facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants qui, à son tour, affecte la morbidité et la mortalité de ces enfants. Parmi ces pratiques, celles concernant l’allaitement revêtent une importance particulière. D’autre part, par son intensité et sa fréquence, l’allaitement prolonge l’infécondité post-partum et affecte, par conséquent, l’intervalle intergénésique, ce qui influe sur le niveau de la fécondité et, donc, sur l’état de santé des enfants et des mères. On a demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés dans les deux années ayant précédé l’enquête et, plus précisément, quel âge avaient ces enfants au moment où elles avaient commencé à allaiter, pendant combien de temps elles les avaient allaités, quelle était la fréquence de l’allaitement, à quel âge avaient été introduits des aliments de complément et de quel type d’aliments il s’agissait, et enfin à quelle fréquence les différents types d’aliments étaient donnés à l’enfant. On a également demandé aux mères si elles avaient utilisé le biberon. 7.1.1 Allaitement maternel Début de l’allaitement maternel Selon les recommandations de l’UNICEF et de l’OMS, tous les enfants devraient être allaités au sein dans l’heure qui suit la naissance, être ensuite exclusivement allaités au sein jusqu’à l’âge de 6 mois et enfin continuer à recevoir l’allaitement maternel jusqu’à 24 mois et au-delà. Le tableau 7.1 présente, d’une part, les pourcentages d’enfants nés au cours des 24 derniers mois qui ont été allaités et qui ont été allaités dans l’heure et le jour suivant la naissance et, d’autre part, parmi ces enfants allaités, les pourcentages de ceux qui ont reçu des aliments avant d’être allaités., selon la région. L 50 • Allaitement et état nutritionnel Tableau 7.1 Allaitement initial Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête, pourcentage de ceux qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l’heure qui a suivi la naissance et pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour qui a suivi la naissance ; parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête et qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont reçu des aliments avant d’être allaités, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête : Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux dernières années et qui ont été allaités : Région Pourcentage ayant été allaité Pourcentage ayant commencé à être allaité dans l’heure qui a suivi la naissance Pourcentage ayant commencé à être allaité le jour qui a suivi la naissance1 Effectif d’enfants derniers-nés Pourcentage ayant reçu des aliments avant d’être allaités2 Effectif d’enfants derniers-nés allaités Dakar 99,0 40,8 87,0 770 56,2 762 Ziguinchor 99,6 43,0 86,5 148 26,1 148 Diourbel 98,5 14,5 86,4 518 84,4 510 Saint-Louis 99,7 47,5 96,6 434 47,6 432 Tambacounda 97,2 18,9 84,1 281 51,8 273 Kaolack 97,5 14,9 90,5 501 79,5 488 Thiès 99,1 24,4 90,8 734 56,1 727 Louga 98,0 47,8 92,5 286 72,3 281 Fatick 98,3 23,7 90,3 233 62,9 229 Kolda 98,7 38,8 91,5 253 46,2 250 Matam 99,4 52,2 94,9 203 48,3 201 Kaffrine 98,3 16,5 90,6 258 73,7 253 Kédougou 97,9 35,8 85,5 72 38,4 71 Sédhiou 99,6 43,3 87,4 148 36,6 147 Note : Le tableau est basé sur tous les enfants nés au cours des deux années ayant précédé l’enquête, qu’ils soient en vie ou décédés au moment de l’enquête. 1 Y compris les enfants qui ont commencé à être allaités dans l’heure qui a suivi la naissance. 2 C’est-à-dire les enfants qui ont reçu autre chose d’autre que le lait maternel pendant les trois premiers jours. 3 Médecin, infirmière/sage-femme ou sage-femme auxiliaire. Bien que l’allaitement soit largement pratiqué par les femmes dans toutes les régions (plus de 97 %), le moment où cet allaitement débute varie selon les régions. Les pourcentages d’enfants allaités dans l’heure qui a suivi la naissance varient de manière sensible : en effet, dans les régions de Diourbel et de Kaolack (15 %), moins d’un enfant sur six a bénéficié du lait maternel dans l’heure qui a suivi sa naissance ; à l’opposé, dans les régions de Matam, Louga et Saint-Louis, ces proportions sont respectivement de 52 %, 48 % et 48 %. La proportion d’enfants ayant commencé à être allaité le jour qui a suivi la naissance est aussi plus importante dans les régions de Saint-Louis, Matam et de Louga (respectivement 97 %, 95 % et 93 %) que dans les régions de Tambacounda, et de Kédougou et Diourbel (respectivement 84 % et 86 %). La proportion d’enfants ayant reçu des aliments avant d’être allaités varie également avec la région : de 84 % dans la région de Diourbel et 80 % à Kaolack à 26 % dans la région de Ziguinchor. Allaitement maternel prolongé La durée médiane de l’allaitement est calculée pour les enfants derniers-nés âgés de moins de trois ans (Tableau 7.2). Du point de vue régional, la durée médiane de l’allaitement varie d’un minimum de 15 mois à Matam à un maximum de plus de 17 mois à Kédougou et Kolda. Pour l’allaitement exclusif, la durée médiane la plus élevée est enregistrée par la région de Ziguinchor avec 2,8 mois suivi par les régions de Kolda et Kédougou avec respectivement 2,4 et 2,2 mois. Les régions de Matam et de Kaolack ont enregistré les durées médianes les plus faibles. Enfin pour l’allaitement prédominant, c’est à dire allaitement exclusif ou allaitement maternel avec, en plus, de l’eau et/ou des liquides non lactés seulement, la durée médiane varie encore selon la région. Elle est la plus élevée à Kédougou et Kaffrine avec, respectivement, 7,1 et 6,7 mois et la plus faible à Ziguinchor (4,7 mois), Dakar (5,0 mois) et Sédhiou (5,0 mois). Allaitement et état nutritionnel • 51 Tableau 7.2 Durée médiane de l’allaitement Durée médiane de l’allaitement, de l’allaitement exclusif et de l’allaitement prédominant des enfants nés au cours des trois années ayant précédé l’enquête, selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Durée médiane (en mois) de l’allaitement parmi les enfants nés au cours des trois dernières années1 Région Allaitement Allaitement exclusif Allaitement prédominant2 Dakar 15,6 1,1 5,0 Ziguinchor 15,6 2,8 4,7 Diourbel 15,8 1,3 6,2 Saint-Louis 15,5 1,6 6,3 Tambacounda 16,3 0,6 5,6 Kaolack 15,6 0,5 5,5 Thiès 16,2 1,7 6,5 Louga 15,4 1,7 6,0 Fatick 16,3 0,6 5,4 Kolda 17,4 2,4 5,6 Matam 15,0 0,5 5,9 Kaffrine 16,0 0,8 6,7 Kédougou 17,1 2,2 7,1 Sédhiou 16,7 1,8 5,0 Note : Les durées moyenne et médiane sont basées sur les répartitions, au moment de l’enquête, des proportions de naissances par mois depuis la naissance Y compris les enfants vivants et décédés au moment de l’enquête. 1 On suppose que les enfants qui ne sont pas des derniers-nés et les enfants derniers-nés qui ne vivent pas actuellement avec leur mère ne sont pas actuellement allaités. 2 Soit exclusivement allaité ou qui ont reçu le lait maternel et de l’eau seulement, et/ou des liquides non lactés seulement. 7.1.2 Aliments de complément À partir de six mois, l’allaitement au sein doit être complété par l’introduction d’autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins nutritionnels de l’enfant et lui permettre la meilleure croissance possible. Les informations sur l’alimentation de complément ont été obtenues en demandant à la mère si son enfant était allaité et quel type d’aliments (solides ou liquides), il avait reçu au cours des dernières 24 heures. Les questions sur l’allaitement et sur les compléments nutritionnels ont été posées pour tous les enfants derniers nés au cours des deux années ayant précédé l’enquête et vivant avec leurs mères. Les informations relatives aux types d’aliments donnés aux enfants de moins de deux ans sont présentées au tableau 7.3 selon que l’enfant est allaité ou non. La diversification alimentaire minimum est évaluée par la proportion d’enfants de 6 à 23 mois ayant consommé des aliments appartenant au moins à 4 groupes alimentaires distincts parmi les 7 groupes définis : céréales, racines et tubercules, légumineuses et noix, produits laitiers (lait, yaourt, fromage), produits carnés (viande, volaille, abats) et poissons, œufs, fruits et légumes riches en vitamine A, et enfin autres fruits et légumes. Les enfants non allaités doivent, en plus, recevoir du lait ou des produits laitiers. Cette diversification est très faible chez les enfants de 6-23 mois allaités au sein ou non et elle varie en fonction de la région de résidence. Pour les enfants allaités, elle est la plus élevée dans les régions de Ziguinchor (26 %) et de Dakar (25 %), et la plus faible dans les régions de Fatick (8 %), Kédougou (9 %) et de Diourbel (10 %). 52 • Allaitement et état nutritionnel Tableau 7.3 Pratiques alimentaires des nourrissons et des jeunes enfants Pourcentage d’enfants derniers-nés de 6-23 mois vivant avec leur mère qui ont été nourris en suivant les trois pratiques optimales d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant par nombre de groupes d’aliments et par nombre de fois qu’ils ont été nourris durant le jour ou la nuit ayant précédé l’interview selon qu’ils sont ou non allaités et selon la région, EDS- Continue, Sénégal 2012-2014 Parmi les enfants allaités de 6-23 mois, pourcentage nourris : Parmi les enfants non allaités de 6-23 mois, pourcentage ayant reçu : Parmi tous les enfants de 6-23 mois, pourcentage ayant reçu : Région 4 groupes d’aliments ou plus1 Un nombre minimum de fois ou plus2 Avec au moins 4 groupes d’aliments et un nombre minimum de fois ou plus Effectif d’enfants allaités de 6-23 mois Lait ou produits laitiers3 4 groupes d’aliments ou plus 4 fois ou plus Les 3 pratiques d’alimen- tation du nourrisson et du jeune enfant appro- priées4 Effectif d’enfants non allaités de 6-23 mois Lait maternel ou produit laitiers3 4 groupes d’aliments ou plus Un nombre minimum de fois ou plus5 Les 3 pratiques d’alimen- tation du nourrisson et du jeune enfant appro- priées Effectif de tous les enfants de 6-23 mois Dakar 24,7 32,5 14,9 409 (43,7) (50,6) (64,4) (7,9) 127 86,7 30,8 40,1 13,3 537 Ziguinchor 26,1 58,6 23,5 91 (16,5) (47,3) (58,1) (2,4) 21 84,3 30,1 58,5 19,6 113 Diourbel 9,6 22,0 3,6 312 7,5 37,5 23,8 1,5 53 86,5 13,6 22,2 3,3 366 Saint-Louis 17,0 30,6 10,4 247 34,9 31,5 53,6 0,8 55 88,1 19,6 34,8 8,6 302 Tambacounda 13,7 34,9 7,1 179 47,6 25,2 47,8 7,0 35 91,5 15,5 37,0 7,1 214 Kaolack 15,9 34,8 8,4 307 27,9 39,3 38,5 1,0 53 89,4 19,4 35,4 7,3 360 Thiès 18,4 25,9 9,4 466 14,7 24,1 37,2 1,7 78 87,8 19,2 27,5 8,3 544 Louga 19,2 28,5 5,5 164 16,7 39,4 30,5 4,6 44 82,4 23,4 28,9 5,3 208 Fatick 8,2 31,0 7,1 145 (4,7) (18,8) (22,3) (0,0) 20 88,2 9,5 29,9 6,2 166 Kolda 18,4 51,5 14,9 167 (38,8) (65,7) (59,8) (17,8) 16 94,7 22,5 52,3 15,1 183 Matam 12,2 24,1 4,5 112 29,8 26,3 38,7 0,0 37 82,6 15,7 27,7 3,4 149 Kaffrine 12,2 36,4 7,2 148 13,9 15,9 24,2 3,1 30 85,4 12,8 34,3 6,5 179 Kédougou 9,0 43,0 4,6 45 * * * * 4 93,5 11,2 43,2 4,2 50 Sédhiou 20,2 55,6 14,9 94 * * * * 8 94,0 23,5 55,5 14,8 101 1 Groupes d’aliments : a) préparation pour bébés, laits autres que le lait maternel, fromages ou yaourts ou autres produits laitiers ; b) préparations à base de céréales, de racines et de tubercules, y compris les bouillies d’avoine et les aliments enrichis pour bébés à base de céréales ; c) les fruits et les légumes riches en vitamine A (et huile de palme rouge) ; d) autres fruits et légumes ; e) œufs ; f) viande, volaille, poisson et coquillages (et abats) ; g) légumineuses et noix 2 Au moins deux fois par jour pour les enfants allaités de 6-8 mois et, au moins, trois fois par jour pour les enfants allaités de 9-23 mois 3 Y compris, au moins, deux préparations de rations commerciales pour enfants, le lait d’animal frais, en boîte, ou en poudre, ainsi que les yaourts. 4 On considère que les enfants de 6-23 mois non allaités sont nourris selon le standard minimum des trois pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant s’ils reçoivent d’autres laits ou des produits laitiers et s’ils sont nourris, au moins, le nombre minimum de fois par jour avec au moins le nombre minimum de groupe d’aliments. 5 Nourris d’aliments solides ou semi solides, au moins deux fois par jour pour les enfants de 6-8 mois, au moins 3 fois par jour pour les autres enfants allaités et au moins 4 fois par jour pour les enfants non allaités. Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non-pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Quant à la proportion d’enfants allaités au sein qui ont été nourri, au moins, le nombre minimum de fois par jour les (2 fois pour les 6-8 mois et 3 fois pour les 9-23 mois) elle varie aussi au niveau des régions. Elle est la plus élevée à Ziguinchor (59 %), Sédhiou (56 %) et Kolda (52 %) et la plus faible à Diourbel (22 %) et à Matam (24 %). Dans la région où la situation est la plus favorable (Ziguinchor), seulement 24 % des enfants allaités reçoivent une alimentation appropriée. Les enfants non allaités au sein sont considérés comme correctement alimentés s’ils reçoivent des produits laitiers et s’ils sont nourris le nombre minimum de fois par jour (4 fois par jour) et avec le nombre minimum de groupes alimentaires. Allaités ou non, la proportion d’enfants nourris selon les pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant appropriées est très faible quelle que soit la région. Elle varie néanmoins d’un minimum de 3 % dans les régions de Matam et Diourbel à un maximum de seulement 20 % à Ziguinchor. 7.2 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS Les carences en vitamines et en minéraux peuvent être à l’origine de certaines maladies. Par exemple, la carence en vitamine A peut entraîner la cécité crépusculaire, celle en iode entraîne le goitre et le crétinisme, et un apport insuffisant en fer est à l’origine de l’anémie. Ces carences ont aussi des conséquences moins visibles, telles que l’affaiblissement du système immunitaire. 7.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages Il est reconnu que la faible consommation d’iode peut entraîner un retard dans le développement mental de l’enfant (crétinisme) et favoriser l’apparition du goitre chez les adultes. Elle peut également accroître les risques d’avortement spontané, de stérilité, de mortinatalité et de mortalité infantile. Jusqu’à Allaitement et état nutritionnel • 53 une date récente, le sel produit localement n’était pas iodé et la consommation de sel iodé n’était donc pas généralisée. Lors de l’EDS-Continue 2012-2014, les enquêteurs ont demandé, dans chaque ménage, un peu de sel utilisé pour la cuisine. Ce sel a été testé au moyen d’un « kit » fourni par la CLM pour déterminer sa teneur en iode. Ce test permet de détecter la présence d’iode dans le sel. Il faut noter que le sel a été testé dans 96 %, des ménages, dans les régions de Kaffrine et Sédhiou suivi des régions de Kaolack (94%) et Kédougou (93 %). La région de Dakar enregistre la proportion la plus faible (77 %) des ménages dont le sel a été testé. Il ressort du tableau 7.4 que la proportion de ménages disposant de sel iodé présente de grandes variations. Les régions de Dakar (83 %), Tambacounda (76 %), Matam (73 %), Saint-Louis (73 %) et Kédougou (72 %) enregistrent les proportion de ménages disposant de sel adéquatement iodé les plus élevées, par contre les régions, Fatick (27 %), et Sédhiou (22 %) et dans une moindre mesure les régions de Kaolack (40 %), Diourbel (40 %) enregistrent les proportion les plus faibles. Tableau 7.4 Présence de sel iodé dans le ménage Parmi tous les ménages, pourcentage dont le sel a été testé pour la présence d’iode et pourcentage ne disposant pas de sel ; parmi les ménages dont le sel a été testé, pourcentage de ceux dont le sel était iodé selon la région, EDS-Continue, Sénégal 2012-2014 Parmi tous les ménages: Parmi les ménages dont le sel a été testé : Région Pourcentage dont le sel a été testé Pourcentage ne disposant pas de sel Effectif de ménages Pourcentage disposant de sel iodé Effectif de ménages Dakar 76,6 23,4 2 261 83,1 1 731 Ziguinchor 86,9 13,1 386 43,1 336 Diourbel 91,2 8,8 668 39,6 609 Saint-Louis 88,6 11,4 755 73,3 669 Tambacounda 89,3 10,7 364 76,1 325 Kaolack 93,4 6,6 572 40,4 535 Thiès 90,1 9,9 1 264 56,9 1 139 Louga 93,5 6,5 454 54,8 424 Fatick 90,8 9,2 370 27,5 336 Kolda 87,8 12,2 388 61,7 340 Matam 91,5 8,5 296 73,4 271 Kaffrine 96,0 4,0 299 45,3 287 Kédougou 92,9 7,1 108 71,6 100 Sédhiou 95,9 4,1 222 22,1 213 7.2.2 Consommation de vitamine A et de fer La vitamine A est nécessaire au développement et à la conservation du tissu épithélial, de l’appareil digestif et respiratoire, entre autres, et elle est essentielle au bon fonctionnement de la rétine. La vitamine A permet également de maintenir les défenses immunitaires de l’organisme. Le tableau 7.5 présente le pourcentage d’enfants derniers-nés qui ont reçu des aliments riches en vitamine A au cours des sept derniers jours et le pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui ont reçu au moins, en supplément, une dose de vitamine A au cours des six derniers mois. Il ressort du tableau 7.5 que la proportion des enfants les plus jeune c’est-à-dire âgés de 6-23 mois vivant avec leur mère qui ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des dernières 24 heures présente de grandes variations selon la région. C’est dans les régions de Louga (74 %), de Ziguinchor et de Sédhiou (74 %) et de Dakar (70 %), que les proportions d’enfants ayant consommé ce type d’aliment sont les plus élevées et c’est dans la région de Kédougou qu’elle est la plus faible (35 %). La proportion d’enfants de 6-23 mois ayant consommé des aliments riches en fer présente aussi de fortes variations régionales, d’un minimum de 22 % dans la région de Kédougou à un maximum de 59 % dans la région de Kaolack. Quelle que soit la région, une forte proportion d’enfants de 6-59 mois ont reçu des suppléments de vitamine A au cours des six derniers mois. Il en est de même pour la proportion d’enfants ayant reçu des vermifuges qui varie de 61 % à Tambacounda à 79 % dans les régions de Diourbel et Thiès. 54 • Allaitement et état nutritionnel Par contre, quelle que soit la région, très peu d’enfants ont reçu des suppléments de fer. Alors

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