Niger: Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples 2006

Publication date: 2007

0KIGT 'PSWÄVG�&ÃOQITCRJKSWG GV�FG�5CPVÃ�GV�´�+PFKECVGWTU /WNVKRNGU ���� RÉPUBLIQUE DU NIGER Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples 2006 Institut National de la Statistique Ministère de l’Économie et des Finances Niamey, Niger Macro International Inc. Calverton, Maryland, USA Février 2007 Ce rapport présente les principaux résultats de la troisième Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDSN-MICS III) du Niger, réalisée de janvier à juin 2006 par l’Institut National de la Statistique (INS), (Ministère de l’Économie et des Finances) en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre les Endémies. L’EDSN-MICS III, initiée par le Gouvernement du Niger, fait partie du programme mondial MEASURE DHS dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données relatives à la population et à la santé de la famille, d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre et de planifier de nouvelles stratégies pour l’amélioration de la santé et du bien-être de la population. L’enquête a été réalisée avec l’appui technique de Macro International Inc. Elle a bénéficié de l’appui financier de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), de la Banque Mondiale par l’intermédiare de la Coordination Inter-Sectorielle de Lutte contre les IST/VIH/SIDA (CISLS), de l’UNFPA, du PNUD et de l’OMS. Ce rapport est l’œuvre des auteurs et ne représente nécessairement pas la politique des organismes de coopération. D’autres organismes nationaux tels le Centre de Recherche Médicale et Sanitaire (CERMES), la CISLS et la Division Nutrition au Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre les Endémies ont apporté leur soutien à la réalisation de cette opération. Des informations complémentaires sur l'EDSN-MICS III peuvent être obtenues auprès de la Direction Générale de l’Institut National de la Statistique (INS), 182, Rue de la Sirba, BP 13416 Niamey, Niger, Tel: (227) 20 72 35 60 Fax: (227) 20 72 21 74, E-mail: ins@ins.ne; Internet:http://www.ins.ne, http://www.stat-niger.org. Concernant le programme MEASURE DHS, des renseignements peuvent être obtenus auprès de Macro International Inc., 11785 Beltsville Drive, Calverton, MD 20705, USA, Téléphone : (301) 572- 0200 ; Fax (301) 572-0999 ; E-mail : reports@macroint.com ; Internet : http://www.measuredhs.com). Citation recommandée : Institut National de la Statistique (INS) et Macro International Inc. 2007. Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples du Niger 2006. Calverton, Maryland, USA : INS et Macro International Inc. Table des Matières | iii TABLE DES MATIÈRES Page Liste des tableaux et des graphiques . ix Préface . xix Remerciements. xxi Sigles et Abréviations . xxiii Résumé . xxv Indicateurs du Millénaire .xxxiii Carte de Niger .xxxiv CHAPITRE 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE Sani OUMAROU et Ghalio EKADE 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS. 1 1.1.1 Géographie. 1 1.1.2 Économie . 2 1.1.3 Population . 2 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire. 3 1.2 OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE. 5 1.2.1 Objectifs . 5 1.2.2 Questionnaires. 6 1.2.3 Les manuels et autres documents techniques . 9 1.2.4 Échantillonnage . 10 1.2.5 Activités de l’EDSN-MICS III . 11 1.2.6 Saisie et traitement des données . 14 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Sani OUMAROU et Abdoullahi BEIDOU 2.1 STRUCTURE PAR ÂGE ET PAR SEXE DE LA POPULATION. 17 2.2 TAILLE ET COMPOSITION DES MÉNAGES . 19 2.3 NIVEAU D’INSTRUCTION ET FRÉQUENTATION SCOLAIRE . 20 2.4 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS ET BIENS POSSÉDÉS PAR LES MÉNAGES . 27 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS ET STATUT DE LA FEMME Abdou NOMAOU et Abdoullahi BEIDOU 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS. 31 iv | Table des Matières 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO- DÉMOGRAPHIQUES. 34 3.3 ALPHABÉTISATION. 36 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS . 38 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE . 41 3.5.1 Utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage. 48 3.5.2 Prise de décision dans le ménage. 50 3.5.3 Opinion des femmes sur la violence conjugale. 51 3.5.4 Opinion des femmes sur le refus d’avoir des rapports sexuels. 53 CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Soumaïla MARIKO et Ali MADAÏ BOUKAR 4.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE. 56 4.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ . 59 4.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE. 61 4.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE . 62 4.5 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE. 64 4.6 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES . 65 4.7 PARITÉ DES HOMMES . 67 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Abdou NOMAOU et Soumana HAROUNA 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION. 69 5.2 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION. 69 5.3 UTILISATION DE LA CONTRACEPTION À UN MOMENT QUELCONQUE . 73 5.4 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION. 74 5.5 UTILISATON SELON LES INDICATEURS DU STATUT DE LA FEMME . 78 5.6 NOMBRE D'ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION . 80 5.7 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE . 80 5.8 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION. 81 5.9 INFORMATIONS RELATIVES AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES . 82 5.10 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION. 84 5.11 RAISONS DE NON UTILISATION DE LA CONTRACEPTION . 84 5.12 MÉTHODE FUTURE PRÉFÉRÉE. 85 5.13 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION . 86 5.14 DISCUSSIONS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE AVEC LE CONJOINT . 89 5.15 OPINIONS DES COUPLES SUR LA PLANIFICATION. 90 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Ghalio EKADE et Amadou Roufaï CHETIMA 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL . 93 6.2 POLYGAMIE . 95 6.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION . 97 6.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS. 100 Table des Matières | v 6.5 ACTIVITE SEXUELLE RECENTE. 103 6.6 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE. 107 6.7 MÉNOPAUSE . 109 CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Ali Madaï BOUKAR et Abdoullahi BEÏDOU 7.1 DÉSIR D'ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES). 111 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE . 115 7.3 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS. 118 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ. 121 CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE Soumana HAROUNA et Ibrahim CHAIBOU 8.1 SOINS PRÉNATALS. 125 8.1.1 Composants des soins prénatals . 128 8.1.2 Vaccination antitétanique . 130 8.2 ACCOUCHEMENT . 132 8.2.1 Lieu d’accouchement . 132 8.2.2 Assistance lors de l’accouchement . 133 8.3 SOINS POSTNATALS. 136 8.4 ACCÈS AUX SOINS DE SANTÉ. 138 8.5 CONNAISSANCE DE LA FISTULE . 140 8.6 CONNAISSANCE DES MOYENS DE PRÉVENTION. 142 CHAPITRE 9 SANTÉ DE L’ENFANT Soumana HAROUNA et Ibrahim CHAIBOU 9.1 CARACTÉRISTIQUES DE L’ACCOUCHEMENT . 145 9.2 VACCINATION DES ENFANTS . 147 9.3 MALADIES DES ENFANTS . 151 CHAPITRE 10 PALUDISME Ibrahim CHAIBOU 10.1 ACCÈS AUX MOUSTIQUAIRES . 162 10.1.1 Disponibilité de moustiquaires dans les ménages . 163 10.1.2 Utilisation des moustiquaires par les groupes vulnérables . 165 10.2 TRAITEMENT PRÉVENTIF DU PALUDISME CHEZ LES FEMMES ENCEINTES. 168 10.3 TRAITEMENT DU PALUDISME CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS . 169 CHAPITRE 11 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL Sani OUMAROU et Idrissa ALICHINA KOURGUENI 11.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT. 173 11.2 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS. 181 vi | Table des Matières 11.3 ANÉMIE . 187 11.4 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES. 194 CHAPITRE 12 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Soumaïla MARIKO et Idrissa ALICHINA KOURGUENI 12.1 MORTALITÉ DES ENFANTS . 203 12.2 NIVEAUX ET TENDANCES. 205 12.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE . 207 12.4 GROUPES À HAUTS RISQUES . 211 CHAPITRE 13 MORTALITE ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Soumaïla MARIKO et Soumana HAROUNA 13.1 INTRODUCTION . 187 13.2 COLLECTE DES DONNÉES. 187 13.3 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES. 188 13.4 ESTIMATION DE LA MORTALITE ADULTE. 190 13.5 ESTIMATION DIRECTE DE LA MORTALITÉ MATERNELLE. 193 CHAPITRE 14 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Sani OUMAROU et Soumaïla MARIKO 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA, DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION. 223 14.1.1 Connaissance du VIH/sida et de l’existence de moyens de prévention . 223 14.1.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH/sida. 225 14.1.3 Connaissance correcte de la transmission du VIH/sida et rejet d’idées erronées . 226 14.1.4 Connaissance de la transmission mère-enfant . 230 14.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA . 232 14.3 TEST DU VIH. 235 14.4 OPINIONS SUR LA NÉGOCIATION DE RAPPORTS PROTÉGÉS AVEC LE CONJOINT . 239 14.5 CONNAISSANCE PAR LES JEUNES DU SIDA ET D’UN ENDROIT OÙ SE PROCURER DES CONDOMS . 240 14.6 RAPPORTS SEXUELS À HAUTS RISQUES ET UTILISATION DU CONDOM . 241 14.7 ACTIVITÉ SEXUELLE CHEZ LES JEUNES. 243 14.8 RAPPORTS SEXUELS PRÉMARITAUX ET UTILISATION DU CONDOM PARMI LES CÉLIBATAIRES DE 15-24 ANS. 247 14.9 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST) . 248 14.9.1 Connaissance des IST. 248 14.9.2 Prévalence déclarée d’IST . 251 14.10 OPINION SUR L’EDUCATION DES ENFANTS DE 12-14 ANS SUR L’UTILISATION DU CONDOM . 253 Table des Matières | vii CHAPITRE 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Soumaïla MARIKO, Pr Saïdou MAMADOU et Bernard BARRÈRE 15.1 PROTOCOLE DE TEST DU VIH. 256 15.1.1 Collecte . 257 15.1.2 Procédures de laboratoire . 257 15.2 TAUX DE COUVERTURE DU TEST DE VIH . 258 15.3 PRÉVALENCE DU VIH . 262 15.3.1 Prévalence du VIH selon le sexe et l’âge . 262 15.3.2 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio- économiques et sociodémographiques . 264 15.3.3 Prévalence du VIH et facteurs de risques . 266 15.3.4 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans. 268 15.3.5 Prévalence du VIH et autres facteurs de risques . 269 15.3.6 Prévalence du VIH parmi les couples . 271 CHAPITRE 16 SITUATION DES ENFANTS Soumaïla MARIKO et Ibrahim CHAIBOU 16.1 ENREGISTREMENT DES NAISSANCES À L’ÉTAT CIVIL . 273 16.2 ORPHELINS ET RÉSIDENCE AVEC LES PARENTS. 274 16.3 ACCÈS À L’INSTRUCTION . 275 16.4 TRAVAIL DES ENFANTS. 276 CHAPITRE 17 EXCISION Aboubacar DJIMRAO et Moussa K. ARGOZE 17.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION. 279 17.2 ÂGE A L’EXCISION . 281 17.2.1 Personne ayant procédé à l’excision. 282 17.3 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DES FEMMES ENQUÊTÉES . 282 17.4 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION . 283 17.4.1 Avantages pour une fille d’être excisée. 284 17.4.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée. 287 17.4.3 Opinions sur l’excision . 291 RÉFÉRENCES . 295 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE A.1 INTRODUCTION . 297 A.2 BASE DE SONDAGE . 297 A.3 ÉCHANTILLONNAGE . 298 A.4 PROBABILITÉS DE SONDAGE . 300 A.5 RÉSULTAT DES ENQUÊTES . 301 viii | Table des Matières ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE .307 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES. 323 ANNEXE D PERSONNEL DE L’EMMUS-IV 2005-2006.329 ANNEXE E QUESTIONNAIRES. 333 Liste des Tableaux et des Graphiques | ix LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES Page CHAPITRE 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE Tableau 1.1 Résultats de l’enquête ménage et de l’enquête individuelle .11 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Tableau 2.1 Population des ménages par âge, sexe et milieu de résidence .17 Tableau 2.2 Population (de droit) par âge selon différentes sources .18 Tableau 2.3 Composition des ménages .20 Tableau 2.4.1 Niveau d'instruction de la population des femmes .21 Tableau 2.4.2 Niveau d'instruction de la population des hommes .22 Tableau 2.5 Taux de fréquentation scolaire .25 Tableau 2.6 Caractéristiques des logements .28 Tableau 2.7 Biens durables possédés par les ménages .29 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population .18 Graphique 2.2 Proportion de femmes et d'hommes sans instruction selon le milieu et la région de résidence .23 Graphique 2.3 Taux de fréquentation scolaire par âge.26 Graphique 2.4 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence.29 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS ET STATUT DE LA FEMME Tableau 3.1 Caractéristiques des enquêtés par âge.31 Tableau 3.2 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés .33 Tableau 3.3.1 Niveau d'instruction par caractéristiques sociodémographiques : Femmes.34 Tableau 3.3.2 Niveau d'instruction par caractéristiques sociodémographiques : Hommes .35 Tableau 3.4.1 Alphabétisation des femmes.36 Tableau 3.4.2 Alphabétisation des hommes .37 Tableau 3.5.1 Exposition aux médias : femmes .39 Tableau 3.5.2 Exposition aux médias : hommes .40 Tableau 3.6 Emploi .42 Tableau 3.7.1 Occupation : femmes .44 Tableau 3.7.2 Occupation : hommes .45 Tableau 3.8 Type d'emploi.46 Tableau 3.9 Type d’employeur .48 Tableau 3.10 Décision de l'utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage.49 Tableau 3.11 Participation des femmes dans la prise de décision .50 x | Liste des Tableaux et des Graphiques Tableau 3.12 Participation des femmes dans la prises de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques .51 Tableau 3.13 Opinion des femmes concernant le fait qu'un mari batte sa femme.52 Tableau 3.14 Opinion des femmes concernant le refus d'avoir des rapports sexuels avec le conjoint .54 Graphique 3.1 Proportion d'alphabétisés parmi les femmes et les hommes.38 Graphique 3.2 Travail des femmes et des hommes.43 Graphique 3.3 Type de revenu des femmes de 15-49 ans .47 CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Tableau 4.1 Fécondité actuelle.56 Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques sociodémographiques .58 Tableau 4.3 Fécondité par âge selon trois sources .59 Tableau 4.4 Tendances de la fécondité par âge.60 Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes .62 Tableau 4.6 Intervalle intergénésique .63 Tableau 4.7 Âge à la première naissance .64 Tableau 4.8 Âge médian à la première naissance .65 Tableau 4.9 Fécondité des adolescentes.66 Tableau 4.10 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes.68 Graphique 4.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence .57 Graphique 4.2 Indice Synthétique de Fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans .59 Graphique 4.3 Fécondité par âge selon l'EDSN-I 1992, l'EDSN-II 1998 et l'EDSN-MICS-III 2006 .60 Graphique 4.4 Taux de fécondité par âge par période de cinq ans ayant précédé l'enquête .61 Graphique 4.5 Proportion d'adolescentes ayant commencé leur vie féconde.67 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Tableau 5.1.1 Connaissance des méthodes contraceptives : femmes.71 Tableau 5.1.2 Connaissance des méthodes contraceptives : hommes.72 Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio- démographiques .73 Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque .74 Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception .75 Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio- démographiques .76 Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception par statut de la femme.79 Tableau 5.7 Nombre d'enfants à la première utilisation .80 Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde.81 Tableau 5.9 Source d'approvisionnement.82 Tableau 5.10 Choix de la méthode et information .83 Tableau 5.11 Utilisation future .84 Tableau 5.12 Raisons évoquées pour n’avoir pas l'intention d'utiliser la contraception.85 Liste des Tableaux et des Graphiques | xi Tableau 5.13 Méthode contraceptive future préférée.85 Tableau 5.14.1 Exposition aux messages sur la planification familiale : femmes .87 Tableau 5.14.2 Exposition aux messages sur la planification familiale : hommes.88 Tableau 5.15 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale.89 Tableau 5.16 Discussion de la planification familiale dans le couple.90 Tableau 5.17 Opinion des couples concernant la planification familiale .91 Graphique 5.1 Prévalence contraceptive moderne selon la résidence (femmes en union).77 Graphique 5.2 Prévalence contraceptive selon le niveau d'instruction des femmes (femmes en union) .77 Graphique 5.3 Prévalence de la contraception – EDSN II 1998 et EDSN-MIC III 2006 (femmes en unuion).78 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Tableau 6.1 État matrimonial actuel .94 Tableau 6.2 Nombre de co-épouses et d’épouses .95 Tableau 6.3 Âge à la première union.98 Tableau 6.4 Âge médian à la première union .99 Tableau 6.5 Âge aux premiers rapports sexuels . 101 Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels. 102 Tableau 6.7.1 Activité sexuelle récente des femmes . 105 Tableau 6.7.2 Activité sexuelle récente des hommes . 106 Tableau 6.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum. 107 Tableau 6.9 Durée médiane de l'insusceptibilité post-partum par caractéristiques sociodémographiques . 108 Tableau 6.10 Ménopause. 109 Graphique 6.1 Proportion de femmes et d'hommes célibataires par âge .94 Graphique 6.2 Proportions de femmes en union polygame selon le milieu et la région de résidence .96 Graphique 6.3 Âge médian des femmes et des hommes à la première union . 100 Graphique 6.4 Âge médian des femmes aux premiers rapports sexuels. 103 CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d'enfant survivants . 112 Tableau 7.2 Préférences en matière de fécondité selon l'âge . 114 Tableau 7.3 Désir de limiter les naissances selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 115 Tableau 7.4 Besoins en matière de planification familiale. 116 Tableau 7.5 Nombre idéal d'enfants . 119 Tableau 7.6 Nombre idéal d'enfants par caractéristique sociodémographique . 121 Tableau 7.7 Planification de la fécondité. 122 Tableau 7.8 Taux de fécondité désirée. 123 xii | Liste des Tableaux et des Graphiques Graphique 7.1 Désir d'enfants supplémentaires des femmes en union, selon le nombre d'enfants vivants. 113 Graphique 7.2 Nombre idéal d'enfants pour les femmes et les hommes . 120 Graphique 7.3 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée . 124 CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE Tableau 8.1 Soins prénatals. 126 Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 128 Tableau 8.3 Composants des visites prénatales. 129 Tableau 8.4 Vaccination antitétanique . 131 Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement . 133 Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement. 134 Tableau 8.7 Accouchement par césarienne . 136 Tableau 8.8 Soins postnatals. 137 Tableau 8.9 Problèmes d'accès aux soins de santé. 139 Tableau 8.10 Connaissance et prévalence de la fistule obstétricale. 141 Tableau 8.11 Moyens de prévention de la fistule obstétricale . 143 Graphique 8.1 Soins prénatals. 127 Graphique 8.2 Soins prénatals et conditions d'accouchement, selon l'EDSN-II et l'EDSN-MICS III. 132 Graphique 8.3 Assistance à l' accouchement . 135 CHAPITRE 9 SANTÉ DE L’ENFANT Tableau 9.1 Caractéristiques des naissances . 146 Tableau 9.2 Vaccinations selon les sources d'information . 147 Tableau 9.3 Vaccinations selon les caractéristiques sociodémographiques . 150 Tableau 9.4 Prévalence et traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA) et de la fièvre. 152 Tableau 9.5 Médicaments donnés pour traiter la fièvre . 154 Tableau 9.6 Prévalence de la diarrhée. 155 Tableau 9.7 Connaissance des sachets de SRO. 156 Tableau 9.8 Traitement de la diarrhée. 157 Graphique 9.1 Couverture vaccinale par type de vaccin (enfants de 12-23 mois), EDSN-II et EDSN-MICS III. 148 Graphique 9.2 Proportion d'enfants de 12-23 mois complètement vaccinés, EDSN-II et EDSN-MICS III. 149 Graphique 9.3 Pourcentage d'enfants 12-23 mois avec tous les vaccins du PEV et sans vaccination. 151 Graphique 9.4 Prévalence des infections respiratoires aiguës (IRA) et de la fièvre chez les enfants de moins de cinq ans. 153 Graphique 9.5 Alimentation des enfants de moins de cinq ans ayant la diarrhée . 159 Liste des Tableaux et des Graphiques | xiii CHAPITRE 10 PALUDISME Tableau 10.1 Possession de moustiquaires . 164 Tableau 10.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants. 165 Tableau 10.3 Utilisation des moustiquaires par les femmes et les femmes enceintes. 167 Tableau 10.4 Utilisation du traitement préventif par les femmes enceintes . 168 Tableau 10.5 Prevalence et traitement precoce de la fievre. 170 Tableau 10.6 Traitement de la fièvre . 171 Graphique 10.1 Possession de moustiquaires par les ménages. 164 Graphique 10.2 Utilisation de moustiquaires par les enfants de moins de 5 ans. 166 Graphique 10.3 Proportions de femmes ayant pris des antipaludéens à titre préventif au cours de la dernière grossesse . 169 CHAPITRE 11 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL Tableau 11.1 Allaitement initial. 174 Tableau 11.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant. 177 Tableau 11.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement. 178 Tableau 11.4 Aliments reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête. 179 Tableau 11.5 Fréquence des aliments reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête . 180 Tableau 11.6 Fréquence des aliments reçus par les enfants au cours des sept jours ayant précédé l'enquête . 181 Tableau 11.7 Sel iodée dans le ménage . 182 Tableau 11.8 Consommation de micronutriments . 184 Tableau 11.9 Consommation de micronutriments par les mères. 186 Tableau 11.10 Prévalence de l'anémie chez les enfants . 189 Tableau 11.11 Prévalence de l'anémie chez les femmes. 192 Tableau 11.12 Prévalence de l'anémie chez les enfants selon le niveau d'anémie de la mère. 193 Tableau 11.13 Prévalence de l'anémie chez les hommes. 194 Tableau 11.14 État nutritionel des enfants . 196 Tableau 11.15 État nutritionnel des femmes par caractéristiques sociodémographiques . 202 Graphique 11.1 Prévalence de l'anémie (enfants de moins de 5 ans) . 190 Graphique 11.2 Prévalence de l'anémie selon l’âge de la mère à la naissance de l’enfant . 190 Graphique 11.3 État nutritionel des enfants de moins de 5 ans. 198 Graphique 11.4 Prévalence du retard de croissance (enfants de moins de 5 ans) . 198 Graphique 11.5 Tendances de la malnutrition (enfants < 3 ans) 1992-1998-2006 . 200 CHAPITRE 12 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Tableau 12.1 Mortalité des enfants de moins de cinq ans. 205 Tableau 12.2 Mortalité des enfants par caractéristiques sociodémographiques . 207 Tableau 12.3 Mortalité des enfants par caractéristiques sociodémographiques de la mère et des enfants. 209 Tableau 12.4 Comportement procréateur à hauts risques. 212 xiv | Liste des Tableaux et des Graphiques Graphique 12.1 Tendances de la mortalité infantile et juvénile selon l'EDSN-II 1998 et l'EDSN-MICS III 2006 . 206 Graphique 12.2 Mortalité infantile et juvénile selon les caractéristiques de la mère . 208 Graphique 12.3 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances. 210 CHAPITRE 13 MORTALITE ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Tableau 13.1 Complétude de l'information sur les frères et soeurs. 214 Tableau 13.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et soeurs . 215 Tableau 13.3 Estimation de la mortalité adulte par âge. 217 Tableau 13.4 Estimation directe de la mortalité maternelle. 219 Graphique 13.1 Taux de mortalité par groupe d'âges pour la période 0-9 ans avant l'EDSN-MICS III et taux des tables types de mortalité . 218 Graphique 13.2 Mortalité maternelle au Niger et en Afrique subsaharienne . 220 CHAPITRE 14 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Tableau 14.1 Connaissance du VIH/sida . 224 Tableau 14.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH/sida. 226 Tableau 14.3.1 Idées erronées à propos du VIH/sida : femmes . 227 Tableau 14.3.2 Idées erronées à propos du VIH/sida : hommes . 229 Tableau 14.4 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à l'enfant. 231 Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : femmes . 233 Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : hommes . 234 Tableau 14.6.1 Population ayant effectué un test du VIH et ayant reçu les résultats . 235 Tableau 14.6.2 Population ayant effectué un test du VIH et ayant reçu les résultats parmi les jeunes de 15-24 ans sexuellement actifs . 237 Tableau 14.6.3 Femmes enceintes conseillées et testées pour le VIH. 238 Tableau 14.7 Opinion sur la négociation de rapports protégés avec le conjoint . 239 Tableau 14.8 Connaissance « complète » du sida par les jeunes et d'un endroit où se procurer des condoms . 241 Tableau 14.9 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques . 242 Tableau 14.10 Âge des jeunes de 15-24 ans aux premiers rapports sexuels . 243 Tableau 14.11 Utilisation des condoms au cours des premiers rapports sexuels parmi les jeunes. 245 Tableau 14.12 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois par les jeunes de 15-24 ans . 246 Tableau 14.13 Jeunes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels prémaritaux au cours des 12 derniers mois et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels prémaritaux. 247 Tableau 14.14.1 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : femmes. 249 Liste des Tableaux et des Graphiques | xv Tableau 14.14.2 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : hommes . 250 Tableau 14.15 Infection sexuellement transmissible (IST) et symptômes d'IST déclarés . 251 Tableau 14.16 Recherche de traitement pour les IST. 252 Tableau 14.17 Opinion sur l’éducation des enfants de 12-14 ans sur l’utilisation du condom. 254 Graphique 14.1 Recherche de conseils et de traitement pour les IST. 252 CHAPITRE 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Tableau 15.1.1 Couverture du test du VIH chez les femmes selon le milieu et la région de résidence . 259 Tableau 15.1.2 Couverture du test du VIH chez les hommes selon le milieu et la région de résidence . 260 Tableau 15.1.3 Couverture du test du VIH chez les enquêtés (femmes et hommes) selon le milieu et la région de résidence. 260 Tableau 15.2.1 Couverture du test du VIH chez les femmes selon l’âge, le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique. 261 Tableau 15.2.2 Couverture du test du VIH chez les hommes selon l’âge, le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique. 262 Tableau 15.3 Prévalence du VIH selon l’âge. 263 Tableau 15.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socioéconomiques. 265 Tableau 15.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 266 Tableau 15.6 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 267 Tableau 15.7 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans. 269 Tableau 15.8 Prévalence du VIH selon la prévalence des IST et le test du VIH antérieur à l’enquête . 270 Tableau 15.9 Test du VIH antérieur à l’enquête et prévalence du VIH . 270 Tableau 15.10 Prévalence du VIH parmi les couples . 273 Graphique 15.1 Prévalence du VIH par sexe et âge. 264 CHAPITRE 16 SITUATION DES ENFANTS Tableau 16.1 Enregistrement des naissances à l’état civil . 273 Tableau 16.2 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents . 274 Tableau 16.3 Fréquentation scolaire des enfants selon l’état de survie des parents et la résidence avec les parents . 275 Tableau 16.4 Travail des enfants . 277 CHAPITRE 17 EXCISION Tableau 17.1 Connaissance et pratique de l’excision. 280 Tableau 17.2 Pratique de l’excision parmi les filles des femmes enquêtées. 283 Tableau 17.3.1 Avantages pour une fille d’être excisée : femmes . 285 xvi | Liste des Tableaux et des Graphiques Tableau 17.3.2 Avantages pour une fille d’être excisée : hommes . 286 Tableau 17.4.1 Avantages pour une fille de ne pas être excisée : femmes . 288 Tableau 17.4.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée : hommes . 289 Tableau 17.5 Croyance au sujet de l’excision . 290 Tableau 17.6.1 Opinion des femmes par rapport à l’excision selon les caractéristiques sociodémographiques . 292 Tableau 17.6.2 Opinion des hommes par rapport à l’excision selon les caractéristiques sociodémographiques . 293 Graphique 17.1 Âge à l'excision . 281 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE Tableau A.1 Répartition des ZD par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2001). 298 Tableau A.2 Répartition de la population par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2001). 298 Tableau A.3 Répartition de l’échantillon femme par région et selon le milieu de résidence . 299 Tableau A.4 Répartition de grappes et de ménages à tirer par région et selon le milieu de résidence . 300 Tableau A.5 Résultats de l’enquête auprès des ménages et auprès des femmes. 302 Tableau A.6 Résultats de l’enquête auprès des ménages et auprès des hommes . 303 Tableau A.7 Couverture du test de VIH selon certaines caractéristiques socio- démographiques . 304 Tableau A.8 Couverture du test du VIH parmi les femmes de 15-49 ans et les hommes de 15-59 ans interviewées qui ont déjà eu des rapports sexuels. 305 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage . 310 Tableau B.2 Erreurs d’échantillonnage – Échantillon National. 311 Tableau B.3 Erreurs d’échantillonnage – Échantillon Urbain . 312 Tableau B.4 Erreurs d’échantillonnage – Échantillon Rural . 313 Tableau B.5 Erreurs d’échantillonnage – Agadez. 314 Tableau B.6 Erreurs d’échantillonnage – Diffa . 315 Tableau B.7 Erreurs d’échantillonnage – Dosso. 316 Tableau B.8 Erreurs d’échantillonnage – Maradi . 317 Tableau B.9 Erreurs d’échantillonnage – Tahoua . 318 Tableau B.10 Erreurs d’échantillonnage – Tillaberi. 319 Tableau B.11 Erreurs d’échantillonnage – Zinder. 320 Tableau B.12 Erreurs d’échantillonnage – Niamey. 321 Liste des Tableaux et des Graphiques | xvii ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Tableau C.1 Répartition par âge des ménages. 323 Tableau C.2.1 Répartition par âge des femmes éligibles et enquêtées . 324 Tableau C.2.2 Répartition par âge des hommes éligibles et enquêtés. 324 Tableau C.3 Complétude de l'enregistrement . 325 Tableau C.4 Naissances par année du calendrier depuis la naissance. 326 Tableau C.5 Enregistrement de l'âge au décès en jours . 327 Tableau C.6 Enregistrement de l'âge au décès en mois. 328 Préface | xix PRÉFACE Lorsqu’en 1998, le Niger réalisa la deuxième Enquête Démographique et de Santé avec l’assistance technique et financière de l’USAID, de l’UNICEF et de Macro International, les résultats fournis par cette importante opération de collecte des données situaient encore les indicateurs à des niveaux extrêmement élevés et parmi les plus préoccupants observés dans les pays de la sous région. Huit ans après, l’Institut National de la Statistique (INS) a mené, avec l’assistance de Macro International, sur contributions de l’UNICEF, de la Banque Mondiale, du PNUD, de l’USAID, de l’UNFPA et de l’OMS la Troisième Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDSN-MICS III). Les résultats en sont publiés dans ce rapport. Ils sont encourageants, puisqu’une baisse significative de la mortalité infantile et infanto-juvénile est amorcée, conséquence des multiples efforts fournis par le Gouvernement nigérien et ses partenaires au développement. Le maintien et le renforcement de cette tendance s’imposent, parce que la situation socioéconomique et sanitaire de notre pays appelle à renforcer les efforts déjà engagés. Ces résultats sont le reflet des actions énergiques prises ensemble pour améliorer la situation des populations. Ces enquêtes permettent d’enrichir notre système statistique et notre base de données socioéconomiques, en mettant à la disposition des utilisateurs et des décideurs des informations nécessaires et indispensables à l’élaboration et à la mise en œuvre de programmes de développement plus efficients. Elles doivent donc être poursuivies. Que tous ceux qui ont participé à la réalisation de cette enquête, les partenaires au développement, les organismes qui l’ont exécuté, à savoir l’Institut National de la Statistique et Macro International, les autorités administratives et coutumières, les populations des zones enquêtées et les différentes équipes de cartographes, d’enquêteurs ainsi que tout le personnel technique qui les a encadrés et supervisés trouvent ici l’expression de la gratitude du Niger. Remerciements | xxi REMERCIEMENTS La Troisième Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples du Niger (EDSN- MICS III) de 2006 a été réalisée par l’Institut National de la Statistique (INS), avec l'assistance technique de Macro International, société américaine en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (DHS), et avec la collaboration du Centre de Recherche Médicale et Sanitaire (CERMES) du Niger pour le test du VIH. La réalisation de cette enquête a mobilisé des ressources matérielles et financières importantes et nécessité la disponibilité et la compétence de plusieurs personnes. L’INS remercie tous ceux qui ont rendu possible la réalisation de cette enquête, notamment les responsables des Ministères de l’Économie et des Finances, de l’Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire et de la Santé Publique et de la Lutte Contre les Endémies ainsi que ceux du Secrétariat Permanent de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (SP/SRP). L’INS remercie également, l’UNICEF, le PNUD, la Banque Mondiale, l’UNFPA, l’OMS, la CISLS, le CERMES, le Programme d’Actions Communautaires (PAC), HKI et le Garage Administratif de l’Etat. Les remerciements de l’INS s'adressent en outre à l’équipe technique de l’EDSN-MICS III, au personnel de l'enquête, aux différents employés de l'INS et de Macro International. L'INS tient à remercier les populations des zones concernées ainsi que les autorités administratives et coutumières pour leur assistance aux équipes chargées de la collecte des données sur le terrain. Sigles et Abréviations | xxiii SIGLES ET ABRÉVIATIONS ACDI Agence Canadienne de Développement International BCG Bacille Calmette et Guérin BCR Bureau Central du Recensement CAP Connaissances, Attitudes et Pratiques CDC Centers for Disease Control and Prevention CDAV Centre de Dépistage Anonyme et Volontaire CDV Centre de Dépistage Volontaire CILS Coordination Intersectorielle de Lutte Contre les IST/VIH /SIDA CNLS Conseil National de Lutte contre le SIDA CUN Communauté Urbaine de Niamey CSPro Census and Survey Processing System DBS Dried Blood Spots (Gouttes de sang séché) DHS Demographic and Health Surveys DTCoq Diphtérie, Tétanos et Coqueluche (vaccin) DIU Dispositif Intra Utérin EDSN-MICS Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples ELISA Enzyme-linked Immunosorbent Assay EMEM Échantillon-Maître d’Enquêtes Multiples ET Écart Type FCFA Franc de la Communauté Financière Africaine HKI Hellen Keller International IEC Information, Éducation, Communication IMC Indice de Masse Corporelle INS Institut National de la Statistique IRA Infections Respiratoires Aiguës ISF Indice Synthétique de Fécondité ISFD Indice Synthétique de Fécondité Désirée IST Infections Sexuellement Transmissibles ME/F Ministère de l’ Économie et des Finances MII Moustiquaire Imprègnée d’Insecticide MP/AS Ministère de la Population et de l’Action Sociale MPF/PE Ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant MSP/LCE Ministère de la Santé Publique et de la Lutte Contre les Endémies MEASURE Monitoring and Evaluation to Assess and Use Results Evaluation MN Mortalité Néonatale MPN Mortalité Post Néonatale xxiv | Sigles et Abréviations NCHS* National Center for Health Statistics (Centre National des Statistiques Sanitaires des États-Unis) OMS Organisation Mondiale de la Santé ONG Organisation Non Gouvernementale ONU Organisation des Nations Unies ONUSIDA Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA PAC Programme d’Action Communautaire PEV Programme Élargi de Vaccination PF Planification Familiale PIB Produit Intérieur Brut PNLP Programme National de Lutte Contre le Paludisme PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement PTME Prévention de la Transmission du VIH de la Mère à l’Enfant RGP/H Recensement Général de la Population et de l’Habitat SIDA Syndrome d’Immunodéficience Acquise SNIS Système National d’Information Sanitaire SRO Sels de Réhydratation Orale TBFS Taux Brut de Fréquentation Scolaire TBN Taux Brut de Natalité TGFG Taux Global de Fécondité Générale TME Transmission du VIH de la Mère à l’Enfant TMM Taux de Mortalité Maternelle TNFS Taux Net de Fréquentation Scolaire TRO Thérapie par Réhydratation Orale UNFPA Fonds des Nations Unies pour la Population UNICEF Organisation des Nations Unies pour l’Enfance USAID Agence des États-Unis pour le Développement International VIH Virus de l’Immunodéficience Humaine ZD Zone de Dénombrement Résumé | xxv RÉSUMÉ L'Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDSN-MICS III) de 2006 est la troisième du genre réalisée au Niger après celles de 1992 et de 1998. Elle a été réalisée de janvier à mai 2006 par l’Institut National de la Statistique (INS) avec l'assistance technique de Macro International Inc, société américaine en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (DHS), et avec la collaboration du Centre de Recherche Médicale et Sanitaire (CERMES) pour le test du VIH. En outre, elle a été exécutée grâce à l'appui financier du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), de l'Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) par l’intermédiaire du Programme Bonne Gouvernance et Croissance Mieux Répartie, de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de la Banque Mondiale par le biais de la Coordination Intersectorielle de Lutte Contre les IST/VIH/SIDA (CISLS). L’EDSN-MICS III fournit des informations sur les niveaux de fécondité, l’activité sexuelle, les préférences en matière de fécondité, la connaissance et l’utilisation des méthodes de planification familiale, les pratiques d’allaitement, l’état nutritionnel des femmes et des enfants de moins de cinq ans, la mortalité infantile, la mortalité maternelle, la santé de la mère et de l’enfant ainsi que sur la connaissance, les attitudes et les comportements vis-à-vis du sida et autres infections sexuellement transmissibles. Des informations ont également été collectées sur l’utilisation des moustiquaires ; en outre, au cours de cette enquête, un test de séroprévalence a éte effectué qui a permis d’estimer la prévalence du VIH et de l’anémie. Les informations qui ont été collectées permettent la mise à jour des indicateurs de base sur la situation démographique et sanitaire estimés lors des précédentes enquêtes de 1992 et 1998. Au cours de l’enquête, 7 660 ménages ont été enquêtés avec succès (soit un taux de réponse de 98 %). Dans ces ménages, 9 223 femmes âgées de 15-49 ans et 3 549 hommes de 15-59 ans ont été interviewés avec succès et, parmi eux, 4 406 femmes de 15-49 ans et 3 267 hommes de 15-59 ans ont été effectivement testés pour le VIH. Les informations recueillies au cours de l’enquête sont représentatives au niveau national, au niveau du milieu de résidence (urbain et rural) et au niveau des huit régions administratives du pays. Ce résumé a pour objectif de présenter les principaux résultats de ce rapport. CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Moins d’un ménage nigérien sur dix (9 %) dispose de l’électricité et cette proportion cache des disparités importantes entre les milieux de résidence puiqu’en milieu rural, seulement 2 % des ménages possèdent l’électricité contre 47 % en milieu urbain. En outre, 22 % des ménages ont accès à l’eau de robinet ou à une borne fontaine publique. Près de deux ménages sur dix disposent de toilettes (19 %). Il ressort de l’enquête que 19 % des chefs de ménage sont des femmes. Par ailleurs, près de sept enfants de moins de 15 ans sur dix (68 %) vivent avec leurs deux parents biologiques et 10 % d’entre eux ne vivent avec aucun de leurs parents dans le ménage, que ceux-ci soient en vie ou non. FÉCONDITÉ Niveau et tendance de la fécondité. Les données de l’EDSN-MICS III montrent qu’en 2006, la fécondité des femmes nigériennes demeure encore très élevée. Avec les niveaux actuels, chaque femme donnerait naissance en moyenne à 7,1 enfants au cours de sa vie féconde. Cette fécondité est xxvi | Résumé également précoce puisque 33 % des jeunes filles de moins de 20 ans ont déjà eu au moins une naissance vivante. Au Niger, 2 % seulement des femmes actuellement en union et âgées de 40 à 49 ans n’ont jamais eu d’enfant et peuvent être considérées comme stériles, cette proportion était de 5 % à l’EDSN-II de 1998. Fécondité différentielle. Des différences très nettes de fécondité apparaissent entre milieux de résidence : le milieu urbain a un niveau de fécondité plus faible (ISF de 6,0) que le milieu rural (ISF de 7,4). En outre, le nombre moyen d’enfants par femme varie de façon importante selon les régions ; d’un minimum de 5,3 enfants à Niamey, il dépasse 7 dans les régions de Zinder, Dosso et Maradi. Ce nombre varie également selon le niveau d'instruction des femmes puisqu’il est de 4,6 enfants par femme chez celles ayant atteint le niveau d’instruction secondaire ou plus contre 7,3 chez celles sans niveau d’instruction. Enfin les résultats montrent des écarts importants en fonction du niveau de vie du ménage dans lequel vivent les femmes : de 6,2 enfants en moyenne pour les femmes appartenant aux ménages les plus riches, ce nombre moyen passe à 8,0 pour celles des ménages les plus pauvres. NUPTIALITÉ Parmi les femmes de 15-49 ans, 86 % étaient en union au moment de l’enquête. La proportion de femmes qui étaient encore célibataires à 35-39 ans est de seulement 0,2 %. Ainsi, le mariage qui demeure le cadre privilégié de l'activité sexuelle (96 % des femmes célibataires n’ont jamais eu de rapports sexuels) et de la procréation est pratiquement universel au Niger. En outre, la pratique de la polygamie est assez répandue ; près de quatre femmes sur dix (36 %) vivent en union polygame. L’entrée en union demeure précoce : 80 % des femmes de 25-49 ans étaient déjà en union avant d’atteindre 18 ans exact et la moitié des femmes entrent en première union dès l’âge de 15,5 ans. En 1998, les valeurs correspondantes étaient respectivement de 87 % et 15,1 ans chez les femmes du même groupe d’âges. Les premiers rapports sexuels se produisent également tôt et sont essentiellement déterminés par l’entrée en union ; 35 % des femmes de 25-49 ans avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans exact et la moitié ont eu leurs premiers rapprts sexuels à 15,6 ans. En 1998 (EDSN- II), les valeurs correspondantes étaient de 47 % et 15,1 ans chez les femmes du même groupe d’âges. Les hommes contractent leur première union à un âge beaucoup plus tardif ; l’âge médian à la première union des hommes de 30-59 ans étant de 23,1 ans. Quant à l’âge aux premiers rapports sexuels il est estimé, pour les hommes âgés de 25-59 ans, à 22,1 ans, ce qui signifie que, contrairement aux femmes, les hommes commencent leur vie sexuelle avant d’entrer en première union. PLANIFICATION FAMILIALE Connaissance des méthodes contraceptives. Bien que la connaissance des méthodes contra- ceptives soit répandue (68 % connaissent au moins une méthode moderne), peu de femmes les utilisent. Prévalence contraceptive. En effet, le taux de prévalence contraceptive chez les femmes en union est de seulement 11 %, toutes méthodes confondues, et de 5 % pour les méthodes modernes. On ne constate aucun changement du niveau de la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union depuis 1998. En outre, l’utilisation des méthodes modernes de contraception reste limitée à certains groupes : les femmes urbaines (18 % contre 3 % en milieu rural), celles résidant dans les régions de Niamey (23 %), d’Agadez (10 %) et de Dosso (6 %) et les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (29 %). Utilisation future de la contraception : Bien que l’utilisation actuelle de la contraception soit très faible, les besoins en matière de planification familiale sont relativement importants. En effet, 16 % des femmes en ont exprimé le besoin ; ces besoins sont essentiellement orientés vers l’espacement des naissances (13 %). Actuellement, 42 % de la demande potentielle totale en planification familiale chez les femmes se trouve satisfaite au Niger parmi les femmes en union. Résumé | xxvii SANTÉ DE LA MÈRE Soins prénatals. En ce qui concerne les soins prénatals et les conditions d’accouche- ment, on constate que pour moins de la moitié des naissances survenues dans les 5 années ayant précédé l’enquête (46 %), les mères ont effectué au moins une visite prénatale auprès de person- nel formé et dans 15 % des cas, elles en ont effectué au moins quatre. Pour la même période, seulement 18 % des femmes ont reçu une dose de vaccin antitétanique au cours de leur dernière grossesse. Ces femmes sont protégées contre le tétanos néonatal si elles avaient été vaccinées précédem- ment. Par contre, celles qui ont reçu au moins deux doses de vaccin (23 %) sont, elles et leurs nouveaux-nés, complètement protégés. Plus de huit naissances sur dix survenues au cours des cinq denières années ayant précédé l’enquête, se sont déroulées à la maison (82 %). Cette proprotion est particulièrement élevée en milieu rural (92 %), dans les régions de Tillaberi (89 %) et de Zinder (88 %). De même, 87 % des femmes sans instruction contre 60 % de celles ayant un niveau primaire et 19 % de celles ayant un niveau au moins secondaire ont accouché à domicile. En outre, les résultats montrent que parmi les femmes n’ayant reçu aucun soin prénatal et parmi celles du quintile le plus pauvre, la quasi-totalité (respectivement 97 % et 95 %) a accouché à la maison. Il faut souligner que même dans la capitale, un accouchement sur quatre (25 %) survient à domicile. Globalement, seulement 17 % des femmes ont accouché dans un établissement de santé, essentiellement un établissement du secteur public. En milieu urbain, pour plus des deux tiers des naissances, les femmes ont accouché dans un établissement de santé du secteur public (67 %), et seulement 2 % dans un établissement privé. Tendances des soins prénatals. La comparaison des résultats des différentes enquêtes montre que depuis 1992, date de la première EDSN, la proportion de femmes ayant effectué une visite prénatale auprès de personnel qualifié, est passée de 30 % à 40 % en 1998, date de la deuxième EDSN pour atteindre 46 % à l’EDSN- MICS III de 2006. En ce qui concerne la vaccination antitétanique,on constate que la couverture s’est nettement améliorée dans la mesure où la proportion de femmes ayant reçu une dose de vaccin antitétanique est passée de 9 % en 1992, à 16 % en 1998 et à 18 % en 2006. SANTÉ DE L’ENFANT Vaccination des enfants. En ce qui concerne la couverture vaccinale des enfants, on relève que 25 % des enfants de 12-23 mois avaient été complètement vaccinés d’après les informations tirées du carnet de vaccination. Quand on y ajoute les renseignements fournis par la mère, ce pourcentage atteint 29 %. Par ailleurs, on constate que selon le carnet de vaccination, 41 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG alors que selon les déclarations de la mère, cette proprotion n’est que de 22 %. Au total donc, plus des deux tiers des enfants (64 %) étaient vaccinés contre le BCG au moment de l’enquête et 61 % avaient reçu cette vaccination avant l’âge de 12 mois. Prés de trois enfants sur cinq (58 %) ont reçu la première dose de DTCoq, mais cette couverture vaccinale diminue avec le nombre de doses et seulement 39 % ont reçu les trois doses du vaccin. En outre, un peu plus de la moitié des enfants de 12-23 mois ont été vaccinés contre la polio (55 %) et 47 % contre la rougeole. Maladies de l’enfance. Au Niger, les infections respiratoires aiguës (IRA), la fièvre et la diarrhée sont des problèmes de santé importants chez les enfants. Parmi les enfants de moins de cinq ans, on constate qu’environ un sur sept (14 %) a souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide ; cette prévalence est élevée chez les enfants de 6-11 mois (21 %). On ne note pas de différence entre les pourcentages de garçons et de filles ayant souffert de toux (14 % dans les deux cas). La prévalence des IRA ne varie pas non plus de manière importante selon le milieu de résidence (d’un minimum de 14 % en rural à un maximum de 16 % à Niamey). Par contre, dans les régions, on constate des écarts, la prévalence variant d’un minimum de 5 % dans la xxviii | Résumé région de Maradi à un maximum de 21 % dans celle de Tahoua. Par ailleurs, un enfant de moins de cinq ans sur cinq (21 %) a souffert de diarrhée pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête. La prévalence de la diarrhée est particulièrement importante chez les jeunes enfants de 6-11 mois (en moyenne, 34 %) et de 12-23 mois (31 %). On constate qu’une proportion élevée d’enfants qui ont souffert de diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête n’a bénéficié d’aucun type de réhydratation ni d’autre traitement (27 %). Seulement 18 % des enfants ont reçu des sachets de SRO, 11 % ont reçu une solution d’eau, de sel et de sucre préparée à la maison et dans 36 % des cas, les apports en liquides ont été augmentés. Globalement, un peu plus d’un enfant sur deux a été soigné à l’aide d’une TRO (53 %). On constate, d’une manière générale, que 15 % des enfants de moins de cinq ans ont dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête. La fréquence d’utilisation de la moustiquaire n’est pas influencée par l’âge de l’enfant. On ne relève aucune différence selon le sexe de l’enfant. Globalement, 14 % de l’ensemble des femmes de 15-49 ans ont dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête. Cette proportion est plus faible en milieu rural (11 %) qu’en milieu urbain (28 %) et elle varie de manière importante selon le niveau d’instruction (de 13 % chez les femmes sans instruction à 20 % chez celles ayant le niveau primaire et à 24 % chez celles ayant le niveau secondaire ou plus).En outre, la proprotion de femmes enceintes ayant dormi sous une moustiquaire n’est pas très différente de celle de l’ensemble des femmes (13 % contre 14 %). NUTRITION Allaitement des enfants. La quasi-totalité des enfants (98 %) ont été allaités et cette pratique est très courante quelles que soient les caractéristiques de la mère. Parmi les enfants allaités, la proportion de ceux qui ont été allaités dans l’heure qui a suivi immédiatement la naissance est de 48 % ; en ce qui concerne la proportion de ceux qui ont été allaités le jour qui a suivi la naissance, on constate qu’elle est de 64 %. Par ailleurs, seulement 14 % des enfants de moins de 6 mois sont exclusivement allaités au sein. Sevrage et aliments de complément. À partir de 6 mois, tous les enfants devraient recevoir une alimentation de complément, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. À 6-7 mois, une proportion relativement importante d’enfants consomme, en plus du lait maternel, des aliments solides ou semi-solides suffisamment variés et riches en protéines et en minéraux : 24 % consomment des aliments pour bébé, 46 % des céréales, 11 % des fruits et/ou légumes, 5% des tubercules mais seulement 5 % de la viande, de la volaille, du poisson et/ou des oeufs. Supplémentation en vitamine A. Dans l’ensemble, 70 % des enfants de moins de cinq ans ont reçu des compléments de vitamine A. Selon l’âge de l’enfant, on ne constate pas de différence significative ; cependant, on note que c’est à 24-35 mois que les enfants en ont reçu le plus fréquemment (71 %) et à 6-9 mois qu’ils en ont reçu le moins fréquemment (66 %). Les proportions d’enfants qui ont reçu des suppléments de vitamine A varient surtout selon le milieu de résidence, la région, le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien- être du ménage dans lequel ils vivent. Prévalence de l’anémie chez les enfants. Les résultats de l’enquête montrent qu’au Niger plus de huit enfants de 6-59 mois sur dix (84 %) sont atteints d’anémie : 21 % sous une forme légère, 56 % sous une forme modérée et 7 % sont atteints d’anémie sévère. La prévalence de l’anémie est particulière- ment élevée parmi les enfants de 12-23 mois (92 %) et parmi ceux dont la mère avait entre 15 et 19 ans à leur naissance (93 %). POSSESSION ET UTILISATION DES MOUSTIQUAIRES Résumé | xxix État nutritionnel des enfants. Au Niger, un enfant sur deux accuse un retard de croissance (50 %) : 20 % sous la forme modérée et 30 % souffrent de retard de croissance sévère. La situation nutritionnelle est particulièrement critique. De plus, cette prévalence masque des disparités importantes en fonction des variables sociodémographiques. Parmi les enfants de 12- 47 mois, la prévalence du retard de croissance est de 61 %. De même, dans la région de Maradi, 62 % des enfants de moins de cinq ans sont trop petits pour leur taille. En ce qui concerne la manutrition aiguë, on constate que plus d’un enfant sur dix (10 %) est atteint de maigreur et que 2 % le sont sous la forme sévère. Du point de vue de l'âge, ce sont les enfants de 10-23 mois qui en souffrent le plus fréquemment, en particulier ceux du groupe d'âges 12-23 mois (19 %). À partir de 24 mois, les proportions diminuent avec l’âge et ne concernent plus que 6 à 7 % des enfants Plus de quatre enfants sur dix (44 % contre 50 % en 1998 à l’EDSN II) souffrent d'insuffisance pondérale et 15 % d'insuffisance pondérale sévère (contre 20 % à l’EDSN II de 1998). On constate des disparités importantes du niveau de la prévalence en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, on peut qualifier la situation nutritionnelle de critique. MORTALITÉ INFANTILE Niveau de mortalité. La mortalité infantile reste élevée au plan national. Pour la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête), les résultats montrent que sur 1 000 naissances vivantes, 81 meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire. Bien que le niveau de la mortalité infantile enregistré aujourd’hui au Niger se situe parmi les niveaux les plus élevés au monde, il n’en demeure pas moins qu’il a diminué régulièrement depuis quinze ans. On note que globalement, de 1994 (année centrale de la période 10-14 ans avant l’enquête, à 2004 (année centrale de la période 0-4 ans avant l’enquête), la mortalité infantile est passée de 115 ‰ à 81 ‰., soit une baisse de 30 % ; et au cours de la même période, la mortalité juvénile a diminué de manière rapide (29 % de baisse). Tendances de la mortalité des enfants de moins de 5 ans. Par rapport aux résultats des deux précédentes enquêtes réalisées en 1992 et 1998, les niveaux de la mortalité des enfants obtenus en 2006 sont plus faibles. Mortalité différentielle. Le niveau de la mortalité des enfants de moins de cinq ans est nettement plus faible en milieu urbain qu’en milieu rural : en ce qui concerne la mortalité infantile, on constate que sur 1000 naissances vivantes, 99 n’atteignent pas leur premier anniversaire en rural contre 61 en urbain. Concernant la mortalité infanto- juvénile, les taux sont respectivement de 231 ‰ contre 139 ‰ ; Les écarts entre les régions sont également très importants. La mortalité infantile varie d’un minimum de (53 ‰) dans la région d’Agadez à 113 ‰ dans celle de Zinder. En outre, les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus et ceux vivant dans un ménage du quintile le plus riche courent des risques de décèder avant leur cinquième anniversaire nettement plus faibles que les autres. MORTALITÉ MATERNELLE Pour la période 0-9 ans avant l’enquête, soit 1997-2006, le taux de mortalité maternelle est estimé à 648 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Ce niveau n’aurait pratiquement pas varié depuis l’EDSN de 1992. En effet, pour la période de 1979-1992, soit 0-13 ans avant l’EDSN de 1992, le taux était estimé à 652 pour 100 000 naissances. EXCISION Prévalence. La pratique de l’excision est faiblement répandue au Niger puisque qu’elle ne concerne que 2 % des femmes de 15-49 ans. La pratique de l’excision est essentiellement déterminée par l’appartenance ethnique et la région de résidence. C’est dans les ethnies Gourmantché (66 %) et Peul (13 %) et dans la région de Tillabéri (12 %) que la prévalence de l’excision est la plus forte. Perspectives. Moins de 1 % des femmes enquêtées, ayant au moins une fille, avaient déjà fait exciser leur fille ou au moins l’une de leurs filles et 0,3 % avaient l’intention de la (ou les) faire exciser. xxx | Résumé La quasi-totalité des femmes et des hommes (respectivement 89 % et 86 %) se sont déclarées en faveur de la disparition de cette pratique. De plus, seulement 4 % des femmes et 7 % des hommes pensent que l’excision est exigée par la religion. SIDA ET AUTRES IST Connaissance du sida. Le VIH/sida est connu par pratiquement toute la population (83 % des femmes et 95 % des hommes). La limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté ainsi que l’utilisation du condom demeurent les principaux moyens de prévention de l’infection par le VIH. Plus de cinq femmes sur dix (53 %) et prés des deux tiers des hommes (65 %) ont déclaré que le recours à ces deux moyens pouvait réduire les risques de contracter le VIH/sida. Un peu plus d’une femme sur dix (13 %) sait que le virus du sida peut se transmettre par l’allaitement et que le risque de transmission maternelle peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux au cours de la grossesse. Sida et stigma. Prés de six femmes sur dix (56 %) ont déclaré qu’elles seraient prêtes à prendre soin chez elles d’un membre de la famille atteint du sida. Cette proportion varie peu selon l’âge ; par contre, elle est plus faible parmi les femmes en union que parmi les autres (55 % contre 66 % chez les femmes en rupture d’union). Selon la région, les résultats montrent que c’est surtout à Niamey que les femmes seraient le plus disposées à s’occuper chez elles d’un parent vivant avec le VIH (75 %) ; à l’opposé, dans celles de Maradi (44 %) et de Dosso (47 %), ces proportions sont beaucoup plus faibles. C’est parmi les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus et chez celles vivant dans les ménages les plus riches que ces proportions sont les plus élevées (respectivement 82 % et 70 %). Rapports à hauts risques et utilisation du condom. Un des objectifs essentiels du Conseil National de Lutte contre le Sida est d’encourager la population sexuellement active à utiliser de façon régulière le condom. L’EDSN-MICS III fournit les proportions de femmes et d’hommes qui ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête ainsi que les proportions de ceux et celles qui ont utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels. Seulement 0,7 % des femmes et 9 % des hommes ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois. Deux femmes sur dix (20 %) et près d’un homme sur deux (47 %) ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à hauts risques. PRÉVALENCE DU VIH Taux de couverture. Les résultats de l’EDSN- MICS III indiquent que plus de huit personnes sur dix ont consenti à donner quelques gouttes de leur sang pour être testées pour le VIH. Le taux de couverture est plus élevé chez les femmes (91 %) que chez les hommes (84 %). En outre, on constate que les taux d’acceptation chez les femmes et les hommes du milieu rural sont nettement plus élevés que chez ceux du milieu urbain. Dans l’ensemble, en milieu rural, 92 % des personnes ont accepté, contre 82 % en milieu urbain. Enfin, c’est parmi les femmes de la région de Diffa (96 %) que l’on enregistre le taux de coiuverture le plus élevé et à l’opposé, parmi les hommes d’Agadez (71 %), et ceux de Niamey (75 %) que l’on enregistre le plus faible. VIH et vulnérabilité des femmes. Les résultats du test de séroprévalence effectué au cours de l’EDSN-MICS III de 2006 montrent que 0,7 % des personnes âgées de 15-49 ans sont séropositives. Le taux de séroprévalence chez les femmes de 15-49 ans est le même que celui des hommes de la même tranche d’âges (0,7 %). Aussi, contrairement à ce qui a été observé dans des enquêtes similaires en Afrique subsaharienne, la plus grande grande vulnérabilité des femmes par rapport aux hommes n’a pas été confirmée par les résultats de l’EDSN-MICS III du Niger. Différentiels du niveau de prévalence du VIH. Les femmes des régions d’Agadez (2,1 %) et de Diffa (1,9 %), celles qui travaillaient au moment de l’enquête (0,8 %) et celles ayant un niveau d’instruction primaire (1,5 %) se caractérisent par une prévalence plus élevée que les autres. Chez les hommes, c’est dans la région de Niamey (1,6 %) et, Résumé | xxxi dans une moindre mesure, de Diffa (1,4 %), que la prévalence est la plus élevée. En outre, les résultats font apparaître une prévalence nettement plus élevée parmi les femmes divorcées ou séparées (6,4 %) que parmi celles en union (0,5 %). Cependant le niveau d’infection des femmes en union (0,5%) est pratiquement identique à celui des célibataires (0,4 %) ; de même, les résultats n’ont pas fait apparaître d’écart de prévalence entre les femmes enceintes au moment de l’enquête et celles qui ne l’étaient pas (0,7% dans les deux cas). Indicateurs du Millénaire | xxxiii INDICATEURS DU MILLÉNAIRE, EDSN-MICS III NIGER 2006 Objectif Indicateur Valeur 1. Réduction de l’extrême pauvreté et de la faim Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans présentant une insuffisance pondérale Masculin : 45,0 % Féminin : 43,8 % Ensemble : 44,4 % Taux net de scolarisation dans le primaire1 Masculin : 43,4 % Féminin : 30,3 % Ensemble : 36,9 % 2. Assurer l’éducation primaire pour tous Taux d’alphabétisation des 15 à 24 ans2 Masculin : 27,8 % Féminin : 11,6 % Ensemble : 16,1 % Rapport filles/garçons dans l’enseignement primaire et secondaire Primaire : 0,66 Secondaire : 0,63 Taux d’alphabétisation des femmes de 15 à 24 ans par rapport à celui des hommes2 0,42 3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes Taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans (pour 1 000 naissances vivantes) 198 pour 1 000 Taux de mortalité infantile (pour 1 000 naissances vivantes) 81 pour 1 000 4. Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans Proportion d’enfants de 1 an vaccinés contre la rougeole Masculin : 46,6 % Féminin : 47,4 % Ensemble : 47,0 % Taux de mortalité maternelle (pour 100 000 naissances vivantes) 648 pour 100 000 5. Améliorer la santé maternelle Proportion d’accouchements assistés par du personnel formé 32,9 % Utilisation d’un préservatif lors du dernier rapport sexuel à risque (population âgée de 15 à 24) 3 Masculin : 37,2 % Féminin : (17,8 %) Population âgée de 15 à 24 ans ayant une bonne connaissance générale du VIH/sida 4 Masculin : 18,6% Féminin : 12,6 % Taux d’utilisation de la contraception (une méthode moderne, femmes 15-49 actuellement en union) 5,0 % 6. Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies Parmi les femmes de 15-49 ans en union qui utilisent une méthode moderne de contraception, pourcentage qui utilisent le condom 0,0% Proportion de la population ayant accès de façon durable à une source d’eau meilleure5, zones urbaine et rurale Urbain : 93,0 % Rural : 30,8 % Ensemble : 41,4 % 7. Assurer un environnement durable Proportion de la population ayant accès à un meilleur système d’assainissement6, zones urbaine et rurale Urbain : 38,4 % Rural : 2,2 % Ensemble : 8,4 % 1 Non compris les enfants dont le statut des parents est manquant. 2 Correspond aux enquêtés qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et à ceux pouvant lire une phrase entière en français, en Haoussa ou en Songhai/Djerma. La lecture des autres langues nationales et l’alphabet arabe n’est pas pris en compte. 3 On entend par rapports sexuels à hauts risques, les rapports sexuels avec un partenaire extraconjugal et non cohabitant au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. 4 Sont considérés comme ayant une bonne connaissance générale, les femmes et les hommes qui déclarent qu’on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n’est pas infecté, qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. Les deux idées erronées les plus courantes sont la transmission par les piqûres de moustiques et le fait de partager les repas avec une personne infectée. 5 Eau de robinet, forage ou puits protégés. 6 Chasse d’eau, fosse/latrines non couvertes, fosse/latrines couvertes ou fosse/latrines ventilée améliorées. xxxiv | Carte de Niger Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1 Sani OUMAROU et Ghalio EKADE Ce premier chapitre est consacré à la présentation du pays ainsi qu’au contexte de la troisième Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDSN-MICS III 2006). Les objectifs et la méthodologie de l’enquête y sont également exposés. 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS 1.1.1 Géographie Le Niger, avec une superficie de 1 267 000 kilomètres carrés, est un pays continental situé au cœur de l'Afrique de l'Ouest. Il est situé entre 11° 37 et 23° de latitude nord et entre le méridien de Greenwich et 16° de longitude est, à 700 km au nord du Golfe de Guinée, à 1 900 km à l'est de la côte Atlantique et à 1 200 km au sud de la Méditerranée. Il est limité au nord par l'Algérie et la Libye, à l'est par le Tchad, au sud par le Nigeria et le Bénin, à l'ouest par le Burkina Faso et au nord-ouest par le Mali. Le Niger est un pays complètement enclavé, à mi-chemin entre la Méditerranée et le golfe de Guinée. Du point de vue climatique, le Niger est caractérisé par un climat tropical de type soudanien qui alterne entre deux saisons, une longue saison sèche d'octobre à mai et une courte saison de pluies de mai à septembre. Il est situé dans l'une des régions les plus chaudes du globe. Les températures moyennes les plus élevées sont enregistrées entre mars et avril où elles dépassent les 40°C, tandis que les plus basses le sont de décembre à février où elles peuvent descendre en dessous de 10°C. Le territoire est partagé en trois zones climatiques : x au nord, une immense zone saharienne, couvrant les trois cinquièmes du pays, peuplée essentiellement de nomades et renfermant les principaux minerais exploités; x au centre, une zone sahélienne, qui reçoit des précipitations moyennes de 200 à 300 mm d'eau par an; x au sud, une zone soudanienne qui est la partie la plus arrosée du pays, avec des hauteurs moyennes de pluies de 300 à 650 mm par an. Zone à vocation agricole, elle est caractérisée par une végétation de savane et elle est consacrée à des cultures de mil, de sorgho, de maïs et d'arachide. Le relief nigérien est peu contrasté. Au nord-est, les hauts plateaux (800 à 1 000 m d'altitude) sont bordés d'escarpements qui en rendent l'accès difficile. A l'ouest et au sud se trouvent de bas plateaux (200 à 500 m d'altitude), tandis qu'au nord du « 17e parallèle » s'étend le massif de l'Aïr, bordé, à l'ouest et au sud, par une dépression périphérique. Au plan hydrographique, le pays ne possède qu'un seul cours d'eau permanent, le fleuve Niger, qui traverse le pays sur une longueur d'environ 500 km dans sa partie ouest. On trouve aussi quelques lacs permanents dont le principal, le lac Tchad, est situé dans la partie sud-ouest du pays et plusieurs rivières semi permanentes dont les affluents de la rive droite du Niger à l'ouest et la Komadougou Yobé au sud- 2 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête est. Malgré cela, selon les estimations des spécialistes, les ressources en eau du Niger seraient assez importantes même si elles demeurent inégalement réparties. Ainsi, le potentiel d'irrigation est estimé à 270 000 hectares en termes d'eaux de surface et d'eaux souterraines. Celles-ci, bien que très abondantes, sont difficilement exploitables parce qu'essentiellement constituées de nappes fossiles assez profondes. Elles sont estimées à près de 36 milliards de m3. Enfin, les terres agricoles, principales ressources de la majorité de la population, se regroupent en deux grandes catégories pédologiques classiques : x les sols ferrugineux tropicaux ou sols dunaires représentant 80 à 85 % de la superficie agricole cultivable; x les sols hydromorphes ou « goulbi », moyennement argileux, représentant 15 à 20 % de la superficie agricole cultivable. Au niveau administratif, le Niger a mis en place un processus de décentralisation qui a transformé les anciens départements en régions et les anciens arrondissements en départements et créé des communes pour une meilleure gouvernance au plan local. Ainsi, le pays est subdivisé en 8 régions administratives. Les régions sont subdivisées en départements (au nombre de 36). On dénombre 265 communes dont 52 urbaines et 213 rurales. 1.1.2 Économie Le Niger est un pays sahélien à prédominance rurale et disposant de ressources naturelles limitées. Il est classé parmi les Pays les Moins Avancés (PMA) et éligible à l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Le phénomène de la pauvreté est apparu et s’est amplifié dans les années 90 avec une détérioration continue des conditions de vie des ménages. En 2005, l’activité économique, mesurée par le PIB réel, a enregistré un taux de croissance de 7 % après une baisse de 1 % en 2004 et une hausse de 3,3 % en 2003, pour un taux d’accroissement de la population de 3 %. La bonne tenue de l’activité en 2005 est en rapport avec la bonne campagne agricole 2005-2006. Sur la période allant de 1990 à 2005, l’activité économique a connu une croissance annuelle moyenne de l’ordre de 3 %. Ce résultat enregistré sur le plan macroéconomique au cours des dernières années n’a pas été suffisant pour créer les conditions d’un développement durable soutenu. En effet, les indicateurs de pauvreté calculés à partir des données de l’Enquête Nationale sur le Budget et la Consommation de 1989- 1990 en milieu urbain et 1992-1993 en milieu rural et l’Enquête QUIBB de 2005 sont restés pratiquement identique (63 % contre 62 %). À cet égard, pour lutter contre ce phénomène de pauvreté, l’Etat du Niger, avec l’appui des partenaires au développement met en œuvre depuis 2002 une Stratégie de Réduction de la Pauvreté (SRP). La version révisée de cette stratégie est actuellement en cours d’élaboration. Elle mettra en exergue les performances et les lacunes observées durant ces quatre années. Cette révision consistera à prendre en compte certains indicateurs qui n’existaient pas dans le document initial de la SRP et d’en mettre à jour certains autres. 1.1.3 Population Le Niger a réalisé trois Recensements Généraux de la Population et de l’Habitat (RGPH de 1977, RGPH de 1988 et RGPH de 2001) et plusieurs enquêtes d’envergure nationale : Enquête sur le Budget et la Consommation de 1989-1990 en milieu urbain et celle de 1992-1993 en milieu rural, Enquête sur les Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 3 Migrations et l’Urbanisation au Niger en 1993, et deux Enquêtes Démographiques et de Santé (1992, 1998). Ces différentes investigations ont permis d’obtenir des indicateurs démographiques de base à différentes dates. Estimée à 7 256 626 habitants en 1988, la population est passée à 11 060 291 en 2001, puis à 12,9 millions en 20061. La densité moyenne était de 8,7 habitants au kilomètre carré en 2001. Cependant, cette population est inégalement répartie entre les 8 régions administratives du pays. La région la plus étendue, celle d’Agadez, occupe 53 % de la superficie du territoire national et abrite seulement 3 % de la population totale. La région la moins étendue, Niamey, abrite 39 % de la population urbaine. La croissance démographique demeure encore élevée (3,3 %). Le rythme d’accroissement rapide de la population est principalement dû à la forte fécondité (ISF de 7,5 en 1998) malgré une mortalité en baisse sensible mais toujours élevée. La population du Niger est extrêmement jeune : les moins de 15 ans représentaient 48 % en 2001. Le taux d’alphabétisation est fortement corrélé au degré d’urbanisation. C’est à Niamey que l’on observe le taux le plus élevé de personnes alphabétisées (57 %) contre une moyenne nationale de 29 % en 20052. Avec une proportion de 43 %, Agadez occupe la deuxième position. Dans les autres régions, en dehors de Zinder (29 %) les taux d’alphabétisation sont inférieurs à la moyenne nationale. La population du Niger est essentiellement musulmane (99 %). Les chrétiens représentent moins d’un pour cent (0,8 %) et l’animisme et les autres religions 0,2 % de la population. 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire Au lendemain des indépendances, la politique sanitaire du Niger était axée essentiellement sur la médecine curative individuelle. Les éléments essentiels de cette politique reposaient sur la gratuité des soins. Les perspectives décennales 1965-1974 préconisaient une médecine décentralisée intégrant l’aspect curatif et préventif. La politique du programme triennal 1974-1976 a mis l’accent sur une médecine de masse ; l’option fondamentale était une médecine globale et intégrée coordonnant les activités préventives, éducatives, curatives et promotionnelles pour toutes les communautés et visant l’autosuffisance sanitaire. Pour renforcer cette option fondamentale, le Niger a souscrit à plusieurs déclarations régionales et internationales dont la déclaration d’Alma Ata en 1978 ou la stratégie des soins de santé primaires (SSP). Afin d’accélérer l’application des stratégies des SSP, le Niger a aussi souscrit, depuis 1987 à l’Initiative de Bamako qui a pour but de redynamiser le système de santé en réorganisant son fonctionnement et en impliquant davantage les populations bénéficiaires dans sa gestion. En juillet 1995, l’État a adopté la Déclaration de Politique Sectorielle de Santé qui avait comme objectif l’amélioration de l’état sanitaire et nutritionnel des individus, des familles et des communautés. Elle impliquait le développement des activités prioritaires préventives et promotionnelles intégrées aux soins curatifs et aux actions intersectorielles coordonnées dans le cadre d’un processus gestionnaire. En dépit des efforts consentis, au cours de la mise en œuvre de ces différentes politiques, les indicateurs sanitaires sont demeurés préoccupants. 1 Projections de la population du Niger de 2005 à 2050, un appel à l’action 2 Enquête QUIBB 2005 4 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête Afin d’accélérer la mise en oeuvre de la stratégie des soins de santé primaires et l’objectif universel de la santé pour tous au 21e siècle, le gouvernement a adopté la Déclaration de Politique Sanitaire en mai 2002. Le plan de Développement Sanitaire (PDS) 2005-2009 adopté en Conseil des Ministres en date du 18 février 2005 a comme objectif général de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle et infantile en améliorant l’efficience et la qualité du système de santé à partir des potentialités actuelles. Les objectifs spécifiques assignés à ce plan sont : x Augmenter l’accessibilité des populations à des soins de qualité à tous les niveaux ; x Développer les activités de santé de la reproduction ; x Renforcer le processus de décentralisation dans le secteur de la santé ; x Accroître la participation de la communauté aux politiques locales de santé ; x Renforcer les capacités de gestion et les compétences institutionnelles du MSP/LCE ; x Pallier l’insuffisance de personnel ; x Accroître l’efficacité et l’efficience de la gestion des infrastructures et des ressources matérielles mise à la disposition des services de santé ; x Accroître la disponibilité des médicaments essentiels et consommables de qualité dans les formations sanitaires L’OMS recommande d’allouer 10 % du budget national pour subvenir aux besoins essentiels de santé de la population. Les Chefs d’Etat et de Gouvernements Africains sont encore beaucoup plus ambitieux parce qu’ils se sont engagés à porter le budget de la santé de leurs pays respectifs à 15 % du budget lors de la réunion sur le Sida, le paludisme et la tuberculose qui s’est tenue à Abuja (Nigeria) en 2001. En dépit de la démographie galopante entraînant l’accroissement vertigineux des besoins en santé et nonobstant la priorité accordée au secteur et les déclarations successives de bonnes intentions, le budget de la santé ne suit pas l’évolution du budget national. Le budget de santé n’a jamais atteint la barre de 10 % du budget national de l’indépendance à nos jours, y compris pendant les années fastes du boom de l’uranium. Au contraire, des baisses se sont opérées au moment des différents plans d’ajustements structurels qui ont entraîné la contraction des ressources de l’État. L’État demeure le principal garant des dépenses nationales de santé (40 %). Les autres efforts de financement proviennent des ménages (28 %) et des partenaires techniques et financiers (27 %). Le secteur privé, bien qu’en plein essor, contribue à hauteur de 4 %. Quant à la participation des ONG nationales, elle est encore très faible (0,2 %). Enfin la Caisse Nationale de Sécurité Sociale concourt également à un niveau encore très réduit (0,2 %). La mortalité infantile et infanto juvénile ainsi que la mortalité maternelle sont encore à un niveau très élevé. Les principales pathologies pour lesquelles les malades consultent et qui constituent les trois principales causes de morbidité en 2002, restent, comme en 1994, le paludisme, les affections respiratoires (toux, rhume et pneumonie) et les maladies diarrhéiques. Toujours en 2002, les cinq principales causes de mortalité restent aussi par ordre : le paludisme, la pneumonie, la méningite, les maladies diarrhéiques, la rougeole. Au Niger, la malnutrition demeure un problème de santé publique et celle-ci fluctue traditionnellement avec la période de soudure. Certes, cette situation est aussi liée aux déficits alimentaires chroniques dans plusieurs zones vulnérables mais également aux conséquences des maladies infectieuses et parasitaires (paludisme, rougeole, diarrhées, infection respiratoires aiguës…) fréquentes chez l’enfant, dans un Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 5 contexte de système de soins déficient, et à une méconnaissance globale et culturelle des besoins nutritionnels du jeune enfant. La couverture vaccinale est en deçà des niveaux permettant d’obtenir un impact épidémiologique. Néanmoins, la mise en œuvre du plan de renforcement du PEV 2002-2006, a permis d’améliorer les performances vaccinales. 1.2 OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE L'Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDSN-MICS) de 2006 est la troisième du genre réalisée au Niger après celles de 1992 et 1998. Elle a été réalisée par l’Institut National de la Statistique (INS) avec l'assistance technique de Macro International, société américaine en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (DHS), et avec la collaboration du Centre de Recherche Médicale et Sanitaire (CERMES) pour le test du VIH . Elle a été exécutée grâce à l'appui financier du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), de l'Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) par le biais du Programme Bonne Gouvernance et Croissance Mieux Répartie, de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et par la Banque Mondiale par l’intermédiaire de la Coordination Intersectorielle de Lutte Contre les IST/VIH/SIDA (CISLS). Pour la mise en œuvre de l’enquête, le Ministère de l’Économie et des Finances a mis en place un comité de pilotage chargé de suivre et d’appuyer l’équipe technique de l’EDSN-MICS III. 1.2.1 Objectifs L'Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDSN-MICS III) 2006 a pour objectif d’estimer de nombreux indicateurs socio-économiques, démographiques et sanitaires au niveau de l’ensemble de la population et au niveau des sous-populations des femmes de 15 à 49 ans, des enfants de moins de 5 ans et des hommes de 15 à 59 ans. En particulier, l’EDSN-MICS III vise à identifier et/ou à estimer : Pour l’ensemble de la population : x les niveaux de scolarisation ; x les niveaux d’utilisation du sel iodé ; x certains indicateurs de bien-être des ménages. Pour les femmes de 15-49 ans et les enfants de moins de cinq ans : x divers indicateurs démographiques, en particulier les taux de fécondité, de mortalité des enfants et de mortalité maternelle ; x les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et les tendances de la fécondité, tels que les comportements matrimoniaux, les comportements sexuels et l’utilisation de la contraception ; x les catégories des femmes susceptibles d’avoir plus ou moins d'enfants et susceptibles d’utiliser une méthode contraceptive; 6 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête x les taux de connaissance et de pratique contraceptive par méthode, selon diverses caractéristiques sociodémographiques ; x les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et tendances de la mortalité ; x différentes composantes de la santé de la reproduction et de la santé des enfants : visites prénatales et postnatales, conditions d’accouchement, allaitement, vaccination, prévalence et traitement de la diarrhée et d'autres maladies chez les enfants de moins de cinq ans ; x l'état nutritionnel des femmes et des enfants de moins de cinq ans au moyen des mesures anthropométriques (poids et taille) ; x la prévalence de l’anémie des femmes et des enfants de moins de cinq ans au moyen d’un test sanguin ; x le niveau de connaissance, les opinions et attitudes vis-à-vis des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/sida ; x le niveau de prévalence du VIH ; Pour les hommes de 15-59 ans : x les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et tendances de la fécondité, tels que les comportements matrimoniaux, les comportements sexuels et l’utilisation de la contraception ; x les catégories d’hommes susceptibles d’avoir plus ou moins d'enfants et susceptibles d’utiliser la contraception ; x le niveau de connaissance, les opinions et attitudes vis-à-vis des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/SIDA ; x la prévalence de l’anémie au moyen d’un test sanguin ; x le niveau de prévalence du VIH. L'ensemble des informations collectées constitue une base de données qui facilitera la mise en place et le suivi de politiques et de programmes dans le domaine de la population et de la santé et, plus globalement, de politiques visant à l’amélioration des conditions de vie de la population nigérienne. Par ailleurs, les données ayant été collectées selon une méthodologie similaire à celle utilisée dans de nombreux autres pays ayant participé au programme DHS, celles-ci font partie, de ce fait, d'une base de données utilisable et comparable au niveau international. 1.2.2 Questionnaires Les questionnaires préparés par le projet DHS sont les instruments de base de l'EDSN-MICS III. Trois questionnaires ont été développés dans le cadre de cette enquête : x un Questionnaire Ménage ; x un Questionnaire Individuel pour les femmes de 15-49 ans ; x un Questionnaire Individuel pour les hommes de 15-59 ans. Les premiers changements ont été déjà apportés aux questionnaires de base à la lumière des expériences passées en matière d’enquête au Niger et des premiers besoins en informations exprimés par les partenaires. Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 7 En plus des sections habituelles, les questionnaires ont comporté aussi les modules suivants : x un module sur le paludisme (questionnaires ménage et femme) ; x un module sur l’excision ; x un module sur le VIH/sida de façon à obtenir les informations nécessaires au calcul des indicateurs de suivi et d’évaluation adaptés aux besoins du CNLS conformément aux recommandations de l’ONUSIDA (questionnaires femme et homme) ; x un module sur la mortalité maternelle ; x enfin un module sur la fistule. Les contenus spécifiques des questionnaires principaux de l’enquête sont les suivants : Le questionnaire Ménage La page de couverture contient les informations relatives à l’identification du ménage, aux résultats de l’interview qui permettent de calculer le taux de couverture de l’enquête et aux contrôles de terrain et de bureau. Ce questionnaire a permis de collecter des informations sur les membres habituels du ménage et les visiteurs qui y ont passé la nuit ayant précédé l’interview. Les informations recueillies portent sur le sexe, l’âge, le niveau d’instruction, la survie des parents, la déclaration des enfants à l’état civil et le travail des enfants. Par ailleurs, d’autres informations portant sur les caractéristiques du logement (approvision- nement en eau, type de toilettes, matériau de construction, disponibilité de l’électricité, possession de biens durables, etc.), la possession, l’utilisation et le traitement des moustiquaires, ainsi que l’utilisation du sel iodé dans la préparation des repas, ont été également collectées. Ces informations sont recueillies afin d'évaluer les conditions environnementales et socio-économiques dans lesquelles vivent les personnes enquêtées. En outre, le questionnaire ménage a permis d’identifier les hommes et les femmes éligibles pour l’interview individuelle. De plus, dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête auprès des hommes (soit un ménage sur deux), le questionnaire ménage a permis de recueillir les résultats des mesures anthropométriques de toutes les femmes de 15-49 ans et de tous les enfants de moins de 5 ans des ménages enquêtés de façon à déterminer leur état nutritionnel (émaciation, insuffisance pondérale et retard de croissance pour les enfants, et Indice de Masse Corporelle pour les femmes). Le questionnaire ménage a, enfin, servi à enregistrer certaines informations sur les tests du VIH et de l’anémie qui ont été inclus dans l’enquête. Les tests ont été effectués dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête auprès des hommes. À partir d’un prélèvement sanguin, on a mesuré par un test direct, le niveau d’hémoglobine de toutes les femmes de 15-49 ans, de tous les hommes de 15- 59 ans et de tous les enfants de moins de 5 ans. Ce même prélèvement a servi pour le test du VIH/sida sur toutes les femmes de 15-49 ans et tous les hommes de 15-59 ans. Il est important de noter que les tests du VIH/sida et de l’hémoglobine n’ont été effectués que sur les enquêtés qui acceptaient de s’y soumettre volontairement, après lecture d’un consentement éclairé. Pour les mineurs de moins de 18 ans, le consentement a été demandé aux parents ou personnes en charge des mineurs, avant de demander le consentement personnel du mineur. 8 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête Le questionnaire Individuel Femme Il constitue l’élément central de l’EDSN-MICS III. Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire ménage sur laquelle sont enregistrées les informations d’identification du ménage, le résultat de l’interview qui permet de calculer le taux de couverture de l’enquête et les contrôles de terrain et de bureau ainsi que dix sections qui servent à recueillir des informations sur les thèmes suivants : x Caractéristiques sociodémographiques : cette section a porté sur le lieu de résidence, l’âge et la date de naissance, la scolarisation, l’alphabétisation, la nationalité, la religion, l’ethnie et l’exposition aux médias. x Reproduction : cette deuxième section a permis de collecter des informations sur les naissances vivantes que la femme a eues durant sa vie, ainsi que sur leur état de survie au moment de l’enquête, sur l’état de grossesse au moment de l’enquête, et sur la connaissance de la période féconde dans le cycle menstruel. x Connaissance et utilisation de la contraception : cette section a servi à recueillir des informations sur la connaissance et l’utilisation antérieure et actuelle des différentes méthodes contraceptives, ainsi que sur la source d’approvisionnement. Elle a porté également sur le lieu et la date de la stérilisation féminine, ainsi que sur les raisons de la non utilisation d’une méthode. De plus, quelques questions sur la connaissance et l’utilisation de l’allaitement comme moyen de retarder une grossesse ont été posées aux femmes. x Grossesse et allaitement, vaccination et santé des enfants : cette section a porté sur les naissances des cinq années ayant précédé l’enquête. Elle est composée de deux parties. La première permet d’obtenir des informations sur la période de la grossesse, les soins prénatals incluant la vaccination antitétanique, le lieu d’accouchement et la qualification de la personne ayant assisté la femme, les soins postnatals, le retour des règles et la reprise des rapports sexuels après la naissance de l’enfant. Concernant l’allaitement, les questions ont porté sur sa fréquence et sa durée, sur le type d’allaitement (maternel ou artificiel), ainsi que sur l’utilisation des différents compléments nutritionnels. La deuxième partie porte sur les vaccinations incluses dans le Programme Élargi de Vaccinations (PEV) et la santé des enfants de moins de cinq ans, plus particulièrement sur la prévalence et le traitement de la fièvre, de la toux et de la diarrhée. x Mariage et activité sexuelle : cette section a porté sur l’état matrimonial de la femme, la cohabitation avec le conjoint, le type de mariage (monogamie ou polygamie), l’âge au premier mariage et l’âge aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l’activité sexuelle. x Préférences en matière de fécondité : cette section a recueilli des informations sur le désir d’enfants supplémentaires, l’intervalle souhaité entre les naissances et l’opinion concernant la taille de la famille. x Caractéristiques du conjoint et travail de la femme : les questions qui ont été posées ont permis de connaître les caractéristiques socioprofessionnelles du conjoint des femmes en union et l’activité professionnelle de celles-ci. x IST et sida : cette section a permis d’obtenir des informations sur la connaissance et la prévalence des infections sexuellement transmissibles, sur les modes de transmission et les moyens de prévention du sida. Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 9 x Excision : Des informations ont été collectées sur la fréquence de la pratique de l’excision parmi les femmes enquêtées et leur fille aînée, ainsi que sur l’attitude vis-à-vis de cette pratique. x Mortalité maternelle : dans cette section, des informations ont été enregistrées sur l’âge et l’état de survie des frères et sœurs de l’enquêtée. Pour les sœurs décédées à l’âge de 12 ans ou plus, des questions supplémentaires qui permettent de déterminer si le décès était en rapport avec la maternité ont été collectées. Des questions supplémentaires sur le nombre d’enfants de la sœur (décédée ou non) ainsi que sur leur état de survie ont aussi été posées ; x Fistule : des informations ont été collectées sur la connaissance de la maladie. Le questionnaire Individuel Homme Le questionnaire Homme, administré aux hommes de 15-59 ans, est une forme allégée du questionnaire individuel femme. Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire femme et sept sections servant à recueillir des informations sur les thèmes suivants : x Caractéristiques sociodémographiques ; x Fécondité ; x Contraception ; x Mariage et activité sexuelle ; x Préférences en matière de fécondité ; x VIH/sida et autres infections sexuellement transmissibles ; x Connaissance et opinions sur l’excision. Les questionnaires définitifs ont été traduits dans les deux principales langues nationales (Haoussa et Zarma). Ces questionnaires traduits ont été utilisés pendant la formation théorique et pratique et sur le terrain. 1.2.3 Les manuels et autres documents techniques En plus des questionnaires, d’autres documents techniques ont été élaborés. Il s’agit en particulier : x du manuel des enquêteurs/enquêtrices ; x du manuel des chefs d’équipe/contrôleuses ; x des fiches d’affectation des enquêteurs/contrôleuses ; x du manuel pour l’anthropométrie ; x du manuel de cartographie et de dénombrement des ménages ; x du manuel du test d’anémie et du test du VIH/sida ; x des fiches de contrôle et de gestion pour le test du VIH/sida. 10 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête 1.2.4 Échantillonnage Pour atteindre les objectifs assignés à cette enquête, un échantillon national stratifié de 345 grappes a été tiré. Parmi ces grappes, 342 ont pu être cartographiées et enquêtés au cours de l’EDSN- MICS III, les trois autres ont été abandonnées pour cause d’insécurité. La procédure d’échantillonnage retenue pour l’EDSN-MICS III est un tirage aréolaire stratifié à deux degrés. L’unité primaire de sondage, appelée aussi grappe, est la zone de dénombrement (ZD). La partie urbaine et la partie rurale de chaque région correspondent chacune à une strate d’échantillonnage. Au total, 15 strates ont été définies : les 7 régions décomposées en urbain/rural et la ville de Niamey. L'échantillon au premier degré a été tiré indépendamment dans chaque strate et l’échantillon au second degré l’a été indépendamment dans chaque unité primaire tirée au premier degré. Le plan de sondage détaillé est présenté en annexe A. Au premier degré, 345 grappes ont été tirées à partir de la liste des zones de dénombrements (ZD) établie à partir du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGP/H) de 2001. Parmi celles- ci, 342 grappes ont fait l’objet d’une cartographie et d’un dénombrement exhaustif des ménages, les trois (3) autres ont été abandonnées pour cause d’insécurité. Au deuxième degré, des ménages ont été tirés à partir des listes établies lors de l'opération de dénombrement. Les mesures du poids et de la taille ont été prises pour toutes les femmes de 15-49 ans et sur tous les enfants âgés de moins de cinq ans dans la moitié de l’échantillon des ménages. Dans le même sous-échantillon, au niveau d’un ménage sur deux, toutes les femmes de 15-49 ans et tous les hommes de 15-59 ans ont été testés pour estimer la prévalence de l’anémie et la prévalence du VIH. Tous les enfants de moins de cinq ans du même sous-échantillon ont été testés pour la mesure de la prévalence de l’anémie. Toutes les femmes âgées de 15-49 ans (résidentes habituelles ou visiteuses) qui se trouvaient dans les ménages ont été enquêtées individuellement. Enfin, dans un sous échantillon d’un ménage sur deux, tous les hommes de 15-59 ans (résidents habituels ou visiteurs) ont été enquêtés. Les principaux domaines d'étude retenus sont : les 7 régions (Agadez, Diffa, Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéri et Zinder) et la Communauté Urbaine de Niamey. Compte tenu de la taille variable de chaque strate, constituant chacune un domaine d'études, différents taux de sondage ont été appliqués initialement à chaque strate. Finalement les résultats ont été pondérés au niveau de chaque grappe. Au total, 8 418 ménages ont été sélectionnés et, parmi eux, 7 824 ménages ont été identifiés. Parmi ces 7 824 ménages, 7 660 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 98 % (tableau 1.1). Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 11 Tableau 1.1 Résultats de l’enquête ménage et de l’enquête individuelle Nombre de ménages, nombre d’interviews et taux de réponse, selon le milieu de résidence, EDSN- MICS III 2006 Milieu de résidence Résultat Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble FEMMES Enquête Ménages Ménages sélectionnés 968 1 540 2 508 5 910 8 418 Ménages identifiés 922 1 466 2 388 5 436 7 824 Ménages enquêtés 913 1 449 2 362 5 298 7 660 Taux de réponse des ménages 99,0 98,8 98,9 97,5 97,9 Enquête Individuelle Femme Effectif de femmes éligibles 1 418 2 011 3 429 6 217 9 646 Effectif de femmes éligibles enquêtées 1 329 1 920 3 249 5 974 9 223 Taux de réponse des femmes éligibles 93,7 95,5 94,8 96,1 95,6 HOMMES Enquête Ménages Ménages sélectionnés 484 770 1 254 2 956 4 210 Ménages identifiés 458 733 1 191 2 702 3 893 Ménages enquêtés 455 725 1 180 2 635 3 815 Taux de réponse des ménages 99,3 98,9 99,1 97,5 98,0 Enquête Individuelle Homme Effectif d'hommes éligibles 753 909 1 662 2 177 3 839 Effectif d'hommes éligibles enquêtés 681 827 1 508 2 041 3 549 Taux de réponse des hommes éligibles 90,4 91,0 90,7 93,8 92,4 1.2.5 Activités de l’EDSN-MICS III L’EDSN-MICS III s’est déroulée en trois étapes principales : le dénombrement des ménages des zones échantillonnées (mars-juin 2005), l’enquête pilote (Août 2005) et l’enquête principale (Janvier à mai 2006). Pour chacune de ces étapes, une formation a été dispensée aux personnes recrutées par l’Institut National de la Statistique. Cartographie et dénombrement Sur environ 150 dossiers d’agents cartographes, 30 ont été présélectionnés après un test d’évaluation, pour suivre une formation étalée sur la période du 28 février au 5 mars 2005. La formation en salle a consisté en des exposés théoriques sur la définition des concepts de base, sur la procédure et la méthodologie de cartographie ainsi que sur le remplissage des supports techniques (fiches de cartographie et de dénombrement, fiche de segmentation et d’enregistrement des coordonnées géographiques avec un GPS). Des exercices pratiques de terrain et des évaluations continues ont été organisés pour évaluer le 12 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête niveau de chaque agent. Sur la base des différentes évaluations organisées pendant la formation, 24 agents ont été définitivement retenus pour l’enquête. Sur le plan technique, 12 équipes de 3 personnes ont été formées et le territoire national a été subdivisé en 8 zones géographiques qui épousent les spécificités régionales, linguistiques et en général culturelles de la population et dans lesquelles les grappes sont à peu près également réparties à l’exception des zones de Maradi, Zinder et Tahoua. Les 12 équipes ont cartographié et dénombré ensemble les grappes de la zone de Niamey et ensuite chacune d’elles a été affectée dans les autres zones. Enquête pilote Le pré-test a été exécuté par quatre équipes de 2 enquêtrices et un enquêteur préalablement sélectionnés et formés pendant 28 jours dans la période du 5 juillet au 2 août 2005. La formation a été assurée par les agents de l’INS, deux nutritionnistes de la Division Nutrition au ministère de la Santé Publique et de la Lutte Contre les Endémies. Le pré-test a également bénéficié de l’appui technique de ORC Macro. La collecte des données pour le pré test s’est déroulée entre le 4 et le 9 août 2005 dans deux quartiers de Niamey et deux villages non loin de Niamey. À cette occasion, 100 ménages ont été visités. Le pré-test a été l’occasion de connaître la réaction des populations face à certaines questions et de prendre des mesures correctives, notamment en ce qui concerne la sensibilisation sur les objectifs de l’enquête et la formulation des questions. L’évaluation du pré-test a porté sur divers points : l’organisation, la logistique, la prise des mesures anthropométriques, la manière de poser les questions, (surtout dans les langues locales), la réaction des enquêtés, l’enregistrement des réponses et l’appréciation de la qualité des supports. Les questionnaires et les manuels d’instructions des enquêteurs ont été mis à jour à la lumière des leçons tirées de la pré-enquête. Recrutement et formation des personnels de terrain Sur un fichier d’environ 400 candidats ayant subi des tests de niveau, 140 personnes dont 50 hommes ont été retenus pour suivre la formation de l’enquête principale qui s’est déroulée entre le 21 novembre et le 23 décembre 2005 dans l’amphithéâtre de l’Association des Femmes du Niger (AFN). La formation a été assurée par l’équipe technique de l’enquête et des personnes ressources extérieures tel qu’un spécialiste en communication. Le spécialiste de Macro International a assuré la formation sur le volet sérologique tandis qu’un nutritionniste a formé les agents sur les techniques de mesures anthropométriques. Deux missions de Macro ont appuyé l’équipe locale dans la formation et le démarrage des travaux de terrain et de traitement des données. Tous les agents de terrain ont reçu une formation de plus de quatre semaines. Le programme comprenait l’étude des sujets liés à la santé familiale et reproductive (morbidité, soins prénatals, accouchement, vaccinations et maladies d’enfants), la nutrition et une description détaillée des méthodes contraceptives, ainsi que les techniques de l’interview. En outre, une partie des agents de terrain ont été formés pour réaliser le test d’anémie ainsi que les prélèvements de sang pour le test du VIH. Une formation spéciale a été organisée pour les personnes qui étaient responsables du test d’anémie et de celui du VIH. Cette formation a été organisée de façon à ce que les tests puissent être inclus aux exercices pratiques sur le terrain. Au cours de cette formation, on a insisté sur les procédures à employer pour obtenir des enquêtés leur consentement éclairé et volontaire, sur les techniques à utiliser Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 13 pour effectuer les prélèvements, sur l’utilisation de l’HemoCue (appareil de mesure du taux d’hémoglobine) pour l’anémie ; en outre, cette formation a porté sur les procédures pour référer les participants ayant besoin d’un suivi pour l’anémie et pour référer les personnes pour des conseils et un test du VIH gratuits auprès d’un Centre de Dépistage Volontaire (CDV) ainsi que sur les procédures pour manipuler et stocker les prélèvements sur papier filtre jusqu’à leur transport au laboratoire et les procédures pour éliminer les produits bio dangereux. Tout le personnel du bureau central de l’EDSN- MICS III et celui du Laboratoire qui ont été impliqués dans les activités de test du VIH, ainsi que le personnel de terrain, ont participé à cet aspect de la formation. Le personnel du laboratoire a été également formé sur la façon d’enregistrer les résultats des tests et sur la façon de restituer les résultats, une fois les activités d’enquête achevées. À l’issue de la formation, 120 personnes (60 enquêtrices, 20 enquêteurs, 20 contrôleuses et 20 chefs d’équipe) ont été définitivement retenues pour participer à l’enquête. Les superviseurs, chefs d’équipe et contrôleuses ont reçu par la suite une formation complémentaire de trois jours axée sur le contrôle technique, l’organisation et la logistique ainsi que le contact avec les autorités et les populations. Préparation de la collecte des données sur le terrain Organisation du personnel Vingt équipes ont été constituées pour le travail de terrain ; chaque équipe était composée de 2 enquêtrices chargées des enquêtes Femmes, une enquêtrice chargé des prélèvements de sang pour l’anémie et le VIH et l’anthropométrie, un enquêteur pour les enquêtes Hommes, une contrôleuse et un chef d’équipe. La contrôleuse était chargée de contrôler la qualité des données et d’appuyer le Chef d’équipe dans la gestion logistique et technique de l’équipe. Le chef d’équipe était responsable des performances de son équipe ; il gérait les ressources de l’équipe et prenait les contacts nécessaires auprès des autorités et des populations. Des équipes de supervision ont sillonné l’ensemble du pays pendant toute la durée de la collecte. Les superviseurs devaient faire face à toutes les questions (techniques, logistiques et administratives) des équipes. En particulier, ils passaient successivement avec chaque équipe le temps nécessaire pour s’assurer que le travail se déroulait dans les meilleures conditions. Sensibilisation et information Les méthodes traditionnelles d’information et de sensibilisation telles que des circulaires aux autorités régionales ont été mises en œuvre pour atteindre les autorités et les populations. Auparavant, les agents de terrain qui ont effectué le dénombrement des ménages et la cartographie avaient déjà profité de leur présence sur le terrain pour entamer cette activité. Des visites ont été effectuées avant le début de la collecte par les membres de l’encadrement pour prendre contact avec les autorités administratives. Des présentations de l’enquête ont été faites aux autorités régionales et départementales à l’occasion des ces visites. Une brève note de présentation de la méthodologie et des objectifs de l’enquête a été également distribuée. Les média ont également été mobilisés. Des spots publicitaires sont passés à la télévision et à la radio nationale dans les deux principales langues du pays (Haoussa et Zarma) et en français. Dans ce spot qui a duré un mois, les objectifs de l’enquête ont été mis en exergue, ce qui a permis une large sensibilisation de la population. Un dossier administratif, comprenant le message radio adressé aux Gouverneurs, Préfets et Maires envoyé par le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation à la demande de son homologue de l’Économie et des Finances, une carte professionnelle et un ordre de mission a été constitué pour chaque agent. 14 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête Collecte des données sur le terrain La collecte des données sur le terrain s’est effectuée entre le 2 janvier et le 15 mai 2006. Pour permettre aux équipes de bénéficier d’une supervision rapprochée des membres de l’encadrement pendant l’étape cruciale du démarrage de la collecte, il a été décidé de faire travailler toutes les équipes en même temps à Niamey. Cette approche a permis en outre d’alimenter plus facilement et plus rapidement les opératrices de saisie en questionnaires remplis. Conformément à la méthodologie de l’enquête, les prélèvements de sang pour les tests d’anémie et du VIH ont été effectués en même temps que les interviews auprès des ménages. Les résultats des tests d’anémie étaient immédiatement communiqués aux intéressés par les personnels d’enquête. Les échantillons de sang étaient récupérés à l’occasion des missions de supervision et transmis au Laboratoire CERMES. Après l’administration des questionnaires dans un ménage, des dépliants d’information sur l’anémie et la nutrition (fournis par Macro International) et sur la santé de l’enfant (BASICS-II) ont été distribués au ménage. Une première évaluation des travaux de terrain, doublée d’une séance de consolidation de la formation a eu lieu après trois semaines de travail dans la région de Niamey. Les équipes ont été par la suite affectées dans les différentes régions de l’intérieur du pays. Le personnel technique de l’enquête, y compris les personnels spécialisés (anémie/VIH et anthropométrie) suivait les équipes sur le terrain pour s’assurer du bon déroulement des travaux. En particulier, il observait la manière des enquêteurs de s’introduire dans les ménages, de présenter l’enquête, d’administrer les questionnaires y compris le consentement volontaire et éclairé et il vérifiait les questionnaires remplis. 1.2.6 Saisie et traitement des données La saisie et le traitement des données ont été effectués en utilisant le logiciel CS Pro (Census and Survey Processing System) développé par le programme MEASURE DHS de Macro et le Bureau of Census des États-Unis. Macro a envoyé un informaticien pour la formation et le démarrage des travaux de saisie en collaboration avec l’informaticien responsable du traitement des données de l’INS et son assistant. L’informaticien de Macro a également procédé à l’installation des programmes informatiques nécessaires pour la saisie des résultats et d’analyse des échantillons de sang au CERMES. La chaîne de traitement des informations sur les échantillons de sang a été testée avec succès. Trente agents ont été présélectionnés pour les travaux de saisie. Ces trente personnes ont été soumises à un test de sélection à l’issue duquel 20 ont été retenues. Elles ont subi une formation en même temps que les enquêteurs pour se familiariser avec les questionnaires de l’EDSN-MICS III. Les travaux de saisie proprement dits ont démarré le 12 janvier 2006, soit dix jours après le démarrage de l'enquête sur le terrain. Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 15 Dix agents de bureau étaient en outre chargés de la vérification des questionnaires venus du terrain avant de les transmettre à la saisie. Tous les questionnaires ont fait l'objet d'une double saisie pour éliminer du fichier le maximum d'erreurs de saisie. Par ailleurs, un programme de contrôle de qualité permettait de détecter pour chaque équipe et même, dans certains cas, pour chaque enquêtrice/enquêteur, certaines des principales erreurs de collecte. Ces informations étaient immédiatement répercutées aux équipes de terrain lors des missions de supervision, afin d'améliorer la qualité des données. À la suite de la saisie, les données ont été éditées en vue de vérifier la cohérence interne des réponses. Une équipe de six personnes ont assuré cette activité. La vérification finale a été réalisée par une équipe d’informaticiens de Macro en collaboration avec l’équipe technique de l’enquête. Caractéristiques des Ménages | 17 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES 2 Sani OUMAROU et Abdoullahi BEIDOU Ce chapitre porte sur les caractéristiques sociodémographiques de la population des ménages (structure par âge et sexe, taux de fréquentation scolaire, niveau d’instruction scolaire) et sur les caractéristiques des logements ainsi que sur les biens durables possédés par les ménages. L’objectif de ce chapitre est de présenter un profil des ménages et certaines caractéristiques de l’environnement socioéconomique immédiat des hommes, des femmes et des enfants ciblés par l’enquête. Une telle description est essentielle dans la mesure où ces caractéristiques socioéconomiques et environnementales sont des déterminants de l’état de santé de la population. 2.1 STRUCTURE PAR ÂGE ET PAR SEXE DE LA POPULATION Dans les 7 660 ménages enquêtés avec succès (taux de réponse de 98 %), 45 572 personnes résidentes de fait ont été dénombrées, c’est-à-dire que ces personnes ont passé la nuit ayant précédé l’enquête dans le ménage sélectionné, même si celui-ci n’est pas leur résidence habituelle. En premier lieu, on peut constater au tableau 2.1 un déséquilibre de la structure par sexe. En effet, le rapport de masculinité qui est de 90 hommes pour 100 femmes indique une sous représentation des hommes par rapport aux femmes. Ce rapport de masculinité qui était de 93 hommes pour 100 femmes à l’EDSN-I de 1992 est passé à 92 à l’EDSN-II de 1998 et à 90 à l’enquête actuelle. Cette sous-représentation des hommes par rapport aux femmes est sans nul doute la résultante de phénomènes migratoires qui touche essentiellement les hommes. Tableau 2.1 Population des ménages par âge, sexe et milieu de résidence Répartition (en %) de la population (de fait) des ménages par groupe d'âges quinquennal, selon le milieu de résidence et le sexe, EDSN-MICS III 2006 Milieu de résidence Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural EnsembleGroupe d'âges Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total <5 16,4 16,4 16,4 17,8 18,4 18,1 17,2 17,6 17,4 22,9 19,1 20,9 21,8 18,8 20,3 5-9 12,9 13,2 13,0 18,4 16,1 17,3 16,2 14,9 15,5 21,6 19,0 20,2 20,5 18,3 19,4 10-14 12,1 13,4 12,8 17,0 14,9 15,9 15,0 14,3 14,7 15,7 13,4 14,5 15,6 13,5 14,5 15-19 11,1 10,7 10,9 10,5 9,5 10,0 10,7 10,0 10,4 6,1 6,6 6,4 7,0 7,2 7,1 20-24 10,5 10,9 10,7 7,4 7,4 7,4 8,7 8,8 8,7 4,0 6,6 5,3 4,8 6,9 5,9 25-29 8,6 8,8 8,7 5,1 6,9 6,0 6,5 7,7 7,1 3,8 7,4 5,7 4,3 7,5 6,0 30-34 5,4 6,0 5,7 4,1 4,8 4,4 4,6 5,3 5,0 3,7 5,7 4,8 3,9 5,6 4,8 35-39 4,8 4,9 4,9 3,5 4,9 4,2 4,0 4,9 4,5 3,7 4,8 4,3 3,8 4,8 4,3 40-44 5,1 4,3 4,7 3,4 3,8 3,6 4,1 4,0 4,0 3,2 3,7 3,5 3,4 3,7 3,6 45-49 3,8 3,7 3,8 3,1 3,2 3,2 3,4 3,4 3,4 3,0 2,6 2,8 3,0 2,8 2,9 50-54 3,2 3,0 3,1 2,5 2,9 2,7 2,8 3,0 2,9 2,4 3,9 3,2 2,5 3,7 3,1 55-59 1,7 1,7 1,7 1,5 2,5 2,0 1,6 2,1 1,9 2,0 2,7 2,4 1,9 2,6 2,3 60-64 1,9 1,3 1,6 2,3 1,7 2,0 2,1 1,5 1,8 2,6 2,0 2,3 2,5 1,9 2,2 65-69 0,9 0,6 0,7 1,5 0,9 1,2 1,3 0,8 1,0 2,0 0,9 1,4 1,9 0,9 1,4 70-74 0,6 0,4 0,5 1,0 1,0 1,0 0,9 0,7 0,8 1,9 0,7 1,3 1,7 0,7 1,2 75-79 0,4 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,4 0,3 0,3 0,7 0,3 0,5 0,6 0,3 0,5 80 + 0,4 0,3 0,3 0,6 0,8 0,7 0,5 0,6 0,5 0,8 0,4 0,6 0,7 0,5 0,6 NSP/ND 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 662 1 673 3 335 2 414 2 474 4 888 4 076 4 147 8 223 17 533 19 816 37 348 21 609 23 962 45 572 Note : Le total inclut les personnes dont le sexe n’a pas été déterminé 18 | Caractéristiques des Ménages En effet, on remarque que le déficit d’hommes est plus prononcé en milieu rural qu’en milieu urbain : rapport de masculinité de 88 hommes pour 100 femmes en rural contre 98 en urbain. Cette situation est surtout induite par un exode rural accru, suite aux cycles de sécheresse qu’a connu le pays au cours des dernières décennies et du fait probablement de la crise alimentaire que le pays a subi en 2005. À l’EDSN-II de 1998, ce rapport de masculinité était de 91 hommes pour 100 femmes pour le milieu rural contre 95 en urbain. En outre, l’examen de la structure par âge (tableau 2.2) révèle que la population nigérienne est jeune : 54 % ont moins de 15 ans et seulement 4 % ont plus de 65 ans. Cette extrême jeunesse de la population, concorde globalement avec les résultats observés lors des EDS précédentes et au cours de différentes enquêtes réalisées ces dix dernières années. L’allure de la pyramide des âges (graphique 2.1) qui présente une base élargie qui se rétrécit rapidement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés rend compte de la jeunesse de cette population. Cette forme de la pyramide des âges est également caractéristique des populations à forte fécondité et à mortalité élevée. On assiste de plus en plus à un rajeunissement de la population qui se traduit par une augmentation progressive du poids des moins de 15 ans, au cours des quinze dernières années comme le montre l’âge médian de la population qui est passé de 15,1 ans à l’EDSN 1992 à 13,2 ans à l’EDSN- MICS III 2006. Tableau 2.2 Population (de droit) par âge selon différentes sources Répartition (en %) de la population (de droit) des ménages par grands groupes d'âges, d’après l’EDSN I (1992), l’EDSN II (1998) et l’EDSN-MICS III (2006) Groupes d'âges EDSN I 1992 EDSN II 1998 EDSN-MICS III 2006 <15 ans 49,6 50,6 54,1 15-64 ans 46,6 45,9 42,3 65 ans ou plus 3,7 3,4 3,6 NSP/ND 0,2 0,1 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 Âge médian 15,1 14,6 13,2 Effectif 31 627 34 109 45 572 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population EDSN-MICS III 2006 80 + 75-79 70-74 65-69 60-64 55-59 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24 15-19 10-14 5-9 0-4 Âge 0246810 0 2 4 6 8 10 Hommes Femmes Pourcentage Caractéristiques des Ménages | 19 Par ailleurs, la structure par âge présente certaines irrégularités au niveau de chaque sexe. Mis à part le déficit d’hommes souligné précédemment, on observe, chez les femmes et les hommes, mais de manière plus nette chez les femmes, une sous estimation des effectifs au groupe d’âges 15-19 ans. Il s’agit certainement, en partie, d’un transfert des effectifs de ce groupe d’âges vers celui de 10-14 ans bien que l’on ne constate pas une surestimation importante des effectifs à ce groupe d’âges. De même, on constate pour les mêmes raisons, un gonflement des effectifs à 50-54 ans, au détriment du groupe d’âge 45-49 ans dû également à un transfert d’effectifs du groupe 45-49 ans vers le groupe 50-54 ans, âges auxquels les femmes ne sont plus éligibles pour l’enquête. 2.2 TAILLE ET COMPOSITION DES MÉNAGES 2.2.1 Sexe du chef de ménage Les résultats du tableau 2.3 révèlent que dans l’ensemble, au Niger, l’essentiel des ménages sont dirigés par des hommes. En effet, 82 % des ménages ont, à leur tête, un homme. Néanmoins, dans près d’un ménage sur cinq (19 %), le chef de ménage est une femme. C’est à Niamey que cette proportion est la plus faible (14 %) et dans les Autres Villes qu’elle est la plus élevée (19 %). On note qu’au cours de la période 1992-2006 la proportion de ménages dirigés par une femme a légèrement augmenté, passant, entre 1992 et 1998, de 9% à 13 % et entre 1998 et 2006 de 13 % à 19 %. Selon le milieu de résidence, on note, en milieu urbain comme en milieu rural, une augmentation de cette proportion. En milieu urbain, la proportion est passée de 15 % en 1998 à 19 % en 2006. En milieu rural, l’augmentation est de 6 points de pourcentage. En effet, la proportion est passée de 8% en 1992 à 13% en 1998 et à 19% en 2006. En milieu urbain, cette augmentation pourrait être le résultat de l’augmentation de la proportion de femmes vivant seules avec leurs enfants, suite à un divorce ou à un veuvage, et, en milieu rural elle s’expliquerait, en grande partie, par le phénomène d’émigration, explication cohérente avec le rapport de masculinité qui est de 89 hommes pour 100 femmes en milieu rural. Toutefois, il ne faut pas oublier que cette constatation peut être fortement influencée par la définition du ménage qui se réfère au statut de résidence. Par exemple, un homme polygame est recensé comme étant chef de ménage seulement chez sa première épouse, alors que les autres épouses sont considérées comme chef de ménage dans le cas de résidence séparées, même si le mari dort chez elle de façon tournante. En outre, dans le cas des colocataires, le chef de ménage est celui qui est reconnu comme tel sans considération de relation de dépendance. 2.2.2 Taille des ménages En outre, le tableau 2.3 présente la taille moyenne des ménages. On constate que les ménages nigériens sont de grande taille : un ménage compte, en moyenne, 6,1 personnes. À l’EDSN-II de 1998, cette moyenne était de 5,9 personnes. La dispersion autour de la moyenne est assez importante puisque 36 % des ménages compte 7 personnes ou plus. La taille des ménages urbains est légèrement plus élevée que celle des ménages du milieu rural : 6,4 contre 6,0 personnes en moyenne. Entre 1998 et 2006, on note une très légère augmentation de la taille moyenne des ménages, tant en milieu urbain (6,2 contre 6,4) qu’en milieu rural (5,8 contre 6,0). Il convient de noter que les ménages de taille supérieure ou égale à 9 personnes sont plus fréquents en milieu urbain qu’en milieu rural (23 % contre 18 %). 20 | Caractéristiques des Ménages Tableau 2.3 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef du ménage et taille du ménage, selon le milieu de résidence, EDSN-MICS III 2006 Milieu de résidence Caractéristique Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble Sexe du chef de ménage Masculin 86,5 81,0 83,2 81,2 81,5 Féminin 13,5 19,0 16,8 18,8 18,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif des résidents habituels 0 0,0 0,2 0,1 0,1 0,1 1 7,6 5,9 6,6 3,1 3,7 2 6,6 7,8 7,3 7,4 7,4 3 12,1 10,6 11,2 11,7 11,6 4 11,7 10,3 10,9 14,7 14,0 5 11,9 13,5 12,9 15,0 14,6 6 12,0 11,2 11,5 12,2 12,1 7 8,8 10,8 10,0 10,1 10,1 8 6,3 7,3 6,9 7,3 7,2 9+ 22,8 22,3 22,5 18,4 19,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 526 774 1 300 6 360 7 660 Taille moyenne 6,4 6,4 6,4 6,0 6,1 Note: Tableau basé sur la population de droit, c’est-à-dire les résidents habituels. 2.3 NIVEAU D’INSTRUCTION ET FRÉQUENTATION SCOLAIRE Au cours de l’enquête ménage, des informations relatives au niveau d’instruction atteint et à la dernière classe achevée à ce niveau ont été collectées pour toutes les personnes âgées de 6 ans et plus recensées dans le ménage. L’instruction de la population et surtout celle des femmes est un déterminant important des conditions de vie des ménages, du comportement procréateur, du recours à la contraception moderne, du comportement en matière de santé, de la scolarisation des autres membres du ménage, ainsi que des habitudes en matière d’hygiène et de nutrition. À cet égard, malgré les efforts importants consentis par le gouvernement en matière d’éducation, on constate que le niveau d’instruction de la population de 6 ans et plus demeure encore faible, surtout chez les femmes. En effet, dans l’ensemble, huit femmes sur dix (80 %) et un peu plus de deux hommes sur trois (68 %) n’ont toujours aucune instruction (tableaux 2.4.1 et 2.4.2). On note également que quel que soit le niveau atteint, les hommes sont plus scolarisés que les femmes. Par ailleurs, les proportions d’hommes et de femmes ayant terminé un cycle est très faible : seulement 2 % des hommes et 1 % des femmes ont achevé le niveau primaire alors que 23 % des hommes et 15 % des femmes n’ont pas achevé ce cycle. Seulement 1 % des hommes et 0,3 % des femmes ont déclaré avoir achevé le cycle secondaire ou atteint le niveau supérieur alors que la proportion de ceux qui ont déclaré n’avoir pas terminé le cycle secondaire est de 5 % chez les hommes et 3 % chez les femmes. Caractéristiques des Ménages | 21 Tableau 2.4.1 Niveau d'instruction de la population des femmes Répartition (en %) de la population (de fait) des femmes des ménages, âgées de six ans et plus par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Caractéristique Aucune instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Total Effectif Groupes d’âges 6-9 74,8 23,9 0,1 0,0 0,0 0,0 100,0 3 552 10-14 64,7 30,5 2,0 2,2 0,0 0,0 100,0 3 242 15-19 75,2 12,7 1,6 10,4 0,0 0,0 100,0 1 729 20-24 79,9 11,3 1,3 6,2 0,3 0,1 100,0 1 663 25-29 83,6 9,4 1,3 4,1 0,3 0,5 100,0 1 789 30-34 83,2 10,4 1,1 3,9 0,4 0,5 100,0 1 354 35-39 87,0 7,5 0,7 3,7 0,2 0,3 100,0 1 156 40-44 90,2 5,4 0,8 2,2 0,4 0,5 100,0 897 45-49 91,7 5,5 0,8 0,8 0,3 0,6 100,0 662 50-54 96,1 1,0 0,7 0,8 0,2 0,1 100,0 889 55-59 95,8 1,6 0,4 0,2 0,0 0,2 100,0 631 60-64 98,0 0,7 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 464 65+ 98,4 0,3 0,0 0,1 0,0 0,0 100,0 575 Milieu de résidence Niamey 43,1 31,8 3,5 17,3 1,2 2,2 100,0 1 350 Autres Villes 56,7 27,9 2,6 11,6 0,3 0,1 100,0 1 937 Ensemble urbain 51,1 29,5 3,0 14,0 0,7 1,0 100,0 3 287 Rural 86,4 11,6 0,6 0,6 0,0 0,0 100,0 15 325 Région Niamey 43,1 31,8 3,5 17,3 1,2 2,2 100,0 1 350 Agadez 64,4 23,8 1,9 9,1 0,1 0,1 100,0 474 Diffa 82,2 13,5 1,1 2,3 0,1 0,0 100,0 463 Dosso 77,8 18,0 1,2 2,2 0,0 0,0 100,0 2 651 Maradi 85,9 11,5 0,8 1,1 0,0 0,0 100,0 3 638 Tahoua 84,9 12,7 0,5 1,2 0,0 0,0 100,0 3 597 Tillabéri 84,2 13,0 0,7 1,4 0,1 0,0 100,0 2 723 Zinder 83,9 11,7 0,7 2,4 0,1 0,1 100,0 3 715 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 87,7 10,8 0,3 0,4 0,0 0,0 100,0 3 709 Second 88,9 10,0 0,3 0,2 0,0 0,0 100,0 3 789 Moyen 86,5 11,1 0,8 0,8 0,0 0,0 100,0 3 738 Quatrième 83,9 13,2 0,6 1,3 0,1 0,0 100,0 3 694 Le plus riche 53,2 28,9 3,0 12,5 0,6 0,9 100,0 3 682 Ensemble 80,1 14,8 1,0 3,0 0,1 0,2 100,0 18 612 1 Le niveau primaire comprend 6 classes 2 Le niveau secondaire comprend 7 classes L’examen des résultats selon l’âge met en évidence une nette amélioration du niveau de scolarisation des générations anciennes aux plus récentes. En effet, la proportion d’hommes sans niveau d’instruction est passée de 97 % chez ceux âgés de 65 ans et plus à 49 % chez ceux de 10-14 ans. Le pourcentage plus élevé de non instruits chez les garçons de 6-9 ans par rapport à ceux du groupe d’âges 10-14 ans (66 % contre 49 %) s’expliquerait par le fait que certains des garçons de 6-9 ans n’ont pas encore intégré le système scolaire. Chez les femmes, les progrès ont été moins rapides au cours de la période récente. En effet, la proportion de celles sans niveau d’instruction est passée de 98 % parmi celles de 65 ans et plus à 65 % à 10-14 ans et à 75 % chez celles de 15-19 ans, soit à un niveau encore nettement inférieur à celui des garçons du même âge (57 %). 22 | Caractéristiques des Ménages De même, dans les jeunes générations, on constate que les proportions de femmes ayant fréquenté l’école primaire sont largement inférieures à celles des hommes : ainsi à 15-19 ans, 14 % des femmes ont déclaré avoir atteint le niveau primaire contre 24 % chez les hommes ; à 20-24 ans les pourcentages correspondants pour les femmes et pour les hommes sont respectivement de 13 % et 20 %. Il en est de même pour l’accès au cycle secondaire ou plus qui reste encore très limité pour les femmes : à 15-19 ans, 10 % des femmes contre 19 % des hommes ont déclaré avoir atteint un niveau secondaire ou plus et à 20- 24 ans, ces proportions sont respectivement de 7 % et 15 %. Tableau 2.4.2 Niveau d'instruction de la population des hommes Répartition (en %) de la population (de fait) des hommes des ménages, âgés de six ans et plus par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Caractéristique Aucune instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Total Effectif Groupes d’âges 6-9 65,7 33,3 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 3 587 10-14 49,2 45,4 2,5 2,4 0,0 0,0 100,0 3 368 15-19 57,1 20,6 3,2 18,4 0,1 0,0 100,0 1 505 20-24 63,8 16,3 3,8 14,5 0,5 0,8 100,0 1 047 25-29 63,7 18,5 2,6 11,3 0,8 2,3 100,0 930 30-34 70,5 13,6 2,0 9,8 1,3 1,9 100,0 844 35-39 78,0 10,0 1,9 7,5 0,8 1,3 100,0 819 40-44 82,2 5,9 0,9 6,4 1,1 2,9 100,0 732 45-49 84,9 5,7 1,1 4,0 0,5 3,1 100,0 659 50-54 84,6 7,6 1,8 3,1 0,4 2,0 100,0 530 55-59 90,7 6,3 0,4 0,8 0,1 0,6 100,0 414 60-64 95,5 1,6 0,2 1,7 0,0 0,4 100,0 540 65+ 97,2 0,7 0,6 0,2 0,0 0,1 100,0 1 060 Milieu de résidence Niamey 33,8 33,0 3,5 20,1 1,8 6,2 100,0 1 347 Autres Villes 44,2 33,5 3,9 16,3 0,4 1,2 100,0 1 901 Ensemble urbain 39,9 33,3 3,8 17,9 1,0 3,3 100,0 3 248 Rural 75,1 20,8 1,1 2,2 0,1 0,1 100,0 12 793 Région Niamey 33,8 33,0 3,5 20,1 1,8 6,2 100,0 1 347 Agadez 49,3 32,4 3,8 12,3 0,6 0,7 100,0 444 Diffa 74,6 18,8 1,5 4,1 0,2 0,2 100,0 435 Dosso 61,9 30,3 2,0 4,7 0,3 0,3 100,0 2 011 Maradi 71,2 22,6 1,6 3,9 0,1 0,1 100,0 3 344 Tahoua 70,0 25,1 1,0 3,2 0,1 0,2 100,0 2 986 Tillabéri 76,9 18,9 0,7 2,4 0,1 0,2 100,0 2 229 Zinder 76,3 16,4 1,5 4,5 0,2 0,2 100,0 3 245 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 79,8 18,0 0,5 0,9 0,0 0,0 100,0 3 030 Second 78,4 19,1 0,8 1,3 0,0 0,0 100,0 3 064 Moyen 75,6 20,7 1,1 2,0 0,1 0,1 100,0 3 218 Quatrième 70,6 23,5 1,5 3,5 0,1 0,0 100,0 3 223 Le plus riche 39,2 33,9 3,9 17,6 1,1 3,1 100,0 3 506 Ensemble 68,0 23,3 1,6 5,4 0,3 0,7 100,0 16 041 1 Le niveau primaire comprend 6 classes 2 Le niveau secondaire comprend 7 classes Caractéristiques des Ménages | 23 D’autre part, on constate, aussi bien pour les femmes que pour les hommes, que les écarts entre les villes et les campagnes sont énormes. En milieu urbain 40 % des hommes et 51 % des femmes n’ont aucun niveau d’instruction contre respectivement 75 % et 86 % en milieu rural. En outre, en milieu urbain, les proportions de personnes ayant atteint un niveau secondaire ou plus sont de 22 % pour les hommes et de 16 % pour les femmes contre respectivement 2 % et 0,6 % en milieu rural. Les disparités entre les régions sont également importantes. La région de Niamey se caractérise par les proportions les plus faibles de personnes sans instruction : 34 % des hommes et 43 % des femmes, suivie par celle d’Agadez dans laquelle 49 % des hommes et 64 % des femmes n’ont jamais été à l’école. À l’opposé, dans les régions de Zinder, Tahoua, Diffa et Maradi, plus de quatre femmes sur huit et plus de sept hommes sur dix n’ont jamais fréquenté l’école. C’est la région de Maradi qui détient le plus faible niveau d’instruction chez les femmes (86 % de non instruites) et c’est celle de Tillabéri qui se caractérise par la proportion d’hommes sans instruction la plus élevée (77 %) (graphique 2.2). Les tableaux 2.4.1 et 2.4.2 présentent également la répartition du niveau d’instruction des hommes et des femmes du Niger selon l’indice de bien-être économique du ménage. Cet indice est construit à partir des données sur les biens des ménages et en utilisant l’analyse en composante principale. Les informations sur les biens des ménages comprennent des informations provenant du questionnaire ménage de l’EDSN-MICS III du Niger sur la possession par les ménages de certains biens de consommation allant de la télévision à la radio ou à la voiture ainsi que sur certaines caractéristiques du logement comme la disponibilité de l’électricité, le type d’approvisionnement en eau, le type de toilettes, le matériau de revêtement du sol, le nombre de personnes par pièce pour dormir et le combustible utilisé pour cuisiner. On a affecté à chacun de ces biens et caractéristiques un poids (score ou coefficient) généré à partir d’une analyse en composante principale. Les scores des biens qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d’écart type 1 (Gwatkin, Rutstein, Johnson, Pande et Wagstaff, 2000). On attribue ensuite à chaque ménage un score pour chaque bien et on fait la Graphique 2.2 Proportion de femmes et d'hommes sans instruction selon le milieu et la région de résidence EDSN-MICS III 2006 Niger RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural RÉGION Niamey Agadez Diffa Dosso Maradi Tahoua Tillabéri Zinder 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Hommes Femmes 24 | Caractéristiques des Ménages somme de tous les scores par ménage; les individus sont classés en fonction du score total du ménage dans lequel ils résident. L’échantillon est ensuite divisé en quintile de population, chaque quintile correspondant à un niveau allant de 1 (le plus pauvre) à 5 (le plus riche). Il ressort de ces résultats que plus le niveau de bien-être est élevé, plus les proportions de personnes n’ayant jamais été à l’école sont faibles. Pour les hommes, elles passent de 80 % du quintile le plus pauvre à 39 % dans le plus riche ; chez les femmes, ces proportions sont respectivement de 88 % et 53 %. Le niveau de fréquentation scolaire des personnes en âge d’aller à l’école donne une indication sur l’accès actuel de la population au système éducatif et de manière indirecte sur le niveau de développement socioéconomique. Au cours de l’enquête, des questions concernant la fréquentation scolaire ont été posées pour toutes les personnes âgées de 6 à 24 ans. Le tableau 2.5 et le graphique 2.3 présentent les taux nets et les taux bruts de fréquentation scolaire selon le niveau d’instruction, le sexe et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Le taux net de fréquentation scolaire mesure la fréquentation scolaire parmi les enfants d’âge officiel scolaire c’est-à-dire 7-12 ans pour le niveau primaire et 13-19 ans pour le niveau secondaire. Le taux brut de fréquentation scolaire mesure la fréquentation scolaire parmi les jeunes de n’importe quel âge compris entre 6 et 24 ans. Il équivaut au pourcentage de la population de 6-24 ans qui fréquente un niveau donné par rapport à la population d’âge scolaire officiel pour ce niveau. Pour un niveau d’étude donné, le taux brut est pratiquement toujours plus élevé que le taux net du fait que des enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge normal de ce niveau sont inclus dans son calcul. Un taux net de 100 % signifierait que tous les enfants ayant l’âge normal d’un niveau d’étude donné fréquentent ce niveau ; le taux brut peut être supérieur à 100 % si un nombre significatif d’enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge normal de fréquentation d’un niveau scolaire fréquentent ce niveau. La différence entre ces deux taux indique que des enfants trop jeunes ou trop âgés fréquentent un niveau scolaire donné. Le tableau 2.5 révèle que, dans l’ensemble, près de quatre enfants sur dix âgés de 7-12 ans (37 %) fréquentent l’école primaire. Ce taux est plus élevé chez les hommes que chez les femmes (43 % contre 30 %). L’écart est nettement plus important entre le milieu urbain (68 %) et le milieu rural (31 %). Les régions de Niamey (74 %) et d’Agadez (55 %) se caractérisent par les taux nets de fréquentation de l’école primaire les plus élevés ; à l’opposé, Zinder enregistre le niveau le plus faible du pays, avec seulement 28 %. Pour toutes les régions, on constate que le taux net de fréquentation scolaire est plus élevé pour les garçons que pour les filles. En outre, dans l’ensemble, on constate que parmi la population d’âge officiel du primaire, près d’un enfant sur deux, quel que soit son âge, (47 %) fréquente ce niveau. La valeur du taux brut supérieure à celle du taux net indique qu’un nombre important de personnes qui n’ont pas l’âge du niveau primaire fréquentent néanmoins ce niveau. Il s’agirait dans ce cas de personnes trop âgées par rapport à l’âge officiel. Selon le sexe, on constate que le taux brut masculin (56 %) est supérieur à celui des filles (37 %), en d’autres termes, il y a plus de garçons que de filles trop âgés par rapport à l’âge officiel qui fréquentent l’école primaire. Selon le milieu de résidence, les résultats montrent que le taux brut de fréquentation du primaire est plus élevé en milieu urbain (87 %) qu’en milieu rural (39 %). Les régions de Niamey (99 %), d’Agadez (69 %) et de Dosso (61 %) se caractérisent par les taux bruts de fréquentation scolaire les plus élevés. Avec seulement 35 %, c’est la région de Zinder qui a le taux brut de fréquentation en primaire le plus faible. Comme pour le taux net de fréquentation, on constate que le taux brut de fréquentation scolaire est beaucoup plus élevé pour les garçons que pour les filles et ceci pour toutes les régions avec cependant un maximum de 105 % pour les hommes et 92 % pour les femmes à Niamey. Caractéristiques des Ménages | 25 Tableau 2.5 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNF) et taux brut de fréquentation scolaire (TBF) de la population (de droit) des ménages, selon le niveau d'instruction, le sexe et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Taux net de scolarisation1 Taux brut de scolarisation2 Caractéristique Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Indice de parité du genre3 NIVEAU PRIMAIRE Milieu de résidence Niamey 76,4 72,5 74,4 105,2 92,1 98,6 0,88 Autres Villes 67,4 60,9 64,3 84,8 75,0 80,2 0,88 Ensemble urbain 70,4 65,1 67,8 91,6 81,2 86,6 0,89 Rural 38,4 24,1 31,3 49,1 29,3 39,3 0,60 Région Niamey 76,4 72,5 74,4 105,2 92,1 98,6 0,88 Agadez 58,0 51,2 54,7 73,4 64,3 69,0 0,88 Diffa 34,1 25,5 29,7 42,9 32,6 37,6 0,76 Dosso 53,3 39,2 46,2 72,7 49,4 61,0 0,68 Maradi 44,5 24,1 34,5 55,4 28,4 42,2 0,51 Tahoua 43,3 24,1 34,3 53,0 28,6 41,5 0,54 Tillabéri 36,5 28,1 32,4 46,6 35,5 41,2 0,76 Zinder 31,6 25,0 28,2 41,2 29,9 35,4 0,72 Ensemble 43,4 30,3 36,9 55,8 37,1 46,6 0,66 NIVEAU SECONDAIRE Milieu de résidence Niamey 35,5 29,5 32,5 52,2 39,9 46,0 0,76 Autres Villes 35,8 27,4 31,7 44,7 34,4 39,7 0,77 Ensemble urbain 35,7 28,3 32,0 47,6 36,7 42,2 0,77 Rural 5,4 2,6 3,9 6,5 2,9 4,6 0,44 Région Niamey 35,5 29,5 32,5 52,2 39,9 46,0 0,76 Agadez 24,9 27,7 26,4 31,3 32,2 31,8 1,03 Diffa 8,1 9,0 8,6 10,3 10,6 10,4 1,03 Dosso 13,9 7,7 10,5 16,6 9,2 12,5 0,55 Maradi 10,8 4,2 7,5 14,1 4,5 9,3 0,32 Tahoua 6,9 3,0 4,9 8,3 3,8 6,0 0,45 Tillabéri 7,8 4,1 5,8 8,5 5,6 7,0 0,66 Zinder 12,0 8,3 10,1 15,3 10,1 12,7 0,66 Ensemble 13,2 8,6 10,8 17,1 10,8 13,8 0,63 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNFS) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau primaire (7-12 ans) qui fréquente l'école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau secondaire (13-19 ans) qui fréquente l'école secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 pour cent. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) pour le niveau primaire est la proportion des élèves du niveau primaire, quel que soit leur âge, dans la population d'âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est la proportion des élèves du niveau secondaire, quel que soit leur âge, dans la population d'âge officiel de fréquentation du niveau secondaire. S'il y a pour un niveau donné un nombre important d'élèves plus âgés ou plus jeunes que l'âge officiel pour ce niveau, le TBFS peut excéder 100 pour cent. 3 L'indice de parité de genre pour l'école primaire est le ratio du TBFS au niveau primaire des filles sur le TBFS des garçons. L'indice de parité de genre pour l'école secondaire est le ratio du TBFS au niveau secondaire des filles sur le TBFS des garçons. 26 | Caractéristiques des Ménages Les résultats du tableau 2.5 montrent que le niveau de fréquentation scolaire du cycle secondaire est très faible puisque seulement 11 % des enfants de 13-19 ans le fréquentent. Ce taux net est beaucoup plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural : 32 % contre 4 % ; ce résultat est à mettre en rapport avec notamment le fait que la quasi-totalité des établissements secondaires est située en milieu urbain. Selon la région, il varie de 5 % à Tahoua à 33 % à Niamey. Ce taux net est légèrement plus élevé chez les garçons que chez les filles, quelle que soit la caractéristique socioéconomique considérée. Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire atteint 14 % ce qui signifie que sur 10 personnes de n’importe quel âge, moins de deux fréquente ce niveau secondaire. Bien que très faible, la valeur du taux brut supérieure à celle du taux net indique qu’un nombre important de personnes qui n’ont pas l’âge du niveau secondaire fréquentent néanmoins ce niveau. On remarque une variation importante selon le milieu de résidence : 42 % pour le milieu urbain contre 5 % en milieu rural. Quelle que soit la caractéristique sociodémographique considérée, le taux brut de fréquentation du niveau secondaire est plus élevé pour les garçons que pour les filles, sauf pour les régions d’Agadez et de Diffa. Le tableau 2.5 présente également l’indice de parité de genre qui est le rapport entre le taux brut de fréquentation scolaire des filles et celui des garçons. Plus l’indice de parité est proche de 1, moins l’écart de fréquentation scolaire entre les genres est important. Un indice égal à 1 indique l’égalité totale. Au Niger, l’indice estimé à 0,66 pour le niveau primaire montre que les filles sont désavantagées sur le plan scolaire par rapport aux garçons. Le niveau est pratiquement le même en secondaire où l’indice est de 0,63. Que ce soit au niveau primaire ou secondaire, l’importance de cette discrimination varie d’un milieu de résidence à l’autre et d’une région à l’autre. Cet indice est plus faible en rural qu’en urbain ; pour le secondaire dans certaines régions comme Agadez et Diffa, l’indice de parité est supérieur à 1. Par contre, c’est dans la région de Maradi que cet indice est le plus faible quelque soit le niveau (0,51 pour le primaire et 0,32 pour le secondaire). Pour toutes les autres régions, on constate que l’indice de parité est plus faible pour le secondaire que pour le primaire. Graphique 2.3 Taux de fréquentation scolaire par âge (Pourcentage de la population de 5-24 ans fréquentant l'école par âge et sexe) EDSN-MICS III 2006 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Âge 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Hommes Femmes Note : Le système pré-primaire n'est pas pris en compte Caractéristiques des Ménages | 27 2.4 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS ET BIENS POSSÉDÉS PAR LES MÉNAGES Au cours de l’enquête, certaines questions ont été posées en vue de saisir les caractéristiques socioéconomiques du ménage et le niveau de confort du logement qui peut être évalué, d’une part, par la disponibilité de l’électricité, la nature des matériaux de construction et, d’autre part, par les équipements, notamment le type de toilettes, la source d’approvisionnement en eau potable, la possession de certains biens de consommation et de moyens de transport. Ces caractéristiques, pouvant fournir une indication sur la situation socioéconomique du ménage, ont également une influence certaine sur l’état de santé des membres du ménage. 2.4.1 Caractéristiques des logements des ménages Dans l’ensemble, les résultats présentés au tableau 2.6 et au graphique 2.4 montrent que 9 % des ménages enquêtés (contre 7 % à l’EDSN-II de 1998) disposent de l’électricité. Les résultats mettent en évidence des disparités importantes selon le milieu de résidence. Le milieu rural est nettement défavorisé. En effet, seulement 2 % des ménages y disposent de l’électricité contre 47 % en milieu urbain. Il convient toutefois de relever qu’entre 1998 et 2006, le niveau d’accès des ménages à l’électricité dans le milieu rural a été multiplié par dix (de 0,2 % à 2 %). Cette évolution est, sans nul doute, le résultat de l’accélération de la mise en œuvre de la politique d’électrification villageoise entamée en 2000-2001 dans le cadre du Programme Spécial du Président de la République En ce qui concerne l’approvisionnement en eau potable, on constate que les sources auxquelles s’alimentent l’essentiel des ménages nigériens sont les puits (76 %), dont 19 % sont des puits protégés et 57 % des puits non protégés. La deuxième source d’approvisionnement en eau potable est le robinet (22 %) Quelque soit le milieu de résidence, ces deux sources constituent les principales sources d’approvisionnement en eau de la population. En milieu urbain 91 % des ménages utilisent de l’eau provenant d’un robinet et 7 % de l’eau provenant de puits alors qu’en milieu rural neuf ménages sur dix (90 %) utilisent de l’eau des puits et 8 % l’eau de robinet. Les résultats du tableau 2.5 montrent cependant que seulement moins de trois ménages nigériens sur dix (29 %) mettent moins de 15 minutes pour s’approvisionner en eau. S’agissant du type de toilettes dont disposent les ménages, les résultats indiquent que le milieu rural est très défavorisé par rapport au milieu urbain. Alors qu’en moyenne 81 % de l’ensemble des ménages ne disposent pas de toilettes, on note qu’en milieu rural cette proportion est de 93 % contre seulement 21 % en milieu urbain. En 1998, les proportions de ménages ne disposant pas de toilettes étaient de 81 % pour l’ensemble des ménages, de 94 % pour le milieu rural et de 20 % pour le milieu urbain. On constate que ces proportions sont restées pratiquement les même entre 1998 et 2006. Certains types de revêtement du sol peuvent faciliter la propagation de certains germes responsables de maladies. Pour cette raison, des questions ont été posées sur le type de revêtement de sol des logements. On observe qu’au Niger, seulement 12 % des ménages ont un logement dont le sol est en ciment, en carreaux ou en moquette (contre 15 % à l’EDSN-II de 1998) et pour 88 % des ménages, le sol est revêtu de terre ou de sable (contre 85 % en 1998). En milieu rural, les ménages vivent essentiellement dans un logement dont le sol est recouvert de terre/sable (98 %). Le revêtement en ciment ne concerne que 2 % des ménages. En milieu urbain, dans 54 % des cas, les ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ciment et dans 5 % des cas, le sol est recouvert de carreaux ou de moquette. 28 | Caractéristiques des Ménages Tableau 2.6 Caractéristiques des logements Répartition (en %) des ménages par caractéristiques des logements, selon le milieu de résidence, EDSN-MICS III 2006 Milieu de résidence Caractéristiques des logements Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble Électricité Oui 61,1 37,8 47,2 1,5 9,3 Non 38,9 62,1 52,7 98,3 90,6 ND 0,0 0,1 0,1 0,2 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Source d'eau pour boire Eau du robinet dans le logement 30,7 22,0 25,5 0,1 4,4 Eau du robinet dans la cour/concession 11,6 8,4 9,7 0,0 1,7 Robinet ailleurs 50,2 59,2 55,6 8,2 16,3 Puits ouvert dans le logement 0,9 1,0 1,0 0,9 0,9 Puits ouvert dans la cour 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 Puits ouvert ailleurs 2,8 4,8 4,0 66,3 55,7 Puits protégé dans le logement 0,4 1,3 0,9 3,8 3,3 Puits protégé dans la cour/concession 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 Puits protégé ailleurs 1,4 1,3 1,3 18,6 15,7 Source 0,0 0,1 0,0 0,1 0,1 Fleuve/rivière 0,0 0,1 0,0 1,1 1,0 Mare, lac 0,0 0,0 0,0 0,5 0,4 Barrage 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 Eau en bouteille 0,4 0,0 0,2 0,0 0,0 Autre 1,3 1,8 1,6 0,1 0,4 ND 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Temps nécessaire pour s'approvisionner en eau Eau sur place 55,1 41,6 47,1 6,7 13,5 Moins de 15 minutes (%) 29,2 30,2 29,8 29,0 29,2 Temps médian pour s'approvisionner en eau 0,0 4,5 1,8 19,3 14,7 Type de toilettes Chasse d'eau 10,8 2,9 6,1 0,0 1,1 Fosse/latrines rudimentaires 44,4 37,6 40,4 4,5 10,6 Fosse/latrines améliorées 33,9 31,2 32,3 2,2 7,3 Pas de toilettes, nature 10,7 28,2 21,2 93,3 81,0 ND 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Type de sol Terre, sable 27,5 49,0 40,3 97,5 87,8 Bouse 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 Bois/autres végétaux 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 Vinyle ou lino/asphalte 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Carrelage 6,4 1,2 3,3 0,0 0,6 Ciment 64,2 47,5 54,3 2,4 11,2 Moquette 1,5 2,2 1,9 0,0 0,4 ND 0,2 0,1 0,1 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 526 774 1 300 6 360 7 660 Caractéristiques des Ménages | 29 2.4.2 Biens durables possédés par les ménages Au cours de l’enquête pour évaluer le niveau de vie socioéconomique des ménages, des questions ont été posées pour savoir si les ménages possédaient certains biens considérés comme des indicateurs du niveau socioéconomique et de manière indirecte de leur niveau d’accès à l’information et aux services sociaux. Dans l’ensemble, on constate que 45 % des ménages ont déclaré ne rien posséder (tableau 2.7). Un peu plus de la moitié des ménages (51 %) possèdent une radio qui constitue ainsi, et de loin, le canal d’informations le plus répandu au Niger, que ce soit en milieu urbain (74 %) ou en milieu rural (47 %). Outre la radio, les biens durables les plus fréquemment possédés par les ménages nigériens sont la bicyclette (10 %), la télévision (6 %), la mobylette (6 %) et le réfrigérateur (3 %). En milieu urbain, la proportion de ménages qui possèdent chacun de ces biens est plus élevée qu’en milieu rural : en particulier 16 % des ménages urbains possèdent un réfrigérateur contre seulement 0,1 % en milieu rural. En ce qui concerne la télévision, les proportions sont respectivement de 34 % et de 0,5 %. Tableau 2.7 Biens durables possédés par les ménages Pourcentage de ménages possédant certains biens de consommation durables, selon le milieu de résidence, EDSN-MICS III 2006 Milieu de résidence Biens durables Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble Radio 78,1 70,4 73,5 46,6 51,2 Télévision 45,7 26,3 34,1 0,5 6,2 Téléphone 6,5 2,2 4,0 0,0 0,7 Réfrigérateur 23,9 10,5 15,9 0,1 2,8 Bicyclette 24,4 21,1 22,4 7,8 10,2 Mobylette 22,8 14,3 17,7 3,1 5,6 Voiture/camion 14,7 6,5 9,8 0,4 2,0 Aucun 14,6 23,6 19,9 50,5 45,3 Effectif de ménages 526 774 1 300 6 360 7 660 Graphique 2.4 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence EDSN-MICS III 2006 ÉL EC TR IC ITÉ SO UR CE D' EA U Ro bin et da ns log em en t/c on ce ssi on Ro bin et ail leu rs Pu its pr oté gé s Pu its ou ve rts TY PE DE TO ILE TT ES Ch ass e d 'ea u Fo sse /la trin es am éli oré es Fo sse /la trin es ru dim en tai res Pa s d e t oil ett es/ na tur e TY PE DE SO L Ca rre au x Ci me nt Te rre , s ab le 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Ensemble urbain Rural Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 31 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS ET STATUT DE LA FEMME 3 Abdou NOMAOU et Abdoullahi BEIDOU Ce chapitre porte sur les caractéristiques sociodémographiques des femmes enquêtées de 15-49 ans et des hommes enquêtés de 15-59 ans. Tout comme le questionnaire Ménage, les questionnaires individuels ont permis de recueillir des informations sur l’âge, le milieu de résidence, l’état matrimonial et le niveau d’instruction des enquêté(e)s. Dans cette partie, sont également analysés les résultats sur l’alphabétisation, l’accès aux médias et l’activité économique des hommes et des femmes. Ces différentes caractéristiques seront utilisées comme variables d'analyse dans la suite de ce rapport. Enfin, les résultats à certaines questions concernant le pouvoir de décision de la femme au sein du ménage, son droit à disposer de l’argent gagné et son opinion concernant l’adhésion ou le rejet de certains rôles traditionnels ont permis d’évaluer le statut de la femme au Niger. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS L'âge, variable fondamentale dans l'analyse des phénomènes démographiques, est l'une des informations les plus difficiles à obtenir de façon précise, lorsque l'enregistrement écrit des événements (notamment des faits d’état civil) est loin d’être généralisé, comme c'est le cas du Niger. De ce fait, un soin particulier a été accordé à son estimation au moment de l'enquête individuelle. On a demandé aux enquêtés leur date de naissance, puis leur âge. Lorsque la date de naissance et l'âge étaient obtenus, l'enquêtrice/enquêteur contrôlait la cohérence entre les deux informations. Dans le cas où l'enquêté(e) ne connaissait pas sa date de naissance ou son âge, l'enquêtrice/enquêteur essayait d'obtenir un document officiel (carte d'identité, acte de naissance, etc.) où figurait la date de naissance. Lorsque aucun document n'était disponible, l'enquêtrice/enquêteur devait estimer l'âge de l'enquêté(e), soit par comparaison avec l'âge d'autres membres du ménage, soit par déduction à partir de l'histoire de l'enquêté(e), ou encore en utilisant des calendriers historiques. Tableau 3.1 Caractéristiques des enquêtés par âge Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés selon l’âge, EDSN-MICS III 2006 Femmes Hommes Groupe d’âges Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré 15-19 18,6 1 718 1 835 17,5 620 693 20-24 17,9 1 651 1 676 13,8 490 512 25-29 19,4 1 792 1 720 13,3 472 468 30-34 14,7 1 354 1 289 12,0 425 407 35-39 12,6 1 167 1 149 10,8 382 357 40-44 9,6 883 879 10,4 369 360 45-49 7,1 658 675 9,7 343 321 50-54 na na na 7,8 278 258 55-59 na na na 4,8 171 173 Total 100,0 9 223 9 223 100,0 3 549 3 549 na= Non applicable 32 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme Les résultats présentés dans le tableau 3.1 montrent que les répartitions des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans par groupes d’âges quinquennaux présentent une allure assez régulière pour les hommes, les proportions de chaque groupe d'âges diminuant régulièrement au fur et à mesure que l'on avance vers les âges élevés. Ces proportions passent de 18 % pour les hommes de 15-19 ans à 5 % pour le groupe d’âges 55-59 ans. Pour les femmes, les proportions ne présentent que peu de variations aux âges les moins élevés. En effet les proportions ne varient que de 19 % pour les 15-19 ans à 18 % pour les 20- 24 ans et à 19 % pour les 25-29 ans. Les questions sur l’état matrimonial ont été posées à toutes les femmes et à tous les hommes éligibles de l’échantillon (tableau 3.2). Dans le cadre de l’EDSN-MICS III, ont été considérés comme étant en union toutes les femmes et tous les hommes mariés légalement ainsi que tous ceux et toutes celles vivant en union consensuelle. Selon cette définition, on constate qu’au moment de l’enquête seulement une femme sur dix (10 %) était célibataire, alors que pratiquement neuf sur dix (86 %) étaient en union, et 4 % en rupture d’union (divorcées, séparées ou veuves). Chez les hommes, au moment de l’enquête, moins d’un homme sur trois était célibataire (31 %), deux hommes sur trois (67 %) étaient en union, et 2 % étaient en rupture d’union. Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la quasi-totalité des femmes et des hommes enquêtés vivent en milieu rural (respectivement, 80 % et 74 %). En outre, les données par région montrent qu’environ un cinquième des femmes et des hommes vivent dans les régions de Maradi, Tahoua et Zinder. À l’opposé, dans les régions d’Agadez (3 % des femmes et 3 % des hommes) et de Diffa (2 % des femmes et 3 % des hommes), les proportions sont beaucoup plus faibles. Enfin, on constate que Niamey concentre 9 % des femmes et 12 % des hommes. Le même tableau 3.1 présente également la répartition des hommes et des femmes selon le niveau de bien-être économique du ménage. On constate que les proportions de femmes sont sensiblement les mêmes lorsqu’on passe du quintile le plus pauvre (19 %) au quintile le plus riche (22 %) alors que chez les hommes, on note un écart entre le quintile le plus pauvre et le plus riche, la proportion passant de 14 % à 27 %. On note que la proportion d’hommes vivant dans le quintile le plus riche est légèrement supérieure à celle des femmes (27 % contre 22 %). En ce qui concerne la religion, la très grande majorité des enquêtés se sont déclarés de confession musulmane (98 % des femmes et 98 % des hommes). La religion chrétienne est pratiquée par moins d’un pour cent des femmes et des hommes. La répartition de la population selon l’ethnie fait apparaître essentiellement trois grands groupes : les Haoussa (53 % des femmes et 55 % des hommes) ; les Djerma/songhaï (21 % des femmes et 20 % des hommes) ; les Touaregs (11 % des femmes et 9 % des hommes). On distingue ensuite les Peulhs (7 % des femmes et des hommes) et les Kanouri (6 % des femmes et des hommes). Les autres groupes ethniques (Arabe, Toubou, et Gourmantché) représentent chacun moins de 1 % des femmes et des hommes. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 33 Tableau 3.2 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Femmes Hommes Caractéristique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré État matrimonial Célibataire 9,9 916 1 332 31,3 1 109 1 329 En union 86,1 7 941 7 431 66,5 2 360 2 133 Rupture d’union 4,0 366 460 2,2 80 87 Milieu de résidence Niamey 8,9 822 1 329 12,4 441 681 Autres Villes 10,8 995 1 920 13,1 466 827 Ensemble urbain 19,7 1 817 3 249 25,6 907 1 508 Rural 80,3 7 406 5 974 74,4 2 642 2 041 Région Niamey 8,9 822 1 329 12,4 441 681 Agadez 2,7 248 877 3,0 108 364 Diffa 2,4 221 730 2,7 95 308 Dosso 14,1 1 303 1 415 11,9 424 445 Maradi 19,0 1 752 1 171 19,1 678 458 Tahoua 20,2 1 859 1 395 18,5 658 472 Tillabéri 14,4 1 329 1 322 13,0 461 426 Zinder 18,3 1 688 984 19,3 683 395 Niveau d'instruction Aucune instruction 83,5 7 700 7 079 68,5 2 431 2 124 Primaire 10,4 963 1 171 17,3 616 695 Secondaire 5,7 524 909 12,0 427 607 Supérieur 0,4 36 64 2,1 75 123 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 19,0 1 755 1 506 13,6 484 409 Second 19,3 1 780 1 407 18,1 641 475 Moyen 19,0 1 756 1 419 21,2 753 570 Quatrième 20,7 1 906 1 746 19,9 706 623 Le plus riche 22,0 2 026 3 145 27,2 966 1 472 Religion Musulmane 98,3 9 065 9 065 98,1 3 480 3 490 Chrétienne 0,7 64 68 0,7 26 31 Animiste * 4 3 0,0 1 1 Sans religion 0,6 56 50 0,7 25 17 Autre/ND 0,4 32 34 0,5 18 10 Ethnie Arabe 0,4 38 85 0,5 18 36 Djerma/songhaï 21,2 1 954 2 335 20,3 722 860 Gourmantché 0,8 70 58 (0,8) 30 25 Haoussa 53,1 4 894 3 956 54,9 1 950 1 573 Kanouri 5,9 540 711 6,2 219 296 Peul 6,5 602 636 7,3 259 246 Touareg 11,0 1 012 1 216 8,6 306 432 Toubou 0,4 34 91 (0,5) 19 40 Autre/ND 0,9 80 135 (0,8) 27 41 Ensemble 100,0 9 223 9 223 100,0 3 549 3 549 Note : Les niveaux d'instruction correspondent au plus haut niveau d'instruction atteint, qu'il soit achevé ou non. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. 34 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES Les tableaux 3.3.1 et 3.3.2 présentent les données selon le niveau d’instruction atteint par les enquêtés. Les résultats sont présentés selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate que la proportion de femmes n’ayant reçu aucune instruction formelle est nettement plus élevée que celle des hommes (84 % contre 69 %). Au niveau primaire, les écarts persistent mais la différence des proportions est plus faible (10 % de femmes contre 17 % d’hommes). Par contre, la proportion d’hommes ayant atteint le niveau secondaire ou plus est nettement plus élevée que celle des femmes (14 % contre 6 %). Tableau 3.3.1 Niveau d'instruction par caractéristiques sociodémographiques : femmes Répartition (en %) des femmes enquêtées en fonction du plus haut niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Instruction Caractéristique Sans instruction Primaire Secondaire Supérieur Total Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 74,4 14,2 11,4 0,0 100,0 1 718 20-24 80,9 12,0 6,8 0,4 100,0 1 651 25-29 85,1 10,1 4,3 0,6 100,0 1 792 30-34 83,9 10,9 4,6 0,7 100,0 1 354 35-39 88,0 7,9 3,8 0,3 100,0 1 167 40-44 90,3 6,4 2,9 0,4 100,0 883 45-49 91,6 6,7 1,1 0,6 100,0 658 Milieu de résidence Niamey 42,4 25,9 27,8 3,9 100,0 822 Autres Villes 60,3 18,8 20,5 0,4 100,0 995 Ensemble urbain 52,2 22,0 23,8 2,0 100,0 1 817 Rural 91,2 7,6 1,2 0,0 100,0 7 406 Région Niamey 42,4 25,9 27,8 3,9 100,0 822 Agadez 70,2 14,6 15,1 0,1 100,0 248 Diffa 86,5 9,2 4,3 0,0 100,0 221 Dosso 84,5 11,5 4,0 0,0 100,0 1 303 Maradi 90,4 7,5 2,1 0,0 100,0 1 752 Tahoua 88,8 9,0 2,2 0,0 100,0 1 859 Tillabéri 88,4 8,7 2,9 0,0 100,0 1 329 Zinder 87,4 7,6 4,8 0,2 100,0 1 688 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 93,3 6,2 0,5 0,0 100,0 1 755 Second 93,3 6,3 0,4 0,0 100,0 1 780 Moyen 91,7 6,5 1,8 0,0 100,0 1 756 Quatrième 87,8 9,9 2,3 0,0 100,0 1 906 Le plus riche 55,2 21,7 21,3 1,8 100,0 2 026 Ensemble 83,5 10,4 5,7 0,4 100,0 9 223 Quel que soit le sexe, le niveau d’instruction augmente des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes. En effet, la proportion des femmes sans niveau d’instruction diminue avec l’âge, passant de 92 % parmi celles de 45-49 ans à 74 % parmi celles 15-19 ans ; on note également que la proportion de femmes ayant un niveau d’instruction secondaire varie de 1 % chez celles de 45-49 ans à 11 % chez celles de 15-19 ans. On note chez les hommes ce même effet de génération puisque des générations anciennes aux plus récentes, les proportions de ceux sans niveau d’instruction sont passées de Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 35 88 % parmi ceux de 55-59 ans à 52 % parmi ceux de 15-19 ans. En ce qui concerne le niveau secondaire ou plus, les proportions varient de 3 % parmi les hommes âgés de 55-59 ans à l’enquête à 24 % parmi les hommes de 15-19 ans. Par ailleurs, le niveau d’instruction des enquêtés varie en fonction du milieu de résidence. On constate, en effet, que les proportions d’hommes instruits sont plus élevées en milieu urbain qu’en milieu rural. En effet, parmi les hommes vivant en milieu urbain, 35 % n’ont pas de niveau d’instruction contre 80 % en milieu rural. Chez les femmes, la proportion est de 52 % en milieu urbain contre 91 % en milieu rural. Tableau 3.3.2 Niveau d'instruction par caractéristiques sociodémographiques : hommes Répartition (en %) des hommes 15-59 enquêtés en fonction du plus haut niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Instruction Caractéristique Sans instruction Primaire Secondaire Supérieur Total Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 51,8 24,1 24,1 0,0 100,0 620 20-24 57,3 24,3 17,0 1,4 100,0 490 25-29 61,4 23,9 10,8 4,0 100,0 472 30-34 67,3 16,4 13,2 3,0 100,0 425 35-39 72,2 16,4 8,4 3,0 100,0 382 40-44 81,9 7,5 8,0 2,7 100,0 369 45-49 85,0 9,4 3,2 2,3 100,0 343 50-54 84,6 9,2 4,0 2,3 100,0 278 55-59 87,8 9,6 2,0 0,6 100,0 171 Milieu de résidence Niamey 30,7 25,4 31,6 12,3 100,0 441 Autres Villes 39,0 25,8 32,5 2,8 100,0 466 Ensemble urbain 35,0 25,6 32,0 7,4 100,0 907 Rural 80,0 14,5 5,2 0,3 100,0 2 642 Région Niamey 30,7 25,4 31,6 12,3 100,0 441 Agadez 46,2 28,3 23,8 1,6 100,0 108 Diffa 79,0 14,6 5,8 0,6 100,0 95 Dosso 66,8 18,5 13,9 0,8 100,0 424 Maradi 72,1 18,8 8,4 0,6 100,0 678 Tahoua 74,2 17,0 7,9 0,9 100,0 658 Tillabéri 81,0 13,3 5,2 0,4 100,0 461 Zinder 78,7 11,6 9,4 0,4 100,0 683 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 88,1 10,2 1,7 0,0 100,0 484 Second 81,9 15,1 3,0 0,0 100,0 641 Moyen 82,6 14,4 2,7 0,2 100,0 753 Quatrième 74,5 17,0 8,1 0,3 100,0 706 Le plus riche 34,4 24,9 33,3 7,3 100,0 966 Ensemble 68,5 17,3 12,0 2,1 100,0 3 549 Les résultats selon les régions mettent également en évidence de fortes disparités. La proportion de femmes sans aucun niveau d’instruction est particulièrement élevée dans les régions de Maradi, Tahoua, Tillabéri, Zinder, Diffa et Dosso, où elle varie entre 85 % et 90 %. Chez les hommes, la proportion la plus élevée de non scolarisés est observée dans les régions de Tillabéri, Diffa et Zinder où elle varie entre 79 % à 81 %. À l’opposé, c’est dans celle de Niamey et dans une moindre mesure, dans celle d’Agadez, que l’on note les proportions les plus faibles de personnes sans instruction. Ainsi, 46 % des hommes et 70 % des femmes d’Agadez, et 31 % des hommes et 42 % des femmes de Niamey sont sans instruction. 36 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme Les données de ce tableau montrent qu’il y a une relation positive entre le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage : en effet, les proportions de femmes et d’hommes sans instruction diminuent des ménages les plus pauvres aux plus riches. 3.3 ALPHABÉTISATION Au cours de l’enquête, mises à part les questions posées sur la dernière classe achevée et le niveau d’instruction atteint par les enquêtés, on a demandé à ceux qui n’avaient aucun niveau d’instruction et à ceux qui avaient déclaré avoir atteint le niveau primaire, de lire une phrase rédigée dans une des langues officielle ou nationales et préparée par les agents enquêteurs. Trois modalités ont été retenues : « peut lire toute la phrase », «peut lire une partie de la phrase », « ou ne peut pas lire du tout ». Les enquêtés ayant atteint le niveau secondaire ou plus ont été considérés d’office comme étant alphabétisés. Les résultats sont présentés au tableau 3.4.1 pour les femmes et au tableau 3.4.2 pour les hommes ainsi qu’au graphique 3.1. Tableau 3.4.1 Alphabétisation des femmes Répartition (en %) des femmes enquêtées par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Primaire ou sans instruction Caractéristique Secondaire ou plus Lit une phrase entière Lit une partie de phrase Ne sait pas lire Pas de carte dans la langue Total Effectif Pourcentag e alphabétisé es1 Groupe d’âges 15-19 11,4 1,5 4,5 82,0 0,2 100,0 1 718 17,5 20-24 7,1 1,0 5,2 85,7 0,0 100,0 1 651 13,4 25-29 4,9 2,0 4,4 88,5 0,0 100,0 1 792 11,3 30-34 5,2 1,1 4,3 88,3 0,3 100,0 1 354 10,7 35-39 4,1 1,9 2,5 90,4 0,4 100,0 1 167 8,5 40-44 3,3 0,9 3,4 92,1 0,1 100,0 883 7,5 45-49 1,7 1,1 2,8 93,6 0,4 100,0 658 5,6 Milieu de résidence Niamey 31,7 6,8 9,8 49,8 0,3 100,0 822 48,3 Autres Villes 20,9 3,6 8,1 66,2 0,5 100,0 995 32,6 Ensemble urbain 25,8 5,0 8,9 58,8 0,4 100,0 1 817 39,7 Rural 1,2 0,5 2,9 94,8 0,1 100,0 7 406 4,7 Région Niamey 31,7 6,8 9,8 49,8 0,3 100,0 822 48,3 Agadez 15,2 3,1 4,0 77,1 0,3 100,0 248 22,2 Diffa 4,3 2,0 4,3 89,0 0,4 100,0 221 10,7 Dosso 4,0 1,5 3,4 90,8 0,1 100,0 1 303 8,8 Maradi 2,1 0,5 2,9 94,2 0,1 100,0 1 752 5,5 Tahoua 2,2 0,5 3,8 93,6 0,0 100,0 1 859 6,4 Tillabéri 2,9 0,7 4,8 91,5 0,0 100,0 1 329 8,3 Zinder 5,0 1,1 3,0 88,9 0,6 100,0 1 688 9,1 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,5 0,5 2,6 95,8 0,1 100,0 1 755 3,7 Second 0,4 0,4 1,9 96,5 0,0 100,0 1 780 2,8 Moyen 1,8 0,5 2,4 95,0 0,0 100,0 1 756 4,6 Quatrième 2,3 0,7 3,6 92,9 0,3 100,0 1 906 6,6 Le plus riche 23,1 4,7 9,3 61,7 0,5 100,0 2 026 37,0 Ensemble 6,1 1,4 4,1 87,7 0,2 100,0 9 223 11,6 1 Correspond aux femmes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et à celles pouvant lire une phrase entière ou une partie de phrase. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 37 Ainsi selon les données du tableau 3.4.1 et 3.4.2, on constate qu’environ une femme sur dix (12 %) et moins du tiers des hommes (28 %) sont considérés comme étant alphabétisés. En d’autres termes, dans l’ensemble, la proportion de femmes analphabètes est de 88 % chez les femmes contre 72 % chez les hommes. Tableau 3.4.2 Alphabétisation des hommes Répartition (en %) des hommes enquêtés par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Primaire ou sans instruction Caractéristique Secondaire ou plus Lit une phrase entière Lit une partie de phrase Ne sait pas lire Pas de carte dans la langue Total Effectif Pourcentage alphabétisés1 Groupe d’âges 15-19 24,1 3,8 8,3 62,4 0,6 100,0 620 36,1 20-24 18,4 5,3 9,1 65,1 2,0 100,0 490 32,8 25-29 14,7 6,7 12,4 63,9 1,7 100,0 472 33,9 30-34 16,2 6,5 9,8 66,3 1,1 100,0 425 32,5 35-39 11,4 5,7 9,1 71,2 2,0 100,0 382 26,2 40-44 10,7 3,5 5,6 76,2 4,1 100,0 369 19,7 45-49 5,6 4,9 8,0 78,1 3,1 100,0 343 18,5 50-54 6,3 5,6 4,2 81,8 1,3 100,0 278 16,0 55-59 2,6 5,3 5,5 84,9 1,6 100,0 171 13,5 Milieu de résidence Niamey 43,9 8,1 10,9 35,5 0,7 100,0 441 62,8 Autres Villes 35,3 8,6 11,1 42,4 2,5 100,0 466 54,9 Ensemble urbain 39,5 8,3 11,0 39,0 1,6 100,0 907 58,7 Rural 5,5 4,1 7,6 80,5 1,9 100,0 2 642 17,2 Région Niamey 43,9 8,1 10,9 35,5 0,7 100,0 441 62,8 Agadez 25,4 13,6 7,8 51,8 1,4 100,0 108 46,8 Diffa 6,4 5,0 15,2 44,9 28,6 100,0 95 26,6 Dosso 14,7 3,4 6,8 74,6 0,0 100,0 424 24,9 Maradi 9,1 8,6 10,3 68,9 2,6 100,0 678 28,0 Tahoua 8,9 3,8 6,4 79,5 0,6 100,0 658 19,1 Tillabéri 5,7 2,0 5,2 87,1 0,0 100,0 461 12,9 Zinder 9,7 3,3 9,4 75,8 1,8 100,0 683 22,4 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 1,7 1,7 5,0 89,9 1,5 100,0 484 8,4 Second 3,0 4,6 9,6 80,1 2,8 100,0 641 17,1 Moyen 3,0 4,0 6,1 84,1 2,1 100,0 753 13,1 Quatrième 8,5 4,6 8,9 76,5 1,3 100,0 706 22,0 Le plus riche 40,7 8,7 10,9 37,3 1,5 100,0 966 60,3 Ensemble 14,1 5,2 8,5 69,9 1,8 100,0 3 549 27,8 1 Correspond aux hommes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et à ceux pouvant lire une phrase entière ou une partie de phrase. Les proportions de femmes et d’hommes alphabétisés varient sensiblement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, 40 % des femmes et 59 % des hommes sont alphabétisés contre respectivement 5 % et 17 % en milieu rural. L’examen des résultats selon les régions met également en évidence des disparités spatiales de l’alphabétisation : que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, comme on l’a souligné précédemment concernant la scolarisation, c’est dans les deux régions de Niamey (48 % des femmes et 38 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme 63 % des hommes) et d’Agadez (22 % des femmes et 47 % des hommes) que l’on observe les proportions d’alphabétisés les plus élevées. En dehors de ces deux régions, les deux autres régions qui comptent les proportions les plus élevées de personnes alphabétisées sont celles de Maradi et de Diffa pour les hommes (respectivement 28 % et 27 %) et celles de Diffa et de Zinder pour les femmes (respectivement 11 % et 9 %). Pour ce qui est du quintile de bien-être, comme il fallait s’y attendre, les proportions de femmes et d’hommes qui sont alphabétisés augmentent des ménages les plus pauvres aux plus riches. Par exemple, le pourcentage de femmes alphabétisées passe de 4 % parmi celles appartenant au quintile le plus pauvre à 37 % parmi celles appartenant au quintile le plus riche. Pour les hommes, le pourcentage pour ces deux catégories passe de 8 % à 60 %. . 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS Les données relatives à l’exposition des femmes et des hommes aux médias sont particulièrement importantes pour la mise en place des programmes d'éducation et de diffusion d'informations dans tous les domaines, notamment dans ceux de la santé et de la planification familiale. Lors de l’EDSN-MICS III, des questions ont été posées aux enquêtés concernant le niveau d’écoute des médias et de lecture de journaux ou magazines. Les tableaux 3.5.1 et 3.5.2 présentent les données sur l’exposition des femmes et des hommes aux médias (la presse audiovisuelle ou écrite). Graphique 3.1 Proportion d'alphabétisés parmi les femmes et les hommes EDSN-MICS III 2006 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres villes Ensemble urbain Rural RÉGION Niamey Agadez Diffa Dosso Maradi Tahoua Tillabéri Zinder QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Femmes Hommes Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 39 Tableau 3.5.1 Exposition aux médias : femmes Pourcentage de femmes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN- MICS III 2006 Caractéristique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Exposition aux trois médias Aucun média Effectif Groupe d’âges 15-19 4,4 18,8 43,6 3,2 52,5 1 718 20-24 2,8 14,6 45,5 2,3 52,5 1 651 25-29 2,2 11,0 43,8 1,5 54,6 1 792 30-34 2,2 9,2 41,2 1,3 57,4 1 354 35-39 1,7 7,9 42,3 1,2 56,2 1 167 40-44 1,6 8,9 36,9 1,0 61,5 883 45-49 1,6 7,0 40,5 1,2 58,2 658 Milieu de résidence Niamey 14,9 65,4 74,0 11,8 14,6 822 Autres Villes 8,9 42,0 72,3 6,7 21,9 995 Ensemble urbain 11,6 52,5 73,1 9,0 18,6 1 817 Rural 0,3 2,0 35,1 0,1 64,4 7 406 Région Niamey 14,9 65,4 74,0 11,8 14,6 822 Agadez 3,9 36,5 55,2 3,2 36,2 248 Diffa 2,9 10,3 47,4 1,2 50,6 221 Dosso 1,3 9,2 45,4 0,5 52,6 1 303 Maradi 1,0 4,0 40,6 0,6 58,9 1 752 Tahoua 0,8 4,8 37,6 0,5 62,1 1 859 Tillabéri 1,2 4,5 39,3 0,8 60,0 1 329 Zinder 1,9 6,5 32,8 1,5 66,0 1 688 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,1 5,9 37,7 0,0 61,2 7 700 Primaire 3,8 27,4 60,6 1,9 34,0 963 Secondaire ou plus 34,3 68,7 79,0 26,5 11,1 560 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,3 1,1 17,8 0,1 81,9 1 755 Second 0,2 1,5 30,7 0,0 68,7 1 780 Moyen 0,1 1,7 40,3 0,0 59,2 1 756 Quatrième 0,7 3,6 47,3 0,4 52,2 1 906 Le plus riche 10,5 47,3 72,1 7,9 20,2 2 026 Ensemble 2,5 11,9 42,6 1,8 55,3 9 223 Il ressort des résultats que les hommes sont plus exposés que les femmes aux médias. En effet, environ un quart des hommes (24 %) et plus de la moitié des femmes (55 %) ne sont exposés à aucun média. De tous les médias, la radio est celui qui est le plus écouté : en effet, 43 % des femmes et 74 % des hommes ont déclaré l’écouter au moins, une fois par semaine. La télévision vient en seconde position : elle est regardée, au moins, une fois par semaine par plus d’une femme sur dix (12 %) et par plus d’un homme sur cinq (21 %). On note cependant que les hommes ont déclaré plus fréquemment que les femmes qu’ils lisaient des journaux : seulement 3 % des femmes contre 7 % des hommes ont déclaré lire un journal au moins une fois par semaine. Les proportions de ceux et celles qui ont été exposés à la fois aux trois médias sont très faibles : seulement 2 % des femmes et 5 % des hommes. Les résultats selon le milieu de résidence font apparaître des différences significatives. En milieu rural, près des deux tiers des femmes ne sont exposées à aucun média (64 %) contre 19 % en milieu urbain. Chez les hommes, l’écart est également important, la proportion variant de 29 % en rural à 10 % en urbain. 40 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme Tableau 3.5.2 Exposition aux médias : hommes Pourcentage d’hommes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN- MICS III 2006 Caractéristique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Exposition aux trois médias Aucun média Effectif Groupe d’âges 15-19 7,4 31,7 61,3 5,7 34,4 620 20-24 7,7 26,1 74,8 5,3 23,8 490 25-29 8,3 25,1 80,5 5,6 18,0 472 30-34 7,6 18,2 78,2 4,5 20,2 425 35-39 7,3 15,1 72,0 3,7 25,9 382 40-44 5,9 18,4 79,6 4,4 19,6 369 45-49 5,4 12,0 76,3 3,6 22,9 343 50-54 2,6 12,7 73,3 2,5 26,0 278 55-59 3,6 11,0 76,0 1,4 21,3 171 Milieu de résidence Niamey 26,2 77,4 88,3 23,3 5,6 441 Autres Villes 14,3 52,6 81,3 10,5 14,8 466 Ensemble urbain 20,1 64,7 84,7 16,7 10,4 907 Rural 2,0 5,8 70,2 0,3 29,0 2 642 Région Niamey 26,2 77,4 88,3 23,3 5,6 441 Agadez 14,9 49,1 79,4 10,6 18,3 108 Diffa 3,8 26,4 71,3 2,3 24,7 95 Dosso 5,6 19,1 72,9 2,8 24,9 424 Maradi 1,7 9,1 72,5 0,3 26,0 678 Tahoua 3,4 8,7 72,7 0,2 26,5 658 Tillabéri 2,3 6,5 58,0 1,7 41,2 461 Zinder 4,7 13,5 78,0 3,0 21,2 683 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,5 9,9 69,3 0,2 29,7 2 431 Primaire 7,1 30,9 79,2 2,9 16,9 616 Secondaire ou plus 35,9 61,7 89,6 27,5 6,6 502 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 1,4 4,0 47,0 0,0 51,9 484 Second 1,2 6,5 70,9 0,0 27,5 641 Moyen 2,4 5,6 80,4 0,4 19,1 753 Quatrième 2,7 6,9 73,3 0,9 26,1 706 Le plus riche 19,0 61,0 84,7 15,6 10,6 966 Ensemble 6,6 20,9 73,9 4,5 24,2 3 549 Les résultats selon les régions mettent également en évidence des disparités : la proportion de femmes n'ayant accès à aucun média est relativement faible dans les régions de Niamey et d’Agadez (respectivement, 15 % et 36 %). Elle est, par contre, très élevée dans certaines régions comme Zinder (66 %), Tahoua (62 %) et Tillabéri (60 %). Chez les hommes, la proportion de ceux n’ayant aucun accès aux médias varie d’un minimum de 6 % à Niamey à un maximum de 41 % à Tillabéri. En outre, on constate une influence très nette de l’instruction sur le niveau d’exposition aux médias. Que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, ceux ayant le niveau secondaire ou plus sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 27 % des femmes et 28 % des hommes contre seulement 2 % des femmes et 3 % des hommes ayant le niveau d’instruction primaire. Parmi les femmes sans instruction, 61 % ne sont exposées à aucun média. Chez les hommes, cette proportion est de 30 %. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 41 De même que pour le niveau d’instruction, on note une relation positive entre le niveau de bien- être du ménage et l’exposition aux médias. On constate que ce sont les hommes et les femmes vivant dans les ménages les plus riches qui sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 16 % des hommes et 8 % des femmes contre 0 % des hommes et 0,1 % des femmes des ménages les plus pauvres. 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE Lors de l’EDSN-MICS III, des questions relatives à l’emploi ont été posées aux hommes et aux femmes. Précisons que les hommes et les femmes qui ont déclaré avoir eu au cours des douze mois ayant précédé l’enquête, une activité rémunérée ou non, indépendamment du secteur d’activité, ont été considérés comme actif. Les résultats sont présentés au tableau 3.6. Dans l’ensemble, on constate que 60 % des femmes ne travaillaient pas au moment de l’enquête. Cependant, parmi ces femmes, une faible proportion (7 %) avait travaillé au cours des 12 mois qui avaient précédé l’enquête. La majorité ne travaillait pas et n’avait pas non plus travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (53 %). À l’opposé, près de quatre femmes sur dix (40 %) exerçaient une activité au moment de l’enquête (tableau 3.5 et graphique 3.2). On note que le pourcentage de femmes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente régulièrement avec l’âge, passant d’un minimum de 32 % à 15-19 ans à un maximum de 54 % à 45-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que ce sont les femmes en rupture d’union (45 %) qui étaient proportionnellement les plus nombreuses à exercer une activité au moment de l’enquête contre 40 % de celles en union et 37 % des célibataires. Le nombre d’enfants influence également l’activité économique de la femme. Plus le nombre d’enfants augmente, plus la proportion de femmes exerçant une activité augmente: de 35 % quand celles- ci n’ont pas d’enfants, la proportion passe à 48 % quand elles en ont 5 ou plus. Les données selon le milieu de résidence ne font pas apparaître d’écarts (entre 39 % à Niamey et 41 % dans les Autres Villes). Par contre, dans les régions, on note des différences, la proportion de femmes ayant une activité au moment de l’enquête variant d’un minimum de 21 % à Diffa et 27 % à Tillabéri à un maximum de 46 % à Maradi et 66 % à Dosso. L’instruction ne semble pas influencer de manière importante le niveau d’activité des femmes puisque parmi celles sans instruction et parmi celles ayant un niveau primaire, 40 % travaillaient contre 39 % parmi celles ayant un niveau secondaire. Par contre, les femmes des ménages les plus riches et du quintile moyen étaient plus fréquemment occupées (42 % dans chaque cas) que celles des ménages les plus pauvres (36 %). Les résultats concernant les hommes montrent qu’une proportion plus élevée que celle observée chez les femmes (65 % contre 40 %) exerçait une activité quelconque au moment de l’enquête. On constate, comme chez les femmes, mais de manière plus irrégulière, que le pourcentage d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente avec l’âge, passant de 35 % à 15-19 ans à un maximum de 83 % à 30-34 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que les hommes en union et ceux en rupture d’union étaient, proportionnellement, les plus nombreux à travailler au moment de l’enquête (respectivement, 73 % et 80 %). Par rapport au milieu de résidence, on ne note pas d’écart important. Concernant le niveau d’instruction, les résultats montrent que les hommes sans niveau d’instruction et ceux de niveau primaire étaient proportionnellement un peu plus nombreux à travailler (respectivement 67 % et 66 %) que ceux ayant un niveau secondaire ou plus (55 %). Enfin, les résultats selon les quintiles ne font pas apparaître d’écarts significatifs. 42 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme Tableau 3.6 Emploi Répartition (en %) des femmes et des hommes selon qu’ils ont ou non travaillé et par durée de l'emploi, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Femmes Hommes Caractéristique Travaille actuelle- ment Ne travaille pas actuelle- ment mais a travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Ne travaille pas et n’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête Total Effectif Travaille actuelle- ment Ne travaille pas actuelle- ment mais a travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Ne travaille pas et n’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête Total Effectif Groupe d’âges 15-19 32,0 6,0 62,0 100,0 1 718 35,0 19,0 44,2 100,0 620 20-24 32,2 7,8 60,1 100,0 1 651 58,6 21,9 19,0 100,0 490 25-29 38,3 8,1 53,6 100,0 1 792 64,3 27,4 7,9 100,0 472 30-34 42,4 7,8 49,7 100,0 1 354 82,6 14,3 3,1 100,0 425 35-39 45,1 7,8 47,1 100,0 1 167 78,8 17,6 3,6 100,0 382 40-44 49,4 7,2 43,3 100,0 883 74,4 21,9 3,5 100,0 369 45-49 53,7 4,3 42,0 100,0 658 72,1 19,2 8,7 100,0 343 50-54 na na na na na 74,6 19,9 5,5 100,0 278 55-59 na na na na na 72,6 21,6 5,7 100,0 171 État matrimonial Célibataire 36,6 4,3 59,2 100,0 916 47,0 18,5 33,2 100,0 1 109 En union 39,8 7,6 52,6 100,0 7 941 73,2 21,5 5,2 100,0 2 360 Rupture d’union 44,7 5,1 50,1 100,0 366 80,1 10,9 9,1 100,0 80 Nombre d'enfants vivants 0 34,6 5,5 59,9 100,0 1 804 64,3 17,5 17,8 100,0 797 1-2 34,7 6,9 58,3 100,0 2 622 69,1 18,3 12,2 100,0 1 138 3-4 40,3 9,2 50,3 100,0 2 343 62,3 23,3 13,7 100,0 843 5+ 47,9 6,8 45,3 100,0 2 453 63,5 23,0 13,4 100,0 771 Milieu de résidence Niamey 39,1 3,7 57,1 100,0 822 66,4 8,6 24,3 100,0 441 Autres Villes 40,7 1,7 57,5 100,0 995 67,9 9,2 22,3 100,0 466 Ensemble urbain 40,0 2,6 57,3 100,0 1 817 67,2 8,9 23,2 100,0 907 Rural 39,5 8,3 52,1 100,0 7 406 64,5 24,2 10,9 100,0 2 642 Région Niamey 39,1 3,7 57,1 100,0 822 66,4 8,6 24,3 100,0 441 Agadez 35,2 1,4 63,5 100,0 248 75,1 7,3 17,7 100,0 108 Diffa 21,0 0,2 78,7 100,0 221 85,1 2,8 11,4 100,0 95 Dosso 65,6 7,4 27,0 100,0 1 303 51,6 38,9 9,5 100,0 424 Maradi 45,6 10,4 44,0 100,0 1 752 70,1 16,6 12,3 100,0 678 Tahoua 28,1 0,3 71,6 100,0 1 859 65,5 29,4 5,1 100,0 658 Tillabéri 26,9 12,1 60,9 100,0 1 329 63,3 17,0 18,7 100,0 461 Zinder 39,4 11,0 49,5 100,0 1 688 64,5 18,2 17,3 100,0 683 Niveau d'instruction Aucune instruction 39,6 7,7 52,6 100,0 7 700 66,9 23,0 9,8 100,0 2 431 Primaire 40,1 5,4 54,4 100,0 963 66,4 18,8 14,5 100,0 616 Secondaire ou plus 38,6 3,3 58,1 100,0 560 55,3 9,3 34,3 100,0 502 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 35,6 8,1 56,1 100,0 1 755 60,4 27,7 11,9 100,0 484 Second 38,4 9,4 52,2 100,0 1 780 61,6 26,2 11,9 100,0 641 Moyen 41,8 8,2 50,0 100,0 1 756 62,7 25,4 11,0 100,0 753 Quatrième 40,3 7,5 52,1 100,0 1 906 70,3 19,6 10,0 100,0 706 Le plus riche 41,7 3,3 55,0 100,0 2 026 68,2 9,3 21,9 100,0 966 Ensemble 39,6 7,2 53,1 100,0 9 223 65,2 20,3 14,1 100,0 3 549 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 43 Les tableaux 3.7.1 et 3.7.2 présentent les résultats sur le type d’occupation des femmes et des hommes. Il en ressort que plus des trois quarts des femmes, parmi celles qui exerçaient une activité au moment de l’enquête ou qui avaient exercé une activité au cours des douze derniers mois ayant précédé l'enquête, travaillaient dans le secteur des ventes et services (39 %) ou dans l’agriculture (40 %). En outre, dans 17 % des cas, les femmes exerçaient un emploi manuel qualifié. Les proportions en fonction des autres types d’occupation sont très faibles. Seulement 2 % exerçaient un emploi de cadre ou une activité professionnelle technique ou administrative. Selon le milieu de résidence, on constate que la proportion de femmes ayant déclaré une activité agricole est bien sûr plus élevée en milieu rural (47 %) qu’en milieu urbain (4 %). Dans les régions, on note que cette proportion est très faible dans les régions d’Agadez et de Niamey (respectivement, 1 % et 4 %). Á l’opposé, dans celles de Dosso, Maradi et Tillabéri, au moins une femme sur deux travaille dans l’agriculture. Dans la région de Diffa, cette proportion est inférieure à 10 %. En ce qui concerne le niveau d’instruction, les résultats montrent que parmi les femmes sans instruction, 43 % étaient occupées dans l’agriculture contre 28 % parmi celles de niveau primaire et seulement 5 % parmi celles de niveau secondaire ou plus. En ce qui concerne les hommes, on constate que près d’un sur deux (47 %) travaillait au moment de l’enquête, dans l’agriculture ; en outre, un homme sur quatre (25 %) travaillait dans le secteur des ventes et services et 17 % exerçaient un emploi manuel qualifié. Selon le milieu de résidence, on constate, comme on pouvait s’y attendre, que c’est en milieu rural que la proportion d’hommes ayant une activité agricole est la plus élevée (57 % contre 12 % en milieu urbain). Par contre, en milieu urbain, la proportion d’hommes exerçant un travail manuel qualifié ou non est deux fois plus élevée que celle observée en milieu rural (29 % contre 14 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction, les résultats montrent que parmi les hommes sans instruction, 54 % travaillaient dans l’agriculture. Parmi ceux ayant un niveau primaire, près d’un tiers était employé dans les Ventes et Services (32 %) tandis que parmi ceux ayant un niveau secondaire ou plus, plus d’un sur quatre (26,5 %) exerçait un emploi de cadre ou une activité professionnelle technique ou administrative. On note que cette proportion augmente régulièrement avec le bien-être du ménage, passant de 0,3 % chez les hommes vivant dans les ménages les plus pauvres à10 % chez ceux des ménages les plus riches. Graphique 3.2 Travail des femmes et des hommes EDSN-MICS III 2006 Femmes 15-49 ans Hommes 15-59 ans Ne travaille pas actuellement, mais a travaillé au cours des 12 mois précédant l'enquête 7 % Ne travaille pas actuellement, mais a travaillé au cours des 12 mois précédant l'enquête 20 % Ne travaille pas actuellement et n'a pas travaillé au cours des 12 mois précédant l'enquête 53 % Ne travaille pas actuellement et n'a pas travaillé au cours des 12 mois précédant l'enquête 14 % Travaille actuellement 40 % Travaille actuellement 65% 44 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme Tableau 3.7.1 Occupation : femmes Répartition (en %) des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête par type d'occupation selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Caractéristique Cadre/ technicien/ adminis tratif Employé Ventes et services Travail manuel qualifié Travail manuel non qualifié Travaux domes- tiques Agricul- ture ND Total Effectif Groupe d’âges 15-19 0,3 0,0 31,2 18,6 0,1 1,6 45,4 2,8 100,0 652 20-24 1,3 0,7 33,4 17,9 0,1 1,5 43,7 1,4 100,0 659 25-29 1,5 1,3 33,1 18,8 0,0 0,7 43,9 0,6 100,0 831 30-34 2,9 1,3 41,1 17,5 0,0 0,5 35,5 1,2 100,0 679 35-39 2,4 1,3 40,5 16,7 0,0 0,7 38,0 0,5 100,0 617 40-44 1,7 0,9 50,8 11,7 0,0 0,7 33,7 0,6 100,0 500 45-49 1,8 1,1 49,1 16,3 0,0 0,4 30,4 1,0 100,0 381 État matrimonial Célibataire 3,0 2,4 43,6 20,2 0,2 4,4 21,3 4,9 100,0 374 En union 1,5 0,7 37,0 16,8 0,0 0,5 42,7 0,8 100,0 3 763 Rupture d’union 2,9 2,5 62,2 16,0 0,0 2,4 12,7 1,3 100,0 182 Nombre d'enfants vivants 0 2,2 1,4 32,5 21,9 0,1 2,7 35,9 3,3 100,0 723 1-2 1,9 1,4 32,0 18,2 0,1 0,8 44,9 0,8 100,0 1 093 3-4 1,8 0,9 36,9 15,1 0,0 0,5 43,9 1,0 100,0 1 162 5+ 1,2 0,4 48,9 15,3 0,0 0,3 33,4 0,4 100,0 1 341 Milieu de résidence Niamey 8,0 9,2 50,0 18,9 0,2 5,8 3,8 4,1 100,0 352 Autres Villes 6,8 1,9 67,0 14,0 0,2 3,8 4,5 1,8 100,0 423 Ensemble urbain 7,4 5,2 59,3 16,2 0,2 4,7 4,1 2,9 100,0 775 Rural 0,5 0,0 34,1 17,3 0,0 0,1 47,3 0,8 100,0 3 544 Région Niamey 8,0 9,2 50,0 18,9 0,2 5,8 3,8 4,1 100,0 352 Agadez 3,4 1,1 44,0 47,4 0,0 2,0 1,3 0,9 100,0 91 Diffa 1,9 0,6 82,3 5,2 0,0 2,0 6,7 1,3 100,0 47 Dosso 0,6 0,2 25,1 20,6 0,0 0,2 52,6 0,7 100,0 951 Maradi 0,5 0,2 46,0 2,7 0,1 0,0 50,2 0,5 100,0 982 Tahoua 2,2 0,0 38,5 32,5 0,0 1,2 24,8 0,8 100,0 527 Tillabéri 0,8 0,2 18,7 27,7 0,0 0,3 49,6 2,7 100,0 519 Zinder 1,8 0,3 49,8 10,4 0,0 0,7 36,5 0,5 100,0 850 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,2 0,0 38,1 17,0 0,0 0,8 43,1 0,7 100,0 3 645 Primaire 0,8 0,9 48,7 17,7 0,2 1,3 28,4 2,1 100,0 439 Secondaire ou plus 27,2 15,3 27,8 16,6 0,0 1,2 5,1 6,9 100,0 235 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,0 28,5 22,8 0,0 0,1 48,2 0,4 100,0 768 Second 0,3 0,0 27,7 17,2 0,0 0,0 53,7 1,2 100,0 851 Moyen 0,0 0,0 33,0 17,1 0,1 0,4 48,8 0,7 100,0 878 Quatrième 0,6 0,1 41,9 13,6 0,1 1,2 41,6 0,9 100,0 912 Le plus riche 7,2 4,4 59,6 15,7 0,0 2,5 8,1 2,5 100,0 911 Ensemble 1,7 1,0 38,6 17,1 0,0 0,9 39,5 1,2 100,0 4 319 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 45 Tableau 3.7.2 Occupation : hommes Répartition (en %) des hommes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête par type d'occupation selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Caractéristique Cadre/ technicien/ adminis tratif Employé Ventes et services Travail manuel qualifié Travail manuel non qualifié Travaux domes- tiques Agricul- ture ND Total Effectif Groupe d’âges 15-19 0,7 1,2 27,2 21,1 1,1 1,0 43,1 4,6 100,0 335 20-24 4,8 3,1 32,0 18,9 1,2 1,2 36,5 2,4 100,0 395 25-29 4,2 2,1 24,6 18,7 0,7 1,7 43,9 4,0 100,0 433 30-34 4,4 3,0 28,8 15,0 0,1 1,5 43,7 3,6 100,0 411 35-39 2,0 5,9 26,0 16,1 0,0 0,5 47,6 1,9 100,0 368 40-44 4,7 3,9 20,9 14,6 0,4 0,5 53,4 1,7 100,0 356 45-49 3,2 2,3 21,8 15,8 0,3 1,0 53,6 1,9 100,0 313 50-54 2,3 3,4 21,7 18,9 0,0 1,2 51,4 1,1 100,0 262 55-59 1,1 2,3 16,8 15,3 0,0 1,0 61,5 2,1 100,0 161 État matrimonial Célibataire 5,3 3,2 30,6 22,1 1,2 1,7 31,7 4,1 100,0 726 En union 2,6 3,0 23,6 15,7 0,3 0,8 51,9 2,1 100,0 2 235 Rupture d’union 2,8 5,5 19,0 14,5 0,0 3,5 46,4 8,3 100,0 72 Nombre d'enfants vivants 0 5,8 4,0 28,9 16,7 0,9 2,2 38,5 3,0 100,0 652 1-2 2,7 2,1 25,2 19,3 0,3 0,8 46,6 3,0 100,0 995 3-4 2,3 3,4 23,3 15,8 0,3 0,8 52,3 2,0 100,0 721 5+ 2,8 3,3 23,7 16,3 0,5 0,7 50,0 2,8 100,0 666 Milieu de résidence Niamey 11,1 10,1 29,9 28,7 0,5 5,5 9,1 5,0 100,0 331 Autres Villes 6,0 5,7 37,2 27,8 1,8 2,5 14,0 5,0 100,0 359 Ensemble urbain 8,4 7,8 33,7 28,2 1,2 4,0 11,7 5,0 100,0 690 Rural 1,8 1,7 22,7 14,0 0,3 0,2 57,3 2,0 100,0 2 344 Région Niamey 11,1 10,1 29,9 28,7 0,5 5,5 9,1 5,0 100,0 331 Agadez 3,9 8,2 31,0 30,0 0,7 3,4 21,4 1,4 100,0 89 Diffa 2,8 2,4 28,0 16,3 0,0 0,0 48,6 1,9 100,0 84 Dosso 4,7 1,6 22,0 15,1 1,3 0,6 50,6 4,0 100,0 383 Maradi 1,2 1,2 21,2 13,9 0,5 0,2 59,9 1,9 100,0 588 Tahoua 2,4 2,3 24,2 14,5 0,3 0,5 52,7 3,2 100,0 624 Tillabéri 2,9 1,1 39,3 16,3 0,0 0,8 36,8 2,9 100,0 370 Zinder 1,1 3,3 19,4 17,2 0,4 0,3 57,2 1,0 100,0 565 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,4 1,3 24,3 17,3 0,4 0,8 53,9 1,7 100,0 2 185 Primaire 1,1 4,3 32,0 18,0 1,1 2,7 37,5 3,4 100,0 524 Secondaire ou plus 26,5 13,0 20,0 15,5 0,4 0,6 15,5 8,4 100,0 324 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,3 1,3 19,6 16,3 0,5 0,5 59,5 2,0 100,0 427 Second 0,6 2,0 21,5 13,9 0,0 0,0 60,7 1,3 100,0 563 Moyen 1,3 1,5 24,5 12,6 0,3 0,2 57,6 2,0 100,0 663 Quatrième 2,1 2,2 25,5 15,5 0,3 0,2 52,5 1,6 100,0 634 Le plus riche 9,7 7,1 31,6 25,9 1,1 3,8 15,2 5,7 100,0 748 Ensemble 3,3 3,1 25,2 17,2 0,5 1,1 47,0 2,7 100,0 3 034 46 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme Le tableau 3.8 présente la répartition des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type de revenus, type d’employeur et en fonction de la régularité de l’emploi. Dans l’ensemble, on constate qu’un peu plus de la moitié (56 %) ont été payées en argent seulement, dans 9 % des cas, les femmes ont été payées en argent et en nature et, dans une même proportion, en nature seulement (9 %). Enfin, un quart des femmes n’ont reçu aucune rémunération en échange de leur travail (25 %) (graphique 3.3). Les femmes travaillant ou ayant travaillé dans le secteur non agricole ont été plus fréquemment payées en argent (78 %) que celles qui ont exercé une activité dans le domaine agricole (23 %). En outre, 44 % des femmes employées dans l’agriculture n’ont pas été payées pour leur travail contre 13 % de celles qui ont travaillé dans un autre domaine. Tableau 3.8 Type d'emploi Répartition (en %) des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête par type de revenu, type d'employeur et régularité de l'emploi, selon le type de l'emploi (agricole ou non agricole), EDSN-MICS III 2006 Caractéristique de l'emploi Travail agricole Travail non agricole ND Ensemble Type de revenu Argent seulement 23,3 78,4 33,9 56,1 Argent et en nature 11,1 7,9 6,9 9,2 En nature seulement 22,1 0,7 3,0 9,2 Sans rémunération 43,5 12,8 49,4 25,4 ND 0,0 0,2 6,7 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Type d'employeur Travaille pour un membre de la famille 10,1 3,5 2,1 6,1 Travaille pour quelqu'un d'autre que la famille 3,0 3,5 7,4 3,4 Travaille à son propre compte 86,8 92,7 83,8 90,3 ND 0,1 0,3 6,7 0,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Régularité du travail Annuel 2,2 54,8 38,8 33,8 Saisonnier 95,7 13,2 40,0 46,1 Occasionnel 1,5 31,3 14,5 19,3 ND 0,6 0,7 6,7 0,7 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 708 2 561 50 4 319 Note : Le total comprend les femmes dont l'information sur le type d'emploi est manquante. De plus, dans la majorité des cas (90 %), les femmes ont déclaré travailler pour leur propre compte, que le travail soit effectué dans le domaine agricole ou non. Dans le secteur agricole, les femmes ont été en proportion plus nombreuses à travailler pour un membre de la famille que dans le secteur non agricole (10 % contre 4 %). Enfin, les résultats montrent que dans 34 % des cas, les femmes ont travaillé toute l'année, en particulier celles ayant travaillé dans le secteur non agricole (55 %). Dans le secteur agricole, la majorité des femmes (95 %) ont travaillé de manière saisonnière. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 47 Le tableau 3.9 présente les proportions de femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 derniers mois par type d’employeur selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Comme on l’a constaté au tableau précédent, la majorité des femmes (90 %) ont déclaré travailler à leur propre compte. Cette proportion augmente avec l'âge : elle passe de 75 % parmi celles âgées de 15-19 ans à 96 % parmi celles de 45-49 ans. C’est en milieu rural (92 %) et parmi celles n’ayant aucune instruction (91 %) que la proportion de femmes travaillant à leur compte est la plus élevée. En outre, 3 % des femmes travaillaient pour quelqu'un d'autre que la famille. Il s’agit surtout des femmes urbaines (9 %) et de celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (15 %). Enfin, 6 % travaillaient pour un membre de la famille. Parmi les plus jeunes (18 % à 15-19 ans), parmi celles de niveau primaire (8 %) et en milieu urbain (7 %), cette proportion est plus élevée qu’ailleurs. Graphique 3.3 Type de revenu des femmes de 15-49 ans EDSN-MICS III 2006 Argent seulement 56% Argent et en nature 9% En nature seulement 9% Sans rémunération 25% ND 0% 48 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme Tableau 3.9 Type d’employeur Répartition (en %) des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête par type d'employeur, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Type d'employeur Caractéristique Travaille pour un membre de la famille Travaille pour quelqu'un d'autre que la famille Travaille à son propre compte ND Total Effectif Groupe d’âges 15-19 18,3 6,9 74,7 0,1 100,0 652 20-24 8,4 4,7 86,8 0,1 100,0 659 25-29 3,4 2,0 94,6 0,1 100,0 831 30-34 2,7 3,7 93,2 0,4 100,0 679 35-39 3,0 2,4 93,6 0,9 100,0 617 40-44 3,4 1,4 95,1 0,2 100,0 500 45-49 2,0 1,6 96,4 0,0 100,0 381 Milieu de résidence Niamey 8,7 13,4 77,2 0,7 100,0 352 Autres Villes 5,8 4,5 89,6 0,1 100,0 423 Ensemble urbain 7,1 8,6 83,9 0,4 100,0 775 Rural 5,9 2,2 91,6 0,2 100,0 3 544 Niveau d'instruction Aucune instruction 5,9 2,4 91,4 0,3 100,0 3 645 Primaire 8,2 5,1 86,5 0,3 100,0 439 Secondaire ou plus 5,7 14,6 79,6 0,2 100,0 235 Ensemble 6,1 3,4 90,3 0,3 100,0 4 319 3.5.1 Utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage Le tableau 3.10 présente d’une part, la répartition des femmes qui travaillent selon la personne qui décide de l’utilisation de leur revenu et d’autre part la répartition des femmes qui travaillent selon la part des dépenses du ménage qui sont couvertes par leurs revenus. Au Niger, plus de huit femmes sur dix (85 %) décident seules de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent. Cette proportion augmente avec l’âge : de 60 % chez les jeunes femmes de 15-19 ans, la proportion passe à 95 % chez celles de 40-44 ans. C’est parmi les femmes en rupture d’union (97 %) que l’on note la proportion la plus élevée de femmes qui dispose le plus fréquemment « d’autonomie financière ». À l’opposé, parmi les femmes ayant un niveau primaire (79 %) et parmi les célibataires (50 %), cette proportion est plus faible. En outre, dans 9 % des cas, les femmes ont déclaré décider conjointement avec quelqu’un d’autre. Cette proportion est de 20 % parmi les célibataires et de 18 % parmi les plus jeunes de 15-19 ans. Enfin, dans 5 % des cas, c'est une autre personne qui décide seule de l'utilisation de l'argent gagné par la femme. Il s’agit essentiellement des femmes les plus jeunes (21 % à 15-19 ans) et de celles qui sont célibataires (30 %). Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 49 Tableau 3.10 Décision de l'utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage Répartition (en %) des femmes travaillant ou ayant travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête et qui gagnent de l'argent en fonction de la personne qui décide de son utilisation et de la proportion dépensée pour les charges du ménage, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Décision sur l'utilisation des revenus Dépenses du ménage couvertes par les gains Caractéristique Enquêtée toute seule Conjointe- ment avec quelqu'un d'autre1 Autre personne décide seule2 ND Total Pratique- ment aucune Moins de la moitié Au moins la moitié Toutes ND Total Effectif Groupe d’âges 15-19 59,9 18,2 21,3 0,6 100,0 36,4 24,5 27,6 10,8 0,7 100,0 367 20-24 85,1 9,5 5,0 0,4 100,0 33,4 24,8 34,5 7,3 0,0 100,0 392 25-29 87,2 10,3 2,2 0,2 100,0 24,9 30,2 35,3 9,6 0,0 100,0 533 30-34 90,0 6,9 2,6 0,4 100,0 24,7 29,5 33,6 12,1 0,2 100,0 453 35-39 86,9 10,5 1,7 0,9 100,0 17,1 25,9 41,9 14,9 0,2 100,0 419 40-44 95,0 3,1 1,9 0,0 100,0 15,1 25,7 45,9 13,3 0,0 100,0 360 45-49 93,2 5,1 1,7 0,0 100,0 16,2 23,6 38,7 20,9 0,6 100,0 293 État matrimonial Célibataire 50,2 20,4 29,5 0,0 100,0 28,1 23,4 36,3 12,0 0,1 100,0 248 En union 88,3 8,6 2,8 0,4 100,0 24,4 28,1 37,0 10,3 0,2 100,0 2 415 Rupture d’union 97,2 1,9 0,8 0,0 100,0 14,5 10,4 31,2 44,0 0,0 100,0 154 Milieu de résidence Niamey 86,2 4,5 9,3 0,0 100,0 22,0 32,8 29,5 14,7 1,0 100,0 67 Autres Villes 86,9 6,6 6,3 0,2 100,0 23,0 29,2 36,9 10,9 0,0 100,0 590 Ensemble urbain 86,9 6,4 6,6 0,2 100,0 22,9 29,5 36,2 11,3 0,1 100,0 656 Rural 84,9 10,1 4,5 0,4 100,0 24,6 25,8 36,7 12,6 0,3 100,0 2 160 Niveau d'instruction Aucune instruction 86,0 9,1 4,5 0,4 100,0 24,3 26,4 36,4 12,7 0,2 100,0 2 305 Primaire 79,3 11,8 8,5 0,3 100,0 23,3 28,2 36,4 12,1 0,0 100,0 320 Secondaire ou plus 87,7 6,8 5,1 0,4 100,0 25,0 27,8 39,1 7,7 0,4 100,0 191 Quintiles de bien- être économique Le plus pauvre 82,8 12,2 4,1 0,8 100,0 20,5 21,0 41,8 16,3 0,4 100,0 484 Second 84,2 9,7 5,5 0,6 100,0 19,8 33,7 35,9 10,1 0,6 100,0 494 Moyen 85,5 11,4 2,9 0,2 100,0 26,7 23,2 35,6 14,5 0,0 100,0 532 Quatrième 84,1 9,3 6,5 0,2 100,0 24,5 24,7 37,7 13,1 0,1 100,0 579 Le plus riche 88,9 5,3 5,6 0,2 100,0 27,6 29,9 33,5 8,8 0,1 100,0 728 Ensemble 85,4 9,2 5,0 0,4 100,0 24,2 26,7 36,6 12,3 0,2 100,0 2 816 1 En commun avec le conjoint ou quelqu'un d'autre. 2 Y compris le conjoint. En ce qui concerne la contribution des femmes aux dépenses du ménage, les données collectées au cours de l'EDSN-MICS III révèlent que dans environ un quart des cas, aucune dépense n’est couverte par les gains de la femme (24 %) : cette proportion est élevée parmi les jeunes de 15-19 ans (36 %) et les célibataires (28 %). De même, en milieu rural, 25 % des femmes ne contribuent en aucune manière aux dépenses du ménage. À l’opposé, seulement 12 % des femmes qui gagnent de l’argent affectent la totalité de leur revenu aux dépenses du ménage. Les femmes, qui prennent en charge toutes les dépenses du ménage avec leur revenu, sont celles qui sont âgées de 30 ans ou plus (entre 12 % et 21 %) et celles qui sont en rupture d’union (44 %). La répartition selon le milieu de résidence, le niveau d’instruction et le niveau de bien-être du ménage, ne met pas en évidence d’écarts importants. Par ailleurs, on note aussi que plus de trois femmes sur dix (37 %) couvrent au moins la moitié des dépenses du ménage avec leur revenu. Ce comportement est moins fréquent chez les jeunes femmes de 15-19 ans (28 %) qu’à partir de 35 ans (au moins 39 %). 50 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme 3.5.2 Prise de décision dans le ménage Pour évaluer le rôle et le niveau d’implication des femmes dans la prise de décision au sein du ménage, des questions ont été posées aux femmes pour savoir qui, de l’enquêtée ou de quelqu’un d’autre, avait le dernier mot dans certaines décisions. Ces décisions portaient sur les soins de santé de la femme, les achats importants pour le ménage, les achats quotidiens pour le ménage, les visites à la famille et/ou aux parents et la préparation quotidienne des repas. Selon le tableau 3.11, qui ne présente les résultats que pour les femmes en union, on constate que c’est dans la préparation quotidienne des repas que les femmes ont le plus fréquemment le dernier mot (41 %). Par contre, quand il s’agit de leurs propres soins de santé, seulement 17 % décident en dernier ressort et dans 72 % des cas, c’est le conjoint seul qui décide. C’est en ce qui concerne la décision sur les achats importants du ménage que la proportion de femmes qui ont le dernier mot est la plus faible (8 %). Dans 81 % des cas, c’est le conjoint seul qui a le dernier mot. Tableau 3.11 Participation des femmes dans la prise de décision Répartition (en %) des femmes en union en fonction de la personne qui a le dernier mot dans certaines prises de décision, selon l'état matrimonial et le type de décision, EDSN-MICS III 2006 En union Type de décision Enquêtée elle- même Avec son conjoint Avec quelqu'un d'autre Conjoint seul Quelqu'un d'autre seul Aucune décision prise ND Total Effectif Propres soins de santé 17,1 7,0 0,5 71,5 3,5 0,3 0,1 100,0 7 941 Achats importants pour le ménage 7,6 5,8 0,4 81,0 4,6 0,5 0,1 100,0 7 941 Achats quotidiens pour le ménage 11,3 7,4 0,4 76,5 3,8 0,5 0,1 100,0 7 941 Visites à la famille ou aux proches 14,7 8,2 0,3 72,2 4,0 0,5 0,1 100,0 7 941 Préparation quotidienne des repas 40,5 4,9 1,3 48,3 4,3 0,5 0,2 100,0 7 941 Le tableau 3.12 présente les proportions de femmes qui ont déclaré avoir le dernier mot dans certaines prises de décisions en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, on constate que moins d’une femme sur dix (9 %), qu'elle soit en union ou pas, a déclaré avoir décidé en dernier ressort pour toutes les décision citées et, à l’opposé, plus de quatre femmes sur dix (43 %) n’ont eu le dernier mot dans aucune décision. Les femmes en rupture d’union sont proportionnellement les plus nombreuses à avoir le dernier mot (43 % contre 8 % parmi celles en union et 9 % pour les célibataires) dans toutes les décisions citées. Par contre, 57 % des jeunes femmes de 15-19 ans, 64 % des célibataires et 48 % des femmes qui ne travaillent pas ont déclaré n’avoir le dernier mot dans aucune décision. En outre, il semble que le niveau d’instruction n’influence pas le niveau de participation des femmes dans les décisions, les proportions de femmes ayant eu le dernier mot dans toutes les décisions variant de 9 % parmi celles sans instruction à 10 % parmi celles qui sont instruites. Par contre, les femmes qui exercent un travail rémunéré sont proportionnellement plus nombreuses à avoir le dernier mot dans toutes les décisions (15 %) que celles qui travaillent sans être payées (11 %) et surtout que celles qui ne travaillent pas (6 %). Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 51 Tableau 3.12 Participation des femmes dans la prises de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes qui déclarent avoir le dernier mot, seule ou en commun avec quelqu'un, dans certaines prises de décision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Décide seule ou en commun avec quelqu'un de : Caractéristique Propres soins de santé Achats importants pour le ménage Achats quotidiens pour le ménage Visites à la famille ou aux proches Préparation quotidienne des repas Toutes les décisions citées Aucune des décisions citées Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 18,0 8,3 11,7 17,0 30,1 4,7 57,0 1 718 20-24 23,1 11,1 16,5 21,3 43,5 6,1 42,4 1 651 25-29 24,6 14,1 19,6 24,3 44,3 7,8 40,8 1 792 30-34 27,0 15,7 20,3 25,4 48,8 9,8 39,8 1 354 35-39 26,7 17,0 23,1 27,1 48,7 10,3 37,8 1 167 40-44 34,9 22,7 28,2 29,2 50,6 15,7 36,1 883 45-49 37,3 28,5 30,8 35,9 55,6 21,0 32,8 658 État matrimonial Célibataire 22,0 12,4 13,1 21,4 18,8 9,3 64,3 916 En union 24,6 13,8 19,1 23,2 46,7 7,7 40,5 7 941 Rupture d’union 57,2 45,4 49,7 53,6 51,8 43,0 32,8 366 Milieu de résidence Niamey 38,5 21,3 24,9 23,4 49,1 12,3 36,6 130 Autres Villes 25,5 18,7 21,2 25,9 39,4 10,4 46,4 1 687 Ensemble urbain 26,4 18,9 21,5 25,7 40,1 10,5 45,7 1 817 Rural 25,4 14,0 19,3 23,8 45,1 8,9 41,8 7 406 Niveau d'instruction Aucune instruction 25,6 14,6 19,8 24,2 44,9 9,1 41,9 7 700 Primaire 25,4 16,4 19,1 24,4 42,6 10,2 44,6 963 Secondaire ou plus 26,8 16,9 19,5 23,7 36,4 9,6 48,0 560 Emploi Ne travaille pas actuellement 19,0 9,4 14,4 21,6 40,4 6,3 48,3 5 549 Travail payé 38,0 23,9 28,9 30,9 52,8 14,6 30,3 2 597 Travail non payé 29,5 22,0 24,9 21,1 42,6 10,9 42,9 1 051 Quintiles de bien- être économique Le plus pauvre 25,2 15,0 23,0 28,3 43,1 10,7 44,3 1 755 Second 25,5 13,6 19,6 23,0 45,1 9,0 43,5 1 780 Moyen 27,8 13,9 19,5 22,6 48,8 8,4 37,5 1 756 Quatrième 25,9 15,4 17,7 26,0 46,5 9,4 38,3 1 906 Le plus riche 23,9 16,6 19,2 21,4 38,1 8,7 48,6 2 026 Ensemble1 25,6 15,0 19,7 24,2 44,1 9,2 42,6 9 223 1 Y compris 26 cas pour lesquels l’emploi n’est pas déterminé 3.5.3 Opinion des femmes sur la violence conjugale Au cours de l’EDSN-MICS III, on a demandé aux femmes si elles pensaient que pour certaines raisons qui étaient citées, il était justifié qu’un homme batte son épouse ou sa partenaire. Le tableau 3.13 présente les pourcentages de femmes qui sont d’accord avec certaines raisons spécifiques justifiant qu’un mari batte sa femme ou sa partenaire. Ces proportions sont présentées selon différentes caractéristiques sociodémographiques des femmes enquêtées. La majorité des femmes (70 %) pense que, pour au moins une des raisons citées, un homme a le droit de battre sa femme ou partenaire. C’est parmi les femmes en union (71 %), celles de Niamey (84 %) et celles ayant un niveau d’instruction primaire (74 %) que la proportion de celles qui partagent cette opinion est la plus élevée. 52 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme Tableau 3.13 Opinion des femmes concernant le fait qu'un mari batte sa femme Pourcentage de femmes qui pensent qu'il est justifié que, dans certaines circonstances, un mari batte sa femme, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Pense qu'il est justifié qu'un mari batte sa femme quand : Caractéristique Elle brûle la nourriture Elle discute ses opinions Elle sort sans le lui dire Elle néglige les enfants Elle refuse d'avoir des rapports sexuels avec lui D'accord avec au moins une des raisons mentionnées Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 42,5 46,3 53,7 50,0 50,9 67,9 1 718 20-24 44,5 48,0 57,7 53,4 57,1 71,4 1 651 25-29 43,5 46,2 56,1 51,6 58,3 69,6 1 792 30-34 45,7 50,0 58,9 53,2 61,7 72,9 1 354 35-39 43,2 47,4 57,5 53,2 58,1 70,3 1 167 40-44 46,1 47,2 55,0 51,0 57,5 69,8 883 45-49 41,4 43,8 56,5 48,3 57,0 67,6 658 État matrimonial Célibataire 37,2 38,2 49,7 44,8 41,8 64,6 916 En union 44,7 48,3 57,2 52,4 58,7 70,8 7 941 Rupture d’union 41,8 45,0 57,8 55,0 57,8 68,4 366 Nombre d'enfants vivants 0 40,7 42,8 52,6 48,8 49,0 67,8 1 804 1-2 42,3 47,5 56,2 51,4 57,4 68,7 2 622 3-4 46,1 47,2 56,2 52,2 58,5 70,5 2 343 5+ 45,7 50,0 59,9 54,0 61,1 72,7 2 453 Milieu de résidence Niamey 46,3 51,2 67,9 59,6 68,3 83,5 130 Autres Villes 35,9 41,6 52,3 48,5 51,9 69,4 1 687 Ensemble urbain 36,6 42,2 53,4 49,3 53,0 70,5 1 817 Rural 45,6 48,4 57,2 52,4 58,0 70,0 7 406 Niveau d'instruction Aucune instruction 45,2 48,4 57,4 52,7 58,1 70,3 7 700 Primaire 43,0 47,2 57,7 51,8 57,7 73,5 963 Secondaire ou plus 27,0 29,7 41,7 39,6 41,5 61,3 560 Ensemble 43,9 47,2 56,5 51,8 57,0 70,1 9 223 Par ailleurs, le tableau 3.13 présente les résultats selon les différentes raisons citées. On ne constate pas d’écarts importants entre les différentes proportions. On peut néanmoins souligner que c’est dans le cas où la femme sort sans le dire à son mari/partenaire ou quand la femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui que la proportion de femmes qui pensent qu’il est justifié qu’un homme batte sa femme est la plus élevée (57 % dans les deux cas). Pour environ la moitié des femmes (52 %), ce comportement du mari est justifié quand la femme néglige les enfants et, dans 47 % des cas, quand elle discute ses opinions. À Niamey, ces proportions sont de respectivement, 60 % et 51 %. Enfin, pour 44 % des femmes, il est justifié qu’un homme batte sa femme ou partenaire quand celle-ci brûle la nourriture ; ce sont les femmes de Niamey et celles sans niveau d’instruction qui se sont déclarées le plus fréquemment en accord avec cette opinion (respectivement, 46 % et 45 %). Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme | 53 3.5.4 Opinion des femmes sur le refus d’avoir des rapports sexuels Durant l’EDSN-MICS III, on a également demandé aux femmes si elles pensaient qu’il était justifié que, pour certaines raisons citées, une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari ou partenaire. Le tableau 3.14 présente les résultats selon différentes caractéristiques sociodémographiques et en fonction des différentes raisons citées. On constate que 16 % des femmes pensent que, pour aucune des raisons citées, il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire. À l’opposé, 30 % des femmes pensent que, quelle que soit la raison citée, une femme a le droit de refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire. Les écarts entre les différentes caractéristiques sociodémographiques ne sont pas très importants. Tout au plus peut-on souligner que c’est parmi les femmes en rupture d’union (33 %), celles de Niamey (33 %), celles ayant un niveau d’instruction primaire (31 %) et parmi celles du quintile le plus pauvre (34 %) que cette opinion est la plus répandue. Selon les raisons spécifiques, les résultats montrent que c'est dans le cas où elle sait que son mari a une IST (75 %) ou quand la femme vient d'accoucher (64 %), que les proportions de femmes qui approuvent qu'une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son mari sont les plus élevées. De plus, 53 % estiment qu’il est justifié qu'une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son époux/ partenaire quand la femme sait que son mari a des relations sexuelles avec d'autres femmes. Enfin, pour plus de quatre femmes sur dix (43 %), ce comportement est considéré comme étant acceptable quand la femme est fatiguée ou n'est pas d'humeur. 54 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut de la Femme Tableau 3.14 Opinion des femmes concernant le refus d'avoir des rapports sexuels avec le conjoint Pourcentage de femmes qui pensent qu'il est justifié que, dans certaines circonstances, une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son conjoint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Pense qu'il est justifié de refuser d'avoir des rapports sexuels avec son mari quand : Caractéristique Elle sait que son mari a une IST Elle sait que son mari a des rapports sexuels avec d'autres femmes Elle a accouché récemment Elle est fatiguée ou n'est pas d'humeur D'accord avec toutes les raisons mentionnées N'est d'accord avec aucune des raisons mentionnées Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 68,0 48,9 59,1 44,4 30,4 22,4 1 718 20-24 76,4 54,6 65,3 42,6 30,0 14,4 1 651 25-29 73,4 53,1 64,4 43,3 30,4 17,0 1 792 30-34 75,9 55,3 63,8 40,9 28,7 14,2 1 354 35-39 77,5 51,5 67,0 44,3 28,8 13,1 1 167 40-44 79,8 54,0 65,4 41,9 27,4 12,6 883 45-49 77,9 54,1 64,0 45,1 31,1 12,5 658 État matrimonial Célibataire 67,8 49,4 57,1 40,8 30,5 24,7 916 En union 75,4 53,1 64,6 43,3 29,4 15,0 7 941 Rupture d’union 77,6 56,7 64,9 46,9 33,1 12,5 366 Milieu de résidence Niamey 81,0 58,0 61,9 48,7 33,2 7,5 130 Autres villes 76,8 54,3 63,7 39,7 26,0 12,9 1 687 Ensemble urbain 77,1 54,6 63,6 40,3 26,5 12,5 1 817 Rural 74,2 52,5 64,0 43,9 30,4 16,7 7 406 Niveau d'instruction Aucune instruction 74,2 52,4 63,3 43,1 29,5 16,5 7 700 Primaire 76,2 54,9 68,0 44,3 31,4 14,2 963 Secondaire ou plus 79,1 55,2 65,3 42,4 28,8 11,4 560 Emploi Ne travaille pas actuellement 75,7 53,4 66,9 44,2 31,0 16,0 5 549 Travail payé 78,0 56,1 64,7 42,8 28,8 11,9 2 597 Travail non payé 62,0 42,4 46,5 39,4 24,7 24,9 1 051 Nombre de décisions prises par la femme1 0 76,1 54,7 62,3 46,4 32,0 15,1 3 924 1-2 71,5 47,8 63,7 43,3 28,4 18,0 3 530 3-4 81,2 56,5 69,0 29,1 21,6 12,2 918 5 75,2 61,6 66,6 42,7 32,4 15,0 851 Nombre de raisons justifiant qu'un homme batte sa femme 0 65,8 36,2 58,3 41,5 23,7 24,8 2 762 1-2 77,7 50,7 61,9 39,1 24,3 10,9 1 769 3-4 76,2 62,8 68,4 38,7 25,6 11,9 1 773 5 80,5 64,0 67,7 49,9 40,9 13,0 2 919 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 75,9 54,7 66,2 44,9 34,3 15,8 1 755 Second 74,4 53,4 65,7 46,9 32,0 16,1 1 780 Moyen 74,9 53,2 65,4 43,1 29,6 16,0 1 756 Quatrième 71,6 49,1 61,7 42,0 27,0 18,6 1 906 Le plus riche 76,8 54,1 61,0 39,5 26,0 13,2 2 026 Ensemble2 74,7 52,9 63,9 43,2 29,6 15,9 9 223 1 Soit seule ou en commun avec quelqu'un d'autre. 2 Y compris 26 cas pour lesquels l’emploi n’est pas déterminé. Fécondité | 55 FÉCONDITÉ 4 Soumaïla MARIKO et Ali MADAÏ BOUKAR Les informations collectées au cours de l’EDSN-MICS-III sur l'histoire génésique des femmes permettent d'estimer les niveaux de la fécondité, de dégager ses tendances et d’examiner certaines de ses caractéristiques différentielles. Pour obtenir ces informations, les enquêtrices ont posé aux femmes éligibles, une série de questions portant sur le nombre total d'enfants qu’elles avaient eus, en distinguant les garçons des filles, ceux vivant avec elles de ceux vivant ailleurs, et ceux encore en vie de ceux décédés. Ensuite, l'enquêtrice reconstituait l'historique complet des naissances de l’enquêtée, de la plus ancienne à la plus récente, en enregistrant, pour chacune d'entre elles, le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et l'état de survie. Pour les enfants encore en vie, elle enregistrait leur âge au moment de l’enquête et distinguait ceux vivant avec la mère de ceux vivant ailleurs. Pour les enfants décédés, elle enregistrait l'âge au décès. À la fin de l'interview de la section reproduction, l'enquêtrice devait s'assurer que le nombre total d'enfants déclaré auparavant par la mère (chaque catégorie : vivants, décédés,.) était cohérent avec le nombre d'enfants obtenu à partir de l'historique des naissances. Comme il s’agit d’une enquête rétrospective, les données collectées permettent d’estimer, non seulement, le niveau de la fécondité sur la période actuelle, mais également les tendances passées de la fécondité au cours des 20 dernières années précédant l’enquête. Cependant, le fait qu’il s’agisse d’une enquête rétrospective peut constituer une source d’erreurs ou d’imprécisions, à savoir : x le sous-enregistrement de naissances, en particulier l'omission d'enfants en bas âge, d’enfants qui ne vivent pas avec leur mère, d’enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous-estimation des niveaux de fécondité ; x l'imprécision des déclarations de date de naissance et/ou d'âge, en particulier l'attraction pour des années de naissance ou pour des âges ronds, qui pourrait entraîner des sous-estimations ou des surestimations de la fécondité à certains âges et/ou pour certaines périodes ; x le biais sélectif de la survie, c'est-à-dire que les femmes enquêtées sont celles qui sont survivantes. Si l’on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l'enquête est différente de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s’en trouveraient légèrement biaisés. Par ailleurs, les informations peuvent aussi être affectées par le mauvais classement des dates de naissance d'enfants nés depuis 2001, transférées vers les années précédentes. Ces transferts d'année de naissance, que l’on retrouve dans la plupart des enquêtes EDS, sont parfois effectués par les enquêtrices pour éviter de poser les questions sur la santé des enfants nés depuis 2001 (Section 4B du questionnaire). On constate que des transferts de naissances se sont produits1 de 2001 vers 2000, ce qui pourrait induire une légère sous-estimation de la fécondité ; cependant, une partie des transferts ce sont produits de 2001 vers 2002, ce qui n’affecte pas les estimations puisque ces deux années sont comprises dans l’intervalle de référence retenu pour le calcul des niveaux récents de fécondité. En effet, l’intervalle retenu correspond à la période de 0-4 ans avant l’enquête, soit les années 2001-2006. 1 À l'Annexe C, le tableau C.4 fournit la distribution des naissances par année de naissance. Le rapport de naissances annuelles (rapport des naissances de l'année x à la demi somme des naissances des années précédentes et suivantes, soit Nx/[(Nx-1+Nx+1)/2]), rend compte des déplacements d'années de naissance. Le rapport semble indiquer un manque de naissances en 2001 (rapport = 66 < 100) et un excédent en 2000 (rapport = 149 > 100), mais aussi en 2002 (ratio = 121). 56 | Fécondité 4.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Le niveau de la fécondité est mesuré par les taux de fécondité générale par âge et l'Indice Synthétique de Fécondité (ISF) ou somme des naissances réduites. Les taux de fécondité par âge sont calculés en rapportant les naissances issues des femmes de chaque groupe d'âges à l'effectif des femmes du groupe d'âges correspondant. Quant à l'ISF, qui est un indicateur conjoncturel de fécondité, il est obtenu à partir du cumul des taux de fécondité par âge. Il correspond au nombre moyen d'enfants que mettrait au monde une femme à la fin de sa vie féconde, si les taux de fécondité du moment restaient invariables. Pour la fécondité actuelle, les taux et l’ISF ont été calculés pour la période des cinq années ayant précédé l’enquête. La période de référence de cinq années a été choisie afin de pouvoir fournir des indicateurs de fécondité les plus récents possibles et de disposer de suffisamment de cas afin de réduire les erreurs de sondage. Le tableau 4.1, illustré par le graphique 4.1, indique que les taux de fécondité par âges suivent le schéma classique qu’on observe, en général, dans les pays à forte fécondité : une fécondité précoce élevée (199 ‰ à 15-19 ans), qui augmente très rapidement pour atteindre son maximum à 20-24 ans et 25-29 ans (respectivement, 302 ‰ et 296 ‰) et qui, par la suite, décroît régulièrement. La fécondité des femmes nigériennes demeure très élevée puisque chaque femme donne naissance, en moyenne, à 7,1 enfants en fin de vie féconde. Tableau 4.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, Indice Synthétique de Fécondité (ISF) et Taux Brut de Natalité (TBN) pour la période des cinq années précédant l'enquête, selon le milieu de résidence, EDSN-MICS III Niger 2006 Milieu de résidence Groupe d'âges Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble 15-19 83 147 116 222 199 20-24 194 298 249 315 302 25-29 233 276 255 304 296 30-34 255 249 252 275 271 35-39 190 194 192 205 203 40-44 88 81 84 110 105 45-49 10 71 43 44 44 ISF 15-49 (pour 1 femme) 5,3 6,6 6,0 7,4 7,1 TGFG (pour 1 000) 169 218 196 256 245 TBN 39,8 41,4 40,7 47,1 46,1 Note : Les taux du groupe d'âges 45-49 ans peuvent être légèrement biaisés du fait de données incomplètes pour ce groupe d'âges. ISF : Indice Synthétique de Fécondité pour les âges de 15-49 ans, exprimé pour une femme TGFG : Taux Global de Fécondité Générale pour 1 000 femmes âgées de 15-49 ans TBN : Taux Brut de Natalité pour 1 000 individus En outre, des différences très nettes de fécondité apparaissent entre milieux de résidence. Les femmes du milieu urbain ont un niveau de fécondité nettement plus faible que celui qui prévaut dans les zones rurales (6,0 enfants contre 7,4 enfants par femme). En fin de vie féconde, les femmes des zones rurales donneraient naissance, en moyenne, à 1,4 enfants de plus que celles du milieu urbain. Cette différence de niveau de fécondité entre urbain et rural s’observe à tous les âges. De plus, le niveau de fécondité des femmes du milieu rural a peu évolué puisqu’il est passé de 7,9 enfants en 1998 à 7,4 enfants en 2006. Niamey se différencie nettement des autres milieux de résidence par son niveau de fécondité. En effet, selon les résultats de l’EDSN- MICS-III, avec 5,3 enfants, les femmes de Niamey auraient près de 2 enfants de moins que celles du milieu rural. On constate que la fécondité à Niamey n’a pas changé depuis l’enquête de 1998 (ISF de 5,2). Fécondité | 57 Au tableau 4.1 figure également le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG), c'est-à-dire le nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population des femmes en âge de procréer qui est estimé à 245 ‰. Comme l'ISF, cet indicateur varie de façon importante selon le milieu de résidence, et c’est également à Niamey qu’il est le plus faible et en milieu rural qu’il est le plus élevé (169 ‰ contre 256 ‰). En outre, l'ISF varie de façon très importante selon la région de résidence, d’un minimum de 5,3 enfants à Niamey à un maximum de 8,0 enfants dans la région de Maradi (tableau 4.2). On constate par ailleurs que l’ISF présente des écarts très importants selon le niveau d'instruction des femmes, variant d’un minimum de 4,6 enfants par femme chez celles ayant atteint le niveau secondaire ou plus à 7,3 enfants chez celles sans instruction. Enfin l’ISF varie de 6,2 dans les ménages du quintile le plus riche à 8,0 dans ceux du plus pauvre. Au tableau 4.2 figure également le nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans : ce nombre est assimilable à la descendance finale. À l’inverse de l'ISF (qui mesure la fécondité actuelle des femmes de 15-49 ans), ce nombre moyen est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui atteignent la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste invariable, cette descendance tend à se rapprocher de l'ISF. Par contre, quand l'ISF est inférieur au nombre moyen d'enfants par femme en fin de vie féconde, cela indique une tendance à la baisse de la fécondité. Au Niger, l’écart entre l’ISF (7,1 enfants) et la descendance finale (7,8 enfants) même si leurs niveaux demeurent élevés, suggère néanmoins une très légère baisse de la fécondité (graphique 4.2). Les résultats selon l’indice de bien-être montrent que c’est parmi les femmes appartenant aux ménages les plus riches et parmi celles de Niamey que l’écart entre la descendance finale et l’ISF est le plus important (écart de 1 enfant par femme) : ce serait donc parmi ces femmes que le niveau de la fécondité aurait le plus tendance à diminuer. Graphique 4.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence EDSN-MICS III 2006 � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � 15 20 25 30 35 40 45 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural Niger � � � � � 58 | Fécondité Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques sociodémographiques Indice Synthétique de Fécondité pour les cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage de femmes actuellement enceintes et nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes âgées de 40-49 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Indice Synthétique de Fécondité1 Pourcentage actuellement enceinte Nombre moyen d'enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans Milieu de résidence Niamey 5,3 8,1 6,6 Autres Villes 6,6 11,7 7,6 Ensemble urbain 6,0 10,1 7,2 Rural 7,4 15,8 7,9 Région Niamey 5,3 8,1 6,6 Agadez 6,5 10,4 7,2 Diffa 6,7 11,1 6,8 Dosso 7,5 15,4 8,0 Maradi 8,0 17,8 8,5 Tahoua 7,0 14,1 7,5 Tillabéri 6,8 14,6 7,9 Zinder 7,4 15,9 7,8 Niveau d'instruction Aucune instruction 7,3 15,1 7,9 Primaire/ Alphabét. 6,8 14,4 7,8 Secondaire ou plus 4,6 8,9 5,3 Quintile de bien-être Le plus pauvre 8,0 13,6 8,1 Second 7,2 16,6 7,5 Moyen 7,1 16,2 8,1 Quatrième 7,2 15,3 7,9 Le plus riche 6,2 11,9 7,3 Ensemble 7,1 14,7 7,8 1 Indice Synthétique de Fécondité pour les femmes âgées de 15-49 ans Le tableau 4.2 fournit également le pourcentage de femmes qui se sont déclarées enceintes au moment de l'enquête. Il faut préciser qu'il ne s'agit pas de la proportion exacte de femmes qui sont enceintes dans la mesure où, les enquêtées qui sont en début de grossesse et ne savent pas si elles sont enceintes n'ont pas déclaré leur état. Au niveau national, on constate que 15 % des femmes se sont déclarées enceintes. Par ailleurs, les proportions de femmes enceintes présentent les mêmes variations que l’ISF selon les différentes caractéristiques sociodémographiques, ce qui dénote une cohérence interne des données. Fécondité | 59 4.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Trois sources de données permettent de retracer les tendances de la fécondité au Niger : l’EDSN-I de 1992, l’EDSN-II de 1998 et l’EDSN-MICS III de 2006 (tableau 4.3 et graphique 4.3). La comparaison des résultats de l’EDSN-MICS- III avec ceux de l’EDSN-II et de l’EDSN-I montre que les taux de fécondité ont augmenté entre la période la plus ancienne (15-19 ans ) et 5-9 ans avant l’enquête. Par contre, pour la période la plus récente, on constate que ces taux ont diminué, passant, par exemple, pour le groupe d’âges 25-29 ans de 336 ‰ 15-19 ans avant l’enquête à 296 ‰ 0-4 ans avant l’enquête. Par ailleurs, les trois courbes des taux de fécondité présentent une allure similaire et sont même confondues aux âges de 35-49 ans : en effet, elles augmentent à partir de 15-19 ans, puis elles accusent un palier entre 20-29 ans pour décroître ensuite de manière régulière jusqu’à 45-49 ans. On remarque que pour le groupe d’âges 15-29 ans la courbe de l’EDSN-MICS III est située nettement en dessous des précédentes alors que celles des deux premières enquêtes sont pratiquement confondues, ce qui pourrait être interprété comme le signe d’un début de changement de comportement procréateur chez les femmes nigériennes les plus jeunes. Cette amorce de baisse serait donc récente. Cependant, la comparaison avec les enquêtes précédentes ne fait pas apparaître de changement important du niveau de la fécondité au Niger puisque selon l’EDSN-II, l’ISF était estimé à 7,5 et selon l’EDSN-MICS III, il est de 7,1 soit 0,4 enfants de moins par rapport à 1998. Tableau 4.3 Fécondité par âge selon trois sources Taux de fécondité par âge et Indice Synthétique de fécondité selon l’EDSN-I (1992), l’EDSN-II (1998), et l’EDSN-MICS III (2006) Groupe d'âges EDSN-I 1992 EDSN-II 1998 EDSN-MICS III 2006 15-19 230 216 199 20-24 327 322 302 25-29 317 319 296 30-34 258 293 271 35-39 196 206 203 40-44 106 96 105 45-49 42 42 44 ISF 15-49 ans 7,4 7,5 7,1 Note: Taux de fécondité par groupe d’âges exprimé pour 1000 femmes. Graphique 4.2 Indice Synthétique de Fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans EDSN-MICS III 2006 Niger RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural RÉGION Niamey Agadez Diffa Dosso Maradi Tahoua Tillabéri Zinder INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire + 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Nombre d'enfants par femme ISF Descendance 60 | Fécondité Les données collectées lors de l’EDSN-MICS III permettent également de retracer les tendances passées de la fécondité à partir des taux de fécondité des groupes d’âges des femmes, par périodes quinquennales avant l’enquête (tableau 4.4 et graphique 4.4). On constate que les taux de fécondité n’ont que peu diminué au cours des deux périodes les plus anciennes (5-14 ans avant l’enquête) avant de baisser légèrement au cours de la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête). Ainsi, par exemple, pour le groupe d’âges 25-29 ans le taux de fécondité estimé à 349 ‰, 10-14 ans avant l’enquête, serait passé à 296 ‰ au cours de la période la plus récente. Ces résultats sembleraient donc indiquer que la baisse de fécondité serait très faible au Niger. Tableau 4.4 Tendances de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge par période de cinq ans ayant précédé l’enquête, selon l’âge de la mère au moment de la naissance de l’enfant, EDSN-MICS III Niger 2006 Nombre d'années avant l'enquête Groupe d'âges 0-4 5-9 10-14 15-19 15-19 199 260 244 229 20-24 302 367 352 349 25-29 296 358 349 336 30-34 271 334 310 318 35-39 203 277 310 - 40-44 105 183 - - 45-49 44 - - - Note: Les taux de fécondité par âge sont exprimés pour 1000 femmes. Les taux entre crochets sont calculés sur la base de données incomplètes. Graphique 4.3 Fécondité par âge selon l'EDSN-I 1992, l'EDSN-II 1998 et l'EDSN-MICS-III 2006 � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille EDSN-I 1992 EDSN-II 1998 EDSN-MICS III 2006 � � � Fécondité | 61 4.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE Les parités moyennes par groupe d'âges sont calculées à partir du nombre total d'enfants que les femmes ont eus au cours de leur vie. Le tableau 4.5 présente ces parités pour l'ensemble des femmes et pour les femmes actuellement en union. Pour l’ensemble des femmes, les parités augmentent de façon régulière et rapide avec l'âge de la femme : ainsi de 0,4 enfant en moyenne à 15-19 ans, la parité passe à 1,9 enfant à 20-24 ans et à 7,8 enfants à 45-49 ans, en fin de vie féconde. Par ailleurs, la répartition des femmes selon le nombre de naissances met en évidence une fécondité précoce relativement élevée puisque un tiers (33 %) des jeunes filles de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant. Environ trois femmes de 20-24 ans sur dix (29 %) ont 2 enfants. Enfin à 45-49 ans, en fin de vie féconde, près d’une femme sur trois (31 %) a donné naissance à dix enfants ou plus. Par ailleurs, les résultats concernant les femmes actuellement en union ne sont guère différents de ceux relatifs à l’ensemble des femmes, sauf aux jeunes âges. En effet, on constate qu’à 15-19 ans, plus de la moitié des jeunes filles en union (54 %) ont déjà au moins un enfant contre 33 % parmi l’ensemble des femmes. À 20-24 ans, 33 % des femmes en union ont déjà deux enfants et 21 % en ont trois, contre 29 % et 18 % parmi l’ensemble des femmes. Par contre, à partir de 30-34 ans, âges auxquels la proportion de femmes qui ne sont pas en union est déjà faible, on ne constate plus d’écarts. En fin de vie féconde (45-49 ans), la parité des femmes en union (8,0 enfants) n’est guère différente de celle de l’ensemble des femmes (7,8). D'une manière générale, les femmes qui restent volontairement sans enfant sont relativement rares au Niger où la population reste encore pro nataliste. Par conséquent, la parité zéro des femmes actuellement mariées et âgées de 40-49 ans, âges auxquels la probabilité d’avoir un premier enfant devient très faible, permet d'estimer le niveau de la stérilité totale ou primaire. Parmi ces femmes, 2 % n’ont jamais eu d’enfants et peuvent être considérées comme stériles. Ce niveau de stérilité primaire a diminué depuis l’enquête précédente (2 % contre 5 % parmi les femmes 45-49 ans en union). Graphique 4.4 Taux de fécondité par âge par période de cinq ans ayant précédé l'enquête EDSN-MICS III 2006 � � � � � � � � � 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 400 Pour mille Périodes avant l'enquête 0-4 ans 5-9 ans 10-14 ans 15- 19 ans � � 62 | Fécondité Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes Répartition (en %) de toutes les femmes et de celles actuellement en union par nombre d’enfants nés vivants, nombre moyen d’enfants nés vivants et nombre moyen d’enfants survivants, selon le groupe d’âges des femmes, EDSN-MICS III Niger 2006 Nombre d’enfants nés vivants Groupe d’âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ Total Effectif Nombre moyen d’enfants nés vivants Nombre moyen d’enfants survivants TOUTES LES FEMMES 15-19 67,3 25,3 6,6 0,8 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 718 0,41 0,36 20-24 18,3 22,5 29,3 18,3 8,5 2,6 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 651 1,86 1,52 25-29 6,0 5,9 14,4 21,1 24,2 17,0 8,1 2,6 0,5 0,1 0,0 100,0 1 792 3,52 2,78 30-34 2,5 3,1 6,1 8,2 14,4 19,2 18,8 15,6 5,9 4,3 1,8 100,0 1 354 5,21 3,97 35-39 2,8 2,3 2,3 4,4 7,9 9,6 15,2 16,3 16,5 10,2 12,4 100,0 1 167 6,60 4,79 40-44 2,8 0,6 2,1 3,0 5,1 5,2 9,4 12,2 17,2 15,0 27,4 100,0 883 7,76 5,59 45-49 1,7 1,9 3,6 3,1 4,5 5,9 8,9 9,7 12,3 17,4 30,9 100,0 658 7,83 5,61 Ensemble 18,1 10,8 10,9 9,8 10,2 8,7 7,9 6,7 5,6 4,6 6,7 100,0 9 223 4,00 3,00 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 46,4 41,5 10,7 1,3 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 014 0,67 0,58 20-24 8,7 24,7 32,6 20,6 9,7 3,0 0,6 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 426 2,09 1,71 25-29 3,2 5,6 14,6 21,3 25,3 18,0 8,6 2,7 0,6 0,1 0,0 100,0 1 670 3,66 2,89 30-34 1,6 2,9 5,6 7,7 14,4 19,4 19,6 16,3 6,1 4,5 1,9 100,0 1 286 5,34 4,06 35-39 2,5 1,7 2,2 4,1 7,8 9,7 15,3 16,5 17,1 10,4 12,8 100,0 1 120 6,70 4,85 40-44 2,3 0,6 2,0 2,6 4,7 5,2 9,7 11,8 17,3 15,0 28,8 100,0 828 7,88 5,66 45-49 1,5 1,8 2,5 3,2 4,1 5,8 8,6 9,3 12,0 18,6 32,6 100,0 598 8,01 5,73 Ensemble 9,1 11,8 11,9 10,7 11,3 9,8 8,9 7,5 6,2 5,2 7,6 100,0 7 941 4,47 3,35 4.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE La durée de l'intervalle qui sépare la naissance d'un enfant de la naissance précédente a une influence sur l'état de santé de la mère et de l'enfant. Son étude revêt une importance certaine dans l'analyse de la fécondité. Il est admis que les intervalles intergénésiques courts (inférieurs à 24 mois) sont nuisibles à l'état nutritionnel et de santé des enfants et augmentent leur risque de décéder. Les naissances trop rapprochées amoindrissent la capacité physiologique de la femme ; ce faisant, elles exposent la mère aux complications durant et après la grossesse (fausses couches, éclampsie). Le tableau 4.6 présente la répartition des naissances des cinq années ayant précédé l'enquête selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, en fonction des caractéristiques sociodémographiques. On constate que 6 % des naissances sont survenues à moins de 18 mois après la naissance précédente et que 15 % des enfants sont nés entre 18 et 24 mois après leur aîné : au total, dans 21 % des cas, l'intervalle intergénésique est inférieur à deux ans (tableau 4.6). Néanmoins, une forte proportion de naissances (40 %) se produisent entre 2 et 3 ans après la naissance précédente, et 39 % des enfants sont nés trois ans ou plus après leur aîné. La durée médiane de l'intervalle intergénésique est inférieure à 3 ans (32,6 mois), ce qui signifie que la moitié des naissances intervient dans un intervalle de près de 2 ans et demi après la naissance précédente. Cet intervalle médian s’est légèrement rallongé de 2 mois depuis l’EDSN-II (30,6 mois) ; de plus, la proportion de naissances se produisant dans un intervalle inférieur à 24 mois par rapport à la naissance précédente a légèrement diminué (21 % contre 25 % en 1998). Fécondité | 63 Tableau 4.6 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang 1, des cinq années ayant précédé l’enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente Caractéristique 7-17 18-23 24-35 36-47 48+ Total Nombre médian de mois depuis la naissance précédente Effectif de naissances Groupe d’âges 15-19 15,3 19,4 50,8 11,3 3,2 100,0 27,2 139 20-29 6,4 17,3 43,3 21,0 11,9 100,0 30,7 3 912 30-39 5,3 13,6 38,0 23,0 20,1 100,0 33,9 3 338 40-49 3,8 10,2 31,9 24,6 29,5 100,0 37,4 1 005 Rang de naissance 2-3 5,6 16,3 41,4 21,3 15,3 100,0 31,6 2 749 4-6 6,2 14,5 39,7 21,9 17,7 100,0 32,6 3 337 7 ou + 5,4 14,0 38,7 23,3 18,5 100,0 33,7 2 309 Sexe de la naissance précédente Masculin 5,9 14,8 40,3 22,2 16,8 100,0 32,9 4 287 Féminin 5,7 15,2 39,7 22,0 17,4 100,0 32,3 4 107 Survie de l’enfant précédent Vivant 3,3 13,7 40,6 24,0 18,4 100,0 33,8 6 653 Décédé 15,4 20,0 37,7 14,6 12,3 100,0 27,7 1 741 Milieu de résidence Niamey 7,9 12,6 32,8 23,2 23,4 100,0 35,0 459 Autres Villes 5,9 14,5 39,8 19,9 19,9 100,0 32,4 754 Ensemble urbain 6,6 13,8 37,1 21,2 21,2 100,0 33,2 1 212 Rural 5,7 15,2 40,5 22,2 16,4 100,0 32,5 7 181 Région Niamey 7,9 12,6 32,8 23,2 23,4 100,0 35,0 459 Agadez 6,3 15,4 39,6 18,6 20,1 100,0 32,1 181 Diffa 10,8 13,4 43,3 18,1 14,4 100,0 31,1 195 Dosso 6,0 12,7 41,3 22,9 17,1 100,0 32,6 1 166 Maradi 7,6 16,8 41,5 19,1 15,0 100,0 31,0 1 889 Tahoua 4,8 13,5 42,9 22,2 16,5 100,0 32,4 1 663 Tillabéri 3,1 14,3 34,8 26,6 21,2 100,0 35,3 1 103 Zinder 5,2 17,1 39,5 22,4 15,8 100,0 32,6 1 739 Niveau d'instruction Aucune instruction 5,9 15,3 40,1 22,0 16,7 100,0 32,5 7 422 Primaire/alphabét. 5,2 12,8 41,0 22,3 18,8 100,0 32,4 741 Secondaire ou plus 5,4 11,1 32,9 23,4 27,2 100,0 36,4 230 Quintile de bien-être Le plus pauvre 5,4 14,0 39,6 24,4 16,6 100,0 33,4 1 880 Second 5,3 15,1 43,6 20,9 15,1 100,0 31,8 1 709 Moyen 6,3 15,3 38,3 21,7 18,4 100,0 32,7 1 599 Quatrième 5,9 16,8 41,1 20,6 15,6 100,0 31,7 1 728 Le plus riche 6,2 13,7 36,8 22,6 20,6 100,0 33,6 1 478 Ensemble 5,8 15,0 40,0 22,1 17,1 100,0 32,6 8 394 Note : Les naissances de rang 1 sont exclues. L’intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. 64 | Fécondité L'âge des mères influe sur la durée d'espacement des naissances. En effet, on remarque que les intervalles intergénésiques sont plus courts chez les jeunes femmes que chez les femmes les plus âgées : la médiane passe de 30,7 mois chez celles de 20-29 ans à 37,4 mois chez celles de 40-49 ans. Selon le sexe de l’enfant, on n’observe pas de différence significative de l’intervalle intergénésique; la durée médiane de cet intervalle étant de 32,9 mois lorsque l’enfant précédent est un garçon et de 32,3 mois lorsque celui-ci est une fille. Du point de vue du rang de naissance, on ne constate pas non plus d’écart significatif entre les intervalles. Par contre, les naissances qui suivent des enfants décédés se produisent beaucoup plus rapidement que lorsque l’enfant précédent est toujours en vie : 35 % des naissances surviennent dans un intervalle inférieur à deux ans quand l’enfant précédent est décédé alors que quand l’enfant précédent est encore en vie, cette proportion est de 17 %. La durée des intervalles intergénésiques ne diffère pas beaucoup selon le milieu de résidence des femmes. Elle est néanmoins un peu plus courte en milieu rural qu’en milieu urbain (32,5 contre 33,2 mois). C’est à Niamey qu’elle est la plus longue (35,0 mois). Par ailleurs, les résultats montrent que le niveau d’instruction de la mère influence légèrement la durée de l’intervalle intergénésique : en effet, sa valeur médiane varie d’un minimum de 32,5 mois pour les naissances des femmes sans instruction à un maximum de 36,4 mois pour celles dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus. Concernant les régions, on ne remarque pas non plus de grands écarts. L’intervalle intergénésique varie d’un minimum de 31,0 mois dans la région de Maradi à un maximum de 35,3 mois dans celle de Tillabéri. 4.5 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE L'âge auquel les femmes ont leur première naissance influence généralement leur descendance finale et peut avoir des répercussions importantes en ce qui concerne la santé maternelle et infantile. Le tableau 4.7 présente la répartition des femmes par âge à leur première naissance et leur âge médian à la première naissance, selon le groupe d'âges au moment de l'enquête. Tableau 4.7 Âge à la première naissance Pourcentage de femmes par âge à la première naissance et âge médian à la première naissance selon l’âge actuel, EDSN-MICS III Niger 2006 Âge à la première naissance Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage qui n’ont jamais donné naissance Effectif de femmes Âge médian à la première naissance 15-19 5,2 na na na na 67,3 1 718 a 20-24 9,4 50,9 72,2 na na 18,3 1 651 17,9 25-29 10,7 49,6 71,0 83,7 92,0 6,0 1 792 18,0 30-34 10,6 48,7 70,6 84,7 93,4 2,5 1 354 18,1 35-39 9,7 49,1 66,7 79,6 89,6 2,8 1 167 18,1 40-44 11,9 50,5 70,9 83,0 90,7 2,8 883 18,0 45-49 6,1 35,2 56,3 71,1 87,1 1,7 658 19,4 a = Moins de 50 % de femmes ont eu un enfant L’âge médian à la première naissance ne varie que très peu dans les générations (d’un minimum de 17,9 ans à un maximum de 19,4 ans) et aucune tendance nette ne se dégage qui permette de conclure à un rajeunissement ou à un vieillissement de l’âge médian à la première naissance. L’âge médian s’établit à 18,2 ans pour les femmes de 25-49 ans (tableau 4.8) et il est resté pratiquement inchangé depuis la précédente enquête de 1998 (17,8 ans). Fécondité | 65 Par ailleurs, l'âge à la première naissance présente des variations assez importantes selon le milieu et les régions de résidence des femmes (tableau 4.8). En effet, il est nettement plus précoce en milieu rural (18,0 ans) qu’en zone urbaine (19,3 ans) et, c’est à Niamey, qu’il est le plus tardif (20,5 ans). De plus, il varie d’un minimum de 17,2 ans dans la région de Zinder à un maximum de 19,2 ans à Agadez et 20,5 ans à Niamey. Par ailleurs, le niveau d’instruction des femmes tend à influencer leur âge médian à la première naissance : les femmes sans instruction et celles ayant un niveau d’instruction primaire se caractérisent par un âge médian à la première naissance plus précoce (respectivement, 18,0 ans et 19,0 ans) que celles qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus (22,7 ans). Tableau 4.8 Âge médian à la première naissance Âge médian à la première naissance parmi les femmes de 20-49 ans selon l'âge actuel et certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Âge actuel Caractéristique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Âge 20-49 Âge 25-49 Milieu de résidence Niamey na 22,0 20,6 20,0 18,8 20,0 na 20,5 Autres Villes 19,1 18,8 18,5 17,9 17,8 18,9 18,6 18,4 Ensemble urbain na 20,0 19,3 18,8 18,3 19,4 19,6 19,3 Rural 17,5 17,8 17,9 18,0 17,9 19,5 17,9 18,0 Région Niamey a 22,0 20,6 20,0 18,8 20,0 na 20,5 Agadez na 19,0 19,1 19,0 19,3 20,0 19,5 19,2 Diffa 17,1 17,4 18,5 17,9 19,2 18,0 17,7 17,9 Dosso 18,1 18,3 17,9 17,8 18,0 18,9 18,1 18,1 Maradi 17,3 17,2 17,0 17,5 17,4 19,2 17,4 17,4 Tahoua 18,0 18,7 19,0 19,1 18,6 19,8 18,7 18,9 Tillabéri 18,4 18,2 19,2 18,7 18,6 19,6 18,7 18,7 Zinder 16,8 17,2 16,8 17,1 17,0 19,3 17,1 17,2 Niveau d'instruction Aucune instruction 17,6 17,8 17,8 17,9 17,8 19,4 17,9 18,0 Primaire/ Alphabét. 19,2 19,1 19,1 18,6 18,7 19,4 19,1 19,0 Secondaire ou plus a 23,3 22,2 21,8 22,9 23,4 na 22,7 Quintile de bien-être Le plus pauvre 17,4 17,7 17,6 18,6 18,5 19,4 17,9 18,1 Second 17,6 17,7 17,9 17,8 17,3 20,1 17,8 17,9 Moyen 17,5 17,6 18,6 18,1 18,2 19,4 18,0 18,2 Quatrième 17,6 18,2 17,9 17,7 17,8 19,5 18,0 18,1 Le plus riche 20,0 19,5 18,6 18,5 18,2 19,0 19,1 18,9 Ensemble 17,9 18,0 18,1 18,1 18,0 19,4 18,1 18,2 Note : L’âge médian pour la cohorte 15-19 ans ne peut être déterminé car de nombreuses femmes peuvent encore avoir une naissance avant d’atteindre 20 ans. na = Non applicable a =Moins de 50 % de femmes ont eu un enfant 4.6 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES Les enfants nés de jeunes mères (moins de 20 ans) courent généralement un risque plus important de décéder que ceux issus de mères plus âgées (voir Chapitre 12 Mortalité des enfants). De même les accouchements précoces augmentent le risque de décéder chez les adolescentes. Ces adolescentes qui constituent 19 % de l’ensemble des femmes en âge de procréer contribuent pour 14 % à la fécondité totale des femmes. Le tableau 4.9 présente, par âge détaillé entre 15 et 19 ans, les 66 | Fécondité proportions d'adolescentes qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants ainsi que les proportions de celles qui sont enceintes pour la première fois. En considérant que la somme de ces deux pourcentages fournit la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde; on constate qu’un peu moins de la moitié des jeunes femmes de 15-19 ans (39 %) ont déjà commencé leur vie féconde : en effet, 33 % ont déjà, au moins, un enfant et 7 % sont enceintes pour la première fois (tableau 4.9). Dès l’âge de 17 ans, quatre jeunes filles sur dix (40 %) ont déjà commencé leur vie féconde et, à 19 ans, cette proportion est de 65 % dont la grande majorité (60 %) a déjà, au moins, un enfant. La comparaison avec les données de la précédente enquête met en évidence une légère diminution de la proportion d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde (39 % contre 43 %) : cette diminution concerne en particulier les adolescentes les plus jeunes. Ainsi, 47 % des jeunes filles de 17 ans avaient déjà commencé leur vie féconde en 1998, contre 40 % en 2006 (graphique 4.5). Pour ce qui concerne les jeunes filles de 18 ans, le niveau est resté le même (62 % en 2006 contre 63 % en 1998). Tableau 4.9 Fécondité des adolescentes Pourcentage d’adolescentes de 15-19 ans ayant déjà eu un enfant ou étant enceintes d’un premier enfant par certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Pourcentage qui sont : Caractéristique Mères Enceintes d’un premier enfant Pourcentage ayant déjà commencé leur vie féconde Effectif de femmes Âge 15 3,6 1,8 5,4 351 16 18,1 7,5 25,5 301 17 33,0 7,3 40,3 411 18 52,5 9,8 62,4 455 19 60,3 4,9 65,3 200 Milieu de résidence Niamey 12,7 1,6 14,2 182 Autres Villes 21,8 3,3 25,1 231 Ensemble urbain 17,8 2,5 20,3 413 Rural 37,5 7,9 45,4 1 305 Région Niamey 12,7 1,6 14,2 182 Agadez 15,2 5,1 20,3 56 Diffa 49,4 6,3 55,6 42 Dosso 24,9 7,3 32,2 295 Maradi 50,3 6,8 57,0 280 Tahoua 36,6 6,4 43,0 351 Tillabéri 21,7 10,8 32,5 242 Zinder 42,6 5,9 48,5 269 Niveau d'instruction Aucune instruction 38,9 8,0 46,9 1 277 Primaire/ Alphabét. 21,1 3,7 24,8 244 Secondaire ou plus 7,4 1,0 8,4 197 Quintile de bien-être Le plus pauvre 35,4 4,3 39,7 262 Second 33,9 8,9 42,9 329 Moyen 39,3 7,2 46,5 331 Quatrième 37,7 9,6 47,3 366 Le plus riche 20,8 3,2 24,1 430 Ensemble 32,7 6,6 39,3 1 718 Fécondité | 67 Les résultats par caractéristiques sociodémographiques mettent en évidence des écarts importants. En effet, on constate que les adolescentes du milieu rural (45 %), celles de la région de Maradi (57 %) et celles sans instruction (47 %) ont une fécondité beaucoup plus précoce que les autres femmes. Les résultats selon l’indice de bien-être font également apparaître des écarts puisque 24 % des jeunes filles qui vivent dans les ménages du quintile le plus riche ont déjà débuté leur vie féconde, contre plus de 40 % des jeunes filles vivant dans les autres ménages. 4.7 PARITÉ DES HOMMES Au cours de l’enquête, on a également posé aux hommes des questions sur le nombre total d’enfants qu’ils ont eus, en distinguant, comme pour les femmes, les garçons des filles, ceux vivant ailleurs et ceux vivant avec le père, ceux qui sont encore en vie de ceux qui sont décédés. À partir du nombre total d’enfants que les hommes ont eus au cours de leur vie, on a calculé les nombres moyens d’enfants par groupe d’âges, pour l’ensemble des hommes et pour les hommes actuellement en union. Ces données sont présentées au tableau 4.10. On constate en premier lieu une augmentation régulière et rapide du nombre moyen d’enfants avec l’âge de l’homme : de moins d’un enfant (0,2) en moyenne à 20-24 ans, ce nombre atteint plus de 5 enfants à 35-39 ans (5,1) et, à 55-59 ans, un homme a, en moyenne, 11,0 enfants. Si l’on compare ces résultats avec ceux observés pour les femmes en union, on constate que chez les femmes, le nombre d’enfants augmente beaucoup plus rapidement avec l’âge que chez les hommes : à 20-24 ans, un homme a en moyenne 0,7 enfants alors qu’une femme en a déjà 2,1. Cependant aux âges élevés, les hommes en union ont une parité nettement supérieure à celle des femmes (9,1 enfants à 45-49 ans pour les hommes contre 8,0 enfants pour les femmes en union du même âge). Graphique 4.5 Proportion d'adolescentes ayant commencé leur vie féconde EDSN-MICS III 2006 5 26 40 62 65 15 16 17 18 19 Âge de la femme 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Pourcentage Adolescentes enceintes du 1er enfant ayant eu 1 enfant ou plus 68 | Fécondité Tableau 4.10 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes Répartition (en %) de tous les hommes et de ceux actuellement en union par nombre d’enfants nés vivants, nombre moyen d’enfants nés vivants et nombre moyen d’enfants survivants, selon le groupe d’âges des hommes, EDSN-MICS III 2006 Nombre d’enfants nés vivants Groupe d’âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ Total Effectif Nombre moyen d’enfants nés vivants Nombre moyen d’enfants survivants TOUS LES HOMMES 15-19 99,6 0,2 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 620 0,01 0,01 20-24 84,2 10,1 3,7 1,9 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 490 0,24 0,19 25-29 38,7 19,7 16,0 16,0 6,6 2,3 0,0 0,2 0,0 0,5 0,0 100,0 472 1,44 1,10 30-34 12,1 9,6 17,1 16,6 14,5 13,5 8,6 4,3 2,0 0,7 1,2 100,0 425 3,37 2,62 35-39 7,0 3,9 9,8 8,5 17,2 13,3 8,9 10,9 7,7 4,2 8,6 100,0 382 5,13 3,73 40-44 3,6 1,7 4,0 6,6 6,4 9,5 13,2 11,6 10,4 8,1 25,0 100,0 369 7,32 5,31 45-49 1,6 1,8 1,9 3,9 6,6 9,0 8,4 8,2 9,3 11,0 38,3 100,0 343 8,89 6,08 50-54 0,8 0,6 2,1 0,3 3,9 4,3 3,8 6,2 11,9 12,4 53,5 100,0 278 10,49 7,07 55-59 2,4 2,5 0,0 2,2 1,4 4,8 3,6 3,4 7,0 9,6 63,2 100,0 171 10,98 7,59 Ensemble 37,1 6,1 6,5 6,5 6,1 5,8 4,6 4,4 4,3 3,9 14,6 100,0 3 549 4,15 2,95 HOMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 86,1 8,3 5,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 18 0,19 0,19 20-24 52,9 29,4 11,9 5,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 152 0,71 0,57 25-29 16,2 26,9 22,2 21,5 8,9 3,3 0,0 0,3 0,0 0,7 0,0 100,0 336 1,96 1,50 30-34 3,4 9,8 18,2 18,5 16,0 15,2 9,6 4,8 2,3 0,8 1,4 100,0 376 3,75 2,92 35-39 3,2 3,3 9,9 8,4 18,1 13,8 9,8 11,9 7,9 4,6 9,1 100,0 349 5,42 3,96 40-44 2,8 1,6 4,0 6,6 6,3 9,6 13,1 11,8 10,6 8,2 25,4 100,0 364 7,41 5,37 45-49 0,2 1,6 2,0 3,5 6,9 9,4 7,7 8,2 9,7 11,1 39,7 100,0 329 9,10 6,20 50-54 0,1 0,6 1,9 0,3 3,0 4,1 3,9 6,4 12,2 12,7 54,8 100,0 271 10,67 7,19 55-59 2,5 2,5 0,0 1,9 0,8 4,9 2,5 2,7 7,3 9,8 65,0 100,0 166 11,14 7,68 Ensemble 8,0 8,6 9,4 9,3 8,8 8,5 6,7 6,5 6,4 5,9 21,9 100,0 2 360 6,14 4,36 Planification Familiale | 69 PLANIFICATION FAMILIALE 5 Abdou NOMAOU et Soumana HAROUNA 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION Dans les pays africains, le rythme élevé de la croissance de la population constitue une contrainte majeure aux efforts de développement. Le déséquilibre persistant entre l'accroissement élevé de la population et la faible croissance économique contribue à la détérioration des conditions de vie des ménages. Une des priorités actuelles des pouvoirs publics est de mettre en place des stratégies adéquates pour une maîtrise efficiente de ce mouvement. La fécondité, comme composante majeure de cette évolution, est au centre de toutes les préoccupations. Au Niger, malgré les actions entreprises, le niveau de la fécondité reste encore parmi les plus élevés au monde. En réaction à cette situation, le Gouvernement a opté pour une approche plus élaborée et plus complète par la prise en compte de la dimension population dans tous les plans et programmes de développement. Cette orientation a été consolidée par la Déclaration de Politique nationale de population, dont l’objectif est d’atteindre l’équilibre entre l’accroissement de la population et le développement socio-économique, adoptée en 1992 et en cours d’actualisation. Les résultats de l'EDSN I et II réalisées respectivement en 1992 et 1998, avaient mis en évidence un très faible niveau d’utilisation contraceptive (moins de 5 % pour les méthodes modernes parmi les femmes en union) et, en même temps, un niveau relativement élevé des besoins non satisfaits en matière de contraception (14 % des femmes en union avaient des besoins non satisfaits en 1998 ; elles étaient 19 % en 1992). La stagnation du niveau d’utilisation de la contraception moderne (prévalence des méthodes modernes de 4 % en 1992 et 5 % en 1998) et la baisse relative des besoins non satisfaits justifient la collecte de données fiables pour accompagner les actions gouvernementales dans la mise en œuvre des programmes et projets de santé relatifs à la planification familiale. Comme lors des précédentes enquêtes, l'EDSN-MICS III a collecté des informations sur les méthodes contraceptives pour connaître les niveaux actuels et les éventuelles modifications intervenues au cours des dernières années en matière d'utilisation contraceptive. Ainsi, les sujets suivants ont-ils été abordés par l’enquête : x la connaissance et la pratique passée et présente de la contraception ; x la connaissance de la période féconde ; x les sources d'approvisionnement en contraception ; x l’utilisation future de la contraception ; x les sources d'information sur la contraception ; x les opinions et les attitudes face à la contraception. 5.2 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION L'utilisation de la contraception suppose, au préalable, la connaissance d'au moins une méthode contraceptive. Les différentes méthodes retenues dans le questionnaire de l’enquête sont classées en trois catégories : 70 | Planification Familiale x les méthodes modernes, comprenant la stérilisation féminine et la stérilisation masculine, la pilule, le stérilet ou DIU (Dispositif Intra Utérin), les injectables, les implants (Norplant), le condom masculin, le condom féminin, le diaphragme, les méthodes vaginales (spermicides, mousses et gelées) et la pilule du lendemain ; x les méthodes traditionnelles, comprenant, l’Allaitement la continence périodique et le retrait ; x les méthodes, dites «populaires », comme les herbes, les gris-gris, les tisanes et autres méthodes pouvant rentrer dans cette catégorie. La collecte des informations relatives à la connaissance des méthodes s’est déroulée en deux étapes. D'abord, l'enquêtrice notait la (ou les) méthode(s) spontanément citée(s) par l'enquêté. Ensuite, dans le cas où l'enquêté n'avait pas cité toutes les méthodes consignées dans le questionnaire, l'enquêtrice devait procéder à une brève description des méthodes non citées et enregistrer si, oui ou non, l’enquêté en avait entendu parler. On considère qu’une femme ou un homme connaît une méthode contraceptive, si il/elle l’a citée spontanément ou si il/elle a déclaré la connaître après que la description lui ait été faite par l’enquêtrice. Les résultats présentés au tableau 5.1.1 montrent que près des trois quarts des femmes (72 %) connaissent, au moins, une méthode contraceptive quelconque. Chez les femmes en union, on note un pourcentage identique. Le niveau de connaissance des méthodes modernes (68 %) est plus élevé que celui des méthodes traditionnelles (40 %) aussi bien dans l’ensemble des femmes que parmi les seules femmes en union. Le nombre moyen de méthodes connues est identique parmi les femmes en union et parmi l’ensemble des femmes (3,1) Il est un peu plus élevé parmi les femmes qui ne sont pas en union mais qui ont déjà eu des rapports sexuels et qui n’étaient pas actives sexuellement au cours du dernier mois avant l’enquête (4,2). On ne note pas d’écart important entre le niveau de connaissance des femmes en union et celui de l’ensemble des femmes. Par contre, la proportion de femmes non en union qui connaissent une méthode, qu’elle soit moderne ou traditionnelle, est nettement plus élevée : en effet, 81 % connaissent une méthode moderne et 50 % une méthode traditionnelle. Les résultats en fonction de la méthode montrent que ce sont la pilule (au moins 65 %), les injectables (au moins 55 %), le condom masculin (au moins 38 %), la stérilisation féminine (au moins 31 %) et loin derrière, le condom féminin (au moins 13 %) qui sont les plus fréquemment connus. C’est parmi les femmes non en union, que ces proportions sont les plus élevées. On note en particulier que 78 % connaissent la pilule, 66 % les injectables et 55 % le condom masculin. Parmi les méthodes traditionnelles, les résultats montrent que la l’allaitement est la méthode la plus connue (28 % dans l’ensemble des femmes, 29 % parmi les femmes en union et 35 % parmi les femmes non en union). À l’opposé, c’est le retrait qui est la méthode la moins connue (5 % parmi toutes les femmes). Planification Familiale | 71 Tableau 5.1.1 Connaissance des méthodes contraceptives : femmes Pourcentages de l'ensemble des femmes, pourcentage de celles actuellement en union, de celles qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives et pourcentage de femmes qui n'ont jamais eu de rapports sexuels qui connaissent une méthode contraceptive, par méthode spécifique, EDSN-MICS III Niger 2006 Méthode contraceptive Toutes les femmes Femmes actuellement en union Femmes non en union ayant déjà eu des rapports sexuels et non sexuellement actives au cours du dernier mois Femmes non en union n'ayant jamais eu de rapports sexuels N'importe quelle méthode 71,6 72,2 82,6 61,1 N'importe quelle méthode moderne 68,1 68,3 80,9 60,6 Méthode moderne Stérilisation féminine 31,0 30,6 43,1 29,0 Stérilisation masculine 10,0 9,7 13,1 11,1 Pilule 64,8 65,2 78,2 54,5 DIU 15,2 14,9 21,0 14,9 Injectables 55,2 56,0 66,1 42,7 Implants 7,7 7,1 13,2 10,7 Condom masculin 39,7 38,2 54,5 46,5 Condom féminin 13,1 12,6 18,3 15,8 Diaphragme 6,5 6,2 9,7 8,3 Mousse /gelée 4,7 4,3 7,9 7,0 Pilule du lendemain 3,4 3,0 6,2 5,9 N'importe quelle méthode traditionnelle 40,0 41,4 50,2 23,0 Méthode traditionnelle Allaitement 28,2 29,3 34,5 15,8 Continence périodique 7,8 7,0 17,5 10,1 Retrait 5,9 5,3 13,7 7,8 Méthode populaire 19,2 20,4 20,5 7,9 Nombre moyen de méthodes connues 3,1 3,1 4,2 2,9 Effectif 9 223 7 941 386 879 Des questions sur la connaissance des méthodes de planification familiale ont également été posées aux hommes. Les résultats présentés au tableau 5.1.2 montrent que les hommes connaissent plus fréquemment les méthodes que les femmes : 94 % des hommes en union contre 72 % des femmes connaissent une méthode quelconque ; en ce qui concerne les méthodes modernes, les proportions sont de 91 % contre 68 %. En outre, on ne constate pas, comme chez les femmes, un écart de niveau de connaissance entre les hommes non en union et les autres. Les hommes connaissent moins fréquemment les méthodes traditionnelles que modernes (56 % pour tous les hommes et 65 % pour ceux en union). Les méthodes modernes les plus connues sont par ordre d’importance le condom masculin (82 % pour l’ensemble des hommes et 84 % pour ceux en union et un maximum de 91 % parmi ceux qui ne sont pas en union), la pilule (76 % des hommes en union et 83 % par ceux qui ne le sont pas) et les injectables (72 % et 73 %). Il faut aussi souligner que plus de la moitié des hommes en union connaissent la stérilisation féminine (56 %) et plus d’un tiers le condom féminin (36 %) Concernant les méthodes traditionnelles, les résultats ne font pas apparaître d’écarts importants, tout au plus peut-on souligner que c’est la continence périodique qui a été un peu plus fréquemment citée (50 %). Le nombre moyen de méthodes connues par l’ensemble des hommes est de 5,4 et il varie de 6,1 parmi ceux en union à 3,2 parmi ceux qui ne sont pas en union et qui n’ont jamais eu de rapports sexuels. 72 | Planification Familiale Tableau 5.1.2 Connaissance des méthodes contraceptives : hommes Pourcentages d’hommes, d’hommes actuellement en union, d’hommes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs et d’hommes qui n'ont jamais eu de rapports sexuels qui connaissent une méthode contraceptive, par méthode spécifique, selon les méthodes, EDSN-MICS III Niger 2006 Méthode contraceptive Tous les hommes Hommes actuellement en union Hommes non en union ayant déjà eu des rapports sexuels et non sexuellement actifs au cours du dernier mois Hommes non en union n'ayant jamais eu de rapports sexuels N'importe quelle méthode 90,6 93,5 95,3 79,7 N'importe quelle méthode moderne 88,9 91,4 95,2 78,5 Méthode moderne Stérilisation féminine 48,9 56,3 51,9 26,3 Stérilisation masculine 25,5 28,7 28,5 15,2 Pilule 71,4 76,3 82,6 52,3 DIU 22,7 26,3 29,2 9,4 Injectables 64,9 71,8 72,6 41,1 Implants 11,4 12,9 13,6 5,7 Condom masculin 82,1 83,9 90,6 72,4 Condom féminin 32,4 35,8 39,5 19,3 Diaphragme 12,9 15,3 15,8 4,5 Mousse/gelée 18,5 21,5 21,4 8,6 Pilule du lendemain 16,6 18,5 19,8 9,4 N'importe quelle méthode traditionnelle 56,2 64,8 57,6 31,4 Méthode traditionnelle Allaitement 35,2 44,4 27,7 12,9 Continence périodique 41,4 49,6 40,6 18,3 Retrait 41,1 47,2 42,8 23,0 Méthode populaire 15,1 18,9 10,1 5,8 Nombre moyen de méthodes connues 5,4 6,1 5,9 3,2 Effectif 3 549 2 360 308 818 Le tableau 5.2 présente les pourcentages de femmes et d'hommes en union, qui connaissent, au moins, une méthode quelconque ou une méthode moderne de contraception selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les résultats concernant les femmes ne font pas apparaître d'écarts importants ; quelle que soit la caractéristique considérée, les niveaux de connaissance sont élevés. On remarque, cependant, qu'à 15-19 ans (59 %), en milieu rural (69 %), dans les régions de Diffa (53 %), Maradi (53 %) et Zinder (64 %), parmi les femmes sans instruction (70 %) et celles des trois premiers quintiles (entre 67 % et 69 %), la proportion de femmes qui connaissent une méthode est plus faible que dans les autres catégories. Les résultats concernant la connaissance d’une méthode moderne font apparaître les mêmes variations que celles précédemment observées pour la connaissance d’une méthode quelconque. Chez les hommes, on constate également que les proportions de ceux qui connaissent les méthodes de planification familiale sont élevées, cela quelle que soit la caractéristique socio- démographique. On peut souligner que parmi ceux du quintile le plus pauvre (85 %) et dans la région de Diffa (89 %), la proportion de ceux qui connaissent une méthode est plus faible qu’au niveau national (94 %). Planification Familiale | 73 Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes et d'hommes actuellement en union qui connaissent au moins une méthode de contraception et pourcentage de ceux qui connaissent au moins une méthode moderne, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Caractéristique Connaît une méthode Connaît méthode moderne1 Effectif Connaît une méthode Connaît méthode moderne Effectif Âge actuel 15-19 58,6 56,0 1 014 96,4 96,4 18 20-24 73,8 69,6 1 426 92,7 91,2 152 25-29 75,0 70,9 1 670 93,8 92,0 336 30-34 77,0 72,4 1 286 92,8 91,2 376 35-39 72,8 69,9 1 120 94,4 93,1 349 40-44 72,2 67,7 828 93,6 90,9 364 45-49 72,4 67,4 598 93,6 91,2 329 50-54 na na Na 92,7 90,0 271 55-59 na na Na 94,4 89,9 166 Milieu de résidence Niamey 93,1 92,1 481 98,1 97,8 186 Autres Villes 91,4 90,5 712 95,9 95,9 218 Ensemble urbain 92,1 91,1 1 193 96,9 96,8 404 Rural 68,7 64,2 6 748 92,8 90,2 1 956 Région Niamey 93,1 92,1 481 98,1 97,8 186 Agadez 83,6 75,4 164 95,5 95,1 56 Diffa 52,6 49,9 195 88,6 88,0 60 Dosso 91,0 89,8 1 106 96,6 95,3 275 Maradi 52,8 45,5 1 684 90,3 87,4 531 Tahoua 75,2 73,5 1 639 90,6 86,1 437 Tillabéri 83,1 79,4 1 146 98,3 96,4 322 Zinder 63,5 57,9 1 527 93,4 92,4 493 Niveau d'instruction Aucune instruction 69,9 65,5 6 957 92,3 90,2 1 862 Primaire 85,2 84,6 715 97,6 95,9 183 Secondaire ou plus 97,3 96,8 269 98,0 96,5 255 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 67,6 61,8 1 550 85,4 80,4 397 Second 66,5 62,2 1 651 92,8 90,7 490 Moyen 69,1 64,2 1 620 93,4 90,7 531 Quatrième 70,7 67,8 1 688 96,4 95,3 490 Le plus riche 89,2 87,4 1 433 98,4 98,3 453 Ensemble 72,2 68,3 7 941 93,5 91,4 2 360 na = Non applicable 1 Stérilisation féminine, stérilisation masculine, pilule, DIU, injections, implants, condom masculin, condom féminin, diaphragme, mousse ou gelée, pilule du lendemain. 5.3 UTILISATION DE LA CONTRACEPTION À UN MOMENT QUELCONQUE Le niveau d'utilisation de la contraception est l'un des indicateurs qui permet de juger de la réussite des programmes de planification familiale. L’EDSN-MICS III permet d'estimer l'utilisation de la contraception à un moment quelconque ainsi que son niveau d'utilisation actuelle c'est-à-dire au moment de la collecte des données. Aux hommes et aux femmes, qui avaient déclaré connaître une méthode contraceptive, l'enquêteur/enquêtrice a ensuite demandé s'ils/elles l'avaient déjà utilisée, ceci afin de mesurer le niveau de pratique de la contraception à un moment quelconque de leur vie. 74 | Planification Familiale Le tableau 5.3 présente les pourcentages de femmes ayant déjà utilisé une méthode contraceptive au cours de leur vie. Plus d'une femme sur cinq (21 %) ont déjà utilisé, au moins, une méthode contraceptive à un moment quelconque de leur vie. Les méthodes traditionnelles ont été autant utilisées que les méthodes modernes (12 % contre 11 %). En fonction de l’âge, on constate que c’est à plus de 20 ans (plus de 20 %) et surtout entre 30 et 34 ans (27 %) que les pourcentages d’utilisation à un moment quelconque sont les plus élevées. Les principales méthodes modernes utilisées ont été la pilule (8 %), les injectables (3 %). En outre, 8 % des femmes ont déclaré avoir utiliser l’allaitement. En ce qui concerne les autres méthodes, les proportions sont extrêmement faibles. Le condom masculin n’a été utilisé que dans moins d’un pour cent des cas et seulement 0,3 % des femmes ont eu recours à la stérilisation. Ce sont essentiellement celles de 45-49 ans qui ont déclaré avoir utilisé cette méthode de planification (2 %). Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque Pourcentages de femmes et d’hommes, de femmes et d’hommes actuellement en union et de femmes et d’hommes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs qui ont déjà utilisé une méthode contraceptive, selon l’âge, EDSN-MICS III Niger 2006 Méthode moderne Méthode traditionnelle Groupe d'âges N'importe quelle méthode N'importe quelle méthode moderne Stérili- sation féminine Stérili- sation masculine Pilule DIU Inject- ables Implants Condom masculin N'importe quelle méthode traditionnelle Allaite- ment Autres Effectif de femmes TOUTES LES FEMMES 15-19 4,0 1,8 0,0 0,0 1,4 0,0 0,2 0,0 0,3 2,3 1,6 0,7 1 718 20-24 20,6 8,9 0,0 0,1 7,2 0,1 2,2 0,0 0,3 12,7 8,9 3,8 1 651 25-29 26,1 13,7 0,3 0,0 11,0 0,2 3,9 0,1 0,8 14,6 10,0 4,6 1 792 30-34 27,4 14,8 0,0 0,0 12,1 0,3 3,8 0,1 0,7 15,4 10,8 4,6 1 354 35-39 26,2 15,5 0,3 0,0 12,7 0,4 5,2 0,1 0,6 13,5 9,8 3,7 1 167 40-44 22,9 12,2 0,6 0,1 8,1 0,6 5,2 0,1 0,1 13,5 10,0 3.5 883 45-49 26,1 13,7 1,6 0,0 7,6 1,0 6,3 0,0 0,2 14,6 10,6 4,0 658 Ensemble 20,9 10,9 0,3 0,0 8,4 0,3 3,4 0,0 0,5 11,8 8,4 3,4 9 223 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 6,5 3,0 0,0 0,0 2,4 0,0 0,4 0,0 0,5 3,7 2,5 1,2 1 014 20-24 22,6 9,8 0,0 0,1 8,0 0,1 2,5 0,0 0,1 14,1 10,1 4,0 1 426 25-29 26,8 13,9 0,3 0,0 11,0 0,2 4,1 0,1 0,7 15,0 10,3 4,7 1 670 30-34 27,2 14,2 0,0 0,0 11,5 0,3 3,9 0,1 0,4 15,7 11,0 4,7 1 286 35-39 25,6 14,8 0,2 0,0 12,0 0,4 5,3 0,1 0,5 13,6 9,9 3,7 1 120 40-44 23,5 12,3 0,7 0,1 8,1 0,6 5,2 0,1 0,1 14,1 10,6 3,5 828 45-49 25,7 13,6 1,2 0,0 7,7 1,0 6,3 0,0 0,2 14,5 10,6 3,9 598 Ensemble 22,9 11,7 0,3 0,0 9,0 0,3 3,8 0,0 0,4 13,2 9,4 3,8 7 941 na = Non applicable On observe des résultats similaires chez les femmes en union, avec des niveaux légèrement plus élevés. Dans l’ensemble, 23 % ont utilisé une méthode quelconque et 12 % une méthode moderne. Comme pour l'ensemble des femmes, la pilule (9 %), les injectables (4 %) ont été les méthodes les plus utilisées. En outre, 13 % ont utilisé une méthode traditionnelle, essentiellement l’allaitement (9 %). 5.4 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION Le tableau 5.4 fournit la prévalence contraceptive actuelle, c'est-à-dire la proportion de femmes qui utilisaient une méthode de contraception au moment de l'enquête. Dans l’ensemble, 10 % des femmes utilisent actuellement une méthode contraceptive ; 5 % d’entre elles ont recours à une méthode moderne et, dans une même proportion, les femmes utilisent une méthode traditionnelle (6 %). Comme pour l’utilisation passée, les femmes utilisent essentiellement deux Planification Familiale | 75 méthodes : la pilule (3 %) et les injectables (1 %). Les autres méthodes ne sont pratiquement pas utilisées (moins de 1 % des enquêtées). Très faible à 15-19 ans (3 %), la prévalence contraceptive augmente jusqu’à l’âge de 34 ans où elle atteint 13 %, puis commence à diminuer à 35-39 ans (12 %) pour atteindre 9 % des femmes de 45-49 ans. La prévalence contraceptive des femmes en union n’est pratiquement pas différente de celle de l’ensemble des femmes. En effet, 11 % d’entre elles utilisent une méthode quelconque, seulement 5 % utilisent une méthode moderne et 6 % une méthode traditionnelle. De plus, ces femmes utilisent dans pratiquement les mêmes proportions les mêmes méthodes que l’ensemble des femmes : 3 % pour la pilule, 2 % pour les injectables et 5 % pour l’allaitement. Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception Répartition (en %) de l'ensemble des femmes, des femmes actuellement en union et des femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives, par méthode actuellement utilisée, selon l'âge, EDSN-MICS III Niger 2006 Méthode moderne Méthode traditionnelle Groupe d'âges Une méthode quel- conque Une méthode moderne Stérili- sation féminine Pilule DIU Inject- ables Condom masculin Une méthode tradition- nelle Allaite- ment Autres N'utilise pas actuel- lement Total Effectif TOUTES LES FEMMES 15-19 2,6 1,0 0,0 0,8 0,0 0,2 0,0 1,6 1,1 0,5 97,4 100,0 1 718 20-24 11,3 4,4 0,0 2,8 0,0 1,5 0,1 6,8 4,8 2,0 88,7 100,0 1 651 25-29 13,0 5,7 0,3 3,8 0,0 1,6 0,0 7,2 5,3 1,9 87,0 100,0 1 792 30-34 13,2 6,4 0,0 4,6 0,1 1,4 0,3 6,7 5,3 1,4 86,8 100,0 1 354 35-39 11,8 5,1 0,3 2,6 0,1 2,1 0,1 6,7 5,1 1,6 88,2 100,0 1 167 40-44 9,5 4,5 0,6 2,3 0,2 1,3 0,0 4,9 3,8 1,1 90,5 100,0 883 45-49 9,1 5,9 1,6 2,2 0,4 1,6 0,0 3,2 2,5 0,7 90,9 100,0 658 Ensemble 10,0 4,5 0,3 2,8 0,1 1,3 0,1 5,5 4,1 1,4 90,0 100,0 9 223 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 4,3 1,7 0,0 1,3 0,0 0,4 0,0 2,6 1,8 0,8 95,7 100,0 1 014 20-24 12,7 5,0 0,0 3,2 0,0 1,7 0,1 7,6 5,5 2,1 87,3 100,0 1 426 25-29 13,6 6,0 0,3 3,9 0,1 1,7 0,0 7,6 5,7 1,9 86,4 100,0 1 670 30-34 13,1 6,1 0,0 4,3 0,1 1,5 0,2 7,0 5,5 1,5 86,9 100,0 1 286 35-39 11,9 4,9 0,2 2,4 0,1 2,2 0,0 7,0 5,3 1,7 88,1 100,0 1 120 40-44 10,1 4,8 0,7 2,5 0,2 1,4 0,0 5,2 4,0 1,2 89,9 100,0 828 45-49 9,3 5,8 1,2 2,5 0,4 1,8 0,0 3,5 2,8 0,7 90,7 100,0 598 Ensemble 11,2 5,0 0,3 3,0 0,1 1,5 0,0 6,2 4,7 1,5 88,8 100,0 7 941 Note : Si plus d'une méthode a été utilisée, seule la plus efficace a été prise en compte dans ce tableau. Par ailleurs, les renseignements recueillis permettent aussi l'analyse de la prévalence contraceptive selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes en union. Ces résultats sont présentés au tableau 5.5. La prévalence contraceptive, pour l'ensemble des méthodes est deux fois et demi plus élevée en milieu urbain (23 %) qu'en milieu rural (9 %) et 6 fois plus élevée en ce qui concerne les méthodes modernes (18 % contre 3 %). En milieu urbain, comme en milieu rural, les méthodes modernes les plus fréquemment utilisées par les femmes sont la pilule (12,7 % contre 1,3 % en zones rurales) et les injectables (4,1 % et 1,1 %). La principale méthode traditionnelle utilisée demeure l’allaitement (2,8 % en milieu urbain contre 5 % en milieu rural). Les différences inter régionales sont très importantes. C’est dans celles de Niamey et d’Agadez que la prévalence moderne est la plus élevée (respectivement, 23 % et 10 %). Dans les autres régions, la prévalence varie entre 6 % à Dosso et moins d’un pour cent à Diffa (graphique 5.1). 76 | Planification Familiale Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques sociodémographiques Répartition (en %) des femmes actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Méthode moderne Méthode traditionnelle Caractéristique Une méthode quel- conque Une méthode moderne Stérili- sation féminine Pilule DIU Inject- ables Condom masculin Une méthode tradition- nelle Allaite- ment Autres N'utilis e pas actuel- lement Total Effectif Nombre d'enfants vivants 0 1,1 1,0 0,5 0,3 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 98,9 100,0 847 1-2 11,6 5,6 0,3 3,9 0,1 1,3 0,1 6,0 4,2 1,8 88,4 100,0 2 474 3-4 12,2 5,1 0,2 3,4 0,1 1,4 0,0 7,0 5,2 1,8 87,8 100,0 2 249 5+ 13,6 5,6 0,2 2,8 0,2 2,4 0,0 8,0 6,3 1,5 86,4 100,0 2 372 Milieu de résidence Niamey 27,7 23,2 1,0 16,6 1,2 3,9 0,3 4,5 2,0 2,5 72,3 100,0 481 Autres villes 19,9 14,8 0,4 10,0 0,2 4,2 0,0 5,1 3,4 1,7 80,1 100,0 712 Ensemble urbain 23,0 18,2 0,7 12,7 0,6 4,1 0,1 4,8 2,8 2,0 77,0 100,0 1 193 Rural 9,1 2,7 0,2 1,3 0,0 1,1 0,0 6,5 5,0 1,5 90,9 100,0 6 748 Région Niamey 27,7 23,2 1,0 16,6 1,2 3,9 0,3 4,5 2,0 2,5 72,3 100,0 481 Agadez 16,5 10,0 0,8 6,8 0,2 2,3 0,0 6,4 2,8 3,6 83,5 100,0 164 Diffa 3,7 0,9 0,0 0,8 0,0 0,1 0,0 2,8 2,5 0,3 96,3 100,0 195 Dosso 18,9 5,8 0,4 3,4 0,0 2,0 0,0 13,2 12,1 1,1 81,1 100,0 1 106 Maradi 4,3 1,9 0,1 1,0 0,0 0,7 0,1 2,4 0,1 2,3 95,7 100,0 1 684 Tahoua 8,9 5,1 0,1 3,2 0,1 1,8 0,0 3,7 2,6 1,1 91,1 100,0 1 639 Tillabéri 20,5 4,3 0,3 2,2 0,1 1,7 0,0 16,2 13,8 2,4 79,5 100,0 1 146 Zinder 4,1 2,5 0,2 1,1 0,0 1,2 0,0 1,6 1,1 0,5 95,9 100,0 1 527 Niveau d'instruction Aucune instruction 9,8 3,4 0,2 1,9 0,1 1,2 0,0 6,4 4,9 1,5 90,2 100,0 6 957 Primaire 17,2 11,3 0,1 6,8 0,1 4,1 0,2 5,9 4,4 1,5 82,8 100,0 715 Secondaire ou plus 31,7 28,9 0,9 22,0 1,4 4,3 0,1 2,7 1,0 1,7 68,3 100,0 269 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 10,9 2,3 0,0 1,3 0,0 1,0 0,0 8,6 6,9 1,7 89,1 100,0 1 550 Second 8,0 2,0 0,1 1,1 0,1 0,7 0,0 6,0 4,7 1,3 92,0 100,0 1 651 Moyen 7,4 1,9 0,4 0,7 0,0 0,8 0,1 5,5 4,7 0,8 92,6 100,0 1 620 Quatrième 10,1 4,2 0,3 2,1 0,0 1,8 0,0 5,9 4,0 1,9 89,9 100,0 1 688 Le plus riche 20,9 15,8 0,6 10,9 0,5 3,6 0,1 5,1 3,0 2,1 79,1 100,0 1 433 Ensemble 11,2 5,0 0,3 3,0 0,1 1,5 0,0 6,2 4,7 1,5 88,8 100,0 7 941 Planification Familiale | 77 Le niveau d’instruction apparaît comme le facteur le plus déterminant de l’utilisation contraceptive. En effet, parmi les femmes sans instruction, 10 % utilisent une méthode quelconque, seulement 3 % une méthode moderne et 6 % une méthode traditionnelle. Quand les femmes ont un niveau d’instruction primaire, ces proportions sont respectivement de 17 %, 11 % et 6 %. Quand les femmes ont un niveau secondaire ou plus, 32 % utilisent une méthode quelconque, 29 % une méthode moderne et seulement 3 % une méthode traditionnelle (graphique 5.2). Graphique 5.1 Prévalence contraceptive moderne selon la résidence (femmes en union) EDSN-MICS III 2006 5 18 3 23 10 1 6 2 5 4 3 3 11 29 NI GE R RÉ SID EN CE En sem ble ur ba in Ru ral RÉ GI ON Ni am ey Ag ad ez Di ffa Do sso M ara di Ta ho ua Til lab éri Zin de r IN ST RU CT IO N Au cu n Pr im air e/a lph ab ét. Se co nd air e o u + 0 5 10 15 20 25 30 35 Pourcentage Graphique 5.2 Prévalence contraceptive selon le niveau d'instruction des femmes (femmes en union) EDSN-MICS III 2006 11 10 17 32 5 3 11 29 6 6 6 3 NIGER Sans instruction Primaire Secondaire ou plus 0 5 10 15 20 25 30 35 Pourcentage Méthode quelconque Méthode moderne Méthode traditionnelle 78 | Planification Familiale Les résultats selon le nombre d’enfants vivants ne font pas apparaître d’écarts importants. L'utilisation de la contraception moderne est extrêmement faible parmi les femmes qui n’ont eu aucune naissance vivante (1 %). Enfin, on constate un écart important de la prévalence contraceptive entre le quintile le plus riche et les autres, la proportion d’utilisatrices de méthodes modernes variant de 16 % à 4 % dans le quatrième et à environ 2 % dans les autres. La comparaison avec les résultats des enquêtes précédentes montre que la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union a légèrement augmenté, la proportion d'utilisatrices étant passée de 2,3 % en 1992 (EDSN-I), à 4,6 % en 1998 (EDSN-II), pour atteindre 5 % en 2006 (graphique 5.3). En milieu rural, on note une amélioration, la prévalence étant passée de 0,7 % en 1992 à 2,1 % en 1998 et à 2,7 % à l’enquête actuelle. En fonction du niveau d’instruction, on note qu’entre 1992 et 1998, la proportion de femmes sans instruction qui utilisaient une méthode moderne a doublé passant de 1,5 % à 3 % ; à partir de 1998, on observe une tendance à la stagnation puisque cette proportion est restée quasiment stable (3 %). Par contre, en milieu urbain la prévalence moderne est restée inchangée entre 1992 et 1998 (19 % contre 18 %) et chez les femmes scolarisées, on observe une tendance à la baisse des utilisatrices de la contraception modernes, la proportion étant passée de 32 % en 1992 à 29 % en 2006. 5.4 UTILISATON SELON LES INDICATEURS DU STATUT DE LA FEMME La capacité d’une femme à traduire ses volontés en actes concrets est déterminée par son statut au sein de son ménage et de la communauté dans laquelle elle vit. L’utilisation de la contraception est donc déterminée, en partie, par son niveau d’autonomie et par le type de rapports de domination ou de coopération qu’elle entretient avec son mari/partenaire. Graphique 5.3 Prévalence de la contraception - EDSN II 1998 et EDSN-MICS III 2006 (femmes en union) 8 5 3 2 3 0 3 11 5 3 2 6 5 0 2 TO UT ES M ÉT HO DE S MÉ TH OD ES MO DE RN ES Pil ule Inj ec tab les MÉ TH OD ES TR AD ./P OP . All ait em en t Co nti ne nc e pé rio diq ue Mé tho de s po pu lai res 0 5 10 15 20 Pourcentage EDSN-II 1998 EDSN-MICS III 2006 Planification Familiale | 79 Les variations de la prévalence contraceptive sont observées en fonction des indicateurs du statut de la femme. Il s’agit du : x nombre de décisions prises par la femme ; x nombre de raisons qui justifient que les femmes refusent d’avoir des rapports sexuels avec leur mari ; x nombre de raisons qui justifient le fait que le mari puisse battre sa femme. Il semble qu’il existe une relation entre le niveau de participation de la femme à la prise de décisions et la prévalence contraceptive. En effet, plus la femme est impliquée dans les décisions du ménage, plus son recours à la contraception est élevé. La prévalence passe de 7 % parmi celles qui n’ont participé à aucune décision à 18 %, parmi celles qui sont impliquées dans 3-4 prises de décisions. Cependant, celles qui ont été impliquées dans 5 décisions ou plus, utilisent moins les méthodes de contraception. Notons également que cette relation se vérifie, quel que soit le type de méthode de contraception, Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception par statut de la femme Répartition (en %) des femmes actuellement en union par type de méthode contraceptive actuellement utilisée, selon les indicateurs du statut de la femme, EDSN-MICS III Niger 2006 Statut de la femme Une méthode quelconque Une méthode moderne Une méthode tradition- nelle N’utilise pas actuel- lement Total Effectif Nombre de décisions dans lesquelles la femme a le dernier mot 0 7,3 3,9 3,4 92,7 100,0 3 215 1-2 13,0 5,2 7,8 87,0 100,0 3 249 3-4 18,3 7,8 10,5 81,7 100,0 869 5 12,4 5,8 6,6 87,6 100,0 608 Nombre de raisons de refuser les rapports sexuels avec son mari 0 5,7 2,8 2,9 94,3 100,0 1 195 1-2 12,2 4,2 7,9 87,8 100,0 2 651 3-4 12,2 6,1 6,1 87,8 100,0 4 095 Nombre de raisons justifiant qu’un mari batte sa femme 0 6,6 3,6 3,0 93,4 100,0 2 323 1-2 11,6 6,3 5,3 88,4 100,0 1 498 3-4 14,1 7,7 6,4 85,9 100,0 1 509 5 13,5 3,9 9,6 86,5 100,0 2 612 Ensemble 11,2 5,0 6,2 88,8 100,0 7 941 On constate aussi que la prévalence contraceptive augmente avec le nombre de raisons justifiant le refus d’une femme d’avoir des rapports sexuels avec son mari. Cette tendance est observée à la fois pour l’utilisation des méthodes modernes et traditionnelles. En effet, la prévalence de la contraception moderne passe de 3 % parmi les femmes qui pensent que pour aucune raison, une femme peut refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari à 6 % parmi celles qui pensent que pour 3-4 raisons, cela se justifie. Cette tendance se vérifie quelle que soit le type de méthodes. 80 | Planification Familiale En ce qui concerne le troisième indicateur, on constate la relation inverse : c’est parmi les femmes qui pensent que pour aucune raison, il est justifié qu’un mari batte sa femme que la prévalence contraceptive est la plus faible (4 %) ; parmi celles qui pensent que pour 3-4 raisons, un homme a le droit de battre sa femme, la prévalence atteint 8 %. 5.6 NOMBRE D'ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION L'utilisation de la contraception pour la première fois peut, en fonction de la parité atteinte à ce moment-là, répondre à des objectifs différents : retarder la première naissance si l'utilisation commence lorsque la femme n'a pas encore d'enfant, espacer les naissances si la contraception débute à une parité que la femme souhaite augmenter selon un calendrier donné, ou encore limiter tout simplement la descendance au niveau actuel lorsque la femme recourt à la contraception parce qu’elle a le nombre d'enfants qu’elle souhaite ou pour d’autres raisons (raisons de santé, par exemple). Le tableau 5.7 présente la répartition des femmes par groupe d’âges selon le nombre d’enfants vivants qu’elles avaient au moment où elles ont commencé à utiliser la contraception pour la première fois. Tableau 5.7 Nombre d'enfants à la première utilisation Répartition (en %) des femmes qui ont déjà utilisé un moyen de contraception par nombre d'enfants vivants lors de la première utilisation de la contraception, selon l'âge actuel, EDSN-MICS III Niger 2006 Nombre d'enfants vivant à la première utilisation Âge actuel 0 1 2 3 4+ ND Total Effectif 15-19 14,4 79,6 6,0 0,0 0,0 0,0 100,0 68 20-24 4,0 69,6 17,8 5,6 2,1 0,9 100,0 340 25-29 2,5 57,5 19,4 11,6 8,3 0,7 100,0 468 30-34 2,3 51,7 12,6 10,9 22,1 0,3 100,0 371 35-39 1,0 44,0 12,3 10,2 32,4 0,0 100,0 305 40-44 1,7 39,9 8,8 13,8 33,5 2,3 100,0 203 45-49 0,4 44,0 11,1 7,8 36,2 0,5 100,0 172 Ensemble 2,7 54,1 14,4 9,7 18,5 0,7 100,0 1 926 Dans l'ensemble des femmes utilisatrices, 3 % ont déclaré avoir utilisé pour la première fois une méthode contraceptive alors qu'elles n'avaient pas d'enfant, c'est-à-dire pour retarder la première naissance, 54 % ont commencé alors qu'elles n’avaient eu qu’une seule naissance vivante. Dans 14 % des cas, les femmes ont commencé à utiliser une méthode de planification familiale à partir du deuxième enfant. Environ une femme sur dix avait attendu la troisième naissance et enfin 19 % ont commencé à des parités élevées (4 enfants et plus). On constate que la proportion de femmes qui ont commencé à utiliser une méthode contraceptive alors qu’elle n’avait pas d’enfant est passée de moins d’un pour cent parmi celles de 45-49 ans à 14 % parmi celles de 15-19 ans, ce qui pourrait vouloir signifier que les femmes des générations les plus jeunes souhaitent retarder la venue d’un premier enfant. On note la même tendance en ce qui concerne les proportions des femmes ayant commencé à utiliser une méthode à partir de la première naissance (44 % parmi celles de 45-49 ans à 70 % parmi celles de 20-24 ans). 5.7 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE Pour mesurer le niveau de connaissance des femmes concernant la période de fécondabilité, on leur a demandé si elles pensaient, qu'au cours du cycle, il existait une période pendant laquelle elles Planification Familiale | 81 avaient plus de chance de tomber enceinte et, si oui, à quel moment du cycle se situait cette période. Les résultats des réponses à cette dernière question sont présentés dans le tableau 5.8. Compte tenu des nombreuses nuances que peuvent comporter les réponses à cette question, les femmes peuvent être groupées en trois grandes catégories dans les commentaires qui suivent : x Connaissent la période de fécondabilité : celles qui ont déclaré « milieu du cycle » ; x Ont une connaissance douteuse de la période : celles qui ont déclaré « juste avant le début des règles », «juste après la fin des règles ». Ces réponses sont trop vagues pour pouvoir être considérées comme exactes mais, selon l'idée que se font les femmes du « juste après la fin » et du « juste avant le début », elles peuvent correspondre à la période féconde ; x Ne connaissent pas la période : celles qui ont déclaré « durant les règles », « pas de période spécifique », « ne sait pas » ou toute autre réponse. On constate que près de la moitié des femmes n'ont aucune idée de l'existence d'une période particulière ou ne savent pas comment situer correctement la période de fertilité au cours du cycle menstruel : 27 % ont déclaré ne pas savoir du tout et 16 % ont déclaré qu’une telle période n’existait pas. Plus de deux femmes sur cinq (41 %) n’en ont qu’une connaissance approximative. Seulement 15 % des femmes ayant mentionné le milieu du cycle peuvent être considérées comme ayant une connaissance précise de la période où une femme a le plus de chances de tomber enceinte au cours du cycle menstruel. 5.8 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION Pour évaluer la contribution des secteurs médicaux public et privé dans la distribution ou la vente des différentes méthodes modernes de contraception, on a demandé aux utilisatrices d'identifier l'endroit où elles ont obtenu leur méthode actuelle (tableau 5.9). Pour obtenir les méthodes modernes de contraception, 67 % des femmes se sont adressées au secteur médical public. Environ, une femme sur quatre (24 %) s'est adressée au secteur médical privé et seulement 17 % se sont orientées vers d’autres sources. Dans le secteur public, ce sont surtout vers les centres de santé intégrés que les femmes se sont dirigées pour obtenir leur méthode (45 %). Les maternités contribuent dans 14 % des cas, suivi, de loin, par les cases de santé (4 %) et les hôpitaux publics (4 %). Dans le secteur privé, les principaux fournisseurs sont, de loin, les pharmacies (11 %). Les utilisatrices qui se procurent leurs méthodes auprès de sources non médicales s’adressent essentiellement au vendeur ambulant (11 %). Les autres proportions sont très faibles (entre 2 % et 3 %). En outre, on constate que dans la quasi-totalité des cas (93 %), les femmes obtiennent les injectables dans le secteur public. Seulement 6 % se sont adressées au secteur médical privé pour cette méthode. Dans le secteur public, c’est dans 68 % des cas, les centres de santé intégrés qui constituent la source d’approvisionnement la plus importante et loin derrière, les maternités (14 %). La source d’approvisionnement de la pilule est plus diversifiée puisque 53 % des utilisatrices l’ont obtenue dans le secteur public, essentiellement dans les centres de santé intégrés (38 %), 36 % dans le secteur médical privé, en majorité les pharmacies (17 %) et 18 % se les sont procurées auprès de vendeurs ambulants. Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes selon leur connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel, EDSN-MICS III Niger 2006 Connaissance de la période féconde Ensemble des femmes Juste avant le début des règles 4,0 Pendant ses règles 0,4 Juste après la fin des règles 36,8 Entre les règles 15,0 Autre 0,1 Pas de moment spécifique 16,1 NSP 27,3 ND 0,4 Total 100,0 Effectif 9 223 82 | Planification Familiale Tableau 5.9 Source d'approvisionnement Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes par source d'approvisionnement ou d'information la plus récente, selon les méthodes spécifiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Méthode moderne Source d'approvisionnement Pilule Injectables Ensemble1 Secteur public 52,5 93,0 67,4 Hôpital public 1,2 1,1 3,7 Centre de santé intégré 38,2 67,8 44,7 Maternité 9,6 13,9 13,8 Case de santé 2,4 9,8 4,3 Agent de santé communautaire 1,1 0,5 0,8 Autre public 0,1 0,0 0,2 Secteur médical privé 36,0 5,5 24,1 Hôpital/clinique privé(e) 1,3 3,4 2,1 Pharmacie 16,8 1,3 10,9 Autre privé médical 0,1 0,0 0,1 Autre source 26,0 1,6 17,3 Vendeur ambulant 17,7 0,8 11,1 Boutique 3,9 0,0 2,8 Tablier 2,9 0,0 1,8 Amis, parents 1,6 0,8 1,6 Autre 0,5 0,0 0,3 ND 2,7 0,6 2,0 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 255 123 418 1 L’ensemble inclut 25 femmes stérilisées, 8 utilisatrices du DIU et 7 utilisatrices du condom masculin. 5.9 INFORMATIONS RELATIVES AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES Au niveau des formations sanitaires, les prestataires de services de planification familiale sont censés assurer des services complets à leur clientèle en leur fournissant le maximum d'informations utiles, entre autres, des informations sur l'éventail des différentes méthodes contraceptives existantes et leurs contraintes ainsi que sur leurs effets secondaires et leurs contre-indications éventuelles. Ces informations ont non seulement pour but d'aider les femmes à faire un choix éclairé mais aussi de permettre de corriger et de combattre les préjugés concernant les méthodes de contraception. Les résultats sont présentés au tableau 5.10. Les résultats montrent que globalement, les utilisatrices de pilules ont reçu moins d’information que les utilisatrices d’injectables, que ce soit sur l’éventualité d’effets secondaires liés à la méthode (33 % contre 48 %), sur les mesures à prendre en cas d’effets secondaires (26 % contre 40 %) et sur l’éventail de méthodes existantes (48 % contre53 %). Les résultats selon la source de la méthode montrent que par rapport aux maternités, les centres de santé publics ont plus fréquemment fourni aux utilisatrices les informations nécessaires. Selon le milieu de résidence, on ne constate pratiquement pas d’écart. Les résultats selon le niveau d’instruction montrent que ce sont les femmes qui ont un niveau primaire qui ont reçu le plus fréquemment les informations nécessaires à l’utilisation sans risque d’une méthode de planification familiale. Planification Familiale | 83 Tableau 5.10 Choix de la méthode et information Pourcentage de femmes utilisatrices de méthodes contraceptives modernes qui ont choisi la méthode actuelle dans les cinq années ayant précédé l'enquête et qui ont été informées des effets secondaires de la méthode utilisée ; pourcentage de celles qui ont été informées sur ce qu'il fallait faire en cas d'effets secondaires ; pourcentage de femmes qui ont été informées des autres méthodes de contraception qu'elles pourraient utiliser, par méthode spécifique, source initiale de la méthode et certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Méthodes, sources et caractéristiques Avertie des effets secondaires/ problèmes des méthodes Informée sur que faire en cas d'effets secondaires Informée que d'autres méthodes peuvent être utilisées Méthode Pilule 32,6 26,1 47,9 Injectables 47,6 40,1 53,3 Première source de méthodes SECTEUR PUBLIC 47,9 40,3 60,4 Hôpital gouvern. * * * Centre de santé gouvern. 56,4 46,8 65,9 Maternité gouvern. 36,0 32,5 54,0 Case de santé * * * Agent de santé commun. * * * Autre public * * * SECTEUR MEDICAL PRIVÉ (37,4) (29,7) (48,6) Hôpital privé * * * Pharmacie * * * Cabinet/salle de soins (32,8) (22,6) (37,5) AUTRE SOURCE * * * Milieu de résidence Niamey 26,5 19,6 41,7 Autres Villes 45,0 39,9 52,3 Ensemble urbain 35,6 29,5 46,9 Rural 36,5 29,3 47,0 Région Niamey 26,5 19,6 41,7 Agadez * * * Diffa * * * Dosso 43,6 38,7 52,7 Maradi (32,1) (20,8) (44,9) Tahoua 42,3 33,5 55,4 Tillabéri 25,2 22,0 40,2 Zinder (44,0) (39,2) (40,4) Niveau d'instruction Aucune instruction 36,2 28,0 44,2 Primaire 38,3 35,1 52,9 Secondaire ou plus 32,9 27,8 48,8 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre (26,2) (17,4) (48,8) Second (41,8) (40,2) (59,4) Moyen (38,5) (29,1) (41,2) Quatrième 35,8 28,3 49,8 Le plus riche 36,4 30,1 44,6 Ensemble 36,0 29,4 46,9 Effectif 411 411 412 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 84 | Planification Familiale 5.10 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION On a demandé aux femmes, qui n'utilisaient pas la contraception au moment de l'enquête, si elles avaient l'intention d'utiliser une méthode dans l'avenir. Le tableau 5.11 fournit la distribution des femmes selon l’intention d’utiliser une méthode dans l’avenir. Tableau 5.11 Utilisation future Répartition (en %) des femmes actuellement en union n'utilisant pas actuellement de méthode, par intention d'utiliser une méthode dans l'avenir, selon le nombre d'enfants vivants, EDSN-MICS III Niger 2006 Nombre d'enfants vivants1 Intention 0 1 2 3 4+ Ensemble A l'intention d'utiliser 22,8 28,4 29,6 26,8 25,5 26,5 Incertaine 18,7 12,1 11,2 9,3 7,4 10,0 N'a pas l'intention d'utiliser 57,8 59,5 58,9 63,7 67,0 63,3 ND 0,7 0,1 0,3 0,2 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 612 1 090 1 092 1 062 3 193 7 049 1 Y compris la grossesse actuelle Plus d’une femme sur quatre (27 %) a déclaré avoir l'intention d’utiliser une méthode dans l'avenir. Par contre, prés des deux tiers (63 %) ont déclaré ne pas avoir l'intention d'en utiliser une dans le futur et, dans 10 % des cas, les femmes étaient indécises. Par ailleurs, selon le nombre d'enfants, on constate que parmi les femmes sans enfant, plus d’une femme sur cinq (23 %) a déclaré avoir l'intention d'utiliser, dans le futur, une méthode de planification familiale. Parmi les femmes ayant un enfant, cette proportion est de 28 % et c’est parmi celles en ayant 2 que cette proportion est la plus élevée (30 %). 5.11 RAISONS DE NON UTILISATION DE LA CONTRACEPTION Aux femmes non utilisatrices de la contraception, qui ont déclaré ne pas avoir l'intention d'utiliser un contraceptif dans l'avenir, on leur a demandé d’en indiquer la raison. Les données du tableau 5.12 montrent que 38 % des femmes ont cité des raisons relatives à la fécondité, essentiellement le désir d’enfants et une femme sur quatre (25 %) a déclaré qu’elle désirait avoir d'autres enfants. L’opposition à la pratique contraceptive a été mentionnée dans 29 % des cas et dans 16 % des cas, il s’agit de l’opposition de l’enquêtée elle-même. On note ensuite les interdits religieux (6 %). En outre, les raisons liées aux méthodes ont été globalement citées par 10 % des femmes : parmi elles, 3 % ont cité les problèmes de santé et 2 % la peur des effets secondaires. On relève des différences selon le groupe d’âges. Les femmes de 30-49 ans ont plus fréquemment cité des raisons relatives à la fécondité (42 % contre 34 %), en particulier, la sous fécondité/stérilité (13 % contre moins d’un pour cent). Cependant, on observe que la proportion de jeunes femmes qui ont déclaré vouloir autant d’enfants que possible est plus élevée que parmi les plus âgées (27 % contre 22 %). De même, la proportion de jeunes femmes opposées à l’utilisation n’est pas très différente de celle observée parmi celles de 30-49 ans (17 % contre 15 %). On peut également souligner que les jeunes femmes de 15-29 ans ont plus fréquemment cité le manque de connaissance que les plus âgées (19 % contre 14 %). Planification Familiale | 85 Tableau 5.12 Raisons évoquées pour n’avoir pas l'intention d'utiliser la contraception Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui n'utilisent pas actuellement une méthode et qui n'ont pas l'intention d'en utiliser une dans l'avenir, par principale raison pour laquelle elles n'ont pas l'intention d'en utiliser une, selon l'âge, EDSN-MICS III, Niger 2006 Groupe d’âges Raisons 15-29 30-49 Ensemble Raisons associées à la fécondité 34,3 41,5 38,2 Rapports sexuels peu fréquents/ pas de rapports 5,6 4,1 4,8 Ménopause/hystérectomie 0,3 2,7 1,6 Sous féconde/stérilité 0,9 12,6 7,3 Veut autant d'enfants que possible 27,4 22,1 24,6 Opposition à l'utilisation 32,2 26,2 28,9 Enquêtée opposée 17,2 14,8 15,9 Mari/conjoint opposé 8,2 4,9 6,4 Autres personnes opposées 0,4 0,2 0,3 Interdits religieux 6,5 6,2 6,3 Manque de connaissance 18,6 14,1 16,2 Ne connaît aucune méthode 13,3 10,3 11,7 Ne connaît aucune source 5,3 3,8 4,5 Raisons associées à la méthode 8,5 10,6 9,7 Problèmes de santé 1,8 4,0 3,0 Peur des effets secondaires 2,6 2,2 2,4 Difficulté d'accès/trop éloignée 0,7 0,3 0,5 Trop chère 0,5 0,3 0,4 Inconvénients à l'utilisation 0,9 0,7 0,8 Interfère avec le processus normal du corps 2,0 3,2 2,7 Autre 3,2 4,5 3,9 NSP 2,9 2,7 2,8 ND 0,4 0,2 0,3 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 042 2 420 4 462 5.12 MÉTHODE FUTURE PRÉFÉRÉE Pour évaluer la demande potentielle des différents types de méthodes contraceptives, on a demandé aux femmes en union, ayant l'intention d'utiliser la contra- ception dans l'avenir, de spécifier la méthode de leur choix. Il ressort du tableau 5.13 que les méthodes modernes sont, de loin, les plus fréquemment citées. La pilule vient largement en tête avec une proportion de 48 % ; dans 31 % des cas, les femmes ont déclaré qu’elles avaient l’intention d’utiliser les injectables ; Les pourcentages concernant les autres méthodes sont très faibles. Tableau 5.13 Méthode contraceptive future préférée Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui n'utilisent pas actuellement une méthode mais qui ont l'intention d'en utiliser une dans l'avenir, par méthode préférée, selon l'âge, EDSN-MICS III Niger 2006 Âge Méthode 15-29 30-49 Ensemble Pilule 53,3 40,5 48,4 DIU 1,6 2,4 1,9 Injectables 26,6 38,0 31,0 Implants 0,7 1,5 1,0 Condom 0,1 0,3 0,1 Allaitement 2,7 6,4 4,2 Continence périodique 0,2 0,2 0,2 Autres 13,6 9,9 12,3 NSP/Pas sûre 0,7 0,4 0,6 ND 0,3 0,4 0,3 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 152 718 1 870 86 | Planification Familiale 5.13 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION L'accès à l’information constitue un préalable important pour promouvoir l’utilisation des méthodes contraceptives. C’est en effet par ce biais qu’on parvient à informer et à sensibiliser la population à la planification familiale et à vulgariser les différentes méthodes contraceptives. Pour connaître le niveau d’accès des femmes et des hommes à l’information sur la planification familiale et les canaux par lesquels ils ont été informés, on leur a demandé si elles/ils avaient entendu un message quelconque sur la planification familiale à la radio ou à la télévision durant le mois ayant précédé l'enquête. Selon les tableaux 5.14.1 et 5.14.2, on constate que, durant le mois ayant précédé l'enquête, près des deux tiers des femmes (64 %) et pratiquement un homme sur deux (49 %) n'ont entendu aucun message, ni à la radio, ni à la télévision, ni vu ou lu de messages dans les journaux et magazines, sur la planification familiale. À l’opposé, 36 % des femmes avaient entendu un message à la radio, 9 % à la télévision. La proportion de femmes informées par les journaux ou magasines est très faible (3 %), cela étant en partie dû au faible niveau d’alphabétisation. La proportion de femmes ayant entendu un message à la radio augmente avec l’âge entre 15 et 39 ans, passant d’un minimum de 29 % à 15-19 ans à 38 % à 35-39 ans ; à partir de cet âge, la proportion diminue et atteint 35 % à 45-49 ans. Cette proportion est également plus importante en milieu urbain que rural (58 % contre 30 %). C’est dans les régions de Niamey (56%), Dosso (51 %), Diffa (42 %) et Agadez (36 %) que les femmes ont le plus fréquemment reçu des messages sur la planification familiale par le biais de la radio. Dans les autres régions, les pourcentages sont inférieurs à la moyenne nationale ; ils sont particulièrement faibles à Zinder (26 %) et à Maradi (24 %). Enfin, le pourcentage de femmes ayant reçu des messages sur la planification familiale en écoutant la radio augmente avec le niveau d’instruction variant de 33 % chez les femmes sans instruction à 48 % chez celles de niveau primaire et à 58 % chez celles de niveau secondaire ou plus. La télévision existe essentiellement dans les villes ; aussi a t-elle plus servi de canal d’information en milieu urbain (36 % contre 2 % en milieu rural) et dans les régions les plus urbanisées : Niamey (42 %) et Agadez (25 %). Comme pour la radio, le pourcentage de femmes informées par la télévision augmente avec le niveau d’instruction : de 4,9 % chez les femmes sans instruction, il passe à 45,4 % chez celles de niveau secondaire ou plus. L’information par les journaux et magasines concerne presque exclusivement le milieu urbain (12 % contre 1 % en milieu rural), Niamey (15 % contre moins de 5 % ailleurs) et les femmes instruites, surtout celles ayant au moins niveau secondaire (28 %). Quelle que soit la source, on constate que les hommes ont été plus fréquemment informés que les femmes et la proportion de ceux qui n’ont été exposés à aucune des sources est de 49 % contre 64 % chez les femmes. Comme pour les femmes, ce sont les hommes (tableau 5.14.2) les plus instruits et ceux du milieu urbain qui ont été les plus fréquemment exposés à l’information. Les messages sur la planification familiale ne semblent donc pas atteindre la population en général et surtout sa cible principale, en l’occurrence les femmes. Planification Familiale | 87 Tableau 5.14.1 Exposition aux messages sur la planification familiale : femmes Pourcentage de femmes qui, au cours des derniers mois ayant précédé l'enquête, ont entendu à la radio, vu à la télévision ou dans un journal ou une revue un message sur la planification familiale selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Radio Télévision Journal/ magazine Aucune de ces trois sources Effectif Âge actuel 15-19 29,2 8,6 3,4 69,5 1 718 20-24 37,1 9,7 3,5 62,0 1 651 25-29 37,5 9,6 3,6 62,1 1 792 30-34 37,9 9,0 3,0 61,5 1 354 35-39 37,9 8,8 2,8 61,6 1 167 40-44 36,4 7,5 2,9 63,5 883 45-49 35,2 7,8 2,7 64,7 658 Milieu de résidence Niamey 56,0 41,6 14,6 39,4 822 Autres Villes 59,2 30,8 9,2 39,1 995 Ensemble urbain 57,8 35,7 11,6 39,2 1 817 Rural 30,3 2,3 1,2 69,6 7 406 Région Niamey 56,0 41,6 14,6 39,4 822 Agadez 36,4 25,4 4,7 61,4 248 Diffa 41,9 6,9 0,9 57,9 221 Dosso 51,3 10,1 2,0 48,0 1 303 Maradi 24,4 2,6 0,9 75,5 1 752 Tahoua 36,3 4,0 1,6 63,7 1 859 Tillabéri 33,0 4,2 3,4 66,7 1 329 Zinder 26,1 5,5 2,9 73,8 1 688 Niveau d'instruction Aucune instruction 32,6 4,9 1,2 67,1 7 700 Primaire 47,9 19,3 5,4 50,9 963 Secondaire ou plus 57,6 45,4 27,9 37,3 560 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 22,4 2,3 1,0 77,4 1 755 Second 26,2 2,2 1,1 73,7 1 780 Moyen 31,3 1,5 1,2 68,7 1 756 Quatrième 39,4 3,3 2,1 60,4 1 906 Le plus riche 55,9 32,1 9,8 41,4 2 026 Ensemble 35,7 8,9 3,2 63,6 9 223 88 | Planification Familiale Tableau 5.14.2 Exposition aux messages sur la planification familiale : hommes Pourcentage d'hommes qui, au cours des derniers mois ayant précédé l'enquête, ont entendu à la radio, vu à la télévision ou dans un journal ou une revue un message sur la planification familiale selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Radio Télévision Journal/ magazine Aucune de ces trois sources Effectif Âge actuel 15-19 19,2 7,8 3,7 78,4 620 20-24 41,3 13,5 5,8 56,3 490 25-29 55,8 17,9 6,9 42,7 472 30-34 59,8 17,7 9,1 39,1 425 35-39 59,2 15,2 6,2 39,4 382 40-44 56,7 16,3 5,9 41,7 369 45-49 62,9 13,2 3,8 37,1 343 50-54 54,6 12,9 4,1 43,8 278 55-59 57,9 19,0 3,4 41,4 171 Milieu de résidence Niamey 53,0 39,4 19,8 39,6 441 Autres Villes 54,7 31,4 15,2 41,6 466 Ensemble urbain 53,8 35,3 17,4 40,7 907 Rural 47,4 7,0 1,5 52,4 2 642 Région Niamey 53,0 39,4 19,8 39,6 441 Agadez 50,4 29,5 13,4 46,2 108 Diffa 46,5 25,1 6,3 51,2 95 Dosso 51,4 17,7 5,4 47,9 424 Maradi 58,0 7,9 2,2 41,9 678 Tahoua 34,1 3,2 1,5 65,9 658 Tillabéri 60,5 18,1 1,7 39,3 461 Zinder 42,9 6,3 5,3 55,4 683 Niveau d'instruction Aucune instruction 47,1 8,2 1,0 52,5 2 552 Primaire 52,8 15,0 1,2 45,4 284 Secondaire ou plus 56,2 38,0 27,1 37,7 619 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 38,0 6,2 1,1 61,4 533 Second 51,4 6,1 0,6 48,6 616 Moyen 47,5 8,6 1,9 52,3 748 Quatrième 51,3 7,4 1,8 48,7 693 Le plus riche 53,2 33,4 17,0 41,6 958 Ensemble 49,0 14,3 5,6 49,4 3 549 Au tableau 5.15, figurent les résultats concernant le contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de la planification familiale. Dans 89 % des cas, les femmes ont déclaré ne pas avoir reçu la visite d’un agent de santé qui leur a parlé de planification familiale au cours des douze mois ayant précédé l'enquête. Quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques, ces proportions sont très élevées et on ne constate pas de variations importantes. Les visites des femmes dans les formations sanitaires pour une raison de santé quelconque, que ce soit pour elles-mêmes ou pour leurs enfants, constituent des occasions à ne pas manquer par les prestataires pour discuter avec elles de planification familiale. Selon les résultats de l’enquête, on note que dans 29 % des cas, les femmes se sont rendues dans un établissement sanitaire mais n’ont pas discuté de méthode de planification familiale. Les écarts en fonction des caractéristiques sociodémographiques ne sont pas très importants. Enfin, seulement 8 % des femmes ont reçu la visite d’un agent de terrain et ont discuté de planification familiale. Ici aussi, les écarts sont peu importants. C’est parmi les femmes de 25-29 ans (12 %) et celles de niveau primaire (12 %) que cette proportion est la plus élevée. Planification Familiale | 89 Tableau 5.15 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale Pourcentage des non utilisatrices de la contraception qui ont été contactées par un agent de terrain qui leur ont parlé de planification familiale, pourcentage de celles qui ont visité un service de santé mais qui n'ont pas parlé de méthodes de planification familiale, au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN- MICS III Niger 2006 Caractéristique Femmes ayant reçu la visite d’un agent de terrain et discuté de PF Femmes qui sont allées dans un établissement sanitaire et ont discuté de PF Femmes qui sont allées dans un établissement sanitaire mais n’ont pas discuté de PF Femmes n’ayant pas discuté de PF avec un agent de terrain ou dans un établissement sanitaire Effectif Âge actuel 15-19 5,6 2,3 18,9 93,3 1 673 20-24 8,9 6,5 31,3 88,2 1 465 25-29 11,5 7,5 34,7 85,1 1 559 30-34 8,3 7,5 31,3 87,5 1 176 35-39 8,1 5,6 32,3 88,8 1 029 40-44 6,9 6,1 32,0 89,8 800 45-49 7,8 5,6 25,1 90,2 599 Milieu de résidence Niamey 5,8 8,4 37,3 88,1 679 Autres Villes 9,3 10,7 33,5 84,1 846 Ensemble urbain 7,8 9,7 35,2 85,9 1 526 Rural 8,4 4,9 27,9 89,6 6 775 Niveau d'instruction Aucune instruction 7,8 5,1 28,7 89,8 6 999 Primaire 11,6 9,5 32,7 84,1 831 Secondaire ou plus 9,5 9,3 30,4 84,8 471 Ensemble 8,3 5,8 29,2 88,9 8 301 5.14 DISCUSSIONS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE AVEC LE CONJOINT La discussion sur la planification familiale avec le conjoint peut être un élément décisif pour l’adoption d’une méthode de contraception par le couple car le rôle joué par l'époux peut influencer grandement la décision de la femme. Les résultats présentés dans le tableau 5.16 montrent qu'au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, 62 % des femmes en union, connaissant une méthode contraceptive, n'ont jamais discuté de planification familiale avec leur conjoint. Environ, 38 % d’entre elles ont déclaré avoir abordé le sujet avec leur conjoint ; 18 % l’ont fait une ou deux fois seulement et 20 %, trois fois ou plus. Les femmes les plus jeunes (15-19 ans) et les plus âgées (45-49 ans) ont été relativement plus nombreuses à n’avoir jamais discuté de ce sujet avec leur conjoint. 90 | Planification Familiale Tableau 5.16 Discussion de la planification familiale dans le couple Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union qui connaissent une méthode contraceptive, selon le nombre de fois qu'elles/ils ont discuté de planification familiale avec leur conjoint, au cours de l'année ayant précédé l’enquête, selon l'âge actuel, EDSN-MICS III Niger 2006 Nombre de fois que la femme a discuté de la PF avec son mari: Âge Actuel Jamais Une ou deux fois Trois ou plus ND Total Effectif 15-19 66,7 17,0 15,5 0,8 100,0 594 20-24 60,1 18,0 21,4 0,5 100,0 1 052 25-29 57,0 19,6 22,9 0,5 100,0 1 253 30-34 59,4 19,8 20,4 0,4 100,0 990 35-39 63,3 16,0 20,4 0,3 100,0 815 40-44 64,9 17,1 17,0 1,0 100,0 598 45-49 68,8 15,5 15,4 0,4 100,0 433 Ensemble 61,6 18,0 19,9 0,5 100,0 5 735 5.15 OPINIONS DES COUPLES SUR LA PLANIFICATION Le dernier thème traité dans ce chapitre concerne l’opinion du couple sur la planification familiale. Lors de l'enquête, on a posé la question suivante aux femmes et aux hommes: «En général, est- ce que vous approuvez ou désapprouvez les couples qui utilisent une méthode pour éviter une grossesse? ». Cette question a permis de déterminer l'opinion des couples en matière de planification familiale (tableau 5.17). Dans près de la moitié des couples (47 %), les deux conjoints ont la même opinion : 30 % approuvent la contraception et 17 % la désapprouvent. On relève que la proportion de maris/conjoints qui désapprouvent la planification familiale est beaucoup plus importante lorsque la femme elle-même désapprouve (17 %) que dans le cas contraire (13 %). De même, la proportion de maris/conjoints, qui approuvent cette pratique, est beaucoup plus importante lorsque la femme elle-même approuve (30 %) que lorsqu’elle ne l’approuve pas (1 %). Pour une proportion importante de femmes (31 %), l’opinion du mari est inconnue. On notera que quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques, lorsque les opinions des couples divergent, les cas où la femme approuve et l’homme désapprouve sont nettement plus fréquents que les cas contraires. Par ailleurs, contrairement au milieu rural, la proportion de couples urbains qui approuvent (44 %) est beaucoup plus importante que celle de couples qui désapprouvent (20 %) ; les proportions correspondantes en zone rurale sont, respectivement, de 26 et 17 %. Un résultat similaire est observé chez les femmes scolarisées, surtout parmi celles ayant, au moins, un niveau secondaire, par rapport aux non instruites. Planification Familiale | 91 Tableau 5.17 Opinion des couples concernant la planification familiale Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui connaissent une méthode de planification familiale selon qu'elles approuvent, ou non, la planification familiale et selon leur perception de l’opinion de leur mari sur la planification familiale, par caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Enquêtée approuve la planification familiale Enquêtée désapprouve la planification familiale Caractéristique Mari approuve Mari désapprouve Opinion du mari inconnue, ND Mari approuve Mari désapprouve Opinion du mari inconnue, ND Enquêtée incertaine Total Effectif Âge actuel 15-19 23,3 9,5 28,5 1,5 15,1 8,4 13,8 100,0 594 20-24 32,5 11,1 23,8 1,3 15,9 6,2 9,1 100,0 1 052 25-29 32,5 13,8 23,1 0,5 17,1 5,5 7,5 100,0 1 253 30-34 31,6 12,9 21,5 1,5 16,4 6,7 9,3 100,0 990 35-39 29,5 13,0 26,6 1,2 17,6 5,2 6,9 100,0 815 40-44 25,7 13,7 23,4 1,2 20,7 9,0 6,2 100,0 598 45-49 24,9 12,9 22,8 0,6 22,9 6,9 9,0 100,0 433 Milieu de résidence Niamey 50,1 12,4 8,3 3,3 15,4 3,7 6,8 100,0 447 Autres Villes 39,0 16,0 12,2 2,1 23,6 4,0 3,1 100,0 651 Ensemble urbain 43,5 14,5 10,6 2,6 20,3 3,9 4,6 100,0 1 099 Rural 26,4 12,0 27,2 0,8 16,8 7,2 9,6 100,0 4 636 Niveau d'instruction Aucune instruction 27,2 12,4 25,8 0,8 17,8 7,0 9,0 100,0 4 864 Primaire 37,1 14,7 17,4 2,6 15,8 5,1 7,5 100,0 610 Secondaire ou plus 59,2 9,3 7,1 3,3 14,1 2,1 4,9 100,0 262 Ensemble 29,7 12,5 24,0 1,1 17,4 6,6 8,7 100,0 5 735 Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 93 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE 6 Ghalio EKADE et Amadou Roufaï CHETIMA Le comportement procréateur des femmes est affecté par plusieurs facteurs appelés déterminants proches de la fécondité. Ce chapitre porte sur les facteurs qui, en dehors de la contraception, jouent un rôle essentiel sur l’exposition des femmes aux risques de grossesse. Il s’agit de la nuptialité, de l’activité sexuelle, de l’aménorrhée, de l’abstinence et de l’insusceptibilité post-partum. 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL Dans le cadre de l’EDSN-MICS III 2006 du Niger, le terme union s’applique à toutes les personnes (les femmes et les hommes) qui se sont déclarées mariées ou vivant maritalement avec un partenaire pour les femmes, une ou plus d’une partenaire pour les hommes. Sont donc prises en compte toutes les personnes liées par le mariage qu’il soit civil, religieux ou coutumier, ainsi que les unions consensuelles ou unions de fait. Selon le tableau 6.1 qui présente la répartition des femmes âgées de 15-49 ans et des hommes âgés de 15-59 ans, selon l’état matrimonial, au moment de l’enquête, il ressort que plus de quatre femmes sur cinq (86 %), et environ les deux tiers des hommes (67 %), sont en union. Le célibat touche une femme sur dix (10 %) et un peu plus de trois hommes sur dix (31 %). Les proportions de femmes et d’hommes en rupture d’union sont très faibles et concernent 4 % des femmes et 2 % des hommes. On constate également que la proportion de femmes célibataires diminue rapidement avec l’âge, passant de 39 % parmi les femmes âgées de 15-19 ans à 3 % seulement pour leurs aînées de 10 ans, âgées de 25-29 ans (graphique 6.1). Chez les hommes, la proportion des célibataires passe de 97 % à 15-19 ans à 26 % parmi ceux de 25-29 ans et à 3 % parmi ceux de 35-39 ans. Le célibat définitif ne concerne que 0,2 % des femmes de 45-49 ans et 0,2 % des hommes de 50-54 ans. Inversement, les proportions de femmes et d’hommes en union augmentent avec l’âge. Pour les femmes, elle passe de 59 % à 15-19 ans, à 93 % à 25-29 ans pour atteindre son maximum à 35-39 ans (96 %). Chez les hommes, cette proportion varie de 3 % à 15-19 ans à 99 % à 40-44 ans. Entre 1998 et 2006, on ne constate pas de modification de la structure de l’état matrimonial au Niger, les proportions de célibataires des deux sexes étant passées de 11 % à 10 % pour les femmes et de 32 % à 31 % pour les hommes. 94 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Tableau 6.1 État matrimonial actuel Répartition (en %) des femmes et des hommes par état matrimonial actuel, selon l'âge, EDSN-MICS III Niger 2006 État matrimonial Groupe d'âges Célibataire En union Divorcé/ séparé Veuf/ veuve Total Effectif FEMMES 15-19 39,3 59,0 1,4 0,2 100,0 1 718 20-24 10,3 86,4 2,6 0,7 100,0 1 651 25-29 3,0 93,2 2,8 1,0 100,0 1 792 30-34 0,6 95,0 3,7 0,7 100,0 1 354 35-39 0,2 96,0 2,1 1,7 100,0 1 167 40-44 0,6 93,7 2,2 3,5 100,0 883 45-49 0,2 90,9 2,8 6,2 100,0 658 Ensemble 9,9 86,1 2,5 1,5 100,0 9 223 HOMMES 15-19 96,9 2,9 0,2 0,0 100,0 620 20-24 67,8 30,9 1,3 0,0 100,0 490 25-29 26,0 71,1 2,4 0,4 100,0 472 30-34 8,2 88,7 2,4 0,7 100,0 425 35-39 3,4 91,4 4,5 0,8 100,0 382 40-44 0,6 98,5 0,7 0,3 100,0 369 45-49 0,7 95,9 1,8 1,6 100,0 343 50-54 0,2 97,7 1,5 0,6 100,0 278 55-59 0,0 97,2 2,5 0,3 100,0 171 Ensemble 31,3 66,5 1,7 0,5 100,0 3 549 Graphique 6.1 Proportion de femmes et d'hommes célibataires par âge EDSN-MICS III 2006 39 10 3 1 0 1 0 97 68 26 8 3 1 1 0 0 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Femmes Hommes Note : Femmes de 15-49 ans et hommes de 15-59 ans. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 95 6.2 POLYGAMIE Parmi les femmes en union, on a distingué celles qui vivent en union monogame de celles qui ont déclaré que leur mari ou conjoint a une ou plusieurs autres épouses. Le tableau 6.2 présente la répartition des femmes et des hommes selon le nombre de co-épouses et d’épouses selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Au Niger, en dépit de la prédominance des unions monogames (64 %), les unions polygames sont très répandues. Elles concernent 36 % des femmes. Parmi les femmes en union polygame, 96 % ont plus d’une co-épouse. La proportion de femmes qui vivent en régime polygame augmente avec l’âge passant de 19 % à 15-19 ans, à 26 % à 20-24 ans et 49 % à 45-49 ans. A la fin de leur vie féconde, pratiquement la moitié des femmes en union (49 %) vivent en union polygame. Tableau 6.2 Nombre de co-épouses et d’épouses Répartition (en %) des femmes actuellement en union par nombre de co-épouses et répartition (en %) des hommes actuellement en union par nombre d’épouses selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Caractéristique 0 1 2+ Total Effectif 1 2 3+ Total Effectif Âge actuel 15-19 81,1 0,9 17,7 100,0 1 014 * * * 100,0 18 20-24 74,2 1,6 24,0 100,0 1 426 96,2 3,8 0,0 100,0 152 25-29 63,9 1,5 34,3 100,0 1 670 93,3 6,7 0,0 100,0 336 30-34 58,4 1,7 39,2 100,0 1 286 81,1 18,7 0,3 100,0 376 35-39 58,3 2,0 39,4 100,0 1 120 74,8 24,7 0,5 100,0 349 40-44 51,8 1,9 46,1 100,0 828 72,2 24,9 2,9 100,0 364 45-49 51,2 1,4 47,4 100,0 598 71,8 24,2 4,0 100,0 329 50-54 na na na na na 69,6 24,8 5,7 100,0 271 55-59 na na na na na 66,6 32,3 1,1 100,0 166 Milieu de résidence Niamey 64,4 5,4 28,6 100,0 481 84,0 14,2 1,9 100,0 186 Autres Villes 62,3 0,7 36,7 100,0 712 79,1 16,5 4,4 100,0 218 Ensemble urbain 63,2 2,6 33,4 100,0 1 193 81,3 15,4 3,2 100,0 404 Rural 64,2 1,4 34,2 100,0 6 748 77,3 21,1 1,6 100,0 1 956 Région Niamey 64,4 5,4 28,6 100,0 481 84,0 14,2 1,9 100,0 186 Agadez 71,4 0,4 27,5 100,0 164 77,9 18,5 3,6 100,0 56 Diffa 64,1 2,2 33,3 100,0 195 75,5 23,1 1,5 100,0 60 Dosso 67,9 1,7 30,3 100,0 1 106 83,7 15,3 1,0 100,0 275 Maradi 54,7 0,9 44,2 100,0 1 684 70,7 25,3 3,9 100,0 531 Tahoua 63,7 0,2 35,9 100,0 1 639 79,4 18,9 1,7 100,0 437 Tillabéri 66,2 4,9 28,4 100,0 1 146 78,2 20,9 1,0 100,0 322 Zinder 69,4 0,1 30,5 100,0 1 527 79,3 20,0 0,6 100,0 493 Niveau d'instruction Aucune instruction 63,7 1,5 34,5 100,0 6 957 77,0 21,4 1,6 100,0 1 863 Primaire 66,7 1,4 31,7 100,0 715 80,4 17,3 2,4 100,0 308 Secondaire ou plus 66,4 3,3 28,5 100,0 269 83,7 12,6 3,7 100,0 189 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 70,3 1,7 28,0 100,0 1 550 85,4 14,2 0,5 100,0 379 Second 65,2 1,6 33,1 100,0 1 651 75,6 22,6 1,8 100,0 497 Moyen 66,0 1,7 32,0 100,0 1 620 79,5 19,0 1,5 100,0 538 Quatrième 60,8 1,1 37,8 100,0 1 688 73,5 24,9 1,5 100,0 493 Le plus riche 57,7 1,8 39,7 100,0 1 433 77,6 18,6 3,8 100,0 453 Ensemble 64,1 1,6 34,1 100,0 7 941 78,0 20,2 1,8 100,0 2 360 na = Non applicable 96 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse La pratique de la polygamie est aussi répandue en milieu urbain que rural. Les résultats selon les régions montrent que c’est dans celle d’Agadez que la proportion de femmes polygames est la plus faible (29 %) alors qu’à l’opposé, dans la région de Maradi, cette proportion est de 45 % (graphique 6.2). La pratique de la polygamie touche, de manière quasiment égale, toutes les femmes, quel que soit leur niveau d’instruction, la proportion de femmes qui vivent en régime polygame passant de 36 % chez les femmes sans instruction à 33 % chez celles ayant le niveau primaire et à 34 % chez celles qui ont le niveau secondaire ou plus. Par contre, la proportion de femmes ayant au moins deux co-épouses décroît quand le niveau d’instruction augmente. La polygamie est plus fréquemment pratiquée dans les ménages riches. La proportion de femmes qui vivent en union polygame est de 42 % dans les ménages les plus riches tandis qu’elle est de 30 % dans les ménages les plus pauvres. Le tableau 6.2 présente aussi les indicateurs de la polygamie chez les hommes. Au niveau national, le taux de polygamie1 est de 22 %, et il est resté très proche du niveau observé en 1998 (24 %). Ce taux qui est très faible à 20-24 ans (4 %) augmente avec l’âge, pour atteindre son maximum à 55-59 ans (33 %). Chez les hommes, la pratique de la polygamie varie selon le milieu de résidence. En milieu urbain, le taux de polygamie est un peu plus faible qu’en milieu rural (19 % contre 23 %). C’est dans la région de Maradi qu’il est le plus élevé (29 %) et c’est à Niamey et dans la région de Dosso qu’il est le plus faible (16 % dans les deux cas). Dans les autres régions du Niger, le taux de polygamie oscille entre 22 % à Zinder et 25 % à Diffa. Ce taux diminue lorsque le niveau d’instruction augmente : de 23 % parmi les hommes qui n’ont aucune instruction, il passe à 20 % parmi ceux qui ont le niveau primaire et à un minimum de 16 % chez ceux qui ont le niveau secondaire et plus. Selon le niveau de vie du ménage, on 1 Le taux de polygamie est le rapport des hommes en union polygame sur l’ensemble des hommes mariés. Graphique 6.2 Proportions de femmes en union polygame selon le milieu et la région de résidence EDSN-MICS III 2006 36 34 37 36 36 34 28 36 32 45 36 33 31 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural RÉGION Niamey Agadez Diffa Dosso Maradi Tahoua Tillabéri Zinder 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 Pourcentage Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 97 note que la proportion de polygames est plus élevée dans le quintile le plus riche (22 %) que dans le plus pauvre (15 %). Si l’on compare ces résultats avec ceux de l’EDSN-II de 1998, on constate que la fréquence de la polygamie a peu changé, perdant environ deux points de pourcentage. En 1998, 38 % des femmes et 24 % des hommes vivaient en union polygame, contre respectivement 36 % et 22 % en 2006. 6.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION L’étude de la primo nuptialité (mariage des célibataires) est importante à cause de la relation étroite existant entre l’âge d’entrée en première union2 et le début d’exposition à la vie féconde. Le tableau 6.3 présente les proportions de femmes et d’hommes non célibataires déjà en union à différents âges exacts, ainsi que les âges médians à la première union en fonction de l’âge actuel. Les femmes nigériennes entrent en union de manière extrêmement précoce : parmi les femmes âgées de 25-49 ans à l’enquête, près de deux sur cinq (38 %) étaient déjà en union avant d’atteindre l’âge de 15 ans. En outre, quatre femmes sur cinq (80 %) étaient en union à 18 ans et la quasi-totalité (97 %) l’étaient avant d’atteindre 25 ans. L’âge médian d’entrée en première union des femmes de 25-49 ans est estimé à 15,5 ans. Cet âge médian n’a pratiquement pas changé d’une génération à l’autre, oscillant entre 15,3 ans et 15,7 ans. On ne note pas non plus dans les générations une diminution des unions précoces (33 % parmi celles de 45-49 ans contre 36 % parmi celles de 20-24 ans). Les hommes entrent en union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes : à 22 ans, alors que la quasi-totalité des femmes sont déjà entrées en union (93 %), cette proportion n’est que de 40 % chez les hommes et il faut attendre l’âge de 30 ans pour que la grande majorité des hommes aient déjà contracté une première union (87 %). L’âge médian à la première union des hommes est estimé à 23,1 ans. On ne constate pas non plus de modification de cet âge d’entrée en première union des générations anciennes aux plus récentes. 2 Il convient de préciser que certaines femmes, en particulier celles qui sont entrées en union très jeunes, ont déclaré s’être mariées à un âge antérieur à leurs premiers rapports sexuels : en fait, dans le cas de mariages très précoces (très fréquents au Niger), il peut s’écouler un certain temps entre le mariage et sa consommation. Étant donné qu’ici le mariage est considéré comme le début de l’exposition au risque de grossesse, dans le cas où les rapports sexuels étaient postérieurs au mariage, on a considéré comme âge au mariage, l’âge aux premiers rapports sexuels c’est-à- dire l’âge à la consommation du mariage. 98 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Tableau 6.3 Âge à la première union Pourcentage de femmes et d’hommes non célibataires par âge exact et âge médian à la première union, selon l'âge actuel, EDSN-MICS III Niger 2006 FEMMES Pourcentage en première union avant d’atteindre l’âge exact de : Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage de célibataires Effectif de femmes Âge médian au 1er mariage 15-19 28,0 na na na na 39,3 1 718 a 20-24 36,1 74,5 85,4 na na 10,3 1 651 15,7 25-29 34,7 78,3 88,2 93,2 96,4 3,0 1 792 15,7 30-34 40,3 79,4 88,4 93,7 97,0 0,6 1 354 15,4 35-39 38,1 77,9 85,7 91,8 96,1 0,2 1 167 15,5 40-44 42,9 84,3 91,5 94,8 97,3 0,6 883 15,3 45-49 33,4 78,9 88,7 94,2 97,6 0,2 658 15,6 20-49 37,4 78,4 87,6 92,4 95,2 3,2 7 505 15,6 25-49 37,8 79,5 88,3 93,4 96,7 1,2 5 854 15,5 HOMMES Pourcentage en première union avant d’atteindre l’âge exact de : Âge actuel 18 20 22 25 28 30 Pourcentage de célibataires Effectif d’hommes Âge médian au 1er mariage 15-19 1,9 na na na na na 96,9 620 a 20-24 6,2 15,9 na na na na 67,8 490 a 25-29 6,0 21,1 39,5 64,4 na na 26,0 472 23,1 30-34 11,9 25,4 45,3 66,7 82,7 88,5 8,2 425 22,6 35-39 7,6 18,9 36,7 61,3 81,2 86,6 3,4 382 23,5 40-44 11,2 28,6 42,4 67,3 83,0 88,8 0,6 369 22,7 45-49 8,1 21,2 40,2 65,9 81,5 85,2 0,7 343 22,9 50-54 7,4 20,1 43,3 62,6 80,0 86,7 0,2 278 23,1 55-59 4,1 12,5 26,8 57,0 76,8 88,9 0,0 171 24,6 25-59 8,4 21,9 40,2 64,2 na na 7,2 2 439 23,1 30-59 9,0 22,1 40,3 64,2 81,3 87,4 2,7 1 967 23,1 na = Non applicable a = Non calculés parce que plus de 50 % des femmes du groupe d'âges x, x+4 ne sont pas encore en union à l'âge x. Le tableau 6.4 et le graphique 6.3 présentent les âges médians à la première union des femmes de 20-49 ans et des hommes de 30-59 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. L’âge à la première union diffère d’un milieu de résidence à l’autre. C’est en milieu rural qu’il est le plus précoce (15,4 ans). En milieu urbain, les femmes de Niamey se marient beaucoup plus tard que celles des Autres Villes (18,5 ans contre 15,8 ans). En outre, à Niamey, on constate une augmentation de l’âge médian à la première union des générations les plus anciennes vers les générations les plus récentes : de 17 ans chez les femmes de 45-49 ans, cet âge médian passe à 20,6 ans parmi celles de 25-29 ans. Par contre, en milieu rural, on ne note pratiquement aucune modification. Les résultats selon les régions font apparaître des écarts, essentiellement entre Niamey où les femmes entrent en union le plus tard (18,5 ans) et le reste du pays. C’est la région de Zinder qui se caractérise par l’âge le plus précoce (14,9 ans). C’est en fonction du niveau d’instruction que l’on constate les écarts les plus importants. En effet, l’augmentation du niveau d’instruction contribue à retarder l’âge des femme à la première union : de 15,4 ans quand elles n’ont pas d’instruction, il passe à 16,5 ans quand elles ont un niveau primaire et à 21,5 ans quand elles ont un Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 99 niveau secondaire ou plus. Par contre, le niveau de bien-être économique du ménage influe beaucoup moins sur l’âge d’entrée en union des femmes : seules les femmes vivant dans un ménage du quintile riche (16,3 ans ) contractent leur première union un peu plus tardivement que les autres. En ce qui concerne les hommes, on note aussi des variations selon les caractéristiques sociodémographiques. Comme chez les femmes, ce sont ceux du milieu rural qui entrent en union le plus tôt (22,6 ans contre 25,9 ans en milieu urbain). Des écarts importants sont constatés entre les régions : c’est à Niamey que les hommes se marient le plus tard (27,6 ans) et, comme chez les femmes, c’est à Zinder que l’âge d’entrée en première union est le plus précoce (21,2 ans). De même, l’âge d’entrée en première union augmente avec le niveau d’instruction : de 22,6 ans parmi les hommes qui n’ont aucune instruction, il passe à 23,3 ans parmi ceux qui ont le niveau primaire et à 28,3 ans parmi ceux qui ont le niveau secondaire ou plus. Les résultats selon le bien-être économique du ménage ne font pas apparaître de tendance régulière ; cependant, c’est parmi ceux du quintile le plus riche que l’âge médian à la première union est le plus tardif (25,6 ans). Tableau 6.4 Âge médian à la première union Âge médian à la première union des femmes de 25-49 ans et des hommes de 30-59 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Âge actuel Caractéristique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Femmes 25-49 ans Hommes 30-59 ans Milieu de résidence Niamey a 20,6 19,6 17,8 16,6 17,0 18,5 27,6 Autres Villes 17,4 16,4 16,1 15,7 15,3 15,5 15,8 24,9 Ensemble urbain 18,8 17,8 17,3 16,2 15,8 15,8 16,7 25,9 Rural 15,4 15,5 15,3 15,4 15,2 15,6 15,4 22,6 Région Niamey a 20,6 19,6 17,8 16,6 17,0 18,5 27,6 Agadez 18,2 16,8 16,3 15,8 16,3 17,7 16,5 24,8 Diffa 15,2 15,2 15,5 15,3 15,4 15,1 15,3 23,1 Dosso 15,9 16,1 15,7 15,7 15,4 15,7 15,7 23,2 Maradi 15,2 15,3 15,0 15,3 14,9 15,4 15,2 22,0 Tahoua 15,7 15,7 15,4 15,4 15,2 15,6 15,5 24,5 Tillabéri 16,3 16,2 16,6 16,5 16,3 17,0 16,4 23,5 Zinder 14,7 15,2 14,6 14,8 14,7 14,9 14,9 21,2 Niveau d'instruction Aucune instruction 15,4 15,5 15,2 15,4 15,2 15,6 15,4 22,6 Primaire 17,0 17,0 16,3 16,2 15,9 15,9 16,5 23,3 Secondaire ou plus a 21,5 21,7 20,4 22,3 21,0 21,5 28,3 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 15,3 15,4 15,2 15,7 15,4 15,7 15,4 22,7 Second 15,5 15,4 15,3 15,4 14,8 15,5 15,3 22,8 Moyen 15,4 15,6 15,3 15,4 15,2 15,4 15,4 21,8 Quatrième 15,4 15,7 15,4 15,4 15,3 15,7 15,5 23,0 Le plus riche 18,2 17,2 16,0 16,0 15,7 15,8 16,3 25,6 Ensemble 15,7 15,7 15,4 15,5 15,3 15,6 15,5 23,1 a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes du groupe d’âges x, x+4 sont en union à l’âge x. 100 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse 6.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS En tant que déterminant proche de la fécondité, l’âge aux premiers rapports sexuels est tout aussi important que l’âge à la première union, car les rapports sexuels n’ont pas lieu exclusivement dans le cadre de l’union. C’est pour cette raison qu’on a demandé aux personnes enquêtées, l’âge auquel elles ont eu pour la fois des rapports sexuels. Le tableau 6.5 présente les proportions de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts et l’âge médian aux premiers rapports sexuels selon l’âge actuel. Les femmes nigériennes commencent très tôt leur vie sexuelle. En effet, parmi celles de 20-49 ans, plus d’un tiers (35 %) avait déjà eu ses premiers rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans. À 20 ans, cette proportion est de 85 % et avant d’atteindre 25 ans, la quasi-totalité des femmes avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels. L’âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes âgées de 25 à 49 ans est estimé à 15,6 ans. Cet âge est pratiquement le même que l’âge médian à la première union (15,5 ans). Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes, l’âge médian aux premiers rapports sexuels n’a pratiquement pas changé. Il oscille entre 15,4 ans et 15,8 ans. D’autre part, une proportion très faible de femmes de 20-49 ans a déclaré n’avoir jamais eu de rapports sexuels (3 %). Notons enfin qu’entre l’EDSN-II (1998) et l’EDSN-MICS III (2006), l’âge médian aux premiers rapports sexuels n’a pratiquement pas varié, passant de 15,2 ans à 15,7 ans chez les femmes âgées de 20 à 49 ans et, de 15,1 ans à 15,6 ans chez celles âgées de 25 à 49 ans. Graphique 6.3 Âge médian des femmes et des hommes à la première union EDSN-MICS III 2006 15.5 18.5 15.8 15.4 15.4 16.5 21.5 23.1 27.6 24.9 22.6 22.6 23.3 28.3 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 0 5 10 15 20 25 30 35 Âge médian (en années) Femmes Hommes Note : Femmes de 25-49 ans et hommes de 30-59 ans. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 101 Tableau 6.5 Âge aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels par âge exact et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l'âge actuel, EDSN-MICS III 2006 Pourcentage ayant eu les premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge exact de : Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage n'ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Âge médian aux 1ers rapports sexuels FEMMES 15-19 25,7 na na na na 38,9 1 718 a 20-24 33,9 72,9 83,2 na na 9,3 1 651 15,8 25-29 32,5 75,8 85,7 90,2 93,0 2,6 1 792 15,8 30-34 37,3 77,7 86,1 90,8 93,6 0,5 1 354 15,6 35-39 36,0 77,0 84,1 89,3 92,8 0,1 1 167 15,6 40-44 38,7 81,9 89,0 92,5 94,5 0,4 883 15,4 45-49 31,6 75,2 83,7 89,6 92,8 0,0 658 15,7 20-49 34,9 76,3 85,2 89,5 91,9 2,8 7 505 15,7 25-49 35,1 77,3 85,8 90,5 93,3 1,0 5 854 15,6 HOMMES 15-19 5,3 na na na na 83,8 620 a 20-24 4,7 22,7 38,8 na na 42,8 490 a 25-29 2,3 15,9 35,4 52,2 77,2 13,8 472 21,6 30-34 1,5 20,3 35,5 56,8 77,9 3,6 425 21,4 35-39 1,2 13,0 27,3 50,2 70,9 1,2 382 22,0 40-44 0,4 14,3 31,3 48,3 74,3 0,4 369 22,1 45-49 1,1 11,3 24,6 46,1 69,9 0,5 343 22,4 50-54 0,5 9,3 24,0 49,8 70,4 0,0 278 22,0 55-59 0,0 4,3 14,3 30,6 62,4 0,0 171 24,3 20-59 1,8 15,3 30,8 na na 10,2 2 929 a 25-59 1,2 13,8 29,2 49,5 73,1 3,6 2 439 22,1 na = Non applicable a = Non calculés parce que plus de 50 % des femmes du groupe d'âges x, x+4 n’ont pas encore eu leurs premiers rapports sexuels à l'âge x. Les hommes nigériens ont leurs premiers rapports sexuels beaucoup plus tard que les femmes (22,1 ans contre 15,6 ans). Par ailleurs, on constate des générations les plus anciennes aux plus récentes que cet âge médian s’est légèrement modifié dans le sens d’un rajeunissement (de 24,3 ans parmi ceux de 55-59 ans à 21,6 ans parmi ceux de 25-29 ans). De même, la comparaison entre les résultats de l’EDSN-II (1998) et l’EDSN-MICS III (2006) montre que cet âge médian aux premiers rapports sexuels a sensiblement augmenté, passant de 20,4 ans à 22,1 ans. En outre, l’âge médian des hommes aux premiers rapports sexuels est très proche de celui de l’âge d’entrée en première union (22,1ans contre 23,1 ans). Le tableau 6.6 présente les variations de l’âge médian des femmes âgées de 25-49 ans et des hommes de 25-59 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 102 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels Âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 25-49 ans et des hommes de 25-59 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Âge actuel Caractéristique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Femmes 25-49 ans Hommes 25-59 ans Milieu de résidence Niamey a 20,2 19,9 17,6 16,8 17,3 18,6 23,4 Autres Villes 17,6 16,5 16,2 15,8 15,5 15,7 15,9 22,4 Ensemble urbain 19,2 17,9 17,6 16,3 15,9 16,0 17,0 22,9 Rural 15,5 15,6 15,4 15,5 15,3 15,7 15,5 21,9 Région Niamey a 20,2 19,9 17,6 16,8 17,3 18,6 23,4 Agadez 18,4 16,9 16,6 16,1 16,6 18,8 16,7 22,6 Diffa 15,3 15,4 15,6 15,4 15,5 15,2 15,4 20,7 Dosso 16,0 16,4 16,2 15,8 15,8 15,9 16,0 22,3 Maradi 15,3 15,3 15,0 15,3 15,1 15,5 15,2 21,5 Tahoua 15,8 15,7 15,4 15,5 15,2 15,7 15,5 21,8 Tillabéri 16,3 16,3 16,7 16,4 16,6 17,2 16,6 23,6 Zinder 14,8 15,3 14,8 15,0 14,9 14,9 15,0 20,9 Niveau d'instruction Aucune instruction 15,6 15,6 15,4 15,5 15,3 15,7 15,5 22,1 Primaire 17,1 17,0 16,5 16,0 16,1 17,2 16,6 21,7 Secondaire ou plus a 21,4 21,5 20,5 21,3 20,9 21,2 22,4 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 15,4 15,5 15,4 15,8 15,6 15,8 15,6 22,1 Second 15,6 15,5 15,3 15,5 14,9 15,5 15,4 21,7 Moyen 15,5 15,6 15,5 15,5 15,3 15,6 15,5 21,4 Quatrième 15,5 15,9 15,5 15,4 15,5 15,9 15,6 22,5 Le plus riche 18,5 17,3 16,4 16,2 15,8 16,0 16,5 22,9 Ensemble 15,8 15,8 15,6 15,6 15,4 15,7 15,6 22,1 a = Non calculés parce que plus de 50 % des femmes du groupe d'âges x, x+4 n’ont pas encore eu leurs premiers rapports sexuels à l'âge x. En ce qui les femmes, on constate tout d’abord des écarts importants entre les milieux de résidence. En effet, en milieu rural, cet âge médian est estimé à 15,5 ans contre 17,0 en milieu urbain. En milieu urbain, on note également un écart entre les Autres Villes où la moitié des femmes ont leurs premiers rapports sexuels à 15,9 ans et Niamey où cet âge médian est de 18,6 ans, soit près de 3 ans plus tard. Au niveau des autres régions du pays, on note que c’est à Zinder (15,0 ans), Maradi (15,2 ans) et Diffa (15,4 ans) que les femmes commencent le plus tôt leur vie sexuelle, contrairement à celles d’Agadez (16,7 ans) et de Tillabéri (16,6 ans). L’âge médian aux premiers rapports sexuels augmente de manière importante avec le niveau d’instruction, de 15,5 ans chez celles sans instruction, il passe à 16,6 ans chez celles qui ont le niveau primaire et c’est parmi celles ayant un niveau secondaire ou plus qu’il est le plus tardif (21, 2 ans) (graphique 6.4). Les variations de l’âge médian aux premiers rapports sexuels selon l’indicateur du bien-être économique sont peu importantes ; cependant, c’est parmi les femmes du quintile le plus riche que l’âge médian aux premiers rapports sexuels est le plus tardif (16,5 ans). Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 103 Chez les hommes, on constate que ce sont également ceux du milieu rural (21,9 ans) qui débutent leur vie sexuelle plus tôt que les autres (21,9 ans contre 22,9 ans en milieu urbain). À la différence des femmes vivant en milieu urbain, il n’existe pas un écart important entre l’âge d’entrée dans la vie sexuelle des hommes de Niamey (23,4 ans) et ceux des Autres Villes (22,4 ans). L’âge médian aux premiers rapports sexuels des hommes varient sensiblement selon les régions : c’est dans la région de Zinder (20,9 ans) qu’il est le plus précoce et dans celles de Tillabéri (23,6 ans) et Niamey (23,4 ans) qu’il est le plus tardif. Contrairement à ce qui a été observé chez les femmes, on ne note pas non plus de variation de cet âge médian aux premiers rapports sexuels selon le niveau d’instruction. Les résultats selon le bien-être économique du ménage ne mettent pas en évidence de tendance régulière ; on note cependant que ce sont les hommes qui vivent dans les ménages les plus riches qui commencent le plus tardivement leur vie sexuelle (22,9 ans) alors que pour ceux des ménages moyens, l’entrée dans la vie sexuelle est plus précoce (21,4 ans). 6.5 ACTIVITE SEXUELLE RECENTE La fréquence des rapports sexuels est également un facteur important de l’exposition au risque de grossesse, en particulier dans un pays comme le Niger où la fécondité est quasiment naturelle du fait de la faiblesse de la prévalence contraceptive moderne (5 % parmi les femmes en union). Le tableau 6.7.1 présente les résultats sur l’activité sexuelle récente des femmes âgées de 15 à 49 ans. Dans l’ensemble, on constate que 10 % des femmes n’avaient jamais eu de rapports sexuels. Dans 60 % des cas, les femmes avaient eu leurs derniers rapports sexuels au cours des 4 semaines ayant précédé l’enquête, et dans 21 % des cas, ces derniers rapports sexuels avaient eu lieu dans la dernière année. On constate que la proportion de femmes n’ayant jamais eu de rapports sexuels diminue rapidement avec l’âge. À l’opposé, celle des femmes sexuellement actives augmente avec l’âge jusqu’à 40 ans, passant de 36 % à 15-19 ans à 57 % à 20-24 ans et à un maximum de 73 % à 35-39 ans. Graphique 6.4 Âge médian des femmes aux premiers rapports sexuels EDSN-MICS III 2006 15.6 18.6 15.9 17 15.5 15.5 16.6 21.2 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 0 5 10 15 20 25 30 Âge médian (en années) Note : Femmes de 25-49 ans 104 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse L’activité sexuelle varie selon l’état matrimonial des femmes. Une très faible proportion de femmes célibataires (2 %) avait été sexuellement active au cours de la dernière année. Cette proportion est plus élevée parmi les femmes en rupture d’union (25 %) et parmi celles en union (24 %). En outre, on note que l’activité sexuelle varie en fonction de la durée de l’union, la proportion de femmes sexuellement actives au cours de la dernière année passant de 31 % chez celles dont la durée de l’union est de 0-4 ans, à 17 % chez celles en union depuis plus de 25 ans. Selon le milieu de résidence, les résultats montrent que la proportion de femmes sexuellement actives est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (62 % contre 51 %). Ce résultat s’explique par la proportion de femmes célibataires plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain : en effet, on a vu précédemment que l’âge d’entrée en première union est plus précoce en milieu rural qu’en milieu urbain (15,4 ans contre 16,7 ans). Pour les mêmes raisons, la proportion de femmes n’ayant jamais eu de rapports sexuels est beaucoup plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (25 % contre 6 %). D’autre part, on note que les proportions de femmes sexuellement actives diminuent avec le niveau d’instruction (de 22 % à 10 % au cours de la dernière année). Ce n’est pas le niveau d’instruction qui affecte l’activité sexuelle des femmes mais plutôt l’influence du niveau d’instruction sur l’âge d’entrée en première union : en effet, les femmes instruites tendent à contracter une première union plus tard que celles sans instruction. Il y a donc plus de célibataires parmi les femmes instruites que parmi les autres. On constate d’ailleurs que parmi les femmes de niveau secondaire ou plus, 45 % n’avaient jamais eu de rapports sexuels contre 6 % parmi celles sans instruction. Les résultats selon les régions montrent que c’est dans les régions de Zinder, de Maradi et de Diffa que les proportions de femmes n’ayant jamais eu de rapports sexuels sont les plus faibles (respectivement, 5 %, 3 % et 6 %) ; à l’opposé, dans ces trois régions, la proportion de femmes ayant été sexuellement actives est très élevée (respectivement, 90 %, 93 % et 86 %). Rappelons que ces trois régions se caractérisent par les âges d’entrée en première union les plus précoces. À Niamey, cette proportion n’est que de 58 %. L’âge d’entrée en première union, beaucoup plus précoce dans ces trois régions qu’à Niamey, explique cet écart. Le tableau 6.7.2 présente les résultats sur l’activité sexuelle récente des hommes âgés de 15 à 59 ans. Dans l’ensemble, environ trois hommes sur cinq (58 %) avaient été sexuellement actifs au cours des quatre semaines ayant précédé l’enquête. Un peu plus d’un homme sur dix (12 %) avait été sexuellement actif au cours de l’année ayant précédé l’enquête et pour 6 % des hommes, les rapports sexuels avaient eu lieu il y a une année ou plus. En outre, on note que 23 % des hommes n’avaient jamais eu de rapports sexuels. La proportion d’hommes sexuellement actifs augmente avec l’âge jusqu’à 50 ans. Elle passe de 5 % entre 15-19 ans à 87 % à 45-49 ans. On constate que c’est parmi les hommes en rupture d’union que la proportion de ceux qui ont été sexuellement actifs au cours de la dernière année est la plus élevée (22 % contre 14 % parmi ceux en union et 8 % parmi les célibataires). On constate que pour les mêmes raisons précédemment avancées pour les femmes la proportion d’hommes seulement actifs est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (76 % contre 53 %). À l’opposé, en milieu rural, 19 % n’avaient jamais eu de rapports sexuels contre 36 % en milieu urbain. Il en est de même en fonction du niveau d’instruction, la proportion de ceux n’ayant jamais eu de rapports sexuels passant de 17 % parmi ceux sans instruction à 40 % parmi ceux ayant un niveau secondaire ou plus. Comme chez les femmes, c’est parmi ceux de Zinder, Diffa et Maradi, régions qui se caractérisent par l’âge d’entrée en première union le plus précoce chez les hommes que l’on constate les proportions les plus faibles de ceux qui n’avaient jamais eu de rapports sexuels (respectivement, 20 %, 18 % et 17 %). Par contre, à Niamey, où l’âge d’entrée en union est le plus tardif, cette proportion est de 35 %. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 105 Tableau 6.7.1 Activité sexuelle récente des femmes Répartition (en %) des femmes en fonction du moment où ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Derniers rapports sexuels Caractéristique Au cours des 4 dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a une ou plusieurs années NSP/ND N'ont jamais eu de rapports sexuels Total Effectif Âge actuel 15-19 36,1 19,6 3,2 2,3 38,9 100,0 1 718 20-24 56,8 25,2 5,6 3,1 9,3 100,0 1 651 25-29 63,2 25,2 6,1 2,8 2,6 100,0 1 792 30-34 67,5 22,4 5,9 3,6 0,5 100,0 1 354 35-39 73,0 19,4 5,6 1,9 0,1 100,0 1 167 40-44 71,6 16,5 8,9 2,6 0,4 100,0 883 45-49 69,6 14,8 14,2 1,3 0,0 100,0 658 État matrimonial Célibataire 0,5 1,9 1,0 0,6 95,9 100,0 916 En union 69,6 23,5 4,1 2,7 0,0 100,0 7 941 Divorcée, séparée, veuve 3,1 24,7 65,9 6,0 0,3 100,0 366 Durée du mariage des femmes (mariées une seule fois)2 0-4 ans 61,4 30,9 4,4 3,2 0,1 100,0 1 382 5-9 ans 63,2 26,9 5,4 4,5 0,0 100,0 1 364 10-14 ans 69,3 24,3 3,4 3,0 0,0 100,0 1 163 15-19 ans 70,1 22,8 4,6 2,4 0,0 100,0 884 20-24 ans 73,0 20,3 4,4 2,3 0,0 100,0 672 25 ans et + 76,6 16,8 5,7 0,9 0,0 100,0 820 Mariées plus d'une fois 76,9 19,2 2,0 1,9 0,0 100,0 1 657 Milieu de résidence Niamey 43,0 14,7 9,2 2,5 30,6 100,0 822 Autres Villes 57,4 14,4 6,1 1,6 20,5 100,0 995 Ensemble urbain 50,9 14,5 7,5 2,0 25,1 100,0 1 817 Rural 62,4 23,1 5,9 2,8 5,7 100,0 7 406 Région Niamey 43,0 14,7 9,2 2,5 30,6 100,0 822 Agadez 56,0 11,0 8,7 1,5 22,8 100,0 248 Diffa 71,8 14,5 5,9 1,6 6,3 100,0 221 Dosso 47,1 30,5 7,3 3,2 12,0 100,0 1 303 Maradi 75,2 17,8 2,1 2,2 2,7 100,0 1 752 Tahoua 54,7 26,0 8,6 3,4 7,3 100,0 1 859 Tillabéri 56,6 21,3 8,2 3,5 10,4 100,0 1 329 Zinder 70,8 19,0 3,7 1,5 4,9 100,0 1 688 Niveau d'instruction Aucune instruction 62,9 22,3 6,3 2,8 5,7 100,0 7 700 Primaire 50,9 21,0 6,3 2,6 19,2 100,0 963 Secondaire ou plus 38,3 9,6 5,6 1,1 45,3 100,0 560 Ensemble 60,1 21,4 6,2 2,6 9,5 100,0 9 223 1 Non compris les femmes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les femmes qui ne sont pas actuellement en union. 106 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Tableau 6.7.2 Activité sexuelle récente des hommes Répartition (en %) des hommes en fonction du moment où ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Derniers rapports sexuels Caractéristique Au cours des 4 dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a une ou plusieurs années NSP/ND N'ont jamais eu de rapports sexuels Total Effectif Âge actuel 15-19 5,1 4,4 6,5 0,2 83,8 100,0 620 20-24 27,5 13,6 15,2 0,9 42,8 100,0 490 25-29 58,8 18,8 7,8 0,8 13,8 100,0 472 30-34 76,4 16,2 3,8 0,0 3,6 100,0 425 35-39 80,2 13,1 4,8 0,7 1,2 100,0 382 40-44 83,8 14,4 0,9 0,5 0,4 100,0 369 45-49 86,7 9,0 3,7 0,0 0,5 100,0 343 50-54 86,4 10,6 2,3 0,7 0,0 100,0 278 55-59 88,9 8,9 2,0 0,3 0,0 100,0 171 État matrimonial Célibataire 4,7 7,7 13,5 0,5 73,6 100,0 1 109 En union 85,1 13,9 0,5 0,5 0,1 100,0 2 360 Divorcé, séparé, veuf 15,2 21,7 63,2 0,0 0,0 100,0 80 Durée du mariage des hommes (mariés une seule fois)2 0-4 ans 78,4 19,1 1,3 0,9 0,4 100,0 358 5-9 ans 81,6 18,1 0,0 0,3 0,0 100,0 336 10-14 ans 87,4 11,4 0,2 1,0 0,0 100,0 318 15-19 ans 88,2 11,1 0,0 0,7 0,0 100,0 230 20-24 ans 90,1 9,8 0,0 0,1 0,0 100,0 241 25 ans et + 89,2 9,9 0,9 0,0 0,0 100,0 298 Mariés plus d'une fois 84,5 14,6 0,7 0,2 0,0 100,0 579 Milieu de résidence Niamey 36,9 16,7 11,6 0,1 34,6 100,0 441 Autres Villes 41,0 12,3 8,9 0,5 37,3 100,0 466 Ensemble urbain 39,0 14,4 10,2 0,3 36,0 100,0 907 Rural 65,0 11,4 4,5 0,5 18,6 100,0 2 642 Région Niamey 36,9 16,7 11,6 0,1 34,6 100,0 441 Agadez 48,3 13,9 7,4 0,2 30,1 100,0 108 Diffa 64,8 7,9 10,4 0,0 16,9 100,0 95 Dosso 52,0 13,8 6,2 0,9 27,2 100,0 424 Maradi 68,5 10,3 3,1 0,3 17,8 100,0 678 Tahoua 58,2 14,4 8,5 0,4 18,5 100,0 658 Tillabéri 60,1 9,3 2,2 1,6 26,8 100,0 461 Zinder 65,9 10,1 4,3 0,0 19,7 100,0 683 Niveau d'instruction Aucune instruction 66,7 11,7 3,8 0,5 17,4 100,0 2 431 Primaire 43,3 14,2 10,1 0,8 31,7 100,0 616 Secondaire ou plus 36,9 11,9 11,4 0,0 39,7 100,0 502 Ensemble 58,4 12,1 6,0 0,5 23,0 100,0 3 549 1 Non compris les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les hommes qui ne sont pas actuellement en union. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 107 6.6 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Après la naissance d'un enfant, l'exposition au risque de grossesse dépend, entre autres facteurs, du retour de l'ovulation et de l'abstinence sexuelle ou de l’abstinence post-partum. Le temps écoulé entre l'accouchement et le retour de l'ovulation qui constitue l'aménorrhée post-partum est estimé ici par la longueur de l'intervalle qui sépare la naissance d'un enfant et le retour des règles. La longueur de cet intervalle peut être influencée par l'intensité, la fréquence et la durée de l'allaitement au sein. L’examen de ces facteurs permet d'identifier les femmes non susceptibles d'être exposées au risque de grossesse et ainsi d'évaluer la durée de la non susceptibilité. Une femme est considérée comme non susceptible d'être exposée au risque de grossesse quand elle n'a pas repris les rapports sexuels depuis la dernière naissance, ou quand elle est en aménorrhée post-partum, ce qui signifie que ses risques de tomber enceinte sont minimes si elle reprend les rapports sexuels sans recourir à la contraception. La période de non susceptibilité se définit donc comme celle pendant laquelle une femme n'est pratiquement pas soumise au risque de grossesse par suite d'aménorrhée et/ou d'abstinence post-partum. Les données du tableau 6.8 se rapportent aux naissances des trois dernières années pour lesquelles la mère est encore en aménorrhée ou en abstinence post-partum et donc non susceptible d'être exposée au risque de grossesse. La distribution de la proportion des naissances selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance est analogue à la série des survivants (Sx) d'une table de mortalité. Le tableau présente également les durées médiane et moyenne de l'aménorrhée, de l'abstinence et de la non susceptibilité. Tableau 6.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances des trois années ayant précédé l'enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum, par nombre de mois écoulés depuis la naissance et durées médiane et moyenne, EDSN-MICS III Niger 2006 Pourcentage de naissances pour lesquelles la mère est : Nombre de mois depuis la naissance En aménorrhée En abstinence En insusceptibilité post-partum Effectif de naissances < 2 96,3 79,6 96,7 337 2-3 86,3 31,4 88,2 381 4-5 81,6 8,2 83,2 349 6-7 80,9 8,0 81,7 393 8-9 74,6 4,1 75,2 314 10-11 68,5 8,4 71,1 289 12-13 65,8 5,2 67,3 456 14-15 55,5 3,9 56,4 357 16-17 39,0 2,1 40,0 260 18-19 40,8 3,0 41,9 335 20-21 35,2 3,4 38,2 284 22-23 25,8 4,8 26,6 234 24-25 9,5 4,0 12,2 410 26-27 6,1 4,5 10,0 309 28-29 3,4 1,0 4,5 258 30-31 3,6 1,4 4,5 345 32-33 3,1 1,1 4,2 316 34-35 4,7 1,6 5,7 313 Ensemble 45,3 10,2 46,8 5 941 Médiane 15,7 2,0 15,9 na Moyenne 15,9 3,9 16,4 na Note: Les calculs sont basés sur le statut au moment de l'enquête. na = Non applicable. 108 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Dans l’ensemble, près d’une femme sur deux (45 %) ayant accouché au cours des trois années ayant précédé l’enquête sont encore en aménorrhée post-partum. Environ quatre femmes sur cinq (81 %) restent en aménorrhée jusqu’à 6-7 mois. Au-delà de 24 mois, la proportion de femmes dont le retour de l'ovulation ne s'est pas encore produit est largement inférieure à 10 %. La durée médiane de l’aménorrhée post-partum est estimée à 15,7 mois et sa valeur moyenne se situe à 15,9 mois. La durée, l'intensité et la fréquence de l'allaitement exclusif qui agissent sur le retour de l'ovulation (voir chapitre 11 Allaitement et État Nutritionnel), expliqueraient, en partie, ces durées relativement longues. L'abstinence post-partum est une pratique peu courante au Niger. Seulement un peu plus d’une femme sur trois (31 %) n’avaient pas encore repris les rapports sexuels 2 à 3 mois après la naissance de son dernier enfant et 8-9 mois après la naissance, seulement 4 % des mères sont en abstinence post- partum. La durée médiane de l'abstinence post-partum s’établit à 2,0 mois et sa valeur moyenne à 3,9 mois. À la dernière enquête (EDS-II, 1998) ces valeurs étaient respectivement de 2,3 et 4,3 mois. Pour 47 % des naissances survenues au cours des trois années ayant précédé l’enquête, les mères sont en insusceptibilité post-partum. Cette période d’insusceptibilité dure en moyenne 16,4 mois et pour 50 % des naissances, les mères ne sont pas susceptibles de tomber enceintes pendant 15,9 mois. Le tableau 6.9 présente les durées médianes d'aménorrhée, d'abstinence post-partum et d’insusceptibilité selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. Ces différentes durées varient peu avec l’âge des mères. Selon le milieu de résidence, on constate que les durées d’aménorrhée et d’insusceptibilité post-partum sont moins longues en milieu urbain (respectivement 10,2 ans et 11,3 ans) qu’en milieu rural (16,7 ans et 16,8 ans). Elles sont encore beaucoup moins longues à Niamey où elles s’établissent respectivement à 6,8 ans et 8,7 ans. Tableau 6.9 Durée médiane de l'insusceptibilité post-partum par caractéristiques sociodémographiques Nombre médian de mois d'aménorrhée, d'abstinence et d'insusceptibilité post-partum, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Aménorrhé e post- partum Abstinence post- partum Insusceptib ilité post- partum Effectif de naissances Groupe d’âges 15-29 15,5 2,3 15,7 3 536 30-49 15,9 1,7 16,1 2 404 Milieu de résidence Niamey 6,8 2,1 8,7 367 Autres Villes 11,5 2,1 12,0 564 Ensemble urbain 10,2 2,1 11,3 930 Rural 16,7 2,0 16,8 5 011 Région Niamey 6,8 2,1 8,7 367 Agadez 13,0 2,0 13,1 123 Diffa 18,9 1,8 18,9 137 Dosso 14,0 2,1 14,5 810 Maradi 20,8 1,8 20,8 1 304 Tahoua 14,4 2,3 14,5 1 234 Tillabéri 16,1 2,2 16,3 776 Zinder 17,1 2,0 17,4 1 190 Niveau d'instruction Aucune instruction 16,1 2,0 16,3 5 149 Primaire 14,7 2,0 15,6 589 Secondaire ou plus 10,2 1,7 10,8 203 Ensemble 15,7 2,0 15,9 5 941 Note: Les médianes sont basées sur le statut actuel. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 109 Au niveau régional, en dehors de Niamey, la durée médiane de l’aménorrhée post-partum varie d’un minimum de 13 mois à Agadez à un maximum de 20,8 mois à Maradi. La durée médiane de l’aménorrhée diminue avec le niveau d’instruction de la femme : de 16,1 mois chez les femmes qui n’ont aucune instruction, cette durée passe à 14,7 mois chez celles qui ont le niveau primaire pour s’établir à 10,2 mois chez celles qui ont le niveau secondaire ou plus. A l’instar de la durée médiane de l’aménorrhée post-partum, la durée médiane de l’insus- ceptibilité post-partum varie aussi selon le milieu de résidence, la région et le niveau d’instruction. Cette durée est de 16,8 mois pour les femmes rurales et 11,3 mois pour les zones urbaines. Selon les régions, elle passe d’un minimum de 8,7 mois à Niamey et de 13,1 mois à Agadez à un maximum de 20,8 mois à Maradi. Cette durée médiane d’insusceptibilité post-partum diminue aussi avec le niveau d’instruction de la femme : de 16,3 mois chez les femmes qui n’ont aucune instruction, elle passe à 15,6 mois chez celles qui ont le niveau primaire pour s’établir à 10,8 mois chez celles qui ont le niveau secondaire ou plus. En ce qui concerne la durée médiane de l’abstinence post-partum, les résultats montrent qu’elle varie très peu au niveau régional (elle est d’environ de 2 mois). Toutefois, elle est plus courte dans les régions de Maradi et de Diffa (1,8 mois dans les deux cas). Elle ne varie pas selon le milieu de résidence. 6.7 MÉNOPAUSE Le tableau 6.10 présente un indicateur qui rend compte de la fin d’exposition au risque de procréer pour les femmes de 30-49 ans. Il donne la proportion des femmes en ménopause, c’est-à-dire la proportion des femmes actuellement mariées qui sont ni enceintes, ni en aménorrhée post-partum, mais qui n’ont pas eu de règles pendant au moins six mois avant l’enquête ou qui se sont déclarées en ménopause. Ce tableau montre que 8 % des femmes étaient en ménopause au moment de l’enquête. Cette proportion de femmes en ménopause augmentent rapidement avec l’âge : de 1% seulement parmi les femmes de 30-34 ans, cette proportion passe à 12 % à 42-43 ans et à 47 % à 48-49 ans. On constate qu’aux âges où les femmes sont généralement encore fécondes, la proportion des femmes en ménopause est relativement importante : 12 % à 42-43 ans, 24 % à 44-45 ans et 28 % à 46-47 ans. Tableau 6.10 Ménopause Pourcentage de femmes de 30-49 ans qui ne sont pas enceintes, qui ne sont pas en aménorrhée post-partum et qui sont en ménopause, EDSN-MICS III Niger 2006 Groupe d’âges Pourcentage de femmes en ménopause1 Effectif de femmes 30-34 1,0 1 354 35-39 2,3 1 167 40-41 7,6 552 42-43 11,8 265 44-45 23,6 381 46-47 28,0 194 48-49 46,9 150 Ensemble 8,1 4 063 1 Pourcentage de toutes les femmes qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée post-partum et dont les dernières règles ont eu lieu 6 mois ou plus avant l'enquête. Préférences en Matière de Fécondité | 111 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 7 Ali Madaï BOUKAR et Abdoullahi BEÏDOU Les questions relatives aux préférences en matière de fécondité permettent d’évaluer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité, et de mesurer les besoins futurs en matière de contraception, non seulement pour espacer, mais aussi pour limiter les naissances. Au cours de l’EDSN- MICS III, des questions ont été posées aux femmes concernant leur d'avoir ou non des enfants supplémentaires dans l'avenir, au délai d'attente avant d'avoir un prochain enfant et au nombre total d'enfants désirés. Rappelons que les données sur les attitudes et les opinions vis-à-vis de la procréation ont toujours été un sujet de controverse. En effet, certains chercheurs pensent que les réponses aux questions sur les préférences en matière de fécondité reflètent des points de vue éphémères qui sont exprimés sans beaucoup de conviction, ou qui ne tiennent pas compte de l’effet des pressions sociales ou des attitudes des autres membres de la famille, particulièrement celles du mari, qui peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de reproduction. De plus, ces données sont obtenues à partir d’un échantillon de femmes de différents âges et vivant des moments différents de leur histoire génésique. Pour les femmes en début d’union, les réponses sont liées à des objectifs à moyen ou long terme dont la stabilité et la valeur prédictive, sont incertaines. Pour les femmes en fin de vie féconde, les réponses sont inévitablement influencées par leur histoire génésique. Ce chapitre traitera des sujets suivants : le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires, les besoins en matière de planification familiale, le nombre idéal d’enfants et la planification de la fécondité. 7.1 DÉSIR D'ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) Le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires dans l’avenir est généralement lié à l’âge de la femme, au nombre de ces enfants actuellement en vie et/ou de ceux du couple. Des questions ont été posées aux femmes et aux hommes actuellement en union pour obtenir des informations sur leurs attitudes quant au désir d’espacer leur prochaine naissance ou au désir de ne plus avoir d’enfants. Les résultats présentés au tableau 7.1 et au graphique 7.1 montrent que moins d’une femme sur dix (9 %) a répondu qu’elle ne désirait plus d’enfants tandis que plus de huit femmes sur dix (86 %) en voulaient davantage. Ces résultats révèlent également que parmi les femmes qui ont déclaré qu’elles désiraient avoir des enfants supplémentaires dans l’avenir, la majorité (49 %) désire espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. Au total donc, 59 % des femmes, celles ne voulant plus d’enfants (9 %) plus celles désirant espacer pour une période d’au moins deux ans (49 %), peuvent être considérées comme potentiellement favorables à la planification familiale. Ces niveaux sont proches de ceux enregistrés au cours de l’EDSN-I de 1992 (9 % pour celles qui désiraient limiter et 45 % pour celles qui souhaitaient espacer d’au moins deux ans) et de l’EDSN-II de 1998 (respectivement, 10 % et 46 %). La proportion de femmes en union qui ne veulent plus d’enfants augmente régulièrement avec le nombre d’enfants vivants : elle passe de moins de 1 % chez les femmes qui n’ont aucun enfant à 4 % chez celles en ayant 3 et à 26 % chez celles qui en ont au moins 6. De même, on note que la quasi-totalité des femmes nullipares (96 %) souhaitent avoir un enfant et la grande majorité (84 %) désire une naissance 112 | Préférences en Matière de Fécondité rapidement, dans les deux années à venir. Chez les femmes ayant un enfant, le désir d’en avoir un autre (95 %) est comparable à celui des nullipares mais contrairement à ces dernières, la majorité des primipares souhaitent attendre au moins deux ans avant la prochaine naissance (55 %). En outre, au fur et à mesure que la parité augmente, la proportion de femmes désirant un autre enfant diminue assez rapidement au profit de celles qui n’en veulent plus. En effet, le pourcentage de femmes qui désirent d’autres enfants passe de 96 % chez celles n’ayant aucun enfant à 92 % chez celles qui en ont déjà 3 et à 62 % chez les femmes qui ont 6 enfants ou plus. En ce qui concerne les hommes en union, on constate que seulement 4 % ont déclaré ne plus vouloir d’enfants et, à l’inverse, 93 % en désiraient davantage. Les hommes en union sont donc, proportionnellement, plus nombreux que les femmes en union à souhaiter d’autres enfants. Autrement dit, les hommes seraient plus pro nataliste que les femmes. Comme chez les femmes, la proportion d’hommes désirant avoir des enfants diminue avec le nombre d’enfants vivants, passant de 99 % à la parité 1, à 94 % à la parité 4 et à 87 % au rang 6 ou plus. Chez les hommes en union, le besoin potentiel en matière de planification familiale peut être évalué, au total, à 51 % (soit 4 % ne voulant plus d'enfant et 47 % désirant espacer la prochaine naissance d'au moins deux ans). En outre, parmi les hommes voulant des enfants supplémentaires, une proportion proche de celles des femmes (47 % contre 49 %) désire espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans. Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d'enfant survivants Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par désir d'enfants supplémentaires, selon le nombre d'enfants vivants, EDSN-MICS III Niger 2006 Nombre d'enfants vivants1Désir d'enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble FEMMES Veut un autre bientôt2 83,6 36,5 32,7 30,2 30,7 27,3 20,2 33,4 Veut un autre plus tard3 7,5 55,2 58,7 57,9 55,4 50,7 39,7 48,8 Veut un autre, NSP quand 4,5 3,7 2,3 4,1 3,2 3,6 2,4 3,3 Indécise 0,4 2,2 1,5 1,4 1,8 2,3 3,1 2,0 Ne veut plus d’enfants 0,8 0,9 2,5 4,2 5,1 11,6 26,1 8,7 Stérilisée4 0,7 0,1 0,5 0,1 0,2 0,2 0,2 0,3 S’est déclarée stérile 1,8 1,5 1,5 1,9 3,3 4,0 7,6 3,4 ND 0,8 0,0 0,2 0,2 0,4 0,2 0,7 0,4 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 621 1 204 1 265 1 214 1 077 922 1 639 7 941 HOMMES Veut un autre bientôt2 60,6 36,6 34,5 38,6 28,8 33,2 34,0 36,8 Veut un autre plus tard3 24,0 57,3 53,3 51,3 54,3 52,4 41,9 47,2 Veut un autre mais NSP quand 12,1 4,7 9,4 5,5 10,5 6,1 10,7 8,8 Indécis 1,7 0,2 1,4 1,1 1,7 2,4 1,4 1,4 Ne veut plus d’enfants 0,4 0,0 0,7 1,7 2,6 2,5 9,1 3,7 Femme /homme déclaré stérile 1,2 1,2 0,7 1,7 2,1 2,4 2,8 1,9 ND 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1,0 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 228 278 315 287 263 260 729 2 360 1 Y compris la grossesse actuelle (pour les femmes) 2 Veut un autre dans les deux ans 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus 4 Y compris la stérilisation féminine ou masculine Préférences en Matière de Fécondité | 113 L’analyse des données selon l'âge met en évidence une association positive entre les préférences en matière de fécondité et l'âge actuel des femmes (tableau 7.2). Tout comme pour la parité, la proportion des femmes actuellement en union voulant un autre enfant diminue avec l'âge : elle passe de 98 % parmi les femmes âgées de 15-19 et 20-24 ans à 29 % chez celles de 45-49 ans. Inversement, le désir de ne plus avoir d'enfants augmente avec l'âge : la proportion passe de 0,1 % chez les femmes de 15-19 ans, à 13 % chez celles de 35-39 ans et à 40 % chez celles de 45-49 ans. Avant l’âge de 35 ans, la majorité des femmes qui souhaitent avoir un autre enfant veulent attendre au moins deux ans. Par contre, à partir de 40 ans, les femmes désirant avoir un enfant sont proportionnellement plus nombreuses à souhaiter l’avoir au cours des 48 prochains mois. Les résultats concernant les hommes en union font apparaître les mêmes tendances selon l’âge que chez les femmes en union. La proportion d’hommes en union voulant un enfant supplémentaire passe de 99 % parmi les 20-24 ans à 66 % chez ceux de 55-59 ans. Par contre, la proportion d’hommes qui ne veulent plus d’enfant augmente avec l’âge, passant de 1 % parmi les hommes de 35-39 ans à 18 % parmi ceux de 55-59 ans. Les proportions de femmes et d’hommes en union ne désirant plus avoir d’enfants permettent d’évaluer les besoins en matière de planification familiale. Les résultats sont présentés au tableau 7.3 selon certaines caractéristiques sociodémographiques et selon le nombre d’enfants vivants. Dans l’ensemble, 9 % de femmes ne désirent plus d’enfants, contre seulement 4 % chez les hommes en union. Les femmes ne désirant plus d’enfants sont proportionnellement plus nombreuses en milieu urbain (16 %) qu’en milieu rural (8%). Selon la région de résidence, on constate que ce sont les femmes de Niamey (19 %), de Diffa (18 %) et d’Agadez (17 %) qui ont le plus fréquemment exprimé le désir de limiter leurs naissances et à l’opposé, ce sont celles de Tahoua (5 %) qui, ont le moins fréquemment exprimé ce souhait. Par ailleurs, le niveau de vie du ménage dans lequel vit la femme apparaît comme un facteur favorisant le désir de ne plus avoir d'enfants. En effet, les femmes des ménages les plus riches ont plus fréquemment que les autres exprimé le désir de ne plus avoir d’enfants : 14 % dans le quintile le plus riche contre 7 à 8 % dans les autres. Graphique 7.1 Désir d'enfants supplémentaires des femmes en union, selon le nombre d'enfants vivants Note : Le graphique inclut les femmes stérilisées EDSN-MICS III 2006 0 1 2 3 4 5 6 + Nombre d'enfants vivants 0% 20% 40% 60% 80% 100% Pourcentage Stérile/ND Ne veut plus d'enfant Indécise Veut espacer de 2 ans Veut un autre, NSP quand Veut dans les 2 ans 114 | Préférences en Matière de Fécondité Tableau 7.2 Préférences en matière de fécondité selon l'âge Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par désir d'enfants supplémentaires et l'âge, EDSN-MICS III 2006 Âge Désir d'enfants 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Ensemble FEMMES Veut un autre bientôt1 44,8 31,6 31,0 33,8 36,9 33,4 17,6 na na 33,4 Veut un autre plus tard2 50,1 63,0 62,5 56,9 40,7 22,4 8,3 na na 48,8 Veut un autre, NSP quand 3,1 2,9 3,1 3,3 4,7 2,2 3,4 na na 3,3 Indécise 1,3 1,9 1,4 2,1 1,8 3,2 3,0 na na 2,0 Ne veut plus d’enfants 0,1 0,2 1,5 3,1 13,4 27,9 40,0 na na 8,7 Stérilisée 0,0 0,0 0,3 0,0 0,2 0,7 1,2 na na 0,3 S’est déclarée stérile 0,5 0,4 0,3 0,3 1,7 9,6 25,0 na na 3,4 ND 0,0 0,0 0,0 0,4 0,6 0,7 1,6 na na 0,4 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 na na 100,0 Effectif 1 014 1 426 1 670 1 286 1 120 828 598 na na 7 941 HOMMES Veut un autre bientôt1 33,7 47,6 42,0 34,0 30,4 38,4 39,1 36,9 29,0 36,8 Veut un autre plus tard2 58,4 44,2 54,2 55,4 58,4 48,8 43,4 30,2 24,1 47,2 Veut un autre NSP quand 7,9 7,2 3,5 9,0 8,6 7,5 8,8 15,2 13,1 8,8 Indécis 0,0 0,4 0,3 0,4 0,6 1,9 1,5 4,1 2,9 1,4 Ne veut plus d’enfant 0,0 0,6 0,0 0,7 1,4 2,3 5,7 8,4 17,5 3,7 S’est déclaré stérile 0,0 0,0 0,0 0,4 0,6 0,6 1,6 4,6 12,9 1,9 ND 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,5 0,0 0,5 0,5 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 18 152 336 376 349 364 329 271 166 2 360 1 Veut une autre naissance dans les deux ans. 2 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus na = Non applicable Ces résultats montent également que le pourcentage de femmes ne désirant plus d'enfants augmente régulièrement avec le nombre d'enfants survivants, aussi bien en milieu urbain qu'en milieu rural. En outre, l'instruction apparaît comme un facteur influençant nettement le désir de ne plus avoir d'enfants, en particulier à partir de 3 enfants. Par exemple, parmi les femmes qui ont 3 enfants, 4 % de celles qui n’ont aucune instruction ont exprimé le souhait de ne plus avoir d’enfants contre 6 % pour les femmes ayant un niveau d’instruction primaire et 9 % pour celles qui ont au moins un niveau secondaire. Chez les hommes en union, on remarque qu’en milieu urbain la proportion de ceux qui ne veulent plus d’enfant est pratiquement trois fois plus élevée qu’en milieu rural (8 % contre 3 %). Selon la région, on constate, comme chez les femmes, que c’est dans celles de Niamey (12 %) et d’Agadez (7 %) que les hommes sont les plus nombreux à avoir exprimé le désir de limiter leur descendance. À l’opposé, dans la région de Zinder, cette proportion n’est que de 1 %. En outre, comme chez les femmes, le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage semblent être des facteurs positivement corrélés avec le désir de limiter la taille de sa famille. Préférences en Matière de Fécondité | 115 Tableau 7.3 Désir de limiter les naissances selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes et d'hommes actuellement en union ne voulant plus d'enfants par nombre d'enfants vivants et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Nombre d'enfants vivants1 Caractéristique 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble des femmes Ensemble des hommes Milieu de résidence Niamey 3,6 3,3 4,7 12,8 10,9 39,5 49,1 19,4 11,5 Autres Villes 1,3 2,3 0,6 6,4 9,5 15,4 33,2 13,3 5,4 Ensemble urbain 2,3 2,7 2,5 8,9 10,1 24,6 38,8 15,8 8,2 Rural 1,3 0,6 3,1 3,5 4,6 9,8 23,6 7,7 2,8 Région Niamey 3,6 3,3 4,7 12,8 10,9 39,5 49,1 19,4 11,5 Agadez 3,4 1,1 3,1 17,7 9,2 23,3 33,9 17,2 6,6 Diffa 7,9 2,8 5,6 9,7 13,6 29,4 41,7 18,1 2,1 Dosso 1,9 0,5 0,4 2,2 7,1 13,2 40,3 11,5 3,5 Maradi 1,0 0,0 1,6 2,5 3,6 4,9 16,9 5,5 3,1 Tahoua 0,0 0,7 1,3 2,4 2,3 7,8 15,7 4,7 2,2 Tillabéri 2,1 0,0 1,0 1,4 0,8 4,6 23,6 6,2 5,8 Zinder 1,1 2,5 8,2 7,3 9,1 17,7 28,4 12,1 1,4 Niveau d'instruction Aucune instruction 1,5 0,8 3,4 3,8 5,4 11,0 24,7 8,6 3,1 Primaire 0,8 1,4 0,8 6,4 2,8 12,0 35,8 10,0 3,5 Secondaire ou plus 2,1 2,2 2,1 8,6 12,1 38,9 37,5 12,2 9,4 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,8 2,1 2,9 4,2 7,9 21,7 7,6 2,8 Second 0,7 1,9 2,0 3,6 5,5 10,5 17,8 6,5 1,9 Moyen 2,7 0,0 3,6 4,5 3,3 12,1 27,0 8,8 2,8 Quatrième 1,6 0,2 3,0 3,5 5,9 9,0 28,4 8,1 4,7 Le plus riche 1,8 2,1 4,1 7,6 8,2 23,1 36,0 14,2 6,5 Ensemble 1,4 1,0 3,0 4,3 5,3 11,8 26,3 8,9 3,7 Note: Les femmes/hommes stérilisés sont considérés comme ne voulant plus d'enfant. 1 Y compris la grossesse actuelle 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE Les femmes actuellement en union non utilisatrices de la contraception et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants (limitation des naissances) ou qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant la prochaine naissance (espacement des naissances), sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits1 en matière de contraception. Les femmes ayant exprimé des besoins non satisfaits et celles utilisant actuellement la contraception, constituent la demande potentielle en planification familiale. Le tableau 7.4 présente chez les femmes actuellement en union les estimations des besoins non satisfaits, des besoins satisfaits et de la demande totale en matière de planification familiale selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les besoins non satisfaits en matière de planification familiale restent encore importants, puisque près d’une femme en union sur six (16 %) en ont exprimé le besoin. La majorité de ces femmes aurait besoin d'utiliser la contraception comme moyen d'espacement des naissances (13 %) contre seulement 3 % pour limiter leur descendance. 1 Le calcul exact des besoins non satisfaits est expliqué en note du tableau 7.4. 116 | Préférences en Matière de Fécondité Tableau 7.4 Besoins en matière de planification familiale Pourcentage de femmes en union ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits et pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale1 Besoins en PF satisfaits (utilisation actuelle)2 Demande potentielle totale en planification familiale3 Caractéristique Pour l'espace- ment Pour la limitation Ensemble Pour l'espa- cement Pour la limitation Ensemble Pour l'espace- ment Pour la limitation Ensemble Pourcentage de demande satisfaite Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 12,2 0,0 12,2 4,3 0,0 4,3 16,5 0,0 16,5 25,9 1 014 20-24 17,2 0,2 17,3 12,6 0,1 12,7 29,8 0,2 30,0 42,2 1 426 25-29 15,5 0,3 15,7 12,6 1,0 13,6 28,1 1,2 29,3 46,3 1 670 30-34 14,5 0,7 15,2 12,7 0,5 13,1 27,2 1,1 28,3 46,4 1 286 35-39 13,3 4,1 17,4 9,4 2,5 11,9 22,6 6,6 29,3 40,7 1 120 40-44 8,8 8,7 17,5 5,6 4,5 10,1 14,3 13,3 27,6 36,6 828 45-49 4,1 10,7 14,8 3,1 6,2 9,3 7,2 17,0 24,2 38,6 598 Milieu de résidence Niamey 21,6 7,0 28,6 21,7 5,9 27,7 43,4 12,9 56,3 49,1 481 Autres Villes 16,6 3,8 20,4 16,4 3,5 19,9 33,0 7,3 40,2 49,4 712 Ensemble urbain 18,6 5,1 23,7 18,5 4,5 23,0 37,1 9,6 46,7 49,3 1 193 Rural 12,4 2,0 14,4 8,1 1,1 9,1 20,5 3,1 23,6 38,8 6 748 Région Niamey 21,6 7,0 28,6 21,7 5,9 27,7 43,4 12,9 56,3 49,1 481 Agadez 19,5 6,6 26,2 12,9 3,6 16,5 32,4 10,2 42,6 38,6 164 Diffa 14,0 7,9 22,0 3,1 0,6 3,7 17,1 8,6 25,7 14,4 195 Dosso 18,7 2,7 21,4 15,8 3,1 18,9 34,5 5,9 40,4 46,9 1 106 Maradi 7,7 1,2 8,8 4,1 0,2 4,3 11,7 1,4 13,2 32,8 1 684 Tahoua 11,3 0,9 12,2 8,0 0,8 8,9 19,4 1,7 21,1 42,1 1 639 Tillabéri 14,6 2,6 17,2 19,0 1,5 20,5 33,6 4,1 37,7 54,4 1 146 Zinder 13,6 2,9 16,5 2,7 1,3 4,1 16,3 4,2 20,5 19,8 1 527 Niveau d'instruction Aucune instruction 12,8 2,5 15,3 8,5 1,3 9,8 21,3 3,8 25,0 39,0 6 677 Primaire 15,1 2,4 17,5 12,7 2,8 15,5 27,9 5,2 33,0 47,0 995 Secondaire ou plus 20,0 3,4 23,4 27,3 4,4 31,7 47,2 7,8 55,0 57,5 269 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 13,3 2,4 15,7 9,9 1,0 10,9 23,2 3,4 26,6 41,1 1 550 Second 12,9 1,9 14,8 7,1 0,9 8,0 20,1 2,8 22,8 35,1 1 651 Moyen 12,8 2,3 15,1 6,3 1,1 7,4 19,1 3,4 22,5 33,0 1 620 Quatrième 11,8 1,8 13,6 8,9 1,2 10,1 20,7 3,0 23,7 42,5 1 688 Le plus riche 16,2 4,4 20,6 17,0 4,0 20,9 33,2 8,4 41,5 50,4 1 433 Ensemble des femmes en union 13,3 2,5 15,8 9,7 1,6 11,2 23,0 4,1 27,1 41,5 7 941 Ensemble des femmes qui ne sont pas en union 0,0 0,0 0,0 2,0 1,0 2,0 2,0 1,0 3,0 83,0 1 282 Ensemble des femmes 12,0 2,0 14,0 9,0 1,0 10,0 20,0 4,0 24,0 42,0 9 223 1 Les besoins non satisfaits pour espacer concernent les femmes enceintes dont la grossesse ne s'est pas produite au moment voulu, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s'est pas produite au moment voulu, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant leur prochaine naissance. Sont également incluses dans les besoins non satisfaits pour espacer, les femmes qui ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais ne savent pas à quel moment elles veulent avoir cet enfant. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse n'était pas voulue, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n'était pas voulue, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Sont également exclues les femmes qui sont en ménopause ou en période d'infécondabilité. 2 L'utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir un autre enfant ou qui ne sont pas sûres d'en vouloir un autre. L'utilisation pour limiter concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Il faut noter que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici. 3 Les non utilisatrices qui sont enceintes ou en aménorrhée et les femmes dont la grossesse était le résultat de l'échec d'une méthode de contraception ne sont pas incluses dans la catégorie des besoins non satisfaits, mais sont incluses dans la demande totale en contraception (puisqu'elles seraient en train d'utiliser si leur méthode n'avait pas échoué). Préférences en Matière de Fécondité | 117 Si les femmes en union ayant des besoins non satisfaits en matière de contraception pouvaient les satisfaire, c'est-à-dire si elles utilisaient effectivement la contraception, la prévalence contraceptive aurait atteint 27 % (besoins exprimés), c’est-à-dire près de deux fois et demi plus élevée que ce qu’elle est actuellement. Rappelons à titre comparatif que, lors de l’EDSN-I de 1992 et de l’EDSN-II de 1998, les besoins exprimés en matière de contraception étaient respectivement de 24 % et 22 %. La demande potentielle en planification familiale (proportion de femmes ayant des besoins non satisfaits auxquels s’ajoutent les femmes déjà utilisatrices) se décompose de la manière suivante : 23 % en espacement des naissances et 4 % en limitation des naissances. Actuellement chez les femmes en union, 42 % de la demande potentielle en planification familiale est donc satisfaite au Niger, contre 19 % lors de l’EDSN-I de 1992 et 35 % à l’EDSN-II de 1998. Les besoins en matière de planification familiale varient selon les caractéristiques sociodémographiques. On ne constate pas d’écarts importants en fonction de l’âge. Tout au plus peut-on souligner que c’est parmi les femmes les plus jeunes que les besoins non satisfaits sont les moins importants (12 % à 15-19 ans). Dans les autres groupes d’âges, les proportions varient entre 15 % et 18 %. En outre, on note que jusqu'à 39 ans, les besoins non satisfaits en matière de planification familiale sont essentiellement orientés vers l'espacement des naissances. Par contre, à partir de 40 ans, les femmes expriment beaucoup plus le besoin de limiter que d'espacer leurs naissances. Les résultats selon le milieu de résidence font apparaître quelques disparités, la proportion de femmes ayant des besoins non satisfaits étant plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (24 % contre 14 %). Du fait qu’en milieu rural, les femmes utilisent beaucoup moins les méthodes contraceptives, la demande totale satisfaite pour les services de planification familiale est beaucoup plus importante en milieu urbain (49 %) qu’en milieu rural (39 %). Les besoins pour l’espacement sont toujours nettement plus importants que ceux pour la limitation, aussi bien en zones urbaines que rurales. Comparativement aux niveaux observés à l’EDSN-II de 1998, on note une diminution sensible de la demande potentielle totale, quel que soit le milieu de résidence. En effet, les niveaux observés lors de la précédente enquête dans les milieux urbain et rural étaient respectivement de 44 % et 21 %. Cette situation pourrait s’expliquer par le ralentissement des activités de sensibilisation communautaire en matière de planification familiale. Au niveau régional, les résultats montrent que les proportions de femmes dont les besoins en matière de planification familiale sont non satisfaits varient d’un minimum de 9 % à Maradi à 29 % à Niamey. Par ailleurs, en ce qui concerne la demande potentielle totale, c’est seulement dans la région de Niamey (56 %) qu’elle dépasse 50 % ; à l’opposé, c’est dans la région de Maradi (13 %) qu’elle est la plus faible. En outre, quelle que soit la région, la demande en matière de planification familiale est principalement induite par un besoin d’espacement des naissances plutôt que de limitation de la descendance. Concernant le niveau d'instruction, on constate que les besoins non satisfaits en matière de planification familiale sont plus importants chez les femmes du niveau secondaire ou plus (23 %) que parmi celles ayant le niveau primaire (18 %) et que parmi celles n’ayant aucun niveau d’instruction (15 %). Du fait de la corrélation positive entre le recours à la planification familiale et le niveau d’instruction, on remarque que la demande totale satisfaite pour les services de planification familiale est beaucoup plus importante chez les femmes de niveau secondaire ou plus (58 %) que chez celles de niveau primaire (47 %) et que chez celles n’ayant aucun niveau d’instruction (39 %). Les résultats selon les quintiles de bien-être font apparaître un écart entre les quatre premiers quintiles et le plus riche. En effet, il apparaît que les besoins non satisfaits sont surtout moins importants chez les femmes des quatre premiers quintiles (moins de 16 % contre 21 % dans le plus riche). La demande potentielle totale, quant à elle, est plus importante parmi les femmes des ménages les plus riches 118 | Préférences en Matière de Fécondité (42 %) et dans 50 % des cas, elle est satisfaite. Le niveau de la demande satisfaite le plus faible est observé chez les femmes des ménages du troisième quintile (33 %). 7.3 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS Le comportement reproductif d'une femme peut être influencé par ce qui est pour elle ou pour son mari, le nombre idéal d'enfants. Pour connaître ce nombre idéal, on a posé à tous les enquêtés (femmes et hommes) l’une des deux questions suivantes, selon leur situation au moment de l’enquête : x Aux femmes et aux hommes qui n’avaient pas d’enfant, on a demandé : « Si vous pouviez choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien voudriez-vous en avoir ? » x Aux femmes et aux hommes qui avaient des enfants, la question a été formulée ainsi : « Si vous pouviez revenir à l'époque où vous n'aviez pas d'enfant et choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien auriez-vous voulu en avoir ? » Ces questions, simples en apparence, sont embarrassantes notamment pour les femmes et les hommes qui ont déjà des enfants. En effet, ils sont appelés à se prononcer sur, ce qui est pour eux, la taille idéale de la famille, indépendamment du nombre d’enfants qu’ils ont actuellement. Dans ce cas, il peut être difficile pour les enquêtés de déclarer un nombre idéal d’enfants inférieur à la taille actuelle de sa famille. Le tableau 7.5 et le graphique 7.2 présentent les résultats obtenus aux questions posées. On remarque tout d’abord que 15 % des femmes et 16 % des hommes n’ont pu fournir des réponses numériques et ont donné à la place, des réponses telles que « ce que Dieu me donne », « Je ne sais pas », ou « N’importe quel nombre ». En outre, les données montrent que les femmes nigériennes aspirent à une famille nombreuse. En effet, le nombre moyen idéal d’enfants est de 8,8 pour l’ensemble des femmes et celui déclaré par les femmes en union est de 9,1. Par rapport à 1998, on constate un changement en faveur d’un nombre plus élevé, puisque ce nombre moyen était de 8,2 enfants pour l’ensemble des femmes et 8,5 pour les femmes en union. L’examen de la distribution des tailles idéales déclarées montre que pour plus de sept femmes sur dix (71 %), le nombre idéal est de 6 enfants ou plus. Cette proportion varie régulièrement de 56 % chez les femmes sans enfant (parité nulle) à 77 % chez celles en ayant 4. Chez les hommes, le nombre moyen idéal d'enfants est beaucoup plus élevé que chez les femmes : il est de 11 pour l’ensemble des hommes et de 12,6 chez les hommes en union. Ces résultats confirment l'attachement des Nigériens à une descendance très nombreuse. D’une manière générale, on note une corrélation positive entre la taille actuelle et la taille idéale de la famille : pour l’ensemble des femmes, cette taille moyenne idéale de la famille varie de 7,1 enfants pour celles qui n’ont aucun enfant à 10,1 enfants chez celles qui en ont 6 ou plus. Chez les femmes en union, elle varie de 7,9 enfants parmi celles qui n’en ont aucun à 10,2 parmi celles qui en ont déjà au moins six. En ce qui concerne les hommes, aussi bien pour l’ensemble que pour seulement ceux qui sont en union, la taille moyenne idéale passe de 9,5 enfants chez les primipares à plus de 14 enfants chez ceux ayant 6 enfants ou plus. Préférences en Matière de Fécondité | 119 Tableau 7.5 Nombre idéal d'enfants Répartition (en %) des femmes et des hommes selon le nombre idéal d'enfants et nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes et des hommes et pour ceux/celles actuellement en union, par nombre d'enfants vivants, EDSN-MICS III Niger 2006 Nombre d'enfants vivants1Nombre idéal d'enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble FEMMES 0 2,1 0,2 0,0 0,2 0,3 0,3 0,5 0,6 1 0,6 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 2 2,3 1,5 0,8 0,3 0,2 0,7 0,3 0,9 3 5,1 2,1 0,7 1,5 0,3 0,2 0,4 1,6 4 9,0 5,5 5,3 2,8 2,0 0,5 1,4 4,0 5 14,4 8,5 7,6 6,7 3,8 3,9 1,3 6,8 6+ 55,9 69,7 72,9 73,2 76,6 75,6 75,3 70,8 Réponse non numérique 10,6 12,3 12,8 15,3 16,7 18,9 20,7 15,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 576 1 288 1 330 1 265 1 122 948 1 694 9 223 Nombre idéal moyen d'enfants pour2: Ensemble des femmes 7,1 8,2 8,6 9,0 9,4 9,5 10,1 8,8 Effectif 1 409 1 129 1 160 1 071 934 769 1 342 7 815 Femmes actuellement en union 7,9 8,3 8,7 9,1 9,5 9,5 10,2 9,1 Effectif 539 1 051 1 102 1 027 900 747 1 300 6 665 HOMMES 0 3,5 0,0 0,0 0,6 0,0 0,4 0,9 1,6 1 0,3 1,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,5 0,3 2 1,8 5,4 0,4 0,0 0,4 0,1 0,1 1,3 3 5,4 5,9 1,2 0,9 0,9 0,1 0,7 3,0 4 7,6 5,8 4,0 3,6 0,5 0,5 0,9 4,3 5 12,3 8,3 6,4 7,4 5,2 4,8 1,0 7,6 6+ 59,1 57,9 69,8 73,9 76,1 69,3 72,8 66,1 Réponse non numérique 10,1 15,3 18,2 13,6 16,8 24,9 23,1 15,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 357 299 327 297 266 264 738 3 549 Nombre idéal moyen d'enfants pour2: Ensemble des hommes 8,3 9,5 11,9 11,9 13,3 13,9 14,7 11,0 Effectif 1 220 253 267 257 221 198 568 2 986 Hommes actuellement en union 9,7 9,5 11,9 12,0 13,3 13,9 14,6 12,6 Effectif 198 238 259 248 219 194 560 1 916 1 Y compris la grossesse actuelle 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes et les hommes ayant donné des réponses non numériques. 120 | Préférences en Matière de Fécondité Le tableau 7.6 présente le nombre moyen idéal d’enfants pour l’ensemble des femmes selon l’âge actuel et selon certaines variables sociodémographiques. On constate que ce nombre moyen augmente en fonction de l’âge de la femme, passant d’un minimum de 7,7 pour les jeunes femmes de 15-19 ans à 9,7 parmi celles de 40-44 ans. On pourrait donc penser que si ce désir exprimé par les jeunes générations se traduisait dans les faits, on assisterait à une tendance plus forte de la baisse de la fécondité. Pour l'ensemble des femmes et des hommes, le nombre idéal moyen d'enfants présente des variations assez importantes, que ce soit selon le milieu de résidence, la région, le niveau d'instruction et l’indice de bien-être. En outre ces variations sont similaires à celles observées pour les niveaux de la fécondité actuelle (voir chapitre 4). Les femmes et les hommes du milieu urbain ont pour idéal une famille moins nombreuse que ceux du milieu rural. L'écart absolu observé entre les deux milieux est de 2,1 enfants chez les femmes et de 3,8 enfants chez les hommes. Par ailleurs, le nombre idéal moyen d'enfants diminue lorsque le niveau d'instruction augmente. Il passe de 9,1 enfants chez les femmes sans niveau d’instruction à 8 enfants chez celles ayant un niveau primaire et à 6 enfants chez celles de niveau secondaire ou plus. Chez les hommes, la variation est beaucoup plus importante, puisque le nombre idéal d'enfants passe de 12,2 chez les hommes n’ayant aucune instruction à 10,7 chez ceux de niveau primaire et à 6,7 chez ceux du secondaire ou plus. Ainsi, les écarts observés entre les milieux urbain et rural d’une part, et entre les femmes ayant fréquenté l’école et celles sans instruction d’autre part, donnent une indication sur les changements sociaux dont ces facteurs de modernisme sont des indicateurs. Tout comme pour l’instruction, l’amélioration du niveau de vie du ménage s’accompagne d’une tendance en faveur d’une descendance plus réduite. L’écart absolu du nombre moyen idéal d’enfants est de 4 enfants entre les hommes des ménages les plus riches et ceux des plus pauvres. Graphique 7.2 Nombre idéal d'enfants pour les femmes et les hommes EDSN-MICS III 2006 8.8 6.5 7.6 7.1 9.2 9.1 8 6 11 6.6 9.8 8.2 12 12.2 10.7 6.7 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 0 2 4 6 8 10 12 14 Nombre d'enfants Femmes Hommes Préférences en Matière de Fécondité | 121 Tableau 7.6 Nombre idéal d'enfants par caractéristique sociodémographique Nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes et des hommes, par âge et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Groupe d’âges Caractéristique 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble des femmes Ensemble des hommes Milieu de résidence Niamey 5,6 5,9 6,3 6,9 7,6 7,5 8,0 6,5 6,6 Autres Villes 6,4 7,2 7,9 7,8 8,4 9,1 9,0 7,6 9,8 Ensemble urbain 6,1 6,6 7,1 7,4 8,1 8,4 8,6 7,1 8,2 Rural 8,2 8,6 9,3 9,8 9,9 10,0 9,4 9,2 12,0 Région Niamey 5,6 5,9 6,3 6,9 7,6 7,5 8,0 6,5 6,6 Agadez 6,4 6,5 7,0 7,6 8,0 8,7 8,4 7,2 10,0 Diffa 6,3 6,7 7,5 7,9 7,6 8,1 7,8 7,3 11,5 Dosso 7,8 7,6 8,2 8,7 8,9 9,2 9,0 8,3 10,8 Maradi 8,3 9,2 10,2 10,3 10,2 10,5 9,5 9,7 11,9 Tahoua 8,3 8,9 9,4 9,6 10,4 10,0 10,1 9,3 13,5 Tillabéri 7,9 8,4 8,9 9,5 9,7 10,2 9,6 9,0 10,8 Zinder 7,9 8,3 9,2 10,0 9,9 9,8 8,8 9,0 11,0 Niveau d'instruction Aucune instruction 8,2 8,5 9,2 9,7 9,8 9,9 9,3 9,1 12,2 Primaire 7,0 7,4 8,1 8,5 9,2 9,3 9,4 8,0 10,7 Secondaire ou plus 5,8 5,4 6,1 6,8 7,0 6,4 5,9 6,0 6,7 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 8,3 9,1 9,2 9,8 10,0 10,2 10,0 9,4 12,5 Second 8,4 8,7 9,2 9,7 9,9 10,7 9,1 9,3 13,1 Moyen 8,0 8,3 9,6 9,3 10,0 9,4 9,3 9,0 11,6 Quatrième 8,0 8,3 9,1 10,1 9,7 9,6 9,1 9,0 11,0 Le plus riche 6,2 6,8 7,6 8,0 8,3 8,5 8,6 7,4 8,5 Ensemble 7,7 8,1 8,9 9,4 9,6 9,7 9,2 8,8 11,0 Enfin, on relève des variations notables du nombre moyen idéal d’enfants selon la région, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Les femmes des régions de Maradi (9,7 enfants), de Tahoua (9,3 enfants), de Tillabéri (9,0 enfants) et de Zinder (9,0 enfants) sont celles qui aspirent le plus fréquemment à avoir une famille de grande taille ; à l’opposé ce sont les femmes de Niamey qui ont le plus fréquemment déclaré souhaiter une famille de taille réduite. (6,5 enfants). Chez les hommes, on constate que ce sont ceux des régions de Tahoua (13,5 enfants), de Maradi (11,9), et de Diffa (11,5 enfants) qui ont déclaré un nombre idéal d’enfants le plus élevé, contrairement à ceux de Niamey (6,6 enfants) et d’Agadez (10,0). 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ Des questions relatives à chaque enfant né au cours des cinq dernières années et à la grossesse actuelle (s’il y en a une) ont été posées, au cours de l’enquête. Ces questions avaient pour objectif de déterminer si, au moment de tomber enceinte, la femme souhaitait être enceinte à ce moment-là, plus tard, ou s’il s’agissait d’une grossesse non désirée. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité. De telles questions exigent de la femme un effort de concentration pour se souvenir avec exactitude de ses désirs à un ou plusieurs moments précis au cours des cinq dernières années. En outre, il 122 | Préférences en Matière de Fécondité existe un risque de rationalisation dans la mesure où, souvent, une grossesse non désirée peut devenir par la suite un enfant auquel on s’est attaché. Les résultats du tableau 7.7 montrent que la quasi-totalité des naissances (98 %) survenues au cours des cinq dernières années étaient désirées. La plupart de ces naissances (89 %) étaient bien planifiées (elles ont eu lieu au moment voulu) et dans 9 % des cas, les femmes auraient préféré qu'elles se produisent plus tard. Les grossesses non désirées représentent 0,4 %. Entre 1998 et 2006, il apparaît que les femmes planifient de mieux en mieux leur fécondité puisque les niveaux observés à l’EDSN-II de 1998 étaient respectivement de 87 %, 11 % et 1 %. Par ailleurs, ces résultats révèlent également que les naissances de rangs inférieurs sont les mieux planifiées. En effet, la proportion de naissances survenues au moment voulu baisse progressivement avec le rang de naissance : elle passe ainsi de 94 % pour le rang 1 à 88 % pour les rangs 3 et 4 ou plus. Selon l’âge de la mère, on constate que les naissances qui sont les mieux planifiées sont celles des femmes de moins de 30 ans, puisque la proportion d’enfants non désirés représente moins de 1 % des naissances. À l’inverse, les naissances les moins bien planifiées sont celles des femmes de 40-44 ans : 90 % des naissances étaient désirées au moment où elles se sont produites, par contre dans 3 % des cas, la mère n’en souhaitait pas. Tableau 7.7 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête (y compris la grossesse actuelle) par statut de la grossesse, selon le rang de naissance et l'âge de la mère à la naissance, EDSN-MICS III Niger 2006 Planification des naissances Caractéristique Voulue au moment Voulue plus tard Non désirée ND Total Effectif de naissances Âge à la naissance <20 91,2 7,1 0,2 1,6 100,0 2 052 20-24 88,1 10,2 0,2 1,6 100,0 3 048 25-29 89,4 9,2 0,3 1,0 100,0 2 694 30-34 87,8 10,5 0,5 1,2 100,0 1 801 35-39 89,1 9,1 0,7 1,1 100,0 1 201 40-44 89,6 6,2 3,1 1,0 100,0 427 45-49 83,2 13,9 1,4 1,5 100,0 83 Rang de naissance 1 93,7 4,2 0,3 1,8 100,0 1 721 2 88,3 10,4 0,2 1,1 100,0 1 620 3 87,6 10,6 0,2 1,6 100,0 1 523 4+ 88,3 9,9 0,6 1,2 100,0 6 443 Ensemble 89,1 9,2 0,4 1,3 100,0 11 307 Le tableau 7.8 et le graphique 7.3 présentent une comparaison de l’Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et de l’Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF). Le calcul de l’ISFD est analogue à celui de l’ISF présenté au chapitre 4, les naissances considérées comme non désirées étant éliminées du numérateur. La comparaison du taux de fécondité avec celui de la fécondité désirée met en évidence l’impact démographique potentiel de la prévention des naissances non désirées. Préférences en Matière de Fécondité | 123 Théoriquement, l’ISFD devrait être un meilleur indice de la fécondité désirée que la réponse à la question sur le nombre idéal d’enfants. Cet indice est plus proche de la réalité, car les réponses des femmes enquêtées tiennent probablement compte de la répartition selon le sexe des enfants déjà nés et de considérations de survie. Les réponses à la question sur le nombre total d’enfants désirés, par contre se réfèrent aux enfants encore en vie et peuvent laisser supposer une répartition idéale des deux sexes. En outre, il faut souligner une autre différence entre les deux mesures ; l’ISFD prend la fécondité observée comme point de départ et par conséquent, il ne peut jamais être supérieur à l’ISF, contrairement au nombre idéal d’enfants désirés qui peut être supérieur au nombre d’enfants déjà nés. Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l'ISF des femmes au Niger serait de 6,9 enfants au lieu de 7,1 enfants. Autrement dit, il n’y a pratiquement pas d’écart entre la fécondité réelle et la fécondité désirée, à l’instar de ce qui a été observé au cours de l’EDSN-II de 1998. Quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques des femmes, l’ISFD est toujours très légèrement inférieur à l’ISF. Le seul écart notable entre la fécondité réelle et la fécondité désirée, s’observe parmi les femmes de Diffa (5,9 enfants désirés contre 6,7 enfants par femme). Tableau 7.8 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les cinq années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Indice Synthétique de Fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Milieu de résidence Niamey 4,9 5,3 Autres Villes 6,2 6,6 Ensemble urbain 5,6 6,0 Rural 7,2 7,4 Région Niamey 4,9 5,3 Agadez 6,1 6,5 Diffa 5,9 6,7 Dosso 7,3 7,5 Maradi 7,6 8,0 Tahoua 6,9 7,0 Tillabéri 6,7 6,8 Zinder 7,3 7,4 Niveau d'instruction Aucune instruction 7,1 7,3 Primaire. 6,7 6,9 Secondaire ou plus 4,3 4,6 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 7,8 8,0 Second 7,0 7,2 Moyen 7,0 7,1 Quatrième 7,1 7,2 Le plus riche 5,9 6,2 Ensemble 6,9 7,1 Note: L’ISFD et l'ISF sont basés sur les naissances des femmes de 15-49 ans durant la période 0-59 mois avant l'enquête. L'ISF est le même que celui présenté au tableau 4.2. 124 | Préférences en Matière de Fécondité Graphique 7.3 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée EDSN-MICS III 2006 7.1 5.3 6.6 6 7.4 7.3 6.9 4.6 6.9 4.9 6.2 5.6 7.2 7.1 6.7 4.3 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 0 2 4 6 8 10 Nombre d'enfants/femme Fécondité actuelle Fécondité désirée Santé de la Mère | 125 SANTÉ DE LA MÈRE 8 Soumana HAROUNA et Ibrahim CHAIBOU1 La troisième enquête démographique et de santé du Niger fournit des informations détaillées sur la santé des mères. Ces informations concernent les soins pré et postnatals, les conditions d’accouchement ainsi que les principaux problèmes auxquels se sont heurtées les femmes quand elles ont eu besoin de soins de santé. En outre, la comparaison des résultats de l’EDSN-MICS III avec ceux des enquêtes précédentes permet l’évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé de la reproduction. 8.1 SOINS PRÉNATALS Le suivi des femmes enceintes au cours des consultations prénatales permet de prévenir les risques et les complications lors de l’accouchement. Durant l’EDSN-MICS III, on a demandé aux femmes, si au cours de leur dernière grossesse survenue pendant les cinq dernières années et ayant abouti à une naissance vivante, elles avaient effectué une consultation prénatale. Le tableau 8.1 présente la répartition des femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années qui ont précédé l’enquête, selon le type de personnel médical consulté par la mère durant la grossesse et selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes enquêtées. Au cours de l’EDSN-MICS III, toutes les catégories de personnes consultées par la mère pendant la grossesse ont été enregistrées mais, lorsque plusieurs personnes avaient été consultées, seule la personne la plus qualifiée a été retenue. On relève que parmi ces femmes, moins d’une sur deux (46 %) s’est rendue en consultations prénatales, dispensées par du personnel formé, constitué par le personnel médical et les matrones ou accoucheuses traditionnelles ayant bénéficié d’une formation en la matière. Cette proportion de femmes ayant reçu des soins prénatals dispensés par du personnel formé est légèrement supérieure à celle enregistrée à l’EDSN-II (40 %). Par ailleurs, si, entre 1998 et 2006, cette proportion est restée quasiment stable en milieu urbain (de 90 % à 88 %), elle a, en revanche, légèrement augmenté en milieu rural, passant de 30 % à 39 %. Enfin, quelque soit le niveau d’instruction de la mère, on a observé, entre 1998 et 2006 une hausse de la proportion de celles ayant reçu des soins prénatals dispensés par du personnel formé. (graphique 8.1). Ces consultations ont été principalement effectuées par les sages-femmes ou les infirmières (45 %) et, dans une proportion beaucoup plus faible, elles ont été fournies par des médecins (0,7 %) et par des matrones ou des accoucheuses traditionnelles formées (0,4 %). En outre, dans plus d’un cas sur deux (53 %), les mères n’ont effectué aucune consultation prénatale. 1 La partie concernant la connaissance de la fistule a été rédigée par Chétima AMADOU ROUFAI et Ghalio EKADE 126 | Santé de la Mère Cette faible proportion de femmes ayant reçu des soins prénatals dispensés par des médecins, des sages-femmes ou des infirmières au cours de la grossesse présente des disparités énormes selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction (tableau 8.1). En effet, en milieu rural, cette proportion n’est que de 39 % contre 88 % en milieu urbain. De même, selon le niveau d’instruction, on note des écarts importants : seulement 42 % des femmes sans instruction ont effectué un suivi prénatal contre 94 % de celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus. Les résultats mettent aussi en évidence de grandes disparités selon les régions : Niamey enregistre la proportion la plus élevée (93 %) ; à l’opposé, avec seulement 27 % de femmes ayant effectué une visite prénatale, Zinder enregistre la plus faible proportion. On constate également que la proportion de femmes ayant effectué des visites prénatales diminue avec le rang de naissance de l’enfant : d’un maximum de 56 % pour le rang 1, la proportion baisse pour atteindre 42 % pour le rang 6 et plus. Enfin, on constate que la proportion de femmes ayant bénéficié de soins prénatals est nettement associée au niveau de richesse du ménage dans lequel elles vivent : d’un minimum de 36 % pour les femmes des ménages les plus pauvres, cette proportion passe à 83 % pour les femmes des ménages les plus riches. Tableau 8.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type de personne consultée durant la grossesse pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Médecin Infirmière/ sage femme Matrone/ accoucheuse traditionnelle formée Ensemble du personnel formé Accoucheuse traditionnelle non formée Autre/ ND Personne Total Effectif Âge à la naissance <20 0,5 45,1 0,5 46,1 0,5 0,0 53,4 100,0 1 079 20-34 0,7 45,6 0,2 46,6 0,4 0,3 52,7 100,0 4 123 35-49 0,7 44,7 0,6 46,1 0,4 0,4 53,1 100,0 1 099 Rang de naissance 1 1,0 54,2 0,7 55,8 0,3 0,1 43,8 100,0 893 2-3 0,8 47,1 0,3 48,2 0,6 0,3 50,9 100,0 1 672 4-5 0,5 44,3 0,2 45,1 0,7 0,3 53,9 100,0 1 522 6+ 0,6 41,2 0,4 42,2 0,2 0,3 57,3 100,0 2 214 Milieu de résidence Niamey 5,9 86,4 0,7 93,1 0,5 0,7 5,8 100,0 396 Autres Villes 0,8 83,0 0,2 84,0 0,1 1,1 14,8 100,0 578 Ensemble urbain 2,9 84,4 0,4 87,7 0,3 0,9 11,1 100,0 975 Rural 0,3 38,2 0,3 38,9 0,5 0,2 60,5 100,0 5 326 Région Niamey 5,9 86,4 0,7 93,1 0,5 0,7 5,8 100,0 396 Agadez 1,0 70,2 0,0 71,1 0,0 0,4 28,4 100,0 137 Diffa 0,3 49,4 2,0 51,8 0,0 0,0 48,2 100,0 146 Dosso 0,8 60,8 0,1 61,7 0,1 0,1 38,1 100,0 864 Maradi 0,0 33,7 0,1 33,8 0,1 0,4 65,8 100,0 1 372 Tahoua 0,2 46,7 0,0 46,9 0,0 0,4 52,8 100,0 1 293 Tillabéri 0,0 49,4 1,5 50,8 2,6 0,5 46,0 100,0 888 Zinder 0,8 26,5 0,1 27,3 0,0 0,0 72,7 100,0 1 205 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,4 41,2 0,3 41,9 0,3 0,3 57,5 100,0 5 479 Primaire 0,5 68,9 0,7 70,2 1,0 0,1 28,7 100,0 601 Secondaire ou plus 8,9 85,3 0,0 94,1 1,4 0,8 3,6 100,0 220 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,7 35,0 0,3 36,0 0,3 0,3 63,5 100,0 1 338 Second 0,2 35,3 0,1 35,6 0,3 0,1 64,0 100,0 1 227 Moyen 0,4 36,4 0,2 37,0 0,2 0,1 62,6 100,0 1 245 Quatrième 0,1 42,6 0,5 43,2 1,0 0,3 55,5 100,0 1 318 Le plus riche 2,3 80,3 0,7 83,3 0,3 0,6 15,8 100,0 1 173 Ensemble 0,7 45,4 0,4 46,4 0,4 0,3 52,9 100,0 6 301 Note : Si plus d'un prestataire de soins prénatals a été déclaré, seul le prestataire le plus qualifié a été pris en compte dans ce tableau. Santé de la Mère | 127 Par rapport aux résultats des enquêtes précédentes, on constate une amélioration régulière de la proportion de femmes ayant effectué un suivi prénatal. En effet, entre l’EDSN-I de 1992, l’EDSN-II de 1998 et l’EDSN-MICS III de 2006, la proportion de femmes ayant effectué au moins une visite prénatale auprès de personnel formé est passée respectivement de 30 % à 40 % pour atteindre 46 % (graphique 8.1). Pour être efficaces, les soins prénatals doivent être effectués à un stade précoce de la grossesse et, surtout, ils doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu’à l’accouchement. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande, au moins, quatre visites prénatales, à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Le tableau 8.2 présente les données concernant le nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes et le stade de la grossesse à la première visite. Environ une mère sur sept (15 %) a effectué au moins les quatre visites recommandées. Pour un peu plus du quart des naissances (27 %), elles n’ont effectué que 2-3 visites prénatales et, dans seulement 6 % des cas, elles n’ont effectué qu’une seule visite. En ce qui concerne le stade de la grossesse auquel a eu lieu la première visite, on constate que, dans près de 14 % des cas, la première visite s’est déroulée à moins de quatre mois de grossesse. Dans 19 % des cas, la première visite prénatale a eu lieu entre 4 à 5 mois de grossesse et, dans 12 % des cas, elle a eu lieu relativement tard, entre 6 et 7 mois de grossesse. Enfin, on constate que dans 2 % des cas, des femmes ont attendu le dernier stade de la grossesse pour effectuer la première visite prénatale. Le nombre médian de mois de grossesse à la première visite s’établit à 4,9. Ce nombre est plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (5,1 mois contre 4,3), ce qui est dû au fait que les femmes du milieu rural se rendent plus tardivement en consultation prénatale que celles du milieu urbain. Graphique 8.1 Soins prénatals 40 96 87 90 30 35 66 85 46 93 84 88 39 42 70 94 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Alphab./Primaire Secondaire ou + 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDSN-II 1998 EDSN-MICS III 2006 Note : Soins prénatals auprès d’un médecin, d'une infirmière, d'une sage-femme, d'une matrone ou d'une accoucheuse formée 128 | Santé de la Mère Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse Répartition (en %) des femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, selon le nombre de visites prénatales pour la naissance la plus récente et selon le stade de la grossesse au moment de la première visite, par milieu de résidence, EDSN-MICS III Niger 2006 Milieu de résidence Visites prénatales Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble Nombre de visites prénatales Aucune 5,9 14,8 11,2 60,5 52,9 1 7,3 10,2 9,0 4,9 5,5 2-3 47,0 42,2 44,2 23,3 26,6 4+ 39,0 32,8 35,3 11,1 14,9 NSP/ND 0,8 0,1 0,4 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Mois de grossesse à la 1ère visite prénatale Aucun soin prénatal 5,9 14,8 11,2 60,5 52,9 <4 49,7 29,5 37,7 9,6 13,9 4-5 28,5 30,8 29,9 16,9 18,9 6-7 13,8 21,4 18,3 11,1 12,2 8+ 1,5 3,1 2,4 1,8 1,9 NSP/ND 0,6 0,4 0,5 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre médian de mois de grossesse à la 1ère visite 3,9 4,7 4,3 5,1 4,9 Effectif de femmes 396 578 975 5 326 6 301 8.1.1 Composants des soins prénatals L’efficacité des soins prénatals dépend non seulement du type d’examens effectués pendant les consultations, mais aussi des conseils qui sont prodigués aux femmes. Pour cette raison, l’EDSN-MICS III a collecté des données sur cet aspect important du suivi prénatal en demandant aux femmes si, au cours des visites prénatales, elles avaient été informées sur les signes révélateurs de complications de la grossesse, si certains examens médicaux (la prise du poids et de la taille, la vérification de la tension artérielle) avaient été effectués et si on avait procédé à des examens d’urine et de sang. En outre, on a cherché à savoir si elles avaient reçu des suppléments de fer et si elles avaient été protégées contre le paludisme par la prise d’antipaludéens. Ces résultats sont présentés au tableau 8.3 selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate, en premier lieu, que seulement 26 % des femmes ont été informées des signes de complications de la grossesse. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes sont assez faibles ; néanmoins, on constate que les femmes ont été plus fréquemment informées en milieu urbain (32 %) qu’en milieu rural (24 %). En outre, la proportion de femmes ayant été informées augmente avec le niveau de vie du ménage, variant d’un minimum de 28 % dans les ménages les plus pauvres à un maximum de 30 % dans les ménages les plus riches. De même, ces informations ont été plus fréquemment communiquées aux femmes instruites (30 % pour le niveau primaire et 37 % pour le niveau secondaire ou plus) qu’aux femmes n’ayant aucun niveau d’instruction (25 %). Santé de la Mère | 129 Tableau 8.3 Composants des visites prénatales Pourcentage de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui ont bénéficié de certains examens au cours des soins prénatals pour la naissance la plus récente, pourcentage de celles qui ont reçu des compléments de fer, sous forme de comprimés ou de sirop, et pourcentage de celles qui ont pris des médicaments antipaludéens, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN- MICS III Niger 2006 Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals Caractéristique Informée des signes de complication de grossesse Poids mesuré Taille mesurée Tension artérielle mesurée Urine prélevée Sang prélevé Effectif A reçu du fer en comprimés ou en sirop A reçu des anti- paludéens Effectif des femmes Âge à la naissance <20 27,3 97,4 92,3 86,5 39,6 36,8 503 42,8 46,4 1 079 20-34 26,2 95,8 90,3 87,2 37,4 36,1 1 940 45,9 47,9 4 123 35-49 25,0 96,7 89,3 87,3 38,4 36,1 511 45,5 46,7 1 099 Rang de naissance 1 27,1 98,5 92,4 88,9 43,0 41,4 501 49,5 54,8 893 2-3 29,6 95,4 89,7 85,9 41,9 40,3 817 46,5 48,3 1 672 4-5 25,1 95,5 90,6 87,0 33,8 32,8 697 45,2 46,6 1 522 6+ 23,5 96,2 90,1 87,2 34,8 32,5 939 42,8 44,4 2 214 Milieu de résidence Niamey 36,3 97,7 85,7 90,4 89,6 88,7 371 78,6 81,6 396 Autres Villes 28,3 99,2 92,2 91,8 74,0 68,7 487 69,9 78,8 578 Ensemble urbain 31,7 98,6 89,4 91,2 80,8 77,3 858 73,5 79,9 975 Rural 23,9 95,2 90,9 85,4 20,4 19,4 2 096 40,2 41,5 5 326 Région Niamey 36,3 97,7 85,7 90,4 89,6 88,7 371 78,6 81,6 396 Agadez 24,9 98,0 87,4 97,9 65,4 68,3 98 63,7 67,4 137 Diffa 10,7 91,6 85,0 81,8 38,3 30,4 75 43,8 53,4 146 Dosso 25,8 97,0 92,9 86,9 24,4 21,8 534 62,5 60,3 864 Maradi 11,0 97,0 91,2 84,8 42,2 39,1 466 34,5 36,6 1 372 Tahoua 49,6 96,8 95,3 89,9 27,5 27,9 607 42,8 47,0 1 293 Tillabéri 10,4 93,6 90,4 82,4 11,2 8,5 474 46,6 52,6 888 Zinder 20,4 95,2 84,2 86,5 44,9 43,3 329 34,2 33,1 1 205 Niveau d'instruction Aucune instruction 24,6 95,6 90,3 86,2 31,9 30,1 2 315 41,7 43,4 5 479 Primaire 29,6 97,4 90,3 89,1 49,2 47,5 428 64,4 69,2 601 Secondaire ou plus 37,2 100,0 92,5 93,2 81,3 80,5 211 83,1 90,1 220 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 27,7 95,5 89,0 83,5 19,5 17,5 485 36,5 38,3 1 338 Second 25,2 93,7 90,3 85,3 19,3 19,0 441 38,2 40,7 1 227 Moyen 21,5 94,3 92,3 84,5 17,6 17,8 464 37,9 39,5 1 245 Quatrième 22,3 96,8 92,9 88,0 27,5 24,9 582 42,9 44,5 1 318 Le plus riche 30,4 98,3 89,0 90,3 71,1 68,6 982 73,3 76,9 1 173 Ensemble 26,2 96,2 90,5 87,1 37,9 36,2 2 954 45,3 47,5 6 301 En ce qui concerne les différents examens effectués au cours de ces visites prénatales, on constate que la mesure du poids, de la taille et le contrôle de la tension artérielle sont, de loin, les examens les plus fréquemment effectués par les prestataires de santé (respectivement 96 %, 91 % et 87 %), suivis des prélèvements d’urine (38 %) et de sang (36 %). Les résultats selon les caractéristiques socio- démographiques montrent que, globalement, les femmes du milieu rural, celles n’ayant aucun niveau d’instruction et celles vivant dans les ménages les plus pauvres sont celles qui ont le moins fréquemment bénéficié de ces examens au cours des visites prénatales. 130 | Santé de la Mère En outre, moins d’une femme sur deux (45 %) a reçu des suppléments de fer, que ce soit sous forme de comprimés ou de sirop pendant sa grossesse et une proportion de 48 % a pris des antipaludéens. Ce sont les femmes qui ont le moins fréquemment bénéficié de soins prénatals qui ont aussi le moins fréquemment reçu les compléments nutritionnels sous forme de fer ainsi qu’une protection contre le paludisme par des antipaludéens. 8.1.2 Vaccination antitétanique Le tétanos néonatal est une cause importante de décès des nouveaux-nés dans la plupart des pays en développement. L’injection antitétanique faite à la mère pendant la grossesse permet, non seulement de la protéger, mais aussi de protéger l’enfant contre cette maladie. Pour une protection complète, une femme enceinte devrait recevoir deux doses de vaccin pendant la grossesse ; toutefois, si elle a déjà été vaccinée, par exemple lors d’une grossesse précédente, une seule dose est nécessaire. Les données du tableau 8.4 montrent que seulement 41 % des femmes ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête ont reçu une dose ou deux doses ou plus de vaccin antitétanique au cours de leur dernière grossesse. Dans 18 % des cas, les mères ont reçu une dose ; si elles avaient reçu précédemment une dose de vaccin, elles et leurs enfants sont protégés. Dans 23 % des cas, les mères ont reçu au moins deux doses et sont donc complètement protégées. Le niveau de la couverture vaccinale contre le tétanos néonatal s’est, lui aussi, amélioré : la proportion de femmes ayant reçu une dose ou au moins deux doses de vaccin antitétanique est passée de 23 % en 1992, à 34 % en 1998 et à 41 % en 2006 (graphique 8.2). Les résultats font apparaître des disparités en fonction des caractéristiques sociodémographiques de la mère. Ce sont les mères les plus jeunes qui ont la couverture vaccinale antitétanique la plus élevée: pour 26 % des naissances issues de femmes de moins de vingt ans, la mère a reçu au moins deux doses de vaccin pendant sa grossesse contre 20 % pour les naissances issues de mère âgée de 35-49 ans. De même, les naissances de rang 1 sont légèrement mieux protégées que les autres : 31 % contre 19 % pour les femmes qui ont 6 enfants ou plus. En outre, des différences importantes apparaissent selon le milieu de résidence, les femmes du milieu urbain ayant reçu beaucoup plus fréquemment que celles du milieu rural la vaccination antitétanique (34 % contre 21 %) ; les résultats selon la région mettent également en évidence des écarts : la couverture vaccinale variant d’un minimum de 15 % à Zinder à un maximum de 33 % à Niamey. De plus, le niveau d’instruction de la femme influence la couverture vaccinale puisque, parmi celles sans instruction, 21 % ont été complètement vaccinées contre 42 % de celles qui ont atteint le niveau secondaire ou plus. Enfin, on constate que ce sont les femmes vivant dans un ménage du quintile le plus riche qui sont les plus fréquemment vaccinées contre le tétanos néonatal (36 % contre 18 % pour celles du quintile le plus pauvre). Santé de la Mère | 131 Tableau 8.4 Vaccination antitétanique Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par nombre d'injections antitétanique reçues durant la grossesse pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Aucune Une injection Deux injections ou plus Ne sait pas/ND Total Effectif Âge à la naissance <20 56,3 17,2 26,2 0,3 100,0 1 079 20-34 58,2 18,6 22,9 0,4 100,0 4 123 35-49 60,1 18,9 20,4 0,7 100,0 1 099 Rang de naissance 1 47,7 20,7 31,3 0,3 100,0 893 2-3 56,5 17,7 25,3 0,4 100,0 1 672 4-5 58,4 20,2 21,0 0,3 100,0 1 522 6+ 63,5 16,8 19,3 0,5 100,0 2 214 Milieu de résidence Niamey 31,4 34,5 32,5 1,6 100,0 396 Autres Villes 34,6 29,7 34,9 0,8 100,0 578 Ensemble urbain 33,3 31,6 33,9 1,2 100,0 975 Rural 62,7 16,0 21,0 0,3 100,0 5 326 Région Niamey 31,4 34,5 32,5 1,6 100,0 396 Agadez 44,1 29,4 25,7 0,8 100,0 137 Diffa 53,8 16,8 29,2 0,2 100,0 146 Dosso 47,2 24,1 27,3 1,4 100,0 864 Maradi 67,6 10,2 22,1 0,1 100,0 1 372 Tahoua 55,1 21,2 23,6 0,1 100,0 1 293 Tillabéri 54,6 21,1 24,2 0,0 100,0 888 Zinder 72,2 12,3 15,3 0,2 100,0 1 205 Niveau d'instruction Aucune instruction 61,6 17,1 21,0 0,4 100,0 5 479 Primaire 38,5 26,1 34,8 0,6 100,0 601 Secondaire ou plus 26,5 30,7 41,8 1,0 100,0 220 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 65,0 16,6 18,1 0,3 100,0 1 338 Second 65,5 12,9 21,5 0,1 100,0 1 227 Moyen 64,7 15,9 19,1 0,3 100,0 1 245 Quatrième 60,3 17,3 21,9 0,4 100,0 1 318 Le plus riche 33,3 30,2 35,7 0,8 100,0 1 173 Ensemble 58,2 18,4 23,0 0,4 100,0 6 301 132 | Santé de la Mère 8.2 ACCOUCHEMENT 8.2.1 Lieu d’accouchement Le tableau 8.5 indique que parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, 82 % se sont déroulées à la maison et 17 % dans un établissement de santé, essentiellement un établissement du secteur public. En milieu rural, la proportion d’accouchements qui se déroulent à la maison atteint 92 %, dans les régions de Tillabéri et de Zinder, ces proportions sont respectivement de 89 % et 88 %. De même, parmi les femmes sans niveau d’instruction, 87 % ont accouché à domicile. C’est parmi les femmes n’ayant reçu aucun soins prénatals (97 %) et parmi celles des trois premiers quintiles (au moins 90 %) que l’accouchement à la maison est le plus fréquent. Mais il faut souligner que dans la capitale, un quart des femmes ont accouché à domicile (25 %). Pour plus des deux tiers des naissances du milieu urbain, les femmes ont accouché dans un établissement de santé du secteur public (67 %), et seulement 2 % dans un établissement privé. Il en est de même des naissances issues des femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (75 % dans un établissement public et 4 % dans un établissement privé) et des naissances issues des femmes vivant dans les ménages les plus riches (56 % dans le secteur public et 2 % dans le secteur privé). Par ailleurs, le lieu d’accouchement varie légèrement avec l’âge de la mère : plus celle-ci est jeune, plus elle a tendance à accoucher fréquemment à la maison (83 % pour les moins de 20 ans et 79 % pour les 35 ans ou plus). De même, le rang de naissance semble jouer un rôle important dans le choix du lieu d’accouchement. Dans 25 % des cas, les naissances de rang 1 ont eu lieu dans un établissement sanitaire contre 18 % de celles de rang 2-3 et 15 % pour le rang 6 ou plus. Par ailleurs, depuis la première enquête, on note une quasi-stabilité de la proportion de femmes qui ont accouché dans un établissement sanitaire (16 % en 1992, 19 % en 1998 et 17 % en 2006). Graphique 8.2 Soins prénatals et conditions d'accouchement, selon l'EDSN-II et l'EDSN-MICS III 40 34 18 44 46 41 17 33 Mère a bénéficié de soins prénatals Mère a reçu au moins 1dose de vaccin antitétanique Naissance a eu lieu dans établissement sanitaire Naissance a été assistée par personnel formé 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage EDSN-II 1998 EDSN-MICS-III 2006 Santé de la Mère | 133 Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par lieu d'accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Etablissement de santé Caractéristique Secteur public Secteur privé Maison Autre ND Total Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 16,2 0,4 83,0 0,1 0,3 100,0 1 849 20-34 16,3 0,5 82,5 0,1 0,7 100,0 6 653 35-49 19,9 0,5 78,7 0,1 0,9 100,0 1 453 Rang de naissance 1 24,7 1,0 73,9 0,0 0,4 100,0 1 544 2-3 17,3 0,5 81,5 0,1 0,6 100,0 2 766 4-5 13,6 0,3 85,3 0,0 0,7 100,0 2 413 6+ 15,0 0,2 84,0 0,1 0,7 100,0 3 232 Milieu de résidence Niamey 69,5 3,7 25,0 0,2 1,6 100,0 589 Autres Villes 65,4 1,6 31,7 0,1 1,2 100,0 916 Ensemble urbain 67,0 2,4 29,0 0,1 1,4 100,0 1 504 Rural 7,8 0,1 91,5 0,1 0,5 100,0 8 451 Région Niamey 69,5 3,7 25,0 0,2 1,6 100,0 589 Agadez 40,8 2,5 55,6 0,0 1,2 100,0 215 Diffa 12,6 0,0 86,6 0,0 0,8 100,0 237 Dosso 15,4 0,2 83,6 0,1 0,8 100,0 1 382 Maradi 13,4 0,1 85,8 0,0 0,7 100,0 2 215 Tahoua 13,3 0,4 85,7 0,0 0,6 100,0 2 005 Tillabéri 10,9 0,0 88,5 0,0 0,6 100,0 1 299 Zinder 11,4 0,2 88,0 0,2 0,3 100,0 2 012 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 12,5 0,2 86,6 0,1 0,6 100,0 8 710 Primaire 37,4 1,2 60,3 0,2 0,9 100,0 934 Secondaire 75,3 4,2 19,0 0,0 1,5 100,0 311 Soins prénatals1 Aucun 3,0 0,0 96,8 0,0 0,2 100,0 3 331 1-3 29,6 0,4 69,4 0,2 0,4 100,0 2 021 4+ 44,1 2,3 53,5 0,0 0,2 100,0 937 NSP/ND 17,1 0,0 61,3 0,0 21,6 100,0 12 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 4,8 0,1 94,8 0,1 0,3 100,0 2 144 Second 7,0 0,0 92,4 0,1 0,6 100,0 1 989 Moyen 8,0 0,1 91,1 0,0 0,8 100,0 1 903 Quatrième 12,7 0,0 86,5 0,1 0,7 100,0 2 101 Le plus riche 55,6 2,2 41,1 0,1 1,0 100,0 1 818 Ensemble 16,8 0,4 82,0 0,1 0,7 100,0 9 955 1 Pour les visites prénatales, les données concernent uniquement les naissances d’enfants derniers-nés de la période 0-59 mois ayant précédé l’enquête. 8.2.2 Assistance lors de l’accouchement L’analyse des données du tableau 8.6 montre que seulement 33 % des naissances se sont déroulées avec l’assistance de personnel formé, en majorité des sages-femmes, des infirmières ou des aides-soignantes. Par ailleurs, dans seulement 0,5 % des cas, les médecins ont assisté les accouchements. À l’opposé, on relève que, dans 49 % des cas, c’est une accoucheuse traditionnelle non formée qui a assisté l’accouchement. Il faut souligner que 17 % des femmes ont accouché sans aucune assistance et que dans 1 % des cas, il a fallu effectuer une césarienne (tableau 8.7). 134 | Santé de la Mère Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type d'assistance durant l'accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Médecin Infirmière/ sage femme Matrone/ accoucheuse traditionnelle formée Ensemble du personnel formé Accoucheuse traditionnelle non formée Autre/ ND Personne Total Effectif des naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 0,5 16,3 14,5 31,3 55,0 1,3 12,5 100,0 1 849 20-34 0,4 16,7 14,9 32,0 48,5 1,1 18,5 100,0 6 653 35-49 0,9 20,3 18,0 39,2 41,4 1,2 18,3 100,0 1 453 Rang de naissance 1 0,9 25,0 13,6 39,5 49,8 1,1 9,5 100,0 1 544 2-3 0,6 17,5 14,5 32,6 50,1 1,3 16,0 100,0 2 766 4-5 0,2 14,5 14,2 28,9 49,1 1,2 20,9 100,0 2 413 6+ 0,4 15,2 17,4 33,0 46,6 0,9 19,5 100,0 3 232 Milieu de résidence Niamey 4,1 69,3 7,4 80,8 8,9 2,0 8,3 100,0 589 Autres Villes 0,9 67,9 6,7 75,5 16,9 1,3 6,3 100,0 916 Ensemble urbain 2,1 68,4 7,0 77,6 13,8 1,5 7,1 100,0 1 504 Rural 0,2 8,1 16,7 24,9 54,9 1,0 19,2 100,0 8 451 Région Niamey 4,1 69,3 7,4 80,8 8,9 2,0 8,3 100,0 589 Agadez 0,4 43,7 12,6 56,6 31,7 1,8 9,9 100,0 215 Diffa 0,3 13,6 42,3 56,2 38,1 1,1 4,5 100,0 237 Dosso 0,4 15,6 12,2 28,2 29,3 1,0 41,4 100,0 1 382 Maradi 0,0 13,8 11,1 25,0 56,7 1,6 16,8 100,0 2 215 Tahoua 0,2 14,0 21,4 35,7 54,7 0,9 8,8 100,0 2 005 Tillabéri 0,1 11,1 18,4 29,6 53,7 0,6 16,2 100,0 1 299 Zinder 0,4 11,4 13,1 24,9 58,6 0,9 15,6 100,0 2 012 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 0,3 12,8 15,4 28,5 52,1 1,1 18,3 100,0 8 710 Primaire 0,4 39,0 15,9 55,4 30,5 0,9 13,2 100,0 934 Secondaire 5,7 74,8 8,6 89,1 6,8 1,7 2,5 100,0 311 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,1 4,9 16,3 21,3 61,2 1,5 15,9 100,0 2 144 Second 0,3 7,6 17,1 25,0 56,6 1,0 17,4 100,0 1 989 Moyen 0,2 8,0 14,7 22,9 57,6 1,0 18,4 100,0 1 903 Quatrième 0,1 12,7 15,2 28,0 47,4 0,8 23,7 100,0 2 101 Le plus riche 1,8 57,0 12,5 71,3 17,2 1,1 10,4 100,0 1 818 Ensemble 0,5 17,2 15,2 32,9 48,7 1,1 17,3 100,0 9 955 Note: Si l'enquêtée a déclaré que plus d'une personne avait assisté l'accouchement, seule la personne la plus qualifiée a été prise en compte dans ce tableau. L’examen des données par caractéristiques sociodémographiques de la mère (tableau 8.6) met en évidence le même type de variations que celles observées à propos des soins prénatals et du lieu d’accouchement. Les naissances qui ont été les plus fréquemment assistées par du personnel formé sont celles issues des mères âgées de 35 ans et plus (39 %), celles de rang 1 (40 %) et celles issues des mères résidant en milieu urbain (78 %). Il faut également signaler que la proportion de naissances assistées par du personnel formé augmente avec le niveau d’instruction de la mère, allant d’un minimum de 29 % pour les femmes sans niveau d’instruction à 55 % pour celles ayant un niveau primaire et à un maximum de Santé de la Mère | 135 89 % pour les plus instruites. Les résultats selon les régions font apparaître des écarts : ce sont les femmes de Dosso (41 %), de Maradi (17 %), de Tillabéri (16 %) et de Zinder (16 %) qui ont le plus fréquemment accouché sans l’assistance de personnel formé. Rappelons que c’est également dans ces régions que la proportion de femmes ayant effectué un suivi prénatal est la plus faible (respectivement 27 % et 34 %). Le statut socio-économique du ménage influence la qualité de l’assistance à l’accouchement. Dans les ménages du quintile le plus pauvre, 21 % seulement des femmes ont accouché avec l’assistance de personnel formé ; dans les ménages du quintile le plus riche, cette proportion atteint 71 % dont 2 % avec l’aide d’un médecin. En comparant les résultats de l’EDSN-MICS III à ceux des EDSN de 1992 et 1998, on constate qu’au niveau national, les proportions de femmes dont l’accouchement a été assisté par du personnel médical sont passées de 15 % à 18 % (tableau 8.6). Toutefois, en considérant la proportion de femmes dont l’accouchement a été assisté par du personnel formé, on observe une baisse de 1998 à 2006, puisque celle-ci passe de 44 % à 33 % entre les deux enquêtes (graphique 8.3). Dans 1 % des cas, les naissances se sont déroulées par césarienne. Le recours à cette intervention, bien que très faible, est plus fréquent en milieu urbain (4,6 %) qu’en milieu rural (0,3 %). Comme on pouvait s’y attendre, la nécessité d’une césarienne est plus fréquente pour les naissances de premier rang (1,7 %) que pour les naissances de rang élevé. En dehors de Niamey (8,1 %), Tillaberi (1,1 %) et Dosso (1 %), peu de naissances ont eu lieu par césarienne dans les autres régions (moins de 1 %). Le recours à la césarienne est plus fréquent parmi les femmes les plus instruites (11,2 % pour celles qui ont atteint le niveau secondaire ou plus) et parmi celles du quintile le plus riche (4 %) (tableau 8.7). Graphique 8.3 Assistance à l' accouchement 44 83 76 78 38 41 61 86 33 81 76 78 25 29 55 89 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Alphab./Primaire Secondaire ou + 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDSN-II 1998 EDSN-MICS III 2006 Note : Assistance par un médecin, une infirmière, une sage-femme, une matrone ou une accoucheuse formée 136 | Santé de la Mère Tableau 8.7 Accouchement par césarienne Pourcentage de naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête pour lesquelles on a dû effectuer une césarienne, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III, Niger 2006 Caractéristique Accouchement par césarienne Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 0,8 1 849 20-34 1,0 6 653 35-49 1,0 1 453 Rang de naissance 1 1,7 1 544 2-3 1,1 2 766 4-5 0,8 2 413 6+ 0,7 3 232 Milieu de résidence Niamey 8,1 589 Autres Villes 2,3 916 Ensemble urbain 4,6 1 504 Rural 0,3 8 451 Région Niamey 8,1 589 Agadez 0,4 215 Diffa 0,5 237 Dosso 1,0 1 382 Maradi 0,1 2 215 Tahoua 0,1 2 005 Tillabéri 1,1 1 299 Zinder 0,7 2 012 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 0,6 8 710 Primaire 1,3 934 Secondaire 11,2 311 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,1 2 144 Second 0,6 1 989 Moyen 0,4 1 903 Quatrième 0,3 2 101 Le plus riche 3,9 1 818 Ensemble 1,0 9 955 8.3 SOINS POSTNATALS Une proportion importante de décès maternels et de décès de nouveaux-nés qui surviennent dans la période néonatale se produisent dans les 48 heures qui suivent l’accouchement. C’est pour cette raison que le programme de maternité sans risque a mis un accent particulier sur l’importance des examens postnatals, en recommandant que toutes les femmes effectuent une visite postnatale dans les deux jours qui suivent l’accouchement. Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes dont la dernière naissance s’était déroulée en dehors d’un établissement sanitaire si, après l’accouchement, elles avaient effectué un examen postnatal et, combien de temps après l’accouchement, cet examen avait eu lieu. Santé de la Mère | 137 Le tableau 8.8 présente la distribution des femmes n’ayant pas accouché dans un établissement sanitaire selon qu’elles ont eu ou non des soins postnatals. Environ une femme sur cinq (17 %) ont accouché dans un établissement sanitaire et l’on suppose qu’à la suite de l’accouchement, leur état de santé et celui de l’enfant ont fait l’objet d’un examen avant qu’elle ne quitte l’établissement. Parmi les femmes qui n’ont pas accouché dans un établissement sanitaire, huit sur dix n’ont bénéficié d’aucun suivi postnatal (81 %). Seulement 12 % de ces femmes sont allées en consultation relativement tôt, c’est-à-dire dans les deux jours qui ont suivi l’accouchement. Tableau 8.8 Soins postnatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui s'est déroulée en dehors d'un établissement sanitaire, en fonction du moment où les soins post-natals ont été effectués pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Temps écoulé avant le premier examen postnatal Caractéristique 0-2 jours après accouche- ment 3-6 jours après accouche- ment 7-41 jours après accouche- ment NSP/ND Aucune visite postnatale Total1 Effectif Âge à la naissance <20 10,5 1,2 3,8 0,2 84,2 100,0 881 20-34 12,7 0,7 6,3 0,1 80,1 100,0 3 386 35-49 12,6 0,4 5,6 0,0 81,3 100,0 893 Rang de naissance 1 11,5 1,1 4,4 0,3 82,6 100,0 645 2-3 13,9 0,8 6,9 0,1 78,3 100,0 1 336 4-5 11,4 1,1 6,5 0,2 80,8 100,0 1 299 6+ 12,1 0,3 5,0 0,1 82,6 100,0 1 880 Milieu de résidence Niamey 15,2 1,6 9,8 0,5 72,9 100,0 98 Autres Villes 20,9 0,0 5,9 0,0 73,3 100,0 183 Ensemble urbain 18,9 0,5 7,3 0,2 73,1 100,0 281 Rural 11,9 0,7 5,7 0,1 81,5 100,0 4 880 Région Niamey 15,2 1,6 9,8 0,5 72,9 100,0 98 Agadez 11,0 1,7 12,8 0,0 74,5 100,0 74 Diffa 9,2 0,7 10,5 0,6 79,0 100,0 127 Dosso 4,2 0,1 5,5 0,0 90,2 100,0 720 Maradi 3,8 0,5 3,0 0,1 92,5 100,0 1 194 Tahoua 26,9 0,8 9,7 0,1 62,5 100,0 1 097 Tillabéri 2,2 0,5 8,7 0,4 88,2 100,0 790 Zinder 20,0 1,3 1,5 0,0 77,2 100,0 1 061 Niveau d'instruction Aucune instruction 11,9 0,7 5,4 0,1 81,9 100,0 4 758 Primaire 16,9 0,9 10,8 0,2 71,1 100,0 362 Secondaire ou plus 19,2 0,0 6,6 0,0 74,3 100,0 41 Ensemble 12,3 0,7 5,8 0,1 81,0 100,0 5 161 1 Y compris les femmes ayant reçu les premiers soins postnatals après 41 jours. 138 | Santé de la Mère Les pourcentages de naissances qui n’ont pas eu lieu dans un établissement sanitaire et pour lesquelles la mère n’a pas reçu de soins postnatals varient très peu en fonction de l’âge de la mère, passant de 84 % à moins de 20 ans à 81 % à 35-49 ans. Ces proportions sont par contre très différentes selon le milieu et la région de résidence : elles sont plus élevées en milieu rural (82 %) qu’en milieu urbain (73 %). C’est dans la région de Maradi (93 %) que l’on observe la proportion la plus élevée de naissances qui n’ont pas eu lieu dans un établissement sanitaire et pour lesquelles la mère n’a pas reçu de soins postnatals ; à Niamey, cette proportion est de 73 %. De même, on constate que le niveau d’instruction de la mère influence le suivi postnatal puisque plus de huit mères sans instruction sur dix (82 %) n’en ont pas bénéficié contre 71 % parmi celles qui ont un niveau primaire et 74 % parmi celles qui ont un niveau secondaire ou plus. 8.4 ACCÈS AUX SOINS DE SANTÉ L’accès de la population aux soins de santé est l’un des axes prioritaires du plan de développement sanitaire du Niger. Ainsi, au cours de l’enquête, on a cherché à connaître les types de problèmes auxquels ont été confrontées les femmes quand elles ont eu besoin de soins de santé. Les résultats sont présentés au tableau 8.9. On constate que dans 65 % des cas, les femmes ont déclaré que le manque d’argent nécessaire pour le traitement était le principal obstacle. L’importance de ce problème augmente sensiblement avec la parité. De plus, les femmes en rupture d’union (72 %) ont signalé plus fréquemment ce problème que celles en union (66 %) et que les célibataires (54 %). Le manque d’argent a davantage affecté les femmes du milieu rural (69 %) que celles du milieu urbain (47 %). De même, les femmes de la région de Tahoua (76 %) ont été plus fréquemment confrontées à ce problème que celles de Niamey (47 %). En outre, ce problème a plus souvent concerné les femmes sans instruction (69 %) que celles de niveau secondaire ou plus (32 %). Par ailleurs, les femmes ont également cité dans 51 % des cas la distance à parcourir pour atteindre le service de santé et dans 51 % des cas, l’obligation de prendre un moyen de transport pour s’y rendre. Ces problèmes sont beaucoup plus fréquents dans le milieu rural que dans le milieu urbain et ils sont d’autant plus fréquents que le niveau d’instruction est faible ou que la femme vit dans un ménage pauvre. Ceci confirme le fait que les femmes sans instruction et celles du milieu rural sont aussi celles qui vivent dans les endroits les plus isolés, donc les moins bien équipés en biens et services. Globalement, huit femmes sur dix environ (78 %) ont déclaré s’être heurtées à, au moins, un des problèmes évoqués ; ce sont les femmes du milieu rural (82 %), celles sans instruction (81 %), celles vivant dans les ménages les plus pauvres (87 %) et celles exerçant un travail non payé (83 %) qui ont le plus fréquemment rencontré un de ces problèmes pour accéder aux soins de santé. Santé de la Mère | 139 Tableau 8.9 Problèmes d'accès aux soins de santé Pourcentage de femmes qui ont déclaré avoir des problèmes pour accéder aux soins de santé quand elles sont malades par type de problème, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Problèmes pour l'accès aux soins Caractéristique Savoir où aller Avoir la permission d'y aller Avoir l'argent pour le traite- ment Distance au service de santé Avoir à prendre un moyen de transport Ne pas vouloir aller seule Crainte que le prestataire ne soit pas une femme N'importe lequel des problèmes mentionnés Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 19,2 9,3 57,6 46,6 46,3 33,7 20,4 75,1 1 718 20-29 16,1 9,3 64,5 51,9 50,8 24,9 16,0 78,2 3 442 30-39 17,1 8,1 68,3 53,6 53,3 24,0 16,4 78,5 2 521 40-49 15,3 7,9 68,2 50,1 50,3 21,8 14,7 78,6 1 542 Nombre d'enfants vivants 0 19,6 9,3 56,1 42,9 43,4 32,6 20,1 73,5 1 804 1-2 15,2 8,1 63,9 52,6 51,5 24,9 15,5 77,2 2 622 3-4 16,5 9,1 68,8 53,8 52,3 24,6 15,8 80,8 2 343 5+ 16,8 8,7 68,8 52,9 53,1 22,9 16,2 78,5 2 453 État matrimonial Célibataire 19,5 11,0 53,8 33,8 35,7 32,0 18,9 70,8 916 En union 16,7 8,6 65,8 53,8 52,8 25,4 16,6 78,5 7 941 Divorcée, séparée, veuve 14,0 5,8 72,2 35,3 38,8 19,0 13,6 78,8 366 Milieu de résidence Niamey 19,3 11,9 47,3 24,7 31,9 23,7 16,7 66,3 822 Autres Villes 11,6 6,7 46,7 23,4 26,5 14,2 12,3 59,1 995 Ensemble urbain 15,1 9,0 47,0 24,0 28,9 18,5 14,3 62,3 1 817 Rural 17,2 8,7 69,3 57,7 55,9 27,6 17,3 81,5 7 406 Région Niamey 19,3 11,9 47,3 24,7 31,9 23,7 16,7 66,3 822 Agadez 20,3 16,2 49,3 33,8 38,9 23,1 20,5 61,4 248 Diffa 14,7 11,8 60,3 48,2 48,2 37,6 17,9 72,4 221 Dosso 15,6 5,9 52,6 40,9 42,1 19,3 11,9 68,6 1 303 Maradi 18,7 19,1 66,3 55,0 52,5 27,4 18,6 76,0 1 752 Tahoua 6,0 2,0 76,4 57,7 55,6 28,3 8,5 84,4 1 859 Tillabéri 19,8 7,0 67,0 60,3 55,6 27,5 18,5 81,9 1 329 Zinder 23,9 6,0 70,0 55,9 56,8 24,8 25,2 84,8 1 688 Niveau d'instruction Aucune instruction 17,7 9,1 68,6 55,3 54,6 27,2 17,5 80,8 7 700 Primaire 12,2 6,9 54,3 34,7 35,0 19,5 13,8 69,4 963 Secondaire ou plus 12,8 6,7 32,4 20,6 22,4 16,5 9,9 50,9 560 Situation par rapport à l'emploi Ne travaille pas 20,3 9,3 67,2 51,9 51,7 26,7 17,5 77,7 4 904 Travail payé 12,6 7,3 62,5 46,2 46,7 22,7 14,1 75,3 2 816 Travail non payé 13,5 9,5 61,8 57,6 54,2 28,5 19,1 82,5 1 495 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 17,4 8,5 75,8 63,5 62,0 29,9 18,0 86,9 1 755 Second 19,4 8,8 71,6 62,4 59,1 32,0 20,0 83,6 1 780 Moyen 17,8 9,5 68,8 58,3 57,4 26,2 17,4 82,3 1 756 Quatrième 16,2 8,2 66,3 50,7 49,9 25,8 16,6 79,3 1 906 Le plus riche 13,7 8,9 44,8 24,5 27,9 16,3 12,1 59,4 2 026 Ensemble 16,8 8,8 64,9 51,1 50,6 25,8 16,7 77,7 9 223 Note : Y compris 7 cas pour lesquels la situation par rapport à l’emploi est non déterminée. 140 | Santé de la Mère 8.5 CONNAISSANCE DE LA FISTULE La fistule obstétricale est une lésion du périnée qui, selon les Nations Unies, touche plus de 2 millions de femmes dans le monde, en particulier dans les pays où la disponibilité et l’utilisation des services de santé maternelle et reproductive restent limités. Causée par un accouchement prolongé, une grossesse précoce, la fistule obstétricale a, entre autres, pour conséquence l’incontinence urinaire chronique. À la douleur physique, s’ajoute l’humiliation et les conséquences sociales tragiques. Les femmes sont rejetées par la société et abandonnée par leur mari. Les moyens pour prévenir ce problème existent : le report de l’âge au mariage, l’élargissement de l’accès aux services de planification familiale, aux soins prénatals et aux soins obstétricaux d’urgence comptent parmi les plus importants et s’inscrivent dans une stratégie plus large de maternité á moindre risque. Lors de l’EDSN-MICS III 2006, des questions ont été posées aux femmes âgées de 15 à 49 ans sur leur connaissance de la fistule obstétricale, plus précisément sur les causes, les signes et les moyens de prévention. En outre, on a cherché à évaluer la proportion de femmes affectées par ce problème ou qui en avaient déjà souffert. La fin de ce chapitre est consacrée à la présentation de ces résultats. Le tableau 8.10 présente tout d’abord le pourcentage de femmes qui ont entendu parler de cette maladie. On constate que parmi les femmes de 15-49 ans, seulement 38 % ont déclaré avoir entendu parler de cette maladie. Cette connaissance varie selon les caractéristiques sociodémographiques et socioéconomiques de la femme. La proportion des femmes qui connaissent la fistule augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 24 % chez les femmes de 15-19 ans à un maximum de 52 % chez celles de 45-49 ans. Selon l’état matrimonial, on constate que ce sont les femmes en rupture d’union (49 %) qui ont déclaré le plus fréquemment connaître la fistule (49 % contre 37 % parmi les célibataires et celles en union). En outre, on note que la proportion des femmes qui connaissent la fistule est plus élevée en milieu urbain (64 %) qu’en milieu rural (31 %) et à Niamey (66 %) que dans les Autres Villes (63 %). On note aussi des disparités entre régions, allant d’un minimum de 24 % à Maradi à un maximum de 66 % à Niamey. La proportion de femmes qui connaissent la fistule augmente avec le niveau d’instruction des femmes : plus de sept femmes sur dix (73 %) parmi les femmes ayant un niveau secondaire ou plus contre une femme sur deux (49 %) parmi celles qui ont un niveau primaire et une femme sur trois parmi celles qui n’ont aucune instruction (33 %). Cette proportion augmente aussi selon le nombre d’enfants nés vivants : de 30 % chez les femmes qui n’ont pas d’enfant ou qui en ont un, elle passe à 44 % chez celles qui en ont au moins six. Les résultats montrent enfin que la proportion de femmes qui connaissent la fistule augmente selon l’indice du bien-être économique : d’un minimum de 27 % parmi les femmes qui vivent dans les ménages les plus pauvres, elle atteint un maximum de 58 % chez les femmes qui vivent dans les ménages les plus riches. Santé de la Mère | 141 Tableau 8.10 Connaissance et prévalence de la fistule obstétricale Pourcentage des femmes qui ont entendu parler de la fistule, pourcentage des femmes qui ont déjà eu une fistule et, parmi les femmes qui ont entendu parler de la fistule, pourcentage de celles qui peuvent en identifier les causes et les signes, selon les caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Parmi les femmes qui ont entendu parler de la fistule: Caractéristique Pourcentage qui ont entendu parler de la fistule Pourcentage qui ont déjà eu une fistule Effectif de 15-49 ans Pourcentage qui en connaissent les causes Pourcentage qui en connaissent les signes Pourcentage qui savent que la maladie peut être guérie Effectif de femmes qui connaissent la fistule Groupe d’âges 15-19 24,2 0,1 1 718 74,0 84,8 58,6 416 20-24 33,6 0,2 1 651 80,3 86,7 60,6 555 25-29 38,1 0,5 1 792 85,5 87,6 61,3 683 30-34 40,7 0,2 1 354 85,8 89,6 62,3 551 35-39 44,1 0,3 1 167 84,0 90,8 62,5 514 40-44 48,4 0,0 883 87,4 91,3 63,9 428 45-49 51,7 0,2 658 83,4 89,6 62,9 340 Nombre d'enfants nés vivants 0-1 30,0 0,1 2 667 78,5 85,2 59,1 799 2-3 38,0 0,5 1 909 83,5 87,6 62,1 726 3-5 39,8 0,3 1 741 85,5 91,1 59,2 693 6 ou plus 43,7 0,2 2 906 84,6 89,8 64,5 1 269 État matrimonial Célibataire 36,6 0,3 916 76,3 83,1 64,2 335 En union 37,4 0,3 7 941 83,5 88,9 61,1 2 972 En rupture d'union 49,1 0,0 366 89,7 93,3 67,6 180 Milieu de résidence Niamey 66,3 0,4 822 85,8 84,1 66,1 545 Autres Villes 62,9 0,2 995 86,9 91,5 63,2 626 Ensemble urbain 64,4 0,3 1 817 86,4 88,0 64,5 1 171 Rural 31,3 0,2 7 406 81,5 88,8 60,2 2 315 Région Niamey 66,3 0,4 822 85,8 84,1 66,1 545 Agadez 39,8 0,0 248 75,5 80,2 52,5 99 Diffa 33,2 0,0 221 97,1 95,4 67,9 74 Dosso 34,6 0,2 1 303 70,8 83,7 53,8 451 Maradi 23,8 0,4 1 752 88,1 90,0 50,4 418 Tahoua 32,2 0,1 1 859 81,3 82,5 67,8 598 Tillabéri 32,4 0,2 1 329 80,1 89,7 39,8 430 Zinder 51,7 0,3 1 688 87,9 97,1 75,6 872 Niveau d'instruction Aucune instruction 33,2 0,3 7 393 81,9 89,1 60,2 2 458 Primaire/alphabét. 49,0 0,2 1 270 83,1 85,2 64,0 622 Secondaire ou plus 72,6 0,1 560 90,8 90,6 67,0 407 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 27,0 0,2 1 755 78,8 85,7 62,6 474 Second 32,3 0,3 1 780 81,0 87,5 61,3 575 Moyen 33,1 0,4 1 756 80,0 89,7 59,2 582 Quatrième 35,9 0,1 1 906 83,5 90,2 57,8 685 Le plus riche 57,8 0,2 2 026 87,3 88,8 65,0 1 171 Ensemble 37,8 0,2 9 223 83,1 88,6 61,7 3 487 Par ailleurs, parmi les femmes qui connaissent la fistule, on a calculé les proportions de celles qui en connaissent les causes, les signes et la possibilité de guérir la maladie. Au niveau national, on constate que ces proportions sont très élevées : en effet, 83 % des femmes ont déclaré connaître les causes de ce problème ; 89 % en connaissent les signes et une proportion plus faible (62 %) savent que la maladie peut-être guérie. Ces trois proportions varient selon l’état matrimonial des femmes : en effet, elles sont plus élevées chez les femmes en rupture d’union (au moins 90 % en connaissent les causes et les signes et 142 | Santé de la Mère plus des deux tiers savent que c’est guérissable). En fonction du milieu de résidence, il semble que les femmes des Autres Villes connaissent un peu plus fréquemment que les autres les causes et les signes (respectivement, 87 % et 92 %). En outre, on note des probabilités très élevées de femmes qui connaissent dans la région de Diffa (97 % en connaissent les causes et 95 % en connaissent les signes). C’est aussi dans cette région avec celle de Tahoua, que l’on note les proportions les plus élevées de femmes qui savent qu’il existe des solutions à ce problème (68 % dans les deux cas). Les résultats montrent aussi que les femmes les plus instruites ont une meilleure connaissance de la maladie que les autres. Enfin, on constate que ce niveau de connaissance augmente avec le nombre d’enfants passant par exemple pour les signes d’un minimum de 85 % parmi celles sans enfant ou n’en ayant qu’un à au moins 90 % parmi celles en ayant 3 ou plus. Les résultats selon le quintile de bien-être font apparaître des variations, peu importantes. Le tableau 8.10 présente également la proportion de femmes qui souffrent de ce problème ou qui en ont souffert. À la lecture de ces résultats, on constate que la fistule n’est pas une maladie très répandue au Niger puisque sur les 9 223 femmes âgées de 15 à 49 ans qui ont été interrogées, seulement 0,2 %, soit environ 20 femmes, ont déclaré qu’elles ont ou qu’elles avaient déjà eu une fistule. La faiblesse de l’effectif ne permet pas d’interpréter les variations selon les caractéristiques sociodémographiques. Précisons que dans le cas où un nombre important de femmes souffrant de fistule était hospitalisé au moment de l’enquête, la « prévalence » pourrait être très légèrement sous estimée puisque les hôpitaux ne sont pas enquêtés. 8.6 CONNAISSANCE DES MOYENS DE PRÉVENTION On a demandé aux femmes qui avaient déclaré connaître la fistule si elles connaissaient certains moyens de prévention de la maladie lorsque la femme n’était pas enceinte. Des questions ont été également posées sur la connaissance des moyens de prévention au cours de la grossesse. Le tableau 8.11 présente ces résultats au niveau national et selon certaines caractéristiques sociodémographiques et socioéconomiques de la femme. On constate, au niveau national, que la quasi-totalité des femmes nigériennes connaissent les moyens de prévention de la fistule, que ce soit ou non en cas de grossesse (93 % en dehors de la grossesse et 94 % au cours de la grossesse). Dans 89 % des cas, les femmes ont déclaré qu’il fallait éviter les mariages précoces, 87 % ont déclaré qu’il fallait encourager la scolarisation ; pour 86 % d’entre elles, il faut éviter les grossesses précoces. Dans seulement 79 % des cas, les femmes ont cité les grossesses trop approchées. En ce qui concerne les moyens d’éviter cette maladie au cours de la grossesse, environ neuf femmes sur dix ont déclaré qu’il fallait faire des visites prénatales et accoucher dans un établissement de santé (91 % dans les deux cas). Pour 85 % des femmes, il faut effectuer des soins postnatals. La participation à des séances de planification familiale constitue un moyen de prévention pour 85 % des femmes. Dans des proportions plus faibles, les femmes ont déclaré qu’il fallait éviter les travaux pénibles (73 %) et les médicaments traditionnels (65 %). Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont peu importantes. Tout au plus peut-on souligner que parmi les plus jeunes de 15-19 ans (89 %) et parmi celles des régions d’Agadez et de Dosso (respectivement, 87 % et 88 %), les proportions de celles qui connaissent un moyen de prévention sont légèrement plus faibles que la moyenne nationale. N om br e d' en fa nt s né s v iv an ts 0- 1 87 ,4 85 ,7 83 ,0 74 ,9 76 ,9 91 ,4 89 ,8 90 ,6 83 ,4 82 ,1 70 ,5 62 ,7 93 ,4 79 9 2- 3 88 ,4 86 ,3 84 ,0 77 ,9 77 ,3 92 ,2 90 ,0 90 ,7 83 ,8 84 ,5 72 ,1 64 ,9 93 ,1 72 6 3- 5 88 ,5 87 ,7 87 ,2 81 ,5 81 ,0 92 ,3 90 ,9 90 ,3 84 ,5 86 ,4 73 ,8 66 ,4 93 ,4 69 3 6 ou p lu s 90 ,1 87 ,9 87 ,7 77 ,7 79 ,2 94 ,2 93 ,1 92 ,8 87 ,7 85 ,5 73 ,2 65 ,5 95 ,1 1 26 9 T ab le au 8 .1 1 M oy en s de p ré ve nt io n de la fi st ul e ob st ét ric al e Po ur ce nt ag e de s fe m m es q ui c on na iss en t di ffé re nt s m oy en s d' év ite r la f ist ul e et p ou rc en ta ge d e ce lle s qu i sa ve nt c om m en t pr év en ir la m al ad ie a u co ur s de l a gr os se ss e, s el on l es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E D SN -M IC S III , N ig er 2 00 6 Po ur ce nt ag e de fe m m es q ui c on na iss en t d iff ér en ts m oy en s d' év ite r la fi st ul e au c ou rs d e la g ro ss es se Po ur ce nt ag e de fe m m es q ui c on na iss en t d iff ér en ts m oy en s d' év ite r l a fis tu le o bs té tri ca le C ar ac té ris tiq ue Év ite r m ar ia ge pr éc oc e En co ur ag er sc ol ar isa tio n Év ite r gr os se ss e pr éc oc e Év ite r gr os se ss es no m br eu se s Év ite r gr os se ss es ra pp ro ch ée s C on na iss en t au m oi ns u n m oy en d' év ite r l a fis tu le Al le r e n co ns ul ta tio ns pr én at al es Ac co uc he r da ns u n ét ab lis se m en t de s an té Al le r e n co ns ul ta tio ns po st na ta le s Pa rti ci pe r au x sé an ce s de pl an ifi ca tio n fa m ili al e Év ite r l es co rv ée s, tra va ux du rs Év ite r l es m éd ic am en ts tra di tio nn el s C on na iss en t au m oi ns u n m oy en d' év ite r l a fis tu le a u co ur s d' un e gr os se ss e Ef fe ct if de fe m m es qu i co nn ai s- se nt la fis tu le G ro up e d’ âg es 15 -1 9 84 ,4 82 ,8 79 ,8 72 ,3 73 ,3 88 ,8 87 ,0 88 ,8 80 ,2 79 ,4 66 ,3 59 ,7 91 ,3 41 6 20 -2 4 86 ,9 86 ,0 83 ,9 77 ,4 77 ,1 90 ,8 89 ,4 89 ,7 83 ,9 82 ,9 73 ,2 64 ,4 91 ,9 55 5 25 -2 9 89 ,3 87 ,0 87 ,8 81 ,6 81 ,2 93 ,2 92 ,2 91 ,3 84 ,1 86 ,4 72 ,8 65 ,3 94 ,9 68 3 30 -3 4 88 ,1 87 ,8 84 ,8 76 ,5 77 ,2 92 ,7 91 ,0 91 ,8 87 ,4 85 ,4 73 ,5 66 ,9 93 ,9 55 1 35 -3 9 90 ,0 91 ,2 88 ,5 79 ,8 80 ,8 94 ,2 93 ,6 93 ,5 87 ,1 85 ,0 72 ,4 64 ,0 95 ,3 51 4 40 -4 4 91 ,9 86 ,8 89 ,4 77 ,2 79 ,2 94 ,2 92 ,1 92 ,3 86 ,9 85 ,6 72 ,6 62 ,7 94 ,5 42 8 45 -4 9 91 ,7 86 ,3 84 ,9 78 ,2 80 ,6 95 ,8 93 ,4 92 ,3 87 ,8 87 ,9 76 ,8 72 ,4 95 ,7 34 0 Ét at m at ri m on ia l C él ib at ai re 91 ,4 90 ,4 87 ,4 76 ,1 77 ,6 94 ,3 89 ,2 91 ,1 84 ,0 84 ,4 74 ,2 66 ,2 94 ,4 33 5 En u ni on 88 ,5 86 ,5 85 ,5 77 ,9 78 ,6 92 ,5 91 ,5 91 ,3 85 ,4 84 ,5 72 ,2 64 ,7 93 ,8 2 97 2 En ru pt ur e d' un io n 89 ,8 89 ,2 87 ,5 80 ,7 81 ,0 94 ,8 91 ,2 92 ,6 85 ,5 88 ,2 74 ,7 66 ,8 94 ,6 18 0 M ili eu d e ré si de nc e N ia m ey 91 ,2 88 ,0 85 ,2 70 ,8 73 ,1 96 ,3 91 ,5 91 ,8 83 ,5 81 ,9 67 ,3 56 ,5 96 ,2 54 5 Au tr es V ill es 90 ,8 90 ,1 89 ,4 82 ,4 82 ,2 94 ,3 93 ,1 93 ,5 87 ,5 86 ,2 77 ,5 68 ,9 95 ,4 62 6 En se m bl e ur ba in 91 ,0 89 ,1 87 ,5 77 ,0 78 ,0 95 ,2 92 ,3 92 ,7 85 ,6 84 ,2 72 ,8 63 ,1 95 ,8 1 17 1 Ru ra l 87 ,7 85 ,9 84 ,9 78 ,3 78 ,9 91 ,5 90 ,7 90 ,7 85 ,1 85 ,0 72 ,4 65 ,8 93 ,0 2 31 5 R ég io n N ia m ey 91 ,2 88 ,0 85 ,2 70 ,8 73 ,1 96 ,3 91 ,5 91 ,8 83 ,5 81 ,9 67 ,3 56 ,5 96 ,2 54 5 Ag ad ez 81 ,5 78 ,5 81 ,8 77 ,9 81 ,0 86 ,5 85 ,5 85 ,2 82 ,9 81 ,7 85 ,9 74 ,4 88 ,6 99 D iff a 92 ,3 83 ,2 91 ,4 86 ,1 84 ,5 96 ,6 89 ,0 90 ,2 58 ,1 78 ,8 63 ,3 48 ,1 97 ,9 74 D os so 82 ,8 80 ,1 78 ,7 68 ,3 67 ,8 87 ,5 83 ,5 84 ,4 76 ,6 82 ,0 64 ,2 60 ,6 88 ,3 45 1 M ar ad i 94 ,1 93 ,6 91 ,0 88 ,2 85 ,5 97 ,3 97 ,5 96 ,9 94 ,8 91 ,8 76 ,6 71 ,2 97 ,7 41 8 Ta ho ua 89 ,6 88 ,4 88 ,2 87 ,2 88 ,1 91 ,4 91 ,1 91 ,1 87 ,8 88 ,9 86 ,3 82 ,4 92 ,2 59 8 Ti lla bé ri 91 ,4 94 ,6 87 ,4 83 ,1 83 ,0 97 ,9 96 ,1 95 ,8 92 ,7 93 ,0 82 ,2 77 ,7 97 ,9 43 0 Zi nd er 86 ,6 83 ,4 84 ,8 72 ,6 74 ,9 89 ,9 90 ,7 90 ,8 83 ,4 78 ,3 63 ,1 51 ,5 93 ,0 87 2 N iv ea u d' in st ru ct io n Au cu ne in st ru ct io n 87 ,2 84 ,7 84 ,1 76 ,6 77 ,5 91 ,4 90 ,4 90 ,3 83 ,8 83 ,6 71 ,6 63 ,9 93 ,0 2 45 8 Pr im ai re /a lp ha bé t. 90 ,3 90 ,2 88 ,2 81 ,3 81 ,1 94 ,0 92 ,6 92 ,9 89 ,4 86 ,8 73 ,4 65 ,9 95 ,1 62 2 Se co nd ai re o u pl us 96 ,4 96 ,1 91 ,9 80 ,2 81 ,6 98 ,7 94 ,6 95 ,7 87 ,8 88 ,3 76 ,8 69 ,8 97 ,9 40 7 Q ui nt ile s de b ie n- êt re é co no m iq ue Le p lu s pa uv re 85 ,8 85 ,0 84 ,6 77 ,1 76 ,7 90 ,0 88 ,0 86 ,4 83 ,4 83 ,1 74 ,2 68 ,1 90 ,7 47 4 Se co nd 86 ,8 85 ,5 84 ,8 79 ,4 81 ,3 92 ,5 91 ,5 91 ,4 87 ,2 83 ,7 70 ,4 61 ,6 93 ,6 57 5 M oy en 89 ,7 87 ,1 86 ,5 78 ,4 79 ,0 93 ,2 92 ,7 92 ,8 85 ,5 86 ,6 73 ,2 67 ,1 94 ,6 58 2 Q ua tr iè m e 87 ,5 84 ,5 82 ,8 75 ,7 75 ,7 89 ,6 89 ,5 90 ,0 82 ,5 83 ,5 71 ,2 64 ,2 92 ,4 68 5 Le p lu s ric he 91 ,4 90 ,0 88 ,1 78 ,5 79 ,5 95 ,6 92 ,8 93 ,4 86 ,6 85 ,6 73 ,3 64 ,6 95 ,9 1 17 1 E ns em bl e 88 ,8 87 ,0 85 ,8 77 ,9 78 ,6 92 ,8 91 ,3 91 ,4 85 ,3 84 ,7 72 ,5 64 ,9 93 ,9 3 48 7 Santé de la Reproduction | 143 Santé de l’Enfant | 145 SANTÉ DE L’ENFANT 9 Soumana HAROUNA et Ibrahim CHAIBOU Au cours de la troisième enquête démographique et de santé et à indicateurs multiples, on a enregistré, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, les informations pouvant permettre une évaluation de la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois. Les données permettent en outre d’évaluer la prévalence des principales maladies des enfants (IRA, fièvre et diarrhée) ainsi que la proportion d’enfants malades qui ont reçu un traitement. Ce chapitre est consacré à la présentation de ces résultats. 9.1 CARACTÉRISTIQUES DE L’ACCOUCHEMENT Le tableau 9.1 présente la répartition des enfants dont on connaît le poids à la naissance en fonction de leur poids à la naissance. Globalement, on connaît le poids à la naissance des enfants dans 21 % des cas. Cependant, en milieu rural (11 %), parmi ceux dont la mère n’a aucune instruction (16 %), ceux des ménages du quintile le plus pauvre (8 %), cette proportion est beaucoup plus faible. De même, à l’exception des régions de Niamey où 81 % des enfants ont été pesés et de la région d’Agadez où l’on dispose du poids à la naissance pour 47 % des enfants, dans les autres régions, plus de (75 %) des enfants n’ont pas été pesés. C’est la région de Tillabéri qui détient la proportion la plus élevée d’enfants qui n’ont pas été pesés (90 %). Parmi les enfants dont on connaît le poids à la naissance, 80 % pesaient au moins 2,5 kg ; par contre, environ un enfant sur cinq pesait moins de 2,5 kg (21 %). C’est dans la région de Tahoua que cette proportion d’enfants de faible poids est la plus élevée (43 %). On note que parmi ceux du milieu rural, cette proportion est beaucoup plus élevée qu’en milieu urbain (32 % contre 12 %). De même, l’âge de la mère à la naissance influe sur le poids de l’enfant puisque parmi ceux dont la mère avait moins de 20 ans à la naissance, 27 % étaient de faible poids contre (20 %) quand celle-ci avait entre 20 et 34 ans. Les résultats selon le niveau d’instruction de la mère mettent également en évidence des disparités importantes : les enfants dont la mère n’a aucune instruction sont proportionnellement deux fois plus nombreux à présenter un faible poids à la naissance que ceux dont la mère a un niveau au moins secondaire (24 % contre 12 %). On constate également des écarts très importants entre les quintiles de bien-être économique : la proportion d’enfants de faible poids à la naissance étant pratiquement deux fois et demi plus élevée dans le quintile moyen que dans le plus riche (35 % contre 13 %). Dans le quintile le plus pauvre, 25 % des enfants sont de faible poids contre 13 % dans le plus riche. Par ailleurs, à la question très subjective : « Quand votre enfant est né, était-il très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne ou très petit ? », les mères ont répondu dans 75 % des cas que l’enfant était moyen ou plus gros que la moyenne. Dans 17 % des cas, elles ont déclaré qu’il était plus petit que la moyenne et, enfin dans 7 % des cas, qu’il était très petit. Ce sont les femmes des régions de Zinder (11 %), d’Agadez (11 %) et de Tahoua (10 %) ainsi que celles du quintile le plus pauvre (10 %) qui ont déclaré le plus fréquemment que leur enfant était très petit à la naissance. 146 | Santé de l’Enfant Tableau 9.1 Caractéristiques des naissances Pourcentage de naissances des cinq dernières années non pesées à la naissance et, pour les enfants dont on connaît le poids à la naissance, répartition (en %) du poids de l'enfant à la naissance, et répartition (en %) des naissances des cinq dernières années selon la grosseur à la naissance estimée par la mère, en fonction de certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III, Niger 2006 Grosseur de l'enfant à la naissance Poids à la naissance (parmi les naissances dont on connaît le poids) Caractéristique Pour- centage de naissances non pesées Effectif de naissances Moins de 2,5 kg 2,5 kg ou plus Total Effectif de naissances dont on connaît le poids à la naissance Très petit Plus petit que la moyenne Moyen ou plus gros que la moyenne NSP/ ND Total Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 ans 79,8 1 849 26,5 73,5 100,0 300 8,1 16,7 74,1 1,0 100,0 1 849 20-34 ans 79,2 6 653 19,5 80,5 100,0 1 190 6,6 17,1 75,0 1,2 100,0 6 653 35-49 ans 76,5 1 453 18,2 81,8 100,0 274 6,7 13,9 78,0 1,4 100,0 1 453 Rang de naissance 1 71,6 1 544 26,3 73,7 100,0 369 8,0 17,3 73,4 1,4 100,0 1 544 2-3 77,4 2 766 16,4 83,6 100,0 539 6,3 15,4 77,2 1,1 100,0 2 766 4-5 81,2 2 413 20,3 79,7 100,0 391 7,4 18,0 73,7 0,9 100,0 2 413 6+ 82,0 3 232 20,7 79,3 100,0 464 6,5 16,2 75,7 1,5 100,0 3 232 Milieu de résidence Niamey 18,8 589 13,7 86,3 100,0 434 5,7 13,3 77,3 3,7 100,0 589 Autres Villes 27,9 916 10,8 89,2 100,0 600 3,7 14,1 79,7 2,5 100,0 916 Ensemble urbain 24,3 1 504 12,0 88,0 100,0 1 034 4,5 13,8 78,8 3,0 100,0 1 504 Rural 88,6 8 451 32,4 67,6 100,0 729 7,3 17,1 74,7 0,9 100,0 8 451 Région Niamey 18,8 589 13,7 86,3 100,0 434 5,7 13,3 77,3 3,7 100,0 589 Agadez 53,3 215 9,5 90,5 100,0 84 11,2 16,1 69,6 3,1 100,0 215 Diffa 87,0 237 18,8 81,2 100,0 26 3,9 19,0 76,2 0,9 100,0 237 Dosso 84,2 1 382 13,7 86,3 100,0 164 2,9 14,0 81,8 1,3 100,0 1 382 Maradi 85,1 2 215 9,2 90,8 100,0 245 1,7 12,3 85,1 0,9 100,0 2 215 Tahoua 75,1 2 005 42,9 57,1 100,0 432 10,4 18,4 70,5 0,6 100,0 2 005 Tillabéri 90,1 1 299 7,5 92,5 100,0 114 8,0 17,7 73,5 0,8 100,0 1 299 Zinder 84,4 2 012 18,8 81,2 100,0 263 11,4 21,3 65,8 1,6 100,0 2 012 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 83,8 8 710 23,7 76,3 100,0 1 139 7,0 17,1 74,7 1,2 100,0 8 710 Primaire 54,5 934 16,3 83,7 100,0 371 7,1 13,9 77,8 1,3 100,0 934 Secondaire 14,9 311 11,8 88,2 100,0 253 2,4 11,2 84,2 2,2 100,0 311 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 92,3 2 144 25,4 74,6 100,0 114 10,0 17,4 71,6 1,0 100,0 2 144 Second 88,2 1 989 33,2 66,8 100,0 182 7,1 17,8 74,0 1,1 100,0 1 989 Moyen 88,6 1 903 34,9 65,1 100,0 158 8,7 17,6 72,8 0,8 100,0 1 903 Quatrième 84,0 2 101 29,0 71,0 100,0 275 4,7 18,1 75,9 1,3 100,0 2 101 Le plus riche 36,9 1 818 13,2 86,8 100,0 1 035 3,6 11,5 82,9 2,0 100,0 1 818 Ensemble 78,9 9 955 20,5 79,5 100,0 1 763 6,9 16,6 75,3 1,2 100,0 9 955 Santé de l’Enfant | 147 9.2 VACCINATION DES ENFANTS Conformément aux recommandations de l’OMS, un enfant est complètement vacciné lorsqu’il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), le vaccin contre la rougeole, trois doses de vaccin contre la polio et trois doses de DTCoq (diphtérie, tétanos et coqueluche). À ceux-ci s’ajoute le vaccin contre la fièvre jaune, en dose unique. D’après le calendrier vaccinal, tous ces vaccins doivent être administrés avant l’âge d’un an. Les données sur la vaccination ont été collectées à partir de deux sources : le carnet de vaccination de l’enfant et les déclarations de la mère quand ce dernier n’était pas disponible ou n’existait pas. Le tableau 9.2 présente les résultats sur la couverture vaccinale selon les différentes sources d’information pour les enfants de 12-23 mois, c’est-à-dire ceux qui, d’après les recommandations de l’OMS, devraient être correctement et complètement vaccinés. Tableau 9.2 Vaccinations selon les sources d'information Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins, quel que soit l'âge à la vaccination, et pourcentage de ceux qui ont été vaccinés avant l'âge de 12 mois, selon que l'information provienne d'un carnet de vaccination ou des déclarations de la mère, EDSN-MICS III, Niger 2006 DTCoq Polio1Source d’information BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Tous2 les vaccins sans la fièvre janune Aucune vaccina- tion Fièvre janune Tous les vaccins avec la fièvre janune Effectif d’enfants Vacciné à n'importe quel âge avant l'enquête Carnet de vaccination 41,3 40,9 36,7 32,4 26,1 41,9 38,5 32,6 32,4 25,3 0,0 27,1 20,7 762 Déclaration de la mère 22,4 17,4 12,0 6,8 6,2 37,7 32,4 22,0 14,6 3,7 16,2 9,8 3,3 1 020 Les deux sources 63,6 58,4 48,7 39,3 32,2 79,6 70,9 54,6 47,0 29,0 16,2 36,9 24,0 1 782 Vacciné avant l'âge de 12 mois3 60,6 56,2 45,0 34,7 31,4 76,0 64,9 48,7 38,3 23,4 19,4 29,9 19,4 1 782 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non compris la dose de polio 0 donnée à la naissance). 3 Pour les enfants dont l'information est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que la proportion de vaccinations reçues durant la première année est la même que celle observée pour les enfants ayant un carnet de vaccination. L’analyse de ces données montre que 29 % des enfants de 12-23 mois avaient été complètement vaccinés d’après les deux sources d’information. Quand on y ajoute la fièvre jaune, ce pourcentage est de 24 %. Selon les deux sources, on constate que 64 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG (donné en principe à la naissance) au moment de l’enquête et 61 % avaient reçu cette vaccination avant l’âge de 12 mois. Près de six enfants sur dix (58 %) ont reçu la première dose de DTCoq, mais cette couverture vaccinale diminue avec le nombre de doses. En effet, de 58 % pour la première dose, la proportion passe à 49 % pour la deuxième dose et à seulement 39 % pour la troisième dose. Ainsi le taux de déperdition1 pour ce vaccin entre la première et la deuxième dose est de 17 % et il est de 33 % entre la première et la troisième dose. 1 Le taux de déperdition pour le DTCoq, par exemple, est la proportion d’enfants qui, ayant reçu la première dose du vaccin, ne reçoivent pas la troisième. 148 | Santé de l’Enfant En ce qui concerne le vaccin de la polio, on constate aussi des variations selon la dose : 80 % ont reçu la première dose de polio mais cette proportion diminue ensuite avec les doses et seulement la moitié des enfants de 12-23 mois ont reçu les trois doses de polio (55 %). Le taux de déperdition entre la première et la troisième dose de polio est donc de 31 %. En outre, moins d’un enfant sur deux (47 %) a été vacciné contre la rougeole. Les résultats montrent aussi que 37 % des enfants ont reçu la vaccination contre la fièvre jaune. Parmi les enfants qui ont reçu tous les vaccins, 23 % ont été vaccinés selon le calendrier recommandé, c’est-à-dire avant l’âge de 12 mois. À l’inverse, 19 % de l’ensemble des enfants de 12-23 mois n’ont reçu aucun des vaccins du PEV avant l’âge de 12 mois. Un moyen d’évaluer les changements intervenus dans la couverture vaccinale consiste à comparer les résultats de l’enquête actuelle à ceux des deux enquêtes précédentes (graphique 9.1 et graphique 9.2). On constate que c’est principalement au cours des dernières années que la couverture vaccinale a enregistré une amélioration : la proportion d’enfants complètement vaccinés contre les maladies cible du PEV, qui était de 17 % en 1992, et de 18 % en 1998 a augmenté pour atteindre 29 % en 2006. En revanche, la proportion d’enfants n’ayant reçu aucune vaccination continue de chuter de façon importante, passant de 59 % en 1992 à 40 % en 1998 pour atteindre 16 % en 2006. Il faut cependant souligner qu’à Niamey, la couverture vaccinale s’est détériorée, la proportion d’enfants complètement vaccinés étant passée de 71 % en 1998 à 41 % en 2006 (tableau 9.3). Graphique 9.1 Couverture vaccinale par type de vaccin (enfants de 12-23 mois) EDSN-II et EDSN-MICS III 47 45 35 25 23 52 39 24 35 18 40 64 58 49 39 32 80 71 55 47 29 16 BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Toutes du PEV Aucune 0 20 40 60 80 Pourcentage EDSN-II 1998 EDSN-MICS III 2006 DTCoq Polio Note : Informations selon la carte de vaccination ou les déclarations de la mère Santé de l’Enfant | 149 Le tableau 9.3 et le graphique 9.3 présentent également la couverture vaccinale des enfants de 12- 23 mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère et de l’enfant. On ne constate pas d’écart important selon le sexe de l’enfant et selon le rang de naissance. Par contre, la couverture vaccinale présente des variations importantes selon le milieu et les régions de résidence : on constate qu’elle est plus élevée en milieu urbain (48 %) qu’en milieu rural (25 %). C’est dans la région d’Agadez que la couverture vaccinale est la plus élevée (53 %) et, à l’opposé, c’est à Zinder (17 %) qu’elle est la plus faible. En outre, la proportion d’enfants complètement vaccinés augmente avec le niveau d’instruction de la mère : elle varie de 26 % parmi les enfants dont la mère n’a aucune instruction à 54 % parmi ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Il en est de même pour le niveau de vie des ménages : le taux de couverture vaccinale augmente avec le niveau économique du ménage de l’enfant allant de 20 % chez les ménages les plus pauvres à 48 % chez les plus riches. Graphique 9.2 Proportion d'enfants de 12-23 mois complètement vaccinés EDSN-II et EDSN-MICS III 18 71 47 54 11 15 33 59 29 41 54 48 25 26 48 54 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 0 20 40 60 80 Pourcentage EDSN-II 1998 EDSN-MICS III 2006 Note : Informations selon la carte de vaccination ou les déclarations de la mère 150 | Santé de l’Enfant Tableau 9.3 Vaccinations selon les caractéristiques sociodémographiques Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins (selon le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère) et pourcentage pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l'enquêtrice, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III, Niger 2006 DTCoq Polio1 Caractéristique BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Tous2 les vaccins sans la fièvre Jaune Aucune vaccina- tion Fièvre Jaune Tous les vaccins avec la fièvre Jaune Pour- centage avec carnet de vaccina- tion montré Effectif d'enfants Sexe Masculin 65,0 58,8 48,6 38,2 32,1 79,0 69,5 53,0 46,6 27,8 16,4 37,9 23,7 43,5 896 Féminin 62,3 58,0 48,8 40,3 32,3 80,2 72,4 56,2 47,4 30,3 16,0 35,7 24,4 42,0 886 Rang de naissance 1 71,8 64,0 53,4 43,2 43,8 82,8 73,8 56,9 46,7 31,4 12,1 38,5 26,4 47,2 275 2-3 66,6 59,3 49,4 41,6 30,7 78,2 68,9 52,6 48,3 30,2 17,3 38,5 24,6 43,0 478 4-5 58,4 54,5 46,3 37,2 30,6 77,8 69,0 52,7 46,5 27,4 18,6 36,8 23,0 39,6 440 6+ 61,3 57,9 47,7 37,0 29,2 80,6 72,7 56,5 46,5 28,2 15,5 34,8 23,2 42,9 589 Milieu de résidence Niamey 94,0 88,9 69,8 55,0 80,8 90,3 80,3 64,1 77,6 40,9 2,7 66,0 35,5 75,2 117 Autres Villes 85,6 83,2 73,6 67,0 71,3 88,6 82,6 68,8 68,4 53,5 8,8 57,8 46,0 74,2 178 Ensemble urbain 88,9 85,5 72,1 62,2 75,0 89,3 81,7 66,9 72,1 48,4 6,4 61,1 41,8 74,6 295 Rural 58,6 53,0 44,0 34,7 23,7 77,7 68,8 52,1 42,0 25,1 18,2 32,0 20,5 36,5 1 487 Région Niamey 94,0 88,9 69,8 55,0 80,8 90,3 80,3 64,1 77,6 40,9 2,7 66,0 35,5 75,2 117 Agadez 82,3 75,5 70,3 61,5 55,7 86,4 77,8 61,9 68,5 52,5 9,5 59,4 49,9 63,4 39 Diffa 73,4 64,1 51,2 39,6 42,1 80,6 73,3 49,4 55,2 28,6 14,0 38,5 23,9 43,9 41 Dosso 70,8 68,3 55,8 47,4 36,0 85,5 77,2 63,4 58,3 34,7 12,9 44,3 27,2 55,0 224 Maradi 59,3 53,0 40,4 31,3 22,4 80,8 68,2 53,5 40,6 24,5 15,0 34,2 20,8 33,8 393 Tahoua 71,3 63,6 56,9 47,3 27,5 90,1 84,8 59,8 49,8 30,2 8,1 36,2 23,0 43,4 384 Tillabéri 65,4 63,7 54,4 45,6 36,5 86,5 78,0 65,5 53,5 37,4 9,0 46,1 34,8 53,3 240 Zinder 40,5 35,4 30,4 21,6 22,8 53,3 45,4 33,1 25,5 16,5 39,6 16,5 12,5 23,4 344 Niveau d'instruction Aucune instruction 59,9 55,2 45,1 35,1 27,5 78,1 68,6 51,7 42,9 25,5 17,5 32,8 20,6 39,0 1 530 Primaire 85,0 73,9 68,6 63,5 51,9 89,2 85,5 70,2 66,0 48,4 8,5 57,4 44,3 63,6 176 Secondaire ou plus 89,5 87,0 73,8 66,2 80,5 86,6 85,0 75,3 84,4 54,4 8,2 69,7 45,9 69,5 77 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 50,6 45,9 38,3 30,5 23,5 75,7 65,7 48,1 32,2 20,1 20,7 25,0 16,1 31,9 364 Second 60,8 57,8 48,4 35,9 28,1 74,5 65,2 49,6 44,1 24,7 20,6 34,6 21,5 42,0 309 Moyen 56,3 50,1 40,7 30,1 20,0 78,0 69,9 53,1 42,2 24,1 18,0 30,4 19,6 31,6 389 Quatrième 63,3 55,2 46,0 38,9 23,5 79,5 70,1 54,9 44,6 28,7 15,8 36,0 23,5 40,0 379 Le plus riche 88,7 85,2 72,2 62,6 68,9 90,2 83,7 67,3 73,6 48,4 5,9 59,9 40,5 70,8 341 Ensemble 63,6 58,4 48,7 39,3 32,2 79,6 70,9 54,6 47,0 29,0 16,2 36,9 24,0 42,8 1 782 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non compris la dose de polio 0 donnée à la naissance). Santé de l’Enfant | 151 9.3 MALADIES DES ENFANTS 9.3.1 Infections respiratoires et fièvre Les infections respiratoires aiguës (IRA), et particulièrement la pneumonie, constituent l’une des premières causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. Pour évaluer la prévalence de ces infections parmi les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête et, si oui, on demandait alors si la toux avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide. Par ailleurs, la fièvre peut être un symptôme important de nombreuses maladies. C’est pourquoi au cours de l’EDSN-MICS III, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu de la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l’interview. En outre, pour les enfants ayant présenté ces symptômes d’IRA et ayant eu de la fièvre, on a cherché à connaître le pourcentage de ceux qui avaient été conduits en consultation et l’endroit où cette consultation avait eu lieu ainsi que les traitements éventuels qui avaient été donnés. Parmi les enfants de moins de cinq ans, on constate qu’environ un sur sept (14 %) a souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide. C’est chez les enfants de 6-11 mois (21 %) que ces infections respiratoires sont les plus fréquentes. On ne note pas d’écart entre les sexes (14 % dans les deux cas) ni entre les milieux de résidence (14 % en milieu rural contre 13 % en milieu urbain) et les niveaux d’instruction (graphique 9.4). Du point de vue régional, on note que c’est dans les régions de Tahoua (21 %), Dosso (18 %) et Tillaberi (16 %) que la prévalence des IRA est la plus élevée. En outre, plus d’un quart des enfants (27 %) ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. Cette prévalence est particulièrement élevée parmi les enfants de 6-11 mois (37 %), parmi ceux de la région de Tahoua (37 %) et, dans une moindre mesure, parmi ceux du quintile le plus pauvre (29 %). Graphique 9.3 Pourcentage d'enfants 12-23 mois avec tous les vaccins du PEV et sans vaccination Note : Informations selon la carte de vaccination ou les déclarations de la mère EDSN-MICS III 2006 29 41 54 48 25 26 48 54 16 3 9 6 18 18 9 8 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 010203040506070 0 10 20 30 40 50 60 70 Tous vaccins du PEV Aucune vaccination Pourcentage 152 | Santé de l’Enfant Tableau 9.4 Prévalence et traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA) et de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont souffert de la toux avec une respiration courte et rapide (symptômes d'IRA), pourcentage de ceux qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines qui ont précédé l'enquête et pourcentage de ceux ayant eu des symptômes d'IRA et/ou de la fièvre pour lesquels on a recherché un traitement auprès d'un établissement sanitaire ou d'un prestataire de santé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III, Niger 2006 Enfants qui ont souffert d’IRA ou de la fièvre : Caractéristique Pourcentage d'enfants avec des symptômes d'IRA Pourcentage d'enfants avec de la fièvre Effectif d'enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché un traitement Effectif Âge en mois <6 15,5 21,8 1 045 37,0 277 6-11 21,4 37,2 950 42,3 408 12-23 16,6 36,6 1 782 49,5 716 24-35 13,7 26,7 1 704 51,5 515 36-47 10,9 22,4 1 791 46,0 464 48-59 7,9 17,4 1 455 51,7 291 Sexe Masculin 13,6 26,5 4 460 47,5 1 352 Féminin 14,1 27,2 4 268 46,8 1 317 Milieu de résidence Niamey 15,8 27,7 540 64,6 182 Autres Villes 10,3 20,7 843 69,2 209 Ensemble urbain 12,5 23,4 1 383 67,1 391 Rural 14,1 27,5 7 344 43,7 2 279 Région Niamey 15,8 27,7 540 64,6 182 Agadez 11,2 25,2 200 53,1 57 Diffa 10,4 28,3 223 46,1 72 Dosso 17,5 25,2 1 207 54,2 420 Maradi 5,4 17,1 1 931 40,5 362 Tahoua 21,3 37,4 1 760 50,5 702 Tillabéri 16,3 24,5 1 161 39,3 330 Zinder 11,5 29,5 1 706 40,1 544 Niveau d'instruction Aucune instruction 13,9 27,4 7 608 45,2 2 355 Primaire 13,1 23,1 827 54,8 230 Secondaire ou plus 13,0 23,6 292 81,2 85 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 14,7 29,0 1 879 38,3 605 Second 14,1 27,3 1 739 40,4 548 Moyen 13,7 27,7 1 658 43,3 519 Quatrième 14,7 27,3 1 797 49,5 556 Le plus riche 11,8 22,5 1 655 69,1 442 Ensemble 13,8 26,8 8 727 47,1 2 670 IRA = Infection Respiratoire Aiguë Santé de l’Enfant | 153 Pour seulement 47 % des enfants ayant présenté des symptômes d’infections respiratoires aiguës, ou ayant eu de la fièvre, on a recherché un conseil ou un traitement. Les enfants de 12-23 mois et de 24-35 mois sont ceux qui ont été le plus fréquemment traités quand ils étaient malades (respectivement 50 % et 52 %). Il n’y a pas d’écart entre les sexes. (48 % contre 47 %). La fréquentation des établissements sanitaires est beaucoup plus importante en milieu urbain (67 %) qu’en milieu rural (44 %), cela du fait d’une plus grande disponibilité des infrastructures sanitaires et d’une plus grande accessibilité en ville qu’en milieu rural. Du point de vue régional, on remarque que les enfants de Niamey sont ceux qui ont été les plus fréquemment conduits dans des établissements sanitaires (65 %). On constate, par ailleurs, que ce sont les enfants des femmes les plus instruites qui sont les plus fréquemment menés en consultation : 81 % des enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus contre 55 % de ceux dont la mère a un niveau primaire et seulement 45 % de ceux dont la mère n’a aucune instruction. En outre, les enfants des ménages les plus riches ont plus fréquemment reçu un traitement quand ils étaient malades que ceux des autres ménages (69 % contre 43 % pour le quintile moyen et 38 % pour le quintile le plus pauvre). Traitement de la fièvre Le tableau 9.5 présente le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, par type de médicaments antipaludéens utilisés pour le traitement et selon le milieu de résidence. Il ressort de ces résultats que la majorité des enfants (41 %) n’ont reçu aucun médicament antipaludéen. Seulement 29 % ont été soignés à l’aide de la chloroquine, 4 % avec de la quinine et dans moins d’un pour cent des cas, les enfants ont été soignés avec du fansidar ou de l’Amodiaquine (0,5 % dans les deux cas). Un tiers des enfants n’ont reçu aucun remède. Le recours à la chloroquine est plus fréquent en milieu urbain (38 %) qu’en milieu rural où seulement 27 % des enfants ont pris cet antipaludéen. Graphique 9.4 Prévalence des infections respiratoires aiguës (IRA) et de la fièvre chez les enfants de moins de cinq ans EDSN-MICS III 2006 14 16 10 13 14 14 13 13 27 28 21 23 28 27 23 24 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Alphab./Primaire Secondaire ou + 0 10 20 30 40 Pourcentage IRA Fièvre 154 | Santé de l’Enfant Tableau 9.5 Médicaments donnés pour traiter la fièvre Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête par résidence, selon le type de médicaments donnés, EDSN-MICS III, Niger 2006 Milieu de résidence Type de médicament Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble Antipaludéen Fansidar 2,6 1,5 2,0 0,2 0,5 Chloroquine 41,7 35,5 38,3 27,2 28,8 Amodiaquine 2,5 0,7 1,5 0,3 0,5 Quinine 8,2 4,1 6,0 3,6 3,9 Aucun médicament antipaludéen 68,1 59,1 63,3 36,8 40,5 NSP/ND 5,3 1,2 3,1 3,6 3,5 Aucun remède 5,4 15,6 10,9 36,6 33,1 Effectif d'enfants 149 174 324 2 019 2 343 9.3.2 Diarrhée De par leurs conséquences, notamment la déshydratation et la malnutrition, les maladies diarrhéiques constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement. L’OMS recommande, pour lutter contre les effets de la déshydratation, la généralisation du traitement de réhydratation par voie orale (TRO), en conseillant l’utilisation soit d’une solution préparée à partir du contenu de sachets de sels de réhydratation par voie orale (SRO), soit d’une solution préparée à la maison avec de l’eau, du sucre et du sel. Au cours de l’EDSN-MICS III, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques chez les enfants de moins de cinq ans. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, les mères ont été interrogées pour savoir si elles connaissaient le SRO et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles avaient utilisé, cela et/ou une solution d’eau sucrée et salée. De l’examen des données du tableau 9.6, il ressort qu’un enfant de moins de cinq ans sur cinq (21 %) a souffert de la diarrhée pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête. La prévalence de la diarrhée est particulièrement importante chez les jeunes enfants de 6-11 mois (34 %) et de 12-23 mois (31 %). Ces âges de forte prévalence sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et à être sevrés. Ils correspondent aussi aux âges auxquels les enfants commencent à explorer leur environnement, ce qui les expose davantage à la contamination par des agents pathogènes. On constate des variations selon certaines caractéristiques sociodémographiques. La proportion de garçons ayant eu la diarrhée est très proche de celle des filles (20 % contre 21 %). Du point de vue du milieu de résidence, on constate que la prévalence varie de 18 % en milieu urbain à 22 % en milieu rural. En ce qui concerne les régions, les résultats montrent que c’est celles de Dosso (25 %) et de Tahoua (23 %) qui présentent les plus forts taux de prévalence de la diarrhée, tout comme pour les IRA, alors que Maradi (17 %), Tillabéri (18 %) et Agadez (19 %) enregistrent les taux les plus faibles. Santé de l’Enfant | 155 Tableau 9.6 Prévalence de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III, Niger 2006 Caractéristique Diarrhée au cours des deux semaines avant l'enquête Effectif d'enfants Âge des enfants en mois <6 18,4 1 045 6-11 34,0 950 12-23 30,8 1 782 24-35 21,2 1 704 36-47 13,9 1 791 48-59 9,8 1 455 Sexe Masculin 20,4 4 460 Féminin 21,3 4 268 Milieu de résidence Niamey 21,1 540 Autres villes 15,2 843 Ensemble urbain 17,5 1 383 Rural 21,5 7 344 Région Niamey 21,1 540 Agadez 18,7 200 Diffa 22,7 223 Dosso 25,1 1 207 Maradi 16,5 1 931 Tahoua 23,0 1 760 Tillabéri 18,1 1 161 Zinder 22,3 1 706 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 21,4 7 608 Primaire 18,2 827 Secondaire 13,2 292 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 22,0 1 879 Second 22,7 1 739 Moyen 22,7 1 658 Quatrième 19,3 1 797 Le plus riche 17,5 1 655 Ensemble 20,8 8 727 En ce qui concerne le niveau d’instruction des femmes, on s’attend généralement à ce que la prévalence de la diarrhée chez les enfants diminue avec le niveau d’instruction de la mère dans la mesure où les mères instruites connaissent mieux les pratiques optimales en matière de santé et d’hygiène. On constate effectivement que c’est parmi les enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction que la prévalence de la diarrhée est la plus élevée (21 %), suivi de ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire (18 %) et enfin 13 % parmi ceux dont la mère a atteint le niveau secondaire ou plus. Cette prévalence est également influencée par le niveau économique du ménage dans lequel vit la mère : en effet, elle varie de 22 % à 23 % parmi les enfants dont la mère vit dans un ménage des trois premiers quintiles à 19 % et 18 % parmi ceux dont la mère vit dans un ménage des deux quintiles les plus riches. 156 | Santé de l’Enfant Connaissance des sachets de SRO Parmi les femmes ayant eu des enfants dans les cinq années ayant précédé l’enquête, 78 % ont déclaré connaître le sel de réhydratation par voie orale ou SRO (tableau 9.7). Le niveau de connaissance des sachets de SRO est élevé quelle que soit la caractéristique socio- démographique des mères. Cependant, il faut souligner que cette connaissance est relativement plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain (76 % contre 90 %). En outre, on constate que c’est dans les régions de Niamey et d’Agadez (85 % dans les deux cas) que la connaissance du SRO est la plus répandue. Par contre, dans celle de Zinder, cette proportion n’est que 65 %. Par ailleurs, les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus en ont une meilleure connaissance que les autres : 92 % contre 89 % des femmes de niveau primaire et 76 % de celles sans instruction. Selon l’indice de bien-être des ménages, on constate que la connaissance du SRO par les femmes passe de 73 % dans les ménages les plus pauvres à 90 % dans les plus riches. Traitement de la diarrhée Le tableau 9.8 montre que parmi les enfants ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, seulement 17 % ont été traités au cours de leur maladie. Parmi ceux de moins de 6 mois, cette proportion est de seulement 10 %. Elle est, par contre, de 20 % parmi ceux de 6-11 mois qui sont les plus affectés par la diarrhée. Par ailleurs, les enfants de Niamey ont été amenés en consultation en proportion plus importante (33 %) que ceux des autres régions, en particulier que ceux de Zinder (11 %). Les enfants du milieu urbain (31 %) ont consulté plus que ceux du milieu rural (15 %). Selon le niveau d’instruction de la mère, on constate que les enfants dont la mère est sans instruction ont été proportionnellement moins nombreux à avoir été conduits en consultation : 16 % contre 46 % pour ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus. Tableau 9.7 Connaissance des sachets de SRO Pourcentage de mères ayant eu des naissances au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui connaissent les sachets de SRO pour le traitement de la diarrhée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III, Niger 2006 Caractéristique Pourcentage de mères connaissant les sachets de SRO Effectif Groupe d’âges 15-19 67,4 562 20-24 74,9 1 313 25-29 78,2 1 599 30-34 80,8 1 183 35-49 81,5 1 643 Milieu de résidence Niamey 85,2 396 Autres Villes 92,6 578 Ensemble urbain 89,6 975 Rural 75,8 5 326 Région Niamey 85,2 396 Agadez 85,0 137 Diffa 74,4 146 Dosso 82,6 864 Maradi 74,1 1 372 Tahoua 84,0 1 293 Tillabéri 83,3 888 Zinder 65,4 1 205 Niveau d'instruction Aucune instruction 76,2 5 479 Primaire 88,7 601 Secondaire ou plus 91,5 220 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 73,0 1 338 Second 73,5 1 227 Moyen 76,7 1 245 Quatrième 77,3 1 318 Le plus riche 90,0 1 173 Ensemble 77,9 6 301 SRO = Sels de Réhydratation Orale. Santé de l’Enfant | 157 Tableau 9.8 Traitement de la diarrhée Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête pour lesquels on a recherché un traitement ou un conseil, pourcentage de ceux qui ont suivi une Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO) et pourcentage à qui on a donné d'autres traitements, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III, Niger 2006 Thérapie de Réhydratation Orale (TRO) Autres traitements Caractéristique Pour- centage pour lesquels on a cherché un traite- ment1 ou un conseil Sachets de SRO Solution maison SRO ou solution maison Apport en liquides augmenté SRO, solution maison, ou apport en liquides augmenté Comprimés ou sirop Injection/ perfusion Remède maison/ autre ND Aucun traitement Effectif d'enfants Âge en mois <6 9,6 7,8 6,0 12,5 33,7 42,5 23,8 0,8 11,0 3,4 45,3 193 6-11 20,0 16,7 11,0 25,2 36,2 53,7 30,5 1,0 11,5 0,0 29,5 323 12-23 18,6 21,2 13,0 31,9 37,6 58,8 32,9 2,6 12,9 0,3 23,5 549 24-35 19,8 22,5 12,7 31,5 36,3 54,7 39,4 0,7 14,4 0,3 22,5 361 36-47 14,5 12,9 8,0 19,5 34,5 46,4 37,6 1,1 15,7 0,0 28,4 249 48-59 13,9 14,9 10,3 23,4 38,8 49,9 42,9 0,0 13,7 0,0 23,0 143 Sexe Masculin 17,7 18,8 10,4 26,9 37,0 54,1 32,3 1,6 13,4 0,6 26,9 908 Féminin 16,6 16,4 11,5 25,5 35,7 51,7 36,1 1,1 13,0 0,4 27,7 910 Milieu de résidence Niamey 33,4 29,3 13,9 38,0 42,8 62,2 42,5 0,6 9,0 0,0 19,7 114 Autres Villes 28,7 32,4 12,4 41,6 41,2 61,8 42,8 1,5 9,0 0,0 19,5 128 Ensemble urbain 30,9 30,9 13,1 39,9 41,9 62,0 42,7 1,1 9,0 0,0 19,6 242 Rural 15,1 15,6 10,6 24,1 35,5 51,5 32,9 1,4 13,8 0,6 28,5 1 576 Région Niamey 33,4 29,3 13,9 38,0 42,8 62,2 42,5 0,6 9,0 0,0 19,7 114 Agadez 19,6 29,8 4,8 34,7 34,5 52,1 33,4 0,6 8,9 0,0 25,7 37 Diffa 14,2 26,5 18,0 33,2 32,6 49,3 24,4 1,5 12,9 0,0 38,5 51 Dosso 13,5 13,7 6,8 19,5 42,9 50,8 32,1 1,5 17,4 0,6 25,2 303 Maradi 13,7 11,7 9,4 18,3 28,4 39,1 36,0 2,2 8,6 0,7 32,9 318 Tahoua 21,0 23,6 12,9 35,7 14,1 45,6 24,0 1,7 13,9 0,6 41,2 406 Tillabéri 23,5 19,8 14,0 30,7 44,1 65,4 50,9 2,2 12,0 0,0 12,2 210 Zinder 10,9 12,2 10,5 20,3 56,1 65,0 35,0 0,0 15,3 0,7 18,8 380 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 15,7 16,9 11,0 25,7 35,1 51,6 32,7 1,3 13,7 0,6 28,6 1 628 Primaire 26,4 22,5 8,2 28,2 48,1 63,5 43,5 1,2 9,7 0,0 18,5 151 Secondaire 45,8 30,1 19,5 41,6 45,8 67,5 63,0 2,3 3,7 0,0 8,2 39 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 13,0 13,9 9,2 22,3 33,8 49,5 23,2 1,9 13,2 1,2 34,1 413 Second 11,9 14,3 7,8 20,8 37,0 49,7 39,4 0,1 11,9 0,0 28,9 394 Moyen 15,2 14,4 13,9 26,2 35,4 52,4 34,8 2,1 13,3 0,0 28,1 375 Quatrième 18,1 17,4 9,2 25,0 31,2 50,6 32,3 1,4 18,1 0,9 25,8 346 Le plus riche 32,0 31,8 15,8 40,5 46,6 65,8 44,3 1,3 8,8 0,3 16,2 289 Ensemble 17,2 17,6 10,9 26,2 36,4 52,9 34,2 1,4 13,2 0,5 27,3 1 818 Note: La TRO comprend la solution préparée à partir des Sels de Réhydratation Orale (SRO), les Solutions Maison Recommandées (SMR), ou l'augmentation de la quantité de liquides. 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les guérisseurs traditionnels. 158 | Santé de l’Enfant En ce qui concerne le traitement donné aux enfants souffrant de diarrhée, on constate que, bien qu’une forte proportion (78 %) de femmes aient déclaré connaître le SRO, plus d’un quart des enfants n’a reçu aucun traitement pour la diarrhée (27 %). Seulement 18 % ont reçu des sachets de SRO, 11 % des enfants ont reçu une solution d’eau, de sel et de sucre préparée à la maison. Dans 36 % des cas, les quantités de liquides ont été augmentées. Globalement, un peu plus d’un enfant sur deux a été traité à l’aide d’une TRO. Ces résultats démontrent que de nombreuses femmes ne mettent pas en pratique leur connaissance des SRO, peut être pour des raisons d’accessibilité à des centres de santé et de disponibilité des traitements. Ce sont plus particulièrement les enfants âgés de 12-23 mois (59 %), ceux résidant en milieu urbain (62 %) et, enfin, ceux qui vivent dans un ménage du quintile le plus riche (66 %) qui ont reçu le plus fréquemment une TRO au cours de la diarrhée. En ce qui concerne les régions, on constate que c’est à Niamey (62 %), et dans les régions de Tillabéri et Zinder (65 % dans les deux cas) que la proportion d’enfants traités à l’aide d’une TRO est la plus élevée. Par contre, à Maradi, cette proportion est plus faible (39 %). Par ailleurs, pendant les épisodes de diarrhée, certains enfants ont reçu divers types de traitement, donnés seuls ou en plus de la réhydratation orale. Les traitements administrés sont principalement des comprimés ou du sirop (34 %) et des remèdes traditionnels (13 %). Au cours des épisodes diarrhéiques, il est recommandé de donner plus de liquides et d’aliments à l’enfant. Le graphique 9.5 montre que seulement un peu plus d’un tiers (36 %) des enfants ayant eu la diarrhée ont reçu plus de liquides que d’habitude lorsqu’ils étaient malades, 35 % en ont reçu la même quantité et en revanche, 26 % en ont reçu moins ou beaucoup moins. En ce qui concerne les aliments, on constate que c’est seulement dans 6 % des cas que les rations alimentaires ont été augmentées, dans 28 % des cas, elles n’ont pas changé et pour 35 % des enfants, elles ont été diminué ; dans 11 % des cas, l’alimentation a été réduite et même complètement stoppée (11 %). Ces résultats indiquent qu’une forte proportion de femmes n’appliquent pas les principes de base en matière de nutrition des enfants durant les épisodes diarrhéiques et qu’elles leur font donc courir des risques accrus de maladie et de décès. Santé de l’Enfant | 159 Graphique 9.5 Alimentation des enfants de moins de cinq ans ayant la diarrhée EDSN-MICS III 2006 Quantité de liquides donnés Quantité de nourriture donnée NSP/ND 1.8 % Une peu moins 16.4 % Beaucoup moins 9.4 % Rien 1.4 % Plus que d’habitude 36.4 % Comme d’habitude 34.6 % Comme d’habitude 28.3 % NSP/ND 0.9 % Une peu moins 34.7 % Beaucoup moins 10.9 % Rien 11.1 % Ne mange pas encore 8.4 % Plus que d’habitude 5.8 % Paludisme | 161 PALUDISME 10 Ibrahim CHAIBOU Le paludisme constitue de nos jours un problème de santé publique majeur dans les pays en développement, notamment intertropicaux. En effet selon l’Organisation Mondiale de la Santé, environ 40 % de la population mondiale, habitant essentiellement dans les pays les plus pauvres du monde, sont exposés au paludisme. Cette maladie parasitaire tue chaque année de 1,5 à 2,7 millions de personnes à travers le monde, dont un million d'enfants de moins de 5 ans. Environ neuf cas sur dix concernent l’Afrique subsaharienne. Au Niger, comme dans la majorité des pays au sud du Sahara, le paludisme demeure l’endémie majeure et la première cause de morbidité et de mortalité dans les groupes les plus vulnérables (couple mère enfant), notamment au niveau des enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. En particulier, les femmes enceintes courent quatre fois plus de risque de souffrir de complications du paludisme que celles qui ne sont pas enceintes. Selon le rapport 2005 du Ministère de la Santé Publique et de la Lutte Contre les Endémies, le paludisme représente 24 % des motifs de consultation. En plus des pertes en vies humaines, le paludisme, en réduisant les personnes affectées à l’inactivité durant plusieurs jours, affecte l'économie en diminuant le Produit National Brut (PNB) et en entravant la scolarité des enfants et le développement social. Il est ainsi considéré comme une maladie de la pauvreté et une cause de pauvreté. Trois parasites sont responsables du paludisme chez l’homme : le Plasmodium malariae, le Plasmodium ovale et le Plasmodium falciparum ; ce dernier est l’espèce la plus courante et il est responsable d’atteintes graves et parfois mortelles. Compte tenu de l'ampleur de l’endémie en Afrique, les Chefs d'Etat et de gouvernement, lors du 33ème sommet de l'OUA en juin 1997 à Harare, ont manifesté leur volonté de combattre avec beaucoup de détermination cette maladie. Le 24 avril 2000, ils ont ratifié la Déclaration du Plan d’Action d’Abuja (Nigeria) sur le « Projet Faire Reculer le paludisme (Roll Back Malaria) » en Afrique et se sont engagés à prendre des mesures appropriées et durables pour le renforcement des systèmes de santé afin qu’en 2005 : x au moins 60 % des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans bénéficient de la combinaison la plus appropriée de mesures de prévention personnelles et collectives, telles que les moustiquaires imprégnées et autres interventions qui sont accessibles et abordables, pour prévenir l'infection et la souffrance ; x au moins 60 % de toutes les femmes enceintes à risques de paludisme, particulièrement les primipares, aient accès à la chimioprophylaxie ou au traitement préventif intermittent ; x au moins 60 % des personnes atteintes de paludisme aient accès à un traitement rapide, adéquat et abordable, dans un délai de 24 heures après l'apparition des symptômes. Le profil épidémiologique du Niger se caractérise par une endémicité stable marquée par une recrudescence saisonnière pendant et après la saison des pluies c'est-à-dire de juin à décembre, avec une létalité relativement élevée, notamment chez les enfants. Face à cette situation, un plan stratégique national de lutte contre le paludisme a été élaboré et mis en œuvre à tous les niveaux avec l’appui technique et financier des partenaires. 162 | Paludisme Ce plan vise à améliorer les performances du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) en matière de suivi, d’évaluation et de mise en oeuvre des activités de lutte contre le paludisme. Le Programme National de Lutte Contre le Paludisme s’est fixé les objectifs suivants : a. Objectif Général Réduire la morbidité et la mortalité dues au paludisme dans l’ensemble du pays. b. Objectifs Spécifiques 1. Renforcer la capacité pour la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des activités de lutte antipaludique à tous les niveaux ; 2. Améliorer la qualité de la prise en charge du paludisme comprenant la prise en charge communautaire utilisant le médicament disponible le plus efficace ; 3. Renforcer les mesures de prévention du paludisme, par : x la promotion de l’utilisation des mesures de protection personnelle parmi la population à risque (enfants de moins de 5 ans et femmes enceintes) ; et, x l’utilisation des mesures de lutte antivectorielle accessibles et variables, plus particulièrement l’aspersion intra domiciliaire d’insecticides ; 4. Renforcer la lutte contre le paludisme chez la femme enceinte par la prise en charge effective des cas, la prévention par le traitement préventif intermittent ; 5. Renforcer la lutte contre les épidémies de paludisme par la détection précoce et la réponse appropriée et rapide ; 6. Promouvoir et mettre en œuvre des stratégies d’Information-Éducation-Communication (IEC) ; 7. Renforcer le système de suivi et d’évaluation incluant la recherche opérationnelle ; 8. Développer et renforcer la coordination nationale et le partenariat. Au cours de la troisième Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDSN- MICS III 2006), des données concernant l’utilisation des moyens de prévention contre le paludisme et le traitement en cas de maladie ont été collectées. Les résultats présentés dans ce chapitre portent sur l’accès des ménages aux moustiquaires, leur utilisation par les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, le traitement préventif intermittent du paludisme chez les femmes enceintes, l’utilisation de la chloroquine et du Fansidar (sulfadoxine pyriméthamine) pour le traitement préventif intermittent du paludisme, la prévalence et le traitement de la fièvre ou des convulsions chez les enfants de moins de cinq ans. 10.1 ACCÈS AUX MOUSTIQUAIRES Le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) a défini les normes et standards des moustiquaires et des insecticides. La promotion de l’utilisation des moustiquaires, notamment les moustiquaires imprégnées d’insecticides, s’effectue par le biais de campagnes périodiques de vente à prix réduit ou de distribution gratuite auprès des femmes enceintes ou des mères de jeunes enfants, avec l’aide de plusieurs partenaires. Paludisme | 163 10.1.1 Disponibilité de moustiquaires dans les ménages Une des stratégies majeures de lutte contre le paludisme est la protection individuelle par l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide. A cet égard, au cours de l’enquête, on a demandé à chaque ménage s’il possédait des moustiquaires utilisées pour dormir, le nombre de moustiquaires disponibles et depuis combien de temps il possédait ces moustiquaires. En outre, on a demandé aux ménages si les moustiquaires avaient été imprégnées d’insecticide et, le cas échéant, combien de temps s’était écoulé depuis la dernière imprégnation. Les résultats présentés au tableau 10.1 et au graphique 10.1, montrent qu’au Niger, près de sept ménages sur dix (69 %) possèdent au moins une moustiquaire.1 La proportion de ménages disposant d’au moins une moustiquaire est plus élevée en milieu urbain (76 %) qu’en milieu rural (68 %). Ce sont les régions de Zinder et de Maradi qui se caractérisent par les proportions les plus faibles de ménages possédant au moins une moustiquaire (respectivement 60 % et 63 %). À l’opposé, c’est dans celle de Tillabéri que cette proportion est la plus élevée (87 %). La possession d’une moustiquaire est plus fréquente dans les ménages riches (78 %) que dans les ménages pauvres (65 %). On constate également que seulement 38 % des ménages disposent de plus d’une moustiquaire. Le tableau 10.1 présente par ailleurs la proportion de ménages ayant déclaré posséder au moins une moustiquaire qui a été imprégnée2 et la proportion de ceux qui possèdent une moustiquaire imprégnée d’insecticide (MII)2, c’est-à-dire soit une moustiquaire imprégnée à vie ou pour un temps, soit une moustiquaire imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois ou enfin une moustiquaire qui a été imprégnée d’insecticide il y a moins de 12 mois. Pour les moustiquaires imprégnées, les résultats indiquent que seulement 46 % des ménages ont déclaré en posséder au moins une et seulement 15 % en ont plus d’une. Le pourcentage de ménages disposant d’au moins une moustiquaire imprégnée est légèrement plus élevée dans les Autres Villes (56 %) et en milieu rural (47 %) que dans la capitale Niamey (23 %). Cette proportion varie peu selon le niveau de bien-être économique. Par contre, on note des disparités dans les régions : c’est dans les régions d’Agadez (57 %) et de Dosso (51 %) que les proportions de ménages possédant ce type de moustiquaire sont les plus élevées. En moyenne, au niveau national, un ménage dispose de 0,7 moustiquaire imprégnée. Le tableau 10.1 présente enfin la proportion de ménages possédant au moins une MII. On constate que 43 % des ménages ont déclaré en posséder une. Cette proportion varie d’un minimum de 18 % dans la région de Niamey à un maximum de 55 % dans celle d’Agadez. 1 Cette proportion élevée pourrait s’expliquer par la distribution gratuite de moustiquaires au cours de l’année 2006 lors des journées de vaccinations. 2 Les définitions des différentes catégories de moustiquaires figurent en note du tableau 10.1. 164 | Paludisme Tableau 10.1 Possession de moustiquaires Pourcentage de ménages possédant au moins une moustiquaire (traitée ou non), et pourcentage en possédant plus d’une, pourcentage possédant au moins une moustiquaire qui a été imprégnée et pourcentage en possédant plus d’une, pourcentage possédant au moins une moustiquaire imprégnée d’insecticides (MII) et pourcentage en possédant plus d’une, et nombre moyen de moustiquaires par ménage, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 N’importe quel type de moustiquaire Moustiquaire imprégnée1 Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII) 2 Caractéristique Pour- centage de ménages en ayant au moins une Pour- centage de ménages en ayant plus d’une Nombre moyen par ménage Pour- centage de ménages en ayant au moins une Pour- centage de ménages en ayant plus d’une Nombre moyen par ménage Pour- centage de ménages en ayant au moins une Pour- centage de ménages en ayant plus d’une Nombre moyen par ménage Effectif de ménages Milieu de résidence Niamey 68,6 42,4 1,5 22,7 10,2 0,4 17,5 7,2 0,3 526 Autres Villes 80,3 51,2 1,8 55,5 25,6 1,0 50,4 21,5 0,8 774 Ensemble urbain 75,6 47,6 1,7 42,2 19,4 0,8 37,1 15,7 0,6 1 300 Rural 67,6 36,2 1,3 46,9 13,5 0,6 44,2 12,2 0,6 6 360 Région Niamey 68,6 42,4 1,5 22,7 10,2 0,4 17,5 7,2 0,3 526 Agadez 70,2 28,1 1,2 57,3 15,7 0,8 54,5 13,9 0,7 188 Diffa 79,1 52,8 1,9 47,4 15,4 0,7 42,0 11,6 0,6 254 Dosso 79,8 51,7 1,7 50,7 18,8 0,8 47,3 17,0 0,7 899 Maradi 62,6 28,0 1,0 51,4 17,1 0,7 47,2 14,8 0,7 1 615 Tahoua 66,8 34,4 1,2 43,1 11,0 0,6 41,9 10,2 0,6 1 503 Tillabéri 87,3 62,5 2,0 48,4 12,9 0,7 47,9 13,2 0,7 937 Zinder 59,7 28,4 1,0 45,7 14,8 0,7 41,7 12,4 0,6 1 738 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 64,7 30,3 1,1 46,7 10,1 0,6 44,3 9,1 0,6 1 497 Second 60,5 28,5 1,1 42,0 10,8 0,6 40,3 9,3 0,5 1 679 Moyen 71,1 38,2 1,3 47,9 15,1 0,7 45,4 14,2 0,6 1 524 Quatrième 71,9 43,0 1,4 46,2 14,3 0,7 43,2 12,7 0,6 1 552 Le plus riche 78,0 52,5 1,8 48,0 23,2 0,9 41,7 19,3 0,7 1 409 Ensemble 69,0 38,1 1,3 46,1 14,5 0,7 43,0 12,8 0,6 7 660 1 Une moustiquaire qui a été imprégnée est une moustiquaire, initialement traitée ou non, qui a été imprégnée d’insecticide par la suite. 2 Une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII) est soit, une moustiquaire industrielle imprégnée à vie qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire, soit une moustiquaire imprégnée obtenue dans les derniers 12 mois soit, une moustiquaire qui a été imprégnée d’insecticide dans les 12 derniers mois. Graphique 10.1 Possession de moustiquaires par les ménages EDSN-MICS III 2006 69 69 80 76 68 46 23 56 42 47 43 18 50 37 44 NIGER Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Au moins une moustiquaire Au moins une moustiquaire traitée Au moins une MII Paludisme | 165 10.1.2 Utilisation des moustiquaires par les groupes vulnérables Aux ménages ayant déclaré posséder au moins une moustiquaire, on a demandé qui avait dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Les résultats sont présentés pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans, ainsi que pour deux groupes de population particulièrement vulnérables : les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans (tableaux 10.2 et 10.3). Utilisation de moustiquaires par les enfants de moins de cinq ans Le tableau 10.2 et le graphique 10.2 présentent la proportion d’enfants de moins de cinq ans qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête, en fonction de la catégorie de moustiquaires et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate, d’une manière générale, que seulement 15 % des enfants avaient dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête. La fréquence d’utilisation de la moustiquaire n’est pas influencée par l’âge de l’enfant. En outre, on ne relève aucune différence selon le sexe de l’enfant. Par contre, on note des écarts selon le milieu de résidence : c’est en milieu rural que cette proportion est la plus faible (12 %). Dans les Autres Villes, un tiers des enfants (33 %) avait dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête. Tableau 10.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans dans les ménages qui ont dormi sous une moustiquaire (traitée ou non), pourcentage de ceux ayant dormi sous une moustiquaire qui a été imprégnée, et pourcentage de ceux ayant dormi sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII) la nuit ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l'enquête Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans qui ont dormi sous une moustiquaire déjà imprégnée la nuit ayant précédé l'enquête Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans qui ont dormi sous une MII la nuit ayant précédé l'enquête Effectif d'enfants de moins de 5 ans Âge en mois < 12 16,5 16,4 7,9 1 939 12-23 14,8 14,8 7,3 1 708 24-35 16,1 16,0 8,9 1 587 36-47 13,8 13,7 6,5 1 663 48-59 14,3 14,3 6,4 1 339 Sexe Masculin 15,2 15,2 7,6 4 233 Féminin 15,1 15,0 7,3 4 003 Milieu de résidence Niamey 30,7 30,7 6,8 488 Autres Villes 32,9 32,7 19,9 790 Ensemble urbain 32,1 32,0 14,9 1 278 Rural 12,1 12,0 6,1 6 957 Région Niamey 30,7 30,7 6,8 488 Agadez 23,5 23,3 16,3 176 Diffa 22,8 22,8 8,6 214 Dosso 20,9 20,9 8,9 1 133 Maradi 7,2 7,2 5,6 1 834 Tahoua 10,6 10,6 6,7 1 698 Tillabéri 25,9 25,6 9,3 1 109 Zinder 10,9 10,9 7,1 1 583 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 10,7 10,7 5,2 1 802 Second 12,8 12,8 6,7 1 642 Moyen 11,7 11,7 6,1 1 548 Quatrième 14,1 13,9 6,2 1 706 Le plus riche 27,6 27,5 13,6 1 538 Ensemble 15,2 15,1 7,4 8 236 166 | Paludisme Les différences entre les régions sont importantes : avec une proportion de 31 %, Niamey vient en tête, suivie de Tillabéri (26 %) tandis que Maradi (7 %) et Zinder (11 %) détiennent les proportions les plus faibles d’enfants ayant dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête. Les écarts selon le niveau de vie des ménages sont également importants, la proportion d’enfants ayant dormi sous moustiquaire variant d’un minimum de 11 % dans le quintile le plus pauvre et de 12 % dans le quintile moyen à un maximum de 28 % dans le quintile le plus riche. Utilisation de moustiquaires par les femmes enceintes Le tableau 10.3 présente l’utilisation des moustiquaires pour l’ensemble des femmes âgées de 15- 49 ans et pour les femmes enceintes selon chaque type de moustiquaire utilisée, en fonction de certaines caractéristiques sociodémographiques. Globalement, 14 % de l’ensemble des femmes de 15-49 ans ont dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête. Cette proportion varie de manière importante selon les différentes caractéristiques des femmes. En premier lieu, on constate qu’elle est plus faible en milieu rural (11 %) qu’en milieu urbain (28 %). Par ailleurs, comme pour les enfants, c’est dans les régions de Niamey (24 %) et Tillabéri (24 %) que l’utilisation de la moustiquaire a été la plus fréquente. À l’opposé, dans celles de Tahoua et Maradi, moins d’une femme sur dix avait dormi sous moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête (respectivement, 9 % et 7 %). On note aussi que les femmes instruites ont dormi plus fréquemment sous une moustiquaire que celle sans instruction (24 % pour le niveau secondaire contre 20 % pour le niveau primaire et seulement 13 % pour celles sans instruction). Enfin les résultats selon les quintiles montrent que les différentiels selon le niveau de bien-être économique sont similaires à ceux observés pour les enfants : dans les ménages du quintile le plus riche, 26 % des femmes avaient dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête contre seulement 10 % dans le plus pauvre. Graphique 10.2 Utilisation de moustiquaires par les enfants de moins de 5 ans EDSN-MICS III 2006 15 31 24 23 21 7 11 26 11 15 31 23 23 21 7 11 26 11 7 7 16 9 9 6 7 9 7 NIGER Niamey Agadez Diffa Dosso Maradi Tahoua Tillabéri Zinder 0 10 20 30 40 50 Pourcentage Enfants ayant dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l'enquête Enfants ayant dormi sous une moustiquaire déjà traitée la nuit ayant précédé l'enquête Enfants ayant dormi sous une MII la nuit ayant précédé l'enquête Paludisme | 167 Le tableau présente également les proportions de femmes ayant dormi sous une moustiquaire imprégnée et la proportion de celles ayant dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’enquête. Dans 14 % des cas, les femmes ont utilisé une moustiquaire imprégnée et dans une proportion beaucoup plus faible (6 %), elles ont utilisé une MII. Les variations sont identiques à celles observées pour l’utilisation d’une moustiquaire quelconque. Tableau 10.3 Utilisation des moustiquaires par les femmes et les femmes enceintes Pourcentage de toutes les femmes et des femmes enceintes, (dans les ménages), âgées de 15-49 ans, qui ont dormi sous une moustiquaire, (traitée ou non), pourcentage de celles ayant dormi sous une moustiquaire qui a été imprégnée, et pourcentage de celles qui ont dormi sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII) la nuit ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Ensemble des femmes Femmes enceintes Caractéristique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire imprégnée la nuit ayant précédé l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une MII la nuit ayant précédé l'enquête Effectif Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire imprégnée la nuit ayant précédé l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une MII la nuit ayant précédé l'enquête Effectif Milieu de résidence Niamey 23,9 23,8 4,7 774 29,4 29,4 6,7 63 Autres Villes 31,6 31,4 17,0 962 30,1 30,0 19,2 113 Ensemble urbain 28,1 28,0 11,5 1 735 29,9 29,8 14,8 176 Rural 11,1 11,0 4,8 7 189 10,8 10,8 5,4 1 135 Région Niamey 23,9 23,8 4,7 774 29,4 29,4 6,7 63 Agadez 16,8 16,6 11,2 223 21,1 21,1 11,5 23 Diffa 20,6 20,5 7,1 216 24,5 23,7 11,4 24 Dosso 20,2 20,2 7,5 1 243 16,5 16,5 4,9 191 Maradi 6,8 6,8 4,7 1 708 6,3 6,3 3,9 303 Tahoua 9,1 9,1 4,9 1 817 8,8 8,8 4,8 256 Tillabéri 23,7 23,2 7,8 1 289 20,1 20,1 9,7 187 Zinder 10,9 10,8 6,2 1 655 13,2 13,2 10,0 263 Niveau d'instruction Aucune instruction 13,0 12,9 5,5 7 443 12,1 12,1 6,2 1 115 Primaire 19,8 19,7 8,3 933 18,5 18,5 7,4 140 Secondaire ou plus 24,4 24,4 10,5 548 25,2 25,2 13,1 56 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 9,7 9,7 4,1 1 703 9,3 9,3 3,5 232 Second 10,6 10,5 4,9 1 728 9,6 9,6 6,5 287 Moyen 11,2 11,2 5,1 1 704 10,2 10,2 4,5 276 Quatrième 13,3 13,2 4,9 1 848 12,2 12,2 6,3 283 Le plus riche 25,6 25,5 10,8 1 941 27,1 27,0 13,2 232 Ensemble 14,4 14,3 6,1 8 924 13,3 13,3 6,7 1 311 En ce qui concerne la fréquence d’utilisation par les femmes enceintes, on constate qu’elle n’est pas très différente de celle de l’ensemble des femmes. On constate en outre que les écarts sont identiques à ceux déjà observés pour l’ensemble des femmes, à savoir que les proportions les plus faibles de femmes enceintes ayant dormi sous moustiquaire sont observées en milieu rural (11 %), dans les régions de Maradi (6 %) et de Tahoua 9 %), parmi celles qui n’ont aucune instruction (12 %) et parmi celles des ménages les plus pauvres (9 % pour le premier quintile et 10 % pour le second). Ce résultat montre qu’au Niger un accent particulier doit être mis pour encourager les femmes enceintes, plus vulnérables à l’infection, à utiliser plus fréquemment des moustiquaires pour se protéger contre le paludisme. 168 | Paludisme 10.2 TRAITEMENT PRÉVENTIF DU PALUDISME CHEZ LES FEMMES ENCEINTES Au cours de l’EDSN-MICS III, on a posé aux femmes, qui avaient eu une naissance au cours des cinq dernières années, plusieurs questions pour savoir si elles avaient pris des antipaludéens à titre préventif au cours de leur dernière grossesse et quel type d’antipaludéens il s’agissait. Au tableau 10.4 et au graphique 10.3, on relève que 47 % des femmes enceintes ont pris des médicaments antipaludéens à titre préventif au cours de leur dernière grossesse. On note des écarts importants selon le milieu et la région de résidence : pratiquement huit femmes sur dix en milieu urbain (80 %) contre quatre sur dix en milieu rural (41 %) ont pris des médicaments antipaludéens à titre préventif au cours de leur dernière grossesse. Le pourcentage de femmes ayant eu recours à des antipaludéens est de 82 % dans la région de Niamey alors qu’il n’est que de 33 % dans celle de Zinder. Le pourcentage de femmes ayant pris des médicaments antipaludéens à titre préventif augmente selon le niveau d’instruction : il varie de 43 % chez les femmes sans instruction, à 69 % chez celles ayant un niveau primaire et à 90 % chez celles ayant un niveau secondaire ou plus. Il augmente aussi avec le niveau de bien-être économique : de 38 % dans les ménages les plus pauvres, il passe à 40 % dans le quintile moyen et il atteint un maximum de 77 % dans le quintile le plus riche. Les questions concernant le type d’antipaludéen que les femmes avaient pris au cours de la dernière grossesse, ont permis d’identifier celles qui ont suivi un traitement préventif intermittent (TPI) au Fansidar. Les pourcentages de femmes ayant bénéficié d’un tel traitement au cours des visites prénatales sont également présentés dans le tableau 10.4. Une proportion extrêmement faible de femmes ont suivi un Traitement Préventif Intermittent au cours de leur dernière grossesse (0,3 %). Tableau 10.4 Utilisation du traitement préventif par les femmes enceintes Parmi les femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance au cours des 5 années ayant précédé l’enquête, pourcentage de celles qui ont pris des antipaludéens pour prévenir le paludisme au cours de la dernière grossesse, et pourcentage de celles ayant reçu un traitement préventif intermittent lors des visites prénatales, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Pourcentage de femmes enceintes ayant pris des antipaludéens préventifs Pourcentage ayant reçu un traitement intermittent (Fansidar) au cours des visites prénatales Effectif de naissances Rang de naissance 2-3 46,6 0,2 1 608 4-6 45,1 0,3 2 921 Durée depuis la naissance < 1 année 48,3 0,4 2 063 1 année 47,7 0,3 1 855 2 années 46,7 0,1 1 384 3 années 45,7 0,0 683 4 années 44,8 0,0 316 Milieu de résidence Niamey 81,6 0,5 396 Autres Villes 78,8 0,6 578 Ensemble urbain 79,9 0,6 975 Rural 41,4 0,2 5 326 Région Niamey 81,6 0,5 396 Agadez 67,4 0,0 137 Diffa 53,4 0,0 146 Dosso 59,9 0,1 864 Maradi 36,3 1,0 1 372 Tahoua 47,0 0,0 1 293 Tillabéri 52,6 0,0 888 Zinder 33,1 0,0 1 205 Niveau d'instruction Aucune instruction 43,3 0,2 5 479 Primaire 68,7 0,2 601 Secondaire ou plus 90,1 0,8 220 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 38,2 0,0 1 338 Second 40,3 0,4 1 227 Moyen 39,5 0,1 1 245 Quatrième 44,3 0,1 1 318 Le plus riche 76,9 0,8 1 173 Ensemble 47,3 0,3 6 301 Paludisme | 169 10.3 TRAITEMENT DU PALUDISME CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS Au cours de l’EDSN-MICS III, en plus des questions sur la disponibilité des moustiquaires et le traitement préventif antipaludéen chez les femmes enceintes, on a aussi demandé si les enfants de moins de cinq ans avaient eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. Dans le cas d’une réponse affirmative, une série de questions sur le traitement de la fièvre ont été posées : ces questions portaient sur le recours à des médicaments antipaludéens et sur le moment où le traitement a été administré pour la première fois après le début de la fièvre. Les résultats sont présentés aux tableaux 10.5 et 10.6. Graphique 10.3 Proportions de femmes ayant pris des antipaludéens à titre préventif au cours de la dernière grossesse EDSN-MICS III 2006 47 82 79 80 41 43 69 90 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucun Primaire/alphabét. Secondaire ou + 0 20 40 60 80 100 Pourcentage 170 | Paludisme Tableau 10.5 Prévalence et traitement précoce de la fièvre Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, et parmi ces enfants, pourcentage de ceux qui ont pris des antipaludéens et pourcentage de ceux qui les ont pris rapidement après le début de la fièvre, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Parmi les enfants ayant eu de la fièvre Caractéristique Pourcentage d'enfants ayant eu de la fièvre Effectif d'enfants Pourcentage ayant pris un médicament antipaludéen Pourcentage ayant pris un médicament antipaludéen le même jour/jour suivant Effectif d'enfants avec fièvre Âge en mois < 6 21,8 1 045 18,4 14,7 228 6-11 37,2 950 33,0 25,1 353 12-23 36,6 1 782 32,0 25,6 652 24-35 26,7 1 704 38,5 26,3 455 36-47 22,4 1 791 34,7 27,0 401 48-59 17,4 1 455 36,4 26,0 253 Milieu de résidence Niamey 27,7 540 50,1 37,9 149 Autres Villes 20,7 843 40,9 31,4 174 Ensemble urbain 23,4 1 383 45,1 34,4 324 Rural 27,5 7 344 31,1 23,4 2 019 Région Niamey 27,7 540 50,1 37,9 149 Agadez 25,2 200 35,0 26,8 50 Diffa 28,3 223 41,5 31,6 63 Dosso 25,2 1 207 32,6 22,6 304 Maradi 17,1 1 931 20,5 16,5 330 Tahoua 37,4 1 760 31,5 23,4 659 Tillabéri 24,5 1 161 44,6 32,5 284 Zinder 29,5 1 706 30,7 24,6 503 Niveau d'instruction Aucune instruction 27,4 7 608 32,6 24,4 2 083 Primaire 23,1 827 32,0 24,9 191 Secondaire ou plus 23,6 292 48,0 40,8 69 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 29,0 1 879 26,0 19,0 545 Second 27,3 1 739 37,9 28,2 474 Moyen 27,7 1 658 30,2 23,8 460 Quatrième 27,3 1 797 32,4 22,5 491 Le plus riche 22,5 1 655 41,6 33,8 373 Ensemble 26,8 8 727 33,0 24,9 2 343 Le tableau 10.6 montre que parmi les enfants de moins de cinq ans, un enfant sur quatre a eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. Les seules variables différentielles discriminantes sont l’âge de l’enfant et la région de résidence. Selon l’âge, on constate que c’est parmi les enfants de 6-23 mois (37 %) que la prévalence de la fièvre est la plus élevée. La prévalence de la fièvre a été également plus forte en milieu rural (28 %) et à Niamey (28 % ) que dans les Autres Villes (21 %). Paludisme | 171 Parmi les enfants ayant eu de la fièvre, un sur trois (33 %) a été traité avec des antipaludéens et dans seulement 25 % des cas, le traitement a commencé de manière précoce, c’est-à-dire soit le jour même où la fièvre est apparue, soit le jour suivant. Exclusion faite des enfants de moins de 6 mois (18 %), le traitement précoce par des antipaludéens ne présente pas d’écarts importants selon l’âge de l’enfant. Par contre, les enfants du milieu urbain (34 %) ou dont la mère a un niveau secondaire ou plus (41 %) ont été plus fréquemment soignés que les autres. De même, c’est à Niamey que la proportion d’enfants traités rapidement avec des antipaludéens est la plus élevée (38 %). Enfin, les pourcentages d’enfants traités rapidement aux antipaludéens augmentent régulièrement avec le niveau de bien-être économique du ménage. Par exemple, le pourcentage d’enfants ayant reçu des antipaludéens le jour même où la fièvre est apparue ou le jour suivant passe de 19 % dans les ménages les plus pauvres à 28 % dans le second quintile et à 34 % dans les ménages les plus riches. Tableau 10.6 Traitement de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, pourcentage de ceux qui ont pris certains antipaludéens le jour même ou le jour suivant l'apparition de la fièvre, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Pourcentage qui ont pris de la SP Fansidar Pourcentage qui ont pris de la SP Fansidar le même jour/jour suivant Pourcentage qui ont pris de la chloroquine Pourcentage qui ont pris de la chloroquine le même jour/jour suivant Pourcentage qui ont pris de l'Amodia- quine Pourcentage qui ont pris de l'Amodia quine le même jour/jour suivant Pourcentage qui ont pris de la quinine Pourcentage qui ont pris de la quinine le même jour/ jour suivant Effectif d'enfants ayant eu de la fièvre Âge en mois < 6 1,2 0,8 13,9 11,4 0,0 0,0 3,6 2,8 228 6-11 0,3 0,3 27,4 20,8 0,6 0,6 5,9 3,9 353 12-23 0,0 0,0 29,7 23,7 0,2 0,2 2,7 2,0 652 24-35 0,7 0,5 33,9 23,1 1,1 0,2 3,1 2,5 455 36-47 0,0 0,0 29,5 22,2 0,6 0,6 5,3 4,2 401 48-59 1,4 0,5 31,1 22,5 0,4 0,4 3,8 2,9 253 Milieu de résidence Niamey 2,6 2,2 41,7 29,0 2,5 2,2 8,2 5,4 149 Autres Villes 1,5 0,8 35,5 28,2 0,7 0,7 4,1 2,4 174 Ensemble urbain 2,0 1,5 38,3 28,6 1,5 1,4 6,0 3,8 324 Rural 0,2 0,1 27,2 20,4 0,3 0,2 3,6 2,8 2 019 Région Niamey 2,6 2,2 41,7 29,0 2,5 2,2 8,2 5,4 149 Agadez 0,6 0,3 26,3 21,6 0,0 0,0 8,4 4,8 50 Diffa 0,3 0,3 40,7 31,5 2,9 2,9 1,7 1,1 63 Dosso 0,0 0,0 22,2 14,7 0,3 0,0 10,2 7,8 304 Maradi 0,0 0,0 17,9 14,9 0,8 0,8 2,5 1,0 330 Tahoua 0,3 0,2 30,8 23,0 0,0 0,0 0,4 0,3 659 Tillabéri 0,7 0,7 36,6 24,9 0,0 0,0 7,4 6,9 284 Zinder 0,5 0,0 27,5 22,8 0,5 0,0 2,1 1,7 503 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,4 0,2 28,4 21,3 0,5 0,3 3,7 2,7 2 083 Primaire 1,2 1,1 27,3 20,9 0,2 0,2 4,7 3,3 191 Secondaire ou plus 0,8 0,8 43,0 30,0 1,4 1,4 8,6 8,6 69 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,3 0,3 21,4 15,5 0,1 0,0 4,1 3,1 545 Second 0,5 0,0 33,5 25,6 0,0 0,0 4,0 2,6 474 Moyen 0,0 0,0 25,9 20,3 0,9 0,4 3,8 3,1 460 Quatrième 0,2 0,2 29,1 19,8 0,3 0,3 3,3 2,6 491 Le plus riche 1,5 1,1 36,7 29,0 1,3 1,2 4,4 3,3 373 Ensemble 0,5 0,3 28,8 21,5 0,5 0,3 3,9 2,9 2 343 172 | Paludisme Le tableau 10.6 présente, parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre, les proportions de ceux qui ont pris différents types d’antipaludéens et les proportions de ceux qui les ont pris rapidement après l’apparition de la fièvre. Le médicament le plus fréquemment utilisé est la chloroquine (29 %) et dans 22 % des cas, le médicament a été donné rapidement à l’enfant après l’apparition de la fièvre. Les enfants du milieu urbain, ceux des mères instruites ou appartenant à des ménages riches ont été relativement plus fréquemment traités à la chloroquine que les autres. On note ensuite que le deuxième antipaludéen qui a été le plus utilisé est la quinine : 4 % à un moment quelconque et dans 3 % des cas, il a été donné à l’enfant rapidement après la survenue de la fièvre. Le Fansidar n’a été utilisé que par 0,5 % des enfants. Allaitement et État Nutritionnel | 173 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL 11 Sani OUMAROU et Idrissa ALICHINA KOURGUENI La malnutrition est l’un des principaux problèmes de santé et de bien-être qui affectent les enfants dans les pays en développement en général et au Niger en particulier. Selon la définition de l’OMS, la malnutrition se caractérise par un « état pathologique résultant de la carence ou de l’excès, relatif ou absolu, d’un ou plusieurs nutriments essentiels, que cet état se manifeste cliniquement ou ne soit décelable que par des analyses biochimiques, anthropométriques ou physiologiques » (OMS, 1982). Elle résulte aussi bien d’une alimentation inadéquate que d’un environnement sanitaire déficient. Les pratiques alimentaires inadéquates font référence, non seulement à la qualité et à la quantité des aliments donnés aux enfants, mais aussi aux étapes de leur introduction. Ce chapitre porte sur les résultats concernant l’alimentation des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête et sur l’état nutritionnel des enfants et des femmes. Les pratiques d’allaitement et d’alimentation de complément constituent la première partie du chapitre. La deuxième partie est consacrée aux carences en micronutriments : elle porte en particulier sur la prévalence de l’anémie dans la population des enfants et des femmes et sur la consommation de vitamine A, de sel iodé et de supplément de fer. Enfin, la dernière partie est consacrée aux résultats portant sur les mesures anthropométriques (poids et taille) des enfants et des femmes, à partir desquelles a été évalué leur état nutritionnel. 11.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques d’alimentation constituent les facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants qui à son tour, affecte la morbidité et la mortalité de ces enfants. Parmi ces pratiques, celles concernant l’allaitement revêtent une importance particulière. En effet, de par ses propriétés particulières (il est stérile et il transmet les anticorps de la mère et tous les éléments nutritifs nécessaires aux enfants dans les premiers mois d’existence), le lait maternel évite les carences nutritionnelles et limite l’apparition de la diarrhée et d’autres maladies. D’autre part, par son intensité et sa fréquence, l’allaitement prolonge l’infécondité post-partum et affecte, par conséquent, l’intervalle intergénésique, ce qui influe sur le niveau de la fécondité et, donc, sur l’état de santé des enfants et des mères. Compte tenu de l’importance des pratiques d’allaitement, on a demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête et, plus précisément, quel âge avaient ces enfants au moment où elles avaient commencé à allaiter, pendant combien de temps elles les avaient allaités, quelle était la fréquence de l’allaitement, à quel âge avaient été introduits des aliments de complément et de quel type d’aliments il s’agissait, et enfin à quelle fréquence les différents types d’aliments étaient donnés à l’enfant. On a, également, demandé aux mères si elles avaient utilisé le biberon. 11.1.1 Début de l’allaitement Le tableau 11.1 présente, d’une part, les pourcentages d’enfants nés au cours des cinq dernières années qui ont été allaités et, d’autre part, parmi ces enfants allaités, les pourcentages de ceux qui ont été allaités dans l’heure où le jour qui a suivi la naissance, selon certaines caractéristiques socio- démographiques. 174 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.1 Allaitement initial Pourcentage d'enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l'heure qui a suivi la naissance, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour de la naissance et pourcentage de ceux ayant reçu des aliments avant d'être allaités, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Pourcentage allaité au sein Effectif d'enfants Pourcentage allaité dans l'heure suivant la naissance Pourcentage allaité le jour suivant la naissance1 Pourcentage ayant reçu des aliments avant le début de l'allaitement2 Effectif d'enfants allaités Sexe Masculin 98,1 5 101 49,0 64,3 48,4 5 006 Féminin 98,1 4 854 47,5 63,3 52,5 4 760 Milieu de résidence Niamey 97,8 589 55,2 84,4 44,6 576 Autres Villes 98,7 916 66,0 81,5 44,8 903 Ensemble urbain 98,3 1 504 61,8 82,6 44,7 1 479 Rural 98,1 8 451 45,9 60,5 51,4 8 287 Région Niamey 97,8 589 55,2 84,4 44,6 576 Agadez 98,3 215 71,8 81,1 41,9 211 Diffa 96,1 237 48,5 62,8 41,6 228 Dosso 97,8 1 382 43,5 66,8 56,5 1 351 Maradi 96,8 2 215 55,3 58,8 47,8 2 145 Tahoua 98,6 2 005 46,1 58,9 51,7 1 978 Tillabéri 99,1 1 299 35,3 69,3 53,7 1 287 Zinder 98,9 2 012 50,2 61,0 49,3 1 991 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 98,1 8 710 47,2 62,2 50,8 8 543 Primaire 98,4 934 53,0 71,3 48,4 919 Secondaire ou plus 97,5 311 65,0 87,9 44,7 304 Assistance à l'accouchement Professionnel de santé 97,8 1 757 62,2 82,4 47,4 1 719 Accoucheuse traditionnelle 98,2 6 362 44,9 59,6 50,7 6 247 Autre * 14 * * * 13 Personne 98,0 1 725 47,7 61,5 54,4 1 690 ND 100,0 97 36,4 44,6 20,4 97 Lieu d'accouchement Centre de santé 97,7 1 715 61,9 81,7 46,8 1 675 Maison 98,2 8 168 45,6 60,2 51,5 8 020 Autre * 7 * * * 7 ND 100,0 65 31,4 43,9 18,2 65 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 98,2 2 144 43,9 57,2 52,8 2 105 Second 98,0 1 989 45,4 61,0 51,3 1 950 Moyen 97,5 1 903 44,9 57,8 52,8 1 856 Quatrième 99,2 2 101 49,3 66,9 48,9 2 084 Le plus riche 97,4 1 818 59,2 77,6 45,8 1 772 Ensemble 98,1 9 955 48,3 63,8 50,4 9 766 Note: Le tableau est basé sur tous les enfants nés dans les cinq ans ayant précédé l'enquête, qu'ils soient vivants ou décédés au moment de l'enquête. 1 Y compris les enfants allaités dans l'heure qui a suivi la naissance. 2 Les enfants ayant reçu quelque chose d’autre que le lait maternel au cours des trois premiers jours avant que la mère commence à allaiter de manière régulière. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. Allaitement et État Nutritionnel | 175 La quasi-totalité des enfants (98 %) ont été allaités et cette pratique est très courante quelles que soient les caractéristiques de la mère. Parmi les enfants allaités, la proportion de ceux qui ont été allaités dans l’heure qui a suivi immédiatement la naissance est de 48 % ; en ce qui concerne la proportion de ceux qui ont été allaités le jour qui a suivi leur naissance, on constate qu’elle est de 64 %. Bien que l’allaitement des enfants soit une pratique très répandue, il n’en demeure pas moins que plus d’un enfant sur deux (52 %) n’est pas allaité dans l’heure qui suit sa naissance et que plus d’un enfant sur trois (36 %) ne reçoit pas le lait maternel dans le premier jour qui suit sa naissance. En outre, un enfant sur deux (50 %) est alimenté avant le début de l’allaitement. Ce comportement peut se révéler néfaste pour l’enfant et mettre ainsi sa vie en danger. En effet, c’est au cours des premiers allaitements, dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, que l’enfant reçoit le colostrum qui contient les anticorps de la mère et qui sont essentiels pour résister à de nombreuses maladies. De plus, si le nouveau-né n’est pas allaité dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, il est fréquent qu’il reçoive, à la place du lait maternel, d’autres liquides pouvant le mettre en contact avec des agents pathogènes. Par conséquent, ces résultats montrent qu’il reste des efforts importants à déployer pour convaincre les mères de l’importance et des bienfaits de l’allaitement dès les premières heures de la vie de l’enfant. Bien que l’allaitement soit largement pratiqué par toutes les catégories de femmes, le moment où cet allaitement commence varie quelque peu selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes. C’est surtout en fonction de la région que les pourcentages d’enfants allaités dans l’heure qui a suivi la naissance varient de manière sensible : en effet, dans les régions de Tillabéri (35 %), Dosso (44 %), Tahoua (46 %) et Diffa (49 %), moins d’un enfant sur deux a bénéficié du lait maternel dans l’heure qui a suivi sa naissance ; à l’opposé, dans celles de Zinder, de Niamey et de Maradi, ces proportions varient entre 50 % et 55 %. Avec 72 %, la région d’Agadez se caractérise par une proportion très élevée d’enfants qui ont été allaités immédiatement après leur naissance. En ce qui concerne la répartition d’enfants allaités dans les vingt-quatre heures après leur naissance, on constate aussi des écarts importants ; la proportion la plus faible concerne les enfants dont la mère vit dans un ménage du quintile le plus pauvre (57 %), et c’est dans la région de Niamey et parmi les femmes dont l’accouchement a été assisté par un professionnel de santé que l’on constate les proportions les plus élevées (respectivement, 84 % et 82 %). Le niveau d’instruction de la mère semble avoir une influence significative sur la pratique de l’allaitement dans les premières heures qui suivent la naissance. On remarque ainsi que les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus ont été plus fréquemment allaités dans l’heure qui a suivi la naissance que ceux dont la mère a le niveau primaire ou moins (65 % contre 53 % pour ceux dont la mère a le niveau primaire et 47 % pour ceux dont la mère n’a aucune instruction). L’assistance à l’accouchement et, par conséquent, le lieu où celui-ci s’est déroulé influencent de manière importante le début de l’allaitement ; en effet, quand la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé, plus de six enfants sur dix (62 %) ont été allaités dans l’heure qui a suivi leur naissance contre 45 % pour ceux dont la mère a été assistée par une accoucheuse traditionnelle et 48 % pour ceux dont la mère a accouché sans aucune assistance De même, 62 % des femmes ayant accouché dans un centre de santé ont allaité l’enfant dans l’heure qui a suivi la naissance ; quand la mère a accouché à la maison, cette proportion est de 46 %. Le personnel de santé impliqué dans l’assistance à l’accouchement, semble donc jouer un certain rôle de promoteur de l’allaitement maternel. Le niveau de bien-être de la mère influe légèrement et de manière irrégulière sur la fréquence de l’allaitement précoce, c’est-à-dire dans l’heure qui suit la naissance. Par contre, ce niveau de bien-être semble influencer de manière plus importante la pratique d’allaiter les enfants dans les vingt quatre heures qui suivent la naissance. Ainsi lorsque la mère vit dans un ménage du quintile le plus riche, 78 % des enfants ont été allaités dans le jour qui a suivi leur naissance contre 57 % pour ceux dont la mère vit dans un ménage du quintile le plus pauvre. 176 | Allaitement et État Nutritionnel 11.1.2 Allaitement maternel exclusif et introduction des aliments de complément Selon les recommandations de l’UNICEF et de l’OMS, tous les enfants devraient être exclusivement nourris au sein de la naissance jusqu’à l’âge de six mois. L’introduction trop précoce d’aliments de complément n’est pas recommandée car elle expose les enfants aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des maladies, en particulier la diarrhée. De plus, elle diminue la prise de lait par l’enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de lait. Enfin, dans les populations économiquement pauvres, les aliments de complément sont souvent pauvres du point de vue nutritionnel. Par contre, à partir de six mois, l’allaitement au sein doit être complété par l’introduction d’autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins nutritionnels de l’enfant et lui permettre la meilleure croissance possible. Les informations sur l’alimentation de complément ont été obtenues en demandant à la mère si son enfant était allaité et quel type d’aliments (solides ou liquides) il avait reçu au cours des dernières 24 heures. Bien que les questions sur l’allaitement aient été posées pour tous les enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, celles sur les compléments nutritionnels n’ont été posées qu’à propos des enfants derniers-nés. De plus, les résultats ne sont présentés que pour les enfants de moins de trois ans dans la mesure où pratiquement aucun enfant n’est plus allaité au-delà de cet âge. Les résultats du tableau 11.2 montrent que dès la naissance, presque tous les enfants sont allaités (98 %) et cette pratique se poursuit longtemps après la naissance puisqu’à 16-19 mois, plus de huit enfants sur dix (86 %) sont encore allaités. On constate qu’au Niger, l’allaitement exclusif n’est pas une pratique courante. En effet, à moins de 2 mois, seulement 18 % des enfants ne reçoivent que le lait maternel et à 4-5 mois cette proportion tombe à 8 %. Dans l’ensemble, la proportion d’enfants âgés de moins de six mois et exclusivement allaités s’élève à 14 %, tandis que plus de huit enfants sur dix reçoivent d’autres liquides ou solides en plus du lait maternel (85 %). Par contre, entre 6 et 7 mois, âge à partir duquel tous les enfants devraient déjà recevoir des aliments de complément en plus du lait maternel, seulement un peu plus d’un enfant sur deux est nourri de cette façon (52 %) ; à 8-9 mois, cette proportion concerne les trois-quarts des enfants (75 %). L’utilisation du biberon n’est pas recommandée chez les jeunes enfants car elle est le plus souvent associée à une augmentation des risques de maladies, en particulier des maladies diarrhéiques. Les biberons mal nettoyés et les tétines mal stérilisées sont à l’origine de troubles gastriques, de diarrhées et de vomissements chez les bébés. Le tableau 11.2 montre que l’utilisation du biberon chez les enfants nigériens est plutôt rare puisque seulement 2 % de ceux de moins de 2 mois et 5 % de l’ensemble de ceux de moins de 6 mois avaient été nourris au biberon au cours des dernières 24 heures. Allaitement et État Nutritionnel | 177 Tableau 11.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant Répartition (en %) des enfants derniers-nés de moins de 3 ans vivant avec leur mère par type d'allaitement et pourcentage d'enfants de moins de trois ans utilisant le biberon, selon l'âge de l'enfant en mois, EDSN-MICS III Niger 2006 Allaitement au sein et : Âge en mois Pas allaité au sein Exclusive- ment allaité au sein Eau seule- ment Liquides à base d'eau, jus Autre lait Aliments de complé- ment Total Effectif d'enfants Pour- centage utilisant le biberon1 Effectif d'enfants <2 1,9 17,7 69,4 0,4 5,8 4,8 100,0 326 1,9 329 2-3 1,7 14,4 62,9 1,8 8,7 10,6 100,0 371 4,7 377 4-5 0,8 8,4 56,6 2,6 10,3 21,3 100,0 335 7,6 338 6-7 0,1 6,0 29,2 2,8 9,8 52,0 100,0 374 6,0 383 8-9 0,6 3,9 14,8 1,7 4,2 74,9 100,0 293 6,1 295 10-11 1,6 2,7 11,4 1,6 2,2 80,5 100,0 270 9,6 272 12-15 4,4 1,5 5,5 0,7 1,5 86,4 100,0 750 6,7 767 16-19 14,1 0,9 2,8 0,3 0,4 81,4 100,0 527 5,3 549 20-23 37,7 0,8 2,2 0,0 1,1 58,2 100,0 442 7,3 466 24-27 82,1 0,0 0,3 0,0 0,1 17,6 100,0 559 8,5 661 28-31 84,2 0,0 0,4 0,0 0,0 15,4 100,0 363 6,5 521 32-35 86,1 0,9 0,3 0,0 0,2 12,5 100,0 349 8,6 522 <6 1,5 13,5 62,9 1,6 8,3 12,3 100,0 1 032 4,8 1 045 6-9 0,3 5,1 22,9 2,3 7,4 62,1 100,0 667 6,1 678 Note : Le statut de l'allaitement fait référence à la période des dernières 24 heures (hier et la nuit dernière). Les enfants classés dans la catégorie « allaitement et eau seulement » ne reçoivent aucun complément. Les catégories « non allaités », « allaités exclusivement », « allaités et eau seulement », « liquides à base d'eau/jus », « autre lait », et « aliments de complément » (solides et semi solides) sont hiérarchiquement et mutuellement exclusives et la somme des pourcentages est égale à 100 %. Ainsi les enfants allaités qui reçoivent des liquides à base d'eau et qui ne reçoivent pas d'aliments de complément sont classés dans la catégorie « liquides à base d'eau » même s'ils reçoivent également de l'eau. Tout enfant qui reçoit des aliments de complément est classé dans cette catégorie tant qu'il est toujours allaité. 1 Basé sur tous les enfants de moins de trois ans. 11.1.3 Durée et fréquence de l’allaitement La durée médiane de l’allaitement est calculée pour les enfants derniers-nés âgés de moins de trois ans. Le tableau 11.3 indique qu’au Niger, la moitié des enfants sont allaités pendant une période de moins de deux ans (21,4 mois). On ne constate pas de disparités importantes dans la durée d’allaitement selon les caractéristiques sociodémographiques. Cependant, du point de vue régional, on note que la durée médiane de l’allaitement varie d’un minimum de 19,5 mois à Agadez à un maximum de 22,6 mois à Tillabéri. Selon le quintile de bien-être du ménage, on constate une tendance à la baisse de la durée d’allaitement avec l’augmentation du niveau de bien-être du ménage dans lequel vit la mère, cette durée médiane passant de 22,2 mois dans les ménages les plus pauvres à 19,3 mois dans les plus riches. Par rapport à 1998 (EDSN-II), la durée médiane de l’allaitement est passée de 20,6 mois à 21,4 mois. Toujours au tableau 11.3, on constate que 95 % des enfants de moins de 6 mois ont été allaités six fois ou plus au cours des 24 heures ayant précédé l’enquête et que le nombre moyen de tétées est près de deux fois plus élevé pendant le jour que la nuit (en moyenne, 8,2 fois contre 4,2 fois). On ne constate pas de variation importante de la fréquence de l’allaitement selon les différentes caractéristiques de la mère. La proportion d’enfants qui ont été allaités 6 fois ou plus au cours des dernières 24 heures est pratiquement la même en milieu rural qu’en milieu urbain (95 % dans les deux cas). Elle est très élevée dans les régions de Dosso (99 %), Niamey (98 %), Maradi (96 %) et Tillabéri (96 %) ; par contre, elle est plus faible dans celles d’Agadez (89 %) et de Diffa (92 %) ; Les écarts selon le niveau d’instruction et les quintiles de bien-être ne sont pas très importants. 178 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement Durée médiane de l'allaitement, de l'allaitement exclusif et de l'allaitement prédominant (allaitement et eau) des enfants nés au cours des trois années ayant précédé l'enquête et vivant avec leur mère, pourcentage d'enfants allaités de moins de six mois vivant avec leur mère et qui ont été allaités six fois ou plus au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l'enquête et nombre moyen d'allaitements (de jour et de nuit), selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Enfants de moins de 6 mois allaités au sein Durée médiane de l'allaitement au sein (en mois) Caractéristique Allaitement au sein Allaitement exclusif au sein Allaitement au sein prédominant Effectif d'enfants Pourcentage allaité 6 fois ou plus dans les dernières 24 heures Nombre moyen d’allaitements par jour Nombre moyen d’allaitements par nuit Effectif d'enfants Sexe Masculin 21,3 0,5 5,3 3 073 95,7 8,2 4,3 532 Féminin 21,4 0,4 5,4 2 994 94,2 8,2 4,1 494 Milieu de résidence Niamey 19,6 0,4 5,0 373 98,3 8,4 4,4 52 Autres Villes 19,2 0,4 4,7 574 92,9 8,5 4,7 94 Ensemble urbain 19,3 0,4 4,9 947 94,8 8,5 4,6 146 Rural 21,7 0,5 5,4 5 120 95,0 8,1 4,1 879 Région Niamey 19,6 0,4 5,0 373 98,3 8,4 4,4 52 Agadez 19,5 0,5 6,7 125 89,2 8,3 3,5 21 Diffa 21,2 0,4 5,2 140 91,7 9,0 3,6 27 Dosso 22,2 0,4 6,6 829 99,4 7,4 4,2 140 Maradi 21,3 0,4 5,0 1 323 96,4 7,8 5,7 218 Tahoua 22,4 0,5 6,2 1 272 93,3 9,4 3,7 232 Tillabéri 22,6 0,5 4,2 794 95,7 6,5 3,5 139 Zinder 19,8 0,5 4,2 1 211 92,0 8,8 3,8 196 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 21,5 0,5 5,4 5 260 95,0 8,2 4,2 905 Primaire 21,4 0,4 6,0 602 94,2 7,6 4,5 100 Secondaire ou plus 18,1 0,5 3,3 206 (97,8) (9,4) (4,8) 21 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 22,2 0,5 6,1 1 307 93,8 8,5 4,0 228 Second 21,6 0,4 5,3 1 179 95,6 7,9 4,2 217 Moyen 21,8 0,5 5,0 1 154 92,8 8,2 4,3 181 Quatrième 21,6 0,4 5,3 1 275 95,5 8,0 4,3 209 Le plus riche 19,3 0,4 5,1 1 151 97,3 8,4 4,2 190 Ensemble 21,4 0,5 5,3 6 067 95,0 8,2 4,2 1 026 Moyenne pour tous les enfants 21,3 1,8 6,7 na na na na na Note : Les durées moyenne et médiane sont basées sur le statut d'allaitement au moment de l'enquête. na = Non applicable ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. 11.1.4 Types d’aliments de complément Les informations relatives aux types d’aliments donnés aux enfants de moins de trois ans sont présentées au tableau 11.4 selon que l’enfant est allaité ou non. Le tableau indique que l’introduction de liquides autres que le lait maternel et d’aliments solides ou semi solides a lieu très tôt (avant 6 mois). Ainsi, chez les enfants de moins de 2 mois, 11 % avaient reçu de la nourriture solide ou semi solide et, à 4-5 mois, 19 % avaient reçu des aliments solides à base de céréales. Les poissons, volailles, viandes ou oeufs sont également introduits assez tôt (5 % ou plus à partir de 6-7 mois). À 6-7 mois, 8 % des enfants reçoivent des aliments riches en vitamine A mais à 12-15 mois, seulement moins d’un enfant sur trois (29 %) a reçu ce type d’aliment. Allaitement et État Nutritionnel | 179 L’OMS recommande l’introduction d’aliments solides dans l’alimentation des enfants à l’âge de 6 mois, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Au Niger, une proportion non négligeable d’enfants (11 %) consomme de la nourriture à base de céréales avant l’âge de 6 mois. À 6-7 mois, une proportion assez importante d’enfants consomme, en plus du lait maternel, des aliments solides ou semi solides suffisamment variés et riches en protéines et en minéraux : 24 % consomment des aliments pour bébé, 46 % des céréales, 11 % des fruits et/ou des légumes, 5 % des tubercules mais seulement 5 % seulement de la viande, de la volaille, du poisson et/ou des oeufs. Tableau 11.4 Aliments reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête Pourcentage d'enfants derniers-nés de moins de trois ans vivant avec leur mère, qui ont reçu certains aliments déterminés le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête, en fonction du fait qu'ils sont, ou non, allaités, selon l'âge en mois, EDSN-MICS III Niger 2006 Âge en mois Aliments pour bébé Autre lait/ fromage/ yaourt Autres liquides Nourriture à base de céréales Fruits/ légumes Nourriture à base, de tuber- cules Nourriture à base de légumin- euses Viande/ volaille/ poisson/ coquille/ oeufs Nourriture à base d'huile/ graisse ou beurre Fruits et légumes riches en vitamine A Nourriture solide ou semi solide quelconque Effectif d'enfants ENFANTS ALLAITÉS AU SEIN <2 6,0 4,7 0,6 3,7 0,8 0,0 0,1 0,1 0,2 0,8 10,7 320 2-3 8,5 6,5 3,4 8,7 1,0 0,2 0,2 0,2 2,3 1,0 21,6 365 4-5 13,4 6,4 7,6 19,1 5,1 1,6 1,6 1,0 5,8 4,6 38,1 332 6-7 23,7 15,5 13,2 46,4 10,5 4,5 5,3 4,7 10,9 7,9 72,2 374 8-9 21,9 19,0 15,2 67,0 20,2 3,3 11,2 11,7 28,0 19,2 85,3 291 10-11 31,3 23,3 19,7 74,1 24,4 10,3 11,8 15,4 27,9 21,8 91,1 266 12-15 26,9 19,8 18,9 87,5 33,4 9,7 16,4 26,9 40,6 29,0 96,0 717 16-19 24,8 19,0 18,2 89,1 36,3 8,5 16,3 27,1 39,0 31,9 98,1 453 20-23 32,0 21,2 11,2 92,2 26,6 8,7 17,1 25,4 30,3 23,9 96,9 275 24-35 38,3 33,3 21,8 91,6 40,7 13,9 22,2 32,3 37,1 36,2 97,9 206 <6 9,3 5,9 3,9 10,5 2,3 0,6 0,6 0,4 2,8 2,1 23,6 1 017 6-9 22,9 17,0 14,1 55,4 14,7 4,0 7,8 7,8 18,4 12,9 78,0 665 ENFANTS NON ALLAITÉS AU SEIN 16-19 36,6 27,6 29,9 87,7 41,4 16,1 23,8 29,5 32,4 38,2 99,7 74 20-23 27,0 32,1 26,6 92,4 43,7 13,0 18,9 32,0 45,1 40,2 96,9 166 24-35 26,8 25,0 23,6 93,3 39,6 12,7 22,7 28,8 44,4 34,3 99,3 1 064 Note : Le statut d'allaitement et les aliments consommés font référence à la période des dernières 24 heures (le jour et la nuit ayant précédé l’enquête). Les aliments riches en vitamine A comprennent : les citrouilles, l'igname rouge ou jaune, les carottes, les patates douces rouges, les légumes à feuilles vertes, les mangues et les papayes. Le tableau 11.5 présente la fréquence de consommation de certains aliments par les enfants au cours des 24 heures ayant précédé l’heure de l’enquête. Quel que soit le type d’aliment et quel que soit l’âge, la fréquence moyenne de consommation de certains aliments par les enfants est extrêmement faible ; en effet, ce nombre varie de 0 à 0,2 fois pour les enfants de moins de 6 mois et de 0 à 1 fois pour les enfants de 6-9 mois. 180 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.5 Fréquence des aliments reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête Nombre moyen de fois que les enfants derniers-nés, âgés de moins de trois ans et vivant avec leur mère ont reçu certains aliments au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l'enquête, en fonction du fait qu'ils sont, ou non, allaités, selon l'âge en mois, EDSN-MICS III Niger 2006 Âge en mois Aliments pour bébé Autre lait/ fromage/ yaourt Autres liquides Nourriture à base de céréales Fruits/ légumes Nourriture à base de tubercules Nourriture à base de légumes Viande/ volaille/ poisson/ coquille./ oeufs Nourriture à base d'huile/ graisse ou beurre Fruits et légumes riches en vitamine A Effectif d'enfants ENFANTS ALLAITÉS AU SEIN <2 0,1 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 320 2-3 0,1 0,2 0,1 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 365 4-5 0,1 0,1 0,1 0,3 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 332 6-7 0,2 0,3 0,2 0,8 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 374 8-9 0,2 0,3 0,2 1,2 0,3 0,0 0,1 0,1 0,3 0,3 291 10-11 0,3 0,4 0,3 1,2 0,5 0,1 0,1 0,2 0,4 0,4 266 12-15 0,3 0,3 0,3 1,4 0,6 0,1 0,2 0,3 0,5 0,5 717 16-19 0,2 0,4 0,3 1,6 0,7 0,1 0,2 0,3 0,5 0,6 453 20-23 0,3 0,4 0,2 1,7 0,5 0,1 0,2 0,3 0,4 0,4 275 24-35 0,4 0,5 0,3 1,6 0,8 0,1 0,3 0,4 0,5 0,7 206 <6 0,1 0,1 0,1 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1 017 6-9 0,2 0,3 0,2 1,0 0,3 0,0 0,1 0,1 0,2 0,2 665 ENFANTS NON ALLAITÉS AU SEIN 16-19 0,4 0,6 0,4 1,7 0,8 0,2 0,3 0,4 0,4 0,7 74 20-23 0,3 0,6 0,4 1,6 0,9 0,1 0,2 0,4 0,6 0,7 166 24-35 0,3 0,5 0,4 1,8 0,8 0,2 0,3 0,4 0,6 0,6 1 064 Note: Le statut d'allaitement et les aliments consommés font référence à la période des dernières 24 heures (le jour et la nuit ayant précédé l’enquête). Les aliments riches en vitamine A comprennent : les citrouilles, l'igname rouge ou jaune, les carottes, les patates douces rouges, les légumes à feuilles vertes, les mangues et les papayes. Le tableau 11.6 présente le nombre moyen de fois que les enfants derniers-nés de moins de trois ans ont reçu des aliments particuliers dans les sept jours ayant précédé l’enquête. Les résultats font apparaître la même tendance que celle observée dans le tableau précédent ; la seule différence étant, comme on pouvait s’y attendre, que le nombre moyen est plus élevé pour les 7 derniers jours que pour les 24 dernières heures. Ainsi, en une semaine pour les enfants allaités, mis à part l’eau dont la fréquence est de 6,4 fois pour les enfants de moins de 6 mois et de 6,7 fois pour ceux de 6-9 mois, le nombre moyen de fois que l’enfant a reçu certains aliments se situe entre 0 et 0,8 pour les enfants de moins de 6 mois et varie de 0,2 à 3,9 fois pour ceux de 6-9 mois. Allaitement et État Nutritionnel | 181 Tableau 11.6 Fréquence des aliments reçus par les enfants au cours des sept jours ayant précédé l'enquête Nombre moyen de fois que les enfants derniers-nés, âgés de moins de trois ans et vivant avec leur mère ont reçu certains aliments déterminés au cours des sept jours ayant précédé l'enquête, en fonction du fait qu'ils sont, ou non, allaités, selon l'âge en mois, EDSN-MICS III Niger 2006 Âge en mois Eau Aliments pour bébé Autre lait Jus de fruit Autres liquides Nourriture à base de céréales Nourriture à base tubercules Fruits et légumes pauvres en vitamine A Nourriture à base de légumin- euses Fromage ou yaourt Viandes, volaille, poisson, coquillage, oeuf Nourriture à base d'huile, graisse ou beurre Potiron, igname rouge/ jaune, carottes, patate rouge sucrée Légumes à feuilles vertes Mangue, papaye, autres fruits riches en vitamine A Effectif d’enfants ENFANTS ALLAITÉS AU SEIN <2 6,1 0,4 0,3 0,1 0,0 0,3 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 320 2-3 6,4 0,5 0,3 0,2 0,1 0,6 0,0 0,0 0,0 0,2 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 365 4-5 6,7 0,8 0,4 0,2 0,3 1,4 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,4 0,1 0,1 0,0 332 6-7 6,7 1,3 0,5 0,3 0,5 3,3 0,2 0,2 0,3 0,4 0,3 0,8 0,3 0,2 0,1 374 8-9 6,8 1,3 0,7 0,3 0,6 4,7 0,3 0,3 0,6 0,6 0,6 1,6 0,6 0,4 0,3 291 10-11 6,7 2,0 0,8 0,5 0,7 5,2 0,6 0,5 0,7 0,7 1,0 1,6 0,7 0,6 0,3 266 12-15 6,8 1,7 0,8 0,4 0,8 5,8 0,6 0,6 0,9 0,6 1,3 2,3 0,9 0,8 0,5 717 16-19 6,9 1,7 0,7 0,5 0,8 6,1 0,6 0,7 1,0 0,9 1,5 2,5 0,9 0,9 0,6 453 20-23 6,8 2,0 1,0 0,3 0,6 6,2 0,6 0,5 1,0 0,7 1,4 1,7 0,9 0,8 0,6 275 24-35 6,7 2,4 1,2 0,6 0,9 6,1 0,8 0,6 1,2 1,1 1,7 2,3 1,3 1,0 0,7 206 <6 6,4 0,6 0,3 0,1 0,1 0,8 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,2 0,0 0,1 0,0 1 017 6-9 6,7 1,3 0,6 0,3 0,5 3,9 0,2 0,2 0,5 0,5 0,4 1,1 0,4 0,3 0,2 665 Ensemble 6,7 1,4 0,7 0,3 0,6 4,1 0,4 0,4 0,6 0,5 0,8 1,4 0,6 0,5 0,3 3 599 ENFANTS NON ALLAITÉS AU SEIN 16-19 6,4 2,3 1,2 0,9 1,3 6,5 1,0 1,0 1,5 1,2 2,0 2,2 1,4 1,2 0,9 74 20-23 6,6 1,7 1,4 0,8 1,5 6,4 1,1 1,3 1,1 1,2 1,9 2,8 1,5 1,3 1,0 166 24-35 6,8 1,8 1,1 0,6 1,1 6,3 0,8 0,9 1,2 0,8 1,7 2,6 1,2 1,0 0,8 1 064 Ensemble 6,7 1,8 1,2 0,6 1,2 6,2 0,9 0,9 1,2 0,8 1,8 2,6 1,2 1,0 0,8 1 359 Note : Le statut d'allaitement et les aliments consommés font référence à la période des dernières 24 heures (le jour et la nuit ayant précédé l’enquête). Les aliments riches en vitamine A comprennent : les citrouilles, l'igname rouge ou jaune, les carottes, les patates douces rouges, les légumes à feuilles vertes, les mangues et les papayes. 11.2 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS Les carences en vitamines et en minéraux peuvent être à l’origine de certaines maladies. Par exemple, la carence en vitamine A peut entraîner la cécité crépusculaire, celle de l’iode entraîne le goitre et le crétinisme, et un apport insuffisant en fer est à l’origine de l’anémie. Ces carences ont aussi des conséquences moins visibles, telles que l’affaiblissement du système immunitaire. 11.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages Il est reconnu que la faible consommation d’iode peut entraîner un retard dans le développement mental de l’enfant (crétinisme) et favoriser l’apparition du goitre chez les adultes. Elle peut également accroître les risques d’avortement spontané, de stérilité, de mortinatalité et de mortalité infantile. Jusqu’à une date récente, le sel produit localement n’était pas iodé et la consommation de sel iodé n’était donc pas généralisée. 182 | Allaitement et État Nutritionnel Lors de l’EDSN-MICS III, les enquêteurs ont demandé, dans chaque ménage, un peu de sel utilisé pour la cuisine. Ce sel a été testé au moyen d’un « kit » fourni par l’UNICEF pour déterminer sa teneur en iode. Ce test a permis de savoir si le sel n’était pas du tout iodé ou s’il était iodé à plus ou moins de 15 parties par million (ppm). Le sel qui contient au moins 15 ppm d’iode est considéré comme suffisamment iodé. Il faut noter que le sel a été testé dans 92 % des ménages, et que seulement 7 % des ménages ne disposaient pas de sel lors du passage des équipes d’enquête. Il ressort du tableau 11.7 que, dans l’ensemble, 78 % des ménages disposaient de sel iodé dont 46 % de sel adéquatement iodé (15 ppm et+) et 32 % dont la teneur du sel en iode n’était pas adéquate (moins de 15 ppm). À l’opposé, 22 % des ménages ne disposaient que de sel non iodé. Le pourcentage de ménages disposant de sel adéquatement iodé est légèrement plus élevé en milieu rural (47 %) qu’en milieu urbain (44 %). Par région, on constate que la proportion de ménages disposant de sel adéquatement iodé présente de très grandes variations ; c’est dans la région d’Agadez que l’on observe la proportion la plus faible (5 %) et à l’opposé, c’est celle de Diffa qui se caractérise par la proportion la plus élevée puisque 61 % des ménages y disposaient de sel adéquatement iodé. La disponibilité du sel adéquatement iodé dans les ménages ne varie pas de manière significative avec leur niveau de bien-être économique : 48 % des ménages du quintile le plus riche disposaient de sel iodé approprié contre 43 % de ceux du quintile le plus pauvre et 45 % de ceux du quatrième quintile. Tableau 11.7 Sel iodée dans le ménage Répartition (en %) des ménages dont le sel a été testé pour la présence d'iode selon la teneur en iode (parties par million), pourcentage de ménages dont le sel a été testé et pourcentage de ménages ne disposant pas de sel, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Sel iodé dans le ménage Caractéristique Sel non iodé (0 ppm) Contenu en iode inadéquat (<15 ppm) Contenu en iode adéquat (15+ ppm) Total Effectif de ménages Pourcentage de ménages testés Pourcentage de ménages sans sel Effectif de ménages Milieu de résidence Niamey 14,3 35,1 50,6 100,0 457 87,0 10,2 526 Autres Villes 25,8 35,5 38,7 100,0 687 88,8 8,9 774 Ensemble urbain 21,2 35,3 43,5 100,0 1 144 88,1 9,4 1 300 Rural 21,8 31,7 46,5 100,0 5 893 92,6 6,4 6 360 Région Niamey 14,3 35,1 50,6 100,0 457 87,0 10,2 526 Agadez 66,1 28,8 5,0 100,0 163 86,6 7,7 188 Diffa 6,1 33,1 60,8 100,0 229 90,1 7,1 254 Dosso 13,1 43,0 43,9 100,0 858 95,5 3,4 899 Maradi 12,8 31,8 55,3 100,0 1 475 91,3 7,8 1 615 Tahoua 25,5 29,2 45,3 100,0 1 398 93,0 6,5 1 503 Tillabéri 21,7 29,4 49,0 100,0 844 90,1 8,1 937 Zinder 30,9 30,7 38,4 100,0 1 612 92,7 6,3 1 738 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 23,9 33,2 42,9 100,0 1 397 93,4 6,0 1 497 Second 21,3 31,7 47,1 100,0 1 547 92,1 7,1 1 679 Moyen 20,9 31,7 47,4 100,0 1 417 93,0 5,8 1 524 Quatrième 22,8 32,0 45,2 100,0 1 428 92,0 6,8 1 552 Le plus riche 19,3 33,2 47,5 100,0 1 249 88,6 8,7 1 409 Ensemble 21,7 32,3 46,0 100,0 7 037 91,9 6,9 7 660 Allaitement et État Nutritionnel | 183 11.2.2 Consommation de vitamine A chez les enfants La vitamine A est nécessaire au développement et à la conservation du tissu épithélial, de l’appareil digestif et respiratoire, entre autres, et elle est essentielle au bon fonctionnement de la rétine. La vitamine A permet également de maintenir les défenses immunitaires de l’organisme. Elle est stockée par le foie, mais lorsque les quantités sont trop faibles ou épuisées, les conséquences de la carence deviennent manifestes. La carence en vitamine A, ou l’avitaminose A, affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder de maladies infectieuses. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants ; elle peut affecter aussi la santé des mères enceintes ou de celles qui allaitent. Toutefois, elle peut être évitée par des compléments de vitamine A et l’enrichissement des aliments. L’UNICEF et l’OMS recommandent que dans tous les pays qui ont une mortalité infanto juvénile supérieure à 70 pour mille, et dans lesquels la carence en vitamine est un problème de santé publique, un programme de contrôle de la vitamine A soit mis en place. Le tableau 11.8 présente le pourcentage d’enfants derniers-nés qui ont reçu des aliments riches en vitamine A au cours des sept derniers jours et le pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui ont reçu, au moins, une dose de vitamine A au cours des six derniers mois. Dans l’ensemble, plus de deux enfants de moins de cinq ans sur trois (70 %) ont reçu des compléments de vitamine A. Selon l’âge de l’enfant, on ne constate pas de différence importante ; cependant, on note que c’est à 24-35 mois que les enfants en ont reçu le plus fréquemment (71 %) et à 6-9 mois qu’ils en ont reçu le moins fréquemment (66 %). Les proportions d’enfants qui ont reçu des suppléments de vitamine A varient surtout selon le milieu et la région de résidence, le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être du ménage dans lequel vit l’enfant. Les enfants du milieu urbain sont proportionnellement plus nombreux à en avoir reçu (78 %) que ceux du milieu rural (68 %). En fonction des régions, les résultats montrent que c’est dans celles de Dosso (87 %), d’Agadez (86 %) et Tillabéri (83 %) que les proportions d’enfants ayant bénéficié de ce complément nutritionnel sont les plus élevées. À l’opposé, dans les régions de Maradi et Zinder, seulement 61 % en ont reçu. Selon le niveau d’instruction, on constate que les enfants des mères les plus instruites sont ceux qui ont le plus fréquemment bénéficié de cet apport nutritionnel (81 %, contre 68% pour ceux dont les mères sont sans instruction). Selon l’indice de bien-être, on note que les enfants des ménages les plus riches et ceux du quintile moyen ont un peu plus souvent reçu ces suppléments vitaminiques (respectivement 79 % et 71 %) que ceux des autres ménages (65 % et 66 % pour les deux premiers quintiles). En outre, on observe que les enfants dont l’âge de la mère à la naissance était inférieur à 20 ans ont moins fréquemment reçu de la vitamine A que les autres enfants (67 %). Cette proportion est un peu plus élevée quand la mère avait au moins 30-34 ans à la naissance de l’enfant (73 %). En ce qui concerne les autres caractéristiques (sexe, rang de naissance et statut de l’allaitement), les différences constatées ne sont pas importantes. Pour éviter l’avitaminose A, il est également recommandé que les enfants consomment des aliments riches en vitamine A. Parmi les derniers-nés de moins de trois ans, un peu plus d’un enfant sur cinq avait consommé des aliments riches en vitamine A au cours des sept jours ayant précédé l’enquête (23 %). 184 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.8 Consommation de micronutriments Pourcentage de derniers-nés, âgés de moins de trois ans et vivant avec leur mère qui ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des sept jours ayant précédé l'enquête, pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont reçu des compléments de vitamine A au cours des six mois ayant précédé l'enquête, et pourcentage d'enfants de moins de cinq ans vivant dans des ménages utilisant du sel adéquatement iodé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique A consommé des fruits et des légumes riches en vitamine A1 Effectif de derniers-nés2 A reçu des compléments de vitamine A Effectif d’enfants3 Pourcentage d’enfants vivant dans un ménage disposant de sel correctement iodé4 Effectif d’enfants5 Âge de l'enfant en mois <6 2,3 1 032 na na 48,9 1 008 6-9 13,1 667 66,0 678 47,9 643 10-11 21,6 270 70,9 272 46,3 250 12-23 30,7 1 719 70,3 1 782 51,2 1 697 24-35 34,6 1 270 71,1 1 704 50,8 1 611 36-47 na na 68,9 1 791 45,2 1 705 48-59 na na 69,5 1 455 50,0 1 390 Sexe Masculin 21,9 2 504 70,9 3 915 49,0 4 237 Féminin 24,0 2 454 68,3 3 767 49,0 4 067 Rang de naissance 2-3 24,5 716 69,6 1 176 49,9 1 266 4-5 23,6 1 359 69,3 2 161 49,4 2 349 6+ 20,9 1 229 68,2 1 871 49,2 2 010 Allaitement Allaité au sein 18,3 3 599 69,6 2 669 50,2 3 515 Non allaité au sein 35,4 1 338 69,7 4 952 47,9 4 722 ND 18,4 21 63,1 62 67,1 67 Milieu de résidence Niamey 42,2 309 71,3 483 51,4 513 Autres Villes 36,3 470 81,9 750 38,4 790 Ensemble urbain 38,7 778 77,7 1 232 43,5 1 304 Rural 20,0 4 180 68,1 6 451 50,0 7 000 Région Niamey 42,2 309 71,3 483 51,4 513 Agadez 27,7 106 86,4 178 4,0 186 Diffa 27,1 119 73,2 196 61,0 211 Dosso 35,0 674 86,8 1 065 46,0 1 169 Maradi 14,9 1 097 60,7 1 712 56,4 1 802 Tahoua 18,0 1 042 64,5 1 527 51,9 1 680 Tillabéri 33,6 671 82,9 1 019 54,7 1 077 Zinder 14,0 940 60,8 1 503 39,3 1 666 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 20,8 4 303 68,1 6 685 49,6 7 231 Primaire 30,1 478 79,1 727 45,7 794 Secondaire ou plus 54,1 178 81,2 271 44,2 279 Age de la mère à la naissance <20 21,1 867 66,7 1 372 49,3 1 496 20-24 22,3 1 299 68,9 2 200 50,9 2 325 25-29 22,7 1 226 69,2 1 777 48,3 1 919 30-34 24,4 799 73,3 1 204 48,6 1 340 35-49 24,6 766 71,5 1 129 46,6 1 224 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 14,9 1 085 64,9 1 648 45,2 1 777 Second 18,4 963 65,6 1 515 50,9 1 658 Moyen 21,5 938 70,7 1 477 50,8 1 588 Quatrième 23,6 1 027 68,9 1 585 50,0 1 715 Le plus riche 37,3 945 78,8 1 458 48,5 1 566 Ensemble 22,9 4 958 69,6 7 683 49,0 8 304 Note: L'information sur les suppléments de vitamine A est basée sur la déclaration des mères. na = Non applicable 1 Y compris les courges, l'igname rouge ou jaune, les carottes, les patates douces rouges, les légumes à feuilles vertes, les mangues, les papayes, et les autres fruits et légumes locaux qui sont riches en vitamine A. 2 Enfants derniers-nés de moins de 3 ans 3 Enfants de moins de 5 ans des femmes enquêtées 4 Le sel contient 15 ppm d’iode ou plus. Sont exclus les enfants qui vivent dans les ménages dont le sel n’a pas été testé 5 Enfants de moins de 5 ans vivant dans un ménage Allaitement et État Nutritionnel | 185 La consommation d’aliments riches en vitamine A augmente avec l’âge et ce sont ceux de 24-35 mois qui en ont consommé le plus fréquemment (35 %). Cependant, il faut souligner que les enfants non allaités sont presque deux fois moins nombreux à consommer ces aliments que ceux qui le sont (18 % contre 35 %). On peut penser que ces aliments sont probablement des aliments de substitution donnés aux enfants au moment du sevrage. Par rapport au milieu de résidence et à la région, les variations des proportions d’enfants ayant consommé des aliments riches en vitamine A sont relativement importantes. La proportion d’enfants qui ont reçu ce type d’aliments passe, par exemple, d’un minimum de 14 % dans la région de Zinder à un maximum de 42 % dans celle de Niamey. De même, on note que cette consommation d’aliments riches en vitamine A est plus élevée en milieu urbain (39 %) qu’en milieu rural (20 %). Selon le niveau d’instruction, les résultats montrent que lorsque la mère n’est pas instruite, cette proportion n’est que de 21 %, alors qu’elle atteint 31 % parmi ceux dont la mère a un niveau primaire et un maximum de 54 % chez les enfants dont la mère a, au moins, un niveau d’instruction secondaire. Enfin, la proportion d’enfants ayant reçu des aliments riches en vitamine A est de seulement 15 % dans les ménages les plus pauvres contre 37 % dans les ménages les plus riches. 11.2.3 Consommation de vitamine A et de fer chez les femmes Lors de l’enquête, on a également demandé aux mères ayant eu une naissance au cours des cinq dernières années si elles avaient reçu de la vitamine A au cours des deux premiers mois qui ont suivi l’accouchement. À cette question, 22 % des mères ont répondu qu’elles avaient effectivement reçu de la vitamine A après l’accouchement (tableau 11.9). Selon le milieu de résidence, les résultats montrent que 33 % des femmes ont reçu ces compléments en milieu urbain contre seulement 20 % en milieu rural. Au niveau régional, c’est dans la région de Tillabéri (12 %) que cette proportion est la plus faible, suivie de celles de Maradi et de Zinder (19 % dans les deux cas). À l’opposé, la région de Diffa (37 %) se caractérise par la proportion la plus élevée de femmes qui ont reçu ces suppléments. On note également que les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus sont proportionnellement plus nombreuses à avoir reçu ce type de supplément (42 % contre 32 % chez les femmes ayant le niveau d’instruction primaire et 20 % chez celles n’ayant aucune instruction). Pour lutter contre la cécité crépusculaire, il faut d’abord lutter contre la carence en vitamine A. En effet, la cécité crépusculaire a souvent pour cause une carence en vitamine A (ou avitaminose A), résultant d’une alimentation peu variée et d’une consommation insuffisante d’aliments contenant cette vitamine ; cette affection a un effet néfaste sur la santé des femmes. 186 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.9 Consommation de micronutriments par les mères Pourcentage de femmes qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui ont reçu une dose de vitamine A dans les deux mois qui ont suivi l'accouchement, pourcentage de celles qui ont souffert de cécité nocturne au cours de la grossesse, pourcentage de celles qui ont pris du fer sous forme de comprimés ou de sirop pendant un nombre déterminé de jours et pourcentage de celles vivant dans des ménages utilisant du sel adéquatement iodé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Prise de fer pendant la grossesse (en nombre de jours) Caractéristique A reçu vitamine A post- partum1 Cécité nocturne déclarée Cécité nocturne ajustée2 Aucun jour <60 60-89 90+ NSP/ND Effectif de femmes Pourcentage de femmes vivant dans des ménages disposant de sel adéquatement iodé Effectif de femmes Âge de la mère à la naissance <20 24,5 9,9 5,6 57,2 19,8 8,0 13,0 2,0 1 079 49,6 1 026 20-24 23,0 12,0 6,5 55,1 20,7 9,2 13,2 1,8 1 583 50,3 1 512 25-29 21,9 13,4 7,2 53,0 21,4 8,5 15,7 1,4 1 489 48,7 1 390 30-34 19,2 14,2 7,3 53,6 21,9 10,3 12,4 1,9 1 051 49,9 1 005 35-49 22,1 12,7 6,2 54,2 21,6 6,8 15,4 2,0 1 099 46,4 1 049 Effectif d'enfants nés vivants 1 26,6 9,4 5,8 50,4 23,7 8,3 15,5 2,1 893 50,7 838 2-3 22,1 11,6 5,8 53,5 21,1 9,2 13,7 2,4 1 672 48,3 1 600 4-5 21,0 13,3 6,8 54,7 20,4 9,3 14,3 1,3 1 521 49,5 1 437 6+ 21,3 13,8 7,3 56,9 20,4 7,7 13,4 1,6 2 215 48,7 2 107 Milieu de résidence Niamey 29,0 8,1 1,6 20,7 38,8 6,3 22,5 11,7 396 51,1 377 Autres Villes 36,3 8,1 2,3 29,8 26,2 10,8 28,5 4,7 578 39,2 541 Ensemble urbain 33,4 8,1 2,0 26,1 31,3 9,0 26,1 7,5 975 44,1 918 Rural 20,2 13,3 7,4 59,8 19,2 8,5 11,8 0,8 5 326 50,0 5 064 Région Niamey 29,0 8,1 1,6 20,7 38,8 6,3 22,5 11,7 396 51,1 377 Agadez 31,5 14,1 4,5 36,3 22,9 8,5 27,4 4,9 137 4,7 126 Diffa 36,7 18,0 1,9 56,0 22,0 7,7 13,5 0,9 146 61,5 139 Dosso 25,2 19,4 9,9 37,4 30,9 13,0 16,5 2,2 864 46,4 837 Maradi 18,5 8,0 6,0 65,2 9,4 5,5 18,8 1,2 1 372 56,4 1 281 Tahoua 29,8 11,7 5,4 57,2 22,2 10,4 10,0 0,2 1 293 52,6 1 229 Tillabéri 11,8 17,4 12,4 53,4 27,6 10,6 7,6 0,7 888 53,5 818 Zinder 18,8 10,3 4,4 65,8 15,2 6,2 11,6 1,2 1 205 38,8 1 175 Niveau d'instruction Aucune instruction 20,4 13,2 7,2 58,2 19,8 8,4 12,2 1,4 5 479 49,5 5 195 Primaire 31,5 8,1 3,6 35,5 28,2 9,7 23,1 3,5 601 47,8 576 Secondaire ou plus 41,8 5,2 0,8 16,6 33,0 9,8 33,7 6,8 220 41,2 210 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 18,5 16,4 8,9 63,5 17,8 6,9 11,1 0,7 1 338 46,0 1 265 Second 19,3 15,8 9,7 61,4 18,3 8,7 11,0 0,6 1 227 49,0 1 165 Moyen 19,3 12,4 6,1 62,1 19,4 7,6 10,0 0,8 1 245 50,4 1 187 Quatrième 20,0 10,7 6,1 57,0 20,5 8,9 12,3 1,3 1 318 50,8 1 255 Le plus riche 35,1 6,6 1,6 26,5 30,1 10,8 26,7 5,9 1 173 49,1 1 110 Ensemble 22,2 12,5 6,6 54,6 21,1 8,6 14,0 1,8 6 301 49,1 5 982 Note : Pour les femmes ayant eu plusieurs naissances vivantes dans les cinq dernières années, les données concernent la naissance la plus récente. 1 Dans les premiers mois après l'accouchement. 2 Les femmes ayant déclaré souffrir de cécité nocturne mais qui n’ont pas déclaré avoir des difficultés pour voir le jour. 3 Sel contenant 15 ppm d'iode ou plus. Sont exclues les femmes qui vivent dans un ménage dont le sel n'a pas été testé. Allaitement et État Nutritionnel | 187 Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes, si pendant leur grossesse elles avaient souffert de cécité crépusculaire, c’est-à-dire de problèmes de vue à la tombée de la nuit ou au cours de la nuit. Le tableau 11.9 indique qu’une femme sur huit (13 %) ayant eu un enfant au cours des cinq dernières années a déclaré que pendant sa grossesse, elle avait eu des difficultés pour voir à la tombée de la nuit. Cependant, une proportion importante de femmes ont déclaré avoir eu également des difficultés pour voir pendant la journée : ces femmes ont donc, probablement, des problèmes de vue, mais pas nécessairement des problèmes de cécité crépusculaire. C’est pourquoi une prévalence "ajustée" de la cécité crépusculaire a été calculée en éliminant de la cécité crépusculaire "déclarée" les femmes ayant également rapporté avoir des problèmes de vue pendant la journée. La prévalence de la cécité crépusculaire ainsi "ajustée" passe à 7 %. Les proportions de femmes considérées comme étant atteintes de cécité crépusculaire varient peu selon l’âge de la femme (de 6 % à 7 %) et le nombre d’enfants nés vivants (de 6 % à 7 %). On note cependant que cette forme de cécité est beaucoup plus fréquente en milieu rural (7 %) qu’en milieu urbain (2 %). Au niveau régional, c’est Tillabéri qui détient la proportion la plus élevée de femmes ayant souffert de cécité crépusculaire (12 %) et la région de Niamey la plus faible ( 2 %). Les résultats selon le niveau de bien-être économique montrent que par rapports aux ménages les plus riches, la proportion de femmes atteintes de cécité crépusculaire est cinq fois plus élevée dans les ménages du second quintile (10 % contre 2 %) ; dans les ménages les plus pauvres, cette proportion est plus de quatre fois plus élevée (9 % contre 2 %). Les résultats montrent qu’il y a également une différence importante selon le niveau d’instruction de la mère, la proportion variant de moins d’un pour cent parmi les plus instruites à 7 % parmi celles sans instruction. Le tableau 11.9 fournit également les proportions de femmes ayant pris des comprimés de fer durant la grossesse. Dans l’ensemble, plus d’une femme sur deux (55 %) a déclaré n’avoir pas pris de supplément de fer pendant sa grossesse ; à l’opposé, 21 % en ont pris pendant moins de 60 jours, 9 % entre 60 et 89 jours et 14 % pendant au moins trois mois. C’est parmi les femmes de la région de d’Agadez (27 %) et parmi les plus instruites (34 %) que l’on observe les proportions les plus élevées de celles qui en ont pris pendant au moins 90 jours. Par contre, dans la région de Tillabéri, cette proportion n’atteint pas le dixième des femmes (8 %) ; de même, parmi les femmes du milieu rural et celles sans instruction, ces proportions sont relativement faibles (12 % dans les deux cas). 11.3 ANÉMIE Le manque de fer est la forme de carence en micronutriments la plus répandue dans le monde et elle affecte plus de 3,5 milliards d’individus dans les pays en développement (ACC/SCN, 2000). L’anémie est une affection caractérisée par une réduction du nombre de globules rouges et un affaiblissement de la concentration de l’hémoglobine dans le sang. L’anémie est habituellement la conséquence d’une déficience alimentaire en fer, en vitamine B12 ou en d’autres nutriments. Bien que l’anémie puisse être causée par des parasitoses, des hémorragies, des affections congénitales ou des maladies chroniques, elle est due le plus souvent à une déficience alimentaire, dont à la base, un manque de fer (DeMaeyer, 1989 ; Yip, 1994). Au cours de l’EDSN-MICS III 2006, en plus de la mesure de la taille et du poids des femmes et des enfants, on a également procédé à un prélèvement de sang. Précisons que ce test n’a eu lieu que dans un ménage sur deux de l’échantillon. Le prélèvement était réalisé de la manière suivante : (a) du sang capillaire était prélevé au moyen d’une piqûre au doigt faite à l’aide d’une petite lance rétractable (Tenderlette) ; (b) on laissait alors tomber une ou deux gouttes de sang dans une cuvette miniature que l’on plaçait ensuite dans un hémoglobinomètre portatif (HemoCue), appareil qui, en moins d’une minute, pouvait donner une mesure exacte du niveau (en grammes) d’hémoglobine par décilitre de sang ; et (c) cette valeur était enfin enregistrée dans le questionnaire. 188 | Allaitement et État Nutritionnel L’anémie peut être classée en trois niveaux selon la concentration de l’hémoglobine dans le sang ; cette classification a été développée par des chercheurs de l’OMS (DeMaeyer, 1989). Ainsi, l’anémie est considérée comme sévère si la mesure d’hémoglobine par décilitre de sang est inférieure à 7,0 g/dl, elle est modérée si cette valeur se situe entre 7,0 et 9,9 g/dl et enfin, elle est qualifiée de légère si la mesure se situe entre 10,0 et 11,9 g/dl. Pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, l’anémie sera considérée comme légère si le niveau d’hémoglobine se situe entre 10,0 et 10,9 g/dl. Le niveau d’hémoglobine dans le sang augmente avec l’altitude. Ceci est dû au fait que la pression partielle de l’oxygène diminue en haute altitude, et il en est de même pour la saturation d’oxygène dans le sang ; on assiste de plus à un phénomène de compensation qui fait augmenter la production de globules rouges afin d’assurer une irrigation sanguine adéquate (CDC, 1998). En d’autres termes, plus l’altitude est élevée, plus le besoin d’hémoglobine dans le sang augmente. Au Niger, la majorité de la population vivant dans des régions de faibles altitudes, il ne s’est pas avéré nécessaire d’ajuster les valeurs de la concentration d’hémoglobine dans le sang. 11.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants Le tableau 11.10 indique qu’au Niger plus de huit enfants de 6-59 mois sur dix (84 %) sont atteints d’anémie : 21 % sous une forme légère, 56 % sous une forme modérée et 7 % sont atteints d’anémie sévère. Du point de vue de l’âge, c’est entre 12 et 23 mois que les enfants sont les plus touchés par l’anémie (92 %). Comme nous l’avons vu précédemment, c’est la période pendant laquelle beaucoup d’enfants ne reçoivent pas de compléments alimentaires en quantité et en qualité suffisantes. L’âge de la mère à la naissance de l’enfant, en particulier quand il est très jeune (15-19 ans), influence de manière très nette le niveau de la prévalence : en effet, la quasi-totalité des enfants dont la mère avait 15-19 ans à la naissance sont anémiés (93 %) et 14 % sont atteints d’anémie sévère. Les résultats ne font apparaître aucun écart entre les sexes ; par contre les écarts sont importants entre les milieux de résidence (78 % en milieu urbain contre 85 % en milieu rural et entre régions (75 % à Diffa, 78 % à Tillabéri et plus de 80 % dans les autres régions) (graphique 11.1) Selon le niveau d’instruction, les résultats mettent en évidence une proportion d’enfants anémiés plus élevée parmi ceux dont la mère est sans instruction que parmi les autres (86 % contre 78 % quand la mère est instruite). Enfin, les résultats selon le quintile de bien-être montrent que la prévalence de l’anémie des enfants diminue des ménages les plus pauvres aux plus riches (85 % contre 80 %). La majorité des enfants anémiés le sont modérément (56 %), et ils présentent pratiquement les mêmes caractéristiques que l’ensemble des enfants anémiés ; Les enfants souffrant d’anémie sévère présentent un profil sociodémographique différent de celui des enfants présentant la forme légère. On observe ainsi que la prévalence de l’anémie sévère dans les régions les plus touchées (Tahoua, Dosso et Agadez) est deux à trois plus élevée que dans les régions les moins touchées (Diffa et Zinder). Les enfants de mère sans instruction souffrent, également, beaucoup plus d’anémie sévère que ceux des mères de niveau secondaire ou plus (8 % contre 4 %). La proportion d’enfants sévèrement anémiés et dont la mère avait 15-19 ans à leur naissance est près de trois plus élevée que celle des enfants dont la mère avait 30-34 ans (14 % contre 5 %) (graphique 11.2). Enfin, la prévalence de l’anémie sévère des enfants des ménages les plus pauvres est plus de deux fois plus élevée que celle des enfants des ménages les plus riches (9 % contre 4 %). Allaitement et État Nutritionnel | 189 Tableau 11.10 Prévalence de l'anémie chez les enfants Pourcentage d'enfants de 6-59 mois anémiés, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Niveau d’anémie Caractéristique Pourcentage d’enfants anémiés Légère (10,0-10,9 g/dl) Modérée (7,0-9,9 g/dl) Sévère (inférieur à 7,0 g/dl) Effectif d'enfants Âge de l'enfant en mois 6-9 88,3 19,3 62,9 6,1 314 10-11 88,7 14,8 68,4 5,4 121 12-23 92,3 12,4 68,6 11,3 802 24-35 85,1 19,4 56,1 9,7 852 36-47 80,9 23,3 53,2 4,5 911 48-59 74,3 28,9 42,1 3,4 732 Sexe Masculin 84,2 19,3 57,4 7,4 1 906 Féminin 83,6 21,8 55,1 6,7 1 826 Rang de naissance 2-3 82,1 20,8 54,9 6,4 499 4-5 84,8 20,1 55,0 9,7 928 6+ 85,6 21,1 57,9 6,6 789 Intervalle intergénésique en mois Première naissance2 82,2 20,9 54,8 6,6 501 <24 83,6 22,1 53,8 7,8 563 24-47 86,1 20,5 57,7 7,9 1 804 48+ 85,1 20,7 58,3 6,1 474 Milieu de résidence Niamey 80,4 23,0 50,6 6,7 215 Autres Villes 76,0 25,6 46,1 4,4 348 Ensemble urbain 77,7 24,6 47,8 5,3 563 Rural 85,0 19,8 57,8 7,4 3 169 Région Niamey 80,4 23,0 50,6 6,7 215 Agadez 84,0 21,2 54,4 8,4 64 Diffa 75,0 23,6 48,0 3,4 104 Dosso 88,3 21,3 57,6 9,4 546 Maradi 85,5 20,9 57,8 6,8 884 Tahoua 86,9 16,8 60,0 10,1 771 Tillabéri 77,6 19,2 52,4 5,9 384 Zinder 81,3 22,8 54,7 3,7 764 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 85,6 20,1 57,9 7,6 2 962 Primaire 78,2 25,3 47,0 5,9 359 Secondaire ou plus 77,8 23,5 49,9 4,4 126 Age de la mère 15-19 92,6 15,1 63,9 13,6 171 20-24 85,2 18,5 58,4 8,3 761 25-29 84,2 20,6 55,8 7,8 920 30-34 87,5 22,3 58,2 7,1 668 35-49 80,8 22,9 53,0 4,9 926 Enfants des mères enquêtées 84,9 20,8 56,7 7,4 3 341 Enfants de mère non enquêtée3 Mère vivant dans le ménage 73,2 19,6 50,6 3,0 106 Mère ne vivant pas dans le ménage4 75,9 17,3 53,9 4,6 284 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 85,3 17,6 58,4 9,3 743 Second 87,6 18,7 61,9 7,1 757 Moyen 84,2 20,4 56,3 7,4 765 Quatrième 82,5 21,4 53,6 7,5 765 Le plus riche 79,7 24,8 51,0 3,9 702 Ensemble 83,9 20,5 56,3 7,1 3 732 Note: Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit ayant précédé l'enquête. g/dl = grammes par décilitre 1 Sont exclus les enfants dont la mère n'a pas été enquêtée. 2 Les premières naissances multiples (jumeaux ou triplets, etc.) sont considérées comme première naissance car elles n'ont pas d'intervalle intergénésique précédent. 3 Pour les femmes qui n'ont pas été enquêtées, les caractéristiques sociodémographiques proviennent du questionnaire ménage. Non compris les enfants dont la mère n'est pas listée dans le ménage. 4 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 190 | Allaitement et État Nutritionnel Graphique 11.1 Prévalence de l'anémie (enfants de moins de 5 ans) EDSN-MICS III 2006 84 80 76 78 85 80 84 75 88 86 87 78 81 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural RÉGION Niamey Agadez Diffa Dosso Maradi Tahoua Tillabéri Zinder 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Anémie Légère Modérée Sévère Graphique 11.2 Prévalence de l'anémie selon l’âge de la mère à la naissance de l’enfant EDSN-MICS III 2006 84 93 85 84 88 81 NIGER Âge de la mère 15-19 20-24 25-29 30-34 35-49 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Anémie Légère Modérée Sévère Allaitement et État Nutritionnel | 191 11.3.2 Prévalence de l’anémie chez les femmes Le tableau 11.11 présente les résultats des tests d’anémie pour les femmes. Près d’une femme sur deux est anémiée (46 %) : 32 % souffrent d’anémie sous sa forme légère, 13 % sous une forme modérée et 1 % sous une forme sévère. La prévalence de l’anémie varie en fonction des différentes variables sociodémographiques. En effet, elle est plus élevée chez les femmes de 35-44 ans (entre 48 % et 50 %) que chez les femmes les plus jeunes. Les femmes enceintes qui sont plus vulnérables sont plus fréquemment anémiées (61 %) que les autres. L’allaitement ne semble pas augmenter le risque d’anémie d’une manière significative, la prévalence étant quasiment identique à celles des femmes qui ne sont ni enceintes ou qui n’allaitent pas (42 % contre 43 %). On constate également des écarts de prévalence entre les milieux de résidence et entre les régions. Les femmes du milieu urbain sont moins fréquemment anémiées que celles du milieu rural (39 % contre 47 %). Au niveau régional, on distingue deux groupes de régions : celui où la prévalence de l’anémie est élevée (au moins 47 %) qui comprend les régions de Zinder (53 %), Maradi (49 %), Agadez (48 %) et Tahoua (48 %) et le groupe où la prévalence est plus faible (entre 37 % et 40 %) qui comprend les régions de Tillabéri (38 %), Diffa et Dosso (40 % dans chaque cas) et de Niamey (37 %). La prévalence de l’anémie diminue significativement avec le niveau d’instruction (48 % pour les femmes non instruites contre 36 % pour celles ayant atteint le niveau secondaire) et avec le niveau de bien-être (51 % pour les femmes des ménages les plus pauvres contre 37 % pour celles des ménages les plus riches). Près d’un tiers des femmes sont anémiées sous la forme légère (32 %), 13 % en souffrent sous la forme modérée et seulement 1 % sont sévèrement anémiées. Il faut noter que c’est parmi les femmes enceintes (3 %) et parmi les femmes de la région de Zinder (4 %) que la prévalence de l’anémie sévère est la plus élevée. 192 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.11 Prévalence de l'anémie chez les femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans anémiées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Niveau d'anémie Caractéristique Pourcent age de femmes anémiées Anémie légère Anémie modérée Anémie sévère Effectif de femmes Groupe d’âges1 15-19 46,6 29,9 15,4 1,3 785 20-24 44,6 31,6 11,8 1,3 801 25-29 41,3 29,1 10,8 1,3 815 30-34 47,0 33,4 12,6 0,9 638 35-39 48,2 31,7 14,6 1,8 549 40-44 49,8 36,9 10,1 2,8 418 45-49 43,4 31,4 11,0 1,0 301 Enfants nés vivants Aucun enfant 44,3 30,9 11,8 1,6 753 1 47,5 29,7 16,4 1,3 476 2-3 42,8 30,4 10,8 1,6 916 4-5 43,0 29,9 11,7 1,5 786 6+ 48,9 34,4 13,2 1,3 1 377 État de la femme Enceinte 61,3 30,7 28,0 2,7 627 Allaite au sein 42,3 31,9 9,3 1,1 1 662 Ni l'un, ni l'autre 43,4 31,7 10,4 1,3 2 019 Milieu de résidence Niamey 37,0 27,1 9,2 0,7 373 Autres Villes 40,2 28,2 11,0 1,1 470 Ensemble urbain 38,8 27,7 10,2 0,9 843 Rural 47,2 32,6 13,1 1,6 3 465 Région Niamey 37,0 27,1 9,2 0,7 373 Agadez 48,1 29,7 16,1 2,3 100 Diffa 40,4 29,4 9,8 1,2 108 Dosso 40,4 28,9 10,4 1,1 653 Maradi 48,7 34,5 13,0 1,2 867 Tahoua 47,8 33,2 13,9 0,7 929 Tillabéri 38,3 27,6 10,3 0,4 482 Zinder 52,5 33,8 15,0 3,7 797 Niveau d'instruction2 Aucune instruction 47,6 32,4 13,5 1,7 3 574 Primaire 35,4 27,9 7,5 0,0 461 Secondaire ou plus 36,0 27,1 8,0 0,8 272 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 50,6 35,7 13,6 1,3 739 Second 48,5 32,7 14,4 1,4 834 Moyen 47,0 33,3 11,8 1,9 929 Quatrième 46,5 30,8 14,4 1,4 861 Le plus riche 36,7 26,5 9,0 1,3 945 Ensemble 45,6 31,6 12,5 1,4 4 308 Note : Le tableau est basé sur les femmes qui ont dormi dans le ménage la nuit ayant précédé l'enquête. Les femmes enceinte avec un taux d'hémoglobine <7,0 g/dl et les femmes non enceintes ayant <8,0 g/dl ont une anémie sévère; les femmes enceintes ayant 7,0-9,9 et les femmes non enceintes ayant 8,0-9,9 g/dl souffrent d'anémie modérée, et les femmes enceintes avec un taux de 10,0-10,9 g/dl et les femmes non enceintes avec un taux de 10,0-11,9g/dl souffrent d'anémie légère. 1 Pour les femmes qui n'ont pas été enquêtées, l'information provient du questionnaire ménage. 2 Non compris les femmes qui n'ont pas été enquêtées. Allaitement et État Nutritionnel | 193 Le tableau 11.12 présente la prévalence de l’anémie chez les enfants selon la gravité de l’anémie chez leur mère. Dans 3 320 cas, on dispose à la fois de données sur les enfants et sur leurs mères. Globalement, les résultats montrent que quand la mère est anémiée, la proportion d’enfants anémiés est légèrement supérieure à celle observée au niveau global (87 % contre 85 %) ; quand la mère est anémiée sous la forme modérée, 91 % des enfants souffrent d’anémie et 61 % en sont affectés sous la forme modérée. Quelle que soit la gravité de l’anémie de la mère, c’est toujours sous la forme modérée que l’on constate les proportions les plus élevées d’enfants anémiés. Cependant quand la mère est anémiée sous la forme modérée, 15 % des enfants le sont aussi. Le fait que la mère soit elle-même anémiée semble donc être un facteur déterminant de la prévalence de l’anémie chez les enfants. Tableau 11.12 Prévalence de l'anémie chez les enfants selon le niveau d'anémie de la mère Pourcentage d'enfants de 6-59 mois par niveau d'anémie, selon le niveau d'anémie de la mère, EDSN-MICS III Niger 2006 Niveau d’anémie Anémie de la mère Pourcentage d’enfants anémiés Légère (10,0-10,9 g/dl) Modérée (7,0-9,9 g/dl) Sévère (en dessous de 7,0 g/dl) Effectif d'enfants Anémié 86,8 20,5 56,9 9,3 1 478 Niveau d'anémie Anémie légère 86,1 22,4 55,8 7,9 1 072 Anémie modérée 90,7 15,3 60,9 14,5 364 Anémie sévère 70,9 18,6 50,3 2,0 43 Ensemble 85,0 20,9 56,6 7,4 3 320 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit ayant précédé l'enquête. La prévalence est ajustée en fonction de l'altitude (et en fonction du fait que la mère fume ou non) en utilisant la formule du CDC, 1998. Le tableau concerne seulement les enfants et les mères dont les taux d'hémoglobine sont disponibles. 11.3.3 Prévalence de l’anémie chez les hommes Le tableau 11.13 présente les résultats du test de l’anémie pour les hommes de 15-59 ans. Près d’un quart des hommes sont anémiés (24 %). Dans 12 % des cas, les hommes présentent une anémie légère ; 11 % souffrent d’anémie modérée et enfin, 1 % en sont atteints sous la forme sévère. Les résultats selon l’âge montrent que c’est parmi ceux de 15-19 ans (39 %) et ceux de 55-59 ans (33 %) que la prévalence de l’anémie est la plus élevée. À l’opposé, dans les groupes d’âges 25-29 ans et 40-44 ans, cette carence ne touche que respectivement 15 % et 16 % des hommes. On constate en outre que cette prévalence varie selon le milieu de résidence puisqu’en milieu rural 26 % des hommes sont anémiés contre 18 % en milieu urbain. De même, dans les régions, on note des écarts importants : dans les régions de Maradi (30 % ), Tillabéri (27 %) et Dosso (26 %), la prévalence est environ deux fois plus élevée qu’à Diffa (14 %) qui se caractérise par la proportion la plus faible d’hommes anémiés. Le niveau d’instruction semble influencer le niveau de cette prévalence puisque 17 % des hommes ayant un niveau secondaire ou plus présentent un état d’anémie contre 27 % parmi ceux ayant un niveau primaire et 25 % parmi ceux sans instruction. Enfin, les résultats en fonction des quintiles de bien-être économique ne font pas apparaître de variations régulières, cependant on note que dans le quintile le plus riche, 18 % des hommes sont anémiés contre, au moins, un quart dans les autres quintiles (entre 25 % et 28 %). Enfin, on constate comme chez les femmes, que les hommes sans instruction souffrent plus fréquemment d’anémie que ceux qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus (25 % contre 17 %). Les résultats selon les quintiles de bien-être mettent en évidence une prévalence plus faible dans le quintile le plus riche par rapport aux autres (18 % contre au moins un quart dans les autres). 194 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.13 Prévalence de l'anémie chez les hommes Pourcentage d'hommes de 15-49 ans anémiés, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Niveau d'anémie Caractéristique Pourcentage d’hommes anémiés (<13 g/dl) Anémie légère (12-12.9 g/dl) Anémie modérée (9.0 -11.9 g/dl) Anémie sévère (<9 g/dl) Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-19 39,0 16,8 19,7 2,5 512 20-24 18,0 10,0 7,6 0,4 404 25-29 15,2 8,5 6,3 0,4 388 30-34 19,0 11,6 7,5 0,0 351 35-39 24,0 14,4 9,2 0,3 320 40-44 16,0 6,8 7,4 1,8 304 45-49 29,2 16,2 11,4 1,6 282 50-54 23,5 12,0 11,1 0,4 225 55-59 33,0 16,5 15,7 0,8 133 Milieu de résidence Niamey 17,9 9,2 7,2 1,5 322 Autres villes 17,8 8,7 7,7 1,4 374 Ensemble urbain 17,8 8,9 7,5 1,4 696 Rural 26,0 13,5 11,7 0,9 2 222 Région Niamey 17,9 9,2 7,2 1,5 322 Agadez 17,5 9,3 8,0 0,2 65 Diffa 13,5 7,0 5,6 0,9 87 Dosso 25,5 14,3 10,3 1,0 375 Maradi 30,3 16,4 13,1 0,8 618 Tahoua 23,9 12,7 10,2 1,1 551 Tillabéri 26,9 11,7 14,4 0,8 298 Zinder 21,0 10,0 9,9 1,1 602 Niveau d'instruction Aucune instruction 24,8 12,9 10,9 0,9 2 033 Primaire 26,7 13,6 11,7 1,5 493 Secondaire ou plus 16,7 8,2 7,7 0,8 384 ND 29,4 3,6 25,8 0,0 8 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 26,9 12,5 13,0 1,5 406 Second 27,8 15,7 11,0 1,1 532 Moyen 24,8 13,0 11,1 0,7 631 Quatrième 26,3 13,7 11,8 0,8 591 Le plus riche 17,6 8,5 8,0 1,1 759 Ensemble 24,1 12,4 10,7 1,0 2 919 11.4 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES L’un des objectifs de l’enquête est d’évaluer l’état nutritionnel des enfants de moins de trois ans et de celui des mères. 11.4.1 État nutritionnel des enfants Méthodologie La malnutrition protéino énergétique chez les enfants désigne un ensemble de désordres caractérisés avant tout par un arrêt ou un retard de la croissance. Elle résulte à la fois des apports alimentaires inadéquats et de la morbidité. La malnutrition peut être évaluée par des critères cliniques, des Allaitement et État Nutritionnel | 195 analyses biochimiques ou des mesures anthropométriques. Cependant, pour des raisons pratiques, la plupart des enquêtes nutritionnelles utilisent des indicateurs anthropométriques. Chez les enfants âgés de moins de 5 ans, les indicateurs les plus utilisés sont le poids en fonction de l'âge (poids-pour-âge), la taille en fonction de l'âge (taille-pour-âge) et le poids en fonction de la taille (poids-pour-taille). Ces indices sont exprimés en terme de nombre d’unités d’écart-type (Z-score) par rapport à la médiane de la population de référence internationale NCHS/CDC/OMS1. La définition conventionnelle de la malnutrition chez les enfants, proposée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est le poids-pour- âge, la taille-pour-âge ou le poids-pour-taille inférieurs à moins 2 écarts-type ; lorsque le niveau atteint moins 3 écarts-type la malnutrition est considérée comme sévère. x La taille-pour-âge est une mesure spécifique du retard de croissance. x Le poids-pour-taille est une mesure spécifique de la maigreur ou de l’émaciation. x Le poids-pour-âge constitue un bon reflet de l'état nutritionnel global de l'enfant et peut être utilisé pour suivre le gain pondéral d’un enfant. Cependant, on sait qu’il ne permet pas de distinguer l'émaciation du retard de croissance. Le tableau ci-dessous est une classification des niveaux de prévalence de la malnutrition (-2 écart type) utilisés par l’OMS pour catégoriser l’importance des niveaux de malnutrition en terme de santé publique : Niveau de malnutrition Indicateurs Faible Moyen Élevé Très élevé Taille-pour-âge <20 % •20 % et <30 % •30 % et < 40 % • 40 % Poids-pour-taille <5 % •5 % et <10 % •10 % et <15 % •15 % Poids-pour-âge <10 % •10 % et <20 % •20 % et <30 % •30 % Retard de croissance Les enfants dont la taille-pour-âge se situe en dessous de moins deux écarts-type de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant de retard de croissance, ceux se situant en dessous de moins trois écarts-type sont considérés comme souffrant de retard de croissance sous la forme sévère. Selon les résultats du tableau 11.13 concernant l'indice taille-pour-âge, on constate qu’au Niger, un enfant sur deux (50 %) souffre de retard de croissance : 20 % sous la forme modérée et 30 % souffrent de retard de croissance sévère. Ce niveau est classé comme étant très élevé. Cette forte prévalence du retard de croissance présente des écarts importants en fonction des variables sociodémographiques. Selon l'âge, on observe des variations importantes de la prévalence du retard de croissance, qu’elle soit modérée ou sévère (tableau 11.14 et graphique 11.3). La proportion d’enfants accusant un retard de croissance augmente très régulièrement et très rapidement avec l’âge : de 6 % à moins de 6 mois, la prévalence du retard de croissance augmente pour atteindre 61 % à entre 12 et 47 mois. 1 NCHS : National Center for Health Statistics (Centre National des Statistiques Sanitaires, des États-Unis) ; CDC : Centers for Disease Control and Prevention (Centres de contrôle et prévention des maladies des États-Unis) ; OMS : Organisation Mondiale de la Santé. 196 | Allaitement et État Nutritionnel Le retard de croissance touche de façon similaire les garçons et les filles (51 % contre 49 %). Par ailleurs, les enfants nés quatre années après l’enfant précédent sont beaucoup moins touchés par le retard de croissance que les autres (42 % contre 50 % quand l’intervalle est de 24-47 mois et 58 % quand il est inférieur à 24 mois). De même, la prévalence du retard de croissance est beaucoup plus élevée parmi les enfants très petits à la naissance (56 %) que parmi ceux qui étaient petits (54 %) ou bien qui étaient moyens ou très gros (49 %). Tableau 11.14 État nutritionel des enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans considérés comme atteints de malnutrition selon les trois indices anthropométriques de l'état nutritionnel (taille-pour-âge, poids-pour-taille et poids-pour-âge), selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Taille-pour-âge Poids-pour-taille Poids-pour-âge Caractéristique Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Effectif d'enfants Âge de l'enfant en mois <6 1,6 6,1 0,7 4,8 0,9 3,9 443 6-9 8,1 20,9 3,0 14,1 6,8 26,7 322 10-11 18,3 40,9 2,5 18,3 24,1 48,5 125 12-23 35,1 60,8 2,6 19,1 22,0 59,4 810 24-35 37,0 60,7 1,4 9,9 22,1 54,1 841 36-47 39,5 60,7 0,9 6,8 15,4 49,4 912 48-59 31,9 53,5 1,0 5,8 10,9 42,1 732 Sexe Masculin 30,5 51,4 2,0 11,2 16,6 45,0 2 162 Féminin 28,9 48,5 1,1 9,4 13,9 43,8 2 023 Rang de naissance2 Première naissance3 27,4 50,3 2,6 9,9 14,4 44,8 590 2-3 27,3 50,2 2,4 9,7 14,3 44,8 589 4-5 28,3 47,5 1,9 10,0 15,5 41,9 1 053 6+ 29,9 51,0 1,6 10,8 14,3 43,4 925 Intervalle intergénésique en mois2 <24 36,7 57,6 1,9 11,6 21,4 49,3 616 24-47 29,6 49,8 1,4 10,9 15,7 44,4 2 062 48+ 23,6 42,3 0,8 9,9 9,5 38,4 572 Taille à la naissance2 Très petit 33,2 56,0 2,2 11,8 22,4 54,3 200 Petit 34,5 53,8 1,9 14,2 22,7 53,0 666 Moyen ou très gros 28,2 48,7 1,5 10,0 13,5 41,9 2 933 Manquant 21,5 71,9 0,0 0,0 14,2 41,2 19 Milieu de résidence Niamey 8,6 21,3 1,2 6,7 3,7 18,1 250 Autres Villes 18,3 38,0 0,7 9,5 9,3 33,6 369 Ensemble urbain 14,4 31,3 0,9 8,4 7,1 27,3 619 Rural 32,4 53,3 1,6 10,6 16,7 47,3 3 566 Région Niamey 8,6 21,3 1,2 6,7 3,7 18,1 250 Agadez 20,1 38,8 1,6 10,5 7,0 29,2 71 Diffa 24,2 46,6 2,1 12,7 16,6 45,0 104 Dosso 19,6 41,2 2,5 10,3 10,5 37,3 602 Maradi 43,6 62,2 1,0 11,6 22,8 54,0 940 Tahoua 24,2 46,7 1,5 10,3 12,0 41,8 892 Tillabéri 24,2 46,7 1,5 8,7 13,9 41,2 533 Zinder 39,3 58,7 1,5 10,6 18,8 52,9 794 Suite. Allaitement et État Nutritionnel | 197 Tableau 11.14—Suite Taille-pour-âge Poids-pour-taille Poids-pour-âge Caractéristique Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Effectif d'enfants Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 31,0 51,4 1,7 10,8 16,1 45,8 3 410 Primaire 22,5 45,4 1,7 10,4 13,5 40,9 391 Secondaire ou plus 7,5 21,5 0,0 7,3 2,5 14,1 138 Âge de la mère4 15-19 31,5 50,0 2,1 12,4 18,1 48,7 239 20-24 27,3 48,9 2,4 10,1 14,6 41,8 864 25-29 31,6 50,6 1,9 10,9 17,4 44,2 1 048 30-34 27,7 47,7 1,5 9,8 13,5 43,0 768 35-49 29,6 51,1 0,6 11,0 14,7 46,2 1 020 Enfants des mères enquêtées 29,5 50,0 1,6 10,7 15,5 44,4 3 840 Enfants de mère non enquêtée Mère vivant dans le ménage 24,1 40,2 2,3 8,0 9,9 38,6 99 Mère ne vivant pas dans le ménage5 36,1 54,2 0,5 4,5 14,2 46,9 245 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 32,5 53,7 1,5 11,7 18,5 48,0 829 Second 31,0 51,1 1,4 11,0 14,6 46,5 875 Moyen 31,2 53,6 1,6 11,7 18,2 49,2 860 Quatrième 34,7 53,4 2,2 8,7 17,1 46,8 844 Le plus riche 18,5 37,2 0,9 8,3 7,5 30,2 776 Ensemble 29,8 50,0 1,5 10,3 15,3 44,4 4 185 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'enquête. Chaque indice est exprimé en terme de nombre d'unités d'écart type (ET) par rapport à la médiane de la Population de Référence Internationale du NCHS/CDC/OMS. Le tableau présente les pourcentages d'enfants qui se situent à moins de -3 ET ou à moins de -2 ET de la médiane de la population de référence. 1 Y compris les enfants qui se situent à moins de -3 ET de la médiane de la population de référence. 2 Non compris les enfants dont la mère n'a pas été enquêtée. 3 Les premières naissances multiples (jumeaux ou triplets, etc.) sont considérées comme premières naissances car elles n'ont pas d'intervalle intergénésique précédent. 4 Pour les femmes qui n'ont pas été enquêtées, les informations proviennent du questionnaire ménage. Sont exclus les enfants dont la mère n'a pas été listée dans le questionnaire ménage. 5 Y compris les enfants dont la mère est décédée. Le niveau d'instruction de la mère est la variable en fonction de laquelle l'état nutritionnel des enfants présente les variations les plus fortes : les enfants dont la mère n'a aucune instruction sont plus affectés par le retard de croissance (51 %) que ceux dont la mère a le niveau primaire (45 %) et plus de deux fois plus que ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus (22 %). Il en est de même pour le retard de croissance sévère qui est de 31 % parmi les enfants dont la mère n'a aucune instruction contre 8 % pour les enfants dont la mère a un niveau d’instruction au moins secondaire. Avec l'acquisition d'une certaine instruction, les femmes ont sans doute une meilleure connaissance de la composition équilibrée des aliments et des règles d'hygiène. De plus, les femmes non instruites sont souvent celles qui vivent dans les conditions économiques les plus précaires, caractérisées par une quantité de nourriture disponible parfois limitée et de faible qualité. C'est cette conjonction de facteurs, et non le seul niveau d'instruction, qui explique la forte prévalence du retard de croissance parmi les enfants de mères sans instruction. 198 | Allaitement et État Nutritionnel Selon le milieu de résidence, on note que les niveaux de retard de croissance présentent de fortes variations. Plus d’un enfant sur deux du milieu rural (53 %) est affecté par le retard de croissance contre près d’un enfants sur trois en milieu urbain (31 %). Dans les régions, on observe que la prévalence du retard de croissance est « très élevée » dans les régions de Maradi (62 %), Zinder (59 %), Tillabéri et Tahoua (47 %), Diffa (47%) et Dosso (41 %), tandis que le niveau de malnutrition chronique peut être considéré comme étant « élevée » dans la région d’Agadez (39 %) et « moyen » à Niamey (21 %) (graphique 11.4). Graphique 11.3 État nutritionel des enfants de moins de 5 ans EDSN-MICS III 2006 � � �� �� �� � �� ����������� �������������������������������������� � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 Âge en mois 0 20 40 60 80 Prévalence (Pourcentage) Retard de croissance Insuffisance pondérale Émaciation Note : Moyenne mobile sur 5 mois Graphique 11.4 Prévalence du retard de croissance (enfants de moins de 5 ans) EDS-MICS III 2006 30 9 18 14 32 9 20 24 20 44 24 24 39 20 13 20 17 21 13 19 22 22 19 23 23 19 NIGER RÉSIDENCE Niamey Autres Villes Ensemble urbain Rural RÉGION Niamey Agadez Diffa Dosso Maradi Tahoua Tillabéri Zinder 0 10 20 30 40 50 Pourcentage Retard de croissance Sévère Modéré Allaitement et État Nutritionnel | 199 Émaciation ou maigreur Au tableau 11.13 figurent également les résultats concernant les proportions d'enfants atteints de maigreur, exprimée par l'indice poids-pour-taille. Cet indice peut être fortement influencé par la saison pendant laquelle s'est effectuée la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles de causer un déséquilibre entre le poids et la taille de l'enfant, qu’il s’agisse des maladies (rougeole, diarrhée, paludisme, etc.) ou des déficits alimentaires (sécheresse, périodes de soudure), sont très sensibles à la saison. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe en dessous de moins deux écarts-type de la médiane de la population de référence sont considérés comme étant atteints de maigreur, ceux se situant en dessous de moins trois écarts-type sont considérés comme souffrant de forme sévère de maigreur. Dans l’ensemble, le niveau de malnutrition aiguë peut être qualifié d’élevée : en effet, un enfant sur dix (10 %) est atteint de maigreur : 8 % sous la forme modérée et 2 % sous la forme sévère. Du point de vue de l'âge, on note que ce sont les enfants de 6-23 mois qui sont le plus fréquemment émaciés, en particulier ceux du groupe d'âges 12-23 mois (19 %). À partir de 24 mois, les proportions diminuent avec l’âge et ne concernent plus que 6 à 7 % des enfants (graphique 11.3). Par ailleurs, ce groupe d’âges correspond également au stade de développement où les enfants commencent à explorer leur environnement immédiat et à porter n’importe quel objet à leur bouche : ils sont ainsi particulièrement exposés aux agents pathogènes comme en dénote la très forte prévalence de la diarrhée dans ce groupe d’âges (voir chapitre 9). On note une très légère différence selon le sexe de l’enfant (11 % chez les garçons contre 9 % parmi les filles). On constate que les enfants vivant en milieu rural sont plus fréquemment émaciés que ceux qui vivent en milieu urbain (11 % contre 8 %). De même, le niveau d’instruction de la mère affecte la prévalence de la malnutrition chronique : 11 % des enfants dont la mère n’a aucune instruction souffrent de cette forme de malnutrition contre 7 % parmi ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. En ce qui concerne les régions, les résultats font apparaître une prévalence élevée de la maigreur dans les régions de Diffa (13 %), de Maradi (12 %), Zinder (11 %), Agadez (11 %), Dosso et Tahoua (10 %). Dans les régions de Niamey (7 %) et Tillabéri (9 %), la prévalence de l’émaciation est plus faible et son niveau peut être qualifié de moyen. Enfin, il faut noter que les enfants qui ne vivent pas avec leurs mères sont moins affectés (5 %) que ceux dont la mère est dans le ménage (8 %). Insuffisance pondérale Le tableau 11.13 présente l'état nutritionnel des enfants mesuré au moyen de l'indice poids-pour- âge. Il s’agit d’un indice combiné, un faible poids-pour-âge pouvant être provoqué par la maigreur comme par le retard de croissance. Il traduit une insuffisance pondérale. Cet indice est celui qui est le plus souvent utilisé par les services de santé pour suivre les progrès nutritionnels et la croissance des enfants. Comme le poids-pour-taille, cet indice est sensible aux variations saisonnières. Les enfants dont le poids- pour-âge se situe en dessous de moins deux écarts-types de la médiane de la population de référence sont considérés comme présentant une insuffisance pondérale modérée ; ceux se situant en dessous de moins trois écarts-types sont considérés comme présentant une insuffisance pondérale sévère. Plus de quatre enfants sur dix (44 %) souffrent d'insuffisance pondérale : 29 % sous la forme modérée et 15 % sous la forme sévère. Ce niveau est très élevé. On constate des disparités importantes du niveau de la prévalence en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Les variations selon l'âge sont proches de celles du retard de croissance. Cette forme de malnutrition survient très tôt (4 % à moins de six mois) et augmente très rapidement pour toucher plus du quart des enfants de 6-9 mois (27 %) et près de six enfants de 12-23 mois sur dix (59 %). Les enfants dont l’intervalle intergénésique est supérieur à 48 mois présentent moins fréquemment que les autres une insuffisance pondérale (38 % contre 44 % quand l’intervalle est compris entre 24 et 47 mois). En milieu rural, 47 % des enfants sont atteints de cette 200 | Allaitement et État Nutritionnel forme de malnutrition contre 27 % en milieu urbain. Le niveau de l’insuffisance pondérale est très élevé dans les régions de Maradi (54 %), Zinder (53 %), Diffa (45 %), Tahoua (42 %), Tillabéri (41 %) et Dosso (37 %) ; il est élevé dans la région d’Agadez (29 %) et moyen à Niamey (18 %). Comme pour le retard de croissance, le niveau d’instruction de la mère est l’une des variables les plus discriminantes : 14 % des enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus présentent une insuffisance pondérale contre 41 % pour ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire et 46 % pour ceux dont la mère n’a aucune instruction. Enfin, dans les ménages les plus riches, 30 % des enfants présentent une insuffisance pondérale ; dans les ménages les plus pauvres, cette proportion est de 48 %. Tendances de la malnutrition Au graphique 11.5 figurent les niveaux de malnutrition des enfants de moins de 3 ans d’après l’EDSN-I de 1992, l’EDSN-II de 1998, et l’EDSN-MICS III 2006. On constate que la proportion d’enfants accusant un retard de croissance a augmenté, passant de 27 % en 1992 à 41 % en 1998 et à 45 % en 2006. Cette augmentation de la prévalence a été plus faible au cours de la période 1998-2006 (4 points de pourcentage) qu’entre 1992-1998 (14 points de pourcentage). Lorsqu’on observe la tendance de l’émaciation qui est l’indice de mesure conjoncturel de la malnutrition, on constate une baisse de sa prévalence qui passe de 21 % en 1998 à 13 % en 2006. Les actions qui ont été mises en œuvre pendant les situations conjoncturelles de malnutrition de cette période expliquent probablement, en partie, la baisse du niveau de l’émaciation. Par contre, ces interventions ponctuelles ont un effet plus limité sur les niveaux de malnutrition chronique : en effet, ce type de malnutrition est la conséquence d’une situation nutritionnelle critique et qui dure. Cet ensemble de facteurs expliquerait l’augmentation de la prévalence de la malnutrition chronique depuis 1992. En ce qui concerne la prévalence de l’insuffisance pondérale, on constate une tendance à la baisse entre 1998 et 2006, la proportion d’enfants souffrant de ce type de malnutrition étant passée de 50 % à 43 % après avoir connu une augmentation entre 1992 et 1998 (36 % contre 50 %). Graphique 11.5 Tendances de la malnutrition (enfants < 3 ans) 1992-1998-2006 27 12 15 20 4 16 36 14 23 41 20 22 21 4 17 50 20 29 45 26 20 13 2 11 43 17 27 Re tar d c roi s. en sem ble Re tar d c ro is. sév ère Re tar d c roi s. mo dé ré Em ac iat ion en sem ble Em ac iat ion sév ère Em ac iat ion mo dé rée Ins . p on dé ral e e ns em ble Ins . p on dé ral e s év ère Ins . p on dé ral e m od éré e 0 10 20 30 40 50 60 70 Pourcentage 1992 1998 2006 Allaitement et État Nutritionnel | 201 11.4.2 État nutritionnel des femmes L’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans est un des déterminants de la mortalité maternelle, du bon déroulement des grossesses ainsi que de leur issue. Il influe aussi sur la morbidité et la mortalité des jeunes enfants. L’état nutritionnel des mères est conditionné à la fois, par la balance énergétique, leur état de santé et le temps écoulé depuis la dernière naissance. Il existe donc une relation étroite entre les niveaux de fécondité et de morbidité, et l’état nutritionnel des mères. Pour ces raisons, l’évaluation de l’état nutritionnel des femmes en âge de procréer est particulièrement utile puisqu’elle permet d’identifier des groupes à hauts risques. Bien que la taille puisse varier dans les populations à cause de facteurs génétiques, elle est néanmoins un indicateur indirect du statut socioéconomique de la mère dans la mesure où une petite taille peut résulter d’une malnutrition chronique durant l’enfance. En outre, d’un point de vue anatomique, la taille des mères étant associée à la largeur du bassin, les femmes de petites tailles sont plus susceptibles d’avoir des complications pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement. Elles sont aussi plus susceptibles que les autres de concevoir des enfants de faible poids. Bien que la taille critique en deçà de laquelle une femme peut être considérée à risque varie selon les populations, on admet généralement que cette taille se situe entre 140 et 150 centimètres. À partir des résultats du tableau 11.15 on constate qu’au Niger, la taille moyenne des femmes (159,7 centimètres) se situe au-dessus de l’intervalle mentionné. On constate également que moins de 1 % (0,7 %) ont une taille inférieure à 145 centimètres, considérée ici comme la taille limite critique. Les proportions de femmes dont la taille est en deçà de la limite critique varient assez peu en fonction des régions. Tout au plus, peut-on souligner que dans la région de Maradi et de Zinder, 1 % des femmes ont une taille inférieure à 145 cm contre moins de 1 % dans les autres régions. Mis à part ces petits écarts, la taille moyenne inférieure au seuil de 145 cm présente assez peu de variations. Le faible poids d’une femme avant une grossesse est un facteur de risque important pour le déroulement et l’issue de la grossesse. Cependant, le poids étant très variable selon la taille, il est préférable d’utiliser un indicateur tenant compte de cette relation. L’Indice de Masse Corporelle (IMC)2 ou, encore Indice de Quételet, est le plus souvent utilisé pour exprimer la relation « poids (kg) par le carré de la taille (en mètres carrés) ». Il permet de mettre en évidence le manque ou l’excès de poids en contrôlant la taille et, en outre, il présente l’avantage de ne pas nécessiter l’utilisation de tables de référence comme c’est le cas pour le poids-pour-taille. Les femmes dont l’IMC se situe à moins de 18,5 sont considérées comme atteintes de déficience énergétique chronique. À l’opposé, un IMC supérieur à 25 indique un surpoids. Au Niger, une proportion relativement importante de femmes (19 %) se situent en deçà du seuil critique de 18,5 et sont donc atteintes de déficience énergétique chronique. À l’opposé, 13 % des femmes ont un indice élevé (25 ou plus) et entrent dans la catégorie des surpoids. La proportion de femmes qui se situent en deçà du seuil critique de 18,5 varie de façon importante selon les caractéristiques sociodémographiques (tableau 11.15). C’est parmi les femmes les plus jeunes (15-19 ans) que le niveau de la déficience énergétique chronique est le plus élevé (34 %). Cette proportion baisse régulièrement avec l’âge et atteint 15 % parmi les femmes de 45 ans et plus. La prévalence de la déficience énergétique chronique présente des écarts entre le milieu rural et le milieu urbain (21 % contre 13 %). Elle présente aussi des variations importantes selon le niveau d’instruction : parmi les femmes ayant un niveau primaire, 14 % sont trop maigres contre 16 % parmi les femmes de niveau secondaire ou plus, et 20 % parmi celles sans instruction. Selon la région, le niveau de déficience énergétique varie d’un minimum de 12 % dans la région de Niamey à un maximum de 31 % dans la région de Diffa et 30 % dans la région de Zinder. 2 L’IMC est calculé en divisant le poids en kilogrammes par le carré de la taille en mètres (kg/m2). 202 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.15 État nutritionnel des femmes par caractéristiques sociodémographiques Taille moyenne des femmes de 15-49 ans, pourcentage de celles dont la taille est inférieure à 145 centimètres, Indice de Masse Corporelle (IMC) moyen et pourcentage de celles ayant un niveau d'IMC déterminé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Taille IMC (kg/m2)1 Caractéristique Taille moyenne en cm Pour- centage en dessous de 145 cm Effectif Moyen- ne de l'IMC 18,5- 24,9 (normal) <18,5 (maigre) 17,0-18,4 (maigreur légère) 16,0-16,9 (maigreur modérée) <16,0 (maigreur sévère) •25,0 (gros ou obèse) 25,0- 29,9 (gros) •30,0 (obèse) Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 157,6 1,3 842 19,7 63,7 34,1 20,9 8,6 4,6 2,2 1,7 0,5 726 20-24 159,9 1,1 855 20,9 75,1 16,6 13,0 2,0 1,6 8,2 7,6 0,6 650 25-29 160,1 0,6 867 21,8 69,9 15,4 11,7 3,4 0,3 14,7 11,4 3,3 663 30-34 160,3 0,1 670 21,9 68,5 14,6 11,0 1,4 2,2 16,9 12,2 4,8 529 35-39 160,3 0,0 579 22,1 66,3 15,9 12,0 3,5 0,3 17,8 13,9 4,0 493 40-44 160,5 0,0 443 21,9 65,6 16,1 9,7 4,3 2,2 18,2 12,8 5,4 405 45-49 160,3 1,4 326 22,5 62,4 14,5 12,1 1,8 0,7 23,1 15,2 7,9 298 Milieu de résidence Niamey 162,2 0,3 397 24,4 46,7 11,7 8,6 1,5 1,6 41,7 27,2 14,4 362 Autres villes 160,8 0,2 482 23,0 56,0 14,8 8,5 4,1 2,3 29,2 21,0 8,2 413 Ensemble urbain 161,4 0,2 879 23,7 51,6 13,3 8,5 2,9 1,9 35,0 23,9 11,1 775 Rural 159,3 0,8 3 703 20,8 72,1 20,7 14,7 4,1 1,8 7,2 6,1 1,1 2 990 Région Niamey 162,2 0,3 397 24,4 46,7 11,7 8,6 1,5 1,6 41,7 27,2 14,4 362 Agadez 160,6 0,0 115 22,4 53,0 22,5 13,1 6,6 2,8 24,5 16,3 8,2 102 Diffa 160,9 0,0 107 20,1 60,7 31,2 22,2 4,6 4,4 8,1 7,3 0,8 93 Dosso 160,8 0,5 655 21,0 73,5 17,0 12,1 3,0 1,9 9,5 7,6 1,9 528 Maradi 158,1 1,3 881 21,0 75,1 17,4 14,6 2,2 0,6 7,6 5,7 1,9 691 Tahoua 159,6 0,5 961 21,5 71,1 16,6 11,2 3,4 2,0 12,3 10,3 2,0 801 Tillabéri 160,4 0,2 644 21,3 72,6 17,2 11,5 3,3 2,3 10,3 8,8 1,5 531 Zinder 158,7 1,1 822 20,3 63,0 29,6 19,2 8,1 2,3 7,3 5,7 1,6 657 Niveau d'instruction Aucune instruction 159,4 0,7 3 820 21,1 69,6 20,1 14,3 4,0 1,8 10,3 8,2 2,0 3 116 Primaire 160,3 0,2 482 22,4 64,4 14,0 8,6 3,3 2,1 21,6 13,9 7,8 396 Secondaire ou plus 162,7 0,5 281 23,2 51,9 16,0 10,3 3,3 2,3 32,2 22,2 10,0 253 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 159,2 1,2 789 20,7 77,1 18,7 12,6 4,9 1,2 4,3 3,7 0,6 659 Second 159,5 0,4 919 20,6 75,1 19,5 14,6 2,9 2,0 5,4 4,4 1,0 719 Moyen 159,0 0,6 987 20,6 68,6 24,3 17,2 4,8 2,2 7,2 6,1 1,1 804 Quatrième 159,3 1,0 908 21,1 68,6 20,7 15,4 3,8 1,6 10,6 8,8 1,9 727 Le plus riche 161,5 0,2 979 23,5 53,4 13,2 8,0 3,1 2,1 33,4 23,3 10,0 856 Ensemble 159,7 0,7 4 582 21,4 67,9 19,2 13,5 3,9 1,9 12,9 9,8 3,2 3 765 1 Sont exclues les femmes enceintes et les femmes ayant eu un enfant dans les derniers mois. Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 203 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS 12 Soumaïla MARIKO et Idrissa ALICHINA KOURGUENI 12.1 MORTALITÉ DES ENFANTS Les niveaux, tendances et caractéristiques de la mortalité des enfants sont déterminés par les conditions sanitaires, environnementales, socio-économiques et culturelles de la population. Les résultats qui sont présentés dans ce chapitre seront donc utiles, non seulement aux chercheurs et spécialistes de la population, mais aussi à ceux qui s’intéressent à la mise en place des programmes de santé et de développement socio-économique. Ces résultats portent sur les niveaux, tendances et caractéristiques de la mortalité des enfants selon le milieu de résidence et l’instruction de la mère, le suivi des grossesses et le type d’assistance à l’accouchement, et selon d’autres caractéristiques du comportement reproductif. 12.1.1 Méthodologie et qualité des données Les indicateurs de mortalité qui sont présentés dans ce chapitre sont calculés à partir d’informations sur l'historique des naissances recueillies auprès de toutes les femmes âgées de 15 à 49 ans interrogées au cours de l’EDSN-MICS III à l’aide du questionnaire Femme. En effet, au cours de cette opération, l'enquêtrice enregistre toutes les naissances vivantes de la femme, en précisant le sexe, l'âge, l'état de survie, ainsi que l'âge au décès pour les enfants décédés (au jour près pour les décès de moins d’un mois, au mois près pour ceux de moins de deux ans, et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus). L'estimation de la mortalité à partir de l'historique des naissances des mères interviewées présente à la fois, des limites d'ordre méthodologique et des risques d'erreurs d'enregistrement. Limites d’ordre méthodologique La collecte d’informations auprès de personnes vivantes au moment de l'enquête (les femmes de 15-49 ans) ne fournit aucune information sur la survie ou le décès des enfants dont la mère était décédée au moment de l’interview. Cela peut introduire un biais dans l’estimation du niveau général de la mortalité des enfants si ces enfants « orphelins de mère » sont en nombre important et si leur mortalité est différente de celle des enfants de mères survivantes. En outre, en limitant la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête, les informations obtenues ne sont donc pas complètement représentatives des différents intervalles de la période passée : par exemple, pour la période 10-14 ans avant l'enquête, nous ne disposons d'aucune information sur les naissances de femmes de 40-49 ans à cette période. Les femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête avaient moins de 40 ans, 10 ans avant l’enquête, et celles de 40-49 ans à ce moment-là ne sont plus éligibles au moment de l’enquête. Donc, si une proportion importante des naissances de cette époque étaient issues des femmes de 40-49 ans et que le risque de décéder de leurs enfants était très différent de celui des naissances issues des femmes plus jeunes, il pourrait en résulter un biais important dans l’estimation de la mortalité des enfants pour la période en question. Selon les résultats de l'enquête ménage, 1,3 % des enfants de moins de 5 ans survivants et identifiés dans les ménages (tableau 16.2) étaient orphelins de mère. Par ailleurs, au cours des cinq dernières années, les 204 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans femmes de 40 ans et plus n’ont contribué que pour 10 % à la fécondité totale. Les biais envisagés précédemment devraient donc être minimes. Risques d’erreurs d’enregistrement Du point de vue de la collecte proprement dite, la validité des données sur la mortalité des enfants peut être affectée par : 1) le sous-enregistrement des événements. Il peut provenir de la double omission systématique de naissances et de décès ou de l’omission de l’un des deux événements. Les mères ont parfois tendance à omettre de déclarer des naissances et/ou des décès d'enfants, surtout quand l’enfant meurt très jeune, quelques heures ou quelques jours après la naissance. Ces cas d’omission peuvent induire une sous-estimation de la mortalité ; de plus, généralement, plus la période de référence est éloignée de la date de l’enquête, plus ces cas d’omission sont importants et plus les niveaux de la mortalité estimés peuvent en être affectés. Une technique d'évaluation succincte du sous enregistrement des décès de très jeunes enfants consiste à calculer la proportion d'enfants décédés entre 0 et 6 jours par rapport aux décès survenus au cours du premier mois. Comme le niveau de la mortalité diminue très rapidement entre la naissance et les jours qui suivent, on s'attend à ce que cette proportion augmente avec une diminution de la mortalité des enfants : une proportion inférieure à environ 60 % indiquerait un sous enregistrement important des décès précoces. Dans le cas de l’EDSN-MICS III, cette proportion est de 64 % (tableau C.5 en Annexe C), ce qui indique qu'il n'y a pas eu de sous-enregistrement très important des décès précoces sur la période des cinq années qui ont précédé l’enquête. 2) les déplacements différentiels de dates de naissances des enfants. Ces mauvais enregistrements des naissances par période peuvent entraîner une sous-estimation de la mortalité d'une période au profit des périodes adjacentes. Par exemple, un mauvais classement des enfants décédés 0-4 ans avant l’enquête, entraînerait une sous-estimation de la mortalité pour cette période et, par conséquent, une surestimation de la mortalité de la période précédente (5-9 ans avant l'enquête). L'annexe C, tableau C.4, fournit la distribution des naissances, selon leur état de survie, par année de naissance. Le « rapport de naissances annuelles » semble indiquer un déficit des naissances en 2003 (rapport 90 < 100), 2004 (rapport 97 < 100) et un surplus à l’année adjacente, 2002 (rapport 121 > 100), et un déficit des naissances en 2001 (rapport 67 < 100) et un surplus aux années adjacentes, 2002 et surtout 2000 (rapport 149 >100). Cependant, les niveaux de mortalité étant calculés par période quinquennale avant l’enquête, soit 2002-2006 pour la période la plus récente, et 1997-2001 pour la période précédente, ils ne devraient pas être affectés de façon significative par ces transferts qui se produisent, dans leur majorité, à l'intérieur de l'intervalle de référence. 3) l'imprécision des déclarations de l'âge au décès et, en particulier, l'attraction de certains âges au décès, peut engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, en transformant une partie des décès d’enfants de moins d’un an en décès d'enfants plus âgés (12 à 59 mois). Pour minimiser ce type d’erreur, les enquêtrices devaient enregistrer les âges aux décès en jours pour ceux survenus dans les 29 jours suivant la naissance, en mois pour ceux survenus aux âges de 1 à 23 mois, et en années pour le reste. À l'Annexe C, les tableaux C.5 et C.6 fournissent la distribution des décès par âge au décès (jours et mois). On note que l’attraction pour « 12 mois » (tableau C.6) est très importante : par exemple, pour la période 0-4 ans qui précède l’enquête, les décès enregistrés à 12 mois (196) sont plus de deux fois plus nombreux que ceux enregistrés aux mois 9, 10 et 11 confondus (91). Ceci dénote une très forte attraction pour l'âge au décès 12 mois, qui a pour conséquence une sous estimation du niveau de Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 205 la mortalité infantile et par contrecoup une surestimation de la mortalité juvénile, la mortalité globale des moins de cinq ans n’étant que peu affectée1. Par rapport à ces problèmes de collecte, Sullivan et al. (1990) ont montré que les limites méthodologiques inhérentes à l’historique des naissances et les risques d’erreur ou d’imprécisions de collecte n’induisent, en général, qu’une très faible marge d’erreur dans les mesures des événements récents. On n'a donc procédé à aucun ajustement des données et les résultats sur les tendances de la mortalité peuvent être considérés comme valables pour les dernières années avant l’enquête. 12.2 NIVEAUX ET TENDANCES À partir des informations recueillies dans l'historique des naissances, on calcule les indicateurs suivants : Quotient de mortalité néonatale (NN) : mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant d'atteindre un mois exact ; Quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : mesure, chez les enfants âgés d’un mois exact, la probabilité de décéder avant d’atteindre le douzième mois exact ; Quotient de mortalité infantile (1q0) : mesure à la naissance, la probabilité de décéder avant d’atteindre le premier anniversaire ; Quotient de mortalité juvénile (4q1) : mesure, chez les enfants âgés d’un an exact, la probabilité de décéder avant le cinquième anniversaire ; Quotient de mortalité infanto juvénile (5q0) : mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant le cinquième anniversaire. Le tableau 12.1 présente les différents quotients de mortalité pour les quinze dernières années qui ont précédé l’enquête. Les niveaux sont calculés par périodes quinquennales 0-4 ans, 5-9 ans et 10-14 ans avant l’enquête, soit de 1992 à 2006. Tableau 12.1 Mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto juvénile par période de cinq ans ayant précédé l'enquête, EDSN-MICS III Niger 2006 Nombre d'années ayant précédé l'enquête Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN) Mortalité Infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) 0-4 33 48 81 126 198 5-9 51 54 106 148 239 10-14 46 70 115 178 273 1 Une correction de l’attraction de l’âge au décès à 12 mois consiste à transférer une partie des décès à 12 mois avant l’âge d’un an. Pour la période 0-4 ans avant l’enquête, en supposant que 50 % des décès à 12 mois se seraient produits avant cet âge, le niveau de mortalité infantile serait supérieur d’environ 13 % et celui de la mortalité juvénile inférieur d’environ 10 % à ceux présentés ici. 206 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans Pour la période 0-4 ans avant l’enquête (2002-2006), les résultats montrent que sur 1 000 naissances, 81 décèdent avant d’atteindre leur premier anniversaire (33 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 48 ‰ entre 1 et 12 mois exacts), et que sur 1 000 enfants âgés d’un an, 126 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Le risque global de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est estimé à 198 pour mille naissances, soit près d’un enfant sur cinq. Les données du tableau 12.1, représentées au graphique 12.1 permettent de retracer l'évolution de la mortalité infantile et juvénile au cours des quinze dernières années. Bien que le niveau de la mortalité infanto juvénile enregistré aujourd’hui au Niger se situe parmi les plus élevés au monde, il n’en demeure pas moins qu’il a diminué régulièrement depuis quinze ans. De 1994 (année centrale de la période 10-14 ans avant l’enquête, à 2003 (année centrale de la période 0-4 ans avant l’enquête), la mortalité infantile est passée de 115 ‰ à 81 ‰, soit une baisse de 30 % ; et au cours de la même période, la mortalité juvénile a également diminué de manière rapide. Globalement la mortalité infanto juvénile est passée de 273 ‰ à 198 ‰. De façon générale, toutes les composantes de la mortalité des jeunes enfants, ont donc enregistré une baisse importante et, parmi les composantes de la mortalité infantile, les deux auraient toutes diminué : la mortalité néonatale de 46 ‰ à 33 ‰ et la mortalité post-néonatale de 70 ‰ à 48 ‰. Globalement, le niveau de mortalité infanto juvénile au Niger est donc aujourd’hui assez différent de ce qu’il était il y a une quinzaine d’années. Cependant, à la lumière de certains résultats, il convient de nuancer ces commentaires. En effet, on a vu au chapitre sur la fécondité que des transferts de naissance s’étaient produits de 2001 vers 2000 ce qui pourrait avoir eu pour conséquence une légère sous estimation de la fécondité mais aussi de la mortalité pour la période la plus récente et une légère surestimation pour la période précédente. Il se peut donc que la baisse de la mortalité au cours des dix dernières années soit légèrement moins importante qu’il n’y paraît. En outre, il faut rappeler l’attraction pour l’âge au décès à 12 mois qui a été mentionnée précédemment et qui a pu induire une sous estimation du niveau de la mortalité infantile et de manière parallèle une surestimation de la mortalité juvénile. Graphique 12.1 Tendances de la mortalité infantile et juvénile selon l'EDSN-II 1998 et l'EDSN-MICS III 2006 � � � � � � � � � � � � 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 '00 '01 '02 '03 '04 '05 '06 Année centrale des estimations 0 40 80 120 160 200 240 280 320 360 Décès pour 1 000 EDSN-MICS III Mortalité juvénile Mortalité infanto-juvénile EDSN-II Mortalité infantile Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 207 12.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE Les tableaux 12.2 et 12.3 présentent les différents quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère et de l’enfant pour la période des dix années ayant précédé l'enquête (1997-2006). Une période de dix ans est nécessaire pour disposer d'un effectif d'événements statistiquement suffisant pour le calcul des probabilités dans chaque sous-groupe de population retenu. Le graphique 12.2 présente les différences de mortalité infantile et juvénile selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction de la mère. Tableau 12.2 Mortalité des enfants par caractéristiques sociodémographiques Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto juvénile pour la période de 10 ans précédant l'enquête par certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Milieu de résidence Niamey 29 28 57 80 132 Autres Villes 30 34 63 86 144 Ensemble urbain 29 32 61 84 139 Rural 45 55 99 146 231 Région Niamey 29 28 57 80 132 Agadez 29 24 53 62 111 Diffa 31 32 63 61 120 Dosso 49 48 97 131 215 Maradi 46 61 106 140 231 Tahoua 40 51 91 136 214 Tillabéri 27 48 74 128 193 Zinder 56 57 113 177 269 Niveau d'instruction Aucune instruction 44 52 96 140 222 Primaire 34 57 91 130 209 Secondaire ou plus 28 19 47 48 92 Quintiles de bien-être Le plus pauvre 43 48 91 127 206 Second 49 54 103 144 232 Moyen 50 55 105 150 240 Quatrième 40 60 100 161 245 Le plus riche 29 37 67 97 157 Les résultats du tableau 12.2, illustrés par le graphique 12.2, montrent que la mortalité infantile est nettement plus faible en milieu urbain (61 ‰) qu’en milieu rural (99 ‰). Ces différences de mortalité selon le milieu de résidence persistent également après un an : sur 1 000 enfants survivants au premier anniversaire, 84 décèdent en milieu urbain contre 146 en milieu rural. Les résultats selon les régions mettent également en évidence des écarts : on constate que dans les régions d’Agadez, de Diffa et de Niamey, les niveaux de mortalité infantile sont plus faibles que dans les autres régions (respectivement, 53 ‰, 63 ‰ et 57 ‰ contre 81 ‰ au niveau national). La région d’Agadez est celle qui se caractérise par les niveaux le plus faible de mortalité infantile. À l’opposé, deux régions détiennent des niveaux élevés de mortalité entre la naissance et 1 an. Il s’agit de Maradi (106 ‰) et de Zinder (113 ‰). Globalement, le niveau de la mortalité infantile est de 62 % plus élevé en milieu rural (99 ‰) qu’en milieu urbain (61 ‰). 208 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans En ce qui concerne la mortalité juvénile, on constate des écarts encore plus importants entre les milieux et les régions. En effet, ce taux varie de 84 ‰ en milieu urbain à 146 ‰ en milieu rural. Dans les régions, c’est dans les régions de Zinder (177 ‰) et de Maradi (140 ‰) que l’on enregistre les niveaux les plus élevés de mortalité juvénile. Trois régions se distinguent par des niveaux plus faibles que le niveau national : il s’agit de Niamey (80 ‰), de Diffa (61 ‰) et d’Agadez (62 ‰). Globalement, au Niger, c’est à Agadez (111 ‰) que le taux de mortalité infanto juvénile est le plus faible et dans la région de Zinder qu’il est le plus élevé (269 ‰). Les faibles niveaux de mortalité observés dans la région d’Agadez s’expliqueraient en partie par la présence de villes, dont Arlit et Agadez, qui sont plus fréquemment dotées que les zones rurales d’infrastructures sanitaires. Par ailleurs, on constate également des variations importantes des niveaux des taux de mortalité selon le niveau d’instruction de la mère : pour la période 1997-2006, la mortalité infantile varie d’un minimum de 47 ‰ chez les enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus, à 91 ‰ chez ceux dont la mère a seulement un niveau d’instruction primaire et à un maximum de 96 ‰ chez ceux dont la mère n’a aucune instruction. Lors de la précédente enquête qui s’était déroulée de 1988 à 1992, les mêmes variations selon le niveau d’instruction avaient été enregistrées. Pour la mortalité juvénile, les variations selon le niveau d’instruction de la mère suivent le même schéma que pour la mortalité infantile, mais les écarts sont beaucoup plus importants, les taux variant d’un minimum de 48 ‰ (pour les femmes ayant une instruction secondaire ou plus) à un maximum de 140 ‰ (pour celles sans instruction). Globalement, sur 1000 enfants de moins de cinq ans dont la mère n’a aucune instruction, 222 courent un risque de décéder avant leur cinquième anniversaire. Quand la mère a un niveau primaire, ce taux passe à 209 et il chute à 92 quand celle-ci a un niveau au moins secondaire. Les résultats montrent également que le niveau de bien-être économique du ménage influence le risque de décéder puisque, quelle que soit la composante de la mortalité, les niveaux sont nettement plus élevés pour les enfants vivant dans les ménages plus pauvres que pour ceux des ménages les plus riches. Graphique 12.2 Mortalité infantile et juvénile selon les caractéristiques de la mère Note: Période de 10 ans avant l'enquête RÉSIDENCE Niamey Autre urbain Ensemble urbain Rural RÉGION Niamey Agadez Diffa Dosso Maradi Tahoua Tillabéri Zinder INSTRUCTION Aucune Alphabét./primaire Secondaire ou + 0 50 100 150 200 Décès pour 1 000 Mortalité infantile Mortalité juvénile EDSN-MICS III 2006 Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 209 Le tableau 12.3 présente les quotients de mortalité pour la période de dix années ayant précédé l'enquête selon certaines caractéristiques des enfants. Pour toutes les composantes de la mortalité, les enfants de sexe masculin présentent, comme dans la majorité des populations, un risque de mortalité légèrement plus élevé que celui des enfants de sexe féminin : au cours de leur premier mois d’existence, 46 naissances vivantes masculines sur mille décèdent contre 39 chez les filles. Le taux de mortalité infantile s’établit à 97 ‰ pour les garçons contre 91 ‰ pour les filles et entre la naissance et le cinquième anniversaire, on constate que 221 naissances masculines sur mille décèdent contre 214 naissances chez les filles. Les caractéristiques suivantes concernent le comportement procréateur des mères : l'âge de la mère à la naissance de l'enfant, le rang de naissance de l’enfant et le temps écoulé depuis la naissance précédente. Les données du tableau 12.3, illustrées par le graphique 12.3 présentent les variations de la mortalité des enfants selon chacune des trois caractéristiques. Tableau 12.3 Mortalité des enfants par caractéristiques sociodémographiques de la mère et des enfants Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto juvénile pour la période de 10 ans précédant l'enquête par certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère et des enfants, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN) Mortalité Infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Sexe de l'enfant Masculin 46 50 97 138 221 Féminin 39 52 91 135 214 Âge de la mère à la naissance <20 60 63 123 165 268 20-29 35 48 84 135 207 30-39 41 47 88 117 195 40-49 51 52 102 99 191 Rang de naissance 1 61 55 116 143 242 2-3 34 47 81 137 207 4-6 39 53 92 129 210 7+ 46 52 97 143 226 Intervalle avec la naissance précédente <2 années 62 68 130 177 284 2 années 35 50 84 134 207 3 années 23 33 56 97 147 4+ années 18 29 47 73 116 Taille à la naissance1 Petit ou très petit 57 52 109 na na Moyen ou gros 26 44 70 na na NSP/ND 73 75 149 na na 1 Quotients pour la période de cinq ans ayant précédé l’enquête na = Non applicable 210 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans Il est souhaitable, pour la santé de la mère et de l’enfant, que les naissances soient au moins espacées de 2 ans et également qu’elles n’aient pas lieu à un âge précoce (avant 20 ans), ou tardif (après 40 ans). En effet, les enfants dont l’intervalle avec la naissance précédente est inférieur à 2 ans et/ou ceux dont la mère a moins de 20 ans, et plus de 35 ans courent des risques de décéder très largement supérieurs aux autres. Pour l’ensemble de la mortalité infanto juvénile, on constate qu’un enfant né à moins de deux ans après l’enfant précédent, court un risque de mourir avant son cinquième anniversaire de 284 ‰ alors que celui dont la mère a observé un espacement de deux ans court un risque de 207 ‰, et de 147 ‰ lorsque l’espacement est de trois ans, soit un risque de mortalité 41 % plus élevé entre un espacement de deux ans et un espacement de trois ans. Quant à la mortalité infantile, le risque de décès est plus de deux fois plus élevé pour les enfants nés à moins de deux ans d’intervalle par rapport à ceux nés après trois ans (130 ‰ contre 56 ‰). En ce qui concerne l’âge de la mère au moment de l’accouchement, on constate que les enfants nés d’une mère âgée de moins de vingt ans courent un risque de mourir avant le premier anniversaire supérieur de 46 % par rapport à ceux dont la mère a 20-29 ans au moment de la naissance (123 ‰ contre 84 ‰). Par ailleurs, on remarque, au tableau 12.3, que les naissances de rang supérieur à 6 courent des risques de mortalité infantile nettement plus élevés que ceux des naissances de rang inférieur, en particulier celles de rangs 2-3 (97 ‰ contre 81 ‰). La mortalité différentielle selon ces trois caractéristiques met en évidence les risques importants que fait courir aux enfants une fécondité élevée, caractérisée par des naissances précoces, des rangs élevés et des intervalles intergénésiques très courts. On relève enfin que les bébés petits ou très petits à la naissance (y compris éventuellement les prématurés) courent un risque de mortalité néonatale nettement plus élevé que les bébés moyens ou gros (57 ‰ contre 26 ‰). L’écart est de 18 % pour la mortalité post-néonatale (52 ‰ contre 44 ‰). Il convient de rappeler que le poids d’un enfant à la naissance est largement déterminé par l’état de santé, de maturité biologique et l’état nutritionnel de la mère au cours de la grossesse. C’est ainsi que les grossesses Graphique 12.3 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances ÂGE DE LA MÈRE À LA NAISSANCE Moins de 20 ans 20-29 ans 30-39 ans 40-49 ans RANG DE NAISSANCE 1 2-3 4-6 7 ou + INT. INTERGÉNÈSIQUE < 2 ans 2 ans 3 ans 4 ans ou + 0 20 40 60 80 100 120 140 Décès pour 1 000 (1q0) Note : Période de 10 ans avant l'enquête EDSN-MICS III 2006 Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 211 peu espacées et/ou trop répétées, ainsi que celles qui sont précoces, sont considérées comme favorisant la naissance d’un enfant de faible poids. 12.4 GROUPES À HAUTS RISQUES Le tableau 12.4 présente une classification des naissances des cinq dernières années selon les catégories à hauts risques auxquelles elles correspondent : x les naissances de rang 1 qui présentent un risque élevé de mortalité, mais qui sont inévitables sauf lorsqu'elles sont issues de jeunes mères (âgées de moins de 18 ans). On a donc isolé les naissances de rang 1 et de mères de 18 ans ou plus ; x les naissances issues de mères appartenant à une seule catégorie à hauts risques : âge de procréation précoce (moins de 18 ans) ou tardif (35 ans ou plus), intervalle intergénésique court (moins de 24 mois) et rang élevé de naissance (supérieur à 4) ; x les naissances correspondant à une combinaison de catégories de risques selon l'âge de la mère à la naissance, l'intervalle intergénésique et le rang de naissance ; x et, enfin, les naissances ne correspondant à aucune catégorie à hauts risques définie ci-dessus. Il ressort du tableau 12.4 que 20 % des naissances des cinq années ayant précédé l'enquête ne correspondent à aucune catégorie à hauts risques identifié, 8 % sont à risques élevés parce qu'elles sont de rang 1, mais elles sont inévitables, 47 % sont à hauts risques uniques et 25 % sont à hauts risques multiples. Pour évaluer le risque supplémentaire de décéder que font courir aux enfants certains comportements procréateurs des mères, des « rapports de risques » ont été calculés, en prenant comme référence les naissances n'appartenant à aucune catégorie à hauts risques. Le rapport de risques est donc le rapport de la proportion d'enfants décédés dans chaque catégorie à hauts risques, à la proportion d'enfants décédés dans la catégorie sans risques. Les naissances de rang 1 ne sont pas évitables mais, même lorsqu'elles n'interviennent pas à un âge trop précoce ou trop tardif, c'est-à-dire avant 18 ans ou après 34 ans, elles apparaissent ici comme étant des naissances à risques. Dans le cas spécifique du Niger, ces naissances présentent un risque de décéder 1,28 fois plus élevé que celui de la catégorie de référence constituée par les enfants n’appartenant à aucun des risques considérés. Un enfant appartenant à une catégorie quelconque à hauts risques uniques (non compris les enfants de rang 1 et de mère de 18-34 ans) court un risque de décéder 1,27 fois supérieur à un enfant n'appartenant à aucune catégorie à hauts risques. Il apparaît qu’un intervalle intergénésique court est un facteur de risques élevés puisqu’un enfant, né après son aîné dans un intervalle inférieur à moins de 24 mois, court un risque de décéder 1,52 fois plus important que la catégorie de référence. Il en est de même de la fécondité précoce, puisque les enfants nés de mères adolescentes courent un risque de décéder 1,68 fois plus important que les enfants de la catégorie de référence. Ce sont les enfants appartenant à la catégorie de hauts risques multiples qui sont les plus exposés puisque leur risque de décéder est 1,58 fois plus élevé que celui des enfants n’appartenant à aucune catégorie de risques. Les enfants dont la mère a plus de 34 ans et dont l’intervalle avec l’enfant précédent est inférieur à 24 mois sont particulièrement exposés (risque de décéder 8,42 fois plus élevé que la catégorie de référence). Ces résultats montrent qu’un meilleur espacement des naissances n'a pas pour seul résultat la réduction du nombre de naissances chez une femme, mais aussi une amélioration considérable des chances de survie des enfants. 212 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans Tableau 12.4 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, rapport de risques, et répartition (en %) des femmes actuellement en union à risque de concevoir un enfant à hauts risques de mortalité selon les catégories à hauts risques de mortalité, EDSN-MICS III Niger 2006 Naissances des 5 années ayant précédé l'enquête Catégories à hauts risques Pourcentage de naissances Rapport de risques Pourcentage de femmes actuellement en union1 Dans aucune catégorie à hauts risques 20,4 1,00 12,3a Hauts risques inévitables Naissances de premier rang entre 18 et 34 ans 7,6 1,28 4,8 Un seul haut risque Âge des mères <18 8,9 1,68 4,0 Âge des mères >34 0,2 0,45 1,8 Intervalle intergénésique <24 mois 5,1 1,52 8,9 Rang de naissance >4 32,9 1,13 19,4 Ensemble des hauts risques uniques 47,2 1,27 34,1 Hauts risques multiples Âge <18 et Intervalle intergénésique <24 mois 1,0 1,71 1,1 Âge >34 et Intervalle intergénésique <24 0,0 8,42 0,1 Âge >34 et rang de naissance >4 12,3 1,08 24,2 Âge >34 et intervalle intergénésique <24 mois et rang >4 2,0 2,13 6,6 Intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >4 9,4 2,06 16,7 Ensemble des hauts risques multiples 24,8 1,58 48,8 Ensemble des catégories à risques 71,9 1,38 82,9 Total 100,0 - 100,0 Effectif 9 955 - 7 941 Note : Le rapport de risques est le rapport de la proportion d’enfants décédés dans les 5 dernières années dans chaque catégorie à risques, à la proportion d’enfants décédés dans aucune catégorie à hauts risques. 1 Les femmes sont classées dans les catégories à hauts risques selon le statut qu’elles auraient à la naissance de l’enfant, si l’enfant était conçu au moment de l’enquête : âge inférieur à 17 ans et 3 mois ou plus âgé que 34 ans et 2 mois, la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, et la dernière naissance était de rang 6 ou plus. a Y compris les femmes stérilisées. À partir de cette analyse du comportement procréateur à hauts risques, on a essayé de déterminer la proportion de femmes actuellement en union qui, potentiellement, pourraient avoir un tel comportement. Pour cela, à partir de l'âge actuel des femmes, de l'intervalle écoulé depuis leur dernière naissance et du rang de leur dernière naissance, on détermine dans quelle catégorie se situerait la prochaine naissance, si chaque femme concevait un enfant au moment de l'enquête. Il s'agit donc d'une simulation ayant pour objectif de déterminer quelles proportions des futures naissances entreraient dans les catégories à risques, en l'absence de tout comportement régulateur de la fécondité. Il apparaît (tableau 12.4) que seulement 12 % des enfants à naître seraient alors des enfants n'appartenant à aucune catégorie à hauts risques alors que 83 % appartiendraient à une catégorie à risques, qu’ils soient uniques ou multiples. Cette proportion est supérieure à celle observée parmi les enfants déjà nés : 72 %. Cette analyse succincte démontre une fois de plus la nécessité de mettre en place des mécanismes régulateurs de la fécondité dans le but de réduire les hauts risques de mortalité encourus par les jeunes enfants au Niger. Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 213 MORTALITE ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE 13 Soumaïla MARIKO et Soumana HAROUNA 13.1 INTRODUCTION Le taux de mortalité maternelle est une mesure importante du développement humain et social. C’est un indicateur particulièrement important de l’accès des femmes aux soins de santé et de la façon dont le système de santé répond à leurs besoins. Il est donc important de pouvoir disposer d’informations sur les niveaux de la mortalité maternelle, non seulement parce qu’elles nous informent sur les risques liés à la grossesse et à l’accouchement, mais aussi parce qu’elles nous renseignent sur la santé des femmes, en général, et indirectement, sur leur situation économique et sociale. Au cours de l’EDSN-MICS III des données ont été collectées qui permettent d’estimer le niveau de la mortalité maternelle en utilisant la méthode d’estimation directe. Cette estimation se fait à partir de données sur la survie des sœurs des enquêtées. Pour chacune des sœurs de l’enquêtée, on a collecté des renseignements concernant son âge actuel, son état de survie, l’âge au décès et le nombre d’années écoulées depuis le décès. À propos des sœurs décédées, des questions supplémentaires ont été posées pour déterminer si le décès était en rapport avec la maternité, c’est-à-dire si le décès était survenu pendant la grossesse, durant l’accouchement ou dans les deux mois qui ont suivi l’accouchement ou la fin de la grossesse. La méthode directe d’estimation de la mortalité maternelle requiert des données sur l’âge des sœurs survivantes et, pour les sœurs décédées, l’âge au décès et le nombre d’années écoulées depuis le décès. Pour obtenir des périodes de référence bien définies, les données sont agrégées pour déterminer le nombre de personnes-années d’exposition à la mortalité et le nombre de décès maternels survenus dans chaque période de référence. Les taux de mortalité par cause maternelle sont alors directement estimés en divisant le nombre de décès par le nombre de personnes-années soumises à l’exposition. Le résultat de ce calcul donne la proportion de sœurs, parmi toutes les sœurs de l’enquêtée, qui sont décédées de causes dues à la maternité. C’est une estimation non biaisée de la probabilité de décéder de cause maternelle, pourvu que le risque de décès soit identique pour toutes les sœurs (Trussel et Rodriguez, 1990). 13.2 COLLECTE DES DONNÉES Le questionnaire utilisé pour la collecte des données sur la mortalité maternelle est présenté en annexe E (Section 10 du questionnaire individuel femme). En premier lieu, on a demandé à la femme enquêtée la liste de tous ses frères et sœurs, c’est-à-dire tous les enfants que sa mère a mis au monde, en commençant par le premier-né. Ensuite, elle a été interrogée sur l’état de survie de ses frères et sœurs, et pour ceux qui sont encore en vie, on lui a demandé leur âge actuel. Pour ceux qui sont décédés, on lui a demandé le nombre d’années écoulées depuis le décès et l’âge au décès. Dans le cas où des réponses précises aux âges ou au nombre d’années écoulées depuis le décès ne pouvaient être obtenues, les enquêtrices étaient autorisées à accepter des réponses approximatives. Concernant les sœurs décédées à l’âge de 12 ans ou plus, des questions ont été posées aux femmes pour déterminer si le décès était en rapport avec la maternité : x Est-ce que (NOM) était enceinte quand elle est décédée ? Si la réponse est non ou ne sait pas, la question suivante a été posée : 214 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle x Est-ce que (NOM) est décédée au cours d’un accouchement ? Dans le cas d’une réponse négative, on demandait alors : x Est-ce que (NOM) est décédée dans les deux mois suivant la fin d’une grossesse ou d’un accouchement ? Ces questions sont structurées pour encourager l’enquêtée à déclarer tout décès ayant suivi une grossesse, quelle qu’en soit l’issue et, en particulier, une grossesse ayant donné lieu à un avortement provoqué, alors qu’on ne posait pas de questions directes à propos de ce type d’événement. L’ensemble de ces décès sont considérés comme étant des décès maternels. 13.3 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES L’estimation directe de la mortalité maternelle nécessite des données exactes sur le nombre de sœurs de l’enquêtée, le nombre de celles qui sont décédées et le nombre de celles dont le décès est lié à la maternité. Il n’existe pas de procédure clairement définie pour établir la complétude des données recueillies par une enquête ménage rétrospective sur la survie des sœurs. L’estimation directe requiert, en plus, des données exactes sur la survie des sœurs, des données sur l’âge et sur le nombre d’années écoulées depuis le décès des sœurs — informations qui peuvent embarrasser les enquêtées ou qui demandent des précisions que les enquêtés ne connaissent pas. Le nombre de frères et sœurs déclaré par l’enquêtée, et la complétude des données déclarées sur l’âge, l’âge au décès et le nombre d’années écoulées depuis le décès sont présentés au tableau 13.1. Tableau 13.1 Complétude de l'information sur les frères et soeurs Effectif des frères et soeurs déclarés par les enquêtées et complétude des données déclarées concernant l'état de survie, l'âge au décès et le nombre d'années écoulées depuis le décès, EDSN-MICS III Niger 2006 Soeurs Frères Ensemble Frères et sœurs selon différentes variables Effectif % Effectif % Effectif % Ensemble des frères et soeurs 26 755 100,0 28 435 100,0 55 190 100,0 Survivants 20 276 75,8 21 369 75,2 41 645 75,5 Décédés 6 476 24,2 7 044 24,8 13 520 24,5 ND/manquant 4 0,0 21 0,1 25 0,0 Ensemble des survivants 20 276 100,0 21 369 100,0 41 645 100,0 Âge déclaré 20 201 99,6 21 284 99,6 41 485 99,6 ND/manquant 75 0,4 85 0,4 160 0,4 Ensemble des décédés 6 476 100,0 7 044 100,0 13 520 100,0 Âge et nombre d’années déclarés 6 379 98,5 6 914 98,1 13 293 98,3 Âge au décès manquant 31 0,5 36 0,5 67 0,5 Nombre d’années manquantes 42 0,7 39 0,6 81 0,6 Âge et nombre d’années manquants 22 0,3 56 0,8 79 0,6 Des données complètes ont été obtenues pour presque toutes les sœurs, quel que soit leur état de survie. Un âge a été déclaré pour la totalité des sœurs survivantes (99,6 %) ; un âge au décès ainsi que le nombre d’années écoulées depuis le décès ont été déclarés pour 98,5 % des sœurs décédées. Ces pourcentages font apparaître une bonne qualité des informations collectées sur la mortalité maternelle. Plutôt que d’exclure des analyses suivantes les frères et sœurs pour lesquels certaines données sont manquantes, on a utilisé les informations concernant le rang de naissance des frères et sœurs en Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 215 conjonction avec d’autres informations pour imputer une valeur aux données manquantes1. Les données sur la survie des frères et sœurs, y compris les cas avec des valeurs imputées, ont été utilisées dans le calcul direct des taux de mortalité des adultes et des taux de mortalité pour cause maternelle. Le nombre d’informations manquantes en ce qui concerne les dates n’est qu’un indicateur de la qualité d’ensemble des données. La complétude des informations de base, à savoir l’omission possible de frères ou de sœurs, est beaucoup plus importante. Le tableau 13.2 présente différents tests permettant d’évaluer cette complétude. Tout d’abord, on s’attend à ce que, en moyenne, la date de naissance des enquêtées se situe au milieu des dates de naissance de sa fratrie. Si l’année de naissance médiane des frères et sœurs est beaucoup plus tardive que celle des enquêtées, cela signifierait que les enquêtées ont systématiquement omis des frères et sœurs plus âgés, peut-être parce que certains d’entre eux étaient décédés avant qu’elles ne soient nées. De telles omissions affecteraient l’estimation de la mortalité des adultes. Dans le cas du Niger, l’année médiane de naissance des frères et sœurs est presque égale à celle des enquêtées, soit 19792 contre 1978, ce qui signifierait qu’apparemment, il n’y a pas eu de sous déclaration importante des frères et sœurs par les enquêtées. Du point de vue de la mesure de la mortalité maternelle, que tous les frères et sœurs soient déclarés ou non n’est pas le plus important. Par contre, il est crucial que les données soient aussi complètes que possible sur les sujets soumis au risque de mortalité maternelle, à savoir les sœurs en âge de procréation. Deux autres tests, le rapport de masculinité à la naissance et la taille moyenne de la fratrie, peuvent être utilisés pour évaluer la complétude de l’enregistrement des frères et sœurs. Les résultats figurent au tableau 13.2. Pour l’ensemble des frères et sœurs, le rapport de masculinité à la naissance est de 106 hommes pour 100 femmes, ce qui correspond à ce qui est généralement 1 L’imputation est basée sur l’hypothèse selon laquelle l’ordre des frères et sœurs est correct. Premièrement, on a calculé une date de naissance pour chaque frère et sœur survivant dont on connaît l’âge, et pour chaque frère et sœur décédés pour lesquels on avait des informations complètes sur l’âge au décès et sur le nombre d’années écoulées depuis le décès. Pour les frères et sœurs pour lesquels ces données sont manquantes, on a imputé une date de naissance à l’intérieur de l’intervalle délimité par les dates de naissances des frères et sœurs « encadrants ». Pour les frères et sœurs survivants, on a calculé un âge à partir de la date de naissance imputée. Dans le cas de frères et sœurs décédés, si l’on disposait soit de l’âge au décès, soit du nombre d’années écoulées depuis le décès, cette information a été combinée avec la date de naissance attribuée pour fournir l’information manquante. Si aucune des deux informations n’était disponible, la distribution de l’âge au décès des frères et sœurs dont on connaissait seulement l’âge au décès mais pas le nombre d’années écoulées depuis le décès a été utilisée comme base pour l’imputation de l’âge au décès. 2 On notera que la distribution des années de naissance des frères et sœurs ne suit pas celle des enquêtées : alors que les années de naissance des enquêtées se répartissent sur 35 ans (1956-1991), celle des frères et sœurs portent sur 76 ans (1929-2006). Tableau 13.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et soeurs Répartition (en %) des enquêtées et des frères et soeurs selon l'année de naissance, l’année de naissance médiane, le rapport de masculinité à la naissance et l'évolution de la taille moyenne de la fratrie selon l'année de naissance de l'enquêtée, EDSN-MICS III Niger 2006 Répartition en % Année de naissance Enquêtées Frères/ soeurs Avant 1955 0,0 2,5 1955-59 2,7 4,0 1960-64 8,2 6,7 1965-69 11,7 10,2 1970-74 12,9 12,4 1975-79 17,9 15,1 1980-84 20,2 15,3 1985 ou plus tard 26,3 33,8 Total 100,0 100,0 Intervalle 1956 -1991 1929 -2006 Médiane 1978 1979 Effectif 9 223 55 171 Année de naissance de l’enquêtée Taille moyenne de la fratrie Rapport de masculinité 1955-59 6,7 105,5 1960-64 6,6 106,3 1965-69 6,7 105,8 1970-74 6,9 109,0 1975-79 7,2 104,7 1980-84 7,0 102,3 1985-91 7,2 109,5 Ensemble 7,0 106,3 216 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle observé puisque le rapport de masculinité à la naissance ne varie qu’assez peu autour de 105 hommes pour 100 femmes, quelles que soient les populations. En outre, le rapport de masculinité à la naissance varie peu selon l’année de naissance de l’enquêtée, de 102 à 110. Compte tenu de la variabilité bien connue du rapport de masculinité dans les petits échantillons, aucune tendance importante au sous enregistrement n’apparaît dans la déclaration des sœurs. L’évolution de la taille de la fratrie selon l’année de naissance de l’enquêtée fait apparaître une taille moyenne qui augmente légèrement des générations les plus anciennes aux plus récentes passant d’un minimum de 6,6 pour les années 1960-1964 à un maximum de 7,2 pour les années 1975-1979. Cette légère augmentation est en contradiction avec ce que l’on sait des tendances de la fécondité au Niger, la fécondité étant restée assez stable ou ayant légèrement diminué au cours du temps. Ce résultat semble indiquer de possibles omissions des frères et sœurs les plus âgés, ce qui peut avoir pour conséquence une légère sous-estimation de la mortalité passée. Il convient toutefois de relever qu’avec ce type de données, il peut se poser un autre problème : celui de l’attraction pour certaines valeurs préférentielles, valeurs utilisées par les enquêtées qui ne connaissent pas avec précision l’âge exact au décès et/ou le nombre exact d’années écoulées depuis le décès, mais qui peuvent en fournir une estimation. En ce qui concerne les estimations des taux de mortalité générale et de mortalité maternelle, une période de 10 années (c’est-à-dire 0-9 années avant l’enquête) a été retenue. Cette période de référence de 10 ans a été retenue afin de pouvoir obtenir une estimation du niveau de mortalité maternelle le plus récent possible, tout en disposant d’un nombre suffisant de cas de décès maternels (qui restent, malgré tout, relativement rares) pour réduire au maximum les erreurs de sondage et obtenir une estimation fiable. 13.4 ESTIMATION DIRECTE DE LA MORTALITÉ ADULTE Les estimations par âge de la mortalité masculine et féminine pour la période de 1996-2006, calculées selon la procédure directe d’après les déclarations sur la survie, sont présentées au tableau 13.3. Le nombre de décès de frères et sœurs survenus pendant la période de référence aux âges de 15 à 49 ans est relativement important (565 décès de sœurs et 479 décès de frères). Par contre, les décès de frères et soeurs dans les différents groupes d’âges sont en nombre limité : les taux par âge, basés sur des événements relativement peu nombreux, sont, de ce fait, sujets à de fortes variations d'échantillonnage. On observe normalement une augmentation régulière des taux de mortalité avec l’âge, les taux aux âges les plus élevés (45-49 ans) étant, selon le sexe et le niveau global de mortalité, trois à cinq fois plus élevés que les taux aux âges les plus jeunes (15-19 ans). Pour les femmes, les taux estimés présentent peu de variations entre 15 et 29 ans (entre 3,2 ‰ et 3,9 ‰), puis augmentent légèrement pour atteindre un maximum à 40-44 ans (5,8 ‰) (graphique 13.1). Le facteur d’augmentation du taux de mortalité entre les jeunes âges et les âges élevés n’atteint pas deux, ce qui indiquerait un sous-enregistrement de la mortalité adulte pour les âges les plus élevés, en particulier à partir de 35 ans. Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 217 Tableau 13.3 Estimation de la mortalité adulte par âge Estimation directe de la mortalité par âge à partir des données concernant l’état de survie des frères et sœurs des femmes enquêtées, par sexe, EDSN- MICS III Niger 2006 Taux estimés pour 1996-2006 (0-9 ans avant l’enquête) Groupe d’âges Décès Années d’exposition Taux (‰) Table type hypothétique des Nations Unies1 Taux (‰) SEXE FÉMININ 15-19 101 31 481 3,219 3,49 20-24 123 31 205 3,927 4,80 25-29 102 27 301 3,723 5,59 30-34 103 21 568 4,779 6,55 35-39 63 14 884 4,212 7,54 40-44 51 8 932 5,754 8,74 45-49 22 4 426 5,082 10,94 15-49 565 139 796 4,043 - SEXE MASCULIN 15-19 101 31 641 3,192 2,43 20-24 94 32 795 2,875 3,47 25-29 81 29 363 2,760 3,96 30-34 79 23 582 3,344 4,73 35-39 50 16 595 3,006 6,05 40-44 54 9 979 5,431 8,08 45-49 20 4 883 4,110 11,17 15-49 479 148 839 3,221 - 1 Les taux de mortalité proviennent des Tables Types de Mortalité des Nations Unies, Schéma Général, sous l’hypothèse d’une mortalité infantile de 97 ‰ pour les femmes et de 89 ‰ pour les hommes pour la période de 10 années ayant précédé l’enquête. Pour les hommes, les taux de mortalité présentent la même tendance : les taux estimés présentent peu de variations entre 15 et 39 ans (entre 2,8 ‰ et 3,3 ‰), puis augmentent pour atteindre un maximum à 40-44 ans (5,4 ‰) aux âges élevés, en particulier à partir de 35 ans. Le facteur d’augmentation de taux de mortalité entre les jeunes âges et les âges élevés est inférieur à celui observé chez les femmes et indique un sous-enregistrement de la mortalité adulte pour les âges les âges les plus élevés, en particulier à partir de 40 ans. Le taux de mortalité générale pour le groupe d’âges 15-49 ans de femmes était estimé par l’EDSN-1992 à 4,7 ‰ pour la période 1979-1992. D’après EDSN-MICS III 2006, il serait de 4,0 ‰ pour la période 1996-2006. Chez les hommes de 15-49 ans, ce taux serait passé de 4,3 ‰ pour la période 1979- 1992 à 3,2 ‰ pour la période 1996-2006. Cette baisse apparente du niveau global de mortalité pour les 15-49 ans serait donc en réalité la conséquence d’une sous-estimation de la mortalité par âge principalement chez les femmes de 35 ans et plus et les hommes de 40 ans et plus. 218 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle En l’absence de données exactes sur la mortalité au Niger, on a effectué une autre évaluation en comparant les taux estimés à une série de taux directs et extrapolés provenant des tables-types de mortalité des Nations Unies (Nations Unies, 1982). Les niveaux de mortalité par âge obtenus à partir des tables-types de mortalité sont présentés au tableau 13.3. Parmi les tables types des Nations Unies, celles correspondant au modèle de mortalité schéma Général ont été retenues parce que ce sont celles qui se rapprochent le plus du niveau de mortalité infantile au Niger. Les taux ont été sélectionnés à un niveau de mortalité correspondant approximativement à un niveau de mortalité infantile de 97 ‰ pour les femmes et de 89 ‰ pour les hommes pour la période de 10 ans précédant l’EDSN-MICS III. Pour les femmes comme pour les hommes, les résultats du tableau 13.3 font apparaître que les taux estimés et ceux des tables types sont assez voisins aux jeunes âges. Par contre, les taux estimés sont très inférieurs à ceux des tables types, à partir de 35 ans pour les femmes et de 40 ans pour les hommes. Ce qui semble confirmer ce qui a été mentionné précédemment, à savoir une sous-estimation de la mortalité des femmes et des hommes de 15-49 ans aux groupes d’âges les plus élevés. Graphique 13.1 Taux de mortalité par groupe d'âges pour la période 0-9 ans avant l'EDSN-MICS III et taux des tables types de mortalité � � � � � � � 15 20 25 30 35 40 45 50 Groupe d'âges 0 2 4 6 8 10 12 Décès pour 1 000 � � � � � � � 15 20 25 30 35 40 45 50 Groupe d'âges 0 2 4 6 8 10 12 Décès pour 1 000 FEMMES Table type des Nations Unies Modèle: Général (1q0 = 97 pour mille) Taux calculés Taux table type Taux calculés Taux table type HOMMES Table type des Nations Unies Modèle: Général (1q0 =89 pour mille) Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 219 13.5 ESTIMATIONS DIRECTES DE LA MORTALITÉ MATERNELLE Les résultats de l’estimation directe de la mortalité maternelle, obtenue à partir des déclarations sur la survie des sœurs, sont présentés au tableau 13.4. Le nombre total de décès maternels est estimé à 224 pour la période de 0-9 ans avant l’enquête. La tendance à la hausse des taux par âge est irrégulière. Etant donné le nombre relativement peu important d’événements, la méthode retenue est l’estimation d’un taux unique correspondant aux âges de procréation. L’estimation d’ensemble de la mortalité pour cause maternelle, exprimée pour 1 000 femmes-années d’exposition, est égale à 1,6 ‰ pour la période 1996-2006. Cette estimation est inférieure à celle obtenue lors de l’EDSN de 1992 (1,8 ‰ pour la période 1979-1992). Les taux de mortalité par cause maternelle peuvent être convertis en taux de mortalité maternelle, exprimés pour 100 000 naissances vivantes, en les divisant par le taux global de fécondité générale pour la période donnée (tableau 13.4). Exprimé de cette manière, on met davantage en relief le risque obstétrical de la grossesse et de la maternité. Le taux de mortalité maternelle est de 648 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes pour la période 0-9 ans avant l’enquête. Ainsi, le niveau de la mortalité maternelle n’aurait pratiquement pas changé depuis 1992, date à laquelle l’EDSN l’avait estimé à 652 pour 100 000 pour la période 1979-1992. Tableau 13.4 Estimation directe de la mortalité maternelle Estimation directe de la mortalité maternelle à partir des données concernant l’état de survie des sœurs des femmes enquêtées pour la période 0-9 ans avant l’enquête, EDSN-MICS III Niger 2006 Groupe d’âges Décès maternels Années d’exposition Taux pour cause maternelle (‰) Proportion de décès maternels 15-19 36 31 481 1,135 0,357 20-24 50 31 205 1,596 0,450 25-29 43 27 300 1,576 0,482 30-34 42 21 568 1,967 0,362 35-39 26 14 884 1,717 0,379 40-44 22 8 932 2,419 0,428 45-49 6 4 426 1,399 0,349 15-49 224 139 796 1,605 0,399 Taux Global de Fécondité Générale (TGFG ‰) =248a Taux de mortalité maternelle (TMM)1 = 648 Risque de mortalité maternelle sur la durée de vie (RDV)2 = 0,05 a Taux standardisés par âge 1 Pour 100 000 naissances. Calculé comme suit : (Taux pour cause maternelle 15-49 ans)/TGFG. 2 Par femme. Calculé à partir de la formule suivante : (1-RDV) = (1-TMM/100 000)ISF, où l’ISF est l’indice synthétique de fécondité de la période 0-9 ans avant l’enquête, estimé à 7,9 enfants par femme. 220 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle Un autre indicateur, le risque de mortalité maternelle sur la durée de vie3 (RDV), est calculé à partir du taux de mortalité maternelle (tableau 13.4). Cet indicateur exprime le risque pour une femme de décéder par cause maternelle durant les âges de procréation. Ce risque est estimé à 0,05 pour la période 1996-2006. Autrement dit, aujourd’hui au Niger, une femme court un risque de 1 sur 20 de décéder par cause maternelle pendant les âges de procréation. Ce risque est le même que celui qui avait été estimé en 1992. Les proportions de décès imputables aux causes maternelles (tableau 13.4), par groupe d’âges, pour la période 1996-2006, laissent apparaître de fortes variations qui atteignent des niveaux maximum à 20-29 ans où près de la moitié des décès de femmes de ce groupe d’âges seraient dus à des causes maternelles (45 % pour le groupe d’âge 20-24 ans et 48 % pour le groupe d’âges 25-29 ans). À la différence des autres mesures de la mortalité présentées précédemment, ces proportions ne peuvent être affectées par des sous-déclarations dans la mesure où l’on peut supposer que les sous-déclarations éventuelles n’affectent pas davantage les décès par cause maternelle que les autres décès. Ainsi, pour l’ensemble des décès de femmes en âge de procréation (15-49 ans), quatre décès sur dix (40 %) seraient dus à des causes maternelles. Les taux de mortalité maternelle estimés selon la même méthodologie lors des enquêtes EDS menées dans d’autres pays africains sont présentés au graphique 13.2. 3 La formule de calcul de cette probabilité figure en note du tableau 13.4. Graphique 13.2 Mortalité maternelle au Niger et en Afrique subsaharienne 1120 1099 998 948 649 598 582 528 505 478 401 652 648 Malawi (1994-2000) Tchad (1998-2004) Erythrée (1986-1995) RCA (1982-1995) Niger (1979-1992) Zambie (1990-1996) Niger (1997-2006) Côte d'Ivoire (1988-1994) Mali (1996-2001) Guinée (1992-1999) Ouganda (1991-2001) Togo (1993-1998) Sénégal (1998-2005) 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 Taux de mortalité maternelle pour 100 000 naissances Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 221 Malgré l’amélioration des soins prénatals au cours des cinq dernières années, la mortalité maternelle reste élevée au Niger, comme dans le reste des pays de la région, avec des taux se situant dans leur majorité entre 600 et 1 000 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Les résultats de l’EDSN-MICS III suggèrent que le comportement procréateur continue à constituer un risque important de mortalité dans un pays où la fécondité reste encore très élevée. La fécondité précoce, les grossesses rapprochées, le manque de soins prénatals et l’absence d’assistance à l’accouchement sont autant de facteurs qui font courir aux femmes des risques élevés de décès lors de l’accouchement. A cet égard, au Niger, comme dans les autres pays de l’Afrique au Sud du Sahara, pour parvenir à une réduction de la mortalité maternelle, des efforts devraient être entrepris principalement dans deux domaines : i) la disponibilité des soins prénatals et la possibilité d’accoucher dans les établissements sanitaires, surtout en zone rurale, et ii) l’éducation des femmes, des familles et des agents de santé pour détecter les grossesses à hauts risques et, en particulier, les accouchements de femmes très jeunes. En outre, des programmes éducatifs devraient insister sur le fait que les femmes enceintes à risque doivent être conduites dans des établissements équipés pour prendre en charge les cas d’accouchement avec complications. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 223 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES 14 Sani OUMAROU et Soumaïla MARIKO Au Niger, comme dans la plupart des pays africains, la transmission du sida s’effectue principalement par voie sexuelle. Les hommes et les femmes interrogés lors de l’EDSN-MICS III 2006, en majorité sexuellement actifs, sont donc concernés au premier plan par les campagnes d’Information, d’Éducation et Communication (IEC) lancées à travers le pays par la Coordination Inter-Sectorielle de Lutte contre les IST/VIH/SIDA. Dans le but d’évaluer l’impact du programme réalisé au Niger, des questions ont été posées sur la connaissance, les attitudes et les pratiques concernant les IST et le sida en particulier, ainsi que sur les comportements sexuels. Les informations ainsi collectées sont essentielles à l’ajustement des programmes en cours, ainsi qu’à la mise en place de nouvelles campagnes d’information, d’éducation et de communication sur le sida. Les résultats présentés ici concernent principalement les points suivants : x la connaissance de l’existence du VIH/sida, des moyens de prévention, de ses modes de transmission ainsi que la croyance en des idées erronées sur la transmission et la prévention de l’infection ; x la connaissance de la transmission du virus du VIH de la mère à l’enfant ; x les attitudes et comportements à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida ; x les rapports sexuels à hauts risques et l’utilisation des condoms lors des derniers rapports sexuels à hauts risques ; x l’âge des adolescents (15-24 ans) aux premiers rapports sexuels ; x les rapports sexuels à hauts risques et l’utilisation des condoms lors des derniers rapports sexuels à hauts risques chez les adolescents de 15-24 ans ; x les rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes de 15-24 ans et l’utilisation d’un condom ; x la connaissance des autres IST et de leurs symptômes ; x la recherche de traitement pour les IST ; En outre, lors de l’EDSN-MICS III 2006, un test de séroprévalence du VIH dans la population générale masculine et féminine a été effectué. Les résultats sont présentés au chapitre 15. 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA, DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION 14.1.1 Connaissance du VIH/sida et de l’existence de moyens de prévention L’attitude et le comportement que les populations ont vis-à-vis du VIH/sida sont largement tributaires de leur niveau de connaissance de cette maladie. Ainsi, l’EDSN-MICS III 2006 a cherché à évaluer les niveaux de connaissance du VIH/sida et des ses modes de transmission ainsi que la connaissance des moyens de prévention de l’infection dans la population générale. 224 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Pour évaluer le niveau de connaissance de cette infection par les femmes et les hommes, on leur a demandé s’ils connaissaient cette maladie ou s’ils en avaient déjà entendu parler. Les résultats présentés au tableau 14.1 révèlent que le niveau de connaissance du VIH/sida est élevé au Niger : 83 % des femmes et 95 % des hommes (contre respectivement, 55 % et 89 % à l’EDSN-II de 1998). En outre, les écarts entre les différentes caractéristiques sociodémographiques sont peu importants. Il faut néanmoins souligner que dans la région de Maradi, la proportion de femmes qui ont entendu parler de la maladie sont plus faibles qu’au niveau national (69 % contre 83 %). Tableau 14.1 Connaissance du VIH/sida Pourcentage de femmes et d’hommes qui ont entendu parlé du VIH/sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Caractéristique Pourcentage ayant entendu parler du VIH/sida Effectif Pourcentage ayant entendu parler du VIH/sida Effectif Groupe d’âges 15-19 79,7 1 718 88,0 620 20-24 83,8 1 651 95,3 490 25-29 83,1 1 792 96,2 472 30-39 85,1 2 521 96,6 806 40-49 82,6 1 542 96,7 712 15-24 81,7 3 369 91,2 1 110 État matrimonial Célibataire 84,1 916 91,7 1 109 A eu des rapports sexuels 93,9 38 99,3 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 83,7 878 89,0 816 En union 82,6 7 941 96,3 1 923 En rupture d’union 90,0 366 94,7 69 Milieu de résidence Niamey 97,3 822 99,4 398 Autres Villes 96,5 995 98,1 418 Ensemble urbain 96,9 1 817 98,7 816 Rural 79,7 7 406 93,2 2 285 Région Niamey 97,3 822 99,4 398 Agadez 86,3 248 98,3 89 Diffa 71,8 221 89,3 86 Dosso 90,5 1 303 97,6 380 Maradi 69,4 1 752 88,8 598 Tahoua 85,0 1 859 97,7 568 Tillabéri 82,0 1 329 88,9 393 Zinder 84,2 1 688 96,4 588 Niveau d'instruction Sans instruction 80,3 7 393 92,4 1 854 Primaire. 92,2 1 270 97,4 767 Secondaire ou plus 99,2 560 98,9 480 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 76,7 1 755 89,2 412 Second 78,3 1 780 95,7 553 Moyen 80,4 1 756 93,6 645 Quatrième 83,2 1 906 92,7 618 Le plus riche 95,0 2 026 98,7 873 Ensemble 83,1 9 223 94,6 3 101 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 225 14.1.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH/sida La connaissance des moyens de prévention appropriés est essentielle pour se protéger de l’infection. Avec l’abstinence, la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté ainsi que l’utilisation du condom demeurent les principaux moyens de prévention de l’infection par le VIH. Au cours de l’EDSN-MICS III, on a donc demandé aux enquêtés s’ils savaient qu’on pouvait réduire les risques de contracter le virus en utilisant ces deux moyens. Les résultats selon différentes caractéristiques sociodémographiques sont présentés au tableau 14.2. Un peu plus de la moitié des femmes (53 %) et près des deux tiers des hommes (65 %) ont déclaré que le recours à ces deux moyens permettait de réduire les risques de contracter le VIH/sida. De ces deux moyens, la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté a été le plus fréquemment citée : 88 % des hommes et 74 % des femmes contre respectivement, 67 % et 55 % pour l’utilisation du condom. On relève chez les femmes comme chez les hommes, que ces deux moyens de prévention sont plus connus par ceux/celles qui résident en milieu urbain (70 % contre 49 % en rural pour les femmes et 72 % contre 62 % en rural pour les hommes) et par les femmes et les hommes de niveau secondaire ou plus (respectivement, 77 % contre 50 % parmi celles sans instruction et 81 % contre 57 % parmi ceux sans instruction). De même, dans le quintile le plus riche, la proportion de femmes et d’hommes qui connaissent ces deux moyens est nettement supérieure à celle observée dans le quintile le plus pauvre (respectivement, 70 % contre 47 % et 73 % contre 60 %). En outre, pour 68 % des femmes et 79 % des hommes, l’abstinence sexuelle est un moyen de prévention du VIH/sida. 226 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH/sida Pourcentage de femmes et d'hommes qui, en réponse à une question déterminée, déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du VIH/sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Caractéristique Utilisant des condoms Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire non infecté S'abstenant de rapports sexuels Effectif de femmes Utilisant des condoms Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire non infecté S'abstenant de rapports sexuels Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 50,8 69,9 49,0 64,7 1 718 58,8 77,8 54,7 71,2 620 20-24 57,8 75,4 55,6 69,5 1 651 68,4 90,1 67,6 79,0 490 25-29 55,3 75,5 53,0 69,8 1 792 74,1 87,6 69,7 81,4 472 30-39 56,6 76,6 54,6 69,6 2 521 71,9 90,6 70,6 80,2 806 40-49 55,0 73,4 53,1 68,0 1 542 63,7 91,1 61,9 82,2 712 15-24 54,2 72,6 52,2 67,0 3 369 63,1 83,3 60,4 74,6 1 110 État matrimonial Célibataire 57,3 74,2 54,6 69,5 916 65,2 82,4 61,6 73,6 1 109 A eu des rapports sexuels 87,8 90,1 87,8 85,3 38 87,5 92,0 82,1 85,8 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 56,0 73,6 53,2 68,8 878 57,3 78,9 54,2 69,2 816 En union 54,5 74,2 52,7 68,0 7 941 68,0 90,7 66,5 81,9 1 923 En rupture d’union 65,1 79,6 60,6 74,3 366 74,9 86,6 70,3 78,7 69 Milieu de résidence Niamey 72,4 88,9 68,1 79,1 822 71,4 87,1 65,8 77,6 398 Autres Villes 75,7 86,0 71,0 80,9 995 80,0 94,2 77,8 78,6 418 Ensemble urbain 74,2 87,3 69,7 80,1 1 817 75,8 90,7 72,0 78,1 816 Rural 50,5 71,2 49,1 65,6 7 406 64,1 86,5 62,3 79,1 2 285 Région Niamey 72,4 88,9 68,1 79,1 822 71,4 87,1 65,8 77,6 398 Agadez 52,1 70,7 48,5 65,0 248 77,2 92,4 76,6 93,2 89 Diffa 45,0 65,2 42,5 50,8 221 58,7 84,1 55,3 75,8 86 Dosso 62,2 85,9 61,3 81,7 1 303 70,0 93,6 69,1 82,9 380 Maradi 55,4 59,9 53,0 55,8 1 752 71,0 82,6 68,7 81,5 598 Tahoua 48,7 72,7 47,6 71,0 1 859 72,8 94,6 72,2 87,9 568 Tillabéri 48,5 76,7 47,5 69,0 1 329 55,4 81,4 53,8 73,8 393 Zinder 55,5 75,4 52,6 65,6 1 688 60,8 86,5 57,2 67,3 588 Niveau d'instruction Sans instruction 51,4 71,9 49,7 66,0 7 393 59,4 84,9 57,4 77,3 1 854 Primaire. 65,4 81,9 62,9 76,4 1 270 74,7 91,2 72,5 82,1 767 Secondaire ou plus 81,8 90,9 77,1 82,3 560 85,1 92,4 81,1 79,7 480 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 48,1 66,1 46,8 63,1 1 755 59,7 82,9 59,7 72,8 412 Second 48,9 71,1 47,7 64,7 1 780 64,6 87,9 62,4 81,4 553 Moyen 48,5 72,4 46,8 67,3 1 756 60,4 87,9 58,0 82,8 645 Quatrième 53,8 74,3 52,1 66,0 1 906 68,3 86,0 66,4 76,3 618 Le plus riche 74,0 86,4 70,2 79,5 2 026 76,6 90,6 72,7 78,9 873 Ensemble 55,2 74,4 53,2 68,4 9 223 67,2 87,6 64,8 78,8 3 101 14.1.3 Connaissance correcte de la transmission du VIH/sida et rejet d’idées erronées Au cours de l’enquête, une série de propositions ont été soumises aux enquêtés pour mesurer leur niveau de connaissance correcte concernant la transmission et la prévention du VIH/sida. Les résultats sont présentés aux tableaux 14.3.1 pour les femmes et 14.3.2 pour les hommes. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 227 Tableau 14.3.1 Idées erronées à propos du VIH/sida : femmes Pourcentage de femmes qui, en réponse à une question déterminée, rejettent des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du VIH/sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Pourcentage de femmes qui savent que : Caractéristique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut pas être transmis par les moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’un malade du sida Pourcentage rejetant les 2 idées locales erronées les plus courantes et sachant qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida1 Pourcentage ayant une connaissance complète du VIH/sida 2 Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 36,0 31,5 52,5 38,0 14,2 12,3 1 718 20-24 39,1 33,8 58,5 40,6 16,4 14,5 1 651 25-29 36,2 31,9 55,6 38,1 14,7 13,0 1 792 30-39 36,2 33,7 59,1 36,9 14,5 12,1 2 521 40-49 35,5 31,3 56,2 38,0 13,0 11,0 1 542 15-24 37,5 32,7 55,4 39,3 15,3 13,4 3 369 État matrimonial Célibataire 48,2 44,8 64,2 56,0 26,6 23,0 916 A eu des rapports sexuels 65,3 52,4 81,1 81,7 45,1 41,3 38 N'a jamais eu de rapports sexuels 47,5 44,5 63,4 55,0 25,8 22,2 878 En union 35,1 30,8 55,0 35,6 13,0 11,2 7 941 En rupture d’union 40,1 40,7 71,3 50,3 17,8 15,6 366 Milieu de résidence Niamey 66,6 61,8 85,0 73,3 40,0 32,8 822 Autres Villes 58,0 53,4 77,6 73,2 33,9 29,1 995 Ensemble urbain 61,9 57,2 80,9 73,2 36,7 30,8 1 817 Rural 30,4 26,6 50,6 29,6 9,1 8,1 7 406 Région Niamey 66,6 61,8 85,0 73,3 40,0 32,8 822 Agadez 45,6 44,9 65,8 65,5 24,1 19,0 248 Diffa 27,2 32,7 63,1 54,8 13,9 10,8 221 Dosso 50,9 26,7 57,8 39,6 12,7 11,6 1 303 Maradi 26,5 26,5 48,7 31,1 12,8 12,3 1 752 Tahoua 28,2 16,5 35,9 25,8 7,2 6,4 1 859 Tillabéri 41,9 37,8 70,5 39,1 18,4 15,6 1 329 Zinder 26,2 41,0 59,8 34,0 9,1 7,4 1 688 Niveau d'instruction Sans instruction 32,0 27,8 52,8 31,9 9,9 8,5 7 393 Primaire. 45,1 41,0 64,4 53,2 21,4 18,7 1 270 Secondaire ou plus 77,9 77,4 88,6 87,2 60,3 52,1 560 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 28,3 20,9 42,5 23,5 6,3 5,3 1 755 Second 27,4 22,9 51,5 25,9 6,6 5,8 1 780 Moyen 32,2 28,0 49,3 30,8 10,0 8,4 1 756 Quatrième 31,5 33,7 57,8 37,4 13,0 11,8 1 906 Le plus riche 60,4 54,2 78,5 68,8 34,2 29,0 2 026 Ensemble 36,6 32,6 56,6 38,2 14,6 12,6 9 223 1 Les deux idées erronées les plus couramment citées ont été : la transmission par les moustiques (67 %) et le partage de la nourriture avec un malade du sida (62 %). 2 Sont considérées comme ayant une connaissance « complète », les femmes qui déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du VIH/sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. 228 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles À la question « Est-il possible qu’une personne paraissant en bonne santé ait, en fait, le virus du sida ? », 37 % des femmes et 65 % d’hommes ont répondu de manière affirmative. Cette connaissance est cependant très variable selon les caractéristiques sociodémographiques. La proportion de femmes ayant donné une réponse affirmative varie d’un minimum de 27 % chez les femmes du second quintile à un maximum de 78 % chez celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (tableau 14.3.1). Par ailleurs, on constate qu’en milieu urbain, les femmes ont été plus nombreuses qu’en milieu rural à connaître cet aspect du VIH (respectivement, 62 % et 30 %). L’analyse selon la région de résidence laisse apparaître aussi des écarts : ce sont dans les région de Niamey (67 %), de Dosso (51 %) et d’Agadez (46 %) que les proportions de femmes ayant répondu affirmativement à cette question sont les plus élevées ; en revanche, dans les régions de Zinder (26 %), Maradi (27 %) et Diffa (27 %), ces proportions sont bien plus faibles. Enfin, le niveau d’instruction met en évidence des écarts très significatifs : la proportion de femmes qui savent qu’une personne apparemment en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus qui cause le sida varie d’un minimum de 32 % chez les femmes sans instruction à 45 % chez celles ayant le niveau primaire et à un maximum de 78 % chez celles de niveau secondaire ou plus. À la question de savoir si le virus du sida pouvait se transmettre par les moustiques, seulement 33 % des femmes ont répondu par la négative. On note que les femmes du milieu rural (27 % contre 57 % en milieu urbain), les jeunes femmes de 15-24 ans (33 %) et les plus âgées de 40-49 ans (31 %) et celles vivant dans un ménage des deux quintiles les plus pauvres sont celles qui ont le moins fréquemment déclaré que le sida ne pouvait pas se transmettre par les moustiques. De même, on observe des écarts très importants en fonction du niveau d’instruction. En effet, seulement 28 % des femmes sans instruction sont bien informées, contre 41 % des femmes de niveau primaire et 77 % de celles de niveau secondaire ou plus. En outre, des différences inter régionales notables sont également observées. C’est dans les régions de Tahoua (17 %) et de Maradi (27 %) que les pourcentages de femmes possédant l’information correcte sont les plus faibles. À la question de savoir si on peut contracter le virus du sida par sorcellerie ou par des moyens surnaturels, les résultats montrent que près de six femmes sur dix (57 %) sont bien informées puisqu’elles ont répondu de manière négative à cette question. Cependant, en milieu rural (51 %), parmi les jeunes femmes de 15-19 ans (53 %), celles sans instruction (53 %) et parmi les femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus pauvre (43 %), ces proportion sont plus faibles. En fonction de la région, on constate que ce sont les femmes des régions de Maradi et de Tahoua qui rejettent le moins fréquemment cette idée erronée (respectivement, 49 % et 36 %). En ce qui concerne la quatrième question, on constate que 38 % des femmes ont rejeté cette idée erronée. Cependant, en milieu rural, et parmi les femmes sans instruction, ces proportions ne sont que de respectivement 30 % et 32 %. On note également de grandes différences inter régionales. C’est dans les régions de Tahoua (26 %), de Maradi (31 %) et de Zinder (34 %) que les proportions de femmes rejetant cette idée erronée sont les plus faibles. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 229 Tableau 14.3.2 Idées erronées à propos du VIH/sida : hommes Pourcentage d’hommes qui, en réponse à une question déterminée, rejettent des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Pourcentage d’hommes qui savent que: Caractéristique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut pas être transmis par les moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’un malade du sida Pourcentage rejetant les 2 idées erronées les plus courantes et sachant qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida1 Pourcentage ayant une connaissance complète du VIH/sida 2 Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 50,6 29,6 59,0 53,8 19,3 14,4 620 20-24 65,5 38,7 74,8 61,6 23,3 17,6 490 25-29 72,3 39,0 72,5 68,7 28,7 20,6 472 30-39 69,6 40,8 75,5 61,4 26,5 21,7 806 40-49 66,1 42,5 68,9 64,7 25,7 18,0 712 15-24 57,1 33,6 66,0 57,2 21,1 15,9 1 110 État matrimonial Célibataire 62,4 38,9 68,3 60,7 26,9 20,5 1 109 A eu des rapports sexuels 75,6 50,7 84,8 70,0 37,2 31,5 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 57,7 34,7 62,4 57,4 23,3 16,5 816 En union 65,9 37,8 70,9 62,2 23,3 17,3 1 923 En rupture d’union 70,4 43,1 79,1 67,9 26,9 24,1 69 Milieu de résidence Niamey 85,6 65,4 87,2 79,9 51,4 36,1 398 Autres Villes 77,8 56,5 84,2 82,5 44,8 37,0 418 Ensemble urbain 81,6 60,8 85,6 81,2 48,0 36,6 816 Rural 58,7 30,3 64,6 54,8 16,4 12,1 2 285 Région Niamey 85,6 65,4 87,2 79,9 51,4 36,1 398 Agadez 61,4 51,3 73,5 71,5 34,2 33,0 89 Diffa 64,5 33,8 66,8 62,8 24,6 17,9 86 Dosso 66,3 33,8 71,7 61,3 19,3 16,0 380 Maradi 44,6 28,4 58,8 53,0 13,6 13,2 598 Tahoua 67,5 36,2 81,9 59,3 19,9 16,1 568 Tillabéri 65,4 33,1 54,7 51,4 23,2 16,7 393 Zinder 67,7 37,5 68,1 66,5 25,7 15,4 588 Niveau d'instruction Sans instruction 57,8 28,4 62,0 51,2 14,8 9,8 1 854 Primaire. 67,7 39,1 76,4 70,6 25,0 19,8 767 Secondaire ou plus 86,9 75,4 91,8 88,4 62,5 50,4 480 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 56,1 24,6 57,9 46,2 11,1 9,3 412 Second 58,6 32,1 69,5 57,6 18,7 12,1 553 Moyen 56,5 26,0 61,1 51,9 13,2 8,9 645 Quatrième 62,9 34,9 67,4 60,3 19,8 15,3 618 Le plus riche 80,2 60,3 85,0 80,1 46,9 36,5 873 Ensemble 64,8 38,3 70,1 61,8 24,7 18,6 3 101 1 Les deux idées erronées les plus couramment citées ont été : la transmission par les moustiques (62 %) et le partage de la nourriture (38 %). 2 Sont considérés comme ayant une connaissance « complète », les hommes qui déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. 230 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Le tableau 14.3.1 présente également les proportions de femmes qui rejettent les deux idées erronées les plus courantes, à savoir la transmission du sida par les moustiques et le partage de la nourriture avec un malade du sida, et qui savent aussi qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida. Globalement, on constate que 15 % des femmes possèdent ces bonnes informations. Ce pourcentage varie peu avec l’âge mais par contre, il est beaucoup plus élevé en milieu urbain (37 %) qu’en milieu rural (9 %) et il est aussi très variable d’une région à l’autre (d’un maximum de 40 % à Niamey à un minimum de 7 % et 9 % à Tahoua et Zinder). Par ailleurs, ce niveau de connaissance correcte augmente avec le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique. Enfin, dans ce tableau, sont présentées les proportions de femmes qui ont une connaissance considérée comme complète du VIH/sida. Sont ainsi définies les femmes qui ont déclaré savoir qu'on peut réduire le risque d’infection du virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les deux idées erronées les plus courantes (définies précédemment) à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut néanmoins avoir le virus du sida. Un peu plus d’une femme sur dix seulement (13 %) peut être considérée comme ayant une bonne connaissance correcte du sida. Ici également, le niveau de connaissance est particulièrement faible dans les régions de Tahoua (6 %), Zinder (7 %) et Diffa (11 %). Á l’opposé, à Niamey, 33 % des femmes possèdent les informations correctes. Ce niveau de connaissance est aussi nettement plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (31 % contre 8 % et chez les femmes de niveau secondaire ou plus que parmi les autres (52 % contre 19 % chez celles de niveau primaire et seulement 9 % chez les non instruites). Enfin, on constate qu’il augmente régulièrement avec le niveau de bien-être économique des ménages, variant d’un minimum de 5 % chez les plus pauvres à 8 % dans le quintile moyen, et à un maximum de 29 % dans le quintile le plus riche. Le tableau 14.3.2 présente les mêmes résultats pour les hommes. Globalement, on constate que les hommes sont mieux informés que les femmes, cela quelle que soit l’assertion. Globalement, 19 % d’hommes contre 13 % de femmes peuvent être considérés comme ayant une connaissance complète du VIH/sida. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont quasiment identiques à celles observées chez les femmes. 14.1.4 Connaissance de la transmission mère-enfant Au cours de l’enquête, on a demandé à tous les enquêtés s’ils savaient que le virus qui cause le sida pouvait être transmis de la mère à son enfant au cours de la grossesse, pendant l’accouchement et par l’allaitement. En outre, on a demandé à tous les enquêtés s’ils savaient qu’il existe des médicaments spéciaux qu’une mère peut prendre durant la grossesse pour réduire le risque de transmission maternel du virus du sida. Le tableau 14.4 présente les résultats à ces questions. Plus d’une femme sur deux (57 %) et 71 % des hommes ont déclaré qu’ils savaient que le sida pouvait se transmettre pendant la grossesse. Le niveau de connaissance de ce mode de transmission est moins élevé parmi les jeunes femmes et les jeunes hommes de 15-19 ans que parmi les plus âgés (respectivement 51 % et 59 %). En milieu rural, la proportion de ceux qui connaissent ce mode de transmission est plus faible qu’en milieu urbain (52 % des femmes et 67 % des hommes contre respectivement, 79 % et 81 %). Au niveau régional, il apparaît que, pour les femmes, c’est dans la région de Zinder que ce mode de transmission du VIH est le moins fréquemment connu (45 %) ; pour les hommes, c’est dans celle de Tillabéri (58 %). Par ailleurs, le niveau d’instruction influe sur la connaissance de la transmission du VIH pendant la grossesse puisque 86 % des femmes et 87 % des hommes ayant un niveau secondaire ou plus ont déclaré connaître ce mode de transmission contre 53 % des femmes et 64 % des hommes sans instruction. Enfin, on remarque que le niveau de vie des ménages est positivement associé à la connaissance de ce mode de transmission du virus du sida à l’enfant, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 231 Tableau 14.4 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à l'enfant Pourcentage de femmes et d'hommes qui savent que le VIH peut être transmis de la mère à l'enfant par l'allaitement, pendant la grossesse et au cours de l’accouchement et que le risque de transmission maternelle du VIH à l'enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Caractéristique Le VIH peut être transmis pendant la grossesse Le VIH peut être transmis au cours de l'accouche- ment Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de transmission maternelle du VIH à l'enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de transmission maternelle peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux Effectif de femmes Le VIH peut être transmis pendant la grossesse Le VIH peut être transmis pendant l'accouche- ement Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de transmission maternelle du VIH à l'enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de transmission maternelle peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-19 50,6 47,8 46,0 16,7 13,6 1 718 58,6 50,2 50,2 23,2 17,9 620 20-24 57,6 55,4 52,5 16,3 13,3 1 651 70,5 60,8 61,5 30,5 24,8 490 25-29 61,4 58,1 55,8 15,6 13,4 1 792 78,9 71,8 70,1 35,0 28,8 472 30-39 58,4 55,5 53,6 14,3 11,8 2 521 73,0 67,1 67,4 35,2 29,6 806 40-49 58,3 57,3 53,9 17,5 14,0 1 542 74,5 69,0 70,3 32,9 28,6 712 15-24 54,1 51,5 49,2 16,5 13,5 3 369 63,8 54,9 55,2 26,4 21,0 1 110 État matrimonial Célibataire 60,8 57,6 50,8 23,5 17,9 916 66,3 58,4 54,9 28,3 20,8 1 109 A eu des rapports sexuels 71,6 70,4 57,3 35,0 25,6 38 82,7 72,3 62,9 38,5 25,9 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 60,4 57,1 50,6 23,0 17,6 878 60,5 53,4 52,0 24,6 19,0 816 En union 56,7 54,1 52,3 14,7 12,3 7 941 73,2 66,8 69,3 33,1 29,1 1 923 En rupture d’union 63,2 65,0 59,5 23,7 19,6 366 82,7 69,9 68,4 36,8 30,8 69 Milieu de résidence Niamey 80,6 73,3 59,8 32,8 24,1 822 77,8 70,2 57,5 40,1 26,0 398 Autres Villes 78,2 77,1 71,0 33,5 28,1 995 83,7 77,6 71,9 45,7 36,8 418 Ensemble urbain 79,3 75,4 65,9 33,2 26,3 1 817 80,8 74,0 64,9 43,0 31,5 816 Rural 52,0 49,8 49,2 11,7 9,9 7 406 67,4 60,3 63,8 27,4 24,3 2 285 Région Niamey 80,6 73,3 59,8 32,8 24,1 822 77,8 70,2 57,5 40,1 26,0 398 Agadez 59,4 59,3 54,0 34,7 28,7 248 70,9 67,8 60,0 32,9 24,1 89 Diffa 54,4 53,0 51,0 25,7 22,2 221 62,0 59,3 54,7 45,3 35,5 86 Dosso 63,2 59,4 60,8 14,7 13,2 1 303 77,9 64,0 64,3 25,6 21,4 380 Maradi 52,7 52,2 51,7 13,3 12,7 1 752 57,5 54,3 60,9 30,0 26,0 598 Tahoua 58,7 57,4 57,9 8,9 8,2 1 859 78,7 73,1 76,4 32,5 30,6 568 Tillabéri 57,1 52,6 52,5 13,9 11,8 1 329 57,7 42,9 53,7 21,5 17,8 393 Zinder 45,3 43,6 37,2 16,6 11,1 1 688 78,2 74,5 68,8 34,4 29,7 588 Niveau d'instruction Sans instruction 52,8 50,2 49,6 12,8 11,0 7 393 63,9 56,2 60,6 27,1 23,7 1 854 Primaire. 71,4 68,6 62,7 23,6 18,5 1 270 78,2 71,6 70,5 32,2 27,1 767 Secondaire ou plus 86,0 84,7 67,0 39,4 29,0 560 86,5 81,3 67,4 47,0 34,2 480 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 46,7 45,2 44,8 9,7 8,5 1 755 61,2 53,4 62,0 20,7 19,0 412 Second 51,3 48,9 49,6 11,3 9,8 1 780 68,7 59,5 68,1 27,8 26,6 553 Moyen 51,7 49,7 48,2 13,3 11,1 1 756 68,3 60,5 65,3 31,6 27,1 645 Quatrième 56,4 54,0 52,5 12,7 10,6 1 906 69,9 63,8 60,6 28,0 24,0 618 Le plus riche 77,9 73,8 65,3 30,6 24,1 2 026 79,7 74,2 64,1 41,4 30,1 873 Ensemble 57,4 54,9 52,5 15,9 13,1 9 223 70,9 63,9 64,1 31,5 26,2 3 101 S’agissant du risque de transmission du sida de la mère à l’enfant pendant l’accouchement, on constate que dans l’ensemble, le niveau de connaissance est aussi plus élevé chez les hommes (64 %) que chez les femmes (55 %). Les écarts selon l’âge sont irréguliers et les variations selon les autres variables sociodémographiques font apparaître les mêmes tendances que celles observées pour la connaissance de la transmission au cours de la grossesse. 232 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Le risque de transmission par l’allaitement est connu par 53 % des femmes et une proportion plus élevée d’hommes (64 %). Cependant, dans la région de Zinder, seulement 37 % des femmes connaissent ce mode transmission. En outre, on a demandé au cours de l’enquête si des médicaments spéciaux, pris par la mère, pouvaient réduire le risque de transmission du virus à l’enfant au cours de la grossesse. À cette question, 16 % des femmes et 32 % des hommes ont répondu de manière affirmative. Dans la région de Tahoua, seulement 9 % des femmes connaissent l’existence de tels médicaments. Parmi les femmes du quintile le plus pauvre, cette proportion est aussi très faible (10 %). Globalement 13 % des femmes et une proportion deux fois plus élevée d’hommes (26 %) savent que le virus du sida peut se transmettre par l’allaitement et qu’il existe des médicaments qui peuvent réduire le risque de transmission du virus au cours de la grossesse. Les femmes de la région de Tahoua (8 %), celles des deux quintiles les plus pauvres (9 % pour le premier et 10 % pour le second) sont celles qui connaissent le moins fréquemment ces deux aspects de la transmission du VIH. 14.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA Le comportement que les gens adopteraient dans différentes situations face à des personnes séropositives ou malades du sida est révélateur du niveau de stigmatisation et de discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida. Au cours de l’EDSN-MICS III, des questions ont été posées aux enquêtés ayant entendu parler du sida pour connaître leurs attitudes face aux personnes ayant été infectées. Plus précisément, on a cherché à savoir si les enquêtés seraient prêts à s’occuper chez eux d’un parent vivant avec le VIH/sida ou s’ils achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH/sida. On leur a également demandé, si de leur point de vue, une enseignante vivant avec le VIH/sida devrait être autorisée à continuer d’exercer et si l’état de santé d’un membre de la famille atteint de VIH/sida devrait être gardé secret ou divulgué. Les résultats sont présentés au tableau 14.5.1 pour les femmes et 14.5.2 pour les hommes. Prés de six femmes sur dix (56 %) ont déclaré qu’elles seraient prêtes à prendre soin chez elles d’un membre de la famille atteint du VIH/sida. Par contre, seulement 15 % des femmes ont répondu qu’elles pourraient acheter des légumes frais chez une personne atteinte de VIH/sida. En outre, près de trois femmes sur dix (28 %) pensent qu’une enseignante vivant avec le VIH/sida devrait être autorisée à continuer d’enseigner à l’école. On note également que, dans l’ensemble, six femmes sur dix (60 %) ont déclaré qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille atteint de VIH/sida. À partir de ces résultats, on a défini un indicateur combiné qui mesure le niveau global de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH. Dans l’ensemble, seulement 5 % des femmes feraient preuve de tolérance dans les quatre situations mentionnées. Les variations du niveau de tolérance selon l’âge sont faibles. Par contre, on constate que les célibataires et les femmes en rupture d’union seraient plus tolérantes que les femmes en union (8 % contre 4 %). Les différences de comportement entre les milieux urbain et rural sont très importantes : en milieu urbain, 13 % des femmes contre 2 % en rural se comporteraient de manière tolérante avec des personnes vivant avec le VIH/sida. Il en est de même entre les régions puisque la proportion de femmes qui se montreraient tolérantes varie d’un maximum de 18 % à Agadez contre un minimum de 2 % dans celles de Zinder, Tillabéri, Maradi et Dosso. Par ailleurs, on constate que plus les femmes sont instruites et plus elles se montreraient tolérantes : la proportion passe de 3 % parmi celles sans instruction à 7 % parmi celles de niveau primaire et à 18 % parmi les plus instruites. On note enfin, que le niveau de tolérance est positivement associé au niveau de bien-être économique des ménages : de 1 % dans les ménages les plus pauvres, il passe à 12 % chez les ménages les plus riches. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 233 Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : femmes Pourcentage d'enquêtées ayant entendu parler du sida et exprimant des attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH/sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Pourcentage d'enquêtées qui: Caractéristique Seraient prêtes à s'occuper chez elle d'un parent vivant avec le VIH/sida Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH/sida Pensent q'une enseignante vivant avec le VIH/sida devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille vivant avec le VIH/sida Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif de femmes ayant entendu parler du VIH/sida Groupe d’âges 15-19 53,7 16,8 28,3 54,9 4,8 1 370 20-24 56,8 17,2 30,1 58,9 5,0 1 383 25-29 56,2 15,1 26,9 61,4 4,7 1 489 30-39 56,3 14,6 27,1 62,7 4,3 2 145 40-49 58,7 13,5 27,5 57,9 3,6 1 273 15-24 55,3 17,0 29,2 56,9 4,9 2 753 État matrimonial Célibataire 66,7 29,7 43,4 48,9 8,3 770 A eu des rapports sexuels 65,2 49,4 61,7 46,7 6,0 35 N'a jamais eu de rapports sexuels 66,8 28,8 42,5 49,0 8,4 735 En union 54,6 13,1 25,5 61,0 3,9 6 561 En rupture d’union 65,9 26,7 39,1 55,3 8,2 329 Milieu de résidence Niamey 75,1 40,6 56,6 43,2 12,4 800 Autres Villes 73,3 36,3 52,0 57,7 13,4 961 Ensemble urbain 74,1 38,3 54,1 51,1 12,9 1 760 Rural 51,0 8,6 20,1 62,1 2,0 5 900 Région Niamey 75,1 40,6 56,6 43,2 12,4 800 Agadez 70,4 34,5 48,1 62,4 18,3 214 Diffa 64,7 23,2 33,1 51,4 4,5 159 Dosso 46,9 7,2 21,8 67,2 2,3 1 179 Maradi 44,3 13,6 27,3 58,7 2,2 1 216 Tahoua 49,6 13,7 20,6 75,9 5,9 1 580 Tillabéri 52,2 12,3 24,3 51,7 1,9 1 090 Zinder 71,4 10,0 24,5 51,6 2,0 1 422 Niveau d'instruction Sans instruction 51,9 10,7 22,6 61,2 2,7 5 934 Primaire. 66,6 22,5 37,4 56,6 7,2 1 171 Secondaire ou plus 82,2 50,9 64,5 48,0 17,6 555 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 49,5 5,4 14,4 60,3 1,0 1 346 Second 50,1 8,5 19,4 63,0 2,3 1 394 Moyen 53,1 8,5 20,8 61,3 1,9 1 411 Quatrième 54,1 12,1 25,5 62,9 2,7 1 586 Le plus riche 69,8 35,1 50,7 52,6 11,9 1 924 Ensemble 56,3 15,4 27,9 59,6 4,5 7 660 Le tableau 14.5.2 présentant les mêmes résultats pour les hommes montre que ceux-ci se montreraient plus tolérants que les femmes s’ils se trouvaient dans les situations citées. Les hommes seraient proportionnellement deux fois plus nombreux que les femmes à adopter un comportement tolérant à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida (11 % contre 5 %). On retrouve les mêmes variations selon les caractéristiques sociodémographiques que celles déjà constatées chez les femmes. 234 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles D’une manière générale, les résultats montrent que le niveau de tolérance envers les personnes malades du sida est relativement faible au Niger. Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : hommes Pourcentage d'enquêtés ayant entendu parler du sida exprimant des attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH/sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Pourcentage d'enquêtés qui: Caractéristique Seraient prêts à s'occuper chez eux d'un parent vivant avec le VIH/sida Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH/sida Pensent q'une enseignante vivant avec le VIH/sida devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille vivant avec le VIH/sida Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif d’hommes ayant entendu parler du VIH/sida Groupe d’âges 15-19 74,8 24,9 34,8 42,7 6,8 546 20-24 78,7 30,7 39,5 55,5 9,1 467 25-29 81,9 31,8 40,9 54,4 12,5 454 30-39 80,3 36,1 43,3 66,1 14,4 779 40-49 80,7 30,7 41,1 59,8 11,1 689 15-24 76,6 27,6 37,0 48,6 7,8 1 013 État matrimonial Célibataire 78,5 33,5 42,7 47,3 10,9 1 017 A eu des rapports sexuels 83,8 43,9 50,3 46,2 14,6 290 N'a jamais eu de rapports sexuels 76,4 29,3 39,7 47,8 9,4 726 En union 79,3 29,4 38,7 62,1 11,0 1 853 En rupture d’union 94,7 49,8 44,2 53,3 16,8 65 Milieu de résidence Niamey 83,6 53,5 63,6 54,4 23,0 395 Autres Villes 88,8 50,6 60,1 48,8 18,0 410 Ensemble urbain 86,3 52,1 61,8 51,5 20,4 805 Rural 76,7 23,4 32,1 58,8 7,5 2 129 Région Niamey 83,6 53,5 63,6 54,4 23,0 395 Agadez 71,9 37,5 48,8 64,4 18,2 88 Diffa 84,4 37,4 52,0 70,4 20,3 77 Dosso 70,4 19,2 35,1 75,6 8,9 371 Maradi 66,7 26,4 32,3 72,8 10,6 531 Tahoua 87,1 31,3 32,7 35,6 4,4 555 Tillabéri 81,1 21,0 50,0 63,9 13,5 350 Zinder 85,9 32,6 33,2 44,5 7,2 567 Niveau d'instruction Sans instruction 77,5 21,9 30,0 57,5 6,3 1 713 Primaire. 77,8 33,7 43,7 56,5 12,1 747 Secondaire ou plus 88,5 61,2 71,7 54,4 26,6 475 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 76,4 12,4 21,0 59,3 1,6 367 Second 77,8 21,2 27,6 59,6 4,4 529 Moyen 76,7 23,8 32,1 56,4 8,1 604 Quatrième 80,0 30,1 40,9 60,1 12,9 573 Le plus riche 83,0 51,4 61,4 52,1 20,1 862 Ensemble 79,4 31,2 40,2 56,8 11,1 2 935 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 235 14.3 TEST DU VIH Au cours de l’EDSN-MICS III, on a demandé aux enquêtés s’ils avaient déjà effectué un test de dépistage du VIH, et dans l’affirmative, s’ils avaient reçu les résultas de leur test. Les tableaux 14.6.1 et 14.6.2 présentent les réponses à ces questions. Tableau 14.6.1 Population ayant effectué un test du VIH et ayant reçu les résultats Pourcentage de femmes et d'hommes qui ont effectué ou non un test du VIH et pourcentage ayant reçu les résultats au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Caractéristique A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testée NSP/ ND Total Pourcentage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif de femmes A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testé NSP/ ND Total Pourcentage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 1,7 0,2 97,4 0,6 100,0 0,9 1 718 1,2 0,2 86,5 12,1 100,0 1,0 620 20-24 2,4 0,4 96,2 0,9 100,0 1,1 1 651 2,5 1,2 91,5 4,7 100,0 1,5 490 25-29 1,7 0,3 96,9 1,1 100,0 0,9 1 792 5,0 1,3 90,0 3,8 100,0 2,5 472 30-39 2,0 0,2 96,8 1,0 100,0 0,8 2 521 5,6 1,5 89,5 3,4 100,0 1,9 806 40-49 1,4 0,1 98,2 0,3 100,0 0,4 1 542 4,4 0,8 91,5 3,3 100,0 1,5 712 15-24 2,1 0,3 96,8 0,8 100,0 1,0 3 369 1,8 0,7 88,7 8,9 100,0 1,2 1 110 État matrimonial Célibataire 3,1 0,5 96,1 0,3 100,0 1,8 916 3,5 1,4 86,7 8,4 100,0 2,1 1 109 A eu des rapports sexuels 14,5 2,6 82,9 0,0 100,0 5,4 38 9,3 2,3 87,6 0,7 100,0 5,5 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 2,7 0,4 96,7 0,3 100,0 1,6 878 1,5 1,0 86,4 11,1 100,0 0,9 816 En union 1,6 0,2 97,3 0,9 100,0 0,7 7 941 4,0 0,7 91,6 3,7 100,0 1,2 1 923 En rupture d’union 4,0 0,4 94,1 1,6 100,0 1,2 366 6,7 2,3 85,7 5,3 100,0 5,6 69 Milieu de résidence Niamey 8,4 0,9 88,5 2,2 100,0 4,1 822 13,2 3,3 82,9 0,6 100,0 6,8 398 Autres Villes 6,8 1,3 90,5 1,3 100,0 3,3 995 7,0 1,4 89,6 1,9 100,0 3,0 418 Ensemble urbain 7,5 1,1 89,6 1,7 100,0 3,7 1 817 10,1 2,3 86,3 1,3 100,0 4,8 816 Rural 0,5 0,1 98,9 0,6 100,0 0,2 7 406 1,7 0,5 90,9 6,9 100,0 0,5 2 285 Région Niamey 8,4 0,9 88,5 2,2 100,0 4,1 822 13,2 3,3 82,9 0,6 100,0 6,8 398 Agadez 11,9 1,5 85,1 1,4 100,0 6,0 248 6,3 1,4 90,6 1,7 100,0 2,2 89 Diffa 1,7 0,2 97,6 0,5 100,0 0,5 221 6,5 2,4 80,5 10,7 100,0 3,3 86 Dosso 0,9 0,4 98,0 0,6 100,0 0,3 1 303 2,9 1,3 93,1 2,7 100,0 0,8 380 Maradi 0,7 0,2 98,0 1,0 100,0 0,3 1 752 3,7 0,4 84,7 11,2 100,0 0,2 598 Tahoua 1,0 0,1 98,7 0,1 100,0 0,5 1 859 2,8 1,0 94,0 2,3 100,0 1,8 568 Tillabéri 0,5 0,0 98,6 0,9 100,0 0,1 1 329 0,6 0,4 87,9 11,1 100,0 0,4 393 Zinder 1,2 0,1 98,0 0,7 100,0 0,5 1 688 0,8 0,0 95,6 3,6 100,0 0,5 588 Niveau d'instruction Sans instruction 1,0 0,2 98,2 0,7 100,0 0,5 7 393 1,3 0,6 90,4 7,6 100,0 0,5 1 854 Primaire 3,4 0,4 94,9 1,3 100,0 1,8 1 270 4,8 1,2 91,3 2,6 100,0 1,9 767 Secondaire ou plus 9,5 1,3 87,4 1,8 100,0 4,0 560 12,1 2,2 84,4 1,3 100,0 5,6 480 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,3 0,0 99,0 0,7 100,0 0,0 1 755 1,5 0,1 87,6 10,8 100,0 0,5 412 Second 0,1 0,0 99,3 0,6 100,0 0,1 1 780 1,7 0,6 93,3 4,3 100,0 0,3 553 Moyen 0,5 0,0 98,9 0,6 100,0 0,1 1 756 1,2 0,4 92,0 6,4 100,0 0,1 645 Quatrième 0,8 0,2 98,5 0,5 100,0 0,4 1 906 1,9 1,4 89,3 7,5 100,0 0,7 618 Le plus riche 6,9 1,0 90,4 1,7 100,0 3,3 2 026 9,7 1,9 87,1 1,3 100,0 4,8 873 Ensemble 1,9 0,3 97,0 0,8 100,0 0,9 9 223 3,9 1,0 89,7 5,4 100,0 1,6 3 101 236 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Le tableau 14.6.1, concernant l’ensemble des femmes et des hommes de 15-49 ans, présente le pourcentage ayant effectué un test du VIH et le pourcentage en ayant reçu les résultats au cours des 12 derniers mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques. La quasi-totalité des femmes (97 %) n’ont jamais effectué de test du VIH. Seulement 2 % en ont effectué un et ont reçu les résultats et dans moins d’un pour cent des cas (0,3 %) les femmes ont effectué un test mais n’ont pas eu connaissance des résultats. La proportion de femmes ayant effectué un test et reçu les résultats est extrêmement faible quelle que soit la caractéristique sociodémographique. Cette proportion est cependant plus élevée parmi les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (15 %), parmi celles du milieu urbain (8 % contre moins d’un pour cent en milieu rural), parmi celles des régions de Niamey (8 %) et d’Agadez (12 %). De plus, on note que cette proportion augmente avec le niveau d’instruction des femmes (de 1 % parmi celles sans instruction à 10 % parmi celles de niveau secondaire ou plus) et avec le niveau de bien-être du ménage (de 0,3 % dans le quintile le plus pauvre à 7 % dans le plus riche). La proportion de celles qui ont effectué un test récemment et qui ont eu connaissance des résultats est inférieure à 1 %. Ce tableau montre également que la quasi-totalité des hommes (90 %) n’ont jamais effectué de test de dépistage du VIH. Seulement 4 %, ont effectué un test du VIH et ont reçu les résultats. Les hommes qui ont le plus fréquemment effectué un test de VIH et qui en ont reçu les résultats appartiennent aux mêmes catégories sociodémographiques que les femmes. La proportion de ceux qui ont effectué un test récemment et qui ont eu connaissance des résultats est de 2 %. Le tableau 14.6.2 présente les mêmes résultats pour les jeunes femmes et hommes de 15-24 ans sexuellement actifs. Les résultats montrent que les proportions de jeunes qui ont effectué un test de VIH et qui ont eu reçu les résultats sont aussi faibles que parmi les hommes et les femmes de 15-49 ans. En effet, seulement 1 % des jeunes femmes et 2 % des jeunes hommes ont déclaré avoir effectué au cours des 12 derniers mois un test du VIH et en avoir reçu les résultats. Le tableau 14.6.3 présente, parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des 2 années ayant précédé l'enquête, la proportion de celles qui ont reçu des conseils sur le VIH/sida au cours d’une visite prénatale, les proportions de celles qui ont accepté de subir un test du VIH au cours d’une visite prénatale et les proportions de celles qui ont reçu, ou non, les résultats du test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, les résultats montrent que parmi ces femmes, les proportions de celles qui ont reçu des conseils est faible (7 %). Cependant, on note des variations : en milieu urbain, dans les régions d’Agadez et de Niamey, parmi les femmes ayant un niveau secondaire et parmi celles du quintile le plus riche, cette proportion dépasse 20 %. La proportion de femmes qui ont effectué un test au cours d’une visite prénatale et qui ont eu connaissance des résultats ne concerne que 2 % des femmes enceintes. Globalement, 1 % des femmes enceintes ont reçu des conseils sur le VIH durant une visite prénatale, ont effectué un test du VIH et ont eu connaissance des résultats. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 237 Tableau 14.6.2 Population ayant effectué un test du VIH et ayant reçu les résultats parmi les jeunes de 15-24 ans sexuellement actifs Parmi les jeunes de 15-24 ans sexuellement actifs, pourcentage de femmes et d'hommes qui ont effectué ou non un test du VIH et pourcentage ayant reçu les résultats au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Femmes 15-24 ans Hommes 15-24 ans Caractéristique A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testée NSP/ ND Total Pourcentage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif de femmes A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testé NSP/ ND Total Pourcentage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-19 1,8 0,3 97,3 0,7 100,0 0,9 981 1,5 0,0 92,1 6,3 100,0 1,5 59 20-24 2,0 0,3 96,7 1,0 100,0 1,0 1 374 2,5 0,1 94,9 2,5 100,0 1,6 202 15-24 1,9 0,3 96,9 0,9 100,0 1,0 2 355 2,3 0,1 94,3 3,3 100,0 1,6 261 État matrimonial Célibataire : a déjà eu des rapports sexuels (12,9) (0,0) (87,1) (0,0) 100,0 (3,0) 16 4,8 0,3 93,9 1,0 100,0 4,4 94 En union 1,7 0,3 97,1 0,9 100,0 0,9 2 300 0,8 0,0 94,4 4,8 100,0 0,0 162 En rupture d’union 7,9 0,0 92,1 0,0 100,0 3,6 39 * * * * 100,0 * 4 Milieu de résidence Niamey 10,9 1,5 83,0 4,7 100,0 5,7 116 (11,8) (0,0) (88,2) (0,0) 100,0 (9,8) 26 Autres Villes 9,6 2,0 86,3 2,1 100,0 4,9 205 7,1 0,9 89,5 2,5 100,0 5,7 28 Ensemble urbain 10,0 1,8 85,1 3,1 100,0 5,2 320 9,3 0,5 88,9 1,3 100,0 7,7 54 Rural 0,6 0,0 98,8 0,5 100,0 0,3 2 034 0,4 0,0 95,7 3,9 100,0 0,0 206 Région administrative Niamey 10,9 1,5 83,0 4,7 100,0 5,7 116 (11,8) (0,0) (88,2) (0,0) 100,0 (9,8) 26 Agadez 16,7 1,2 80,3 1,9 100,0 10,2 45 (1,4) (2,2) (94,7) (1,7) 100,0 (0,0) 12 Diffa 1,9 0,6 96,8 0,8 100,0 0,8 63 (3,7) (0,0) (88,6) (7,7) 100,0 (0,0) 9 Dosso 0,6 0,4 98,1 0,9 100,0 0,0 347 (2,6) (0,0) (97,4) (0,0) 100,0 (2,6) 27 Maradi 0,6 0,2 97,5 1,8 100,0 0,3 523 (0,0) (0,0) (97,7) (2,3) 100,0 (0,0) 51 Tahoua 1,7 0,2 98,2 0,0 100,0 0,5 484 (1,2) (0,0) (97,6) (1,2) 100,0 (0,0) 60 Tillabéri 0,4 0,0 99,3 0,3 100,0 0,4 306 (0,0) (0,0) (85,3) (14,7) 100,0 (0,0) 18 Zinder 2,0 0,2 97,8 0,0 100,0 1,3 471 (1,6) (0,0) (92,8) (5,6) 100,0 (1,6) 57 Niveau d'instruction Sans instruction 1,1 0,1 98,0 0,7 100,0 0,6 1 960 0,6 0,0 93,8 5,6 100,0 0,6 150 Primaire 5,0 0,9 92,9 1,2 100,0 2,4 321 2,0 0,0 97,6 0,4 100,0 0,8 78 Secondaire ou plus 10,2 1,4 85,7 2,7 100,0 3,9 73 (10,3) (0,8) (88,9) (0,0) 100,0 (8,3) 33 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,7 0,2 98,5 0,6 100,0 0,0 394 0,0 0,0 93,4 6,6 100,0 0,0 21 Second 0,2 0,0 99,3 0,5 100,0 0,2 499 (0,2) (0,0) (95,9) (3,9) 100,0 (0,0) 64 Moyen 0,7 0,0 98,7 0,6 100,0 0,1 495 1,2 0,0 95,4 3,4 100,0 0,0 61 Quatrième 0,9 0,1 98,6 0,4 100,0 0,2 577 (0,0) (0,0) (94,7) (5,3) 100,0 (0,0) 51 Le plus riche 8,4 1,4 87,6 2,6 100,0 5,1 390 8,0 0,4 91,6 0,0 100,0 6,5 64 Ensemble 1,9 0,3 96,9 0,9 100,0 1,0 2 355 2,3 0,1 94,3 3,3 100,0 1,6 261 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 238 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.6.3 Femmes enceintes conseillées et testées pour le VIH Parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des 2 années ayant précédé l'enquête, pourcentage qui ont reçu des conseils, à qui on a proposé le test du VIH au cours des visites prénatales pour la naissance la plus récente, qui ont accepté le test et qui en ont reçu les résultats, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 A effectué volontairement un test du VIH au cours des visites prénatales et : Caractéristique A reçu des conseils sur le VIH/sida durant une visite prénatale A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats Pourcentage qui a reçu des conseils, a été testé et a reçu les résultats Effectif de femmes qui ont eu une naissance au cours des 2 dernières années Groupe d’âges 15-19 7,8 2,3 0,1 1,3 449 20-24 6,2 2,0 0,3 1,4 933 25-29 6,8 1,5 0,1 1,2 997 30-39 6,9 1,6 0,1 1,2 1 230 40-49 8,4 2,7 0,2 0,8 308 15-24 6,7 2,1 0,2 1,4 1 382 État matrimonial Célibataire * * * * 9 En union 6,7 1,8 0,1 1,2 3 841 En rupture d'union 14,4 3,4 1,3 3,4 68 Milieu de résidence Niamey 21,6 8,3 1,0 5,6 228 Autres Villes 24,5 10,1 1,0 7,4 366 Ensemble urbain 23,4 9,4 1,0 6,7 594 Rural 4,0 0,5 0,0 0,2 3 324 Région Niamey 21,6 8,3 1,0 5,6 228 Agadez 23,5 18,2 0,6 12,7 86 Diffa 8,4 1,7 0,0 1,1 91 Dosso 8,3 0,7 0,0 0,5 538 Maradi 2,0 1,0 0,1 0,7 830 Tahoua 10,6 1,3 0,2 0,9 850 Tillabéri 2,8 0,3 0,0 0,0 528 Zinder 3,6 1,6 0,1 0,8 768 Niveau d'instruction Sans instruction 5,5 1,2 0,1 0,6 3 265 Primaire. 10,5 4,0 0,1 3,6 512 Secondaire ou plus 26,1 9,8 0,7 7,0 141 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 3,6 0,3 0,0 0,3 884 Second 4,6 0,2 0,0 0,0 742 Moyen 4,0 0,5 0,0 0,0 758 Quatrième 4,0 0,6 0,1 0,4 831 Le plus riche 20,0 8,5 0,8 5,9 702 Ensemble 6,9 1,9 0,2 1,2 3 918 * Basé sur trop peu de cas non pondérés VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 239 14.4 OPINIONS SUR LA NÉGOCIATION DE RAPPORTS PROTÉGÉS AVEC LE CONJOINT La promotion de comportements sexuels sans risque est une des mesures essentielles destinées à contrôler l’épidémie. Il est donc important de savoir si les femmes ont le pouvoir de refuser des rapports sexuels à risque avec leurs mari/partenaires. Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes si elles pensaient qu’il était justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire quand elle sait que celui-ci a une IST. Tableau 14.7 Opinion sur la négociation de rapports protégés avec le conjoint Pourcentage de femmes qui pensent que, si le conjoint a une IST, sa femme peut, soit refuser d'avoir des rapports sexuels avec lui, soit proposer l'utilisation du condom, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Refuser les rapports sexuels Proposer l'utilisation du condom Refuser les rapports sexuels ou proposer l'utilisation du condom Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 68,0 57,0 76,6 1 718 20-24 76,4 63,7 83,5 1 651 25-29 73,4 64,0 81,6 1 792 30-39 76,7 62,9 84,2 2 521 40-49 79,0 60,4 85,3 1 542 15-24 72,1 60,3 80,0 3 369 État matrimonial Célibataire 67,8 60,5 77,0 916 A eu des rapports sexuels 83,5 83,3 94,9 38 N'a jamais eu de rapports sexuels 67,2 59,5 76,2 878 En union 75,4 61,7 82,8 7 941 En rupture d’union 77,6 66,8 86,0 366 Milieu de résidence Niamey 77,1 78,3 90,8 822 Autres Villes 77,2 70,2 87,9 995 Ensemble urbain 77,1 73,9 89,2 1 817 Rural 74,2 58,8 80,7 7 406 Région Niamey 77,1 78,3 90,8 822 Agadez 60,9 52,7 71,7 248 Diffa 56,8 52,7 82,2 221 Dosso 79,8 70,1 86,2 1 303 Maradi 67,3 61,0 80,0 1 752 Tahoua 75,7 68,9 77,7 1 859 Tillabéri 89,0 63,7 91,0 1 329 Zinder 69,5 41,3 77,7 1 688 Niveau d'instruction Sans instruction 74,0 59,0 81,1 7 393 Primaire. 77,1 69,0 85,5 1 270 Secondaire ou plus 79,1 82,2 91,4 560 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 75,9 58,5 80,5 1 755 Second 74,4 57,6 80,6 1 780 Moyen 74,9 62,3 82,5 1 756 Quatrième 71,6 56,6 78,9 1 906 Le plus riche 76,8 72,7 88,6 2 026 Ensemble 74,7 61,8 82,4 9 223 240 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Dans l’ensemble, plus de huit femmes sur dix (82 %) pensent que cette attitude est justifiée (tableau 14.7). Cette proportion augmente avec l’âge, passant ainsi de 77 % chez les jeunes femmes de 15-19 ans à 85 % parmi celles de 40-49 ans. En ce qui concerne la situation matrimoniale, on constate que c’est parmi les femmes célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels et les femmes en rupture d’union que cette proportion est la plus élevée (respectivement, 95 % et 86 %). Par ailleurs, dans les régions de Tillabéri, de Niamey et de Dosso, les proportions de femmes pour qui cette attitude est justifiée sont très élevées (respectivement, 91 %, 91 % et 86 %) à l’opposé des femmes des régions d’Agadez (72 %), de Tahoua et de Zinder (78 % dans chaque cas) qui sont les plus réfractaires à cette attitude. Enfin, les différences selon le niveau d’instruction sont relativement importantes. Les femmes de niveau secondaire ou plus sont plus nombreuses à partager cette opinion (91 % contre 81 % parmi celles sans instruction). 14.5 CONNAISSANCE PAR LES JEUNES DU SIDA ET D’UN ENDROIT OÙ SE PROCURER DES CONDOMS La pratique des rapports sexuels non protégés est un facteur de propagation du VIH/sida. L’utilisation de condoms est un moyen efficace pour réduire la contamination du VIH par voie sexuelle, d’où l’importance de la connaissance de son niveau d’accessibilité. Le tableau 14.8 présente les résultats sur la connaissance du sida par les jeunes de 15-24 ans ainsi que sur leur connaissance d’un endroit où l’on peut se procurer un condom. Dans l’ensemble, seulement 13 % des jeunes femmes de 15-24 ans contre 16 % des hommes de 15-24 ans ont une connaissance « complète » du sida. La proportion de jeunes femmes qui connaissent le sida est particulièrement faible parmi celles qui n’ont aucune instruction (8 %), parmi celles du milieu rural (8 %), parmi celles dont le ménage est classé dans les deux quintiles les plus pauvres (5 % dans chaque cas) et parmi celles des régions de Tahoua et de Zinder (8 % dans chaque région). Les résultats de ce tableau révèlent également que moins d’une jeune femme sur dix (9 %) connaît un endroit où elle peut se procurer des condoms. Ce taux est extrêmement faible. Des variations importantes sont cependant observées selon les caractéristiques sociodémographiques. En milieu urbain, cette proportion est de 22 % contre 6 % en milieu rural. Le niveau de connaissance d’un endroit où l’on peut se procurer des condoms est plus élevé dans les régions de Niamey (22 %), d’Agadez (16 %) et de Zinder (13 %) que dans celles de Maradi (3 %) et de Tillabéri (5 %). Cette connaissance est liée au niveau d’instruction : 5 % des jeunes filles sans niveau d’instruction savent où se procurer des condoms, contre 14 % de celles ayant un niveau primaire et 39 % de celles de niveau secondaire ou plus. Enfin, le pourcentage d’adolescentes connaissant un endroit où elles peuvent se procurer des condoms augmente avec le niveau de bien être économique du ménage dans lequel elles vivent, d’un minimum de (5 %) dans le quintile le plus pauvre à un maximum de 20 % dans le plus riche. La proportion de jeunes hommes connaissant les moyens de prévention du VIH/sida est légèrement plus élevée que celle observée chez les femmes 16 % contre 13 %. Par contre, les hommes sont deux fois plus nombreux que les femmes à connaître un endroit où se procurer des condoms (28 % contre 9 %). C’est dans la région de Maradi que l’on observe la proportion la plus faible d’hommes qui connaissent un endroit où se procurer des condoms (10 % contre un maximum de 58 % dans la région de Niamey). VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 241 Tableau 14.8 Connaissance « complète » du sida par les jeunes et d'un endroit où se procurer des condoms Pourcentage de jeunes âgés de 15-24 ans ayant une connaissance « complète » du sida et qui connaissent au moins un endroit où se procurer des condoms, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Caractéristique Pourcentage ayant une connaissance « complète » du sida1 Pourcentage connaissant un endroit où se procurer des condoms Effectif de femmes Pourcentage ayant une connaissance « complète » du sida1 Pourcentage connaissant un endroit où se procurer des condoms Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 12,3 8,3 1 718 14,4 25,0 620 15-17 11,1 7,4 1 063 11,9 21,6 401 18-19 14,2 9,7 655 19,0 31,2 219 20-24 14,5 10,6 1 651 17,6 31,2 490 20-22 14,7 10,0 1 134 17,1 30,7 341 23-24 14,1 11,9 517 18,9 32,4 150 État matrimonial Célibataire ayant déjà eu des rapports sexuels (36,9) (45,0) 26 25,0 49,4 205 Célibataire n’ayant jamais eu des rapports sexuels 21,0 15,5 819 14,7 23,5 728 A déjà été en union 10,6 7,1 2 523 10,0 19,9 177 Milieu de résidence Niamey 31,1 21,8 360 33,5 57,8 176 Autres Villes 31,1 21,5 415 33,8 43,7 200 Ensemble urbain 31,1 21,6 775 33,7 50,3 376 Rural 8,1 5,8 2 593 6,7 16,2 734 Région Niamey 31,1 21,8 360 33,5 57,8 176 Agadez 17,7 15,9 106 33,7 42,5 44 Diffa 14,2 9,0 81 17,8 30,1 29 Dosso 13,9 9,4 529 14,6 25,0 145 Maradi 11,8 3,1 583 6,4 9,8 181 Tahoua 7,8 7,6 672 10,1 24,4 213 Tillabéri 14,0 5,3 475 11,9 16,1 133 Zinder 8,3 12,5 562 14,4 27,2 188 Niveau d'instruction Sans instruction 8,2 4,7 2 516 4,5 13,5 577 Primaire 17,3 14,4 539 12,9 30,0 294 Secondaire ou plus 47,7 38,6 314 46,8 59,2 240 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 4,6 4,8 554 5,9 13,3 114 Second 4,8 5,0 615 7,8 17,1 161 Moyen 8,4 5,3 631 1,2 12,7 232 Quatrième 12,6 7,7 743 9,1 19,2 210 Le plus riche 30,1 20,4 825 34,3 49,6 393 Ensemble 15-24 13,4 9,4 3 369 15,9 27,7 1 110 1 Sont considérées comme ayant une connaissance « complète », les jeunes qui déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 14.6 RAPPORTS SEXUELS À HAUTS RISQUES ET UTILISATION DU CONDOM Le multipartenariat dans les rapports sexuels accroît le risque d’infection par les IST, en particulier le VIH/sida. Ce risque est d’autant plus important que l’utilisation du condom comme moyen de prévention est faible. Dans ce rapport, on a considéré comme étant des rapports sexuels à hauts risques des rapports sexuels qui ont lieu avec un partenaire extraconjugal et non cohabitant. 242 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Le tableau 14.9 présente les proportions de femmes et d’hommes qui ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête ainsi que les proportions de ceux/celles qui ont utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à hauts risques. Seulement 0,7 % des femmes et 9 % des hommes ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois. Prés de deux femmes sur dix (20 %) et près d’un hommes sur deux (47 %) ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à hauts risques. La faiblesse des effectifs rend difficile l’interprétation des variations selon les caractéristiques sociodémographiques. Tableau 14.9 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Parmi les femmes et les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, pourcentage de celles/ceux qui ont eu des rapports sexuels avec un partenaire extraconjugal et non cohabitant (rapports à hauts risques) au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête et, parmi ces femmes et ces hommes, pourcentage ayant déclaré avoir utilisé un condom la dernière fois qu'ils ont eu des rapports sexuels avec un partenaire extraconjugal et non cohabitant, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Caractéristique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes sexuellement actives au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Effectif de femmes ayant eu des rapports à hauts risques au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes sexuellemen t actifs au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Effectif d’hommes ayant eu des rapports à hauts risques au cours des 12 derniers mois Groupe d’âges 15-19 0,7 981 * 7 76,3 59 31,0 45 20-24 1,1 1 374 * 15 27,3 202 42,3 55 25-29 0,7 1 615 * 11 10,5 366 61,1 38 30-39 0,8 2 339 * 18 4,9 749 62,8 37 40-49 0,0 1 350 * 1 1,1 691 * 8 15-24 0,9 2 355 (17,8) 22 38,4 261 37,2 100 État matrimonial Célibataire 100,0 23 (25,3) 23 98,1 138 50,8 135 En union 0,1 7 529 * 10 1,9 1 904 (37,8) 36 En rupture d'union 17,9 106 (16,9) 19 44,3 25 * 11 Milieu de résidence Niamey 5,4 480 (24,5) 26 30,6 198 75,1 61 Autres Villes 2,0 716 (17,0) 14 19,0 205 52,4 39 Ensemble urbain 3,4 1 197 21,9 40 24,7 403 66,2 100 Rural 0,2 6 461 * 11 5,0 1 664 24,3 83 Région Niamey 5,4 480 (24,5) 26 30,6 198 75,1 61 Agadez 2,1 167 * 4 25,5 49 (47,7) 13 Diffa 0,8 193 * 2 14,1 60 (36,6) 8 Dosso 0,3 1 029 * 3 6,1 238 * 14 Maradi 0,1 1 665 * 1 3,5 454 * 16 Tahoua 0,5 1 528 * 7 11,1 391 (12,3) 43 Tillabéri 0,3 1 058 * 3 1,0 253 * 2 Zinder 0,4 1 537 * 6 5,8 424 * 25 Niveau d'instruction Sans instruction 0,3 6 416 (18,2) 18 4,5 1 350 23,0 60 Primaire 2,1 970 (13,3) 21 12,8 492 45,3 63 Secondaire ou plus 4,8 272 (34,8) 13 26,4 225 73,6 59 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 1 446 * 0 2,3 308 * 7 Second 0,1 1 573 * 1 4,9 429 * 21 Moyen 0,1 1 556 * 1 6,6 451 (23,3) 30 Quatrième 0,8 1 641 * 13 5,1 426 * 22 Le plus riche 2,5 1 441 21,0 36 22,8 453 67,9 103 Ensemble 0,7 7 658 20,4 52 8,8 2 067 47,2 183 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 243 14.7 ACTIVITÉ SEXUELLE CHEZ LES JEUNES 14.7.1 Âge aux premiers rapports sexuels des jeunes En tant que déterminant de l’activité sexuelle, l'âge aux premiers rapports sexuels des jeunes de 15-24 ans revêt une grande importance en matière de prévention du VIH. Pour cette raison, le tableau 14.10 présente les proportions d’hommes et de femmes âgés de 15-24 ans qui ont eu leurs premiers rapports sexuels en atteignant l’âge exact de 15 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 14.10 Âge des jeunes de 15-24 ans aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d'hommes âgés de 15-24 ans qui ont déjà eu des rapports sexuels en atteignant l’âge exact de 15 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Femmes Hommes Caractéristique 15 ans Effectif de femmes de 15-24 ans 15 ans Effectif d’hommes de 15-24 ans Groupe d’âges 15-19 25,7 1 718 5,3 620 15-17 25,9 1 063 5,7 401 18-19 25,2 655 4,5 219 20-24 33,9 1 651 4,7 490 20-22 33,3 1 134 4,8 341 23-24 35,3 517 4,4 150 État matrimonial Célibataire 0,6 845 4,7 933 En union 39,5 2 440 5,6 170 En rupture d'union 38,2 84 * 7 Milieu de résidence Niamey 8,4 360 4,1 176 Autres Villes 14,9 415 6,1 200 Ensemble urbain 11,9 775 5,1 376 Rural 35,0 2 593 5,0 734 Région Niamey 8,4 360 4,1 176 Agadez 15,2 106 6,9 44 Diffa 39,8 81 16,7 29 Dosso 21,1 529 4,5 145 Maradi 41,7 583 2,0 181 Tahoua 32,7 672 8,0 213 Tillabéri 18,8 475 0,9 133 Zinder 46,0 562 6,5 188 Niveau d'instruction Sans instruction 34,2 2 516 3,1 577 Primaire. 24,2 539 9,5 294 Secondaire ou plus 2,7 314 4,1 240 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 32,0 554 6,9 114 Second 34,8 615 4,9 161 Moyen 37,7 631 6,2 232 Quatrième 33,0 743 3,6 210 Le plus riche 15,3 825 4,5 393 Ensemble 15-24 29,7 3 369 5,0 1 110 * Basé sur trop peu de cas non pondérés 244 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Dans l’ensemble, 30 % des femmes de 15-24 ans avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels en atteignant 15 ans ; chez les hommes du même âge, la proportion correspondante est six fois plus faible (5 %). Cette proportion varie peu selon l’âge : de 26 % parmi celles de 15-19 ans à 34 % parmi celles de 20-24 ans. Chez les hommes, on ne constate pas d’écart important selon l’âge. Les résultats selon le milieu de résidence montrent que, chez les jeunes femmes, les premiers rapports sexuels ont lieu plus fréquemment à un âge précoce en milieu rural qu’en milieu urbain (35 % contre12 %). Dans les régions de Zinder et de Maradi, plus de quatre femmes sur cinq ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge de 15 ans (respectivement, 46 % et 42 %). À l’opposé, dans la région de Niamey, cette proportion n’est que de 8 %. On note également des différences importantes en fonction du niveau d’instruction : 34 % des jeunes femmes de 15-24 ans ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans contre 24 % parmi celles de niveau d’instruction primaire et seulement 3 % parmi celles de niveau secondaire ou plus. Enfin, en fonction du quintile de bien-être, on note que même si les variations de cette proportion sont irrégulières, 32 % des jeunes femmes du quintile le plus pauvre ont eu leurs premiers rapports sexuels avant 15 ans contre 15 % dans le plus riche. Chez les hommes, on ne constate pas d’écarts importants en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Par ailleurs, le tableau 14.11 fournit les pourcentages d’hommes et de femmes âgés de 15-24 ans qui ont utilisé un condom au cours de leurs premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Une infime partie des femmes de 15-24 ans (2 %) ont utilisé un condom lors de leurs premiers rapports sexuels. Par ailleurs, les femmes du milieu urbain (4 % contre 2 % en rural), celles de la région de Maradi (5 %), celles de niveau secondaire ou plus (8 %) et celles des ménages des deux quintiles les plus riches (3 %) ont eu plus souvent recours au condom lors des premiers rapports sexuels que les autres. Les niveaux d’utilisation les plus faibles sont observés dans les régions de Tahoua (0,5 %), de Diffa et Dosso (1,3 % dans chaque cas). Le niveau d’utilisation du condom lors des premiers rapports sexuels est sept fois plus élevé parmi les jeunes hommes (14 %) que parmi les jeunes femmes (2 %). On observe les mêmes variations selon les caractéristiques sociodémographiques que celles déjà constatées chez les femmes. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 245 Tableau 14.11 Utilisation des condoms au cours des premiers rapports sexuels parmi les jeunes Pourcentage de jeunes âgés de 15-24 ans qui ont utilisé un condom au cours des premiers rapports sexuels selon certaines, caractéristiques sociodémographiques, EDSN- MICS III 2006 Femmes Hommes Caractéristique Pourcentage ayant déclaré avoir utilisé un condom au cours des premiers rapports sexuels Effectif de femmes ayant eu des rapports sexuels Pourcentage ayant déclaré avoir utilisé un condom au cours des premiers rapports sexuels Effectif d'hommes ayant eu des rapports sexuels Groupe d’âges 15-19 1,6 1 050 18,9 100 15-17 1,8 545 9,4 40 18-19 1,4 505 25,2 60 20-24 2,8 1 497 11,6 281 20-22 2,6 1 012 11,9 177 23-24 3,0 485 11,2 103 État matrimonial Célibataire (11,1) 26 23,7 205 En union 2,2 2 439 1,3 169 En rupture d'union 0,9 82 * 7 Connaît un endroit où se procurer des condoms Oui 2,4 189 31,3 137 Non 2,3 2 358 3,6 244 Milieu de résidence Niamey 3,0 138 52,1 53 Autres Villes 3,8 222 26,7 52 Ensemble urbain 3,5 360 39,5 104 Rural 2,1 2 187 3,7 276 Région Niamey 3,0 138 52,1 53 Agadez 2,6 52 20,9 16 Diffa 1,3 67 (5,3) 15 Dosso 1,3 381 (11,1) 42 Maradi 4,9 538 (5,8) 62 Tahoua 0,5 541 6,2 100 Tillabéri 1,7 346 * 24 Zinder 2,4 484 (7,7) 69 Niveau d'instruction Sans instruction 2,2 2 112 4,6 200 Primaire. 1,6 351 12,6 115 Secondaire ou plus 8,0 84 42,4 66 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 1,3 432 (0,0) 37 Second 1,4 534 5,1 76 Moyen 2,5 531 1,2 79 Quatrième 3,0 622 7,1 71 Le plus riche 3,0 428 35,4 118 Ensemble 15-24 2,3 2 547 13,5 381 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 246 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles 14.7.2 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom chez les jeunes Moins d’un pour cent des jeunes femmes de 15-24 ans ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois. Parmi les femmes en rupture d’union (8 %), celles de Niamey (11 %) et celles ayant un niveau secondaire ou plus (10 %), cette proportion est nettement plus élevée. La proportion d’hommes ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois est beaucoup plus élevée que chez les femmes (38 %). Cependant, la faiblesse des effectifs rend difficile l’interprétation des variations selon les caractéristiques sociodémographiques. Tableau 14.12 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois par les jeunes de 15-24 ans Parmi les jeunes de 15-24 ans sexuellement actifs, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec un partenaire extraconjugal et non cohabitant (rapports à hauts risques) au cours des 12 derniers mois et, parmi ceux-ci, pourcentage qui ont déclaré avoir utilisé un condom la dernière fois qu'ils ont eu des rapports à hauts risques, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Femmes Hommes Caractéristique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif d'enquêtées sexuellement actives les 12 derniers mois Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif d'hommes sexuellement actifs les 12 derniers mois Groupe d’âges 15-19 0,7 981 76,3 59 15-17 0,8 512 (95,9) 25 18-19 0,7 469 (62,1) 34 20-24 1,1 1 374 27,3 202 20-22 1,2 932 33,3 123 23-24 0,8 442 17,8 78 État matrimonial Célibataire (100,0) 16 98,0 94 En union 0,1 2 300 4,3 162 En rupture d'union 7,6 39 * 4 Milieu de résidence Niamey 10,6 116 (85,2) 26 Autres villes 3,3 205 68,9 28 Ensemble urbain 6,0 320 76,7 54 Rural 0,2 2 034 28,2 206 Région Niamey 10,6 116 (85,2) 26 Agadez 6,2 45 (77,8) 12 Diffa 0,6 63 (65,9) 9 Dosso 0,0 347 (13,6) 27 Maradi 0,0 523 (16,9) 51 Tahoua 0,8 484 (58,8) 60 Tillabéri 0,7 306 * 18 Zinder 0,2 471 (25,2) 57 Niveau d'instruction Sans instruction 0,4 1 960 26,1 150 Primaire. 2,2 321 46,8 78 Secondaire ou plus 10,2 73 (73,8) 33 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 394 * 21 Second 0,2 499 (23,5) 64 Moyen 0,3 495 32,1 61 Quatrième 1,2 577 (28,0) 51 Le plus riche 3,3 390 75,3 64 Ensemble 15-24 0,9 2 355 38,4 261 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 247 14.8 RAPPORTS SEXUELS PRÉMARITAUX ET UTILISATION DU CONDOM PARMI LES CÉLIBATAIRES DE 15-24 ANS Les jeunes célibataires constituent une population à risque dans la mesure où à ces âges les relations sexuelles sont généralement instables et le multipartenariat fréquent. Au cours de l’EDSN-MICS III, il était donc important d’appréhender les types de comportement des jeunes enquêtés âgés de 15-24 ans en matière de prévention du VIH/sida. Le tableau 14.13 présente les proportions de jeunes célibataires de 15-24 ans qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois précédant l’enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 14.13 Jeunes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels prémaritaux au cours des 12 derniers mois et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels prémaritaux Parmi les jeunes célibataires de 15-24 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Femmes Hommes Caractéristique N'a jamais eu des rapports sexuels Ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif de célibataires de 15-24 ans N'a jamais eu des rapports sexuels Ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif de célibataires de 15-24 ans Groupe d’âges 15-19 98,9 0,8 676 86,7 6,7 601 15-17 99,3 0,6 521 91,3 5,0 396 18-19 97,6 1,6 154 77,8 9,9 205 20-24 90,9 6,0 170 63,8 16,2 333 20-22 92,3 6,0 132 65,6 16,2 251 23-24 86,3 6,3 37 58,1 16,0 82 Milieu de résidence Niamey 94,6 3,7 237 72,2 12,6 172 Autres villes 96,7 2,5 200 78,2 9,5 190 Ensemble urbain 95,6 3,1 437 75,3 11,0 361 Rural 99,2 0,5 408 80,5 9,5 572 Région Niamey 94,6 3,7 237 72,2 12,6 172 Agadez 96,7 2,1 56 70,1 21,5 41 Diffa 98,6 1,4 14 58,3 20,4 25 Dosso 98,9 0,0 147 86,2 3,2 118 Maradi (100,0) (0,0) 46 88,5 5,4 134 Tahoua 97,8 2,2 134 61,6 18,1 184 Tillabéri 98,2 1,4 131 98,4 0,6 116 Zinder 98,7 1,3 81 82,1 9,5 145 Niveau d'instruction Sans instruction 98,3 1,1 410 82,5 7,7 457 Primaire. 96,8 2,6 195 73,6 14,6 247 Secondaire ou plus 96,1 2,6 240 75,9 9,8 229 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 100,0 0,0 122 82,4 2,7 93 Second 99,8 0,2 81 75,6 15,2 111 Moyen 98,9 1,1 100 83,2 9,3 185 Quatrième 93,1 4,6 130 83,2 7,1 171 Le plus riche 97,0 2,1 412 74,0 12,1 374 Ensemble 15-24 97,3 1,9 845 78,5 10,1 933 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 248 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Dans l’ensemble, seulement 2 % des jeunes femmes célibataires de 15-24 ans ont eu des rapports sexuels prénuptiaux au cours des 12 derniers mois. Cette proportion est un peu plus élevée parmi celles de 20-24 ans (6 %) que parmi les plus jeunes. Les écarts selon les autres variables sont très faibles. Un homme célibataire de 15-24 ans sur dix (10 %) a déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois. Les rapports sexuels prémaritaux au cours des 12 derniers mois ont été plus fréquents chez les célibataires âgés de 20-24 ans (16 %) que chez les plus jeunes. Comme chez les femmes, la faiblesse des effectifs ne permet pas d’effectuer un commentaire pertinent selon les différentes variables. 14.9 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST) Les infections sexuellement transmissibles (IST) pouvant favoriser la transmission du virus du sida, la prévention et la lutte contre ces infections constituent une priorité. Au cours de l’enquête, on a demandé aux hommes et aux femmes enquêtés si, à part le sida, ils connaissaient d’autres infections qui se transmettaient par contact sexuel et, si oui, s’ils connaissaient des signes ou symptômes caractéristiques de ces infections chez l’homme et chez la femme. De plus, en demandant aux enquêtés s’ils avaient eu une IST ou des symptômes associés à des IST, il a été possible d’établir une prévalence déclarée des IST. Enfin, certaines questions ont porté sur le comportement adopté en cas d’infection, en termes de conseil et de traitement. 14.9.1 Connaissance des IST Le tableau 14.14.1 présente les résultats concernant la connaissance, par les femmes, des IST et des signes associés aux IST chez l’homme et chez la femme. Parmi les femmes enquêtées, 74 % ont déclaré ne pas connaître d’infections qui se transmettent sexuellement à part le VIH/sida. Ces proportions sont élevées quel que soit l’âge. Selon l’état matrimonial, on note que sont les femmes célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (45 %) et celles en rupture d’union (58 %) qui sont proportionnellement les moins nombreuses à n’avoir aucune connaissance des IST. En milieu rural, plus des trois-quarts des femmes (79 %) ne connaissent aucune IST contre 54 % en milieu urbain. Dans les régions, c’est dans celles de Maradi (88 %), de Tillabéri (87 % et de Diffa (83 %) que cette méconnaissance est la plus fréquente. L’instruction influe sur le niveau de connaissance des IST puisque 78 % des femmes sans instruction ne les connaissent pas contre 66 % de celles ayant le niveau primaire et 40 % des femmes les plus instruites. De plus, 7 % des femmes ont été incapables de citer un symptôme caractéristique d’IST chez l’homme. Ajouté aux 74 % de femmes qui ne connaissaient aucune IST, on obtient une proportion de 81 % de Nigériennes qui n’ont aucune connaissance où seulement une connaissance très limitée des IST chez l’homme. À l’opposé, 3 % des femmes ont cité au moins un symptôme d’IST chez les hommes et 16 % ont été en mesure d’en citer au moins deux. Il s’agit surtout des femmes qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus (38 %), celles de Niamey (28 %) et, dans une moindre mesure, des femmes de Tahoua (26 %). Par ailleurs, 6 % des femmes ont été incapables de citer un symptôme caractéristique d’IST chez la femme. Ajouté aux 74 % des femmes qui ne savent pas qu’il existe des IST, on obtient une proportion de 80 % de Nigériennes qui n’ont aucune connaissance où seulement une connaissance très limitée des IST chez la femme. Par contre, 3 % ont cité au moins un symptôme d’IST chez les femmes et dans 17 % des cas, les femmes en ont cité au moins deux. Il s’agit essentiellement des femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus (37 %), de celles de Niamey (28 %) et de Tahoua (27 %). VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 249 Tableau 14.14.1 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : femmes Pourcentage de femmes qui connaissent les signes associés aux infections, sexuellement transmissibles (IST) chez l'homme et chez la femme, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Connaissant des symptômes spécifiques des IST chez l'homme Connaissant des symptômes spécifiques des IST chez la femme Caractéristique Aucune connaissan ce des IST Pas de symptôme cité Un symptôme cité Deux symptômes cités ou plus ND Pas de symptôme cité Un symptôme cité Deux symptômes cités ou plus ND Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 85,5 4,5 1,6 8,4 0,1 4,4 1,4 8,6 0,1 1 718 20-24 77,3 7,0 2,8 12,8 0,0 6,9 2,4 13,4 0,0 1 651 25-29 72,3 7,2 3,3 17,2 0,1 6,5 3,4 17,7 0,1 1 792 30-39 71,4 6,8 3,7 18,1 0,1 5,8 4,0 18,7 0,1 2 521 40-49 65,8 7,2 4,5 22,5 0,0 6,2 4,4 23,6 0,0 1 542 État matrimonial Célibataire 76,4 8,0 2,9 12,6 0,1 7,9 2,8 12,8 0,1 916 A eu des rapports sexuels 45,3 9,5 11,5 33,7 0,0 8,6 12,4 33,7 0,0 38 N'a jamais eu de rapports sexuels 77,7 7,9 2,6 11,7 0,1 7,9 2,4 11,9 0,1 878 En union 74,8 6,3 3,0 15,8 0,1 5,7 3,0 16,3 0,1 7 941 En rupture d’union 57,5 7,1 8,2 27,2 0,0 6,0 7,6 29,0 0,0 366 Milieu de résidence Niamey 50,1 14,2 7,7 27,9 0,0 13,5 8,0 28,3 0,0 822 Autres Villes 57,4 14,1 4,9 23,5 0,1 13,2 5,4 24,0 0,1 995 Ensemble urbain 54,1 14,2 6,2 25,5 0,0 13,3 6,6 25,9 0,0 1 817 Rural 79,3 4,7 2,5 13,5 0,1 4,1 2,4 14,2 0,1 7 406 Région Niamey 50,1 14,2 7,7 27,9 0,0 13,5 8,0 28,3 0,0 822 Agadez 62,1 20,9 5,1 11,8 0,2 20,4 5,8 11,6 0,2 248 Diffa 82,8 0,7 4,3 12,2 0,0 0,7 3,3 13,2 0,0 221 Dosso 76,5 10,2 2,9 10,4 0,0 8,6 3,5 11,5 0,0 1 303 Maradi 87,8 1,2 1,7 9,0 0,2 1,1 1,7 9,2 0,2 1 752 Tahoua 59,6 11,2 2,9 26,2 0,0 10,7 2,7 27,0 0,0 1 859 Tillabéri 87,1 1,8 3,0 7,9 0,1 0,8 1,9 10,0 0,1 1 329 Zinder 77,2 2,7 2,6 17,5 0,0 2,6 3,3 16,9 0,0 1 688 Niveau d'instruction Sans instruction 78,3 5,2 2,7 13,7 0,1 4,6 2,6 14,3 0,1 7 393 Primaire 65,8 10,4 4,9 18,9 0,0 9,7 4,6 19,8 0,0 1 270 Secondaire ou plus 40,4 15,7 6,0 37,8 0,2 14,6 7,5 37,4 0,2 560 Ensemble 74,3 6,5 3,2 15,9 0,1 5,9 3,2 16,5 0,1 9 223 Le tableau 14.14.2 présente les résultats sur la connaissance, par les hommes, des IST et de leurs symptômes chez les hommes et chez les femmes. Parmi les hommes enquêtés, 37 % soit une proportion bien plus faible que chez les femmes, ont déclaré ne pas savoir qu’il existait des IST autres que le VIH/sida. Cette méconnaissance est particulièrement fréquente chez les jeunes de 15-19 ans (71 %) et chez les célibataires qui n’ont jamais eu de rapports sexuels (64 %). Les résultats montrent également que les hommes du milieu rural ont plus fréquemment déclaré que ceux du milieu urbain qu’ils ne connaissaient pas les IST (40 % contre 29 %) ; de même, la proportion d’hommes sans instruction qui ne connaissent pas les IST est près de deux fois plus élevée que celle des hommes de niveau secondaire ou plus (42 % contre 23 %). 250 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.14.2 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : hommes Pourcentage d’hommes qui connaissent les signes associés aux infections, sexuellement transmissibles (IST) chez l'homme et chez la femme, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Connaissant des symptômes spécifiques des IST chez l'homme Connaissant des symptômes spécifiques des IST chez la femme Caractéristique Aucune connaissan ce des IST Pas de symptôme cité Un symptôme cité Deux symptômes cités ou plus Pas de symptôme cité Un symptôme cité Deux symptômes cités ou plus Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 70,6 8,1 11,4 9,9 15,9 8,7 4,9 620 20-24 45,7 8,7 16,1 29,5 25,7 16,2 12,4 490 25-29 29,4 7,9 19,2 43,5 28,3 19,6 22,7 472 30-39 22,2 8,0 22,4 47,5 23,5 30,2 24,2 806 40-49 25,3 6,6 21,4 46,7 21,4 29,0 24,3 712 État matrimonial Célibataire 54,9 10,1 13,7 21,2 23,0 13,5 8,6 1 109 A eu des rapports sexuels 29,5 16,0 15,2 39,2 38,1 17,9 14,5 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 64,0 8,0 13,2 14,8 17,6 11,9 6,5 816 En union 27,7 6,4 21,0 44,9 21,9 26,5 23,9 1 923 En rupture d’union 27,0 8,2 23,5 41,3 33,4 22,8 16,8 69 Milieu de résidence Niamey 24,8 13,3 20,5 41,5 35,7 20,0 19,5 398 Autres villes 33,5 10,8 18,4 37,4 29,8 20,6 16,1 418 Ensemble urbain 29,2 12,0 19,4 39,4 32,7 20,3 17,8 816 Rural 40,3 6,3 18,1 35,3 18,9 22,3 18,4 2 285 Région Niamey 24,8 13,3 20,5 41,5 35,7 20,0 19,5 398 Agadez 42,2 19,6 11,8 26,4 40,4 4,7 12,7 89 Diffa 45,2 7,5 1,8 45,4 34,1 4,2 16,4 86 Dosso 43,4 7,6 13,3 35,7 17,6 13,1 25,8 380 Maradi 43,5 1,9 25,2 29,4 7,7 28,5 20,3 598 Tahoua 20,7 9,9 18,4 51,0 40,0 26,2 13,2 568 Tillabéri 37,3 6,4 16,4 39,9 18,4 25,8 18,5 393 Zinder 50,2 7,2 18,5 24,1 13,5 19,9 16,3 588 Niveau d'instruction Sans instruction 42,1 6,8 18,6 32,5 19,2 22,2 16,4 1 854 Primaire 34,8 7,7 16,9 40,6 24,5 19,9 20,8 767 Secondaire ou plus 23,2 11,6 20,7 44,5 32,4 23,1 21,4 480 Ensemble 37,4 7,8 18,5 36,4 22,6 21,8 18,3 3 101 Par ailleurs, 19 % des hommes connaissent au moins un symptôme associé aux IST chez l’homme. Dans 36 % des cas les hommes ont déclaré en connaître au moins deux. Il s’agit plus particulièrement des hommes âgés de plus de 30 ans (48 % des 30-39 et 47 % des 40-49 ans), de ceux de Tahoua (51 %) et de ceux en union (45 %). La connaissance par les hommes des symptômes chez les femmes est légèrement meilleure : 22 % ont pu citer au moins un symptôme d’IST chez la femme alors que cette proportion est de 19 % pour les symptômes chez l’homme. Cependant, seulement, 18 % des hommes ont été capables de citer au moins deux symptômes d’IST chez les femmes. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 251 14.9.2 Prévalence déclarée d’IST On a demandé aux femmes et aux hommes enquêtés s’ils avaient eu une IST au cours des 12 derniers mois et/ou des symptômes associés à la présence d’IST. Le tableau 14.15 présente les résultats pour les femmes et pour les hommes. Tableau 14.15 Infection sexuellement transmissible (IST) et symptômes d'IST déclarés Parmi les femmes et les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels, pourcentage ayant déclaré avoir eu une IST et/ou des symptômes d'IST au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III 2006 Femmes Hommes Caractéristique Pour- centage avec une IST Pour- centage avec des pertes vaginales anormales Pour- centage avec une plaie/ulcè re génital Pour- centage avec IST/perte/ plaie/ ulcère Effectif de femmes ayant déjà eu des rapports sexuels Pour- centage avec une IST Pour- centage avec des écoule- ments du pénis Pour- centage avec une plaie/ulcè re génital Pour- centage avec IST/perte/ plaie/ ulcère Effectif d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels Groupe d’âges 15-24 0,3 1,8 2,0 2,9 2 547 0,8 4,3 5,2 8,8 381 15-19 0,2 1,6 1,2 2,0 1 050 0,0 4,9 7,4 9,7 100 20-24 0,4 2,0 2,5 3,6 1 497 1,1 4,1 4,4 8,4 281 25-29 0,9 2,4 2,8 3,9 1 745 0,7 3,0 0,9 4,1 407 30-39 0,3 1,4 1,4 2,1 2 512 0,7 1,3 1,2 3,0 786 40-49 0,6 1,9 2,3 3,1 1 538 0,3 0,6 0,6 1,4 709 État matrimonial Célibataire 4,8 7,9 0,0 9,2 38 1,0 3,5 3,2 6,1 292 En union 0,4 1,8 2,1 2,9 7 940 0,5 1,6 1,5 3,3 1 922 En rupture d'union 0,7 1,5 1,3 2,2 365 1,0 2,6 0,0 2,6 69 Milieu de résidence Niamey 0,9 4,0 1,2 4,7 570 1,8 6,0 2,2 8,1 245 Autres Villes 1,1 1,0 1,8 2,8 791 1,4 1,8 1,0 3,1 244 Ensemble urbain 1,0 2,3 1,5 3,6 1 362 1,6 3,9 1,6 5,6 489 Rural 0,4 1,8 2,1 2,8 6 980 0,3 1,3 1,6 3,2 1 794 Région Niamey 0,9 4,0 1,2 4,7 570 1,8 6,0 2,2 8,1 245 Agadez 0,8 2,1 2,5 3,3 192 0,8 1,2 0,0 1,2 57 Diffa 0,4 1,2 0,4 1,4 208 0,0 3,7 1,8 4,5 70 Dosso 0,6 2,5 1,7 3,4 1 147 1,1 2,7 2,2 5,7 265 Maradi 0,1 0,8 2,2 2,6 1 705 0,4 2,1 1,2 3,3 478 Tahoua 1,2 3,6 3,9 4,8 1 724 0,3 0,0 0,5 0,5 446 Tillabéri 0,1 0,9 1,5 1,9 1 191 0,0 1,0 0,3 1,4 270 Zinder 0,1 0,5 0,9 1,2 1 605 0,6 1,1 3,5 5,3 454 Niveau d'instruction Sans instruction 0,4 1,7 2,0 2,8 6 964 0,2 1,6 1,9 3,6 1 440 Primaire. 0,5 1,9 2,3 3,1 1 072 0,6 1,8 1,0 2,9 563 Secondaire ou plus 1,2 3,8 0,8 4,9 307 2,8 3,5 1,4 5,9 281 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,3 0,9 1,8 2,3 1 623 0,0 0,6 2,9 3,5 327 Second 0,5 3,2 3,0 4,2 1 698 0,5 2,5 1,5 4,0 459 Moyen 0,6 2,5 2,6 3,6 1 652 0,0 1,3 1,0 2,2 489 Quatrième 0,3 0,9 1,2 1,5 1 781 0,6 1,0 1,9 3,5 462 Le plus riche 0,7 1,8 1,5 3,1 1 589 1,6 3,3 1,4 4,9 547 Ensemble 15-49 0,5 1,8 2,0 2,9 8 342 0,6 1,9 1,6 3,7 2 283 252 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles La prévalence déclarée d’IST et/ou des symptômes associés à la présence d’IST est estimée à 3 % parmi les femmes. Rappelons que cette prévalence est basée sur les seules déclarations des enquêtés et qu’elle doit être prise comme un ordre de grandeur et non comme une estimation précise car la présence de ces différents symptômes ou signes ne sont pas toujours la preuve d'une IST. Les écarts ne sont guère importants et c’est parmi les célibataires que l’on note la proportion la plus élevée (9 %). Une proportion d’hommes quasiment identique à celle des femmes (4 %) ont déclaré spontanément avoir eu une IST et/ou des symptômes associés à la présence d’IST. Parmi ceux de 15-24 ans (9 %), ceux de Niamey (8 %) et ceux de niveau secondaire ou plus (6 %), cette prévalence déclarée est un peu plus élevée. 14.9.3 IST et comportement Parmi les femmes ayant déclaré avoir eu une IST et/ou des symptômes associés aux IST au cours des 12 derniers mois, on constate que plus de six femmes sur dix (63 %) n’ont pris aucune mesure pour traiter leur IST (tableau 14.16). À l’opposé, dans 37 % des cas, les femmes ont recherché des conseils ou un traitement : environ une femme sur cinq s’est adressée à un professionnel de santé, à un hôpital, à une clinique ou à un médecin privé pour être traitée. Dans 2 % des cas, les femmes sont allées dans une boutique ou une pharmacie pour obtenir des médicaments ou des conseils et 13 % ont consulté un guérisseur traditionnel (graphique 14.1). Tableau 14.16 Recherche de traitement pour les IST Parmi les femmes et les hommes ayant déclaré avoir eu une IST ou des symptômes d'IST au cours des 12 derniers mois, pourcentage qui ont recherché un traitement ou des conseils selon la source du conseil ou du traitement, EDSN-MICS III Niger 2006 Source du conseils ou du traitement Femmes Hommes Clinique/hôpital/professionnel de santé 21,4 19,3 Boutique/pharmacie 2,1 5,5 Guérisseur traditionnel 13,2 13,4 Autre source 1,7 6,9 Conseil ou traitement de n'importe quelle source 36,7 33,9 Pas de conseil ou traitement 63,3 66,1 Effectif avec une IST et/ou des symptômes d'IST 244 84 Note : Les symptômes d’une IST sont les pertes vaginales anormales, les plaies génitales et les ulcères génitaux. Graphique 14.1 Recherche de conseils et de traitement pour les IST EDSN-MICS III 2006 21 19 37 34 63 66 Femmes Hommes 0 20 40 60 80 Pourcentage Conseils auprès de professionnels de santé Conseils auprès de n'importe quelle source Pas de conseil/ pas de traitement VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 253 Parmi les hommes ayant déclaré avoir eu une IST et/ou des symptômes associés aux IST au cours des 12 derniers mois, on constate qu’une proportion légèrement plus importante que chez les femmes (66 % contre 63 %) n’a pas recherché de traitement ou de conseils quelconques. Par contre, dans 34 % des cas, les hommes se sont adressés à une clinique, un hôpital ou à un professionnel de santé. En outre, dans 6 % des cas, les hommes se sont adressés à une boutique ou à une pharmacie pour obtenir des conseils ou des médicaments et dans une proportion identique à celle des femmes (13 %), ils ont consulté un guérisseur traditionnel. 14.10 OPINION SUR L’EDUCATION DES ENFANTS DE 12-14 ANS SUR L’UTILISATION DU CONDOM Le tableau 14.17 présente le pourcentage de femmes et d’hommes de 18-49 ans ayant entendu parler du Sida et qui pensent que l’utilisation du condom devrait être enseigné aux jeunes de 12-14 ans. Il apparaît globalement que 68 % des femmes et 73 % des hommes sont favorables à cette mesure. Les résultats ne font pas apparaître de variations importantes selon l’âge. Quelle que soit la caractéristique sociodémographique prise en compte, on constate qu’au moins la moitié des femmes et des hommes serait favorable à cette mesure préventive. 254 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.17 Opinion sur l’éducation des enfants de 12-14 ans sur l’utilisation du condom Pourcentage de femmes et d'hommes de 18-49 ayant entendu parler du sida qui pensent que l'utilisation du condom, devrait être enseignée aux jeunes de 12-14 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Opinion des femmes Opinion des hommes Caractéristique Oui, l'utilisation du condom devrait être enseignée aux enfants de 12-14 ans Effectif Oui, l'utilisation du condom devrait être enseignée aux enfants de 12-14 ans Effectif Groupe d’âges 18-19 68,5 538 73,0 209 20-24 67,7 1 383 74,1 467 25-29 69,4 1 489 75,5 454 30-39 66,0 2 145 74,2 779 40-49 70,6 1 273 70,7 689 État matrimonial Célibataire 73,1 356 74,1 684 En union 67,6 6 158 73,1 1 848 En rupture d'union 74,0 315 73,3 65 Milieu de résidence Niamey 69,1 692 70,4 340 Autres Villes 71,0 818 76,6 337 Ensemble urbain 70,1 1 510 73,5 677 Rural 67,6 5 319 73,3 1 920 Région Niamey 69,1 692 70,4 340 Agadez 74,6 180 75,0 71 Diffa 82,6 144 70,0 67 Dosso 67,4 1 027 77,3 311 Maradi 76,2 1 106 74,1 476 Tahoua 73,1 1 398 65,8 500 Tillabéri 56,5 997 68,6 324 Zinder 62,4 1 285 83,0 508 Niveau d'instruction Sans instruction 66,6 5 393 70,5 1 566 Primaire. 75,1 1 008 78,7 649 Secondaire ou plus 70,7 428 76,2 383 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 67,5 1 232 68,3 340 Second 71,1 1 258 74,5 478 Moyen 66,5 1 251 76,5 538 Quatrième 65,3 1 412 72,0 517 Le plus riche 70,0 1 676 73,7 725 Ensemble 68,1 6 829 73,4 2 597 Prévalence du VIH et Facteurs Associés | 255 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS 15 Soumaïla MARIKO, Pr Saïdou MAMADOU et Bernard BARRÈRE Après la découverte du premier cas de sida au Niger en 1987, le Gouvernement a pris la résolution de faire face à la pandémie par la mise en place d’un Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS). En outre, en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il a élaboré la même année un Plan à Court Terme (PCT) de lutte contre la maladie. Ce plan a servi de base à l’élaboration du premier Plan à Moyen Terme (PMT 1) de 1990 à 1992, puis à un second qui a couvert la période 1994 -1998. Au cours de ces différentes phases, les stratégies et interventions développées ont porté notamment sur : Pour le PMT1 : x Le renforcement de l’organisation du programme de lutte contre le sida ; x La surveillance épidémiologique ; x La prévention de la transmission par voie sexuelle, par le sang et la transmission périnatale ; x La réduction de l’impact de l’infection par le VIH sur les individus, les groupes et la société. Pour le PMT 2 : aux quatre axes précédents se sont ajoutés : x L’intégration du contrôle des IST ; x La mise en place de stratégies basées sur la multisectorialité avec des ministères « chefs de file » et les entreprises privées ; x La participation des organisations à base communautaire à la lutte contre le sida. Toutefois, le rapport de la revue externe du PMT 2 a mis en évidence des insuffisances entre les prévisions et les activités réalisées. Pour y faire face, le Niger s’est lancé dès 1999 dans un processus de planification stratégique sous l’impulsion et l’appui de l’ONUSIDA et de la Banque Mondiale. Cette démarche a abouti à l’analyse de la situation et de la réponse au plan national. Les conclusions et recommandations de ces analyses ont servi à l’élaboration et l’adoption en mai 2002 d’un Cadre Stratégique National (CSN) de lutte contre le VIH/sida et les IST, qui à permis l’élaboration du troisième Plan à Moyen Terme (PMT 3) pour la période 2002-2006. Le CSN 2007-2010, en cours d’élaboration, constitue un document de référence pour une politique globale de la lutte contre le VIH/sida et les IST. Tout comme celui qui a couvert la période 2002-2006, il définit les orientations nationales pour chacun des domaines d’intervention, l’organisation institutionnelle, et se caractérise par la dimension multisectorielle, décentralisée de la lutte. Il est pleinement intégré au plan décennal de développement sanitaire du Niger et au Document de Stratégies de la Réduction de la Pauvreté (DSRP) dont le Niger s’est doté en 2002. Les principaux axes d’interventions contenus dans le CSN sont notamment : - La prévention ; - Les soins-conseils ; - Le soutien socio-économique ; - L’organisation de la lutte. 256 | Prévalence du VIH et Facteurs Associés Le Cadre Stratégique National définit également les mécanismes nécessaires à une mise en œuvre efficace des interventions. Il décrit la réorganisation du cadre institutionnel et notamment celle du Conseil National de Lutte contre les IST/VIH/sida et des organes politiques et techniques impliqués dans la lutte. La base de cette réorganisation a été impulsée par l’engagement politique au plus haut niveau de l’État (Présidence) et par l’appui des partenaires multi et bilatéraux. Jusqu’à une époque récente, les seules données disponibles sur la prévalence du VIH provenaient de la notification des cas de maladie, de la surveillance des femmes enceintes dans les sites sentinelles et de quelques enquêtes sur les populations à risques. Des informations provenant des sites sentinelles sont disponibles depuis 1987-1988, mais sont parcellaires et collectées de façon irrégulière. La prévalence du VIH parmi les femmes en consultation prénatale est passée de moins d’un pour cent à Niamey en 1987- 1988 à 2 % en 2000. Pour 2000, des estimations de la prévalence du VIH à partir des sites de surveillance sentinelle sont aussi disponibles pour cinq autres sites : Maradi (1 %), Dosso et Zinder (2 %), Tahou (6 %) et Konni (6 %). En 2001, la prévalence parmi les prostituées de trois zones (Aguié, Firji et Guidan Roumji) était estimée à 34 %. Pour pallier le manque de données, le Programme National de Lutte contre le VIH/sida a initié, en 2002, une enquête nationale de séroprévalence dans la population générale. Cette enquête, réalisée par le Centre de Recherche Médicale et Sanitaire (CERMES) en collaboration avec CARE International Niger, a permis de tester un échantillon représentatif au niveau national d’environ 6 000 femmes et hommes de 15-49 ans. Selon cette enquête, la prévalence du VIH était estimée à 0,87 % au niveau national. L’inclusion du test du VIH dans l’EDSN-MICS-III avait pour objectif de fournir une nouvelle estimation de la prévalence dans la population générale et de mieux appréhender le profil de l’infection. Les données sur le VIH fournissent également les informations nécessaires à la planification des actions de lutte contre l’épidémie, à l’évaluation de l’impact du programme en cours. L’estimation de la prévalence du VIH dans la population et l’analyse des facteurs sociaux, biologiques et comportementaux associés à l’infection par le VIH, fournissent de nouvelles perspectives sur la connaissance de l’épidémie du VIH au Niger. En outre, les résultats de l’EDSN-MICS III permettront de réajuster les estimations de la prévalence basées sur les données de la surveillance sentinelle et constituent une référence pour apprécier les tendances de l’infection par le VIH entre deux enquêtes dans la population générale. 15.1 PROTOCOLE DE TEST DU VIH Le protocole du test du VIH suivi par l’EDSN-MICS III est basé sur le protocole anonyme-lié développé par le programme DHS et approuvé par le comité d’éthique de Macro International. Selon ce protocole, aucun nom ou autre caractéristique individuelle ou géographique permettant d’identifier un individu n’est lié à l’échantillon de sang. Le Comité National Consultatif d’Éthique de la Santé du Niger a également approuvé le protocole anonyme-lié spécifique pour l’EDSN-MICS III. Étant donné que les tests du VIH sont strictement anonymes, il n’était pas et il ne sera pas possible d’informer les enquêtés des résultats de leur test. Par contre, au moment de l’enquête, qu’elles aient accepté ou non d’être testées pour le VIH, les personnes éligibles recevaient un coupon pour obtenir, si elles le souhaitaient, des conseils et un test volontaire gratuit auprès des centres de dépistage volontaire. Le test de dépistage du VIH a été effectué dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête homme, représentatif de l’ensemble du pays. Dans un ménage sur deux, toutes les femmes de 15-49 ans et tous les hommes de 15-59 ans étaient éligibles pour le test du VIH. Au total, 4 899 femmes et 3 839 hommes ont été sélectionnés pour le test. Prévalence du VIH et Facteurs Associés | 257 15.1.1 Collecte Pour procéder aux prélèvements sanguins auprès des personnes éligibles, chaque équipe de terrain comprenait deux enquêteurs/techniciens spécialement chargés des prélèvements. En plus de la formation d’enquêteurs, ces personnes avaient reçu une formation spéciale sur tous les aspects du protocole de test du VIH. Tout d’abord, le technicien cherchait à obtenir le consentement éclairé de chaque personne éligible, après avoir expliqué les procédures de prélèvement et le caractère confidentiel et anonyme du test. Comme le résultat du test ne pouvait pas être communiqué aux personnes acceptant d’effectuer le test, chaque personne éligible recevait un coupon lui permettant d’obtenir des conseils et un test gratuit auprès d’un centre de dépistage volontaire. Après avoir remis le coupon, le technicien prélevait sur un papier filtre quelques gouttes de sang auprès de chaque femme et chaque homme qui acceptaient d’être testés ; les prélèvements étaient effectués en prenant de strictes précautions d’hygiène. Dans la plupart des cas, les gouttes de sang étaient obtenues de la même piqûre au doigt que pour le test d’anémie. Une étiquette portant un code barre était collée sur chaque papier filtre contenant du sang. Une deuxième étiquette portant le même code barre était collée sur le questionnaire ménage, sur la ligne correspondant au consentement de la personne éligible. Un troisième code barre, toujours de la même série, était collé sur la fiche de transmission. L’utilisation de ces codes a permis, à la fin du traitement des données, la fusion des résultats des analyses de sang et des caractéristiques sociodémographiques contenues dans les questionnaires. Néanmoins, avant de fusionner les fichiers, toutes les informations pouvant permettre d’identifier les individus (numéro de grappe d’enquête et numéro de ménage) ont été détruites du fichier informatisé ainsi que des questionnaires de façon à assurer le caractère anonyme des données. Les gouttes de sang sur papier filtre étaient séchées pendant 24 heures au minimum dans une boîte de séchage contenant des desséchants pour absorber l’humidité. On obtenait ainsi des taches de sang séché, ou « Dried Blood Spots » (DBS). Le lendemain, chaque échantillon séché était placé dans un petit sac en plastique imperméable et à fermeture hermétique. Pour la conservation des prélèvements, des desséchants et un indicateur d’humidité étaient placés dans le petit sac. Les sacs en plastique individuels étaient ainsi conservés au sec jusqu’à leur acheminement régulier au bureau central de l’INS à Niamey. À l’INS ils étaient immédiatement enregistrés et transférés au laboratoire du Centre de Recherche Médicale et Sanitaire (CERMES) de Niamey pour être analysés. 15.1.2 Procédures de laboratoire La recherche des anticorps anti-VIH basé sur des gouttes de sang séché (DBS) et la restitution des résultats ont été effectués par le Centre de Recherche Médicale et Sanitaire (CERMES) de Niamey. Au moment de l’enquête, le CERMES abritait encore le Laboratoire National de Référence au Niger. Il est régulièrement soumis à un contrôle de qualité interne rigoureux, ainsi qu’à un programme de contrôle de qualité externe. Procédure des tests Les copies des fiches de transmission et les échantillons de gouttes de sang séchées étaient acheminés au laboratoire du CERMES dans de grands sachets Ziploc contenant les petits sachets dont chacun contenait un papier-filtre correspondant à l’échantillon de sang d’un participant. Après vérification de la conformité entre les nombres d’échantillons contenus dans les grands Ziplocs et ceux mentionnés sur la fiche de transmission et après vérification de la qualité des échantillons et du degré d’humidité, la saisie des numéros d’échantillons était effectuée grâce au lecteur de code barre mis à la disposition du laboratoire par Macro International grâce au logiciel CSPro (Census and Survey Processing System). 258 | Prévalence du VIH et Facteurs Associés Le programme de saisie a été conçu pour tenir compte de l’algorithme de dépistage utilisé dans l’EDSN-MICS-III et il était lié au programme de lecture des plaques ELISA, si bien qu’après chaque série d’ELISA, les résultats étaient automatiquement enregistrés par le programme. Au fur et à mesure de l’entrée des codes barres et des résultats de tests ELISA, un comptage automatique de toutes les entrées (nombre de prélèvements testés, nombre de positifs et de négatifs selon les trousses utilisées) a été effectué. En ce qui concerne les procédures de test au laboratoire, après l’enregistrement de chaque échantillon reçu, on perforait le papier filtre contenant les gouttes de sang séchées à l’aide d’une poinçonneuse. Le disque de papier coupé, mesurant approximativement 6 mm de diamètre, était ensuite plongé dans 200 microlitres de Phosphate Buffer Saline (PBS) pendant une nuit pour élution. L’éluat obtenu était directement utilisé pour les tests sérologiques selon l’algorithme suivant : Algorithme de test L’algorithme utilisé a consisté à tester tous les échantillons avec Genscreen® Plus HIV Ag-Ab (Bio-Rad) (ELISA 1) selon les recommandations du fabricant. Il s’agit d’un ELISA qui permet la détection du VIH-1 et VIH-2, très sensible, d’où son utilisation en première intention. Tous échantillons dépistés positifs, ainsi que 10 % des négatifs à ce premier test ont été ensuite analysés au Vironostika® HIV Uni-Form II Ag-Ab plus O (BioMérieux) (ELISA 2). Les Vironostika positifs sont testés en ImmunoComb®Bispot HIV 1&2 (Orgenics) pour confirmer la positivité et distinguer en même temps VIH-1 du VIH-2. Tous les échantillons discordants Virosnotika positifs/Immunocomb négatifs sont passés au Western Blot pour confirmation. Le contrôle de qualité a été effectué à plusieurs niveaux : x Sur chaque plaque de tests, étaient inclus des contrôles positifs et négatifs fournis avec la trousse de dépistage selon les recommandations du fabricant. x Dix pour cent des échantillons négatifs testés par Genscreen ont été confirmés par Vironostika. x En outre, 5 % des échantillons testés au Laboratoire du CERMES ont été envoyés au laboratoire de référence de bactériologie-virologie de l’hôpital Le Dantec de Dakar pour le contrôle de qualité externe. 15.2 TAUX DE COUVERTURE DU TEST DE VIH La population éligible pour le test du VIH est la population des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans enquêtés dans un ménage sur deux. Les tableaux 15.1.1, 15.1.2 et 15.1.3 fournissent les taux de couverture du test de VIH selon le milieu et la région de résidence et le motif pour lequel le prélèvement de sang n’a pas été effectué. Globalement, on constate que le taux de couverture est élevé puisque un échantillon de sang a été prélevé et testé pour 89 % des 8 738 personnes éligibles. Néanmoins, dans 1 % des cas, ces personnes avaient été testées, mais n’avaient pas été enquêtées. On dispose donc de données complètes (résultat du test et données de l’enquête) pour 88 % des personnes éligibles. Ce niveau global reste élevé quel que soit le Prévalence du VIH et Facteurs Associés | 259 milieu de résidence. En effet, le taux de couverture varie de 74 % dans la région d’Agadez à 95 % dans celle de Diffa. Il est légèrement plus élevé en milieu rural (92 %) qu’en milieu urbain (82 %). Par ailleurs, les taux de couverture sont légèrement plus élevés chez les femmes que chez les hommes (91 % contre 84 %) et cela quel que soit le lieu de résidence. Les taux de couverture « les plus faibles » concernent les hommes d’Agadez (71 %) et de Niamey (75 %) et le taux le plus élevé atteint 95 % chez les femmes de Diffa. Parmi les personnes éligibles qui n’ont pas été testées, on distingue quatre catégories en fonction des raisons pour lesquelles le prélèvement de sang pour le test n’a pu être effectué. Il s’agit de celles : x qui ont refusé le test après lecture du consentement par l’enquêteur. Les cas de refus concernent 5 % des personnes éligibles (5 % des femmes contre 6 % des hommes et 2 % en milieu rural contre 10 % en milieu urbain) ; x qui ont répondu à l’enquête, mais n’étaient pas présentes lors du passage du technicien pour effectuer le prélèvement de sang (1 %) ; x qui n’étaient pas à la maison (après au minimum trois passages) ni au moment de l’interview, ni au moment du test et donc n’ont été ni enquêtées, ni testées (2 %) ; et ceux x dont le résultat du test est classé « Autre ou manquant » et qui sont considérées comme « non testés » pour des raisons diverses : parce qu’elles étaient incapables de donner leur consentement au test, ou parce qu’il y a eu des difficultés techniques pour prélever le sang, ou encore parce que l’échantillon de sang n’était pas utilisable pour le test (3 % en milieu urbain et 2 % en milieu rural). Tableau 15.1.1 Couverture du test du VIH chez les femmes selon le milieu et la région de résidence Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans éligibles pour le test du VIH selon qu’elles ont été testés ou non, selon le milieu et la région de résidence (non pondéré), l’EDSN-MICS III Niger 2006 Statut du test Échantillon de sang testé Refus de participer au test Absente au moment du prélèvement de sang Autre/ND Caractéristique Enquêtée Pas enquêtée Enquêtée Pas enquêtée Enquêtée Pas enquêtée Enquêtée Pas enquêtée Total Effectif non pondéré Milieu de résidence Urbain 85,1 1,6 7,4 2,0 0,8 1,3 1,0 0,8 100,0 1 732 Rural 93,7 1,2 1,3 0,4 0,7 1,2 0,5 0,9 100,0 3 167 Région Niamey 82,5 1,9 9,0 2,5 0,7 1,8 0,8 0,8 100,0 726 Agadez 76,2 4,3 7,5 2,4 3,9 2,2 2,4 1,0 100,0 492 Diffa 96,3 0,3 1,1 0,3 0,0 0,8 0,0 1,3 100,0 377 Dosso 94,5 1,2 0,9 0,5 0,0 1,3 0,5 0,9 100,0 741 Maradi 93,2 0,6 2,4 0,6 0,8 0,8 0,3 1,1 100,0 620 Tahoua 93,6 0,9 2,4 0,8 0,5 1,2 0,1 0,5 100,0 760 Tillabéri 95,3 0,6 1,0 0,1 0,4 1,0 0,6 0,9 100,0 678 Zinder 92,9 1,0 3,4 0,6 0,0 0,8 1,0 0,4 100,0 505 Ensemble 15-49 ans 90,7 1,3 3,5 1,0 0,7 1,3 0,7 0,9 100,0 4 899 260 | Prévalence du VIH et Facteurs Associés Tableau 15.1.2 Couverture du test du VIH chez les hommes selon le milieu et la région de résidence Répartition (en %) des hommes de 15-59 ans éligibles pour le test du VIH selon qu’ils ont été testés ou non, selon le milieu et la région de résidence (non pondéré), EDSN-MICS-III Niger 2006 Statut du test Échantillon de sang testé Refus de participer au test Absent au moment du prélèvement de sang Autre/ND Caractéristique Enquêté Pas enquêté Enquêté Pas enquêté Enquêté Pas enquêté Enquêté Pas enquêté Total Effectif non pondéré Milieu de résidence Urbain 77,7 1,1 8,8 2,3 2,1 3,7 2,2 2,1 100,0 1 662 Rural 89,2 0,9 1,7 0,7 1,4 3,1 1,6 1,6 100,0 2 177 Région Niamey 74,5 1,1 11,3 3,1 2,9 3,2 1,7 2,3 100,0 753 Agadez 71,4 2,1 8,6 1,2 4,8 7,9 2,1 1,9 100,0 419 Diffa 92,9 0,9 1,2 0,0 0,6 3,1 0,0 1,2 100,0 325 Dosso 89,2 0,6 1,0 0,2 1,3 4,4 1,3 2,1 100,0 480 Maradi 90,9 0,6 3,2 1,3 1,1 0,4 1,9 0,6 100,0 472 Tahoua 86,9 1,0 3,4 1,4 1,0 2,8 2,2 1,4 100,0 505 Tillabéri 85,4 1,3 2,5 1,3 0,6 3,8 1,9 3,2 100,0 471 Zinder 89,9 0,2 1,9 1,4 0,5 1,7 3,1 1,2 100,0 414 Ensemble 15-59 ans 84,2 1,0 4,7 1,4 1,7 3,4 1,8 1,8 100,0 3 839 Tableau 15.1.3 Couverture du test du VIH chez les enquêtés (femmes et hommes) selon le milieu et la région de résidence Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans éligibles pour le test du VIH selon qu’ils ont été testés ou non, selon le milieu et la région de résidence (non pondéré), l’EDSN-MICS III Niger 2006 Statut du test Échantillon de sang testé Refus de participer au test Absent au moment du prélèvement de sang Autre/ND Caractéristique Enquêté Pas enquêté Enquêté Pas enquêté Enquêté Pas enquêté Enquêté Pas enquêté Total Effectif non pondéré Milieu de résidence Urbain 81,5 1,4 8,1 2,2 1,4 2,5 1,6 1,4 100,0 3 394 Rural 91,8 1,1 1,5 0,5 1,0 2,0 0,9 1,2 100,0 5 344 Région Niamey 78,4 1,5 10,1 2,8 1,8 2,5 1,3 1,6 100,0 1 479 Agadez 74,0 3,3 8,0 1,9 4,3 4,8 2,3 1,4 100,0 911 Diffa 94,7 0,6 1,1 0,1 0,3 1,9 0,0 1,3 100,0 702 Dosso 92,4 1,0 1,0 0,4 0,5 2,5 0,8 1,4 100,0 1 221 Maradi 92,2 0,6 2,7 0,9 0,9 0,6 1,0 0,9 100,0 1 092 Tahoua 90,9 0,9 2,8 1,0 0,7 1,8 0,9 0,9 100,0 1 265 Tillabéri 91,2 0,9 1,7 0,6 0,5 2,2 1,1 1,8 100,0 1 149 Zinder 91,5 0,7 2,7 1,0 0,2 1,2 2,0 0,8 100,0 919 Ensemble 87,8 1,2 4,0 1,2 1,2 2,2 1,2 1,3 100,0 8 738 Chez les femmes et les hommes, les résultats montrent que le refus (5 % des femmes et 6 % des hommes) est la raison la plus importante de non-participation au test du VIH. Les taux de refus sont plus élevés chez les hommes et les femmes du milieu urbain (11 % pour les hommes et 9 % pour les femmes) que chez ceux du milieu rural (2 % pour les hommes et pour les femmes). Les taux de refus les plus élevés concernent les femmes et les hommes de Niamey (respectivement 12 % et 14 %) ainsi que ceux d’Agadez (10 %). Prévalence du VIH et Facteurs Associés | 261 Les tableaux 15.2.1 et 15.2.2 présentent les taux de couverture pour les femmes et les hommes selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 15.2.1 Couverture du test du VIH chez les femmes selon l’âge, le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans éligibles pour le test du VIH selon qu’elles ont été testées ou non, selon l’âge, le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique (non pondéré), l’EDSN-MICS III 2006 Statut du test Échantillon de sang testé Refus de participer au test Absente au moment du prélèvement de sang Autre/ND Caractéristique Enquêtée Pas enquêtée Enquêtée Pas enquêtée Enquêtée Pas enquêtée Enquêtée Pas enquêtée Total Effectif non pondéré Groupe d’âges 15-19 88,8 1,3 4,9 0,8 1,0 1,8 0,3 1,1 100,0 988 20-24 89,7 1,3 3,7 1,7 0,7 1,4 0,9 0,7 100,0 900 25-29 91,2 0,9 3,4 1,0 0,6 1,4 0,4 1,0 100,0 899 30-34 93,6 1,2 1,3 0,9 0,4 0,6 1,2 0,9 100,0 687 25-39 90,2 1,1 4,7 0,2 0,8 1,5 0,8 0,7 100,0 611 40-44 91,6 1,6 2,4 1,3 0,9 0,9 0,9 0,4 100,0 450 45-49 90,9 2,7 2,5 1,1 0,8 0,3 0,5 1,1 100,0 364 Niveau d’instruction Aucune instruction 91,5 1,4 2,7 0,8 0,7 1,3 0,6 1,0 100,0 3 758 Primaire 88,7 1,6 4,2 2,6 0,8 0,8 0,6 0,6 100,0 619 Secondaire 88,3 0,8 7,8 0,4 0,8 1,0 0,6 0,2 100,0 488 Supérieur 71,9 0,0 12,5 3,1 0,0 3,1 9,4 0,0 100,0 32 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 93,3 1,5 1,0 0,4 1,1 1,2 0,4 1,1 100,0 735 Second 91,8 1,4 1,8 0,8 1,0 1,4 0,8 0,9 100,0 766 Moyen 93,2 1,0 1,7 1,0 0,5 1,3 0,7 0,7 100,0 833 Quatrième 93,3 1,3 1,7 0,2 0,7 1,2 0,8 0,9 100,0 904 Le plus riche 86,3 1,4 7,2 1,8 0,6 1,2 0,7 0,8 100,0 1 661 Ensemble 15-49 ans 90,7 1,3 3,5 1,0 0,7 1,3 0,7 0,9 100,0 4 899 Dans l’ensemble, les taux de couverture du test du VIH ne présentent pas de variation importante selon l’âge. On note également que le taux de couverture ne varie pratiquement pas avec le niveau d’instruction des femmes et des hommes mis à part ceux qui ont un niveau supérieur et qui représentent une part négligeable de la population. En ce qui concerne l’indice de bien-être, on constate que les taux de couverture ne varient qu’assez peu pour les quatre premiers quintiles, mais chute pour les personnes des ménages les plus riches : chez les femmes, les résultats du test et de l’enquête sont disponibles pour 86 % de celles des ménages les plus riches contre 92 % ou plus de celles des quatre premiers quintile. Chez les hommes, la proportion passe de 88 % ou plus à 78 % dans le quintile le plus riche. En annexe A figurent les taux de couverture du test du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques et comportementales des femmes et des hommes (tableaux A.7 et A.8). Là encore, on ne constate que très peu de variations des taux, les proportion de femmes et d’hommes testés restant élevées quelles que soient les caractéristiques. Ces résultats permettent de conclure que le fait qu’on ne dispose pas du résultat du test pour certaines personnes éligibles n’introduit pas de biais dans les estimations de la prévalence du VIH. 262 | Prévalence du VIH et Facteurs Associés Tableau 15.2.2 Couverture du test du VIH chez les hommes selon l’âge, le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique Répartition (en %) des hommes de 15-59 ans éligibles pour le test du VIH selon qu’ils ont été testés ou non, selon l’âge, le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique (non pondéré), l’EDSN-MICS III Niger 2006 Statut du test Échantillon de sang testé Refus de participer au test Absent au moment du prélèvement de sang Autre/ND Caractéristique Enquêté Pas enquêté Enquêté Pas enquêté Enquêté Pas enquêté Enquêté Pas enquêté Total Effectif non pondéré Groupe d’âges 15-19 84,1 1,6 3,4 1,4 1,8 3,4 1,3 2,9 100,0 761 20-24 84,0 1,1 3,9 2,7 1,8 3,2 1,4 2,0 100,0 563 25-29 83,4 1,2 4,6 1,6 2,4 3,0 2,8 1,0 100,0 501 30-34 83,9 0,5 6,7 1,4 1,1 3,0 1,8 1,6 100,0 435 25-39 84,7 0,5 3,1 1,3 1,8 5,6 1,8 1,3 100,0 391 40-44 85,2 0,8 5,4 1,0 1,3 2,8 1,6 1,8 100,0 386 45-49 84,4 0,9 6,5 0,6 1,8 3,2 1,8 0,9 100,0 339 50-54 85,8 0,4 5,8 0,7 0,7 2,6 2,2 1,8 100,0 274 55-59 83,3 1,6 5,9 0,5 1,6 3,2 1,6 2,2 100,0 186 Niveau d’instruction Aucune instruction 84,5 1,1 3,6 1,5 1,7 4,0 1,7 1,9 100,0 2 320 Primaire 84,9 0,7 4,4 0,8 1,5 2,3 2,8 2,6 100,0 742 Secondaire 85,0 0,9 7,0 1,6 1,9 1,9 0,6 1,1 100,0 642 Supérieur 72,7 0,8 15,2 1,5 1,5 4,5 3,8 0,0 100,0 132 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 87,9 2,2 0,4 0,9 2,0 4,2 0,9 1,3 100,0 448 Second 88,6 0,8 2,2 0,8 1,6 2,4 2,2 1,4 100,0 502 Moyen 89,2 0,8 2,5 0,3 1,5 2,5 1,5 1,7 100,0 602 Quatrième 87,7 0,3 2,7 0,7 0,9 3,6 1,8 2,2 100,0 669 Le plus riche 78,4 1,1 8,4 2,4 2,0 3,6 2,1 1,9 100,0 1 618 Ensemble 15-59 ans 84,2 1,0 4,7 1,4 1,7 3,4 1,8 1,8 100,0 3 839 15.3 PRÉVALENCE DU VIH 15.3.1 Prévalence du VIH selon le sexe et l’âge Les résultats du tableau 15.3 indiquent que 0,7 % des personnes de 15-49 ans sont séropositives (au VIH-1 ou au VIH-1 et VIH-2). La proportion de femmes et d’hommes positifs au seul VIH-2 est négligeable. Le taux de séroprévalence chez les femmes de 15-49 ans, estimé à 0,7 %, est identique à celui observé chez les hommes du même groupe d’âges (0,7 %). Par ailleurs, la prévalence de l’infection VIH est très faible chez les hommes de 50 ans ou plus (01 % à 50-54 ans et 0,5 % à 55-59 ans) et, par conséquent, la proportion d’hommes de 15-59 ans infectés est identique à celle des hommes de 15-49 ans (0,7 %). Prévalence du VIH et Facteurs Associés | 263 Avec ces taux de prévalence du VIH, on peut estimer la population adulte (femmes de 15-49 ans et hommes de 15-59 ans) séropositive à environ 42 000 personnes (19 700 femmes de 15-49 ans et 22 300 hommes de 15-59 ans) en 20061. Le niveau de prévalence estimé par l’EDSN-MICS III (0,7 %) n’est pas significativement différent de celui estimé par l’enquête réalisée par le CERMES en 2002 (0,87 %). Le tableau 15.3 et le graphique 15.1 montre que, chez les femmes, la prévalence augmente rapidement avec l’âge pour atteindre 1,0 % dès 20-24 ans, et elle atteint son maximum à 30-39 ans (1,1 % à 30-34 ans et 1,2 % à 35-39 ans. Chez les hommes, la prévalence reste très faible jusqu’à 30 ans, pour augmenter ensuite rapidement et atteindre un maximum de 2,6 % à 35-39 ans. On note qu’entre 20 et 30 ans, la proportion de femmes séropositives est nettement supérieure à celle des hommes. À partir de 25 ans, la tendance s’inverse et la prévalence des hommes est supérieure à celle des femmes. Tableau 15.3 Prévalence du VIH selon l’âge Pourcentage de femmes de 15-49 ans et d’hommes de 15-59 ans séropositifs selon l’âge, l’EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Ensemble Groupe d’âges Pour- centage positifs VIH-11 Pour- centage positifs VIH-2 Pour- centage positifs VIH-11 ou VIH-2 Effectif Pour- centage positifs VIH-11 Pour- centage positifs VIH-2 Pour- centage positifs VIH-11 ou VIH-2 Effectif Pour- centage positifs VIH-11 Pour- centage positifs VIH-2 Pour- centage positifs VIH-11 ou VIH-2 Effectif 15-19 0,0 0,0 0,0 810 0,0 0,0 0,0 579 0,0 0,0 0,0 1 389 20-24 1,0 0,0 1,0 823 0,3 0,2 0,6 465 0,8 0,1 0,9 1 288 25-29 0,6 0,0 0,6 828 0,1 0,0 0,1 428 0,4 0,0 0,4 1 256 30-34 1,1 0,0 1,1 650 1,2 0,0 1,2 388 1,2 0,0 1,2 1 038 35-39 1,2 0,1 1,4 556 2,6 0,0 2,6 349 1,8 0,1 1,9 905 40-44 0,4 0,1 0,5 426 0,6 0,0 0,6 339 0,5 0,0 0,6 765 45-49 0,1 0,0 0,1 313 1,1 0,0 1,1 308 0,6 0,0 0,6 621 50-54 na na na na 0,1 0,0 0,1 256 na na na na 55-59 na na na na 0,5 0,0 0,5 155 na na na na Ensemble 15-49 ans 0,7 0,0 0,7 4 406 0,7 0,0 0,8 2 856 0,7 0,0 0,7 7 262 Ensemble 15-59 ans na na na na 0,7 0,0 0,7 3 267 na na na na na = Non applicable 1 Y compris ceux qui sont à la fois positifs VIH-1 et VIH-2. 1 Ces estimations sont basées sur une population de 2 824 515 femmes de 15-49 ans, 2 686 096 hommes de 15-49, 170 484 hommes de 50-54 ans et 131 320 hommes de 55-59 ans au 1er juillet 2006. L’estimation de la population du Niger au 1er juillet 2006 est basée sur les « Projections de population du Niger 2005-2050 », Institut National de la Statistique (INS), Niger 2005, à partir des données du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGP/H) de 2001. 264 | Prévalence du VIH et Facteurs Associés 15.3.2 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio-économiques et sociodémographiques Le tableau 15.4 présente les taux de prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio- économiques et démographiques. Du point de vue ethnique, la proportion de personnes infectées (femmes et hommes confondus) serait plus élevée chez les Gourmantché (1,7 %) que dans le reste de la population, les niveaux élevés chez les Arabes, Toubous et autres ethnies étant difficile à interpréter du fait de faibles effectifs. Concernant le niveau d’instruction, on note que la prévalence la plus faible concerne les femmes qui n’ont pas fréquenté l’école (0,5 %) et les hommes de niveau primaire (0,6 %). Par ailleurs, les hommes et les femmes qui travaillaient au moment de l’enquête ont également une prévalence plus élevée que les autres, en particulier les hommes (0,9 % contre 0,1 %). Aucune tendance nette ne se dégage selon le quintile de bien-être économique, si ce n’est pour les femmes et les hommes des ménages les plus riches qui semblent plus fréquemment infectés que les autres (1,3 % contre 0,7 % et moins pour les deux sexes confondus. Que ce soit les femmes ou les hommes, la prévalence est nettement plus élevée en milieu urbain qu’en rural : le niveau de prévalence est trois fois plus élevé chez les femmes urbaines que chez celles du milieu rurale (1,5 % contre 0,5 %) et deux fois plus élevée chez les hommes urbains que chez les autres (1,3 % contre 0,6 %). Ces chiffres ne sont pas significativement différents de ceux obtenus par le CERMES lors de l’enquête de 2002. Les femmes d’Agadez (2,1 %), de Diffa (1,9 %) et, dans une moindre mesure celles de Niamey (1,1 %) ont des taux de séroprévalence plus élevés que les autres. Chez les hommes, c’est parmi ceux de Niamey (1,6 %) et de Diffa (1,4 %) que le niveau de séroprévalence est le plus élevé. Les régions de Maradi et de Tillabéri sont celles qui seraient le moins touchées par le VIH (respectivement 0,3 % et 0,4 % pour les deux sexes confondus). Graphique 15.1 Prévalence du VIH par sexe et âge EDSN-MICS-III 2006 0.0 0.3 0.1 1.2 2.6 0.6 1.1 0.1 0.5 � � � � � � � 0.0 1.0 0.6 1.1 1.2 0.4 0.1 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 Âge 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 Pourcentage (Prévalence VIH) Femmes Hommes� Prévalence du VIH et Facteurs Associés | 265 Tableau 15.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socioéconomiques Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans séropositifs selon certaines caractéristiques socioéconomiques, l’EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Ensemble Caractéristique socioéconomique Pourcentage positif1 Effectif Pourcentage positif1 Effectif Pourcentage positif1 Effectif Milieu de résidence Urbain 1,5 873 1,3 755 1,4 1 628 Rural 0,5 3 533 0,6 2 101 0,5 5 633 Région Niamey 1,1 398 1,6 370 1,4 769 Agadez 2,1 118 0,9 80 1,6 198 Diffa 1,9 103 1,4 79 1,7 182 Dosso 0,5 614 0,7 350 0,5 964 Maradi 0,4 843 0,3 549 0,3 1 392 Tahoua 1,0 925 1,1 519 1,0 1 444 Tillabéri 0,2 609 0,8 362 0,4 971 Zinder 0,7 796 0,2 545 0,5 1 341 Niveau d’instruction Sans instruction 0,5 3 657 0,8 1 867 0,6 5 524 Primaire 1,5 470 0,6 536 1,0 1 007 Secondaire ou plus 1,2 278 0,9 453 1,0 731 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,3 757 0,2 384 0,3 1 140 Second 0,5 867 1,0 499 0,7 1 367 Moyen 0,4 940 0,6 592 0,5 1 533 Quatrième 0,8 872 0,1 575 0,5 1 447 Le plus riche 1,2 969 1,4 806 1,3 1 774 Ethnie Arabe (4,2) 14 (0,0) 14 (2,1) 28 Djerma/songhai 0,4 923 0,9 578 0,6 1 501 Gourmantché * 27 * 26 1,7 53 Haoussa 0,6 2 398 0,8 1 576 0,7 3 974 Kanouri 0,7 259 1,0 176 0,8 435 Peul 1,1 273 0,0 214 0,6 487 Touareg 0,5 464 0,3 238 0,4 701 Toubou (8,2) 17 (0,0) 15 (4,3) 31 Autre (5,4) 30 (1,6) 19 (3,9) 49 Religion Musulman 0,7 4 328 0,7 2 804 0,7 7 132 Autre/sans religion 0,0 78 1,8 52 0,7 130 Situation par rapport à l’emploi Ne travaille pas actuellement 0,6 2 351 0,1 438 0,5 2 790 Travaille actuellement 0,8 2 051 0,9 2 402 0,8 4 453 Ensemble2 15-49 ans 0,7 4 406 0,7 2 856 0,7 7 262 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 1 HIV positif correspond à ceux qui sont HIV-1 positifs (y compris ceux qui sont à la fois HIV-1 et HIV-2 positifs) et exclut ceux qui sont seulement HIV-2 positifs. 2 Y compris 2 femmes dont l’ethnie est indéterminée, 22 femmes et 12 hommes dont la religion est indéterminée et 3 femmes et 16 hommes dont la situation par rapport à l’emploi est indéterminée. La prévalence du VIH présente de fortes variations selon l’état matrimonial (tableau 15.5). Les femmes divorcées ou séparées (6,4 %) et les veuves (3,9 %) ont une prévalence beaucoup plus élevée que les autres. Malgré les faibles effectifs, il semble en être de même pour les hommes divorcés ou séparés (3,6 %). Chez les femmes, on n’observe pratiquement pas d’écart entre les célibataires et celles en union, par contre les hommes en union ont une prévalence plus élevée que les célibataires (0,9 % contre 0,4 %). On ne constate aucun écart en fonction du type d’union (monogame ou polygame). 266 | Prévalence du VIH et Facteurs Associés Tableau 15.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans séropositifs selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Ensemble Caractéristique sociodémographique Pourcentage positifs1 Effectif Pourcentage positifs1 Effectif Pourcentage positifs1 Effectif État matrimonial Célibataires 0,4 458 0,4 1 032 0,4 1 490 A déjà eu rapports sexuels (5,5) 19 0,6 270 0,9 289 N’a jamais eu de rapports sexuels 0,2 439 0,3 762 0,2 1 201 En union 0,5 3 773 0,9 1 764 0,6 5 537 Divorcé(e)s/séparé(e)s 6,4 111 (3,6) 47 5,6 158 Veuves/veufs 3,9 63 * 13 3,5 76 Type d’union Polygame 0,5 1 326 0,8 346 0,6 1 672 Monogame 0,5 2 438 0,9 1 419 0,6 3 856 Pas actuellement en union 1,8 633 0,5 1 092 1,0 1 725 Nombre de séjours hors du ménage au cours des 12 derniers mois 0 (jamais) 0,6 2 913 1,0 1 234 0,7 4 146 1-2 1,2 1 084 0,1 1 066 0,6 2 150 3-4 0,1 266 0,5 233 0,3 499 5+ 0,0 136 2,2 305 1,6 441 Séjours hors du ménage Séjours hors du ménage pendant plus d’un mois 2,2 477 0,3 980 0,9 1 457 Séjours hors du ménage pendant moins d’un mois 0,3 986 1,2 596 0,6 1 582 Pas de séjours hors du ménage 0,6 2 914 0,9 1 250 0,7 4 163 Grossesse actuelle Actuellement enceinte 0,7 644 na na na na Pas enceinte/ pas sûre 0,7 3 762 na na na na Naissance au cours des 3 dernières années Visite prénatale 0,9 1 203 na na na na Pas de visite prénatale 0,1 1 346 na na na na Pas de naissance au cours des 3 dernières années 1,0 1 857 na na na na Ensemble2 15-49 ans 0,7 4 406 0,7 2 856 0,7 7 262 na = Non applicable ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 1 HIV positif correspond à ceux qui sont HIV-1 positifs (y compris ceux qui sont à la fois HIV-1 et HIV-2 positifs) et exclut ceux qui sont seulement HIV-2 positifs. 2 Y compris 9 femmes dont le type d’union est indéterminé, 6 femmes et 18 hommes dont le nombre de séjours hors du ménage est indéterminé et 28 femmes et 31 hommes dont le séjour hors du ménage est indéterminé. Chez les hommes, on constate que ceux qui se sont absentés fréquemment de leur ménage au cours des 12 derniers mois (5 fois ou plus) sont plus fréquemment infectés que les autres (2,2 %) ; aucune tendance nette ne se dégage pour les femmes. Par contre les femmes qui se sont absentées pendant plus d’un mois se caractérisent par une prévalence plus élevée que les autres (2,2 %). Le tableau 15.5 montre également que les femmes ayant déclaré être enceintes au moment de l’enquête ont le même niveau d’infection que les autres. 15.3.3 Prévalence du VIH et facteurs de risques Certains comportements sexuels sont des facteurs de risques qui peuvent affecter le niveau de prévalence du VIH. Le tableau 15.6 présente ainsi la prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel. Il est important de rappeler que les questions concernant les comportements sexuels sont très délicates à poser et qu’il est possible que certains comportements à risques n’aient pas été déclarés. Par ailleurs, la plupart des informations collectées portent essentiellement sur le comportement sexuel au cours des douze mois précédant l’enquête qui peut ne pas toujours refléter un comportement sexuel antérieur. Les résultats devraient donc être interprétés avec prudence. Prévalence du VIH et Facteurs Associés | 267 Tableau 15.6 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel Parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans qui ont déjà eu des rapports sexuels, pourcentage de séropositifs selon certaines caractéristiques du comportement sexuel, l’EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Ensemble Caractéristique du comportement sexuel Pourcentage positif1 Effectif Pourcentage positif1 Effectif Pourcentage positif1 Effectif Âge aux premiers rapports sexuels <16 0,7 2 381 0,3 188 0,6 2 569 16-17 0,7 839 0,3 270 0,6 1 108 18-19 2,0 320 1,1 376 1,5 696 20+ 0,2 265 1,1 1 244 0,9 1 508 Rapports sexuels à hauts risques2 au cours des 12 derniers mois Rapports sexuels à hauts risques (17,7) 31 2,7 168 5,0 198 Rapports sexuels, mais pas à hauts risques 0,6 3 609 0,8 1 721 0,6 5 330 Pas de rapports sexuels au cours des 12 derniers mois 1,0 308 0,5 190 0,8 499 Nombre de partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois 0 1,0 306 0,5 184 0,8 490 1 0,7 3 607 0,8 1 536 0,7 5 143 2 (0,0) 28 1,8 317 1,6 344 3+ * 2 (0,6) 30 (0,6) 32 Nombre de partenaires sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois2 0 0,6 3 918 0,8 1 906 0,7 5 824 1 19,7 28 2,8 124 5,8 152 2 * 3 (0,0) 31 (0,0) 34 3+ - 0 * 18 * 18 Utilisation du condom A déjà utilisé un condom * 14 2,6 214 2,6 228 N’a jamais utilisé un condom 0,7 3 927 0,7 1 859 0,7 5 786 Utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels au cours des 12 derniers mois A utilisé un condom * 12 2,5 76 2,8 88 N’a pas utilisé le condom lors des derniers rapports sexuels au cours des 12 derniers mois 0,7 3 627 0,9 1 811 0,8 5 438 Pas de rapports sexuels au cours des 12 derniers mois 1,0 308 0,5 190 0,8 499 Utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois2 A utilisé un condom * 3 3,1 80 3,7 83 N’a pas utilisé un condom lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois (17,6) 28 2,1 93 5,7 120 Pas de rapports sexuels à hauts risques/ pas de rapports sexuels au cours des 12 derniers mois 0,6 3 918 0,8 1 906 0,7 5 824 Nombre de partenaires sexuels au cours de la vie 1 0,2 3 092 0,2 887 0,2 3 979 2 1,5 717 1,1 580 1,3 1 297 3-4 8,5 114 1,0 356 2,8 470 5-9 * 5 2,4 151 3,2 156 10+ - 0 4,0 81 4,3 82 Rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois Oui na na (6,1) 41 na na Non (pas de rapports sexuels payants /pas de rapports sexuels au cours des 12 derniers mois) 0,7 3 948 0,8 2 038 0,8 5 986 Ensemble3 15-49 ans 0,7 3 948 0,9 2 079 0,8 6 027 na = Non applicable ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 1 HIV positif correspond à ceux qui sont HIV-1 positifs (y compris ceux qui sont à la fois HIV-1 et HIV-2 positifs) et exclut ceux qui sont seulement HIV-2 positifs. 2 Rapports sexuels avec un partenaire extraconjugal et non cohabitant. 3 Y compris 144 femmes et 2 hommes dont l’âge aux premiers rapports sexuels est indéterminé, 6 femmes et 11 hommes dont le nombre de partenaires au cours des 12 derniers mois est indéterminé, 7 femmes et 6 hommes pour lesquels l’utilisation du condom est indéterminée, 2 femmes et 1 homme pour lesquels l’utilisation du condom au cours des 12 derniers mois est indéterminée et 20 femmes et 23 hommes pour lesquels le nombre de partenaires sur la durée de vie est indéterminée. 268 | Prévalence du VIH et Facteurs Associés Chez les femmes comme chez les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels, on n’observe pas d’association nette entre la prévalence du VIH et la précocité des premiers rapports sexuels. En effet, parmi les femmes qui ont eu les premiers rapports sexuels les plus précoces, on constate un faible niveau de la prévalence (0,7 % ). Parmi celles ayant eu les premiers rapports sexuels à 18-19 ans, la prévalence est plus élevée (2,0 %). Néanmoins, c’est chez les femmes qui ont eu leurs premiers rapports sexuels à 20 ans ou plus que la prévalence est la plus faible (0,2 %). Chez les hommes, la prévalence est plus faibles chez ceux qui ont eu leurs premiers rapports sexuels à moins de 18 ans qu’à 18 ans ou plus (0,3 % contre 1,1 %). On note également que, les deux sexes confondus, la séroprévalence est nettement plus élevée chez ceux ayant eu des rapports sexuels à hauts risques que parmi ceux ayant eu des rapports sexuels mais pas à hauts risques (5,0 % contre 0,6 %). Chez les hommes, le niveau de prévalence augmente avec le nombre de partenaires sexuels au cours des douze mois précédant l’enquête, passant de 0,8 % chez ceux qui n’ont eu qu’une seule partenaire à 1,8 % chez ceux qui en ont eu deux. Par ailleurs, les deux sexes confondus, la prévalence passe de 0,7 % chez ceux qui n’ont pas eu de partenaire à hauts risques au cours des 12 derniers mois à 5,8 % chez ceux qui en ont eu une. En ce qui concerne l’utilisation du condom chez les hommes, la prévalence la plus élevée s’observe parmi ceux qui ont utilisé le condom lors des derniers rapports sexuels au cours des douze derniers mois (2,5 %) et parmi ceux qui l’ont utilisé lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des douze derniers mois (3,1 %). Quel que soit le sexe, le niveau de prévalence augmente avec le nombre de partenaires sexuels que les enquêtés ont déjà eus (sur la durée de vie) : de 0,2 % chez les femmes qui n’ont eu qu’un seul partenaire sexuel, la prévalence passe à 8,5 % chez les femmes qui en ont eu trois ou quatre partenaires sexuels. Chez les hommes, la prévalence passe de 0,2 % pour ceux n’ayant eu qu’une seule partenaire sexuelle à 4,0 % parmi ceux qui ont eu dix partenaires ou plus. On constate enfin que la prévalence est nettement plus élevée chez les hommes qui ont eu des rapports sexuels avec une professionnelle du sexe que chez les autres (6,1 % contre 0,8 %). 15.3.4 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans Le tableau 15.7 présente la prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Étant donné que peu d’enfants infectés au VIH survivent jusqu’à l’adolescence, l’infection chez les jeunes fournit une indication des infections récentes et peut fournir, indirectement, une estimation de l’incidence de nouveaux cas. La prévalence moyenne du VIH chez les jeunes de 15-24 ans est de 0,4 %, soit 0,5 % chez les femmes et 0,1 % chez les hommes. Chez les femmes comme chez les hommes, la prévalence du VIH augmente rapidement avec l’âge mais se situe à un niveau beaucoup plus élevée chez les femmes que chez les hommes : 0,4 % des femmes et 0,1 % des hommes de 20-22 ans sont infectées, contre, respectivement 2,2 % et 0,9 % à 23-24 ans. On ne constate pratiquement pas d’écart entre les milieux urbain et rural, par contre la prévalence chez les jeunes varie fortement selon les régions : 3,1 % des jeunes femmes de Diffa et 1,0 % de celles de Niamey sont infectées contre 0,5 % et moins dans les autres régions. De même, 1,1 % des hommes de Diffa et 1,0 % de ceux de Tillabéri sont infectés contre pratiquement aucun dans les autres régions. Prévalence du VIH et Facteurs Associés | 269 Tableau 15.7 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans Pourcentage de jeunes de 15-24 ans séropositifs selon certaines caractéristiques sociodémographiques, l’EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Ensemble Caractéristique sociodémographique Pourcentage positifs1 Effectif Pourcentage positifs1 Effectif Pourcentage positifs1 Effectif Groupe d’âges 15-17 0,0 507 0,0 373 0,0 880 18-19 0,0 303 0,0 206 0,0 509 20-22 0,4 542 0,1 321 0,3 863 23-24 2,2 281 0,9 142 1,8 423 15-19 0,0 810 0,0 579 0,0 1 389 20-24 1,0 823 0,3 463 0,8 1 286 Milieu de résidence Urbain 0,5 374 0,0 362 0,3 736 Rural 0,5 1 259 0,2 680 0,4 1 939 Région Niamey 1,0 186 0,0 171 0,5 357 Agadez 0,0 54 0,0 37 0,0 91 Diffa 3,1 33 1,1 27 2,2 60 Dosso 0,5 245 0,0 133 0,3 379 Maradi 0,5 285 0,0 171 0,3 456 Tahoua 0,5 335 0,0 206 0,3 541 Tillabéri 0,5 212 1,0 121 0,7 333 Zinder 0,0 283 0,0 176 0,0 459 État matrimonial Célibataires 0,1 425 0,2 877 0,2 1 302 A déjà eu rapports sexuels * 14 0,0 195 0,3 209 N’a jamais eu de rapports sexuels 0,0 411 0,2 682 0,1 1 093 En union 0,4 1 170 0,0 159 0,3 1 328 Divorcé(e)s/séparé(e)s/veufs/veuves (9,3) 38 * 7 7,8 45 Ensemble 15-24 ans 0,5 1 633 0,1 1 042 0,4 2 675 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 1 HIV positif correspond à ceux qui sont HIV-1 positifs (y compris ceux qui sont à la fois HIV-1 et HIV-2 positifs) et exclut ceux qui sont seulement HIV-2 positifs. On constate que, selon l’état matrimonial, la prévalence est légèrement plus élevée chez les jeunes femmes qui sont en union que chez les célibataires (0,4 % contre 0,1 %), par contre la prévalence ne varie pas entre ces deux groupes de jeunes hommes (0,2 % dans les deux cas). 15.3.5 Prévalence du VIH et autres facteurs de risques Les Infections Sexuellement transmissibles (IST) jouent un rôle dans la transmission sexuelle du VIH. Le tableau 15.8 présente la prévalence du VIH selon la prévalence déclarée des IST. Chez les femmes, la prévalence est plus élevée parmi celles qui ont déclaré avoir eu une IST ou des symptômes (1,5 %) que chez celles qui n’ont pas eu d’IST ou de symptômes d’IST (0,7 %). Par contre, chez les hommes, on ne constate pratiquement pas d’écart entre les deux catégories. 270 | Prévalence du VIH et Facteurs Associés Tableau 15.8 Prévalence du VIH selon la prévalence des IST et le test du VIH antérieur à l’enquête Parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans qui ont déjà eu des rapports sexuels et qui ont été testés, pourcentage de séropositifs selon qu’ils ont déclaré avoir eu ou non une infection sexuellement transmissible (IST) ou des symptômes d’IST au cours des 12 derniers mois et selon qu’ils ont déjà ou non effectué un test du VIH avant l’enquête, l’EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Ensemble Caractéristique Pourcentage positif1 Effectif Pourcentage positif1 Effectif Pourcentage positif1 Effectif IST au cours des 12 derniers mois A eu une IST ou des symptômes d’IST 1,5 147 0,8 77 1,2 223 N’a pas eu d’IST, ou de symptômes d’IST 0,7 3 726 0,9 1 975 0,8 5 701 Test du VIH antérieur à l’enquête A déjà effectué un test 1,4 76 3,5 121 2,7 197 A reçu les résultats 1,6 66 3,8 100 2,9 166 N’a pas reçu les résultats * 10 (2,5) 21 (1,7) 31 N’a jamais effectué de test 0,7 3 838 0,7 1 892 0,7 5 729 Ensemble2 15-49 ans 0,7 3 948 0,9 2 079 0,8 6 027 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 1 HIV positif correspond à ceux qui sont HIV-1 positifs (y compris ceux qui sont à la fois HIV-1 et HIV-2 positifs) et exclut ceux qui sont seulement HIV-2 positifs. 2 Y compris 75 femmes et 28 hommes pour lesquels on ne dispose pas d’information sur les IST au cours des 12 derniers mois et 34 femme et 66 hommes pour lesquels on ne dispose pas d’information sur le test de VIH avant l’enquête. On constate au tableau 15.9 que parmi les personnes séropositives, seulement 9 % connaissent leur statut sérologique : 86 % n’ont jamais effectué de test et 1 % ont effectué un test mais ne connaissent pas leur résultat. La situation semble plus critique pour les femmes que pour les hommes séropositifs , mais ces résultats doivent être interprétés avec prudence du fait des très faibles effectifs. Bien que la proportion de personnes qui connaissent leur statut sérologique soit plus importantes parmi les séropositifs que les séronégatifs (9 % contre 3 %), il n’en reste pas moins qu’une très forte proportion de personnes infectées par le VIH ne savent pas qu’ils sont porteurs du virus et ne seront donc pas en mesure de prendre les moyens nécessaires pour éviter la transmission de l’infection. Tableau 15.9 Test du VIH antérieur à l’enquête et prévalence du VIH Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par statut sérologique selon qu’ils ont déjà, ou non, effectué un test du VIH avant l’enquête, l’EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes Hommes Ensemble Test du VIH antérieur à l’enquête Positif VIH Négatif VIH Positif VIH Négatif VIH Positif VIH Négatif VIH A déjà effectué un test et connaît les résultats du dernier test (3,6) 1,8 (17,7) 3,8 9,4 2,6 A déjà effectué un test mais ne connaît pas les résultats (0,0) 0,2 (2,4) 1,0 1,0 0,5 N’a jamais effectué de test (96,4) 97,2 (70,4) 89,9 85,7 94,3 Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif1 30 4 375 21 2 835 51 7 210 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. 1 Y compris les non déterminés. Prévalence du VIH et Facteurs Associés | 271 15.3.6 Prévalence du VIH parmi les couples Le tableau 15.10 présente la prévalence du VIH parmi les couples cohabitants dont les deux conjoints ont été testés, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Au total, on connaît le statut de séroprévalence des deux conjoints pour 2 301 couples. On constate que, dans 98,8 % des couples, les deux conjoints sont séronégatifs, dans 0,2 % des couples, les deux conjoints sont séropositifs et, dans 1,0 % des cas, l’un des deux conjoints est séropositif. Cette dernière catégorie, appelée « couples discordants », est constituée de couples dans lesquels c’est la femme qui est séropositive (0,4 %) et de couples dans lesquels c’est l’homme qui est séropositif (0,6 %). Globalement le niveau de la prévalence du VIH parmi les couples, que les deux conjoints ou un seul soient séropositifs, présente les mêmes variations que la prévalence chez les femmes et les hommes. Que les deux conjoints ou un seul soient infectés, la prévalence est plus élevée en milieu urbain qu’en rural (3,2 % contre 0,8 %), parmi les couples d’Agadez (4,6 %) et de Niamey (3,2 %), et parmi les couples du quintile le plus riche (2,3 %). 272 | Prévalence du VIH et Facteurs Associés Tableau 15.10 Prévalence du VIH parmi les couples Répartition (en %) des couples cohabitants dont les deux conjoints ont été testés selon leur statut sérologique et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Les deux conjoints positifs Homme positif, femme négative Femme positive, homme négatif Les deux conjoints négatifs Total Effectif Âge de la femme 15-19 0,0 0,0 0,0 100,0 100,0 242 20-29 0,4 0,4 0,4 98,8 100,0 961 30-39 0,0 1,2 0,6 98,2 100,0 756 40-49 0,1 0,2 0,4 99,4 100,0 342 Âge de l’homme 15-19 * * * * 100,0 6 20-29 0,0 0,0 0,5 99,5 100,0 378 30-39 0,5 1,0 0,1 98,5 100,0 732 40-49 0,0 0,8 0,3 98,9 100,0 727 50-59 0,0 0,3 1,0 98,7 100,0 458 Écart d’âges entre conjoints Femme plus âgée * * * * 100,0 9 Homme plus âgé de 0-4 ans 0,0 0,1 0,5 99,4 100,0 303 Homme plus âgé de 5-9 ans 0,3 0,7 0,3 98,7 100,0 884 Homme plus âgé de 10-14 ans 0,2 0,0 0,1 99,7 100,0 628 Homme plus âgé de 15 ans ou plus 0,0 1,5 1,0 97,5 100,0 476 Type d’union Monogame 0,1 0,5 0,5 98,8 100,0 1 448 Polygame 0,2 0,7 0,2 98,9 100,0 849 Milieu de résidence Urbain 0,4 1,7 1,1 96,8 100,0 346 Rural 0,1 0,4 0,3 99,2 100,0 1 954 Région Niamey 0,0 2,1 1,1 96,9 100,0 140 Agadez 1,0 2,3 1,3 95,4 100,0 47 Diffa 0,0 0,5 0,9 98,6 100,0 58 Dosso 0,0 0,6 0,0 99,4 100,0 250 Maradi 0,2 0,2 0,3 99,3 100,0 609 Tahoua 0,0 1,4 0,8 97,8 100,0 438 Tillabéri 0,4 0,2 0,0 99,4 100,0 312 Zinder 0,2 0,0 0,3 99,5 100,0 446 Niveau d’instruction de la femme Sans instruction 0,1 0,5 0,3 99,0 100,0 1 992 Primaire 0,0 1,0 0,9 98,0 100,0 212 Secondaire ou plus 1,2 1,3 0,9 96,6 100,0 97 Niveau d’instruction de l’homme Sans instruction 0,2 0,5 0,4 98,9 100,0 1 834 Primaire 0,2 0,5 0,4 98,9 100,0 292 Secondaire ou plus 0,0 1,8 0,1 98,1 100,0 174 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,4 0,0 99,6 100,0 361 Second 0,2 0,6 0,7 98,5 100,0 491 Moyen 0,3 0,6 0,0 99,1 100,0 516 Quatrième 0,0 0,0 0,5 99,4 100,0 497 Le plus riche 0,3 1,4 0,6 97,6 100,0 436 Ensemble1 0,2 0,6 0,4 98,8 100,0 2 301 Note : Le tableau est basé sur les couples pour lesquels on dispose du résultat du test pour les deux conjoints. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 1 Y compris 4 couples pour lesquels on ne dispose pas d’information sur le type d’union. Situation des Enfants | 273 SITUATION DES ENFANTS 16 Soumaïla MARIKO et Ibrahim CHAIBOU La convention internationale relative aux Droits de l’Enfant du 20 novembre 1989, en son article 3, alinéa 2, stipule que : « tous les États parties s’engagent à assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être, compte tenu des droits et des devoirs de ses parents, de ses tuteurs ou des autres personnes légalement responsables de lui, et ils prennent à cette fin toutes les mesures législatives et administratives appropriées ». Ce qui illustre d’une manière générale le droit de l’enfant à être, enregistré à l’état-civil, nourri, soigné et éduqué. Pour évaluer la situation de l’enfant au Niger, certaines questions ont été posées au cours de l’enquête ; ces questions concernaient la déclaration à l’état civil des naissances survenues au cours des cinq dernières années, l’état de survie des parents et la résidence des enfants avec les parents et le niveau de fréquentation scolaire des orphelins par rapport aux non orphelins. En outre, des données sur le travail des enfants de 5-14 ans au cours de la semaine ayant précédé l’enquête ont été collectées. Ce chapitre présente les résultats. 16.1 ENREGISTREMENT DES NAISSANCES À L’ÉTAT CIVIL L’enregistrement de la naissance d’un enfant à l’état civil le rend légalement membre d’une famille et d’une nation, lui confère une nationalité ainsi que le droit d’être protégé par l’état quand la protection des parents fait défaut. Il lui permet de bénéficier des avantages sociaux de ses parents, comme l’assurance maladie, et de faire valoir ses droits à l’héritage. L’enregistrement des enfants à l’état civil constitue également une source fiable de statistiques sociodémographiques. Au cours de l’enquête, on a demandé si la naissance des enfants les plus jeunes (moins de cinq ans) avait été déclarée à l’état civil. Il ressort du tableau 16.1 que peu d’enfants sont enregistrés à l’état civil (32 %). Les résultats ne dégagent aucune tendance en fonction de l’âge et du sexe de l’enfant. Par contre, les enfants enregistrés à l’état civil sont proportionnellement moins nombreux en milieu rural qu’en milieu urbain (25 % contre 71 %). Au niveau régional ce sont les enfants de Zinder qui sont le moins fréquemment déclarés à l’état civil (18 %), alors que plus de la moitié des naissances des enfants d’Agadez (56 %) et près des trois quarts des naissances de ceux de Niamey (72 %) ont été déclarées à l’état civil. On peut noter enfin que la proportion d’enfants enregistrés est d’autant plus élevée que le niveau de bien-être du ménage augmente, passant de 20 % pour le quintile le plus pauvre à 67 % pour le plus riche. Tableau 16.1 Enregistrement des naissances à l’état civil Pourcentage de naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, et qui ont été enregistrées à l’état civil,selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Pourcentage de naissances enregistrées Effectif des naissances Âge <2 31,4 3 791 2-4 32,0 5 502 Sexe Masculin 32,2 4 754 Féminin 31,4 4 539 Milieu de résidence Niamey 72,0 543 Autres Villes 69,8 887 Ensemble urbain 70,7 1 430 Rural 24,7 7 863 Région Niamey 72,0 543 Agadez 56,2 200 Diffa 21,8 258 Dosso 38,1 1 285 Maradi 24,8 2 013 Tahoua 37,6 1 841 Tillabéri 29,2 1 251 Zinder 18,2 1 901 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 20,3 2 031 Second 20,4 1 854 Moyen 23,5 1 793 Quatrième 31,2 1 905 Le plus riche 67,0 1 709 Ensemble 31,8 9 293 274 | Situation des Enfants 16.2 ORPHELINS ET RÉSIDENCE AVEC LES PARENTS La famille constituant le soutien principal des enfants, toute stratégie visant à protéger les enfants doit donc, en priorité, renforcer les capacités des familles à les prendre en charge. Il est donc essentiel d’identifier les enfants qui sont orphelins et de savoir si les enfants dont l’un ou les deux parents sont en vie, vivent ou non avec leurs parents ou le parent survivant. Le tableau 16.2 présente ces deux types d’information pour les enfants de moins de 15 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 16.2 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents Répartition (en %) de la population d'enfants (de droit) de moins de 15 ans par état de survie des parents et résidence avec les parents, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Ne vit avec aucun des deux parents Vivant avec la mère seulement Vivant avec le père seulement Caractéristique Vivant avec ses deux parents Père en vie Père décédé Mère en vie Mère décédée Les deux sont vivants Seul le père est vivant Seule la mère est vivante Les deux sont décédés Information sur père/ mère non déclarée Total Pourcentage ayant un seul parent ou les deux décédés Effectif d'enfants Groupe d’âges <2 77,9 18,9 1,0 0,4 0,0 0,9 0,4 0,0 0,0 0,4 100,0 1,4 3 791 2-4 70,4 16,2 1,3 2,4 0,4 7,8 0,3 0,5 0,3 0,3 100,0 2,9 5 502 5-9 66,1 13,6 2,0 4,4 1,5 9,2 0,8 1,2 0,5 0,5 100,0 6,2 8 879 10-14 63,8 11,1 3,6 4,5 2,5 9,2 1,2 1,9 0,9 1,2 100,0 10,2 6 663 Sexe Masculin 69,9 13,9 2,0 3,6 1,5 6,1 0,7 1,2 0,4 0,7 100,0 5,8 12 611 Féminin 66,6 14,7 2,3 3,1 1,1 9,2 0,8 1,0 0,6 0,6 100,0 5,8 12 224 Milieu de résidence Niamey 70,5 10,1 4,2 2,7 0,7 7,3 0,7 1,5 1,0 1,2 100,0 8,1 1 395 Autres Villes 68,4 10,2 2,3 5,6 1,1 9,1 0,6 0,8 0,8 1,0 100,0 5,7 2 506 Ensemble urbain 69,1 10,2 3,0 4,6 1,0 8,5 0,7 1,1 0,9 1,1 100,0 6,6 3 901 Rural 68,1 15,1 2,0 3,1 1,4 7,5 0,8 1,1 0,4 0,6 100,0 5,6 20 933 Région Niamey 70,5 10,1 4,2 2,7 0,7 7,3 0,7 1,5 1,0 1,2 100,0 8,1 1 395 Agadez 72,3 8,4 3,8 4,1 1,5 7,6 0,6 0,8 0,2 0,6 100,0 6,9 598 Diffa 70,0 7,5 2,8 4,9 2,0 10,7 0,7 0,3 0,4 0,7 100,0 6,2 678 Dosso 63,1 21,5 3,4 2,3 0,8 6,1 0,8 1,2 0,4 0,4 100,0 6,6 3 388 Maradi 82,1 5,9 1,3 2,9 1,2 4,4 0,5 0,7 0,3 0,7 100,0 4,0 5 277 Tahoua 58,7 25,3 2,3 3,7 1,2 5,3 0,8 1,3 0,7 0,7 100,0 6,3 4 843 Tillabéri 65,7 18,4 2,2 2,8 1,4 6,6 0,7 1,3 0,3 0,6 100,0 5,9 3 619 Zinder 66,9 7,5 1,1 4,5 2,0 14,7 1,0 1,0 0,7 0,6 100,0 5,7 5 037 Quintiles de bien- être économique Le plus pauvre 63,7 20,5 2,7 2,2 1,2 7,1 0,8 1,0 0,5 0,3 100,0 6,2 5 504 Second 67,4 15,1 2,0 3,2 1,4 7,5 0,6 1,7 0,3 0,7 100,0 6,2 4 977 Moyen 69,3 12,9 1,4 3,4 1,6 8,9 0,7 0,8 0,6 0,5 100,0 5,0 4 954 Quatrième 71,1 12,5 1,9 3,7 1,4 6,9 0,7 0,8 0,3 0,7 100,0 5,2 4 838 Le plus riche 70,6 9,5 2,6 4,5 1,0 7,8 0,9 1,0 0,8 1,2 100,0 6,4 4 561 Ensemble 68,3 14,3 2,1 3,4 1,3 7,6 0,7 1,1 0,5 0,6 100,0 5,8 24 834 Dans l’ensemble, on constate qu’au Niger, 68 % des enfants de moins de 15 ans vivent avec leurs deux parents biologiques. Cette proportion diminue régulièrement avec l’âge de l’enfant, passant d’un maximum de 78 % à 0-1 ans à 66 % à 5-9 ans et à un minimum de 64 % à 10-14 ans. L’écart selon le sexe de l’enfant est minime ; 70 % des garçons de moins de 15 ans vivent avec les deux parents alors que la proportion est de 67 % chez les filles. De même, selon le milieu de résidence, la proportion d’enfants vivant avec les deux parents est pratiquement la même en milieu rural qu’en milieu urbain (68 % et 69 %). C’est à Tahoua que la proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents est la plus faible (59 %) ; à l’opposé, c’est à Diffa (70 %), à Niamey (71 %) et à Agadez (72 %) que ces proportions sont les plus élevées. Par ailleurs, la proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents augmente régulièrement en fonction du niveau de Situation des Enfants | 275 bien-être du ménage, passant d’un minimum de 64 % pour les enfants des ménages les plus pauvres à 71 % pour ceux des ménages les plus riches. En outre, parmi les enfants de moins de 15 ans, 16 % vivent seulement avec leur mère, que leur père soit en vie (14 %) ou décédé (2 %) ; 5 % vivent seulement avec leur père et 10 % ne vivent avec aucun des deux parents. Globalement, 6 % des enfants de moins de 15 ans sont orphelins de père et/ou de mère : 1 % ont perdu leurs deux parents, 3 % sont orphelins de père et 2 % orphelins de mère. Du fait de l’accroissement du risque de décéder des parents avec l’âge, la proportion d’orphelins de père et/ou de mère augmente de façon importante avec l’âge de l’enfant, passant de 1 % à 0-1 an, à 3 % à 2-4 ans et à 10 % à 10-14 ans. 16.3 ACCÈS À L’INSTRUCTION L’accès à l’instruction est un droit universel et il est considéré par l’Unicef comme « un service essentiel ». Pour mettre en évidence d’éventuelles disparités entre la fréquentation scolaire des orphelins, qu’ils aient perdu leurs deux parents ou seulement l’un des deux, et celle des autres enfants, un indicateur a été calculé qui permet de mesurer la fréquentation scolaire des orphelins par rapport à celle des non orphelins. Les résultats sont présentés au tableau 16.3 pour les enfants de 10-14 ans. Tableau 16.3 Fréquentation scolaire des enfants selon l’état de survie des parents et la résidence avec les parents Pourcentage d'enfants de 10-14 ans orphelins ou non, qui fréquentent actuellement l'école, selon la résidence avec les parents et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Fréquentation scolaire des enfants de 0-14 ans dont : Les deux parents sont en vie et qui vivent avec au moins un parent Les deux parents sont en vie et qui ne vivent avec aucun parent Seule la mère est décédée Seul le père est décédé Les deux parents sont décédés Un seul parent ou les deux parents sont décédés Caractéristique % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif Sexe Masculin 44,0 2 784 48,0 242 44,0 143 45,0 167 (22,0) 29 43,0 339 Féminin 30,7 2 508 23,2 372 25,1 108 24,3 199 (27,0) 31 24,8 338 Milieu de résidence Niamey 73,9 312 47,1 49 * 10 70,6 33 * 9 64,7 52 Autres villes 63,2 586 61,3 102 (62,1) 20 55,0 42 * 10 53,6 72 Ensemble urbain 66,9 899 56,7 151 66,7 30 61,8 75 (30,8) 19 58,3 124 Rural 31,9 4 393 25,2 462 31,8 221 26,5 292 (21,4) 40 28,3 553 Quintiles de bien- être économique Le plus pauvre 27,9 1 134 19,2 127 (28,8) 55 20,7 98 * 8 22,5 160 Second 27,9 1 000 23,2 104 37,6 48 22,5 84 * 10 26,1 143 Moyen 33,2 1 068 31,4 131 (21,4) 47 (33,4) 50 * 15 30,0 112 Quatrième 33,5 1 052 22,4 90 30,9 54 45,3 64 * 6 36,7 124 Le plus riche 67,5 1 037 57,1 162 63,3 47 55,1 70 (37,0) 20 55,3 138 Ensemble 37,8 5 292 32,9 613 36,1 251 33,7 366 24,4 59 33,8 677 * Basé sur trop peu de cas non pondérés. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. 276 | Situation des Enfants Il ressort tout d’abord que l’état de survie des parents influence le niveau de fréquentation scolaire des enfants de 10-14 ans. En effet, lorsque les enfants ont leurs deux parents en vie et qu’ils vivent avec au moins l’un des deux, 38 % d’entre eux vont à l’école contre 24 % pour les enfants dont les deux parents sont décédés. En outre, les résultats montrent que 34 % des enfants orphelins de père ou de mère (ou des deux parents) fréquentent l’école, contre 38 % des non orphelins. Il semble donc qu’au Niger les orphelins sont désavantagés sur le plan scolaire par rapport aux autres enfants. 16.4 TRAVAIL DES ENFANTS Selon la Convention relative aux droits de l’Enfant, « l’enfant a le droit d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou son développement physique, mental, spirituel, moral ou social » (Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, 1989). Toutes les dispositions doivent être prises pour que les enfants ne soient pas exposés à des risques, qu’ils ne soient pas exploités et qu’ils ne tombent pas dans un cycle de pauvreté et de privation. De plus, même si certaines activités sont considérées parfois comme faisant partie du processus d’éducation (par exemple, la participation aux tâches ménagères), il n’en reste pas moins que les enfants qui travaillent, y compris dans les activités domestiques, ont moins de chance d’être scolarisés et plus de chance d’abandonner l’école. Au cours de l’EDSN-MICS III des informations sur le travail des enfants ont été collectées dans le cadre de l’enquête ménage pour tous les enfants de 5 à 14 ans. Le tableau 16.4 présente le pourcentage d'enfants de 5-14 ans qui, au cours de la semaine ayant précédé l'enquête, ont travaillé pour quelqu'un d'autre qu'un membre de la famille, ont travaillé dans les champs ou dans les affaires de la famille, ou ont fait des travaux domestiques, en fonction du nombre d'heures travaillées. L’enquête révèle que 10 % des enfants âgés de 5-14 ans ont effectué un travail pour quelqu’un d’autre qu’un membre du ménage, dont la grande majorité (8 %) ont travaillé pendant moins de 4 heures par jour et n’ont reçu aucun salaire pour leur travail. En outre, 38 % ont effectué un travail dans le cadre domestique : 8 % y ont consacré plus de quatre heures par jour et la majorité (30 %) y ont passé moins de 4 heures par jour. Douze pour cent avaient travaillé dans les champs ou dans les affaires de la famille. Globalement, 38 % des enfants âgés de 5-14 ans ont effectué un travail quelconque au cours de la semaine qui a précédé l’enquête, qu’il soit domestique ou dans les champs ou dans les affaires de la famille1. La proportion d’enfants qui ont fait un travail quelconque ne varie pas beaucoup avec l’âge. Il faut souligner que 11 % des enfants de 5-9 ans avaient travaillé aux champs ou dans les affaires de la famille la semaine ayant précédé l’enquête et, surtout, que 9 % de ces très jeunes enfants avaient travaillé pour quelqu’un d’autre. On ne constate aucun écart entre les filles et les garçons, que ce soit dans le domaine domestique (37 % contre 39 %) ou pour le travail pour une autre personne qu’un membre du ménage (10 % dans les deux cas). Globalement, 39 % de garçons contre 38 % de filles avaient effectué un travail quelconque au cours de la semaine ayant précédé l’enquête. 1 Un même enfant pouvant travailler dans l’affaire de famille, pour quelqu’un d’autre et faire des travaux domestiques, la proportion d’ensemble d’enfants qui travaillent (38 %) est inférieure à la somme de ces trois types d’activités. Situation des Enfants | 277 Tableau 16.4 Travail des enfants Pourcentage d'enfants de 5-14 ans qui, au cours de la semaine ayant précédé l'enquête, ont travaillé pour quelqu'un d'autre qu'un membre de la famille, ont travaillé dans les champs ou dans une affaire familiale, ont fait des travaux domestiques, et pourcentage d'ensemble des enfants qui ont fait un travail domestique quelconque, en fonction du nombre d'heures travaillées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN- MICS III Niger 2006 Enfants qui ont travaillé pour quelqu'un d'autre qu'un membre du ménage Enfants qui ont fait des travaux domestiques Caractéristique Payé, <4 heures/ jour Payé, 4+ heures/ jour Non payé, <4 heures/ jour Non payé, 4+ heures/ jour Ensemble Enfants qui ont travaillé dans les champs/ affaires de la famille <4 heures/ jour 4+ heures/ jour Ensemble Ensemble des enfants qui ont fait un travail quelconque Effectif Groupe d'âges 5-9 1,2 0,2 7,6 0,2 9,2 11,2 29,8 7,5 37,4 37,8 8 230 10-14 1,7 0,1 8,9 0,1 10,8 12,3 29,7 9,0 38,7 39,3 6 200 Sexe Masculin 1,9 0,2 7,9 0,1 10,1 11,6 31,3 7,5 38,8 39,4 6 920 Féminin 1,0 0,0 8,4 0,2 9,7 11,7 28,4 8,8 37,2 37,6 7 510 Milieu de résidence Niamey 1,3 0,2 4,5 0,1 6,0 4,7 21,1 1,6 22,8 23,9 742 Autres Villes 0,6 0,2 7,2 0,3 8,3 6,8 32,6 3,5 36,1 36,7 1 747 Ensemble urbain 0,8 0,2 6,4 0,2 7,6 6,2 29,2 2,9 32,1 32,9 2 489 Rural 1,5 0,1 8,5 0,2 10,4 12,8 29,9 9,3 39,2 39,6 11 941 Région Niamey 1,3 0,2 4,5 0,1 6,0 4,7 21,1 1,6 22,8 23,9 742 Agadez 0,8 0,2 2,8 0,0 3,8 3,7 33,3 4,7 38,0 38,1 405 Diffa 2,8 0,6 10,3 0,1 13,8 12,7 29,3 9,9 39,1 39,8 333 Dosso 1,4 0,0 7,3 0,1 8,8 14,7 28,7 5,3 34,0 35,0 2 041 Maradi 2,3 0,1 8,5 0,7 11,6 16,2 33,0 8,0 41,1 41,4 2 612 Tahoua 1,3 0,3 10,8 0,0 12,4 7,6 35,0 5,5 40,6 40,8 3 403 Tillabéri 1,3 0,1 14,1 0,0 15,5 10,3 25,9 11,8 37,6 37,9 1 985 Zinder 0,9 0,0 2,8 0,1 3,8 13,9 25,9 12,9 38,8 39,4 2 909 Orphelin (mère et/ou père décédé) Oui 2,1 0,1 9,7 0,1 12,1 14,1 29,2 8,6 37,8 38,1 1 973 Non 1,3 0,1 7,9 0,2 9,6 11,3 29,9 8,1 38,0 38,5 12 457 Quintiles de bien- être économique Le plus pauvre 2,5 0,0 10,8 0,1 13,3 12,6 32,8 8,5 41,3 42,0 2 868 Second 1,3 0,1 9,2 0,2 10,8 11,9 29,7 8,7 38,4 38,6 3 243 Moyen 1,4 0,3 7,1 0,2 9,0 13,5 29,8 9,8 39,7 40,3 2 982 Quatrième 1,2 0,1 7,4 0,3 9,0 12,5 28,5 8,9 37,4 37,7 2 603 Le plus riche 0,6 0,2 6,2 0,2 7,1 7,6 27,8 4,7 32,6 33,2 2 734 Ensemble 1,4 0,1 8,2 0,2 9,9 11,7 29,8 8,2 38,0 38,4 14 430 Le milieu de résidence fait apparaître des disparités importantes. En effet, en milieu rural, 40 % des enfants avaient effectué un travail quelconque contre 33 % en milieu urbain, À Niamey, cette proportion n’est que de 24 %. En particulier en milieu rural, dans 13 % des cas contre 6 % en milieu urbain les enfants avaient travaillé dans les champs ou dans les affaires de la famille et dans 10 % des cas en rural contre 8 % en milieu urbain, ils avaient effectué un travail pour quelqu’un d’autre qu’un membre du ménage. Du point de vue de la région de résidence, on constate aussi de très fortes disparités. La proportion d’enfants qui travaillaient varie d’un minimum de 24 % à Niamey à un maximum de 41 % à Tahoua et à Maradi. En considérant les enfants qui travaillent pour quelqu’un d’autre en dehors de la famille, la proportion varie d’un minimum de 4 % à Agadez et Zinder à un maximum de 16 % à Tillabéri. Enfin, en fonction des quintiles de bien-être, on note que les proportions d’enfants ayant travaillé pour quelqu’un d’autre en dehors de la famille diminuent du quintile le plus pauvre au plus riche passant de 13 % dans les ménages les plus pauvres à 7 % dans les plus riches. Enfin, on note que la proportion d’enfants orphelins ayant travaillé est la même que celle des non orphelins (38 % et 39 %). Par contre, 12 % des orphelins contre 10 % des non orphelins avaient travaillé pour quelqu’un d’autre au cours de la semaine ayant précédé l’enquête. Excision | 279 EXCISION 17 Aboubacar DJIMRAO et Moussa K. ARGOZE L’excision est une pratique séculaire, essentiellement en vigueur en Afrique et dont les motivations sont diverses ; en effet, celles-ci vont de la préservation de la virginité et du contrôle de la sexualité de la femme à certaines croyances, y compris religieuses. L’excision est, en effet, aussi bien pratiquée par les musulmans que par les chrétiens et les animistes. Cependant, le Niger constitue une exception. En effet, alors que dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne environnants pour lesquels on dispose de données, la prévalence de l’excision varie d’un minimum de 19 % au Nigéria à plus de 90 % au Mali, au Niger, selon les résultats de l’EDSN précédente, seulement 5 % des femmes avaient déclaré avoir subi cette pratique. En outre, il existe dans ce pays une volonté politique d’éradiquer la pratique puisque la loi du 13 juin 2003 qui n’est pas encore entrée en vigueur, dispose que : « quiconque aura commis ou tenté de commettre une mutilation génitale féminine sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 20 000 à 200 000 FCFA. Au cours de l’EDSN-MICS III, malgré le faible niveau de la pratique, des données ont été collectées sur l’excision. Les résultats sont présentés dans ce chapitre. Les données collectées ont permis d’estimer la prévalence de l’excision parmi les femmes enquêtées, de connaître les types d’excision pratiqués, ainsi que l’âge des femmes au moment de l’excision et le type de personne qui a procédé à l’excision. On a également demandé aux femmes si, parmi leurs filles, certaines avaient subi cette pratique pour déterminer dans quelle mesure elle se perpétuait d’une génération de femmes à l’autre. En outre, pour connaître l’opinion des femmes au sujet de l’excision, on leur a également posé des questions sur leur opinion concernant la poursuite ou l’arrêt de cette pratique. Aux hommes, une série de questions leur ont été posées sur leur connaissance et leur opinion au sujet de l’excision. 17.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION Il ressort des résultats présentés au tableau 17.1 que les deux tiers des hommes (67 %) ont déclaré connaître l’excision contre environ un tiers des femmes (34 %). Cependant, parmi les femmes de 45-49 ans (41 % contre 27 % à 15-19 ans), parmi celles de Niamey (76 %) et parmi celles ayant un niveau secondaire ou plus (79 %), cette proportion est plus élevée. De même, on note des écarts selon les régions puisque la proportion de femmes connaissant l’excision varie d’un maximum de 76 % dans celle de Niamey et de 59 % dans celle de Tillabéri à un minimum de 7 % dans celle de Maradi. Les résultats selon l’ethnie montrent que 88 % des femmes de l’ethnie Gourmantché ont déclaré connaître cette pratique contre 27 % dans l’ethnie Touareg, 24 % dans l’ethnie Toubou et un minimum de 22 % dans l’ethnie Haoussa. Chez les hommes, on constate que la pratique de l’excision est moins fréquemment connue dans les jeunes générations (15-24 ans) (59 % à 20-24 ans et 34 % à 15-19 ans) que dans les plus âgées (plus des trois quarts). Dans les régions de Niamey (81 %) et de Tillabéri (82 %) parmi les hommes ayant au moins un niveau secondaire (79 %) et parmi ceux de l’ethnie Djerma/Songhaï (81 %), les proportions de ceux qui connaissent sont beaucoup plus élevées qu’ailleurs. 280 | Excision Tableau 17.1 Connaissance et pratique de l’excision Proportion de femmes et d’hommes connaissant l’excision et proportion de femmes excisées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Proportion d'hommes connaissant l'excision Effectif d'hommes Proportion de femmes connaissant l'excision Proportion de femmes excisées Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 33,9 620 26,8 1,9 1 718 20-24 58,6 490 34,5 1,6 1 651 25-29 74,7 472 33,7 2,4 1 792 30-34 76,0 425 34,6 2,1 1 354 35-39 77,2 382 37,9 2,9 1 167 40-44 77,3 369 36,4 2,9 883 45-49 79,3 343 40,8 2,8 658 50-59 77,8 448 na na na Milieu de résidence Niamey 80,7 441 76,2 3,6 822 Autres Villes 74,2 466 53,4 0,9 995 Ensemble urbain 77,4 907 63,7 2,1 1 817 Rural 63,3 2 642 26,7 2,3 7 406 Région Niamey 80,7 441 76,2 3,6 822 Agadez 61,5 108 33,2 0,3 248 Diffa 75,3 95 28,5 0,8 221 Dosso 70,4 424 37,4 0,5 1 303 Maradi 49,6 678 6,9 0,1 1 752 Tahoua 58,6 658 28,4 0,2 1 859 Tillabéri 82,3 461 58,9 12,0 1 329 Zinder 70,1 683 26,3 0,1 1 688 Niveau d’instruction Sans instruction 64,4 2 431 29,7 2,4 7 700 Primaire 67,0 616 46,1 1,9 963 Secondaire ou plus 78,5 502 71,5 0,7 560 Ethnie Arabe (69,6) 18 36,8 3,4 38 Djerma/ songhaï 80,8 722 61,2 2,7 1 954 Gourmantché (96,2) 30 87,6 65,8 70 Haoussa 62,8 1 950 22,3 0,2 4 894 Kanouri 71,5 219 30,4 0,5 540 Peul 57,6 259 43,8 12,8 602 Touareg 60,1 306 27,1 0,4 1 012 Toubou (63,0) 19 23,8 1,4 34 Autre (85,6) 27 76,7 15,4 80 Religion Musulman 66,7 3 480 33,7 1,8 9 065 Autre/sans religion 77,5 69 50,8 29,6 158 Ensemble 66,9 3 549 34,0 2,2 9 223 na = non applicable ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. Excision | 281 Le tableau 17.1 présente également les proportions de femmes excisées : seulement 2 % des femmes ont déclaré avoir subi la pratique de l’excision. Cette proportion est encore plus faible que celle qui avait été observée lors de la précédente enquête (5 %). Les données selon l’âge font apparaître des résultats surprenants. On dispose pour pratiquement tous les groupes d’âges de la prévalence actuelle et de celle estimée il y a 8 ans au cours de la précédente enquête pour les mêmes femmes, plus jeunes. Or, on constate une baisse de la prévalence de l’excision dans les groupes d’âges. Or les femmes qui étaient excisées à la précédente enquête le sont toujours. L’adoption de textes et d’une loi qui peut être répressive dans un contexte de moins en moins favorable au maintien de cette pratique peut expliquer, en partie, que certaines femmes n’aient pas voulu déclarer avoir été excisées. D’autre part, la faiblesse de l’effectif global rend difficile l’interprétation des variations selon les caractéristiques sociodémographiques. On note cependant que cette pratique est plus fréquente dans la région de Tillabéri (12 %), parmi l’ethnie Peul (13 %). et l’ethnie Gourmantché (66 %). Le pourcentage élevé observé dans cette ethnie doit être considéré avec prudence dans la mesure où il ne porte que sur 70 cas pondérés. 17.2 ÂGE A L’EXCISION En ce qui concerne l’âge à l’excision déclaré par les femmes, on constate que dans 55 % des cas, l’excision a eu lieu dans la petite enfance. Par ailleurs, dans 2 % des cas, les femmes ont déclaré avoir été excisées lorsqu’elles avaient entre 0-1 an, 9 % lorsqu’elles avaient entre 2-4 ans, dans 17 % des cas, l’excision a eu lieu entre 5-9 ans et pour 11 % des femmes, l’excision a été effectuée à un âge plus tardif, après 10 ans. En outre, il faut souligner que seulement 6 % des femmes n’ont pas été en mesure de déclarer l’âge auquel elles ont été excisées (graphique 17.1). Graphique 17.1 Âge à l'excision EDSN-MICS III 2006 Petite enfance 55% 0-1 an 2% 2-4 ans 9% 5-9 ans 17% 10-14 ans 11% 15 ans ou + 1% NSP/ND 6% 282 | Excision 17.2.1 Personne ayant procédé à l’excision La pratique de l’excision reste encore très traditionnelle au Niger. La grande majorité des femmes enquêtées (97 %) ont été excisées par des praticiens traditionnels, essentiellement des exciseuses traditionnelles (96 %) (données non présentées). Dans une proportion négligeable, les femmes ont été excisées par des accoucheuses traditionnelles (0,3 %). Le recours à des professionnels de santé (infirmières/sages-femmes principalement) est également très rare (0,5 %). En outre, dans 6 % des cas, les femmes n’ont pas su dire qui les avait excisées. 17.3 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DES FEMMES ENQUÊTÉES Lors de l’interview, des questions ont également été posées aux femmes qui avaient, au moins, une fille pour savoir si elles étaient excisées et dans le cas d’une réponse négative, si la mère avait l’intention ou non de faire procéder à l’excision de la fille ou des filles. Les résultats du tableau 17.2 montrent que 0,9 % des femmes enquêtées, ayant au moins une fille, avaient déjà fait exciser leur fille ou au moins l’une de leurs filles et 0,3 % avaient l’intention de la (ou les) faire exciser. À l’opposé, 31 % des femmes n’avaient pas l’intention de faire effectuer cette intervention. Au total donc, 1,2 % des filles des femmes enquêtées sont ou seront excisées, c’est-à-dire un niveau inférieur à celui des mères. Cependant, selon que la mère est excisée ou non, on constate des écarts importants : 33 % des femmes excisées ont déclaré avoir fait exciser leur fille et 7 % ont l’intention de le faire contre moins d’un pour cent chez celles qui ne sont pas excisées. Il semble donc que parmi les femmes excisées, cette pratique se perpétue. Cependant, même parmi les femmes excisées, 54 % n’ont pas l’intention de faire exciser leur fille. On a vu précédemment que c’est la région de Tillabéri qui détenait la prévalence de l’excision la plus élevée ; c’est également dans cette région que l’on note la proportion la plus élevée de femmes ayant au moins une fille excisée (5 %). Cependant, si on ajoute à cette proportion celles des femmes qui ont l’intention de faire exciser leur fille (0,9 %), on obtient quand même une prévalence plus faible que celle observée parmi les mères. (5 % contre 12 %). De plus, dans cette région de forte prévalence, on note que 53 % des mères n’ont pas l’intention de perpétuer cette tradition. Il en est de même de la région de Niamey où 4 % des femmes ont déclaré avoir été excisées et où la proportion de filles qui le sont ou qui le seront est de 2 % ; dans cette région, on constate également une proportion élevé de femmes (79 %) qui ont déclaré ne pas avoir l’intention de perpétuer cette tradition. Les résultats selon l’appartenance ethnique montrent que dans l’ethnie Peul qui compte une proportion élevée de femmes excisées (13 %), 5 % des femmes ont une fille excisée et 1 % ont l’intention de procéder à l’excision de leur fille : au total, 6 % des filles sont ou seront excisées, soit deux fois moins que la proportion observée chez les mères. En outre, dans cette ethnie, 34 % des mères ont déclaré ne pas avoir l’intention de faire exciser leur fille. Les résultats selon le niveau d’instruction montrent que la proportion de femmes n’ayant pas l’intention de faire exciser leur fille augmente de manière importante avec le niveau d’instruction, passant de 28 % parmi celles sans instruction à 47 % parmi celles qui ont un niveau primaire à un maximum de 80 % parmi les plus instruites. Excision | 283 Tableau 17.2 Pratique de l’excision parmi les filles des femmes enquêtées Répartition (en %) des femmes ayant au moins une fille en vie selon qu’au moins une des filles a été excisée ou qu’elles ont l’intention de la/les faire exciser, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Au moins une fille excisée A l'intention de faire exciser sa/ses fille(s) N'a pas l'intention de faire sa/ses fille(s) NSP La mère ne connaît pas l'excision Total Effectif de femmes ayant une/des fille(s) vivante(s) Excision de la mère Ne connaît pas l'excision 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 100,0 4 108 Excisée 32,6 6,6 54,2 6,6 0,0 100,0 144 Pas excisée 0,4 0,4 95,9 3,3 0,0 100,0 1 921 Groupe d’âges 15-19 0,0 0,0 22,3 1,4 76,2 100,0 289 20-24 0,0 0,5 28,3 0,8 70,3 100,0 872 25-29 0,5 0,4 28,4 1,4 69,4 100,0 1 380 30-34 1,0 0,3 31,1 1,0 66,6 100,0 1 165 35-39 1,3 0,1 34,3 1,2 63,0 100,0 1 062 40-44 1,5 0,3 33,0 1,4 63,7 100,0 811 45-49 1,7 0,0 37,5 0,9 60,0 100,0 593 Milieu de résidence Niamey 1,3 0,5 78,6 1,9 17,8 100,0 413 Autres Villes 0,7 0,2 55,4 1,0 42,7 100,0 601 Ensemble urbain 0,9 0,3 64,8 1,4 32,5 100,0 1 014 Rural 0,9 0,3 24,5 1,1 73,2 100,0 5 159 Région Niamey 1,3 0,5 78,6 1,9 17,8 100,0 413 Agadez 0,0 0,2 32,7 1,7 65,4 100,0 145 Diffa 0,4 0,3 26,3 0,4 72,5 100,0 158 Dosso 0,2 0,6 36,5 1,3 61,4 100,0 830 Maradi 0,1 0,1 6,3 0,5 93,0 100,0 1 307 Tahoua 0,4 0,0 29,7 0,3 69,7 100,0 1 235 Tillabéri 4,5 0,9 52,7 4,0 37,8 100,0 847 Zinder 0,3 0,0 24,9 0,6 74,3 100,0 1 237 Niveau d’instruction Sans instruction 0,9 0,3 27,8 1,2 69,8 100,0 5 441 Primaire 0,4 0,4 46,5 0,9 51,8 100,0 529 Secondaire ou plus 0,7 0,0 79,7 1,5 18,1 100,0 203 Ethnie Arabe 0,9 1,0 35,4 0,0 62,8 100,0 23 Djerma/ songhaï 1,6 0,3 58,3 2,9 36,9 100,0 1 177 Gourmantché (6,9) (6,0) (53,4) (17,3) (16,4) 100,0 47 Haoussa 0,2 0,1 21,4 0,5 77,8 100,0 3 406 Kanouri 0,3 0,4 30,5 0,2 68,6 100,0 397 Peul 4,5 1,4 34,3 1,8 58,0 100,0 407 Touareg 0,4 0,0 26,9 0,9 71,9 100,0 652 Toubou 2,2 0,0 19,5 0,0 78,3 100,0 21 Autre 3,6 3,0 74,1 0,4 18,8 100,0 42 Religion Musulman 0,8 0,2 31,1 1,0 66,8 100,0 6 071 Autre/sans religion 3,2 2,8 33,3 8,9 51,8 100,0 102 Ensemble 0,9 0,3 31,1 1,2 66,6 100,0 6 173 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. 17.4 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION Dans le but de mieux comprendre les raisons qui expliquent la persistance de la pratique de l’excision, on a demandé aux femmes et aux hommes quels étaient, à leur avis, les avantages pour une fille d’être excisée et les avantages de ne pas l’être. 284 | Excision 17.4.1 Avantages pour une fille d’être excisée Le tableau 17.3.1 présente les résultats concernant les avantages de l’excision selon le point de vue des femmes. Globalement, plus des trois quarts des femmes ont déclaré qu’il n’y avait aucun avantage pour une fille d’être excisée (76 %). Les résultats selon que la mère est excisée ou non font apparaître des écarts. En effet, 80 % des femmes qui ne sont pas excisées pensent que l’excision ne comporte aucun avantage pour les filles contre seulement 17 % des femmes qui ont subi cette pratique. De même c’est dans l’ethnie Gourmantché, qui compte une proportion élevée de femmes excisées, que l’on constate la proportion la plus faible de femmes qui pensent que l’excision ne comporte aucun avantage pour les filles (26 %). À l’opposé, dans l’ethnie Touareg, 86 % des femmes ont déclaré qu’il n’y avait aucun avantage à faire exciser sa ou ses filles. Cette proportion est également élevée chez les femmes de niveau secondaire (80 %), bien que les écarts entre niveaux d’instruction soient faibles, et dans la région d’Agadez (89 %) où vive la majorité des Touaregs. En ce qui concerne les divers avantages, on constate que c’est la reconnaissance sociale qui a été le plus fréquemment cité (9 %). Les autres avantages n’ont été cités que dans de faibles proportions, allant de 4 % pour la préservation de la virginité à 1 % pour la nécessité religieuse ou une meilleure hygiène. Au tableau 17.3.2, sont également présentées les proportions d’hommes ayant cité divers avantages de l’excision. On constate, en premier lieu, que dans une proportion plus faible que celle des femmes, (69 % contre 76 %) les hommes ont déclaré qu’il n’y avait aucun avantage pour une fille d’être excisée. C’est dans les régions de Niamey (81 %), de Maradi (82 %) et surtout d’Agadez (92 %) que la proportion d’hommes ayant déclaré que la pratique de l’excision ne comportait aucun avantage pour les filles est la plus élevée. À l’opposé, dans la région de Tahoua, qui ne compte pourtant que 0,2 % de femmes excisées, seulement 44 % des hommes ont déclaré qu’il n’y avait aucun avantage pour une fille à être excisée. En outre, on constate que cette proportion est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (79 % contre 66 %) et chez les hommes ayant un niveau secondaire ou plus que chez les autres (78 % contre 71 % pour ceux de niveau primaire et 67 % pour ceux sans instruction). Parmi les avantages de l’excision, c’est la reconnaissance sociale qui a été le plus fréquemment cité (7 %) ; de plus, pour 7 % d’hommes, l’excision est associée à la préservation de la virginité et pour 4 % d’entre eux, elle contribue au plus grand plaisir de l’homme. Les autres avantages n’ont été cités que dans de très faibles proportions. Excision | 285 Tableau 17.3.1 Avantages pour une fille d’être excisée : femmes Pourcentage de femmes qui ont cité différents avantages pour une fille d’être excisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Avantage de l’excision Caractéristique Pas d'avantage Meilleure hygiène Reconnais- sance sociale Meilleure chance de mariage Préservation de la virginité Plus grand plaisir de l'homme Nécessité religieuse Autre Effectif de femmes qui connais- sent l'excision Excision de la mère Excisée 17,4 5,1 70,6 5,3 8,8 5,3 2,2 3,0 206 Pas excisée 79,7 1,0 4,4 2,1 3,5 2,1 1,0 7,9 2 928 Groupe d’âges 15-19 76,8 0,4 7,8 3,2 4,5 1,4 1,8 6,8 460 20-24 78,0 1,1 6,2 2,5 3,9 1,6 0,7 7,4 570 25-29 76,0 0,9 6,8 2,4 3,9 2,7 0,5 8,2 604 30-34 76,2 0,9 10,7 2,4 4,1 2,2 1,1 7,1 468 35-39 78,1 2,2 9,9 1,0 2,8 2,5 1,2 5,3 442 40-44 68,1 2,4 11,9 3,4 4,2 3,1 0,7 9,8 321 45-49 71,7 1,4 10,5 1,1 3,4 3,2 1,7 10,2 269 Milieu de résidence Niamey 78,8 0,8 3,3 1,8 7,1 3,4 1,7 5,8 626 Autres Villes 78,1 1,1 2,6 2,5 3,9 2,4 2,4 8,2 532 Ensemble urbain 78,4 0,9 3,0 2,1 5,6 3,0 2,1 6,9 1 158 Rural 74,0 1,4 12,1 2,5 2,8 1,9 0,4 8,0 1 975 Région Niamey 78,8 0,8 3,3 1,8 7,1 3,4 1,7 5,8 626 Agadez 89,2 1,3 0,0 0,2 5,4 0,6 0,5 1,8 82 Diffa 36,7 4,1 6,3 25,0 14,8 7,8 9,5 3,3 63 Dosso 72,4 0,7 5,1 0,6 1,9 1,0 0,8 17,0 487 Maradi 77,1 0,0 0,0 1,6 3,3 6,5 1,4 1,7 122 Tahoua 85,5 1,8 4,2 1,3 0,5 0,5 0,3 6,9 527 Tillabéri 71,3 1,4 25,0 1,3 2,5 1,3 0,4 2,5 783 Zinder 73,3 1,4 1,2 5,4 6,0 4,3 1,1 13,2 443 Niveau d’instruction Sans instruction 74,4 1,4 10,4 2,6 3,1 2,2 0,8 8,0 2 290 Primaire 77,8 0,2 5,9 1,6 4,8 2,3 1,1 8,9 444 Secondaire ou plus 80,4 1,3 2,4 1,7 6,9 2,5 2,3 4,0 400 Ethnie Arabe (55,4) (6,8) (3,1) (28,4) (6,2) (6,6) (4,7) (0,0) 14 Djerma/songhaï 78,9 1,0 8,9 1,2 3,5 1,8 0,9 6,9 1 196 Gourmantché 26,2 0,0 70,1 3,4 5,5 0,0 0,0 0,0 61 Haoussa 78,4 1,4 3,1 2,5 3,1 1,9 0,8 9,7 1 092 Kanouri 66,4 1,1 3,9 7,0 8,8 5,1 4,3 11,1 164 Peul 60,2 1,3 25,2 1,8 4,0 3,0 1,4 6,9 264 Touareg 86,0 1,3 3,0 1,6 2,6 2,5 0,1 4,4 274 Toubou (33,1) (8,4) (7,8) (28,5) (14,9) (27,3) (4,6) (0,0) 8 Autre 68,9 0,9 12,0 4,8 11,6 6,1 1,0 2,7 61 Religion Musulman 76,7 1,3 7,5 2,3 3,8 2,3 1,1 7,7 3 053 Autre/sans religion 35,1 0,0 54,7 2,6 4,3 2,3 0,0 4,8 80 Ensemble 75,6 1,2 8,7 2,3 3,8 2,3 1,0 7,6 3 134 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. 286 | Excision Tableau 17.3.2 Avantages pour une fille d’être excisée : hommes Pourcentage d’hommes qui ont cité différents avantages pour une fille d’être excisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Avantage de l’excision Caractéristique Pas d'avantage Meilleure hygiène Reconnais- sance sociale Meilleure chance de mariage Préservation de la virginité Plus grand plaisir de l'homme Nécessité religieuse Autre Effectif d’hommes qui connaissent l'excision Groupe d’âges 15-19 64,9 5,4 4,5 0,8 4,5 4,9 0,0 17,9 210 20-24 64,3 4,0 3,2 2,6 10,4 3,6 1,7 14,6 287 25-29 74,7 2,4 5,8 1,5 8,9 2,2 0,3 8,7 352 30-34 67,3 1,4 9,9 2,4 4,0 6,0 1,3 12,5 323 35-39 69,7 1,4 4,3 0,7 9,0 3,8 1,6 12,0 295 40-44 69,4 5,4 8,4 1,1 6,0 4,0 1,1 9,2 286 45-49 73,5 2,2 5,7 0,5 5,3 1,9 0,8 13,8 272 50-59 69,3 2,1 9,3 0,8 5,2 2,6 1,1 10,5 349 Milieu de résidence Niamey 80,7 0,7 1,5 1,0 5,8 3,2 1,4 9,0 356 Autres Villes 76,2 0,9 3,8 1,3 3,7 4,5 1,1 10,9 345 Ensemble urbain 78,5 0,8 2,6 1,1 4,8 3,8 1,3 9,9 702 Rural 65,5 3,8 8,2 1,4 7,6 3,5 0,9 13,0 1 672 Région Niamey 80,7 0,7 1,5 1,0 5,8 3,2 1,4 9,0 356 Agadez 91,8 0,3 0,0 0,0 3,9 1,2 0,0 2,6 66 Diffa 67,4 8,1 8,5 2,7 7,1 6,5 4,3 9,2 72 Dosso 76,5 0,3 0,0 0,5 3,2 3,0 0,2 16,5 298 Maradi 82,1 1,6 0,8 2,2 7,7 2,6 0,5 3,6 336 Tahoua 43,6 3,5 18,1 1,5 13,6 4,3 2,3 19,2 386 Tillabéri 74,8 0,3 14,9 1,5 8,9 3,4 1,3 2,4 380 Zinder 61,2 8,2 3,3 1,2 2,0 4,4 0,0 21,2 479 Niveau d’instruction Sans instruction 66,9 3,5 7,5 1,4 6,8 3,5 1,1 13,1 1 566 Primaire 70,8 2,5 5,9 0,9 6,8 4,1 1,4 10,5 413 Secondaire ou plus 77,8 1,0 3,5 1,7 6,3 3,4 0,2 9,6 394 Ethnie Arabe (61,3) (9,7) (12,3) (1,8) (3,6) (1,8) (9,0) (7,6) 13 Djerma/songhaï 82,4 0,3 4,2 0,2 4,0 2,2 0,8 6,7 583 Gourmantché (24,2) (2,9) (47,2) (12,2) (62,3) (9,0) (0,0) (2,9) 29 Haoussa 66,0 2,5 6,6 1,5 6,8 3,6 1,0 15,0 1 224 Kanouri 63,4 9,4 4,9 0,6 1,8 3,9 0,6 18,9 157 Peul 66,9 9,7 7,8 3,0 4,6 6,0 1,4 9,9 149 Touareg 64,0 2,7 9,0 1,1 11,9 3,9 0,7 8,4 184 Toubou * * * * * * * * 12 Autre (77,2) (0,0) (0,0) (0,0) (9,1) (9,6) (0,0) (7,0) 23 Religion Musulman 70,0 3,0 6,4 1,2 6,3 3,5 1,0 11,7 2 320 Autre/sans religion (44,5) (0,0) (12,4) (6,6) (25,6) (5,9) (0,0) (26,8) 53 Ensemble 69,4 2,9 6,6 1,3 6,7 3,6 1,0 12,1 2 373 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. Excision | 287 17.4.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée Au tableau 17.4.1, figurent les proportions de femmes ayant cité divers avantages pour une fille de ne pas être excisée. Quatre femmes sur dix (40 %) ont déclaré que, pour une fille, le fait de ne pas être excisée n’avait aucun avantage. Cette proportion varie de 49 % chez les femmes excisées contre 40 % parmi celles qui ne le sont pas. On constate que cette opinion est plus fréquente chez les femmes des régions de forte prévalence comme Tillabéri (64 %), et dans une moindre mesure Niamey (25 %) mais aussi dans d’autres régions comme Dosso (58 %). Les femmes sans instruction et celles de niveau primaire ont été proportionnellement plus nombreuses que celles ayant un niveau au moins secondaire à déclarer que le fait de ne pas être excisée ne comportait aucun avantage (43 % et 42 % contre 26 %). Cependant, plus d’un quart des femmes (28 %) ont déclaré qu’un des avantages de ne pas être excisée consistait à avoir moins de problèmes de santé. À Zinder, 47 % des femmes partagent cette opinion. Pour 17 % des femmes, ne pas être excisée a pour avantage de ne pas souffrir. Cet avantage a été cité par 28 % des femmes de Niamey, 29 % de celles de Zinder et 27 % de celles de niveau secondaire ou plus. Dans 16 % des cas, les femmes pensent que ne pas être excisée est en accord avec la religion : 30 % des femmes de Zinder partagent cette opinion. Le tableau 17.4.2 présente les mêmes informations, mais du point de vue des hommes. Une proportion plus faible d’hommes que de femmes (25 %) ont déclaré que, pour une fille, ne pas être excisée ne comportait aucun avantage. C’est parmi les hommes des régions de Zinder (37 %), d’Agadez (36 %) et de Tahoua (34 %) que cette proportion est la plus élevée. Près de trois hommes sur dix (29 %) ont déclaré que le fait de ne pas être excisé évitait aux femmes d’avoir des problèmes de santé et pour 16 % d’entre eux, cela évitait des souffrances. C’est parmi les hommes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus, ceux des régions de Diffa, Dosso et Niamey et ceux des ethnies Kanouri et Djerma/Sonraï que l’argument sur la santé est le plus fréquemment répandu. En outre, pour 11 % des hommes, le fait de ne pas être excisée permet à la femme d’éprouver un plus grand plaisir. Cet argument a été plus fréquemment cité par les hommes ayant atteint le niveau secondaire et plus (16 %) et les Kanouri (23 %). Enfin, 13 % des hommes ont cité comme avantage à ne pas être excisé « Le plus grand plaisir pour l’homme ». 288 | Excision Tableau 17.4.1 Avantages pour une fille de ne pas être excisée : femmes Pourcentage de femmes qui ont cité différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Avantage de ne pas être excisée Caractéristique Pas d'avantage Moins de problèmes de santé Évite la souffrance Plus grand plaisir de la femme Plus grand plaisir de l'homme En accord avec la religion Autre Effectif de femmes qui connaissent l'excision Excision de la mère Excisée 48,5 17,5 27,0 2,9 3,5 13,9 4,8 206 Pas excisée 39,8 28,6 16,3 7,9 5,8 15,9 8,9 2 928 Groupe d’âges 15-19 45,8 25,7 17,7 6,2 4,4 14,9 7,3 460 20-24 39,4 30,4 16,8 6,4 3,8 13,3 11,1 570 25-29 37,7 28,1 18,1 9,5 6,8 17,8 7,9 604 30-34 39,7 26,1 18,8 7,0 6,3 17,4 8,6 468 35-39 39,8 27,1 15,5 9,5 6,0 13,3 8,6 442 40-44 35,5 33,0 18,2 9,0 6,9 17,9 6,9 321 45-49 47,1 24,2 11,9 4,8 5,7 16,9 9,0 269 Milieu de résidence Niamey 25,3 39,4 27,7 18,0 12,8 21,3 9,0 626 Autres Villes 36,4 29,8 17,1 8,5 7,7 13,7 8,7 532 Ensemble urbain 30,4 35,0 22,8 13,6 10,5 17,8 8,9 1 158 Rural 46,3 23,7 13,6 4,1 2,8 14,6 8,4 1 975 Région Niamey 25,3 39,4 27,7 18,0 12,8 21,3 9,0 626 Agadez 42,2 34,3 17,8 12,5 3,2 8,7 1,3 82 Diffa 11,3 12,2 22,4 26,2 19,4 12,2 3,5 63 Dosso 57,9 11,5 7,2 3,5 3,0 3,6 21,6 487 Maradi 37,0 13,9 8,8 23,6 16,0 5,4 2,7 122 Tahoua 34,2 39,3 5,9 1,7 1,5 15,6 9,1 527 Tillabéri 64,1 13,3 15,8 1,8 2,3 13,7 1,8 783 Zinder 12,7 46,6 29,4 6,9 4,8 29,9 9,0 443 Niveau d’instruction Sans instruction 42,5 25,3 15,3 5,4 4,2 15,7 8,5 2 290 Primaire 42,1 26,6 16,6 9,6 6,1 14,1 10,0 444 Secondaire ou plus 26,3 44,2 27,1 18,2 13,0 17,9 7,5 400 Ethnie Arabe (39,2) (12,9) (13,9) (12,8) (10,5) (17,8) (1,5) 14 Djerma/songhaï 50,6 21,4 17,2 7,1 5,3 14,6 9,3 1 196 Gourmantché 53,3 13,7 28,5 6,2 2,6 8,1 2,0 61 Haoussa 30,7 35,3 13,9 7,4 5,8 16,4 9,4 1 092 Kanouri 10,9 38,8 28,6 13,5 6,2 33,8 6,1 164 Peul 45,7 19,8 17,5 6,7 6,6 14,0 8,8 264 Touareg 45,7 31,1 17,8 6,7 5,0 10,6 6,0 274 Toubou (11,7) (16,1) (37,2) (23,3) (17,5) (20,8) (0,0) 8 Autre 36,7 32,8 18,7 12,1 6,1 16,4 5,8 61 Religion Musulman 40,1 28,2 16,9 7,7 5,7 16,1 8,6 3 053 Autre/sans religion 50,1 15,8 23,6 5,8 2,3 4,0 7,3 80 Ensemble 40,4 27,9 17,0 7,6 5,6 15,8 8,6 3 134 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. Excision | 289 Tableau 17.4.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée : hommes Pourcentage d’hommes qui ont cité différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Avantage de ne pas être excisée Caractéristique Pas d'avantage Moins de problèmes de santé Évite la souffrance Plus grand plaisir de la femme Plus grand plaisir de l'homme En accord avec la religion Autre Effectif d’hommes qui connaissent l'excision Groupe d’âges 15-19 25,2 29,8 12,2 10,4 10,8 7,4 19,3 210 20-24 18,5 33,6 14,8 11,6 11,1 10,5 19,5 287 25-29 28,2 29,7 19,3 12,4 13,9 8,3 14,0 352 30-34 30,6 24,2 14,5 10,2 14,0 9,4 19,9 323 35-39 22,6 27,3 18,4 9,9 14,6 14,7 15,3 295 40-44 21,0 33,4 17,3 13,7 14,4 7,4 18,1 286 45-49 31,4 25,0 15,1 8,8 12,7 9,6 18,1 272 50-59 24,4 27,6 14,4 10,4 12,3 11,5 18,2 349 Milieu de résidence Niamey 19,9 43,7 18,3 15,5 16,0 10,4 16,1 356 Autres Villes 25,8 37,3 17,0 10,0 11,0 10,2 15,2 345 Ensemble urbain 22,8 40,6 17,7 12,8 13,5 10,3 15,7 702 Rural 26,4 23,8 15,2 10,2 12,9 9,8 18,5 1 672 Région Niamey 19,9 43,7 18,3 15,5 16,0 10,4 16,1 356 Agadez 35,7 30,5 10,6 2,6 2,5 17,4 12,7 66 Diffa 10,4 60,1 61,0 36,4 22,3 12,2 3,1 72 Dosso 11,8 42,8 7,1 4,9 6,1 4,1 31,6 298 Maradi 24,1 31,4 17,6 10,8 13,1 20,4 11,2 336 Tahoua 34,1 15,0 3,1 7,6 19,6 12,4 19,9 386 Tillabéri 19,2 25,7 37,0 10,3 9,1 10,9 9,3 380 Zinder 37,2 15,4 5,9 12,1 13,3 1,7 22,5 479 Niveau d’instruction Sans instruction 25,9 25,7 15,8 10,5 13,3 10,2 18,3 1 566 Primaire 27,3 26,1 14,5 8,3 12,6 10,6 16,0 413 Secondaire ou plus 20,9 43,6 17,6 15,8 12,9 8,1 17,0 394 Ethnie Arabe (24,8) (66,9) (30,0) (23,8) (23,8) (3,5) (15,7) 13 Djerma/songhaï 16,9 34,4 22,1 9,0 8,0 9,2 19,2 583 Gourmantché * * * * * * * 29 Haoussa 28,1 26,4 10,6 10,6 15,7 10,8 18,3 1 224 Kanouri 24,4 30,3 22,6 22,6 13,5 7,5 18,0 157 Peul 18,8 30,0 21,9 7,4 17,2 6,3 19,8 149 Touareg 38,8 22,0 14,3 11,7 6,6 12,4 9,4 184 Toubou * * * * * * * 12 Autre (12,7) (40,2) (20,5) (13,9) (25,3) (11,1) (20,1) 23 Religion Musulman 25,1 29,2 15,7 10,9 13,2 10,1 17,7 2 320 Autre/sans religion (37,6) (9,5) (23,7) (12,9) (8,7) (3,8) (18,5) 53 Ensemble 25,3 28,7 15,9 11,0 13,1 9,9 17,7 2 373 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. Au cours de l’enquête, on a également demandé aux femmes et aux hommes s’ils étaient d’accord avec deux arguments qui sont généralement avancés pour expliquer la pratique de l’excision, à savoir : l’excision est exigée par la religion, l’excision prévient les relations sexuelles avant le mariage. Pour seulement 4 % des femmes et 7 % d’hommes, la pratique de l’excision est justifiée par la religion (tableau 17.5). Dans 13 % des cas, les femmes excisées sont d’accord avec cette assertion contre 3 % parmi celles qui ne le sont pas. 290 | Excision Tableau 17.5 Croyance au sujet de l’excision Pourcentage de femmes et d’hommes qui connaissent l’excision et qui sont d’accord avec différentes affirmations, par caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Femmes, l’excision : Hommes, l’excision : Caractéristique Est exigée par la religion Prévient les relations sexuelles avant le mariage Effectif de femmes Est exigée par la religion Prévient les relations sexuelles avant le mariage Effectif d’hommes Excision Excisée 12,7 23,2 206 na na na Pas excisée 2,8 7,2 2 928 na na na Groupe d’âges 15-19 3,9 9,1 460 5,0 11,2 210 20-24 3,2 8,3 570 10,0 11,7 287 25-29 3,5 8,8 604 7,3 9,1 352 30-34 4,1 8,7 468 5,4 6,9 323 35-39 3,4 6,7 442 4,1 6,6 295 40-44 3,0 7,0 321 5,3 6,9 286 45-49 3,1 8,7 269 5,7 5,0 272 50-59 na na na 8,4 7,0 349 Milieu de résidence Niamey 4,8 16,4 626 5,7 9,8 356 Autres Villes 2,3 9,5 532 5,4 9,1 345 Ensemble urbain 3,7 13,2 1 158 5,6 9,4 702 Rural 3,4 5,3 1 975 6,9 7,3 1 672 Région Niamey 4,8 16,4 626 5,7 9,8 356 Agadez 0,5 9,4 82 3,5 6,2 66 Diffa 4,4 34,6 63 9,7 11,8 72 Dosso 5,0 6,8 487 6,2 7,2 298 Maradi 2,7 7,7 122 6,7 4,2 336 Tahoua 1,9 2,1 527 11,9 12,5 386 Tillabéri 3,0 6,9 783 2,7 3,3 380 Zinder 3,4 4,1 443 5,8 9,4 479 Niveau d’instruction Sans instruction 3,8 7,2 2 290 6,9 7,0 1 566 Primaire 3,4 9,9 444 6,1 8,9 413 Secondaire ou plus 1,8 12,5 400 5,4 10,6 394 Ethnie Arabe (13,8) (30,0) 14 (1,8) (10,2) 13 Djerma/songhaï 3,2 9,3 1 196 3,7 5,5 583 Gourmantché 9,3 13,1 61 * * 29 Haoussa 1,7 5,5 1 092 7,7 9,1 1 224 Kanouri 2,6 8,6 164 8,2 10,9 157 Peul 7,1 10,6 264 5,0 6,9 149 Touareg 5,1 6,7 274 8,3 7,1 184 Toubou (14,1) (35,0) 8 * * 12 Autre 10,9 19,3 61 (9,5) (7,3) 23 Religion Musulman 3,4 8,2 3 053 6,6 8,1 2 320 Autre/sans religion (7,9) (11,3) (80) (3,8) (2,5) 53 Ensemble 3,5 8,2 3 134 6,5 8,0 2 373 na = non applicable ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. Excision | 291 En outre, cette proportion varie d’un maximum de 5 % dans les régions de Dosso et de Niamey à moins d’un pour cent dans celle d’Agadez. La proportion des hommes ayant déclaré que l’excision est recommandée par la religion est un peu plus élevée que celle constatée chez les femmes (7 % contre 4 %) et c’est dans la région de Tahoua (12 %) et chez les hommes de 20-24 ans (10 %) que cette opinion est la plus fréquemment répandue. À la deuxième question de savoir si l’excision permet de préserver la virginité des jeunes filles jusqu’au mariage, 8 % des femmes et une proportion identique d’hommes ont répondu de manière affirmative. Parmi les femmes excisées, 23 % sont d’accord avec cette assertion contre 7 % de celles qui ne le sont pas. Il n’y a pas d’écarts selon l’âge ; c’est surtout dans les régions de Diffa (35%) et de Niamey (16 %) ainsi que chez les femmes des ethnies Peul (11 %) que cette croyance est particulièrement répandue. Chez les hommes, on constate que ce sont surtout les plus jeunes (entre 11 % et 12 % à 15-24 ans) ceux des régions de Tahoua (13 %) et de Diffa (12 %) ainsi que ceux ayant un niveau secondaire ou plus (11 %) qui sont le plus fréquemment en accord avec cette opinion. 17.4.3 Opinions sur l’excision On a également demandé aux femmes et aux hommes enquêtés leur opinion sur la poursuite ou l’abandon de l’excision. Les résultats présentés au tableau 17.6.1 montrent qu’au niveau global, la quasi- totalité des femmes (89 %) pensent que l’excision devrait disparaître ; une faible proportion d’entre elles (3 %) pense que l’excision est une pratique qui devrait être maintenue et 4 % des femmes n’ont pas d’opinion. Exceptée dans la région de Maradi où 5 % des femmes pensent que l’excision devrait être maintenue, les proportions de femmes favorables au maintien de cette pratique oscillent entre 1 % parmi les femmes de niveau secondaire et 4 % parmi les femmes de 40-49 ans. Le tableau 17.6.2 présente la répartition des hommes selon qu’ils sont favorables ou non à l’abandon de l’excision. Globalement, une proportion élevée d’hommes (86 %) s’est prononcée en faveur de la disparition de la pratique de l’excision. Dans 6 % des cas, les hommes se sont déclarés favorables au maintien de cette pratique et 3 % n’ont pas d’opinion. Les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques montrent que c’est parmi ceux des régions de Diffa (13 %) et de Tahoua (11 %), ainsi que parmi ceux de 20-24 ans (11 %) que la proportion de ceux qui sont favorables à son maintien est la plus élevée. 292 | Excision Tableau 17.6.1 Opinion des femmes par rapport à l’excision selon les caractéristiques socio- démographiques Répartition (en %) des femmes connaissant l’excision selon leur opinion concernant le maintien ou l’abandon de cette pratique, selon les caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristiques Excision devrait disparaître Excision devrait être maintenue Ca dépend NSP Total Effectif de femmes connaissant l'excision Groupe d’âges 15-19 86,5 2,6 4,6 6,3 100,0 460 20-24 88,9 2,4 3,0 5,7 100,0 570 25-29 88,1 3,6 2,2 6,1 100,0 604 30-34 91,1 1,9 3,2 3,9 100,0 468 35-39 90,2 2,5 4,7 2,7 100,0 442 40-44 90,9 2,3 3,2 3,5 100,0 321 45-49 86,8 3,6 6,1 3,5 100,0 269 Milieu de résidence Niamey 92,0 2,1 2,7 3,2 100,0 626 Autres Villes 93,3 2,3 1,8 2,6 100,0 532 Ensemble urbain 92,6 2,2 2,3 2,9 100,0 1 158 Rural 86,8 3,0 4,4 5,8 100,0 1 975 Région Niamey 92,0 2,1 2,7 3,2 100,0 626 Agadez 93,7 2,2 1,5 2,6 100,0 82 Diffa 87,3 3,2 4,5 5,0 100,0 63 Dosso 86,2 2,8 6,3 4,7 100,0 487 Maradi 80,0 4,9 0,8 14,3 100,0 122 Tahoua 89,4 1,9 3,3 5,5 100,0 527 Tillabéri 89,1 3,4 3,5 4,0 100,0 783 Zinder 88,5 2,7 3,7 5,1 100,0 443 Niveau d’instruction Sans instruction 87,0 3,2 4,5 5,3 100,0 2 290 Primaire 93,6 1,7 1,6 3,1 100,0 444 Secondaire ou plus 95,0 1,1 0,8 3,1 100,0 400 Ethnie Arabe (95,3) (4,7) (0,0) (0,0) 100,0 14 Djerma/songhaï 90,2 1,9 3,4 4,5 100,0 1 196 Gourmantché 88,1 10,6 1,3 0,0 100,0 61 Haoussa 90,0 1,6 3,6 4,9 100,0 1 092 Kanouri 90,9 1,3 1,5 6,3 100,0 164 Peul 82,6 6,9 5,7 4,8 100,0 264 Touareg 83,0 5,1 5,6 6,4 100,0 274 Toubou (91,7) (5,8) (0,0) (2,5) 100,0 8 Autre 92,1 4,6 2,0 1,3 100,0 61 Religion Musulman 89,0 2,5 3,7 4,7 100,0 3 053 Autre/sans religion 85,9 9,0 0,0 5,1 100,0 80 Ensemble 88,9 2,7 3,6 4,7 100,0 3 134 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. Excision | 293 Tableau 17.6.2 Opinion des hommes par rapport à l’excision selon les caractéristiques sociodémographiques Répartition (en %) des hommes connaissant l’excision selon leur opinion concernant le maintien ou l’abandon de cette pratique, selon les caractéristiques sociodémographiques, EDSN-MICS III Niger 2006 Caractéristique Excision devrait disparaître Excision devrait être maintenue Ca dépend NSP Total Effectif d’homm