Enquête par grappe à Indicateurs Multiples (MICS) 2006: Suivi de la situation des enfants et des femmes

Publication date: 2005

Institut National de la statistique Fonds des Nations Unies pour l’Enfance ! ! ! "#$%!& Rapport principal Cameroun Suivi de la situation des enfants et des femmes Enquête par grappes à indicateurs multiples 2006 Ministère de l’Economie, De la Planification et de L’Aménagement du Territoire i TABLE DES MATIERES TABLE DES MATIERES . i LISTE DES TABLEAUX . v LISTE DES GRAPHIQUES. x SIGLES ET ABREVIATIONS . xii PREFACE. xiv REMERCIEMENTS. xv TABLEAU RECAPITULATIF DES PRINCIPAUX INDICATEURS . xvi RESUME ANALYTIQUE. xix CHAPITRE I : PRESENTATION GENERALE DU CAMEROUN. 1 I.1 MILIEU NATUREL.1 I.2 MILIEU HUMAIN.1 I.3 PRINCIPAUX REPERES SOCIODEMOGRAPHIQUES .2 I.4 ORGANISATION ADMINISTRATIVE ET POLITIQUE .2 I.5 PRINCIPAUX REPERES MACROECONOMIQUES.2 I.6 ENJEUX MAJEURS DU DEVELOPPEMENT .3 I.7 APPAREIL STATISTIQUE NATIONAL.3 CHAPITRE II : CONTEXTE ET OBJECTIFS . 4 II.1 CONTEXTE .4 II.2 OBJECTIFS DE L’ENQUETE.5 CHAPITRE III : MÉTHODE DE CONSTITUTION DE L’ÉCHANTILLON DE L’ENQUÊTE . 6 III.1 CONSTITUTION DE L’ECHANTILLON.6 III.2 RÉPARTITION DE L’ÉCHANTILLON.6 III.3 QUESTIONNAIRES .7 III.4 FORMATION ET TRAVAIL DE TERRAIN .8 III.5 TRAITEMENT ET QUALITE DES DONNEES .9 RESULTATS DE L’ENQUETE. 11 THEME 1 : CARACTERISTIQUES DES INDIVIDUS. 12 1.1 STRUCTURE DE LA POPULATION .12 1.1.1 Présentation générale . 12 1.1.2 Population des femmes de 15-49 ans . 13 1.2 NIVEAU D’INSTRUCTION DE LA POPULATION.14 1.2.1 Situation d'ensemble . 14 1.2.2 Femmes de 15-49 ans. 15 1.3 ALPHABETISATION.15 1.4 STATUT MATRIMONIAL .15 1.4.1 Population de 10 ans et plus . 16 1.4.2 Femmes de 15-49 ans. 16 THEME 2 : ENVIRONNEMENT . 17 2.1 EAU ET ASSAINISSEMENT .17 2.1.1 Eau. 17 ii 2.1.2 Assainissement. 20 2.2 CARACTERISTIQUES DE L’HABITAT .22 2.2.1 Nature du toit. 22 2.2.2 Nature du sol . 22 2.2.3 Nature des murs. 23 2.2.4 Sécurité de la propriété . 23 2.2.5 Durabilité du logement et précarité de l'habitat . 23 2.2.6 Possession des biens durables. 24 2.2.7 Possession de parcelles cultivables et d'animaux. 25 THEME 3 : ETAT NUTRITIONNEL ET ALLAITEMENT DES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS. 26 3.1 ÉTAT NUTRITIONNEL.26 3.1.1 Insuffisance pondérale . 26 3.1.2 Retard de croissance. 28 3.1.3 Emaciation. 28 3.1.4 Surpoids ou obésité . 29 3.2 ALLAITEMENT MATERNEL .29 3.2.1 Allaitement maternel exclusif. 29 3.2.2 Temps écoulé entre l’accouchement et la première mise au sein . 30 3.2.3 Allaitement et alimentation de complément. 31 3.3 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS.32 3.3.1 Consommation de sel iodé par les ménages. 32 3.3.2 Supplémentation des enfants en vitamine A . 34 3.3.3 Supplémentation des femmes en post-partum en vitamine A. 34 3.4 CARACTERISTIQUES DU NOUVEAU-NE.36 3.4.1 Poids à la naissance. 36 3.4.2 Grosseur du nouveau-né à la naissance. . 36 THEME 4 : SANTE DE L’ENFANT . 37 4.1 COUVERTURE VACCINALE DES ENFANTS.37 4.2 MORBIDITE ET SOINS DES ENFANTS.39 4.2.1 Diarrhée . 39 4.2.2 Infections respiratoires aiguës . 42 4.2.3 Paludisme . 43 4.3 UTILISATION DES COMBUSTIBLES SOLIDES .46 THEME 5 : NUPTIALITE ET SANTE DE LA REPRODUCTION. 47 5.1 NUPTIALITE .47 5.1.1 Situation matrimoniale des femmes de 15-49 ans. 47 5.1.2 Age au premier mariage. 48 5.1.3 Activité sexuelle récente . 48 5.2 SANTE DE LA REPRODUCTION.49 5.2.1 Utilisation des méthodes contraceptives . 49 5.2.2 Soins prénatals . 51 5.2.3 Couverture en vaccin antitétanique . 53 5.2.4 Soins préventifs du paludisme . 54 5.2.5 Accouchements . 55 THEME 6 : DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT . 58 6.1 SOUTIEN FAMILIAL DANS L’APPRENTISSAGE .58 iii 6.2 MATERIELS D’APPRENTISSAGE.59 6.2.1 Possession des livres pour enfants ou pour adultes dans le ménage. 59 6.2.2 Types de jouets utilisés par les enfants de moins de 5 ans . 61 6.3 GARDE DES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS .62 THEME 7 : EDUCATION . 63 7.1 EDUCATION DE BASE.63 7.1.1 Enseignement préscolaire . 63 7.1.2 Enseignement Primaire . 64 7.2 ENSEIGNEMENT SECONDAIRE .68 7.3 ALPHABETISATION DES FEMMES DE 15-24 ANS .69 THEME 8 : PROTECTION DE L’ENFANT. 70 8.1. ENREGISTREMENT DES NAISSANCES .70 8.2 HANDICAP DES ENFANTS DE 2-9 ANS .72 8.3 TRAVAIL DES ENFANTS DE 5-14 ANS .72 8.4 DISCIPLINE DES ENFANTS DE 2-14 ANS .73 8.5 PRECOCITE DU MARIAGE ET POLYGAMIE .74 THEME 9 : CONNAISSANCES, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS DES FEMMES DE 15- 49 ANS VIS-A-VIS DU VIH/SIDA. 75 9.1 CONNAISSANCES, MOYENS DE PREVENTION ET MODES DE TRANSMISSION.75 9.1.1 Connaissance du VIH et Sida . 75 9.1.2 Connaissance des moyens de prévention . 76 9.1.3 Identification des idées erronées à propos du VIH et Sida . 76 9.1.4 Connaissance des modes de transmission du VIH . 77 9.1.4.1 Connaissance générale. 77 9.2 DEPISTAGE .79 9.2.1 Connaissance des facilités pour effectuer le test du VIH. 79 9.2.2 Test du VIH et conseils reçus pendant les visites prénatales. 80 9.3 COMPORTEMENTS SEXUELS ET UTILISATION DU PRESERVATIF .80 9.3.1 Comportements sexuels à risque chez les femmes de 15-24 ans. 80 9.3.2 Utilisation du préservatif lors des derniers rapports sexuels à haut risque. 82 9.4 ENFANTS ORPHELINS ET/OU VULNERABLES .82 THEME 10 : PARTICIPATION DE LA FEMME AU DEVELOPPEMENT . 85 10.1 VIE ECONOMIQUE DE LA FEMME.85 10.1.1 Activité des femmes. 85 10.1.2 Allocation du temps hebdomadaire . 86 10.2 PARTICIPATION DES FEMMES AUX DEPENSES PERSONNELLES.87 10.3 PARTICIPATION DES FEMMES AUX DEPENSES DU MENAGE .87 10.4 VIE ASSOCIATIVE ET POLITIQUE DES FEMMES .88 10.4.1 Adhésion aux associations . 88 10.4.2 Responsabilités dans les associations et dans les quartiers/villages/villes . 89 10.5 ACCES AUX MOYENS DE PRODUCTION.89 10.5.1 Accès au crédit . 89 10.5.2 Possession d’un titre de propriété immobilière ou foncière. 89 THEME 11 : ETAT DE SANTE DES POPULATIONS ET DEPENSES DE SANTE DES MÉNAGES. 91 11.1 MORBIDITE DANS LES MÉNAGES.91 iv 11.2 TAUX DE MORBIDITE, ETAT DES MALADES ET TYPE DE STRUCTURE DE SOINS.91 11.2.1 Taux de morbidité . 91 11.2.2 Etat de gravité des maladies. 91 11.2.3 Type de structure de soins . 92 11.3 FINANCEMENT DES DEPENSES DE SANTE.92 11.3.1 Contribution des ménages. 92 11.3.2 Origine du financement. 93 11.4 DEPENSES DE SANTE.93 11.4.1 Dépenses de santé à titre curatif . 93 11.4.2 Dépenses de santé à titre préventif . 94 11.4.3 Dépenses de santé au profit des membres du ménage décédés et des visiteurs . 94 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES. 95 ANNEXE 1 : TABLEAUX . 96 ANNEXE 2 : CONCEPTION DE L’ECHANTILLON. 228 ANNEXE 3 : PERSONNEL DE L’ENQUETE MICS 3. 231 ANNEXE 4 : ESTIMATION DES ERREURS D’ECHANTILLONNAGE. 235 ANNEXE 5 : TABLEAUX SUR LA QUALITE DES DONNEES . 254 ANNEXE 6 : NUMERATEURS ET DENOMINATEURS. 269 ANNEXE 7 : QUESTIONNAIRES . 274 v LISTE DES TABLEAUX THEME 1 : CARACTERISTIQUES DES INDIVIDUS. 96 Tableau CI.1 : Répartition de la population des ménages par milieu de résidence . 96 Tableau CI.2 : Répartition des populations des ménages suivant le quintile de l'indice de richesse et le domaine d'étude. 96 Tableau CI.3 : Répartition de la population des ménages par âge et par sexe . 97 Tableau CI.4 : Répartition des femmes de 15-49 ans par classe d'âges selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 98 Tableau CI.5 : Répartition des enfants de moins de 5 ans par milieu de résidence. 98 Tableau CI.6 : Niveau d'instruction des hommes. 99 Tableau CI.7 : Niveau d'instruction des femmes. 100 Tableau CI.8 : Niveau d'instruction des femmes de 15-49 ans . 101 Tableau CI.9 : Alphabétisation des adultes . 102 Tableau CI.10 : Situation matrimoniale des personnes de 10 ans et plus. 103 Tableau CI.11 : Situation matrimoniale des femmes de 15-49 ans . 104 Tableau CI.12 : Situation maritale des femmes de 15-49 ans . 105 THEME 2 : ENVIRONNEMENT. 106 Tableau EN.1 : Source d'approvisionnement en eau de boisson . 106 Tableau EN.2 : Traitement domestique de l'eau. 107 Tableau EN.3 : Temps pour aller à la source d'eau et revenir . 108 Tableau EN.4 : Personne qui se rend habituellement à la source d'approvisionnement pour chercher l'eau à boire. 109 Tableau EN.5 : Utilisation d'installations sanitaires pour évacuer les excréta humains. 110 Tableau EN.5w : Utilisation commune des installations d'assainissement améliorées (Tableau de travail). 111 Tableau EN.6 : Evacuation des excréta de l'enfant . 112 Tableau EN.7 : Utilisation de sources d'approvisionnement en eau améliorée et d'installations sanitaires améliorées. 113 Tableau EN.8 : Sécurité de la propriété. 114 Tableau EN.9 : Durabilité du logement. 115 Tableau EN.10 : Habitat précaire . 115 Tableau EN.11 : Répartition des ménages selon le principal matériau du toit. 116 Tableau EN.12 : Répartition des ménages selon le principal matériau du sol . 117 Tableau EN.13 : Source d'eau pour faire la cuisine et pour laver les mains. 118 Tableau EN.14 : Possession de l'électricité . 119 Tableau EN.15 : Possession des biens durables par les ménages. 120 Tableau EN.16 : Répartition des ménages selon le principal matériau des murs. 121 Tableau EN.17 : Possession de la terre, de la terre agricole et des animaux de ferme. 122 vi THEME 3 : ETAT NUTRITIONNEL ET ALLAITEMENT DES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS. 123 Tableau NU.1 : Malnutrition . 123 Tableau NU.1w : Malnutrition de l'enfant (Tableau de travail) . 124 Tableau NU.2 : Allaitement initial . 125 Tableau NU.3 : Allaitement maternel . 126 Tableau NU.3w : Différentes formes d'alimentation des enfants selon leur âge. 127 Tableau NU.4 : Enfants adéquatement nourris. 128 Tableau NU.5 : Consommation du sel iodé. 129 Tableau NU.5A : Lieu de stockage, mode de conservation du sel . 130 Tableau NU.6 : Supplémentation des enfants en vitamine A. 131 Tableau NU.7 : Supplémentation post partum de la mère en vitamine A . 132 Tableau NU.7A : Supplémentation post partum de la mère en vitamine A (suite) . 133 Tableau NU.8 : Enfant à faible poids à la naissance . 134 Tableau NU.9 : Poids de l'enfant à la naissance . 135 THEME 4 : SANTE DE L’ENFANT . 136 Tableau CH.1 : Vaccination durant la première année de vie . 136 Tableau CH.1c : Vaccination durant la première année de vie (suite) . 136 Tableau CH.2 : Vaccination selon les caractéristiques sociodémographiques. 137 Tableau CH.2c : Vaccination selon les caractéristiques sociodémographiques (suite). 138 Tableau CH.3 : Réhydratation par voie orale . 139 Tableau CH.4 : Prise en charge de la diarrhée à domicile. 140 Tableau CH.5 : Recherche de soins pour cas de pneumonie suspectée. 141 Tableau CH.6 : Traitement à l'antibiotique de la pneumonie . 142 Tableau CH.6A : Connaissance des deux signes de risque de pneumonie. 143 Tableau CH.7 : Utilisation de combustibles solides. 144 Tableau CH.8 : Utilisation de combustibles solides par type de four ou de feu. 145 Tableau CH.9 : Disponibilité de moustiquaires imprégnées . 146 Tableau CH.10 : Enfants dormant dans un lit avec moustiquaire . 147 Tableau CH.11 : Traitement des enfants avec des médicaments antipaludiques . 148 Tableau CH.12 : Source et coût de l’approvisionnement en moustiquaires traitées . 149 Tableau CH.13 : Source et coût d’approvisionnement des antipaludiques . 150 Tableau CH.14 : Source et coût d’approvisionnement des antibiotiques. 151 Tableau CH.15 : Source et coût du sel de réhydratation orale (SRO). 152 THEME 5 : NUPTIALITE ET SANTE DE LA REPRODUCTION. 153 Tableau RH.0 : Mariage/union précoce. 153 Tableau RH.1 : Utilisation actuelle de la contraception. 154 Tableau RH.1A : Utilisation par le passé de la contraception. 155 Tableau RH.2 : Besoin non satisfait en matière de contraception. 156 Tableau RH.3 : Prestataires de soins prénatals. 157 vii Tableau RH.4 : Soins prénatals . 158 Tableau RH.4w : Contenu des soins prénatals (Tableau de travail). 159 Tableau RH.5 : Assistance pendant l'accouchement . 160 Tableau RH.6 : Protection contre le tétanos . 161 Tableau RH.7 : Lieu d'accouchement. 162 Tableau RH.8 : Prise de médicaments pour éviter le paludisme chez la femme ayant donné une naissance vivante selon le traitement. 163 Tableau RH.9 : Traitement préventif du paludisme par intermittence . 164 THEME 6 : DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT . 165 Tableau CD.1 : Soutien familial dans l'apprentissage . 165 Tableau CD.1A : Soutien maternel dans l'apprentissage. 166 Tableau CD.2 : Matériels d'apprentissage . 167 Tableau CD.3 : Enfants laissés seuls avec d'autres enfants ou sans surveillance. 168 THEME 7 : EDUCATION. 169 Tableau ED.1 : Education préscolaire . 169 Tableau ED.2 : Admission à l'école primaire. 170 Tableau ED.3 : Taux net de fréquentation au primaire . 171 Tableau ED.4 : Taux net de fréquentation au secondaire. 172 Tableau ED.4w : Enfants ayant l'âge de fréquenter l'école secondaire qui fréquente l'école primaire . 173 Tableau ED.5 : Enfants atteignant la 5ème année sans redoublement . 174 Tableau ED.5A : Enfants atteignant la 5ème année . 175 Tableau ED.5B : Enfants redoublant la classe . 176 Tableau ED.5C : Enfants abandonnant l'école . 177 Tableau ED.6 : Achèvement à l'école primaire et transition au secondaire . 178 Tableau ED.7 : Parité entre les sexes en matière d'éducation . 179 Tableau ED.8 : Alphabétisation des adultes. 180 Tableau ED.9 : Taux de possession des manuels scolaires essentiels au primaire. 181 Tableau ED.9A : Mode d'obtention des manuels scolaires essentiels au primaire. 182 THEME 8 : PROTECTION DE L’ENFANT . 183 Tableau CP.1 : Enregistrement des naissances. 183 Tableau CP.2 : Travail des enfants. 184 Tableau CP.2w : Travail des enfants (Tableau de travail) . 185 Tableau CP.3 : Elèves travailleurs et travailleurs élèves. 186 Tableau CP.4 : Discipline des enfants. 187 Tableau CP.5 : Mariage précoce et polygamie. 188 Tableau CP.6 : Ecart d'âge entre les conjoints . 189 Tableau CP.7 : Handicap des enfants . 190 THEME 9 : CONNAISSANCES, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS DES FEMMES DE 15-49 ANS VIS-A-VIS DU VIH/SIDA . 191 Tableau HA.1 : Connaissance de la prévention de la transmission du VIH. 191 viii Tableau HA.2 : Identification des idées erronées sur le VIH/SIDA chez les femmes de 15-49 . 192 Tableau HA.3 : Connaissance générale sur la transmission du VIH/SIDA . 193 Tableau HA.4 : Connaissance des modes de transmission du VIH de la mère à l'enfant . 194 Tableau HA.5 : Attitude vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH/SIDA chez les femmes de 15-49 ans. 195 Tableau HA.6 : Connaissance des facilités pour effectuer le test du VIH . 196 Tableau HA.7 : Test du VIH et conseils reçus pendant les visites prénatales. 197 Tableau HA.8 : Comportement sexuel augmentant le risque d'infection au VIH . 198 Tableau HA.9 : Utilisation du préservatif lors des derniers rapports sexuels à haut risque . 199 Tableau HA.10 : Enfants, résidence avec les parents et orphelinage . 200 Tableau HA.11 : Prévalence de l'orphelinage et de la vulnérabilité chez les enfants . 201 Tableau HA.12 : Fréquentation scolaire des enfants orphelins et vulnérables. 202 Tableau HA.13 : Support pour enfants orphelins ou vulnérables. 203 Tableau HA.14 : Malnutrition chez les enfants orphelins ou vulnérables. 203 Tableau HA.15 : Comportement sexuel chez les jeunes femmes selon le statut dans l'orphelinage et la vulnérabilité. 204 Tableau HA.16 : Travail chez les enfants orphelins ou vulnérables . 204 Tableau HA.17 : Activité sexuelle récente des femmes de 15-24 ans. 205 THEME 10 : PARTICIPATION DE LA FEMME AU DEVELOPPEMENT . 206 Tableau WD.1 : Type d'occupation des femmes de 15-49 ans. 206 Tableau WD.1A : Occupation des femmes de 15-49 ans. 207 Tableau WD.2 : Allocation journalière du temps de travail en heures. 208 Tableau WD.2A : Allocation journalière du temps de travail en heures (Tableau de travail) . 209 Tableau WD.3 : Prise en charge des dépenses par les femmes de 15-49 ans. 210 Tableau WD.4 : Femmes de 15-49 ans membres d'association et y assumant des responsabilités. 211 Tableau WD.5 : Responsabilité assumée par les femmes de 15-49 ans dans leur quartier/village/ville. 212 Tableau WD.6 : Source et utilisation du dernier crédit par la femme . 213 Tableau WD.7 : Titre de propriété (maison, terrain) détenu par les femmes de 15-49 ans. 214 THEME 11 : ETAT DE SANTE DES POPULATIONS ET DEPENSES DE SANTE DES MENAGES. 215 Tableau HE.1 : Ménages avec au moins un malade . 215 Tableau HE.2 : Taux de morbidité par sexe, selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 216 Tableau HE.2A : Taux de morbidité par niveau d'instruction du chef de ménage et le quintile de l’indice de richesse . 216 Tableau HE.3 : Etat de la maladie, prescription pour soigner la maladie . 217 Tableau HE.4 : Répartition des malades en premier recours suivant le type de structure. 218 Tableau HE.5 : Contribution aux dépenses de santé . 219 Tableau HE.5A : Origine du financement et principale source. 220 Tableau HE.6 : Structure de la dépense à titre curatif de la population . 221 Tableau HE.7 : Structure de la dépense de santé à tire curatif de la population par sexe et âge . 221 Tableau HE.8 : Dépenses de santé des ménages à titre préventif, pour la prise en charge des visiteurs et des décédés . 222 ix Tableau HE.9 : Structure de la dépense totale de santé des ménages. 223 TABLEAUX COMPLEMENTAIRES . 224 Tableau HH.1 : Résultats des enquêtes ménage et individuelles. 224 Tableau HH.2 : Composition du ménage . 225 Tableau HH.2A : Composition du ménage selon certains groupes d’âges spécifiques. 225 Tableau HH.3 : Caractéristiques individuelles des femmes . 226 Tableau HH.4 : Caractéristiques individuelles des enfants de moins de 5 ans. 227 x LISTE DES GRAPHIQUES Graphique 1.1 : Pyramide des âges de la population. 12 Graphique 1.2 : Répartition des enfants de moins de 5 ans suivant la région . 14 Graphique 2.1 : Distribution de la population suivant la source d'eau à boire . 18 Graphique 2.2 : Distribution de la population suivant la source d'approvisionnement en eau de boisson et par milieu de résidence. 18 Graphique 2.3 : Temps mis pour la recherche d’eau de boisson . 19 Graphique 2.4 : Personne chargée de la recherche de l’eau . 20 Graphique 2.5 : Utilisation des installations sanitaires améliorées . 21 Graphique 3.1 : Répartition (en %) des enfants de 0-59 mois souffrant d’une insuffisance pondérale modérée par région, milieu de résidence . 27 Graphique 3.2 : Répartition (en %) des enfants de 0-59 mois souffrant d’une malnutrition chronique modérée par région, milieu de résidence . 28 Graphique 3.3 : Répartition (en %) des enfants de 0-59 mois souffrant d’une malnutrition aiguë modérée par région, milieu de résidence. 28 Graphique 3.4 : Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans souffrant d'insuffisance pondérale, de retard de croissance, d'émaciation . 29 Graphique 3.5 : Pourcentage de mères qui ont commencé à allaiter moins d'une heure après la naissance, moins d'un jour après la naissance. 31 Graphique 3.6 : Différentes formes d’alimentation des enfants selon leur âge. 32 Graphique 3.7 : Pourcentage de ménages consommant du sel adéquatement iodé (+ 25 ppm). 34 Graphique 3.8 : Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des deux années précédant l'enquête selon qu'elles aient reçu un supplément de vitamine A avant la huitième semaine de l'enfant . 35 Graphique 4.1 : Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant été vaccinés avant l'âge de 12 mois. 38 Graphique 4.2 : Couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois . 39 Graphique 4.3 : Prévalence de la diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans selon l’âge. 40 Graphique 4.4 : Pourcentage d'enfants de 0-59 mois souffrant de diarrhée et ayant reçu la solution de réhydratation orale ou ayant augmenté la prise de liquide et continué l'alimentation. 41 Graphique 4.5 : Proportion d’enfants de 0-59 mois ayant dormi sous une moustiquaire. 45 Graphique 5.1 : Proportion des femmes mariées ou en union selon la région et le milieu de résidence. 48 Graphique 5.2 : Pourcentage des femmes ayant reçu des soins prénatals effectués par un personnel qualifié par région. 52 Graphique 5.3 : Pourcentage de femmes ayant reçu des soins et des informations sur le VIH/Sida au cours des consultations prénatales . 53 Graphique 5.4 : Pourcentage de femmes qui ont donné une naissance vivante au cours des deux dernières années et qui sont convenablement vaccinées contre le tétanos. 54 Graphique 5.5 : Principaux médicaments consommés, en vue de se prémunir contre le paludisme, par les femmes enceintes au cours de leur dernière grossesse par milieu de résidence . 55 Graphique 5.6 : Lieu d’accouchement par région . 56 Graphique 5.7 : Assistance lors de l’accouchement par région. 57 xi Graphique 6.1 : Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans dont les parents s'engagent dans au moins une activité de promotion de l'apprentissage et de préparation aux études selon la région . 59 Graphique 6.2 : Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans vivant dans un ménage possédant du matériel d’apprentissage selon le niveau de vie du ménage . 60 Graphique 6.3 : Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans vivant dans un ménage possédant du matériel d’apprentissage selon le niveau d’instruction de la mère ou de la personne en charge de l’enfant. 60 Graphique 6.4 : Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans utilisant certains jouets pour s’amuser selon le quintile de l’indice de richesse . 61 Graphique 6.5 : Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans laissés sous une garde inadéquate au cours de la semaine dernière selon le quintile de l’indice de richesse. 62 Graphique 7.1 : Taux net de fréquentation au primaire selon le niveau d’instruction de la mère. 65 Graphique 7.2 : Taux net de fréquentation au primaire selon le quintile de l’indice de richesse. 65 Graphique 7.3 : Retard de scolarisation à l’école primaire et taux de fréquentation du préscolaire . 66 Graphique 7.4 : Taux d’abandon scolaire selon l’année d’étude (%). 67 Graphique 7.5 : Taux de possession des livres essentiels par les élèves de l’école primaire selon la région. 68 Graphique 7.6 : Taux d’alphabétisation de femmes de 15-24 ans selon le quintile de l’indice de richesse. 69 Graphique 8.1 : Pourcentage de naissances des enfants de 0-59 mois enregistrées selon le niveau d’instruction de la personne en charge et selon le quintile de l’indice de richesse . 71 Graphique 8.2 : Répartition des naissances des enfants de moins de 5 ans non enregistrées selon la raison de non enregistrement . 71 Graphique 8.3 : Proportion d’enfants travailleurs et d’enfants orphelins et vulnérables . 73 Graphique 8.4 : Proportion d’enfants de 2-14 ans, par type de punition. 74 Graphique 9.1 : Pourcentage des femmes connaissant les trois modes de prévention de la transmission du VIH et Sida selon le quintile de l’indice de richesse . 76 Graphique 9.2 : Pourcentage des femmes qui ont une connaissance générale de la transmission du VIH/Sida selon le niveau d’instruction . 78 Graphique 9.3 : Rapports sexuels précoces selon le milieu de résidence. 81 Graphique 9.4 : Pourcentage de jeunes femmes de 15-24 ans ayant utilisé des condoms lors des derniers rapports sexuels à haut risque par région et par milieu de résidence. 82 Graphique 9.5 : Pourcentage d’enfants de 0-17 ans ne vivant pas avec leurs parents biologiques, et pourcentage d’enfants ayant perdu au moins l’un des deux parents, selon l’âge de l’enfant . 83 Graphique 9.6 : Proportion d’enfants orphelins ou vulnérables ayant bénéficié d’un support quelconque selon la région . 84 Graphique 10.1 : Proportion (en %) de femmes de 15-49 ans exerçant une activité de production à titre principal selon le type d’occupation et le statut matrimonial . 86 Graphique 10.2 : Temps journalier moyen (en heures) alloué par les femmes de 15-49 ans, aux activités de production, domestiques, socioculturelles et scolaires, de loisirs et repos. 86 Graphique 10.3 : Proportion de femmes de 15-49 ans prenant en charge tout ou partie des dépenses selon le quintile de l’indice de richesse du ménage et le type de dépense. 88 Graphique 11.1 : Répartition des malades en premier recours suivant le type de structure. 92 Graphique 11.2 : Répartition des dépenses totales de santé suivant le type de la dépense . 94 xii SIGLES ET ABREVIATIONS ACP : Analyse en Composante Principale APEE : Association des Parents d’Elèves et d’Enseignants BCG : Bacille Calmette Guérin BIT : Bureau International du Travail CDC : Center for Desease Control and Prevention (Centre de Contrôle et Prévention des Maladies des Etats-Unis) CNLS : Comité National de Lutte contre le Sida CNS : Conseil National de la Statistique CSPRO : Census Survey Processing DSRP : Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté DTCoq : Diphtérie, Tétanos, Coqueluche ECAM : Enquête Camerounaise Auprès des Ménages EDSC : Enquête Démographique et de Santé du Cameroun GPL : Gaz de Pétrole Liquéfié IBA : Infirmier Breveté Accoucheur IDEA : Infirmier Diplômé d’Etat Accoucheur INS : Institut National de la Statistique IPEC : International Program for Elimination of Child labour IVACG : International Vitamin A Consultating Group LAA : Latrines Améliorées Auto aérées MDE : Monde Digne des Enfants MICS : Multiple Indicators Cluster Survey (Enquête par grappes à indicateurs multiples) MII : Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide NHCS : National Center for Health Statistics OEV : Orphelins et Enfants Vulnérables OIT : Organisation Internationale du Travail OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS : Organisation Mondiale de la Santé ONG : Organisation Non Gouvernementale ONU : Organisation des Nations Unies PAMDE : Plan d’Action d’un Monde Digne des Enfants PAS : Programme d’Ajustement Structurel PEV : Programme Elargi de Vaccination PMI : Protection Maternelle et Infantile PNP : Programme National de Population PSNLP : Plan Stratégique National de Lutte contre le Paludisme Polio : Poliomyélite PPTE : Pays Pauvre Très Endetté PSM : Programme Statistique Minimum SIDA : Syndrôme d’Immuno Déficience Acquise SME : Sommet Mondial sur les Enfants SPSS : Statistical Package for Social Science SRP : Stratégies de Réduction de la Pauvreté SRO : Sel de Réhydratation Orale TRO : Thérapie de Rehydratation par voie Orale UNFPA : United Nations Fund of Population (Fonds des Nations Unies pour la Population) xiii UNGASS : United Nations General Assembly of Special Session (Session Spéciale de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH/Sida) UNICEF : United Nations International Children’s Emergency Fund (Fonds des Nations Unies Pour l’Enfance) VIH : Virus de l’Immunodéficience Humaine ZD : Zone de Dénombrement xiv PREFACE Fidèle à ses engagements relatifs au développement humain durable, le Gouvernement camerounais a adopté le Plan d'Action du Sommet Mondial sur les Enfants (SME) tenu à New York en 1990, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) du Sommet Social de 2000, et le Plan d'Action du Monde Digne des Enfants de 2002 (PA/MDE). La mise en œuvre de ces plans d’action et des OMD ainsi que la mesure des progrès enregistrés requiert la disponibilité des statistiques de bonne qualité. Face à ces besoins qui sont rappelés dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) adopté en 2003, le Gouvernement a mis sur pied un dispositif statistique capable de produire des données et des indicateurs statistiques pour les activités de suivi et d’évaluation périodique. Ce dispositif permet de mettre en œuvre le Programme Statistique Minimum (PSM) qui comporte plusieurs opérations statistiques, notamment le troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (3ème RGPH), la troisième Enquête Camerounaise Auprès des Ménages (ECAM III), la troisième Enquête Démographique et de Santé (EDS III) et l’Enquête sur l’Emploi et le Secteur Informel (EESI). L’enquête nationale par grappes à indicateurs multiples de troisième génération, en abrégé MICS1 3, figure dans ce PSM. Elle fournit plusieurs données et indicateurs sur la situation de la femme et de l’enfant. La réalisation de cette enquête traduit la volonté du Gouvernement d’assurer, via l’actualisation du niveau des indicateurs, une meilleure connaissance de la situation de la femme et de l’enfant. Les indicateurs calculés et présentés, dont dix huit (18) permettent de mesurer le chemin parcouru vers l’atteinte des OMD, de suivre et d’évaluer l’état de mise en œuvre du DSRP et des stratégies sectorielles. La MICS 3 est une enquête qui a été exécutée sur toute l’étendue du territoire national par l’Institut National de la Statistique (INS). Elle a bénéficié de l’appui financier du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) qui a initié depuis la décennie 1990 ce programme d’enquêtes MICS pour mieux suivre la situation de la femme et de l’enfant dans les pays participants. Il est d’ailleurs important de rappeler que le Cameroun avait réalisé la MICS 2 au cours de l’année 2000. Les résultats obtenus avaient alors contribué à l’élaboration du DSRP et des stratégies de la santé, de l’éducation, et des affaires sociales et de la famille. Outre l’état de santé de la population dans son ensemble, les thèmes principaux abordés dans cette enquête sont la protection de l’enfant et son état nutritionnel, la couverture vaccinale, la santé de la mère et de l’enfant, la connaissance et l’utilisation de la contraception, la connaissance, les attitudes et les comportements vis-à-vis du VIH et du SIDA, la participation de la femme au développement, et le cadre de vie de la population. Toutes les informations ainsi rassemblées vont contribuer à l’élaboration du DSRP de deuxième génération (DSRP II) axé sur la croissance et la réduction de la pauvreté. Le présent rapport d’analyse a été réalisé grâce à la contribution des compétences nationales, de l’UNICEF et de l’équipe MICS 3 de New York. Il est une source statistique riche d’informations répondant aux besoins des autorités nationales, des partenaires au développement, des universitaires et des chercheurs. La réalisation de la MICS 3 a été une occasion de plus pour renforcer la coopération entre le Cameroun et l’UNICEF. Je saisis cette opportunité pour adresser à l’UNICEF les remerciements du Gouvernement pour les appuis multiformes au bénéfice des populations en général, des femmes et des enfants en particulier. Louis Paul MOTAZE Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire 1 MICS signifie en anglais « Multiple Indicators Cluster Survey » xv REMERCIEMENTS Le Cameroun vient de réaliser l’enquête par grappes à indicateurs multiples de troisième génération, en abrégée MICS 3. C’est la deuxième enquête de ce type à être réalisée au Cameroun, après celle de deuxième génération (MICS 2) de 2000. La MICS 3 est une opération statistique d’envergure nationale qui fait partie d’un programme régional d’enquêtes menées dans plusieurs pays africains. Elle s’inscrit dans le cadre mondial du suivi et de l’évaluation de la situation de la femme et de l’enfant. Elle bénéficie de l’appui du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). La MICS 3, qui figure dans le Programme Statistique Minimum, a pour but de fournir au Gouvernement et ses partenaires au développement impliqués des informations pertinentes pour la mesure des progrès réalisés vers l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement en général et ceux relatifs à la situation de l’enfant et de la femme en particulier. Une batterie d’indicateurs de suivi et d’évaluation a pu ainsi être calculée à partir de cette importante opération. Sa réalisation a nécessité la mobilisation d’importantes ressources humaines, financières et matérielles. Outre son assistance technique à travers des ateliers de formation organisés par son Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, l’UNICEF a apporté une importante contribution financière. L’Etat a également mis en place sa contrepartie. C’est ici l’occasion pour nous, au nom du Gouvernement, d’exprimer toute notre gratitude à l’UNICEF pour cette importante assistance qui vient en complément aux autres appuis au développement de la statistique. Il est aussi important de souligner le précieux concours apporté par le Gouvernement dans le cadre de la sensibilisation des populations que nous tenons à remercier pour la qualité des réponses aux questions qui leur ont été posées à travers les questionnaires. Dans ce cadre, nous adressons très sincèrement les remerciements aux autorités administratives, religieuses et traditionnelles qui ont bien joué leur rôle d’intermédiation. Nos remerciements vont également aux différents ministères et institutions dont les représentants ont contribué à l’amélioration de la qualité des documents techniques (questionnaires, manuel de l’enquêteur), du rapport principal d’analyse et du rapport de synthèse. A toute l’équipe technique mise en place pour la coordination technique et la réalisation de toutes les activités liées à l’enquête, nous adressons notre profonde reconnaissance et nos félicitations pour la détermination, le dévouement et la maîtrise, qualités sans lesquelles l’Institut n’aurait pas été en mesure de respecter le chronogramme des activités et de publier des rapports de qualité. Au personnel temporaire recruté pour la collecte et l’exploitation informatique des données, nous adressons également nos remerciements pour la qualité de leurs prestations. Le présent rapport a aussi bénéficié des remarques, des suggestions et des critiques d’une part des facilitateurs des différents ateliers qui ont été organisés, et d’autre part, de l’équipe de l’UNICEF au siège à New York, auxquels nous marquons notre sincère reconnaissance. Joseph TEDOU Directeur Général de l’Institut National de la Statistique xvi TABLEAU RECAPITULATIF DES PRINCIPAUX INDICATEURS DE LA MICS 3, CAMEROUN, 2006 RUBRIQUE NUMÉRO DE L’INDICATEUR MICS 3 NUMÉRO DE L’INDICATEUR OMD INDICATEUR VALEUR UNITÉ Mortalité infantile 1 13 Taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans (OMD) 1442 Pour 1000 naissances vivantes Mortalité infantile 2 14 Taux de mortalité infantile 743 Pour 1000 naissances vivantes Nutrition 6 4 Prévalence de l’insuffisance pondérale (modérée ; sévère) 19,3 ; 5,2 Pour 100 7 Prévalence du retard de croissance (modéré ; sévère) 30,4 ; 12,6 Pour 100 Etat nutritionnel 8 Prévalence de la déperdition ou émaciation (modérée ; sévère) 6,1 ; 1,2 Pour 100 45 Enfants allaités moins d’une heure après la naissance 19,6 Pour 100 15 Enfants de 0-5 mois allaités exclusivement au sein 21,2 Pour 100 16 Enfants de 12-15 mois ; 20-23 mois allaités 78,7 ; 21,2 Pour 100 17 Enfants de 6-9 mois recevant le lait maternel et des aliments de complément 63,74 Pour 100 18 Enfants de 6-11 mois allaités au sein et ayant reçu des compléments alimentaires un nombre minimum de fois recommandé par jour 46,7 Pour 100 Allaitement 19 Enfants de 0-11 mois nourris de façon appropriée 34,6 Pour 100 Iodation 41 Ménages consommant du sel iodé à 25+PPM 49,1 Pour 100 42 Supplémentation des enfants de 6-59 mois en vitamine A au cours des 6 mois derniers mois 57,7 Pour 100 Vitamine A 43 Supplémentation post partum de mères en vitamine A 38,1 Pour 100 9 Poids à la naissance inférieur à 2 500 grammes 10,8 Pour 100 Faible poids à la naissance 10 Enfants pesés à la naissance 59,1 Pour 100 Santé de l’enfant 25 Couverture vaccinale contre la tuberculose (BCG) 90,0 Pour 100 26 Couverture vaccinale contre la poliomyélite (Polio) 69,5 Pour 100 27 Couverture vaccinale contre la DTCoq 75,2 Pour 100 28 15 Couverture vaccinale contre la rougeole 78,8 Pour 100 31 Enfants entièrement vaccinés 56,8 Pour 100 29 Couverture vaccinale contre l’hépatite B 35,5 Pour 100 Vaccination 30 Couverture vaccinale contre la fièvre jaune 57,4 Pour 100 Tétanos néonatal 32 Femmes ayant donné une naissance vivante au cours des 2 années ayant précédé l’enquête et protégées contre le tétanos 73,1 Pour 100 33 Utilisation de la Solution de Réhydratation par voie Orale (SRO) 19,2 Pour 100 34 Prise en charge à domicile de la diarrhée 8,95 Pour 100 35 Enfants de moins de 5 ans ayant eu la diarrhée et qui ont reçu une quelconque SRO, ont augmenté la prise de liquides et poursuivi l’alimentation 21,8 Pour 100 23 Recherche des soins de santé auprès d’un personnel approprié pour les cas de pneumonie suspectée (IRA) 34,8 Pour 100 Prise en charge de la maladie 22 Enfants de moins de 5 ans suspectés de pneumonie ayant reçu un traitement antibiotique 38,0 Pour 100 Utilisation de combustible solide 24 29 Utilisation des combustibles solides pour la cuisine 73,4 Pour 100 36 Ménages disposant d’au moins une MII 3,7 Pour 100 Paludisme 37 22 Enfants de moins de 5 ans dormant sous une MII 13,1 Pour 100 2 Institut National de la Statistique et ORC Macro., Enquête Démographique et de Santé du Cameroun de 2004. 3 Idem. 4 Pourcentage d’enfants de 6-9 mois recevant le lait maternel et des aliments solides et semi solides (purée). 5 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans ayant eu la diarrhée qui ont reçu plus de liquide et ont continué l’alimentation durant l’épisode. xvii RUBRIQUE NUMÉRO DE L’INDICATEUR MICS 3 NUMÉRO DE L’INDICATEUR OMD INDICATEUR VALEUR UNITÉ 38 Enfants de moins de 5 ans dormant sous une moustiquaire 26,5 Pour 100 39 22 Enfants de moins de 5 ans ayant eu la fièvre et qui ont reçu un traitement antipaludique 38,2 Pour 100 40 Traitement préventif chez la femme enceinte par intermittence 5,8 Pour 100 96 Source des MII publique/privée 56,8/4,9 Pour 100 96 Source des antipaludiques publique/privée 32,0/31,6 Pour 100 97 Coût médian des MII achetés au public/privé 3500/3684 FCFA Source et coût des MII et des anti- paludiques 97 Coût médian des antipaludiques achetés au public/privé 1215/2500 FCFA 96 Source des antibiotiques publique/privée 30,5/37,9 Pour 100 Source et coût des antibiotiques 97 Coût médian des antibiotiques au public/privé 1600/2586 FCFA 96 Source des antibiotiques publique/privée 56,5/31,6 Pour 100 Source et coût des SRO 97 Coût médian des antibiotiques au public/privé 175/200 FCFA Environnement 11 30 Population ayant accès à une source améliorée d’eau de boisson 69,3 Pour 100 13 Traitement approprié de l’eau à boire 7,1 Pour 100 12 31 Population ayant accès à des installations sanitaires améliorées 33,1 Pour 100 Eau et assainissement 14 Enfants dont les excréments sont évacués sainement 64,6 Pour 100 93 Membres du ménage ne disposant pas d’une sécurité de logement 51,6 Pour 100 94 Ménages vivant dans des logements considérés comme non durables 6,9 Pour 100 Sécurité de la propriété. 95 32 Ménages considérés comme vivant en habitat précaire 76,4 Pour 100 Santé de la reproduction 21 19c Utilisation actuelle de la contraception chez les femmes de 15-49 ans 29,2 Pour 100 98 Besoin de contraception non satisfait 2,8 Pour 100 Contraception et besoin non satisfait 99 Demande de contraception satisfaite 91,2 Pour 100 20 Femmes ayant reçu les soins prénatals d’un prestataire qualifié 73,7 Pour 100 44 Femmes enceintes ayant reçu les soins prénatals au moins une fois pendant la grossesse 84,2 Pour 100 4 17 Femmes enceintes ayant été assistées à l’accouchement par un personnel qualifié 58,9 Pour 100 Santé de la mère et du nouveau- né 5 Accouchement dans un centre de santé 43,0 Pour 100 Développement de l’enfant 46 Enfants de 0-59 mois dont les membres du ménage sont engagés dans au moins 4 activités de promotion de l’apprentissage et de préparation aux études 43,1 Pour 100 47 Enfants de 0-59 mois dont le père est engagé dans au moins 1 activité de promotion de l’apprentissage et de préparation aux études 37,8 Pour 100 48 Enfants de 0-59 mois vivant dans un ménage possédant au moins 3 livres d’enfants 8,4 Pour 100 49 Enfants de 0-59 mois vivant dans un ménage possédant au moins 3 livres d’adultes 48,9 Pour 100 50 Enfants de 0-59 mois jouant avec au moins 3 types de jouets 21,4 Pour 100 Développement de l’enfant 51 Enfants laissés sous garde inadéquate6 35,8 Pour 100 Éducation 52 Enfants de 36-59 mois fréquentant un établissement préscolaire 22,2 Pour 100 53 Enfants du préscolaire admis en 1ère année du primaire 18,5 Pour 100 54 Enfants ayant l’âge d’entrée à l’école primaire présentement inscrits en première année (SIL) 44,3 Pour 100 55 6 Taux net de fréquentation au primaire 79,6 Pour 100 56 Taux net de fréquentation au secondaire 38,0 Pour 100 Education 57 7 Taux de survie (enfants atteignant la 5ème année du primaire) 90,9 Pour 100 6 Laissés seuls ou sous surveillance d’autres enfants au cours de la dernière semaine xviii RUBRIQUE NUMÉRO DE L’INDICATEUR MICS 3 NUMÉRO DE L’INDICATEUR OMD INDICATEUR VALEUR UNITÉ 58 Taux de transition au secondaire 60,7 Pour 100 59 7b Taux d’achèvement de l’école primaire 22,5 Pour 100 61 9 Indice de parité des sexes pour le taux net de fréquentation (primaire, secondaire) 0,94 ; 0,97 Ratio Alphabétisation 60 8 Taux d’alphabétisation des femmes de 15-24/15-49 ans 65,8/58,9 Pour 100 Protection de l’enfant Enregistrement des naissances 62 Enfants de 0-59 mois dont la naissance est enregistrée 70,1 Pour 100 71 Travail des enfants de 5-14 ans 30,8 Pour 100 72 Enfants de 5-14 ans travaillant tout en allant à l’école 80,2 Pour 100 Travail des enfants 73 Enfants de 5-14 ans élèves tout en travaillant 31,6 Pour 100 Discipline de l’enfant 74 Enfants de 2-14 ans ayant subi une méthode psychologique ou physique de punition 92,0 Pour 100 67 Femmes de 15-49 ans en mariage ou en union avant 15 ans Femmes de 20-49 ans en mariage ou en union avant 18 ans 12,2 41,1 Pour 100 68 Femmes de 15-19 ans mariées ou en union 21,7 Pour 100 70 Femmes de 15-49 ans en mariage ou en union Polygamique 28,4 Pour 100 Mariage précoce et polygamie 69 Femmes de 15-19/20-24 ans actuellement mariées ou en union ayant un écart d’âge de 10 ans et plus avec leur conjoint 37,5/38,5 Pour 100 Handicap de l’enfant 101 Enfants de 2-9 ans ayant au moins un handicap 22,5 Pour 100 VIH/Sida, comportement sexuel, orphelins et enfants vulnérables 82 19b Connaissance générale ou parfaite sur la prévention du VIH7 28,9 Pour 100 89 Connaissance des trois modes de transmission du VIH de la mère à l’enfant 49,9 Pour 100 86 Femmes pas d’accord avec l’attitude discriminatoire 17,8 Pour 100 87 Femmes connaissant un endroit du test du VIH 70,9 Pour 100 88 Femmes ayant effectué le test du VIH 35,6 Pour 100 90 Femmes ayant reçu des informations sur la prévention du VIH durant les visites prénatales 57,8 Pour 100 Connaissances et attitudes 91 Femmes testées durant les visites prénatales ayant reçu les résultats 36,4 Pour 100 84 Femmes de 15-19 ans ayant eu des rapports sexuels avant 15 ans 13,4 Pour 100 92 Femmes ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 mois précédant l’enquête avec un homme de 10 ans ou + plus âgé 27,2 Pour 100 83 19a Femmes de 15-24 ans ayant utilisé un condom au cours du dernier rapport avec un partenaire occasionnel 61,8 Pour 100 Comportement sexuel 85 Femmes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels avec un partenaire occasionnel (autre que le mari ou le concubin) au cours de l’année écoulée 44,9 Pour 100 75 Enfants de 0-17 ans dont un ou les deux parents sont décédés 10,5 Pour 100 78 Enfants de 0-17 ans ne vivant pas avec un parent biologique 16,5 Pour 100 76 Enfants de 0-17 ans vulnérables 11,5 Pour 100 77 20 Fréquentation scolaire des enfants orphelins de père et de mère/enfants dont les parents sont vivants (non orphelins) 0,91 Ratio 81 Enfants de 0-17 ans OEV dont le ménage a reçu un support externe 9,3 Pour 100 79 Insuffisance pondérale, retard de croissance, émaciation OEV/non OEV 0,75 ; 0,96 ; 0,54 Ratio Support pour OEV 80 Femmes de 15-17 ans ayant eu des rapports sexuels avant 15 ans OEV/non OEV 0,94 Ratio Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006. 7 La connaissance générale sur la prevention du VIH est l’aptitude à identifier deux moyens de prévention et trois idées fausses (préjugés). Résumé analytique xix RESUME ANALYTIQUE CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES La population du Cameroun est relativement jeune. Elle est constituée à 63% de personnes âgées de moins de 25 ans. Les enfants de moins de 5 ans représentent 15% et les femmes de 15-49 ans 21%. La structure générale de cette population est la suivante : 44% de moins de 15 ans, 52% de 15-64 ans et 4% de plus de 64 ans. Le rapport de masculinité est de 98 hommes pour 100 femmes. Les ménages sont à 74% dirigés par les hommes. La taille des ménages est de 5 personnes en moyenne. Sur le plan religieux, avec 37%, la religion catholique est la plus citée parmi les chefs de ménage, suivie de la religion protestante avec 27%, l’islam avec 19%, l’animisme avec 5% et 12% pour les autres. La majorité des femmes de 15-49 ans (60%) sont mariées ou vivent en union. Six femmes de 15-49 ans sur dix (59%) sont alphabétisées. Cette proportion se situe à 66% chez celles de 15-24 ans et varie de 18% au Nord à 93% à Yaoundé. CARACTERISTIQUES DES LOGEMENTS ! Source d’eau de boisson L’eau de boisson utilisée par les membres du ménage provient à 69% d’une source améliorée et principalement du robinet (40%). En deuxième recours, 22% des ménages s’approvisionnent dans des puits améliorés. Une personne sur cinq, soit 20%, dispose d’une source améliorée à domicile. Les personnes en charge de la collecte de l’eau à l’extérieur mettent en moyenne 26 minutes pour le faire. La recherche de l’eau pour le ménage est dans 46% de cas assurée par les femmes de plus de 15 ans. La proportion d’hommes de cette tranche d’âges qui assurent cette tâche est de 20%. Environ neuf ménages sur dix (88%) boivent l’eau sans aucun traitement préalable. ! Assainissement Le tiers de la population (33%) utilise une installation sanitaire améliorée. Cette proportion s’élève à 52% en milieu urbain contre 15% en milieu rural. Les latrines couvertes (21%) sont les sanitaires améliorés les plus usités. L’élimination des excréta des enfants de 0-2 ans se fait globalement de façon adéquate avec 65% de cas éliminés à travers les latrines. ! Matériau du sol Un ménage sur deux (50%) occupe un logement dont le sol est fait de matériaux rudimentaires. Quarante deux pour cent des logements ont un sol cimenté. En milieu urbain, le sol est dans 64% de cas cimenté. En revanche, les sols en terre ou en sable sont les plus répandus en milieu rural (79%). ! Matériau du toit La tôle est le matériau de revêtement du toit le plus utilisé par les ménages (76%). En milieu urbain, 90% en font usage contre 60% en milieu rural. ! Matériau de revêtement du mur Le ciment est utilisé par 38% de ménages comme matériau de revêtement du mur. En milieu urbain, ce pourcentage est de 60% contre 17% en milieu rural. ! Sources d’énergie et possession des biens durables Un ménage sur deux (50%) fait usage d’énergie électrique pour l’éclairage. Plus de huit ménages sur dix (82%) en milieu urbain et moins de deux ménages sur dix (16%) en milieu rural ont recours à cette source d’énergie. Résumé analytique xx En ce qui concerne les biens durables, 62% des ménages possèdent un poste de radio et 30% un poste de télévision. Pour la préparation et la conservation des repas, 28% de ménages ont une cuisinière et 12% un réfrigérateur ou un congélateur. Pour les déplacements, 15% de ménages ont une bicyclette et 8% une motocyclette. La superficie moyenne de terre cultivable pour l’ensemble des ménages est de 3 hectares. Soixante trois pour cent des ménages ont au moins un membre qui dispose d’une parcelle de terre cultivable. Près de quatre ménages sur dix (39%) abritent un membre possédant un troupeau ou des animaux de ferme. ETAT NUTRITIONNEL ET ALLAITEMENT MATERNEL DES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS ! Etat nutritionnel Les résultats anthropométriques montrent que 19,3% d’enfants de moins de 5 ans souffrent d’une insuffisance pondérale modérée, dont 5,2% pour la forme sévère. Les deux formes touchent proportionnelle- ment plus de garçons (21,1% et 5,8%) que de filles (17,3% et 4,7%). La forme sévère touche relativement plus d’enfants au Nord (14,6%) et à l’Extrême-Nord (11,0%). Elle est plus prononcée en milieu rural (7,2%) qu’en milieu urbain (2,7%). Le retard de croissance modéré touche 30,4% d’enfants, dont 12,6% pour la forme sévère. Les deux formes touchent relativement plus les garçons (32,6% et 13,5%) que les filles (28,1% et 11,7%). La malnutrition chronique sévère est plus répandue chez les enfants des provinces du Nord (21,5%) et de l’Extrême-Nord (16,2%). Les enfants de moins de 5 ans vivant en milieu rural sont 16,7% à souffrir de malnutrition chronique sévère contre 7,3% chez ceux du milieu urbain. Six pour cent d’enfants de moins de 5 ans ont une émaciation modérée (déperdition), dont 1,2% pour la forme sévère. Les garçons sont relativement plus nombreux (6,7% et 1,5%) que les filles (5,5% et 0,9%) à souffrir des deux formes de cette malnutrition. Les taux de 2,9% et 2,8% observés dans le Nord et l’Extrême-Nord font de ces deux provinces les plus affectées par la forme sévère d’émaciation. La prévalence de la forme sévère est de 1,6% chez les enfants vivant en milieu rural et de 0,7% en milieu urbain. ! Allaitement maternel Au cours du premier mois suivant l’accouchement, bien que 94% des enfants soient allaités, 38% reçoivent exclusivement le lait maternel; 33% reçoivent en plus de l’eau et 23% sont nourris au sein et avec des aliments de complément. L’allaitement maternel n’est exclusif que pour 21% d’enfants de 0-5 mois. Vingt cinq pour cent de ceux dont les mères ont le niveau de l’enseignement du primaire ou plus sont exclusivement allaités au sein, contre 13% dont les mères sont sans instruction. Seulement 20% des femmes ont allaité dès la première heure suivant l’accouchement. Cette proportion est de 22% en cas d’assistance par un personnel qualifié contre 16% par un personnel non qualifié. Elle varie de 6% au Littoral à 35% à Yaoundé. ! Consommation de sel et supplémentation en vitamine A Le sel iodé à au moins 25 ppm, est consommé par 49% de ménages. Sa consommation est de 54% en milieu urbain et de 44% en milieu rural. Cette proportion varie de 31% dans le Centre à 74% à Douala. Au cours des 6 mois ayant précédé l’enquête, 58% d’enfants de 6-59 mois ont reçu des suppléments de vitamine A. La supplémentation est plus répandue en milieu rural (62%) qu’en milieu urbain (52%). Le Littoral (32%) a le taux le plus faible et le Nord-Ouest le plus élevé (80%). La proportion des mères ayant déclaré avoir reçu la vitamine A après l’accouchement est de 38%. Les femmes vivant en milieu urbain Résumé analytique xxi sont relativement plus nombreuses à l’avoir reçu (46%) que celles du milieu rural (33%). Le Nord enregistre la plus faible proportion (19%). Parmi les femmes ayant reçu une supplémentation en vitamine A, 32% l’ont reçu le jour de l’accouchement et le lendemain et 19% le même jour et dans les huit semaines après l’accouchement. SANTE DE L’ENFANT ! Couverture vaccinale Neuf enfants de 12-23 mois sur dix (89%) ont reçu le BCG avant l’âge de 12 mois, contre 72% pour la troisième dose de DTCoq, 67% pour la troisième dose de Polio, 73% pour la rougeole, 54% pour la fièvre jaune et 34% pour la troisième dose du vaccin contre l’hépatite B. Le pourcentage d’enfants de 12-23 mois qui ont reçu huit doses des vaccins inscrits au Programme Elargi de Vaccination (PEV), à savoir : BCG, DTCoq 1, 2 et 3, Polio 1, 2 et 3, Rougeole, se situe à 49% avant l’âge de 12 mois. Dans l’ensemble, 57% d’enfants de 12-23 mois étaient complètement vaccinés à un moment quelconque. Ce taux se situe à 64% en milieu urbain et à 52% en milieu rural. Par contre, 5% n’avaient reçu aucun vaccin. La proportion d’enfants complètement vaccinés est de 43% chez les mères/personnes en charge sans instruction, de 58% chez celles ayant le niveau de l’enseignement primaire et de 71% chez celles ayant le niveau de l’enseignement secondaire ou plus. Morbidité et soins des enfants ! Diarrhée Dix neuf pour cent d’enfants de 0-59 mois ont souffert de la diarrhée au cours des deux semaines précédant l’enquête. Parmi ceux-ci, 19% ont reçu une Solution de Réhydratation par voie Orale (SRO). Le taux d’utilisation d’une SRO passe de 7% au Nord à 50% à Douala. Durant l’épisode de diarrhée, 9% d’enfants ont été pris en charge à domicile. Vingt deux pour cent ont reçu une autre solution de réhydratation orale ou augmenté la prise de liquide et poursuivi l’alimentation. La source publique est la plus usitée pour l’approvisionnement (57%) en sachet de SRO pour traiter la diarrhée. Cependant, seulement 3% y sont donnés gratuitement. Le prix médian du sachet de SRO est de 175 FCFA dans le public et de 200 FCFA dans le privé. ! Infections respiratoires aiguës (IRA) Dans l’ensemble, 8% d’enfants ont eu un cas suspecté de pneumonie ou IRA et seuls 35% des parents ont recherché un traitement auprès d’un fournisseur approprié. Les plus fortes prévalences sont enregistrées dans les provinces du Nord (18%) et de l’Extrême- Nord (9%), en milieu rural (9%) et chez les enfants de mères sans instruction (10%). Les établissements privés sont à 38% la source privilégiée d’approvisionnement en antibiotique en cas d’IRA. Les établisse- ments publics sont sollicités à 31%. Le coût médian des antibiotiques est de 1 600 FCFA dans le public et de 2 586 FCFA dans le privé. ! Paludisme Dix sept pour cent d’enfants de 0-59 mois ont eu de la fièvre au cours des deux semaines précédant l’enquête. La prévalence est de 25% chez les enfants de 12-23 mois. Parmi les enfants malades qui ont été traités, 58% ont pris un antipaludique approprié, dont 38% dans les 24h qui ont suivi l’apparition des symptômes. Le médicament le plus utilisé est la quinine (30%). La prise de l’association Amodiaquine-Artésunate est faible et a concerné 1% de cas. Trente deux pour cent d’enfants souffrant de fièvre ont reçu un antipaludique provenant Résumé analytique xxii d’un établissement public. Le même taux est observé dans le privé. Le prix médian de l’antipaludique est de 1 215 FCFA dans le public et de 2 500 FCFA dans le privé. Trente deux pour cent de ménages disposent d’au moins une moustiquaire dont 4% d’une moustiquaire imprégnée. Près de six ménages sur dix (57%) disposant de moustiquaires imprégnées, les ont obtenues d’une source publique. La moitié de ces moustiquaires (50%) ont été acquises gratuitement. Le prix médian des moustiquaires traitées est de 3 500 FCFA dans le public et de 3 684 FCFA dans le privé. NUPTIALITE ET SANTE DE LA REPRODUCTION ! Situation maritale des femmes de 15-49 ans Parmi les femmes de 15-49 ans, 60% étaient mariées ou en union, 10% étaient veuves ou divorcées ou séparées et 30% étaient célibataires. Le mariage ou l’union est plus répandu en milieu rural (73%) qu’en milieu urbain (50%). ! Polygamie Les femmes de 15-49 ans sont à 27% en mariage polygamique. Le mariage polygamique est plus répandu en milieu rural (35%) qu’en milieu urbain (18%). ! Âge au premier mariage des femmes de 15-49 ans Avant l’âge de 15 ans, 12% des femmes de 15-49 ans sont mariées ou en union. Cette proportion est au dessus de la moyenne nationale à l’Extrême-Nord (31%), au Nord (24%), dans l’Adamaoua (22%) et à l’Est (18%). Le phénomène est plus prononcé en milieu rural (18%) qu’en milieu urbain (7%). La proportion de femmes mariées ou en union avant l’âge de 15 ans passe de 32% chez les femmes sans instruction à 12% chez celles du niveau de l’enseignement primaire et à 2% chez celles ayant au moins le niveau de l’enseignement secondaire. ! Âge aux premiers rapports sexuels Sept femmes de 15-24 ans sur dix (69%) ont eu leur premier rapport sexuel avant 22 ans. L’âge médian de ces femmes aux premiers rapports sexuels est de 16 ans. Il est de 17 ans en milieu urbain et de 15 ans en milieu rural. Cet âge passe de 15 ans chez les femmes des ménages du quintile le plus pauvre à 17 ans chez celles du quintile le plus riche. La proportion de celles ayant eu des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans, 18 ans et 20 ans, est respectivement de 14%, 52% et 66%. ! Activité sexuelle récente Près de quatre femmes sur dix (37%) de 15- 24 ans ont déclaré être sexuellement actives au cours des quatre semaines ayant précédé l’enquête. Cette proportion passe de 26% à l’Ouest à 53% à l’Est. Les femmes du milieu rural (44%) ont relativement été plus actives que celles du milieu urbain (33%). La proportion des femmes ayant eu des rapports sexuels baisse avec le niveau d’instruction de la femme. ! Connaissance et utilisation actuelle des méthodes contraceptives Parmi les femmes de 15-49 ans mariées ou en union, 29% utilisent une méthode contraceptive. Ce taux est de 37% en milieu urbain et de 23% en milieu rural. L’utilisation des contraceptifs est presque inexistante dans la province de l’Extrême- Nord où seulement 3% des femmes considérées utilisent actuellement une méthode contraceptive. La proportion des femmes sans instruction utilisant une méthode contraceptive est de 11%. ! Connaissance et utilisation par le passé des méthodes contraceptives La proportion de femmes de 15-49 ans qui ont utilisé une méthode contraceptive à un moment quelconque est de 40%. L’Extrême- Nord avec 5% affiche le taux le plus bas. Par le passé, le condom masculin (10%) a été Résumé analytique xxiii relativement la méthode moderne la plus utilisée. ! Soins prénatals Quatre vingt quatre pour cent des femmes de 15-49 ans ayant donné une naissance vivante au cours des deux années précédant l’enquête ont reçu au moins une fois des soins prénatals. Parmi les femmes suivies, 74% l’ont été par un prestataire qualifié. Parmi les femmes ayant donné une naissance vivante au cours des deux années précédant l’enquête, 69% ont effectué un test sanguin, 79% ont vu leur tension artérielle relevée, 70% leur urine examinée et 81% leur poids mesuré. Plus de sept femmes sur dix (73%) sont vaccinés contre le tétanos selon les normes. Pour prévenir un accès palustre, 65% de femmes de 15-49 ans ayant donné une naissance vivante ont pris des médicaments antipaludiques. La quinine (25%) est l’antipaludique le plus utilisé. ! Accouchements Quarante trois pour cent de femmes enceintes ont accouché dans des formations sanitaires. En milieu rural, plus de la moitié, soit 55% des accouchements, ont eu lieu à domicile. Pendant l’accouchement, 59% de femmes ont été assistées par un personnel qualifié. Les naissances assistées par une accoucheuse traditionnelle et une parente/amie sont le plus souvent intervenues en milieu rural (15% et 29%), à l’Est (34% et 26%) et à l’Extrême- Nord (20% et 47%). ! Caractéristiques du nouveau-né Cinquante neuf pour cent de nouveau-nés ont été pesés à la naissance. Parmi ceux-ci, 11% avaient un poids inférieur à 2 500 grammes. Selon l’appréciation des mères/personnes en charge, 19% ont déclaré que leurs enfants étaient très gros, 22% plus gros que la moyenne, 41% moyens, 12% plus petits que la moyenne et 6% très petits. DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT ! Soutien familial dans l’apprentis- sage Quarante trois pour cent d’enfants de 0-59 mois ont bénéficié du soutien des membres de leur ménage dans au moins quatre activités de promotion de l’apprentissage et de préparation aux études. Avec moins de quatre enfants sur dix qui ont profité de cet encadrement, les régions du Littoral, de l’Adamaoua, de l’Ouest et du Centre enregistrent les plus faibles proportions. Environ 38% d’enfants bénéficient de l’encadrement de leur père dans au moins une activité de promotion de l’apprentissage, et de préparation aux études. Ce pourcentage est de 39% chez les garçons et de 36% chez les filles. ! Matériels d’apprentissage Près de la moitié des enfants de moins de 5 ans (49%) vivent dans un ménage disposant d’au moins trois livres pour adultes, et 8% vivent dans des ménages possédant au moins trois livres pour enfants. Les enfants du milieu urbain (70% et 14%) ont plus de chance de vivre dans de tels ménages que ceux du milieu rural (32% et 4%). Ces taux passent de 19% et 4% pour les enfants dont la mère ou personne en charge est sans instruction à 78% et 16% pour ceux dont la mère ou personne en charge a le niveau de l’enseignement secondaire ou plus. En outre, 21% d’enfants s’amusent avec au moins trois des quatre objets retenus pour l’étude. Cette proportion varie de 9% à Douala à 37% dans le Sud-Ouest. Toutefois, 18% ne jouent avec aucun des jouets cités. Par ailleurs, 51% des enfants des ménages du milieu urbain s’amusent avec des jouets achetés dans un magasin contre 17% pour ceux du milieu rural. Les proportions d’enfants jouant avec des objets domestiques et les objets et matériels trouvés hors des Résumé analytique xxiv ménages sont plus élevées en milieu rural (60% et 60%) qu’en milieu urbain (42% et 41%). ! Garde des enfants de moins de 5 ans Trente six pour cent d’enfants de moins de 5 ans, filles comme garçons, ont été laissés sous une garde inadéquate au cours de la semaine précédant l’enquête. Ce pourcentage varie de 55% au Nord-Ouest à 21% à Yaoundé. En milieu rural il est de 42% contre 28% en milieu urbain. EDUCATION ! Education de base L’éducation de base comprend deux enseignements : l’enseignement préscolaire ou la maternelle prévu pour les enfants de 36-59 mois et l’enseignement primaire destiné à ceux de 6 à 11 ans. La proportion d’enfants de 36-59 mois, filles comme garçons, fréquentant un établisse- ment de l’enseignement préscolaire est de 22%. Les provinces du Nord (2%) et de l’Extrême-Nord (5%) affichent les taux les plus bas, Yaoundé (54%) le plus élevé. En milieu urbain, 37% d’enfants suivent ce type d’enseignement contre 10% en milieu rural. Ce taux passe de 6% chez les enfants de mères ou personnes en charge sans instruction à 48% chez ceux dont les mères ou personnes en charge sont du niveau de l’enseignement secondaire ou plus. Le pourcentage d’enfants admis en première année du primaire et ayant suivi un programme d’enseignement préscolaire est de 19%. Parmi les enfants ayant l’âge d’entrée à l’école primaire, 44% sont inscrits en première année (SIL). Ce pourcentage est de 46% chez les garçons et de 42% chez les filles. Il varie de 19% à l’Extrême-Nord à 71% au Centre et au Sud-Ouest. Le taux net de fréquentation au primaire est de 80%. Les garçons sont relativement plus scolarisés (82%) que les filles (77%). L’Extrême-Nord (49%), le Nord (55%) et l’Adamaoua (60%) affichent des taux inférieurs à la moyenne nationale. Sur 100 enfants, filles ou garçons, inscrits en première année du primaire (SIL), 91 atteignent la cinquième année (CM1)8. Le taux de redoublement est plus élevé en première année (34%) et en sixième année (25%). Le taux net d’achèvement au primaire est de 23%. Il est respectivement de 18% chez les garçons et de 27% chez les filles. Il varie de 3% au Nord à 57% à Douala et se situe à 36% en milieu urbain contre 10% en milieu rural. Le taux de transition au secondaire, autant chez les filles que chez les garçons, s’élève à 61%. Il est de 70% en milieu urbain et de 47% en milieu rural. La proportion d’enfants de 6-11 ans ayant le livre de lecture est de 57%, de 42% pour le livre de mathématiques et de 24% pour celui de sciences d’observations. Toutefois, seulement 22% disposent des trois livres. ! Enseignement secondaire Le taux net de fréquentation dans l’enseigne- ment secondaire est de 39% chez les garçons et de 37% chez les filles. Il varie de 9% au Nord à 68% à Yaoundé et se situe à 55% en milieu urbain et à 19% en milieu rural. ! Alphabétisation des femmes de 15- 24 ans Deux femmes de 15-24 ans sur trois sont alphabétisées en 2006. Les femmes du milieu urbain sont relativement plus alphabétisées (82%) que celles du milieu rural (41%). Le Nord (18%), l’Extrême-Nord (22%) et l’Adamaoua (38%) enregistrent les taux d’alphabétisation les plus faibles. 8 Pour le calcul de cet indicateur dans le cadre de cette enquête, l’on fait l’hypothèse qu’un enfant évolue ou sort du système. Par conséquent, les redoublants ne sont pas pris en compte dans le calcul de l’indicateur. Résumé analytique xxv PROTECTION DE L’ENFANT ! Enregistrement des naissances Soixante dix pour cent de naissances des enfants de moins de 5 ans étaient enregistrées. Les provinces du Sud-Ouest (36%), du Nord (55%), de l’Est (56%) et de l’Adamaoua (58%) sont largement en dessous de la moyenne nationale. La proportion de naissances enregistrées passe de 54% lorsque la mère ou personne en charge de l’enfant est sans instruction, à 82% quand elle a au moins le niveau de l’enseignement secondaire. La même tendance est observée avec le quintile de l’indice de richesse (de 51% à 91%). Cette proportion est de 86% en milieu urbain et de 58% en milieu rural. Les motifs du non-enregistrement des naissances des enfants sont principalement le coût élevé (35%) et la non-perception de l’utilité (18%). ! Handicap des enfants de 2-9 ans Le handicap tel que déclaré par la mère ou personne en charge touche globalement 22% d’enfants de 2-9 ans. Les garçons sont proportionnellement plus nombreux (24%) à avoir un handicap que les filles (21%). Les provinces du Sud et de l’Est présentent les proportions les plus élevées, 35% et 33% respectivement. Parmi les neuf handicaps retenus, le retard pour s’asseoir ou se tenir debout (7%), l’incapacité de parler distinctement (6%) et les difficultés pour comprendre les instructions (5%) sont relativement les plus déclarés. ! Travail des enfants de 5-14 ans Trente un pour cent d’enfants de 5-14 ans travaillent, dont 16% dans l’entreprise familiale. Le travail des enfants touche autant les garçons (31%) que les filles (30%). Le travail rémunéré en dehors du ménage, le travail non rémunéré en dehors du ménage et le travail de l’enfant pour l’entreprise familiale qui sont les formes du travail de l’enfant à éliminer touchent respectivement 2%, 11% et 16% d’enfants. La situation du Littoral où 25% d’enfants exercent une activité non rémunérée en dehors du ménage et celle du Nord-Ouest avec 42% d’enfants qui travaillent pour l’entreprise familiale sont les plus préoccupantes. Le pourcentage d’enfants qui fréquentent tout en travaillant est de 80% et ceux qui travaillent tout en fréquentant est de 32%. Les garçons sont relativement plus nombreux à travailler tout en allant à l’école (83%) que les filles (77%). ! Discipline des enfants de 2-14 ans Quatre vingt douze pour cent d’enfants ont subi une punition d’ordre physique ou psychologique. Il n’existe pas de disparité selon le sexe des enfants. Parmi les modes de discipline utilisés, les violences psycholo- giques (85%) et les punitions physiques mineures (75%) sont les plus fréquentes. CONNAISSANCES, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-A-VIS DU VIH/SIDA ! Connaissances du VIH et de ses modes de transmission La quasi-totalité des femmes de 15-49 ans (95%) ont déclaré avoir entendu parler du VIH/Sida. Seulement 54% des femmes ont déclaré connaître les trois modes de prévention de la transmission du VIH. En outre, trois femmes sur dix (29%) ont une connaissance générale de la transmission du VIH/Sida et une femme sur deux connaît tous les trois modes de transmission du VIH/Sida de la mère à l’enfant. Par ailleurs, huit sur dix de ces femmes ayant une connaissance générale ont approuvé au moins une attitude discriminatoire vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH/Sida. Parmi les femmes de la tranche 15-24 ans, sept femmes sur dix ont eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois et environ six femmes sur dix ont utilisé un condom lors des derniers rapports sexuels Résumé analytique xxvi avec un partenaire non marié ou non cohabitant. ! Test du VIH et retrait des résultats Sept femmes sur dix en âge de procréer connaissent un endroit où l’on peut effectuer le test du VIH. Seulement 36% ont déclaré avoir effectué le test de dépistage. Parmi ces femmes, 93% ont obtenu les résultats après le test. ! Enfants orphelins ou vulnérables La proportion d’enfants de 0-17 ans orphelins d’au moins un parent biologique est de 11%. Celle des enfants qui ne vivent pas avec leurs deux parents biologiques est de 17% et se situe à 12% pour les enfants vulnérables. En dehors des enfants qui ne vivent pas avec leurs parents biologiques (15% pour les garçons et 18% pour les filles), l’on n’observe pas de différence selon le sexe pour les autres situations. Le rapport du taux de fréquentation des enfants orphelins ou vulnérables à celui des enfants ni orphelins ni vulnérables est 0,91. Ce qui traduit un léger déséquilibre en défaveur des enfants orphelins ou vulnérables. Ce rapport varie de 0,45 dans l’Adamaoua à 1,05 dans le Nord-Ouest S’agissant du soutien aux enfants orphelins ou vulnérables, 9% vivent dans des ménages qui ont bénéficié. Parmi les quatre supports mentionnés, le plus cité est psychologique ou émotionnel (6%). PARTICIPATION DE LA FEMME AU DEVELOPPEMENT ! Vie économique de la femme La proportion des femmes de 15-49 ans ayant une occupation rapportant des ressources en nature ou en espèces est de 61%. Elle varie de 49% à Douala à 79% à l’Est et se situe à 51% en milieu urbain contre 74% en milieu rural. Les femmes occupées par l’agriculture représentent 26% des femmes de 15-49 ans, contre 21% par le commerce, 10% par l’administration ou les services, 4% par l’industrie et 1% par des activités diverses non déclarées. S’agissant de l’allocation journalière du temps, le repos occupe 10,7 heures, suivi du travail productif pour son propre compte avec 2,2 heures, les autres travaux pour 2,1 heures et les travaux de nettoyage ou lavage ou soins des enfants ou courses pour 1,7 heures. En dehors des études et des travaux domestiques (1 heure), les autres types d’occupation prennent moins d’une heure. ! Participation de la femme à ses propres dépenses et à celles du ménage Parmi les femmes de 15-49 ans, 62% prennent en charge partiellement ou totalement leurs propres dépenses et 54% contribuent aux dépenses du ménage. Selon les postes de dépense, 88% contribuent à leur habillement, 70% à leur alimentation, 65% pour leur santé et soins personnels, 11% pour leur éducation. Pour ce qui est des dépenses du ménage, 92%, 69%, 58% et 50% de femmes, contribuent respectivement aux dépenses d’alimentation, d’habillement, de santé et soins personnels et d’équipement de la maison. ! Vie associative et politique des femmes Près de la moitié des femmes de 15-49 ans (45%) sont membres d’au moins une association. Elles sont 11% à y occuper un poste de responsabilité. Elles sont 30% à adhérer aux associations de tontines et 17% aux associations religieuses. Dans le quartier, le village ou la ville, 1% de femmes assume une responsabilité, même si on les retrouve quelque fois dans les centres de décision (chefferie de quartier ou village, mairie ou conseil municipal). ! Accès aux moyens de production Six femmes sur cent sont propriétaires exclusives d’une maison, dont 1,6% avec Résumé analytique xxvii titre foncier. Cet indicateur est de 7% pour les femmes propriétaires exclusives de terrain, dont 1,3% avec titre foncier. Seulement 12% de femmes ont obtenu un crédit d’investissement au cours des 24 derniers mois précédant l’enquête. La moitié de ces crédits (53%) provient du secteur informel notamment les tontines, et 36,4% des parents ou des amis. Ces crédits ont principalement financé les dépenses de santé (27%), les activités génératrices de revenus (25%) et les frais de scolarité (15%). ETAT DE SANTE DES POPULATIONS ET DEPENSES DE SANTE DES MENAGES ! Taux de morbidité Quatre ménages sur dix ont enregistré au moins un cas de maladie, d’affection de longue durée ou de blessure au cours des trente jours ayant précédé l’enquête. Au total, 12% des membres de ménages ont été malades au cours de cette période. Le taux de morbidité est de 7% chez les femmes contre 5% chez les hommes. Les enfants de moins de 5 ans et les personnes de plus de 50 ans sont relativement plus vulnérables avec des taux de morbidité de 21% et 20% respectivement. Selon l’appréciation des chefs de ménage, 26% de cas de maladie étaient graves, 40% modérés et 34% légers. Le Sud (45%) et le Centre (43%) apparaissent comme les provinces où les cas de maladie jugés graves ont été relativement les plus enregistrés. ! Types de structure de soins sollicités Quarante quatre pour cent des malades ont recouru à l’automédication, contre 26% et 17% à des structures médicales publiques et privées respectivement. La proportion des malades qui ont eu recours à une structure informelle est de 8%. Il s’agit surtout des vendeurs à la sauvette, des tradipraticiens, et des guérisseurs religieux. ! Financement des dépenses de santé Quatre vingt dix pour cent des dépenses de santé sont prises en charge par les membres du ménage. Les personnes étrangères au ménage interviennent dans un cas sur dix (10%). Dans 62%, 24% et 8% de cas, le financement de la dépense de santé provient respectivement du salaire ou argent disponible, de l’épargne et des emprunts avec ou sans intérêt. Cependant, en termes de montant, c’est l’épargne qui finance le plus les dépenses de santé (93%). ! Dépenses de santé à titre curatif La structure des dépenses de santé curative révèle que l’achat de médicaments représente la part la plus importante (81%); il est suivi de la consultation, des soins et de l’hospitalisation (14%). Les dépenses de transport ne représentent que 3%. En moyenne, la dépense mensuelle de santé curative par personne est estimée à 1 454 FCFA. La dépense de santé curative est plus élevée chez les femmes (1 671 FCFA) que chez les hommes (1 222 FCFA). Les ménages urbains (1 948 FCFA) dépensent plus que les ménages ruraux (971 FCFA) au titre de la santé curative. ! Dépenses de santé à titre préventif Seulement 14% des ménages ont effectué des dépenses de santé préventive. Celles-ci s’élèvent en moyenne par ménage à 651 FCFA. La dépense moyenne se situe à 994 FCFA en milieu urbain contre 310 FCFA en milieu rural. ! Dépenses effectuées pour les membres décédés ou les visiteurs Environ 6% des ménages ont effectué des dépenses pour des membres décédés ou les visiteurs. La dépense moyenne dans ce cas est de 1 336 FCFA. Elle se situe à 2 062 FCFA en milieu urbain et à 602 FCFA en milieu rural. Présentation générale du Cameroun 1 CHAPITRE I : PRESENTATION GENERALE DU CAMEROUN Ce chapitre a pour objet de présenter de façon panoramique le Cameroun. Les éléments qui seront mis en évidence dans la suite concernent entre autres les milieux naturel et humain, les principaux repères démographiques, l’organisation administrative et politique et les principaux repères macroéconomiques. I.1 MILIEU NATUREL Le Cameroun est situé en Afrique au Sud du Sahara. Son territoire couvre une superficie de 475 650 km2 dont 466 050 km2 de superficie continentale et 9 600 km2 de superficie maritime. Il s’étire du 2ème au 13ème degré de latitude Nord et du 9ème au 16ème degré de longitude Est. Cette extension spatiale, associée à un relief contrasté, confèrent au pays une très grande diversité écologique. Le pays se subdivise en quatre grandes zones agro-écologiques ainsi qu’il suit : ! la plaine côtière (relief doux et pluviométrie abondante), couverte par une végétation luxuriante, comprend les provinces du Littoral et du Sud-Ouest ; ! le plateau sud camerounais couvrant les provinces du Sud, du Centre et de l’Est, offre des conditions climatiques propres au développement de la forêt dense ; ! les hauts plateaux de l’ouest couvrent les provinces de l’Ouest et du Nord-Ouest et présentent une végétation de type grassfields ; ! la zone soudano-sahélienne, caractérisée par la savane et la steppe, comprend les trois provinces septentrionales que sont l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord. Le territoire de la République du Cameroun est limité au Nord-Est par la République du Tchad, à l’Est par la République Centrafricaine, au Sud par les Républiques du Congo, du Gabon et de la Guinée Équatoriale et à l’Ouest par la République Fédérale du Nigeria. Le pays dispose également d’une ouverture de 400 km sur l’Océan Atlantique. I.2 MILIEU HUMAIN Depuis 1960, année de son accession à l’indépendance, le Cameroun a organisé trois grandes opérations de dénombrement de sa population notamment en 1976, 1987 et 2005. En attendant la publication des résultats du troisième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 3) de 2005, les estimations situent l’effectif de la population autour de 17 000 000 d’habitants en 2004. Il existe environ 230 ethnies au Cameroun réparties en six grands groupes humains, à savoir : ! les Soudanais, les Hamites et les Sémites vivent dans les provinces de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord ; ! les Bantous, les apparentés aux Bantous et les Pygmées habitent les autres provinces. Plusieurs religions sont pratiquées au Cameroun en l’occurrence le christianisme, l’islam et l’animisme. Présentation générale du Cameroun 2 Il en découle une diversité culturelle qui présente néanmoins des traits communs en matière de perception du mariage, de la fécondité et de l’attachement à l’enfant. I.3 PRINCIPAUX REPERES SOCIODEMOGRAPHIQUES La structure et l’état de la population du Cameroun sont similaires à ceux de la plupart des pays en développement. S’agissant de la structure, elle se caractérise par une relative jeunesse de la population. Plus d’un camerounais sur deux (54%) est âgé de moins de 20 ans. La population active est relativement moins nombreuse que celle à charge (enfants et personnes âgées). Pour ce qui est de la distribution spatiale, la population du Cameroun est inégalement répartie sur le territoire, d’où la grande variabilité de la densité qui croît sensiblement des zones de forêt (plus faibles densités) aux montagnes de l’Extrême-Nord (plus fortes densités). Ce déséquilibre est plus marqué entre les zones urbaines et les zones rurales. Plus d’un camerounais sur deux vit dans une ville. Il en découle une accélération du phénomène d’habitat spontané et précaire (bidonvilisation). De nombreuses villes ne disposent ni d’équipements, ni d’infrastructures en quantité et en qualité suffisantes pour faire face aux flux de nouveaux citadins (l’exode rural), en quête de meilleures conditions de vie. I.4 ORGANISATION ADMINISTRATIVE ET POLITIQUE La Constitution du 18 janvier 1996 consacre une séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Le Président de la République exerce le pouvoir exécutif et est élu au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans renouvelable une fois. Le pouvoir législatif est exercé par l’Assemblée Nationale formée par 180 députés élus pour un mandat de 5 ans renouvelable. Le pouvoir judiciaire quant à lui est exercé par la Cour suprême. La Constitution prévoit également la mise en place d’un Sénat, d’un Conseil constitutionnel et d’une forme décentralisée de l’administration du Cameroun. La carte administrative du Cameroun est constituée par les provinces qui sont divisées en départements eux-mêmes divisés en arrondissements et districts. Le Cameroun compte 10 provinces, 58 départements, 268 arrondissements et 58 districts. Le multipartisme a été réinstauré en décembre 1990 et dès février 1991, les premiers partis politiques ont été légalisés. Le pays compte à ce jour plus de 180 partis politiques qui exercent librement leurs activités sur l’étendue du territoire. Le Cameroun est un pays bilingue, les deux langues officielles sont le français et l’anglais. I.5 PRINCIPAUX REPERES MACROECONOMIQUES La structure économique d’après indépendance reposait essentiellement sur la culture des produits de rente tels que le café et le cacao. À la faveur d’une production relativement abondante et des cours mondiaux stables et soutenus, le pays a connu une croissance économique durable jusqu’à la fin de la première moitié de la décennie 1980. Dès que les cours des produits de rente ont chuté, l’économie faiblement diversifiée a connu une crise profonde. D’abord perçue comme conjoncturelle, la crise est devenue structurelle, affectant toutes les composantes de la vie nationale. Le choc né du tarissement des principales sources Présentation générale du Cameroun 3 pourvoyeuses de devises à l’économie s’est amplifié avec la dévaluation du Franc CFA intervenue le 12 janvier 1994. L’une des conséquences les plus perceptibles de ce double choc fût la baisse drastique des salaires de 1993 et 1994 et la fermeture ou la privatisation des entreprises en ce qui concerne le secteur public. Dans le secteur privé, on a assisté à une compression du personnel, la stagnation voire la baisse des salaires. Tout cela a entraîné la généralisation de la pauvreté au sein de la population camerounaise et l’informalisation de l’économie. En 1996, la moitié de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté. L’appauvrissement des familles a eu pour conséquence la dégradation des indicateurs sociaux en général et celle des indicateurs de santé infantile et maternelle en particulier. La vulnérabilité de la femme s’est également accrue entraînant la précarité de la situation de l’enfant. Pour faire face à ces différents problèmes, les autorités ont tour à tour opté pour l’introduction au cours des années 1990, de la Dimension Sociale dans les Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) et l’élaboration de stratégies de réduction de la pauvreté (SRP) au cours des années 2000. Aujourd’hui, les efforts du pays vont vers la stabilisation durable des grands agrégats macroéconomiques, la continuation de la mise en œuvre des stratégies de réduction de la pauvreté dans le cadre du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à l’horizon 2015. Le produit intérieur brut (PIB) réel du Cameroun est évalué à 8770,5 milliards de francs CFA en 2005. Le revenu par tête est estimé à 1019 $ USA en 2005. Une grande partie de la population du Cameroun dépend de l’agriculture qui représente environ 22,5% du PIB en 2005. L’industrie et le commerce contribuent respectivement pour environ 21% et 57% du PIB. I.6 ENJEUX MAJEURS DU DEVELOPPEMENT A la faveur des retombées de l’allègement de la dette par l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), l’on s’attend à une amélioration durable des conditions de vie des populations. Cette amélioration passe par un accroissement des investissements dans les secteurs sociaux de base que sont la santé et l’éducation. En plus de la viabilisation des secteurs sociaux de base, il est également impératif de promouvoir des investissements dans des domaines susceptibles de générer un grand nombre d’emplois pour résorber le chômage des jeunes. I.7 APPAREIL STATISTIQUE NATIONAL Les données statistiques jouent un rôle de premier plan dans toute action de gestion, de planification ou de programmation du développement. Pour garantir la production des statistiques de qualité, les pouvoirs publics se sont dotés d’un organisme en charge de la statistique : l’Institut National de la Statistique (INS). Depuis sa création, l’INS assure, à travers des enquêtes programmées du type EDS, ECAM, 1-2-3 et MICS, la production des statistiques économiques, financières et sociodémographiques nécessaires à l’élaboration et à l’évaluation des politiques, programmes et projets de développement. En marge de ces enquêtes programmées, l’INS organise des enquêtes à la demande des ministères sectoriels. En plus de l’INS, il existe d’autres structures de production des statistiques regroupées au sein du Conseil National de la Statistique (CNS). Contexte et objectifs 4 CHAPITRE II : CONTEXTE ET OBJECTIFS Ce chapitre présente le contexte et les objectifs de l’enquête MICS 3. II.1 CONTEXTE Le présent rapport est basé sur les résultats de l’Enquête par grappes à indicateurs multiples, traduction française de Multiple Indicators Cluster Survey (MICS 3), réalisée sur l’ensemble du territoire en 2006 par l’Institut National de la Statistique du Cameroun. Cette enquête vise essentiellement à produire des indicateurs de suivi de la réalisation des objectifs et des cibles définis par les conventions internationales récentes. Il s’agit principalement de la Déclaration du Millénaire adoptée en septembre 2000 à l’unanimité par les 191 États membres de l’ONU et du Plan d’action de la campagne « Un Monde Digne des Enfants », adopté par 189 États membres lors de la Session spéciale des Nations Unies sur l’Enfance en mai 2002. Ces deux engagements s’inspirent des promesses faites par la communauté internationale lors du Sommet Mondial sur les Enfants (SME) de 1990. Le Gouvernement du Cameroun, en signant ces conventions internationales, s’est engagé à améliorer les conditions de vie des enfants et à assurer le suivi de la mise en œuvre de ces engagements. L’UNICEF s’engage pour sa part, à l’accompagner dans ce processus en jouant un rôle d’appui (voir Encadré 1). Encadré 1 Un engagement pour l’action : Obligations nationales et internationales de rendre compte Les gouvernements signataires de la Déclaration du Millénaire, de la Déclaration et du Plan d’Action de la campagne « Un Monde Digne des Enfants » s’étaient également engagés à suivre la réalisation des buts et objectifs qui y sont définis. Ainsi avaient-ils déclaré : « Nous assurerons le suivi régulier et l’évaluation au niveau national et, en tant que de besoin, au niveau régional, des progrès accomplis vers les objectifs et les cibles du présent Plan d’action aux échelles nationale, régionale et internationale. En conséquence, nous renforcerons notre capacité statistique nationale en améliorant la collecte, l’analyse et la ventilation des données, notamment par sexe, âge et autres facteurs susceptibles de créer des inégalités, et nous appuierons toute une série de recherches axées sur les enfants. Nous améliorerons la coopération internationale afin d’appuyer les efforts de renforcement des capacités statistiques, et d’accroître les capacités des communautés en matière de suivi, d’évaluation et de planification », (Un Monde Digne des Enfants, paragraphe 60). «…Nous évaluerons périodiquement les progrès réalisés, aux niveaux national et provincial, afin de mieux surmonter les obstacles et d’accélérer l’action.… », (Un Monde Digne des Enfants, paragraphe 61). En outre, le Plan d’action (paragraphe 61) invite spécialement l’UNICEF à s’impliquer dans la préparation des rapports périodiques évaluant les progrès réalisés : « …En tant qu’organisation mondiale, chef de file pour la protection de l’enfance, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance est prié de continuer à préparer et à diffuser, en étroite collaboration avec les gouvernements, les Fonds, Programmes et Institutions spécialisées concernés des Nations Unies, et avec tous les autres acteurs appropriés, le cas échéant, l’information sur les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la présente déclaration et du présent plan d’action ». De même, la Déclaration du Millénaire (paragraphe 31) demande des rapports d’évaluation périodiques : « …Nous demandons à l’Assemblée Générale d’examiner de façon régulière les progrès accomplis dans la mise en œuvre des dispositions de la présente Déclaration et prions le Secrétaire général de faire publier des rapports périodiques, pour examen par l’Assemblée Générale et suite à donner ». Contexte et objectifs 5 Au plan national et dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie de réduction de la pauvreté, le Gouvernement camerounais a décidé de mettre sur pied un dispositif statistique efficace, capable de produire en temps opportun, des informations de bonne qualité pour l’élaboration, le suivi et l’évaluation des politiques et des stratégies adoptées. Placés sous la responsabilité et la coordination de l’Institut National de la Statistique, les travaux relatifs à la mise sur pied de ce dispositif ont à ce jour permis d’élaborer une programmation des opérations du Programme Statistique Minimum (PSM) qui figure dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) du Cameroun adopté en 2003. Pour la mise en œuvre de ce PSM, le Gouvernement camerounais bénéficie de l’appui déterminant des bailleurs, et en particulier celui des Agences du Système des Nations Unies. L’UNICEF participe activement à la mise en œuvre de ce PSM à travers le projet "Statistiques Sociales". L’exécution de ce PSM permet de disposer des principaux indicateurs, notamment les indicateurs de suivi/évaluation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Il convient de souligner que ce PSM a été élaboré de manière participative et a fait l’objet d’un consensus entre les bailleurs de fonds sur la nécessité de la convergence et de la transparence dans le financement de sa mise en œuvre. La troisième9 génération de l’enquête MICS y figure, compte tenu des nombreux indicateurs qui sont produits à l’issue de l’opération, principalement les indicateurs du Plan d’Action « Un Monde Digne des Enfants » (PAMDE) de 2002 et des OMD. La disponibilité des informations statistiques détaillées sur la situation de l’enfant et de la mère est indispensable, car ces informations doivent permettre au Gouvernement et à ses partenaires, notamment l’UNICEF et l’UNFPA, de concevoir et de mettre en œuvre des politiques et des stratégies sectorielles ciblées. Somme toute, la réalisation de l’enquête MICS 3 au Cameroun s’inscrit dans le cadre de l’appui qu’apporte déjà l’UNICEF, depuis plusieurs années au Cameroun et en particulier à l’Institut National de la Statistique au titre du projet "Statistiques Sociales" retenu dans le Programme de Coopération en cours d’exécution. II.2 OBJECTIFS DE L’ENQUETE La MICS 3 vise les principaux objectifs suivants : ! Fournir des indicateurs récents pour l’évaluation de la situation des enfants et des femmes au Cameroun ; ! Fournir les données et les indicateurs nécessaires pour le suivi/évaluation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et pour le Rapport du Plan d’Action Un Monde Digne des Enfants (PAMDE) comme base de l’action future ; ! Contribuer à l’amélioration des systèmes de collecte de données et de suivi/évaluation du Cameroun et au renforcement de l’expertise technique en matière de conception, de mise en œuvre et d’analyse de ces systèmes. 9 Le Cameroun avait participé en 2000 à la réalisation de la deuxième génération de la MICS (MICS 2). Méthode de constitution de l’échantillon de l’enquête 6 CHAPITRE III : MÉTHODE DE CONSTITUTION DE L’ÉCHANTILLON DE L’ENQUÊTE Cette partie présente la méthodologie de l’enquête MICS 3. Elle se décline en cinq points que sont : la constitution et la répartition de l’échantillon, la présentation des outils de la collecte, la formation du personnel de l’enquête, la collecte et le traitement des données. III.1 CONSTITUTION DE L’ECHANTILLON L’échantillon choisi pour l’enquête a été constitué dans le but d’obtenir des estimations basées sur un grand nombre d’indicateurs concernant la situation des enfants et des femmes au niveau national, en zones urbaine et rurale, et ce pour 12 régions : Yaoundé, Douala et les 10 provinces à savoir : Adamaoua, Centre à l’exception de la ville de Yaoundé, Est, Extrême-Nord, Littoral à l’exception de la ville de Douala, Nord, Nord-Ouest, Ouest, Sud et Sud-Ouest. Ces 12 régions ont été identifiées comme domaines d’étude et stratifiées suivant le milieu de résidence. L’échantillon a été tiré suivant un plan de sondage à deux degrés. Au premier degré, des zones de dénombrement ont été tirées dans chaque domaine d’étude avec une probabilité proportionnelle à la taille de la population. Au deuxième degré, on a tiré un nombre variable de ménages, après la mise à jour des cartes des zones tirées (dénombrement des ménages de la zone). Bien que l’échantillon soit stratifié dans chaque domaine d’étude, le plan de sondage retenu ne permet pas d’obtenir un échantillon auto pondéré. Par conséquent, le calcul des coefficients de pondération a été fait de manière à permettre des estimations robustes aux niveaux national, des domaines d’étude et selon les milieux urbain et rural. L’échantillon est constitué de 9 856 ménages au sein desquels on a recensé 9 408 femmes de 15- 49 ans et 6 495 enfants âgés de moins de 5 ans. III.2 RÉPARTITION DE L’ÉCHANTILLON Sur les 9 856 ménages tirés, 9 848 ont été identifiés. Parmi ces derniers, 9 667 ont été effectivement enquêtés avec succès, soit un taux de réponse relativement satisfaisant de 98,2% chez les ménages comme l’indique le Tableau HH.1. Toutes les grappes sélectionnées ont été entièrement couvertes par l’enquête. Dans les ménages identifiés et enquêtés, 9 408 femmes âgées de 15 à 49 ans étaient éligibles pour l’enquête individuelle femme. Parmi celles-ci, 9 009 ont été interrogées avec succès, soit un taux de réponse de 95,8%. En outre, 6 495 enfants de moins de 5 ans ont été recensés et des informations ont été entièrement collectées pour 6 362, ce qui correspond à un taux de réponse de 98,0%. Les taux globaux de réponse10 sont de 94,0% et de 96,2% respectivement chez les femmes de 15- 49 ans et chez les enfants de moins de 5 ans. 10 Le taux global de réponse pour chaque enquête individuelle est obtenu en faisant le produit du taux de réponse de l’enquête ménage par celui de l’enquête individuelle considérée. Méthode de constitution de l’échantillon de l’enquête 7 III.3 QUESTIONNAIRES Trois supports ou questionnaires ont été utilisés pour collecter les données au cours de la MICS 3 au Cameroun. Il s’agit : du questionnaire ménage, du questionnaire femme de 15-49 ans et du questionnaire enfant de moins de 5 ans. Les questionnaires du Cameroun sont conformes aux questionnaires du modèle de la MICS 3 avec quelques modifications et ajouts. Le questionnaire ménage a été enrichi d'un module sur les dépenses de santé. Le questionnaire femme a été enrichi d’un module sur la participation de la femme au développement avec des questions sur l’allocation du temps. Dans le questionnaire enfant de moins de 5 ans, économie a été faite des modules sur les mortalités infantile, infanto- juvénile et maternelle déjà traités par la troisième enquête démographique et de santé du Cameroun (EDSC 3) de 2004. ! Questionnaire ménage Il permet entre autres de collecter les informations sur les caractéristiques démographiques (sexe, âge, lien de parenté) des membres du ménage, ainsi que sur la survie des parents des enfants de moins de 18 ans, sur la fréquentation scolaire des enfants de 5-24 ans, sur le travail des enfants de 5-14 ans, sur la discipline des enfants de 2-14 ans, sur le handicap des enfants de 2-9 ans, sur l’eau et l’assainissement. Il sert aussi à recueillir les données sur les caractéristiques du logement, la possession et l’utilisation des moustiquaires, les orphelins et enfants vulnérables, les dépenses de santé des ménages et l’iodation du sel. A travers le questionnaire ménage, on a identifié les populations cibles (femme de 15-49 ans et enfant de moins de 5 ans) ou éligibles à l’enquête individuelle. A l’exception du panneau d’informations sur le ménage (HH), le questionnaire comprend les modules ci-dessous : o Feuille d’enregistrement des membres du ménage (HL) ; o Éducation (ED) ; o Travail des enfants (CL) ; o Discipline de l’enfant (CD) ; o Handicap des enfants de 2 à 9 ans (DA) ; o Eau et assainissement (WS) ; o Caractéristiques du ménage et de l’habitat (HC) ; o Moustiquaires traitées à l’insecticide (TN) ; o Enfants orphelins et vulnérables (OV) ; o Dépenses de santé des ménages (HE) ; o Iodation du sel (SI). ! Questionnaire femme de 15-49 ans Dans chaque ménage enquêté, un questionnaire femme de 15-49 ans était administré à chaque femme éligible à l’enquête individuelle. Il permettait de collecter les informations sur les caractéristiques sociodémographiques, sur l’anatoxine tétanique, sur la santé des femmes et celle des nouveaux nés, les soins prénatals et post-natals, leur union/mariage, l’utilisation des méthodes de planning familial notamment la contraception, leur comportement sexuel, la connaissance du VIH/Sida et la stigmatisation à l’égard des personnes séropositives et le test du VIH. Il a permis aussi de recueillir des informations sur leur participation au développement. Hormis le panneau d’informations sur la femme (WM), les modules de ce questionnaire sont : Méthode de constitution de l’échantillon de l’enquête 8 o Anatoxine tétanique (TT) ; o Santé de la mère et du nouveau né (MN) ; o Union/Mariage (MA) ; o Sécurité de la propriété (ST) ; o Contraception (CP) ; o Comportement sexuel (SB) ; o VIH/Sida (HA) ; o Participation de la femme au développement (WD). ! Questionnaire enfant de moins de 5 ans Pour chaque enfant de moins de 5 ans11 identifié dans un ménage enquêté, un questionnaire enfant de moins de 5 ans était administré à la mère ou à la personne en charge de cet enfant. Ce questionnaire permettait aux personnes en charge des enfants de moins de 5 ans, de donner les informations relatives à l’enregistrement des naissances à l’état civil, à l’éducation de la petite enfance, au développement de l’enfant, à la vitamine A, à l’allaitement maternel, à la prise en charge des maladies intégrées de l’enfance, au paludisme, aux pratiques nutritionnelles chez ces enfants et à la vaccination des enfants. Il a permis aussi d’enregistrer les mesures anthropométriques de ces enfants en vue du calcul des indices nutritionnels. En plus du panneau d’informations sur l’enfant (UF), les modules de ce questionnaire sont : o Enregistrement des naissances et éducation de la petite enfance (BR) ; o Développement de l’enfant (CE) ; o Vitamine A (VA) ; o Allaitement (BF) ; o Soins des enfants malades (CA) ; o Paludisme (ML) ; o Vaccination (IM) ; o Anthropométrie (AN). Les questionnaires de la MICS 3 utilisés au Cameroun ont fait l’objet d’un test préliminaire en février 2006. Sur la base des résultats de ce test, des modifications ont été apportées à la formulation et à la traduction des questionnaires. III.4 FORMATION ET TRAVAIL DE TERRAIN La formation des agents chargés de la collecte des données (contrôleurs et agents enquêteurs) s’est déroulée du 21 au 30 avril 2006, soit au total 10 jours. Au terme de cette formation, 12 équipes ont été constituées pour les 12 domaines d’étude (régions d’enquête). Les données ont été recueillies par 16 superviseurs, 36 contrôleurs et 144 agents enquêteurs. Ce personnel était regroupé en 12 équipes, soit une par région d’enquête. Chaque équipe était composée comme suit : un ou deux superviseur(s), un ou deux chauffeur(s), trois contrôleurs et douze enquêteurs. Pour mieux organiser le travail de la collecte des données, l’équipe était répartie en trois sous équipes constituées chacune d’un contrôleur et de deux binômes d’enquêtrices (il pouvait y avoir un enquêteur ; dans ce cas il était chargé d’administrer le questionnaire ménage voire le questionnaire enfant). 11 Les termes «enfants de moins de 5 ans» et «enfants de 0 à 59 mois» sont utilisés de façon interchangeable dans ce rapport. Méthode de constitution de l’échantillon de l’enquête 9 La collecte des données a commencé officiellement le 2 mai 2006 et s’est achevée le 20 juin 2006, soit 50 jours de travail sur le terrain. III.5 TRAITEMENT ET QUALITE DES DONNEES ! Saisie et traitement des données La saisie effective des données a été précédée par une formation préalable de 5 jours des agents. Avant d’être acheminée au pool de saisie, tous les questionnaires de la MICS 3 étaient contrôlés par une équipe mise en place à cet effet. La saisie des données a utilisé dix sept ordinateurs et a mobilisé un superviseur, quatre contrôleurs, deux moniteurs et trente quatre agents. Elle a débuté le 29 mai 2006 pour s’achever le 14 juillet 2006, soit 45 jours. Cette saisie s’est effectuée en utilisant le programme développé sous le logiciel CSPRO. Les données saisies à partir des questionnaires l’ont été par la méthode de double saisie dans le but de limiter les erreurs de saisie, d’effectuer des vérifications et des contrôles de cohérences internes. Les erreurs détectées étaient corrigées et répercutées sur le terrain. Les procédures et programmes standards conçus dans le cadre global du projet MICS 3 et adaptés au questionnaire du Cameroun ont été utilisés à toutes les étapes de la saisie. Les données ont été analysées à l’aide de l’application SPSS grâce aux modèles de syntaxe de la MICS 3 qui ont fourni les tableaux contenant les indicateurs nécessaires à la rédaction de ce rapport. ! Qualité des données Les données collectées et analysées lors d’une opération statistique comme celle de la MICS 3 sont susceptibles d’être entachées par des erreurs qui affectent leur qualité. Ces erreurs peuvent trouver leurs origines dans : ! la mauvaise compréhension d’une question par l’enquêté(e) ; ! le mauvais report de la réponse de l’enquêté(e) par l’enquêteur ; ! l’oubli de reporter la réponse de l’enquêté(e) ou de lui poser la question ; ! la préférence ou la répulsion pour certains âges ; ! la saisie des données ; ! la définition inopérante des modalités ; ! l’estimation de l’enquêteur pour renseigner la réponse de l’enquêté(e) ; ! l’inexactitude des réponses du répondant ; ! la mauvaise volonté et la paresse d’enquêteurs. Les exemples énumérés ci-dessus, sont cités à titre d’exemple, et ne sauraient être exhaustifs. A titre d’illustration, les erreurs de saisie de données ne sont pas facilement estimables mais peuvent être toutefois minimisées grâce à la technique de la double saisie. Par contre, on peut évaluer l’oubli de reporter ou d’administrer la question par la proportion des données manquantes pour chaque variable. En outre, différents indices ou indicateurs à l’instar de l’indice de Whipple ont été mis en œuvre pour évaluer la qualité des données collectées lors d’une opération statistique. L’âge est une caractéristique démographique importante pour l’analyse, mais il est souvent sujet à des erreurs lors de la collecte. Il a donc été jugé opportun de procéder à l’évaluation de la qualité des données sur l’âge. A cet effet, on a fait recours à l’indice de Whipple pour évaluer l’ampleur des erreurs liées à l’attraction ou la répulsion des âges se terminant par 0 ou 5. Méthode de constitution de l’échantillon de l’enquête 10 La qualité des données à la MICS 3 est évaluée à travers les taux de remplissage des questionnaires, les taux de non-réponse, la structure par âge, par sexe et les erreurs de sondage. L’enquête MICS a été réalisée à partir de 466 zones de dénombrement couvrant entièrement le territoire national. Les taux de remplissage des questionnaires ménage et individuels sont proches de 100% (Tableau HH.1) et indiquent une participation massive des ménages et des personnes sélectionnées. Les informations relatives aux enfants de moins de 5 ans ont été collectées dans 92% de cas par l’interview de la mère. Ce pourcentage indique une certaine fiabilité dans les réponses obtenues à partir de l’administration du questionnaire enfant à la mère ou personne en charge. La valeur calculée de l’indice de Whipple vaut 1,5 et laisse apparaître une attraction pour les âges se terminant par 0 ou 5. En outre, le pic prononcé observé sur le Graphique 5 (cf. Annexe 5)12 pour la tranche d’âges 48-51 ans chez les femmes, la valeur du ratio d’âge et de période (0,88) chez les femmes de 50-54 ans (cf. Annexe 5, Tableau DQ.5) et la lecture du graphique de la pyramide des âges (cf. Annexe 5, Figure 1) pour cette tranche d’âges laisse apparaître un vieillissement artificiel des femmes de la tranche d’âges 45-49 ans. La précision d’un indicateur est mesurée par le biais de l’erreur type, celle-ci est jugée faible si la valeur de cette erreur-type est inférieure à 5%. L’estimation des erreurs types (Annexe 4) des différents indicateurs révèle que celles-ci sont pour la plupart inférieures au seuil aussi bien au niveau national, que suivant le milieu de résidence ou le domaine d’étude. Par ailleurs, la racine carrée de l’estimation de l’effet de grappes montre que le plan de sondage mis en pratique au cours de la MICS 3 est moins efficace, dans la plupart de cas, qu’un plan de sondage aléatoire simple de même taille. Ce dernier résultat est prévisible compte tenu de la complexité de l’échantillon de la MICS 3. 12 Les graphiques et tableaux sur la qualité des données sont consignés en Annexe 5. Résultats 11 RESULTATS DE L’ENQUETE Les résultats de l’étude seront présentés par thème. Onze thèmes ont été retenus, il s’agit : ! Thème 1 : Caractéristiques des individus ! Thème 2 : Environnement ! Thème 3 : Etat nutritionnel et allaitement de l’enfant de moins de 5 ans ! Thème 4 : Santé de l’enfant ! Thème 5 : Nuptialité et santé de la reproduction ! Thème 6 : Développement de l’enfant ! Thème 7 : Education ! Thème 8 : Protection de l’enfant ! Thème 9 : Connaissances, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/Sida ! Thème 10 : Participation de la femme au développement ! Thème 11 : Etat de santé des populations et dépenses de santé des ménages Caractéristiques des individus 12 THEME 1 : CARACTERISTIQUES DES INDIVIDUS L’analyse porte sur les caractéristiques sociodémographiques telles que la structure par âge, par sexe, le niveau d’instruction, l’alphabétisation et la situation matrimoniale. 1.1 STRUCTURE DE LA POPULATION 1.1.1 Présentation générale La population camerounaise est presque uniformément répartie entre le milieu urbain et le milieu rural. Il ressort du Tableau CI.1 qu’une personne sur deux (51%) vit en milieu rural. L’Extrême- Nord est la région la plus peuplée avec 17% de la population totale contre 3% pour le Sud. La population est relativement jeune avec 44% ayant moins de 15 ans et 13% ayant 50 ans ou plus (Tableau CI.3). La pyramide des âges (Graphique 1.1) présente une base élargie et montre que les enfants de 0 à 9 ans sont relativement plus nombreux. Elle se rétrécit au fur et à mesure que l’on évolue vers les âges avancés. Toutefois, on note des ruptures de tendance chez les personnes de sexe féminin des tranches d’âges 0-4 ans et 50-54 ans. Cela pourrait s'expliquer par un vieillissement artificiel des populations de ces tranches d'âges. Graphique 1.1 : Pyramide des âges de la population 80 + 75-79 70-74 65-69 60-64 55-59 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24 15-19 10-14 05-09 0-04 Âg e 15 10 5 0 Pourcentage 151050 FemmesHommes Sexe Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 Le Tableau CI.2 montre que 19% de la population des ménages appartient au quintile le plus pauvre, 19% au quintile pauvre, 18% au quintile moyen, 20% au quintile riche et 24% au quintile le plus riche. A Douala (64%) et à Yaoundé (76%), celles-ci sont concentrées dans le quintile le plus riche. Tandis qu’à l’Est (25%), à l’Adamaoua (26%), au Nord (60%) et à l'Extrême-Nord (66%), elles sont relativement plus nombreuses dans le quintile le plus pauvre. Pour les autres régions, les populations sont concentrées entre le deuxième et le quatrième quintile de l’indice de richesse. Caractéristiques des individus 13 1.1.2 Population des femmes de 15-49 ans Les femmes de 15-49 ans représentent 44% de la population féminine (Tableau CI.3). Le Tableau CI.4 montre que chez celles-ci, les tranches d’âges 15-19 ans et 20-24 ans sont celles qui comportent le plus grand nombre d’individus avec 22% et 21%. Par ailleurs, plus de la moitié de femmes de 15-49 ans (55%) habitent le milieu urbain. Encadré 2 Le quintile de l’indice de richesse La construction de l’indice de richesse des ménages est basée sur l’approche non monétaire de la pauvreté. Celle-ci place le bien-être dans l’espace des libertés et des accomplissements. Elle intègre l’approche par les capacités [Sen, 1987] et celle par les besoins de base. Suivant la première approche, un individu doit être en mesure de se prendre en charge comme par exemple être logé décemment. Vu sous le prisme de la seconde approche, un individu doit satisfaire certains besoins pour atteindre une certaine qualité de vie. Les besoins pris ici en compte sont : l’accès à une source améliorée d’eau, l’assainissement, etc. Pour construire l’indicateur composite du niveau de vie qu’est l’indice de richesse, l’on a utilisé un panier de biens composé de certains équipements (radio, téléviseur, ordinateur, climatiseur, téléphone mobile, téléphone fixe, réfrigérateur, cuisinière, horloge, bicyclette, voiture) et des caractéristiques des ménages (électricité, nombre de personnes par pièce à coucher, matériau du sol, matériau du mur, utilisation de combustibles solides pour la cuisine, source d’approvisionnement en eau de boisson, type d’installations sanitaires). Les étapes de la construction de l’indice sont les suivantes : ! Les variables quantitatives sont considérées en l’état ; ! Les modalités d’un caractère qualitatif donné du panier de biens sont dichotomisées et donnent lieu à de nouvelles variables ; ! Une ACP (Analyse en Composante Principale) est réalisée sur l’ensemble de ces variables ; ! Un coefficient (score) est affecté à chaque bien à l’issue de l’ACP ; ! Les scores sont standardisés suivant une distribution normale (Gwatkin et al, 2000) ; ! Chaque ménage reçoit pour score, la somme des scores de ses biens retenus dans le panier ; ! Chaque ménage est pondéré par le nombre des membres du ménage ; ! Les ménages sont divisés en cinq groupes de taille égale (quintile), du quintile le plus pauvre au quintile le plus riche, sur la base des scores de richesse des ménages ; ! On affecte à chaque individu dans le ménage, le score du ménage. Le processus décrit ci-dessus peut-être itératif si l’un au moins des biens du panier enregistre un score nul. Dans ce cas, celui-ci est exclu du panier. La méthode est valide si le premier axe factoriel de l’ACP restitue au moins 10% de l’information totale. L’indice ainsi construit s’interprète comme un proxy de la richesse de long terme des ménages [Hammer, 1998, Filmer et Pritchett, 2001, Sahn et Stifel, 2001; Pradhan, Sahn et Younger, 2002]. Les cinq groupes ou quintiles obtenus ont pour libellé : - Le plus pauvre ; - Pauvre (deuxième) ; - Moyen ; - Riche (quatrième) ; - Le plus riche. Caractéristiques des individus 14 1.1.3 Population des enfants de moins de 5 ans Les enfants de moins de 5 ans représentent environ 15% de la population totale. Le Tableau CI.5 montre que 51% d’enfants de moins de 5 ans sont des garçons et 49% des filles. Ils sont près de 45% en milieu urbain et 55% en milieu rural, quel que soit le sexe. Selon le Graphique 1.2, la plus grande proportion des enfants de moins de 5 ans se retrouve dans les provinces de l’Extrême-Nord (20%), de l’Ouest (14%) et du Nord (12%). Les régions du Sud, du Littoral, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont à moins de 7% chacune. Graphique 1.2 : Répartition des enfants de moins de 5 ans suivant la région 8,5 8,8 5,7 8,4 5,7 19,7 3,5 11,5 5,6 13,6 3,1 5,8 0 3 6 9 12 15 18 21 Do ua la Ya ou nd é Ad am ao ua Ce ntr e Es t Ex trê me -N ord Li tto ral No rd No rd -O ue st Ou es t Su d Su d-O ue st Po ur ce nt ag e Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 1.2 NIVEAU D’INSTRUCTION DE LA POPULATION Les questions posées lors de la MICS 3 ont permis de classer la population suivant trois niveaux d'instruction correspondant au niveau d'enseignement dans lequel se trouve la dernière classe fréquentée par l'individu. 1.2.1 Situation d'ensemble Le Tableau CI.6 montre que 19% d’hommes de 5 ans ou plus sont sans instruction, 47% ont atteint le niveau de l’enseignement primaire, 30% le niveau de l’enseignement secondaire et 4% celui du supérieur. A l’exception du primaire, le niveau d’instruction augmente avec le quintile de richesse : plus on est pauvre moins on est instruit. Douala et Yaoundé sont les seules régions où plus de la moitié de la population a au moins atteint le niveau de l’enseignement secondaire, alors que les provinces du Nord et de l’Extrême-Nord ont moins de 16% des personnes ayant atteint ce niveau. En milieu rural, 18% d’hommes ont atteint le secondaire contre 49% en milieu urbain. Le nombre médian d’années d’études est de 6 ans. Le Tableau CI.7 montre que le nombre médian d’années d’études est de 5 ans chez les femmes. Environ 31% de femmes n'ont jamais été à l'école (sans instruction), 43% ont le niveau de l’enseignement primaire, 26% le niveau de l'enseignement secondaire ou supérieur. Caractéristiques des individus 15 Les femmes du quintile le plus riche sont relativement plus instruites que celles des autres quintiles. Plus de six femmes sur dix (62%) de ce quintile ont au moins le niveau de l’enseignement secondaire. La quasi-totalité (98%) des femmes du quintile le plus pauvre ont au plus le niveau de l’enseignement primaire. Douala et Yaoundé sont les régions où le pourcentage de femmes instruites est le plus élevé. Plus de la moitié des femmes de ces régions ont au moins le niveau de l’enseignement secondaire. Les provinces du Nord et de l’Extrême-Nord présentent les pourcentages les moins élevés avec 3% et 5% respectivement. 1.2.2 Femmes de 15-49 ans La proportion de femmes n’ayant jamais fréquenté l’école (aucun niveau d’instruction) augmente avec l’âge (Tableau CI.8). Elle passe de 13% chez les femmes de 15-19 ans à 28% chez celles de 45-49 ans. L’âge et la proportion de femmes ayant le niveau de l’enseignement secondaire évoluent en sens inverse. On remarque que 56% de filles de 15-19 ans ont le niveau de l’enseignement secondaire contre 18% de femmes de 45-49 ans. Six femmes sur dix (62%) en milieu urbain ont au moins le niveau de l’enseignement du secondaire contre deux sur dix (18%) en milieu rural. Les provinces septentrionales sont celles où l’on rencontre le plus de femmes sans instruction. En outre, 67% de la population des villes de Douala et Yaoundé et 55% dans la région du Littoral, 54% au Sud ont au moins le niveau de l’enseignement secondaire. Pour ce qui est de l’enseignement supérieur, le pourcentage le plus élevé de femmes de ce niveau est observé à Yaoundé (12%) et à Douala (6%). L’analyse suivant le quintile de l’indice de richesse révèle que le niveau d'instruction des femmes des deux derniers quintiles est relativement élevé. Plus de la moitié des femmes, soit 52% des femmes du quintile riche, ont au moins le niveau du secondaire contre 80% chez celles du quintile le plus riche. Ces résultats montrent qu’il y a une relation positive entre le niveau d’instruction et le niveau de quintile de richesse. 1.3 ALPHABETISATION Les femmes ayant achevé l'école primaire sont considérées comme alphabétisées. Pour celles ne remplissant pas ce critère, il leur a été demandé de lire une ou des phrases rédigées dans l’une des langues officielles. Trois modalités ont été retenues : "Ne peut pas lire du tout", " Peut lire certaines parties" et " Peut lire toute la phrase". Celles sachant lire certaines parties ou toute la phrase étaient aussi considérées comme alphabétisées. Le Tableau CI.9 montre que six femmes de 15-49 ans sur dix (59%) sont alphabétisées. Une proportion moindre, soit 46% des femmes ayant le niveau de l’enseignement primaire sont alphabétisées. Celles n’ayant jamais fréquenté sont presque toutes analphabètes. Le pourcentage de femmes de 15-49 ans alphabétisées décroît avec l’âge et augmente avec le quintile de l’indice de richesse. Les femmes de l’Extrême-Nord (14%) et du Nord (12%) sont les moins alphabétisées contrairement à celles de Douala (91%) et Yaoundé (90%). 1.4 STATUT MATRIMONIAL Le terme "Mariage/Union" renvoie aux personnes de sexe différent mariées ou vivant maritalement avec un ou une partenaire. Dans cette expression, on regroupe les mariages civils, religieux et coutumiers ainsi que les unions de fait. Sont donc considérées comme célibataires les personnes qui ne sont ni mariées ou en union, ni veuves, ni divorcées ou séparées. Caractéristiques des individus 16 1.4.1 Population de 10 ans et plus La répartition de la population de 10 ans et plus (Tableau CI.10) montre que 49% sont des célibataires, 42% sont des personnes mariées ou en union, 6% des veuves et 3% environ des divorcées ou séparées. Les mariages/unions polygamiques représentent 10% et les mariages/unions monogamiques 28%. Le taux de célibat est élevé dans les quintiles riche (55%) et plus riche (59%). La polygamie est relativement plus répandue dans les provinces du Nord (18%), de l'Extrême-Nord (18%), de l'Ouest (15%) et de l'Adamaoua (15%). 1.4.2 Femmes de 15-49 ans Le Tableau CI.11 montre qu’environ trois femmes de 15-49 ans sur cinq (60%) sont mariées ou en union, 10% ont été mariées ou en union et 30% sont célibataires. Les provinces septentrionales avec 82%, 80% et 73% respectivement pour le Nord, l’Extrême-Nord et l’Adamaoua sont les régions où les pourcentages de femmes en union sont élevés. Les villes de Douala (44%), Yaoundé (43%) et la province du Sud-Ouest (39%) présentent le plus grand pourcentage de femmes n’ayant jamais contracté d’union. Sept femmes sur dix (73%) en milieu rural sont mariées ou en union alors qu’en milieu urbain cette proportion est d'une sur deux (50%). Entre 20-24 ans, plus de la moitié des femmes sont déjà en mariage ou en union (56%). On note également que c’est dans les ménages du quintile le plus pauvre que l’on retrouve plus de femmes mariées (81%), alors que les femmes des ménages du quintile le plus riche ont le pourcentage le plus élevé de célibataires (46%). Environnement 17 THEME 2 : ENVIRONNEMENT L’environnement dans lequel vivent les ménages conditionne la qualité de vie des populations. Un mauvais cadre de vie peut être à l’origine de nombreuses maladies chez les jeunes enfants. Au cours de la MICS 3, l’on s'est intéressé à l'eau et l'assainissement et aux caractéristiques de l'habitat. 2.1 EAU ET ASSAINISSEMENT L’eau potable est une nécessité de base pour une bonne santé. Une eau non potable peut être un vecteur important de maladies telles que le trachome, le choléra, la fièvre typhoïde et la schistosomiase. L’eau de boisson peut également être contaminée par des produits chimiques, des matières physiques et radiologiques qui ont des effets néfastes sur la santé humaine. En plus de son association aux maladies, l’accès à l’eau potable peut être particulièrement important pour les femmes et les enfants, notamment dans les zones rurales, où le transport de l’eau, souvent sur de longues distances leur incombe principalement. L’objectif des OMD est de réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion des personnes qui n’ont pas un accès durable à une eau de boisson potable et à une hygiène de base. L’objectif d’un Monde digne des enfants est la réduction d’au moins d’un tiers la proportion des ménages qui n’ont pas accès à des installations sanitaires hygiéniques et à une eau potable à un coût abordable. Lors de l’enquête MICS 3, plusieurs questions ont été posées sur les diverses utilisations de l’eau dans le ménage (boisson, préparation des aliments), la source et le mode d’approvisionnement, ainsi que le temps mis pour l’approvisionnement. 2.1.1 Eau 2.1.1.1 Source d’approvisionnement Les données du Tableau EN.1 fournissent quelques informations sur les sources d’approvisionnement en eau. Dans l’ensemble du pays, environ sept personnes sur dix (69%) utilisent une source améliorée d’eau pour la boisson. Les installations modernes (robinets et bornes fontaines) fournissent de l’eau à quatre personnes sur dix (40%); les forages et les puits protégés à 29% de la population. Les populations qui utilisent ces installations ont recours aux robinets, qu’ils soient dans la maison (15% de cas) ou chez le voisin (7%) et aux bornes fontaines (18%). Le Graphique 2.1 laisse apparaître que le robinet dans le logement, dans la cour/parcelle, chez le voisin, le puits ou la source non protégé, la borne fontaine sont dans l’ordre cité les trois principales sources d’approvisionnement en eau de boisson. Objectif n°7 des OMD : " Assurer un environnement durable ". La cible n°10 des OMD est : " Réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau de boisson, d’ici à 2015 ". La cible n°11 des OMD est : " Améliorer sensiblement la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis, d’ici à 2020 ". Environnement 18 Graphique 2.1 : Distribution de la population suivant la source d'eau à boire Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 En milieu urbain, neuf personnes sur dix (90%) font usage d'une eau provenant d’une source améliorée contre moins de cinq personnes sur dix (49%) en milieu rural (Graphique 2.2). Une personne sur cinq (20%) en milieu urbain dispose d'un robinet dans le logement et près de trois personnes sur dix (29%) ont accès à un robinet ou une borne fontaine publique. En milieu rural, c’est le puits à pompe ou le forage qui est relativement le plus utilisé (19%). Graphique 2.2 : Distribution de la population suivant la source d'approvisionnement en eau de boisson et par milieu de résidence 31 51 10 69 49 90 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Urbain Rural Cameroun Po ur ce nt ag e Source d'eau non améliorée Source d'eau améliorée Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 La proportion de la population qui a accès à une source d'eau améliorée se situe au dessus de la moyenne nationale dans les provinces du Littoral (81%), du Sud-Ouest (79%), du Centre (76%) et de l’Ouest (71%). La situation parait préoccupante dans le Nord où quatre personnes seulement sur dix (41%) ont accès à une source d’eau améliorée. La borne fontaine est le premier moyen de ravitaillement des populations en eau dans le Sud-Ouest (42%), à Yaoundé (37%), dans le Littoral (33%) et le Nord-Ouest (27%). A l’Est, les sources protégées sont relativement les plus usitées (21%). Pour les autres usages tels que faire la cuisine ou laver les mains (Tableau EN.13), l’eau utilisée provient des sources améliorées (62%), des puits et des sources non protégés (38%). En milieu Autre source non améliorée 1% Eau de surface 8% Puits à pompe, forage 15% Borne fontaine 18% Puits ou source protégé 13% Puits ou source non protégé 21% Eau ou robinet dans le logement, la cour ou la parcelle ou chez le voisin 24% Environnement 19 rural, la proportion de la population qui utilise une eau en provenance d'une source améliorée est de 43% contre 80% en milieu urbain. 2.1.1.2 Traitement de l’eau Le traitement de l’eau consommée dans le ménage est un fait assez rare. Le Tableau EN.2 montre que dans neuf ménages sur dix (88%), l’eau ne subit aucun traitement pour la débarrasser des impuretés. Néanmoins, l’eau de javel ou le chlore et le filtrage avec un linge ou une éponge sont les méthodes les plus usitées par la minorité qui a recours au traitement. 2.1.1.3 Temps mis pour aller à la source Les résultats du Tableau EN.3 révèlent qu’au Cameroun, une personne sur cinq (20%) dispose de l’eau à domicile. Les quatre autres doivent aller la chercher à l’extérieur de leur domicile. Ces dernières mettent en moyenne 26 minutes pour aller et revenir de la source. Du Graphique 2.3 ci- dessous, il ressort que 29% des camerounais mettent moins de 15 minutes, et 21% entre 15 et 30 minutes. Cependant, 20% prennent entre 30 minutes et 1 heure de temps et 10% mettent 1 heure ou plus pour s’approvisionner en eau. Graphique 2.3 : Temps mis pour la recherche d’eau de boisson 1 29 21 20 20 10 0 5 10 15 20 25 30 35 Moins de 15 minutes 15 minutes à moins de 30 minutes Eau à domicile 30 minutes à moins d'une (1) heure 1 heure ou plus Ne sait pas Durée Pourcentage Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 2.1.1.4 Principales personnes qui approvisionnent le ménage en eau Selon le Tableau EN.4, si la recherche de l’eau incombe principalement aux adultes (71%), la femme (46%) assume plus fréquemment cette tâche que l’homme (26%). Bien que les enfants participent à la collecte de l’eau, la charge est assurée équitablement entre la jeune fille (15%) et le jeune garçon (14%). En milieu rural la femme adulte intervient une fois sur deux (51%) et l’homme adulte une fois sur cinq (20%) dans la collecte de l’eau. L’écart est plus réduit en milieu urbain : 39% pour les femmes contre 33% pour les hommes. Le Graphique 2.4 montre que la participation de la femme adulte à la collecte d’eau est plus importante dans les provinces de l’Extrême-Nord (78%), du Nord (69%), de l’Est (57%) et de l’Adamaoua (47%). Dans le Nord-Ouest, le partage de la collecte de l’eau dans le ménage est équitable entre la femme et l’homme (27%). La contribution du sexe masculin est prépondérante dans le Littoral (37% et 33% respectivement pour les adultes; 19% et 12% pour les adolescents) et le Sud-Ouest (36% pour l’homme adulte contre 28% pour la femme adulte). Environnement 20 Graphique 2.4 : Personne chargée de la recherche de l’eau 0 10 20 30 40 50 60 70 80 No rd -O ue st Su d-O ue st Ou est Lit tor al Ya ou nd é Ce ntr e Su d Do ua la Ad am ao ua Es t No rd Ex trê me -N or d Ca me ro un Po ur ce nt ag e Une femme adulte Un homme adulte Une jeune fille de moins de 15 ans Un jeune garçon de moins de 15 ans Ne sait pas/Manquant Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 Dans les ménages où le chef n'a jamais été à l'école ou a au plus le niveau de l’enseignement primaire, la contribution de la femme adulte est plus élevée. C’est ainsi que pour la catégorie sans instruction, la femme adulte intervient plus que l’homme, soit respectivement 58% et 15%. Elle tend à s’équilibrer dans les ménages dont le chef a le niveau de l’enseignement secondaire ou plus, 37% pour la femme et 36% pour l’homme. Selon l’indice de richesse, lorsqu’on passe des ménages du quintile le plus pauvre à celui du quintile le plus riche, la participation de la femme adulte dans la recherche de l'eau diminue et celle de l’homme augmente. Dans les ménages du quintile le plus pauvre, c'est une femme adulte (73%) qui assume principalement la tâche de recherche de l'eau pour le ménage. Ces proportions tendent vers l'équilibre dans le quintile des riches et deviennent même favorables aux femmes. En effet, dans le quintile le plus riche, la participation de l'homme adulte (43%) est supérieure à celle de la femme adulte (33%). 2.1.2 Assainissement 2.1.2.1 Type de lieu d’aisance De manière générale, il ressort du Tableau EN.5 que près de trois personnes sur cinq (59%) utilisent comme lieu d'aisance, des latrines à fosse ou un trou ouvert. Cette proportion est de 71% en milieu rural et de 47% en milieu urbain. En ce qui concerne les installations sanitaires améliorées13, elles sont utilisées par 33% de la population; soit 52% en milieu urbain contre 15% en milieu rural. Les principales installations améliorées utilisées sont les latrines couvertes dans 21% de cas, suivies de loin par les chasses branchées à la fosse sceptique, soit 9%. Le Graphique 2.5 révèle que le pourcentage de la population qui utilise les installations sanitaires améliorées est plus élevé à Douala (65%), Yaoundé (61%) ainsi que dans les provinces du Sud- Ouest (54%) et du Littoral (50%) que dans le reste du pays. Les installations sanitaires sommaires 13 Installation améliorée correspond à la chasse branchée à l’égout ou à la fosse septique ou à la latrine, ou à la latrine améliorée auto aérée (LAA), à la latrine couverte ou le seau/pot/tinette. Environnement 21 comme les latrines à trou ouvert constituent le premier mode d’évacuation dans l’Adamaoua (82%), l’Ouest (76%), l’Est (74%), le Centre (72%), le Sud (69%), l’Extrême-Nord (65%) et le Nord-Ouest (62%). Graphique 2.5 : Utilisation des installations sanitaires améliorées 33 65 61 54 50 38 282725 21 1716 12 0 10 20 30 40 50 60 70 Ex trê me -N or d Es t Ad am ao ua Ou est No rd Ce nt re Su d No rd -O ue st Li tto ra l Su d-O ue st Ya ou nd é Do ua la Ca me ro un Po ur ce nt ag e Utilisation des installations sanitaires d'évacuation d'excréta humains Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 L’usage en commun des installations sanitaires par deux ou plusieurs ménages concerne 26% des ménages comme le montre le Tableau EN.5w. Les latrines auto aérées (42%) et les latrines couvertes (36%) sont les types de toilette les plus partagés par des ménages différents. Cette pratique est aussi bien répandue en milieu rural (28%) qu’en milieu urbain (26%). Le phénomène est presque inexistant dans l’Adamaoua où seuls 3% des ménages sont concernés. Par contre, environ un ménage sur deux (49%) dans le Sud-Ouest partage les mêmes toilettes avec d’autres ménages. Les ménages équipés en installations sanitaires modernes comme la chasse branchée à l’égout et la chasse branchée à la fosse sceptique sont quasiment épargnés par ce phénomène. Concernant le cas spécifique des enfants de 0-2 ans (Tableau EN.6), leurs excréta sont sainement évacués dans 65% de cas, c'est-à-dire jetés dans les toilettes ou dans les latrines. Toutefois, 23% des ménages les évacuent dans les ordures ménagères ou les laissent à l'air libre ou les enterrent. Ces mauvaises pratiques sont plus répandues dans le Sud (50%), le Centre (42%) et l'Est (38%). La situation est meilleure à Douala (94%), à Yaoundé (92%) et les autres centres urbains (78%) où les excréta des enfants sont correctement évacués. En milieu rural, cette évacuation n’est bien faite que pour un enfant sur deux. 2.1.2.2 Salubrité du logement Il se dégage du Tableau EN.7 que plus d’un quart de la population (26%) vit dans un logement disposant, à la fois, d’une source d’eau améliorée et des moyens améliorés d’évacuation des excréta. Les conditions d’hygiène peuvent être considérées comme mauvaises dans l’Extrême- Nord, où moins d’une personne sur dix (9%) dispose de ces facilités. Dans le Littoral et le Sud- Ouest, 39% des personnes en bénéficient simultanément. Environnement 22 Dans le quintile de l’indice de richesse le plus riche, 65% de personnes font usage de la source améliorée d’approvisionnement en eau et de moyens améliorés d’évacuation d’excréta. Dans le quintile le plus pauvre, cette proportion est de 2%. Le niveau d’instruction semble influencer de manière positive l’équipement du ménage. Dans les ménages où le chef est sans instruction, une personne sur dix (11%) dispose de ces deux facilités. Elles sont deux sur dix (19%) quand le chef a le niveau de l’enseignement primaire et quatre sur dix (44%) lorsqu’il a le niveau de l’enseignement secondaire ou plus. 2.2 CARACTERISTIQUES DE L’HABITAT L’état des logements a été inventorié grâce aux questions portant sur la nature des matériaux du toit, du sol et des murs. On a également fait la distinction entre les matériaux naturels ou rudimentaires (terre ou sable) et modernes (ciment, marbre, carreau, tapis et jerflex). 2.2.1 Nature du toit Les matériaux utilisés pour le revêtement du toit vont des plus rudimentaires (chaume, nattes, feuilles de palme) aux plus élaborés (tôles et tuiles). Le Tableau EN.11 montre que les tôles couvrent les trois quarts des logements (76%) dans le pays. En milieu urbain, 9 ménages sur 10 (92%) logent dans une maison au toit en tôles, mais cette proportion est 6 sur 10 (60%) en milieu rural. Dans les provinces du Littoral et de l’Ouest on observe des taux respectifs de 98% et 97% pour les toitures en tôles. Dans le Nord et l’Extrême- Nord, prédominent les toits en matériaux rudimentaires comme la chaume avec des taux respectifs de 55% et 60%. Alors que les matériaux rudimentaires sont plus répandus dans les habitations des ménages du quintile le plus pauvre (79%), ce type de matériau est quasi-absent des logements des ménages du quintile le plus riche qui, pour la plupart (entre 83% et 98%), ont des toits en tôles. 2.2.2 Nature du sol D’après le Tableau EN.12, environ la moitié des ménages (49%) habitent une maison dont le sol est fait de matériaux rudimentaires, 42% vivent dans des logements au sol cimenté. Ceux qui occupent des habitations au sol en marbre ou en carreaux (4%), en Jerflex ou en asphalte (3%), sont minoritaires. En milieu rural, quatre ménages sur cinq (79%) occupent un logement au sol rudimentaire. En milieu urbain, plus de six ménages sur dix (64%) vivent dans une maison avec un sol cimenté. L'Extrême-Nord (89%) et le Nord (78%) se distinguent par des proportions élevées des ménages dont les logements ont un sol en matériaux rudimentaires. Le pourcentage des ménages occupant un logement au sol en ciment augmente avec le niveau d’instruction du chef de ménage. En effet, deux ménages sur dix (19%) dont le chef est sans instruction occupent un logement au sol cimenté contre quatre sur dix (40%) et plus de six sur dix (61%) pour les ménages dont les chefs ont respectivement les niveaux de l’enseignement primaire et secondaire ou plus. Le niveau de vie du ménage détermine également la qualité des matériaux du sol. Dans le quintile de l’indice de richesse le plus pauvre les sols sont exclusivement en terre ou en sable (100%). Dans celui le plus riche, la quasi-totalité des sols est revêtue de matériaux modernes (99%). Environnement 23 2.2.3 Nature des murs La gamme des matériaux utilisés pour la construction des habitations est variée. Elle s’étend de la terre simple au ciment. A partir du Tableau EN.16, on constate que près de quatre ménages sur dix (38%) habitent une maison en ciment et un ménage sur quatre (26%), une case en pisé ou en terre battue. Par ailleurs, 17% des ménages vivent dans des habitations en briques de terre simple. En milieu urbain, 60% des ménages habitent les maisons dont le mur est crépi au ciment contre 17% en milieu rural. Dans l’ensemble urbain, l’agglomération de Yaoundé est privilégiée avec plus de trois quarts des logements (76%) en ciment14 contre 58% dans les autres villes. Cette proportion varie de 45% à l’Ouest à 16% à l’Extrême-Nord. Huit ménages sur dix des ménages du quintile le plus riche logent dans des maisons au mur en ciment alors que ceux du quintile le plus pauvre ne sont que 4% à jouir de ce confort. Les habitations traditionnelles (mur en chaume, pisé, feuille, natte, terre battue) se rencontrent surtout à l’Extrême-Nord (75%) et chez les ménages du quintile le plus pauvre (82%). Les ménages de l’Ouest (51%) sont relativement les plus nombreux à occuper un logement en briques de terre simple. 2.2.4 Sécurité de la propriété La sécurité de la propriété en milieu urbain est abordée par le biais de la détention des documents de propriété (titre de propriété ou contrat de bail). Le Tableau EN.8 indique que 52% des personnes vivant en milieu urbain n'ont pas de sécurité de logement et 11% pensent qu'elles courent le risque d’être expulsées de leur logement. Près de cinq ménages sur dix (47%) connaissent cette insécurité due à l’absence de pièces réglementaires. Ils sont 71%, dans l’Extrême-Nord, 68% dans le Nord et le Nord-Ouest et 63% dans le Centre. La situation est encore plus alarmante parmi les personnes vivant dans les ménages des quintiles le plus pauvre (90%), pauvre (79%) et moyen (61%). 2.2.5 Durabilité du logement et précarité de l'habitat 2.2.5.1 Durabilité du logement Le Tableau EN.9 révèle que 7% des ménages en milieu urbain vivent dans des logements considérés comme non durables. Cette proportion décroît avec le quintile de l’indice de richesse. Elle passe de 51% chez les ménages du quintile le plus pauvre à 14% chez ceux du quintile moyen et à 1% chez ceux du quintile le plus riche. Une évolution similaire est observée avec le niveau d’instruction du chef de ménage. 2.2.5.2 Précarité de l'habitat La proportion des ménages urbains vivant dans un habitat considéré comme précaire15 est de 76%. Les ménages des quintiles le plus pauvre (100%), Pauvre (100%) ou moyen (94%) n’échappent pas à ce phénomène (Tableau EN.10). Ceux du quintile le plus riche sont 60% à vivre en habitat précaire. Cette proportion varie de façon inverse avec le niveau d’instruction du chef de ménage. Elle est de 89% pour les ménages dont le chef est sans instruction, de 82% lorsqu’il a le niveau de l’enseignement primaire et 70% pour ceux dont le chef a au moins le niveau de l’enseignement secondaire ou plus. 14 Mur revêtu au ciment 15 L’habitat est considéré comme précaire s’il est non durable ou s’il y a absence de sécurité de la propriété, ou surpeuplement, ou pas d’accès à une source améliorée d’approvisionnement en eau ou à une installation améliorée d’évacuation d’excréta humains. Environnement 24 2.2.6 Possession des biens durables 2.2.6.1 Disponibilité de l’électricité L’électricité est un moyen d’amélioration du confort des ménages. En plus de l’éclairage, elle rend également possible l’utilisation des appareils d'information et de communication (radio, téléviseur, téléphone, ordinateur) et de conservation (réfrigérateur, congélateur). Le Tableau EN.14 révèle qu’un ménage sur deux (50%) fait usage de l’éclairage électrique. Si en milieu urbain, 82% des ménages disposent de l’électricité, en milieu rural, 16% seulement ont accès à ce mode d’éclairage. Toutefois, l’accès à l’électricité n’est pas uniforme en milieu urbain : c’est le cas de 99% des ménages à Douala et Yaoundé, contre 70% dans les autres villes. Les provinces du Littoral et du Sud-Ouest, avec respectivement 66% et 58% de ménages éclairés, sont relativement bien électrifiées, tandis que celles du Nord (12%) et de l’Extrême-Nord (14%) accusent un sérieux retard dans l’électrification. 2.2.6.2 Appareils d’information et de communication Le poste de radio, le téléviseur, l’ordinateur, le téléphone fixe et le téléphone mobile sont les moyens d’information et de communication retenus. Parmi eux, la radio est le moyen le plus disponible dans les ménages. Le Tableau EN.15 montre que 62% des ménages possèdent un poste de radio et 30% un téléviseur. Bien que l’apparition du téléphone mobile soit récente, un ménage sur trois (34%) en possède, alors que le téléphone fixe est rare (2%) tout comme l’ordinateur (2%). Les centres urbains sont les lieux où l’on possède le plus ces moyens de communication et d’information. Lorsqu'on considère le cas particulier du téléviseur dont l'usage est lié à la disponibilité de l'électricité, l'écart est prononcé entre le milieu urbain (52%) et le milieu rural (7%) d'une part, et entre les ménages du quintile le plus pauvre (moins de 1%) et ceux du quintile le plus riche (85%) d'autre part. D’une manière générale, les moyens de communication sont plus répandus parmi les ménages des centres urbains. En particulier, si le téléphone fixe et l’ordinateur sont rares, même dans les villes, ils sont presque inexistants en milieu rural. 2.2.6.3 Equipements de conservation/préparation des aliments Les taux de possession des équipements ménagers usuels se situent à 28% pour la cuisinière ou le réchaud et à 12% pour le réfrigérateur ou le congélateur. Près de la moitié des ménages (49%) en milieu urbain dispose d'au moins une cuisinière ou réchaud contre seulement 6% en milieu rural. Yaoundé (78%) et Douala (70%) se distinguent nettement des autres régions. Pour ces dernières, les pourcentages varient de 3% dans l'Extrême- Nord à 36% dans le Sud-Ouest. 2.2.6.4 Moyens de déplacement La bicyclette (15%) est le moyen de locomotion le plus possédé par les ménages. Elle est suivie par la motocyclette (8%) et le camion ou la voiture (5%). La bicyclette est plus possédée en milieu rural (21%) qu'en milieu urbain (10%). Environnement 25 2.2.7 Possession de parcelles cultivables et d'animaux Lors de l’enquête, il était demandé au chef de ménage de dire si un membre de son ménage possédait une parcelle cultivable, du bétail ou des animaux de ferme et de préciser la superficie de la parcelle ou le nombre d’animaux par espèce. Les données du Tableau EN.17 montrent que la proportion des ménages dont un membre possède une parcelle de terre cultivable est de 63%. La superficie moyenne de terre cultivable pour l’ensemble des ménages est d’environ 3 hectares. Cette superficie varie de 1 ha dans l’Adamaoua à environ 8 ha dans le Sud. Le pourcentage de ménages dont un membre possède un troupeau ou des animaux de ferme est de 39%. La proportion est importante dans l’Extrême-Nord (70%), le Nord (61%) et le Nord-Ouest (55%) et plus faible à Douala (5%). Les ménages pratiquant l’élevage possèdent en moyenne 2 têtes de bétail, 6 têtes de poulet, 3 têtes de chèvre, 1 tête de porc et 1 tête de mouton. La disponibilité des terres cultivables et la possession du bétail ou des animaux de ferme, sont plus fréquentes parmi les ménages du quintile le plus pauvre. Au sein de ces ménages, 92% possèdent au moins une parcelle de terre cultivable et 79% au moins un troupeau ou des animaux de ferme contre respectivement 30% et 9% pour ceux du quintile le plus riche. Etat nutritionnel et allaitement des enfants de moins de 5 ans 26 THEME 3 : ETAT NUTRITIONNEL ET ALLAITEMENT DES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS Le statut nutritionnel des enfants reflète leur santé générale. Lorsque les enfants ont accès à suffisamment de nourriture, qu’ils ne sont pas exposés à des maladies répétées et que l’on s’occupe bien d’eux, ils mettent à profit toutes leurs potentialités de croissance et sont considérés comme bien nourris. La malnutrition est associée à plus de la moitié des décès d’enfants dans le monde. Les enfants en état de malnutrition ont plus de chances de mourir des maladies communes de l’enfance et ceux qui survivent souffrent de maladies répétées et de retard de croissance. Un des Objectifs du Millénaire pour le Développement est de réduire de moitié la proportion des personnes souffrant de la faim entre 1990 et 2015. L’objectif d’un Monde Digne des Enfants est de réduire la prévalence de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans d’au moins un tiers (entre 2000 et 2010), en accordant une attention particulière aux enfants de moins de 2 ans. Une réduction de la prévalence de la malnutrition contribuera à atteindre l’objectif de la réduction de la mortalité dans l’enfance. La malnutrition est la cause sous jacente de près de 50% des décès des enfants de moins de 5 ans (UNICEF, OMS). Il est donc important d’accorder une attention particulière à l’alimentation de l’enfant au cours des premières années de la vie. Cette partie est consacrée à l’analyse de l’état nutritionnel, l’allaitement maternel, la consommation des micronutriments des enfants de moins de 5 ans. 3.1 ÉTAT NUTRITIONNEL L’état nutritionnel de l’enfant est évalué sur la base de trois indices anthropométriques : poids- pour-âge, taille-pour-âge, poids-pour-taille. Ces indices permettent de mesurer respectivement l’insuffisance pondérale, le retard de croissance et l’émaciation. Le calcul des indicateurs anthropométriques est effectué avec les mensurations de 5 817 enfants sur les 6 362 enquêtés avec succès. 3.1.1 Insuffisance pondérale Le Tableau NU.1 montre que 19,3% d’enfants de moins de 5 ans souffrent d’une insuffisance pondérale modérée. Pour la forme sévère, cette proportion est de 5,2%. Il ressort du Graphique 3.1 que l’insuffisance pondérale modérée est beaucoup plus accentuée dans les provinces de l’Extrême-Nord (36,4%) et du Nord (35,7%) où elle touche presque deux fois plus d’enfants de moins de 5 ans par rapport à la moyenne nationale. Elle est respectivement de 9,6% et 8,8% dans les régions du Centre et du Littoral. Yaoundé et Douala enregistrent les taux de 5,0% et 6,4%. Par rapport au milieu de résidence, l’insuffisance pondérale s’observe beaucoup plus chez les enfants en milieu rural (25,6%) qu’en milieu urbain (11,2%). Elle est plus marquée chez les Objectif n°4 des OMD : " Réduire la mortalité infantile ". La cible n°5 des OMD est : " Réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans ". Objectif n°1 du MDE : " Promouvoir une existence meilleure et plus saine ". Etat nutritionnel et allaitement des enfants de moins de 5 ans 27 enfants des femmes sans instruction (31,5%), comparés aux enfants des femmes ayant le niveau d’enseignement secondaire ou plus (6,7%). Graphique 3.1 : Répartition (en %) des enfants de 0-59 mois souffrant d’une insuffisance pondérale modérée par région, milieu de résidence 12,1 14,3 18,1 19,1 19,1 35,7 36,4 11,2 25,6 19,3 5 6,4 8,8 10,19,60 10 20 30 40 Ya ou nd é Do ua la Li tto ra l Ce nt re Ou es t No rd -O ue st Su d Su d- Ou es t Ad am ao ua Es t No rd Ex trê m e-N or d Ur ba in Ru ra l Ca m er ou n Po ur ce nt ag e Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 La prévalence de l’insuffisance pondérale modérée des enfants décroît avec le niveau de vie du ménage. Elle est de 34,8% pour les enfants des ménages du quintile le plus pauvre et de 5,8% pour ceux du quintile le plus riche. L’insuffisance pondérale sévère a le même profil que la forme modérée. Encadré 3 Les trois indices anthropométriques Le rapport poids-pour-âge permet de mesurer la malnutrition aiguë. C’est la mesure la plus utilisée par les services de santé pour la surveillance de la croissance du jeune enfant. Cependant, son utilisation reste limitée, car ne permet pas de distinguer les déficiences alimentaires de longue durée (retard de croissance) et de celles récentes (émaciation). Un enfant dont le rapport poids-pour-âge est inférieur de plus de deux écarts types à la médiane de la population de référence est considéré comme souffrant d’insuffisance pondérale modérée, tandis qu’à moins de trois écarts types de la médiane, il entre dans la catégorie des enfants souffrant d’insuffisance pondérale sévère. Le rapport taille-pour-âge est une mesure de la croissance linéaire. Un enfant dont le rapport taille-pour- âge est inférieur de plus de deux écarts types à la médiane de la population de référence est considéré comme petit pour son âge et classé parmi les enfants ayant un retard de croissance modéré. Lorsque cette mesure est à plus de trois écarts types au-dessous de la médiane, l’enfant est classé dans la catégorie des retards de croissance sévère. Le retard de croissance est le reflet d’une malnutrition chronique due à la combinaison d’une absence de nutrition appropriée pendant une longue période et d’une maladie récurrente ou chronique. Un enfant dont le rapport poids-pour-taille est inférieur de deux écarts types à la médiane de la population de référence est classé dans la catégorie des déperditions modérées, tandis qu’il appartient à la catégorie des déperditions sévères si cette mesure est à plus de trois écarts types en dessous de la médiane. La déperdition est généralement due à une déficience nutritionnelle récente. Cet indicateur peut révéler d’importantes variations saisonnières liées à celles de la disponibilité des aliments ou à la prévalence d’une maladie. Etat nutritionnel et allaitement des enfants de moins de 5 ans 28 3.1.2 Retard de croissance Le Graphique 3.2 montre que la proportion d’enfants de moins de 5 ans souffrant d’un retard de croissance modéré est de 30,4% dont 12,6% de forme sévère. Le retard de croissance modéré des enfants de moins de 5 ans est plus accentué dans les provinces du Nord (43,3%), du Sud-Ouest (35,9%), de l’Extrême-Nord (35,7%), de l’Est (34,4%) et du Nord-Ouest (33,4%) avec des taux supérieurs à la moyenne nationale. Cette prévalence est plus basse à Douala (14,7%) et à Yaoundé (16,7%) et d’une manière générale dans le milieu urbain (20,5%). Par ailleurs, elle décroît en fonction du niveau d’instruction de la mère et du quintile de l’indice de richesse du ménage. La malnutrition chronique sévère a un profil similaire à celui de la forme modérée. Graphique 3.2 : Répartition (en %) des enfants de 0-59 mois souffrant d’une malnutrition chronique modérée par région, milieu de résidence 28,8 30,3 33,4 34,4 35,7 35,9 43,3 20,5 38,1 30,427,8 28,424,3 16,514,7 0 10 20 30 40 Do ua la Ya ou nd é Li tto ra l Ce nt re Ad am ao ua O ue st Su d No rd -O ue st Es t Ex tr êm e- No rd Su d- O ue st No rd Ur ba in Ru ra l Ca m er ou n Po ur ce nt ag e Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 3.1.3 Emaciation D’après le Graphique 3.3, 6,1% d’enfants de moins de 5 ans ont une émaciation modérée et 1,2% souffre de la forme sévère. Graphique 3.3 : Répartition (en %) des enfants de 0-59 mois souffrant d’une malnutrition aiguë modérée par région, milieu de résidence 3,8 4,5 4,5 4,5 5,2 11,7 14,1 5,1 6,9 6,11,2 2,5 2,6 3,23,10 4 8 12 16 O ue st Ya ou nd é Li tto ra l Do ua la Ce nt re Ad am ao ua Su d- O ue st No rd -O ue st Es t Su d Ex tr êm e- No rd No rd Ur ba in Ru ra l Ca m er ou n Po ur ce nt ag e Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 Etat nutritionnel et allaitement des enfants de moins de 5 ans 29 Comme pour l’insuffisance pondérale, les provinces du Nord (14,1%) et de l’Extrême-Nord (11,7%) sont les plus touchées par l’émaciation. La prévalence de l’émaciation décroît avec le niveau d’instruction de la mère et le niveau de vie du ménage. Pour ce qui est de l’émaciation sévère, le profil est sensiblement le même que pour la forme modérée. Le Graphique 3.4 indique que les enfants de 12 à 23 mois sont les plus touchés par la malnutrition quel que soit l’indice considéré. Cette situation peut s’expliquer par une alimentation inadéquate et par les infections auxquelles sont exposés les enfants de cet âge. Les différentes formes de malnutrition touchent plus les garçons que les filles. Graphique 3.4 : Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans souffrant d'insuffisance pondérale, de retard de croissance, d'émaciation 0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 6 12 18 24 30 36 42 48 54 60 Age (en mois) Po ur ce nt ag e Insuffisance pondérale Retard de croissance Emaciation Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 3.1.4 Surpoids ou obésité Au Cameroun, 6,0% des enfants de moins de 5 ans accusent une surcharge pondérale. Les enfants en surpoids sont plus nombreux dans la province du Nord-Ouest (12,9%), la ville de Douala (11,5%); la province du Nord (9,6%), la ville de Yaoundé (8,0%) et la province du Littoral (7,3%). Selon le milieu de résidence, la proportion des enfants en surpoids est plus élevée en milieu urbain (7,6%) qu’en milieu rural (4,7%). La proportion d’enfants en surpoids augmente avec le niveau d’instruction de la mère et le quintile de l’indice de richesse du ménage. 3.2 ALLAITEMENT MATERNEL 3.2.1 Allaitement maternel exclusif Il ressort du Tableau NU.3 que 29% d’enfants de 0-3 mois sont nourris exclusivement au sein. Dans la tranche d’âges 0-5 mois, seulement 21,2% d’enfants prennent uniquement le lait maternel. Parmi ces enfants, plus de filles que de garçons reçoivent le lait maternel, dans les proportions de 22,9% et 19,5%. L’allaitement exclusif est plus pratiqué en milieu urbain (24,1%) que dans le milieu rural (19,3%). Un enfant sur quatre (25,0%) de mère ayant au moins le niveau d’instruction Etat nutritionnel et allaitement des enfants de moins de 5 ans 30 de l’école primaire a été exclusivement allaité au sein alors que cette proportion est de 12,6% pour ceux dont la mère est sans instruction. L’allaitement au sein au cours des premières années de la vie protège les enfants contre l’infection. Il constitue une source idéale d’éléments nutritifs, est économique et sûr. Cependant, de nombreuses mères cessent d’allaiter trop tôt souvent en raison des pressions, pour l’introduction précoce des préparations alimentaires pour bébés; ce qui peut contribuer au retard de croissance et aux carences en oligo-éléments. En outre, cette introduction précoce n’est pas sûre si l’accès à l’eau potable n’est pas facile. L’un des objectifs d’un MDE est que les enfants soient allaités exclusivement pendant 6 mois et que l’allaitement soit poursuivi avec des aliments complémentaires sûrs, appropriés et adéquats jusqu’à l’âge de 2 ans et au-delà. Selon les recommandations de l’OMS, de l’UNICEF et du Ministère de la Santé Publique, l’allaitement maternel doit être exclusif de 0 à 6 mois. A partir de 6 mois, le lait maternel est insuffisant pour couvrir les besoins nutritionnels de l’enfant et doit être renforcé avec des aliments de complément. Ainsi, 63,7% d’enfants de 6-9 mois prennent le lait maternel et des aliments de complément. Entre 12-15 mois, le pourcentage d’enfants recevant le lait maternel est de 78,7%. Cette proportion baisse de manière très sensible à 21,2% chez les enfants de 20-23 mois qui, pour la plupart, ne sont plus allaités. Le Tableau NU.3w révèle qu’au cours du premier mois, 5,7% des enfants ne sont pas nourris au lait maternel, 38,3% le sont exclusivement et 55,9% le sont partiellement, c’est-à-dire qu’ils prennent aussi des aliments de complément. Ces résultats montrent que les recommandations de l’OMS, de l’UNICEF et du Ministère de la Santé Publique ne sont pas respectées. En effet, on constate que les parents donnent à l’enfant autre chose que le lait maternel, dès les premiers jours qui suivent la naissance. Au cours du premier mois, bien que 94,3% des enfants soient allaités, 38,3% seulement reçoivent exclusivement le lait maternel; 32,9% reçoivent de l’eau en plus et 23,0% sont nourris au sein en plus des aliments de compléments (liquides autres que de l’eau, des aliments solides ou de la bouillie). 3.2.2 Temps écoulé entre l’accouchement et la première mise au sein Les données du Tableau NU.2 indiquent que la quasi totalité (98,1%) des femmes ont allaité leur nouveau-né. Cette proportion varie de 95,2% dans la région du Centre à 99,7% dans celle de l’Ouest. L’on observe par ailleurs de faibles variations quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques de la femme. Le Graphique 3.5 permet de constater que seulement 19,6% des femmes ont mis au sein leur nouveau-né moins d’une heure après l’accouchement. Ce taux varie de 6,1% dans le Littoral à 35% à Yaoundé. En ce qui concerne la mise au sein dans les vingt quatre heures, 58,7% des femmes l’ont fait. Ce pourcentage varie de 28,9% dans le Nord à 79,1% à Yaoundé. Environ quatre femmes sur cinq (78,4%) qui ont eu une naissance vivante au cours des deux dernières années ayant précédé l’enquête ont donné le colostrum16 au bébé. Cette proportion varie de 43,6% dans le Nord à 94,9% à Douala. 16 Le colostrum est le liquide jaunâtre administré par la maman au bébé dès les premiers jours de tétée qui suivent l’accouchement Etat nutritionnel et allaitement des enfants de moins de 5 ans 31 Graphique 3.5 : Pourcentage de mères qui ont commencé à allaiter moins d'une heure après la naissance, moins d'un jour après la naissance 28,9 47,3 53,1 53,5 56,7 57,8 63,0 65,9 66,0 67,4 69,1 70,2 79,1 58,7 10,3 17,4 22,8 17,3 16,4 21,5 9,6 26,7 22,8 17,1 19,0 19,6 35,3 19,6 74,2 6,10 10 20 30 40 50 60 70 80 90 N or d A da m ao ua E xt rê m e - N or d R ur al E st C en tr e Su d - O ue st D ou al a U rb ai n Su d L itt or al N or d - O ue st O ue st Y ao un dé C am er ou n Po ur ce nt ag e Moins d'un jour Moins d'une heure Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 En effet, c’est lors de la mise au sein dans les premiers jours qui suivent l’accouchement que la mère transmet à l’enfant le colostrum contenant les anticorps indispensables pour le protéger contre de nombreuses maladies. Le cas échéant, l’enfant reçoit à la place du lait maternel, divers liquides pouvant le mettre en contact avec des agents pathogènes. Bien que la pratique de l’allaitement maternel soit largement répandue, le temps de la mise au sein pour la première fois varie selon les caractéristiques sociodémographiques. Par milieu de résidence, c’est à Yaoundé/Douala que la proportion de femmes ayant allaité pour la première fois dans les 24 heures suivant l’accouchement est la plus élevée (72,8%). Cette proportion est de 61,8% dans les autres villes et de 53,5% en milieu rural. Parmi les femmes sans instruction, 42,4% allaitent dès le premier jour de l’accouchement et 16,4% à la première heure. Ces proportions sont respectivement de 62,9% et 18,6% pour les femmes ayant le niveau de l’enseignement primaire contre 69,5% et 24,3% chez celles ayant au moins le niveau de l’enseignement secondaire. La pratique de l’allaitement maternel dès l’accouchement est fortement liée au type de personnel ayant assisté la femme à l’accouchement. Les proportions des femmes ayant allaité moins d’une heure sont de 21,8% dans les cas où l’assistance est assurée par un personnel qualifié, contre 16,4% en cas d’assistance par toute autre personne non qualifiée. L’allaitement maternel dès la première heure est aussi plus fréquemment pratiqué par les mères qui ont accouché dans un centre de santé (24,4% et 16% pour celles qui ont accouché ailleurs). La pratique de l’allaitement maternel dès l’accouchement évolue avec le quintile de l’indice de richesse. 3.2.3 Allaitement et alimentation de complément Les informations sur l’alimentation de complément ont été obtenues en demandant à la mère quel type d’aliments solides ou liquides avait été donné à son enfant au cours des dernières vingt quatre heures. Etat nutritionnel et allaitement des enfants de moins de 5 ans 32 Il ressort du Tableau NU.4 que seulement deux enfants de 0-5 mois sur dix (21,2%) sont exclusivement nourris au sein. La proportion d’enfants de 6-11 mois qui prennent en plus du lait maternel des aliments de complément de façon appropriée se situe à 46,7%. Elle est de 34,6% chez les enfants de 0-11 mois. Avant l’âge de six mois, la pratique de l’allaitement maternel exclusif n’est pas observée par la majorité des mères (Graphique 3.6). Graphique 3.6 : Différentes formes d’alimentation des enfants selon leur âge Distribution (en %) des enfants de moins de 3 ans par type d’allaitement et par groupe d’âges, Cameroun, 2006 (profil de sevrage) 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 00 -0 1 02 -0 3 04 -0 5 06 -0 7 08 -0 9 10 -1 1 12 -1 3 14 -1 5 16 -1 7 18 -1 9 20 -2 1 22 -2 3 24 -2 5 26 -2 7 28 -2 9 30 -3 1 32 -3 3 34 -3 5 Age (en mois) Po ur ce nt ag e Sevré (non allaité) Allaitement maternel et autres compléments alimentaires Allaitement maternel et autre forme de lait Allaitement maternel et liquides autre que le lait Allaitement maternel et eau naturel uniquement Allaitement maternel exclusif Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 Le pourcentage des enfants de 0 à 11 mois nourris de façon appropriée varie selon la région. C’est dans la province du Nord-Ouest que les enfants sont le plus nourris de façon appropriée (49,8%) contre 23,6% à Yaoundé. Cette proportion est plus importante en milieu rural (37,2%) qu’en milieu urbain (31,1%). Environ quatre enfants de 0-11 mois sur dix (39,5%) de mère ayant le niveau d’instruction de l’école primaire sont nourris de façon appropriée contre trois sur dix pour ceux des mères de niveau de l’enseignement secondaire et plus ou sans instruction. Selon le quintile de l’indice de richesse, 41% d’enfants des ménages pauvres sont nourris adéquatement, contre respectivement 32% et 27% pour les enfants des ménages riches et les plus riches. 3.3 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS Les carences en micronutriments comme la vitamine A, l’iode, le fer, le calcium et le zinc, sont à l’origine de nombreux troubles qui entravent l’état de santé des populations et surtout celui des femmes en âge de procréer et des enfants. Ces carences ont aussi des conséquences qui ne sont pas toujours visibles, notamment l’affaiblissement du système immunitaire. 3.3.1 Consommation de sel iodé par les ménages Il est reconnu que les troubles dus à la carence en iode (TDCI) constituent la cause la plus importante d’arriération mentale, de lésions cérébrales au monde et peuvent réduire le quotient intellectuel (QI) moyen d’une population. La carence en iode augmente les risques de crétinisme Etat nutritionnel et allaitement des enfants de moins de 5 ans 33 (forme grave de déficit neurologique) et peut provoquer l’apparition du goitre (signe le plus visible de la carence). Par ailleurs, cette carence chez les femmes est susceptible d’accroître les risques d’avortements spontanés, de mortalités périnatale et infantile, d’accouchements prématurés, d’anomalies congénitales, de retard de croissance et de difficultés d’apprentissage. Dans les zones où les sols, et donc les plantes, sont pauvres en iode, l’enrichissement des aliments en iode ou l’administration de suppléments d’iode ont eu des effets positifs pour combattre les TDCI. L’enrichissement en iode du sel, de l’huile ou de l’eau à boire est le moyen le plus utilisé pour compenser les carences au sein d’une population. Au Cameroun, la stratégie de lutte contre les carences en iode adoptée depuis 1991, consiste en l’iodation obligatoire du sel de cuisine vendu dans les marchés à 100 parties par million (ppm). Les enquêteurs ont testé le sel de cuisine dans chaque ménage visité au moyen d’un test rapide à l’aide d’un « kit » qui permet une détermination instantanée de la teneur en iode. Le sel iodé à moins de 25 ppm est considéré comme insuffisamment iodé alors que celui iodé à plus de 25 ppm est considéré comme adéquatement iodé. La MICS n’a pas utilisé les «Kit» qui permettaient une bonne différenciation. Le « kit » utilisé à la MICS a permis de faire la distinction entre le sel qui n’est pas du tout iodé et le sel iodé à plus de 25 parties par million (ppm)17. Il ressort du Tableau NU.5 que le sel a été testé dans 89% des ménages et parmi ceux-ci 49% avaient du sel iodé à plus de 25 ppm et 42% avaient du sel avec une faible teneur en iode (moins de 25 ppm). Par région, on constate que la proportion de ménages disposant du sel iodé à plus de 25 ppm présente de grandes variations, passant d’un minimum de 31% dans le Centre à un maximum de 74% dans le Littoral et à Douala (Graphique 3.7). Selon le milieu de résidence, le pourcentage de ménages disposant de sel iodé à plus de 25 ppm est plus élevé en milieu urbain (54%), notamment dans les deux grandes métropoles (59%), qu’en milieu rural (44%). Les enquêtes précédentes ont permis de confirmer que le sel vendu sur le territoire Camerounais était iodé. Au cours de la MICS, on a évalué la conservation du sel iodé. En effet, il ne suffit pas d’acheter du sel iodé, mais aussi il faut bien le conserver afin qu’il garde sa teneur en iode. Il est recommandé d’une part de conserver le sel loin du feu pour éviter que la teneur en iode ne diminue progressivement sous l’effet de la chaleur, et d’autre part, de le conserver dans un bocal bien fermé car l’iode laissé à l’air libre s’évapore. Selon le Tableau NU.5A, trois quarts des ménages (74%) gardent leur sel loin du feu et quatre cinquièmes (81%) conservent le sel dans un bocal fermé. A l’inverse, 24% des ménages conservent le sel près du feu et 14% dans un ustensile ouvert. C’est d’ailleurs dans les régions où les consignes de conservation du sel iodé sont les moins appliquées que les fortes proportions de ménages ayant le sel non iodé ou de sel iodé à moins de 25 ppm, ont été enregistrées. Par rapport aux régions, dans la province du Centre 52% de ménages gardent le sel près du feu et 25% le conservent dans un bocal ouvert. Dans le Sud, 47% de ménages gardent le sel près du feu et 37% le conservent dans un récipient ouvert ; 22% des ménages du Sud ont du sel non iodé et 39% du sel iodé à moins de 25 ppm. La dernière province qui illustre cette assertion est celle de l’Est, où 14% des ménages ont du sel non iodé et 44% du sel à moins de 25 ppm. Dans cette province, 34% des ménages gardent le sel près du feu et 21% le conservent dans un bocal ouvert. 17 Les statistiques sur le sel iodé présentées dans ce rapport ne sont pas à comparer avec les données fournies par les autres enquêtes du fait du kit utilisé lors de la MICS 3. Etat nutritionnel et allaitement des enfants de moins de 5 ans 34 Graphique 3.7 : Pourcentage de ménages consommant du sel adéquatement iodé (+ 25 ppm) 41 51 52 59 61 74 74 44 54 49 35 39353531 0 20 40 60 80 Ce nt re Su d- Ou es t Es t Su d Ya ou nd e Ou es t Ex trê m e-N or d No rd Ad am ao ua No rd -O ue st Do ua la Li tto ra l Ru ra l Ur ba in Ca m er ou n Po ur ce nt ag e Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 3.3.2 Supplémentation des enfants en vitamine A Les enfants de moins de 5 ans sont classés parmi les groupes vulnérables, exposés à la carence en vitamine A. En effet, la supplémentation des enfants en vitamine A renforce leur système immunitaire et les protège entre autres des troubles ophtalmologiques. L’UNICEF/OMS/IVACG et le MINSANTE recommandent à tous les pays qui ont une mortalité infanto-juvénile supérieure à 70 pour mille, la supplémentation systématique en capsules de vitamine A. Le taux de mortalité infanto-juvénile au Cameroun est deux fois plus élevé que ce seuil18. La supplémentation en vitamine A est l’une des quatre principales stratégies19 de lutte contre la carence en vitamine A au Cameroun. Il découle du Tableau NU.6 que plus de la moitié des enfants de 6-59 mois (57,7%) ont reçu des suppléments de vitamine A au cours des six derniers mois. Cette proportion varie selon les caractéristiques sociodémographiques. Par rapport aux régions, cette proportion varie d'un minimum de 32,1% dans le Littoral à un maximum de 80,0% dans le Nord-Ouest. S’agissant du milieu de résidence, les enfants du milieu urbain (52,2%) sont relativement moins nombreux à en avoir reçu que ceux du milieu rural (62,2%). Les enfants des mères sans instruction (64,4%) et ceux des mères des ménages du quintile le plus pauvre (69,1%) ont été relativement les plus nombreux à recevoir des suppléments de vitamine A. 3.3.3 Supplémentation des femmes en post-partum en vitamine A Pour renforcer l’apport en vitamine A à travers le lait maternel, il est recommandé d’administrer deux capsules de vitamine A de 200 000 UI aux femmes au cours des huit semaines après l’accouchement. Elle aide la mère entre autres à compenser la carence en vitamine A due à l’état de grossesse, mais surtout à ramener leurs réserves de vitamine A à un niveau normal après l’accouchement. La première manifestation clinique de la carence en vitamine A est la cécité crépusculaire. Cette affection touche particulièrement les enfants, les femmes enceintes et celles qui allaitent. 18 Il a été estimé à 144‰ en 2004 avec la troisième Enquête Démographique et de Santé au Cameroun. 19 Les quatre principales stratégies de lutte contre la carence en vitamine A sont : supplémentation en capsules de vitamine A, l’enrichissement des aliments en vitamine A, la promotion de la consommation des sources de vitamine A et la promotion de la culture des aliments riches en vitamine A. Etat nutritionnel et allaitement des enfants de moins de 5 ans 35 Au cours de l’enquête, on a demandé aux mères ayant eu une naissance au cours des deux dernières années si elles avaient reçu de la vitamine A avant la fin de la huitième semaine qui a suivi l’accouchement. Plus d’un tiers (38%) des mères ont répondu qu’elles avaient effectivement reçu de la vitamine A après l’accouchement (Tableau NU.7). Selon le Graphique 3.8, c’est dans le Nord (19%) et l'Extrême-Nord (29%) que la proportion de femmes supplémentées en vitamine A est la plus faible. Cette proportion atteint son maximum dans le Nord-Ouest (65%). On note que les femmes en milieu urbain (46%) ont été relativement plus nombreuses à avoir reçu des suppléments de vitamine A que celles du milieu rural (33%). Graphique 3.8 : Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des deux années précédant l'enquête selon qu'elles aient reçu un supplément de vitamine A avant la huitième semaine de l'enfant 40 44 46 46 48 50 65 33 46 3835 363229 19 0 20 40 60 80 No rd Ex tr êm e- No rd Es t Ad am ao ua Su d Do ua la Ce nt re O ue st Ya ou nd e Su d- O ue st Li tto ra l No rd -O ue st Ru ra l Ur ba in Ca m er ou n Po ur ce nt ag e Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 La proportion de femmes ayant reçu des suppléments de vitamine A augmente avec le niveau d’instruction. Elle passe de 24% pour les femmes sans instruction à 42% pour celles du niveau de l’école primaire et à 48% pour les femmes ayant un niveau de l’enseignement secondaire ou plus. Prés de la moitié (49%) des femmes ayant été assistées par un personnel qualifié au moment de l’accouchement ont reçu une capsule de vitamine A. Cette proportion est deux fois moins élevée chez celles ayant été assistées par une personne non qualifiée (23%). De même, 50% des femmes ayant accouché dans une formation sanitaire ont reçu des suppléments de vitamine A; cette proportion est de 29% pour celles ayant accouché ailleurs. Par ailleurs, la proportion de femmes ayant reçu des suppléments de vitamine A après l’accouchement augmente régulièrement avec le quintile de l’indice de richesse du ménage. Elle passe de 24% chez les femmes des ménages du quintile le plus pauvre à 37% pour celles des ménages du quintile pauvre et atteint 49% pour celles des ménages du quintile le plus riche. Il est recommandé qu’une femme reçoive deux capsules de vitamine A après l’accouchement. Une première capsule doit être administrée dans les instants qui suivent l’accouchement; une deuxième capsule doit lui être administrée le lendemain ou au plus tard dans les huit semaines suivant l’accouchement. Il ressort du Tableau NU.7A que la moitié (51%) des femmes ayant reçu un supplément de vitamine A après l’accouchement ont reçu deux doses. Une femme sur huit (13%) déclare avoir reçu plus de deux doses de vitamine A après l’accouchement et environ trois sur dix (29%) n’ont reçu qu’une seule dose. L’on note aussi que pour la moitié (50%) des femmes qui ont reçu des suppléments de vitamine A après l’accouchement, les consignes ont été respectées. En effet, celles-ci ont reçu deux doses le Etat nutritionnel et allaitement des enfants de moins de 5 ans 36 même jour et dans les huit semaines suivant l’accouchement. Selon la région, les consignes ont été plus respectées dans la ville de Yaoundé (64%), à l’Extrême-Nord (59%) et à l’Ouest (57%). Elles ont été les moins respectées à Douala (34%), à l’Est (37%) et dans l’Adamaoua (39%). Les femmes ayant le niveau d’instruction secondaire et plus (53%) ont été les plus nombreuses, que celles sans niveau d’instruction (45%), à recevoir les deux doses recommandées. La proportion de femmes ayant été assistées par un personnel qualifié (54%) à l’accouchement qui ont reçu les deux doses de vitamine A est plus élevée que la proportion de celles qui ont été assistées par une personne non qualifiée (39%). 3.4 CARACTERISTIQUES DU NOUVEAU-NE 3.4.1 Poids à la naissance Le Tableau NU.8 montre que 59,1% des nouveau-nés ont été pesés à la naissance. La pesée des enfants est beaucoup plus fréquente à Douala (96,6%), dans la province de l’Ouest (93,9%), à Yaoundé (90,8%) et dans le Littoral (89,6%). Par contre cette pratique est peu fréquente dans les provinces du Nord (25,9%), de l’Extrême-Nord (27,0%), de l’Adamaoua (35,7%) et de l’Est (37,1%). La proportion d’enfants pesés en milieu urbain (81,8%) est deux fois plus élevée que celle des enfants nés en milieu rural (41,8%). Selon le niveau d’instruction, 78,5% d’enfants nés de femmes sans instruction n’ont pas été pesés alors que ce pourcentage n’est que de 11,0% pour les enfants des femmes du niveau de l’enseignement secondaire ou plus. Suivant le niveau de vie du ménage, 79,1% d’enfants issus des ménages du quintile le plus pauvre n’ont pas été pesés à la naissance, contre 4,1% pour ceux des ménages du quintile le plus riche. Parmi les enfants ayant été pesés à la naissance, 10,8% présentent un faible poids (inférieur à 2500 grammes). Les provinces de l’Extrême-Nord (16,6%), et du Nord (14,3%) ont des proportions de nouveau-nés ayant un faible poids supérieures à la moyenne nationale. Le pourcentage des nouveau-nés ayant un faible poids est plus élevé en milieu rural (12,0%) qu’en milieu urbain (9,0%). La proportion d’enfants de faible poids à la naissance est plus forte chez les mères sans instruction (16,4%) et chez celles des ménages du quintile le plus pauvre (14,5%). 3.4.2 Grosseur du nouveau-né à la naissance. Pour apprécier de manière subjective la grosseur de leur bébé à la naissance, les femmes devaient choisir entre les réponses suivantes : très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne, très petit ou ne sait pas. Le Tableau NU.09 révèle que 41% de mères ont estimé que la grosseur de leur enfant était moyenne ou normale. Environ 18% des femmes ont estimé que les nouveau-nés étaient plus petits que la moyenne ou très petits. L’analyse selon le milieu de résidence, l’âge, le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage montre que les femmes du milieu rural (22%), les femmes les plus jeunes, les femmes les moins instruites et celles issues des ménages du quintile le plus pauvre ont le plus fréquemment estimé que leurs nouveau-nés étaient plus petits que la moyenne ou très petits à la naissance. Santé de l’enfant 37 THEME 4 : SANTE DE L’ENFANT L’un des objectifs très importants des OMD et d’un MDE est de réduire la mortalité infantile et infanto-juvénile. En particulier, les OMD prônent la réduction de la mortalité infanto-juvénile de deux tiers entre 1990 et 2015. La surveillance des progrès vers cet objectif est une tâche importante mais difficile. L’évaluation de la mortalité infantile semble une chose aisée, mais les tentatives d’utiliser des questions directes telles que, « un membre de ce ménage est-il décédé l’année dernière ? » donne des résultats inexacts. L’utilisation d’évaluations directes de la mortalité infantile à partir des naissances fait perdre beaucoup de temps, est plus coûteuse et nécessite d’accorder une plus grande attention à la formation et à la supervision. Au contraire, les méthodes indirectes mises au point pour calculer les taux de mortalité infantile donnent des estimations solides comparables à celles obtenues à partir d’autres sources. Les méthodes indirectes minimisent les pièges des trous de mémoire, des définitions inexactes ou mal interprétées et des mauvaises techniques de sondage. Selon l’EDSC 200420, sur 1000 enfants nés vivants, 29 décèdent avant d’atteindre 1 mois (mortalité néonatale), 74 avant le premier anniversaire (mortalité infantile), et 144 avant le cinquième anniversaire (mortalité infanto- juvénile). Dans la MICS 3, la santé de l'enfant est étudiée à travers la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois et la morbidité des enfants de 0-59 mois liée à la diarrhée, aux infections respiratoires aiguës et au paludisme. Pour chacune de ces maladies, l’enquête a collecté les données sur la prévalence, les modes de traitement et la prévention pour le cas du paludisme. 4.1 COUVERTURE VACCINALE DES ENFANTS La couverture vaccinale joue un rôle essentiel dans cet objectif. La vaccination a sauvé les vies de millions d'enfants en trois décennies depuis le lancement du Programme élargi vaccination (PEV) en 1974. Dans le monde il y a encore 27 millions d'enfants qui ne bénéficient pas d'une vaccination systématique, en conséquence les maladies évitables par la vaccination causent plus de deux millions de décès par an. Un des objectifs d'un Monde digne des enfants est de garantir la couverture vaccinale totale de 90% des enfants de moins d'un an au niveau national, avec une couverture d'au moins 80% dans chaque district ou unité administrative équivalente. Selon les directives de l'UNICEF, de l'OMS et du Programme Elargi de Vaccination (PEV), un enfant complètement vacciné devrait recevoir le vaccin BCG pour le protéger contre la tuberculose, trois doses de la DTCoq pour le protéger contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos, trois doses de vaccin contre la polio et le vaccin contre la rougeole avant l'âge de 12 mois. Par ailleurs, une première dose de vaccin contre la polio (polio 0) est administrée à la naissance. 20 Les statistiques présentées correspondent à la période la plus recente avant l’enquête (0-4 ans) Objectif n°4 des OMD : " Réduire la mortalité infantile ". La cible n°5 des OMD est : " Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans ". Objectif n°6 des OMD :" Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies, d’ici à 2015 ". La cible n°8 des OMD est : " Maîtriser le paludisme et d’autres grandes maladies, et commencer à inverser les tendances actuelles, d’ici à 2015 ". Santé de l’enfant 38 Il a été demandé aux mères de produire les carnets de vaccination pour les enfants de moins de 5 ans. Les enquêteurs ont recopié les informations relatives à la vaccination dans le questionnaire de la MICS. Les informations collectées au cours de l’enquête visent à évaluer la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois. Les vaccins concernés sont les suivants : BCG, Polio, DTCoq, Rougeole, Fièvre jaune et Hépatite B. Les informations sur la couverture vaccinale ont été obtenues dans 66% des cas à partir des carnets de vaccination (Tableau CH.1). Cette source d’informations sur la vaccination a été complétée par les déclarations des mères ou personnes en charge de ces enfants. Comme l’indiquent les Tableaux CH.1 et CH.1c, 65% d’enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG d’après les carnets de vaccination et 25% selon les déclarations de la mère. Dans l’ensemble, 90% d’enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG. Parmi ces derniers 89% ont reçu ce vaccin avant l’âge de 12 mois (Graphique 4.1). Graphique 4.1 : Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant été vaccinés avant l'âge de 12 mois 5 49 7367 86 92 72 80 8789 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 BC G DT Co q 1 DT Co q 2 DT Co q 3 Po lio 1 Po lio 2 Po lio 3 Ro ug eo le To us le s v ac cin s Au cu n v ac cin Po ur ce nt ag e Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de DTCoq est de 87%. Cette proportion passe à 80% pour la seconde dose et à 72% pour la troisième. Le taux de déperdition entre la première et la troisième dose est de 15%. De même la proportion d’enfants ayant reçu le vaccin contre la polio passe de 92% pour la première dose (polio 1) à 67% pour la troisième, laissant ainsi apparaître un taux de déperdition de 25%. En outre, huit enfants sur dix (83%) ont reçu une dose de polio à la naissance (polio 0) et 73% ont été vaccinés contre la rougeole. Selon le Graphique 4.2, plus de la moitié des enfants de 12-23 mois (57%) sont complètement vaccinés, dont 49% avant 12 mois et 8% après l’âge requis. Quatre enfants sur dix (40%) ont reçu la première dose de vaccin contre l’hépatite B et 36% la troisième. Plus de la moitié des enfants (57%) ont été vaccinés contre la fièvre jaune. Selon les caractéristiques sociodémographiques (Tableaux CH.2 et CH.2c), il n’existe pas de différence selon le sexe de l'enfant en matière de vaccination. Par contre, la proportion d’enfants Santé de l’enfant 39 complètement vaccinés est plus élevée en milieu urbain (64%) qu’en milieu rural (52%). Elle est également plus élevée dans les provinces du Littoral (75%), du Nord-Ouest (74%) et du Centre. Graphique 4.2 : Couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois 57 363740 90 88 83 75 93 89 70 79 57 5 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 BC G DT Co q 1 DT Co q 2 DT Co q 3 Po lio 1 Po lio 2 Po lio 3 Ro ug eo le To us Au cu n He pB 1 He pB 2 He pB 3 Fi èv re jau ne Po ur ce nt ag e Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 La couverture vaccinale varie selon le niveau d’instruction de la mère et le niveau de vie du ménage. De 43% chez les enfants dont la mère est sans instruction, la proportion d’enfants complètement vaccinés atteint 71% chez ceux dont la mère a le niveau de l'enseignement secondaire ou plus. De même, la proportion d’enfants complètement vaccinés est de 42% dans les ménages du quintile le plus pauvre, tandis qu’elle est de 72% dans les ménages du quintile le plus riche. 4.2 MORBIDITE ET SOINS DES ENFANTS 4.2.1 Diarrhée La diarrhée constitue chez les enfants de 0-59 mois l’une des premières causes de décès. L’OMS recommande l’utilisation d’un traitement de réhydratation par voie orale (TRO) par une solution préparée à partir du contenu d’un sachet de sel de réhydratation par voie orale (SRO) ou du liquide SRO pré-emballé ou d’une solution préparée à la maison avec de l’eau, du sucre et du sel, ou l’augmentation de la quantité de fluides donnés à l’enfant. 4.2.1.1 Prévalence et traitement de la diarrhée Pour évaluer la prévalence de la diarrhée et son mode de traitement, il a été demandé à toutes les mères d’enfants de 0-59 mois si leur enfant avait eu la diarrhée au cours des deux dernières semaines précédant l’enquête. Dans l’affirmative, on a cherché à connaître le traitement pris, les pratiques alimentaires pendant l’épisode de diarrhée, la source et le coût du sel de réhydratation par voie orale. Dans l’ensemble, 19% d’enfants de 0-59 mois ont eu la diarrhée au cours des deux semaines précédant l’enquête (Tableau CH.3). Parmi ces enfants, 81% n’ont reçu aucun traitement et seulement 19% ont utilisé une solution de réhydratation orale telle que recommandée par l’OMS. La prise de liquide préparé à partir d’un sachet de sel de réhydratation orale reste le traitement le Santé de l’enfant 40 plus courant, suivi du liquide recommandé et préparé à la maison et enfin du liquide SRO pré- emballé. Les enfants des provinces septentrionales sont les plus touchés par les maladies diarrhéiques; Extrême-Nord (35%), Nord (35%), et Adamaoua (20%). Par contre, les régions où les enfants sont moins atteints de diarrhée sont le Littoral (8%), l’Ouest (10%) et le Sud-Ouest (10%). Selon le milieu de résidence, les enfants du milieu rural (23%) sont relativement plus atteints que ceux du milieu urbain (14%). La prévalence de la diarrhée est plus élevée chez les enfants de 12-23 mois (32%) que dans les autres tranches d’âges (Graphique 4.3). Ce groupe d’âges correspond à celui où les enfants commencent à être sevrés, à recevoir des aliments de complément et à explorer leur environnement, ce qui les expose aux agents pathogènes de tout genre. Graphique 4.3 : Prévalence de la diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans selon l’âge 10,6 12,0 20,3 31,8 12,0 25,1 0 5 10 15 20 25 30 35 40 0- 6 mois 6-11 mois 12-23 mois 24-35 mois 36-47 mois 48-59 mois Pr év al en ce Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 Plus le niveau d’instruction de la mère ou le niveau de vie du ménage est élevé, plus faible est la prévalence de la diarrhée chez les enfants. Selon le Tableau CH.3, le taux d'utilisation de la SRO est de 19% et varie selon la région. Dans le, Nord, seulement 7% d’enfants ont reçu un traitement contre la diarrhée alors que dans la ville de Douala cette proportion est de 50%. Ce taux augmente avec le niveau d’instruction des mères. 4.2.1.2 Alimentation durant l’épisode de diarrhée Pendant l’épisode de diarrhée, la prise fréquente de liquide et une alimentation appropriée permettent à l’enfant de faire face à la déshydratation. Le Tableau CH.4 montre que, sur les 19% d’enfants ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines précédant l’enquête, 9% ont été pris en charge à domicile (ont reçu plus de liquide et ont continué à manger à peu près la même quantité que d’habitude) et 22% ont reçu une solution de réhydratation orale ou augmenté la prise de liquide et poursuivi l’alimentation. Dans les provinces septentrionales qui sont les zones de forte prévalence, la prise accrue de liquide pendant l’épisode de diarrhée est de 16% dans l’Adamaoua, 13% dans le Nord et 9% dans l’Extrême-Nord. La prise en charge de la diarrhée à domicile dans ces deux dernières provinces n’est que de 11% et 7% respectivement. Aussi, 15% et 17% d’enfants, respectivement dans le Nord et dans l’Extrême-Nord ont reçu une solution de réhydratation orale ou ont augmenté la quantité de liquide bu ou continué à manger comme d’habitude. Santé de l’enfant 41 Selon le milieu de résidence, les enfants du milieu rural ont été plus nombreux à recevoir plus de liquide durant l’épisode de diarrhée (13%) et moins nombreux à consommer plus de nourriture (76%) que ceux du milieu urbain (7% et 80%). Mais le pourcentage d’enfants ayant reçu une solution de réhydratation ou augmenté la prise de liquide ou continué à manger comme d’habitude est plus important en milieu urbain. Quel que soit l’âge de l’enfant, la prise abondante de liquide est faible (moins de 11% des cas de diarrhée) de même que la prise en charge de la diarrhée à domicile (9%). Quand le niveau d’instruction de la mère augmente, la prise d’une solution de réhydratation orale ou l’augmentation de la quantité de liquide consommé et la poursuite de l’alimentation est plus fréquente. Les proportions passent de 16% des cas chez les femmes sans instruction à 35% chez celles de niveau de l’enseignement secondaire ou plus (Graphique 4.4). Graphique 4.4 : Pourcentage d'enfants de 0-59 mois souffrant de diarrhée et ayant reçu la solution de réhydratation orale ou ayant augmenté la prise de liquide et continué l'alimentation 52 37 32 31 30 28 27 20 17 15 15 13 29 18 35 23 16 22 0 10 20 30 40 50 60 Domaine d'étude Douala Yaoundé Centre Ouest Est Littoral Sud Adamaoua Extrême - Nord Nord Sud - Ouest Nord - Ouest Milieu de résidence Urbain Rural Niveau d'instruction de la mère Secondaire et + Primaire Aucun Cameroun Pourcentage Source : Institut National de la Statistique, MICS 3, Cameroun, 2006 La proportion d’enfants ayant reçu une solution de réhydratation orale ou ayant bu plus de liquide et poursuivi leur alimentation croît des ménages du quintile le plus pauvre aux ménages du quintile le plus riche (16% contre 45%). 4.2.1.3 Source et coût du Sel de Réhydratation Orale Le Tableau CH.15 présente la source d’obtention et le coût du SRO suivant certaines caractéristiques. Dans l’ensemble, 57% des sachets de SRO obtenus pour traiter la diarrhée proviennent d’une source publique, notamment les hôpitaux publics et les Centres de Santé Intégrés, 32% d’une source privée et 12% d’autres sources. Le coût médian d’obtention des SRO est de 175 FCFA dans le public et 200 FCFA dans le privé. En outre, 3% et 9% des sachets de SRO ont été obtenus gratuitement, respectivement dans le public et dans le privé. En milieu rural, Santé de l’enfant 42 le public est la source la plus usitée en cas de besoin de SRO (65%). Seulement 27% de personnes s’approvisionnent dans le privé alors que ce secteur (25%) offre plus fréquemment et gratuitement le sachet de SRO que le public (7%) et le prix médian y est moindre que dans les établissements publics (150 FCFA contre 207 FCFA). 4.2.2 Infections respiratoires aiguës 4.2.2.1 Prévalence de la pneumonie Les infections respiratoires aiguës en général et la pneumonie en particulier sont des maladies fréquentes chez l’enfant. Ont été considérés comme ayant une pneumonie tous les enfants qui ont eu une maladie avec une toux accompagnée d’une respiration rapide ou difficile et dont les symptômes se manifestaient par un problème au niveau de la poitrine et/ou une obstruction nasale. Il ressort du Tableau CH.5 que 8% des enfants de 0-59 mois ont eu un cas suspecté de pneumonie au cours des deux semaines précédant l’enquête. Parmi ces enfants, seules 35% de mères ont eu recours à un personnel médical ou à une formation sanitaire appropriés pour le traitement. La prévalence de la pneumonie est pratiquement la même chez les filles (7%) que chez les garçons (8%). La province du Nord enregistre la plus forte prévalence de la pneumonie (18%). Le recours à une formation sanitaire ou à un personnel médical y est le plus faible (20%). Les enfants du milieu rural sont légèrement plus atteints (9%) que ceux du milieu urbain (6%). Le recours à un prestataire approprié est plus fréquent en milieu urbain (40%) qu’en milieu rural (32%). Le Tableau CH.5 nous révèle également que c’est dans les tranches d’âges 0-11 mois et 12-23 mois (9% en moyenne) que la prévalence de la pneumonie est la plus forte. La prévalence de la pneumonie diminue lorsque le niveau d’instruction de la mère augmente. Elle passe de 10% chez les enfants des mères sans instruction à 6% chez ceux dont les mères ont le niveau de l'enseignement secondaire ou plus. Par ailleurs, ces dernières sont celles qui recourent le plus (49%) à un prestataire approprié. Le quintile de l’indice de richesse du ménage dans lequel vit l'enfant a un impact sur la prévalence des infections respiratoires aiguës et le recours à un prestataire approprié. Plus le ménage est riche, plus faible est la prévalence et plus élevée est la fréquence de recours à un prestataire approprié. 4.2.2.2 Source et coût des antibiotiques Le Tableau CH.14 présente la source d’approvisionnement et le coût des antibiotiques de traitement de la pneumonie chez les enfants de 0-59 mois. Les établissements sanitaires privés sont la source d’approvisionnement la plus usité (38%), suivent les établissements publics (31%) et les autres sources (32%). Les antibiotiques utilisés sont rarement gratuits et leur coût médian est de 2 585 FCFA dans le privé et de 1 600 FCFA dans le public. Selon le milieu de résidence, les formations sanitaires privées ont été relativement plus sollicitées en cas de pneumonie en milieu urbain (52%) que celles publiques (16%), tandis que celles de public l’ont été en milieu rural (48%) que celles privées (22%). Dans le secteur public le coût médian des antibiotiques est de 1 500 FCFA en milieu urbain et 1 613 FCFA en milieu rural. Dans le secteur privé ces montants sont respectivement de 2 910 FCFA et 2 314 FCFA. Selon le niveau d’instruction, les enfants des mères sans instruction (56%) ont été soignés par des antibiotiques provenant des sources non sanitaires. Par contre, les enfants des mères de niveau d’enseignement secondaire ou plus (55%) ont davantage reçu des antibiotiques provenant du privé. Chez les enfants des ménages du quintile le plus pauvre, l’approvisionnement se fait en Santé de l’enfant 43 priorité auprès des sources non sanitaires (61%), contrairement à ceux des ménages du quintile le plus riche qui ont le plus eu recours à une source privée (69%). 4.2.3 Paludisme Le paludisme est la maladie parasitaire la plus répandue en Afrique subsaharienne. Les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans sont les populations les plus affectées. En 2002, le Cameroun a élaboré un Plan Stratégique National de Lutte contre le Paludisme (PSNLP) et restructuré le Programme National de Lutte contre le Paludisme pour le rendre plus efficace. La plus grande difficulté à laquelle se heurte aujourd’hui la lutte contre le paludisme est la résistance des parasites aux anti-paludiques usuels et moins onéreux. Cette situation a conduit le Cameroun à réviser sa politique thérapeutique en optant depuis janvier 2004 pour l’association Artesunate-Amodiaquine; malheureusement le coût de ce traitement n’est pas encore à la portée du camerounais moyen. 4.2.3.1 Situation du paludisme et stratégie de lutte Au Cameroun, la maladie est la cause de 35% à 40% de décès dans les formations sanitaires, 50% de morbidité chez les enfants de moins de 5 ans, 40% à 45% de consultations médicales et de 30% d’hospitalisations21. Encadré 4 Stratégie de lutte contre le paludisme au Cameroun La stratégie sectorielle pour la lutte contre le paludisme est retenue comme une priorité dans la politique gouvernementale et son financement figure dans l’initiative PPTE. Pour faire face au lourd fardeau du paludisme, le Gouvernement a élaboré un plan stratégique national basé sur un consensus national de tous les partenaires impliqués, à savoir : le secteur privé, les agences de coopération bilatérale et multilatérale et les ONG, et cela à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Ce plan définit les orientations stratégiques suivantes : (i) le renforcement de la prise en charge des cas à domicile et dans les formations sanitaires publiques et privées ; (ii) la prévention du paludisme par l’utilisation des moustiquaires imprégnées et le traitement préventif intermittent chez la femme enceinte ; (iii) la promotion de la lutte contre le paludisme par le plaidoyer, la mobilisation sociale, la communication pour le changement de comportement ; (iv) la surveillance épidémiologique par l’intégration du paludisme dans le système de surveillance intégré des maladies transmissibles, la création d’une banque de données, la création de sites sentinelles pour la surveillance de l’efficacité des antipaludiques, de la résistance des parasites aux insecticides, des épidémies et autres enquêtes ciblées ; (v) le processus gestionnaire par l’élaboration des plans d’action de lutte contre le paludisme réalistes à tous les niveaux, la supervision, le suivi et évaluation des activités ; (vi) la formation et la recherche opérationnelle ; (vii) le développement du partenariat pour la lutte contre le paludisme par le renforcement du partenariat avec la communauté, entre les formations sanitaires publiques et privées, de la collaboration intersectorie

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