Enquête Démographique et de Santé Continue au Sénégal (EDS-Continue) 2012-2013

Publication date: 2012

Sénégal Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) 2012-2013 Sénégal 2012-2013 Enquête Dém ographique et de Santé Continue (EDS-Continue) RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL Enquête Démographique et de Santé Continue au Sénégal (EDS-Continue) 2012-2013 Rapport final 1ère année Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) Dakar, Sénégal MEASURE DHS ICF International Calverton, Maryland, USA Juillet 2013 Ministère de la Santé et l’Action Sociale Ce rapport présente les résultats de la première année de l’Enquête Démographique et de Santé Continue au Sénégal (EDS-Continue 2012-2013), exécutée de septembre 2012 à juin 2013 par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD). L’EDS-Continue 2012-2013 a été réalisée avec l’appui financier du Gouvernement du Sénégal, de l’USAID, de l’UNICEF et de l’UNFPA. Elle a bénéficié de l’assistance technique du programme mondial des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and HealthSurveys - MEASURE DHS) de ICF International dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données démographiques et de santé portant, en particulier, sur la fécondité, la mortalité, la planification familiale, la santé de la mère et de l’enfant, la nutrition, le paludisme et le VIH. D’autres organismes tels le Centre de Recherche pour le Développement Humain (CRDH) et le Laboratoire de Parasitologie de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop ont apporté leur expertise à la réalisation de cette opération. Pour tous renseignements concernant l’EDS-Continue 2012-2013, contacter : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) Rocade Fann Bel-air Cerf-volant B.P. 116 ; Dakar RP (Sénégal) Téléphone : (221) 33 869 21 39/33 869 21 60 Fax : (221) 33 824 36 15 E-mail : statsenegal@ansd.sn / statsenegal@yahoo.fr Site web: www.ansd.sn Concernant le programme MEASURE DHS, des renseignements peuvent être obtenus auprès de : ICF International 11785 Beltsville Drive, Suite 300, Calverton, MD 20705 USA Téléphone 301-572-0200 Fax 301-572-0999 E-mail : reports@measuredhs.com Internet : http://www.measuredhs.com Citation recommandée: Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) [Sénégal], et ICF International. 2012. Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue 2012-2013). Calverton, Maryland, USA: ANSD et ICF International. Table des matières • iii TABLE DES MATIÈRES LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES . v AVANT PROPOS .ix REMERCIEMENTS .xi SIGLES ET ABRÉVIATIONS . xiii CARTE DU SÉNÉGAL . xiv 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE . 1 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS . 1 1.1.1 Géographie . 1 1.1.2 Économie . 1 1.1.3 Population . 2 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire . 2 1.2 CADRE INSTITUTIONNEL, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE . 3 1.2.1 Cadre institutionnel . 3 1.2.2 Objectifs . 4 1.2.3 Méthodologie . 4 1.2.4 Réalisation de l’EDS-Continue . 8 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES ET DES FEMMES . 11 2.1 CONDITIONS DE VIE . 11 2.1.1 Provenance de l’eau de boisson . 11 2.1.2 Types de toilettes . 12 2.1.3 Caractéristiques des logements . 13 2.1.4 Quintiles de bien-être économique des ménages . 15 2.2 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES FEMMES . 16 3 SITUATION DES ENFANTS . 19 3.1 ENREGISTREMENT DES NAISSANCES . 19 3.2 ACCÈS À L’INSTRUCTION . 20 3.2.1 Taux brut de fréquentation scolaire . 21 3.2.2 Taux net de scolarisation . 21 3.3 TRAVAIL DES ENFANTS . 23 3.4 ENFANTS VIVANT SÉPARÉS DE LEURS PARENTS BIOLOGIQUES ET ENFANTS ORPHELINS . 26 4 FÉCONDITÉ ET MORTALITÉ DES ENFANTS . 29 4.1 FÉCONDITÉ . 30 4.1.1 Considérations méthodologiques . 30 4.1.2 Niveau de la fécondité et fécondité différentielle . 30 4.1.3 Tendances de la fécondité . 31 4.2 MORTALITÉ DES ENFANTS . 32 4.2.1 Méthodologie et qualité des données . 32 4.2.2 Niveaux et tendances . 34 5 CONTRACEPTION ET PRÉFÉRENCE EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ DES FEMMES . 37 5.1 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION . 37 5.2 DÉSIR D’ENFANTS SUPPLÉMENTAIRES . 40 iv • Table des matières 6 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT . 43 6.1 SANTE DE LA MERE . 43 6.1.1 Soins prénatals . 43 6.1.2 Assistance lors de l’accouchement . 46 6.1.3 Lieu d’accouchement . 46 6.2 SANTE DE L’ENFANT . 47 6.2.1 Vaccination des enfants . 47 6.2.2 Maladies des enfants . 50 7 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS . 55 7.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT . 55 7.2 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS . 57 7.2.1 Méthodologie . 57 7.2.2 Retard de croissance . 57 7.2.3 Émaciation ou maigreur . 60 7.2.4 Surpoids et obésité . 60 7.2.5 Insuffisance pondérale . 61 7.3 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 62 8 PALUDISME . 65 8.1 MOUSTIQUAIRES ET PULVÉRISATION INTRADOMICILIAIRE . 66 8.1.1 Possession de moustiquaires . 66 8.1.2 Pulvérisation intradomiciliaire (PID) . 68 8.1.3 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages . 69 8.1.4 Utilisation des moustiquaires par les groupes vulnérables . 71 8.2 TRAITEMENT PRÉVENTIF ANTIPALUDÉEN AU COURS DE LA GROSSESSE . 75 8.3 FIÈVRE ET TRAITEMENT ANTIPALUDÉEN DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS . 76 8.4 TAUX D’HÉMOGLOBINE . 79 8.5 PARASITÉMIE PALUSTRE . 81 8.5.1 Principe et méthodologie . 81 8.5.2 Prévalence de la parasitémie palustre chez les enfants . 82 9 EXCISION . 85 9.1 PRÉVALENCE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DE MOINS DE 15 ANS . 86 9.2 ÂGE À L’EXCISION . 87 9.3 INFIBULATION . 88 RÉFÉRENCES . 89 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE . 91 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 97 ANNEXE C TABLEAUX POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES . 105 ANNEXE D PERSONNEL DE L’EDS-CONTINUE, 2012-2013 . 113 ANNEXE E QUESTIONNAIRES . 117 Liste des tableaux et graphiques • v LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE . 1 Tableau 1.1 Résultats des interviews ménages et individuelles . 8 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES ET DES FEMMES . 11 Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire . 12 Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages . 13 Tableau 2.3 Caractéristiques du logement . 14 Tableau 2.4 Quintiles de bien-être économique . 15 Tableau 2.5 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtées . 16 Graphique 2.1 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence . 15 3 SITUATION DES ENFANTS . 19 Tableau 3.1 Enregistrement des naissances d’enfants de moins de cinq ans . 20 Tableau 3.2 Taux de fréquentation scolaire . 22 Tableau 3.3 Travail des enfants . 24 Tableau 3.4 Travail des enfants et fréquentation scolaire . 26 Tableau 3.5 Enfants orphelins et résidence avec les parents . 27 4 FÉCONDITÉ ET MORTALITÉ DES ENFANTS . 29 Tableau 4.1 Fécondité actuelle . 30 Tableau 4.2 Fécondité par âge selon six sources . 32 Tableau 4.3 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans . 34 Graphique 4.1 Taux de fécondité par âge selon le milieu de résidence . 31 Graphique 4.2 Tendance de la fécondité par âge . 32 Graphique 4.3 Tendance de la mortalité infantile selon l’EDS-MICS 2010-2011 et l’EDS-Continue 2012-2013 . 35 Graphique 4.4 Tendance de la mortalité juvénile selon l’EDS-MICS 2010-2011 et l’EDS-Continue 2012-2013 . 36 5 CONTRACEPTION ET PRÉFÉRENCE EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ DES FEMMES . 37 Tableau 5.1 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques sociodémographiques . 38 Tableau 5.2 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d’enfants vivants . 41 Graphique 5.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union selon la méthode . 39 Graphique 5.2 Tendance de l’utilisation de la contraception moderne par les femmes en union . 40 Graphique 5.3 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants . 41 6 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT . 43 Tableau 6.1 Indicateurs de santé maternelle . 44 Tableau 6.2 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 48 Tableau 6.3 Traitement des Infections Respiratoires Aigués (IRA), de la fièvre et de la diarrhée . 51 vi • Liste des tableaux et graphiques Graphique 6.1 Soins prénatals, lieu d’accouchement et assistance à l’accouchement . 45 Graphique 6.2 Accouchement dans un établissement de santé selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 47 Graphique 6.3 Vaccination des enfants de 12-23 mois selon le type de vaccin et trois sources . 49 Graphique 6.4 Pourcentage d’enfants de 12-23 mois complètement vaccinés selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 50 Graphique 6.5 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans ayant eu de la fièvre et pour lesquels un traitement a été recherché . 52 Graphique 6.6 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans ayant eu de la diarrhée pour lesquels un traitement a été recherché . 53 7 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS . 55 Tableau 7.1 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant . 56 Tableau 7.2 Échelle pour l’interprétation des valeurs de prévalence de la malnutrition (-2 Z-score) dans une population . 57 Tableau 7.3 État nutritionnel des enfants . 59 Tableau 7.4 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 63 Graphique 7.1 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant . 56 Graphique 7.2 Prévalence du retard de croissance . 60 Graphique 7.3 Prévalence de l’insuffisance pondérale . 62 8 PALUDISME . 65 Tableau 8.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 67 Tableau 8.2 Pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) contre les moustiques. 69 Tableau 8.3 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages . 71 Tableau 8.4 Utilisation des moustiquaires par les enfants . 72 Tableau 8.5 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes . 74 Tableau 8.6 Utilisation d’antipaludéens à titre préventif et du Traitement Préventif Intermittent (TPIg) par les femmes au cours de la grossesse . 75 Tableau 8.7 Prévalence et traitement précoce de la fièvre chez les enfants . 77 Tableau 8.8 Type d’antipaludiques et moment de leur prise par les enfants ayant eu de la fièvre . 79 Tableau 8.9 Hémoglobine <8,0 g/dl . 80 Tableau 8.10 Couverture de test de la parasitémie palustre auprès des enfants de 6-59 mois . 82 Tableau 8.11 Prévalence du paludisme (test de sang goutte épaisse) . 84 Graphique 8.1 Prévalence de la parasitémie palustre chez les enfants de 6-59 mois . 83 9 EXCISION . 85 Tableau 9.1 Excision des filles de 0-14 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère . 86 Tableau 9.2 Âge à l’excision des filles de 0-14 ans . 87 Tableau 9.3 Forme extrême d’excision . 88 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE . 91 Tableau A.1 Répartition de nombres de DR et la taille moyenne de DR en ménage par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2002) . 92 Tableau A.2 Répartition de ménage et de population par région et selon milieu de résidence (RGPH-2002) . 92 Tableau A.3 Répartition de l’échantillon de DR et de l’échantillon ménages par région et par type de résidence, EDS-Continue 2012-2013 . 93 Liste des tableaux et graphiques • vii Tableau A.4 Répartition de nombres attendus de femmes enquêtées avec succès et enfant de 6-59 mois par région et par type de résidence, EDS-Continue 2012-2013 . 94 Tableau A.5 Résultats de l’enquête . 96 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 97 Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 . 99 Tableau B.2 Erreurs de sondage: Échantillon Total, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 . 100 Tableau B.3 Erreurs de sondage: Échantillon Urbain, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 . 101 Tableau B.4 Erreurs de sondage: Échantillon Rural, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 . 102 Tableau B.5 Erreurs de sondage: Échantillon Nord, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 . 103 Tableau B.6 Erreurs de sondage: Échantillon Ouest, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 . 103 Tableau B.7 Erreurs de sondage: Échantillon Centre, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 . 104 Tableau B.8 Erreurs de sondage: Échantillon Sud, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 . 104 ANNEXE C TABLEAUX POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES . 105 Tableau C.1 Répartition par âge de la population des ménages . 105 Tableau C.2 Répartition par âge des femmes éligibles et enquêtées . 106 Tableau C.3 Complétude de l’enregistrement . 107 Tableau C.4 Naissances par année de naissance . 107 Tableau C.5 Enregistrement de l’âge au décès en jours . 108 Tableau C.6 Enregistrement de l’âge au décès en mois . 109 Tableau C.7 État nutritionnel des enfants . 110 Tableau C.8 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union . 111 Tableau C.9 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 112 Avant propos • ix AVANT PROPOS Enquête Démographique et de Santé du Sénégal Continue (EDS-Continue), fait suite aux EDS de 1986, 1992, 1997, 2005 et à l’EDS-MICS 2010-2011. Au sortir de l’édition 2011, le Sénégal s’est engagé dans la mise en œuvre d’un programme d’enquêtes dans lequel des phases de collecte de données sont répétées à des intervalles réguliers et annuels. L’EDS-Continue comporte un volet traitant de la production d’indicateurs sociodémographiques (Volet ménages) et un autre visant à apprécier la disponibilité des ressources matérielles et humaines ainsi que la qualité des soins offerts par les services de santé aux populations (Volet Etablissements de santé). Je me réjouis de la qualité de la collaboration avec le Ministère de l’Economie et des Finances qui a associé le Ministère de la Santé et l’Action Sociale dans cette importante rencontre. L’EDS-Continue 2012/2013 a été réalisée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) avec le concours technique d’ICF International. Le laboratoire de parasitologie de l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD) a apporté son appui dans la mise en œuvre du volet relatif à la parasitémie palustre. Je leur adresse mes vifs remerciements. Cette première phase de l’EDS-Continue a pris en charge quelques thèmes développés dans les précédentes EDS, en particulier la fécondité, la planification familiale, les soins pré et postnatals, les maladies des enfants, leur prévention et leur prise en charge, la mortalité au cours de l’enfance. Elle renseigne également les questions relatives à la malnutrition des enfants à partir des mesures anthropométriques. Les indicateurs ayant trait à la prévention du paludisme et à l’alimentation des enfants sont aussi appréhendés. En mettant en place ce dispositif, l’ANSD entend mettre à la disposition des utilisateurs et producteurs de statistiques et des décideurs politiques une grande variété de données actualisées ou tout simplement inédites nécessaires à une bonne planification économique et sociale. À travers cette enquête, l’ANSD poursuit ses efforts à l’endroit de la communauté scientifique pour leur faciliter l’accès aux données. Comme toutes les enquêtes EDS, les bases de données de l’EDS-Continue sont téléchargeables en ligne en vue de promouvoir les études approfondies. Il importe de signaler aussi que toute la documentation de l’enquête sera accessible en ligne ou directement auprès de l’ANSD et à ICF International. Je suis convaincu que tous les utilisateurs sauront tirer profit de cette mine d’informations qu’est l’EDS-Continue pour une meilleure planification de leurs activités. La mise en œuvre de cette enquête a mobilisé des ressources financières importantes. L’Agence Américaine pour le développent International (USAID), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et l’État (ANSD) en ont assuré le financement. Les partenaires techniques et financiers ont aussi contribué techniquement à la mise en œuvre de cette opération dans le cadre des comités technique et de pilotage du projet. Je leur adresse mes sincères remerciements. Mes remerciements vont donc à tous les partenaires institutionnels et à toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de cette importante investigation. J’exprime ma profonde gratitude aux populations et aux services de l’État pour leur appui et leur disponibilité tout au long du travail de collecte des données. Le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale Professeur Awa Marie Coll SECK L’ Remerciements • xi REMERCIEMENTS our assurer un meilleur suivi de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le Sénégal vient de réaliser en 2012-2013 la première phase d’une Enquête Démographique et de Santé Continue conformément au programme d’actions du Schéma Directeur de la Statistique. Elle couvre la période 2012-2016 et offre la possibilité de créer un flux continu de données sur la population qui aidera à répondre à la demande de suivi plus régulier des indicateurs de couverture et d’impact résultant des initiatives mondiales en cours, visant à renforcer les programmes de santé. Cette enquête qui entre dans le cadre du programme d’activités du Schéma Directeur de la Statistique permet de répondre aux besoins permanents en données pour planifier, suivre et évaluer les programmes de santé et de population. Elle permet également de renforcer les capacités au sein des institutions du pays d’accueil pour collecter, traiter, analyser et diffuser les données et les résultats. Cette opération régulière qui regroupe une enquête ménage et une enquête auprès des établissements de santé est une nouvelle illustration de la politique de rationalisation des ressources aussi bien financières que techniques, par l’harmonisation et la mutualisation des moyens. Elle a nécessité la mobilisation d’importantes ressources financières, de la disponibilité et de la compétence de plusieurs personnes ressources. Je voudrais donc, à l’occasion de la publication du présent rapport, adresser mes sincères remerciements au Gouvernement du Sénégal, à ses partenaires au développement, notamment l’USAID, l’UNICEF, l’UNFPA, à ICF International et au CRDH qui ont appuyé l’ANSD tout le long de cette opération. À travers cette enquête, l’ANSD réaffirme son ancrage dans les nouvelles technologies en ayant encore recours aux ordinateurs portables pour la collecte et la saisie directe des données sur le terrain. L’ANSD s’inscrit donc résolument dans la collecte de données d’enquêtes sans questionnaires papiers. Une telle option à succès consolide son leadership et confirme la nécessité de faire confiance à l’expertise nationale. J’exprime donc mes félicitations aux experts de l’ANSD et mes sincères remerciements à ICF International et de son sous-contractant, CRDH, pour son appui technique si précieux. Je voudrais aussi remercier les personnels techniques et administratifs du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale, au niveau central comme au niveau périphérique pour leur précieuse collaboration ; les membres des Comité de pilotage et technique pour leur compétence et leur disponibilité ainsi que les personnels du laboratoire de parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop pour leur efficacité dans l’exploitation des analyses biologiques. Je voudrais également témoigner ma profonde gratitude et ma reconnaissance à l’égard des populations des localités enquêtées ainsi qu’aux autorités administratives, locales, coutumières et religieuses pour l’accueil chaleureux qu’elles ont réservé aux personnels de terrain. Enfin, j’adresse toutes mes félicitations aux personnels de terrain, chauffeurs, enquêteurs, techniciens de santé, chefs d’équipe et superviseurs et les informaticiens de l’enquête pour leur professionnalisme, leur dévouement et leur endurance qui ont été déterminants pour la réussite de l’enquête. Je salue le concours des collègues de l’ensemble des services techniques, administratifs, logistiques et financiers de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie qui se sont tous mobilisés pour assurer un succès éclatant à cette enquête cruciale. P Sigles et abréviations • xiii SIGLES ET ABRÉVIATIONS ANSD Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie CNERS Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé CRDH Centre de Recherche pour le Développement Humain CTA Combinaisons Thérapeutiques à base d’Artémisinine DHS Demographic and Health Surveys DPES Document de Politique Économique et Social DR District de Recensement DTC Diphtérie, Tétanos et Coqueluche GHI Global Health Initiative ICP Infirmiers/ères Chefs de Poste IRA Infections Respiratoires Aiguës ISF Indice Synthétique de Fécondité MII Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide MILDA Moustiquaires Imprégnées à Longue Durée d’Action OIT Organisation Internationale du Travail OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS Organisation Mondiale de la Santé PEV Programme Élargi de Vaccinations PFTE Pires Formes de Travail des Enfants PID Pulvérisation Intradomiciliaire PNDS Plan National de Développement Sanitaire PNLP Programme National de Lutte contre le Paludisme PPTE Pays Pauvre Très Endetté RGP Recensement Général de la Population RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat SP Sulfadoxine-Pyriméthamine SRO Sels de Réhydratation par voie Orale TBF Taux Brut de Fréquentation scolaire TBN Taux Brut de Natalité TDR Test de Diagnostic Rapide TGFG Taux Global de Fécondité Générale TNF Taux Net de Fréquentation scolaire TPIg Traitement Préventif Intermittent TRO Traitement de Réhydratation par voie Orale UCAD Université Cheikh Anta Diop xiv • Carte du Sénégal Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1 Fatou Bintou Niang CAMARA e premier chapitre présente le pays ainsi que le contexte de la première Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) 2012-2013. Ses objectifs et sa méthodologie y sont également exposés. 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS 1.1.1 Géographie Pays Soudano-Sahélien situé à l’extrême Ouest du continent africain, le Sénégal est limité, au nord, par la République de Mauritanie, à l’est, par le Mali, au sud, par la Guinée Bissau et la Guinée et, à l’Ouest, par l’Océan Atlantique. Il est traversé par la Gambie qui est une enclave de terre située entre les régions de Kaolack et de Ziguinchor, sur le cours inférieur du fleuve du même nom. D’une superficie de 196 722 kilomètres carrés, le Sénégal possède une grande ouverture sur l’Océan Atlantique avec ses 700 kilomètres de côtes. C’est un pays plat, l’altitude dépassant rarement 100 mètres et le point culminant, le mont Assiriki, situé au sud-est du pays, a une hauteur de 381 mètres. Au plan hydrographique, le pays est traversé d’est en ouest par quatre fleuves, le Sénégal, la Gambie, la Casamance et le Saloum et leurs affluents. Ce réseau est complété par quelques cours d’eau temporaires et une contribution significative du lac de Guiers au nord du pays. Au niveau administratif, la nouvelle organisation administrative, territoriale et locale du Sénégal est fixée par le décret du 10 septembre 2008. Le territoire passe ainsi de 11 à 14 régions administratives avec comme dernières créations Kaffrine, Kédougou et Sédhiou issues respectivement des anciennes régions de Kaolack, Tambacounda et Kolda. Les régions sont subdivisées en départements (au nombre de 45). On dénombre 165 communes (assimilées au milieu urbain), 123 arrondissements et 383 communautés rurales. 1.1.2 Économie En 2011, le Sénégal a formulé le Document de Politique Economique et Social (DPES), validé pour servir de cadre de référence à l’action du gouvernement et des partenaires au développement sur la période 2011-2015. Les rapports de ce document mettent en exergue, entre autres, les différents problèmes d’ordre économique auxquels le Sénégal est confronté. Les indicateurs sur la période 2005-2011 révèlent une stagnation relative de la pauvreté, expliquée en partie par un taux de croissance du PIB par tête d’environ de 0,5 % en moyenne par an. Même si l’incidence de la pauvreté a légèrement baissé, elle a été accompagnée par une augmentation absolue du nombre de pauvres sur la période. La pauvreté est plus élevée en zone rurale que dans les centres urbains. Ces résultats mettent en évidence la fragilité de l’économie sénégalaise et sa capacité, dans le long terme, à améliorer de manière durable les conditions de vie des populations. En outre, en 2011, l’encours de la dette publique aussi bien intérieure qu'extérieure a augmenté de manière remarquable ces quatre dernières années, en dépit des annulations de dette enregistrées dans le cadre des initiatives PPTE. L’encours total de la dette extérieure a atteint 39,7 % du PIB, contre 26,0 % en 2008. Cette situation doit être inversée rapidement afin d’inscrire le Sénégal dans la réduction de la pauvreté et l’accélération de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), à l’horizon 2015. C 2 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête 1.1.3 Population Le Sénégal dispose d’une masse importante de données sociodémographiques et économiques grâce à de nombreuses enquêtes réalisées au cours des trente dernières années. En effet, en dehors de trois recensements généraux (RGP de 1976, RGPH de 1988 et RGPH de 2002), plusieurs enquêtes d’envergure nationale ont été menées, parmi lesquelles on peut citer l’Enquête Sénégalaise sur la Fécondité de 1978, l’Enquête sur les Migrations et l’Urbanisation au Sénégal en 1993, l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (1994/1995 et 2001/2002), cinq Enquêtes Démographiques et de Santé (1986, 1992-1993, 1997, 2005 et 2010- 2011), l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants au Sénégal en 2005 et l’Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal en 2006 et en 2011. Ces différentes investigations ont permis d’obtenir des indicateurs démographiques de base à différentes dates qui contribuent au suivi et à l’évaluation des projets et programmes de développement. La population du pays a presque doublé de 1988 (RGPH) à 2012, passant de 6 896 000 à 13 207 873 habitants (dont 6 527 659 hommes et 6 680 214 femmes). La densité moyenne est de 68 habitants au km2. Cependant, cette population est inégalement répartie entre les 14 régions administratives du pays. Les effectifs de populations les plus élevés se retrouvent dans les régions de Dakar, Thiès et Diourbel avec, respectivement, 2 703 203 habitants (20,5 % de la population totale), 1 743 707 habitants (13,2 %) et 1 442 418 habitants (10,9 %) alors que les régions septentrionales et orientales du pays continuent de se singulariser par la faiblesse de leur population. La région de Kédougou enregistre le plus faible effectif de population avec 137 485 habitants (1,0 %). La région la plus étendue, Tambacounda, abrite environ 6 % seulement de la population. La population croît rapidement : le fort taux de croissance démographique de 2,69 % observé entre 2002 et 2012 résulte essentiellement d’une fécondité encore élevée (ISF de 5,0 en 2010-2011) et d’une mortalité infantile en baisse (61 ‰ en 2005 et 47 ‰ en 2010-2011). De cette forte croissance, résulte une extrême jeunesse de la population (plus de 50 % sont âgés de moins de 20 ans). Au niveau national, le taux d’analphabétisme se situe à 65 %. Ce taux d’analphabétisme varie d’une région à une autre : le plus faible est observé à Dakar (35 %) ; Ziguinchor suit avec 43 %. Dans les autres régions, en dehors de Saint-Louis et Thiès, l’analphabétisme se situe à plus de 75 %. Bien que le Sénégal compte plus de 20 ethnies, plus de 90 % de la population appartient à cinq groupes ethniques dominants : Wolof (43 %), Poular (24 %), Sérer (15 %), Diola (5 %) et Mandingue (4 %). La population du Sénégal est essentiellement musulmane (94 %). On y trouve aussi des chrétiens (4 %) ; les animistes et autres religions constituent les 2 % restants. 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire La politique dans le secteur de la santé demeure dans la dynamique de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et de la réalisation des objectifs prioritaires du deuxième Plan National de Développement Sanitaire (PNDS-II, 2009-2018) avec notamment pour objectif la réduction de la mortalité maternelle et de la mortalité infanto juvénile, la maîtrise de la fécondité et l’accès accru aux services de base pour les plus démunis. La part du budget de l’État allouée au secteur de la santé est en hausse régulière ces dernières années. La priorité accordée au secteur de la santé s’est traduite par une augmentation constante du budget du Ministère de la Santé qui est passé de 36 milliards de Francs CFA en 1998, à 90,5 en 2008, 105,9 en 2011 et à 110,5 milliards en 2012. Ce budget représente aujourd’hui 10,4 % du budget de fonctionnement de l’État. Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 3 En 2012, le Sénégal compte 35 hôpitaux dont 11 de niveau 1, 15 de niveau 2 (dont 2 non fonctionnels) et 7 de niveau 3, 89 centres de santé dont 20 sont en réalité des postes de santé faisant office de centre de santé et 1 257 postes de santé dont 1 035 fonctionnels, 2 centres de santé psychiatriques1 (qui ne sont pas considérés ici comme des hôpitaux mais des centres de santé spécialisés), 1 703 cases de santé fonctionnelles. Cependant, en termes de couverture en infrastructures sanitaires, le Sénégal n’a pas encore atteint les normes2 préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ces deux dernières décennies sont marquées par une amélioration de la situation sanitaire comme en atteste la tendance de la plupart des indicateurs suivis par les programmes de santé. Les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile bien qu’encore élevés, ont connu une baisse significative. En effet, le taux de mortalité infanto-juvénile est passé de 121 ‰ en 2005 à 72 ‰ en 2010-2011 et celui de la mortalité infantile est passée de 61 ‰ en 2005 à 47 ‰ en 2010-2011. Enfin, le rapport de mortalité maternelle s’établit à 392 pour 100 000 naissances vivantes en 2010-2011. Le PNDS accorde une place importante à la surveillance épidémiologique, à la santé de la reproduction, aux MST/Sida et au contrôle des maladies endémiques, notamment le paludisme. Cette dernière endémie qui est une des premières causes de morbidité, est en train de perdre du terrain, résultat à mettre notamment à l’actif du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP). Le niveau de prévalence du VIH relativement faible au sein de la population générale âgée de 15 à 49 ans (0,7 % en 2010-2011) reste stable. En 2010-2011, plus de 9 mères sur 10 (93 %) ont consulté du personnel médical formé pendant la grossesse. Pour les naissances survenues au cours des 5 dernières années, en 2010-2011, 65 % des mères ont bénéficié de l’assistance d’un personnel médical formé à l’accouchement. La couverture vaccinale chez les enfants de moins de cinq ans est marquée par une amélioration (63 % en 2010-2011). 1.2 CADRE INSTITUTIONNEL, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1.2.1 Cadre institutionnel Le Gouvernement du Sénégal vient de réaliser en 2012-2013 la première phase d’une Enquête Continue conformément au programme d’actions du Schéma Directeur de la Statistique. Elle couvre la période 2012-2017 et offre la possibilité de créer un flux continu de données sur la population qui aidera à répondre à la demande de suivi plus régulier des indicateurs de couverture et d’impact résultant des initiatives mondiales en cours, visant à renforcer les programmes de santé. L’Enquête-Continue a été réalisée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) avec l’assistance technique de ICF International, l’organisme américain en charge du programme international des EDS (Demographic and Health Surveys- DHS) et un de ses sous-contractants : Centre de Recherche pour le Développement Humain (CRDH). Le laboratoire de parasitologie de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a apporté son appui dans la mise en œuvre du volet portant sur le test du paludisme (formation des agents, prélèvements et analyses des échantillons de sang, analyse des données). Pour la mise en œuvre de l’enquête, a été mis en place un comité de pilotage comprenant, en plus de l’équipe technique de l’EDS-Continue, le ministère de la santé et les partenaires au développement. 1 Dalal Xel de Thiès et Dalal Xel de Fatick. 2 Normes OMS : 1 poste de santé pour 10 000 habitants ; 1 centre de santé pour 50 000 habitants et 1 hôpital pour 150 000 habitants. 4 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête Pour la réalisation de l’EDS-Continue, le Gouvernement du Sénégal a bénéficié de l’appui financier de l’USAID, de l’UNFPA et de l’UNICEF. 1.2.2 Objectifs L’Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) a comme objectifs fondamentaux : (1) répondre aux besoins permanents en données pour planifier, suivre et évaluer les programmes de santé et de population, et (2) renforcer les capacités au sein des institutions du pays pour collecter, traiter, analyser, diffuser et utiliser ces données. En outre, l’EDS-Continue comporte d'autres avantages potentiels. La rétention plus longue du bureau central et du personnel de terrain inhérente à l’EDS-Continue conduit à une « institutionnalisation de fait » du processus DHS, ce qui apporte des avantages que ne peut apporter une DHS quinquennale. On s’attend à ce que le renforcement des capacités du personnel et l'institutionnalisation du processus DHS se traduisent par une amélioration de la qualité des données et une réduction des besoins en assistance technique. La conception de l’EDS-Continue permettra également une plus grande souplesse pour répondre aux besoins en statistiques du pays dans la mesure où chacune des phases de l’EDS-Continue peut être adaptée à des sujets particuliers, ce qui est difficile dans le cadre d’une enquête DHS quinquennale. Ces objectifs sont en accord avec les principes fondamentaux de Global Health Initiative (GHI), récemment lancée par le gouvernement des États-Unis pour soutenir les résultats qui améliorent la santé, en particulier chez les femmes et les jeunes enfants, en renforçant la performance du système de santé dans les pays en développement. La GHI est un programme axé sur le résultat qui compte, parmi ses principes fondamentaux, l’engagement à la prise de décision basée sur la connaissance et à un suivi et une évaluation améliorés. L’engagement au respect de la propriété nationale fait partie intégrante du GHI. Conformément à ce principe, c’est au Sénégal que revient la tâche de réaliser une EDS-Continue. Il convient de noter que le Sénégal est le premier pays en Afrique et le deuxième pays après le Pérou à entreprendre une enquête continue dans le cadre du programme DHS. 1.2.3 Méthodologie Questionnaires Pour permettre une certaine souplesse dans la conception de chaque phase de l’EDS-Continue, le questionnaire standard du programme DHS utilisé a été réduit. Des modifications jugées nécessaires ont été apportées aux questionnaires de base pour les adapter aux spécificités socioculturelles du Sénégal et répondre aux besoins des utilisateurs. Aussi, pour assurer la comparabilité des résultats au niveau international, ces changements ont été aussi limités que possible. Ce questionnaire réduit comprend un historique des naissances complet permettant le calcul des taux de fécondité et de mortalité et fournit la plupart des indicateurs recommandés au niveau international, y compris ceux de l’UNICEF. Par ailleurs, le Sénégal qui a inclus le test du VIH dans l'enquête EDS-MICS de 2010-2011, le refera lors de la phase 2016-2017 de l’EDS-Continue. Deux questionnaires ont été utilisés : un questionnaire ménage et un questionnaire individuel pour les femmes de 15-49 ans. Le contenu spécifique de ces différents questionnaires est le suivant: Le questionnaire ménage : Le questionnaire ménage a été utilisé pour lister tous les membres habituels et les visiteurs des ménages sélectionnés. La page de couverture contient les informations relatives à l’identification du ménage, aux résultats de l’interview qui permettent de calculer le taux de couverture de l’enquête et aux contrôles de terrain et de bureau. Ce questionnaire a permis de collecter des informations sur les membres habituels du ménage et les visiteurs qui y ont passé la nuit précédant l’interview. Les informations Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 5 recueillies portent sur le sexe, l’âge, l’éducation scolaire et préscolaire, la survie des parents, la déclaration des enfants à l’état civil, la prise en charge des jeunes enfants au niveau préscolaire et le travail des enfants. Par ailleurs, d’autres informations portant sur les caractéristiques du logement (approvisionnement en eau, type de toilettes, matériau de construction, disponibilité de l’électricité, possession de biens durables, etc.), la possession, l’utilisation et le traitement des moustiquaires, ainsi que l’utilisation du sel iodé3 dans la préparation des repas, ont été également collectées. Des questions relatives à l’accès à la propriété foncière et à la sécurité résidentielle ont également été posées. Ces informations ont été recueillies afin d’évaluer les conditions environnementales et socioéconomiques dans lesquelles vivent les personnes enquêtées. En outre, un des objectifs essentiels du questionnaire ménage était d’identifier les femmes éligibles pour des interviews individuelles et les enfants éligibles pour l’anthropométrie, les tests d’anémie et de parasitémie palustre. De plus, le questionnaire ménage a permis de recueillir les résultats des tests sur le paludisme et des mesures anthropométriques de tous les enfants de moins de 5 ans des ménages enquêtés de façon à déterminer leur état nutritionnel (émaciation, insuffisance pondérale et retard de croissance pour les enfants). Ce questionnaire a également été utilisé pour enregistrer les résultats des mesures anthropométriques, de l’hémoglobine (anémie) et de la parasitémie palustre. Dans les ménages échantillonnés, les tests d’anémie et de parasitémie palustre ont été effectués sur les enfants de 6-59 mois. Après obtention du consentement éclairé des parents ou des personnes en charge des enfants, un prélèvement sanguin a été effectué auprès des enfants de 6-59 mois. Il a permis d’effectuer, sur le terrain, un test mesurant le niveau d’hémoglobine, et un Test de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme. En outre, du sang a été collecté sur lame pour constituer une goutte épaisse qui a été analysée ultérieurement en laboratoire pour estimer la prévalence du paludisme. Le questionnaire individuel femme : Il constitue l’élément central de l’enquête. Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire ménage sur laquelle sont enregistrés les informations d’identification du ménage, le résultat de l’interview qui permet de calculer le taux de couverture de l’enquête et les contrôles de terrain et de bureau, ainsi que dix sections qui servent à recueillir des informations sur les thèmes suivants : • Caractéristiques sociodémographiques : cette section porte sur le lieu de résidence, l’âge et la date de naissance, la scolarisation, l’alphabétisation, la nationalité, la religion et l’ethnie ; • Reproduction : cette deuxième section permet de collecter des informations sur les naissances vivantes que la femme a eues durant sa vie, ainsi que sur leur état de survie au moment de l’enquête, sur l’état de grossesse au moment de l’enquête, et sur la connaissance de la période féconde dans le cycle menstruel ; • Connaissance et utilisation de la contraception : cette section permet de recueillir des informations sur la connaissance et l’utilisation actuelle des différentes méthodes contraceptives, ainsi que sur les sources d’approvisionnement. Elle porte également sur les raisons de la non- utilisation d’une méthode. • Grossesse et allaitement, vaccination et santé des enfants: cette section porte sur les naissances des cinq années ayant précédé l’enquête. Elle est composée de deux parties. La première permet 3 Dans tous les ménages enquêtés, le sel utilisé pour la cuisine est testé pour déterminer sa teneur en iode. Les résultats du test permettront de déterminer la proportion de femmes et d’enfants vivant dans des ménages utilisant du sel suffisamment iodé. 6 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête d’obtenir des informations sur la période de la grossesse, les soins prénatals incluant la vaccination antitétanique, le lieu d’accouchement et la qualification de la personne ayant assisté la femme, les soins postnatals, le retour des règles et la reprise des rapports sexuels après la naissance de l’enfant. Concernant l’allaitement, les questions portent sur sa fréquence et sa durée, sur le type d’allaitement (maternel ou artificiel), ainsi que sur l’utilisation des différents compléments nutritionnels. La deuxième partie porte sur les vaccinations incluses dans le Programme Élargi de Vaccinations (PEV) et la santé des enfants de moins de cinq ans, plus particulièrement sur la prévalence et le traitement de la fièvre, de la toux et de la diarrhée ; • Mariage et activité sexuelle : cette section porte sur l’état matrimonial de la femme, la cohabitation avec le conjoint, le type de mariage (monogamie ou polygamie), l’âge au premier mariage et l’âge aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l’activité sexuelle ; • Préférences en matière de fécondité : cette section recueille des informations sur le désir d’enfants supplémentaires, l’intervalle souhaité entre les naissances et l’opinion concernant la taille de la famille ; • Excision : on collecte ici des informations sur la pratique de l’excision chez les filles âgées de moins de 15 ans. Manuels et autres documents techniques En plus des questionnaires, d’autres documents techniques ont été élaborés par l’équipe technique. Il s’agit en particulier : • du manuel des enquêtrices ; • du manuel des chefs d’équipe ; • du manuel de cartographie et de dénombrement des ménages ; • du manuel d’utilisation des tablettes PC (système d’interview assisté par ordinateur (CAPI) ; • du manuel pour l’anthropométrie ; • du manuel du test du paludisme ; • des fiches d’affectation des enquêteurs/contrôleuses ; • des fiches de contrôle et de gestion pour les tests (anémie et paludisme) ; • des fiches de référence pour les tests (anémie et paludisme). L’ANSD a assuré la reproduction en nombre suffisant de ces différents documents. Tests d’hémoglobine et de la parasitémie palustre Dans les ménages sélectionnés, les enfants de 6-59 mois étaient éligibles pour le test d’anémie et de parasitémie. Les protocoles pour les tests de l’anémie et de la parasitémie palustre ont été approuvés par le Comité d’Éthique (Internal Review Board) d’ICF Macro à Calverton et par le Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé (CNERS) du Sénégal. Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 7 Pour réaliser les prélèvements sanguins auprès des personnes éligibles, chaque équipe de terrain comprenait un enquêteur-technicien de santé spécialement chargé des prélèvements. En plus de la formation d’enquêteurs, ce technicien avait reçu une formation spéciale sur tous les aspects des protocoles du test d’anémie. D’abord, pour chaque enfant éligible, le technicien cherchait à obtenir le consentement éclairé de la personne responsable de l’enfant après lui avoir expliqué les procédures de prélèvement, la confidentialité du test et les conditions de prise en charge en cas de besoin. Test d’hémoglobine : Le test d’hémoglobine est la principale méthode pour diagnostiquer l’anémie ; ce test est effectué en utilisant le système d’HemoCue. Avant de prélever le sang, le doigt était nettoyé avec un tampon imbibé d’alcool et séché à l’air. Ensuite, le bout du doigt (ou du talon des enfants de moins d’un an et très maigre) était piqué avec une lancette rétractable, stérile et non réutilisable. Une goutte de sang était récupérée dans une micro cuvette et ensuite introduite dans le photomètre HemoCue qui indiquait le niveau d’hémoglobine. Ces résultats étaient enregistrés dans le questionnaire ménage et communiqués à la personne testée, ou au parent/adulte responsable, en expliquant la signification des résultats. Si la personne présentait une anémie sévère (un niveau d’hémoglobine <7 g/dl), l’enquêteur fournissait une fiche de référence pour rechercher des soins auprès d’un service de santé. Test de parasitémie palustre : Les tests de parasitémie palustre ont été effectués sur les enfants de 6- 59 mois. Deux tests du diagnostic du paludisme ont été réalisés : un Test de Diagnostic Rapide (TDR) dont les résultats étaient communiqués aux parents/personne en charge de l’enfant, et une goutte épaisse. Les enfants testés positifs au TDR étaient référencés auprès d’un service de santé par les techniciens de laboratoire de l’enquête selon le protocole en vigueur. Par ailleurs, les gouttes épaisses confectionnées sur une lame porte-objet après prélèvement d’un échantillon de sang ont été analysées au laboratoire du Département de Parasitologie de la Faculté de Médecine de l’UCAD de Dakar. Échantillonnage L’EDS Continue 2012-2013 vise deux cibles : les femmes de 15-49 ans et les enfants de 0-59 mois. Le champ de l’enquête couvre l’ensemble du territoire et porte sur un échantillon national stratifié d’environ 4 400 ménages, tiré à deux degrés. Cet échantillon permet de produire, pour la plupart des indicateurs, des résultats représentatifs au niveau des quatre grandes régions4 : • l'Ouest, constitué des régions de Dakar et de Thiès ; • le Centre, il s’agit des régions de Diourbel, de Fatick, de Kaolack et de Kaffrine ; • le Nord, composé des régions de Matam, de Louga et de Saint Louis et ; • le Sud, constitué des régions de Tambacounda, de Kolda, de Kédougou, de Sédhiou et de Ziguinchor. Pour constituer l’échantillon, 200 Districts de Recensement (79 DR en milieu urbain et 121 en milieu rural) ont été tirés au premier degré de sondage en procédant à un tirage systématique avec probabilité proportionnelle à la taille (nombre de ménages dans le DR). Un dénombrement des ménages dans chacun de ces DR a fourni la liste des ménages à partir de laquelle a été tiré au second degré un échantillon de 22 4 Ainsi, le terme région ou zone utilisé dans le texte fait référence aux grandes régions. 8 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête ménages avec un tirage systématique à probabilité égale. Dans cet échantillon de ménages, on s’attendait à trouver 8 500 femmes de 15-49 ans et 8 200 enfants éligibles pour l’enquête. Toutes les femmes de 15 à 49 ans, résidentes habituelles ou visiteuses, identifiées dans ces ménages ont été individuellement enquêtées. Tous les enfants de 6-59 mois étaient éligibles pour subir le test de dépistage du paludisme et celui d’anémie. Au cours de l’EDS-Continue 2012-2013, au total, 4 399 ménages ont été sélectionnés et parmi eux, 4 232 ménages occupés ont été identifiés au moment de l’enquête. Parmi ces 4 232 ménages, 4 175 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 99 % (Tableau 1.1). Le taux de réponse est pratiquement le même en milieu rural (98,8 %) et en milieu urbain (98,4 %). Tableau 1.1 Résultats des interviews ménages et individuelles Effectif de ménages, nombre d'interviews et taux de réponse par milieu de résidence (non pondéré), EDS Continue, Sénégal 2012-2013 Résultat Résidence Total Urbain Rural Interviews des ménages Ménages sélectionnés 1 737 2 662 4 399 Ménages occupés 1 665 2 567 4 232 Ménages interviewés 1 638 2 537 4 175 Taux de réponse des ménages1 98,4 98,8 98,7 Interviews des femmes de 15-49 ans Effectif de femmes éligibles 3 504 5 538 9 042 Effectif de femmes éligibles interviewées 3 360 5 276 8 636 Taux de réponse des femmes éligibles2 95,9 95,3 95,5 1 Ménages enquêtés/ménages identifiés. 2 Enquêtés interviewés/enquêtés éligibles. Dans les 4 175 ménages enquêtés, 9 042 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme éligibles pour l’enquête individuelle, et pour 8 636 d’entre elles, l’interview a été menée avec succès, soit un taux de réponse de 95,5 %. Les taux de réponse sont quasiment les mêmes en milieu urbain et en milieu rural. 1.2.4 Réalisation de l’EDS-Continue L’EDS-Continue 2012-2013 s’est déroulée en trois étapes principales : la phase préparatoire, la cartographie et le dénombrement des ménages des grappes échantillonnées (en septembre 2012) et la collecte proprement dite, Pour chacune de ces deux dernières étapes, une formation a été dispensée aux personnes recrutées pour les besoins des activités de terrain. La phase préparatoire : La phase préparatoire a démarré en 2011 avec l’élaboration du premier document de projet et a pris fin en 2012 juste avant la formation des agents de l’enquête. Les documents de projet, de plaidoyer et les supports de collecte ont été élaborés durant cette phase. Une équipe technique chargée de piloter le projet et assistée par ICF Macro, a été mise en place au niveau de l’ANSD. Le laboratoire chargé de la parasitologie était également mis à contribution. Celui-ci avait la charge de la formation et de la supervision de des techniciens de santé et les analyses de laboratoire. Cartographie et dénombrement : La formation des cartographes a été réalisée en juin 2012 et les travaux de terrain de juillet à août 2012. La formation comprenait des exposés théoriques sur la définition des concepts de base, les procédures et la méthodologie de cartographie; et des exercices pratiques de terrain et des évaluations continues. Sur la base des différentes évaluations organisées pendant la formation, 19 agents Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 9 cartographes (répartis en 4 équipes composées chacune d’un chef d’équipe et de 4 à 5 agents cartographes) ont été définitivement retenus pour mettre en œuvre la cartographie et le dénombrement des ménages dans les DR sélectionnés. La sensibilisation des autorités et des populations était faite par le biais de lettres circulaires aux autorités régionales et des visites aux élus locaux. Pendant la cartographie, cette activité faisait partie des termes de référence des équipes. Des missions d’information et de sensibilisation ont été organisées avant le démarrage de la collecte des données. Recrutement et formation du personnel de terrain : Puisqu’il s’agit d’une enquête continue, les mêmes agents de terrain, en nombre limité, de l’EDS-MICS 2010-2011 ont été reconduits. Ces agents de terrain ont été sélectionnés sur la base de leur maturité, de leur capacité à communiquer, de leur niveau d’instruction, de leur connaissance des langues nationales, de leur pratique informatique et de leur disponibilité pour travailler d’une manière permanente sur l’enquête. Tout a été fait pour engager du personnel de terrain qualifié dont le profil a été prédéfini par l’équipe technique de l’enquête. Les agents de terrain ont suivi une formation (à partir du 13 août 2012) de trois semaines environ, portant sur tous les aspects de l’enquête. Des exposés sur des thèmes spécifiques ont été faits par des personnes ressources du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale ou d’autres institutions appropriées. La formation sur l’utilisation des Tablettes PC, principal outil de collecte, a été assurée par des experts de l’ANSD, d’ICF International et du CRDH. Tous les agents de terrain ont suivi la formation sur tous les modules sauf celui sur les tests biologiques qui était réservé aux seuls techniciens de santé. À la fin de la formation, les agents ont reçu une formation complémentaire sur le contrôle technique, l’organisation et la logistique du terrain ainsi que sur le contact avec les autorités et les populations. La formation sur les tests biologiques (anémie et parasitémie palustre) et les mesures anthropométriques a été assurée par le personnel du laboratoire de parasitologie et un nutritionniste. Les techniciens de santé ont pratiqué les tests sur le terrain, et tous les agents de terrain ont pratiqué les mesures anthropométriques dans des centres de santé à Dakar. Collecte des données : Après la formation, trois équipes ont été constituées pour le travail de terrain ; chaque équipe était composée de 3 enquêtrices chargées des interviews auprès des ménages et des femmes sur les Tablettes PC, un technicien de santé pour effectuer les mesures anthropométriques, les tests du paludisme et de l’anémie sur un questionnaire papier, et un chef d’équipe qui, de temps en temps, administre le questionnaire ménage sur les Tablettes PC. Ce dernier était responsable de la performance et de la gestion de son équipe. Il servait aussi d’assistant au technicien de santé pour la prise des mesures anthropométriques. La collecte des données sur le terrain a duré 8 mois (du 15 septembre 2012 au 15 juin 2013). Elle s’est faite en deux vagues de quatre mois chacune, la première allant de septembre à janvier et la deuxième de février à juin, ce qui a permis de visiter les 200 DR. Des statisticiens ont été recrutés pour assurer la supervision des travaux de collecte. Ainsi, étaient organisées des missions de supervision rapprochées pour s’assurer de la qualité des données collectées sur le terrain. Parallèlement, une mission de supervision organisée par le Comité National d’Ethique pour la Recherche en Santé (CNERS) a permis de s’assurer du respect des règles d’éthiques sur le terrain. Exploitation des tableaux de qualité des données : le contrôle de qualité a été assuré par la supervision et le suivi des équipes pendant les travaux sur le terrain. Chaque chef d'équipe était responsable de la qualité du travail de son équipe : il tenait des réunions régulières avec son équipe de façon à renforcer la 10 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête formation et à corriger les erreurs éventuelles commises au cours de la collecte. De plus, les chefs d’équipe devaient ré-interviewer environ 5 % des ménages de façon à contrôler la qualité des données. Ces ré- interviews, limitées à certaines sections du questionnaire, étaient menées avant de quitter le DR. Les chefs d’équipe utilisaient les ré interviews pour contrôler étroitement les raisons des « non-réponses », en particulier les absences du ménage et les refus. Enfin, un ensemble de tableaux de contrôle a été produit par le programmeur informatique au moins une fois toutes les deux semaines tout au long de la collecte pour vérifier la validité des données saisies. Dès que produits, ces tableaux ont été examinés par l’équipe technique de l’enquête et les problèmes éventuels décelés dans ces tableaux ont été examinés avec les trois équipes de terrain afin d’améliorer les taux de réponse et la qualité de la collecte. Traitement des données : La collecte des données a été réalisée au moyen de Tablettes PC. Après validation des données sur le terrain, les fichiers de données ont été transférés au bureau central de l’ANSD à Dakar par DR. Ces fichiers de données ont été ensuite enregistrés, compilés et traités sur un ordinateur central. Les données de chaque DR ont été vérifiées et un fichier unique de données apurées a été créé après que les fichiers de tous les DR aient été enregistrés et approuvés. L’enregistrement, contrôle et compilation des données ont été effectués par deux informaticiens recrutés pour les besoins de l’EDS-Continue. Après la fusion des fichiers, les dernières erreurs détectées ont été traitées avec l’appui de l’expert informaticien d’ICF International. Analyse au laboratoire des prélèvements de sang : En ce qui concerne le test du paludisme, la parasitémie palustre était réalisée par le laboratoire de parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Le traitement des échantillons des gouttes épaisses de sang s’est fait au fur et mesure de la collecte des données sur le terrain. Caractéristiques des ménages et des femmes • 11 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES ET DES FEMMES 2 Papa Mabèye DIOP objectif de ce chapitre est de présenter les caractéristiques socio-économiques des femmes et des enfants couverts par l’EDS-Continue 2012-2013 ainsi que les conditions environnementales dans lesquelles ils vivent. La première partie porte sur certaines caractéristiques des logements telles que le type d’approvisionnement en eau de boisson, le type de toilettes, la nature du sol et la disponibilité de l’électricité. La seconde partie est consacrée à la description des caractéristiques sociodémographiques des femmes ; il s’agit de la structure par âge et sexe, de l’état matrimonial, de la religion, de l’ethnie, du lieu de résidence (urbain et rural et grande région) et du niveau d’instruction. 2.1 CONDITIONS DE VIE 2.1.1 Provenance de l’eau de boisson Le tableau 2.1 présente la répartition des ménages et de la population selon la source d’approvisionnement en eau de boisson. La plupart des ménages sénégalais s’alimente en eau de boisson à une source améliorée, quel que soit le milieu de résidence, (76 % pour l’ensemble, 90 % pour les ménages urbains et 63 % pour les ménages ruraux). L’eau de robinet vient en tête avec 69 % pour l’ensemble des ménages (86 % pour le milieu urbain et 52 % pour le milieu rural). Les autres sources améliorées (puits protégés, eau en bouteille et eau de pluie) représentent seulement 7 % de l’ensemble des ménages (4 % pour le milieu urbain et 10 % pour le milieu rural). La répartition de la population selon la source d’approvisionnement en eau de boisson diffère à peine de celle des ménages. Le tableau 2.1 montre aussi que pour près de neuf ménages sénégalais sur dix (89 %) il faut moins de 30 minutes pour s’approvisionner en eau, 52 % en disposant à domicile. Cette proportion est plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain (82 % contre 96 %). La plupart du temps, l’eau ne fait l’objet d’aucun traitement avant son utilisation, surtout en zone urbaine (71 % de l’ensemble des ménages, 81 % en milieu urbain et 62 % en milieu rural). Dans 13 % des cas, les ménages traitent l’eau à l’eau de javel ou au chlore ou, dans 18 % des cas, ils procèdent au filtrage à travers un linge. Ce dernier moyen de traitement est surtout utilisé en milieu rural (29 % contre 7 % en L’ Principaux résultats • Plus de la moitié des ménages au Sénégal disposent de l’électricité (57 %), avec une grande disparité entre le milieu urbain (88 %) et le milieu rural (28 %). • Environ, 69 % des ménages ont accès à l’eau de robinet ou à une borne fontaine publique. Près de deux ménages sur cinq disposent de toilettes améliorées non partagées (39 %) ; cependant, beaucoup de ménages (38 %), essentiellement ruraux, ne disposent d’aucun type de toilettes. • Les résultats montrent que 64 % des femmes (15-49 ans) sont en union et plus d’une femme sur deux (55 %) n’a aucun niveau d’instruction. 12 • Caractéristiques des ménages et des femmes milieu urbain). L’ébullition, la désinfection solaire et les autres procédés de filtrage (céramique, sable, etc.) sont très peu utilisés. Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par la provenance de l’eau pour boire, le temps pour s’approvisionner en eau et par le moyen utilisé pour traiter l’eau, selon le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Caractéristique Ménages Population Urbain Rural Total Urbain Rural Total Source d’approvisionnement en eau de boisson Source améliorée 90,1 62,6 76,0 89,6 63,6 74,3 Robinet dans logement/ concession 72,5 31,5 51,6 74,1 33,7 50,2 Robinet public/fontaine 13,5 20,7 17,2 12,5 19,8 16,8 Puits à pompe/ forage 0,2 6,4 3,4 0,2 5,7 3,4 Puits creusé protégé 1,3 3,8 2,6 1,7 4,3 3,2 Source d’eau protégée 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Eau de pluie 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Eau en bouteille 2,5 0,1 1,3 1,1 0,1 0,5 Source non améliorée 7,5 34,5 21,3 8,6 34,3 23,8 Puits creusé non protégée 5,2 30,2 17,9 5,7 30,5 20,3 Source d’eau non protégée 0,0 0,4 0,2 0,0 0,4 0,2 Camion citerne/charrette avec petite citerne 2,3 3,2 2,8 2,9 2,8 2,8 Eau de surface 0,0 0,7 0,4 0,0 0,6 0,4 Autre 2,4 2,9 2,7 1,8 2,1 1,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Pourcentage utilisant pour boire l’eau d’une source améliorée 90,1 62,6 76,0 89,6 63,6 74,3 Temps de trajet pour s’approvisionner en eau de boisson Eau sur place 79,1 42,3 60,3 81,4 43,9 59,3 Moins de 30 minutes 16,8 39,4 28,4 14,2 37,4 27,9 30 minutes ou plus 4,0 17,9 11,1 4,4 18,3 12,6 NSP/manquant 0,1 0,4 0,2 0,0 0,3 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Moyen de traitement de l’eau1 Ébullition 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 Ajout d’eau de Javel/chlore 11,5 14,4 12,9 12,3 14,7 13,7 Passée à travers un linge 7,4 29,0 18,4 8,3 28,8 20,4 Céramique, sable ou autre filtre 2,1 0,2 1,1 1,6 0,3 0,8 Désinfection solaire 0,0 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 Autre 1,5 0,6 1,1 0,9 0,5 0,7 Aucun traitement 81,1 62,1 71,4 81,2 61,9 69,8 Pourcentage utilisant une méthode de traitement approprié2 17,8 37,8 28,0 18,2 38,0 29,9 Effectif 2 042 2 133 4 175 15 378 22 139 37 518 1 Les enquêtés pouvant déclarer plusieurs types de traitement, la somme des pourcentages peut excéder 100 %. 2 Les méthodes appropriées pour le traitement de l’eau comprennent l’ébullition, l’ajout de chlore, l’utilisation d’un linge pour passer l’eau, le filtrage et la désinfection solaire. 2.1.2 Types de toilettes L’accès à des installations sanitaires adéquates et la promotion de pratiques hygiéniques constituent des objectifs importants pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Les résultats de l’EDS-Continue 2012-2013 présentés au tableau 2.2 montrent que 39 % des ménages sénégalais utilisent des toilettes améliorées non partagées. Comme il fallait s’y attendre, l’utilisation de toilettes améliorées est plus fréquente en milieu urbain qu’en rural (41 % contre 30 %). Par ailleurs, un ménage sur quatre (25 %) a accès à des toilettes améliorées partagées et on note également des variations importantes selon le milieu de résidence (41 % en urbain contre 9 % en rural). En outre, 15 % des ménages n’ont accès qu’à des latrines traditionnelles et 20 % n’ont pas du tout accès à des toilettes. En milieu rural, les proportions correspondantes sont de 23 % et Caractéristiques des ménages et des femmes • 13 38 % contre, respectivement, seulement 7 % et 2 % en milieu urbain. En 2010-2011 (EDS-MICS), les proportions de ménages ne disposant pas de toilettes étaient de 18 % dans l’ensemble, et de 33 % en milieu rural contre 2 % en milieu urbain. Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par type de toilettes/latrines, selon le milieu de résidence EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Type de toilettes/latrines Ménages Population Urbain Rural Total Urbain Rural Total Toilettes améliorées, non partagées Chasse d’eau/chasse manuelle connectée à un système d’égout 12,3 0,0 6,0 10,1 0,0 4,2 Chasse d’eau/chasse manuelle reliée à une fosse septique 16,4 6,2 11,2 21,0 7,0 12,7 Fosse d’aisances améliorées auto-aérées 4,3 4,8 4,6 6,8 5,5 6,1 Fosses d’aisances avec dalle 15,7 18,5 17,1 23,5 22,0 22,6 Latrines à chasse manuelle 0,3 0,2 0,3 0,4 0,3 0,3 Toilettes partagées1 Chasse d’eau/chasse manuelle connectée à un système d’égout 7,2 0,0 3,5 3,9 0,0 1,6 Chasse d’eau/chasse manuelle reliée à une fosse septique 13,1 1,6 7,3 8,2 1,2 4,1 Fosse d’aisances améliorées auto-aérées 6,7 1,4 4,0 4,9 0,9 2,5 Fosse d’aisances avec dalle 13,8 5,8 9,7 10,5 4,6 7,0 Latrines à chasse manuelle 0,1 0,2 0,1 0,0 0,1 0,1 Toilettes non améliorées Latrines traditionnelles 7,4 23,1 15,4 8,0 23,8 17,3 Pas de toilettes/nature 2,0 37,6 20,2 2,1 34,1 21,0 Autre 0,6 0,6 0,6 0,6 0,4 0,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 042 2 133 4 175 15 378 22 139 37 518 1 Toilettes partagées qui seraient considérées comme "améliorées" si elles n’étaient pas partagées. 2.1.3 Caractéristiques des logements Le tableau 2.3 montre que dans l’ensemble, 57 % des ménages enquêtés disposent de l’électricité. Les résultats mettent en évidence des disparités importantes selon le milieu de résidence. Le milieu rural est nettement plus défavorisé : seulement 28 % des ménages y disposent de l’électricité, contre 88 % en milieu urbain (graphique 2.1). En outre, il faut noter qu’entre 2010 et 2013, le niveau d’accès des ménages ruraux à l’électricité a peu évolué (27 % EDS-MICS 2010-2011 et 28 % EDS-Continue 2012-2013). Certains types de revêtement du sol peuvent faciliter la propagation de certains germes responsables de maladies. Pour cette raison, des questions ont été posées sur le type de matériau constituant le revêtement du sol des pièces à usage d’habitation du logement. Au Sénégal, 74 % des ménages ont un logement dont le sol est en ciment, en carreaux ou en vinyle (contre 64 % à l’EDS-MICS 2010-2011) et, pour 25 % des ménages, le sol est revêtu de terre, de sable ou de bouse (contre 34 % à l’EDS-MICS 2010-2011). Quel que soit le milieu de résidence, le ciment reste le principal matériau du sol des pièces à usage d’habitation. En milieu rural, les ménages qui vivent dans un logement dont le sol est recouvert de terre/sable ou bouse restent encore élevé (45 %). En milieu urbain, dans 46 % des cas, les ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ciment et dans 32 % des cas, le sol est recouvert de carreaux. Le tableau 2.3 présente aussi la répartition des ménages selon le nombre de pièces utilisées pour dormir. Dans 61 % des cas, les ménages utilisent trois pièces ou plus pour dormir et, dans 17 % des cas, deux pièces. On constate également que 68 % des ménages font la cuisine à l’intérieur de la maison alors que, dans 21 % des cas, la cuisine se fait dans un bâtiment séparé et que 6 % des ménages cuisinent à l’extérieur. 14 • Caractéristiques des ménages et des femmes Tableau 2.3 Caractéristiques du logement Répartition (en %) des ménages en fonction de certaines caractéristiques du logement, et pourcentage utilisant du combustible solide pour cuisiner; Répartition (en %) des ménages en fonction de la fréquence à laquelle on fume dans le logement, selon le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Caractéristique du logement Résidence Total Urbain Rural Électricité Oui 87,8 27,5 57,0 Non 12,2 72,5 43,0 Total 100,0 100,0 100,0 Matériau de revêtement du sol Terre, sable 4,2 35,4 20,2 Bouse 0,7 9,4 5,2 Planches en bois 0,0 0,0 0,0 Palmes/bambou 0,1 0,1 0,1 Parquet ou bois ciré 0,1 0,2 0,2 Bandes de vinyle u asphalte 15,2 8,8 11,9 Carrelage 32,1 5,4 18,5 Ciment 46,4 39,9 43,1 Moquette 1,1 0,3 0,7 Autre 0,0 0,5 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 Pièces utilisées pour dormir Une 36,0 8,5 21,9 Deux 16,6 17,6 17,1 Trois ou plus 47,3 74,0 60,9 Manquant 0,1 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 Endroit pour cuisiner Dans la maison 71,4 64,9 68,1 Dans un bâtiment séparé 16,0 25,2 20,7 A l’extérieur 6,2 5,7 5,9 Autre 6,4 4,3 5,3 Total 100,0 100,0 100,0 Combustible utilisé pour cuisiner Électricité 2,0 0,3 1,2 GPL/gaz naturel/biogaz 48,9 2,7 25,3 Charbon de bois 23,6 8,3 15,8 Paille/branchage/herbe 20,3 83,1 52,4 Bouse 0,0 4,0 2,1 Autre 5,1 1,5 3,3 Total 100,0 100,0 100,0 Pourcentage utilisant un combustible solide pour cuisiner1 44,0 95,5 70,3 Effectif 2 042 2 133 4 175 GPL = Gaz propane liquéfié 1 Inclut Charbon/lignite, Charbon de bois, Bois, Paille/branchages/herbe et Bouse Pour évaluer le niveau de pollution à l’intérieur du logement, on a demandé quel était le combustible utilisé par le ménage pour cuisiner. On constate, au niveau global, que plus de la moitié des ménages (52 %) utilisent du bois à brûler ou de la paille. Cette proportion varie de manière importante selon le milieu de résidence : 83 % en milieu rural et 20 % en milieu urbain. Les ménages du milieu urbain utilisent plus fréquemment du gaz pour cuisiner (49 %). Dans l’ensemble, la majorité des ménages (70 %) utilisent des combustibles solides pour cuisiner. Caractéristiques des ménages et des femmes • 15 Graphique 2.1 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence 5 0 20 24 49 2 1 46 32 15 1 4 88 2 4 83 8 3 0 1 40 5 9 9 35 28 Autre Bouse Bois à brûler/paille Charbon de bois GPL/gaz naturel/biogaz Électricité COMBUSTIBLE POUR CUISINER Moquette/Autre Ciment Carrelage Bandes de vinyle/asphalte Bouse Terre, sable MATERIAU DE REVÊTEMENT DU SOL ÉLECTRICITÉ Pourcentage Rural Urbain EDS-Continue 2012-2013 2.1.4 Quintiles de bien-être économique des ménages Le tableau 2.4 présente la répartition de la population de droit par quintile de bien-être économique selon le milieu de résidence et la région. L’indice de bien-être économique est construit à partir des données sur les biens des ménages et sur certaines caractéristiques du logement (électricité, type d’approvisionnement en eau, type de toilettes, matériau de revêtement du sol, etc.) collectées dans le questionnaire ménage de l’EDS-Continue 2012-2013 et en utilisant l’analyse en composante principale. On a affecté à chacun de ces biens et caractéristiques un poids (score ou coefficient) généré à partir d’une analyse en composante principale. Les scores des biens qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d’écart type 1 (Gwatkin et al, 2000). On attribue ensuite à chaque ménage un score pour chaque bien et on fait la somme de tous les scores par ménage ; les individus sont classés en fonction du score total du ménage dans lequel ils résident. L’échantillon est ensuite divisé en quintile de population, chaque quintile correspondant à un niveau allant de 1 (le plus bas) à 5 (le plus élevé). Tableau 2.4 Quintiles de bien-être économique Répartition (en %) de la population de droit par quintile de bien-être économique, selon le milieu de résidence et la région, EDS- Continue, Sénégal 2012-2013 Milieu de résidence/région Quintiles de bien-être économique Total Effectif de la population Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé Résidence Urbain 1,2 4,8 16,7 32,9 44,3 100,0 15 378 Rural 33,1 30,5 22,3 11,0 3,1 100,0 22 139 Grande région Nord 23,0 22,4 27,7 17,7 9,2 100,0 7 222,9 Ouest 4,5 11,2 16,2 26,9 41,1 100,0 13 194 Centre 24,3 23,7 21,8 20,1 10,1 100,0 10 108 Sud 39,9 28,6 16,7 9,1 5,6 100,0 6 994 Ensemble 20,0 20,0 20,0 20,0 20,0 100,0 37 518 16 • Caractéristiques des ménages et des femmes Dans l’ensemble, les résultats présentés dans le tableau 2.4 montrent que le niveau de bien-être économique est plus bas en milieu rural qu’en milieu urbain: on constate ainsi que seulement 3 % des ménages du milieu rural se situent au niveau de bien-être économique « plus élevé », contre 44 % en milieu urbain. À l’opposé, pour les ménages du quintile le plus bas, le pourcentage passe de 33 % en milieu rural à 1 % en milieu urbain. Par rapport aux grandes régions, l’Ouest est de loin la grande région qui enregistre le plus de ménages de niveau le plus élevé (41 %) ; les régions du Nord et du Centre ont des niveaux de bien-être économique très similaires (le Nord a un niveau de 27 % dans les catégories « quatrième » et « la plus élevée » contre 30 % pour le Centre). Par contre, la grande région du Sud a le pourcentage le plus élevé de ménages du niveau le plus bas (40 %). 2.2 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES FEMMES L’âge est une variable fondamentale dans l’analyse des phénomènes démographiques. Il est aussi l’une des informations les plus difficiles à obtenir de façon précise, surtout lorsque l’enregistrement écrit des événements, tels que les faits d’état civil, n’est pas encore ancré dans les habitudes de certaines populations. Pour ces raisons, un soin particulier a été accordé à la collecte de cette information lors du travail sur le terrain. Le tableau 2.5 montre que la répartition des femmes de 15-49 ans par groupe d’âges quinquennaux présente une allure assez régulière, les proportions de chaque groupe d’âges diminuant au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés. Elles passent de 23 % pour les 15-19 ans à 6 % à 45-49 ans. Les questions sur l’état matrimonial ont été posées à toutes les femmes de 15-49 ans. Dans le cadre de l’EDS-Continue 2012- 2013, le terme union s’applique à l’ensemble des femmes qui se sont déclarés mariées (quel que soit le type de mariage) ou qui vivent maritalement avec un/une partenaire. Selon cette définition, trois femmes sur dix (31 %) sont célibataires, deux tiers (64 %) sont en union et 5 % sont en rupture d’union (divorcées, séparées ou veuves). Plus de la moitié des femmes (54 %) vivent en milieu rural. Près de deux femmes sur cinq (38 %) vivent dans la grande région Ouest. Environ 27 % des femmes vivent dans la grande région Centre et 19 % dans la grande région Nord. La grande région Sud enregistre la plus faible proportion (16 %). La distribution selon le niveau d’instruction montre que plus d’une femme sur Tableau 2.5 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtées Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Caractéristique sociodémographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Groupe d’âges 15-19 23,3 2 015 2 073 20-24 20,6 1 781 1 761 25-29 17,8 1 538 1 521 30-34 13,3 1 151 1 143 35-39 10,5 909 912 40-44 7,6 660 692 45-49 6,7 582 534 Religion Musulman 96,5 8 331 8 335 Chrétien 3,4 292 283 Autre 0,1 13 18 Ethnie Wolof 38,5 3 321 2 995 Poular 27,5 2 377 2 794 Serer 16,1 1 386 1 044 Mandingue 4,0 348 535 Diola 3,6 311 376 Soninké 2,5 213 197 ND/Autres/non sénégalais 7,9 681 695 État matrimonial Célibataire 30,8 2 661 2 473 Mariée/en union 64,3 5 554 5 797 Divorcée/séparée 3,9 333 284 Veuve 1,0 88 82 Milieu de résidence Urbain 45,8 3 957 3 360 Rural 54,2 4 679 5 276 Grande région Nord 18,7 1 619 1 894 Ouest 38,0 3 283 1 511 Centre 27,0 2 331 2 827 Sud 16,2 1 403 2 404 Niveau d’instruction Pas d’instruction 54,8 4 728 4 909 Primaire 22,5 1 943 1 875 Secondaire ou plus 22,8 1 965 1 852 Ensemble 15-49 100,0 8 636 8 636 Note: Les niveaux d’instruction correspondent au plus haut niveau atteint, qu’il soit achevé ou non. Caractéristiques des ménages et des femmes • 17 deux (55 %) n’a aucune instruction alors que plus d’une femme sur cinq (22 %) a un niveau primaire et 23 % un niveau secondaire ou plus. En ce qui concerne la religion, 96 % des enquêtés se sont déclarés de religion musulmane et les chrétiens concernent environ 3 % des enquêtés. En ce qui concerne la répartition de la population selon l’ethnie, trois grands groupes apparaissent : le Wolof (39 %), le Poular (28 %) et le Serer (16 %). Puis viennent les Mandingues et les Diolas (4 % chaque) et ensuite les Soninkés (3 %). Les autres groupes ethniques et les non sénégalaises représentent en tout 8 % des femmes. Situation des enfants • 19 SITUATION DES ENFANTS 3 Papa Ibrahima Sylmang SENE et Abdoulaye GUEYE a situation des enfants au Sénégal fait l’objet d’une attention particulière de la part de l’État, de nombreux organismes comme l’UNICEF, le BIT, et diverses Organisations Non Gouvernementales. Pour mieux appréhender la situation des enfants, quelques caractéristiques portant sur leurs conditions de vie et leur développement sont abordées ici : la déclaration des naissances à l’état civil, l’accès à l’éducation, le travail des enfants de 5-14 ans et la survie des parents biologiques. 3.1 ENREGISTREMENT DES NAISSANCES L’enregistrement des naissances est une obligation légale au Sénégal ; elle est inscrite dans l’article 33 du Code de la Famille : « Les déclarations sont faites à l’état civil dans le délai d’un mois par les personnes énumérées aux articles 51 et 67. S’il n’est point justifié des déclarations de naissance et de décès survenus dans leur circonscription dans le délai d’un mois, les chefs de village ou de quartier seront tenus de faire dans les quinze jours suivants à l’officier de l’état civil les déclarations ainsi omises sous peine d’amende de simple police allant de 2 000 à 5 000 francs ». Au cours de l’enquête, les enquêteurs ont demandé aux personnes interviewées si la naissance des enfants les plus jeunes (moins de cinq ans) avait été déclarée à l’état civil. L Principaux résultats • Pour l’ensemble du pays, 73 % des enfants de moins de cinq ans sont enregistrés à l’état civil. Ce niveau n’a pas évolué par rapport à celui de l’EDS-MICS 2010-2011 qui était de 75 %, La fréquence de l’enregistrement des enfants augmente avec le niveau de bien-être économique : de 46 % dans les ménages du quintile le plus bas à 94 % dans les ménages du quintile le plus élevé. • En 2012-2013, 51 % des enfants d’âge scolaire primaire fréquentent l’école primaire et seuls 25 % des enfants d’âge scolaire secondaire fréquentent l’école secondaire. Les filles en âge de fréquentation de l’école primaire fréquentent un peu plus le primaire que les garçons : l’indice de parité entre les genres est de 1,03. Au niveau secondaire, l’indice est de 0,99, indiquant que les filles en âge de fréquentation du secondaire fréquentent le secondaire autant que les garçons. • Parmi les enfants de 5-14 ans, 15 % travaillent. Les garçons travaillent plus fréquemment que les filles (19 % contre 10 %). De même, les enfants du milieu rural travaillent plus fréquemment que ceux du milieu urbain (20 % contre 5 %). • Parmi les enfants de moins de 18 ans, 57 % vivent avec leurs deux parents biologiques. Cette situation est plus fréquente en milieu rural (59 %) qu’en milieu urbain (54 %). Par ailleurs, 7 % des enfants sont orphelins de père et/ou de mère. 20 • Situation des enfants L’enquête révèle que la majorité des enfants sénégalais sont enregistrés à l’état civil (73 %, soit près de trois enfants sur quatre) comme le montre le tableau 3.1. Lors de l’enquête, 50 % des enfants de moins de cinq ans détenaient un acte de naissance alors que 24 % n’en avaient pas, mais avaient été enregistrés à l’état civil. Il n’y a pas de différences importantes entre groupes d’âges (48 % des enfants de moins de deux ans et 51 % des enfants de 2 à 4 ans sont enregistrés à l’état civil et disposent d’un acte de naissance) et entre les sexes (50 % des garçons et 49 % des filles). Tableau 3.1 Enregistrement des naissances d’enfants de moins de cinq ans Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans (de droit), dont la naissance a été enregistrée à l’état civil selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Caractéristique sociodémographique Enfants dont la naissance a été enregistrée Effectif d’enfants Pourcentage ayant un acte de naissance Pourcentage n’ayant pas d’acte de naissance Pourcentage enregistré Age <2 47,7 25,3 73,0 2 500 2-4 50,7 22,3 73,0 3 859 Sexe Masculin 49,8 24,3 74,1 3 172 Féminin 49,2 22,6 71,9 3 188 Résidence Urbain 63,9 27,5 91,4 2 129 Rural 42,3 21,4 63,7 4 230 Grande région Nord 54,5 9,5 64,0 1 287 Ouest 56,6 30,3 86,9 1 894 Centre 46,2 28,9 75,1 1 953 Sud 38,6 18,9 57,5 1 225 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 29,0 17,0 46,0 1 566 Second 42,8 23,5 66,3 1 395 Moyen 53,3 28,2 81,4 1 305 Quatrième 65,7 24,9 90,6 1 062 Le plus élevé 68,3 25,8 94,1 1 031 Ensemble 49,5 23,5 73,0 6 360 Cependant, l’enregistrement des naissances à l’état civil est très variable selon la grande région et le milieu de résidence. Les enfants enregistrés à l’état civil et disposant d’un acte de naissance sont proportionnellement beaucoup moins nombreux en milieu rural (42 %) qu’en milieu urbain (64 %). Au niveau des grandes régions, les enfants des régions Centre (46 %) et Sud (39 %) sont ceux qui possèdent le moins fréquemment un acte de naissance ; à l’inverse, plus de la moitié des enfants des régions Ouest (57 %) et Nord (55 %) ont été déclarés à l’état civil et disposent d’un acte de naissance. On peut noter enfin que la proportion d’enfants enregistrés est influencée par le niveau de bien-être du ménage auquel appartient l’enfant : elle passe de 46 % dans les ménages du quintile le plus bas à 94 % dans le quintile le plus élevé. 3.2 ACCÈS À L’INSTRUCTION L’accès à l’éducation est considéré par l’UNICEF comme « un facteur essentiel » pour le développement des enfants. Au Sénégal, la loi 2004-37 du 15 décembre 2004 spécifie en son article 3 bis que « la scolarité est obligatoire pour tous les enfants des deux sexes âgés de 6 ans à 16 ans ». Pour évaluer la situation en matière de scolarisation des enfants, deux indicateurs sont calculés : le taux brut et le taux net de fréquentation scolaire. Ces indicateurs sont calculés pour les niveaux primaire et secondaire et portent sur les enfants âgés de 6 à 16 ans. Situation des enfants • 21 3.2.1 Taux brut de fréquentation scolaire1 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBF) au niveau primaire est le nombre total d’élèves du niveau primaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire au niveau secondaire est le nombre total d’élèves du niveau secondaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire. S’il y a pour un niveau donné un nombre important d’élèves plus âgés ou plus jeunes que l’âge officiel pour ce niveau, le TBF peut excéder 100 %. L’enquête montre que 78 % des enfants quel que soit l’âge sont scolarisés au niveau primaire (tableau 3.2). Le taux brut de scolarisation est influencé par le lieu de résidence des enfants et le niveau de bien-être du ménage. On note que la proportion d’enfants scolarisés au niveau primaire est beaucoup plus importante en milieu urbain (96 %) qu’en milieu rural (68 %). Les plus faibles taux sont observés dans la région Centre (61 %). Le taux le plus important est enregistré par la région Ouest (93 %) ; les régions Nord et Sud suivent avec, respectivement, 73 % et 84 %. Les chiffres font apparaitre une faible discrimination positive pour les filles dont 80 % sont scolarisées contre 76 % pour les garçons. Cette discrimination est plus prononcée dans la région Nord avec un indice de parité de genre égal à 1,2. Le taux brut de scolarisation au niveau primaire semble dépendre du niveau de bien-être du ménage. Au niveau primaire, il est de 59 % pour les enfants des ménages du quintile le plus bas et de 99 % pour ceux des ménages du quintile le plus élevé. Par rapport au primaire, au niveau secondaire, le taux brut de scolarisation des enfants connait une baisse de 13 points de pourcentage passant de 78 % à 65 %. On note que la proportion d’enfants scolarisés au niveau secondaire est beaucoup plus importante en milieu urbain (97 %) qu’en milieu rural (45 %). Comme pour le primaire, le taux brut au niveau secondaire est le plus élevé dans la région Ouest (75 %) et le plus faible dans la région Centre (49 %). Globalement, pour le secondaire, les taux bruts de scolarisation sont plus élevés chez les garçons ; dans trois régions sur quatre, l’indice de parité entre les genres est en faveur des garçons (inférieur à 1). Des efforts restent à faire notamment dans les régions Centre et surtout du Sud pour maintenir les filles à l’école au secondaire ; au Sud, l’indice de parité de genre est de 0,78. Le taux brut de scolarisation au niveau secondaire semble dépendre aussi du niveau de bien-être économique du ménage. Il est de 24 % pour les enfants des ménages du quintile le plus bas et de 105 % pour ceux du quintile le plus élevé. 3.2.2 Taux net de scolarisation Le taux net de fréquentation scolaire (TNF) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans) qui fréquente l’école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau secondaire (12-16 ans) qui fréquente l’école secondaire. Par définition, le taux net de fréquentation ne peut pas excéder 100 %. L’enquête (tableau 3.2) révèle que 51 % des enfants âgés de 6 à 11 ans sont scolarisés au niveau primaire. Le taux net de fréquentation scolaire est influencé par le lieu de résidence des enfants et le niveau de bien-être économique du ménage. On note que la proportion d’enfants de 6-11 ans scolarisés au niveau primaire est beaucoup plus importante en milieu urbain (66 %) qu’en milieu rural (43 %). Le plus faible taux est observé dans la région Centre (36 %). Le taux le plus important est enregistré par la région Ouest (60 %) ; les régions Nord et Sud suivent avec respectivement 52 % et 57 %. Les chiffres font apparaitre une faible discrimination positive pour les filles de 6-11 ans dont 52 % sont scolarisées contre 50 % pour les garçons du même âge. Cette discrimination est plus prononcée dans la région Nord avec un indice de parité de genre de 1,2. Le taux net de 1 Les taux nets et bruts de fréquentation scolaire sont calculés conformément à la loi de 2004 qui rend la scolarisation obligatoire pour tous les enfants de 6 à 16 ans. 22 • Situation des enfants fréquentation scolaire au niveau primaire semble dépendre du niveau de bien-être du ménage. Il est de 39 % pour les enfants des ménages du quintile le plus bas et de 70 % pour ceux des ménages du quintile le plus élevé. Tableau 3.2 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNF) et taux brut de fréquentation scolaire (TBF) de la population de fait des ménages, par sexe et niveau d’études, et indice de parité de genre selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Caractéristique sociodémographique Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2 Homme Femme Total Indice de parité de genre3 Homme Femme Total Indice de parité de genre3 NIVEAU PRIMAIRE Résidence Urbain 65,6 66,9 66,2 1,02 92,2 100,9 96,4 1,09 Rural 41,9 43,4 42,6 1,04 67,7 68,9 68,3 1,02 Grande région Nord 47,0 56,4 51,5 1,20 66,1 79,9 72,7 1,21 Ouest 60,4 59,1 59,8 0,98 91,1 95,2 93,1 1,04 Centre 34,7 38,1 36,4 1,10 59,0 63,3 61,1 1,07 Sud 58,3 55,3 56,9 0,95 86,2 81,8 84,1 0,95 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 37,0 40,9 38,8 1,11 57,4 61,5 59,3 1,07 Second 44,2 43,4 43,8 0,98 71,7 70,2 71,0 0,98 Moyen 48,3 51,4 49,8 1,06 77,1 83,6 80,3 1,08 Quatrième 61,2 58,1 59,7 0,95 91,1 89,6 90,4 0,98 Le plus élevé 68,2 72,3 70,2 1,06 92,7 106,4 99,3 1,15 Total 50,4 51,8 51,1 1,03 76,4 80,4 78,3 1,05 NIVEAU SECONDAIRE Résidence Urbain 37,1 35,8 36,4 0,96 102,9 92,3 97,2 0,90 Rural 17,5 16,8 17,1 0,96 46,5 43,0 44,8 0,92 Grande région Nord 30,8 33,1 32,0 1,07 69,3 67,6 68,4 0,98 Ouest 26,4 27,5 27,0 1,04 73,6 76,2 74,9 1,04 Centre 16,7 16,8 16,7 1,01 51,5 47,5 49,4 0,92 Sud 26,4 21,6 24,1 0,82 73,9 58,0 66,3 0,78 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 10,6 10,5 10,5 0,99 27,2 21,3 24,3 0,78 Second 18,0 15,7 16,8 0,87 50,3 44,7 47,5 0,89 Moyen 26,9 26,5 26,7 0,98 71,1 67,5 69,2 0,95 Quatrième 28,2 30,4 29,4 1,08 83,1 82,9 83,0 1,00 Le plus élevé 43,7 39,1 41,2 0,89 114,2 96,7 104,6 0,85 Ensemble 24,6 24,4 24,5 0,99 66,9 62,8 64,8 0,94 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNF) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans) qui fréquente l’école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau secondaire (12-16 ans) qui fréquente l’école secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 . 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBF) au niveau primaire est le nombre total d’élèves du niveau primaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire au niveau secondaire est le nombre total d’élèves du niveau secondaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire. S’il y a pour un niveau donné un nombre important d’élèves plus âgés ou plus jeunes que l’âge officiel pour ce niveau, le TBF peut excéder 100 %. 3 L’indice de parité entre les genres pour le primaire est le ratio du TBF au niveau primaire des filles sur le TBF des garçons. L’indice de parité de genre pour le secondaire est le ratio du TBF au niveau secondaire des filles sur le TBF des garçons. Au niveau secondaire, le taux net de scolarisation des enfants âgés de 12 à 16 ans est beaucoup plus faible qu’au niveau primaire (25 % contre 51 %). On note que la proportion d’enfants scolarisés au niveau secondaire est beaucoup plus importante en milieu urbain (36 %) qu’en milieu rural (17 %). Le taux net le plus important s’observe dans la région Nord (32 %) et le plus faible dans la région Centre (17 %). Ainsi, à la Situation des enfants • 23 différence du niveau primaire où la région Ouest est la plus scolarisée, pour le secondaire, c’est la région Nord qui arrive en tête. Globalement, pour le secondaire, les taux nets de scolarisation chez les filles et chez les garçons sont presque au même niveau ; l’indice de parité de genre est de 0,99. Des efforts restent néanmoins à faire dans les régions Sud et Centre pour maintenir les filles à l’école au secondaire, l’indice de parité de genre y étant, respectivement de 0,85 et 0,80. Le taux net de scolarisation au niveau primaire semble dépendre du niveau de bien-être du ménage. Il est de 11 % pour les enfants des ménages du quintile le plus bas contre 41 % pour ceux des ménages du quintile le plus élevé. 3.3 TRAVAIL DES ENFANTS La convention 138 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur l’âge minimum d’admission à l’emploi fixé à 15 ans ratifiée par le Sénégal en 1999 et la convention 182 sur les Pires Formes de Travail des Enfants (PFTE) ratifiée en 2000, définissent l’enfant comme étant une personne âgée de moins de 18 ans. L’âge d’admission au travail de 15 ans révolus peut être ramené à 12 ans pour les travaux légers exercés dans le cadre familial et qui ne portent pas atteinte à la santé, la moralité, la sécurité et au déroulement normal de la scolarité de l’enfant. Cet âge est relevé à 18 ans pour les travaux dangereux. Le tableau 3.3 présente le pourcentage d’enfants de 5-14 ans qui, au cours de la semaine ayant précédé l’interview, ont travaillé en dehors du ménage, dans les champs ou dans les affaires de la famille, ou ont effectué des travaux domestiques, en fonction du nombre d’heures travaillées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. L’enquête a révélé que 15 % des enfants de 5-14 ans avaient travaillé au cours de la semaine précédant l’interview. Cependant, 14 % des enfants âgés de 5-11 ans et 16 % des enfants de 12-14 ans ont travaillé durant la même période2. Dans la tranche d’âge 5-11 ans, les travaux domestiques pour moins de 28 heures prédominent (76 %). Les travaux dans les affaires et terres familiales sont aussi assez importantes (12 %). Le travail en dehors du ménage à cet âge est très peu fréquent (moins de 1 %). On note une variation sensible de la proportion d’enfants âgés de 5-11 ans qui travaillent selon le sexe, le milieu de résidence, la grande région de résidence, la fréquentation scolaire et le niveau d’instruction de la mère. Le travail des enfants de 5-11 ans est plus fréquent chez les garçons (19 % contre 8 % chez les filles) et en milieu rural (20 % contre 3 % en milieu urbain). Il est aussi plus fréquent chez les enfants qui ne fréquentent pas l’école (15 %) que chez les autres (12 %). Plus le niveau d’instruction de la mère augmente, plus la proportion d’enfants qui travaillent baisse ; elle passe de 16 % pour les enfants dont la mère n’est pas instruite à 1 % pour ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Selon la grande région de résidence, le travail des enfants est plus fréquent dans le Centre et le Sud (17 %) que dans l’Ouest (11 %). L’analyse des résultats selon le niveau de bien-être économique des ménages montre que le travail des enfants est plus fréquent dans les couches défavorisées (29 % dans le quintile le plus bas contre 2 % dans le quintile le plus élevé). 2 Pour les enfants de 5-11 ans, le travail comprend : l’activité économique pour au moins une heure et/ou les travaux domestiques pour 28 heures ou plus. Pour les enfants de 12-14 ans, le travail comprend : l’activité économique pour 14 heures ou plus et/ou les travaux domestiques pour 28 heures ou plus. 24 • S itu at io n de s en fa nt s Ta bl ea u 3. 3 T ra va il de s en fa nt s Po ur ce nt ag e d’ en fa nt s im pl iq ué s da ns l’ ac tiv ité é co no m iq ue e t l es tr av au x do m es tiq ue s au c ou rs d e la s em ai ne a va nt l’ in te rv ie w , e n fo nc tio n du g ro up e d’ âg es , e t p ou rc en ta ge d ’e nf an ts d e 5- 14 a ns im pl iq ué s da ns le tr av ai l d es e nf an ts , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E D S- C on tin ue , S én ég al 2 01 2- 20 13 C ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s Po ur ce nt ag e d’ en fa nt s de 5 -1 1 an s ay an t e xe rc é : Ef fe ct if d’ en fa nt s de 5 - 11 a ns Po ur ce nt ag e d’ en fa nt s de 1 2- 14 a ns a ya nt e xe rc é : Ef fe ct if d’ en fa nt s de 1 2- 14 a ns En - se m bl e du tra va il fa it pa r le s en fa nt s Ef fe ct if d’ en fa nt s de 5 - 14 a ns Ac tiv ité é co no m iq ue Ac tiv ité éc on o- m iq ue po ur a u m oi ns 1 he ur e1 Tr av au x do m es - tiq ue s po ur m oi ns de 2 8 he ur es Tr av au x do m es - tiq ue s po ur 2 8 he ur es ou p lu s U n tra va il2 Ac tiv ité é co no m iq ue Ac tiv ité éc on o- m iq ue po ur m oi ns de 1 4 he ur es Ac tiv ité éc on o- m iq ue po ur 1 4 he ur es ou p lu s Tr av au x do m es - tiq ue s po ur m oi ns de 2 8 he ur es Tr av au x do m es - tiq ue s po ur 2 8 he ur es ou p lu s U n tra va il3 Tr av ai l e n de ho rs d u m én ag e Tr av ai l da ns l’a ffa ire / le s te rre s de fa m ille Tr av ai l e n de ho rs d u m én ag e Tr av ai l da ns l’a ffa ire / le s te rre s de fa m ille Pa yé N on pa yé Pa yé N on pa yé Se xe M as cu lin 0, 2 0, 6 17 ,4 17 ,7 69 ,3 1, 4 19 ,1 3 86 4 0, 8 2, 6 27 ,7 13 ,8 17 ,1 75 ,0 1, 8 18 ,7 1 25 1 19 ,0 5 11 5 Fé m in in 0, 2 0, 3 6, 9 6, 9 83 ,4 1, 9 8, 4 3 68 1 0, 5 0, 3 11 ,0 6, 8 5, 0 85 ,9 10 ,1 14 ,4 1 36 9 10 ,0 5 05 0 R és id en ce U rb ai n 0, 1 0, 4 1, 9 2, 2 72 ,0 1, 2 3, 4 2 67 1 0, 6 2, 5 4, 9 3, 6 4, 1 79 ,0 5, 8 9, 8 99 4 5, 1 3 66 5 R ur al 0, 2 0, 4 18 ,0 18 ,1 78 ,5 1, 9 19 ,6 4 87 3 0, 6 0, 8 27 ,6 14 ,1 14 ,8 81 ,7 6, 4 20 ,5 1 62 6 19 ,8 6 50 0 G ra nd e ré gi on N or d 0, 6 0, 2 9, 0 9, 7 79 ,6 2, 3 11 ,5 1 53 8 1, 2 0, 5 16 ,8 7, 8 10 ,2 89 ,5 3, 9 14 ,0 48 6 12 ,1 2 02 4 O ue st 0, 0 0, 3 9, 1 9, 1 68 ,9 1, 5 10 ,5 2 35 7 0, 4 2, 7 12 ,9 8, 1 7, 7 74 ,5 5, 8 13 ,4 86 5 11 ,3 3 22 2 Es t 0, 2 0, 6 16 ,1 16 ,3 76 ,6 1, 2 17 ,2 2 09 4 0, 9 1, 3 23 ,2 9, 9 15 ,5 79 ,1 6, 3 20 ,9 73 2 18 ,2 2 82 6 Su d 0, 2 0, 5 15 ,1 15 ,1 83 ,4 2, 1 16 ,8 1 55 5 0, 0 0, 3 24 ,9 15 ,7 9, 6 84 ,7 8, 7 17 ,3 53 7 16 ,9 2 09 2 Fr éq ue nt at io n sc ol ai re O ui 0, 1 0, 4 10 ,8 10 ,8 81 ,6 1, 4 12 ,0 3 48 1 0, 3 0, 5 14 ,9 10 ,1 5, 4 81 ,9 4, 8 10 ,0 1 77 6 11 ,3 5 25 7 N on 0, 3 0, 5 13 ,5 13 ,9 71 ,6 1, 9 15 ,4 4 06 4 1, 2 3, 4 27 ,4 10 ,1 21 ,9 78 ,0 9, 0 30 ,0 84 4 17 ,9 4 90 8 N iv ea u d’ in st ru ct io n de la m èr e Pa s d’ in st ru ct io n 0, 1 0, 4 13 ,9 14 ,1 77 ,3 1, 7 15 ,5 4 71 5 0, 5 1, 0 21 ,1 10 ,3 12 ,1 80 ,4 7, 3 18 ,8 1 59 4 16 ,3 6 30 9 Pr im ai re 0, 0 0, 4 8, 2 8, 5 72 ,9 2, 2 10 ,5 1 04 4 0, 3 3, 3 11 ,8 9, 8 5, 6 79 ,6 5, 8 11 ,4 28 3 10 ,7 1 32 6 Se co nd ai re o u pl us 0, 0 0, 2 1, 2 1, 3 67 ,1 0, 0 1, 3 42 0 0, 0 0, 0 2, 7 1, 7 0, 9 81 ,8 0, 0 0, 9 88 1, 3 50 8 Q ui nt ile s de b ie n- êt re é co no m iq ue Le p lu s ba s 0, 4 0, 5 26 ,4 26 ,5 78 ,9 3, 3 28 ,9 1 75 5 0, 3 0, 1 40 ,0 16 ,1 24 ,3 79 ,3 10 ,0 32 ,5 52 4 29 ,7 2 27 9 Se co nd 0, 2 0, 5 17 ,7 18 ,0 77 ,8 1, 4 19 ,3 1 67 8 1, 1 0, 7 27 ,6 16 ,8 12 ,4 83 ,8 5, 2 17 ,2 55 8 18 ,8 2 23 6 M oy en 0, 1 0, 3 7, 2 7, 4 78 ,8 1, 1 8, 5 1 51 8 0, 5 1, 4 13 ,8 9, 4 6, 0 83 ,3 3, 4 9, 4 55 9 8, 8 2 07 7 Q ua tri èm e 0, 2 0, 5 2, 8 3, 0 76 ,6 1, 4 4, 3 1 43 3 0, 9 2, 6 6, 4 4, 0 5, 9 81 ,6 6, 2 11 ,9 53 1 6, 3 1 96 4 Le p lu s él ev é 0, 1 0, 4 1, 4 1, 5 65 ,9 0, 7 2, 1 1 16 0 0, 2 2, 3 4, 9 2, 9 4, 4 73 ,9 6, 4 10 ,8 44 8 4, 5 1 60 8 En se m bl e 0, 2 0, 4 12 ,3 12 ,5 76 ,2 1, 7 13 ,9 7 54 4 0, 6 1, 4 19 ,0 10 ,1 10 ,7 80 ,7 6, 2 16 ,4 2 62 0 14 ,5 10 1 65 1 P ou r l es e nf an ts d e 5- 11 a ns , l ’a ct iv ité é co no m iq ue p ou r a u m oi ns u ne h eu re c om pr en d : l e tra va il en d eh or s du m én ag e (p ay é ou n on ) e t/o u le tr av ai l d an s l’a ffa ire /te rre s de la fa m ille . 2 P ou r l es e nf an ts d e 5- 11 a ns , l e tra va il co m pr en d : l ’a ct iv ité é co no m iq ue p ou r a u m oi ns u ne h eu re e t/o u le s tra va ux d om es tiq ue s po ur 2 8 he ur es o u pl us . 3 P ou r l es e nf an ts d e 12 -1 4 an s, le tr av ai l c om pr en d : l ’a ct iv ité é co no m iq ue p ou r 1 4 he ur es o u pl us e t/o u le s tra va ux d om es tiq ue s po ur 2 8 he ur es o u pl us . 4 Y co m pr is 1 8 en fa nt s de 5 -1 4 an s po ur le sq ue ls l’ in fo rm at io n su r l e ni ve au d ’in st ru ct io n de la m èr e es t m an qu an te . 24 • Situation des enfants Situation des enfants • 25 Pour le groupe d’âge 12-14 ans également, les travaux domestiques pour moins de 28 heures prédominent (81 %). Les travaux dans les affaires et terres familiales sont aussi assez importants (19 %). Le travail en dehors du ménage à cet âge est très peu fréquent (moins de 2 %). On note également, une variation sensible de la proportion d’enfants âgés de 12-14 ans qui travaillent, selon le sexe, le milieu de résidence, la région de résidence, la fréquentation scolaire et le niveau d’instruction de la mère. Le travail des enfants du groupe d’âges 12-14 ans est plus fréquent chez les garçons (19 %) que chez les filles (14 %) et en milieu rural (21 %) qu’en milieu urbain (10 %). Il est aussi plus fréquent chez les enfants qui ne fréquentent pas l’école (30 %) que chez les autres (10 %). Comme pour le groupe des 5-11 ans ; plus le niveau d’instruction de la mère augmente, plus la proportion d’enfants qui travaillent baisse ; elle passe de 19 % pour les enfants dont la mère est sans instruction à 1 % pour ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Selon la région de résidence, le travail des enfants de 12-14 ans est plus fréquent dans le Centre (21 %) et le Sud (17 %) que dans l’Ouest (13 %) et le Nord (14 %). L’analyse des résultats selon le niveau de bien-être des ménages montre que le travail des enfants est plus fréquent dans les couches défavorisées (33 % dans les ménages du quintile le plus bas et 11 % dans le quintile le plus élevé). Pour le travail des enfants pris globalement (5-14 ans), on note aussi des disparités selon le sexe, le milieu et la région de résidence, la fréquentation scolaire et le niveau d’instruction de la mère. Le travail des enfants âgés de 5-14 ans est, comme pour le groupe 12-14 ans, plus fréquent chez garçons (19 %) que chez les filles (10 %) et en milieu rural (20 %) qu’en milieu urbain (5 %). Il est aussi plus fréquent chez les enfants qui ne fréquentent pas l’école (18 %) que chez ceux qui vont à l’école (11 %). Comme pour les groupes 5-11 ans et 12-14 ans, plus le niveau d’instruction de la mère augmente, plus la proportion d’enfants qui travaillent baisse ; elle passe de 16 % pour les enfants dont la mère n’a pas d’instruction à 1 % pour ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Selon la grande région de résidence, le travail des enfants âgés de 5-14 ans est plus fréquent dans le Centre (18 %) et le Sud (17 %) que dans l’Ouest (11 %) et le Nord (12 %). Enfin, les enfants des ménages du quintile le plus bas travaillent plus fréquemment que ceux des ménages du quintile le plus élevé (30 % contre 5 %). Au regard des résultats obtenus au tableau 3.4, on constate que l’implication des enfants de 5-14 ans aux activités économiques et domestiques a une incidence importante sur leur niveau de fréquentation scolaire. En effet, le taux de fréquentation scolaire chez les enfants qui travaillent (40 %) est inférieur à celui des enfants de 5-14 ans pris globalement (52 %). La fréquentation scolaire des enfants de 5-14 ans a aussi une incidence sur le travail des enfants puisque, parmi les enfants qui fréquentent l’école, 11 % travaillent contre 15 % de l’ensemble des enfants de 5- 14 ans. La fréquentation scolaire la plus importante est observée parmi les enfants de 12-14 ans (68 %), ceux de sexe féminin (53 %), les enfants du milieu urbain (67 %), ceux de la région de l’Ouest (62 %), ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus (79 %) et les enfants appartenant au quintile de bien-être économique le plus élevé (72 %). Parmi les enfants qui travaillent, ceux qui vont à l’école le plus fréquemment sont ceux de sexe féminin (44 %), les enfants du milieu urbain (70 %), ceux de la région de l’Ouest (59 %), ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire (59 %) et les enfants appartenant au quintile de bien-être économique le plus élevé (82 %). À l’inverse, parmi les enfants qui fréquentent l’école, ceux qui travaillent le plus fréquemment sont ceux de sexe masculin (15 %), les enfants du milieu rural (17 %), ceux des régions Sud (15 %) et Est (14 %), ceux dont la mère n’a pas d’instruction (13 %) et les enfants appartenant au quintile de bien-être économique le plus bas (22 %). 26 • Situation des enfants Tableau 3.4 Travail des enfants et fréquentation scolaire Pourcentage d’enfants de 5-14 impliqués dans le travail des enfants et pourcentage fréquentant l’école, parmi les enfants de 5-14 ans qui travaillent, pourcentage qui fréquentent l’école, et parmi les enfants de 5-14 ans qui fréquentent l’école, pourcentage qui travaillent, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Caractéristiques sociodémographiques Tous les enfants de 5-14 ans Enfants de 5-14 ans qui travaillent Enfants de 5-14 ans qui fréquentent l’école Pourcentage d’enfants qui travaillent Pourcentage d’enfants qui fréquentent l’école Effectif d’enfants de 5-14 ans Pourcentage d’enfants qui fréquentent l’école Effectif d’enfants de 5-14 ans qui travaillent Pourcentage d’enfants qui travaillent Effectif d’enfants de 5-14 ans qui fréquentent l’école Age 5-11 13,9 46,1 7 544 40,0 1 046 12,0 3 481 12-14 16,4 67,8 2 620 41,2 431 10,0 1 776 Sexe Masculin 19,0 50,5 5 115 38,7 971 14,6 2 581 Féminin 10,0 53,0 5 050 43,5 506 8,2 2 676 Résidence Urbain 5,1 67,1 3 665 69,6 188 5,3 2 458 Rural 19,8 43,1 6 500 36,1 1 289 16,6 2 798 Grande région Nord 12,1 52,7 2 024 28,5 245 6,5 1 067 Ouest 11,3 61,9 3 222 59,3 364 10,8 1 993 Est 18,2 37,2 2 826 28,1 514 13,7 1 052 Sud 16,9 54,7 2 092 47,0 355 14,6 1 144 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 16,3 45,5 6 309 36,5 1 029 13,1 2 870 Primaire 10,7 66,4 1 326 59,0 141 9,5 881 Moyen/secondaire ou plus 1,3 79,1 508 * 6 1,6 402 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 29,7 37,2 2 279 27,2 678 21,7 849 Second 18,8 44,2 2 236 46,8 420 19,9 988 Moyen 8,8 50,9 2 077 46,1 182 7,9 1 057 Quatrième 6,3 61,2 1 964 57,5 125 6,0 1 202 Le plus riche 4,5 72,2 1 608 (81,8) 73 5,1 1 161 Ensemble 1 14,5 51,7 10 165 40,4 1 477 11,3 5 257 Note: Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Y compris 18 enfants de 5-14 ans pour lesquels l’information sur le niveau d’instruction de la mère est manquante. 3.4 ENFANTS VIVANT SÉPARÉS DE LEURS PARENTS BIOLOGIQUES ET ENFANTS ORPHELINS Au Sénégal, comme dans de nombreux pays africains, la société et la famille jouent un rôle important dans la survie et le développement des enfants. Il est donc essentiel d’identifier les enfants qui sont séparés de leurs parents biologiques et de savoir avec qui ils vivent. Le tableau 3.5 présente ces informations pour les enfants de moins de 18 ans. L’enquête révèle que 15 % des enfants ne vivent avec aucun parent biologique et que 57 % des enfants de moins de 18 ans vivent avec leurs deux parents biologiques. La proportion d’enfants ne vivant avec aucun parent biologique est très élevée pour les enfants de plus de 10 ans (20 % pour les 10-14 ans et 32 % pour les 15-17 ans) mais reste également forte pour les moins de 9 ans. Elle est aussi relativement plus élevée pour les filles (17 %) que pour les garçons (13 %). Par rapport au fait que les enfants vivent avec leurs parents biologiques, l’âge joue un rôle déterminant. En effet, la proportion d’enfants vivant avec leurs parents biologiques diminue régulièrement avec l’âge de l’enfant. D’un maximum de 62 % à moins de 2 ans, elle passe à 59 % à 5-9 ans et atteint 43 % à Situation des enfants • 27 15-17 ans. Les filles sont proportionnellement un peu moins nombreuses (56 %) que les garçons (58 %) à vivre avec leurs deux parents. Parmi les enfants de moins de 18 ans, 26 % vivent seulement avec leur mère, que le père soit en vie (22 %) ou décédé (3 %). Environ 3 % ne vivent qu’avec leur père, que leur mère soit en vie (2 %) ou non (1 %), alors que 15 % ne vivent avec aucun des parents. Tableau 3.5 Enfants orphelins et résidence avec les parents Répartition (en %) de la population de droit des enfants de moins de 18 ans par état de survie des parents et résidence avec les parents; pourcentage d’enfants ne vivant pas avec un parent biologique et pourcentage d’enfants ayant un ou leurs deux parents décédés, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Caractéristique socio- démographique Vit avec les deux parents Vit avec la mère mais pas avec le père Vit avec le père mais pas avec la mère Ne vit avec aucun des deux parents Total Pour- centage ne vivant avec aucun parent bio- logique Pour- centage avec un ou les deux parents décédés 1 Effectif d’ enfants Père en vie Père décédé Mère en vie Mère décédée Les deux sont vivants Seul le père est vivant Seule la mère est vivante Les deux décédés Age 0-4 62,9 29,8 0,8 0,6 0,1 5,5 0,2 0,2 0,1 100,0 5,9 1,3 6 360 <2 62,3 35,6 0,6 0,2 0,0 1,1 0,1 0,0 0,0 100,0 1,3 0,8 2 500 2-4 63,2 26,0 0,9 0,8 0,2 8,3 0,2 0,3 0,1 100,0 8,9 1,7 3 859 5-9 59,2 20,6 2,8 2,3 0,6 12,5 0,8 1,0 0,2 100,0 14,5 5,3 5 736 10-14 52,8 18,5 5,2 2,9 1,2 14,9 1,5 2,5 0,7 100,0 19,5 10,9 4 429 15-17 43,0 13,9 8,3 2,0 1,3 21,8 2,9 5,0 1,6 100,0 31,3 19,1 2 357 Sexe Masculin 58,3 22,7 3,4 2,4 0,7 9,9 0,7 1,5 0,4 100,0 12,6 6,7 9 444 Féminin 55,5 22,1 3,3 1,3 0,6 13,8 1,3 1,6 0,5 100,0 17,2 7,3 9 437 Résidence Urbain 54,1 24,3 4,0 2,0 0,6 11,8 1,0 1,7 0,4 100,0 15,0 7,8 6 747 Rural 58,5 21,3 3,0 1,7 0,7 11,9 1,0 1,5 0,4 100,0 14,8 6,6 12 135 Grande région Nord 55,4 23,7 3,8 1,8 0,5 12,3 1,1 1,1 0,3 100,0 14,7 6,8 3 774 Ouest 54,1 25,8 3,4 1,5 0,5 11,8 1,0 1,6 0,3 100,0 14,7 6,8 10 618 Centre 67,9 13,1 3,5 1,2 1,0 10,1 0,9 1,4 0,9 100,0 13,3 7,6 1 892 Sud 62,8 13,2 2,3 3,5 1,1 12,9 1,1 2,2 0,9 100,0 17,1 7,6 2 598 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 71,5 11,7 3,1 1,4 1,2 9,0 0,8 1,0 0,4 100,0 11,2 6,5 4 280 Second 56,6 21,2 3,4 2,1 0,5 12,5 0,9 2,2 0,5 100,0 16,1 7,6 4 102 Moyen 51,0 27,0 3,5 1,4 0,2 13,5 1,2 1,7 0,5 100,0 16,9 7,1 3 901 Quatrième 47,3 29,3 4,6 2,7 0,3 12,8 1,1 1,5 0,3 100,0 15,7 7,8 3 542 Le plus élevé 55,6 25,0 1,9 1,5 1,1 11,9 1,1 1,4 0,4 100,0 14,8 5,9 3 056 Ensemble <15 58,9 23,6 2,6 1,8 0,6 10,4 0,7 1,1 0,3 100,0 12,5 5,3 16 524 Ensemble <18 56,9 22,4 3,4 1,8 0,7 11,9 1,0 1,6 0,4 100,0 14,9 7,0 18 882 Note: Le tableau est basé sur la population de droit des ménages, c’est-à-dire les résidents habituels. 1 Inclut les enfants dont le père est décédé, la mère est décédée, les deux parents sont décédés et ceux dont un seul parent est décédé mais dont l’information sur l’état de survie de l’autre parent est manquante. Le milieu de résidence et le niveau de bien-être économique semblent être un déterminant important de la situation des enfants. La proportion d’enfants vivant avec les deux parents est légèrement plus importante en milieu rural (59 %) qu’en milieu urbain (54 %). On relève de fortes différences entre les grandes régions du pays : c’est dans les régions de l’Ouest (54 %) et du Nord (55 %) que la proportion d’enfants vivant avec leur deux parents est la plus faible et dans la région Centre qu’elle est la plus élevée (68 %). La proportion d’enfants vivant avec les deux parents baisse avec le niveau de bien-être du ménage jusqu’au quatrième quintile. Elle est la plus élevée chez les enfants vivant dans les ménages du quintile le plus bas (72 %) et la plus faible chez ceux vivant dans les ménages du quatrième quintile (47 %). 28 • Situation des enfants L’enquête montre par ailleurs que la proportion d’enfants de moins de 18 ans orphelins de père et/ou de mère est de 7 %. Moins d’un pour cent (0,4 %) ont perdu leurs deux parents, 5 % sont orphelins de père (père décédé et vit avec la mère : 3 % et père décédé et ne vit pas avec la mère : 2 %) et 2 % sont orphelins de mère (mère décédée et vit avec le père : 1 % et mère décédée et ne vit pas avec le père : 1 %). Du fait de l’accroissement du risque de décès des parents lié à l’âge, la proportion d’orphelins de père et/ou de mère et d’enfants ne vivant avec aucun parent biologique augmente de façon importante avec l’âge de l’enfant. La proportion d’orphelins de père et/ou de mère passe de 1 % à moins de 2 ans, à 2 % à 2-4 ans et à 19 % à 15-17 ans et celle d’enfants ne vivant avec aucun parent biologique passe de 6 % à moins de 2 ans, à 9 % à 2-4 ans et à 31 % à 15-17 ans. Le sexe, le lieu de résidence et le niveau de bien-être ne semblent pas influencer le risque d’un enfant d’être orphelin ; il en est de même pour la proportion d’enfants ne vivant avec aucun parent biologique. Fécondité et mortalité des enfants • 29 FÉCONDITÉ ET MORTALITÉ DES ENFANTS 4 Cheikh Tidiane NDIAYE omme dans les enquêtes démographiques et de santé précédentes, dans l’EDS-Continue 2012-2013, des informations ont été collectées sur l’histoire génésique des femmes afin d’estimer les niveaux de la fécondité, d’en dégager les tendances et d’apprécier les éventuelles différences entre certains groupes socioéconomiques. À cet effet, les enquêtrices ont demandé à toutes les femmes de 15-49 ans des ménages sélectionnés, le nombre total d’enfants nés vivants qu’elles avaient eus, ceux vivant avec elles et ceux vivant ailleurs, et ceux décédés. Ensuite, l’historique complet des naissances de l’enquêtée était établi, de la plus ancienne à la plus récente, en enregistrant pour chacune d’entre elles, le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et l’âge actuel pour les enfants en vie. L’historique des naissances permet donc d’estimer, en plus de la fécondité, les niveaux de mortalité des enfants. Il est établi que les niveaux de mortalité des enfants, et leurs variations, dépendent, quelle que soit la population concernée, des conditions sanitaires, environnementales et socioéconomiques qui prévalent dans leur contexte global. Malgré les énormes progrès de la médecine moderne, le risque de décéder, avant ou pendant l’accouchement, mais aussi durant les premières jours, mois et années de la vie reste important. Ainsi, ce chapitre présente la dynamique de la mortalité des enfants avant leur cinquième anniversaire à partir des questions sur l’âge au décès des enfants. C Principaux résultats • La fécondité des femmes au Sénégal a baissé régulièrement de 1986 à 2010-2011, le nombre d’enfants par femme passant de 6,4 à 5,0. L’EDS- Continue estime le niveau de fécondité à 5,3 enfants par femmes, soit légèrement plus élevé que l’enquête de 2010-2011, cependant cette différence n’est pas statistiquement significative • Des différences très nettes de fécondité apparaissent entre milieux de résidence: une femme urbaine a un niveau de fécondité nettement plus faible (4,1 enfants par femme) qu’une femme rurale (6,3). • La mortalité infanto-juvénile reste élevée au plan national. Pour la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête), sur 1 000 naissances vivantes, 47 meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire ; sur 1 000 enfants âgés d’un an, 23 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Globalement, le risque de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est de 65 pour 1 000 naissances, soit environ un enfant sur 15. • Cependant, le niveau de mortalité des enfants a baissé de façon régulière au cours des 15 dernières années : 10-14 ans avant l’EDS- Continue, la mortalité infanto-juvénile était de 121 ‰ contre 65 ‰ pour la période 0-4 ans avant l’enquête. 30 • Fécondité et mortalité des enfants 4.1 FÉCONDITÉ 4.1.1 Considérations méthodologiques Les données collectées permettent d’estimer, non seulement, le niveau de la fécondité sur la période actuelle, mais également les tendances passées de la fécondité au cours des 20 années précédant l’enquête. Cependant, il convient de mentionner certaines limites inhérentes aux enquêtes rétrospectives. Il s’agit : • du sous enregistrement de naissances, en particulier l’omission d’enfants en bas âge, d’enfants qui ne vivent pas avec leur mère, d’enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous-estimation des niveaux de fécondité ; • de l’imprécision des déclarations de date de naissance et/ou d’âge, en particulier l’attraction pour des années de naissance ou pour des âges ronds, qui pourrait entraîner des sous-estimations ou des surestimations de la fécondité à certains âges et/ou pour certaines périodes ; • du biais sélectif de la survie, les femmes enquêtées étant celles qui sont survivantes. Si l’on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l’enquête est différente de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s’en trouveraient légèrement biaisés. Les informations peuvent également être affectées par le mauvais classement des dates de naissance d’enfants nés depuis janvier 2007, transférées vers les années précédentes. Ces transferts d’année de naissance, que l’on retrouve dans la plupart des enquêtes de type EDS, sont parfois effectués par les enquêtrices pour éviter de poser les questions sur la santé des enfants nés depuis 2007. Cependant, aucun sous-enregistrement ni transfert important qui pourrait affecter de façon significative les niveaux actuels de fécondité n’ont été relevés. 4.1.2 Niveau de la fécondité et fécondité différentielle Le niveau de la fécondité est mesuré par les taux de fécondité par âge et l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) ou somme des naissances réduites. Les taux de fécondité par âge sont calculés en rapportant les naissances issues des femmes de chaque groupe d’âges à l’effectif des femmes du groupe d’âges correspondant. Quant à l’ISF, qui est un indicateur conjoncturel de fécondité, il est obtenu à partir du cumul des taux de fécondité par âge. Il correspond au nombre moyen d’enfants que mettrait au monde une femme à la fin de sa vie féconde si les taux de fécondité du moment restaient invariables. Pour la fécondité actuelle, les taux de fécondité et l’ISF ont été calculés pour la période des trois années ayant précédé l’enquête. Cette période de référence de trois années a été choisie afin de pouvoir fournir des indicateurs de fécondité les plus récents possibles et tout en disposant de suffisamment de cas afin de réduire les erreurs de sondage. Le tableau 4.1, illustré par le graphique 4.1, montre que les taux de fécondité par âge suivent un schéma classique observé en général, dans les pays à forte fécondité : une fécondité précoce élevée (80 ‰ à 15-19 ans), qui augmente très rapidement pour Tableau 4.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, Indice Synthétique de Fécondité (ISF), Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) et Taux Brut de Natalité (TBN) pour la période des trois années précédant l’enquête, par milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Groupe d’âges Milieu de résidence Total Urbain Rural 15-19 43 110 80 20-24 156 258 210 25-29 190 294 246 30-34 189 254 223 35-39 156 207 184 40-44 75 116 97 45-49 9 29 19 ISF (15-49) 4,1 6,3 5,3 TGFG 131 207 172 TBN 32,9 42,7 38,6 Note: Les taux sont exprimés pour 1000 femmes. Les taux pour le groupe d’âges”, 45-49 ans peuvent être légèrement biaisés du fait de données incomplètes. Les taux correspondent à la période 1- 36 mois avant l’enquête. ISF: Indice Synthétique de Fécondité exprimé pour une femme TGFG: Taux Global de Fécondité Générale exprimé pour 1 000 femmes de 15-44 ans TBN: Taux Brut de Natalité exprimé pour 1 000 individus. Fécondité et mortalité des enfants • 31 atteindre son maximum à 25-29 ans (246 ‰) et qui, par la suite, décroît régulièrement pour s’établir à 19 ‰ à 45-49 ans. Globalement, la fécondité des femmes sénégalaises demeure encore élevée une femme donne naissance, en moyenne, à 5,3 enfants en fin de vie féconde. Le taux global de fécondité générale (TGFG), c’est-à-dire le nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population des femmes en âge de procréer, et le taux brut de natalité (TBN) qui est le rapport entre le nombre de naissances vivantes et la population moyenne de l’année sont estimés, respectivement, à 172 ‰ et 39 ‰. Graphique 4.1 Taux de fécondité par âge selon le milieu de résidence 0 50 100 150 200 250 300 350 15 20 25 30 35 40 45 50 Naissances pour mille Âge de la femme Urbain Rural Total EDS-Continue 2012-2013 Ce niveau global de fécondité cache des disparités importantes selon le milieu de résidence. La fécondité est nettement plus faible en milieu urbain qu’en milieu rural (ISF de 4,1 contre 6,0). En fin de vie féconde, les femmes des zones rurales donneraient naissance, en moyenne, à plus de 2 enfants de plus que celles du milieu urbain. Cette différence de niveau de fécondité entre milieux urbain et rural s’observe à tous les âges, en particulier chez les adolescentes de moins de 20 ans. Parmi ces dernières, les femmes rurales sont deux fois plus fécondes que celles du milieu urbain. 4.1.3 Tendances de la fécondité Le Sénégal a réalisé cinq Enquêtes Démographiques et de Santé au cours de ces 25 dernières années dont un des objectifs principaux était l’estimation du niveau de la fécondité. À partir de ces six sources de données, on peut donc apprécier les tendances de la fécondité (tableau 4.2 et graphique 4.2). Au cours des 25 dernières années, l’indice synthétique de fécondité a baissé lentement mais régulièrement, passant de de 6,4 enfants par femme en 1986, à 6,0 en 1992, 5,7 en 1997, 5,3 en 2005 et 5,0 en 2011. L’EDS-Continue estime le niveau de l’ISF à 5,3 enfants par femme, soit légèrement plus élevé que l’ISF estimé en 2010-2011. Cependant la différence entre ces deux niveaux n’est pas statistiquement significative et on ne peut donc conclure à un changement de fécondité dans le sens de la hausse. Par ailleurs, les six courbes de taux de fécondité présentent une allure similaire et suivent le schéma classique d’évolution des taux de fécondité. En effet, la fécondité est très précoce aux âges 15-19 ans, augmente très rapidement pour atteindre son maximum 32 • Fécondité et mortalité des enfants à 25-29 ans, puis diminue régulièrement. En 2012-2013, sauf à 15-19 ans, les taux par âge sont tous légèrement plus élevés qu’en 2010-2011 mais, là encore, aucune de ces différences n’est statistiquement significative. Tableau 4.2 Fécondité par âge selon six sources Taux de fécondité par âge et indice synthétique de fécondité (sur une période de trois années ayant précédé l’enquête) Groupe d’âges EDS 1986 EDS 1992 EDS 1997 EDS 2005 EDS-MICS 2010-2011 EDS- Continue 2012-2013 15-19 154 127 103 101 93 80 20-24 270 250 219 212 201 210 25-29 271 266 240 250 241 246 30-34 261 244 245 228 219 223 35-39 196 185 186 169 156 184 40-44 89 99 99 74 73 97 45-49 36 34 41 22 13 19 ISF 15-49 ans 6,4 6,0 5,7 5,3 5,0 5,3 Note : Taux de fécondité par groupe d’âges pour 1 000 femmes Graphique 4.2 Tendance de la fécondité par âge 0 50 100 150 200 250 300 15 20 25 30 35 40 45 50 Naissances pour mille Age de la femme EDS 1986 EDS 1992 EDS 1997 EDS 2005 EDS-MICS 2010- 2011 EDS-Continue 2012-2013 4.2 MORTALITÉ DES ENFANTS 4.2.1 Méthodologie et qualité des données Les indicateurs de mortalité présentés dans ce chapitre sont estimés à partir de l’historique des naissances du questionnaire femme. En plus de la liste de toutes les naissances que la femme a eues, l’enquêtrice a collecté, sur chaque naissance, des informations telles que le sexe, l’âge, l’état de survie mais aussi l’âge au décès pour les enfants décédés. Du fait de son importance dans la mesure du phénomène, l’âge Fécondité et mortalité des enfants • 33 au décès a été collecté au jour près pour les décès de moins d’un mois, en mois entre un mois et 23 mois, et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus. Les indicateurs examinés dans ce chapitre sont définis ci-après : Le quotient de mortalité néonatale (NN) : probabilité de décéder avant d’atteindre l’âge d’un mois exact ; Le quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : probabilité de décéder entre le premier mois et le douzième mois exact ; Le quotient de mortalité infantile (1q0) : probabilité de décéder entre la naissance et le premier anniversaire ; Le quotient de mortalité juvénile (4q1) : probabilité de décéder entre le premier et le cinquième anniversaire ; Le quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire. Limites d’ordre méthodologique Au plan méthodologique, l’estimation de la mortalité des enfants présente certaines limites. Ces limites ainsi que certains risques d’erreurs d’enregistrement inhérentes à la méthode peuvent, dans une certaine mesure, affecter la qualité des estimations. L’une des faiblesses de la méthode utilisée dans l’enquête est de limiter la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans vivantes au moment de l’interview, en excluant ainsi les informations sur l’état de survie des enfants dont la mère est décédée avant l’enquête. En effet, l’estimation du niveau général de la mortalité pourrait être légèrement biaisée si le nombre d’enfants orphelins de mère est relativement important, et si la mortalité de ces orphelins est sensiblement différente de celle des enfants dont la mère a été interviewée dans l’enquête. En outre, en limitant la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête, les informations découlant de l’historique des naissances ne sont pas complètement représentatives pour certaines périodes passées : pour la période 10-14 ans avant l’enquête, par exemple, aucune information n’est disponible sur les naissances issues des femmes âgées de 40-49 ans à cette période. Les femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête avaient moins de 40 ans, 10 ans avant l’enquête, et celles de 40-49 ans à ce moment-là ne sont plus éligibles au moment de l’enquête. Par conséquent, si une proportion importante des naissances de cette époque étaient issues de femmes de 40-49 ans, et que le risque de décéder de leurs enfants était très différent de celui des naissances issues des femmes plus jeunes, il pourrait en résulter un important biais sur l’estimation de la mortalité des enfants pour la période étudiée. Dans l’ensemble, l’effet de ces phénomènes ne constituent pas un biais sérieux, le pourcentage d’orphelins de mère étant relativement faible, et les femmes de 40 ans et plus arrivant au terme de leur vie reproductive contribuent peu à la fécondité générale. Risques d’erreurs d’enregistrement La validité des données sur la mortalité des enfants peut être affectée par : 34 • Fécondité et mortalité des enfants 1) La sous-déclaration des événements pouvant résulter d’omissions systématiques de naissances et/ou de décès entraine une sous-estimation de la mortalité. Les omissions de naissances interviennent généralement quand l’enfant meurt très jeune, c’est-à-dire quelques heures/jours après la naissance. Dans de tels cas, plus la période de référence est éloignée de la date de l’enquête, plus les risques d’omission sont élevés et plus la sous-estimation des niveaux de la mortalité est importante. L’évaluation du sous-enregistrement des décès de très jeunes enfants est faite à partir de la proportion d’enfants décédés entre 0 et 6 jours par rapport aux décès survenus au cours du premier mois. Cette proportion augmente avec la diminution de la mortalité des enfants du fait que le niveau de la mortalité diminue très rapidement entre la naissance et les jours qui suivent. Une proportion de décès précoces inférieure à 60 % indiquerait un sous enregistrement important des décès précoces. Dans le cas de l’EDS-Continue 2012-2013 cette proportion est de 69 % (données non présentées) ce qui indique qu’il n’y a pas eu de sous- enregistrement significatif des décès précoces durant les cinq années précédant l’enquête. 2) Les transferts de dates de naissance des enfants d’une période à une autre peuvent causer une sous-estimation de la mortalité d’une période au profit des périodes adjacentes. Ainsi, un mauvais classement des décès dans l’intervalle 0-4 ans avant l’enquête entraînerait une sous-estimation de la mortalité pour cette période et une surestimation de celle-ci dans l’intervalle précédente, soit 5- 9 ans avant l’enquête. Là encore, les données de l’EDS-Continue (données non présentées) ne mettent pas en évidence de transferts importants d’une période quinquennale à l’autre qui pourraient affecter de façon significative les estimations des niveaux de mortalité. 3) L’imprécision des déclarations de l’âge au décès comme l’attraction de certains âges au décès peuvent engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, par le transfert d’une partie des décès d’enfants de moins d’un an aux décès d’enfants plus âgés. C’est pour minimiser ce type d’erreur que l’âge au décès a été enregistré en jours, en mois ou en années, selon que le décès est intervenu dans les 29 jours suivant la naissance, entre 1 et 23 mois ou au-delà de 23 mois respectivement. Cependant, les données collectées ne montrent pas d’attraction pour l’âge au décès « 12 mois » et donc les estimations de la mortalité infantile et de la mortalité juvénile ne sont pas affectées. 4.2.2 Niveaux et tendances Les différents quotients de mortalité pour les quinze années ayant précédé l’enquête sont présentés au tableau 4.3. Les niveaux sont calculés par période quinquennale de 0-4 ans, 5-9 ans et 10-14 ans avant l’enquête, soit de 1998 à 2013. Tableau 4.3 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto- juvénile par période de cinq ans ayant précédé l’enquête, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Nombre d’années ayant précédé l’enquête Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale1 (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) 0-4 26 17 43 23 65 5-9 36 20 56 30 84 10-14 31 32 64 62 121 1 Calculé par différence entre le taux de mortalité infantile et néonatale. Fécondité et mortalité des enfants • 35 Dans la période 2008-2013, soit 0-4 ans avant l’enquête, 43 enfants nés vivants sur 1 000 sont décédées avant d’atteindre leur premier anniversaire dont 26 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 17 ‰ entre 1 et 12 mois exacts. Parmi les enfants ayant atteint un an, 23 ‰ n’ont pas atteint leur cinquième anniversaire. Durant cette même période, le risque global de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est estimé à 65 ‰, soit moins de sept enfants sur 100. La tendance à la baisse de la mortalité des enfants, observée depuis plusieurs années déjà, semble se poursuivre. Un examen de l’évolution de la mortalité des enfants au cours des 15 dernières années montre que, quel que soit le type de mortalité, le niveau a sensiblement fléchi dans la période. Ainsi, de 64 ‰ dans la période 10-14 ans avant l’enquête, le taux de mortalité infantile est passé à 43 ‰ dans la période 0-4 ans (cinq dernières années), soit une baisse globale de 33 %. Cependant, cette baisse n’est pas uniforme sur toute la période : elle est près de deux fois plus forte entre 2008 et 2013 (23 %) qu’entre 2004 et 2008 (13 %). La baisse de la mortalité juvénile se poursuit également : le taux est passé de 62 ‰ à 23 ‰, soit une chute de 63 %. Cependant, contrairement à la mortalité infantile, la baisse apparaît moins forte sur la dernière période que sur la période précédente (23 % entre 2008 et 2013 contre 52% entre 2004 et 2008). En ce qui concerne la mortalité infanto-juvénile, la baisse qui suit les mêmes tendances se situe à des niveaux intermédiaires : le taux global est passé de 121 ‰ à 65 ‰, soit une baisse de 46 % avec une diminution moins importante dans la période récente (23 % entre 2008 et 2013 contre 31 % entre 2004-2008). Il y a lieu de signaler que/parmi les composantes de la mortalité infantile, la mortalité post-néonatale a enregistré une baisse beaucoup plus forte que la mortalité néonatale (47 % contre 16 %). Les graphiques 4.3 et 4.4 présentent les tendances de la mortalité infantile et juvénile selon l’EDS- MICS de 2010-2011 et l’EDS-Continue de 2012-2013. Ces graphiques permettent de constater la cohérence des résultats des deux enquêtes et mettent en évidence, une fois de plus, la baisse régulière de la mortalité infantile et juvénile au cours des 15 dernières années. Graphique 4.3 Tendance de la mortalité infantile selon l’EDS-MICS 2010-2011 et l’EDS-Continue 2012-2013 68 60 47 64 56 43 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Décès pour mille Année centrale des estimations EDS-MICS 2010-2011 EDS-Continue 2012-2013 36 • Fécondité et mortalité des enfants Graphique 4.4 Tendance de la mortalité juvénile selon l’EDS-MICS 2010-2011 et l’EDS-Continue 2012-2013 70 48 26 62 30 23 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Décès pour mille Année centrale des estimations EDS-MICS 2010-2011 EDS-Continue 2012-2013 Contraception et préférence en matière de fécondité des femmes • 37 CONTRACEPTION ET PRÉFÉRENCE EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ DES FEMMES 5 Papa Mabèye DIOP et Moussa DIAKHATE ans les pays africains, le rythme élevé de la croissance de la population constitue une contrainte majeure aux efforts de développement. Le déséquilibre persistant entre l’accroissement élevé de la population et la croissance économique insuffisante contribue à la détérioration des conditions de vie des ménages. Avec des taux de fécondité parmi les plus élevés du monde, les pays d’Afrique subsaharienne ont cependant des situations très diversifiées. Grâce à la collecte de données démographiques depuis les années 1970, la connaissance de l’évolution de la fécondité s’est nettement améliorée. En plus des disparités existant entre régions et entre pays, il existe également des différences de fécondité entre les milieux de résidence urbain et rural, ce dernier étant souvent associé à une fécondité plus élevée. Mais au-delà de cette dichotomie, certaines caractéristiques de la population s’avèrent plus importantes que d’autres. L’un des facteurs de la récente baisse de la fécondité observée dans les pays ayant effectué des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS), est la pratique contraceptive. Au cours de ces dernières décennies, il y a eu partout dans le monde un accroissement rapide et considérable de l’utilisation de la contraception. 5.1 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION Le niveau d’utilisation de la contraception est l’un des indicateurs qui permet de juger de la réussite des programmes de planification familiale. L’EDS-Continue permet de mesurer le niveau d’utilisation de la contraception au moment de l’enquête. Aux femmes qui ont déclaré connaître une méthode contraceptive, on a demandé si elles en utilisaient une au moment de l’enquête. Le tableau 5.1 présente le taux de prévalence de la contraception, c’est-à-dire la proportion de femmes actuellement en union qui utilisent une méthode contraceptive au moment de l’enquête. Dans l’ensemble, 18 % des femmes en union utilisent actuellement une méthode contraceptive ; 16 % ont recours à une méthode moderne et moins de 2 % à une méthode traditionnelle. Les femmes utilisent essentiellement les injectables (6 %) et la pilule (5 %), suivies dans une moindre mesure par les implants (3 %) (Graphique 5.1). Toutes les autres méthodes concernent moins de 1 % des enquêtées. Parmi les méthodes traditionnelles, c’est la continence périodique/collier qui est la plus utilisée, cependant seulement 0,5 % de l’ensemble des femmes de 15-49 ans en union ont recours à cette méthode pour planifier leurs grossesses. D Principaux résultats • L’utilisation des méthodes contraceptives par les femmes en union continue d’augmenter : 18 % pour toutes méthodes confondues, et 16 % pour les méthodes modernes contre 12 % à l’EDS-MICS 2010-2011. • L’utilisation des méthodes modernes reste essentiellement le fait des femmes urbaines (27 %), celles résidant dans la région Ouest (27 %), les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (30 %). • Au total, 66 % des femmes peuvent être considérées comme des candidates potentielles à la planification familiale car elles ne veulent plus d’enfants (21 %) ou désirent espacer la naissance de leurs prochains enfants pour une période d’au moins deux ans (45 %). 38 • C on tra ce pt io n et p ré fé re nc e en m at iè re d e fé co nd ité d es fe m m es Ta bl ea u 5. 1 U til is at io n ac tu el le d e la c on tra ce pt io n pa r c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s R ép ar tit io n (e n % ) d es fe m m es d e 15 -4 9 an s ac tu el le m en t e n un io n pa r m ét ho de c on tra ce pt iv e ac tu el le m en t u til is ée , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E D S -C on tin ue , S én ég al 2 01 2- 20 13 C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue N ’im po rte qu el le m ét ho de U ne m ét ho de m od er ne M ét ho de m od er ne U ne m ét ho de tra di tio n- ne lle M ét ho de tr ad iti on ne lle N ’u til is e pa s ac tu el - le m en t To ta l E ffe ct if de fe m m es S té ril i- sa tio n fé m in in e P ilu le D IU In je ct ab le Im pl an t C on do m m as cu lin M AM A Au tre C on ti- ne nc e pé rio - di qu e/ C ol lie r R et ra it A ut re G ro up e d’ âg es 15 -1 9 3, 3 2, 8 0, 0 0, 6 0, 0 1, 9 0, 1 0, 3 0, 0 0, 0 0, 5 0, 0 0, 0 0, 5 96 ,7 10 0, 0 45 5 20 -2 4 13 ,7 11 ,7 0, 0 2, 9 0, 4 5, 5 1, 9 0, 7 0, 3 0, 0 2, 0 0, 5 0, 1 1, 4 86 ,3 10 0, 0 1 01 0 25 -2 9 19 ,4 18 ,5 0, 0 7, 0 0, 5 7, 8 2, 1 0, 9 0, 0 0, 2 0, 9 0, 3 0, 1 0, 5 80 ,6 10 0, 0 1 21 8 30 -3 4 20 ,7 18 ,4 0, 1 5, 6 1, 2 6, 5 4, 1 0, 8 0, 0 0, 2 2, 2 0, 3 0, 3 1, 7 79 ,3 10 0, 0 1 00 0 35 -3 9 25 ,6 24 ,1 0, 2 7, 2 2, 8 8, 5 4, 8 0, 2 0, 4 0, 0 1, 5 0, 6 0, 1 0, 8 74 ,4 10 0, 0 80 5 40 -4 4 22 ,2 19 ,8 2, 0 6, 7 0, 5 6, 1 4, 1 0, 2 0, 0 0, 2 2, 4 0, 9 0, 1 1, 4 77 ,8 10 0, 0 57 9 45 -4 9 12 ,3 9, 1 1, 0 2, 3 1, 0 4, 1 0, 5 0, 1 0, 0 0, 0 3, 2 1, 3 0, 7 1, 1 87 ,7 10 0, 0 48 7 M ili eu d e ré si de nc e U rb ai n 29 ,3 27 ,3 0, 7 9, 1 2, 2 8, 9 5, 0 1, 1 0, 3 0, 0 2, 1 0, 9 0, 4 0, 8 70 ,7 10 0, 0 2 12 2 R ur al 10 ,7 9, 2 0, 1 2, 6 0, 2 4, 6 1, 3 0, 2 0, 0 0, 1 1, 6 0, 3 0, 1 1, 2 89 ,3 10 0, 0 3 43 2 G ra nd es ré gi on s N or d 14 ,2 13 ,4 0, 2 5, 4 0, 4 5, 9 1, 2 0, 2 0, 0 0, 0 0, 8 0, 4 0, 0 0, 4 85 ,8 10 0, 0 1 10 2 O ue st 28 ,9 26 ,9 0, 6 8, 9 2, 1 8, 8 5, 0 1, 1 0, 3 0, 1 2, 0 0, 7 0, 3 1, 0 71 ,1 10 0, 0 1 83 2 C en tre 11 ,5 10 ,0 0, 1 2, 6 0, 6 4, 7 1, 7 0, 2 0, 0 0, 1 1, 5 0, 3 0, 3 0, 9 88 ,5 10 0, 0 1 64 5 S ud 11 ,9 9, 0 0, 4 1, 6 0, 1 4, 3 1, 9 0, 6 0, 0 0, 1 2, 9 0, 6 0, 0 2, 2 88 ,1 10 0, 0 97 6 Q ui nt ile d e bi en -ê tr e Le p lu s ba s 7, 2 5, 9 0, 2 1, 4 0, 0 3, 6 0, 6 0, 1 0, 0 0, 1 1, 4 0, 1 0, 0 1, 3 92 ,8 10 0, 0 1 17 9 S ec on d 9, 7 8, 7 0, 0 1, 6 0, 6 3, 9 2, 4 0, 2 0, 0 0, 1 1, 0 0, 2 0, 0 0, 9 90 ,3 10 0, 0 1 10 4 M oy en 17 ,8 15 ,8 0, 4 4, 5 0, 8 7, 1 2, 4 0, 6 0, 0 0, 0 2, 0 0, 1 0, 1 1, 8 82 ,2 10 0, 0 1 10 2 Q ua tri èm e 22 ,8 20 ,7 0, 4 8, 6 1, 3 6, 7 3, 0 0, 3 0, 0 0, 3 2, 0 0, 8 0, 2 1, 1 77 ,2 10 0, 0 1 07 6 Le p lu s él ev é 32 ,6 30 ,3 0, 8 9, 7 2, 2 10 ,2 5, 3 1, 6 0, 6 0, 0 2, 3 1, 4 0, 7 0, 2 67 ,4 10 0, 0 1 09 4 N iv ea u d’ in st ru ct io n P as d ’in st ru ct io n 12 ,8 11 ,6 0, 2 3, 7 0, 9 4, 5 2, 0 0, 1 0, 0 0, 1 1, 2 0, 1 0, 0 1, 1 87 ,2 10 0, 0 3 80 5 P rim ai re 26 ,9 24 ,4 0, 2 7, 7 0, 6 10 ,3 4, 0 1, 5 0, 0 0, 1 2, 5 0, 9 0, 2 1, 4 73 ,1 10 0, 0 1 18 4 S ec on da ire o u pl us 32 ,8 29 ,2 1, 5 9, 0 2, 2 9, 1 4, 4 1, 8 1, 1 0, 1 3, 6 2, 1 1, 0 0, 4 67 ,2 10 0, 0 56 5 N om br e d’ en fa nt s vi va nt s 0 3, 2 2, 8 0, 0 1, 1 0, 0 0, 7 0, 3 0, 8 0, 0 0, 0 0, 4 0, 3 0, 1 0, 0 96 ,8 10 0, 0 69 4 1- 2 17 ,6 15 ,9 0, 0 7, 0 0, 3 5, 4 2, 0 0, 9 0, 2 0, 1 1, 7 0, 4 0, 2 1, 1 82 ,4 10 0, 0 1 78 4 3- 4 21 ,5 19 ,5 0, 4 5, 3 1, 0 8, 5 3, 6 0, 3 0, 2 0, 0 2, 0 0, 4 0, 3 1, 3 78 ,5 10 0, 0 1 53 3 5+ 21 ,0 18 ,9 0, 8 4, 4 2, 1 7, 5 3, 7 0, 3 0, 0 0, 2 2, 1 0, 8 0, 1 1, 3 79 ,0 10 0, 0 1 54 3 E ns em bl e 17 ,8 16 ,1 0, 3 5, 1 1, 0 6, 2 2, 7 0, 6 0, 1 0, 1 1, 7 0, 5 0, 2 1, 1 82 ,2 10 0, 0 5 55 4 N ot e : S i p lu s d’ un e m ét ho de e st u til is ée , s eu le la p lu s ef fic ac e es t p ris e en c om pt e da ns c e ta bl ea u. M A M A = M ét ho de d e l’A lla ite m en t M at er ne l e t d e l’A m én or rh ée 38 • Contraception et préférence en matière de fécondité des femmes Contraception et préférence en matière de fécondité des femmes • 39 Graphique 5.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union selon la méthode 18 16 6 5 3 1 1 1 2 1 1 N'importe quelle méthode Une méthode moderne Injections Pilule Implants DIU Condom masculin Autres Modernes Une méthode traditionnelle Rythme Autres traditionnelles Pourcentage EDS-Continue 2012-2013 Par ailleurs, les renseignements recueillis permettent aussi l’analyse de la prévalence contraceptive selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes en union (tableau 5.1). L’utilisation de la contraception augmente régulièrement avec l’âge entre 15 et 40 ans. C’est à 35-39 ans que l’on note la proportion la plus élevée d’utilisatrices de méthodes contraceptives (26 %). La prévalence contraceptive pour l’ensemble des méthodes est presque trois fois plus élevée en milieu urbain (29 %) qu’en milieu rural (11 %). Comme pour l’ensemble des femmes, en milieu urbain comme en milieu rural, les méthodes modernes les plus fréquemment utilisées par les femmes sont les injectables (9 % en zone urbaine et 5 % en zone rurale), la pilule (9 % en urbain contre 3 % en rural), et les implants (5 % en urbain contre 1 % en rural). La principale méthode traditionnelle utilisée est la continence périodique/collier, qui concerne principalement les femmes urbaines (0,9 % contre 0,3 % pour les femmes rurales). Les différences observées entre les régions sont importantes. Les deux grandes régions Sud (9 %) et Centre (10 %) se distinguent par une faible prévalence contraceptive moderne. À l’inverse, la région Ouest enregistrent le taux de prévalence contraceptive le plus élevé (27 %). Dans le Nord, la prévalence est de 13 %. L’utilisation de la contraception augmente avec le niveau du bien-être économique du ménage ; pour les méthodes modernes, elle passe de 6 % chez les femmes des ménages du quintile le plus bas à 30 % chez les femmes du quintile le plus élevé. La prévalence contraceptive, qu’elle soit moderne ou traditionnelle, augmente de façon très nette avec le niveau d’instruction. Pour les méthodes modernes, la prévalence passe de 12 % chez les femmes sans instruction à 24 % chez celles ayant un niveau d’instruction primaire et à 29 % chez les femmes de niveau secondaire ou plus. En outre, quel que soit le niveau d’instruction, les injectables et la pilule demeurent les méthodes modernes les plus utilisées. L’utilisation des méthodes contraceptives modernes augmente avec le nombre d’enfants, passant de 3 % chez les femmes nullipares, à 20 % parmi celles ayant 3 enfants ou plus. 40 • Contraception et préférence en matière de fécondité des femmes Tendances La comparaison avec les résultats des enquêtes précédentes montre que la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union ne cesse d’augmenter, la proportion d’utilisatrices étant passée de 5 % en 1993 (EDS-II) à 8 % en 1997 (EDS-III), à 10 % en 2005 (EDS-IV) et à 12 % en 2011 (EDS-MICS 2010- 2011), pour atteindre 16 % en 2013 (Graphique 5.2). C’est surtout parmi les femmes du milieu rural et celles sans instruction que ces progrès ont été les plus importants. En effet, la prévalence contraceptive moderne s’est nettement améliorée en zone rurale : de 1 % en 1993, elle est passée à 4 % en 1997, 5 % en 2005 et 7 % en 2011(EDS-MICS 2010-2011), pour atteindre 9 % actuellement. Selon le niveau d’instruction, la proportion de femmes sans instruction qui utilisent une méthode moderne a doublé entre 1993 et 1997, en passant de 2 % à 4 %. La tendance à la hausse du taux de prévalence s’est poursuivie lentement puisqu’entre 1997 et 2005, la proportion d’utilisatrices est passée de 4 % à 5 %, ensuite, entre 2005 et 2011, elle est passée de 5 % à 8 %, pour atteindre 12 % actuellement. Il faut aussi souligner que, chez les femmes de niveau d’instruction primaire, on observe entre 2011 et 2013, une hausse importante du taux de prévalence des méthodes modernes passant de 20 % à 24 % ; il en est de même chez les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus où la prévalence des méthodes modernes est passée de 26 % en 2011 à 29 % actuellement. Graphique 5.2 Tendance de l’utilisation de la contraception moderne par les femmes en union 5 8 10 12 16 EDS 1992-1993 EDS 1997 EDS 2005 EDS-MICS 2010-2011 EDS-Continue 2012-2013 Pourcentage 5.2 DÉSIR D’ENFANTS SUPPLÉMENTAIRES Des questions ont été posées aux femmes de 15-49 ans actuellement en union pour obtenir des informations sur leur désir d’avoir ou non des (d’autres) enfants et d’espacer leur prochaine naissance. Le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires dans l’avenir est généralement lié à l’âge de la femme et au nombre d’enfants actuellement en vie. Le tableau 5.2 et le graphique 5.3 qui présentent les résultats selon le nombre d’enfants vivants montrent qu’une femme sur cinq (21 %) ne désire plus d’enfants tandis que trois femmes sur quatre (75 %) souhaitent avoir un autre enfant. Ces résultats révèlent également que parmi les 75 % de femmes qui désirent avoir des enfants supplémentaires dans l’avenir, près d’une femme sur deux (45 %) souhaite espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. Au total donc, 66 % de femmes, regroupant celles ne voulant plus d’enfants (21 %) et celles Contraception et préférence en matière de fécondité des femmes • 41 désirant espacer pour une période d’au moins deux ans la naissance de leurs prochains enfants (45 %), peuvent être considérées comme des candidates potentielles à la planification familiale. Ces niveaux sont voisins de ceux enregistrés dans les enquêtes précédentes : EDS-II de 1992-1993 (20 % pour celles qui désiraient limiter et 39 % pour celles qui souhaitaient espacer d’au moins deux ans), EDS-III de 1997 (respectivement, 23 % et 39 %), EDS-IV de 2005 (respectivement 21 % et 38 %) et EDS-MICS 2010-2011 (respectivement 22 % et 38 %). Tableau 5.2 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d’enfants vivants Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en union selon le désir d’enfants supplémentaires et le nombre d’enfants vivants, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Désir d’enfant(s) Nombre d’enfants vivants1 Ensemble0 1 2 3 4 5 6+ Veut un autre bientôt2 75,4 27,8 26,5 22,4 20,2 14,5 5,9 24,8 Veut un autre plus tard3 8,1 63,8 62,5 60,4 51,7 39,6 19,2 45,2 Veut un autre, NSP quand 14,0 6,2 4,9 4,8 3,2 4,0 2,1 5,1 Indécise 0,5 0,0 0,2 0,8 2,5 2,9 4,1 1,6 Ne veut plus d’enfant 0,0 1,0 3,4 8,6 19,4 36,5 65,2 20,7 Stérilisé(e)4 0,0 0,1 0,0 0,3 0,6 1,0 0,6 0,3 S’est déclarée stérile 2,0 1,1 2,6 2,8 2,5 1,5 2,9 2,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 528 894 962 828 732 543 1 066 5 554 1 Le nombre d’enfants vivants inclut la grossesse actuelle 2 Veut une autre naissance dans les deux ans 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus 4 Y compris la stérilisation féminine et masculine Graphique 5.3 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants 0% 20% 40% 60% 80% 100% 0 1 2 3 4 5 6+ Pourcentage Nombre d’enfants vivants Stérilisé(e)/S'est déclarée stérile Ne veut plus d'enfant Indécise Veut un autre, NSP quand Veut un autre plus tard Veut un autre bientôt EDS-Continue 2012-2013 Comme on pouvait s’y attendre, la proportion de femmes qui ne veulent plus d’enfants augmenterégulièrement avec le nombre d’enfants en vie : elle passe de moins de 1 % chez les femmes qui n’ont aucun enfant à 9 % chez celles qui en ont 3, et à 65 % chez celles qui en ont au moins 6 enfants. 42 • Contraception et préférence en matière de fécondité des femmes On note également que la quasi-totalité des femmes nullipares (98 %) souhaitent avoir un enfant et la grande majorité (75 %) désirent une naissance dans les deux prochaines années. Même si la quasi-totalité des primipares souhaitent également un autre enfant (98 %), en majorité elles souhaitent attendre au moins deux ans avant la naissance du prochain enfant (64 %). En outre, le tableau C.8 de l’Annexe C présente les besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union. Santé de la mère et de l’enfant • 43 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT 6 Fatou Bintou NIANG et Cheikh Tidiane NDIAYE enquête démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) a collecté des informations détaillées sur la santé de la mère et de l’enfant. Ces informations concernent les soins prénatals et l’accouchement dans une structure de santé, la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois et la prévalence et le traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA), de la fièvre et de la diarrhée chez les enfants de moins de cinq ans. Ces informations sont de grande importance pour l’évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé. 6.1 SANTÉ DE LA MÈRE 6.1.1 Soins prénatals La surveillance médicale de la grossesse a une influence considérable sur la santé de la femme et de l’enfant. En effet, les soins prénatals permettent de déceler les complications qui peuvent mettre en danger la vie du couple mère-enfant. Il est recommandé au moins quatre consultations prénatales pour assurer un suivi correct de l’évolution de la grossesse. Les consultations prénatales donnent l’occasion d’immuniser la future mère contre le tétanos et de faire bénéficier à celle-ci de conseils et, si besoin, de suppléments nutritionnels en cas de signes de malnutrition. Les données du tableau 6.1 présentent, pour les femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, le pourcentage de celles ayant reçu, au moins une fois, des soins prénatals d’un prestataire formé pour la dernière naissance vivante1, le pourcentage de celles dont la dernière naissance vivante a été protégée contre le tétanos néonatal, et le pourcentage de celles ayant reçu du supplément de fer au cours de la dernière grossesse. Le tableau 6.1 porte également sur toutes les naissances 1 Le tableau C.9 de l’Annexe C présente le nombre de visites prénatales et le stade de la grossesse. L’ Principaux résultats • La grande majorité des femmes (95 %) ont consulté un professionnel de santé durant la grossesse de leur naissance la plus récente. • Sept naissances sur dix (71 %) se sont déroulées dans un établissement sanitaire, et 51 % ont bénéficié de l’assistance de personnel de santé au moment de l’accouchement. • La majorité des enfants de 12-23 mois ont le BCG (96 %), les trois doses de Penta (89 %), celles de Polio (83 %) et 79 % ont été vaccinés contre la rougeole avant l’âge de 12 mois. Au total, sept enfants de 12-23 mois sur dix (70 %) ont reçu tous les vaccins du Programme Élargi de Vaccination (PEV). • Au cours des deux semaines avant l’enquête, 3 % d’enfants ont présenté des symptômes d’IRA 17 % ont eu de la fièvre et 14 % ont eu la diarrhée. • Au cours des épisodes diarrhéiques, 22 % des enfants ont reçu une TRO (SRO ou solution préparée à la maison). 44 • Santé de la mère et de l’enfant vivantes des cinq années ayant précédé l’enquête, et présente le pourcentage de celles dont l’accouchement a été assisté par un prestataire formé et le pourcentage de celles dont l’accouchement a eu lieu dans un établissement de santé. Au cours de l’EDS-Continue, toutes les catégories de personnes consultées par la mère pendant la grossesse ont été enregistrées. Lorsque plusieurs personnes avaient été consultées par la femme, seule la personne la plus qualifiée a été prise en compte dans le tableau 6.1. On relève que, pour la dernière naissance vivante survenue au cours des cinq dernières années, plus de neuf femmes sur dix (94 %) se sont rendues en consultations prénatales auprès de professionnels de la santé (médecins, sages-femmes, infirmières, ou Infirmiers/ères Chefs de Poste (ICP). Tableau 6.1 Indicateurs de santé maternelle Parmi les femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant reçu des soins prénatals d’un prestataire formé pour la dernière naissance vivante, pourcentage de femmes dont la dernière naissance vivante a été protégée contre le tétanos néonatal, et pourcentage de femmes ayant reçu du supplément de fer au cours de la dernière grossesse ; parmi toutes les naissances vivantes des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage de celles dont l’accouchement a été assisté par un prestataire formé et pourcentage de celles qui ont eu lieu dans un établissement de santé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de femmes ayant reçu des soins prénatals d’un prestataire formé1 Pourcentage de femmes dont la naissance vivante a été protégée contre le tétanos néonatal2 Pourcentage de femmes ayant reçu du supplément de fer au cours de la grossesse Effectif de femmes Pourcentage de naissances dont l’accouchement a été assisté par un prestataire formé Pourcentage de naissances ayant eu lieu dans un établissement de santé Effectif de naissances Age de la mère à la naissance <20 94,7 79,2 93 507 51,8 70,0 834 20-34 95,0 83,3 94 2 888 50,4 72,1 4 498 35+ 92,2 78,1 90 806 50,0 69,3 1 059 Milieu de résidence Urbain 98,5 86,6 97 1 554 78,0 92,0 2 216 Rural 92,1 79,0 91 2 647 35,9 60,3 4 175 Grande région Nord 94,9 83,9 94 819 51,3 67,1 1 248 Ouest 98,3 83,5 97 1 331 68,1 86,9 1 921 Centre 93,2 77,7 92 1 259 40,4 69,5 2 020 Sud 89,6 83,2 89 792 38,6 53,9 1 201 Quintile de bien-être Le plus bas 85,0 73,8 84 930 19,9 36,0 1 515 Second 94,1 84,5 94 862 38,7 66,0 1 397 Moyen 96,8 82,3 96 872 54,7 82,5 1 298 Quatrième 98,9 82,2 97 779 68,6 89,9 1 120 Le plus élevé 99,3 87,7 97 757 85,5 95,5 1 061 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 92,5 80,1 91 2 800 42,1 64,8 4 413 Primaire 97,9 84,8 96 924 64,2 82,5 1 347 Secondaire ou plus 99,1 86,3 98 476 80,1 93,3 631 Ensemble 94,5 81,8 93 4 200 50,5 71,3 6 391 1 Les médecins, les sages-femmes et les infirmiers/Infirmiers chefs de poste (ICP) sont considérés comme des prestataires formés. 2 Y compris les mères ayant reçu deux injections au cours de la grossesse de leur dernière naissance ou, au moins, deux injections (la dernière ayant été effectuée au cours des trois années ayant précédé la dernière naissance vivante), ou, au moins, trois injections (la dernière ayant été effectuée au cours des cinq années ayant précédé la dernière naissance vivante), ou, au moins, quatre injections (la dernière ayant été effectuée au cours des dix années ayant précédé la dernière naissance vivante), ou, au moins, cinq injections à n’importe quel moment avant la dernière naissance vivante Les différences selon l’âge de la femme sont peu importantes : 95 % chez les femmes de moins de 35 ans et 92 % chez celles dont l’âge est égal ou supérieure à 35 ans. Les femmes du milieu urbain sont relativement plus nombreuses (99 %) que celles du milieu rural (92 %) à bénéficier de visites prénatales au cours de leur grossesse. Du point de vue régional, des légères disparités apparaissent également : les femmes qui ont le moins fréquemment consulté un professionnel de la santé au cours de leur grossesse sont celles du Santé de la mère et de l’enfant • 45 Sud (90 %), suivies de celles du Centre (93 %). La proportion de naissances pour lesquelles la mère a bénéficié de soins prénatals auprès de personnel formé varie selon le niveau de bien-être économique du ménage : elle passe de 85 % pour les femmes des ménages du quintile le plus bas à 99 % pour les femmes des quintiles les plus élevés. En outre, elle augmente avec le niveau d’instruction de la femme : 93 % pour celles sans instruction, 98 % pour celles ayant le niveau primaire à 99 % pour celles qui ont le niveau secondaire ou plus. Par rapport aux enquêtes précédentes (Graphique 6.1), on relève une augmentation de la proportion de femmes ayant bénéficié de soins prénatals auprès de professionnel de la santé : de 74 % en 1993, 82 % en 1997, 87 % en 2005, cette proportion est passée à 93 % en 2010-2011 pour atteindre 95 % en 2012-2013 Graphique 6.1 Soins prénatals, lieu d’accouchement et assistance à l’accouchement 74 47 47 82 47 48 87 52 62 93 65 73 95 50 70 Soins prénatals Assistance à l'accouchement Accouchement établissement sanitaire Pourcentage EDS-II 1993 EDS-III 1997 EDS-IV 2005 EDS-MICS 2010-2011 EDS-Continue 2012-2013 La vaccination antitétanique et la prise de fer pendant la grossesse sont des composantes importantes des soins prénatals. Le tétanos néonatal est l’une des maladies les plus graves auxquelles le nouveau-né peut être exposé. Pour faire face à cette pathologie, il est recommandé que les femmes enceintes soient vaccinées contre le tétanos. Les données du tableau 6.1 révèlent que pour 82 % des femmes, la naissance vivante est protégée contre le tétanos néonatal. Il est important de souligner que les informations présentées ici ont pris en compte l’histoire vaccinale des femmes. Ainsi, sont considérées comme protégeant leurs enfants contre le tétanos néonatal, les mères ayant reçu deux injections au cours de la grossesse de leur dernière naissance ou, au moins, deux injections dont la dernière a été effectuée au cours des trois années ayant précédé la dernière naissance vivante, ou, au moins, trois injections (la dernière ayant été effectuée au cours des cinq années ayant précédé la dernière naissance vivante), ou, au moins, quatre injections (la dernière ayant été effectuée au cours des dix années ayant précédé la dernière naissance vivante), ou, au moins, cinq injections à n’importe quel moment avant la dernière naissance. Selon l’âge de la mère, on observe que les naissances de mère âgée de 20-34 ans sont plus fréquemment protégées contre le tétanos (83 %) que celles de mère de moins de 20 ans ou de 35 ans ou plus. En ce qui concerne le milieu de résidence, les naissances qui se sont produites en milieu urbain ont été mieux protégées que celles qui ont eu lieu en milieu rural (87 % contre 79 %). Entre régions, le statut vaccinal des mères est plus faible dans la grande région Centre (78 %) que dans les trois autres grandes régions (variant 46 • Santé de la mère et de l’enfant entre 83 % et 84 %). Par ailleurs, la fréquence de la vaccination augmente avec le niveau d’instruction de la mère, d’un minimum de 80 % chez les sans instruction, elle est à 85 % pour les femmes ayant le niveau primaire et atteint 86 % pour les femmes ayant au le niveau secondaire. Par rapport aux résultats de l’EDS-MICS de 2010-2011, la couverture vaccinale contre le tétanos néonatal a connu une augmentation importante de 19 %, passant de 69 % à 82 %. En outre, au cours de la grossesse, plus de neuf femmes sur dix ont reçu du supplément de fer sous forme de comprimés ou sirop (93 %). Les femmes de moins de 35 ans en ont plus fréquemment bénéficié (au moins 93 %) que celles âgées de 35 ans ou plus (90 %). En outre, les femmes des zones rurales, en ont bénéficié moins fréquemment que celles urbaines (91 % contre 97 %). Entre régions, les mères résidant dans la région Sud ont reçu du fer moins fréquemment que les autres (89 % contre 92 % et plus). Le niveau d’instruction est discriminant pour la prise de fer au cours de la grossesse : de 91 % chez les femmes sans instruction, la proportion passe à 96 % chez celles ayant le niveau primaire et à 98 % pour celles de niveau secondaire. En outre, la proportion de femmes ayant reçu du fer augmente avec l’indice de bien-être du ménage, passant d’un minimum de 84 % pour les femmes vivant dans les ménages du quintile le plus bas à un maximum de 97 % pour celles des ménages des quintiles les plus élevés. 6.1.2 Assistance lors de l’accouchement Une bonne prise en charge de l’accouchement, élément clé dans la lutte contre la morbidité et la mortalité maternelles, dépend de la qualification des personnes qui assistent la femme. Une naissance sur deux (51 %) a eu lieu avec l’assistance de personnel de santé qualifié (Tableau 6.1), à savoir médecins, sages- femmes, infirmières, ou Infirmiers/ères Chefs de Poste (ICP). Entre les deux dernières enquêtes, la proportion d’accouchements assistés par du personnel formé semble avoir diminué, passant de 65 % en 2010-2011 à 51 % selon l’EDS-Continue (Graphique 6.1). Ce résultat semble étonnant dans la mesure où la proportion de femmes assistées à l’accouchement par du personnel formé n’a cessé d’augmenter depuis 1997 et dans la mesure où la proportion d’accouchement en structure de santé n’a que peu changé depuis 2011 (voir ci-dessous). Les données détaillées par type de personnel de santé montrent que la proportion d’accouchements assistés par des sages-femmes aurait baissé considérablement entre les deux enquêtes, passant de 54 % à 36 % alors qu’à l’opposé, les accouchements assistés par des matrones auraient beaucoup augmenté, passant de 12 % à 25 %. Il est difficile d’expliquer un changement aussi radical du rôle respectif des matrones et des sages-femmes au cours des deux années qui séparent les deux enquêtes. Par conséquent, il est possible que ce changement ne soit qu’apparent et qu’il résulte plutôt d’une classification différent de ce personnel par les enquêtrices au cours de la collecte. Il convient donc d’être très prudent quant à l’interprétation de cet indicateur et, en particulier, l’analyse des tendances. Le pourcentage de naissances assistées par un professionnel de santé varie peu selon l’âge de la mère. Par contre, on observe une différence importante entre les femmes urbaines et rurales dans l’assistance à l’accouchement par du personnel formé : la proportion du milieu urbain est plus du double de celle du milieu rural (78 % contre 37 %). En outre, les résultats mettent en évidence des disparités régionales. C’est dans l’Ouest (68 %) et le Nord (51 %) que la situation est la meilleure alors que le Centre et le Sud sont moins avantagés, puisque seules quatre naissances sur dix y sont assistées par un professionnel de santé (respectivement, 40 % et 39 %). L’assistance à l’accouchement par du personnel formé augmente avec le niveau d’instruction de la femme : de 42 % chez les femmes sans instruction, elle passe à 64 % chez celles de niveau primaire, et elle atteint 80 % chez les femmes de niveau secondaire. Santé de la mère et de l’enfant • 47 6.1.3 Lieu d’accouchement Parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, sept naissances sur dix (71 %) ont eu lieu dans une structure de santé (Tableau 6.1). On observe une très légère diminution du taux de fréquentation des structures de santé entre 2010-2011 et 2012-2013, passant de 73 % à 71 %. L’examen des données par caractéristiques sociodémographiques de la mère ne met pas en évidence de tendance nette selon l’âge de la mère. Par contre, on observe des disparités selon le milieu et la région de résidence. L’accouchement dans les structures de santé concerne d’avantage les femmes citadines (92 %) que les femmes rurales (60 %), et celles résidant dans les régions de l’Ouest (87 %) et, dans une moindre mesure, du Centre (70 %) et du Nord (67 %) que celles résidant au Sud où seulement 54 % des naissances ont eu lieu dans un établissement de santé (Graphique 6.2). Graphique 6.2 Accouchement dans un établissement de santé selon certaines caractéristiques sociodémographiques 93 83 65 54 70 87 67 60 92 71 Secondaire + Primaire Sans INSTRUCTION Sud Centre Ouest Nord GRANDE RÉGION Rural Urbain RÉSIDENCE SÉNÉGAL Pourcentage EDS-Continue 2012-2013 De même, le niveau d’instruction des femmes semble exercer une influence positive dans le choix du lieu d’accouchement. Ainsi, plus le niveau d’instruction est élevé, plus la proportion des femmes qui ont accouché dans les structures de santé augmente, passant de 65 % chez celles sans instruction à 93 % chez celles de niveau d’instruction secondaire. 6.2 SANTE DE L’ENFANT 6.2.1 Vaccination des enfants Au cours de l’enquête, on a enregistré, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, les informations permettant une évaluation de la couverture vaccinale du Programme Élargi de Vaccination (PEV) au Sénégal. Un enfant est considéré complètement vacciné lorsqu’il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), le vaccin contre la rougeole et trois doses de poliomyélite et trois doses de DTC (Diphtérie, Tétanos et Coqueluche). Depuis peu, une nouvelle combinaison, le « pentavalent », est utilisé en remplacement du DTC. Le pentavalent contient en fait cinq antigènes contre la Diphtérie, le Tétanos, la Coqueluche, l’Hépatite B et l’Infection à Haemophilus influenzae B (HIB). En outre, une première dose de vaccin contre la 48 • Santé de la mère et de l’enfant poliomyélite (polio 0) est donnée à la naissance. D’après le calendrier vaccinal, tous ces vaccins doivent être administrés à l’enfant avant l’âge d’un an. Des données ont également été collectées sur la fièvre jaune. Les données sur la vaccination ont été collectées à partir de deux sources : le carnet de vaccination de l’enfant et les déclarations de la mère, quand le carnet n’était pas disponible ou n’existait pas. Le tableau 6.2 présentent les résultats sur la couverture vaccinale selon les différentes sources d’information pour les enfants de 12-23 mois, c’est-à-dire ceux qui, d’après les recommandations de l’OMS, ont atteint l’âge auquel ils devraient avoir été complètement vaccinés. Tableau 6.2 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins à n’importe quel moment avant l’enquête par source d’information à (selon le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère), et pourcentage pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Caractéristique sociodémographique BCG Penta Polio Rouge- ole Fièvre jaune Tous les vaccins2 Aucun vaccin Pourcentage ayant présenté un carnet de vaccination Effectif d’enfants1 2 3 01 1 2 3 Sexe Masculin 96,0 96,1 94,0 88,9 72,6 95,2 93,4 83,1 77,7 76,3 69,5 2,9 70 593 Féminin 96,6 95,6 92,4 88,1 70,4 96,1 91,0 82,8 77,9 77,7 70,8 2,6 72 638 Milieu de résidence Urbain 98,8 97,9 95,7 92,2 83,9 96,8 93,3 82,3 81,0 79,3 70,5 1,2 73 404 Rural 95,1 94,8 91,9 86,7 65,4 95,1 91,5 83,3 76,3 76,0 70,1 3,5 70 826 Quintile de bien-être Le plus bas 91,1 89,7 85,4 79,5 51,8 90,6 85,2 75,3 68,7 68,5 60,4 7,5 63 304 Second 96,4 97,4 93,5 87,5 68,2 96,7 92,9 82,7 76,6 76,3 69,5 1,5 71 267 Moyen 97,6 96,7 95,9 93,1 77,2 97,0 95,2 87,4 83,3 83,5 75,8 1,9 75 268 Quatrième 99,5 98,7 97,0 91,2 85,1 98,8 96,9 88,0 81,5 79,4 76,1 0,5 72 180 Le plus élevé 99,5 99,1 97,1 94,6 84,9 97,3 93,1 84,4 82,5 80,2 73,2 0,5 75 211 Grande région Nord 94,9 94,9 92,6 89,2 53,3 94,7 91,4 83,6 82,4 82,6 73,2 2,9 72 223 Ouest 100,0 100,0 98,3 96,1 90,3 99,0 96,0 89,5 80,2 78,6 74,2 0,0 77 374 Centre 96,8 95,7 92,1 86,7 77,3 95,8 91,9 85,4 76,8 76,0 72,8 2,5 71 392 Sud 91,2 90,4 87,3 78,9 49,5 91,1 87,1 68,2 71,7 71,4 57,1 7,4 60 241 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 95,3 94,5 91,4 85,8 67,7 95,0 90,7 81,7 75,5 74,9 68,6 3,6 70 838 Primaire 98,3 98,3 95,8 92,3 79,7 97,4 94,9 84,9 79,2 77,5 70,6 1,0 71 276 Secondaire ou plus 99,2 99,2 99,2 98,9 78,7 95,9 95,9 87,9 91,3 91,8 81,1 0,8 75 117 Ensemble 96,3 95,8 93,1 88,5 71,5 95,7 92,1 83,0 77,8 77,1 70,2 2,8 71 1 230 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance 2 BCG, rougeole, les trois doses de Penta et les trois doses de polio (non compris la dose de polio donnée à la naissance) Les résultats du tableau 6.2 montrent que, toutes sources de renseignements confondues, sept enfants de 12-23 mois sur dix (70 %) ont reçu tous les vaccins du PEV. Le vaccin du BCG a été donné (en principe à la naissance) à 96 % des enfants de 12-23 mois. La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de Pentavalent est également très importante (96 %), mais la couverture vaccinale diminue avec le nombre de doses : de 96 % pour la première dose, elle passe à 93 % pour la deuxième dose, et elle tombe à 89 % à la troisième dose. Le taux de déperdition2 pour ce vaccin, assez faible entre les première et deuxième doses (3 %), augmente entre les deuxième et troisième doses (5 %) ; le taux de déperdition global ente les première et troisième doses est de 8 %. Le vaccin contre la poliomyélite étant administré en même temps que celui du Penta, on s’attend donc à trouver des niveaux de couverture vaccinale très proches. La couverture vaccinale contre la poliomyélite est 2 Le taux de déperdition pour le Penta, par exemple, est la proportion d’enfants qui, ayant reçu la première dose du vaccin, ne reçoivent pas la troisième. Santé de la mère et de l’enfant • 49 cependant légèrement plus faible (polio 0 : 72 %, polio 1 : 96 %, polio 2 : 92 % et polio 3 : 83 %) et connaît une déperdition plus importante que le Penta entre les première et troisième doses. La couverture contre la rougeole (78 %) et la fièvre jaune (77 %) est la plus faible de toutes les vaccinations. Graphique 6.3 Vaccination des enfants de 12-23 mois selon le type de vaccin et trois sources 92 78 73 74 59 4 95 83 73 82 63 3 96 89 83 78 70 3 BCG Penta Polio Rougeole Tous vaccins Aucun vaccin Pourcentage EDS-IV 2005 EDS-MICS 2010-2011 EDS-Continue 2012-2013 Depuis l’EDS de 2005, on constate que la couverture vaccinale s’est améliorée pour tous les vaccins, sauf pour la rougeole (Graphique 6.3). La proportion d’enfants complètement vaccinés est passée de 59 % en 2005 à 63 % en 2010-2011 pour atteindre 70 % en 2012-2013. Par contre la couverture de la rougeole a légèrement baissée au cours des deux dernières années, passant de 82 % à 78 %. Le tableau 6.2 et le graphique 6.4 présentent également la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère et de l’enfant. On ne constate pratiquement pas de différence de couverture vaccinale selon le sexe et le milieu de résidence. Par contre, il importe de relever que la situation économique du ménage fait apparaître des disparités importantes, en particulier entre les enfants des ménages du quintile le plus bas et ceux des quintiles les plus élevés. En effet, le pourcentage d’enfants complètement vaccinés est de 60 % chez les premiers alors qu’il s’établit à 76 % chez les enfants du quintile moyen et du quatrième quintile et à 73 % pour le quintile le plus élevé. Le niveau d’instruction des mères est aussi une variable discriminante pour la vaccination des enfants : la couverture vaccinale des enfants dont la mère a reçu une instruction secondaire ou plus est bien meilleure (81 %) que celle des enfants dont la mère a un niveau primaire (71 %) ou aucune instruction (69 %). Pour l’ensemble des enfants de 12-23 mois, un carnet de vaccination n’a été présenté à l’enquêtrice que dans 70 % des cas. L’analyse par milieu de résidence semble indiquer que c’est en milieu urbain que la carte a été présentée le plus souvent (73 % contre 70 %). 50 • Santé de la mère et de l’enfant Graphique 6.4 Pourcentage d’enfants de 12-23 mois complètement vaccinés selon certaines caractéristiques sociodémographiques 81 71 69 57 73 74 73 70 71 71 70 70 Secondaire + Primaire Sans INSTRUCTION Sud Centre Ouest Nord GRANDE RÉGION Rural Urbain RÉSIDENCE Féminin Masculin SEXE SÉNÉGAL Pourcentage EDS-Continue 2012-2013 6.2.2 Maladies des enfants Traitement des infections respiratoires aiguës Les infections respiratoires aiguës (IRA) et particulièrement la pneumonie constituent l’une des premières causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. Pour évaluer la prévalence de ces infections parmi les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête et, si oui, on demandait alors si la toux avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide, symptômes d’infections respiratoires aiguës (IRA). En outre, pour les enfants ayant présenté ces symptômes d’IRA, on a cherché à connaître le pourcentage pour lesquels on avait recherché un traitement ou des conseils auprès d’une structure ou d’un prestataire de santé. Parmi les enfants de moins de cinq ans, 3 % avaient souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête (données non présentées). Pour ces enfants, dans 53 % des cas, un traitement ou des conseils ont été recherché auprès d’une structure ou prestataire de santé (Tableau 6.3). Compte tenu des faibles effectifs d’enfants atteints d’IRA, il est difficile d’analyser les résultats sur la recherche de traitement selon les caractéristiques sociodémographiques. On note cependant que la recherche de traitement ou conseils auprès d’une structure de santé, est légèrement plus fréquente pour les garçons que pour les filles (54 % contre 52 %). En outre, la recherche d’un traitement est aussi plus fréquente en milieu urbain (63 %) qu’en milieu rural (44 %). Les différences par grandes régions sont particulièrement importantes : la région de l’Ouest (74 %) est celle qui a le plus fréquemment recours à une structure sanitaire en cas d’IRA. À l’inverse, c’est dans les régions Centre et Sud (respectivement 44 % et 43 %) qu’un traitement auprès d’un prestataire de santé a été le moins fréquemment recherché. Il semble par ailleurs que la recherche de soins est plus fréquente pour les enfants des ménages des quintiles les plus élevés que pour les enfants du quintile le plus bas. Santé de la mère et de l’enfant • 51 Tableau 6.3 Traitement des Infections Respiratoires Aigués (IRA), de la fièvre et de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu des symptômes d’Infections Respiratoires Aigués (IRA) ou qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, pourcentage pour lesquels on a recherché un traitement dans un établissement de santé ou auprès d’un prestataire de santé; parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont souffert de diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, pourcentage pour lesquels on a recherché un traitement dans un établissement de santé ou auprès d’un prestataire de santé, pourcentage qui ont reçu une solution préparée é partir de sachets de Sels de Réhydratation Orale (SRO), ou é qui on a donné des liquides de SRO pré-conditionnés et pourcentage qui ont été traité avec n’importe quel type de Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO), selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Caractéristique sociodémographique Enfants avec des symptômes d’IRA1 Enfants avec la fièvre Enfants avec la diarrhée Pourcentage pour lesquels un traitement a été recherché auprès d’un établissement/ prestataire de santé2 Effectif avec IRA Pourcentage pour lesquels un traitement a été recherché auprès d’un établissement/ prestataire de santé2 Effectif avec la fièvre Pourcentage pour lesquels un traitement a été recherché auprès d’un établissement/ prestataire de santé2 Pourcentage à qui on a donné une solution à partir de sachets de Sels de Réhydratation Orale (SRO)3 Pourcentage ayant été traité avec une TRO4 Effectif avec la diarrhée Groupe d’âges en mois <6 * 17 45,2 104 38,9 11,3 11,9 89 6-11 * 23 38,7 142 37,2 16,0 17,6 139 12-23 46,1 61 45,6 274 40,2 19,7 25,2 267 24-35 (56,3) 32 45,8 228 39,0 18,9 21,7 208 36-47 (65,2) 39 39,4 150 38,6 14,8 16,7 99 48-59 (61,8) 30 43,7 111 35,8 15,5 35,2 60 Sexe Masculin 54,5 100 42,9 487 39,9 17,5 20,4 438 Féminin 51,6 102 44,1 523 37,7 16,9 22,6 424 Milieu de résidence Urbain 63,4 95 44,5 385 44,2 19,6 24,4 309 Rural 43,9 107 42,9 625 35,8 15,9 19,9 553 Grande région Nord * 11 51,2 143 45,3 16,1 18,7 158 Ouest 73,6 67 42,9 288 39,9 18,1 24,5 248 Centre 43,0 75 43,0 283 33,3 20,3 22,6 225 Sud 44,7 49 40,9 296 38,5 14,0 19,1 231 Quintile de bien-être Le plus bas 37,0 42 34,7 254 30,1 13,3 17,4 251 Second (42,3) 31 44,6 206 41,5 17,5 21,2 192 Moyen (40,0) 33 43,5 179 40,2 17,5 20,5 127 Quatrième (71,9) 48 49,5 182 41,9 16,6 22,0 157 Le plus élevé (64,2) 48 48,3 189 46,1 24,6 29,8 135 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 45,5 123 41,4 683 40,2 19,1 22,9 601 Primaire (53,1) 42 42,7 220 33,5 10,7 14,2 168 Secondaire ou plus (77,5) 38 58,6 107 39,1 16,9 25,9 93 Ensemble 53,0 202 43,5 1 010 38,8 17,2 21,5 862 Note: Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Les symptômes d’IRA (toux accompagnée d’une respiration courte et rapide associée à des problèmes de congestion dans la poitrine et/ou à des difficultés respiratoires associés à des problèmes de congestion dans la poitrine) sont considérés comme des indicateurs de la pneumonie 2 Non compris les pharmacies, les boutiques et les guérisseurs traditionnels 3 Comprend les sachets de Sel de Réhydratation Orale (SRO) et les liquides SRO pré-conditionnés 4 Comprend les sachets de Sel de Réhydratation Orale (SRO), les liquides SRO pré-conditionnés et les solutions maison recommandées Prévalence et traitement précoce de la fièvre Près de 17 % d’enfants de moins de cinq ont eu la fièvre au cours des deux dernières semaines (données non présentées). Selon le tableau 6.3 on a recherché un traitement auprès d’un établissement de santé pour 44 % de ces enfants souffrant de la fièvre. La recherche de traitement a été plus fréquente pour les enfants âgés de moins de 6 mois (45 %) et de 12-35 mois (46 %) que pour les autres. On ne constate que peu d’écart selon le sexe (44 % pour les garçons contre 43 % pour les filles). De même, on note peu de disparité selon de milieu de résidence : 45 % en milieu urbain contre 43 % en milieu rural (Graphique 6.5). Le recours aux structures de santé est cependant plus fréquent dans la région Nord (51 %), que dans les trois autres régions (Ouest : 43 % ; Centre : 43 % et Sud : 41 %). Les mères de niveau d’instruction secondaire ou plus (59 %) se distinguent par une plus forte propension à recourir aux services de santé en cas de fièvre de leurs enfants que leurs consœurs de niveau 52 • Santé de la mère et de l’enfant primaire (43 %) et, surtout, que celles sans instruction (41 %). On constate que selon l’indice de bien-être du ménage, les enfants des ménages des quintiles les plus élevés (50 % et 48 %) se distinguent nettement des enfants des ménages du quintile le plus bas (35 %). Graphique 6.5 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans ayant eu de la fièvre et pour lesquels un traitement a été recherché 59 43 41 48 50 44 45 35 41 43 43 51 43 45 44 Secondaire ou plus Primaire Pas d'instruction INSTRUCTION Le plus élevé Quatrième Moyen Second Le plus bas QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Sud Centre Ouest Nord GRANDE RÉGION Rural Urbain RÉSIDENCE SÉNÉGAL Pourcentage EDS-Continue 2012-2013 Prévalence et traitement de la diarrhée De par leurs conséquences, notamment la déshydratation et la malnutrition, les maladies diarrhéiques constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement. Pour lutter contre les effets de la déshydratation, l’OMS recommande la généralisation de la Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO), en conseillant l’utilisation, soit d’une solution préparée à partir du contenu de sachets de Sels de Réhydratation par voie Orale (SRO), soit d’une solution préparée à la maison avec de l’eau, du sucre et du sel. Au cours de l’EDS-Continue, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques chez les enfants de moins de cinq ans. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères si elles avaient recherché des conseils ou traitement pour leurs enfants malades, si elles les avaient traités avec des SRO et si elles avaient eu recours à une TRO. La prévalence de la diarrhée chez les enfants de moins de cinq ans s’élève à 14 % (données non présentées). Le tableau 6.3 et le graphique 6.6 montrent que pour seulement 39 % des enfants ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé. La recherche de soins au cours de la diarrhée concerne plus fréquemment les enfants du milieu urbain (44 %) que ceux du milieu rural (36 %). C’est pour ceux de la région Nord (45 %) qu’un traitement ou des conseils ont été recherché le plus fréquemment recherchés. Il en est de même des enfants des ménages du quintile le plus élevé (46 %). Santé de la mère et de l’enfant • 53 Aucune tendance nette n’apparaît selon le niveau d’instruction. Les mères sans instruction (40 %) sont autant disposées que celles qui sont le plus instruites (39 %) à rechercher un traitement pour soigner leurs enfants en cas de diarrhée. Graphique 6.6 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans ayant eu de la diarrhée pour lesquels un traitement a été recherché 39 34 40 46 42 40 42 30 39 33 40 45 36 44 39 Secondaire ou plus Primaire Pas d'instruction INSTRUCTION Le plus élevé Quatrième Moyen Second Le plus bas QUINTILES Sud Centre Ouest Nord RÉGION Rural Urbain RÉSIDENCE SÉNÉGAL Pourcentage EDS-Continue 2012-2013 Pour traiter la diarrhée des enfants, on recommande l’utilisation de sachets de SRO et de liquides SRO pré-conditionnés ou de des solutions-maison. Parmi les enfants diarrhéiques, 17 % ont reçu une solution à partir de sachets de SRO ou de liquides SRO pré-conditionnés. Globalement, 22 % ont reçu un TRO (SRO, SRO pré-conditionné ou solutions-maison recommandées). C’est chez les enfants de 12-23 mois (20 %) et de 24-35 mois (19 %) que le recours aux SRO est le plus fréquent, mais on n’observe que peu de différence selon le sexe. L’écart est plus important entre les enfants du milieu urbain (20 %) et ceux du milieu rural (16 %). Les enfants du Centre (20 %) reçoivent plus fréquemment des SRO que ceux du reste du pays. Toutefois, on n’observe pas de tendance claire selon le niveau d’instruction de la mère. Les enfants dont la mère est sans instruction (19 %) reçoivent plus fréquemment des SRO que ceux de mère de niveau primaire (11 %), ou ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus (17 %). Lorsque la solution SRO est complétée par les solutions maison recommandées, les enfants de 48-59 mois (35 %) sont plus fréquemment concernés que leurs homologues. Contrairement à la seule solution SRO, les filles (23 %) reçoivent plus fréquemment une TRO que les garçons (20 %). Les enfants du milieu urbain (24 %) sont plus favorisés que ceux du milieu rural (20 %) en ce qui concerne la TRO. de même que ceux de l’Ouest (25 %) et du Centre (23 %) par rapport à ceux des autres régions. Le recours à la TRO est plus fréquent pour les enfants dont la mère est de niveau d’instruction secondaire ou plus (26 %) ou sans instruction (23 %) que pour ceux dont la mère a un niveau primaire (14 %). On constate enfin une augmentation de l’utilisation de la TRO avec l’augmentation du niveau de bien-être économique des ménages. État nutritionnel des enfants • 55 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS 7 Papa Ibrahima Sylmang SENE e chapitre présente les résultats concernant l’alimentation et l’état nutritionnel des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête. Les pratiques d’allaitement et d’alimentation de complément constituent la première partie du chapitre. La deuxième partie est consacrée aux résultats des mesures anthropométriques (poids et taille) à partir desquelles a été évalué leur état nutritionnel. Enfin, la dernière partie, est consacrée à la prévalence de l’anémie chez les enfants. 7.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques d’alimentation et, en particulier, le recours à l’allaitement, constituent les facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants qui, à son tour, affecte la morbidité et la mortalité de ces enfants. Au cours de l’EDS-Continue, les enquêtrices ont demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés dans les deux années ayant précédé l’enquête et, plus précisément, quel âge avaient ces enfants au moment où elles avaient commencé à allaiter, pendant combien de temps elles les avaient allaités, quelle était la fréquence de l’allaitement, à quel âge avaient été introduits des aliments de complément et de quel type d’aliments il s’agissait, et enfin à quelle fréquence les différents types d’aliments étaient donnés à l’enfant. On a également demandé aux mères si elles avaient utilisé le biberon. Les résultats du tableau 7.1 montrent que, dès la naissance, tous les enfants sont allaités et cette pratique se poursuit longtemps après la naissance puisqu’à 12-15 mois, 97 % des enfants sont allaités et à 20- 23 mois, 47 % le sont encore. Cependant, alors que l’OMS recommande que jusqu’à l’âge de six mois les enfants soient exclusivement allaités, on constate que l’allaitement exclusif n’est pas une pratique courante (Graphique 7.1). En effet, à moins de 2 mois, seulement 57 % des enfants ne reçoivent que le lait maternel et à 4-5 mois, cette proportion n’est plus que de 18 %. Dans l’ensemble, la proportion d’enfants âgés de moins de six mois sous allaitement maternel exclusif s’élève à 38 %, tandis que 62 % des enfants reçoivent d’autres liquides ou solides en plus du lait maternel, principalement de l’eau (46 %). Par contre, entre 6 et 9 mois, âge à C Principaux résultats • L’allaitement est presque universel au Sénégal et il y est prolongé : près de 100 % des enfants de moins de six mois sont allaités et, à 12-15 mois, 97 % d’enfants sont encore au sein. • La recommandation d’allaitement exclusif avant l’âge de 6 mois n’est pas bien respectée : seulement près de quatre enfants de moins de six mois sur dix (38 %) sont sous allaitement exclusif. • Au Sénégal, 19 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de retard de croissance : 6 % souffrent de retard de croissance sévère. • Environ un enfant sur dix (9 %) est atteint de maigreur sous forme modérée ou sévère : il est émacié. • Plus de sept enfants de 6-59 mois sur dix (71 %) sont atteints d’anémie : 25 % sous une forme légère, 42 % sous une forme modérée et 4 % sont atteints d’anémie sévère. En 2011, 74 % des enfants étaient anémiques. 56 • État nutritionnel des enfants partir duquel tous les enfants devraient déjà recevoir des aliments de complément en plus du lait maternel, seulement deux enfants sur trois sont nourris de cette façon (65 %). Tableau 7.1 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant Répartition (en %) des enfants derniers-nés de moins de 2 ans vivant avec leur mère par type d’allaitement et pourcentage actuellement allaités ; pourcentage de l’ensemble des enfants de moins de deux ans utilisant un biberon, selon l’âge de l’enfant en mois, EDS-Continue, Sénégal 2012-2013 Age en mois Non allaités Allaitement et consommant : Total Pour- centage actuel- lement allaités Effectif des derniers- nés de moins de deux ans Pour- centage utilisant un biberon Nombre d’enfants Exclusive- ment allaités Allaités et eau seulement Allaités et liquides non lactés1 Allaités et autres laits Allaités et aliments de complé- ment <2 0,1 57,4 33,4 2,2 1,9 5,0 100,0 99,9 180 3,4 184 2-3 0,0 39,9 47,9 3,8 4,5 3,9 100,0 100,0 240 9,1 241 4-5 0,5 18,0 55,7 2,1 3,0 20,7 100,0 99,5 214 5,3 215 6-7 0,4 2,2 36,8 2,9 3,8 53,9 100,0 99,6 214 8,6 216 8-9 1,0 0,5 15,3 0,8 6,4 76,0 100,0 99,0 214 6,1 221 10-11 0,0 0,0 6,9 1,1 2,3 89,7 100,0 100,0 196 3,0 204 12-15 2,6 0,4 4,0 0,4 1,3 91,3 100,0 97,4 427 3,9 445 16-19 17,9 0,0 2,1 0,7 0,6 78,7 100,0 82,1 413 2,2 432 20-23 52,9 0,0 1,8 0,0 0,0 45,3 100,0 47,1 315 0,6 354 < 6 0,2 37,5 46,4 2,8 3,2 9,9 100,0 99,8 634 6,2 640 6-9 0,7 1,3 26,1 1,8 5,1 64,9 100,0 99,3 428 7,3 437 Note: Les données sur l’allaitement se rapportent à une période de 24 heures (hier et la nuit dernière). Les enfants classés dans la catégorie “Allaitement et eau seulement” ne reçoivent aucun complément liquide ou solide. Les catégories “Non allaités”, “Allaités exclusivement”, “Allaités et eau seulement”, “Jus/liquides non lactés”, “Autres laits”, et “Aliments de complément” (solides et semi solides) sont hiérarchiques et mutuellement exclusives et la somme des pourcentages égale 100 %. Ainsi, les enfants qui sont allaités et qui reçoivent des liquides non lactés et qui ne reçoivent pas d’autres laits et qui ne reçoivent pas d’aliments de complément sont classés dans la catégorie “Liquides non lactés” même s’ils reçoivent également de l’eau. Tout enfant qui reçoit des aliments de complément est classé dans cette catégorie tant qu’il est toujours allaité. 1 Liquides non lactés y compris les jus, la bouillie simple ou autres liquides Graphique 7.1 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 <2 2-3 4-5 6-7 8-9 10-11 12-15 16-19 20-23 P ou rc en ta ge Âge (mois) Allaités et aliments de complément Allaités et autres laits Allaités et liquides non lactés Allaités et eau seulement Exclusivement allaités Non allaités EDS-Continue 2012-2013 L’allaitement exclusif au sein des nourrissons de moins de 6 mois est encore faible (38 %). Cette pratique s’est néanmoins améliorée au cours du temps : elle était seulement de 5 % en 1992, 11 % en 1997, 34 % en 2005 et 39 % en 2011. État nutritionnel des enfants • 57 Le tableau 7.1 montre que l’utilisation du biberon chez les enfants est plutôt rare puisque seulement, 3 % de ceux de moins de 2 mois et 6 % de l’ensemble de ceux de moins de 6 mois avaient reçu quelque chose au biberon au cours des dernières 24 heures. Cependant, ce niveau n’a pas évolué par rapport à l’EDS-MICS 2010-2011, où le pourcentage d’enfants de moins de 6 mois ayant pris des aliments au biberon au cours des 24 heures précédant l’enquête était également de 6 %. 7.2 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS 7.2.1 Méthodologie La malnutrition protéino-énergétique chez les enfants désigne un ensemble de désordres caractérisés avant tout par un arrêt ou un retard de la croissance. Elle résulte à la fois des apports alimentaires inadéquats et de la morbidité. La malnutrition peut être évaluée par des critères cliniques, des analyses biochimiques ou des mesures anthropométriques. Cependant, pour des raisons pratiques, la plupart des enquêtes nutritionnelles utilisent des indicateurs anthropométriques. Chez les enfants âgés de moins de 5 ans, les indicateurs les plus utilisés sont le poids en fonction de l’âge (poids-pour-âge), la taille en fonction de l’âge (taille-pour-âge) et le poids en fonction de la taille (poids-pour-taille). Ces indices sont exprimés en écart-type (Z-score) par rapport à la médiane de la population de référence internationale OMS (WHO, 2006). La définition conventionnelle de la malnutrition chez les enfants, proposée par l’Organisation Mondiale de la Santé, est le poids-pour-âge, la taille-pour-âge ou le poids-pour-taille inférieurs à moins 2 écarts-type (Tableau 7.2) ; lorsque le niveau atteint moins 3 écarts-type la malnutrition est considérée comme sévère : • La taille-pour-âge est une mesure spécifique du retard de croissance. • Le poids-pour-taille est une mesure spécifique de la maigreur ou émaciation. • Le poids-pour-âge constitue un bon reflet de l’état nutritionnel global de l’enfant et peut être utilisé pour suivre le gain pondéral d’un enfant. Cependant, il ne permet pas de distinguer l’émaciation du retard de croissance. Tableau 7.2 Échelle pour l’interprétation des valeurs de prévalence de la malnutrition (-2 Z-score) dans une population Indicateurs Situation de malnutrition Acceptable Mauvaise Grave Critique Prévalence du retard de croissance (% d’enfants Z < -2) <20 ≥20 et <30 ≥30 et <40 ≥40 Prévalence de l’insuffisance pondérale (% d’enfants Z < -2) <10 ≥10 et <20 ≥20 et <30 ≥30 Prévalence de l’émaciation (% d’enfants Z < -2) <5 ≥5 et <10 ≥10 et <15 ≥15 7.2.2 Retard de croissance Les résultats du tableau 7.3 concernant l’indice taille-pour-âge montrent que 19 % des enfants au Sénégal souffrent de retard de croissance : plus d’un enfant sur vingt (6 %) souffre de retard de croissance sévère. Le retard de croissance reflète une malnutrition chronique. Dans l’ensemble, la situation nutritionnelle selon l’indice taille-pour-âge peut être caractérisée de acceptable, mais cette situation masque des disparités importantes en fonction des variables sociodémographiques. Tout d’abord, la proportion d’enfants accusant un retard de croissance est près de deux fois plus élevée en milieu rural (21 %) qu’en milieu urbain (13 %). 58 • État nutritionnel des enfants Selon l’âge, on note des variations importantes de la prévalence du retard de croissance, qu’elle soit modérée ou sévère. La proportion d’enfants accusant un retard de croissance augmente avec l’âge : de 7 % à moins de 6 mois, la prévalence du retard de croissance augmente pour atteindre plus de 25 % à 23-35 mois, avant de retomber à 18 % entre 48 et 59 mois. Le retard de croissance touche un peu plus fréquemment les garçons que les filles (20 % contre 17 %). En ce qui concerne l’effet de l’intervalle intergénésique, le retard de croissance touche 16 % des enfants de mères primipares. Pour les femmes multipares, la fréquence du retard de croissance des enfants diminue lorsque l’intervalle augmente. Le retard de croissance qui est très important lorsque l’intervalle est inférieur à 24 mois (29 %) diminue progressivement pour atteindre 16 % pour un intervalle supérieur à 48 mois. La même évolution est observée pour le retard de croissance sévère dont la prévalence varie de 3 % à 10 %. Lorsque la mère ne vit pas dans le ménage, le tableau ne montre pas de différence importante quant à la prévalence du retard de croissance : 21 % contre 23 % quand la mère vit dans le ménage et n’a pas été interviewée et 18 % quand elle vit da le ménage et a été interviewée. Le niveau de bien-être du ménage et le niveau d’instruction de la mère sont les variables en fonction desquelles l’état nutritionnel des enfants présente les variations les plus fortes. La prévalence du retard de croissance des enfants baisse régulièrement de 26 % dans les ménages du quintile le plus bas à 11 % dans les ménages du quintile le plus élevé. Les enfants dont la mère n’a aucune instruction (21 %) sont plus af

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