Tchad - Multiple Indicator Cluster Survey - 2010

Publication date: 2010

i TCHAD 2010 Enquête par grappes à indicateurs multiples TCHAD 2010 Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) République du Tchad Ministère du Plan, de l’Economie et de la Coopération Internationale. United Nations Population Fund United Nations Children’s Fund Fianga MANDOUL Koumra LOGONE OCC. Massenya Fada Iriba Bahia Arada Abou Deïa Goz Beïda Salal Koro Toro Mangalmé Oum Hadjer Guéréda Ngouri Gélengdeng Djédaa Melfi Bokoro Am Zoer Farchana Am Dam Kyabé Maro Pala Zouar MoïssalaGoré Massenya Aozou Harazé Mangueigne Kélo Nokou Nguigmi Maiduguri Ngaoundéré Séguédine Bilma Fianga Bol Bongor Sarh DobaMoundou Mongo Am Timan Abéché Biltine Lai Ati Mao Massakory Faya Koumra Fada Bardaï N'Djamena Moussoro KANEM BAHR EL GAZEL BATHA SALAMAT GUERA WADI FIRA MOYEN-CHARI MANDOUL TANDJILE CHARI-BAGUIRMICHARI-BAGUIRMI LOGONE OCC. MAYO - KEBBI QUEST OUADDAÏ DAR SILA BORKOU TIBESTI ENNEDI LAC LOGONE ORIENTAL HADJER-LAMIS MAY O - K EBBI EST B o r k o u Gra nd E r g d e B i lm a S a r i r T i b a s t i E n n e d i Ma ss if d u T i b e s t i L i b y a n D e s e r t Massif de Guéra Dépression du Mourdi Massif de Marfa Erg du D joura b Ker kou r N ou re ne Plateau du Djado C har i Ouadi Hawach Lac Fitri Bahr E rgig Lac Iro Lake Chad N ga dd a Ye ds er am Mbakaou Res. Vina Wa di Ho war Ba tha B ahr AoukLogone G ribing ui Bamingui Bangoran Bah r Sa lam at N I G E R CAMEROON CENTRAL AFRICAN REPUBLIC NIGERIA LIBYAN ARAB JAMAHIRIYA EGYPT S U D A N 15° 20° 25° 20° 15° 10° 20° 15° 10° 15° 20° The boundaries and names shown and the designations used on this map do not imply official endorsement or acceptance by the United Nations. Map No. 3788 Rev. 8 United Nations March 2009 (Colour) Department of Field Support Cartographic Section CHAD National capital Région capital Town, village Airport International boundary Région boundary Main road Road or trail CHAD 0 0 100 200 50 100 150 200 mi 300 km Photo de couverture: © UNICEF/ Julie Pudlowski RAPPORT FINAL | Mai 2011 Enquête par grappes à indicateurs multiples TCHAD 2010 iv ©UNICEF/Harandane Dicko v TCHAD 2010 Indicateurs des Enquêtes par grappes à indicateurs multiples (MICS) et des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), Tchad, 2010 Sujet Numéro Indicateur MICS4 Numéro Indicateur OMD Indicateur Valeur MORTALITE DES ENFANTS Mortalité des enfants 1.1 4.1 Taux de mortalité enfants moins de cinq ans 175 pour mille 1.2 4.2 Taux mortalité infantile 106 pour mille NUTRITION Etat nutritionnel 2.1a 1.8 Prévalence insuffisance pondérale Modérée et grave (- 2 SD) 30,3 pour cent 2.1b Grave (- 3 SD) 12,9 pour cent 2.2a Prévalence retard croissance Modéré et grave (- 2 SD) 38,7 pour cent 2.2b Grave (- 3 SD) 20,9 pour cent 2.3a Prévalence émaciation Modérée et grave (- 2 SD) 15,7 pour cent 2.3b Grave (- 3 SD) 5,9 pour cent Allaitement et alimentation infantile 2.4 Enfants jamais allaités 4,4 pour cent 2.5 Première expérience de l’allaitement 29,0 pour cent 2.6 Allaitement exclusif des moins de 6 mois 3,4 pour cent 2.7 Poursuite allaitement à 1 an 88,2 pour cent 2.8 Poursuite allaitement à 2 ans 59,1 pour cent 2.9 Allaitement prédominant moins de 6 mois 70,9 pour cent 2.10 Durée de l’allaitement 21,9 pour cent 2.11 Allaitement au biberon 5,3 pour cent 2.12 Introduction d’aliments solides, semi-solides ou mous 45,9 pour cent 2.13 Fréquence minimum des repas 30,6 pour cent 2.14 Allaitement approprié à l’âge 39,2 pour cent 2.15 Fréquence alimentation lactée pour enfants non allaités au sein 32,2 pour cent Iodation du sel 2.16 Consommation de sel iodé 53,8 pour cent Vitamine A 2.17 Supplémentation en vitamine A (enfants moins de 5 ans) 97,5 pour cent Insuffisance pondérale à la naissance 2.18 Nourrissons de poids insuffisant à la naissance 19,9 pour cent 2.19 Nourrissons pesés à la naissance 10,8 pour cent Tableau récapitulatif des résultats vi Sujet Numéro Indicateur MICS4 Numéro Indicateur OMD Indicateur Valeur SANTE DE L’ENFANT Vaccinations 3.1 Couverture vaccinale contre la tuberculose 43,8 pour cent 3.2 Couverture vaccinale contre la poliomyélite 25,0 pour cent 3.3 Couverture vaccinale contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos (DCTcoq) 15,5 pour cent 3.4 4.3 Couverture vaccinale contre la rougeole 36 pour cent 3.5 Couverture vaccinale contre l’hépatite B 11,1 pour cent 3.6 Couverture vaccinale contre la fièvre jaune 25,5 pour cent Vaccin antitétanique 3.7 Protection néonatale contre le tétanos 43,1 pour cent Traitement de la maladie 3.8 Thérapie par réhydratation orale avec alimentation continue 23,1 pour cent 3.9 Recours aux soins pour pneumonie suspectée 26,1 pour cent 3.10 Antibiothérapie de pneumonie suspectée 31,4 pour cent Utilisation des combustibles solides 3.11 Combustibles solides 96,9 pour cent Paludisme 3.12 Disponibilité de moustiquaires imprégnées (MI) dans le ménage 42,0 pour cent 3.13 Enfants de moins de 5 ans dormant sous n’importe quelle moustiquaire 12,6 pour cent 3.14 Enfants de moins de 5 ans dormant sous moustiquaires imprégnées (MI) 9,8 pour cent 3.15 6.7 Usage de diagnostics du paludisme 9,0 pour cent 3.16 Traitement antipaludique enfants moins de 5 ans le même jour ou le jour suivant 28,9 pour cent 3.17 Traitement antipaludique enfants de moins de 5 ans 42,7 pour cent 3.18 6.8 Femmes enceintes dormant sous moustiquaires imprégnées (MI) 9,9 pour cent 3.19 Traitement préventif intermittent du paludisme 21,9 pour cent 3.20 Traitement préventif intermittent du paludisme 50,2 pour cent EAU ET ASSAINISSEMENT Eau et assainissement 4.1 7.8 Utilisation de source améliorée d’eau potable 52,1 pour cent 4.2 Traitement de l’eau 2,3 pour cent 4.3 7.9 Utilisation d’installations sanitaires améliorées 15,5 pour cent 4.4 Elimination sans danger des matières fécales de l’enfant 18,1 pour cent 4.5 Endroit pour le lavage des mains 46,8 pour cent 4.6 Disponibilité de savon 55,0 pour cent vii TCHAD 2010 Sujet Numéro Indicateur MICS4 Numéro Indicateur OMD Indicateur Valeur SANTE DE LA REPRODUCTION Contraception 5.1 5.4 Taux de fécondité des adolescentes 203,4 pour mille 5.2 Grossesses précoces 47,4 pour cent 5.3 5.3 Taux de prévalence contraceptive 4,8 pour cent 5.4 5.6 Besoins non satisfaits 28,3 pour cent Santé maternelle et du nouveau-né 5.5a 5.5a Couverture des soins prénatals : Au moins une fois par le personnel qualifié 53,2 pour cent 5.5b Au moins quatre fois par n’importe quel prestataire 23,1 pour cent 5.6 Contenu des soins prénatals 18,1 pour cent 5.7 5.2 Personnel qualifié à l’accouchement 22,7 pour cent 5.8 Accouchements dans une structure de santé 15,8 pour cent 5.9 Césarienne 1,5 pour cent DEVELOPPEMENT DU JEUNE ENFANT Développement du jeune enfant 6.1 Soutien à l’apprentissage 69,6 pour cent 6.2 Appui du père à l’apprentissage 28,9 pour cent 6.3 Matériels d’apprentissage: livres pour enfants 0,5 pour cent 6.4 Matériels d’apprentissage : jouets 43,1 pour cent 6.5 Soins inadéquats 56,2 pour cent 6.6 Indice de développement du jeune enfant 33,1 pour cent 6.7 Participation à l’éducation de la petite enfance 4,7 pour cent EDUCATION Alphabétisation et éducation 7.1 2.3 Taux d’alphabétisation des jeunes femmes 22,4 pour cent 7.2 Préparation à l’école 2,5 pour cent 7.3 Taux d’admission à l’éducation primaire 33,2 pour cent 7.4 2.1 Taux net de scolarisation primaire (ajusté) 51,8 pour cent 7.5 Taux net de scolarisation secondaire (ajusté) 16,7 pour cent 7.6 2.2 Enfants atteignant la dernière classe du primaire 89,3 pour cent 7.7 Taux d’achèvement du primaire 45,9 pour cent 7.8 Taux de transition à l’école secondaire 32,6 pour cent 7.9 Indice de parité entre les sexes (école primaire) 0,87 - 7.10 Indice de parité entre les sexes (école secondaire) 0,55 - 7.11 6.4 Fréquentation scolaire des orphelins 66,3 pour cent 7.12 6.4 Fréquentation scolaire des non orphelins 56,5 pour cent viii Sujet Numéro Indicateur MICS4 Numéro Indicateur OMD Indicateur Valeur PROTECTION DE L’ENFANCE Enregistrement des naissances 8.1 Enregistrement des naissances 15,7 pour cent Travail des enfants 8.2 Travail des enfants 48,0 pour cent 8.3 Fréquentation scolaire chez les enfants qui travaillent 47,9 pour cent 8.4 Travail des enfants parmi les étudiants 48,7 pour cent Discipline des enfants 8.5 Discipline violente 84,3 pour cent Mariage précoce et polygynie 8.6 Mariage avant l’âge de 15 ans 28,4 pour cent 8.7 Mariage avant l’âge de 18 ans 69,1 pour cent 8.8 Jeunes femmes âgées de 15-19 ans actuellement mariées ou en union 47,6 pour cent 8.9 Femmes de 15-49 ans en union polygame 38,8 pour cent 8.10a Différence d’âge entre conjoints Femmes âgées de 15-19 ans 31,5 pour cent 8.10b Femmes âgées de 20-24 ans 35,3 pour cent Mutilation génitale féminine/ excision 8.11 Approbation de la mutilation génitale féminine/excision (MGF/E) 37,7 pour cent 8.12 Prévalence de la mutilation génitale féminine/excision (MGF/E) chez les femmes 44,2 pour cent 8.13 Prévalence de la mutilation génitale féminine/excision (MGF/E) chez les filles 12,1 pour cent Violence familiale 8.14 Approbation des violences conjugales 62,3 pour cent ix TCHAD 2010 Sujet Numéro Indicateur MICS4 Numéro Indicateur OMD Indicateur Valeur VIH ET SIDA, COMPORTEMENT SEXUEL VIH et SIDA connaissance et attitudes 9.1 Connaissance approfondie sur la prévention du VIH 9,3 pour cent 9.2 6.3 Connaissance approfondie sur la prévention du VIH chez les jeunes femmes 10,1 pour cent Connaissance de la transmission mère-enfant du VIH 30,9 pour cent 9.3 Attitude bienveillante envers les gens vivant avec le VIH 19,1 pour cent 9.4 Femmes qui savent où faire le test VIH 23,3 pour cent 9.5 Femmes ayant subi le test VIH et connaissant les résultats 3,4 pour cent 9.6 Jeunes femmes sexuellement actives ayant subi le test du VIH et connaissant les résultats 3,9 pour cent 9.7 Conseils sur le VIH lors des soins prénatals 18,4 pour cent 9.8 Dépistage du VIH lors des soins prénatals 6,0 pour cent 9.9 Jeunes femmes n’ayant jamais eu de rapports sexuels 79,0 pour cent Comportement sexuel 9.10 Rapports sexuels à l’âge de 15 ans chez les jeunes femmes 24,2 pour cent 9.11 Mélange des âges entre les partenaires sexuels 32,9 pour cent 9.12 Rapports sexuels avec des partenaires multiples 0,5 pour cent 9.13 Utilisation du préservatif lors des rapports sexuels avec des partenaires multiples 53,9 pour cent 9.14 Rapports sexuels avec des partenaires non réguliers 6,6 pour cent 9.15 Utilisation de préservatif avec des partenaires non réguliers 1,3 pour cent 9.16 6.2 Conditions de vie des enfants (Ne vit pas avec au moins 1 parent biologique) 14,7 pour cent Prévalence des enfants ayant au moins un parent décédé 9,6 pour cent Enfants orphelins 9.17 Conditions de vie des enfants (Ne vit pas avec1 parent biologique) 14,7 pour cent 9.18 Prévalence des enfants ayant au moins un parent décédé 9,6 pour cent 9.19 6.4 Fréquentation scolaire des orphelins 76,2 pour cent 9.20 6.4 Fréquentation scolaire des non orphelins 89,1 pour cent x ©UNICEF/ Patricia Esteve xi TCHAD 2010 Table des matières Tableau récapitulatif des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . v Table des matières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xi Liste des tableaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xiii Liste des graphiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xvi Liste des abréviations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .xvii Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xviii Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xix Résumé exécutif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxi I . Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 Historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 Contexte et objectifs de l’enquête . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 II . Echantillon et méthodologie de l’enquête . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Plan de sondage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Questionnaires et manuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Formation et travail sur le terrain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Traitement des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 III . Couverture de l’échantillon, caractéristiques des ménages et des personnes enquêtées . . . . . . . . . . . . 11 Couverture de l’échantillon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 Caractéristiques des ménages et des personnes enquêtées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 IV . Mortalité des enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 Méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 Mortalité infantile et infanto-juvénile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24 Tendances des niveaux de mortalité des enfants de moins de cinq ans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 V . Nutrition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 Etat nutritionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 Allaitement et alimentation des enfants. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33 Iodation du sel. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50 Supplémentation en vitamine A . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50 Poids à la naissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54 VI . Santé des enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 Couverture vaccinale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 Protection contre le tétanos néonatal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 Traitement de la diarrhée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67 Traitement de la pneumonie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76 Utilisation de combustibles solides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81 Paludisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85 xii VII . Eau et assainissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101 Utilisation de sources d’eau améliorées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101 Utilisation d’installations sanitaires améliorées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110 Lavage des mains . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119 VIII . Santé de la reproduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125 Fécondité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126 Planification familiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132 Soins prénatals . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139 Assistance à l’accouchement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146 Fistule obstétricale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151 IX . Développement de l’enfant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167 Education et apprentissage de la petite enfance. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167 Développement du jeune enfant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177 X . Alphabétisation et éducation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181 Alphabétisation des jeunes femmes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181 Préparation à l’école . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183 Fréquentation de l’école primaire et secondaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185 Parité entre les sexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195 Fréquentation scolaire des orphelins et des non orphelins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197 XI . Protection des enfants et des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199 Enregistrement des naissances. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199 Travail des enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202 Discipline de l’enfant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208 Mariage précoce et polygamie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210 Mutilations génitales féminines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216 Violences conjugales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223 XII . VIH et SIDA et comportement sexuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235 Connaissances sur la transmission du VIH et conceptions erronées sur le VIH et SIDA . . . . . . . . . . . . . . 235 Connaissance de la transmission de la mère à l’enfant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242 Attitudes à l’égard des personnes vivant avec le VIH et SIDA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246 Connaissance d’un lieu pour subir le test du VIH, conseils et dépistage durant les soins prénatals . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247 Comportement sexuel associé à la transmission du VIH . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 257 Annexe A . Plan de sondage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269 Annexe B . Liste du personnel ayant participé à l’enquête . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 272 Annexe C . Estimations des erreurs de sondage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 275 Annexe E . Indicateurs MICS4 : Numérateurs et Dénominateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 285 Annexe F . Questionnaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 296 Table des matières xiii TCHAD 2010 Liste des tableaux Tableau HH .1 : Résultats des interviews des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 Tableau HH .2: Répartition selon l’âge par sexe au niveau du ménage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Tableau HH .3: Composition des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 Tableau HH .4: Caractéristiques de base des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 Tableau HH .5: Caractéristiques des enfants de moins de 5 ans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 Tableau HH .6: Modes de vie des enfants et état d’orphelin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 Tableau CM .1: Enfants nés vivants, enfants survivants et proportion des décès selon l’âge des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24 Tableau CM .2: Mortalité des enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 Tableau NU .1: Etat nutritionnel des enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 Tableau NU .2: Allaitement au sein initial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 Tableau NU .3: Allaitement au sein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 Tableau NU .4: Durée de l’allaitement au sein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 Tableau NU .5: Allaitement approprié à l’âge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43 Tableau NU .6: Introduction d’aliments solides, semi-solides ou mous . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45 Tableau NU .7: Fréquence minimum de repas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47 Tableau NU .8: Allaitement au biberon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 Tableau NU .9: Consommation de sel iodé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51 Tableau NU .10: Supplémentation des enfants en vitamine A . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 Tableau NU .11: Bébés ayant une insuffisance pondérale à la naissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56 Tableau CH .1: Vaccinations au cours de la première année de vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 Tableau CH .2: Vaccinations selon des caractéristiques de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 Tableau CH .3: Protection contre le tétanos néonatal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 Tableau CH .4: Solutions de réhydratation orale et liquides maison recommandés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 Tableau CH .5: Pratiques d’alimentation durant la diarrhée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71 Tableau CH .6: Thérapie de réhydratation orale avec poursuite de l’alimentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 Tableau CH .7: Recours au traitement et usage d’antibiotiques pour suspicion de pneumonie . . . . . . . . . . . . 77 Tableau CH .8: Connaissance de deux indicateurs d’alerte de la pneumonie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79 Tableau CH .9: Utilisation de combustibles solides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82 Tableau CH .10: Utilisation de combustibles solides selon le lieu de la cuisine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 Tableau CH .11: Disponibilité de moustiquaires imprégnées au niveau des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86 Tableau CH .12: Enfants ayant dormi sous moustiquaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87 Tableau CH .13: Femmes enceintes ayant dormi sous moustiquaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89 Tableau CH .14: Traitement antipaludique des enfants avec des médicaments antipaludéens . . . . . . . . . . . . . 92 Tableau CH .15 . Diagnostic du paludisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95 Tableau CH .16: Traitement préventif intermittent (TPI) contre le paludisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98 xiv Tableau WS .1: Utilisation de sources d’eau améliorées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102 Tableau WS .2: Traitement de l’eau du ménage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105 Tableau WS .3: Temps mis pour atteindre la source d’eau potable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108 Tableau WS .4: Personne qui va aller chercher l’eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109 Tableau WS .5: Utilisation d’installations sanitaires améliorées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111 Tableau WS .6: Utilisation et partage des toilettes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113 Tableau WS .7 : Evacuation des matières fécales de l’enfant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116 Tableau WS .8: Echelle d’utilisation de sources d’eau améliorées et d’installations sanitaires améliorées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118 Tableau WS .9: Eau et savon à l’endroit prévu pour le lavage de mains . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120 Tableau WS .10 : Disponibilité du savon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121 Tableau RH .1: Taux de fécondité des adolescentes et Indice synthétique de fécondité (ISF) . . . . . . . . . . . . . 129 Tableau RH .2: Grossesses précoces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130 Tableau RH .3: Utilisation de la contraception . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133 Tableau RH .4: Besoins non satisfaits en matière de contraception . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137 Tableau RH .5: Couverture des soins prénatals . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141 Tableau RH .6: Nombre de visites prénatales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143 Tableau RH .7: Contenu des soins prénatals . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145 Tableau RH .8: Assistance au cours de l’accouchement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149 Tableau RH .9: Lieu de l’accouchement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152 Tableau RH .10 : Connaissance des fistules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155 Tableau RH .11 : Connaissances des causes de la fistule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157 Tableau RH12 : Manifestations de la fistule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160 Tableau RH .13 : Prévalence des fistules selon les déclarations des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163 Tableau RH .14 : Femmes connaissant des victimes de la fistule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164 Tableau CD .1: Education du jeune enfant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168 Tableau CD .2 : Soutien à l’apprentissage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170 Tableau CD .3: Matériel d’éveil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173 Tableau CD .4: Garde inadéquate . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175 Tableau CD .5: Indice de développement du jeune enfant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178 Tableau ED .1: Alphabétisation des jeunes femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182 Tableau ED .2: Préparation à l’école . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183 Tableau ED .3: Entrée à l’école primaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186 Tableau ED .4: Fréquentation de l’école primaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188 Tableau ED .5: Fréquentation de l’école secondaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190 Tableau ED .6: Enfants ayant fait la dernière classe d’école primaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192 Liste des tableaux xv TCHAD 2010 Tableau ED .7: Achèvement de l’école primaire et passage à l’école secondaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194 Tableau ED .8: Parité entre les sexes en matière d’éducation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196 Tableau ED .9: Fréquentation scolaire des orphelin(e)s et des non orphelin(e)s . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197 Tableau CP .1: Enregistrement des naissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200 Tableau CP .2: Travail des enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204 Tableau CP .3: Travail des enfants et fréquentation scolaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206 Tableau CP .4: Discipline des enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209 Tableau CP .5: Mariage précoce et polygamie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212 Tableau CP .6: Tendances du mariage précoce . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214 Tableau CP .7: Différence d’âge entre conjoints . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215 Tableau CP .8: Mutilations génitales féminines/excision (MGF/E) chez les femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217 Tableau CP .9: Mutilations génitales féminines/excision (MGF/E) chez les filles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218 Tableau CP .10: Approbation des mutilations génitales féminines/excision (MGF/E) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221 Tableau CP .11: Attitudes vis-à-vis de la violence domestique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224 Tableau CP .12 : Violences psychologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227 Tableau CP .13: Violences physiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230 Tableau CP .14: Conséquences de la violence conjugale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232 Tableau CP .15 : Violences psychologiques à l’égard des hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233 Tableau HA .1: Connaissance de la transmission du VIH, fausses idées à propos du VIH et SIDA, et connaissance approfondie de la transmission du VIH . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237 Tableau HA .2: Connaissance de la transmission du VIH, fausses idées à propos du VIH et SIDA, et connaissance approfondie de la transmission du VIH chez les jeunes femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 240 Tableau HA .3: Connaissance de la transmission du VIH de la mère à l’enfant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 244 Tableau HA .4 : Attitudes bienveillantes à l’égard des gens vivant avec le VIH et SIDA . . . . . . . . . . . . . . . . . . 248 Tableau HA .5: Connaissance d’un endroit pour le test de dépistage du VIH . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 250 Tableau HA .6: Connaissance d’un endroit pour le test de dépistage du VIH chez les jeunes femmes sexuellement actives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 253 Tableau HA .7: Conseils et test en matière de VIH durant les soins prénatals . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255 Tableau HA .8: Comportements sexuels augmentant le risque d’infection au VIH . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 258 Tableau HA .9: Rapports sexuels avec plusieurs partenaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 260 Tableau HA .10: Rapports sexuels avec plusieurs partenaires (jeunes femmes) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 262 Tableau HA .11: Rapports sexuels avec des partenaires occasionnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 265 xvi Liste des graphiques Graphique HH .1 Pyramide des âges. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Graphique CM .1 Evolution du niveau de la mortalité des enfants de moins 5 ans entre 1964 et 2010, Tchad, 2010. . . . . . . . . . 26 Graphique NU .1 Tendance de la malnutrition au cours des 15 dernières années, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33 Graphique NU .2 Allaitement maternel et aliments de complément, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37 Graphique CH .1 Pourcentage des enfants âgés de 12-23 mois ayant reçu les vaccins au cours de leur première année de vie, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60 Graphique CH .2 Tendances de la vaccination au cours des 15 dernières années au Tchad, 2010 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 Graphique RH .1a Indice synthétique de fécondité des femmes de 15-49 ans par quintile, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127 Graphique RH .1b Indice synthétique de fécondité des femmes de 15-49 ans niveau selon le niveau d’instruction de la femme, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128 Graphique RH .2a Proportion des femmes âgées de 15-19 ans ayant eu une naissance vivante avant 15 ans selon le niveau d’instruction de la femme, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130 Graphique RH .2b Proportion des femmes âgées de 15-19 ans ayant eu une naissance vivante avant 15 ans selon le niveau de vie des ménages, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130 Graphique RH .3 Répartition des femmes âgées de 15-49 ans ayant donné naissance au cours de deux années précédant l’enquête selon le type de personnel apportant l’assistance à l’accouchement, Tchad, 2010. . . . 147 Graphique RH .4 Répartition des femmes de 15-49 ans ayant donné naissance au cours de deux années précédant l’enquête selon le lieu d’accouchement, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151 Graphique ED .1 Préparation à l’école par région (%), Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184 Graphique CP .1 Pourcentage des femmes de 15-49 ans qui croient qu’il est justifié que le mari les batte dans certaines situations, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223 Graphique CP .2 Pourcentage des femmes de 15-49 ans mariées ou ayant été mariées qui ont subi des violences psychologiques dans les 12 derniers mois, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226 Graphique CP .3 Pourcentage des femmes de 15-49 ans mariées ou ayant été mariées qui ont subi des violences physiques, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229 Graphique CP .4 Pourcentage de femmes âgées de 15-49 ans mariées, veuves, divorcées ou séparées qui ont été victimes de viols de la part de leurs maris, partenaires, Tchad, 2010. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231 xvii TCHAD 2010 Abréviations, sigles et acronymes BCG Bacille Calmette et Guérin (vaccination antituberculeuse) CPN Consultation Prénatale CTA Combinaison Thérapeutique à base d’Artémisinine DIU Dispositif Intra-Utérin DTC Diphtérie Tétanos Coqueluche EDST Enquête Démographique et de Santé au Tchad EIMT Enquête à Indicateurs Multiples au Tchad FJ Fièvre Jaune H0HepB Hépatite B à la naissance HIB Haemophilus Influenza B IDJE Indice de Développement du Jeune Enfant INSEED Institut National de la Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques IPS Indice de Parité entre les Sexes JNV Journée Nationale de Vaccination MGF/E Mutilation Génitale Féminine/Excision MII Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide MICS Multiple Indicator Cluster Survey ONG Organisation Non Gouvernementale OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS Organisation Mondiale de la Santé PEV Programme Elargi de Vaccination RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat SASDE Stratégie Accélérée pour la Survie et le Développement de l’Enfant SIDA Syndrome de l’Immunodéficience Humaine Acquise SNRP Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté SRO Sel de Réhydratation Orale TRO Thérapie par Réhydratation Orale UNDAF Plan Cadre des Nations Unies pour l’Aide au Développement UNFPA Fonds des Nations Unies pour la Population UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance VAT Vaccin Anti Tétanique VIH Virus de l’Immunodéficience Humaine VPO Vaccin Polio Oral VPO0 Vaccin Polio Oral à la naissance ZD Zone de Dénombrement xviii Avant-propos L’Enquête par Grappes à Indicateurs Multiples (MICS) est une enquête auprès des ménages lancée par l’UNICEF au milieu des années 1990, pour évaluer les progrès accomplis par rapport à la Déclaration et au Plan d’action pour les enfants du Sommet mondial pour les enfants (SME), tenu à New York en septembre 1990. Le Tchad vient de réaliser la deuxième enquête MICS, élargie aux femmes en âge de procréer et à certaines affections comme les fistules. Cette enquête a pour principal objectif de doter les pouvoirs publics des bases de données statistiques nécessaires afin d’évaluer l’impact des politiques économiques et sociales mises en œuvre pour améliorer la situation des enfants et des femmes au Tchad. Elle permet de disposer de données riches et variées sur le vécu de ces deux catégories de population, dans la mesure où elle concerne de nombreux aspects de leur vie économique et sociale, en particulier en matière de santé. L’enquête s’intéresse aux conditions de vie des ménages, aux maladies chroniques, à la santé de l’enfant et à sa situation nutritionnelle, au développement de l’enfant, à son éducation et à sa protection (enregistrement à la naissance, travail des enfants, mariage précoce, etc.), à la nuptialité, à la fécondité, à la planification familiale, aux violences faites aux femmes, etc. L’enquête MICS-2010 est une enquête par sondage portant sur un échantillon représentatif au niveau national. Le financement de cette opération a été assuré par l’UNICEF (Bureau de pays de l’UNICEF au Tchad et Siège de l’UNICEF à New York) et le bureau de pays de l’UNFPA. L’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED) a été chargé de son exécution. Le présent rapport d’enquête restitue les données essentielles analysées. Il fournit des bases de données clés pour améliorer la planification et l’évaluation des politiques publiques de développement (SNRP2, OMD, etc.) mises en œuvre par le gouvernement et nos partenaires. Les informations et données statistiques fournies par l’enquête MICS sont aussi d’une grande utilité pour les planificateurs, les opérateurs privés, les chercheurs, universitaires, étudiants, etc. Au nom du gouvernement, nous saisissons cette opportunité pour exprimer notre gratitude à l’égard de l’UNICEF et de l’UNFPA, dont la contribution financière et technique a permis la réalisation de cette enquête. Nous exprimons également nos encouragements et toute notre reconnaissance aux experts de l’INSEED et à toutes les compétences nationales qui ont contribué à l’opération. Enfin, nous souhaitons le meilleur usage à tous ceux qui seraient intéressés par ce document tout en leur demandant d’adresser à l’INSEED tous les commentaires ou observations qu’ils jugeraient utiles. Le Ministre de l’Economie et du Plan MAHAMAT ALI HASSAN xix TCHAD 2010 Remerciements L’enquête MICS-2010 est une œuvre collective. C’est pourquoi le Directeur général de l’INSEED (institution gouvernementale chargée de l’exécution technique de l’enquête) voudrait exprimer ses vifs remerciements à tous ceux qui ont contribué à l’accomplissement de ce travail. Je voudrais exprimer toute ma gratitude au Ministre de l’Economie et du Plan et au Secrétaire général, qui ont fourni des conseils et des orientations très utiles sur l’architecture et les objectifs de l’enquête. Je voudrais également adresser mes vifs remerciements aux bailleurs de fonds, à savoir l’UNICEF et l’UNFPA, dont les concours financiers et les appuis techniques ont rendu possible la réalisation de l’enquête. Il convient également de rendre hommage à toute l’équipe technique, coordonnée par le statisticien KOSTELNGAR NODJIMADJI sur qui l’essentiel du travail a reposé ; cet hommage vaut également pour tous les experts sectoriels (nutritionnistes, juristes, économistes, statisticiens, démographes et spécialistes dans le domaine de la santé) qui ont contribué à l’élaboration du rapport final. Je voudrais de même exprimer une pensée particulière pour tous ceux qui ont contribué au succès du travail de terrain : • les autorités politiques, administratives, militaires et religieuses qui ont joué un rôle essentiel dans la sécurisation du travail, la sensibilisation de la population et le soutien aux personnels de terrain ; • les agents de collecte (chefs d’équipes, contrôleuses, agents enquêtrices et anthropomètres) et agents de saisie qui ont accompli leur travail en bravant des intempéries de toutes sortes ; • les personnes enquêtées (hommes, femmes et enfants) qui ont accepté en dépit de leurs nombreuses occupations de collaborer et de répondre aux questions qui leur ont été posées, malgré le caractère délicat et intime de certaines d’entre elles, notamment concernant les femmes. Enfin, que tous ceux et celles qui penseraient avoir joué un rôle dans cette enquête et qui se sentiraient oubliés, sachent qu’ils ont contribué à un travail important et trouvent ici mes sincères remerciements. Le Directeur général de l’INSEED OUSMAN ABDOULAYE HAGGAR xx ©UNICEF/Harandane Dicko xxi TCHAD 2010 Résumé exécutif GENERALITES L’Enquête par Grappes à Indicateurs Multiples (MICS) réalisée en 2010 au Tchad a été l’opération de collecte de données d’envergure nationale réalisée après l’EDST de 2004. Elle permet au pays de disposer de données récentes, désagrégées par âge, par sexe, par caractéristiques socioculturelles, en vue d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des stratégies et politiques et de rendre compte sur les objectifs et engagements internationaux. Son échantillon a été conçu pour estimer un grand nombre d’indicateurs sur la situation des enfants et des femmes au niveau national, en milieu urbain et rural, et dans les 22 régions du pays. Par ailleurs les données désagrégées par quintiles de bien-être socio-économique des ménages ont permis de cerner les inégalités et d’observer les aspects d’équité dans les domaines sociaux en particulier. MORTALITE INFANTILE Au niveau national, le risque de décéder avant son premier anniversaire (mortalité infantile) a été estimé à 106 pour mille. Pour les mères ayant un niveau d’instruction secondaire et plus, ce niveau descend à 80 pour mille. Entre la naissance et le cinquième anniversaire le risque a été estimé à environ 175 pour mille. Ce risque est relativement plus élevé chez les enfants de sexe masculin (187 pour 1 000) comparé aux enfants de sexe féminin (161 pour 1 000). D’un niveau de 191 pour mille pour les enfants dont la mère a un niveau d’instruction primaire, le risque descend à 128 pour mille chez les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus. NUTRITION État nutritionnel : Insuffisance pondérale : environ un tiers (30%) des enfants souffrent d’insuffisance pondérale (13 pour cent de façon sévère). En milieu rural, 33 pour cent des enfants sont atteints de cette forme de malnutrition contre 22 pour cent en milieu urbain. Pour les enfants dont les mères n’ont aucune instruction, l’insuffisance pondérale est de 35 pour cent contre seulement 15 pour cent que ceux dont les mères ont le niveau d’instruction secondaire. Malnutrition chronique : quatre enfants sur dix (39%) souffrent de malnutrition chronique et 21 pour cent en souffrent de façon sévère. Cette forte prévalence place le Tchad dans la catégorie des pays à malnutrition très élevée. Il est à noter que les enfants du milieu rural sont plus affectés que ceux du milieu urbain avec 41 pour cent et 31 pour cent respectivement. Emaciation : le niveau d’émaciation est estimée à 16 pour cent dans sa forme globale (modérée et sévère) tandis qu’elle est de six pour cent dans sa forme sévère. Ce niveau est de 18 et 9 pour cent pour les enfants dont les mères sont respectivement sans instruction et de niveau Secondaire et plus Allaitement et alimentation des enfants : environ un tiers des femmes (29%) ont mis au sein leur enfant moins d’une heure après la naissance. On note que celles ayant été assistées par un personnel médical qualifié lors de l’accouchement sont les plus nombreuses à mettre au sein leur nouveau-né rapidement. Seulement 3 pour cent des enfants de moins de six mois ont été allaités exclusivement. Dans l’ensemble, la durée médiane de l’allaitement est de 22 mois. Cette durée est plus longue chez les femmes des ménages pauvres que celle des ménages riches. Iodation du sel : un quart des ménages ne consomment pas de sel iodé et seulement 54 pour cent utilisent du sel avec le taux d’iodation requis (≥15 PPM). Quarante-trois pour cent (43%) des ménages des milieux les plus pauvres disposent du sel adéquatement iodé contre 64 pour cent chez les plus riches. Supplémentation en vitamine A : quatre-vingt-dix-huit pour cent des enfants de 6-59 mois ont été supplémentés en vitamine A dans les six derniers mois. Poids à la naissance : environ un dixième des naissances ont été pesées à la naissance (11%) et par eux, un cinquième (20%) sont estimés peser moins de 2500 grammes à la naissance. xxii SANTE DE L’ENFANT Couverture vaccinale : parmi les enfants de 12-23 mois, près de 8 pour cent ont été complètement vaccinés contre les maladies-cibles du PEV à n’importe quel moment de leur vie, mais un peu moins de 3 pour cent selon le calendrier vaccinal recommandé, c’est-à-dire avant 1 an ; et 33 pour cent n’ont reçu aucun vaccin. Dans le quintile le plus pauvre 47 pour cent n’ont reçu aucun vaccin contre seulement 19 pour cent pour le plus riche. Les enfants ayant reçu la première dose de polio est de 61 pour cent mais descend à 32 pour cent pour la troisième dose. De même, pour la première dose de DTC le niveau est de 45,4 pour cent et seulement 20 pour la troisième dose. Environ un enfant sur deux âgés de 12-23 mois a reçu le BCG. Protection contre le tétanos néonatal : seulement 38 pour cent des femmes ayant eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l’enquête ont reçu au moins deux doses de vaccin antitétanique au cours de leur dernière grossesse. Cette proportion n’est que de30 pour cent chez les femmes du quintile le plus pauvre mais atteint 67 pour cent chez les femmes du quintile le plus riche. Traitement de la diarrhée : dans l’ensemble, 25 pour cent des enfants âgés de moins de cinq ans ont eu la diarrhée au cours des deux dernières semaines précédant l’enquête et pour 48 pour cent des cas, les ménages ont eu recours au SRO ou n’importe quel liquide-maison recommandé. Seulement 21 pour cent ont reçu beaucoup moins de liquide qu’avant l’épisode diarrhéique et 42 pour cent un peu moins. La prise en charge est beaucoup meilleure pour les mères ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus et pour les ménages les plus riches avec respectivement 67 pour cent et 64 pour cent qui ont eu recours au SRO ou n’importe quel liquide-maison recommandé. Traitement de la pneumonie : Neuf pour cent d’enfants eu une pneumonie présumée au cours des 2 dernières semaines, et parmi eux 26 pour cent ont été conduits chez un prestataire de santé et 31 pour cent ont reçu au moins un antibiotique. Paludisme : un peu plus de la moitié des ménages (57%) possèdent au moins une moustiquaire, et 42 pour cent une moustiquaire imprégnée. Ce sont les ménages urbains qui possèdent le plus de moustiquaires imprégnées (61%, contre 36% dans les zones rurales). Seulement 13 pour cent des enfants de moins de cinq ans ont dormi sous moustiquaire la nuit précédant l’enquête (35% en milieu urbain contre seulement 7% en milieu rural). Moins de la moitié des femmes qui ont eu une grossesse dans les deux dernières années ont reçu des soins prénatals (43%) et parmi elles, près des trois quart (72%) ont déclaré avoir reçu un traitement quelconque contre le paludisme. Cependant seulement un peu plus de une sur cinq (22%) a reçu les deux doses recommandées de SP/Fansidar pour le traitement préventif intermittent du paludisme. EAU ET ASSAINISSEMENT Utilisation de sources d’eau améliorées : dans l’ensemble, 52 pour cent de la population utilise une source d’eau améliorée (42% en milieu rural et 84% en milieu urbain). Cependant les ménages les plus pauvres ne sont que 23 pour cent à en bénéficier contre 89 pour cent pour les ménages les plus riches. La grande majorité des ménages (95%) n’utilise aucune méthode pour traiter l’eau de boisson, seulement trois pour cent d’entre eux traitent l’eau de boisson en y ajoutant de l’eau de javel ou du chlore tandis que moins de un pour cent utilisent un filtre à eau. Utilisation d’installations sanitaires améliorées : seulement 15 pour cent de la population du Tchad vit dans des ménages ayant des installations sanitaires améliorées tandis que 66 pour cent pratiquent la défécation à l’air libre. Le pourcentage de la population disposant d’installations sanitaires améliorées est 13 fois plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural, il est de 63 pour cent dans le quintile le plus riche et quasiment zéro pour cent chez les plus pauvres. En outre, seulement dix pour cent des ménages partagent leurs installations sanitaires avec d’autres ménages. Lavage des mains : près d’un ménage sur deux (48%) a un endroit prévu pour se laver les mains dans leur logement ainsi que de l’eau et du savon. Les ménages du milieu urbain ont une proportion double de celle des ménages du milieu rural (70% contre 37%). De même, ce niveau atteint 75 pour cent chez les plus riches contre seulement 26 pour cent chez les plus pauvres. Résumé exécutif xxiii TCHAD 2010 SANTE DE LA REPRODUCTION Taux de fécondité des adolescentes et indice synthétique de fécondité : l’Indice synthétique de fécondité est de 6,9 enfants par femme. Il varie très peu selon les quintiles de bien-être socio-économique car il est aussi élevé chez les pauvres que chez les riches. En revanche, il est de 6,3 contre 7,2 enfants par femme respectivement en milieu urbain et milieu rural. De même, chez les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire et plus, l’ISF est 5,5 enfants par femme contre 7 chez celles qui n’ont aucun niveau. La fécondité est précoce au Tchad : huit pour cent des femmes ont eu leur premier enfant avant 15 ans. Dans la région du Salamat, cette proportion est près de trois fois plus élevée que la moyenne nationale. On n’observe pas de différence significative selon le milieu de résidence. Par ailleurs, près d’une femme sur deux (47%) âgées de 20-24 ans a accouché de son premier enfant avant 18 ans. Ce niveau est de 55,3 pour cent chez les femmes sans niveau d’instruction et de 20 pour cent pour celle ayant un niveau secondaire et plus. Utilisation de la contraception : la prévalence de la contraception concerne un peu moins de cinq pour cent des femmes mariées ou vivant en union. Les méthodes modernes représentent moins de deux pour cent du total. Le pourcentage de demande de contraception satisfaite n’est que de 15 pour cent, avec des variations importantes selon les caractéristiques sociodémographiques et les régions (24% en milieu urbain contre 12% en zones rural). Couverture des soins prénatals : dans l’ensemble, 53 pour cent des femmes âgées de 15 à 49 ans ayant accouché au cours des deux dernières années ont consulté au moins une fois n’importe quel personnel qualifié ; (78% en milieu urbain contre 46% en milieu rural ; 43% chez celles n’ayant aucun niveau d’instruction contre 88% chez celles ayant un niveau secondaire et plus, 79% des femmes vivant dans les ménages les plus riches contre 38% dans les ménages les plus pauvres). Personnel apportant l’assistance à l’accouchement : un peu moins d’une femme sur quatre (23%) qui a accouché au cours des deux années précédant l’enquête, a été assistée par un personnel qualifié. Les femmes vivant en milieu urbain ont cinq fois plus de chances d’être assistées à l’accouchement par un personnel qualifié de santé que celles du milieu rural. En outre, les femmes des ménages les plus riches ont près de huit fois plus de chances de bénéficier de l’assistance d’un personnel qualifié à l’accouchement que les femmes des ménages les plus pauvres (61% et 8% respectivement). Lieu de l’accouchement : seulement 16 pour cent des naissances ont eu lieu dans des structures sanitaires au cours des deux dernières années (44% pour les femmes du milieu urbain contre seulement 7% pour celles du milieu rural). De neuf pour cent pour les femmes sans instruction ce niveau passe à 55 pour cent parmi les femmes de niveau secondaire ou plus. Femmes victimes de la fistule : un peu plus d’un pour cent des femmes de 15-49 ans ont déclaré avoir été malades de la fistule. DEVELOPPEMENT DU JEUNE ENFANT Education et apprentissage de la petite enfance : seulement cinq pour cent des enfants âgés de 36-59 mois vont à l’école maternelle (15% des enfants du milieu urbain contre 2% seulement du milieu rurale). Seize pour cent des enfants vivant dans des ménages riches fréquentent l’école maternelle alors que dans les ménages pauvres ce niveau n’est de que de 1,4 pour cent. Développement de l’enfant : suivant l’indice de développement du jeune enfant (IDJE), seulement le tiers des enfants âgés de 36-59 mois sont en bonne voie de développement. L’IDJE est plus élevé chez les enfants fréquentant un établissement préscolaire (56%) que chez ceux qui n’ont pas cette possibilité (32%) et donc plus élevé en milieu urbain que rural. De même, les enfants des ménages les plus riches ont un IDJE plus élevé (41%) que les enfants des ménages les plus pauvres (28%). xxiv ALPHABETISATION ET EDUCATION Alphabétisation des jeunes femmes : le taux d’alphabétisation de la population féminine âgée de 15-24 ans est estimé à 22 pour cent. Il varie beaucoup selon le milieu de résidence (46% en milieu urbain et 13% en milieu rural). En outre, seulement 15 pour cent des femmes ayant un niveau primaire étaient capables de lire le texte qui leur a été montré. Des disparités sont observées en fonction de la religion du chef de ménage : les jeunes femmes vivant dans les ménages dont le chef est musulman (13%) sont moins alphabétisées que celles des ménages dont le chef est chrétien, surtout protestant (41%). Préparation à l’école : moins de 3 pour cent d’enfants en première classe d’école primaire ont suivi un enseignement préscolaire l’année précédente. Fréquentation de l’école primaire et secondaire : parmi les enfants ayant l’âge d’entrée à l’école primaire au Tchad (6 ans), seulement le tiers (33%), est inscrit en première année (taux net d’admission de 48% en milieu urbain contre 30% en milieu rural). Le niveau d’instruction de la mère influence positivement le taux net d’admission. Il en est de même du niveau de bien-être du ménage. Fréquentation du cycle primaire et secondaire : au moins un enfant sur deux d’âge scolaire primaire fréquente l’école (52%), les garçons (55%) un peu plus que les filles (48%). Selon le milieu de résidence, 71 pour cent des enfants du milieu urbain fréquentent l’école primaire contre 47 pour cent en milieu rural. Pour l’école secondaire, seulement 17 pour cent des enfants d’âge secondaire la fréquentent actuellement, dont près de deux fois plus de garçons que de filles (22% contre 12%). Selon le milieu, seulement 11 pour cent de la population de 12-17 ans du rural fréquentent un établissement secondaire contre 33 pour cent en milieu urbain. Il est observé aussi que 31 pour cent des enfants d’âge secondaire sont encore scolarisés au primaire. Au total donc, 52 pour cent des enfants de 12 à 17 ans ne seraient scolarisés ni au primaire ni au secondaire. Il est à noter que le taux de fréquentation est plus élevé en milieu urbain, augmente avec le niveau de bien-être du ménage ainsi que le niveau d’instruction de la mère. Achèvement du cycle primaire et transition au secondaire : environ 33 pour cent des élèves inscrits au primaire passent à l’école secondaire (33% chez les garçons et 31% chez les filles). En ce qui concerne le bien-être des ménages, 23 pour cent et 37,6 pour cent respectivement pour les enfants des ménages les plus pauvres et ceux du quatrième quintile. Fréquentation scolaire des orphelins et des non orphelins : environ 1 pour cent des enfants dont l’âge varie entre 10 et 14 ans ont perdu leurs deux parents. Parmi eux, les deux tiers fréquentent un établissement scolaire (78% pour les garçons et 57% pour les filles). En milieu rural, la moitié seulement des orphelins ont accès à l’école, contre 85 pour cent en milieu urbain. PROTECTION DES ENFANTS ET DES FEMMES Enregistrement des naissances : le taux d’enregistrement des naissances est de 16 pour cent. Il varie suivant les caractéristiques sociodémographiques, passant de 12 pour cent chez les enfants dont les mères sont sans instruction à 47 pour cent chez les enfants dont les mères ont le niveau d’instruction secondaire ou plus. Il passe aussi de 5 pour cent chez les enfants issus des ménages les plus pauvres à 46 pour cent chez ceux issus des ménages les plus riches. Travail des enfants : dans l’ensemble 48 pour cent des enfants de 5 à 14 ans travaillent, les filles (52%) plus que les garçons (44%), les ruraux (50%) plus que les urbains (40%), les plus pauvres (52%) plus que les plus riches (37%). De façon générale, 48 pour cent des enfants qui travaillent fréquentent un établissement scolaire. Ce pourcentage est légèrement plus élevé chez les garçons (51% contre 45% chez les filles). Discipline de l’enfant : quatre-vingt-quatre pour cent des enfants âgés de 2-14 ans ont été soumis à une certaine méthode de discipline violente. La discipline uniquement non violente ne concerne que 10 pour cent des enfants. De très faibles variations sont observées, quelle que soit la caractéristique socio-économique considérée. Mariage précoce et polygamie : au niveau national, 28 pour cent des femmes de 15 à 49 ans sont mariées avant l’âge de 15 ans et au total, près de la moitié des femmes de 15 à 19 ans sont déjà mariées. Par ailleurs, 69 pour cent des femmes de 20-49 ans ont été mariées ou vivent avec un homme avant l’âge de 18 ans, et ce niveau oscille entre 60 et 84 pour cent partout sauf à N’Djamena (52%). Près de quatre femmes sur dix vivent en union polygamique. Résumé exécutif xxv TCHAD 2010 Mutilations génitales féminines : quarante-quatre pour cent (44%) des femmes âgées de 15-49 ans déclarent avoir subi une forme de mutilation génitale féminine/excision (MGF/E), et il n’y a pas de grande différence entre les milieux urbain et rural. Les femmes sans niveau d’instruction sont relativement plus nombreuses à être excisées que celles de niveau secondaire ou plus (47% contre 31%). Il n’y a pratiquement pas de différence entre le milieu rural et urbain (46% contre 44%). Il est à noter que, 38 pour cent des femmes 15-49 ans sont en faveur de la poursuite des MGF/E et 36 pour cent en faveur de l’arrêt de cette pratique. Violences domestiques : la majorité des femmes enquêtées (62%) pensent qu’il est justifié que le mari les batte dans certaines situations. La négligence des enfants (68%) semble être une justification primordiale suivie de « sortir sans informer le mari/partenaire » évoqué par 48 pour cent des femmes de 15-49 ans. Toutes les femmes enquêtées ont déclaré avoir subi au moins une forme quelconque de violence psychologique et 18 pour cent les violences physiques de la part de leur partenaire. Il est à noter qu’un peu plus de 3 pour cent de femmes âgées de 15-49 ans qui ont déclaré avoir humilié leur mari/partenaire. VIH & SIDA ET COMPORTEMENT SEXUEL Connaissance de la transmission du VIH et conceptions erronées sur le VIH et SIDA : près des deux tiers des femmes interrogées (64%) ont entendu parler du SIDA. Mais seulement une femme sur quatre (25%) connaît les deux moyens de prévenir la transmission du VIH et SIDA (40% en milieu urbain contre seulement 20% en milieu rural). Seulement une femme sur 10 a une connaissance approfondie (5,9% chez les femmes sans instruction et 26% chez celles ayant un niveau secondaire et plus). Connaissance de la transmission de la mère à l’enfant : seules 48 pour cent des femmes en âge de procréer (15-49 ans) savent que le VIH peut se transmettre de la mère à l’enfant ; et 31 pour cent des femmes connaissent les trois modes de transmission du VIH de la mère à l’enfant tandis que 16 pour cent environ ne connaissent aucun moyen de transmission. Connaissance d’un endroit pour le test de dépistage du VIH, conseils et test durant les soins prénatals : vingt-trois pour cent des femmes savent où se faire tester (48% de celles du milieu urbain et 15% pour celles du milieu rural) mais moins de quatre pour cent ont subi le test au cours de l’année précédant l’enquête et sur cette proportion, environ 10% n’ont pas reçu le résultat. En outre, si une femme sur deux des ménages les plus riches connaît un endroit pour le test de dépistage du VIH, cette proportion n’est que d’une femme sur 10 dans les ménages les plus pauvres. Comportement sexuel associé à la transmission du VIH : dans l’ensemble 79 pour cent des jeunes femmes de 15-24 ans qui ne se sont jamais mariées n’ont pas encore eu de rapports sexuels. Parmi les femmes de 15-24 ans, 24 pour cent ont eu des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans et 33 pour cent avec un homme de plus de 10 ans qu’elles. Selon le milieu de résidence, on peut noter que 84 pour cent des femmes rurales âgées de 15-24 ans non mariées n’ont jamais eu de rapports sexuels, contre 71 pour cent en milieu urbain. Parmi les femmes de 15-24 ans sexuellement actives, 25 pour cent ont eu leur premier rapport avant l’âge de 15 ans en milieu rural, contre 21 pour cent en milieu urbain. Rapports sexuels avec plusieurs partenaires chez les femmes âgées de 15-49 ans : près de 80 pour cent de femmes de 15-49 ans ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois mais seulement moins d’un pour cent affirme avoir eu plusieurs partenaires. On notera par ailleurs que la moitié des femmes de 15-49 ans qui ont eu plusieurs partenaires ont déclaré avoir utilisé un préservatif (54%). Rapports sexuels avec plusieurs partenaires chez les jeunes femmes âgées de 15-24 ans : soixante-neuf pour cent des jeunes femmes âgées de 15-24 ans ont été sexuellement actives au cours des 12 mois précédant l’enquête ; moins d’un pour cent affirme avoir eu des rapports sexuels avec plusieurs partenaires dont 57 pour cent déclarent avoir utilisé le préservatif. Rapports sexuels avec des partenaires occasionnels : sept pour cent des femmes de 15-24 ans sexuellement actives ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois avec un partenaire hors mariage non cohabitant et seulement un pour cent ont déclaré avoir utilisé un préservatif lors du dernier rapport. Selon le milieu de résidence, les femmes du milieu urbain ont plus de rapports sexuels occasionnels (13%) que celles du milieu rural (4%). Ce sont les jeunes femmes vivant dans les ménages les plus riches qui sont les plus nombreuses à avoir des rapports sexuels hors mariage (13%). xxvi ©UNICEF/ Patricia Esteve 1 TCHAD 2010 I. Introduction 1 .1 . HISTORIQUE Ce rapport est fondé sur l’Enquête MICS-Tchad, menée en 2010 par l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques. L’enquête fournit des informations précieuses sur la situation des enfants et des femmes au Tchad et repose, en grande partie, sur la nécessité de suivre les progrès vers les cibles et objectifs établis dans le cadre de récents accords internationaux: la Déclaration du Millénaire, adoptée par les 191 Etats membres des Nations Unies en septembre 2000, et le Plan d’action Un monde digne des enfants, adopté par 189 Etats membres lors de la Session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants en mai 2002. Ces deux engagements s’appuient sur les promesses faites par la communauté internationale en 1990 lors du Sommet mondial pour les enfants. En signant ces accords internationaux, les gouvernements se sont engagés à améliorer la situation de leurs enfants et à suivre les progrès réalisés dans ce sens. Il a alors été attribué à l’UNICEF le rôle d’appuyer cette mission (voir tableau ci-dessous). Un engagement pour l’action : responsabilités de l’élaboration de rapports aux niveaux national et international Les gouvernements qui ont signé la Déclaration du Millénaire, la Déclaration Un monde digne des enfants et le Plan d’action se sont également engagés à suivre les progrès vers les buts et objectifs qu’ils contiennent : “Nous allons surveiller régulièrement au niveau national et, le cas échéant, au niveau régional, et évaluer les progrès vers les objectifs et les cibles du présent Plan d’action aux niveaux national, régional et mondial. En conséquence, nous allons renforcer notre capacité statistique nationale à recueillir, analyser et ventiler les données, notamment par sexe, âge et autres facteurs pertinents qui peuvent entraîner des disparités, et appuyer un large éventail de recherches axées sur l’enfant. Nous allons renforcer la coopération internationale pour soutenir les efforts de renforcement des capacités statistiques et renforcer la capacité communautaire de suivi, d’évaluation et de planification.” (Un monde digne des enfants, paragraphe 60) “…Nous allons effectuer des examens périodiques aux niveaux national et infranational des progrès en vue de surmonter les obstacles de façon plus efficace et d’accélérer l’action.…” (Un monde digne des enfants, paragraphe 61) Le Plan d’action (paragraphe 61) préconise également l’ implication spécifique de l’UNICEF dans la préparation de rapports d’activités périodiques : “En tant qu’agence de référence mondiale pour les enfants, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance est prié de continuer à préparer et dif fuser, en étroite collaboration avec les Gouvernements, les fonds concernés, les programmes et les agences spécialisées du système des Nations Unies, et tous les autres acteurs concernés, le cas échéant, des informations sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Déclaration et du Plan d’action. ” De même, la Déclaration du Millénaire (paragraphe 31) exige des rapports périodiques sur les progrès réalisés : “…Nous demandons à l’Assemblée générale d’examiner de façon régulière les progrès accomplis dans la mise en œuvre des dispositions de la présente Déclaration, et prions le Secrétaire général de publier des rapports périodiques pour examen par l’Assemblée générale et comme une base pour des mesures supplémentaires.” 1 .2 . CONTEXTE ET OBJECTIFS DE L’ENQUETE Depuis 2004 (Enquête EDST-2004), le Tchad n’a pas réalisé d’enquête d’envergure nationale couvrant plusieurs domaines socio-sanitaires. La réalisation de l’enquête par grappes à indicateurs multiples se justifie par le besoin de connaître la situation réelle des indicateurs sociaux en matière de survie, de développement et de protection des enfants et des femmes. C’est à ce titre que le gouvernement de la République du Tchad a initié cette enquête MICS. 2 La réalisation de l’enquête MICS-2010 permet au pays de disposer de données récentes désagrégées par sexe, par caractéristiques socioculturelles et par région en vue d’aider le gouvernement à: (1) évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, de la SNRP, des Objectifs d’Un Monde digne des enfants, des objectifs des programmes sectoriels et de l’UNDAF; (2) fournir des informations sur les indicateurs relatifs aux domaines de l’enquête; (3) contribuer au renforcement de l’expertise technique en matière de conception, collecte, traitement, analyse des données et dissémination; et (4) fournir des données pour la prise de décision et la planification de politiques publiques dans le domaine de l’enfance. L’enquête MICS-Tchad de 2010 a été organisée dans un contexte politique marqué par les principaux faits suivants : la démocratisation de la vie politique, la décentralisation de la gestion des affaires publiques, la révision du découpage administratif du territoire, des perturbations sociopolitiques, la mise en place d’un nouveau cadre institutionnel de production des statistiques, l’exécution du Plan Cadre des Nations Unies pour l’aide au développement du Tchad (UNDAF) 2006-2010, la signature du Plan d’action du Programme de Pays entre la République du Tchad et l’UNFPA, la mise en œuvre de la Politique nationale de population (2002-2015), l’adoption en 2007 de la Stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté (SNRP2) et la mise en place des mécanismes permettant d’évaluer l’impact des politiques et programmes mis en œuvre entre 2008 et 2011 sur la réduction de la pauvreté. Classé 173ème en 2004 par le Rapport sur le développement humain du PNUD, le Tchad est l’un des pays les plus pauvres du monde, malgré les ressources additionnelles générées par l’exploitation récente du pétrole dans le sud. En effet, les résultats de la deuxième enquête sur la consommation et le secteur informel au Tchad (ECOSIT2) montrent que le minimum vital est atteint par une dépense d’environ 396 francs CFA (moins d’un dollar) par jour et par personne, ce qui correspond à une dépense annuelle par tête de 144 570 francs CFA (moins de 300 dollars). De plus, 55 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, avec de fortes disparités régionales ainsi qu’entre les centres urbains et les zones rurales. Cette pauvreté est reflétée par la structure de l’activité économique et par les conditions de l’habitat. La principale caractéristique démographique du Tchad est son faible niveau de peuplement et la distribution très inégale de la population entre les régions, entre les départements et les sous-préfectures et les communes. La densité globale de la population en 2009 est de 8,7 habitants au km² (RGPH2). Le Tchad figure parmi les pays d’Afrique subsaharienne accusant un niveau de fécondité élevé : 6,3 enfants par femme en 2004 contre 6,6 en 1996-1997. Cette situation est principalement attribuable à l’environnement socioculturel pro-nataliste. Les niveaux de mortalité et de morbidité sont également élevés. La mortalité infantile est évaluée à 102 pour mille en 2004 contre 103 pour mille en 1996-1997 et la mortalité infanto-juvénile à 191 pour mille contre 194 pour mille durant la même période. La mortalité maternelle est en hausse : 1099 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 2004 contre 827 pour 100 000 naissances en 1996-1997. Selon les résultats globaux du Deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2) de mai/juin 2009, le Tchad comptait 11 175 915 habitants dont 51 pour cent sont de sexe féminin. Cette population est essentiellement rurale (78%). Avec la deuxième Enquête Démographique et de Santé réalisée en 2004, une série de statistiques fiables a permis de cerner les réels contours de la santé au Tchad. Cette enquête a notamment permis d’évaluer les progrès dans des domaines spécifiques importants pour la survie, la protection et le développement de l’enfant comme le droit d’être protégé contre les maladies vaccinables, d’être allaité, d’être bien nourri, d’être protégé contre les troubles consécutifs aux carences en iode et en vitamine A, le droit d’aller à l’école, etc. Le manque des statistiques nationales récentes pour l’évaluation des progrès réalisés entre 2004 et 2010 imposait de réaliser une nouvelle enquête à l’échelle nationale. Cette enquête a pour objectifs généraux de : • Fournir des informations actualisées pour évaluer la situation des enfants et des femmes au Tchad ; • Fournir les données nécessaires pour suivre les progrès vers les objectifs fixés dans la Déclaration du Millénaire et d’autres objectifs convenus au niveau international ; • Contribuer à l’amélioration des données et des systèmes de surveillance au Tchad et au renforcement des compétences techniques dans la conception, la mise en œuvre et l’analyse de ces systèmes ; Introduction 3 TCHAD 2010 • Générer des données sur la situation des enfants et des femmes, y compris l’identification des groupes vulnérables et des disparités, pour faire connaître les politiques et les interventions. Les principaux objectifs spécifiques de l’enquête sont : En matière de santé de l’enfant et de la femme • Estimer le niveau de mortalité des enfants; • Mesurer la couverture vaccinale par antigène des enfants; • Déterminer le niveau d’allaitement maternel exclusif; • Mesurer la prévalence de la diarrhée et l’utilisation de la TRO chez les enfants de moins de 5 ans; • Mesurer la prévalence des infections respiratoires aiguës chez les enfants de moins de 5 ans et les traitements appropriés utilisés; • Déterminer la prévalence du paludisme (fièvre) chez les enfants de moins de 5 ans et le niveau d’utilisation des moustiquaires imprégnées par les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans; • Déterminer le niveau de soins prénatals et d’accouchements assistés; • Apprécier les connaissances et pratiques familiales en matière de prise en charge des maladies de l’enfance; • Déterminer le niveau et les facteurs d’utilisation de la contraception chez les femmes; • Déterminer l’ampleur et les facteurs liés aux MGF/mariages précoces; • Déterminer les facteurs liés aux comportements sexuels; • Mesurer la proportion de femmes victimes des fistules; • Mesurer le niveau des violences faites aux femmes par leur maris/partenaires. En matière de nutrition et d’alimentation • Evaluer l’état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans; • Déterminer la proportion des enfants de moins 5 ans ayant un faible poids à la naissance; • Mesurer le niveau de consommation du sel iodé par les ménages; • Mesurer le niveau de supplémentation en vitamine A. En matière d’eau et d’assainissement • Evaluer le niveau d’accès des ménages à l’eau potable; • Evaluer le niveau d’accès des ménages à l’assainissement adéquat. En matière d’éducation et de développement du jeune enfant • Mesurer le niveau de fréquentation préscolaire; • Mesurer le niveau de fréquentation au primaire; • Déterminer le niveau d’analphabétisme de la population de 15 ans et plus; • Déterminer les facteurs liés à l’éveil et au développement du jeune enfant. En matière de VIH et SIDA • Mesurer les connaissances, attitudes et pratiques en matière de VIH et SIDA chez les femmes (y compris les adolescentes); • Identifier les comportements sexuels à risque chez les adolescents. 4 En matière de protection • Evaluer le nombre d’enfants orphelins ou rendus vulnérables; • Mesurer l’enregistrement des enfants à l’état civil; • Mesurer l’ampleur du travail des enfants; • Mesurer les aspects liés à la discipline des enfants. En matière de communication pour le développement • Mesurer les connaissances, attitudes, et pratiques en ce qui concerne les quatre pratiques essentielles : l’allaitement maternel exclusif, le lavage des mains, l’utilisation des SRO pour la diarrhée et l’utilisation des moustiquaires imprégnées. En matière de pauvreté • Mesurer la pauvreté des ménages et la situation des enfants à partir d’un indice de richesse permettant de cerner les inégalités entre les différents groupes socio-économiques (cinq quintiles allant des plus pauvres aux plus riches). Le présent rapport présente les résultats concernant les indicateurs du Sommet Mondial et les principaux thèmes couverts par l’enquête en tenant compte de l’évolution de la situation démographique, économique et sociale du pays. Introduction 5 TCHAD 2010 6 ©UNICEF/Harandane Dicko 7 TCHAD 2010 II. Echantillon et méthodologie de l’enquête 2 .1 . PLAN DE SONDAGE L’échantillon de l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) du Tchad a été conçu pour estimer un grand nombre d’indicateurs sur la situation des enfants et des femmes au niveau national, en milieu urbain et rural, et dans les 22 régions du pays. Il est donc représentatif au niveau national, basé sur un sondage par grappes stratifié à deux degrés. Au premier degré, 461 grappes ont été tirées à partir de la liste des Zones de dénombrement (ZD) établie lors du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2) de 2009. Toutes les grappes sélectionnées ont fait l’objet d’un dénombrement exhaustif des ménages. Au deuxième degré, des ménages ont été tirés à partir de la liste des ménages établie lors de l’opération de dénombrement. Toutes les femmes âgées de 15 à 49 ans qui se trouvaient dans les ménages ont été enquêtées. Dans le souci de disposer d’indicateurs fiables et désagrégés au niveau régional, chaque région a été considérée comme un domaine d’étude à part entière, en dehors des trois régions du Borkou, Ennedi et Tibesti qui sont regroupées en une seule région. Chacune des 20 régions a été subdivisée en strate urbaine et strate rurale, mis à part la ville de N’Djamena. De plus, les districts de santé pour les régions où le projet SASDE était implanté dans certains départements, ont été subdivisées en strates urbaines et rurales. En fin de compte, 59 strates ont été constituées pour cette opération. Compte tenu de la taille variable de chaque strate, différents taux de sondage ont été appliqués à chaque strate et les résultats ont été pondérés au niveau national. Au total 16 386 ménages ont été sélectionnés pour l’enquête ménage. Une description plus détaillée du plan de sondage se trouve en Annexe A. 2 .2 . QUESTIONNAIRES ET MANUELS Afin d’atteindre les objectifs fixés à l’enquête MICS-2010, trois types de questionnaires ont été utilisés. Les trois questionnaires MICS4 standard1 ont été adaptés au contexte du pays : 1) un questionnaire ménage qui a servi à recueillir des informations sur tous les membres du ménage, le ménage, et l’habitation; 2) un questionnaire femme administré dans chaque ménage à toutes les femmes âgées de 15-49 ans; 3) un questionnaire enfants de moins de 5 ans, administré aux mères ou gardien(ne)s de tous les enfants de moins de 5 ans2 vivant dans le ménage. En plus des questionnaires, divers manuels et documents techniques ont été élaborés. Le tableau ci-dessous présente pour chaque type de questionnaire, les divers modules retenus dans le cadre de l’enquête. Les questionnaires ont été testés en décembre 2009. Compte tenu des résultats du pré-test et des amendements du comité de pilotage de l’enquête, quelques modifications ont été apportées aux questionnaires. Un exemplaire des questionnaires MICS du Tchad figure à l’Annexe F. Outre l’administration des questionnaires, les équipes de terrain ont analysé le sel utilisé pour la cuisson dans les ménages en vue de déterminer la teneur en iode, observé les lieux d’habitation, les moustiquaires et l’endroit pour se laver les mains et mesuré le poids et la taille des enfants de moins de cinq ans. Les détails et résultats de ces mesures figurent dans les sections respectives du rapport. 1 Voir www.childinfo.org pour les questionnaires MICS4 standard. 2 Les termes “enfants de moins de 5 ans”, “enfants âgés de 0-4 ans”, et “enfants âgés de 0-59 mois” sont utilisés indifféremment dans ce rapport. 8 Contenu des questionnaires Questionnaire Ménage Questionnaire individuel Femme (âge 15-49 ans) Questionnaire Enfants de moins de cinq ans - Panneau d’information sur le ménage - Feuille d’enregistrement du ménage - Education - Eau et assainissement - Caractéristiques du ménage - Moustiquaire imprégnée - Travail des enfants - Discipline de l’enfant - Lavage des mains - Iodation du sel - Cadre d’observations du personnel de terrain - Panneau d’information sur la femme - Caractéristiques de la femme - Mortalité des enfants - Désir de la dernière naissance - Santé de la mère et du nouveau-né - Symptômes de maladie - Contraception - Besoins non satisfaits - Mutilations génitales féminines/Excision - Attitudes vis-à-vis de la violence familiale - Mariage/Union - Comportement sexuel - VIH et SIDA - Fistules - Cadre d’observations du personnel de terrain - Panneau d’information sur les enfants de moins de 5 ans - Age - Enregistrement de la naissance - Développement du jeune enfant - Allaitement - Soins des enfants malades - Paludisme - Vaccination - Anthropométrie - Cadre d’observations du personnel de terrain 2 .3 . FORMATION ET TRAVAIL SUR LE TERRAIN 2 .3 .1 . FORMATION DES AGENTS DE TERRAIN La formation est un maillon essentiel de la chaîne des opérations d’une enquête. Elle est l’activité qui conditionne la réussite de toute opération de terrain. En effet, un questionnaire parfaitement conçu, adapté au milieu dénombré et au mode de traitement, resterait d’un apport limité si les différents personnels impliqués dans l’enquête étaient mal formés car les données collectées seraient alors entachées d’erreurs. Pour assurer efficacement la formation du personnel requis, l’équipe technique de la MICS-2010 a mis en place une équipe de formateurs avec des termes de référence bien précis. L’équipe technique a ainsi pu former les agents cartographes et énumérateurs dans un premier temps, puis les agents de collecte. La formation pour l’enquête principale a duré quatre semaines pendant lesquelles différents consultants nationaux et internationaux sont intervenus pour présenter aux enquêtrices et enquêteurs un panorama complet de l’état sanitaire du pays et leur expliquer l’importance de la MICS. Elle comprenait des exposés sur les techniques d’entrevue et les contenus des questionnaires, et des simulations d’entrevues entre les stagiaires pour acquérir les bonnes pratiques dans l’art de poser des questions. A l’issue de la formation, les questionnaires en français ont été testés, en utilisant les lexiques en langues nationales, dans le cadre d’une pré-enquête à laquelle ont participé tous les stagiaires. Cette pré-enquête a duré trois jours et s’est déroulée dans trois grappes situées dans un même quartier de N’Djamena (Kabalaye), proche de la zone de formation. Ces grappes ne faisaient pas partie de l’échantillon de l’enquête. Cette opération a permis de réviser les questionnaires ainsi que les lexiques en langues nationales. Echantillon et méthodologie de l’enquête 9 TCHAD 2010 2 .3 .2 . TRAVAIL SUR LE TERRAIN Deux activités ont été réalisées sur le terrain, l’une après l’autre : le dénombrement des ménages et la collecte des données. L’opération de cartographie et de dénombrement des ménages des 461 grappes de l’échantillon a débuté au mois de décembre 2009 et s’est achevée au mois de mars 2010, soit un total de quatre mois de travail. Quarante cartographes et énumérateurs, préalablement formés, étaient chargés de ces activités. Vingt équipes, chacune composée de trois enquêtrices, d’un anthropomètre, d’une contrôleuse, d’un chef d’équipe et d’un chauffeur, ont visité 459 grappes sélectionnées pour procéder aux interviews. Deux grappes (une à Assoungha dans le Ouaddaï et l’autre à Biltine dans le Wadi Fira) n’ont pu être enquêtées pour des raisons liées à l’insécurité ou au déplacement de la population. La collecte des données a débuté le 12 janvier 2010 et s’est achevée à la fin du mois de mai 2010. 2 .4 . TRAITEMENT DES DONNEES L’exploitation des données de la MICS s’est déroulée en plusieurs étapes (vérification, saisie/édition, apurement, tabulation et analyse). Vérification : cette étape consistait en un contrôle d’exhaustivité de l’échantillon par rapport aux fiches de terrain et en un contrôle sommaire de la cohérence des données. Ce travail, exécuté par dix agents de vérification, a commencé trois semaines après le début de la collecte et a été mené parallèlement aux travaux de terrain. Cette vérification a permis d’améliorer la qualité des données recueillies. Saisie/édition des données : l’ensemble des opérations de saisie et d’apurement des données a été réalisé sur micro-ordinateur au moyen du logiciel CSPro. La saisie a été effectuée par 40 agents qui ont suivi une formation de cinq jours sur les questionnaires avant de suivre la formation spécifique sur micro-ordinateur. Afin d’apprécier la qualité des données et de réduire le taux d’erreurs lors de la saisie, chaque grappe a été saisie deux fois, et par un agent différent. A l’issue de la double saisie, l’équipe d’éditeurs (au nombre de 10) a procédé à l’édition des données, à savoir à la vérification de la discordance des questionnaires doublement saisies, à la vérification de la cohérence interne des réponses contenues dans les questionnaires et à la correction des erreurs. En corrigeant les erreurs de saisie ainsi détectées, l’équipe de traitement a pu diminuer le temps nécessaire à l’édition finale des données, qui consiste en la correction des incohérences à l’intérieur d’un même questionnaire, ou des discordances relevant de plusieurs questionnaires, incohérences souvent dues à des erreurs de collecte. Apurement : après la saisie et l’édition des données d’une grappe, un programme de contrôle a été exécuté pour vérifier la cohérence interne des réponses. À ce stade, tous les fichiers de grappes ont été fusionnés en un seul et unique fichier. Tabulation : des programmes de tabulation standard ont été développés par la coordination mondiale des enquêtes MICS. Ces programmes adaptés au niveau national sont destinés à fournir les tableaux de base nécessaires à l’élaboration du rapport préliminaire et du rapport final. Analyse : les données ont été analysées à l’aide du programme Statistical Package for Social Sciences (SPSS), Version 18, et la syntaxe-type et le plan d’exploitation des données mis au point par l’UNICEF ont été utilisés à cette fin. Un rapport préliminaire ayant pour but de présenter de façon succincte les premiers résultats de la MICS aux responsables et administrateurs des programmes de population et de santé a été produit en décembre 2010. Après la présentation du rapport préliminaire, des thèmes d’analyse ont été distribués aux différents membres du comité de pilotage de la MICS-2010. Le présent rapport final, présentant les résultats définitifs de l’enquête, de façon détaillée, est le fruit de ces travaux d’analyse. 10 ©UNICEF/ Patricia Esteve 11 TCHAD 2010 III. Couverture de l’échantillon, caractéristiques des menages et des personnes enquêtées 3 .1 COUVERTURE DE L’ECHANTILLON La plus rigoureuse des enquêtes comporte toujours des erreurs que l’on peut classer en deux catégories: celles relatives à la sélection des individus enquêtés et celles relatives à l’observation et à l’interprétation des réponses. Les erreurs de sélection interviennent lorsque, de manière systématique, certains éléments n’ont aucune chance d’appartenir à l’échantillon. La base de sondage utilisée dans cette enquête date du Deuxième Recensement Général de la population et de l’Habitat de 2009. Elle est donc récente. La sélection des unités primaires a été faite de manière proportionnelle à leur taille en termes de ménage, c’est-à-dire en donnant plus de chance aux plus grandes de faire partie de l’échantillon. Bien que les listes des ménages dans les unités primaires aient été mises à jour pendant les travaux de cartographie, il y a tout lieu de penser que certaines localités ont, en raison de leur faible taille de population en 2009, eu moins de chance d’être tirées. Toutefois, compte tenu de la faiblesse de la taille de ces localités, les résultats de l’enquête au niveau régional n’ont pas pu en être beaucoup affectés. Les erreurs d’observation proviennent de diverses sources : questions imprécises ou mal formulées, mauvaise transcription des réponses sur les questionnaires, réponses complaisantes, mauvaises classifications des réponses, mauvaise délimitation de périodes (douze derniers mois, quatre derniers mois, deux dernières semaines, sept derniers jours, etc.), mauvaise connaissance de l’âge et des dates surtout, omissions systématiques de certaines catégories d’enquêtés (bébés et vieilles personnes), etc. A cette liste s’ajoutent les erreurs de saisie. Pour limiter ces dernières, des tests de validité et de cohérence ont été intégré dans les programmes de saisie. Les erreurs d’observations ont été corrigées par les contrôleurs et superviseurs sur le terrain. Les 459 grappes sélectionnées dans l’échantillon ont pu être enquêtées sur les 461 au cours de la MICS-2010. Parmi les 17668 ménages sélectionnés pour l’échantillon, 17183 ont été trouvés occupés. Parmi ceux-ci, 16386 ont été interviewés avec succès, soit un taux de réponse des ménages de 95 pour cent. Dans les ménages interrogés, 18087 femmes (âgées de 15-49 ans) ont été identifiées. Parmi celles-ci, 15943 ont été interrogées avec succès, soit un taux de réponse de 88 pour cent au sein des ménages interrogés. En outre, 17713 enfants de moins de cinq ans ont été énumérés dans le questionnaire ménage. Les questionnaires ont été remplis pour 17024 de ces enfants, ce qui correspond à un taux de réponse de 96 pour cent au sein des ménages interviewés. Des taux de réponse globaux de 84 pour cent et 92 pour cent ont été calculés pour les entretiens avec les femmes et les enfants de moins de cinq ans respectivement (Tableau HH.1). Les taux de réponse par milieu de résidence sont légèrement plus élevés pour les ménages et les femmes tandis que le contraire est observé en ce qui concerne le taux de réponse des enfants. La répartition pondérée par âge et par sexe de la population de l’étude figure au tableau HH.2. La répartition sert également à produire la pyramide des âges au graphique HH.1. Avec un effectif de 88572 personnes enquêtées lors de l’enquête MICS-2010, on a dénombré pratiquement autant d’hommes que de femmes, soit respectivement 49 pour cent et 51 pour cent. Cette répartition est similaire à celle observée lors du RGPHT-20093. 3 Au RGPHT-2009, il y avait 51% de femmes contre 49% d’hommes. 12 Nombre de femmes et enfants de moins de 5 ans, Tchad, 2010 Résidence Urbaine Rurale Total Ménages Echantillonnés 6823 10845 17668 Occupés 6648 10465 17113 Interviewés 6399 9987 16386 Taux de réponse des ménages 96,3 95,4 95,8 Femmes Eligibles 7493 10594 18087 Interviewées 6631 9312 15943 Taux de réponse des femmes 88,5 88,7 88,1 Taux de réponse global des femmes 85,2 83,9 84,4 Enfants de moins de 5 ans Eligibles 6647 11066 17713 Mères/gardiennes interviewées 6364 10660 17024 Taux de réponse des enfants de < 5 ans 95,7 96,3 96,1 Taux de réponse global des enfants < 5 ans 92,2 91,9 92,0 Tableau HH.1 : Résultats des interviews des ménages Source : INSEED, MICS, Tchad, 2010 Couverture de l’échantillon Graphique HH.1 : Pyramide des âges, Tchad, 2010 13 TCHAD 2010 Pourcentage de la population du ménage par groupe d’âge de cinq ans, groupes d’âge de dépendance, et par populations d’enfants (âgés de 0-17 ans) et d’adultes (âgés de 18 ou plus), par sexe, Tchad, 2010 Hommes Femmes Total Nombre Pourcentage Nombre Pourcentage Nombre Pourcentage Tranches d’âge 0-4 8901 20,4 9091 20,3 17992 20,3 5-9 8305 19,0 8086 18,0 16391 18,5 10-14 5826 13,3 6015 13,4 11841 13,4 15-19 3899 8,9 3945 8,8 7844 8,9 20-24 2687 6,1 3422 7,6 6109 6,9 25-29 2405 5,5 3421 7,6 5826 6,6 30-34 2284 5,2 2612 5,8 4897 5,5 35-39 1967 4,5 2104 4,7 4070 4,6 40-44 1760 4,0 1462 3,3 3221 3,6 45-49 1437 3,3 1127 2,5 2564 2,9 50-54 1232 2,8 1423 3,2 2656 3,0 55-59 806 1,8 564 1,3 1370 1,5 60-64 785 1,8 605 1,4 1391 1,6 65-69 448 1,0 290 0,6 738 0,8 70-74 460 1,1 325 0,7 785 0,9 75-79 184 0,4 114 0,3 297 0,3 80-84 205 0,5 134 0,3 339 0,4 85+ 122 0,3 76 0,2 198 0,2 Manquant/NSP 18 0,0 9 0,0 27 0,0 Tranches d’âge de dépendance 0-14 23032 52,7 23192 51 ,7 46224 52,2 15-64 19263 44,0 20684 46 ,1 39948 45,1 65+ 1418 3,2 939 2 ,1 2357 2,7 Manquant/NSP 18 0,0 9 0,0 27 0,0 Populations d’enfants et d’adultes Enfants de 0-17 ans 25607 58,6 25515 56 ,9 51122 57,7 Adultes de 18 ans ou + 18107 41,4 19299 43 ,1 37407 42,2 Manquant/NSP 18 0,0 9 0,0 27 0,0 Total 43731 100,0 44823 100,0 88556 100,0 Source : INSEED, MICS, Tchad, 2010 Tableau HH.2: Répartition selon l’âge par sexe au niveau du ménage 14 3 .2 CARACTERISTIQUES DES MENAGES ET DES PERSONNES ENQUETEES Les tableaux HH.3 à HH.5 fournissent les informations de base relatives aux ménages, aux enquêtées âgées de 15-49 ans et aux enfants de moins de cinq ans, en présentant les nombres aussi bien non pondérés que pondérés. Les informations sur les caractéristiques des ménages, des femmes et des enfants de moins de cinq ans interrogés sont essentielles pour l’interprétation des résultats présentés plus loin dans le rapport et peuvent également fournir une indication de la représentativité de l’enquête. Les autres tableaux de ce rapport ne sont présentés qu’avec des nombres pondérés (voir l’Annexe A pour plus de détails sur la pondération). Le tableau HH.3 fournit des informations sur la composition des ménages, par groupes spécifiques d’âge ; enfants de 0-4 ans, enfants de 0-14, femmes de 15-49 ans et taille moyenne des ménages. La taille moyenne du ménage est estimée à 5,4 personnes. Cette grandeur est exactement la même que celle qui a été trouvée au recensement de la population et de l’habitat réalisé en juin 2009. Soixante-quatre pour cent des ménages ont au moins un enfant de moins de cinq ans et 85 pour cent des ménages comptent au moins un enfant de moins de 18 ans. Quant aux femmes de 15-49 ans, elles sont représentées dans 82 pour cent des ménages. Les nombres pondérés et non pondérés des ménages sont égaux, les poids d’échantillonnage ayant été normalisés (voir Annexe A). Le tableau HH.3 fournit aussi des informations sur le sexe du chef de ménage, la région, la résidence et l’éducation du chef de ménage. Ces caractéristiques de base sont utilisées dans les tableaux qui suivent dans le rapport. Les chiffres dans le tableau sont également destinés à montrer les nombres d’observations par grandes catégories d’analyse. Les nombres pondérés et non pondérés de ménages sont égaux pour l’ensemble du pays car les poids d’échantillonnage été normalisés. Le tableau HH.3 montre que 83 pour cent des chefs de ménages enquêtés sont des hommes contre seulement 17 pour cent de femmes. Cette proportion reste similaire à celle observée au RGPH 2009. Il en est de même pour la proportion de la répartition des ménages selon le milieu de résidence (23% en milieu urbain contre 77% en milieu rural). Les tableaux HH.4 et HH.5 fournissent des informations sur les caractéristiques de base des enquêtées âgées de 15-49 ans et des enfants âgés de moins de cinq ans. Dans les deux tableaux, les nombres totaux d’observations pondérées et non pondérées sont différents car les poids d’échantillonnage sont fonction du poids représenté par chaque région. En plus de fournir des informations utiles sur les caractéristiques de base des femmes et des enfants, les tableaux sont également destinés à montrer les nombres d’observations au niveau de chaque catégorie de base. Ces catégories sont utilisées dans les tableaux suivants du présent rapport. Il ressort du tableau HH.4 que la plupart des femmes de 15-49 ans ont déjà mis au monde un enfant (82%). S’agissant des informations relatives à leur instruction, il apparaît que sept femmes sur dix sont sans instruction et seulement un dixième ont au moins atteint le niveau secondaire. La répartition des femmes par âge révèle que près des deux tiers (59%) des femmes enquêtées ont moins de 30 ans et seulement 14 pour cent ont entre 40 et 49 ans. Couverture de l’échantillon 15 TCHAD 2010 Tableau HH.3: Composition des ménages Pourcentage et fréquence des ménages selon les caractéristiques de base sélectionnées, Tchad, 2010 Nombre de ménages Pourcentage pondéré Pondéré Non pondéré Sexe du chef de ménage Masculin 82,8 13563 13235 Féminin 17,2 2822 3150 Région Batha 5,0 826 749 BET 1,0 165 650 Chari Baguirmi 4,9 803 752 Guéra 4,3 709 1283 Hadjer Lamis 5,5 899 745 Kanem 5,2 857 716 Lac 4,4 719 746 Logone Occidental 5,9 970 759 Logone Oriental 6,1 993 773 Mandoul 6,7 1092 784 Mayo Kebbi Est 6,9 1124 1077 Mayo Kebbi Ouest 4,5 732 748 Moyen Chari 5,5 903 775 Ouaddaï 7,3 1204 876 Salamat 3,0 485 765 Tandjilé 5,7 930 988 Wadi Fira 4,4 715 673 N’Djamena 11,3 1859 1036 Barh El Gazal ,9 145 723 Sila 1,6 255 768 Milieu de résidence Urbain 23,2 3795 6399 Rural 76,8 12591 9987 Instruction du chef du ménage Aucune 63,6 10428 10610 Primaire 19,2 3153 2884 Secondaire et plus 16,5 2706 2779 Total 100,0 16386 16386 Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 16 Tableau HH.4: Caractéristiques de base des femmes Pourcentage et fréquence des femmes âgées de 15-49 ans selon les caractéristiques de base sélectionnées, Tchad, 2010 Nombre de femmes Pourcentage pondéré Pondéré Non pondéré Région Batha 4,9 777 760 BET ,8 125 495 Chari Baguirmi 4,8 762 714 Guéra 4,4 698 1244 Hadjer Lamis 5,2 829 744 Kanem 4,9 774 654 Lac 3,6 572 605 Logone Occidental 5,6 897 711 Logone Oriental 6,2 984 847 Mandoul 6,4 1024 813 Mayo Kebbi Est 7,6 1208 1199 Mayo Kebbi Ouest 5,3 851 812 Moyen Chari 5,4 865 799 Ouaddaï 7,1 1137 813 Salamat 2,9 455 733 Tandjilé 5,8 920 933 Wadi Fira 4,2 677 561 N’Djamena 12,6 2016 1103 Barh El Gazal ,8 128 600 Sila 1,5 239 787 Milieu de résidence Urbain 24,9 3973 6617 Rural 75,1 11962 9310 Groupe d’âges 15-19 20,8 3310 3427 20-24 18,8 2999 3008 25-29 19,3 3068 2971 30-34 14,8 2356 2333 35-39 12,1 1922 1902 40-44 8,0 1276 1324 45-49 6,3 1004 962 Etat de maternité A déjà mis au monde 81,6 13002 12894 N'a jamais mis au monde 18,4 2934 3033 Instruction de la femme Aucune 69,6 11093 11059 Primaire 19,1 3044 3000 Secondaire et plus 11,3 1798 1868 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 19,1 3046 2602 Second 19,3 3074 2595 Moyen 19,8 3159 3034 Quatrième 20,6 3276 3758 Le plus riche 21,2 3382 3938 Total 100,0 15936 15927 Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 Couverture de l’échantillon 17 TCHAD 2010 Tableau HH.5: Caractéristiques des enfants de moins de 5 ans Pourcentage et fréquence des enfants de moins de cinq ans selon les caractéristiques de base sélectionnées, Tchad, 2010 Nombre d’enfants de moins de 5 ans Pourcentage pondération Pondéré Non pondéré Sexe Masculin 49,5 8415 8547 Féminin 50,5 8590 8456 Région Batha 5,9 1003 905 BET 0,8 136 564 Chari Baguirmi 5,0 846 747 Guéra 4,6 789 1392 Hadjer Lamis 5,7 966 805 Kanem 4,5 759 681 Lac 4,0 682 706 Logone Occidental 5,1 862 727 Logone Oriental 7,0 1189 923 Mandoul 6,9 1178 860 Mayo Kebbi Est 7,5 1268 1178 Mayo Kebbi Ouest 5,2 890 871 Moyen Chari 5,0 847 722 Ouaddaï 7,2 1227 887 Salamat 3,2 543 825 Tandjilé 5,6 959 1020 Wadi Fira 4,4 754 686 N’Djamena 9,9 1679 882 Barh El Gazal 0,8 138 732 Sila 1,7 291 890 Milieu de résidence Urbain 20,9 3547 6353 Rural 79,1 13459 10650 Groupe d’âges 0-5 mois 11,7 1996 1992 6-11 mois 9,2 1562 1558 12-23 mois 17,2 2932 2918 24-35 mois 19,7 3351 3343 36-47 mois 20,5 3480 3581 48-59 mois 19,0 3236 3285 Instruction de la mère Aucune 75,5 12839 12845 Primaire 17,7 3014 2945 Secondaire et plus 6,8 1149 1213 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 19,4 3298 2789 Second 20,5 3484 2983 Moyen 21,3 3623 3511 Quatrième 21,2 3597 4107 Le plus riche 17,7 3003 3613 Total 100,0 17005 17003 Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 18 Certaines caractéristiques de base des enfants de moins de cinq ans figurent au tableau HH.5. Il s’agit notamment de la répartition des enfants selon plusieurs caractéristiques: sexe, région et lieu de résidence, âge, niveau d’instruction de la mère ou de la gardienne, niveau de bien-être économique, et religion. Par rapport à la région de résidence, c’est la capitale N’Djamena qui abrite le plus d’enfants de moins de cinq ans enquêtés avec dix pour cent, suivie du Ouaddaï avec sept pour cent. Au Barh El Gazal et au BET, la proportion des enfants de moins de cinq ans n’atteint pas l’unité. Les enfants résidant en milieu urbain sont très peu nombreux par rapport à ceux vivant en milieu rural (21% contre 79%). La plupart des enfants ont des mères sans instruction (75%) et les enfants âgés de 6-11 mois sont les plus faiblement représentés. En matière de religion, les enfants dont les mères/gardiennes sont musulmanes sont relativement les plus nombreux, avec 58 pour cent. Tableau HH.6: Modes de vie des enfants et état d’orphelin Pourcentage d’enfants âgés de 0-17 ans selon les modes de vie, pourcentage d’enfants âgés de 0-17 ans ne vivant pas avec un parent biologique dans le ménage, et pourcentage d’enfants dont l’un ou les deux parents sont décédés, Tchad, 2010 Vit avec les deux parents Ne vit avec aucun des deux parents Ne vit qu’avec la mère Ne vit qu’avec le père Impossible de déterminer Ne vit pas avec un parent biologique1 L’un ou les deux parents décédé(s)2 Nombre d’enfants âgés de 0-17 ans Seul le père en vie Seule la mère en vie Les deux sont en vie Les deux sont décédés Père en vie Père décédé Mère en vie Mère décédée Sexe Masculin 78,9 0,6 1,4 5,2 0,8 6,5 3,9 0,5 1,3 1,0 8,0 8,0 25607 Féminin 76,2 0,7 1,6 7,1 0,9 7,0 3,8 0,4 0,8 1,5 10,3 7,9 25515 Groupe d’âges 0-4 84,5 0,3 0,4 3,1 0,2 8,2 2,3 0,2 0,3 0,5 4,0 3,6 17992 5-9 79,5 0,7 1,3 5,7 0,8 6,1 3,5 0,5 1,1 0,8 8,6 7,6 16391 10-14 73,6 1,0 2,4 7,6 1,1 6,1 5,3 0,6 1,5 0,9 12,1 11,3 11841 15-17 55,4 1,0 3,8 15,4 2,7 5,2 7,2 0,8 2,3 6,2 22,9 17,2 4898 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 72,4 1,0 1,3 5,5 0,8 10,1 5,8 0,4 0,9 1,0 8,6 9,8 10323 Second 80,5 0,4 0,8 4,8 0,6 5,9 4,1 0,4 1,1 1,4 6,5 7,1 10442 Moyen 83,0 0,3 1,5 5,0 0,5 5,0 2,5 0,3 0,9 1,0 7,3 5,8 10584 Quatrième 79,9 0,5 1,5 6,7 0,9 4,8 3,0 0,3 0,9 1,5 9,6 6,8 10365 Le plus riche 71,2 1,0 2,4 9,2 1,6 7,2 3,9 0,8 1,6 1,2 14,2 10,5 9408 Religion du chef de ménage Animiste 90,4 0,2 0,7 3,2 0,3 0,8 1,9 0,3 1,7 0,5 4,4 4,8 1664 Catholique 74,4 1,0 2,5 6,8 1,1 6,7 4,4 0,6 1,2 1,3 11,4 10,3 9216 Protestant 73,9 0,8 2,1 8,8 0,8 7,4 3,7 0,5 0,7 1,4 12,5 8,1 9010 Musulmane 78,0 0,6 1,1 5,4 0,9 7,3 4,0 0,4 1,1 1,2 8,0 7,6 28927 Autre religion 88,8 0,0 0,0 4,7 0,0 2,1 3,9 0,0 0,0 0,6 4,7 3,9 283 Pas de religion/ Ma. 89,3 0,3 0,8 4,4 0,2 1,0 2,3 0,0 0,9 0,8 5,6 4,6 2024 Total 77,6 0,7 1,5 6,2 0,9 6,7 3,9 0,4 1,0 1,2 9,3 7,9 51122 1 Indicateur MICS 9.17 ; 2 Indicateur MCIS 9.18 Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 Couverture de l’échantillon 19 TCHAD 2010 Tableau HH.6 (suite): Modes de vie des enfants et état d’orphelin Pourcentage d’enfants âgés de 0-17 ans selon les modes de vie, pourcentage d’enfants âgés de 0-17 ans ne vivant pas avec un parent biologique dans le ménage, et pourcentage d’enfants dont l’un ou les deux parents sont décédés, Tchad, 2010 Vit avec les deux parents Ne vit avec aucun des deux parents Ne vit qu’avec la mère Ne vit qu’avec le père Impossible de déterminer Ne vit pas avec un parent biologique1 L’un ou les deux parents décédé(s)2 Nombre d’enfants âgés de 0-17 ans Seul le père en vie Seule la mère en vie Les deux sont en vie Les deux sont décédés Père en vie Père décédé Mère en vie Mère décédée Région Batha 81,8 0,4 0,9 5,3 1,1 5,8 3,7 0,3 0,2 0,6 7,6 6,2 3051 BET 66,8 0,7 0,5 5,7 0,4 13,6 8,8 1,3 1,0 1,2 7,3 11,4 389 Chari Baguirmi 79,3 0,2 1,3 8,3 1,6 3,6 3,5 0,3 0,4 1,3 11,4 7,0 2338 Guéra 75,7 0,8 1,6 6,6 0,5 9,9 2,7 0,7 1,0 0,5 9,4 6,6 2329 Hadjer Lamis 79,5 0,5 0,7 6,4 1,2 4,8 4,3 0,3 1,4 1,0 8,8 8,1 2910 Kanem 81,0 0,5 0,6 3,2 0,7 8,6 3,9 0,0 0,6 1,0 5,0 6,2 2553 Lac 81,0 0,6 0,9 4,3 0,6 5,2 4,4 0,2 1,6 1,1 6,5 8,1 2185 Logone Occid. 67,6 1,7 2,5 9,6 1,0 9,8 4,2 0,7 0,6 2,3 14,9 10,0 2722 Logone Oriental 80,5 0,7 1,9 6,4 0,6 4,0 2,8 0,6 1,5 0,8 9,7 7,6 3199 Mandoul 76,0 0,6 2,6 4,9 0,5 9,2 3,3 0,7 0,8 1,5 8,6 7,8 3365 Mayo Kebbi Est 86,9 0,4 1,1 4,3 0,3 1,3 3,1 0,3 1,6 0,6 6,3 6,6 3961 Mayo Kebbi O. 86,8 0,6 1,2 4,4 1,1 2,2 1,3 0,4 1,1 0,9 7,2 5,1 2764 Moyen Chari 68,8 0,7 2,6 12,6 0,6 7,4 5,6 0,2 0,8 0,7 16,5 10,6 2711 Ouaddaï 76,2 0,5 1,0 4,7 0,8 9,8 4,5 0,0 0,8 1,8 6,9 7,6 3586 Salamat 78,8 0,6 1,5 5,2 0,2 7,1 4,0 0,8 0,6 1,2 7,5 7,0 1638 Tandjilé 79,3 0,5 1,5 6,6 0,8 4,6 3,8 0,1 0,7 2,1 9,4 7,4 3064 Wadi Fira 75,9 0,2 0,3 4,2 0,4 9,6 5,9 0,0 1,5 2,0 5,1 8,3 2054 N’Djamena 68,8 1,3 2,3 7,5 1,9 9,1 4,7 1,1 1,8 1,5 13,0 12,0 4975 Barh El Gazal 80,9 0,2 0,9 4,3 0,8 6,5 3,9 0,8 0,7 1,0 6,2 6,6 443 Sila 73,2 0,9 1,0 5,2 0,3 13,2 3,2 0,1 1,5 1,4 7,4 7,1 885 Milieu de résidence Urbain 68,3 1,1 2,4 8,8 1,6 9,2 5,0 0,9 1,4 1,3 14,0 11,5 10938 Rural 80,1 0,5 1,2 5,4 0,6 6,1 3,6 0,3 1,0 1,2 7,8 7,0 40184 Total 77,6 0,7 1,5 6,2 0,9 6,7 3,9 0,4 1,0 1,2 9,3 7,9 51122 1 Indicateur MICS 9.17 ; 2 Indicateur MCIS 9.18 Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 20 La situation des enfants âgés de 0-17 ans, ne vivant avec aucun de leurs deux parents, celle de ceux qui ne vivent qu’avec la mère et celle de ceux qui ne vivent qu’avec le père, est présentée dans le tableau HH.6. Au Tchad, un pour cent des enfants âgés de 0-17 ans a perdu ses deux parents. Cette proportion est la même chez les filles et les garçons mais elle est plus élevée en milieu urbain (2%) qu’en milieu rural (1%). De plus, huit pour cent des enfants ont perdu l’un de leurs deux parents. Cette situation est plus fréquente en milieu urbain qu’en milieu rural et dans certaines régions comme N’Djamena, le BET, le Moyen Chari et le Logone Occidental. Le tableau HH.6 renseigne aussi sur les conditions de vie des enfants orphelins, en distinguant plusieurs catégories. Les enfants vivant avec les deux parents : ce sont des enfants qui vivent dans le même ménage que leurs deux parents biologiques. Au Tchad, près de huit enfants sur dix vivent avec leurs deux parents (78%). Au Mayo Kebbi Est et au Mayo Kebbi Ouest, ce sont neuf enfants sur dix qui vivent avec leurs deux parents (87%) contre un peu moins de sept enfants sur dix au BET (67%), au Logone Occidental (68%), au Moyen Chari et à N’Djamena (69%). En milieu urbain, les enfants qui vivent avec leurs deux parents sont moins nombreux (68%) qu’en milieu rural (80%). De même, la proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents est plus faible dans les familles chrétiennes et musulmanes que dans les familles animistes et d’autres religions. Les enfants ne vivant avec aucun de leurs deux parents : les enfants qui ne vivent avec aucun de leurs parents répondent à l’un des quatre critères suivants : seul le père est en vie ; seule la mère est en vie ; les deux parents sont en vie ; les deux parents sont décédés. Globalement au Tchad, les enfants qui ne vivent avec aucun de leurs deux parents mais dont le père est en vie ou dont la mère est en vie sont peu nombreux (autour de 1%) tandis que ceux dont les deux parents sont en vie et qui ne vivent avec aucun des deux sont plus nombreux (6%). Enfin, ceux dont les deux parents biologiques sont effectivement décédés ne représentent qu’un pour cent. Au total, près d’un enfant sur dix vit ainsi sans aucun de ses deux parents biologiques. Cette forme de vulnérabilité concerne davantage les filles (10%) que les garçons (8%). On observe aussi de profondes disparités régionales : le phénomène est relativement courant dans le Moyen Chari (17%), dans le Logone Occidental (14%) et à N’Djamena (13%). En revanche, il est plus rare dans le Kanem et au Wadi Fira (5%). Selon le milieu de résidence, la proportion d’enfants ne vivant avec aucun parent biologique est plus élevée en milieu urbain (14%) qu’en milieu rural (8%). De plus, le phénomène est moins accentué dans les ménages les plus pauvres (9%) que chez les plus riches (14%). Selon le groupe d’âge, plus l’enfant grandit et plus il est susceptible de vivre dans cette situation : 0-4 ans (4%), 5-9 ans (9%), 10-14 ans (12%) et 15-17 ans (23%). Les enfants vivant avec la mère seulement : quatre pour cent des enfants vivent avec leur mère seulement parce que leur père est décédé mais sept pour cent vivent la même situation alors que leur père est en vie. Au Sila et au BET, plus de 13 pour cent des enfants dont le père est en vie vivent avec leur mère seulement alors que dans les deux Mayo Kebbi, cette situation est relativement marginale (1% à 2%). Les enfants vivant avec leur mère alors que leur père est en vie sont plus nombreux en milieu urbain que rural. De même, ils sont plus nombreux lorsqu’ils sont en bas âge (0-4 ans : 8%), issus des ménages les pauvres (11%), de confession chrétienne ou musulmane (7%). De même, les enfants dont le père est décédé et qui vivent avec leur mère sont plus nombreux chez les plus pauvres (6%) que chez les plus riches (4%). Ils sont moins nombreux chez les animistes (2%) que dans les familles des autres confessions religieuses (4%). Les enfants vivant avec le père seulement : Les enfants sont la mère est en vie mais qui vivent seulement avec leur père sont rares et seulement un pour cent des enfants vivant avec leur père ont perdu leur mère. Dans certaines régions comme le Lac, le Logone Oriental, le Mayo Kebbi Est, le Wadi Fira, le Sila et N’Djamena, la proportion d’enfants dont la mère est décédée et qui vivent avec leur père est le double de la moyenne nationale (2%). Dans d’autres régions en revanche, elle est pratiquement nulle (Batha et Chari Baguirmi). Les enfants les plus jeunes (0-4 ans) ne sont guère concernés par cette situation comparativement aux plus âgés. Les enfants dont la mère est décédée et qui vivent avec le père sont deux fois plus nombreux chez les plus riches (2%) que chez les plus pauvres (1%). Couverture de l’échantillon 21 TCHAD 2010 22 ©UNICEF/ Julie Pudlowski 23 TCHAD 2010 IV. Mortalité infantile Ce chapitre porte sur les indicateurs de mortalité des enfants de moins de cinq ans. Ces indicateurs fournissent des informations sur les niveaux, les disparités et les tendances de la mortalité infantile, de la mortalité juvénile et de la mortalité infanto-juvénile. La mortalité des enfants est un indicateur de développement qui a une grande influence sur l’espérance de vie d’un pays. Ces différentes informations sont très utiles pour l’élaboration des politiques de population et des programmes de santé. En effet, la mortalité de la petite enfance est influencée par les conditions sanitaires, environnementales, sociales, économiques et culturelles. Elle reflète le niveau de pauvreté et les conditions de précarité dans lesquelles vivent les populations enquêtées. L’un des objectifs primordiaux des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) est la réduction de la mortalité infantile et infanto-juvénile. Plus précisément, les OMD visent la réduction, des deux tiers entre 1990 et 2015, de la mortalité des enfants de moins de cinq ans. Le suivi des progrès vers cet objectif est certes important mais difficile. 4 .1 METHODOLOGIE Mesurer la mortalité infantile peut sembler facile, mais tenter d’utiliser des questions directes telles que “Quelqu’un dans ce ménage est-il décédé l’an dernier?” donne des résultats inexacts. L’utilisation de mesures directes de la mortalité infantile à partir des histoires de la naissance prend du temps, est plus coûteuse, et nécessite une plus grande attention à la formation et la supervision. Comme alternative, les méthodes indirectes développées pour mesurer la mortalité infantile produisent des estimations robustes qui sont comparables avec celles obtenues à travers d’autres sources. Les méthodes indirectes réduisent au minimum les pièges des trous de mémoire, les définitions inexactes ou mal interprétées et les mauvaises techniques d’interview. De toutes les techniques d’estimations indirectes de la mortalité des enfants, on a opté pour celle de W. Brass (Nations Unies, 1983; 1990a; 1990b). En 1964, W. Brass a eu l’idée de se servir des données de structure pour en déduire des indices de mouvement. Les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile ont été calculés pour l’enquête MICS-2010 suivant une technique d’estimation indirecte connue sous le nom de méthode de Brass, qui se sert des données sur le nombre moyen des enfants déjà nés pour des groupes d’âge quinquennaux de femmes de 15 à 49 ans, de la proportion parmi ces enfants qui sont morts également pour des groupes d’âge quinquennaux de femmes (tableau CM.1) et convertit ces données en probabilités de mourir. La technique transforme les proportions de décès parmi les enfants de femmes au niveau de chaque groupe en probabilités de mourir en tenant compte de la durée approximative de l’exposition des enfants au risque de mourir, en supposant une répartition particulière par âge-type de la mortalité. 24 Tableau CM.1: Enfants nés vivants, enfants survivants et proportion des décès selon l’âge des femmes Nombres moyens et totaux d’enfants nés vivants, des enfants survivants et proportion des décès selon l’âge des femmes, Tchad, 2010 Enfants nés vivants Enfants survivants Proportion de décédés Nombre de femmesNombre moyen Total Nombre moyen Total Groupe d’âges 15-19 0,5 1771 0,4 1508 0,1 3428 20-24 2,1 6167 1,7 5207 0,2 3006 25-29 3,7 11084 3,1 9250 0,2 2973 30-34 5,4 12725 4,5 10429 0,2 2335 35-39 6,5 12300 5,2 9859 0,2 1905 40-44 7,4 9797 5,8 7732 0,2 1326 45-49 7,6 7284 5,7 5491 0,2 959 Total 3,8 61128 3,1 49476 0,2 15932 Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 4 .2 MORTALITE INFANTILE ET INFANTO-JUVENILE La mortalité infanto-juvénile mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant le cinquième anniversaire. Globalement, le risque de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire serait d’environ 175 pour mille (tableau CM.2). Comparativement aux résultats de l’EDST1 (taux de mortalité infanto-juvénile : 200‰), la mortalité des enfants tchadiens n’a connu qu’une faible amélioration au cours des 15 dernières années: elle se maintient dans un intervalle de 150-200 pour mille. La stabilité tout comme la hausse de la mortalité des enfants dans un pays sont des phénomènes inhabituels au regard des efforts consentis pour la santé par le Gouvernement avec l’appui des partenaires multi et bilatéraux, à travers les financements allouées aux différents programmes mis en œuvre. Cependant au Tchad, cette tendance semble cohérente avec la situation sanitaire des enfants et les aspects liés à la malnutrition et peut s’expliquer par le fait que les efforts fournis dans le secteur santé ont seulement pu contenir la hausse de la mortalité observée à la suite de la crise politico-économique mais n’ont pas pu inverser la tendance. La plupart des indicateurs relatifs à la santé des enfants sont au mieux restés stables ou se sont dégradés. Il est permis de penser que des facteurs socio-économiques, culturels et écologiques expliqueraient cette stabilité de la mortalité des enfants, comme c’est le cas dans la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne. Le niveau de la mortalité varie tant avec les caractéristiques de la mère qu’avec celles des enfants. Le tableau CM.2 présente les différents quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère. Entre la naissance et le cinquième anniversaire, la mortalité des enfants de sexe masculin est, comme dans la plupart des populations, relativement plus élevée que celles des enfants de sexe féminin. Les résultats du tableau CM.2 montrent qu’à la naissance, sur 1 000 garçons, 187 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire contre 161 pour 1 000 filles. Il apparaît qu’au cours de la première année de vie, la surmortalité des enfants de sexe masculin est plus élevée. Les risques de décéder avant l’âge de cinq ans présentent des écarts moins importants selon le milieu de résidence. En effet, le niveau de mortalité infanto-juvénile n’est pas très différent en ville (165‰) et à la campagne (180‰). De faibles différences de l’offre et des niveaux d’utilisation des services de santé expliqueraient ces différences de mortalité. Les risques de décéder avant l’âge de cinq ans présentent des écarts importants selon le niveau d’étude de la mère. A l’opposé, le niveau d’instruction ne contribue à la baisse du niveau de mortalité infanto-juvénile qu’à partir du niveau secondaire. Un niveau d’instruction élevé est généralement associé à de faibles taux de mortalité; les femmes instruites étant plus fréquemment exposées aux informations concernant une bonne nutrition, l’utilisation de la contraception Mortalité infantile 25 TCHAD 2010 Tableau CM.2: Mortalité des enfants Taux de mortalité infantile et infanto-juvénile Modèle Nord, Tchad, 2010 Taux de mortalité infantile1 Taux de mortalité infanto-juvénile2 Sexe Masculin 116 187 Féminin 95 161 Milieu de résidence Urbain 100 165 Rural 108 180 Instruction de la mère 129 Aucune 104 172 Primaire 114 191 Secondaire et plus 80 128 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 100 163 Second 116 195 Moyen 106 175 Quatrième 109 181 Le plus riche 97 158 Religion du chef de ménage 72 Animiste 125 211 Catholique 122 205 Protestant nd 203 Musulmane 97 158 Autre religion 134 225 Total 106 175 1 Indicateur MICS 1.2; Indicateur OMD 4.2; 2 Indicateur MICS 1.1; Indicateur OMD 4.1 Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 pour l’espacement des naissances, la prévention des maladies des enfants et leur traitement. Cependant, la réduction des risques de mortalité des enfants est plus importante lorsque la mère passe du niveau d’instruction primaire au niveau d’instruction secondaire ainsi que le montre les résultats suivants : le risque de décéder avant l’âge de cinq ans est de 191 pour mille pour les enfants dont la mère a un niveau d’instruction primaire alors qu’il chute à 128 pour mille chez les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Cela veut dire que pour réduire significativement le niveau de mortalité des enfants au Tchad, la scolarisation des filles/femmes est un passage absolument obligé. En revanche, selon les résultats, le niveau du bien-être économique ne génère pas de grandes différences entre les groupes ; en effet, il ne semble pas contribuer significativement à la baisse de la mortalité avant cinq ans avec un maximum pour le second quintile (195‰) et un minimum pour le quintile le plus riche (158‰). Par rapport à la moyenne nationale, les nourrissons et les enfants de moins de cinq ans nés dans les ménages dirigés par un chef de confession musulmane meurent moins que ceux ayant des parents adeptes d’autres religions. En effet, on observe un risque de décéder avant le cinquième anniversaire de respectivement 225 pour mille dans les ménages d’autres religions, 211 pour mille chez les animistes, 205 pour mille chez les catholiques, 203 pour mille chez les protestants et 158 pour mille chez les musulmans. 26 4 .3 . TENDANCE DES NIVEAUX DE MORTALITE DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Au vu de la série de données présentées au graphique CM.1, on constate une tendance à la baisse des indicateurs de mortalité de la petite enfance depuis les années 1960. Cette tendance reflète les efforts consentis par l’Etat, les communautés urbaines et rurales afin d’améliorer la couverture sanitaire du pays. Cependant, le niveau de la mortalité des enfants au Tchad reste parmi les plus élevés d’Afrique et du monde. Il semble que l’amélioration du taux de couverture sanitaire n’ait pas été suivie d’une amélioration concomitante des conditions alimentaires, d’hygiène et assainissement, d’accès à l’eau potable et de l’environnement physique. Sans de telles améliorations, ces indicateurs ne peuvent aller dans le sens d’une réelle baisse. Le quotient de mortalité infanto-juvénile a connu une baisse entre 1964 et 2000. De 227 pour mille en 1964, il est tombé à 194 pour mille en 2000, pour remonter à 203 pour mille en 2004 et finalement amorcer une nouvelle baisse jusqu’en 2010 (175‰). Graphique CM.1: Evolution du niveau de la mortalité des enfants de moins 5 ans entre 1964 et 2010, Tchad La baisse de la mortalité infanto-juvénile est surtout alimentée par celle du taux de mortalité juvénile. En effet, le quotient de mortalité juvénile a baissé lentement mais régulièrement entre 1964 et 2010. Il est passé de 110 pour mille en 1964 à 94 pour mille en 2010. En revanche, le quotient de mortalité infantile a connu une évolution moins régulière : il a baissé de façon importante entre 1964 (160‰) et 2010 mais manifeste depuis 1997 une certaine stabilité tout en demeurant à des niveaux particulièrement élevés (106‰ en 2010). Mortalité infantile 27 TCHAD 2010 28 ©UNICEF/Harandane Dicko 29 TCHAD 2010 V. Nutrition L’état nutritionnel des enfants est le reflet de leur état de santé général. Lorsque les enfants ont accès à une nourriture suffisante et équilibrée, ne sont pas exposés à des maladies de façon répétée, et bénéficient de soins de qualité, ils atteignent leur potentiel de croissance physique et psychique et sont moins vulnérables. La malnutrition est associée à plus de la moitié des décès d’enfants dans les pays en développement. Les enfants sous-alimentés sont plus susceptibles de mourir de maladies courantes de l’enfance, et ceux qui survivent ont des maladies récurrentes et un retard de croissance. Les trois quarts des enfants qui meurent de causes liées à la malnutrition n’étaient que légèrement ou modérément malnutris - ne montrant aucun signe extérieur de vulnérabilité. L’un des objectifs du Millénaire pour le développement est de réduire de moitié la proportion de personnes qui souffrent de la faim entre 1990 et 2015. Une réduction de la prévalence de la malnutrition contribuerait également à l’atteinte de l’OMD visant la réduction de la mortalité infantile. Dans une population bien nourrie, il y a une distribution de référence de la taille et du poids des enfants de moins de cinq ans. La sous-alimentation dans une population peut être mesurée en comparant les enfants à la population de référence. La population de référence utilisée dans le présent rapport est basée sur les normes de croissance de l’OMS . Chacun des trois indicateurs de l’état nutritionnel peut être exprimé en unités d’écart type (écart réduit) de la médiane de la population de référence. Le poids-pour-âge est une mesure de la malnutrition à la fois aiguë et chronique. Les enfants dont le poids-pour-âge est plus de deux écarts-types en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant d’insuffisance pondérale modérée ou sévère, tandis que ceux dont le poids-pour-âge est plus de trois écarts types en dessous de la médiane sont considérés comme ayant une insuffisance pondérale sévère. La taille-pour-âge est une mesure de la croissance linéaire. Les enfants dont la taille-pour-âge est de plus de deux écarts-types en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme trop petits pour leur âge et sont classés comme accusant un retard de croissance modéré ou sévère. Ceux dont la taille- pour-âge est de plus de trois écarts types en dessous de la médiane sont classés comme ayant un retard de croissance sévère. Le retard de croissance est le reflet de la malnutrition chronique découlant du manque de nutrition adéquate pendant une longue période et de maladie récurrente ou chronique. Enfin, les enfants dont le poids-pour-taille est de plus de deux écarts-types en dessous de la médiane de la population de référence sont classés comme modérément ou sévèrement émaciés, tandis que ceux qui se situent à plus de trois écarts types en dessous de la médiane sont considérés comme sévèrement émaciés. L’émaciation est généralement le résultat d’une carence nutritionnelle récente. L’indicateur peut présenter des variations saisonnières importantes associées à des changements dans la disponibilité de la nourriture ou à la prévalence de la maladie. Pour MICS, les poids et les tailles de tous les enfants de moins de 5 ans ont été mesurés à l’aide de matériel anthropométrique recommandé par l’UNICEF (www.childinfo.org). Les résultats de cette section sont basés sur ces mesures. 5 .1 ETAT NUTRITIONNEL 5 .1 .1 INSUFFISANCE PONDERALE Le tableau NU.1 montre les pourcentages d’enfants classés dans chacune de ces catégories, sur la base des mesures anthropométriques qui ont été prises au cours des travaux sur le terrain. En outre, le tableau comprend le pourcentage d’enfants en surcharge pondérale, qui prend en compte les enfants dont le poids-pour-taille est supérieur à deux écarts-types de la médiane de la population de référence, et la moyenne de l’écart réduit pour les trois indicateurs anthropométriques. Les résultats de ce tableau indiquent qu’environ un tiers (30%) des enfants souffrent d’insuffisance pondérale modérée et 13 pour cent de façon sévère. 30 Cette forte prévalence de l’insuffisance pondérale présente des écarts importants en fonction du milieu de résidence. En effet, en milieu rural, 33 pour cent des enfants sont atteints de cette forme de malnutrition contre 22 pour cent en milieu urbain. En outre, l’insuffisance pondérale est très élevée dans plusieurs régions du Tchad, en particulier : le Lac (57%), le Kanem (56%), le BET (50%), le Barh El Gazel (48%), le Hadjer Lamis (44%), le Ouaddaï, le Guéra (41%) et le Chari Baguirmi (41%). Ces régions se trouvent toutes dans la bande sahélo- saharienne, particulièrement déficitaire en pluviométrie au cours de l’année dernière, avec pour conséquence de mauvaises récoltes. Dans les régions comme le Moyen Chari et N’Djamena, la prévalence de l’insuffisance pondérale est de 14 et 15 pour cent respectivement. La différence selon l’âge des enfants fait apparaître de grandes disparités : le pourcentage d’enfants accusant une insuffisance pondérale augmente très rapidement avec l’âge, passant de 12 pour cent chez les enfants de moins de 6 mois à 40 pour cent chez les 12-23 mois. Le niveau d’instruction de la mère est aussi une variable influente car les enfants dont les mères n’ont aucune instruction sont plus affectés par l’insuffisance pondérale (35%) que ceux dont les mères ont le niveau d’instruction secondaire ou plus (15%). 5 .1 .2 MALNUTRITION CHRONIQUE Au cours de l’année 2010, quatre enfants sur dix (39%) souffrent de malnutrition chronique et 21 pour cent en souffrent de façon sévère. Cette forte prévalence place le Tchad dans la catégorie des pays à malnutrition très élevée. La prévalence de la malnutrition chronique selon l’âge, qu’elle soit modérée ou sévère, laisse apparaître des variations importantes. Le pourcentage d’enfants accusant un retard de croissance augmente très régulièrement et très rapidement avec l’âge, passant de neuf pour cent chez les enfants de moins de six mois à 53 pour cent chez les enfants de 24-35 mois, avant de chuter à 35 pour cent chez les enfants de 48-59 mois. La forme sévère de ce type de malnutrition suit la même tendance puisque de trois pour cent pour les enfants de moins de six mois, elle passe à neuf pour cent chez les enfants de 6-11 mois et concerne 30 pour cent des 24-35 mois. En considérant le milieu de résidence, il apparaît que les enfants ruraux sont relativement les plus touchés : 41 pour cent en milieu rural contre 31 pour cent en milieu urbain. Comme constaté pour l’insuffisance pondérale, les enfants dont les mères n’ont aucune instruction ont plus de chance de souffrir de retard de croissance (42%) que ceux dont les mères sont de niveau secondaire ou plus (24%). En ce qui concerne les régions, les résultats font apparaître une prévalence élevée du rabougrissement des enfants dans les régions du Lac (59%), Kanem (59%), Barh El Gazal (53%), Ouaddaï (50%), une baisse graduelle dans les régions du sud, et le niveau le plus bas dans la région de N’Djamena (26%). 5 .1 .3 EMACIATION Sur le plan national, cette forme de malnutrition est estimée à 16 pour cent dans sa forme globale (modérée et sévère) tandis qu’elle est de six pour cent dans sa forme sévère. On note une légère différence selon le sexe de l’enfant (17% chez les garçons contre 15% chez les filles) pour la forme modérée. En considérant le milieu de résidence, on constate que les enfants vivant en milieu rural sont plus fréquemment émaciés de façon modérée que ceux qui vivent en milieu urbain (16% contre 13%). Quant à la différence selon l’âge, de 18 pour cent chez les enfants de moins de six mois, l’émaciation modérée atteint son maximum (24%) chez les enfants de 6-11 mois avant de chuter pour se stabiliser autour de 12 à 13 pour cent après 24 mois. Comme dans les deux cas précédents, le niveau d’instruction de la mère affecte la prévalence de la malnutrition aiguë : 17 pour cent des enfants sont émaciés de façon modérée lorsque la mère n’a aucune instruction contre neuf pour cent parmi ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Les résultats par région font apparaître une prévalence élevée de la maigreur dans les mêmes régions citées pour les cas de l’insuffisance pondérale et du retard de croissance . Nutrition 31 TCHAD 2010 Table NU.1: Etat nutritionnel des enfants Pourcentage des enfants de moins de 5 ans par état nutritionnel selon trois indices anthropométriques: poids-pour-âge, taille-pour-âge, et poids-pour-taille, Tchad, 2010 Poids-pour-âge Taille-pour-âge Poids-pour-taille Insuffisance Pondérale Retard de croissance Emaciation Obésité pourcentage inférieur à Moyenne Score Z- (SD) Nombre d’enfants de moins de 5 ans pourcentage inférieur à Moyenne Score Z- (SD) Nombre d’enfants de moins de 5 ans Pourcentage inférieur à Pourcentage supérieur à Moyenne Score Z- (SD) Nombre d’enfants de moins de 5 ans- 2 SD 1 - 3 SD2 - 2 SD3 - 3 SD4 - 2 SD5 - 3 SD6 + 2 SD Sexe Masculin 32,5 13,6 -1,4 6290 40,4 22,2 -1,5 6134 16,7 6,8 2,6 -0,7 7360 Féminin 28,2 12,2 -1,2 6397 37,1 19,7 -1,3 6292 14,6 5,0 3,0 -0,6 7589 Groupe d’âges 0-5 mois 12,5 4,2 -0,2 1728 9,3 3,2 -0,4 1642 17,7 7,0 3,5 -0,6 1747 6-11 mois 30,3 12,2 -1,3 1377 22,0 9,0 -0,8 1362 24,1 8,0 1,7 -1,1 1441 12-23 mois 40,3 19,7 -1,7 2434 51,5 29,5 -2,0 2379 19,1 6,8 2,1 -0,8 2574 24-35 mois 37,1 17,0 -1,6 2494 52,9 30,5 -2,0 2425 13,5 5,4 2,9 -0,6 2898 36-47 mois 29,1 11,2 -1,3 2475 44,3 24,5 -1,7 2448 12,1 5,3 3,5 -0,5 3098 48-59 mois 27,2 9,5 -1,3 2176 35,5 17,8 -1,5 2165 13,1 4,7 2,9 -0,6 2858 Niveau d’instruction de la mère Aucun 34,7 15,5 -1,4 9096 41,8 23,3 -1,5 8885 17,5 6,9 2,8 -0,7 11144 Primaire 21,0 6,9 -0,9 2566 33,5 16,1 -1,3 2538 10,7 3,4 2,9 -0,3 2755 Secondaire et plus 14,7 4,1 -0,7 1022 24,2 11,5 -0,9 1001 9,3 2,4 2,6 -0,3 1047 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 30,1 13,1 -1,2 2246 38,3 20,8 -1,3 2207 16,0 5,8 3,6 -0,6 2848 Second 33,2 14,5 -1,4 2524 42,7 22,6 -1,5 2477 15,9 6,6 3,4 -0,6 3031 Moyen 32,9 14,3 -1,4 2726 41,3 23,1 -1,5 2663 16,1 6,0 2,4 -0,7 3173 Quatrième 33,6 15,2 -1,4 2760 40,8 23,2 -1,5 2705 17,0 6,7 1,5 -0,7 3179 Le plus riche 21,1 6,7 -1,0 2432 29,7 14,3 -1,0 2374 12,9 4,3 3,1 -0,5 2718 Religion du chef de ménage Animiste 32,0 16,2 -1,4 430 47,9 27,7 -1,9 421 12,7 4,8 2,3 -0,4 461 Catholique 18,9 6,8 -0,8 2423 32,4 16,3 -1,2 2380 10,5 3,9 5,1 -0,2 2680 Protestant 19,0 7,0 -0,9 2601 31,5 15,9 -1,1 2552 9,7 3,4 3,0 -0,3 2758 Musulmane 38,8 17,1 -1,6 6730 42,9 23,9 -1,5 6583 19,9 7,7 1,8 -0,9 8390 Autre religion 18,5 9,4 -0,9 59 31,2 12,8 -1,3 55 6,5 0,0 13,0 0,2 73 Total 30,3 12,9 -1,3 12687 38,7 20,9 -1,4 12426 15,7 5,9 2,8 -0,6 14949 1 Indicateur MICS 2.1a et Indicateur OMD 1.8; 2 Indicateur 2.1b; 3 Indicateur 2.2A; 4 Indicateur 2.2b; 5 Indicateur 2.3a; 6 Indicateur 2.3b Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 32 Table NU.1 (suite): Etat nutritionnel des enfants Pourcentage des enfants de moins de 5 ans par état nutritionnel selon trois indices anthropométriques: poids-pour-âge, taille-pour-âge, et poids-pour-taille, Tchad, 2010 Poids-pour-âge Taille-pour-âge Poids-pour-taille Insuffisance Pondérale Retard de croissance Emaciation Obésité pourcentage inférieur à Moyenne Score Z- (SD) Nombre d’enfants de moins de 5 ans pourcentage inférieur à Moyenne Score Z- (SD) Nombre d’enfants de moins de 5 ans Pourcentage inférieur à Pourcentage supérieur à Moyenne Score Z- (SD) Nombre d’enfants de moins de 5 ans- 2 SD 1 - 3 SD2 - 2 SD3 - 3 SD4 - 2 SD5 - 3 SD6 + 2 SD Milieu de résidence Urbain 21,7 7,6 -1,0 2874 30,8 14,7 -1,1 2796 13,0 4,4 2,4 -0,5 3185 Rural 32,9 14,4 -1,4 9813 41,0 22,7 -1,5 9630 16,4 6,3 2,9 -0,7 11764 Région Batha 33,5 12,8 -1,4 666 36,5 20,3 -1,2 654 19,5 6,8 1,6 -0,9 889 BET 49,6 24,9 -2,0 75 45,4 26,5 -1,9 71 27,9 9,3 1,8 -1,2 102 Chari Baguirmi 41,4 19,3 -1,8 657 48,0 27,8 -1,8 640 22,0 8,5 1,8 -1,0 798 Guéra 41,2 17,0 -1,6 530 46,1 23,3 -1,6 512 16,1 4,9 0,4 -0,9 703 Hadjer Lamis 44,5 19,2 -1,9 794 42,7 24,8 -1,4 775 27,9 13,8 0,9 -1,3 832 Kanem 56,2 29,1 -2,1 361 59,3 35,0 -2,2 350 25,7 8,8 1,0 -1,3 591 Lac 56,6 27,3 -2,1 555 59,5 39,5 -2,2 544 19,7 5,7 1,6 -1,0 580 Logone Occidental 23,0 10,0 -1,1 737 32,6 16,9 -1,2 721 15,4 5,0 3,4 -0,5 737 Logone Oriental 17,5 6,3 -0,7 1116 29,7 15,4 -1,1 1094 9,6 4,3 7,7 -0,1 1098 Mandoul 16,7 5,4 -0,7 1002 30,1 15,0 -1,2 990 6,8 1,4 5,2 0,0 1084 Mayo Kebbi Est 26,8 11,8 -1,2 688 40,7 22,5 -1,6 673 10,7 4,1 2,5 -0,4 1105 Mayo Kebbi Ouest 29,1 12,8 -1,4 771 47,0 26,2 -1,9 766 11,3 4,1 2,6 -0,3 809 Moyen Chari 14,1 4,3 -0,7 769 29,3 12,1 -1,0 759 6,8 2,1 2,0 -0,2 784 Ouaddaï 41,1 17,4 -1,7 827 49,9 25,7 -1,9 816 18,4 7,0 3,1 -0,8 1039 Salamat 38,8 19,1 -1,4 335 39,3 20,3 -1,2 342 19,9 6,3 3,5 -0,9 423 Tandjilé 29,6 13,6 -1,2 689 39,8 23,5 -1,5 673 13,9 6,0 3,1 -0,5 816 Wadi Fira 38,9 18,8 -1,5 402 33,8 19,9 -1,2 394 23,3 11,4 1,2 -1,3 673 N’Djamena 15,1 3,6 -0,7 1374 26,0 10,8 -0,9 1321 9,1 2,0 2,7 -0,4 1518 Barh El Gazal 48,5 26,7 -2,0 98 53,3 34,1 -2,0 97 25,2 10,7 1,0 -1,2 121 Sila 39,1 15,6 -1,6 242 35,7 20,6 -0,9 235 33,3 21,2 2,5 -1,5 246 Total 30,3 12,9 -1,3 12687 38,7 20,9 -1,4 12426 15,7 5,9 2,8 -0,6 14949 1 Indicateur MICS 2.1a et Indicateur OMD 1.8; 2 Indicateur 2.1b; 3 Indicateur 2.2A; 4 Indicateur 2.2b; 5 Indicateur 2.3a; 6 Indicateur 2.3b Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 Nutrition 33 TCHAD 2010 5 .1 .4 TENDANCES DE LA MALNUTRITION Au vu des résultats concernant les trois indicateurs présentés ci-dessus, il faut reconnaître que la situation nutritionnelle des enfants de moins de cinq ans résidant au Tchad est grave. En effet, selon les critères de l’OMS, avec des taux de retard de croissance et d’insuffisance pondérale supérieurs à 30 pour cent, et un taux de malnutrition aiguë globale au-dessus de 15 pour cent, la situation nutritionnelle au Tchad atteint un seuil très critique. La mauvaise pluviométrie, engendrant les mauvaises récoltes, la cherté de la vie et les épidémies de rougeole sont pour beaucoup dans la crise nutritionnelle en 2010. Le graphique NU.1 ci-dessous donne la tendance de la malnutrition au cours de ces quinze dernières années. Ce graphique révèle que globalement, la malnutrition au Tchad est quasi-structurelle depuis plus d’une décennie. Ce niveau très élevée requiert des interventions dans les zones concernées du pays afin de pouvoir inverser la tendance et engager une baisse réelle. Graphique NU.1: Tendance de la malnutrition au cours des 15 dernières années, Tchad, 2010 5 .2 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DES ENFANTS L’allaitement maternel pendant les premières années de la vie protège les enfants contre l’infection, fournit une source idéale d’éléments nutritifs et est économique et sûr. Cependant, quand les enfants sont sevrés, et ils le sont souvent trop tôt (à cause des naissances rapprochées), l’introduction d’aliments de complément est souvent mal faite en terme de temps, de qualité (par exemple si l’eau potable n’est pas facilement disponible), de quantité et de fréquence, ce qui entraîne des déficiences en micronutriments. L’OMS et l’UNICEF ont fait les recommandations d’alimentation suivantes: • l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois ; • la poursuite de l’allaitement pendant deux ans ou plus ; • des aliments complémentaires sûrs, appropriés et adéquats à partir de 6 mois ; • la fréquence de l’alimentation complémentaire: deux fois par jour pour les nourrissons âgés de 6-8 mois; trois fois par jour pour les nourrissons âgés de 9-11 mois. Il est également recommandé que l’allaitement commence dans l’heure suivant la naissance. Les indicateurs liés aux pratiques recommandées en matière d’alimentation de l’enfant sont les suivantes: • le début précoce de l’allaitement (dans l’heure suivant la naissance) ; • le taux d’allaitement maternel exclusif (<6 mois) ; 34 • l’allaitement maternel prédominant (<6 mois) ; • le taux de poursuite de l’allaitement (à 1 an et 2 ans) ; • la durée de l’allaitement maternel ; • l’allaitement adapté à l’âge (0-23 mois) ; • l’introduction des aliments solides, semi-solides et doux (6-8 mois) ; • la fréquence de repas minimum (6-23 mois) ; • la fréquence d’alimentation lactée pour les enfants non-allaités au sein (6-23 mois) ; • l’utilisation de biberon (0-23 mois). Compte tenu de l’importance des pratiques d’allaitement, on a demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés dans les deux années ayant précédé l’enquête et, plus précisément, quel âge avaient ces enfants au moment où elles avaient commencé à allaiter, pendant combien de temps elles les avaient allaités, quelle était la fréquence de l’allaitement, à quel âge avaient été introduits des aliments de complément et de quel type d’aliments il s’agissait, et enfin à quelle fréquence les différents types d’aliments avaient été donnés à l’enfant. On a, également, demandé aux mères si elles avaient utilisé le biberon. 5 .2 .1 PREMIÈRE MISE AU SEIN Le tableau NU.2 fournit la proportion des enfants nés au cours des deux dernières années qui ont été allaités, ceux qui ont d’abord été nourris au sein dans l’heure et le jour de naissance et ceux qui ont reçu une alimentation pré-lactée. L’allaitement au sein est une étape très importante dans la gestion de la lactation et l’établissement d’une relation physique et affective entre le bébé et la mère. Ainsi 96 pour cent des femmes ayant accouché au cours des deux dernières années, ont allaité leur enfant. Parmi ces femmes, environ un tiers (29%) ont mis au sein leur enfant moins d’une heure après la naissance. Cette pratique varie énormément d’une région à l’autre. En effet, dans les régions du Hadjer Lamis et du Ouaddaï, près de la moitié des nouveau-nés ont été mis au sein moins d’une heure après la naissance alors que moins de 20 pour cent l’ont été dans les régions du Mayo Kebbi Ouest, du Logone Occidental et du Logone Oriental (respectivement 14%, 13% et 16%). En revanche, il n’y a pas de différence notable entre milieu urbain et rural. Les femmes ayant été assistées par un personnel médical qualifié lors de l’accouchement sont les plus nombreuses à mettre au sein leur nouveau-né rapidement car elles sont en principe conseillées sur les pratiques de l’allaitement. Au Tchad en effet, les femmes ayant été assistées par un personnel qualifié (30%) sont légèrement moins nombreuses que celles ayant été assistées par des personnes non qualifiées (16%) à mettre au sein leurs bébés moins d’une heure après l’accouchement. En considérant le lieu d’accouchement, il ressort que les femmes ayant accouché dans une structure sanitaire publique (29%) ou à domicile (29%) sont relativement plus nombreuses à allaiter au sein leur bébé moins d’une heure après l’accouchement que celles qui ont accouché dans une structure sanitaire privée (24%). Par rapport au niveau d’instruction, les femmes n’ayant aucune instruction sont plus enclines à mettre au sein leurs bébés dans l’heure que celles qui sont instruites : 31 pour cent des femmes sans niveau d’instruction, contre 22 pour cent des femmes de niveau primaire et 24 pour cent des femmes de niveau secondaire ou plus. Le statut économique de la famille joue également un rôle dans la pratique de l’allaitement maternel. Les femmes issues des ménages pauvres sont plus nombreuses à allaiter leurs nourrissons (35%) moins d’une heure après l’accouchement que celles des milieux les plus aisés (29%). Il faut relever qu’en moyenne, près de la moitié des mères ayant accouché au cours des deux dernières années ont commencé à allaiter leur bébé moins d’une journée après sa naissance. C’est le cas dans la plupart des régions, sauf au Logone Occidental, dans la Tandjilé et au Logone Oriental, où ce taux n’atteint pas 30 pour cent. Nutrition 35 TCHAD 2010 Tableau NU.2: Allaitement au sein initial Pourcentage des derniers-nés nés au cours des 2 années précédant l’enquête et ayant été allaités au sein, pourcentage de ceux ayant été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance et dans la journée qui a suivi la naissance, et pourcentage de ceux ayant reçu une nourriture pré-lactée, Tchad, 2010 Pourcentage de ceux ayant déjà été allaités au sein1 Pourcentage de ceux ayant d’abord été allaités au sein: Pourcentage de ceux ayant reçu une nourriture prélactée Nombre d’enfants derniers-nés au cours des deux années précédant l’enquête Dans l’heure qui a suivi la naissance2 Dans la journée qui a suivi la naissance Région Batha 96,6 40,5 62,6 89,6 331 BET * * * * * Chari Baguirmi 98,3 32,4 46,3 91,8 304 Guéra 94,0 16,7 48,6 83,9 297 Hadjer Lamis 95,7 45,9 68,9 88,3 341 Kanem 97,2 41,0 60,0 90,4 223 Lac 94,4 24,8 51,9 87,2 200 Logone Occidental 96,2 12,8 25,7 91,7 362 Logone Oriental 96,5 15,6 28,4 96,5 450 Mandoul 98,3 27,6 41,0 88,3 476 Mayo Kebbi Est 98,2 42,4 57,8 97,6 413 Mayo Kebbi Ouest 95,3 14,2 34,8 70,3 383 Moyen Chari 97,8 19,3 37,3 93,0 350 Ouaddaï 98,5 45,3 65,5 90,0 448 Salamat 94,9 31,5 58,2 82,6 162 Tandjilé 93,9 16,2 28,0 89,3 403 Wadi Fira 93,1 41,8 54,5 70,5 209 N’Djamena 89,1 24,7 46,6 71,4 692 Barh El Gazal * * * * * Sila 94,6 38,1 63,4 85,6 87 Milieu de résidence Urbain 92,5 28,3 47,9 78,3 1426 Rural 96,5 28,8 47,1 88,4 4791 Assistance à l’accouchement Agent qualifié 97,0 30,2 49,4 88,5 4439 Accoucheuse traditionnelle 79,1 16,2 30,8 73,2 366 Total 95,6 28,7 47,3 86,1 6217 1 Indicateur MICS 2.4; 2 Indicateur MICS 2.5 * Basé sur moins de 25 cas non pondérés ; () Basé sur 25 à 49 cas non pondérés Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 36 Tableau NU.2 (suite): Allaitement au sein initial Pourcentage des derniers-nés nés au cours des 2 années précédant l’enquête et ayant été allaités au sein, pourcentage de ceux ayant été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance et dans la journée qui a suivi la naissance, et pourcentage de ceux ayant reçu une nourriture pré-lactée, Tchad, 2010 Pourcentage de ceux ayant déjà été allaités au sein1 Pourcentage de ceux ayant d’abord été allaités au sein: Pourcentage de ceux ayant reçu une nourriture prélactée Nombre d’enfants derniers-nés au cours des deux années précédant l’enquête Dans l’heure qui a suivi la naissance2 Dans la journée qui a suivi la naissance Lieu d’accouchement Structure sanitaire du public 94,3 29,3 45,7 79,5 902 Structure sanitaire du privé 92,5 23,9 39,1 81,8 80 A domicile 97,0 29,0 48,3 88,3 5149 Instruction de la mère Aucun 96,0 31,2 50,4 86,2 4352 Primaire 94,9 22,4 39,7 87,3 1287 Secondaire et plus 94,5 23,8 40,8 82,7 578 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 96,9 35,1 51,9 90,5 1104 Second 96,3 25,4 44,5 87,3 1234 Moyen 96,0 25,8 45,1 88,1 1310 Quatrième 96,4 28,7 46,6 87,1 1389 Le plus riche 92,2 29,5 49,1 77,4 1181 Religion du chef de ménage Animiste 98,2 24,8 40,8 90,0 212 Catholique 95,7 21,4 34,1 87,6 1179 Protestant 96,9 20,4 36,4 89,6 1271 Musulmane 95,0 35,5 57,5 84,1 3294 Autre religion (90,3) (27,3) (48,3) (73,2) (32) Pas de religion/Manquant * * * * * Total 95,6 28,7 47,3 86,1 6217 1 Indicateur MICS 2.4; 2 Indicateur MICS 2.5 * Basé sur moins de 25 cas non pondérés ; () Basé sur 25 à 49 cas non pondérés Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 Nutrition 37 TCHAD 2010 5 .2 .2 ALLAITEMENT MATERNEL EXCLUSIF ET INTRODUCTION DES ALIMENTS DE COMPLEMENT Selon les directives de l’OMS et de l’UNICEF, tous les enfants doivent être exclusivement allaités au sein de la naissance jusqu’à l’âge de cinq mois révolus. Par allaitement exclusif, on entend les enfants qui ne reçoivent que le lait maternel, les vitamines, les suppléments minéraux ou les médicaments. L’introduction très précoce des aliments de complément n’est pas recommandée car elle expose les enfants aux parasites pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des maladies, en particulier la diarrhée. De plus, elle diminue la prise de lait par l’enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de lait. Enfin, dans les populations économiquement pauvres, les aliments de complément sont souvent pauvres du point de vue nutritionnel. Par contre, à partir de six mois, l’allaitement au sein doit être complété par l’introduction d’autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins nutritionnels de l’enfant et lui permettre la meilleure croissance possible. Le graphique NU.2 montre de manière détaillée les types d’allaitement selon l’âge de l’enfant en mois. Au Tchad, l’allaitement maternel exclusif n’est pratiquement pas suivi. En effet, seulement trois pour cent des enfants de moins de six mois ont été allaités exclusivement. Même pour les enfants âgés de 0-1 mois, ce pourcentage atteint à peine cinq pour cent comme le montre le graphique ci-dessous. Par ailleurs, il faut noter qu’environ quatre pour cent des enfants n’ont jamais été allaités et qu’à l’âge de 23 mois, 40 pour cent environ des enfants sont sevrés. Graphique NU.2. : Allaitement maternel et aliments de complément, Tchad, 2010 De façon générale, l’allaitement des enfants de 0-5 mois reste prédominant car même si l’allaitement exclusif ne concerne que trois pour cent de cette catégorie d’enfants, 71 pour cent sont allaités en prédominance. Il n’y a que très peu de différences entre les garçons et les filles de ce groupe d’âge en ce qui concerne le mode d’allaitement : trois pour cent des garçons et moins de quatre pour cent des filles sont allaités exclusivement et respectivement 70 pour cent et 72 pour cent sont principalement allaités. 38 Tableau NU.3: Allaitement au sein Pourcentage d’enfants vivants selon l’état d’allaitement selon certains groupes d’âges, Tchad, 2010 Enfants âgé de 0-5 mois Enfants âgés de 12-15 mois Enfants âgés de 20-23 mois Pourcentage exclusivement allaités au sein1 Pourcentage principalement allaités au sein2 Nombre d’enfants Pourcentage allaités au sein (Poursuite allaitement au sein à 1 an)3 Nombre d’enfants Pourcentage allaités au sein (Poursuite allaitement au sein à 2 ans)4 Nombre d’enfants Sexe Masculin 3,0 69,9 968 87,4 584 55,1 458 Féminin 3,7 71,7 1028 89,1 563 63,2 448 Région Batha 4,4 65,9 100 89,9 54 (64,1) (44) BET * * * * * * * Chari Baguirmi 1,8 64,2 101 89,0 65 45,2 (44) Guéra 6,2 73,5 92 90,7 58 73,2 (43) Hadjer Lamis 4,6 71,2 90 89,7 93 64,7 55 Kanem 2,4 65,0 68 (72,8) (38) 72,7 (46) Lac 0,0 67,4 63 91,2 58 88,4 (28) Logone Occidental 3,4 65,9 102 93,1 59 55,7 59 Logone Oriental 2,0 65,1 160 89,0 80 41,7 55 Mandoul 2,7 75,1 143 92,3 87 50,9 61 Mayo Kebbi Est 0,3 86,0 149 (93,9) (45) 65,4 54 Mayo Kebbi Ouest 7,9 71,4 128 88,8 61 56,8 (48) Moyen Chari 5,7 57,5 115 96,9 67 38,4 (48) Ouaddaï 1,0 86,4 155 93,9 78 76,3 60) Salamat (1,9) (65,7) (48) (74,0) (27) 92,4 (25) Tandjilé 0,9 73,3 162 88,7 57 79,0 (49) Wadi Fira 1,3 80,0 65 (91,0) (46) 58,7 (35) N’Djamena 7,3 61,2 200 77,2 143 39,4 116 Barh El Gazal * * * * * * * Sila * * * * * * * Total 3,4 70,9 1996 88,2 1147 59,1 905 1 Indicateur MICS 2.6; 2 Indicateur MICS 2.9; 3 Indicateur MICS 2.7; 4 Indicateur MICS 2.8 * Basé sur moins de 25 cas non pondérés ; () Basé sur 25 à 49 cas non pondérés Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 Nutrition 39 TCHAD 2010 Tableau NU.3 (suite): Allaitement au sein Pourcentage d’enfants vivants selon l’état d’allaitement selon certains groupes d’âges, Tchad, 2010 Enfants âgé de 0-5 mois Enfants âgés de 12-15 mois Enfants âgés de 20-23 mois Pourcentage exclusivement allaités au sein1 Pourcentage principalement allaités au sein2 Nombre d’enfants Pourcentage allaités au sein (Poursuite allaitement au sein à 1 an)3 Nombre d’enfants Pourcentage allaités au sein (Poursuite allaitement au sein à 2 ans)4 Nombre d’enfants Milieu de résidence Urbain 6,9 64,3 426 82,7 278 39,6 212 Rural 2,4 72,6 1570 90,0 869 65,0 693 Instruction de la mère Aucune 3,0 74,0 1409 87,1 834 64,5 673 Primaire 3,6 64,7 407 91,9 222 48,1 167 Secondaire et plus 6,2 60,3 180 89,4 91 32,4 63 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 2,5 77,8 368 95,0 203 69,1 164 Second 2,9 69,6 403 89,8 228 64,7 184 Moyen 4,1 76,0 431 90,2 225 66,1 203 Quatrième 1,9 69,0 442 86,8 243 56,8 188 Le plus riche 5,7 61,0 352 80,8 247 37,0 166 Religion du chef de ménage Animiste 0,0 83,3 74 (98,6) (32) (62,0) (25) Catholique 2,9 67,5 359 94,2 222 59,3 168 Protestant 3,7 68,0 465 89,7 198 52,9 155 Musulmane 3,6 71,5 1016 85,3 663 61,3 511 Autre religion * * * * * * * Pas de religion/ Manquant 4,2 87,4 72 (86,8) (29) (49,7) (39) Total 3,4 70,9 1996 88,2 1147 59,1 905 1 Indicateur MICS 2.6; 2 Indicateur MICS 2.9; 3 Indicateur MICS 2.7; 4 Indicateur MICS 2.8 * Basé sur moins de 25 cas non pondérés ; () Basé sur 25 à 49 cas non pondérés Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 Par contre, de fortes disparités sont observées par rapport à la région de résidence en ce qui concerne l’allaitement exclusif et l’allaitement maternel reçu en prédominance. En effet, l’allaitement exclusif est bien plus élevé que la moyenne nationale dans les régions du Mayo Kebbi Ouest (8%), de N’Djamena (7%) et du Guéra (6%). Quant à l’allaitement maternel en général, il est nettement plus élevé dans les régions de Mayo Kebbi Est et du Ouaddaï. Le taux le plus bas est observé dans le Moyen Chari, où seulement 57 pour cent des enfants ont reçu le lait maternel en prédominance. 40 En considérant le milieu de résidence, on constate aussi de fortes disparités : l’allaitement exclusif est trois fois plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (7% contre 2%) tandis que l’allaitement prédominant est plus élevé en milieu rural (73%, contre 64% en milieu urbain). Le niveau d’instruction est aussi un facteur en rapport avec l’allaitement de cette catégorie d’âges. En effet, chez les mères n’ayant aucun niveau d’instruction, seulement trois pour cent des enfants sont allaités exclusivement, contre six pour cent chez les mères ayant au moins le niveau secondaire. En revanche, l’allaitement maternel comme mode d’alimentation prédominant est davantage pratiqué chez les mères sans niveau d’instruction (74%), que chez celles qui ont un niveau secondaire ou plus (60%). Le quintile de bien-être économique agit de la même façon que l’instruction sur les comportements d’allaitement des enfants. Par rapport à l’allaitement continu jusqu’à un an (12-15 mois), la moyenne est de 88 pour cent. Si l’on considère le sexe, 89 pour cent des fillettes profitent de l’allaitement à un an contre 87 pour cent des garçons. Au plan régional, on note que la grande majorité, soit plus de 90 pour cent des enfants âgés d’un an des régions de Hadjer Lamis, du Lac, du Logone Occidental, du Mandoul, du Mayo Kebbi Est, du Moyen Chari, du Batha, du Wadi Fira, du Guéra bénéficient de l’allaitement maternel. En ce qui concerne le milieu de résidence, la poursuite de l’allaitement à un an est plus faible en milieu urbain avec 83 pour cent d’enfants bénéficiaires, contre 90 pour cent en milieu rural. Par rapport au niveau d’instruction, les taux sont de 87 pour cent chez les mères n’ayant aucun niveau d’instruction contre 89 pour cent chez les mères de niveau secondaire ou plus. Quant au statut du bien-être économique, 95 pour cent des enfants des ménages les plus pauvres poursuivent l’allaitement maternel contre 81 pour cent chez les ménages les plus riches. De façon générale, le pourcentage d’enfants qui continuent à bénéficier de l’allaitement maternel à deux ans est estimé à 59 pour cent pour l’ensemble du pays. Ce pourcentage est plus bas chez les garçons (55%) que chez les filles (63%). Au niveau des régions, le Lac et le Salamat présentent des pourcentages autour de 90 pour cent ; les régions du Logone Oriental (42%), du Moyen Chari (38 %) et la ville de N’Djamena (39%) ont les pourcentages les moins élevés. Par rapport au milieu de résidence, on note une différence importante : seuls 40 pour cent des enfants de 20-23 mois poursuivent l’allaitement maternel en milieu urbain contre 65 pour cent en milieu rural. Le niveau d’instruction de la mère semble aussi influencer l’allaitement continu à deux ans: 64 pour cent des enfants nés de mères sans instruction contre seulement 32 pour cent des enfants issus de mères de niveau secondaire ou plus. Pour ce qui concerne le statut économique de la famille, on constate que dans les ménages les plus pauvres, 69 pour cent des enfants de la tranche d’âge 20-23 mois sont encore nourris au lait maternel contre 37 pour cent chez les plus riches. 5 .2 .3 DUREE DE L’ALLAITEMENT AU SEIN Dans l’ensemble, les femmes allaitent leurs enfants jusqu’à 22 mois. Dans les régions du Sila, du Salamat et de la Tandjilé, l’allaitement dure 24 mois (tableau NU.4). Des durées plus faibles sont observées dans le BET (17 mois) et à N’Djamena (19 mois). En milieu urbain, la durée médiane est estimée à 20 mois tandis qu’en milieu rural, elle atteint 23 mois. Chez les mères de niveau secondaire, la durée de l’allaitement est de 19 mois alors que chez les mères sans instruction, cette durée est de 23 mois. Dans les ménages les plus riches, la durée de l’allaitement est de 19 mois tandis que dans les ménages les plus pauvres, elle dépasse 23 mois. En moyenne, l’allaitement maternel exclusif ne dure que 0,4 mois là où il est pratiqué, sauf dans le Mayo Kebbi Ouest et le Barh El Gazal, où les femmes allaitent exclusivement jusqu’à 0,5 mois. L’allaitement est prédominant jusqu’à six mois au niveau national avec des pics à sept-huit mois dans le Ouaddaï, le Wadi Fira, le Sila et le BET. La durée médiane de l’allaitement prédominant est courte (trois mois) dans le Moyen Chari, ce qui signifie que l’alimentation de complément est introduite à un âge très précoce dans cette région. Nutrition 41 TCHAD 2010 Tableau NU.4: Durée de l’allaitement au sein Durée médiane de l’allaitement au sein, exclusif et principal chez les enfants âgés de 0-35 mois, Tchad, 2010 Durée moyenne (en mois) de Nombre des enfants âgés de 0-35 moisAllaitement1 Allaitement exclusif Allaitement principal Sexe Masculin 21,9 0,4 4,9 4939 Féminin 22,5 0,4 5,0 5016 Milieu de résidence Urbain 20,0 0,4 4,3 2178 Rural 22,7 0,4 5,1 7777 Région 3,7 4,6 279 Batha 21,5 0,4 4,8 611 BET 16,7 0,4 7,7 85 Chari Baguirmi 21,9 0,4 4,8 458 Guéra 23,5 0,4 5,9 492 Hadjer Lamis 22,3 0,4 6,5 546 Kanem 23,1 0,0 5,0 412 Lac 23,4 0,0 5,5 360 Logone Occidental 22,5 0,0 4,4 536 Logone Oriental 21,0 0,4 4,1 694 Mandoul 21,9 0,0 4,0 687 Mayo Kebbi Est 22,4 0,4 5,9 719 Mayo Kebbi Ouest 21,9 0,5 4,5 559 Moyen Chari 21,2 0,4 3,4 519 Ouaddaï 23,1 0,0 8,3 760 Salamat 24,3 0,0 4,8 283 Tandjilé 23,9 0,4 5,0 571 Wadi Fira 23,0 0,4 7,1 374 N’Djamena 19,3 0,4 4,1 1055 Barh El Gazal 22,0 0,5 6,8 75 Sila 23,7 0,4 7,4 158 Instruction de la mère Aucune 22,7 0,4 5,5 7279 Primaire 21,2 0,4 3,9 1874 Secondaire et plus 19,2 0,4 4,0 798 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 23,3 0,4 5,7 1870 Second 22,7 0,4 4,8 2022 Moyen 22,8 0,4 5,1 2139 Quatrième 22,0 0,4 5,0 2119 Le plus riche 19,2 0,4 4,1 1805 Religion du chef de ménage Animiste 22,6 0,0 5,4 298 Catholique 22,3 0,4 4,1 1751 Protestant 21,6 0,4 4,5 1876 Musulmane 22,3 0,4 5,8 5580 Autre religion (22,5) (0,0) (3,1) (42) Total 21,9 0,4 6,4 9954 1 Indicateur MICS 2.10 () Basé sur 25 à 49 cas non pondérés Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 42 5 .2 .4 ALLAITEMENT APPROPRIE A L’AGE L’adéquation de l’alimentation aux besoins des enfants de moins de 24 mois est présentée au tableau NU.5. Différents critères d’une alimentation adéquate sont utilisés en fonction de l’âge de l’enfant. Pour les nourrissons âgés de 0-5 mois, l’allaitement maternel exclusif est considéré comme une alimentation adéquate, alors que les nourrissons âgés de 6-23 mois sont considérés comme suffisamment nourris s’ils reçoivent du lait maternel et des aliments solides, semi-solides ou mous. En moyenne nationale, 55 pour cent des enfants de 6-23 mois sont nourris au sein tout en recevant des aliments solides, semi-solides ou mous. Ce taux atteint plus de 70 pour cent dans le Mandoul et le Moyen Chari contre 41 pour cent seulement dans le Sila. Par rapport au milieu de résidence, 47 pour cent des enfants en milieu urbain ont reçu une alimentation en plus du lait maternel contre 58 pour cent en milieu rural. Quant au niveau d’instruction, 61 pour cent des enfants de 6-23 mois dont les mères ont le niveau primaire ont reçu une alimentation en plus de l’allaitement maternel contre plus de 54 pour cent pour les mères n’ayant pas d’instruction et les mères ayant le niveau secondaire ou plus. Le niveau de bien-être économique du ménage révèle que dans les milieux plus pauvres, 61 pour cent des enfants ont reçu une alimentation en plus du lait maternel alors que dans les milieux plus riches, ce taux n’est plus que de 46 pour cent. Pour l’ensemble des 0-23 mois allaités de façon appropriée, la moyenne nationale est estimée à 39 pour cent. Ces proportions varient de 30 à 44 pour cent pour la plupart des régions sauf dans les régions du Mandoul (52%) et du Moyen Chari (50%). La proportion la plus basse (30%) est observée dans le Ouaddaï. Par rapport au lieu de résidence, 35 pour cent des enfants sont allaités de façon appropriés en milieu urbain contre 40 pour cent des enfants en milieu rural. Le niveau d’instruction révèle que 38 pour cent des enfants dont les mères n’ont aucun niveau d’instruction ou un niveau secondaire et plus sont allaités de façon appropriée contre 43 pour cent des enfants dont les mères sont de niveau primaire. Par ailleurs, le pourcentage des enfants allaités de façon appropriée diminue avec le quintile de bien-être économique : 42 pour cent des enfants des ménages les plus pauvres sont allaités de façon appropriée contre 34 pour cent dans enfants issus des ménages les plus riches. Nutrition 43 TCHAD 2010 Tableau NU.5: Allaitement approprié à l’âge Pourcentage d’enfants âgés de 0-23 mois ayant été convenablement allaité la veille, Tchad, 2010 Enfants âgés de 0-5 mois Enfants âgés de 6-23 mois Enfants âgés de 0-23 mois Pourcentage allaités exclusivement 1 Nombre d’enfants Pourcentage actuellement nourris au sein et recevant des aliments solides, semi- solides ou mous Nombre d’enfants Pourcentage convenablement allaités 2 Nombre d’enfants Sexe Masculin 3,0 968 55,9 2240 40,0 3208 Féminin 3,7 1028 54,4 2254 38,5 3282 Région Batha 4,4 100 48,6 268 36,6 369 BET * * * * * * Chari Baguirmi 1,8 101 47,2 201 32,1 302 Guéra 6,2 92 50,0 229 37,5 321 Hadjer Lamis 4,6 90 48,9 266 37,7 356 Kanem 2,4 68 50,9 201 38,6 269 Lac 0,0 63 56,2 162 40,4 225 Logone Occidental 3,4 102 63,8 257 46,6 358 Logone Oriental 2,0 160 61,0 283 39,6 443 Mandoul 2,7 143 73,4 341 52,5 484 Mayo Kebbi Est 0,3 149 65,2 286 43,0 435 Mayo Kebbi Ouest 7,9 128 60,8 247 42,8 375 Moyen Chari 5,7 115 70,8 244 50,0 359 Ouaddaï 1,0 155 44,4 314 30,0 469 Salamat 1,9 48 48,7 121 35,5 168 Tandjilé 0,9 162 66,8 244 40,5 406 Wadi Fira 1,3 65 48,6 183 36,2 248 N’Djamena 7,3 200 42,4 519 32,6 719 Barh El Gazal * * * * * * Sila 2,9 27 40,9 69 30,3 96 Total 3,4 1996 55,2 4495 39,2 6490 1 Indicateur MICS 2.6; 2 Indicateur MICS 2.14 (): Basé sur moins de 25 cas non pondérés Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 44 Tableau NU.5 (suite): Allaitement approprié à l’âge Pourcentage d’enfants âgés de 0-23 mois ayant été convenablement allaité la veille, Tchad, 2010 Enfants âgés de 0-5 mois Enfants âgés de 6-23 mois Enfants âgés de 0-23 mois Pourcentage allaités exclusivement 1 Nombre d’enfants Pourcentage actuellement nourris au sein et recevant des aliments solides, semi- solides ou mous Nombre d’enfants Pourcentage convenablement allaités 2 Nombre d’enfants Milieu de résidence Urbain 6,9 426 47,1 1051 35,5 1476 Rural 2,4 1570 57,6 3444 40,3 5014 Instruction de la mère Aucune 3,0 1409 53,8 3216 38,3 4625 Primaire 3,6 407 61,1 891 43,1 1298 Secondaire et plus 6,2 180 52,8 385 37,9 565 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 2,5 368 60,7 805 42,4 1172 Second 2,9 403 57,5 896 40,6 1299 Moyen 4,1 431 58,0 958 41,3 1389 Quatrième 1,9 442 53,8 976 37,6 1418 Le plus riche 5,7 352 45,9 859 34,2 1212 Religion du chef de ménage Animiste 0,0 74 69,7 128 44,3 202 Catholique 2,9 359 70,5 849 50,4 1209 Protestant 3,7 465 64,4 812 42,3 1277 Musulmane 3,6 1016 46,3 2520 34,1 3536 Autre religion * * * * * * Pas de religion/Manq. 4,2 72 56,1 166 40,4 239 Total 3,4 1996 55,2 4495 39,2 6490 1 Indicateur MICS 2.6; 2 Indicateur MICS 2.14 (): Basé sur moins de 25 cas non pondérés Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 Les enfants de 6 à 8 mois doivent au moins être nourris deux fois par jour avec des aliments solides, semi- solides et mous en plus du lait maternel qu’ils doivent continuer à prendre. Le tableau NU.6 présente les indicateurs des pratiques alimentaires des enfants de la tranche d’âge susmentionnée. Au niveau national, seulement 46 pour cent des enfants de 6-8 mois sont nourris de façon appropriée, avec des différences selon le sexe : 50 pour cent des garçons sont nourris de façon appropriée mais seulement 43 pour cent des filles. La différence selon le milieu de résidence n’est pas significative. Nutrition 45 TCHAD 2010 On considère que les enfants sont nourris de manière appropriée lorsqu’ils consomment certains groupes d’aliments déterminés un certain nombre de fois par jour. Il est recommandé que les enfants allaités de 6-23 mois soient nourris avec, au moins, trois groupes d’aliments. En outre, les enfants de 6-8 mois doivent être nourris au moins deux fois par jour et ceux de 9-23 mois au moins trois fois par jour. Par ailleurs, les enfants non allaités de 6-23 mois doivent consommer du lait ou des produits laitiers chaque jour. De plus, ils doivent consommer, au moins, quatre groupes d’aliments et doivent aussi manger, au moins, quatre fois par jour. Dans l’ensemble, moins d’un enfant sur trois (30%) de 6-23 mois encore allaité est nourri de façon appropriée (tableau NU.7). La différence selon le groupe d’âges des enfants fait apparaître que les enfants de 6-8 mois sont en proportion plus nombreux à être nourris convenablement (36%) que les plus âgés. De plus, les enfants résidant en milieu rural sont plus défavorisés (29%) que les urbains (34%). Le niveau d’instruction de la mère est un facteur déterminant car plus les femmes sont instruites, mieux les enfants sont nourris. La proportion des enfants nourris de façon appropriée passe de 28 pour cent lorsque la mère est sans instruction à 35 pour cent lorsque la mère est de niveau primaire, secondaire ou plus. De même, les ménages les plus riches (32%) sont légèrement plus nombreux à nourrir leurs enfants de façon appropriée que les plus pauvres (29%). En considérant la religion du chef de ménage, le taux le plus élevé est observé chez les catholiques et les protestants avec plus de 36 pour cent des enfants allaités qui reçoivent des aliments solides, semi-solides et mous le nombre de fois minimum requis. Dans les autres groupes, le taux est inférieur à 27 pour cent. Dans les régions, le pourcentage des enfants de 6-23 mois recevant des aliments appropriés varie de 18 pour cent (Hadjer Lamis et Salamat) à 46 pour cent (Mandoul et Mayo Kebbi Est). Parmi les enfants qui ne sont pas allaités, on a distingué les enfants qui ont reçu deux fois des aliments à base de lait de ceux qui ont reçu des aliments solides, semi-solides et mous ou au moins quatre fois du lait. Au total, 32 pour cent de ces enfants de 6-23 mois prennent des produits laitiers deux fois par jour, les garçons en plus grand nombre que les filles : 34 pour cent contre 30 pour cent . Au niveau de l’âge, les plus jeunes (6-8 mois et 9-11 mois) sont plus nombreux à recevoir cette alimentation (43% et 39%, respectivement) que les 12-17 mois et les 18-23 mois (34% et 30%). Au niveau du milieu de résidence, 51 pour cent des enfants des zones urbaines ne reçoivent du lait deux fois par jour contre seulement 22 pour cent en milieu rural. Tableau NU.6: Introduction d’aliments solides, semi-solides ou mous Pourcentage d’enfants âgés de 6-8 mois ayant reçu des aliments solides, semi-solides ou mous la veille, Tchad, 2010 Allaités actuellement Pas allaités Tous Pourcentage recevant des aliments solides, semi- solides ou mous1 Nombre d’enfants âgés de 6-8 mois Pourcentage recevant des aliments solides, semi- solides ou mous Nombre d’enfants âgés de 6-8 mois Pourcentage recevant des aliments solides, semi- solides ou mous Nombre d’enfants âgés de 6-8 mois Sexe Masculin 49,7 51,5 49,8 451 Féminin 42,5 55,8 42,9 502 Milieu de résidence Urbain 46,2 65,5 47,7 201 Rural 45,9 44,6 45,7 752 Total 45.9 53.8 46.1 953 1 Indicateur MICS 2.12 Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 46 Chez les mères n’ayant aucun niveau d’instruction, 31 pour cent des enfants reçoivent du lait deux fois par jour, 23 pour cent si la mère est de niveau primaire et 53 pour cent si elle est de niveau secondaire ou plus. Par rapport au statut économique, 10 pour cent des enfants issus des milieux les plus pauvres reçoivent deux fois du lait contre 63 pour cent dans les milieux plus riches. Selon le critère religieux, 43 pour cent des enfants musulmans reçoivent deux fois du lait contre environ 20 pour cent chez les autres. Au niveau des régions, les taux les plus élevés sont observés dans le Ouaddaï avec 73 pour cent des enfants, suivi par N’Djamena (60%). Les régions du Logone Oriental et du Mayo Kebbi Est affichent au contraire les taux les plus bas : huit pour cent et cinq pour cent, respectivement. Par ailleurs, 34 pour cent des enfants de 6-23 mois sont nourris de façon non appropriée en recevant des aliments solides, semi-solides ou mous et en plus, du lait 4 fois ou plus. Là encore, les principales différences apparaissent entre le milieu urbain (54%) et rural (23%). De plus, les mères les plus instruites (54%) recourent plus à ce type d’alimentation que les autres (autour de 30%). En considérant le statut économique des familles, le taux le plus bas est observé dans les familles les plus pauvres avec 10 pour cent, contre 63 pour cent dans les familles les plus riches. Par rapport aux régions, le Logone Oriental présente le taux le plus bas : huit pour cent. Des taux relativement bas sont également observés dans le Logone Occidental (15%), le Mayo Kebbi Ouest (14%) et le Mandoul (18%). Dans les autres régions, les taux varient entre 22 et 39 pour cent. Au niveau de la religion, les musulmans présentent le taux le plus élevé avec 43 pour cent des enfants qui reçoivent ce type d’alimentation contre moins de 25% chez les autres. Une question sur la fréquence minimale des repas a été posée aux mères ou gardiennes d’enfants de 6-23 mois. Il ressort de l’analyse du tableau NU.7A que moins d’un enfant sur trois mange assez fréquemment. Les différences par rapport au sexe et à l’âge ne sont pas très significatives. En revanche, dans le milieu urbain, 39 pour cent des enfants de 6-23 mois bénéficient de la fréquence minimale de repas, contre 28 pour cent dans le milieu rural. En considérant le niveau d’instruction de la mère, on constate que la proportion augmente avec l’instruction de la mère. Elle passe de 28 pour cent chez les enfants dont les mères sont sans instruction à 41 pour cent d’enfants chez les mères de niveau secondaire ou plus. Avec le statut économique, on observe le même phénomène. Dans les milieux plus pauvres, 27 pour cent des enfants bénéficient de la fréquence minimale de repas, contre 41 pour cent dans les ménages les plus riches. En considérant la région de résidence, il apparaît que c’est à N’Djamena (44%), dans le Mayo Kebbi Est (43%) et le Mandoul (41%) que les enfants sont les plus nombreux à recevoir la fréquence minimale de repas. A l’inverse, les régions où les taux sont les plus bas sont la Tandjilé, le Salamat, le Hadjer Lamis et le Lac. Une question portant sur l’allaitement au biberon la veille de l’enquête a aussi été posée aux mères ou gardiennes d’enfant. Les résultats présentés dans le tableau NU.8 font apparaître que seulement cinq pour cent des enfants sont allaités au biberon, sans différence notable entre les sexes ni selon l’âge des enfants. Au niveau des régions, la ville de N’Djamena vient en tête avec 21 pour cent des enfants nourris au biberon. Partout ailleurs, le taux est inférieur à 5% et même à 1% dans la Tandjilé. Bien que bas (15%), le pourcentage d’enfants nourris au biberon en milieu urbain est cinq fois plus élevé qu’en milieu rural (3%). Le pourcentage d’enfants allaités au biberon augmente avec le niveau d’instruction de la mère : quatre pour cent chez les mères n’ayant aucun niveau d’instruction, sept pour cent chez les mères de niveau primaire et 13 pour cent chez les mères de niveau secondaire et plus. Le statut économique des familles exerce une influence encore plus forte : dans les familles les plus pauvres, le taux est inférieur à deux pour cent mais atteint 17 pour cent dans les milieux les plus riches. Nutrition 47 TCHAD 2010 Tableau NU.7: Fréquence minimum de repas Pourcentage d’enfants âgés de 6-23 mois qui ont reçu des aliments solides, semi-solides ou mous (et des aliments lactés pour les enfants non nourris au sein) le nombre de fois minimum ou plus la veille, selon l’état d’allaitement, Tchad, 2010 Allaité actuellement Pas allaité actuellement Tous Pourcentage de ceux recevant des aliments solides, semi- solides et mous le nombre de fois minimum Nombre des enfants âgés de 6-23 mois Pourcentage de ceux recevant au moins 2 aliments à base de lait1 Pourcentage de ceux recevant des aliments solides, semi- solides et mous ou du lait 4 fois ou plus Nombre d’enfants âgé de 6-23 mois Pourcentage de ceux recevant la fréquence minimum de repas2 Nombre d’enfants âgés de 6-23 mois Sexe Masculin 31,1 1801 34,5 35,9 439 32,0 2240 Féminin 28,5 1862 29,7 32,4 392 29,2 2254 Groupe d’âges 6-8 mois 36,0 905 (42,7) (36,3) (48) 36,0 953 9-11 mois 25,1 566 (39,3) (41,0) (44) 26,2 610 12-17 mois 26,4 1329 33,7 34,1 250 27,6 1579 18-23 mois 31,6 864 29,8 33,5 489 32,3 1353 Milieu de résidence Urbain 33,9 754 50,7 53,6 296 39,5 1051 Rural 28,7 2909 22,0 23,5 535 27,9 3444 Instruction de la mère Aucune 27,6 2655 30,7 31,5 561 28,3 3216 Primaire 35,6 730 23,1 29,8 162 34,5 891 Secondaire et plus 35,4 279 52,6 54,3 106 40,6 385 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 29,1 713 10,7 10,1 92 26,9 805 Second 27,6 762 16,9 18,6 134 26,2 896 Moyen 28,5 812 24,1 22,9 147 27,6 958 Quatrième 31,8 767 25,5 28,6 209 31,1 976 Le plus riche 32,5 610 58,8 63,0 249 41,3 859 Religion du chef de ménage Catholique 35,7 732 14,9 21,5 118 33,7 849 Protestant 36,6 656 17,3 19,6 156 33,3 812 Musulmane 25,7 2017 43,3 43,1 503 29,2 2520 Autre religion * * * * * * * Pas de religion/ Manquant 26,7 131 12,1 23,1 35 26,0 166 Total 29,8 3663 32,2 34,2 831 30,6 4495 1 Indicateur MICS 2.15; 2 Indicateur MICS 2.13 *: Basé sur moins de 25 cas non pondérés; (): Basé sur 25 à 49 cas non pondéres Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 48 Tableau NU.7 (suite): Fréquence minimum de repas Pourcentage d’enfants âgés de 6-23 mois qui ont reçu des aliments solides, semi-solides ou mous (et des aliments lactés pour les enfants non nourris au sein) le nombre de fois minimum ou plus la veille, selon l’état d’allaitement, Tchad, 2010 Allaité actuellement Pas allaité actuellement Tous Pourcentage de ceux recevant des aliments solides, semi- solides et mous le nombre de fois minimum Nombre des enfants âgés de 6-23 mois Pourcentage de ceux recevant au moins 2 aliments à base de lait1 Pourcentage de ceux recevant des aliments solides, semi- solides et mous ou du lait 4 fois ou plus Nombre d’enfants âgé de 6-23 mois Pourcentage de ceux recevant la fréquence minimum de repas2 Nombre d’enfants âgés de 6-23 mois Région Batha 27,4 220 (26,0) (27,8) (49) 27,5 268 BET * * * * * * * Chari Baguirmi 38,0 158 (32,7) (39,4) (44) 38,3 201 Guéra 24,8 202 (37,4) (36,3) (27) 26,2 229 Hadjer Lamis 17,7 219 (42,4) (36,9) (47) 21,1 266 Kanem 23,2 166 28,8 28,8 (35) 24,1 201 Lac 21,1 142 * * * 21,8 162 Logone Occidental 28,2 216 (14,9) (14,9) (41) 26,1 257 Logone Oriental 37,8 232 8,3 8,3 51 32,4 283 Mandoul 46,1 283 11,6 17,9 57 41,4 341 Mayo Kebbi Est 46,1 251 (5,0) (20,6) (35) 42,9 286 Mayo Kebbi Ouest 26,4 202 (12,7) (14,2) (45) 24,1 247 Moyen Chari 25,8 198 (13,3) (19,2) (46) 24,6 244 Ouaddaï 24,6 272 (73,0) (69,7) (41) 30,5 314 Salamat 18,1 101 * * * 21,1 121 Tandjilé 21,8 206 (19,1) (17,7) (38) 21,1 244 Wadi Fira 29,5 144 (34,4) (27,8) (38) 29,1 183 N’Djamena 34,8 351 59,8 63,1 167 43,9 519 Barh El Gazal * * * * * * * Sila * * * * * * * Total 29,8 3663 32,2 34,2 831 30,6 4495 1 Indicateur MICS 2.15; 2 Indicateur MICS 2.13 *: Basé sur moins de 25 cas non pondérés; (): Basé sur 25 à 49 cas non pondéres Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 Nutrition 49 TCHAD 2010 Tableau NU.8: Allaitement au biberon Pourcentage d’enfants âgés de 0-23 mois qui ont été allaités avec un biberon la veille, Tchad, 2010 Pourcentage d’enfants âgés de 0-23 mois ayant reçu le biberon1 Nombre d’enfants âgés de 0-23 mois Sexe Masculin 5,6 3209 Féminin 5,1 3285 Age 0-5 mois 6,3 2000 6-11 mois 6,3 1562 12-23 mois 4,1 2932 Région Batha 5,6 369 BET * * Chari Baguirmi 2,9 302 Guéra 1,1 321 Hadjer Lamis 3,7 357 Kanem 4,7 269 Lac 1,8 225 Logone Occidental 4,7 358 Logone Oriental 9,1 443 Mandoul 1,4 485 Mayo Kebbi Est 2,6 435 Mayo Kebbi Ouest 1,0 375 Moyen Chari 1,5 359 Ouaddaï 2,7 469 Salamat 3,0 168 Tandjilé 0,8 406 Wadi Fira 3,3 250 N’Djamena 21,5 719 Barh El Gazal * * Sila 8,4 96 Milieu de résidence Urbain 14,7 1477 Rural 2,6 5018 Instruction de la mère Aucune 4,0 4627 Primaire 6,6 1300 Secondaire et plus 12,9 565 Quintile du bien-être économique 625 Le plus pauvre 1,7 1174 Second 2,2 1299 Moyen 2,6 1391 Quatrième 4,1 1419 Le plus riche 16,8 1212 Religion du chef de ménage Animiste 1,0 202 Catholique 3,9 1209 Protestant 4,9 1279 Musulmane 6,6 3539 Autre religion * * Pas de religion/Manquant 0,2 239 Total 5,3 6495 1 Indicateur MICS 2.11 * Basé sur moins de 25 cas non pondérés 50 5 .3 IODATION DU SEL La carence en iode (CI) est la première cause mondiale d’arriération mentale évitable et de développement psychomoteur avec facultés affaiblies chez les jeunes enfants. Dans sa forme la plus extrême, la carence en iode provoque le crétinisme. Elle augmente également les risques de mortinatalité et de fausses couches chez les femmes enceintes. La carence en iode est le plus souvent et visiblement associée au goitre. La carence en CI fait un grand nombre de victimes et se traduit par l’affaiblissement de la croissance et du développement mentaux, qui contribue à son tour aux mauvais résultats scolaires, à la diminution des capacités intellectuelles et au fléchissement du rendement au travail. L’objectif international était de parvenir à l’élimination durable de la carence en iode avant 2005 mais n’a pas encore été atteint dans certains pays. L’indicateur est le pourcentage de ménages consommant du sel suffisamment iodé (> 15 parties par million). Au Tchad, une stratégie a été mise en place dans les années 1990 afin d’élargir l’accès au sel iodé. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement tchadien a mis en place une politique interdisant l’importation et la vente de sels non iodé. Malgré ces mesures, le sel non iodé continue d’entrer frauduleusement dans le pays, notamment par le Soudan dans les régions de l’est, où les problèmes de santé liés à la carence en iode sont récurrents : des cas de crétinisme et de goitre sont observés dans des régions comme le Ouaddaï et le Sila. Au cours de l’enquête, le sel utilisé a été testé dans 86 pour cent des ménages afin de déterminer sa teneur en iode. Les résultats sont présentés au tableau NU.9. Au niveau national, 18 pour cent des ménages disposent de sel non iodé et neuf pour cent n’ont pas de sel chez eux. Vingt pour cent ont du sel iodé à moins de 15 PPM et 54 pour cent disposent de sel iodé à 15 PPM et plus. Ainsi, malgré la stratégie de lutte contre la vente de sel iodé au Tchad, un quart des ménages ne consomment pas de sel iodé et seulement 54 pour cent utilisent du sel avec le taux d’iodation requis (15 PPM) ; ce taux n’a pas progressé depuis 2004, date à laquelle l’EDST l’avait déjà établi à 54 pour cent. Le sel iodé est très mal réparti selon les régions : 94 pour cent des familles utilisent du sel non iodé dans le Sila, l’une des régions frontalières avec le Soudan, d’où le sel non iodé arrive pour être est vendu à bas prix. De même dans le Ouaddaï, où le sel non iodé soudanais entre par la porte d’Adré, cette proportion atteint 82 pour cent. Le Wadi Fira est une autre région frontalière, qui enregistre 64 pour cent des ménages consommant du sel non iodé. A l’inverse, dans les régions du sud et de l’ouest du pays ainsi que dans la capitale, au moins 8 ménages sur 10 consomment du sel iodé. Selon le milieu de résidence, 59 pour cent des ménages urbains disposent de sel iodé à 15 PPM et plus, pour 52 pour cent en milieu rural. La disponibilité du sel iodé à 15 PPM et plus augmente avec le statut économique des ménages : 43 pour cent des ménages des milieux les plus pauvres disposent de ce sel iodé contre 64 pour cent chez les plus riches. 5 .4 SUPPLEMENTATION EN VITAMINE A La vitamine A est essentielle pour la santé oculaire et le bon fonctionnement du système immunitaire. Elle se trouve dans les aliments comme le lait, le foie, les œufs, les fruits rouges et l’orange, l’huile de palme rouge et les légumes verts, bien que la quantité de vitamine A à la disposition de l’organisme à partir de ces sources varie largement. Dans les régions en développement du monde, où la vitamine A est largement consommée sous forme de fruits et légumes, la consommation quotidienne par habitant est souvent insuffisante pour répondre aux besoins alimentaires. Cette insuffisance a des effets plus graves quand les besoins en vitamine A augmentent, c’est-à-dire durant les périodes de croissance des enfants ou les périodes de maladie, et lorsque les enfants souffrent des infections courantes de l’enfance qui augmentent les pertes en vitamine A. Par conséquent, l’avitaminose A est très répandue dans le monde en développement et en particulier dans les pays où la population d’enfants âgés de moins de cinq ans est très importante. Nutrition 51 TCHAD 2010 Tableau NU.9: Consommation de sel iodé Pourcentage des ménages selon la consommation de sel iodé, Tchad, 2010 Pourcentage des ménages ayant le résultat de l’analyse du sel Nombre de ménages dans lesquels le sel a été analysé ou n’ayant pas de sel Pourcentage de ménages dans lesquels le sel a été analysé Nombre de ménages Pas de sel Non iodé 0 PPM >0 et <15 PPM 15+ PPM1 Région Batha 91,4 826 5,9 22,0 18,6 53,6 802 BET 85,5 165 8,2 52,5 11,7 27,5 154 Chari Baguirmi 85,8 803 8,5 1,6 26,2 63,8 752 Guéra 82,8 709 9,4 20,4 8,6 61,6 648 Hadjer Lamis 95,1 899 3,7 3,4 20,9 72,0 888 Kanem 87,9 857 6,3 4,8 25,0 63,9 804 Lac 85,2 719 10,4 3,6 12,5 73,5 684 Logone Occidental 79,2 970 15,0 6,0 15,0 64,1 903 Logone Oriental 93,1 993 5,7 1,5 38,1 54,7 979 Mandoul 79,6 1092 12,7 8,2 33,3 45,8 996 Mayo Kebbi Est 89,7 1124 6,9 7,0 20,2 66,0 1083 Mayo Kebbi Ouest 87,6 732 9,5 2,0 12,2 76,3 708 Moyen Chari 83,7 903 12,3 6,0 4,6 77,1 861 Ouaddaï 92,1 1204 5,9 82,0 7,0 5,1 1178 Salamat 88,0 485 6,4 50,9 8,8 33,9 455 Tandjilé 73,8 930 10,9 11,1 40,7 37,3 771 Wadi Fira 85,0 715 3,8 63,6 24,2 8,3 632 Ndjamena 85,6 1859 10,9 3,2 21,0 65,0 1785 Barh El Gazal 87,3 145 9,1 0,7 13,4 76,9 140 Sila 94,2 251 2,5 93,8 1,8 1,9 243 Milieu de résidence Urbain 85,9 3795 10,0 9,8 20,8 59,4 3625 Rural 86,5 12591 8,1 20,3 19,5 52,1 11847 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 87,1 3695 8,3 28,9 19,9 43,0 3510 Second 85,5 3354 8,2 21,6 18,0 52,2 3124 Moyen 84,8 3197 8,9 17,6 20,3 53,2 2978 Quatrième 86,7 3165 8,9 10,8 21,1 59,3 3012 Le plus riche 87,5 2974 8,6 8,0 19,7 63,7 2849 Total 86,3 16386 8,6 17,8 19,8 53,8 15472 1 Indicateur MICS 2.16 Source: INSEED, MICS, Tchad, 2010 52 Tableau NU.10: Supplémentation des enfants en vitamine A Pourcentage d’enfants âgés de 6-59 mois selon la réception d’une forte dose de supplément de vitamine A au cours des six derniers mois, Tchad, 2010 Pourcentage de ceux ayant reçu de la Vitamine A selon: % d’enfants ayant reçu de la Vitamine A au cours des six derniers mois1 Nombre d’enfants âgés de 6-59 mois Livret/carte de santé/carte de vaccination de l’enfant Déclaration de la mère Sexe Masculin 93,7 42,8 97,6 7228 Féminin 93,5 44,4 97,4 7338 Région Batha 92,0 26,5 99,9 898 BET 98,1 28,9 99,2 118 Chari Baguirmi 96,8 48,1 99,4 732 Guéra 91,5 61,1 99,3 696 Hadjer Lamis 89,8 28,8 90,4 875 Kanem 96,0 39,4 99,4 689 Lac 99,2 50,1 99,8 614 Logone Occidental 96,3 53,0 98,9 758 Logone Oriental 99,3 44,3 99,7 1029 Mandoul 91,8 49,8 97,8 1033 Mayo Kebbi Est 99,5 55,9 100,0 916 Mayo Kebbi Ouest 70,2 43,7 82,8 759 Moyen Chari 96,6 65,0 99,2 733 Ouaddaï 95,0 28,0 96,6 942 Salamat 99,1 23,5 99,7 467 Tandjilé 96,9 32,4 98,1 796 Wadi Fira 98,8 21,2 100,0 672 N’Djamena 88,7 61,0 97,2 1449 Barh El Gazal 94,9 38,4 99,3 123 Sila 91,9 27,2 98,7 265 Total 93,6 43,6 97,5 14566 1 Indicateur MICS 2.17 *: Basé sur moins de 25 cas non pondérés Nutrition 53 TCHAD 2010 Tableau NU.10 (suite): Supplémentation des enfants en vitamine A Pourcentage d’enfants âgés de 6-59 mois selon la réception d’une forte dose de supplément de vitamine A au cours des six derniers mois, Tchad, 2010 Pourcentage de ceux ayant reçu de la Vitamine A selon: % d’enfants ayant reçu de la Vitamine A au cours des six derniers mois1 Nombre d’enfants âgés de 6-59 mois Livret/carte de santé/carte de vaccination de l’enfant Déclaration de la mère Milieu de résidence Urbain 91,2 55,7 97,4 3066 Rural 94,3 40,4 97,5 11500 Groupe d’âges 93,4 35,9 96,9 1562 6-11 mois 93,2 44,5 97,6 2932 12-23 mois 93,8 45,2 97,4 3351 24-35 mois 93,6 43,8 97,8 3480 36-47 mois 93,9 44,6 97,4 3236 48-59 mois* * * * * Instruction de la mère Aucune 94,2 38,2 97,5 11014 Primaire 93,7 57,9 98,0 2587 Secondaire et plus 87,0 67,2 96,5 962 Quintile du bien-être économique Le plus pauvre 96,1 33,7 98,5 2754 Second 93,8 39,2 97,1 2977 Moyen 94,5 40,4 96,9 3119 Quatrième 93,5 46,7 97,5 3118 Le plus riche 89,9 59,3 97,4 2597 Religion du chef de ménage Animiste 88,6 39,6 91,9 417 Catholique 93,4 50,8 97,9 2548 Protestant 94,1 54,6 98,2 2573 Musulmane 93,8 38,6 97,6 8405 Autre religion 94,1 43,6 94,1 73 Pas de religion/Manquant * * * * Total 93,6 43,6 97,5 14566 1 Indicateur MICS 2.17 *: Basé sur moins de 25 cas non pondérés 54 Le Sommet mondial pour les enfants de 1990 a fixé comme objectif l’élimination de l’avitaminose A et de ses conséquences, y compris la cécité, en l’an 2000. Cet objectif a également été réitéré lors de la Conférence d’orientation sur la faim insoupçonnée en 1991, la Conférence internationale de 1992 sur la nutrition, et la Session Spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU de 2002 consacrée aux enfants. Le rôle crucial de la vitamine A pour la santé de l’enfant en fait un élément essentiel dans les efforts visant la survie de l’enfant, et s’avère important pour réaliser le quatrième Objectif du Millénaire pour le développement visant la réduction des deux tiers de la mortalité des enfants de moins cinq ans à l’horizon 2015. Dans les pays confrontés aux problèmes de carence en vitamine A, les recommandations internationales préconisent la supplémentation à fortes doses tous les quatre à six mois, avec comme cibles tous les enfants âgés de six à 59 mois vivant dans les zones touchées. Fournir aux jeunes enfants deux capsules de vitamine A à dose élevée par an est une stratégie sûre, économique et efficace pour éliminer l’avitaminose A et améliorer la survie des enfants. Donner de la vitamine A aux nouvelles mères qui allaitent contribue aussi à protéger leurs enfants durant les premiers mois de la vie et à reconstituer les réserves de la mère en vitamine A, qui sont épuisées par la grossesse et la lactation. Dans les pays dotés de programmes de supplémentation en vitamine A, l’indicateur pertinent est le pourcentage des enfants de programmes âgés de 6-59 mois ayant reçu au moins un supplément de vitamine A à dose élevée au cours des six derniers mois. Sur la base des directives de l’UNICEF et de l’OMS, le Ministère de la Santé du Tchad recommande que les enfants de 6-11 mois reçoivent des capsules de vitamine A à dose élevée, et que les enfants âgés de 12-59 mois reçoivent une capsule de vitamine A tous les 6 mois. Dans certaines parties du pays, les capsules de vitamine A sont liées aux services de vaccination et données lorsque l’enfant est en contact avec ces services après l’âge de six mois. Il recommande aussi que les mères prennent un supplément de vitamine dans les huit semaines suivant l’accouchement. L’enquête montre que 97 pour cent des enfants tchadiens de 6-59 mois ont été supplémentés en vitamine A dans les six derniers mois, sauf dans la région du Mayo Kebbi Ouest où cette proportion chute à 83 pour cent. Dans le Mayo Kebbi Est, le Wadi Fira, le Salamat et le Logone Oriental, la totalité des enfants de 6-59 mois a été supplémentée en vitamine A. 5 .5 POIDS A LA NAISSANCE Le poids à la naissance est un bon indicateur non seulement de la santé et de l’état nutritionnel de la mère, mais aussi des chances de survie, de croissance, de santé à long terme et de développement psychosocial du nouveau-né. L’insuffisance pondérale à la naissance (moins de 2500 grammes) comporte un large éventail de risques sanitaires graves pour les enfants. Les bébés qui étaient sous-alimentés dans le ventre courent un très grand risque de mourir pendant leurs premiers mois et années de vie. Ceux qui survivent connaissent un affaiblissement de leurs fonctions immunitaires et courent un risque accru de maladie; ils sont susceptibles de rester sous-alimentés, avec une réduction de la force musculaire, tout au long de leur vie et souffrent d’une incidence plus élevée du diabète et de maladies cardiaques en fin de vie. Les enfants nés avec une insuffisance pondérale ont tendance à avoir un QI plus faible et des troubles cognitifs, influant sur leur performance à l’école et leurs possibilités d’emploi en tant qu’adultes. Dans le monde en développement, le faible poids de naissance découle principalement de la mauvaise santé de la mère et de la nutrition. Les trois principaux facteurs sont : le mauvais état nutritionnel de la mère avant la conception, sa petite taille (principalement due à une sous-nutrition et à des infections au cours de son enfance) et la mauvaise nutrition pendant la grossesse. Un gain de poids insuffisant durant la grossesse est particulièrement important car il est responsable d’une grande proportion de retard de croissance fœtale. En outre, les maladies comme la diarrhée et le paludisme, qui sont courantes dans de nombreux pays en développement, peuvent considérablement nuire à la croissance du fœtus si la mère est infectée pendant la grossesse. Dans le monde industrialisé, le tabagisme pendant la grossesse est la principale cause du faible poids à la naissance. Dans les pays développés et en développement, les adolescentes qui accouchent quand leur corps n’a pas encore fini de croître courent le risque d’accoucher de bébés en sous-poids. Nutrition

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